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DICTIONNAIRE
ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
PAIt
N. du PUITSPELU
LYON
LIBRAIRIE GÉNÉRALE HENRI GEORG
65. Rue de la République, 66
HftliB MAISON A BALS KT A QKNÉTK
1890
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MON PAYS
LYONNAIS
, Google
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DICTIONNAIRE
ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
PAR
N. du PUITSPELU
- 1-. -, '\ c ,
LYON
LÎBHAIRIE GÉNÉRALE HENRI GEORG
65, Rue de la République, 05
MÊME MAISON ABALE £T A GENÈVE
1887-1890
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INTRODUCTION
Ce dictionnaire comprend les mots du patois lyonnais actuel. Je suis
loin de prétendre qu'il les contienne tous ni presque tous. Tel qu'il est, il
dépasse de beaucoup l'importance des travaux de ce genre consacrés jusqu'à
ce jour à des dialectes aussi humbles que le nôtre.
Mais d'abord qu'est-ce que le patois lyonnais? — Je lisais naguère « qu'il
n'existe pas à vrai dire de patois lyonnais, mais bien des patois de telle
ou telle commune du Lyonnais ». Autant dire qu'il n'existe pas de dia-
lecte provençal, mais seulement des dialectes de telle ou telle commune de
la Provence. La vérité, du moins admise jusqu'ici, c'est qu'il y a des dialectes
embrassant des contrées plus ou moins étendues, et que ces dialectes se
divisent en sous-dialectes, et que ces sous-dialectes présentent des diver-
gences de village à village (1). Mais vouloir se restreindre à n'étudier que
le patois d'un seul endroit, c'est se priver volontairement des ressources si pré-
cieuses de la comparaison, et la conséquence serait qu'il faudrait, pour bien
connaître les patois de la France, dresser trente-sept mille cinq cent quarante-
huit phonétiques, en y adjoignant trente-sept mille cinq cent quarante-huit
glossaires, ce qui ne laisserait pas de former une bibliothèque possible un
peu encombrante.
Mais s'il ne faut pas trop se restreindre, il faut se maintenir dans une éten-
due de pays où les caractères phonétiques généraux soient les mômes, où l'on
n'ait à constater que des divergences de détail, en un mot dans une région
qui présente un tuUo continuo, pour employer l'expression de M. Ascoli»
C'est ce qu'on a tâché de faire ici.
(1) On a pu soutenir, non sans justesse, que dans une masse linguistique comme
la nôtre il n'y a pas de dialectes; mais la phrase doit être entendue dans ce sens qu'il
n'y a pas de limites précises aux dialectes, mais non qu'il n'existe pas en France des
parlers différents, ayant des traits linguistiques particuliers» tout en ayant à côté
de cela, bien entendu, des traits communs. Il y a des patois d'oc et des patois d'oïl,
et des patois intermédiaires d'oc et d'oïl, sans qu'on puisse les délimiter d'une
façon rigoureuse, comme on délimite une circonscription administrative. Si j'étends
sur du papier une teinle d'aquarelle rose, et si je juxtapose, avant que la première
soit sèche, une teinte bleue, les deux teintes se fondent au point de contact, en se
détachant de plus en plus à partir de ce point jusqu'à un autre où le rose sera
pur et où le bleu sera pur. Il me semî)le que c'est très exaclemant ce qui se passe
pour les dialectes.
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En quittant Lyon par la route de Bordeaux, qui se dirige à l'ouest, vous
atteignez Oraponne à la distance d'environ huit kilomètres à vol d'oiseau :
de là, sur la môme route, jusqu'à Yzeron, vous avez, toujours à vol d'oiseau,
dix kilomètres. Dirigez-vous sur Saint-Martin -d'en-Haut. au sud-sud-ouest
(six kilomètres); de là, au sud-sud-est, sur Riverie (six kilomètres); de là,
à l'est sur Mornant (près de six kilomètres), et revenez de Mornant à Lyon
(un peu plus de dix-neuf kilomètres), vous avez tracé sur la carte un poly-
gone fort irrégulier dont- la plus grande longueur est de vingt-deux kilo-
mètres, et la plus grande largeur d'un peu plus de onze kilomètres. C'est
à l'espace compris dans ce périmètre que s'applique l'étude phonétique qui
précède ce dictionnaire. Ajoutez-y, de Riverie, un crochet sur Rive-de-Gier,
à sept ou huit kilomètres de distance. Je crois que les résultats de cette étude
n'auraierit pas éb^ changés si le temps et les circonstances avaient permis
d'agrandir ce périmètre à l'est, en y englobant Givors et en remontant le
Rhône jusqu'à Lyon.
Il n:e semble que c'est bien dans cette région que se marquent avec force
non seulement les caractères phonétiques du patois lyonnais, mais sa physio-
nomie morale, pour ainsi parler ; une certaine accentuation narquoise intra-
duisible, une prononciation traînarde et comique, quelque chose d'absolu-
ment « génuine ». Je crois que c'est pour cette région qu'on pourrait, répétant
le mot de Froissard, dire que «si le Lyonnais était un œuf, elle en serait le
moyeuf ».
Dans toute cette région le traitement de Va tonique est le môme ; celui
de Va protonique est le môme. A tonique libre y est devenu <5, un ô si long,
si emphatique, que la plupart des patoisants le transcrivent par au. Ceci est
le trait caractéristique du patois proprement lyonnais. Partout aussi le traite-
ment de a tonique soumis à rinfluence d'une palatale est le môme. Partout, sous
cette influence, les verbes de la première conjugaison substituent à la dési-
nence 6 la désinence î. Mais si l'on remonte au nord, jusqu'à Villefranche, les
caractères changent promptement. Ces verbes n'ont plus la désinence en î
mais en ie(r), comme dans le patois bressan et le patois dauphinois (1). Si, au
nord-ouest, on va jusqu'à Amplepuis, on arrive dans la contrée où a
tonique n'est pas passé à <5, et à deux pas de notre périmètre, à Lentilly,
Tarticulation lyonnaise de c initial latin devant a, c'est-à-dire ch, est devenue
is. A Touest, vous atteindrez assez promptement la phonétique forézienne,
où a tonique est resté a. Au sud, on atteindra Saint-Etienne, le noyau du
parler forézien.
' Dans toute notre région, a libre protonique hésite entre a et <5, avec ten-
dance croissante à passer à ô. Partout e fermé a donné ei, qui s'est nuancé
de ù à (?. Nulle part cet ei n'a passé à oi comme en français. Partout o fermé
libre a donné primitivement ou, qui partout aussi a passé à o ou tend à y
passer. A Lyon et à Craponne seulement, o fermé donne souvent u. Il a été
facile de noter ces différences dans l'étude phonétique. Partout encore le
traitement des consonnes est le môme, sauf dans la région de Riverie, Rive-
Il) La phonétique de Villefranche est absolumont distincte de la nôtre. Par ex.
a-\- j devient r< : nwnsionem =m(îjon, ■
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m
de-Gier et Saint-Martin, où t devant i se nuance en tch^ ts, et d devant i en dj.
Il serait fastidieux de pousser plus loin ces comparaisons, puisqu'on les
retrouvera dans la phonétique.
Je dois pourtant noter encore deux phénomènes importants et qui ne se
démentent nulle part. Le premier, c'est la persistance de a post-tonique lors-
qu'il n'est pas dans le voisinage d'une palatale, et son changement en i,
quand il en subit Tinfluence ; le second, c'est l'assourdissement de cet a et
de cet i patois post-toniques en e muet pour le pluriel de tous les noms de la
première déclinaison.
Je ne m'abuse pas, et je sens tout ce que l'étude à laquelle est consacré
ce livre offre encore d'incomplet. Pour donner un travail tel que je le conçois,
il eût fallu, en agrandissant le périmètre étudié, relever, dans tous les villages,
sans exception, qu'il comprenait, les différences de traitement, si faibles
fussent-elles, de chaque voyelle et de chaque consonne, puis dresser une
série de cartes où, par des couleurs différentes, on eût indiqué les limites
de chaque phénomène phonétique. C'est là une tâche que j'entreprendrai cer-
tainement un jour aussitôt que j'aurai vingt-cinq ans.
Pour le surplus, je me consolerai en pensant à ce que disait Cabat à l'un de
ses élèves qui ne pouvait jamais se résoudre à faire un croquis de paysage
sur nature, parce qu'il ne pouvait y mettre tous les effets d'un tableau :
« C'est vrai qu'un croquis ne vaut pas un tableau, mais c'est vrai aussi
qu'un bon croquis vaut mieux que rien du tout. »
Les mêmes raisons d'impérieuse unité de dialecte n'existaient pas pour
les mots à insérer dans le dictionnaire. La très grande partie appartient
à la région étudiée dans la phonétique, mais on ne s'est point interdit d'y
adjoindi'e un certain nombre de mots soit de la région de Tarare et dePanis-
sières, dont la phonétique est à très peu près semblable à la nôtre, soit de
la région de Villefranche, soit du Franc-Lyonnais, c'est-à-dire de la zone
étroite de l'ancien Lyonnais qui s'étendait sur la rive gauche de la Saône. On
ne s'est astreint à d'autres limites pour l'insertion des mots dans le diction-
naire qu'à celles de l'ancienne province du Lyonnais, en y comprenant à
peine deux ou trois villages-frontières. Cela était nécessaire, non seulement
pour justifier notre titre, mais encore parce que, comme le dit judicieusement
le poète Ponsard :
Quand la borne est franchie. Il n'est plus de limites.
Il n'y aurait eu aucune raison, en dépassant le Lyonnais, de s'arrêter à un
point plutôt qu'à un autre. On a donc proscrit, malgré leur intérêt, tous les
mots du Forez, du Dauphiné, de la Bresse, etc., et par conséquent beau-
coup de ceux que M. Onofrio avait fait figurer dans s^ Essai d'un glos-
saire des patois de Lyonnais, Fore^ ai Beaujolais.
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IV
*
C'est un truisme de dire que le lyonnais, comme tous les dialectes romans,
a pour « substratum » le latin vulgaire. Il ne diffère pas sous ce rapport de
ses congénères.
Après le latin, ce sont les langues germaniques qui ont fourni le plus
gros contingent, et après elles, bien loin, le celtique, quoiqu'il ne soit pas
impossible que des mots dont nous retrouvons les types dans le germa-
nique nous soient venus par le celtique, les deux langues ayant en assez
grand nombre des racines communes. Mais les documents que nous possé-
dons sur les langues celtiques sont trop peu nombreux pour pouvoir nous
éclairer à ce sujet. On peut supposer d'ailleurs que les mots, en moindre
quantité qu'on ne le croirait, dont on ne reconnaît les types nulle part dans
les langues-mères à nous connues, sont d'origine celtique. Enfin il n'y a pas
à douter que beaucoup de noms de lieux n'aient une origine gauloise;
mais cette étude, pour laquelle Tauteur se sentirait d'ailleurs insuflisant, ne
rentrait pas dans son cadre. Il est à noter que, encore bien que Lyon fût le
siège d'une nombreuse colonie grecque, et bien qu'on y prêchât en grec, il est
à peine demeuré deux ou trois mots (on n'est bien sûr que d'un seul) provenant
directement de cette langue.
Le patois lyonnais appartient à la branche des dialectes romans que
M. Ascolia nommé le franco-provençal, c'est-à-dire « à un type idiomatique
qui réunit avec ses caractères spécifiques plusieurs autres caractères en
partie communs au français, en partie au provençal, et qui ne provient pour-
tant pas d'une conjonction secondaire d'éléments divers, mais atteste avec certi-
tude une indépendance historique analogue à celle par laquelle les autres
principaux types se distinguent entre eux ».
« L'ample étendue des dialectes dans lesquels on peut encore aujourd'hui
reconnaître le type franco-provençal suppose, comme dans tout autre ensemble
néo-latin, des subdivisions ; mais ce type constitue également dans l'ordre
géographique un ensemble continu (1). » Le Lyonnais, la portion septentrionale
du Dauphiné, la Bresse, le Bugey, la Savoie; en Suisse les cantons de Vaud,
de Genève, de Neuchâtel, la plus grande partie de celui de Fribourg, la portion
occidentale du Valais et finalement la vallée d'Aoste et le Val Soana, en
Piémont, forment le domaine franco-provençal.
On ne peut ni ne doit, dans cette introduction, exposer les caractères
détaillés du franco-provençal. Disons seulement qu'un de ses traits les plus
marqués est celui d'avoir ie, t, e pour a tonique latin libre précédé d'une arti-
culation palatale, et de consen^er au contraire généralement cet a dans les
autres circonstances. De même l'atone finale a persiste ou se modifie
également selon qu'elle n'est pas ou qu'elle est soumise à l'action d'une
palatale. Or, ces phénomènes sont précisément au nombre de ceux signalés
plus haut pour la région lyonnaise étudiée dans ce présent livre.
(1) Ascoli, Schizii franco provensalù
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Ces phénomènes se montrent dans les textes vieux lyonnais que nous possé-
dons et qui, sauf le fragment d'Alexandre, de caractère douteux, ne
remontent pas au-delà de 1225 (Carcabeau de Givors), Ces textes sont
d'ailleurs abondants pour la lin du xiii* et pour le xiv siècle (1). Parmi les prin-
cipaux il faut placer, avec le Carcabeaii, les œuvres de Marguerite d'Oyngt,
prieuresse de Poleteins, divers tarifs ou leydes, et des pièces de comptabilité.
Les documents se font rares et peu importants à partir du xv siècle, à
cause de la substitution du français au lyonnais dans tous les actes ofliciels
non en latin. On peut, il est vrai, glaner dans les nombreuses pièces en
français, surtout dans les Registres consulaires, beaucoup de mots locaux
intercalés dans la rédaction française; mais ces mots, précieux pour un lexique,
ne suflisent pas à fournir les éléments d'une phonétique. Le xvr siècle nous
offre un noël, une chanson satiriciue, deux ou trois courts fragments des Chevau-
chées de rAsne. Le xvir fournit une très médiocre comédie populaire, la
Bernarda Buj/andiri ; le xviir, une courte pièce, Lyon en vers burlesques,
où se trouvent des fragments patois ; quelques noôls, parmi lesquels le plus
important est le Noël satirique de 1723, et quelques chansons de Revérony,
presque contemporaines de la Révolution. Le commencement du xix* siècle
a les paraboles recueillies par Cochard et son vocabulaire patois inédit,
dont il sera parlé plus loin. Le patois contemporain a les œuvres assez consi-
dérables de Roquille, quelques pièces de Gutton et quelques-unes de Monin,
et c'est tout. La moisson est maigre.
Il faut y ajouter les pièces en langage canut du premier tiers du siècle.
La plupart sont d'Etienne Blanc, et admirables. Mais ces pièces ne sont
pa.s en patois; elles sont écrites dans l'argot canut, langage qui s'est développé
à Lyon au xviii' siècle, et dans lequel on trouve certainement quantité de
mots de source patoise, mais qui n'est pas le patois. On n'a pas fait tigurer
ces mots dans le présent dictionnaire; ils feraient l'objet d'une publication
spéciale, déjà en partie préparée, si l'on avait jamais la possibilité de la
mettre au jour.
On n'exposera pas ici l'histoire du patois lyonnais. Il nous a paru bien préfé-
rable de donner en note, à propos de chaque phénomène phonétique signalé
pour le patois moderne, l'état de ce phénomène au xiip et xiv« siècle, et.
(]uand cela sera possible, dans les siècles suivants jusqu'au nôtre. L'histoire
du patois lyonnais se présentera ainsi d'elle-même méthodiquement.
M. Gustave Véricel, érudit lyonnais, ayant rencontré un jour, chez un
bouquiniste, une malle pleine de papiers, parmi lesquels se trouvaient des
brouillards et manuscrits divers de Cochard, acheta le tout,et, en les compul-
sant, y découvrit le manuscrit d'un vocabulaire du patois lyonnais. Cochard,
dans les premières années du siècle, vers 1807, je crois, eut, en qualité de
conseiller de préfecture du Rhône, à s'occuper de recueillir, pour le dépar-
(1) Voir à la fin de celte introduction, la bibliographie lyonnaise.
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Vï
tement, les traductions de la parabole de VEnfant prodigue, demandées par
le Bureau de statistique au ministère de l'intérieur. L'idée de ce vocabulaire
lui fut sans doute inspirée à cette occasion. M. Véricel a bien voulu mettre
ce manuscrit à notre disposition. Il y avait quelque prix à recueillir ici les
mots colligés par Oochard, soit parce que certains ont disparu, soit parce que
les formes se sont modifiées. Nous les avons donc fait figurer dans le présent
dictionnaire, en les marquant en tête d'un astérique. Nous avons dû en élaguer
un grand nombre à cause de leur parenté ou de leur identité avec le français.
Ceux qui restent ne forment qu'une petite partie du présent dictionnaire, un
cinquième environ.
Il n'est pas sans intérêt de connaître ce qu'était Cocbard. Né en 1763, il mena
d'abord de front les études de Tart héraldique et de la jurisprudence, et publia,
à dix-huit ans, un mémoire intitulé Généalogies, qui fut inséré dans VÉtat de
la noblesse pour 1782. Il était procureur au baillage de Vienne, lorsqu'on 1785 il
fut revêtu de la charge de procureur du roi en la justice de Sainte-Colombe-
lez- Vienne. Il publia des travaux d'histoire locale, de statistique, de jurispru-
dence, fut appelé par l'assemblée électorale de l'Isère au conseil général de ce
département, et par l'assemblée du district de Vienne au tribunal de cette ville;
fut administrateur de THôtel-Dieu, du comité philanthropique et du collège
de Vienne, se maria et se livra à l'agriculture dans le domaine de Sainte-
Colombe, que sa femme lui avait apporté en dot. En Tan IV, il était président
du canton de Sainte-Colombe , en l'an VI, juge de paix de ce canton et membre
de l'administration centrale du Rhône. Peu après, nommé membre du direc-
toire du département, il se fixa à Lyon et, lors de la nouvelle organisation
administrative, échangea son titre contre celui de conseiller de préfecture.
Il occupa ce poste jusqu'en 1815, où la réaction politique le fit révoquer.
De cette époque jusqu'à sa mort, en 1834, il continua de s'occuper activement
de travaux de statistique, de recherches historiques, etc., et fut, avec ses
amis Breghot du Lut et Péricaud, et quoique avec un ensemble de connais-
sances inférieur, l'un des trois érudits lyonnais qui ont marqué cette période
féconde. De 18^4 à 1831, il s'occupa activement d'un recueil précieux sous le
rapport local, les Archives historiques et statistiques du département du
Rhône, où il publia quelques pièces patoises. Cochard attachait de l'importance
à l'étude du patois. L'habitude des recherches, le goût de la précision, contracté
dans la pratique administrative et les études statistiques, doivent inspirer
de la confiance en ses constatations, tout en faisant la part, bien entendu, de
l'insuffisance des connaissances propres au temps. Il paraît avoir mis du prix à
son vocabulaire, car dans un rapport adressé en 1822 à M. de Tournon, préfet
du Rhône, au sujet d'un projet de Statistique du département du RJiônc, que
M. de Tournon avait en vue, et pour lequel il avait consulté Cochard, celui-ci
prend occasion de parler de ses travaux et cite parmi eux f un vocabulaire
du patois de ces contrées qu'il a dressé et qui n'a pas vu le jour (1) *.
* *
La première remarque à faire sur le vocabulaire de Cochard. c'est (jue par-
tout a tonique libre y est exprimé par a (vb. apparu, arregarda, dèson-
(1) Retue du Lyonnais, V'> série, t. xviii, p. 404.
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- vu
dra^ mena, semena, etc.; subst. ana, rada, etc.). Il ne faut pas le moins du
monde en conclure que de son temps a égalât a. Dans toute la partie du
Lyonnais étudiée dans ce présent livœ, a, au commencement du siècle, égale
déjà ô, Dialêgxœ en patois de Saint-Symphorien : ètrôblot (stabula), pore
(patrem)y alau « aller », intrau [intrare)', parab. de Saint-Symphorien :
paure, amassau t amasser », aportau (ad port arc); parab. de Condrieu :
pore, allô, tomba, se </a/d (vieux fr. galer); parab. de Fontaines ; appela,
apporta, regalô « régaler ».
Mais la région qui n'est pas proprement lyonnaise, comme celle de la parab.
des frontières du Forez et de la parab. d'Amplepuis, ont a = a. Cette région
garde encore aujourd'hui la même phonétique.
De même le Bois-d'Oingt, à cette époque, avait encore a =i a. Parab.
amassa, dissipa, rentra, garda. Aujourd'hui cette contrée a suivi le mouve-
ment qui entraîne k 6 \ pô (passum), bô (bassum), tçanto {cantare), effilô
« eflilé (1) ». Les quelques mots d'Alix, du Bois-d*Oingt, de Villefranche, que
contient notre dictionnaire, confirment cette évolution. Beaujeu, quoique beau-
coup plus loin de Lyon, avait déjà a = d au temps des parab. : pore, frôre,
ramtissô, retrovô, graus (grassum).
Or il n*est pas vraisemblable que Cochard soit allé puiser ses mots dans la
région particulière et écartée d'Amplepuis ou des frontières du Forez; il a dû
évidemment les puiser dans les endroits avec lesquels il était le plus
familier: Lyon, d'abord, où à cette époque le peuple parlait encore patois ;
puis Sainte-Colombe, qu'il habitait l'été, et où il avait des propriétés (il y
est mort); Condrieu, où il possédait des vignobles et dont il a écrit une Statis-
tique très détaillée; Amplepuis, Tupin-Semons, sur lesquels il a aussi écrit.
De plus il a intitulé son dictionnaire : Vocabulaire des mots patois usités
dans le département du Rhône; c'était dire qu'il ne dressait pas le vocabu-
laire de quelques communes éloignées (2).
Je n'ai donc aucun doute que Cochard a substitué partout a à <5 de sa pro-
pre autorité, et simplement parce qu'il a considéré que ô était une pronon-
ciation défectueuse de l'a étymologique. Il a cru donner la forme plus
scientifique du mot. Ce qui prouve surabondamment le fait, ce sont quelques
lapsus. C'est ainsi qull ècv'xHiègeo, regiffto, en oubliant de rectifier en liégea,
rcgiffla. Nous avons mis partout la forme patoise réelle, sans répéter la
forme de iZochard quand il n'y avait pas d'autre différence que celle qu'on vient
de signaler.
il) Revue des Patois, tome I, p. 129 et suiv.
(2) A quelle époque remonte le changement de a en o? Il est probable qu'il duf
s'opérer dans les campagnes avant Lyon, car les changements phonétiques ne se font
pas comme une révolution politique, et le phénomène, pour s'étendre de Condrieu à
Beaujeu, dut mettre d'assez longues années. Il dut se passer alors ce que nous voyons
se produire pour a protonique, qui se transforme peu à peu et n'a encore passé à ô que
dans un nombre restreint de mots, où souvent les deux formes coexistent encore.
A Lyon a tonique = d apparaît a peine sporadiquement aux dernières années du
XVIII* siècle, i^e noël de 1753 a partout a = a. De môme pour la chanson faite contre
Perrichon par Laurès, en 1740 0<?^a, montra). Il faut arriver à 1776. à la chanson de
Revérony (publiée dans la Revue du Lyoïui., V» série, t. I, p. 293) pour rencontrer
quelques mots môles à ceux en a : patafina (de putidam finem), raconta, chanta,
rolonta,èi côté de môre, flaume, (flamma), tausse « lasse », grauce[gratia)^cahriolau
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VIII
Cette préoccupation fâcheuse de rectifier un mot que l'on croit corrompu, et
qui a pour résultat de créer un mot faux à côté du vrai, je l'ai rencontrée
plus d'une fois chez les lexicographes. Elle ne laisserait pas d'ôter une grande
partie de sa valeur au vocabulaire de Cochard, si elle se retrouvait ailleurs
que dans le fait signalé; mais un examen attentif ne nous a pas fait décou-
vrir d'autres déformations volontaires des sons. Partout ailleurs il s'efforce
de les exprimer par les signes, et, lorsqu'il n'y parvient pas, il est facile, avec
quelque connaissance du patois actuel, de rétablir le mot. C'est ainsi que nous
savons que lorsqu'il écrit gorjnie, il veut exprimer la prononciation gôgnî.
Il est inutile de dire qu'il n'y a pas dans Cochard un seul exemple de a
protonique = (5, puisque cette transformation, toute moderne, n'est qu'en voie
d'accomplissement. Si elle eût existé de son temps, on en trouverait des
traces, car le plus souvent il aurait ignoré si cet ô répondait ou non à un a
étymologique, et n'aurait pas éprouvé le besoin de le changer.
Mais en retour on y trouve partout la forme archaïque ta des participes
passés des verbes en y1 (cberchia, ccarmaillia, ècarquilUa, goucliia), et il con-
fond môme parfois cette forme participiale avec l'infinitif du verbe (1), qui
est en yi, après avoir dû être jadis en yer. Aujourd'hui, malgré parfois
quelque hésitation encore existante, ce participe, par un besoin logique, s'est
scindé en deux flexions : yî pour le masc, ia pour le fémin. : « Celo raisin
est gouchî, cela vindômi est gouckia, »
On doit signaler un point intéressant du traitement de Vo fermé, soit libre,
soit entravé. Dans le vocab. de Cochard, cet o = ou, tandis que dans nos
campagnes o fermé entravé égale invariablement o, et o fermé libre tend de
plus en plus à passer à o. C. donne écoulail les (acolailles), encoubles (incobles),
poutringâ (potringô), jpourpa (porpa), gour (gor), mouttet (mottet), otirles
(orles), maïotLsses [mayosses). Je crois que cette différence de traitement doit
tenir surtout à ce que C. a puisé beaucoup d'exemples à Lyon, où l'on dit
encore ourles, pourpe, goxir, A côté, C. a patrolli, polailli, trolli, qu'il a
sans doute puisés dans la partie rurale, car à Lyon on dit encore patrouille^
poulaille, trouille, trouiller. Je vois donc moins dans les formes de C.
des archaïsmes que des formes dues à une phonétique différente, tout en
reconnaissant qu'avant d'être o, o fermé libre ou entravé a été ou.
Mais un archaïsme est à noter, c'est o fermé post-tonique représenté par
ou dans emou (estimum), à Lyon ème. Cet ou post-tonique était de régie au
xvir siècle, mais je ne le vois figurer nulle part depuis lors. Il existe encore
dans le forézien.
t danser ». En 1784, dans \?i Chanson sur l'Ascension ajrostatique, il y a encore de
Tincertitude : complimentau, biiclau, dïnau, invitaUt mais alla « aller », coûta
€ côté », enleva [in-levaré)^ inflave {in-f!abat), bramace « criait ». Vers 1807, dans
le Dialogue entre deux habitants du Mont-d'Or {Rev. du Lyonn. loco cil.) a=ô :
compaure (cum-patrem), brauve « brave », pau (passum); il est vrai qu'on rencontre
nas (nasum)f mais comme il rime avec pas, négation, écrit plus haut pau, il n'y
a pas à douter que ce ne soit une faute du copiste. L'unanimité des pièces du
patois rural doit faire croire que ce changement était consacré dans les campagnes
avant de l'être à Lyon. On verra d'ailleurs que, sous les traits communs généraux, il
y a des différences phonétiques entre le pitois de Lyon-ville et celui du domaine rural.
C'est le contraire qui étonnerait.
(1) Par exemple, naisia, rouir, qui doit être nai;l, partie, naisia.
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IX
Le vocabulaire de Cochard offre une autre particularité assez difficile à expli-
quer. D'un bout à Tautre de Touvrage, dans tous les exemples donnés, le
pronom personnel ille est exprimé par ou devant les consonnes et oui devant
les voyelles. Or j'ignore complètement dans quelle partie du Lyonnais il a
puisé cette fonne singulière. La parab. de Condrieu a è et c/ (employés actuel-
lement à Villefranche). Les parab. de Saint-Symphorien, d'Amplepuis, du
Bois-d'Oingt emploient a et al, comme, du reste, aujourd'hui tout le territoire
dont la phonétique a été étudiée dans ce livre. La parab. de Fontaines, comme
les chansons de Revérony, a t et iL Je ne connais au xviir siècle qu'un seul
exemple de ille ■= oui, c'est dans le Noël de Jean Capon, édité par Cochard :
« Ow/ en a yu, la charopa... (1) » — Peut-être était-ce une forme usitée à
Vienne ou à Sainte-Colombe. Nous en sommes réduits aux conjectures.
* #
On doit parler en passant de l'orthographe des mots patois suivie dans le
présent livre. L'auteur devait- il, comme on l'admet aujourd'hui pour les glos-
saires patois méthodiques, adopter une orthographe purement phonétique, en
supprimant toutes les lettres étymologiques et en employant, pour exprimer
les sons qui exigent en français la réunion de plus d'un signe, des signes dia-
critiques particuliers? — Gela était matériellement impossible, du moment que
le dialecte lyonnais possédait des textes que l'auteur devait utiliser et où il
devait puiser des citations. On voudra bien admettre qu'il ne pouvait trans-
crire en une sorte de volapuk scientifique les textes du xiir siècle, dont on
discute encore la prononciation exacte. Ce qu'on ne pouvait faii-e pour les
textes les plus anciens, pouvait-on le faire pour les auti^es ? A quelle époque
fallait-il abandonner l'orthographe des auteurs pour employer le volapuk ?
Etait-ce au xvi% au xvii* ou au xviir ou enfin au xix* siècle ? Mais on a
utilisé aussi des textes contemporains. Il eût été possible de rectifier leur
orthographe, dh-a-t-on. Mais aloi-s quelle ressource aurait offerte ce dictionnaire
à ceux qui, en lisant une pièce de Roquille ou de Gutton, sont arrêtés par
l'ignorance de la signification de quelque mot (dont ils ne connaissent pas
môme la prononciation) ? Ils auraient dû commencer, avant de chercher un
mot, par le traduire d'abord en volapuk. On voit dans quel dédale d'inextri-
cables difficultés c'était s'engager.
Il a donc semblé à l'auteur que l'orthographe phonétique, excellente lors-
qu'il s'agit d'un patois qui ne possède aucun texte écrit, devait être ici abso-
lument repoussée.
Il fallait pouitant représenter les sons de façon exacte, car ils sont souvent
dénaturés de la manière la plus étrange par l'orthographe fantaisiste des écri-
vains patoisants. Il était facile d'annver à ce résultat en indiquant entre paren-
thèses, à la suite du mot, sa prononciation, comme Littré Ta fait pour le fran-
çais. On a pensé satisfaire ainsi à la fois et à l'exactitude des textes et aux justes
exigences de la phonétique.
Yoici donc les règles que l'auteur s'est posées :
(1) Ma mère, qui me chantait ce noël dans mon enfance, disait ainsi te vers : c 01
atx^otf, la charopa... » 01, oui pouvaient donc être parfois employés à Lyon.
2
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!• Dans tout mot tiré d'un texte dont on ignore la prononciation exacte, se
bomer à donner le mot sans indication de prononciation.
2" Dans tout mot connu, existant dans un texte, donner l'orthographe du
texte, et si cette orthographe est défigurée, en donner à côté une plus ration-
nelle, mais en tenant compte cependant, par analogie avec le français, de
certaines lettres étymologiques qui peuvent faciliter au lecteur, familier avec
le français, Tintelligence du mot; par exemple en écrivant ant, le suffixe pro-
venant d'antem, ous le suffixe provenant d'osws, ou le suffixe provenant d*orem.
On n*a pas écrit our le suffixe provenant dorem, ni ôr le suffixe provenant
d'are, parce que, en français r final se prononce après ou, o, et que le lecteur
aurait été trompé sur la non-prononciation de la lettre étymologique.
3" Dans tout mot dont on connaît la prononciation, figurer rigoureusement
celle-ci entre parenthèses, sauf à ne pas la répéter pour toutes les formes loi-s-
qu'elle est suffisamment éclaircie par la prononciation d'une des formes précé-
dentes.
4* Donner cette prononciation en procédant le plus possible par des notations
connues de tout le monde.
Nous avons pu généralement atteindre ce résultat presque à l'aide des seuls
signes français, en y ajoutant les signes Ih et nh, comme en provençal, pour
indiquer / et n mouillées. Nous avons dû créer les signes é, en, an, on, dont
on expliquera les sons plus loin. Pour le g palatal dur (devant e, i) nous l'avons
exprimé, comme l'italien et comme Littré, par le signe gh, encore bien que
gk = g dur soit un peu en contradiction avec n/i, Ih := n et / mouillées; mais
cette notation avait l'avantage d'être déjà connue.
Nous avons laissé à la diphtongue oi (excessivement rare en patois) la gra-
phie française, bien que divers auteurs aient cru en exprimer la prononciation
par la graphie oua; mais celle-ci accuse toujours l'idée d'une diérèse qui
n'existe pas dans oi.
Nous avons exprimé le son de Ve muet français (qui n'existe guère à l'état de
post-tonique que dans les pluriels féminins et dans cei-taines formes verbales
en patois) par e. et non, comme Littré, par une virgule supérieure. Nous croyons
qu'en français Ve muet, lorsqu'il ne s'élide pas, représente une sonorité et non
simplement la continuation de la consonne qui le précède (1). On doit pro-
noncer roze et non ro^\ et ce qui le prouve, c'est la succession, exigée en pro
sodie, des rimes féminines aux rimes masculines, dont elles ne différeraient
sans cela, et encore pas toujours, que par la prononciation de la consonne
finale quand elle termine un mot masculin. C'est dire que luth rimerait avec
lutie, ce qui n'est pas encore admis (2).
(1) Il est par exemple impossible de prononcer triste temps comme trist'temps.
(2) Nous devons confesser ici une insufflsance dans notre transcription de la série
des sons de la lettre e. Le français actuel connaît quatre sons pour e : e muet (crim^,
Madeleine;; é formé {péché), è ^ ait bref (distrait, concret^ suivant les dictionnaires
riment bien); ê, qui par la confusion des sons n'est parfois qu'une variante orthogra-
phique {benêt ne se différencie guère de cornet), mais qui a cependant un son dis-
tinct quand il est suivi d'une consonne qui se prononce (tempête, quête), et que nous
avons adopté pour son correspondant en patois dans le dernier cas. Mais il aurait
fklluun cinquième signe pour représenter un ê encore plus ouvert et pour qui la graphie
française al (paît) est même insuffisante. Ce son, dans le territoire étudié, est particu-
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XI
On voit que Tauteur s'est efforcé de ne rebuter le lecteur par aucune diffi-
culté de forme ou de prononciation. Il doit avouer qu'il l'a fait dans Tespoir,
fondé ou non, de rencontrer des lecteurs parmi les Lyonnais, surtout parmi
les étudiants, qui, possédant quelques connaissances en matière de philologie
romane, seront désireux de les étendre dans le champ de leur dialecte local.
Cette préoccupation expliquera aux romanistes de profession et leur fera
excuser, je Tespére, ce qui sera souvent pour eux de vaines superfétations.
Les mômes préoccupations ont fait adopter un plan qui, au moins, je crois,
a le mente de la clarté, mais dont la conséquence a été une augmentation
considérable de travail.
On sait que M. Brachet, dans son Dictionnaire étymologique, a pris le
parti, pour l'explication de chaque transformation de chaque mot, de renvoyer
à un mot particulier où la loi était indiquée. Il nous a paru que ce plan pour-
rait être très heureusement modifié, en dressant d'abord une phonétique
méthodique, où les formules seraient inscrites par ordre de numéro, puis en
renvoyant, pour chaque mot du lexique, au numéro de la formule. C'était se
condamner, en vue de lecteurs problématiques, à un travail long, fastidieux
et absolument inutile pour les romanistes. Je souhaite, sans trop oser l'espérer,
que ce travail n'ait pas été absolument perdu.
*
On a proscrit de ce dictionnaire non-seulement les mots empruntés au
français, mais encore ceux qui, pouvant venir directement du latin vulgaire,
ont une telle ressemblance avec le français, qu'il ne peut exister de doute ni
sur leur signification ni sur leur étymologie; mais on a conservé ceux qui
pouvaient avoir quelque particularité remarquable de sens ou de forme.
Autant que faire se peut, Ton a indiqué les formes particulières aux villages
connus de Fauteur. Les fonnes où cette mention n'existent pas peuvent passer
pour générales.
Enfin on n'a pas négligé d'y faire figurer certains mots du vieux lyonnais
qui ont paru mériter un intérêt particulier, soit parce que le sens n'en avait
pas encore été expliqué ou l'avait été de façon erronée, soit parce qu'ils pré-
sentaient quelque particularité phonétique. On a, bien entendu, laissé ceux
de ces mots qui sont communs avec le vieux français.
De plus, ce dictionnaire est étymologique. C'est ce qui a constitué sa
principale difBculté. De toutes les parties de la philologie, l'étymologie est
lier à Graponne; il existe à Panissières dans les préfixes verbaux de dis et ex(dêquiotti).
Nous avions représenté ce son par al, puis nous y avons renoncé (lorsqu'il n'était plus
temps de créer un signe) pour ne pas exprimer un son unique par une diphthongue gra-
phique Il suit de là que ê ne représente pas toujours, dans notre graphie, un son suffi-
samment ouvert. Nous y avons quelquefois suppléé par l'annotation : t é prononcé
très ouvert »; mais nous reconnaissons que ce procédé n'est pas très scientifique. Il y a
là une lacune qui ne porte heureusement que sur un petit nombre de mots.
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XII
la plus Ingrate, pour ne pas dire la plus vaine. On y oscille peipétuellement
entre le truisme et l'hypothèse. Quand les étymologies sont sûres, elles sont
peu intéressantes. Il n'est pas très intéressant de vous apprendre que le
lyonnais luna vient de îuna. Et si l'étymologie n'est pas sûre, vaut-il la
peine de la donner ?
Devions-nous donc nous en tenir aux seules étymologies certaines? Nous
ne l'avons pas cru . Même une hypothèse a son prix, parce que des mots
découverts dans d'autres dialectes peuvent venir en démontrer plus tard
l'exactitude ou l'inanité. Si de l'étymologie on devait bannir toute hypothèse,
combien faudrait-il brûler de pages de YEtymologisches Woerterbuchf
— J'ose ajouter que ces i*echerches sont les plus attachantes. Rien ne pas-
sionne comme la poursuite de l'impossible.
On a donc divisé les étymologies en trois catégories :
!• Les ceitaines ou probables; 2" les douteuses ou fort douteuses, qu'on a
marquées du signe (?); 3" les inconnues. On prévient d'ores et déjà que la
discussion qui accompagne la mention : ètym. tnconn. n'a d'autre prétention
que de soulever des hypothèses plus ou moins bien imaginées.
Un auteur est assez mal venu à parler du soin apporté à son ouvrage,
qui est toujoui*s supposé. Il sera permis de dire cependant que les plus
grands efforts ont été faits pour écarter de celui-ci les erreurs. On ne parle
pas seulement des recherches personnelles de toute nature ; mais l'auteur a
désiré de plus contrôler ses propres lumières par celles de personnes qua-
liDées. Son collègue et ami, M. Vachez, érudit lyonnais, dont les travaux
d'histoire et d'archéologie locales jouissent d'une si grande considération,
et qui possède une connaissance approfondie du patois de la région dont
Riverie est le centime, a bien voulu non seulement nous foumir les rensei-
gnements les plus précieux, mais encore pi'endre la peine de lii*e le manus-
crit de cet ouvrage pour le corriger s'il y avait lieu, et aussi pour le com-
pléter.
Ce que M. Vachez a fait à l'égard du patois, un jeune ami, M. E. Langlois,
professeur à la Faculté des lettres de Lille, ancien membre de l'École
française de Rome, l'a fait en ce qui touche la philologie. Il n'a pas reculé
non plus devant la tâche fastidieuse de lire d'un bout à l'autre ce long ma-
nuscrit et de présenter ses remarques et objections lorsqu'il y avait lieu.
Ses observations m'ont été précieuses, et toujours, car s'il m'arrivait de
persister dans une opinion, elles m'obligeaient du moins à répondre par
anticipation à des objections que je n'aurais su prèvoir.
Enfin, M. Ghabaneau, l'éminent professeur à la Faculté de Montpellier, a
bien voulu lire attentivement, à mon intention, les trois premières livraisons
de cet ouvrage et me communiquer ses précieuses observations, que j'ai
consignées dans le volumineux supplément; et il a lu de môme, mais
cette fois en manuscrit, la quatrième livraison et le supplément lui-
même.
Je ne saurais oublier de mentionner ici M. Deresse, qui s'est occupé de
recherches sur Je patois de Villefranche et a mis avec une inépuisable
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XIII
obligeance les i*ésultats de ses études à ma disposition ; ni MM. G.-M. (1)
et G. Guigue, qui m*ont obligeamment fourni divera renseignements.
Je prie toutes ces personnes bienveillantes de recevoir ici l'expression de
ma gratitude.
Malgré les recherches et les efforts qu*a coûtés ce livre, l'auteur ne s'abuse
pas, et il ose dire qu'il en connaît toutes les imperfections. Il croit qu'une
grande partie en aurait pu être évitée si un état de santé qui lui inter-
disait « les longs espoii's », sinon « les vastes pensées », ne l'avait contraint
à faire imprimer Touvrage au fur et à mesure de sa rédaction. Il savait
combien un livre posthume, malgré le zèle de l'éditeur, est exposé à trahir
souvent les intentions de Tauteur. Mais il en est résulté ce qui était facile à
prévoir, c'est qu'au cours de l'impression, de nouvelles recherches, des ren-
conti*es fortuites, des éclaircissements apportés par l'élude d'un mot nouveau
ont modifié des opinions, fait découvrir des erreui*s ou des omissions. De
la sorte, l'auteur a été obligé parfois de contredire à la un de l'ouvrage des
opinions émises au commencement. De plus, des mots qui auraient gagné à
être placés sous une rubrique commune, sont dispersés. Bref, on conçoit
combien l'ouvrage eût eu plus de corps, plus d'unité, si l'auteur avait pu
se livrer à une révision générale du manuscrit (2). On s'est efforcé de
rectifier les erreui*s, de combler les lacunes, dans un supplément qui
doit toujours être consulté concurremment avec le dictionnaire proprement dit.
Mais les défauts subsistent, et l'auteur peut répéter les paroles de t L'oiseau
de Tourval, Parisien, au favorable Lecteur François » en tôte du dictionnaire
de Cotgmve : « Lecteur, TAuleur de ce livre, après avoir péniblement veillé
et travaillé par plusieurs ans, sur cet œuvre, non moins, certes, ingrat
que laborieux ; En fin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutôt
vaincu par la nécessité, que satisfait en son ûme de son propre ouvrage. »
Nyons, 23 mai 1889.
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. G.-M. Guigue, hélas, est mort.
(2) G'est ainsi que Tauleur n'a eu que tardivement l'idée de faire figurer les préfixes
dans son étude. Il en résulte qu'on y trouve l'élude des préfixes ra^ ta, . lesquels
sont peu importants ou douteux, et qu*il faudra aller chercher au supplément Tétude
du préfixe ca, qui lient une grande place dans nos mois lyonnais.
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BIBLIOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE
DU DIALECTE LYONNAIS
XI* ET XIM SIÈCLES
I. — Fragment de V Alexandre, d'Albéric de Besançon; Bartsch, Chresto-
mathie de l'ancien français^ 5* édition, Leipsig, 18S4, p. 18 : 42 vei-s. — Paul
Meyer, Recueil d'anciens textes bas latins, provençaux et français, Paris,
Vieweg, 1877, 2* partie, ancien français, p. 282, 105 vers.
M. Bartsch place V Alexandre au xi* siècle, et M. P. Meyer au commence-
ment du xir. M. Conrad Muller (Die Assonartsen im Girart von Rossillon;
Romanische Studien, Bonn^ t. m) attribue à la contrée lyonnaise Torigine
de ce fragment. Il a été appuyé par M. Hermann Flechtner [Die Sprache des
Alexander fragments des Alberich von Besançon, Breslau. 1882), qui y a
recueilli des relations de sons et de flexions avec le texte de Marguerite
d'Oingt(l).M.P. Meyer propose de lire AlbhHc deBriançon aulieu de Besançon,
XIII» SIÈCLE
II. — 1225. Le Carcabeau du Péage de Givors, publié par M. Georges
Guigue, Lyon, 1883.
III. — 1260 circa. Terriers de Saint-Germaiii-au-Mont-d'Or et de
Poleymieux, publiés par M. Philipon, Revue Lyonnaise, tome ix, p. 420,
IV. — 1277-1315. Tarif du péage de Lyon, inséré dans le Cartulaire muni-
cipal de la ville de Lyon, recueil formé au xiv* siècle par Estienne de Ville-
neuve, publié d'après le manuscrit original, avec des documents inédits du
xir au XV* siècle, par M. M.-C. Guigue, p. 406.
V. — 1286-1310. Œuvres de Marguerite d'Oyngt, prieure de Poleteins,
publiées par M. Philipon, Lyon, 1877. La première partie du livre, comprenant
les pages 36-78, et les pages 90-93 sont en dialecte lyonnais.
VL — 1395 circa. Tarif des droits qui doivent être perçus sur les marchan-
dises entrant dans la ville de Lyon, Cartulaire municipal (v. IV), p. 419.
XIV* SIÈCLE
VII — 1300. Acte de fondation de la Confrérie de la Sainte Trinité, Statuts
et ordonnances de la confrérie, reproduits par M. Onofrio dans V Essai d'un
Glossaire des patois de Lyonnais, For e^ et Beaujolais, Lyon, Scheuring 1864,
p. XLII.
(l) Il est certain en tous cas que V Alexandre appartient à une langue intermédiaire,
comme notre dialecte, entre le provençal et le français.
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XV
VIII. — 1300 ctrca. Leide de FArchevôché, publiée par M. Philîpon, Jîo-
mania xm, p. 568.
IX. — Commencement du xiV siècle. Terrier de Roche for l, ibid. ibid.,
p. 582.
X. — 1314-1344. Le livre de raison d'un bourgeois de Lyon, texte en langue
vulgaire, publié par G, Guigue, Lyon, 1882.
XI. — 1320. Décision arbitrale de Jean de Long-Mont, 9 lignes de texte en
dialecte lyonnais, Cartulaire (voy. IV), p. 447.
XII. — 1340 circa. Reconnaissance aux citoyetis lyonnais du droit de
'peser leurs marchandises à domicile, publiée par M. Philipon, Romania, xiii,
p. 570.
XIII. — 1341. Taille communale, id. id, p. 571.
XIV. — 1346-1376. Compte des fortifications de la ville de Lyon, Les Tard-
Venus en Lyonnais, Fores et Beaujolais, par Georges Guigue, 1 vol. in-4»,
Lyon, 1886, p. 393.
XV. — 1350. Li contios por allar abatre Nerveu et Fouris en Foreis, Notice
sur la destruction du château de Nervieu et de la maison forte de Foris, par
M. A. Vachez, Vienne, 1877, p. 8.
XVI.— 1350. Li contios de allar abatre Peyraut. Notice sur la destruction du
château de Peyraut, en Vivarais, par M, A. Vachez, Lyon, 1879, p. 23.
XVII. — XIV* siècle. Fragment d'un terrier lyonnais, publié par M. Philipon,
Romania, xm, p. 584.
XVII (bis). — 1351. Règlement fiscal, publié par M. Philipon, Lyon-Revue,
tome V, p. 178, 228, 280.
XVIII. — 1352. Inscription reproduite par Artaud. Notice des antiquités et
des tableaux du Musée de Lyon, 1808, p. 57, par Comarmond, Description
lapidaire du Musée de Lyon, p. 102, et par Onofrio, Essai, etc. (voy. VII),
p. XLIV.
XIX. — 1352. Syndicat ou procès-verbal d'élection des conseillers de la
ville pour Vannée 1353, Cartulaire (voy. iv), p. 455.
XX. - 1355. Id. id. pour l'année 1356, id. id., p. 462.
XXI. — 1358. — Id. id. pour l'année 1359, id. id., p. 466.
XXII. — 1358. Id* id. Tarif des droits à percevoir sur les marchandises
entrant à Lyon. Convention entre les délégués du Consulat et Bernard de
Varey, publiée par M. Philipon, Romania xm, 574.
XXIII. — 1373. Compte rendu aux religieuses de Saint-Martin-le-Paul, par
Pierre de la Bète, clerc, leur procureur, dans le Polyptiqu^e de la Collégiale de
Saint-Paul, publié par M. M.-C. Guigue, 1 vol. in-foL, Lyon, 1875, p. 209.
XXIV. — 1383. Compte de Jehan de Durche , dans Un Lyonnais à Paris,
au XIV siècle, par M. Philipon, Lyon, 1883, p. 15.
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XVI
XV SIÈCLE
XXV. — 1410. Les possessions duprieui^è d'Alix^ par M. G. Guigue, Lyon,
1883, texte patois, p. 10. Ce fragment n'est qu'à demi-lyonnais et doit avoir
été écrit par un Forézien.
XVr SIÈCLE
XXVL — 1526 circa, Noël Lessi chôma le pioche, dans le Recueil des Noëls
vieux, Lyon, 1746, p. 121, réédité par M. Philipon, Lyon-Revue^ t. ix, p. 26.
XXVIL— I'* moitié du xvi* siècle. Noél Maigna, maigna, bien devons Noé
chanta, id. id , p. 126; aussi réédité par M. Ph., loco, cit., p. 3i.
XXVIII. — 1566. Recueil faictau vray de la chevauchée de l'asne, Lyon, 1566,
réimprimé dans les Archives historiques et statistiques du Rhône, t. ix,
pp. 345 et 405 ; Recueil de la chevauchée faicte en la ville de Lyon, le 17 de
novembre 1578, reproduite dans les Archives historiques, x, p. 401. Ces deux
recueils ont été réunis dans un vol., Lyon, 1862. On y trouve un dialogue
patois, p. 34.
XXIX. — 1594. Formulaire fort récréatif.,, par Bredin le Cocu, Lyon, 1594
et suiv., réimprimé par Techener, 1831. Une chanson patoise se trouve à la
page 46. Le Formulaire a été reproduit en 1846, dans la Collection des Biblio-
philes lyonnais,
XVII* SIÈCLE
XXX. — 1627. Entrée magnifique de Bacchus avec Madame Dimanche
grasse, sans date ni nom d'imprimeur, réimprimé par Boitel, Lyon, 1838. Un
couplet patois se trouve à la page 39.
XXXL — 1658. La Bernarda buyandiri, tragi-comedia, la l'* partie réim-
primée par Techener, 1840; les 2 parties ont été réimprimées par M. Philipon
dans La Revue lyonnaise, tome viii, pp. 474 et 616. Il en a été fait un tiré à
part.
XXXII. — 1683. La Ville de Lyon en vers burlesques, rééditée en 1728 et
1750 à Lyon, réimprimée en 1846 dans la Collection des Bibliophiles lyonnais.
Facéties lyonnaises, et par M. Philipon dans La Revue lyonnaise, tome viii,
p. 673.
XXXIII. — 1690-1703. Chanson contre le due de Savoye et le prince Eugène,
version bressanne, publiée parPh. Leduc, Chansons et lettres patoises. Bourg.
1881; version lyonnaise publiée par M. Philip. Lyon-Revue, t. xii, page 81 (1).
CD On a assigné à cette chanson la date de 4589-95; mais, outre d'autres raisons, il n'est pas
admissible qu'on ait fait figurer un prince de Carignan comme général du duc de Savoye
en 1589 95, lorsque la branche de Carignan ne fut fondée qu'en 1596.
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XVII
XVIII* SIÈCLE
XXXI V^. — 1723. Noël satirique en patois lyonnais^ publié très incorrec-
tement dans la Collection des Bibliophiles lyonnais, Facéties lyonnaises,
réédité par N. du Puitspelu, qui en a donné deux éditions, la !'• en 1882, la
2* en 1887, corrigée, Lyon, Storck.
XXXV. — 1730. Noëls nouveaux sur la naissance de notre Rédempteur^
Lyon, Revol. Contient le noél Lo polet ne fait que chanta, réimprime dans les
Archives historiques, t. xiii. p. 'J51; dans la Collcct. des Biblioph, lyonn., et
par M. Philipon, Lyon-Revue , tome ix, p. 63.
XXXVI. — 1740. —Chanson contre Perrichon, procureur du roi, par Laurès,
imprimée dans VEnirée magnifique de Bacchus, Lyon, 1838, p. 46.
XXXVIL — 1744. Chanson des Taffetatiers lors de leur révolte à l'occasion
des machines inventées par Vaucanson ; imprimée en 1744, reproduite dans
VaiM^anson à Lyon, par Gonon, 1844, p. 83, et dans le recueil des Chansons,
Noêls, etc., de la Collection des Bibliophiles lyonn.
XXXVIII. — 1744. Nouveau vaudeville patois chanté à la Comédie fran-
çoise (1744), à Toccasion de la convalescence du Roi, contenant 9 couplets.
Biblioth. de la Ville, no 12434.
XXXIX. — 1747. Recueil de nocls nouveaux^ composés par S'A. R., Lyon,
Vialon. Noôl Levons-nos, mon grou Cola, réimprimé par M. Philipon, Lyon-
Revue, t. IX, p. 68.
XL. — « Môme recueil, noôl Quentendo-ju marmota, réimpr. par M. Phi-
lipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 71.
XLI. — 1751. La Fleur des Noels nouveaux, s. 1. n. d. Noël Prêtez
l'oreille, habitants de la terre, où les paysans parlent patois, réimprimé par
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 75.
XLII. — 1751. Même recueil, Dialogue Tes veyquia donc compare::. Se
trouve aussi dans La Fleur des Novls nouveaux sur la naissance de N.-S.
J.-C,, Lyon, Juttet, 1752; réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix,p. 114.
XLIII. — 1752. La Fleur des Nof'ls nouveaux, édit. 1752, contient le noél
Maty, reveilles-vous, Maty, réimprimé par M. Pliilipon, Lyon-Revue, t. ix,
p. 120.
XLIV. — 1752. Môme recueil. Noôl Allons donc vite, cher voisin, où se
trouvent des couplets patois, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix,
p. 121.
XLV. — 1755. Recueil de Nocls nouveaux, Lyon. Noôl On fin vas-tu, grou
Piro, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 123.
XLVI. — 1757. La Fleur des No:'ls nouveaux, s. 1. n. d. (permis d'imprimer
de 1757). Noôl dit de Jean Capon, réimprimé, mais sur une ancienne copie,
par Cochard, dans les Archives du Rhône, t. xii, p. 231, réimprimé pai*
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 125,
3
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XVIÎÏ
XLVII. — 1757. Môme recueil . Noël Di-may Claitdot , n'enten-tu pas f
réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t/ix> p. 127.
XLVIII. — S. d. Noôl Je pinsave mo cotairo, imprimé d'après une copie
de Cochai'd par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, page 130. J'ai souvent entendu
chanter ce noêl à ma mère, mais avec des variantes considérables.
XLIX. — 1773. Chanson à Toccasion du mariage du comte d'Artois par
Revérony, dans le Recueil des chansons, noels, de la Collect, des Bibliopli.
lyonn,
L. — 1776. Chanson sur le souhait d'une fête, par Revérony, publiée dans
la Revue du Lyonn, V* sér. t. i, p. 295.
Ll. — 1784. Chanson sur l'expérience aérostatique, par Revérony, publiée
dans V Homme de la Roche, de Cochard, 1828, dans la Revue du Lyonnais,
Ir« série, t. vu, p. 478, et dans les Premiers voyages aériens, par R, de Ca-
zenove, Lyon, 1887, p. 32.
Ll bis, — 1786. Chanson politique, par Revérony, publiée dans la Revue
du Lyonn,, V« série, tome vi, page 260.
LU. — 1790. Chanson noiwelle sur la Bastille, publiée dans les Tablettes
chronologiques de Pèricaud, Annuaire du département du Rhône pour 1833.
Lin. — 1794. — Chanson sur les Jacobins, par Revérony, UUniver et la
patria, Biblioth. de la Ville, n« 12481, reproduite incorrectem. dans le Siège
de Lyon, par Perenon, Lyon, 1825, p. 71.
XIX» SIÈCLE
LIV. — Peu après 1807. Parabole de V Enfant prodigue en patois de Condrieu,
publiée dans YAlmanach historique et politique de la ville de Lyon, p. civ.
La notice qui la renferme a été tirée à part.
LV. — Id. id. Parab, en pat, de Saint-Symphorien-le-Château,
publiée dans les Archives du Rhône, t. iv, p. 148. La notice qui la contient
a été publiée à Lyon, BaiTet, lb27.
LVL — Id. id. Dialogo de doux homos de la parochi de.,,, conte
patois, publié dans la Revue des patois, t. i, p. 110.
LVII.— Id. id. Dialogue entre deux habitants du Mont'^d'Or,
publié dans la Revue du Lyonnais, V série, t. i, p. 299.
LVIII. — 183. .. Ba//on d'essai d'un jeune poète forèsien (1), par G, Roquilli,
R.-de-G., Magissol. Comprend 7 pièces patoises.
LIX. — 1836. Breyou et so disciplo, par le môme, vait Vardegi chis Piarre
Guilleri, cofetsi, et vait Givors chis Dufornè.
(î) HoqulUe prend le litre de poète forèsien, Rive-de-Gler faisant auJourdUiui partie
du département de la Loire; mais outre que le dialecte est lyonnais, Rlve-de-Gler
avant 89, était paroisse et seigneurie du Lyonnais, archlpr. de Mornant.
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XIX
LX. — 1838. Lo Deputo manqua, par le même, à Rive-de-Gier, chez Point,
cafetier.
LXI. — 1840; Lo Pereyoux, par le môme, à R.-de-G., chez l'auteur.
LXII. — 1843. — La Ménagerie, par le même, Lyon, Nourtier.
LXllI. — 1846. Hymna à la concorda, oux flfros de Mornant, pai*Condamin
(Gutton), Lyon, Bourg (catal. de la Biblioth. Coste, n»» 12649, nouveau 715).
LXIV. — 1856. Le Ganduatses, par G. Roquille, 3 pièces, Lyon, Nigon.
LXV. — 1857. Poésies patoises et françaises, par le môme, Lyon, Nigon.
Contient, outre les pièces ci-dessus, la Gorlanchia,
LXVL — 1858. Discours en vers patois, par le même, Lyon, Louis Perrin.
LXVIL — 1859. Rive-de-Gier (en français) suivi de lo Procès pardzu, Lyon,
PeiTin.
LXVIIL — 1877 et suiv. Allons tous à la vogue, la Vogue du pays, la Vogue
de Losanne, la Vogua du Zhorno, Félicitations aux habitants de Marcy-
l'Etoile, 2e partie de la chanson de Marcy, Plaidoirie de l'avocat Jean
Lioudo, chansons en feuilles, par Dubost, de Lentilly, horriblement incorrectes
comme prosodie, mais où se rencontrent quelques mots intéressants.
LXIX. — 1883, Œuvres complètes de G. Roquille, Saint-Etienne, imprim. du
Républic, de Za Loire. Réédition assez incorrecte, sans notes ni éclaircissements,
des pièces de Roquille énumérées ci-dessus.
LXX. — 1887. Chansons populaires en patois du Bois-d'Oingt, publiées par
le 1)»^ Gonnet dans la Revue des patois, t. I, p. 129.
OUVRAGES OU FRAGMENTS
écrits en français, mais où les formes françaises se rencontrent.
XIII» SIÈCLE
LXXL — 1286-1310. Œuvres de Marg. d'Ovngt (voy. V), partie française
p. 80-90.
LXXIL — 1389. Venu^e faicte à Lyon au Roy Charles, dans le Cartulaire
(y. IV) p. 369, et Notes historiques, p. 371.
XIV* SIÈCLE
LXXIIL — inventaire de la Comptabilité de la ville, dressé par M.-C. Guigue
(inédit).
XV SIÈCLE
LXXIV. — 1416-1421. Registres consulaires de la Ville de Lyon, par
M.-C. Guigue, 1 vol. in-f, Lyon, 1882.
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XX
XVI» SIÈCLE
LXXV. — 1566. Chevauchée de Vasne, partie française (voy. XXVlll). Tous
les auteurs lyonnais de cette époque ont des mots du dialecte lyonnais, notam-
ment Paradin, du Troncy (v. XXIX) et même Rubys. On en rencontre aussi
quelques-uns, plus rares, dans les auteurs du xvii* siècle
XVill* SIÈCLE
LXXVI. — 1795. Les premières pièces en argot canut sont deux placards :
Déclaration d'amour.., et Réponse... Biblioth. de la Ville, n» 12402. Elles
sont pleines de Tesprit lyonnais et fourmillent de termes techniques, ainsi
que de mots patois francisés, mais sont très libres. Les prétendues lettres
sont datées de 1795, mais je nhésite pas à les attribuer à Et. Blanc, qui revint
de l'armée en 1798, et dut les faire paraître peu après, sous une date supposée.
XIX- SIÈCLE
LXXVIL — De 1798 à 1832. Œuvres d'Etienne Blanc, réunies en 1865 en un
recueil intitulé Les Canettes de Jtrome Roquet, Lyon, Méra, imprimé par
Perrin. Ouvrage curieux et très remarquable. C'est le modèle du geni*c lyon-
nais. Quantité de vieux mots à y puiser.
LXXVin. — 1831. Cirqvllaire demi-rable des cordons biens, Lyon, chez les
marchands de nouveauté, en feuille; très médiocre pièce politique, à propos
des élections de Trévoux.
LXXIX. — 1831 circa. Le Songe de Guignol, publié par A. Fraisse
dans le Salut public du 14 février 1865.
LXXX. — 1849-1854. Lettres à mon cousin Greppo, par M. Pérouse, publiées
dans le Courrier de Lyon et réimprimées en brochure.
LXXXI. — 1* Les Embellissements de Lyon, pochade rimée ; V Les Embel-
lissements de Lyon {suite et fin), par M. Pérouse.
LXXXII. — 1860. Visite à l'exposition de la Société des Amis-des-Arts,
pièce signalée par M. Onofrio et que je ne connais pas.
LXXXIIL— 1865. Théâtre lyonnais de Guignol, publié pour la première fois,
avec une introduction et des notes (par M. Onofrio), 1 vol. in-8«, Lyon.
Scheuring, imprimerie Perrin.
LXXXIV. — 1870. Id. id. 2« série, môme éditeur et môme imprimeur.
LXXXV. — 1876. 1' La Consulte ; 2« Le Prix des coups de bâton. Deux
pièces du Théâtre Guignol, par Louis Josserand, publiées par Élardin, tour-
neur en bois.
LXXXVL — 1879. La Leçon de musique, scène du Théâtre-Guignol, par
Laui'ent Mourguet, arrangée par son petit-fils Louis Josserand, publiée par
Élardin.
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XXI
LXXXVII. -- 1882. Les Tribulations deDxiroquH, pièce de fabrique en trois
longueurs (par Eug. André), in-8% Lyon 1882. La !'• représentation doit dater
de 1860 environ.
LXXXVIIL — 1883. 1' Au Clair de la lune, pièce en 1 acte; 2» Le Déména-
gement de Guignol, scène comique, par Laurent Mourguet, arrangée par son
petit-fils Louis Josserand, publiées par Élardin.
LXXXIX. — 1883. Guignol député, pochade en 3 actes, par Coste-Labaume,
représentée pour la première fois le 4 mars 1883, à Toccasion du banquet des
anciens élèves du Lycée.
XC. — 1884. Le Pot de confitures, pièce en un acte, publiée par Élardin.
XCL — 1886. Gnafronfils (P. Bonnardel), 77ië<î<re, saynètes et récits, 1 V.
in-8% Lyon, Bemoux et Cumin.
r
XCIL— Sans date (1887). Mémoires de V Académie du Gourguillon, tome I",
Théâtre, 1 v. petit in-4% à Lyon-sur-Rhosne, chez 1" imprimeur-juré de l'Aca-
démie. Le volume contient 5 pièces : Guignol député, les Maiins du Gour-
guillon, les Fourberies de Guignol^ l'Instruction obligatoire, les Tribulations
de Duroqttet.
XCIIL — 1890. Les Classiques du Gourguillon (recueil de pièces du
Théâtre-Guignol), 1 v. in-S», Lyon. Le vol. contient 6 pièces : Guignol avocat»
le Tonneau de Harengs, les Tribulations de Lacorne, Voiture à vendre, le
Voyage à Fontaine, le Tambour de Chaponost, la Déclaration du petit Guignol,
XCIV. — 1890. Théâtre lyonnais de Guignol, Lyon, Mad. Monavon. Réédi-
tion du théâtre publié par M Onofrio (v. LXXXIII).
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TRÈS HUMBLE ESSAI
DE PHONÉTIQUE LYONNAISE
NOTIONS GÉNÉRALES
Dans tout mot latin, français, ou patois, il y a une voyelle sur laquelle la
voix porte plus que sur les autres. On l'appelle voyelle tonique ou accentuée.
Les voyelles non toniques sont dénommées atones.
En latin, la voyelle tonique était l'avant dernière, , si elle était longue; et
l'antépénultième, si Tavant-dernière était brève.
En français, Taccent est sur la dernière voyelle, quand celle-ci n'est pas un
e muet, et sur l'avant dernière, quand le mot se termine par un e muet.
En patois, l'accent est, comme en français, tantôt sur la dernière voyelle,
tantôt sur l'avant-dernière; mais dans ce cas, au lieu de se terminer par un e
muet, le mot peut se terminer par a, e, i, o, atones, mais non par u, ni aujour-
d'hui par ou. Au XVII* siècle, ou post -tonique existait, comme aujourd'hui en
Forez.
Les voyelles, toniques ou atones seront divisées en deux classes : !• Les
voyelles libres, c'est-à-dire qui sont finales, suivies d'une consonne unique, ou
des groupes pr^ hr, ir, dr; 2* les voyelles entravées, c'est-à-dire celles qui sont
suivies d*un gi'oupe de consonnes autres que les groupes ci-dessus. La con-
sonne qui suit la dernière voyelle atone d'un mot ne peut jamais faire
entrave.
VOYELLES LYONNAISES
A. — !• a = a dans mare; 2* à, dit a bref, i= a dans patte (l) ; 3* d, dit a
long, = d dans âme; 4' a + n non suivie d'une voyelle = an dans manche;
5* à + n non suivie d'une voyelle est un son intermédiaire entre an et in, qui
n'est guère usité que dans les verbes pour les 3* personnes du pluriel de
certains temps.
E. — 1* e muet = e dans manne; 2* c^ dit e fermé = é dans vérité; 3* è, dit
c ouvert, = è dans sévère; 4" é, dit e très ouvert, =: é dans même; 5* il existe
un e encore plus ouvert, qui est môme insuffisamment représenté par ai dans
paît; 6* è tonique = e français dans le enclitique : fais-le; ê tonique + ;i,
non suivie d'une voyelle qui se prononce {en) est un son intermédiaire entre un
et in;7^ e '^- u =: eu dans jeune (2); mais ce n'est pas un son proprement
patois, et il n'existe guère que dans des mots introduits.
(1) Dans la graphie, la consonne double qui suit o,et qui est le plus souvent tt, marque
a d'un caractère bref.
(2) Nous n'avons placé ni eu ni ou parmi les diphtongues, parce que ce sont des sons
simples.
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xxm
I. — V tz= i dans ta ; 2' i + n non suivie d'une voyelle = in dans vin.
O. — !• 0, dit o fermé = o dans C(5^c'; 2" ô, dit o ouvert, = o dans co^^e (1);
3* ôf dit o très ouvert, est insuffisamment représenté par 6 dans dôme; 4* ô
+ n non suivie d'une voyelle qui se prononce est un son nasal inteimédiaire
entre on et an français, et si voisin de an qu'une oreille qui n'est pas très
exercée les confond facilement. 11 est surtout usité dans les verbes, pour les
premières pei*sonnes du pluriel de certains temps.
4' o + w z= ou dans loup.
U. — !• M = te dans unité; 2^ u + n non suivie d'une consonne qui se pro-
nonce =: un dans Melun, mais n'existe que dans les mots empruntés. Encore
cet un passe-t-il le plus souvent à un son inteimédiaire entre un et in.
Diphtongues
AI, El, 01. Ces diphtongues n'existent guère que dans la région de Momant.
Craponne n en connaît aucune. L'accent porte sur la première voyelle, et la
prononciation de i doit à peine se faire sentir. AI = ai dans ail; El =: ei dans
pléiade, méteil; 01 = oy dans noyé, prononcé à la lyonnaise, c'est-à-dire
no-yé. En somme ces diphtongues sonnent comme les mômes diphtongues
dans la prononciation adoptée pour le grec classique.
SEMI-VOYELLE uommée yotte, du nom de la lettre allemande comme
laquelle elle se prononce.
Ce son = î, y français en hiatus, comme dans7)te(i, allions, yeux.
VOYELLES LATINES
Ces voyelles sont A, E, I, O, U. ^
Dans le latin classique, chacune de ces voyelles se divisait en longue et en
brève.
A long et A bref se sont confondus dans le latin vulgaire et ne se com-
portent pas de façon différentes.
E bi-ef avait le son de c ouvert. ,
E long et I bref avaient tous deux le son de è fermé.
I long se prononçait t.
O long et U bref avaient tous deux le son de o fermé.
U long avait le son ou. Le son de u français n'existait pas.
Diphtongues
AE se confond avec E ouvert.
OE se confond avec E fermé.
(1) M^me observation que pour a, note 1.
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XXIV
ÉTUDE DES VOYELLES C)
1. A latin libre = 0 (2).
Sanitatem = sandô Bladum = blô Pavum rs pôvo (Grap. )
Hapa = r6va Nasum = nô(s) Sibilare = sublô
Rem, — 1. Flatum =;fla(t), probablement parce que t final s'est fait stntir plus
longtemps. Cependant à Gi*ap. il est déjà fi6.
2. SousTinfl. de lagutlur. (c, g, yotle), qui le précède, A devient 1 :
Casis = cbi(s) Gara = cliira Gabra = chivra
Scala = échila Cathedra = chira (3) (v. les vb. au { 16).
8. Dans les participes en ata et les substantifs en atem, k persiste maigre la pre-
senca de la gutturale :
Medietatem = métia De In. virl = Tiria, tournée
Cruciata sa cruèzia De fr. bras =s brassia, brassée (4)
On a pourtant les deux formes média et mécliô (misculata)
Mais atum, précédé de la guttur .= I :
Carricatum = chôrgt Secatum = sévi Calcatum = choucht (5)
(1) Dans les notes les numéros entre parenthèses et en chiffres romains indiquent
les numéros correspondants de la bibliographie.
(2) Jusqu'à la fin du xvm« siècle, A= A : xui« s., sal=: sal (II, p. 9, l. 10);
XIV» s., levare = levar (XIII, art. 1) ; xv« s., rasum = ras (XXV, p. 13, 1. 13) ,
XTi« s., bladum = bla (XXVI. p. 29,1. 11); xvii» s., cantave = chanta (XXXI;
ft* partie, v. 158); xviii* s., natum = na (XXXIV, v. 3). En 1776, on trouve déjà
animas =saumes, in/lammat = inflaume (L, 6» couplet).
(8) Au xiii«s. cet A =: lE : carus = chiers (V. p. 56, 1. 14); caprae = chievres (VI, p.
419, I. 28); mais quelquefois A = E: capras^=i chèvres (IV, p. 409, 1. 2); casis :ss
ches (XXI, p. 468, 1. 10). Au xvii*s. lE est réduit à I : capva ^chivra (XXXI, !'• partie,
V. 14); cathedra = chira (XXXII, v. 96).
(4) De même au xin«s. pietatem = pidia (V, p. 77, l. 17), mais on trouve aussi pidie
(V, p. 57, 1. 2, et 58, l. 17) ; medietatem s= meytia (VI, p. 419, 1. 11).
(5) Jusqu*à une date toute récente, cet atum = ia : xiv« s. mercatum = marchia (IV,
p. 406, 1.30 et 3i;; paca<am = paia (X, p. 27, l. W), calcatum = chauchia (XVII,
art. 59); laxitsitum= laissisi (XXVIII, p. 35, l. 6). Au xvii^s. on trouve peccatum =
pechi (XXXI, 2* part., v. 302}, mais ia persistait dans les participes, et Cochard, dans
son vocalmlaire, a encore ca/crt<«m = choitchia.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXV
4. Dans un certain nombre de subst. fém. répondant au!C subst. fr. en ée, ata est
devenu èya, certainement par l'intermédiaire du fr. ée : é-y-e éya èya. Ce phénomène
a dû se produire par analogie avec les mots en eta* Au xiv* s. moneta = monneia
(XVII bis. p. 193, art. 28).
Armata = armèya Spata = êpèya Liberata == livrèya, ruban (1)
Cet èya est aujourd'hui quelquefois devenu ê, écrit aX pour marquer Texcessivi
ouverture du son. Ainsi livrèya est devenu livrai à Lentilly (LXVIII).
2. Nous avons expliqué que le groupe TR, DR, BR, ne constitue pas
d'entrave. Aussi A suivi de ce groupe se comporte-t-il comme dans le
n*l. Il importe peu que la première lettre du groupe tombe en patois,
ni môme que le groupe latin ne soit pas BR,TR, si au contraire celui-ci
existe en patois :
Patrem s= pore Ma(r)m(o>r = môbro
Quadrum = quore A(r)b(o)r = 6bro (8)
A entrave a sicbi des modifications diverses suivant les
consonnes qui formaient l'entrave.
3. A suivi du groupe EL = Ô :
Tab(u)Ia =r trôbla Stab(u)la = étrôbla Amab(i)lem = am6blo (3)
Rem, •— A a persisté dans sab(u)la = sabla.
4. A entravé par un groupe dont la première consonne est R = 0. 11
en est de même si cette consonne est L en latin, devenue R en patois :
Largum = lôrgi Partem ^ pôr(l) Lardum = lôr(d)
Harpa = ôrpa, griffe Barba = bôrba Balma = bôrma, coteau (4)
5. A entravé par JSS, ST (peu importe que le groupe persiste ou
tombe en patois) = 9 :
Lassa =s lôssi Pasla = pôla Repastum = repô(s)
(1) Même phénomène en lim : épèyo, marèyo, marée (Ghaban). A Lyon, ces termes
n'apparaissent pas que je sache, avant le nviv s. On trouve destinèya, anèya (XXX
r part. V. 135).
(2) xm« s. patremzs pare (V, p. 43, L 5) ; xiv«s. fahrum = favro (XV, p. 12, 1. 18).
Toutefois il arrive aussi que, v se vocalisant, on a fauro (voy. 164, 8*).
(3) Au xui« s. Diaholum =: Dyablo (V, p. 53, 1. 19;.
(4) A, dans ces conditions, persiste en vin. Au xiw s clarta (V, p. 63, 1. 2); au
XIV s. sarssiy serge (XVII bis, p. 231, art. 16). Sur l'infl. de R pour l'élargissement
de A en Ô, cp. son infl. pour l'élargissem. de E en A (voy. n» 24).
4
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XXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
6. r Si A, libre ou entravé, est suivi de L sèciie persistante, il y a
hésitation entre le maintien de A et son passage à Ô :
Exemples du passage de A à Ô
Gicala =s cigôla Galia = gôla, gale Pallidum =; P61o
Exemples du maintien de A
Ala = ala Pala = pala, pelle Caballa = cavala (l)
2* A suivi de L mouillée donne lieu à 2 traitements.
à) Si L est mouillée par influence d'un yotte latin^ A persiste :
Seminalia = senalhe(s) Palea = palhi Formalea = formalhe(8), fiançailles
h) Si L est mouillée sous une autre influence que celle d'un hiatus
latin, A passe à Ô :
Mac(u)la s= môlhi Qwaq(wi)la =;c61hi
Masc(u)lum = môclio, colique Demonac(u)Ium = demonôclio
7. Hormis les cas spécifiés ci-dessus, A entravé (peu importe que
l'entrave ait cessé en patois) = A, et se prononce bref:
Vacca s vacbi Pacta = pachi. marché Mappa = màpa, plan cadastral
Maie hab(i)tum = mal ado Salvat(i)cam=: sarvajo Gatta = GhÀta
8. A, libre ou entravé, devant une nasale (n, m) non suivie d'une
voyelle en patois, persiste nasalisé :
Sanum s=: san Panem = pan Sanctum = san(t)
Infanlem = efan(t) Levamen s levan Gamba = chamba (2)
Rem. — Sous Tinfl. de la gutlur, A + N a passé au son IN dans canem = chin,
mais le même phénomène ne s*est pas produit dans ligamen =lian, ni dans paganum
t=s pacan. Il est vrai que ce dernier vient du provençal.
9. 1* Si la nasale est suivie en patois d'une voyelle, A persiste sans se
nasaliser :
Grana s grana Plana = plana Graminem = gramo, chiendent (3)
(1) De môme, en français, A tonique libre a aussi des tendances 'à se maintenir
devant L : malum =a mal; eqwaîem z=zégal; legalem^^ loyal; regalem = royaL
(2) De même en vin. à toutes les époques. Au xiir s. panem = pans (VI, p. 419,
1. S2) ; manus=: man (XII, art. 1). An xvii* s. ma?^ deman (XXKI, !'• part. v. 27. 28) ;
maie sanum = mal sin (id.. v. 198) est une infl. dVil.
(8) De môme en vin. Au xiv© s. fontana, lana (VIII, nrt. 20 et 25).
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXVII
2*» Il en est de même si L est mouillée :
Castanea=:chôtagni Avôllanea = aulagni Planea = plagni, plaine
Rem» — 1. A Morn , Yzer. planlle =plôni, plôgnî, petit pré. Il est à croire que le
passage de A à 6 prendra le dessus. A Crap., lana = léna sous infl. du fr.
2. A R.-de-G. et aux environs, A plus nasale non suivie d'une voyelle en roman =i
souvent ON:
Manus =s mon De mane = démon Famen s fon Sanguinem ss son
Mais panem = pan, sanctum = san, infantem = ëfan, et canem = chin, comme
dans le reste du Lyonnais.
10. A, suivi d'une gutturale, elle même suivie d'une consonne qui se
prononce en patois = AI (prononcé un peu moins ouvert que È) ou É,
suivant les villages (1).
Facta =faila, féla Aqw(il)a = aiglo,églo Acrem =algro. égro
Fraxinum = fraissi on fréno Aqwa = aigui (2) Fag(i)na = faina, fouine (3)
11. Mais A, plus gutturale, non suivie d'une consonne qui se pro-
nonce, ne devient jamais É et garde le son AÎ (prononcé plus ouvert
que Ê français) :
Illac = ilal, là Lactum = lal(t) Faclum = fat(t) (4)
Plaga = plai(e) Magidem = mai(e) Magis =: mai, davantage.
De môme, par conséquent, dans le suffixe ACUM, ACUS :
Athenacum =: Ainay (5) Bessenacus = Bessenay Brenacus = le Barnay (6)
Il en a été de même pour le suffixe lACUM, lACUS dans les noms de
lieux suivants :
Prisciniacum = Brignai(s) Cassiliacum =Chas8elay Poloniacum = PolHonay
Salsiacus = Sarcey Garniacus = Gharnay Cabiniacum = Ghevinay
(1) Craponne est particulièrement adonné aux formes en é,
(2) Dans aigui^ il n'y a de lyonnais que la désinence. L'origine est prov. {oiga).
(3) Au xii« siècle, facit =zfag{l, v. 59), facere = fayr (Id. passim); aigui (V,
p. 74, 1. 9, 15, 2*2, 23): adfactala = afaitia (IV, p. 406, 1. 13). Le Garcabeau a eiguy
(II, p. 8, 1. 12) ; au xv« siècle, aygui (XXV, p. 12, 1. 12) ; au xvu* siècle, aiguë (XXXI,
2* part., V. 176) ; acrem=. aigrou (Id., 2» part., v. 156).
(4) A R.-de-G. le c tombe sans laisser de trace : factum = fa(t),
(h) Au xiu» s., Athenacum = Eynai (IV, p. 408, 1. II) pour Aynai, Gela prouve que
les prononciations de ai et ei étaient à peu près équivalentes.
(6) Dans le Beaujolais, soumis à une autre phonétique, acum a donné as; Arna-
cum r= Ama(8) *» Avenacus = Avena(8); ï'rontanacum = Frontena(s).
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XXVIII PHONÉTIQUE, VOYBLLliS TONIQUES
12. Mais lACUM, lACUS donne communément Y en lyonnais par la
résolution de la triphtongue lAI, lEI en I :
Ireniacum = Irigny Albiniacum = Albigny Maximiacum = Messimy
Thiziacum =: Thizy Sessiacum = Ghessy Vimiaciim = Viiny (1)
Rem. — Dans la Dauphiné et le Bugey lAGUM» IA.GUS ont donné «eu, ietix (Lali-
niacu8= Lagnieu; Ambariacus =Ambérieu; Quintiacum = Quincieux, etc.) pro-
bablem. par la chute du c. La forme daupliinoise se retrouve en lyonnais dans
Amberiacum = Amhériett(x) Gondriacum = Gondrieu Floriacum = Fleurieu
13. !• Le suffixe ARIUS, ARIUM = î :
Februarius = furt Vervecarius = bargî Asinarius =: ont
Hastellarium = ôtelt Nucarium = noyf Bucarium =s buyt, cuvier à lessive.
2* Le suff. ARIA = IRI :
Garriara = charriri, rue Avenaria = aveniri, champ d'avoine.
Gasearia = chasiri, panier à fromages Bucataria = buyandiri, blanchisseuse.
Mais lorsque ARIUS ARIA ne sont pas à l'état de suffixe, ils égalent
AIRI:
Paria == pairi
Bem, — 1. Dans un assez grand nombre de noms de métier, arius a donné airo
assé à éro dans certains villages.
Marrarius = marrairo, terrasier De In. grolla = groUaire, regrolleur
Molarius = amolairo, rémouleur Pectinarium = pignairo, peigneur de chanvre
De patta = patairo, chiffonnier Sectarius = Setairo, scieur de long (2).
(1) En Beaujolais iacum = ié : Julliacum = Jullié; Lentiniacum = Lantignié;
Riniacum =s Régnié; Quinciacum = Quincié; Serciacus = Gerdé. Parfois môme
l'yotle est tombé : Mauriacum = Moiré, Morenciacum = Morancé.
(2) On a expliqué le double traitement de arius en vin. de la manière suivante :
!• Le suff. iarius (= carius, garius) a donné ter en vin. (il en est de môme si la
gutlur. est séparée de a par une cons.) : precoria = preyeri (V, p. 53, 1. 20); domi-
7iiarium = dongiers (V, p. 73, 1.28); sextarium = sestier (IV, p. 408, 1. 20);
tegularius = tiolier, clocarium = c/oc;iier (Arch. m. GC, 191); 2* le suff. arius,
aria, non soumis à Pinfl. d'une palatale aurait donné eyr, er, eri : Volttntarius =
volunteyrs (V, p. 46. 1.21); primaritts = primer (VIII, art. 2i); canabarîus =
chenaver (XVII, art. 22). Puis, pendant le xiV s., la terminaison ier se serait substituée,
par analogie, à la terminaison er eyr. On pourrait conclure de là que les mois
actuels en airo seraient des mots qui auraient résisté à l'influence analogique. Mais
il existe des mots en airo où l'infl. de la palatale aurait dû se faire sentir. Si, au
XIV» s. tegularius a donné tiolier, sectarius n'aurait pasdûdonner setairo, mais setier
sefl; pectinarius n'aurait pas dû donner pi^watro, mais pignier pignt. Il paraît donc
probable que, dans ces doubles formes en ier et en airo, il y a la rencontre de deux
phonétiques. Il est à remarquer que les formes en l sont de préférence employées aux
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PHONKTIQUB, VOYELLES TONIQUES XXIX
2. Par analogie on a forgé des mots où le suffixe atro n'a pas le carac-
tère de nom de métier :
De lingua = lingairo, bavard De bibere = bevairo, buveur
Hem. — Dans le territoire étudié dans cette phonétique, ces mots ont cela de parti-
culier que le féminin est formé irrégulièrem. par la désinence uza : linguza, bevnza,
ce qui indique que dans ces mots, récents. le féminin a été fait par analogie av. le sufT.
fr. euse, et que le masc. airo est lui-môme substitué au fr. eurÇi).
INFINITIFS EN ARE
On a vu (i 1) que A ionique libre ^ Ô : aimô^ chaniô. Toutefois des
influences dont il a été parlé plus haut ont modifié cette loi dans un
grand nombre de cas, et alors ARE = î. C'est ce que nous allons étudier ^
en exposant d'abord tous les cas où Vinfinitifest en 0,puis tous ceux où
il est en î.
14. ARE = 0,
1* Quand il est précédé d'une dentale (t, d) non précédée elle-même
d'une gutturale, soit que la dentale persiste, soit qu elle tombe en
patois :
Movitare = modo, s'en aller Nodare = nuô
Ad-badare = abadô, ouvrir Putare = pouô, tailler la vigne
2* Quand il est précédé d'une labiale (p, 6, /*, v) :
Crepare = crevô Galefare = charfô
Gubare = covô Lavare = lavô
3* Quand il est précédé d'une liquide ou d'une nasale (r, /, n, m) non
mouillée, sauf r précédée de i :
Âd-parare = apparô, retenir un objet Sonare = sonô, appeler
Sibilare = sublô Pumare = fumô
environs de Lyon, et que celles en airo se développent à mesure que l'on s'approcbe du
Forez. Elles sont dans leur plein à R.-de G.
Quant au suff. anus, il n'est jamais traduit en vin. par airo, mais par er, eyr.
Déjà, au xi% xn«8., on trouve volunteyr (I, v. 77). 11 serait plus que surprenant que
partout la graphie ey eût été substituée à la graphie ai, qu'on retrouve pourtant dans
paria = pairi. Gela donnerait créance à l'hypothèse de la substitution, en latin vul-
gaire, du suff. erius au suff. arius, proposée par M. Groeber, quoiqu'on y oppose
l'ubjection que mereat^ où e se trouve dans la même situation que dans erius, a donné
m/re. Mais on sait que les mômes voyelles, employées comme surfixesou dans le corps
du mot ne subissent souvent pas le même traitement. Il est à remarquer que, dans le
même fragjnent d^ Alexandre, cité plus haut, on trouve primier et non primeyr,
sans qu'on puisse trouver un motif pour la différence de traitement enti'e primariiis et
voluntarius,
(1) Ne pas confondre le suff. oiwt, d'or la, avec la forme fém. de airo, ïna bavouéri,
i Yzer. une bavarde, est fait par le radical bav et le saff* d'oria*
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XXX PHONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES
4'* Quand il est précédé d'urte gutturale (e, g) dure en patois. Dans ces
mots Ô n'est pas le produit d'une transformation directe de ARE; ce
sont des mots introduits de dialectes étrangers, ou des dérivés formés
généralement sur un substantif, ou enfm des onomatopées :
Pr. frascar = defracô, briser De In. glga = gingô, regimber
Pr. bolegar = bolicô, agiter De brlga =s s'embringô, s'embarrasser
De fr. sac = se sac6, se blottir De onomat. roc = rocô, heurter (1)
15. ARE = î toutes les fois qu'il se trouve dans le voisinage d'une
articulation palatale (?). On peut classer les faits sous les catégories
suivantes.
1* Quand le verbe latin est terminé par eare, iare :
Pretiare =: prisî Drictiare = dresst Scoveare = coivt, Imlayer
Minatiare = menacî Molliaro = môlhî
2* Quand il est précédé d'une gutturale fc, gj) soit que cette gutturale
persiste sous une forme adoucie, soit qu'elle soit devenue yotte :
Exemples du premier cas
Circare = Gharchî Manducare = mingt
Praedicare = prakht Fodicare = fougî, labourer à la bêche
• Exemples du second cas
Pacare = payf Âpplicare = applayt, meUre au joug
Secare = seyî, faucher Jocare = joyî
3' La finale est encore en î lors môme que la gutturale est séparée de
A tonique par une dentale (t^d.s) ;
Affeclare = affeilî. cribler le blé Inteclare = inloyt, mellre à Tabri
Impactare = impachî, empêcher Ajutare = aldî
A'»acsare = baissi, baisser Lacsare = lalssî
Jactare = jitô est une exception qui s'est également produite dans le Tieux franc.
getter pour gettier (3). Dans succutare = secoyî, l'influence de la gutturale paratl
•*ôlre fait sentir, même malgré la barrière interposée par la voyelle u.
(l)Tous les verbes compris dans ces quatre catégories donnent A en vin.
(?) Aux xiii«, XI v«, XV» s., I moderne était 1ER : deleilier (V. p. 39, 1. 5);
laysier (V, p. 65, 1. i8); changier (VI, p. 4*23, 1. H); tailliev (Id. p. 423, 1. 18); sonhier
(XXV, p. 16, l. 9). Au xvr s. cet ler se réduit à i; 6ai7/y(XXVIII, p. 36, dern. l.).
(3) Voyez le Dictionnaire à jiiô.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXI
Rem* — 1. La finale du verbe est encore en 1, si la dentale s, au lieu d*étre précédée
d'un yotte est précédée d'un i voyelle en patois, quelle que soit d'ailleurs Tétymologie :
Bris!, briser . Frist. friser
Pissi, pisser Batist, baptiser (1)
2. La sifflante dure S (= ss) détermine le plus souvent une finale
enl :
Lôssi (2), lasser Oahossi. bossuer Tussl, tousser
Possi, téter Conlraci, contrarier S'acassi, tomber de fatigue
Imbrassi^ embrasser Gassi, secouer Crossi, bercer
î)ansi, danser Tracassi, tracasser Agaci, agacer
Petassi, mettre des pièces Perd, percer Depilhorci, écaler
Deborsi, enlever l'enveloppe épineuse des châtaignes (3).
Le phénomène est en voie de formation, ce qui expUque les exceptions (4) :
Gassô, casser Se trossô, se trousser Passô, passer
Lossô, lasser, à côté de lôssi Pressô,àcôté de pressa, presser
3. Mais la finale 6 persiste lorsqu'elle est précédée en patois de s douce i
Peso, peser Epousô, épouser
Posô, poser Rasô, raser
4" La finale du verbe est en I toutes les fois qu'elles est précédée
d'une liquide ou d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de Ih ou
de gn) en patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs
rétymologie :
Bailli, donner Folhi, fouiller Barfolhi, bafouiller
Pitrogni, manier grossièrem. Gagni, rabrouer Ghancagni, gronder
(1) Ce phénomène étant en voix de formation, souffre des exceptions; on dit hatisô
à côté de batisi, et môme de hatéyX,
(2) Concuremment avec lossô.
(8) On a contesté cette influence de la sifflante dure, mais elle n'est pas douteuse.
La finale t, prétend-on, serait due à l'interposition d'une palatale et à la création de
types bas latins, tels que hassiare, cabossiare, c La sifflante dure n'aurait pas d'action
sur a, ainsi que le prouveraient les formes passar, pensar, eonfessar dans le vieux
lyonnais ». Le phénomène étant, comme le passage de a tonique à ô, tout récent, il est
certain qu'on n'en doit pas trouver trace dans le vieux lyonnais, et encore plus certain
que beaucoup de ces mots n'ont pas été faits sur des types bas latins. Je ne pense
vi-aiment pas que cabossi ait été tiré d'un latin vulgaire ca6o5^tare. On a fait la môme
observation sur i post-ton. précédé de s, et on cite tôssa, gvossa (pour groussa)^ elc.
Cela prouve simplement que le phénomène est en voie de formation. A Paniss., vapi-
dosus a donné vadou, fem. vadoussi. Dira-ton qu'il y a eu un vapidotia, fém, de
vapidosfM f Maseuîatum, à Morn., a donné mac/ta, fém. maclia,ssi, Dira-t-on qu'il y
eu un type mascuîatia t
(4) Ces exceptions ne représentent cependant qu*une petite minorité.
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XXXn PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES
5* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré-
cédée du groupe IR (1).
Deguiri, déchirer Tiri, tirer
Viri» tourner Impiri, empirer
Rem, « Dans les verbes & infinitif en t, cet i a protégé a dans les participes passés,
et ta n'est jamais deyenu iô. Ainsi, tandis que cantatum donnait chantô, carricatum
donnait chargia. Cette forme en ta qu'on trouve invariable dans Goch., est à peu près
disparue au masc.,et a été conservée au fém. pour marquer le genre, de sorte que Ton
a aujourd'hui carricatum = chargt et carricata = chargia. Au plur. carricata et carri-
catae = chargié(s). Dans les adjectifs à désinence verbale, mais dont l'infinit. n'existe
pas, la forme ta persiste intégrale. Aisia signifie aisé et aisée. On n'a pas aist
E
16. E dit E fermé (comprenant E long, I bref, Œ des classiques),
libi-e et suivi d'une consonne qui se prononce en patois = Ê, Cet È
tend, dans le patois moderne à passer à É (2).
Potere = pouére, pouére, pouvoir Avena =r avèna, avéna, avoine
Stela = étèla, étoile Strena = étréna, étréna, étrenne
Pœna = pèna, péna, peine Mlno = je mèno, je méno, je mène
Rem. — 1. A Mornant feria = fieri. C*est Tyotte de la diphtongue primitive dans
feiri, qui a passé devant e.
2. Dans vldva = vava, influence de la labiale.
8. Dans t6(g)ula = tioala, la chute de ^ a mis en contact ei et te, ce qui a formé
une triphtongue dont le 3* élément s'est emparé de l'accent. La l** partie, devenue
atone, s'est facilem. réduite à t.
(1) Cette influence est déjà marquée dans le vieux lyonn. CtViVr, sceller, dans les
Comptes municipaux du XIV* s, ; Retiri (XXXI, !'• part. v. i66). M. Ascoli a remar-
qué le môme fait dans le dauphinois : virié^ tiriè {Schizzi franco-prot>ençali, p. 81).
Il se retrouve fréquemment dans les patois franco-provençaux.
(2) En vieux lyonn, cet Ë était El (noté aussi ey^ ay, ai). Il n'y a pas de doute qu'à
l'origine la diphtongaison de El se faisait sentir, xiii* s. iela = teyle (II, p. 5, 1. 18) ;
te{n)sa = teise (id. 8, 1. 13). xiv« s. me{n)sem = meis, pe{n)sum = peis (XII, n* 8) ;
heri scrum =s arseir (X, 27, 1. 18); xvi» s. fidem =s fey (XXVIU, p. 39, 1. 9); xvn« s.
habere = avey (XXXI, l'* partie, v.2); regem = Ray (XL, p. 72, 1. 11). La graphie ei
est encore usitée par beaucoup de patoisants.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXIl!
17. Lorsque É est suivi en latin d'une dentale (t, d) qui tombe, plus
une voyelle qui persiste, le lyonnais introduit un yotte pour détruire
riiialus, et E fermé devient È :
Seta =r séya, soie Meta = mè-ya, meule de blé
Credo = je crè-yo Fêta = fè-ya, brebis
Rem. — On dit aussi faya et maya. Peut-être le passage de e à a a-t-il eu lieu sous
riiifluence de y (1)? Mais on n'a ni saya ni crayo.
18. Le phénomène suivant est particulier à Craponne.
E fermé = Ê prononcé extrêmement ouvert et habituellement écrit
AÎ pour mieux marquer Touverture du son :
!• Quand il est libre et suivi d'une consonne qui ne se prononce plus^
en patois;
2* Quand il est entravé par une gutturale, plus consonne, qui ne se
prononcent plus en patois.
EXEMPLES DU l** CAS
Sérum . s sai Patrie(n)8i8 s= patuat, patois
Habere = aval Nivem = nat
Rem, 1. — Vicis a donné le plus souvent vè, & R.-deG. vé.
EXEMPLES DU Z* CAS
Serpic(u)lum = serpat Vermlc(u)lum = Tarmat
Ârtlc(u)lum = artaf . Nlgrum = naf
Rern, 3. — Les mots ci-dessus, qui ont donné Al dans la plaine, aux environs de
Lyon, ont généralem. donné è plus loin, et é à R.-de-6.
3. — Tandis que E tonique libre, dans la finale ERE des verbes de la 2* conjugais.
lat. = AÎàiix environs de Lyon, et Ê à R.-de-Q„ il = I àMorn., sans doute parce
qu*on a. fait passer c^s verbes dana la 4« conjugais.
Habere = avi Valere == vali
Volere s=s voli De sapio = sachi
4. — Quelques infinitifs des verbes de la â« conjugais. ont été refaits sur le participe
passé. A Morn.,implere = implore, debere = dure.
19. E fermé, plus gutturale suivie d'une consonne qui se prononce
(pourvu que cette consonne ne soit pas L mouillée) = El, ainsi ortho-
graphié dans les textes,. et dont le son est intermédiaire entre Ê et É ;
Picata = feigi, foie Nlgra = nelri, paresse
I4g(e)rim = Leiri,. Loire (ii)
(1) Le xin- s. a feya (II, p. 10, 1. 31).
(2) Au xwi* Éisferim^Leîri (XV, p. Il 1. 7) ; lignum = leigny (Id., id., 1. 10).
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XXXIV PHONETIQUE, VOYELLES TOXIQUES
20 E fermé, suivi d'une gutturale plus L mouillée = I (1):
Apicula = avilhi Cornicula = cornilhi, crossette de la vigne
Vigilia = vilhi Lenlicula = lintilhi
21. E fermé, variable ou entravé, suivi d'une consonne qui se pro-
nonce = È :
Fleb(i)lem = fèblo Fém(i)na = féna, fëna
Missa ^ mëssi Sem(i)no := je sèno
Rem. i. — Grap. dit sôno, fôblo.
2. — Filicem = fugi, probablement par Tintermédiaire dune forme fengi, où
Il provenait de la yocalisation de l.
22. E fermé, plus nasale (n m) non suivie d'une nasale qui se prononce
= IN (peu importe que in soit final ou ou suivi d'une consonne qui se
prononce) :
Hacemum = résin Lingua =: lingua
Venenum = vérin Ginerem = cindra
Rem. i. — Ce groupe e plus m adonné tan dans
Fimum = flan in simul r=: insian
2. — La rencontre de de et t dans de-intus a donné diens (di-in) à Gondrieu.
8. — Si la nasale est suivie d'une voyelle, E ne se nasalise pas et rentre dans la loi
générale 16 (ex. pena, str6na, avena, etc.).
23. E fermé libre, précédé d'une gutturale et suivi ou non d'une con-
sonne qui se prononce = I :
Mercedem as marci Geram = ciri
Licere sa leizi, loisir Desce(n)sa = decizi^ descente au fil de Teau
Page(n)sem s pa-y Ecciesiam = élhisi
24. E fermé, E ouvert ( = E bref, iE des classiques) entravé par R
plus consonne = A (comparez avec § 4) ; peu importe que l'entrave
soit lalîne ou patoise :
Pertica s parcbi Nervum nàr Infemum = infàr
Versus = vâr(8) Viridum = vàr(d) Ferrum = fâr (2)
Rem. 1. — Â se conserve môme après que R est tombé: perdere =:pâdre.
2. — Persicum fait exception. Il a donné persi, pèche. Je ne doute pas que
R.-de-G. ne dise parsi. De même ferire = fierdre, mais R.-de-G. dit je fiardo.
3. — Si Eest entravé par RR suivis d'une voyelle. Il persiste. Serra = 8611^,
werra = guerra; vitrum, où i est devenu entravé en patois, n'a pas donné varro,
mais verro.
(1) En français, dans ce même cas, c'est-à-dire devant l mouillée, et s'est maintenu
au lieu de devenir oi: apicula «= abeille, cornicula «= corneille, tandis quTiabere =
avoir, fidem = foi, etc.
(2) Ce phénomène est moderne. Au xiv« s. ferrum = fer (XVI, 26, 1. 1).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXV
25. E ouvert, libre = ï. cet i est le résultat de la réduction de la
diphtongue lE (1) :
Pe(d).et)[i =: pt Be(d)um = bi, bief Cathe(d)ra = cadiri
Fe(b)rem =s flra Pe(t)ra = pira Illa hedera = Tira
Neb(u}la = gnibla Petia = pici
Rem. 1. — Si Ton analyse ces exemples, on verra que, dans tous, sauf pi et gnibla
e est suivi d'une r en roman ou bien s*est trouvé dans le voisinage d'un hiatus. Dans
quelques formes verbales, e a persisté comme dans le vieux lyonnais :
Levât = a lève Tenet = a tin(t)
Bram = j'èro (St-Symph.)
2. — A R.-de-G, E ouvert libre = E dans médium = mé, per médium = parmé.
26. E ouvert libre, suivi de R (ou de L devenue R en patois), lorsque
celte R est finale en patois = lA. La diphtongue lE, au lieu de se
réduire, s'est ainsi élargie. Ce phénomène qui commence à s'accuser à
Mornant, est dans son entier développement à Rive de-Gier.
Ferum = fiar Heri = hiar Mel = miar
Fel = fiar Gelum = ciar (2)
Rem. — Il en est de même lorsque E ouvert est entravé, pourvu que la consonne
qui suit R ne se prononce pas :
Fer(i)t = a fiar(l) (R.-de-G.) Serv(i)t = a siar(t)
27. E ouvert, libre ou entravé, suivi d'une gutturale = I.
EXEMPLES DU 1*' CAS
I^egere = lire Decem = di(i)
Nec = ni Pejus = pi(s)
EXEMPLES DU 2* CAS
Secs = 8i(xj Tecstere = tistre Pectinum = pigno
Rem, — Mais la dipbtongais. a persisté dans lectum = lie[t), sex = siai (Morn.)f
sié (R.-de-G. )« média = mié, moitié.
(1) En vieux lyonnais E bref ne parait pas avoir été représenté par t^ comme en
français. Dans la majorité des exemples il est représente par e : Deum =z Deu (V, p.
37, 1. 4) ; bene = ben (Id., p. 88, 1. 3) ; caelum = cel (Id. 39, 1. 20); pe^ra = pera (Id,
59, \. 16) \sedium r= secho (Id. 66, 1. 5); levât = levé { IV, 406, l. 1); petia =peci
(Id-, 407, L 12) ; Petrum s= pero (îd. 408, 1. 11) ; nebulas = ncbles (VI, 408, 1. 23) ;
taeculem = seglo (VI, 419, 1. 3). Les formes avec dipbtongais, peuvent être dues à des
influences du français, ou au voisinage d'élémenls palataux» ou à l'influence de r.
Tels sont pe{d)es = pies (V, 43, 1. 16) ; petia = pieci (VI, 421, 1. 14) ; petra = piera
(Id. 4fô, 1. 13); légère = liere (V, 38, 1.4). Ces formes diphtonguées ont pris le
dessus, puis ei a passé à t. C'est ainsi que nebula = neble au xiv« s. est aujourd'hui
gnibla.
(2) Ce changement de la voyelle est moderne. Au xiv« s. celum = cel (V, 39, 1. 20).
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XXXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
28. E ouvert, en hiatus latin ou patois avec la voyelle suivante = I,
et l'accent dans ce cas, se transporte sur la 2* voyelle:
Ne(b)ala := niôla Le(p)ora = livra Deinn =s Din
Rem, — A R.-deG. Deam = Dzo.
29. E, plus nasale (n m) non suivie d'une voyelle— IN:
Rem == rin Ventrem = \lntro Sementes = es8emln(8) (1)
Rem. — De même que A plus nasale s= ON à R.-de-G. (v. 9, rem. 2), de même £
ou I plus nasale y prennent parfois le même son. Tempus = tsom, rem = rion, rien,
et in simul = insion. Du reste il est parfois difficile de saisir si le paysan dit insion
ou insian, tellement les sons se rapprochent.
80. E ouvert entravé = È :
Septem = sè(l) Fresca = frèchi
Gapiteltum = cadë(t) Sella = sëla, chaise
Rem. ^ A Crap. è final en roman s'est assourdi en ë dans le suffixe eltum iUum,
et dans ec(um.
Gapitettum =: cadë *Gaminettum = chiné, chenet
Directum = drë . Lectum r= lift
81. E ouvert, suivi de ST ou SP = É dans les villages aux environs
de Lyon; à Morn., à R.-de-G. il = È.
Bestia = bèti, béU Vespa = gûépa, guèpa
Testa = téta, téta Mespum = nèpia
Rem, — A Lyon éme, intelligence, d'estimare'; ailleurs émo.
82. ELLUM, ELLEM = IAU (2).
Vitellum = Tiaa Gastellum = chôlian Pellem = pian (3)
Rem. ~ R.-de-G. dit castellum = chotsau.
(1) Môme phénomène en vieux lyonn. Bene = bin (V, p. 40, 1. 20), à côté de bein
(Id., 88, 1. 18; 39, 1. 22); venit^vin (IV. p. 407, 1. 11); bene = bein ^X, p. 4d5. 1. 2i).
(2) Probablement par l'intermédiaire e-au, devenu eau = d en français, et i-au = iô
en lyonnais.
(8) Le XIV* s. a el, Castellum ^chatel (XVI, p. 23, 1. 8); mais déjà le xvii* s. a ion :
cultellum = coutiau (XXXI, 1" part., vers 176).
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES : XXXVII
/ bref a été traité avec E fermé
33. I long, libre ou entravé = I :
EXEMPLES DU l^' CAS
Apricuin ^ ourri, abri Tina = lina, vase vinaire
Ludovicuin = Loyt Pila = pila, colonne
Finire = fignt Vinea = vigni
EXEMPLES DU 2* CAS
Tristem = trislo Villa = villa Peryllo z= je brilho
Rem, 1. — Â Crap, I, à la finale des verbes de la 4* conjugais. =: É r Ovré, sarvé,
vené, au liea d*uri, sarvi, vegni. Cette r^gle est sans exception. II en est de même pour
lin certain nombre de substantifs : nidum = né, apricum = avré, mantile = mante,
mais à côté on a amicum z=: ami, filum = f!.
2. — I plus labiale passe volontiers à u: Wipera s jnrio, givre.,
33 hx%, I long, plus nasale non suivie d'une voyelle en patois = IN :
Pinum = pin Vinum sss vin Gaminum = chamin
Rem. ~ Si I long, plus nasale, est suivi d'une voyelle, il rentre dans la loi
raie (| 33)* V. les ex. tina, vlnea.
0
O fermé (comprenant 0 long et U bref des classiques = le plus sou-
vent 0(1) i .
Ad horam =s vorre, maintenant (Duerne) Co(n)s\iere = codre
Cotem == co(t), pierre à aiguiser Poma = poma (Ci*ap.)
Movito == je modo,je m*en vais Gorona = corona
Tropo = je trovo, je trouve Populum = poblo
(1) En vieux lyonnais 0 fermé libre = ou : amour (V, p. 39, 1. 10) ; creatour (Id.
41^ 1. 7); creatour (Id,, 39. l. iO); co/our(VI, 421, 1. 15); valour (Id. 421, I. 25); priour
(XXV, 11, 1. 30). Dans X, tous les o fermés sont écrits par u, mais il est à croire que
Ce tf se prononçait 0 M, et qu'il en était de mémepoiir les formes où. o fermé est^epdu,
par o, comme dans hoiraoi = ora (V, p. 61, L 11), et hora (Id., p. 56, 1. 10).
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XXXVni PHONETIQUE, VOYBLLBS TONIQUES
Mais il = ou dans un certain nombre de mots :
Ad horam =r Tonrre (R.-de-G.) Nepotem == nevou (Morn.)
Ploro = je plonre Nodum = Dou(d) (Morn.)
Succutere = secourre (River.) Poma = ponma (Morn.)
Aux environs de Lyon (Crap. par ex.) il = U :
Hora = VLvo ^Bolico == je bnge Nojlum = nu(d)
Nepotem = nevn Ck>lIoco, je cnche Populum = pnblo
Rem. 1. — Lorsque o suivi de r muette est final en patois, il = ou ou u^ mais
jamais o : Cantorem = chanton; muccatorium = mocht<; mais si r final se prononce,
0 = 0; cantorem = chanter, colorem = color (Crap.).
2. ~ Dans cotem = co(t), 0 se prononce très bref. C'est le fait de la dentale qui
suit 0.
8. — Lnpum sa loa(p) sous infl. de la labiale, mais lova, parce que 0 est suivi d'une
consonne qui se prononce.
4. — La tendance générale de ou est de passer à o. Les mois français qui possèdent
un ou, tonique ou atone, libre ou entravé, ont des correspondants patois qui ont 0 :
couveuse (cova), douve ("dova), tout (toi), double (drobli); à Lyon coufle (coflo);
couple (cobla) ; à Lyon courle (coda) ; bouquet (hoquet), etc.
34 bis. OREM, ORUM = OU dans la plus grande partie du Lyon-
nais : .
Cantorem = chanlou Meliorem =: meliou lUorum = liou, leur
Rem. 1 . — A Craponne orem = or :
Cantorem := chantor Colorem = color Calorem =: chalor
2. —Le féminin des mots masculins est en uza^ par analogie avec le franc, etcse^
fém. de eur.
Chantou^fém. chantuza. chauteuse Mijon, mangeur, fém. mijuza
3. — Il existe encore, surtout aux environs de Lyon, un certain nombre de substantifs
en eiro dont le suffixe répondrait à orem, et dont le féminin est aussi uza. Ces mots
ont été formés par analogie avec ceux du suffixe arius (J 13, rem. 1).
Manducatorem = mingeiro, uza Bibitorem = beveiro, uza
Pediiorem == peteiro, uza De relevare = relevuza, accoucheuse
85. Dans OSUM, 0 fermé = U ou OU selon les lieux A mesure que
Ton s'éloigne de Lyon pour se rapprocher du Forez, on rencontre le
son OU. Mornant, Riverie, Saint-Martin sont des pays d'où.
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PHON^TIQUB, YOYBLLBS TONIQUBS XXXIX
BXBMPLBS DU PÀBMIBR CAS
Âmorosum = amoru Âmistosnm = amiquiu De catullire &= câtilin
BXBMPLBS mi SBCOND CAS
Pietosum = pidou PaTorosum = pourou PioroBum c= plordn (1)
36. Dans OBIUM, 0 fermé donne également U ou OU dans les mêmes
conditions que ci-dessus. Il existe en lyonnais un certain nombre de
substantifs, représentant des objets moyens d'action, obtenus par des
procédés de dérivation, et dont le suffixe U, OU répondrait à un latin
aiorium^ aorium^ orium. Comme cette transfo rmation est fort étrange,
à cause de la disparition de Tyotte, je crois qu'il y a eu confusion avec
le suffixe orem.
Les endroits où orium = u sont les mêmes que Ceux où o3um = w,
et réciproquement pour les endroits où osum = ou.
BXBMPLBS DU PBBMIBR CAS
Jactorium ss jetn, pochon à long manche Affectatorium = affetu, crible
Suecutatoriom = secoyn, panier à salade Fissatorium = fessa, pioche
BXBMPLBS DU SECOND CAS
D'excnssum -= cosson, fléau De ad-biberaré = aburoQ, abreuvoir
Golatorium = colon, filtre pour le lait
87. Dans ORIA, O fermé ne se comporte pas exactement comme dans
ORIUM : il = U, jamais OU ;
Dolaloria = doliuri Golatoria = coluri, glissoire
*Bealatoria = bialuri, rigole dans les près Batuatoria = battnri, baratte
Rem. —Oria = oiri, uéri, quand il s'agit des personnes. Il prend alors un carac-
tère péjoratif. Cette forme paraît être une corruption du fr. oire :
De bav + atoria = bayouéri, bavarde De pat + atoria = patoire femme lambine
De bonrd «f atoria == bourdoiri, hanneton et personne étourdie.
(1) Marg. d'Oyngt a delicioiis, gloriousa, piedousa, charitousa^ curiotisa, mirati'
lions, pretious. Au xvu* siècle, à Lyon a déjà u, La Bernarda Buyandiri a qiie-
relu, amoiru^ peraisu (paresseux).
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Xt, î>HONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES
88. 0 fermé, entravé ou variable (peu importe que l'entrave soit
latine ou romane) = 0, prononcé en général très bref (1) :
ÇQUic(o)la== cologni De-gutta =r dego(l) Furca t= forchi
Bnrsa = boisa Surdum = 8or(d) Furnum = for
Rem. 1. — Olla a donné oula et ula (2) sans doute par une forme ola,
2. -^ Sulphùr = snpro n'est pas une except., car par suite de la chute normale de /
dans le groupe If et de la métath. de r.u est suivi par pr, groupe qui ne constitue pas
d'entrave.
' 3. -.. Sxir acucula = ulhi^ y. ulli au Dictionnaire,
4. — Dans pUlverem = poussa; dulcem = dou(s); colcat zzase couche, vocalisât,
de l en u.
89. 0 ouvert (=: O bref des classiques) libre = 0 (3) :
Parochia^^ = parochi Novum = novo Morior =i je moro
Mola = mola Schola = écola Volo=jevolo
Propago = prova, provin Propium = prochi Folia= folhi
Rem, 1. — Rosa = ronsa. De même en fr. rose au lieu de reuse> Sans doute, dans
le latin populaire, o bref était devenu long.
2. —Les formes diphtonguées s'expliquent presque toutes. Du^r, douar, deuil, est le
vieux français doel, de dolere; suel, suer, aire pour battre le blé n'est pas solum,
mais soleum ; cuer, couar, cuir, au lieu de cor a pour cause l'yotte de ium ; la forme
est du reste empruntée au pr.
3. ' -r Dans les mots suivants, le passage de o à ou a été motivé par la vocalisât, de /
qui le suit, ou par la labiale :
Linteolum = linçon Filiolum = filion
Novem = non Bovem = bou
(1) 11 en est de môme en vieux lyonnais Tutti =i toz ; diurni = Jor (V, p. 87. 1. 28) ;
diurnum ss jor (Id., p. 64, 1. 19) ; gutta = gota (Id., p. 47,. 1. 16) ; russum = ras
(IV, p. 406. 1. 8) ; purpura =zpopres (VI, p. 421, 1. i) ; de^ubtus = dessoz (Id., p. 421,
1. 31) ; hursas = horses (X, p. 20, 1. 12). Cependant on rencontre quelquefois la notation
ou: Diurnum = jour (XIX, p. 456, 1. 86) ; curtis = cour (Id., p. 457, l. 31) ; ce sont
des influences françaises.
(2) On a déjà ula au xrv* s. Ollas =± ules (X, p. 24, 1. %
(3) De môme que E bref libre ne parait pas s'être diphtongue en vieux lyonnais, de
niômeO bref, au lieu de se diphtonguer comme en français, a donné généralement 0 :
Volunt = volont (V; p. 46, 1. 2); potest = pot (Id., p. 45, 1. 10;; novùm = novo
(IV, p. 406, 1. 2) ; botes = hos (Id., p. 406, 1. 28) ; tolunt = volont (VI, p. 423, 1. 12) ;
forum (?) = fors (VIII, art. 26) ; foris = fors (VI, p. 419, 1. 10) ; volunt = volent
(XIX, p.. 456, 1. 19); movent =zmovont (XXV, p. Il, 1. 40); Jovis dies =Jos (X,
p. I7r- 1. 4). Mais on trouve puot (V. p. 46, 1. 2 , à côté de pot; corz=.cuors, (Id./p.43,
1. 18) ; chorum = cuors (Id.,p. 58, 1. 19 et 22) ; populum^ipuobles (XIX, p. 456, 1. 19).
On trouve aussi de temps en temps la diphtongue française ue.
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PHONliTIQUR, VOYBLLES TONIQOliS XLI
4. Dans novo = uovo, neuf, l;i diphtongais. eu ou Q*a pas eu lieu par analogie avec
le fém. nova.
5. Oleum a donné nlo au lieu de olio (comme folia = folia). Irrégularité analogue à
celle du français qui a donné huile an lieu de euille.
40. 0 ouvert entravé = 0, prononcé bref (1) :
Rocca = rochi Soî(i)do = je sodo, je soude Ornum — oruo, frône
Morteai = mor(i) Mordere = modro Porta = porta
Rem. A Craponne, lorsque o est suivi de r il a une tendance à passer à ô. On dit
môdre, porta, niôr(t).
41. 0 (que je crois ouvert dans tous les exemples) suivi de ST ou
SS = OU (2) :
Costa = coûta Grossum = gron Bene tostum = béton, peut-être
Vostrum = voutron Propos(i)tum = parpon, propos
42. 0 suivi 'd'un yotte ou d'un groupe dans lequel se trouve un yotte,
se diphtongue de diverses manières :
1* 0 fermé, plus gutturale finale ou suivie d'une voyelle qui ne se
prononce pas, se diphtongue en OÎ*, OUÈ (devenu souvent OUÉ, UÉ),
selon les lieux (3) :
Nucem = noï (Morn.) Nucem = noué (Grap.) Nucem = nué (R.-de-G.)
Vocem = vouôfs) Apud hoc = avoï (Morn.), avouai (4), avec
2* Si 0 fermé ou ouvert, est suivi d'une consonne, plus yotte, Tyotte
saute par dessus la consonne et se diphtongue avec 0 en AI, 01 (devenu
parfois OUA), selon les lieux :
Gloria = gluairi Pluvia = plalvi (^Joriun i=couar (R.-de-G.)
R^stn. — A Crap. corium = cuair, cuèr.
(1) En vieux lyonnais, il en est de même. La règle est fidèlement observée par
Marg. d'Oingt, qui, au cas-sujet singulier, écrit saoors (sapor'J)s), amors {Qmor{i)s),
temors (iemor{i)s)^ et au cas régime singulier, sacour (naporem)^ amour {amoreiu),
temour (Jiemorem) ; et au cas-sujet et au cas-régime pluriel, savors (sapor{e)s), etc.
(2) De môme en vieux lyonnais. Tostum = toust (XX, p. 4G5. 1. 11); et, dans la
Dernarda huyandiri^ groii, noutron^ plulou,
(3) Le cas ne changerait sans doute pas si l'on avait une consonne non finale.
Tinicles^^ trotjles (VI, p. 420, 1. 5); conucula =z coloigni (Id., p. 42?, l. 1).
(4) Au XVI» s. atoy.
0
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XlAl PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
3* 0 ouvert, plus gutturale suivie d'une consonne (que celle-ci se
prononce ou ne se prononce pas) se diphtongue en El, 01 (devenu le
plus souvent OUÊ, OUÉ), selon les lieux ;
Octo = vuey Noctem = iiey (I) De coctare, à la couèti, à la hâte
Cocere= couère, couére Bacsum = boue Cocsa = colssi, couôssi
Pocs (pour post) = pouai, pouô
Rem, — i. A R. de G. coctum = co(t) (2).
2. Autour de Lyon, et aussi à Morn.« R.-de-G. pocs a donné pu{s), certainement par
rintermédiaire du français puw réduit à pu{s).
4* Quand la gutturale qui suit O est double et suivie d'une voyelle qui
se prononce, il n'y a pas de diphtongue, et 0 persiste, proaoncé très
bref :
Butca = bochi Socca = socliia, charrue
5** 0 ouvert, plus gutturale, plus U bref se diphtongue en UÈ (3).
Jocum = juè Focum = fuè
Rem. — A Graponne^'aé*, fué.
6* Lorsque 0 ouvert est suivi d'une dentale, plus I ou yotte, la den-
tale tomba, et I ou yotte se diphtongue avec 0, et donne UEI, devenu
UÊ, UÉ.
Bo(d)ina = boèna, buéna (4), borne Ho(d)ie = huey, vuey
42 bis, 0 plus L plus consonne = OU (5).
Dnlcem = don Palverem = ponssa Pulsum = pou
43. 0 fermé ou ouvert, plus nasale non suivie d'une voyelle = ÔM ;
Bonum =bôn Pontem =s pôii(l; Illum môntem = lômôn, là-haut
Rem. — Get on passe quelquefois à an, A Morn. frontemss fran(t). Se rappeler
d'ailleurs que ôji est intermédiaire entre on et an français.
(1) Le vieux lyonn. a noyt (V. p. 53. 1. 16) ; coxa = coyssi (IV, p. 408, 1. 24).
(2) Au XIV» s. coctos ■=. coz (XVI, p. 29, 1. 15). On trouve la même forme dans XXII,
art. 5. Mais à côté on a noctem = noyt (V, 53, l. 16) et cocta = coiti (XXIÏ, art. 76).
(3) Dans le vieux lyonn» cette diphtongue est tta. Marg. d'Oingt a focum = fua,
locum = lua (40, 1. 16, et p. 51, 1. 4 et 25) au cas régime, mais le cas sujet est lues, (40,
I. 40).
(4) Près de Lyon, buéna, s'est réduit à 6w;*a.
(5) De même en vieux lyonn. Multum=:moutf dulcem=^ dons (V, p. 36, 1. 11 et 17)î
Ultra = outra (Id. p. 41, l, 3); culcitras = coutres (IV, p. 422, I. 35).
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PHONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES XLIU
44. Mais Si 0 plus nasale est suivi d'un yotte, le groupe se diphtongue
en UIN :
Longe = luin ' Somnium = suin Unctum s juin, graisse
•u
U bref a été iraiiè avec O fermé.
45. U long libre = U français (1) :
Nodam = nu Cmdum = crû Pertusum s= parlu, trou
Marnm = mur Mnla ss miila Luna se luna
46. U long, entravé en latin, parait hésiter entre U et 0. Malheureu-
sement, les exemples sont peu nombreux.
EXEMPLES DU PRliMIEK CAS
Justum = ju(l), élrait Jnxta s=ju(t), auprès
Fnstum = fu(t), bnreiile Puliccm = puzi
EXEMPLES DU SECOND CAS
Prunum = porna Incudinem = incliono
Ductile = dolhi, douille Lurridum = lor(d)
47. U long, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce =
UN, ON, IN, et môme ÎN, suivant les lieux (2) :
Dies lunae s dilun Trunca = tronchi, tronc d*arbre Ungula = onglia
Unum = in (Morn.) Unum = yon(3) (R.-de-G.) Unum = un (Grap.)
Unum = In (R.-deO.) Lugdunum = Lion
Rem, — De môme que, en quelques endroits, frontem a donné fran(t), de même
fnnda a donné franda, et frando, je })ille un chargement (terme de voiturier) à Grap.
Profundum adonné pran(d) a Morn.
(1) En vieux lyonn. il en est de môme : Mensura = m$sura (XIL, art. 6), mula =
mula (IV, p. 407, 1. 1), mais à côté on a (ibid.) mulum ts mois. Mois serait-il mul{u)st
On trouve aussi mûri s= mours (XX, p. 465. 1. 5),
(2) En vieux lyonn. UN = ON : Alumen = alon (IV, p. 406, 1. 11), Aliquem unum
=s alcons (V, p. 40, 1. i3, et XX, p. 468. 1. 16); unum = on (V, p. 62, 1. 14); nec
unum = nigon (XVI, p. fô, 1. 15), secundum = segont (XX, p. 461. 1. 18); Lugdu-
num = Lyon (VI, p, 419, I. 13) mais l'acuité de la nasalisation s'accuse dans Lyan
(V, p 91. l. 4) et Lian (VIII, art. 4).
(3) Seulement quand il est pris substantivement : Yen de voutros commis, un de
vos commis (Roq.)
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LXIV PHONKTIQUR, ACCENT TONIQUE
48. U long libre, plus gutturale, forme avec cette dernière une
diphtongue UI, UÉ, qui se réduit à U :
Ad-dncere = Adziure (R.-de-G.)i aduére (Grap.). addure (Morn.)
Ex-sugare = essuire, essuie Buca = bn-ya, à Lyon, bule, lessive (1)
DIPHTONGUES
L AU = OU (2).
Paucum s= poa Claudere = clioare Pauperem = pouro
De pausare ss repoii(8) Paulum = Pou (R.-de-G.) Causa = chousa
Bem. 1. — De môme que, en bas latin, aurum avait passé à orum, pauso à poso,
aura a passé à ora s= ora, vent, brise, et cata(b)ula = cadaula à cadola, petite
cabane.
2. AU = ON dans rauca = ronci, rauque (U.-de-G.)
3. AU a persisté dans Claudia = Liauda.
DÉPLACEMENT DE L'ACCENT TONIQUE
1" PAR RÉGRESSION
60. L'accent tonique a rétrogradé dans quelques verbes de la qua-
trième conjugaison, 3oit parce qu'ils ont été refaits, soit parce qu'en
Gaule, il y a eu hésitation sur la place de Taccent. On trouve en effet
constamment la forme régulière à côté de la forme régressive.
Sorllri = sôtre, sorti Venire = viendre (vi-Indre). vegni
Incandire s= chandre, chandt, récbaiiiTer Sentire = sintve, sinte. sintt
Bem, i. — Dans deberc = durre.il n'y a pas eu régression d'accent, il y a eu for-
mation sur le participe dû. De même dans essure, sécher, il y a formation sur essu,
quoique ex-sugere ait pu donner essure, comme facere a donné faire.
2" PAR PROGRESSION
61. Lorsque, par suite de la chute d'une consonne entre deux voyelles,
la voyelle tonique se trouve en contact avec une voyelle post-tonique,
(1) Je n'ai pas sous la main d'exemple rigoureusement semblable en vieux lyonn.,
mais U plus cons. plus yotte donne également ni : pecunia = pecuyni (XXIT, art. G .
(2) De même dans le vieux lyonnais : clSLUstrum = clonsire (LXXII, p. 869, l. 9):
causa s= chousa (VI, p. 428, 1. 7); pauperes s= pauvres (XIX, p. 457, 1. î^i); claudere
= clourre (CartuL, p. 201, 1. 7); mais à côté on trouve au =: o t causae = choses
VI, p. 423, 1. 5); causa = chosa (Id., p. 422, 1. 10).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES l'OST-TONIQUES LXV
l'accent se porte le plus souvent sur celle-ci, soit qu'elle soit pénultième,
soit qu'elle soit la dernière :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Te(g)ula = tioula, tuile (1) Ne(b)ula = niôla, nuage
EXEMPLES DU SECOND CAS
Ko(l)a = roa, roua Coda = coa, coua Vila = via
Gornuta = cornua, benne Ruta = rua, rhue Ruga = rua
Rem, — 1. Au plur. on a roè roue, cornue cornuô, etc.
2. Notons quelques déplacements d'accents exceptionnels :
Lacryma = agrima (8) (Gondrieu) Melancholia = malincognia, ëlat maladif (3)
Propagincm = prova, provin
VOYELLES ATONES
POST-TONIQUES
On appelle post-toniques les voyelles placées après la voyelle ionique.
Dans un mot latin il peut y avoir une ou deux post-Ioniques. Ex. du
premier cas catella; ex. du second, stabula.
52. Lorsque le mot latin a deux post-toniques, la première tombe :
Stab(a)la = étrobla Slup(u)luni =r étroblo Feni(i)iia = fëna
Tab(u)la = trobla (4) Gop(ii)la =- cobla Dies domen(i)ca = dimingi
53. Lorsque le mot latin a une ou deux post-toniques, si la post-
tonique est A, ou si la dernière des post-toniques est A, cet A persiste
ou se transforme en I sous certaines influences (remarquer qu'il s'agit
toujours de noms féminins) :
CAS OU A PEKSISTE
1*» Après une dentale (t, dj, non précédée d'une gutturale, soit que la
dentale persiste, soit qu'elle tombe en patois :
(1) De même en vieux lyonn. Tegulae = iioles (VI, p. 423, 1. 13).
i'Z) Au xui» s. layg'mes (V, p. 65, 1. G).
(3) Emprunté à l'italien malinconia, avec la progression d'accent que nous av«tns
opérée dans tous les paroxytons italiens.
(4) En yieux lyonn. trahla (V, p. 67, 1. 14, et X, p. 24, 1. 3).
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xlvi phonetique, voyelles post-toniques
Exemples du premier cas
Porta = porta Ascita = aisséta Bibenda = buvanda. piquette
Exemples du second cas
Gornn(t)a = cornua, benne Bota = roa Co(d)a = coua
2* Après une labiale (p, b,v):
Pulpa = porpa, Tiande charnue Râpa = rôva Faba = fôva
Rem. — Malva = morve, au lieu de morva.
3" Après une liquide (r, /) ou une nasaie (n, m) non mouillées, sauf R
précédée de I :
Guerra = guéra Terra = tèra Stela = etèla
Feni(i)na = fëna Avena = avéna Balma = bôrma, coteau
4* Après une gutturale dure (^, c) en patois :
Fica = figa Lingua = linga Biga = biga, mât (1)
Rem, — Exception pour aqtia = aigui, mais qui, à Y/eron = aiga,
54. Cas ou la post-tonique devient I.
RÈGLE qénéuale. — Le voisinage d'une articulation palatale change
A en I. On peut classer les faits sous les catégories suivantes :
!• Lorsque le mot latin est terminé par EA, lA, A tombe, et I (yotte;
persiste seul :
Pelia = pieci Glacia = liassi Feiia = feiri
Filia = fillii Palea = palhi Castanea = chôtagni
Rem, — Si un hiatus ea oa aa n'appartient pas au type latin, mais n*a lieu qu'eu
palois par suite de la chute de la consonne entre deux voyelles, le lyonnais introduit
un y pour rompre l'hiatus, mais ce yolte n'a plus l'influence du yotte étymologique et la
finale A est conservée :
Fata = fèya, fé^ Fœta = féya, brebis Mela = mèya, meule de blé
2 Lorsque A post-tonique est précédé en latin d*une gutturale (c,g)
devenue ch ou c doux (= ss) ou g doux (=:/), ou simplement lorsque,
(1) Ces lois sont les mômes en vieux lyonnais : Terra (II, p. ô, 1.4); canella (Id.. 6,
1. 12); forma (Id. 8, L S2); atiUa (IV, 406, 1.7); grana (Id. 406, 1.8); no^rra (V, 37,
1. 20): alcuna (Id., .%, 1. 5); fesla (X, 17, \. 8.i; do7\a (Id., 17, l. 7); teÀla (Id. 24.
1 4), etc.
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PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLVil
en patois, il est précédé d'une de ces gutturales douces, quelle que soit
d'ailleurs Tétymologie :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Bucca=bochi Brocca = brochi Balga=: bpgi, sac
EXEMPLES DU SECOND CAS
De minare == minochi, sorte de labour Cacarpuchi> bossQ à la t^te
Drugi, fumier Anicrochi, difficulté
Rem, 1. — La séparation en latin de la gutturale et delà post-ton. par une dentale
n'empêche pas l'aclion de la première :
De sectare sseiti, scie Puncta = point! Pacla = pachi, marché
2. Si la guttur. laline, au lieu de se transformer en ch, g^ est tombée ou s'est trans-
formée en yotle, la finale A persiste :
Arnica = àmia Auca £= oya, oie Bnca =: bnya, lessive
3' La finale du nom est en I lorqu'elle est précédée d'une liquide ou
d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de / mouillée ou de gn) en
patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs Tétymo-
logie :
^e»
Naric(u)la = narJlhi, naseau Lenticula s= lintilbi Quaquila:= côlbi
Dagni, tige de chanvre Pogni, sorte de gAteau Viôlhijoue
4' La finale du nom est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré-
cédée du groupe IR (peu importe d'ailleurs Torigine de ce groupe :
Cera= Giri Cathedra =5 cadiri Gongeriem -:=: conziri, amas de neige
Rem. — 11 en est souvent de même du groupe patois er, surtout si e y représente une
diphtongue primitive ei :
. . ligerim = Leiri, Loire Nigra = néri, paresse De fumare = fuméri, fumée
5* La finale du nom est en I, lorsqu'en patois elle est précédée d'une
sifQante dure {ss) ou douce (z) :
EXICMI-LES DU PUEMIEU CAS
Bossi, tonneau Radissi, brioche Dinsi, ngacement des dents
•>or8i, cosse Gordéssi, lien du joug Panossi, personne molle
Bièssi, bouleau Couléssi^piècadu pressoir Carabas^i, calebasse
Chambossi, timon de la charrue Mayoussi, fraise des l)ois
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XLVIII PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUfiS
EXEMPLES DU SECOND CAS
Symaisi (xvi* s.) lonueau Larmouôzi, lézard gris
Brisi, miette Bisi, bise(l)
«
Rem. — La formation élant moderne, il y a des exceptions : Risa, nom d'un cours
d'eau; braisa, miette. En général, la finale t est surtout appelée quand un i précède
le s, et 3 appelle moins volontiers i que ss.
55. A + S muette dans tous les pluriels de la première conjugaison
= E muet : peu importe que le singulier soit en a ou en i (2).
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Avenas = ayéne(s) Horas = hore(s) Feminas = fëne(s)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Gastaneas = chôtagne(s) Ferias = felre(s) Calhedras =: cadire(s)
Tous les mots féminins en i ou en a au singulier, quelle que soit
d'ailleurs leur origine, qu'ils aient été formés par dérivation ou emprun
tés, ont pris, par analogie, E final au pluriel :
La filochi, le filoche(s) La bigorna (vieille bigote), le bigorne(s)
La bugni (gâteau) le bugne(s) La cova (poule couveuse), le cove(s)
Rem. — L'influence de s s'est fait sentir non seulement sur a atone mais sur ia
tonique, qu'elle a transformé en iedans les participes fém. au pluriel.
56. Les voyelles post-toniques autres que A tombent en lyonnais
excepté quand elles sont protégées par certains groupes de consonnes.
Dans ce cas la post-tonique est O pour tous les noms masculins.
(1) Sauf le cas de a précédé de ss ou s, qui est de formation moderne, le vieux lyonnais
a les mômes règles : faci (V, p. 37, 1. 8); grSLci (Id.,36, 1. 5); innocenti (Id., 37, 1. 5) ;
patienci (Id., 38, L !); concienci (Td., 38, 1. 4); peci (IV, 407, 1. 12); provinci (VI, 420,
1. 37); grasi (X, 23, 1. 10); chargi {II, 5. 1. 14); 5«/7i(V,76, 1. 20); moniaygni (V, 75,
1. 12); vachi (11, 10, 1. 28); bochi (V, 40, 1. 12); douci (Id., 39, 1. 9); conca = cunchi
(X, 2i,l. b): lenticuîa = lentili {Y, (jô,\. 2ô)\ furniîli (YU420, 1.22); ira = iV/(V, 71,
1. 18); 7iigra = neyri (V, 54, 1. 18); chieri (V, 60, 1. 11); dies domoiica = diomeini
(X, 21. 1. 1); cera = siri(là., 26, 1. 17), etc., etc.
Il n'y a pas de doute que ia a d'abord été iV, puis i: gracie, puis graci. Pour
la formation née d'une gutturale, il est probable que a a passé par e pour arriver à i :
bucca = boche puis bochi.
(2) Au xiri* s. on a de même au sing. verchëri (III, p. 42i, art. 35) et au plur. ver-
chères (l<i., art. 30); au sing. persona (V, p. 43, 1.2), er nu plur. persones (Id., 57,
1. 18).
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PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XfJX
Cet o ne paraît pas avoir été à Torigine une simple lettre d'appui,
nciais la représentation de o fermé dans les finales en um au singulier
et en os au pluriel, car on ne retrouve dans le vieux lyonnais que ces
seuls mots qui ont la post-tonique o. Les autres ont la post-tonique e
représentant la voyelle latine correspondante (1).
Mais, par analogie, la désinence o s'est appliquée à tous les noms
nciasculins, et dans le patois moderne, o n'est plus qu'une lettre d'appui
commune à tous ces noms (2).
Pour que le groupe exige la consonne d'appui, il faut l'une des condi-
tions suivantes (3) :
r Ou que le mot latin soit terminé par Thiatus twm, précédé d'une
liquide ou d'une nasale.
Trifollium= trioulo, trèfle AjçrifoUium = aingrulo, lioux
Somnium = sonjo
2* Mais si ium est précédé de ^ ou c non précédé de f , il ne donne pas
de voyelle d'appui :
Solalium = sola(s) Givortium = Givor(s) Triguntium = Trioii(s)
3<» Si ium est précédé de tï, te, il y a voyelle d'appui :
Servilium = sarvicio Praecipitium = parcipicio
4" Si ium est précédé d'une labiale f>, 6), il y a voyelle d'appui :
Sapium = sagi Apium = api Propium = prochi
Rubeum = roge Rabiem = ragi
5' Si tum est précédé de c? précédé d'une voyelle, il y a hésitation
sur le traitement :
Médium = mi, miô Wadium = gagi
(i) Dans V on trouve palrem = pare (48, p. L 5); fratrem =z frares (57, 1. 10);
hominem = orne (41, 1. 10); noh{i)lem = nobles (43, 1. 21), et librum = livro (40, 1. 3) :
mundum = mundo (41, 1. 8); nostrum = nostron (52, 1. 9). Les exemples de ce
phénomène sont assez peu nombreux, mais la loi est confirmée par d'anciens textes
bressans.
Dès le XIV» siècle, l'o était devenu la désinence de tous les mots masculins.
(2) Pore, môre, frôre ont conservé Ye muet qu'ils avaient dans le vieux lyonnais. Do
môme les noms propres Piare (Petrum), Ghôrle (Garolum).
(8) Ces conditions ont ëté très délicatement étudiées pour le français par M. L. Clédat,
dans la Reçue de Philologie, 3» année, p. 3. Nous n'avons eu qu'à nous inspirer do
son travail.
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L PHONETIQUE, VOYELLES POST -TONIQUES
6' Si ium est précédé de d précédé d'une consonne, il y a voyelle
d'appui :
Hordeum = orgi (1)
7* Si la dernière consonne du groupe est une liquide précédée par
une autre liquide, ou par une nasale, ou par une dentale, ou par une
labiale, il y a voyelle d'appui :
Mei\u)lum = marlo Mol(e)i'e = modre Car(o)lam = Chôrle
Dies Ven(^e)ris = divindro Am(e)rium = ambro Ad-pon(e)re = apondre
Patrem = pore Aratrum = arôro Vitrum = verro
Novembrem = novimbro Pop(u)lum = publo, peuplier Febrem = Fira
8' Quand le groupe latin final est oc(u)luni uc(u)lum ic(u)lum, il n*y
a pas de voyelle d'appui, mais si cl est précédé d'une consonne il y a
voyelle d'appui.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Solic(u)lum = solaf P6dac(u)lum = pion Arliculum = artal
EXEMPLES DU SECOND CàS
Glrc(u)lûm = çarclio Goperc(u)lum = covarclio Masc(u)lum = môclio
9^ Quand r finale est précédée d'une gutturale qui fait diphtongue
avec la voyelle précédente, il n'y a pas de voyelle d'appui, mais si la
gutturale persiste, il y a voyelle d'appui ;
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Nigrum = nai
EXEMPLES DU SECOND CAS
Macrem = mégro Acrem = égro
!()• Quand le mot se termine par une nasale précédée de r ou de pn^
il n'y a pas de voyelle d'appui :
Garnem = chair Infernum = infàr Hibernum = hivar
Pugnum = poiii(g)
(i) En vieux lyonnais ium persistant est représenté par io : gagio (IV, 423, 1.1);
prejudicio (Gart. JI. 457, 12, et 459, 22).
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PHONliTIQUE, VOYBLLIiS PROTONIQUES INITIALES LI
!!• Quand la nasale est précédée d'une /, d'une autre nasale, d'une
dentale, d'une labiale ou d'une «, il y a voyelle d'appui :
Alnum =: orno Gram(i)nem = gramo Hominem = omo
Rhodfajnam = Rôno Gannab(i;nuin = chanèvo A8(i)num = 6no
Dans la plupart des autres cas, il n'y a pas de voyelle d'appui.
57. Pour tous les noms féminins non terminés en latin par a, une
voyelle d'appui est venue marquer le genre.
Cette voyelle d'appui est A lorsqu'elle est précédée d'une dentale,
d'une labiale, d'une nasale ou d'une liquide non mouillée.
Elle est I lorsqu'elle est précédée d'une gutturale, d'une liquide ou
d'une nasale mouillée qu d'une sifflante. Il suffit que le phénomène
existe en patois.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Magr'i)dem = maya, table de pressoir Pulv(e)rem = poudra
Banna, corne Narein ^. nara, narine
EXEMPLES DU SECOND CAS
Fll(i)ceni = fugi Dali», faux Mogni, force physique Dorsi, cosse
VOYELLES PROTONIQUES
De même que nous avons appelé voyelles /îo«/-toniques celles qui
sont après la tonique, de môme nous appellerons /^rotoniques celles
qui sont avant.
Nous les distinguerons en
Voyelles initiales, c*est-à dire placées au commencement du mot;
Voyelles médialea, c'est-à-dire placées dans l'intérieur du mot, mais
bien entendu, toujours avant la tonique.
PROTONIQUES INITIALES
58. A, libre ou entravé =A(1):
(l) Il en est de même en vieux lyonnais : cas tanças = ch%faignien (1 V. p. 408, l 38);
cai-ritas = charretes ( V, 75, L 13) ; capellanos = chapelans (X, 18, l. 2). etc.
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LU PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUBS INITIALES
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Platana = platana Apicula == avilhi Tabanuin = ta van
Avena = avena Sallita = salita, oseille Gaminum =: chamin
EXEMPLES DU SECOND CAS
Articulum = arleï Ascoltare = acolô Garraria = char riri, nie
59. Cependant il arrive souvent que A libre = Ô. Cette transfor-
mation est en voie d'accomplissement. Elle a été faite par analogie avec
celle de A tonique en Ô (voy. n" 1).
Catabula = cotola, birloir Avellanea = ôlagni
De pannum = ponÔman, essuie-mains De pallidum = pôle, pâlir
Asinata = ônô, charge d'un âne De planile = plôgni, petit pré
Taràtra = lôrôra, tarière.
Rem. i ^ La transformation de a initial en 6 est surtout marquée lorsqu'il s'agit
de A entravé en patois par R, plus consonne (comp, avec le n® 4) :
Garricare = cbôrgî Môrchî, marcher Parabolara = pôrl6
Fabricare = fôrgt De partem = pôrtagt. partager De largum = élùrgt
2. — Même observation pour A entravé par ST, SS, SP (comp. avec le n* 6) :
De passer = pôssera(t), moineau De pasta = pùtô, pétrir
Rastellarium = rôtell Elastellarium = ôtelt Gastanea = chôtagni
Fastigare, fôchi, Rasparium = rôpî, piquette
8. — A = I dans caballum sschivau, ad-cap(i)tare = achitô, de caminum = chine,
chenel. Ce passage a eu lieu sous influence delà gutturale initiale (comp. n* 1, rem 2) (1).
40. A, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce, se
nasalise en AN (comp. n* 8) :
Gantare = chantô San(i)tatem s sandô Van(i}tare = vantô
Rem. i, ^ lue voisinage d'une gutturale ou d'un yolte change AN en IN :
Manducare = mingt Gambiare = cliingt D*exlrancum = étringt, étranger
Fr. dangier = dingî
2. — Dans quelques mots eniprunlôs au fiançais, la confusion de an et do en a
changé a»i en in .* ambitionom =^ inibilion.
(1) Môme phénomène, et plus accentué, en vieux lyonnais. De expandicare = espan-
chiment (V, p. 89, 1. 2); lavQa mente = largimeni (Id. 45, 1. 18); pergamenum =
parchimin (Id. 04, 1. 6>: frauca mente = franchimenl (VI, 4?3, 1. 2); judicamentiim
= jugiment (XX, p. 408, 1. 35)
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PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUKS INITIALES LIU
61. A plus gutturale plus consonne = AI (comp. avec le n** 11) :
Pacsellum s= paissiau, échalas Macsilla = maissèla. mollaire
Tacsonem =- taisson De racemare = raisimolô, grappiller (1)
E
62. E fermé ou ouvert, libre = (2), prononcé comme E muet fran-
çais :
EXEMPLES DE E FERMÉ
Debere = Devat Seminare =: semenô De pœna = penablo, difflcultueux
Minatiare = menact De fsBnum = fenairt, faiier Misellum = mesiau, rogneux
EXEMPLES DE E OUVERT
Recipere = recevaî (h*epare = crevô Nepolem = iievou
Benedicere = Benayî Venenum = vérin Feneslra = fenélra
Rem. 1.— Dans dies lunae = dilun, i bref = i. De même dans le fr. lundi. Conclu-
sion, que î était devenu long en bas latin.
8. E a passé h é dans quelques mots ou E muet devenait d'une prononciation
difficile : glenare = liénô; de pœna = pénô, faire efifort.
3. Influence de la gutturale initiale pour le ch de ae en i dans quaerire = quirt
appeler.
4. Dans bibenda = buvanda, piquette, februarium == furrt, lisez soit Tinfluence,
soit la vocalisation de la labiale, qui a donné heuvanda, puis buvanda, etc.
5. Dans ericionem = urisson, il ne faut pas voir la transformation directe de e
fermé en u, mais la transformation intermédiaire de eu en u d'une forme euvisson
qui existe encore en dauphinois.
6. Dans femella = fumèla, fimariinn = fumî. jul-Hrmare = afrumô, la transfor-
malion de e en u est due à l'infl. des deux labiides f m
(1) De même en vieux lyonnais : xi^.r facUi menie = perfai/tamenl (V, p. 42, 1. 10);
facienlem = faisan: (Id., p. 5(), l. 23); ud-factnta = afaylia (IV, 400, 1. 13); ma-
cellum= maisel (Id., id., 1.30); a(f>}elban\z:^aifjneil (\l, 419, 1. 30). Mais il arrive
aussi que le son est rendu par ci, ey : abacuare = abeissier (V p. 74, 1. 15; vacsel-
larios = veisseliers (VI, p. 420, 1. 2h)-^j)lacUare=z plcidier {W\,Ahl y 1. 30). Ationem
est indifféremment traduit par eyso7i ou ayson.
(2) De même en vieux lyonnais : debere ^ deveir (XII, art. 4); Desiderare =
desirrar (V. p. 39, 1.12).
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LIV PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES
63. E fermé, E bref entravés — È :
Pelraria = perrîri, carrière de .pierres Gessare = cessô
Reslare = reslô Persicarium = persî, pêcher De messem = messolor,
moissonneur (1)
63 bis. E plus gutturale, plus consonne = I (2) :
Pectinare, = pinô Licsivum = lissiô Leclionem = lission
64. E, suivi d'une nasale, = souvent A (3J :
Genonem = janon, genou Qinarium == jagnî, genêt (3)
Item. — Action identique de s dans de vfr. gésine = jaciniéri, femme en cou-
ches (4).
65. E fermé, E bref, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se pro-
nonce = IN (comp. n" 29) :
Lenlicula = lintilhi Senlire = sinli Vindicare = vinjî
66. E fermé, E bref, entravés en patois par un groupe dont la pre-
mère consonne est R = A (comp. n* 24) :
Pertusum = partu Virlutem = vartu Viridarium = varsî, verger
Mercedem = marci Circare = charchi Serpenlem = sarpln (5)
Bem. 1. — L exerce quelquefois la même influence : de gelare= jaliri, gelée (6).
2. Dans primarium = parmé, il y a métathèse de r qui a sauté par derrière f\ et a
ainsi fourni Tenlrave demandée.
(1) De même en vieux lyonnais ; vervecariiim = berçier (Arch de la ville, GC,
f« 873). etc.
(2) 9n vieux lyonnais le même e = ey, devenu aujourd'hui i : signatttm = seignia
(II, p. 9. l. 5); deleitare = deleitier (V, 39 1. 6); electuarium = leyiuares (V, 45
1. i6); veciura=, veytura (VI, 423, 1. 5).
(3) Je ne connais pas d'exemple de ce phénomène en vin., mais le vfr. a seniorem
=■ sanior, reneget = raneiet^ et on trouve samaine pour semaine. En lyonnais 7i
paraît avoir eu une influence analogue sur u bref dans dejutifpcrtim = jaîiuriot.
(4) On trouve en v. fr. astail pour estait,
(5) On trouve de même, en vieux lyonnais : veracum :=zvarag (V, p. 40, l. 20):
serpentum =sarpent (X, p. 25, 1. 2).
(6) De même, en vieux lyonnais, Delphinum =Dalphin (V, p. 74, L 7; eliganles =
allisan, pelletarios =paleters {Syndicat de 1368).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES LV
67. E fermé, E ouvert, suivis d'une gutturale précédant la Ionique
dans les verbes qui deviennent YI en patois, se changent en A ou Ê,
probablement par dissimilation avec I final :
Necare =s neyî, nayî, noyer Precare = prayî
Secare = sèyî, suyî, faucher Plicare = playî
Rem. — Mais ligare a donné lèyî et non layî.
I
/ bref a été traité avec E fermé.
68. 1 long libre ou entravé à l'initiale = I (1) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fidare = fiô Liberare = Livrô Divisare = Divisô, causer
De filum = filogni, étoupe Dimidium = Dzimé (R.-deO.)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Villaticum = Villajo B(e)ryllare = brilhl
Rem, — Dans vicinum = vaizin, la dipht. ai doit être attribuée à l'infl. de la
gutturale.
68 bis. Devant les labiales (p, è, m) I long = U :
Pipata = pupô, une pleine pipe Sibilare = subl6
De cimicem = sumata, punaise Limacia .= lumassi
0
69. 0 fermé (= 0 long, U bref), libre ou entravé, = 0 prononcé
bref (2) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Gubare = covô Subinde = 8oviii(t) De gula = gole(t), petit détroit
De cotem aes coyI, ëtui de la queux Colare = colô
(i) La loi est la môme en vieux lyonnais. Les exemples semblent inutiles.
(2) En vieux lyonn. O ferme et O ouvert donnent aussi O. Exemples pour O ouvert :
porroi(y, 36; 1. 9); trova^et (Id., p. 89. 1. 18); molinum == molin (VI, p. 419,
1. 20); Johan (XIX. 456, 1. 23); poveir (Id., 467, 1. 31. Exemples pour 0 fermé ; fro-
ment (1^, 408. L 19); coreyt (V, 52, 1.7); sochon (VI, 420. 1. H); colourÇld., 421,
1. 15); adobas (Id., 421, 1. 19).
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LVI PHONETIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INlTfALES
EXEMPLES DU SECOND CAS
Muccare = mochl Ructare rotô Putrlre = pore (Crap.)
Butlicula =5 botilhi De nutrire = norici, nourrice
Re7ii. i.— Lorsque 0, fermé ou ouvert, est suivi de L, plus consonne, il passe à OU (1)
qui, aux environs de Lyon, devient lui-même souvent U :
GoUocare = cuclit Multonem = mouton Solidare = soudô (2), souder
Pulsare = boussô, pousser (en parlant des végétaux)
2. Suivi de R, 0 a une tendance à passer à OU, U (3) :
Plorare = plourô ad-rorare = arouzô De golh. fodi = fourô, fourrer
Curllle = curti Florire = fluré (Crap.)
70. 0 ouvert, libre ou entravé = 0 (coinp, n'' 39 et 40 (4) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Jocare = joyî Locare = loyî Tropare = trovô
Volere = volaî Gorona = corona Soiiare = sonô, appeler
EXEMPLUS DU SECOND CAS
Apotheca = botica Corbicula = corbilhi De mortem = amorlî, tuer
Tortiare = torchi D'ortica = ortie(t), ortie Tornare = tornô
Rem, 1. — Dans op(e)rire = urri, coop(e)rire = curri, o ouvert a été transformé en
u sous infl. de la labiale (comp. 62, rem. 4) (5).
2, — 0 plus r a passé à ar dans de furnum = farnô, faire cuire légèrement au four;
de fr. hochepot =:archipo(t).
71. 0 entravé par ST ou SS = OU (comp. n» 41) (6) :
Gustare = goutô De grossum = grousst, grossir Go(n)star6 = coutô
(1) De même en vieux lyonnais : vousist(Y, p. 61. 1. 5 et 6); vondroy (Id., 57, l. 3);
moutonines (IV, 406, 1. i6); pulletrellumsrzpoutrex, (Id., 407, 1. 1); sepuUuvas =
sepoutures (Gartul., p. 21, 1. 2).
(2) Mais on a aussi sodô.
(3) On trouve de même, au xvii* siècle : de inoolare = voiilexir^ sortiavia = sour»
ciri, chordaria z=. courdirif de fortetn = effourcy, portabat =. pourtave, mor-
seîlum a= mourciau (XXXI). Mais dès le xvm* siècle on trouve porta, retornerant
(XXXII).
(4) Voir les exemples vieux lyonnais p. LV, note 2.
(5) De môme en vieux lyonnais, operire = uvriv (Y^ p. 40, 1. 6); sxiffeHre =z suf-
frir (Id., 43, 1. 17); ohlitatum = uhlia (Id., 64, 1. 15); coopertum = envers (Id., 69,
1. 19).
(6) On a de môme, en vieux lyonn., de costuma = acoustuma (XIX, p. 4.'Mj, 1. 20).
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PHONETIQUE, VOYELLES PBOTONIQUBS INITIALES LVII
71 bis. 0 plus gutturale plus consonne, 0 plus consonne plus yotte
se diphlonguent en 01, qui a passé à OUÊ OUÉ (1) :
Goctare = couéti, se hâter De vocitum = vouéri, égrener
Scopeare = couèvî, balayer Gobionem = goifon, goujon
Scuriolam = écouôru
72. 0 fermé ou ouvert, libre ou entravé, plus nasale non suivie d'une
voyelle, = ON (2) :
Domitare = dondô Mundare = mondô, éplucher Gonsilium = consftl
Cundire = condi, assaisonner
Rcm.l.— La nasalisation a pris un caractère plus marqué d'acuité dans de condire=
qnindura, sauce. C'est Taction de la gutturale initiale.
2. Gomme ON tonique (Voy. n» 43, rem.), UN, UM protonique passe quelquofois
à AN :
De funda = frandô, lancer avec force UmbiUeum = ambouni, nombril
•U ■
U bref a été traité avec 0 fermé.
73. U long libre = U (3) :
Putare s= puô, pouô (4), tailler la vigne Pulere = pué
Sudare = suô Durare = durô Uiiionem = ugnon
Muralea = murailli Luminarius = luminl, marguiller
Bem, 1. — Curatarius = corralî, coureur, par confusion av. l'étym. currere.
2. De junepurum = janurio(t). Phénomène analogue à celui signalé au n» 64. U a
été transformé en (^ sous l'influence de la nasale qui le suit.
3. Dans coriosum = quirioa(8) le passage deuk i est dû à l'infl. de la guttur. init.
Gomp. 1, rem. 2.
4. Dans tuberem = triffa, tubare= tibô, fr. tupin= tipin, influence singulière de
la labiale. Mais ces formes sont locales.
(1) De même en vieux lyonnais : cognoyssies (V. p. 60, 1. 13); approximabat ^
approymctve (Id., 64, 1. 18); boyssons (Id., 76, 1. 1); Scuriolum = ecoyreux (VI, 421,
1. 7) : scppeare = quoivy (XXXI, 2* partie, vers 238).
(2) En vieux lyonnais un plus consonne = un : mundo (V, p. 89, 1. 6); profundia
prevondia (Id., 69, 1. 24); concha = cunchi (X, 24, 1. 5); uncles (Id., 26. 1. 1).
(3) Dq même en vieux lyonnais : curiosa =. curiousa (V» p. 50, 1. 17); de plus =
l)/iwor*(Xni,art. U).
(4) Une plus grande facilité de prononciation fait passer facilement puô à pouô. En
retour, nodare a fait no6 nou6, puis à Graponne nuô, parce que nodum y égale jia(d).
8
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LYIU PHONETIQUE, DIPHTONGUES PEOTONIQUBS INITIALES
74. U long entravé = U :
Purgare se = se purgl Fustarium = fustl, charpentier
74 bis. U long plus gutturale = UI, qui se réduit souvent U :
Lucidare = aluidi, faire des éclairs Mucere = mu si
Sur U plus nasale (que je crois d'ailleurs bref en général), voy. 0 ,
n* 72, rem. 2.
DIPHTONGUES
76'. AU = OU (comp. n' 49) (1) :
Ausaro = ousô Paupertatem =r pouretô
Saltare = soutô Haustare = outô, ôter
Retn. 1. — AU passe souvent à O : aiwicula = orilhi ; pau-de-ferro est devenu
podefèr.
2. OU de AU a quelquefois passé à U aux environs de Lyon, comme ou de o fermé
est devenu souvent w. Dans celte catégorie rentrent Sanctum Mauritum = San-Muri;
germ. kausjan = chusé, choisir (Ca*ap.)'
3. Dans aucellum = iziaa, la transformation de au en t a dû s'opérer plutôt sous
l'influence de la gutturale initiale que par dissimîlation (2).
VOYELLES PKOTONIQUES MÉDIALES
VOYELLES PROTONIQUES MÉDIALES LIBRES NON PRÉCÉDÉES d'uN GROUPE
DE CONSONNES ET PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE
76. A persiste :
!• Dans les dérivés, qu'il fût tonique ou post-tonique dans le simple
(1) De même en vieux lyonnais : falcUatetn = fouceta (V, p. 38, 1. 5); aîtar$
outar (Id., 55, 1. 8); salinatarius = souner (XVII bis, III, art. 6).
• (2) Voy. iziau au Dictionnaire.
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PHONETIQUE, VOYBLLBS PROTONIQUES MEDIALBS ZVX
EXEMPLES DU PREMIER CAS
De minatia = menacl D$ lavare = layîimitt(t), lavement
De jurare = juramint De commendare = commendamiii(l)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Pe grana= granatl, grainetier De cura = corratî, qui a l'habitude de courir
2" Dans les composés lorsqu'il était post-tonique dans le simple ;
Sola = mente = solamiii(t) Bona-mente = bonamiii(t)
77. Dans les autres mots A est tombé, au moins dans le langage
moderne :
Manduca(t)orem = mijon Jocula(t)orem = jonglou SibiIa(t)orem =r siflon
Rem. — Dans ces exemples, a, par la chute do la dentale, s'est trouvé en hiatus
avec la tonique, ce qui a amène sa chute. Au xvi» s. on a operatorium ==. ovraor. On
a aussi mirabilious de mirabiliosum et meravilles de mirabilia^ qui indiquent la
persistance de A. Le patois moderne marmlles est d'influence française.
78. Les voyelles protoniques médiales, libres, autres que A, et non
précédées d'un groupe de consonnes, tombent :
Jud(i)care = jug! Praed(i)care = praïchi Dom(i)tare = dondô
Turb(u)lare = troblô Di8hon(o)rare = desondrô, défigurer Sem(i)nare = senô
Rem. 1. — On a aussi semenô. Est-ce une forme demi-savante ou une forme
archaïque (1) ?
Dans de racemare = résimolô, il y a eu sans doute formation sur un simple
résimô.
2. — Notons, au contraire, une nouvelle chute en roman de la protonique dans baju-
lare habeo, devenu je baillerai, puis je barai.
3. — Pour le surplus, la plupart des mots dans lesquels la protonique a persisté,
sont introduits du provençal ou sont des infinitifs formes sur le présent de l'indicatif.
Adobare =. adobô, aiTanger Bulicare = bolicô, brasser
Bajulare ssbayoulé, bercer un enfant en le portant (2).
79. La protonique a été conservée ou remplacée par une voyelle
d'appui, lorsqu'elle était post-tonique dans le simple :
De caput = capitô, rencontrer De caput= cabuchè, plonger en parlant d'un bateau
(1) Comp. anima = aneme avant d'être anm^puis âme.
(2) Mot peu usité, venu du bas Dauphiné.
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LX PHONÉTIQUE, VOYBLLBS PROTONIQUES MBDIALES
VOYELLES PROTONIQUBS MÉDIALES ENTRAVÉES
80. Elles persistent ou sont remplacées par une voyelle d'appui :
Capillare = chavelô, peigner Hibernare = ebarnô, ouvrir portes et fenêtres
Gommis8ura= commissura (1), assemblage de deux trains de voilure
VOYELLES PROTONIQUES MÉDIALES LIBRES
PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE, MAIS PRÉCÉDÉES ELLES-MEMES
d'un GROUPE DE CONSONNES
81. Le plus souvent elles persistent ou sont remplacées par une
voyelle d'appui :
Hirpiciare s= harpayî (2) UmbiUcum = ambounî Petroselinum = pirassè
Aptiflcare = attofayî, élever, nourrir Succulare= Secoyi
Hortulaticum = ortolajo, légumes
Rem. i. — Si le groupe est formé d'une labiale et d*une dentale, ou de deux labiales
la proionique n'est pas conservée : comp(u)tare = comtô, blasph(e)p[iare =
blamô, sep(ti)mana = semana.
2, Dans torculare = trolbi, presser le raisin, la chute a été facilitée par la méta-
thèse der.
82. Dans les composés où la protonique, aujourd'hui médiale, était
initiale dans le simple, elle est conservée sans exception :
Ad-buccare =: abocht, tomber en avant De ad-sedem = asselô, asseoir
In-dui*are = indurô Dis-setare =: dessiô, désaltérer
83. Lorsqu'une voyelle d'appui remplace la protonique, cette voyelle
est généralement A, quelquefois E. Cette règle s'applique surtout à la
protonique I dans les mots dont la finale est en I accentué (comp. avec
len*67):
Hirpiciare = harpayl Aptiflcare = attofayî Benedicere = benayl
Obedlre = obayî Petroselinum =s pirassé.
(1) Il y a eu chute dans le forëzien. consure, même sens.
(2) Le groupe n'a pas.sufti à protéger la voyelle dans le français herser.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES PATOISBS LXI
ÉTUDE DES CONSONNES
CONSONNES PATOISES
Les mêmes qu'en français. Elles ne sont atteintes que par quelques
phénomènes locaux, affectant seulement les gutturales et les dentales.
L'articulation exprimée graphiquement par le groupe CH se prononce
comme en français dans la plus grande partie du Lyonnais : Lyon,
les environs, Craponne, Yzeron, Mornant, Givors, ainsi que dans la
contrée d'Amplepuis.
Cependant elle se prononce TS (1), comme en langue d'oc, dans une
région qui ^st précisément la plus éloignée du pays d'oc : le Franc-
Lyonnais, les bords de la Saône, Couzon jusqu'au Beaujolais (qui est
aussi le pays de ts), la vallés de TAzergue, Lentilly, etc. On y dit tsantô
pour chantô, tsapotô pour chapotô. etc.
Rive-de-Gier prononce CH comme en français : chousa = chose;
chô-yon = cha-un; chantô = chanter, mais, chose curieuse, ce sont le
/ et le rf qui engendrent des articulations complexes. Devant a, o, on,
patois, T, D restent intacts : paupertatem = pouretô; dubitare = dotô;
tantum = tant; tuttus = to(t); ital. cartone = carton; mais devant e, i,
u, T se prononce TS et D se prononce DZ :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Tempus = tsom(s), temps De sequere =s de suitsi, tout de suite
Teren == tsirl, tirer De magister =magistratsara, magistrature
Gastellum = chôtsau, château Quaestionem = quetson, question
Fr. petit = pilsl(t)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Dimidium = dzimé, demi Perdilum = pardzn, perdu
Dicere = dzire, dire De viduum = vouêdzi, vider
Disnare = d^inô, dfner Darum = dzur, dur
Cependant on a Deum = dzo, parcequ'il a été d'abord Dzio*
(1) Il serait plus orthodoxe d'écrire que G latin devant A à produit GH dans tels
endroits. TS dans tels autres, mais c'eût été anticiper sur Tétude de la transformation
des consonnes. Dire que GH se prononce TS n'est d'ailleurs pas une bélise aussi
grosse que cela en a l'air, car les gens de Lentilly ont la ferme intention de pro-
noncer GH. Quand l'Auvergnat dit : « Nous chavons bien que cha n'est pas chale >,
il est persuadé qu'il dit : « Nous savons bien que ça n'est pus sale », et la preuve, c*est
qu'il récrit ainsi.
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LXII PHONETIQUE, CONSONNES LATINES
A Saint-Martin-en-Haut, Riverîe, T ne se modifie que devant t, et alors
il devient, non plus ts, mais tch : maitchia pour maitia, moitié ; tchioula,
pour tioula (tuile); fagotchî pour fagottî (littéralement fagottier), bûcher;
impuntchî pour impuntî (de pwnctum), exciter, etc.
D devant i devient non plus DZ mais DG : Tandgiri pour Tandiri
(servante de cheminée, de landier)\ essordgi pour essordî, assourdir;
madgignîpour matinî(matinier); cundgî la sopa pour cundî (condire)
la sopa, etc.
A Paniss. le groupe cl devant i se prononce comme le th anglais dur.
Clèya, porte à jour, se prononce thlièya.
Je crois que nous aurons épuisé le sujet lorsque nous aurons dit que
dans la plupart des villages, N se mouille devant i : nidum = gnl(d),
venire = vegnî: genista = jagnî, genêt; flnire = fignî, finir; neb(u)la
gnibla, (1), brume; de farina = fargniri, dépense de cuisine. Lorsque,
dans les mêmes mots, au village d'à côté, î tonique est remplacé par
un é, N ne se mouille plus : né, nid; fine, finir ; vené, venir. Il en est de
même lorsque deux mots consanguins se terminent l'un par t, l'autre
par a. Dans jaléna, poule, n est sec, et mouillé dans jalegnî, poulailler.
CONSONNES LATINES
On les divise aujourd'hui en
EXPLOSIVES (C, QW, G, T, D, P, B) ainsi nommées, parce que,
pour les articuler, il faut que Tair passe entre des parois brusquement
écartées.
CONTINUES (S douce, S dure = SS, F, V) parce que pour les pro-
noncer il faut que Tair passe entre des parois relâchées lentement.
FRICATIVES (FoM yotte.J, W) parce que, pour les arliculer, il faut
que les parois de l'occlusion s'entre-friclionnent.
Hors cadres les
LIQUIDES (r,/);.
NASALES (n, ;??).
Ces catégories se subdivisent en trois séries suivant l'endroit de la
bouche où se produit l'obstacle : gutturales, dentales, labiales.
Enfin, elles ont deux modalités. Elles s^ont sourdes ou sonores,
(1) Concurremment avec niôla.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉKS
Lxm
Tout cela, plus compliqué en apparence qu en réalité, est résumé dans
le tableau suivant :
BxPLOfilVKS
Continues
Fricatives
Liquides
Nasales
Gutturales
Dentales
Labiales
Gutturales (pas}
Dentales
Sourde = G, QW
Sonore r= G
Sourde = T (3)
Sonore = D
^ Sourde = P
( Sonore = B
IG vêlai re = k dans ka, ko, Au (1) ■
Gpalatal = A.dansAi, Ao (5î).
ÎG vélalre= ga, go, gu.
G palatal = gui, guf.
■î
Sourde = S douce (=z)
Sonore = S dure (ass)
Labiales
Sourde = F
Sonore = V
Gutturales = yotte, J
Dentales (pas)
Labiale W (4)
Gutturale = R
Dentale = L
Dentale = N
Labiale = M
Les consonnes sont initiales, finales, mbdiales.
Elles sont encore isolées, doubles ou en groupe.
Nous étudierons d'abord les consonnes initiales, en considérant suc-
cessivement les consonnes isolées ou en groupe (il n'y a pas de consonnes
doubles initiales ni finales).
CONSONNES INITIALES ISOLÉES
En général, saufC vélaire devant A, et C et G palataux devant E, /,
elles persistent sans modification de prononciation, .
(1) Son de c français dans car et de qu dans qualité,
{t) Son de qu français dans quel,
(3) Le ^ se prononçait dur dans tous les cas, même devant t / nationerii
ti'Onem,
(4) Exemple dans quo = qvoo, prononc. quouo.
r= nu-
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L.XIV PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES
EXPLOSIVES GUTTURALES
C VÉLAIRE .
84. C devant A = CH(1):
Cadere = cheire Gapra = chara Gaballum = chiviaa
Cavare = chavô, creuser Garrus = char Garniacum =r Cbarnay t
Rem, — G devant A = K dans un certain nombre de mots généralement empruntés
au provençal :
Cathedra = cadiri, chaise De catullire =: catilia, chatouilleux
Gara = cala, mine De calare = calô, glisser
86. C vélaire devant A se transforme quelquefois en G dur, mais les
mots sont tous importés :
Gavellum = gaviaa, poignée de sarments Gattum = galte (2) (f.yon)
Calla = gôla, gale KaXayorstv = galafatô, calfeutrer
86. QW Vélaire = K (3) :
Qware = côr Qwarlum = quôr(t) Qwadrum = quorre, angle
Qwalem quem = quaaque Qwadratam = caréte, ustensile du canut
Rem, — Gassi, secouer, n'est-il pas qwassare = kassar = gassar î
87. C Vélaire devant 0, U = K (4) :
Goctare se, se couêti, se presser Goratà = corô, viscère du bœuf
Gopula = cobla, iCttelage double Gorna = cornua, benne
Gupa = cnva, cuve Gabare = covô Gooperire = currl
Reni. — G vélaire s'est changé en g dur dans
Gurculionem = gourguillon, charançon Gonflare = gonflô
De coque = gogasson, beignet Gupellum = goubiaa, verre
88. C palatal (= KE, Kl) devient sifflant (=j S dure ou SS) :
Géra = ciri (5) Geremilia = cermilhi, cerfeuil Ginerem = cindra
(1) De môme en vieux lyonnais : cdballos = ckavaux (IV, p. 407, 1. 1); de capui =
chaton (V, p. 58, 1. 6); càminum = chami (XXV, p. 10, 1. 15).
(2) Emprunté à Titalien.
(3) De môme en vieux lyonnais: qwalem •=: cal (V, p. 66, 1. 1); qjoadrellum zsicav-
reuz (V, p. 53, 1. 8).
(4) Les consonnes se comportant en général en vieux lyonnais: comme dans le lyon-
nais actuel, nous ne mentionnerons que les faits particuliers.
(ô; De même en vieux lyonnais : Cera = ciri (XXV, p. 26, 1. 17).
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PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXV
89. QW palatal = K :
Qwerere = qnarre. chercher Qwerire = quiri, appeler
De q wies = se quaisl, se taire Qwindecim = quinzi
Rem. — QW palatal est devenu S dure dans qrvinqwe = cin.
90. G vélaire (= G dans GA, GO, GU) devant A s'adoucit en CH
ou J :
Gamha = chamba (1) GalUna = jaléna (R.-de-G.)
Germ. gar = jôr, dard des abeilles Du celt. gar = jarrola, traînard
Rem. — Mais il s'est conservé dans quelques mots importés :
De gamba = gambilhi, boiteux Germ. garn = gargni, aiguille des pins
91. G vélaire devant 0, U, se maintient :
De gobionem goifon, goujon Quia = gola
De gonna = gonô, mal vêtu Gurgitem = gor, creux d'une rivière
92. G palatal (= prononcé en latin comme G dans GUE, GUI) = J
Genus = gin, rien Gentes s gin(ts] Gerulam =s jarla
Rem. — G vélaire est remonté à G dans quelques mots importés :
It. gabano = caban De gamba (2) = camborlë, cagneux
EXPLOSIVES DENTALES
93. T initial persiste :
Tabana = tanna, guêpe Tarati*a = tarôra, tarière
Rem.^ Lorsque T, D. àTinitiale, sont suivis d'une voyelle plus PL, BL, une R est
insérée entre l'initiale et la voyelle (8) :
Tab(ïi)la = trôbla Dnplum = drobli, char double
(1) Marg. d'Oingt a aussi chanba (p. 75, 1. 17).
(2) Je ne suis pas certain qu'il soit exact de dire qu'ici G soit remonté à G, car le v.
esp., lepiém., lelgd. camba, semblent indiquer qu'il y a eu, antérieurement à gamba,
un latin populaire camba, dont lemotlyonn, peut être tiré.
(3) Ce phénomène est ancien : Tabulai. trablaiV, p. 67, I. U),
9
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LXVI PHONRTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES
94. D initial persiste :
Divisare = dlvisô, causer Doga = dova, rejet de la terre d*un fossé
Dorsa = dQrsi, gousse Dactile r= dolhi, douille
Rem, — D plus I en hiatus (yotte) est devenu J dans diurnum =« jor, mais le plus
souvent il persiste : Deum = diu, die dominica s diuméni.
EXPLOSIVES LABIALES
95. P initial persiste :
Pala = pala Pipulum = pivo, peuplier Palpa = porpa
Rem. — P init. est devenu B dans pulsare =s boussô (peut-être sous influence de
bout), et dans pedare = bide, mesurer avec le pied.
96. B initial persiste :
Balcha =r bauchi, fane Bene =s bin Bovem s=s bou
Rem. — B est remonta à P dans
Boscalem = pocherla, fauvette Vfr. beloce = pelossi, prunelle
CONSONNES CONTINUES
DENTALES
97. S douce (= Z) ==: J :
Zelosum = jaloa(8)
98. S dure (= SS) persiste :
Sapidum = sado Secare = sayl, faucher Sibilare = sublô
LABIALES
99. F persiste :
Faseola = faviola Femina= fêna De filum = filogni, étoupe
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PHONETIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES LXVn
100. V persiste :
Vices = vey(s), fois (1) Villa = vila
Viudemia = vindémi . Yoluta = vote, boni de corde replié
Rem, — V (sans doute W à l'origine) = GW dans
Vespa = guôpa Vadare = gaffô, passer à gué
Vofiacum = Goiffiea, nom de lieu
2. — V est remonté à B dans
Visculanum = beclien, raie du mouton (2) Vertebola = bartavella (3)
Vervicem s= bai-bi^s)
FRICATIVES
101. W = G dur :
Du germ. weidanjan = gognajo, rapport d'une terre
Golb. warjan s= gari, guérir Du nor. wante = agantô, duper
LIQUIDES
102. R, L persistent ; ^
Rana = rana, salamandre Labra = loura, lèvre Liçere = leizl
NASALES
103. N, M persistent le plus souvent :
Nebula = niôla Nodum = non Maleria = mayiri, chéné élronohô
104. M est quelquefois remplacé par N :
Mespilem = népio Mespnlla = nopôla, nôfie Myrtba = nerta
Rem. 1. — Dans beaucoup de lieux N devant E ou I = GN ou, ce qui revient au
même, intercale un yotte entre N et la voyelle :
Nebula = gnibla Nidum = gnl Nescla = niëci, benêt
2. — M = B dans
Musari = abuizl, amuser Mitlere =: bettre (4)
(1) Il est intéressant de remarquer que 'taus les vieux textes ont veis. On ne trouve
feis que deux fois (XXI, p. 4(38, 1. 6, et 469, 1. 1). Il est emprunté au français.
(2) Phénomène de prononciation gasconne.
(3) Sans doute par un latin vulgaire bertere pour vertere^ comme on a berbicem
pour vervicem.
(4) Ce phénomène n'est* pas aussi unique qu'on le pourrait croire. Comparez
musari = bourg, anbusai; pr. matafièu = In. batafi, bout de corde: Igd. amiatô =
In. abiatô; mandibula = esp. bandibula; esp. mataralua = balafalua; vx esp. al-
bondocass esp. almondega ; fr. mitaine = ss.-rom. belanna. On en pourrait citer
d'autres.
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LXVIII PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES GROUPÉES
CONSONNES INITIALES
GROUPÉES
Excepté dans SC, ST, la loi générale est la persistance.
Pas d'exemple d*explosive groupée avec explosive ou avec continue.
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
105. CR persiste ou se change en GR :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Grassa = crassi, crasso Cremare = crimô Grucem = cruey
EXEMPLES DU SECOND CAS
Gratare = grattô Grassum = gr6(s), gras Grusta = grotta, morceau de pain béni
Bem. — Il arrive quelquefois que GR. GL laissent tomber la liquide :
Gramaculum = cumaclio, crémaillère Cribrum = cœuble
Vfr. escrabouiller = cabolh! De clap = cafi, serré
De clavum = kiavelhiri, vrille (Paniss.)
106. TR persiste :
Trepalium = travftr Tridentem s= triaii(t), outil à trois dents
Troculum (pour lorculum) = truey, pressoir
liem. — TR = DR dans vha. trngî = drugî, tromper.
107. CL persiste en insérant un yotte après L (1) :
Glavem = cliô Glassicum = cliôr, glas Glarum = cliôr
Glericum = clier De clida = clieda{t), barrière à jouer
Rem, 1. — GL est devenu GLdans classicum = gliô, glas (Morn.)
2. — G du groupe GL est tombé (certainement après avoir passé à GL) dans les mots
suivants où yotte avait été aussi intercalé (comp. n* 109).
Claudium = Liaudo Glassicum s= liôr, glas (Crap.)
108. GR persiste :
Qracula = grôlhi, corbeau Grana = grana Gramen = gramo, cbiendent
(1) Ge phénomène est tout moderne : claritcUem = clarta (V, p. 58, 1. 14); clavel-
lum = clavel (Id., p. 52, 1. 12); clavemss cla (Id., p. 77, 1. 5).
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PHONÉTrQUB, CONSONNES INITIALES GROUPÉES LXIX
109. GL, insère un yotte après L, puis laisse tomber le G (1) :
Qlacia = liassi Glandem = alhan Olenare = liénô
Exception : Glacium = glia, verglas.
Rem. — Dans de glociare= cliossi, poule couyeusê, GL a innéré un yotte, puis G
est remonté à G.
2 — Dans gloria = gluairi, il n'a pas inséré d'yotte, peut-être à cause de quelque
difficulté de prononciation dans ce cas spécial.
110. PR, BL, BR, BL persistent :
Precare = pray! Propago = prova, provin Planum = plan
Plicare = playî Bladum = blô Vha. blao = blu, bleu
Rem. — PR, PL deviennent quelquefois BR, BL :
De pruna = brignon, pavie De it. presto = breslô, hâter
Prisciniacum =- Brignai(s) Placium = blaze, bourre de soie
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE
Pas d'exemple.
CONTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE
111. se perd l'initiale. L'explosive seule persiste avec la transfor-
mation qu'elle avait pu subir antérieurement,
Scalja-toriuca = caille-tortae, tortue (Lyon) Scopa = couévo, balai
Yha. Scnm = cama, écume De sklna = chinard, os du porc
De Scala = charasson, sorte d'échelle Scalarium = chaliô, mur de soutien
Rem. 1. — Dans ces mots un £ avait d'abord été prépose, puis est tombé avec S.
G*e8t ce qui se montre dans les mots suivants tirés du français :
Escafoirô = cafoiré (Lyon) Escorniflear = cornifloa Escroc = cro(c)
2. — Les choses se passent de môme lorsque G est précédé de EX(=: ECS) :
Excarbuculare = charbolhî, écraser D'excussum = cossou, fléau (1)
d. — Dans scuriolum =: acuëroa, écureuil, même phénomène. Un A a éié prëposd
au groupe, puis S est tombée.
112. ST, SP présentent les phénomènes suivants :
r Quelquefois le lyonnais prépose un E en conservant le groupe :
Stomachum = estômo De sperare = à Tespéro, à TaiTùt
(1) Ce phénomène est aussi moderne.
(2) On a encore écossou et écossa concurremment avec cossoa et Ton a eu certaine-
ment escossou.
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LXX PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLÉES
2* Le plus souvent il a préposé un E ou môme un A devant le groupe,
puis S est tombée (1) :
Stare = éiô Stela = étèla Stupare = ëtu6, faire sécher
3* Dans ce cas, devant une voyelle suivie du groupe PL, BL le lyon-
nais intercale une R après le T (comp. 93) :
Stab(u)la = étrôbla Slnp(u;lum = élroblo, chaume
4* Quelquefois S tombe et la seconde lettre du groupe persiste seule :
Spalla = pala Sternutare = torgnt
CONTINUE AVEC LIQUIDE
118. FR persiste :
Fratrem = frôre Fraxioum = fraissi Frumenlum=rfromin(t)
CONSONNES FINALES ISOLÉES
Elles sont de deux sortes :
V Finales €71 latin;
2' Médiates en latin.
Nous examinerons successivement les deux cas.
EXPLOSIVES (c, ff, t, d,p, h)
114. !• C final en latin tombe (2) après E fermé, E ouvert et I long,
après A et 0 fermé il se diphtongue avec la voyelle qui le précède (3).
(1) Dans les textes lyonnais du xvi« s. on a déjà sxiacium = epassio à côté d*es-
pacio,
(2) Bien observer que nous appelons consonne qui tombe, toute consonne qui ne se
prononce plus en patois quand même elle serait conservée dans l'orthographe.
(S) On remarquera que plusieurs des règles données à propos des consonnes finales
ont déjà trouvé leur application à propos des voyelles toniques ou post-toniques. Nous
recherchons avant tout la clarté, au prix môme de quelques répétitions. Ici les répé-
titions sont le résullal d'une classification générale qui ramène parfois les mêmes lettres,
lorsque l'on considère ces letlres sous leurs différentes situations.
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PHONETIQUE, CONSONNES FINALES ISOLl^ES LXXI
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Die = dl(8) Nec = ni (1) Sic :=: si
EXEMPLES DU SECOND CAS
Apud hoc = avouai (2), avec Ulac = ilat, là -bas
Rem, — Cet ai ayant cessé depuis longtemps de se diphtonguer, est exprimé en
réalité aujourd'hui par ê,
2'* Les explosives labiales et dentales tombent :
Ad = a, à, au Et s e(t)
115. C, G, vélaires ou palataux, médiaux en latin, devenus finals en
patois (3), forment diphtongue, savoir :
!• Après A;
Athanac(um) = Ainay, nom de lieu Salsiac(um) =s Sarcey, nom de lieu
2* Après E fermé :
Leg(em) = lual Reg(em) = rai Nig(rum) sss nat, né
3* Après 0 fermé :
yoc(em) = vouai Nucem = noï, noué
4* Après 0 bref :
Foc(um) = faè Joc(um) = jué (4)
116. C, soit vélaire, soit palatal, tombe, savoir :
1** Après E bref, en altérant la voyelle qui le précède :
Dec(em) = di(s)
2* Après I long et après U, sans altérer la voyelle :
Amic(um) = ami Ludovic(um) = Loyi
Apric(um) = ouri, abri Pauc(um) = pou (5)
(1) En disant que C tombe, on ne prétend point^ que ce soit sans laisser de trace.
Ainsi dans nec = ni, le passage deek i est dû à l'influence de c.
(2) De même en vin. Pacem =3 pays (V, p. 54, 1. Il); illac = Zay (V, p. 44, 1. 22) ;
veracum = veray (V,69, 1. 22); apud hoc =3 avoy (V, p. 42. l. i3, et X, p. 29, 1. 14).
Au xiv siècle hoc = o;/, mais dans le patois moderne oy s'est réduit à 0, pronom
employé seulement au neutre, c'est-à-dire comme sujet indéfini.
(3) Les consonnes médiales en latin, devenues groupées par la chute d'une voyelle
puis finales en patois, trouveront leur place aux Consonnes finales groupées»
(4) De même en vx lyonnais ; locum = lua, au cas oblique (V, p. 51, l. 1 et 4);
focum=fua, aussi au cas oblique (Id., p. 52, 1. 1).
(5) En vx lyonn. po (V, p. 71. l. A et 4).
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LXXII PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES
3* Si G final prend un suffixe en patois, il se comporte comme médial
{yoy. 182) et devient yotte :
De fag(um) = fayôrd, hêtre D'un rad. drag = drayf, cribler
117. Les autres explosives, médiales en latin et devenues finales en
patois, tombent :
Arat(um) = arô, champ labouré Bedum = bi, canal d'arrosage
Ped(em) = pi Nld(um) = gni Prod(est) = pro, assez
Rem, 1. — Après U, p et & se vocalisent :
Lap(um) = loa(p) Tub(um) s= toa, canal
2. — T devant lU devient SS, puis tombe dans la prononciation :
Solat(ium) = sola(s) Pret(ium) = pri(s)
CONTINUES («, z, /; v)
i 18. S, finale en latin, tombe :
Nos = noCs) Homines = homo(s) Vivis = vi(s) Latus = lô
2* S médiale en latin, finale en patois, tombe :
Nas(um) =s nô(s) Gas(is) =r chi(s), chez Pertns(um) = partu(s), trou
119. F, V. Pas d'exemples de F ni de V finals en latin. F médial en
latin, devenu final en patois, tombe :
Joseph(um) = José
V devenu final après 0 se vocalise en U :
Bov(em) s= boa Novem = non
Après les autres voyelles, il tombe :
Suav(em) = suô (l) Glavem = cliô
Mais si V est suivi d'un U, il se vocalise après toutes les voyelles :
Clavum ss cliou Eiv(um = ria
FRICATIVES 0, yotte, tr)
Pas d'exemples.
(1) Au dictionnaire j'ai mis suavem = suau, en supposant la vocalisation de v, C*est
une erreur. Il faut lire sua(vem] = sua, puis suô.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES LXXIH
LIQUIDES (r, /)
120. R, finale en latin, persiste en patois :
Per = par Por (pour pro) = par
2* R, médiale en latin, finale en patois, tombe (1) :
Gantar(e) = chantô Licer(e) = leizl, loisir Canlor(em) = chantou
Rem. 1. — Conformément à la règle, habere a donné aval, avoir, mais R a persisté
dans le subst. abar (River.), aveir, patrimoine; heri-ser(um) = arseir, ce soir. Il à
persisté aussi dans amorem = amour, mais le mot est tiré du français.
2. On a vu que les mots populaires en orem se terminent par ou. Pour les mots
savants, le patois a emprunte la finale française eur, où alors r finale se fait sentir :
seigneur, terreur, extracteur (dans les mines), etc.
3* Dans les monosyllabes R a persisté le plus souvent :
Mar(em) = mà,r Cor(ium) = couar Her(i) = hier
Mur(um) = mur Secur(um = sûr
Rem. — Pourtant il est tombé dans ser(um) = saî, mur(um) :a mu (Saint-Mart.);
dur(um) = dzu (R.-de-G.).
121. 1" L, final en latin, ou médial en latin et devenu final en patois,
= R, et persiste sous cette forme (2) :
Mel = miâr Fel = fiàr Gapital(e) = chatôr, cheptel
Gael(um) = ciar Tinal(em) =: tinôr, endroit où l'on met les tines
Canal(em) =? canôr Gel(u) = giàr Vfr. faudeteul = fauteur
Trepal(ium = travà-r Sitel(lum) = sà,r
Rem. — Cette r persiste dans les mots composés :
De mal(e) et cor = se marcourô, se miner de tristesse.
2* Mais après A, 0, il arrive souvent que L final se vocalise ei\
U(3):
Sal = sau Mal(um) = mau Caul(em) = chou
Filiol(um) = filhou, filleul Linteol(um) = linçou, drap de lit
(i) Il est probable que, en vieux lyonn. r ne se prononçait déjà plus, du moins
après a. On trouve, il est vrai, dans Marguerite amar, chantar, mais on trouve à
côté révéla^ desirra^ entra^ regm'da^ ce qui indique que la persistance de r dans les
autres mots est purement graphique. Quant à /fa, qu'on trouve dans Marg. p. 47, 1. 12,
ce n'est pas le subst. verb. âe flairer^ comme on l'a cru, mais flattis.
(2) Ce phénomène est moderne.
(3) Il n'en est pas de même en vieux lyonnais; souvent l tombe : Quales = qHas{Y,
p. 61, I. 3). corporalem z=z corpora^ (Id.,62, 1.4); xWatalem= Xua(X^p. 28, l. 17);
et pour la chute de / après e, porcellum z=.porces (V, 47, 1. 11). Dans les autres
exemples l persiste ordinairement.
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LXXIV PHONÉTIQUE, CONSONNliS FINALEfS GROUPÉES
3** Après I, L finale tombe (1) :
Fil(um) = fi Mantil(e) = manti, nappe Pil(um) = pey
Lol(iuiïi) s= joi, ivraie Tortil(c) = torli, claie
NASALES
122. N, M, finales ou médiales en latin et finales en patois, précédées
d'une voyelle, persistent dans la graphie et tombent dans la pronon-
ciation, en affectant d'un son nasal la voyelle qui précède (2) :
Pan(em) = pan Fam(em) = fan In = in
In sim(ul) = insian Un(um) = in Bem = rin
Rem. ~ M finale, par exception, a persiste dans ram(ura} =ram.
CONSONNES FINALES GROUPÉES
La tendance générale est la persistance de la seconde^ et la
chute ou la diphtongaison de la première suivant les cas.
EXPLOSIVE AVEC EXPLOSIVE
• 128. CT, GD, médiaux en latin, devenus finals en patois, changent la
gutturale (c, g) en yotte qui se diphtongue avec la voyelle ; la dentale
tombe dans la prononciation (peu importe que le groupe existe en
latin ou seulement en patois) :
Fact(um) = fai(t) Lacl(em) = lai(t) Lect(um) - lie(l)
Drictfum) == di-ai(t) Noct(em) = ney(t) Frig(i)d(um) = frai(d) (3)
Rem. — A R.-de-G. il arrive quelquefois que c ne laisse pas de trace : Noct(em) =
no(t), coct(um) = co(t).
ri) De môme en vieux lyonnais, suhUlem=i sustiz (V, p. 45, 1. 6), htimilem = humis
(V, 50, 1. 7), mais on a la vocalisation dans filium z= fiuz (V, p. 30, 1. 17).
(2) Dans XXV, et par conséquent au xv« siècle, le suffixe inum = i : Caminum =
chami (p. 11, 1. 5, 7, 8), molinum = moli (p. 11, 1. 5), matutinum = ma<i(p. U, 1. 26J.
Mais ce document n'étant que semi-lyonnais, ces formes me paraissent méridionales.
En effet, dans XVI on trouve caminos = chimins (p. 27, 1. 16).
(3> En vieux lyonn. la résolution n'est pas encore accomplie dans paclum = pag
(XV. p. 9, 1. 12).
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PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES GROUPÉES LXXV
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
124. lo CL final en patois, formé de deux consonnes médiales en
latin et groupées en patois par la chute d'une voyelle, change C en
yotteaprèsA, E.Cetyotte se diphtongue avec la voyelle précédente, et
L tombe ;
Solic(u)l(um) = sola! Serpic(u)l(um) = serpaf Galic(u)l(um) = chouleï, lampe
Gane8tic(u)l(um) = canasteï, corbeille
Après U le groupe entier tombe :
Peduc(u)l(um) = pion, piu
2* TL se comporte exactement comme CL, ce qui indique que le
second avait remplacé le premier en bas latin :
Sit(u)l(um) = sicl(um) = sat, seau
CONTINUE AVEC EXPLOSIVE
125. ST tombe dans la prononciation (1) :
Fust(em) = fû(t), tonneau Justfum) = ju(l), étroit
Gonist(um) = jagnî, genêt Bene tost(um) = bintou(t;, peut-ôlre
Rem. — S s'est changée en R après la chute de T dans lesl(uin) = ter, teur, tesson.
LIQUIDE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
126. RG, RT, RD, RS, RN, conservent R et laissent tomber la
seconde consonne, que le souvenir étymologique a fait garder souvent
dans Torthographe. RV, RN conservent de môme R, et la seconde con-
sonne tombe :
Burg(nm) = bor(g) Gooperl(um) =covar(t), toit Dies Marl(is) = dimôr
Tard(um) r= tôr(d) Lard(um) = lôr(d) Vers(us) = vô,r(s)
Nervum = nô.r Infern(um) = infâr Hiber(num) = hivà-r
2^ LT, LS. — T OU S tombe et L se vocalise après 0, U:
Vult = a vou(t) Puis = pou, bouillie Pulsuni = pou(ls)
3' LP tombe tout entier :
Golp(um) = co(p)
(1) S était tombé de bonne heure, ainsi qu'en témoigne Crit (V, 36, 1. 17) à côté de
Crisl (V, 38, 1. 21); juslum =jut (X, p. 17. l. 6, 9); Augustum = Ot (V, p. 21, 1. V2),
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LXXVI PHONETIQUE, CONSONNES MODULES ISOLÉES
Rem, — P est tombé avant L» et n*a été rétabli dans récriture que [sous le souvenir
du français. On trouve col aux xiii* et xiv* siècles (1).
4« LL. La seconde tombe, la première se vocalise :
Agrifol(lium) = agrevou, houx
NASALE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
127. NT, ND, MP, ML. La nasale persiste dans la graphie et tombe
dans la prononciation en nasalisant la voyelle qui précède; la deuxième
consonne tombe :
Amanl(em) = amaii(t) Infaiil(ein) = efan(t) Ind(e) = in, en pron. relaL
Temp(u8) = tian In sim(u)l = insian
CONSONNES MÉDIALES ISOLÉES
c'est-a-dire
entre deux voyelles qui persistent
Les tendances générales &ont les suivantes :
1* Les gutturales tombent ou se changent en un
yotte qui se diphtongue avec la voyelle précédente.
Dans quelques cas elles s'adoucissent simplement
Explosives \ en passant de la forte à la douce.
2" Les dentales tombent le plus souvent.
3* Les labiales passent ordinairement de la sourde
à la sonore. Quelquefois elles tombent.
4' Les spirantes ou continues dentales persistent,
Continues } ^^'^^ ^^^^ ''^^^^ exceptions.
5* Les labiales tombent ou passent de la sourde à
la sonore.
6* Les liquides persistent ou s'échangent.
?• Les nasales persistent.
(I) Dans V, p. 37, 1.6; et dans XVI, p. 28, 1.0.
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PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLEES LXXVII
EXPLOSIVES
GUTTURALES
128. C vélaire (= k dans ka, ko, ku) .
!• C vélaire, avant la tonique et devant A = Y (yotte), quelle que
soit la voyelle qui le précède (1) :
Pacare = pay! Precare = prayî Locare = loyl
Jocare=joyl Focarium = foyl Bucataria == buyandiri, blanchisseuse
Rem. — Les mots ou ^ a persisté sont d*origine provençale : bulicare = bolicô.
remuer.
2* Après la tonique, il tombe, puis est remplacé par un yotte pour
détruire Thiatus (2) :
Aml(c)a = amia Bu(c)a = buya, lessive Au(c)a = oya, oie
• Rem. — Si, par suite de la juxta-position des deux voyelles, l'accent tonique passe
de la 1" à la 2*, la production du yotte patois n*a pas lieu :
Garruca = charua Ruga = rua, rue (3) Verruca = varoa
129. C vélaire, avant ou après la. tonique, et devant 0, U, tombe :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Se(c)uriim = sûr Ne(r)-unum = niun Sau(c)ona = Sôna (4).
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Jo(c)uni = juè Fo(c)um = fué
(1) Nous disons quelle que soit la voyelle qui précède, parce qu'il n'en est pas de
même en français, où c«, précédé de o, u, laisse simplement échapper c(/ofarc = /oer,
jocare =: jouer, carruca = charrue)^ sauf lorsque c est suivi du suffixe arium {foca-
rium = foyer, nucarium z= 7ioyer),
(2) Il peut paraître puéril de vouloir distinguer entre le cas où c se change eu yotle,
et celui où il tombe pour être plus tard remplacé par un yotte de formation romane,
carie résultat est le même. Mais nous avons déjà fait remarquer (n» 54, 2', rem. 2;
que la persistance de a post-ton. dans le second cas, au lieu de son remplacement par i,
parait être un indice de cette formation.
(3) Dans ruga il s'agit de g et non de c, mais ces deux formes de la gutturale se
comportent de même, et leur réunion évite des divisions qu'on pousserait à l'infini.
(4) Avant de tomber, c était passé à g. Nec tinum = neguns (V, p. 44. 1. 20);
secundum = segont (Id., 69 1. Vh\ Saucona =. Saogona ; mais on trouve à la posi-
ton, looum = lues, lua (V, 40, l. 14, 16), focum = fua (Ibid., 51, 1. 25).
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LXXVIII PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDTALES ISOLÉES
130. C palatal (= k dans ke, ki) = S douce (= Z) :
Licere = leizi, loisir Placere = plais! Vicinum = vaizin
Rem, 1. — Cette transformation ne s*est pas accomplie sans affecter parfois les
voyelles qui précèdent ou qui suivent (v. 23, etc.).
2. — Lorsque G palatal est suivi de e ou i en hiatus, il se transforme en S dure
(=SS):
Ericionem = urisson Glacia = liassi Limacia = lumassi
131. QW (= Qit des classiques). — Q tombe :
Se(q)were = sioure Se(q)wit = a siou(t;
Rem. — Encore bien que cet exemple soit unique, il me parait caractériser la for-
mation. iEquare = aigô, ajuster, arranger, est provençal. Aqwa = aigui est d'orig.
provenç., si d'ailleurs il ne faut pas lire acqua, forme dont il y a au moins un exemple;
disliqware = délingué, décliner, est d'origine méridionale (1).
182. G vélaire (= g dans ga, go, gu), avant ou après la tonique et
devant A est tombé, puis un yotte a été inséré (2) :
Ligare = leyî Rigarium = rayî, sillon Plaga = plaie
Rem. 1. — Dans ru(g)a = rua, rue, G vélaire est tombé, non parce qu'il était
précédé de u, car buga n'a pas fait bua, mais buya, mais parce que l'accent s'est porté
sur la 2* voyelle.
2. — G vélaire persiste dans quelques mots empruntés au provençal, comme biga =
biga, mât. Dans paganum = pacan, rustre, g est même remonté à c.
138. G vélaire, avant ou après la tonique et devant 0, U, tombe :
La(g)ona = lôna, lagune Tiigusta = liuta, sauterelle
Sao(g)onna = Sôna, Saône (8; Tri(g)untium = Trion, nom de lieu (4)
Te(g)ula =tioula, tuile
(1) En vieux lyonn. on trouve m seqmentem. t=: ensegont (X, p. 21, 1. 12^; e7i
seouant (XVI, p. 23, 1. 18); enseguenl (XIV, p. 398,1. 0), qui est le parlic. de syegre
(XX, p. 464, 1. 30), d'orig. prov. et qui existe encore sous la forme sègre
(2) De même* en vieux lyonn. Legalem = leal (XXII, art. i8) à côlé de leial (XXII,
art. 85); regalimen = ?'ei/a/mo (XXII, Conte7ition,^x'i, I).
(3) De même en vx lyonn. Saogon^ia ■=. Satifia.
(4) Triguntium,SLpp\\qnè à l'endroit, existe dans un texte de 932 signalé par M. Guigue.
L'étymologie a été contestée, mais elle ne fait pas doute, comme en témoigne l'ancienne
forme Trions (XIV, p. 101. 1. 38; p. 184. 1. 18: p. 398. 1. 0; p. 899, 1. i), seule usitée).
On objecte que Triguntium aurait dû donner Trioncyo, et on cite à l'appui quinque
untias = quinconce. Il n'y a pas parité. Dans once^ e est le représentant de a tonique,
qui doit persister. Triguntium, au contraire, donne Trions, comme Pentium
a donné [SaintyPnns (voy. 56, 2*). On assigne en place à Trion l'étymologie
trivium, qui est iainossible, v ne pouvant tomber ici, et trivium ayant d'ailleurs
donné treyvo.
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PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES LXXIX
134. G palatal (= gue, gui), avant ou après la tonique tombe :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Ma(g)istruni = maitro Be(g)ina = reina Tri(g)inti s trinta
EXEMPLES APRES LA TONIQUE
Ma(g))idem = maie, table de pressoir Tii(g)arim = Leiii, Loire
Rem, — G devant l'hiatus e, t, plus voyelle = J :
Horologiuni := relojo
135. T tombe soit avant, soit après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Cri(t)are = criô Re(t)orta = riôta, branche flexible
Ro(t)undum = ron Po(i)ere = pouére Sa(i)ullum = soû
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Gornu(t)a = cornua, espèce de benne
Rem, — Entre A et A, E et A, T est remplacé par un yotte pour rompre rhiatus
(comp. 54, rem. 1) :
Fa(t)a = fèya, fée Me(l)a = mèya, meule de blé
Fœ(t)a = fèya, brobis Se(t)a = sèya, soie
136. T médial, avant ou après la tonique = D dans un certain nombre
de mots, qui ont subi des influeftces particulières :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Pietatem = pidi (1) Gatella = cadèla, poulie Mat(u)tinum = demadin
De fr. pitance = pidanci, manger beaucoup de pain avec peu de viande.
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Galata = calada, parvis Dies samati = dissandro
Po(t)ete = pouède(s) Sequite = sioude(s)
Rem. — Dans pielalem, l'hiatus ie a pu servir d'entrave; cadèla est d'origine prov.;
dans mat(u)tinum, la chute delà protonique a forme entrave; calada est d'orig. pr. ;
dans dies samati, sequite, la chute de la l^^ post-ton. a formé entrave. On voit que la
chute de t est bien la règle générale.
(1) Vx lyonn. ptcfte (V, p. 58, 1. 17).
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LXXX PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLEES
137. T médial a persisté dans quelques mots qui ont aussi subi des
influences particulières :
Medietatem = maitia Birota = bariola, brouette
Rem. — Medietatem est dans les conditions de pietatem; bariota a été formé sur
un primitif baro(t). On voit que ces exemples n'altèrent pas la règle générale.
138. T médial devant un E ou un I suivi d'une voyelle :
1' Avant la tonique il = Z :
Puteare = poïzt Acutiare = èguizl Pretiare = prizl
Rem. — Menacl a été formé sur minatia.
2" Après la tonique il = S dure :
Gratias = grôce(s) Petia = pici
Minatia = menaci Platea = placi (1)
Exception : Minutia = menuze(8), menues parties du porc.
139. D médial, avant et après la tonique, tombe (2) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Misfi(d)are = mefi6 No(d)are = nuô Tci(d)entem =trian(t), outil
Obe(d)ire = obayt Die(d)omenica = diumaini (3) Me(d)ulla = mi61a
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ga(d)ere =s cheire Po(d)ia = poya, montée Cre(d)o =: je crèyo
Rem, — D médial, avant ou après la tonique, a persisté dans un certain nombre de
mots, dont la plupart sont importés ou dérivés :
Ad-badare = abad6, ouvrir De ad-satum = s'assad6, se désaltérer
Re-dimare = redimô, diminuer De radere = radouôri, instrument
Claudum = Liaudo Videte = yéde(s)
139 bis. V D avant la tonique et devant E, I, plus voyelle = J :
Âssediare = assigt, placer le linge dans le cuvier
(1) Cette loi est aujourd'hui plus que contestée. Cia, ttta seuls deviendraient 5^6 ; tia
deviendrait ze, lyonn. si; et minutia = menuise, pretiat = priset donneraient la
règle. M. G. Paris explique pièce psiv pecia, masse p^r mattea;}A, Suchier explique
place par plattea sous infl. de pîattus ; M. Mussaûa explique menace par minacia^ et
considère grâce comme savant.
(2) Au XIII» s. vadit = vait (III, art. 16 et 41).
(3) Vx lyonn. diomeini(\, p. 2i, 1. 1).
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PHONétrQtJÊ, CONJiJblfïNES MÉDIALteS ISOLÉES LXKXI
2* Après la tonique il = Z :
S^dfum s= sèzo, sozo» cu?ier
Rem» — Cepîiidant G)chard donne lu forme sujo.
140. P, avanl ou après la tonique, = V ;
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
di'êpâi'e = treià Aplcula = avilhl Nepotein = neroa
' j • . • .
EXEMPLES APRES LA TONIQUE
Sapa = sa va Propago = prova, provin Gupa = cuva
Rem, 1. — P médial a persisté dans quelques mots le plus souvent importés:
De caput = capitô, rencontrer De caput = capochi, gros clou
De caponem = capon, poltron Sinapia ^ sen^pi, grain de moutarde
3. — Il est devenu B dans un petit nombre de mots aussi importés ;
De caput = cabuché, plonger De caput = caboclii, gros clou
3. — Il est tombé dc^ns un certain nombrç de mots, apiès 0» U priiicipalemeq) et non
sans avoir exercé une influence sur la voyelle 0 qu'il fait passer à U H):
Coo(p)0rta = cuerla, couverture ' Goo(p)erculam ^ cu^clio, touvôf'cle
0(p)erire «B uri 0(p)ertum = uer(t) De stu(p)aaaB etuô, faire sécher
Lu(p)a = loua Sa<'p)iebaiTius r= sayan(8) Sa(p)iunt = san(l)
B
141. B médial, avant ou après la tonique = V :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Trepalium = travàr Gaballum = chiviaa IIabere= aval
EXEMPLES APeès LA TONIQUE '
Faba = Côva Proba= prova Cantabam = chanlÔK^
142. Mais dans le voisinage d'un Ù, B médial tombe, soil avant, ôoll
après la tonique : *
Sa(b)ucarium = sayî, sureau Se(b)um = siou
Cu(b)at =z eue Ne(b)ula = niôla
(1) ËQ réalité, il s'agit d'un phénomène de vocalisation, et ayant de se vocaliser, P a
passé à V. D'où OP = OV --: OU = U. ' . • . .
11
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LXXXH PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDTALES ISOLEES
Rem. — B médial a persiste dans habere r= avar; patrimoine; faba = ftiba (à côté
de fava); tubare = tubô, gonfler. Il est tombé dans tabana = tauna, non sans avoir
peut*étre exercé une influence sur le passage de aa à au. Il a régulièrement passé à r,
dans tabanum = tavan.
CONSONNES CONTINUES DENTALES
S douce (=Z). Pas d'exemple;(l). Je ne connais pas de mot latin, avec
2 médial, qui ait donné quelque chose en patois.
143. S dure raédialej avant ou après la tonique =: Z (= S fr-ançaîse
entre deux voyelles) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Pausare = posô Rasare = rasô Gasetum =: Gba/.ay, nom de lieu
EXEMPLES DU SECOND CAS
Rosa =p ransa Causa = chou8a Curiosa ~ quiriousa
" Rem.i, — Z allemand. (qui répond à une articulation (s que nous ne possédons
pas) = Z français dans éliza = alisa, alise, tairdis qu*il est tombé dtins le dérivé alal,
alisier.
2. — s médiale devient J devant e, i en hiatus :
Faseola = fiajôla
3. — S médiale avant la tonique est tombée dans bi(s)accia = biassi, bosace ; fa(s)eola
= fa[v]iola.
C0NS0NNP:S CONTINUES LABIALES
144. !• F, devenue: médiale par préposition d'Un préfixe, persiste :
De foris = defor Traforai-e = trafor6 Hefutare =? r^fubô
2* Dans les autres cas, elle tombe avant la tonique :
Bi(Oaceni = biai(s), intelligence Agri(Oollium =^agrioulo< houx .
Profuudum = prail(d) (2) TrifpUium = trioulo^ trèfle
(1) S médiale en latin était dure, et rosa se prononçait rossa.
(2) Avant de tomber f avait passé à d : prôfunda, profundia =. prevonda, pre-
vundia (V, p. 56, 1. i5, et 69, 1. 24).
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PHONBTIQUB, CONSONNES MEDIALBS ISOLÉES LJlJCXm
3" F médiale, avant et après la tonique, == quelquefois V : : : *
Refundere rs rerondre (1), enfonir ■ AgrifoUium &$ agrevoti
Sanctum SteDhanum = SanteliéTO
145. !• V médial persiste le plus souvent avant et après la tonique :
Leyare = lev6 Avena = aTëna Pavonem = pavon
2* Dans le voisinage de 0, U, il tombe :
Pa(v)orem = pou Cla(v)um = cliou Ju(v)eDem = juéno
3' Il peut même arriver qu'il tombe entre d'autres voyelles :
Ri(v)ale = rian, ruisseau
UQUIDES
146. 1* R persiste généralenient avant et après la tonique ;
EXEMPLES AVANT. LA. TONIQUE
Kricionem = urisson Scunolum = acuéroa Opeiire = uri
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Aura =s ora Avarum = avaro Materia = mayiri, chêne étronclié
2* R médiale, avant ou après la tonique, devient quelquefois L :
De gyrare = gilèta, giroueUe Cara = cala, mine
3*» Il arrive même que R médiale devient Z :
Pr. cirampa = cezampa, bise violente
147. 1" L médiale persiste le plus souvent avant et après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Galare s calô, glisser Admolare = amolô, aiguiser Golacula = coldgni
EXEMPLES APRES LA TONIQUE
Bila = bila Pila = pila, colonne Folia = folia
2* L médiale se change quelquefois en R :
Ad-bajulare = abari, élever des petits oiseaux
De solem = se sorèlhl, se chauffer au soleil De curlile = courterola, courtillière
(1) Nous avons dit à 144 que, dans les composés par voie de préfixe, Vf initiale du
simple persiste; pourtant elle est quelquefois traitée comme médiale. Gela se rencontre
aussi dans le français.
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LXKXIV PHQNBTIQUB^ CONSON'NES MRDIALBS 1S0LBB8
3" L médi^le se change quelquefois en N :
Oalare = canô, glisser (sens actif) Melancholia = malincognie, état maladif
Umbuliculum = amboun!, nombril
4® L médiale post-tonique tombe quelquefois (1) :
Mespilum = népio Mola = moya, tourbillon d'eau .
Rem, — L médiale insère parfois une R ehtre elle et la voyelle qui la précède :
Buccalem = boucharla, barbuquet Boscalem := pocherlai fauvette
NASALES
148. N, avant et après la tonique persiste :
EXEMPLES AVAKT LA TONIQUE
Anilia = anilhi, béquiUe Sonare = sonô, appeler Ganioum = chanla,
[désagt-éâble
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Tina &= tlna Avena = avena Rana s rana, salamandre
Rem, 1. — N = R dans venenum =i vérin, maladie contagieuse.
2. — N s'est mouillée dans tous les dérives de canem (probablem par Tit. cagna,
cbienne) : cagni, paresse; cagui, rabrouer; cagnar(d), coin au soleil.
3. — N se mouille toujours quand elle est suivie de ea, ta :
Campaneas = champagne(s)j pâturages Castanea = chotagni Iranea = iragne
4. — Nous avons déjà expliqué, page Lxir, que dans toute la région de Morn.,
River., R.-de-G., Yzer., N se mouille devant I. Ainsi tarminô, terminer, à côté de
tarmigni ; degrenô, dëgrainer, à côté de gragnt, grenier, etc.
149. M, avant et après la tonique, persiste :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Amicum = ami Cremare = crimô Ramaticare = ramagf , faire du boucan
EXEMPLES DU SECOND CAS
Poma = ponma, pomme Rama s rama, branchage pour les pois
(1) Je suis obligé de laisser subsister ce paragraphe, parce que le Dictionnaire y
renvoie, mais depuis qu'il a èié écrit, j*en ai reconnu Tinexactitude. Népio n'est pas
mespilum, mais mespum ; et moya n'est pas mola, mais mo(t)a, substant. verb de
motare. De même en vieux lyonn. / médiale ne tombe jamais.
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PHONBTIQUB, CONSONNES MEDIALRS DOUBLES LXXXV
CONSONNES DOUBLES
En latin elles sont médiales.
Ces médiales en latin restent médiales en patois ou deviennent finales.
Nous allons examiner les deux cas.
CONSONNES DOUBLES, MÉDIALES EN LATIN, FINALES
EN PATOIS
Je ne connais d'exemple que pour CC, SS, RR, LL.
150. CC tombe :
Be(cc(um) = bè Sa(cc(um) = sa
151. SS se réduit à S dans Torthographe des patoisants et tombe dans
la prononciation :
Pas(8um) = pô(s) Bas(sum) = bô(s) Clas(8icuin) = clia(8), glas
Rem, — Celle S = R dans clas(sicum) = cliôr; et 'à Villefr. dans os(sum) = our.
152. RR se réduit à R et se prononce :
Fer(rum) = fàr Car(rus) = chôr
153. LL se réduit à L, et se vocalise après A, 0, U ;
Gabal(lum) =: chiviau Fol(lum) s= fou Salul(lum) = soû
Rem, — LL réduit à L, au lieu de se vocaliser, est devenue R dans col(lani)
= cor.
CONSONNES DOUBLES, MÉDIALES EN LATIN, MÉDIALES
EN PATOIS
EXPLOSIVE^
J64. CC =^ CH devant A :
Vacca = vachi Bocca = bochi Sacca = sachi, grand sac
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LXXXVI PHONETIQUE, CONSONNES MBDULES POUBLBS
J55. TT se réduisent à T dans la prononciation, mais elles ont pour
caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Gatta = chàta Clavitta = cliavéla-, vrille Plalta = plàta, bateau à laver
Rem, — TT = quelquefois SS par quelque fait obscur de morphologie :
De battre = battacula et bassacula, culbute Butta = botta et bossi, sorte
[de tonneau
De gamba = chambolta (1) et chambossi, limon de charrue
Dans ces ex. bassacula pourrait être influence par bas et bossi pourrait venir de
ail. busse. Mais je ne vois pas d'explication pour chambossi. En tous cas, l'origine
première est évidemment commune (2).
156. PP persiste :
Vha. krippea = crépi, crpclie
CONTINUES -
157. SS persistent, en allongeant la voyelle qui précède, lorsqu'elle
est tonique :
De passum = je pôsso Bassa s bôssi Tassa = tôssi
Bessenacum =:Bessenay
Rem. 1. — De môme que CH est devenu quelquefois SS, de môme SS est devenu GH
dans vpr. cabussar = cabuché, plonger.
2, — SS a pass^ à la douce dans de paresse s: s'apralsi, faire le paresseux.
LIQUIDES
168. RR se réduisent à R dans la prononciation ;
f ■ t ' .....
Marra = mara, pioche Serra = sera, scie Ferratarius =: fèratî, quincailler
Rem. — RR post-ton. intercale parfois un D :
Currere = codre Fer(e)re = tierdre, frapper
159. LL se réduisent à L dans la prononciation :
Folla s= fôla Caballa = cavala Gallina == jalèna
Rem. — LL persistent en se prononçant mouillées devant yotte :
MoUiare = molhî, pleuvoir
(1) Chamhotta répond au français jamhetle.
(2) Comparez nlddam = Tattique TrÀarrw; tocto-w = Tattique Tarrw,
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PHONÉTIQUR, CONSONNES MKDIALES GROUPÉES PAR DEUX LXXXVII
NASALES
160. NN se réduisent à N dans la prononciation, mais elles ont pour
caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Canna = càna, roseau Personna=3 parsôna ,
Rem. — NN n*a pas rendu bref (au conlraire) A dans Johann a = Jôna, mais cela
tient au contact de O initial : Jo(h)anna.
CONSONNES MÉDIALÈS GROUPÉES PAR DEUX
161. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
La loi générale, soit avant, soit après la tonique, est que la première
tombe dans la prononciation et que la seconde persiste, intacte ou
modifiée. Mais lorsque la première est une gutturale, elle se diphtongue
le plus souvent avec la voyelle qui la précède.
Il ne paraît pas, dans la majorité des cas, y avoir de différence dans
le traitement lorsque le groupe est latin ou lorsqu'il est seulement formé
en patois par la chute d*une cofisonne intermédiaire. Mais cette loi souffre
des exceptions.
CT, CD, avant ou après la tonique, changent le plus souvent Ç en
yotte, qui se diphtongue avec la voyelle précédente, et conservent la
dentale (1) :
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN LATIN
Âfiectare sr afeiti, cribler Facla = faita De coctare = à la.ooili, à la hâte
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN PATOIS
Explic(i)tare = apleitô, atteler Luc(i)dare = aluidi, faire des éclairs
Rem. — Si le groupe CT est de formation romane, il arrive quelquefois que T 8*adoucit
en D :
Plac(i)tare = plaldi De voc(i)tum = vonôdi, vider (*2).
(1) De même en vin. Fadas = faytes (V, p. 40, 1. 21); deleciare = deleitier (Id., 39,
1. 5); frticta = fruyti (VIII, art. 8); coda î= coiti (XXI f, art. 76).
(2) De même en vin. Cogitavit = cuydiet (V, p. 54, 1. 13); ad-placUare = apleydeer
(XX, 463.1.40).
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LX XX VIII PHONliTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAU DEUX
2' CT, avant ou après la tonique = quelquefois CH (sans doute par
métathèse en TCj ; CD devient J :
Pacta = paclii (1,\ marché Ad-spectare = apincbt (2), guetter
Impactare = impacht Coactare = cachl . FI4(i)ca = feigi, foie
3* CT devant E ou I suivi d'une voyelle = SS :
Lectionem = lission Goctionem =: cosson, brûlure par gelée
4" GD avant la tonique. — G devient yotte et se diphtongue;
D persiste. — Après la tonique, D toiribe :
EXEMPLE DU PREMIER CAS
Mag(i)darium =: maidl (3), table de pressoir
EXEMPLE DU SECOND CAS
Mag(i)dem = maye, table de pressoir
5* TC, TG, DC avant ou après la tonique et devant A : la dentale
tombe et la gutturale se change en J ou CH :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Ablat(i)gare = ablagt, ravager Fod(i)care = fougl. labourer
Jud(i]care » jugi Rad(i)ca «= ragi
EXEMPLES DU SECOND CAS
Pred(i)care = pralchl Perl(i)ca = parchi
Rem, — Certain villages de la montagne disent partchi, mais ici i ne représente
pas le T de pertica. Il est simplement le fait d'une prononciation particulière de il
devant I (v. p. lxii).
2. -» Le suffixe aticum a donné ajo, sans qu*on puisse l'expliquer par at(i)cum,
car c devant u = À ou ^. Il faut donc admettre ati(c)um, où tium ne s^est pas com-
porté comme la finale latine tium^ laquelle a donné s dans solatium = sola(s) (voy.
58, 2«) (5). Dans ati(c)um il y a eu consonniflcalion de l't, d'où atjo, ajo. On comprend
d*ailleurs facilement que tium, de formation romane, ne se soit pas comporté comme
le tium originaire du latin. Quoi qu'il en soit,
Villati(c)um = vilajo Missati(c)um =s messajo, domestique
Hibernuli(c)um = vernoge, frais, humide
(1) Au XIV s. pag (XV, p. 9, 1. 12).
(2) Gomp. vpr. expinctar, pr. espinga, môme sens.
(3) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(4) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(5) De même le suffixe arius ne s'est pas comporté comme aritis de varias.
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PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX LXXXIX
6* PT, BT, DT. Il faut distinguer :
a) Si le groupe est latin, P ou B ou D tombe et T persiste :
Gaptivum = chett, chétif Rupta:= rota Sabta= sota, fossé
De crnpta = crùtn, grêlé De redd(i)tum =5 arrentô, louer à bail (1)
b) Le groupe est-il patois? — Alors avant la tonique, P tombe et
T persiste :
Cap(i)tale = chatôr, cheptel Dub(i)tare = dotô Accub(i)tare = côtô, mettre une cale
c) Et après la tonique (toujours dans le groupe patois) P ou B tombe
et T devient D :
Cab(i)tum = côdo Maie bab(i)tum r=rmalado Sap(i)ti8 = 8aide(8)
Rem, 1 . — De même, dans le groupe PD, P tombe et D persiste :
Sap(i)dum sr sado Vap(i)dosum = vadoa, fade
2. — PT = FT dans
Cap(i)tana = cheftaine, sœur directrice aux hospices
De captare = inchaftô, inchafetô, donner un croc en jambe
T BH se comporte comme B médial et comme lui se change en V (2) :
Âbhorrere as aveurl, prendre à répugnance
162. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
!• es (= X des classiques) = ISS, ou devient CH par métatlièse,
devant A (3) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fraxinum = fraissi Coxa = couéssi Texare = tissl
Lixivum = lissiô Vaxellum = vaissian Maxilla = maissèla, dent màchelière
EXEMPLES DU SECOND CAS
Laxare (lascare) = lôchl Taxare (tascare) = tôchî
2^ TZ, PS. — L'explosive tombe, la continue persiste :
De ail. butze = abosô, s'écrouler Capsiculum = chanseï, cercueil
(i) De même en vin. CapUvus sschaitis (V, p. 79, 1. 16); ruptas = rotes (XV, p. 10.
1. 25).
(2) On sait d'ailleurs que H, primitivement gutturale, avait cessé d^exister dans le bas
latin.
(3) Celle métathèse est aujourd'hui discutée. Elle n'est pas admise par M Grœber
et M. Bœhmer. On explique lâcher par laxicare\ tâcher par taxicare. J'ai conservé
le paragraphe primitif parce que le Dictionnaire y renvoie à plusieurs reprises, mais
l'opinion de M. Bœhmer et de M. Grœber me parait très fondée.
12
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XC PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIAXES GROUPÉES PAR DEUX
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC FRICATIVE
163. P, plus yotte en hiatus, avant ou après la tonique, tombe, et
Tyotle devient CH ou J :
Propium = prochi De sapiam = sachl Pipionem =: pinjon
164. EXPLOSIVE GROUPEE AVEC LIQUIDE.
!• CR. — Deux traitements :
a) Si le groupe est latin, il = IGR (I se diphtongue avec la voyelle) :
Acrem = algro Macrum = maigro
b) Si le groupe est roman, C devient I et R persiste :
Trac(e)re = traire Fac(e)re = faire
Duc(e)re = luire Adduc(e)re = aduire (1)
2* CL, GL. — Divers traitements.
a) Avant la tonique :
Si le groupe est latin, il se comporte comme à Tinitiale (v. 107 et 109)
et persiste en insérant un yotte après L :
D*ex-clarare = écliôr In clausum = incliou
Re-glenare = reglianô Reclusum = Recliou, nom de lieu (2)
Si le groupe est roman et précédé de A ou U, il = CL et insère un
yotte :
In-lrag(u)lare = intracliô, enchevêtrer Jug(u)lare = joucli6
Bi8-oc{u)lare = bicliô, loueher
Rem, — Cependant on a ci'amac(u)lare = cramalht, écraser; carbuc(u)lare = car-
bolhl, écraser, où CL s'est comporté comme lorsqu'il est précédé de I.
Si le groupe est précédé de I, il = LH (3) :
Fod:c(u)lare = folhl, fouiller Fraudic(u)lare = froulhl, tricher
(1) C'est par erreur qu'au mot ancrt^ le Dictionnaire renvoie à 164, !•, rem. Voyez
181 2-.
(2) On remarquera que dans tous ces mots CL est simplement précédé d'un préfixe.
(3) Dans la graphie des pièces paloises, cette La été doublée pour indiquer, quoique
imparfaitement, le mouillement.
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PHONBTIQUB, CONSONNES MÉDIALBS GROUPEES PAR DEUX XCI
b) Après la tonique :
Devant A, le groupe CL laisse tomber C et conserve L en la mouil-
lant (2} :
Mac(u)]a =r môlhi, câble Apic(u)la = avilhi Auric(u)la = oiilhl
Vitic(u)la = vilhi, vrille de vigne Peduc(u)la = pedolhi, poux
Rem, ~ On a joaclia, corde du joug, mais on peut Texpliquer, de préférence à
jag(u)la, par un substant. verbal de joucliô.
Devant U, le groupe CL persiste en insérant un yotte :
Demonac(u)lum = demoniôclo Gramac(u)lum = cumaclio, crémaillère (1)
c) La finale tonique LHI s'altère en YL Cette transformation est
récente.
Cramaculare = cramalhi, puis cramayl
Bis-fodiculare = barfolht, puis barfoyi
3* TR, avant et après la tonique, conserve R et laisse tomber T , peu
importe que le groupe soit latin ou patois :
Aratrum = arôro, charrue Ad-retrarium = arl Nutrire = norî
Patrem = pore Vitrum = vèro Excut(e)re = écoure, battre le blé
Rem, — TR= DR dans cinct(tt)ra = vin. cendre, cintre.
4* TL se change en CL et se comporte comme lui ;
Busl(u)lare = bucliô, griller le poil d'un porc Sit(u)la = silhi
Bot(u)lae = bôlhe(s), puis bôye(s)
5* DR, DL. — DR, après la tonique, laisse tomber la dentale et con-
serve la liquide; DL devient DR :
Gred(e)ro = crére Quadrum = quôro, angle Amygd(a)]a =• amandra
Rem, — DR = TR dans chatrilhon = chadrilhon, chardonneret, de carduum.
6* PR, avant et après la tonique. P se vocalise (après avoir passé
par V) (2) ; R persiste :
Apricum = ouri, abri Goop(e)rire = curî Junep(e)rarium = janurl
Lep(o)ra = liura Op(e)ra = oura Wip(e)ra = jurio, givre
T PL, avant et après la tonique = BL :
în-cop(u)lare = incoblô, entraver Duplum = droblo Stup(u)la = étroblo
(1) De môme en vieux lyonn. saeculum = seglo (V, p. 39, 1. 10, et VI, p. 419. 1. 7).
(2) La vocalisation de lu labiale est moderne. Ainsi, en vieux lyonn. cuprum =
covro (II, p. 6, 1. 40), cotivro, cuvro (XXII, art. 28), et au xv« s. coyvre (1458-1466,
Inv. de la C); opéra = ovra (XV, p. 1.3, 1. 1)'. Pourtant M. Vachez donne la forme
oura (XVI, p. 23, 1. 15, et p. 31, 1. 11 et 15^, mais ce n'est peut-être qu'une lecture dif-
férente lie ovra.
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XCn PHONÉTIQUE, CONSONNES MliDlÂLBS GROUPEES PAR DEUX
8* BR. — B se vocalise, R persiste (1) :
Labra = loura Ad-bib(e)rare = abeurô Februarium = furl
Rem, 1. — Abeurô s'est réduit à aberô.
2. — BR = quelquefois BL :
Gribrum = cœuble, crible
3. — PR, BR après 1 se changent souvent en VR :
Ebriaca = ivraya, ivresse Librum =s livro
9* BL. — Deux traitements :
a) Il persiste avant et après la tonique :
Sib{i)lare = sublô Neb(u)la = gnibla Tab(u)la = Irôbla
b) Quelquefois BL vocalise B, et L persiste :
Neb(u)la = niôla Gatab(u)]um s cadaala, cabane
Tab(u)lata = taulô, réunion de personnes
Rem., — BL = PR dans aU. sab(e)l = sôpro, sabre.
165. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE.
!• CN, GN. — Deux traitements.
a) Si le groupe est latin, il persiste :
Agnella = gnèla, jeune brebis
b) Si lé groupe est patois, la gutturale se transforme en yotte et se
diphtongue avec la voyelle précédente, N persiste :
Fag(i)na = faina, fouine
2° DN, BN laissent tomber Texplosive, la nasale persiste :
Rbod(a)nun[i = Rôno Incud(i)nem = incliôuo
166. CONTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1* se. — Deux trailenienls.
a) S'il n*y a pas métathèse, S tombe, C se comporte comme initiale
fvoy. 84, 87, 88) :
Mu(s)ca = mocbi Au(s)cultare = acolô Ne(s)cia = niéci, soUe
(1) En vxlyonn. Fabrem =• Fauvro (III, art. 1 et U).
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PHONETIQUE, CONSONNKS MEDIALES GROUPÉES PAR DEUX XCUI
h) SHl y a raétathèse, il = ISS:
Rusca = (rucsa) = brissa, ruche Besca (becsa). = bèssa, bèchc
Ascitta (acsilta) = aisséla, herminette
2* ST, SP, avant ou après la tonique, laissent tomber S. La seconde
consonne se comporte comme initiale (voy. 93 et 95) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Gaslanea = chôtagne Haustare = outô
Hastellarium = ôtelî Raspare = rôpô
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ligusta = liuta, sauterelle Tesia = téta
Grista = créta, crête Mespum = nêpio, nèûe
Rem. 1. — ST suivi de l'hiatus ea, ia = SS :
Brustia = Les Brosses, nom de lieu
2. — ST a persisté dans les mots suivants :
Fastarius = fusti (1) Grustarium = crustl, croate de pain
PasUnaca = paslonade (2)
CONTINUE GROUPÉE AVEC CONTINUE
Pas d'exemple.
167. CONTINUE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
!• SL intercale T, puis change T en C, et enfin S tombe et CL se
mouille :
Ass(u)la = astla = ôclia, frngment de bois
2" FR persiste :
Nor. nafr = niafra, blessure
Rem, — FL post-ton. se réduit parfois à F.
De conflare = à regonfo, en surabondance
3* VL, VR vocalisent V, la liquide persiste :
Av{e)llanea = aulagni Revlv(e)re = revioulo, regain Vivfe^re =s viure
(1) Toutefois celte forme tend à être remplacée par futt
(2) Je crois ce mot d'origine provençale.
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XCIV PHONÉTIQUE, CONSONNliS MEDIA LES GROUPÉES PAR DEUX
168. CONTINUE GROUPÉE AVEC NASALE.
SN, SM laissent tomber S et la nasale persiste :
As(i)num = ôno (1) EIeemos(i)na = armona Gas(i)nutn = chôno
Rem, — Cependant, c'est quelquefois au contraire la sifflante qui persiste seule.
Ga8(i)nuni = chôssi, chêne
De même pour sifflante et liquide .
Gos(u)lum = cosse, consul
169. FRICATIVE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
JL. ~ J tombe non sans faire sentir son action sur la voyelle qui suit
le groupe) et L devient R :
Adbaj(u)lare = abarl, élever des petits oiseaux
170. LIQUIDE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1* RC, RG, RT. — R persiste, la seconde consonne se comporte
comme initiale (v. n" 84 et suivants) :
Mercatum'= marchî Gircare = charchî Arca = ôrchi, coffre
Demargas niargagni,boue tirante Cnrlile = curlf, jardin
Rem. — Dans retorta =» riôta, r est tombée par dissimilation.
2* a) LC devant A. — L se vocalise et C se comporte comme initiale :
Galcare = chouchl Balcha = bauchi, fane Vha. walkan= gouchl, fouler
Rem, — Cependant quelquefois L se change en R :
Cal cari a = charchiri, tannerie Fi li cari a = fergiri, fregiri
b) LC devant E, I. — L se vocalise et C devient Z ou J :
Sal(i)cem = sauzi Pul(i)cem =: puzi Pull(i)cem = pouzio
Fil(i)cem = fugi ^
c) LC devant E, I en hiatus. — L se vocalise, C devient SS :
Galceare = choussî Galcearia = chaussii;i, tannerie
d) LC devant O, U. - L devient R, C persiste :
Galculare = carculô, calculer De mal(e)cor = Se marcourô, se tourmenter
(1) Cette S était déjà tombée au xm« s. Ashiata = ana (II, 7, passim).
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PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPÉES PAR DEUX XCV
3' LG devant A. — L tombe, G devient J :
Bulga ^ bogi, sac
4" LT, LP, LB. — L se change en R et Texplosive persiste :
Alteratum = arterô, qui a soif Raccolta = recorta, récolte
Palpa s porpa, Tiande charnue Albespioum = arbepin
171. LIQUIDE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
1' RS, RV persistent :
Dorsa = dorsi, cosse De servare = serra, boutasse
2* LS, LF, LV, précédés de A. — L se change en R et la continue
persiste :
Salsiacum = Sarcey, nom de lieu Cal(e)fare = charfô, chauffer
SelYat(i)cum = sarvajo, sauvage Malva = morve (1).
3"" Quand le groupe est précédé de 0, L se vocalise et la continue
persiste :
Pulsare = boiissô (en parlant des plantes)
172. LIQUIDE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
!• RL persiste :
Or(u)lae = orle(s), tumeurs sous les oreilles Al. kaemmerling = chamberlan
2* LR. — L tombe; R persiste; D est intercalé :
Mol(e)re = modre
173. LIQUIDE GROUPÉE AVEC NASALE.
!• RN, RM persistent :
Garniacum sa Charnay Ornum = orno, frêne Er(e)maria = armiri, lieu inculte
2* LN. — L se vocalise ; R persiste :
Mol(i)naria = mouneirî, meule
Rem. — Cependant N a passé à L dans le suff. erna. On a piquerla, chassie, et
picarloa(s), à côté de piquerna, picarnou(s) (2).
(1) Ce phénomène est ancien. On trouve selvaticina =: ser^asina; selvaticas =
servages (XXI F, art. 49, 50 et 51).
(2) Comparez l'inverse dans le fr. posterne^ de posterula.
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XCVI PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES GROUPÉES PAR DEUX
3" LM. — L devient R et M persiste :
Âlmosna = armôna, aumône Balma =: bôrma, coteau
Palma = parma Pulmonem = pormon (1)
174. NASALE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1* NC, NG. — N tombe dans la prononciation, mais persiste dans la
graphie en nasalisant la voyelle précédente; G se comporte comme
initiale :
Conca = conchi, bassin Tranca = ironchi, chêne élêté Man(i)cum = mango
Die domen(i)ca=rdimingi Lingua = linga Gengiva = gingiva
2** NT, MT. — La nasale tombe dans la prononciation, mais persiste
dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède. Quant à T, son
sort est différent, suivant que le groupe est latin ou patois.
a) Dans le premier cas, il persiste :
Cantare, chantô Manille = manti Cantellum = chantiau, morceau de pain
Rem. — Cependant lintem = linde, œufs de poux.
l) Si le groupe est patois, T devient D :
San(i)tatem = sandô {2) Dom(i)tare = dondô Lim(i)tale = elindaa (3), seuil
Rem. — Dans die sam(a)ti = dissandro, la transformation régulière s'est accom-
plie^ mais de plus R a étë intercalé après le D.
c) Devant E, I en hiatus, T devient SS :
Linteolum = linssion Sementia = seminsi
3* ND persiste :
Mandare = mindô Vendimus = Yindon(s)
175. NASALE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
NS laisse tomber N; S = Z (4) :
Desce(n)sa = decizi, descente au ûl de Teau Pe(n)sare = peso
(1) Au xiv« s. saîmonem = sarmon (VII bis, p. 230, art. 16) ; paîmas = parmes
(V, p. 52, 1. 6 et 10); Balma = Barma (XIII, art. 23).
(2) De même en vieux lyonn. sanitatem = sanda (V, p. 56, 1. 18).
(3) L'étymol. limitale me semble plus vraisemblable que Tétym. limitellum, donnée
au Dictionnaire, à cause de l'analogie avec limitare (voy. élindau au Supplém.).
(4) De môme en vicnx lyonn. Mensiones =. mesiuns (X, p. 17, 1. 10); scx mensus
srjmnise; mor7iantensis = mornanteysa, mesure de grains.
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PHONETIQUE, CONSONNES MBDIALES GROUPEES PA.U DEUX XCVH
176. NASALE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
1* NR. — N tombe dans là prononciation et persiste dans la graphie
en nasalisant la voyelle qui la précède; R persiste et D est intercalé
entre N et R :
DiBhon(o)rare = desondrô, défigurer Gin(e)rem = cindre Appon(ô)re = appondre
2* MR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie
en nasalisant la voyelle précédente; R persiste, et B est intercalé entre
M et R (1) :
Am(6)ria = ambro, osier Camm(a)rum = chambro Gam(e)ra = chombra
3* ML. — à) Avant la tonique, M tombe dans la prononciation et
persiste dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède; L per-
siste et B est intercalé entre M et L :
Ad-8im(u)lare = assimblô Trem(u)lare = trimblô
b) Après la tonique, M se comporte de môme, mais L tombe :
lD-sim(u)l =s îDsian (2)
177. NASALE GROUPÉE AVEC NASALE.
r MN. -- M tombe; N persiste (3) :
Sem(i)nare = senô Intam(i)nare =r intanô Fem(i)na = fëna
2* NR = RM dans Tunique exemple que je connaisse :
An(i)ina = arma (vieilli) (4)
Bem. — NR a inséré D dans die Ven(e)ris = divindro, mais on trouve en vx lyonn.
la forme venredi (lxxiv, p. 4, 1. 1, et passim).
(1) Ce traitement existe déjà en vieux lyonn. Caméra = chanbra (V, p. 7G, 1. 21);
numeraios s= nonbras (IV, p. 407, 1. 38). L'emploi de n dans ces exemples montre
qu'à la fin da xni* siècle, la nasalisation était déjà accomplie.
(2) Lé vieux lyonn. a in-simul = ensemblo (XIII, art. 5). C'est peut-être un emprunt
au français.
(3) En vieux lyonn. domina =i dona (X, p. 17, 1. 7).
(4) Anma est d'abord devenu aima, puis arma (Voy. 173 3").
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I
XCVni PHONliTIQUB, CONSONNES MKDTALBS GROUPÉES PAR TROIS
CONSONNES MÉDIÀLES
GROUPÉES PAR TROIS
La tendance générale est celle-ci : la troisième est beaucoup plus
résistante que les deux autres, et la première est plus résistante que la
deuxième. Quand la première ou la dernière est une gutturale^ elle tend
à affecter les voyelles précédentes ou suivantes.
178. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE EXPLOSIVE,
r CTL T tombe; G tombe en mouillant L :
Diict(i)Ie = dolhi, douille
2* CTN. — G tombe, non sans affecter la voyelle précédente ; T tombe ;
N persiste devant A, 0, U et se mouille devant E, I :
Pect(i)naro = pinô Pecl(i)nem = pîgno
3« GDL. — G tombe (1),; D persiste; L devient R :
Âmygd(a)lum = amandra *
4'' GNT. — G se diphtongue avec la voyelle précédente; N la nasalise,
T devient D :
Accogn(i)tare = accoindô, caresser
5* PTM, PSM. — Les deux premières consonnes tombent; la troi-
sième persiste :
Sept(i)mana = semana Metip8(i)mus = mémo
6* BRG devant A post-tonique. — B tombe (2), R persiste, G se
change en J :
In-fabr(ijcas = infôrge(s), entrayes
(1) Il n'y a pas de doute que G ne se diphtonguàt avec la Yoyelle précédente si l'on
avait des exemples où G se trouTàt après A, £, G.
(2) C'est à tort que, au Dictionnaire, au mot Infôrge(s) j'ai dit que B se vocalisait. La
marche n'est pas infaurge(s) inforges, mais inf&rge(s) inf6rge(s), comme eii témoigne
en lyonnais la rue des Farges, et le prov. farga.
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PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES GROUPÉES PAR TROIS XClX
179. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE CONTINUE.
!• SCR, STR = TR (1) :
Gre8c(e)re = creitre Nasc(e)re = naître
Fenestra =fenélra Monstrare = montrô
2* SCL, STL = CL et insère un yotte après L (2) ;
Mi8c(a)lata = meiclia, mélange pour les bestiaux Ras(i)culare = rôcliô
Masc(u)lum = môclio, colique néphrétique Bust(u)lare = bucliô, griller le poil
Rem. — Bis (o)c(u)lum = biclo n'a pas inséré d'yotte, parce que ce mot est pur lyon-
nais de ville, emprunté au français.
3* SQW devant U = K :
Qwisqwe unus = chôcun
4* STC, STG, STM laissent d'abord tomber T, puis S, dont la chute
allonge la voyelle précédente; la dernière consonne se comporte
comme initiale :
Mas((i)car6 = mdchi Fast(i)gare = fôchl D'est(i)mare = émo, intelligence
5* STR laisse tomber S ; TR persiste :
Maie astrutum =: môtru, chétif Nostrum = noiitro Pastor = pôtro
Rem. — Pourtant on trouve pôstro à R.-de-G. Gochard le donne également. C'est
sans doute un mot forézien.
180. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE LIQUIDE.
r RCR, RTR, RDR, RDN, RPR, RBR. — La première consonne
tombe, les autres persistent ;
Die Merc(u)ri8 = dimëcro Sort(e)re = sôire Perd(e)re = padre
Mord(e)re = modre Ord(i)nem = odro Surprensum = supré Arb(o)r = ôbre
2" RCL persiste mais il insère un yotte après CL :
Oooperc(u)lum — . cuerclio, couvercle
3* RTC. — T tombe, R persiste; C se comporte comme initiale :
Pert(i)ca = parchi, perche Gort(ijcem = corci, écorce
(1) Inutile de dire que dans SGR, G ne devient point T, mais qne c'est celui-ci qui est
intercalé après la chute de G.
(8) Getie insertion de yotte est récente. Eu vieux lyonn. masculum = maclo
(XVII bis, p. 230, art. 17). Au xvn« s. on a encore reclamo = rasclamo (XXXI, l'« part.,
y ers 4d) ras iciiiatum = racla (Id. id. v. 106).
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C PHONETIQUIS, CONSONNES MEDIÂLES GBOUPBBS PAR TROIS
4" RDL. — D tombe, les autres persistent :
Gucurd(u)la = corla, citrouille (1)
5* RMR. — Les deux premières consonnes tombent. R final persiste
avec Hntercalation d'un B au-devant :
Marm(o)r = môbre (9), marbre
6^ LGR. — La première consonne tombe; les deux autres persistent;
Baig(a)ruin = bogre Mal(e}gralutn t=: magrô, malgré
T LTR. — L se vocalise et TR persiste :
Alt(e)rum = outro, autre
8* LVS. — L se vocalise, V tombe et S persiste sous la forme dure :
Palv(i)8 = poussa (3), poussière
G* LLR. — Même marche que RMR; seulement c'est un D qui est
intercalé :
Bull(ejre = boudre, faire remous
Rem. — Avant d'être boudro, bull(e)re a été boaldre, comme l'indique le vx fr.
hoiildure, fosse de moulin.
181. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE NASALE.
V NCT. — N tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie,
en nasalisant la voyelle précédente; C devient yotte après 0, U; T per-
siste :
linpincta = empinle, sorte de gouvornail Ad-punctare = appoint!, faire une pointe
2* NCR. — N tombe dans la prononciation, en nasalisant la voyelle
précédente; CR persistent. NGR se comporte de même, sauf qu'il
offre un exemple dQ la remonte de G à C :
Anch(o)rare = incrô, graver D'ang(e)re = ancrio, angoisse
Rem. — Dans les verbes de la 8« conjugaison, G se diphtongue avec la voyelle
précédente, et NR insère un D ;
Jang(e)re := juindre Ung(e;re ^ ulndre
(1) Voir au Supplément la rectification au mot corla.
(2) Le groupe se comporte comme MR, (v. 176, ^).
(3) Voir la rectification au Diclionnaire, au mot poussa, qui vient plus probablement
de pulverem.
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PHONÉTIQUE, ADDITION Dfi LETTRF.S CI
3" NDC. — N tombe dans la prononci.ition el persiste d «s la graphie
en nasalisant la voyelle précédente ; D tombe ; G devient CH ou J :
Vind(iK5are = vingî Mand(u)care - mingi Expand(i)care = pânchi, laisser
[répandre
Rem, - NDR est conservé dana prend(e)re = prindre, mais en vin. on a •penre
(XXV, p. 16, 1. 17 et 22.)
4» NST. — N et S tombent ; T persiste :
De cons(u)turata = coteria, aîguUlée de fil (1).
5* NFL. — N tombe ; FL persiste.
Conflare = coflô, gonfler
6" MPN. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra-
phie, en nasalisant la voyelle précédente ; P passe à B, et N est rem-
placé par R :
De tymp(a)num ^ timbrô, craquer.
?• NBR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra-
phie en nasalisant la voyelle précédente ; BR persiste :
Novembrem = novlmbro Membrum = mimbro Umbra = ombra
ADDITION DE LETTRES
PROSTHÉSE OU ADDITION AU COMMENCEMENT D'UN MOT
182. PROSTHÉSE DES VOYELLES
!• E est préposé aux groupes initiaux ST, SP fv. 112).
2** A est préposé à GL dans
Glandem =[a]lhan
3' E est préposé à E devant S :
Sementes = [è]ssemin(s), scMnences
4* Yotte est préposé a 0, U dans
(Ad) horam = [y]ore Unum = [Y]on
(1) On a eu probablement co(n)3uturata (175), cos(u)turata(52}, co(s)tura (166 2").
mais le résultat est le même.
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cil PHONETIQUE, ADDITION DiE LETTRES
188. PROSTHËSE DES CONSONNES
r G est préposé à R dans
Ranucula = [g]ranolhi De racemare = [g]raisemô(ô, grapiller
In-rubigulatum = en'[g]roitlht, engourdi de froid
2'* CH est préposé à U dans
Ulularess [ch>urlô, hurler (1)
3* J est préposé à 0, U en diphtongue patoise dans
Hodie = [j]uey Unctuui = [j]uin(l)r graisse
4* B est préposé à A dans
Du germ. harmjan = P)]argnt, gronder, en parlant des chiens
5* B est préposé à U dans
Ululare = [b]eurlô (2), hurler
6"* B est préposé à R dans
Rapire =[b]ravagî. ravager Rumigare = brôgî (3), réfléchir profondément
Rusca = [b]rissa, ruche Ruglre= [b]ruizf, bruire
Rupla (?) = a [b]rôta, fragment pour caler
7* V est préposé à 0, U dans
Hodie = [v]uey Ad horam = [v]qrre,tout de suite Pr. oulam = [vjolan, faucille
184. ÊPENTIlRSE OU INSERTION DANS LE CORPS DU MOT
V de D d;nis le groupe RR v. 158, rem.
» » » LR » 172 2'.
» » « NR » J76 K
)) » » LLR » 180 9\
2^ d« B dans le groupe MR v. 176 2* et 180 5*.
y> « » ML » 176 3*.
(1) Je suppose que cheurlô nous est venu par le français hurler^ et que GH repré-
sente Taspiration de H.
(2) Cette étymologie est douteuse. Beurlô pourrait venir de l'ail, hrflllen, même
sens. Mais le mot n*existant pas dans \es dialectes germaniques primitifs, il peut lui-
même être d'introduction romane.
(3) Voy, hroîjt au «iipplnment du Dictionnaire.
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PHONéTIQUB, ADDITION DE LETTRES CIU
3". de V entre (Jeux voyelles pour adoucir un hiatus :
De abla(t)am = ^bla[Y[ô, nettoyer la racine des ceps.
De co(t)em = co[v]i, étui pour le cot. Fa(s)eola = fa(vliola (l)
4* de Y (yotte) après CL v. 164 2* a et 180 2o.
Rem. — Yotte est très souvent inséré, ou pour parler plus exactement, la consonne
se mouille sans raison apparente dans une foule de cas. Ce mouillement est surtout
fréquent pour les liquides et les nasales.
EXEMPLES DE LIQUIDES MOUILLEES
1 ' - ■ . , .
Gulosum = Golia De palum = parion (2) Pavorosum = pouriou(8)
De revolare = revolion Die lunae = liun D'habile = abilhu
De rotulare ^ rolion Pullanum = polialn De venenum = virion
Rotundum = rion
EXEMPLES DE NASALES MOUILLÉES
Nidum::= gni Ramponeaa :^ rampogniau De plana = plagni ,
Grunnire = grognl Du pat. renô s= regniola De silva=s sarvigna
Sternutare = torgnf
EXEMPLES DE LABIALES MOUILLEES
De bastnm =: embiorse(s) ; De gifan = gôpian De rap c rôpiô
Embiernô pourembrenô
EXEMPLES DE DENTALES MOUILLEES
De fr. remède ss remidië Sarda = siarda (3)
6* Insertion de R.
a) Devant L l'insertion est très fréquente :
bu néerl Bell = ba[rlliâ(t), bélier Buccalém :^ boucha[r]la, barbuquet
Boscalem = boche[r]la, mésange Bitlla=: boa[r[la, tumeur
Ululare = bo[r]lô * Fr. illumination = i[rllumination
b) Après une dentale T, D, toutes les fois que le groupe PL ou BL se
trouve dans la syllabe suivante (93, l'ein. 2 et 3) (4) :
Duplum= d(rloblo Stup(u)la = et(r]oblo Tab(u)la= t(r)ôbla
(1) AMorn. ce i? est même remonté à f : faflola. C'est un phénomène d'assimilation.
(3) On trouvera au Dictionnaire ou au Supplément l'explication des mots patois.
(3) Au XIV* s. on a déjà compiUos = contios : Li contios de allar ahatre Ner»
veu, etc. Computum = contio (V, p. 57, 1. 7).
(4) En vieux lyonn. on a de môme trabla (V, p. 67 1. 14 et 15), trableta (Id., 77, l. 25);
estrablissont (XXI, 469, 1. 8) ; droble (XXV, p. 12, 1. 20, et p. 16, 1. 2b); trfibla (Id., 16,
1. 28). Mais il faut remarquer de plus que la simple présence de r dans une syllabe
amenait volontiers une autre r dans la syllabe adjacente. Ainsi Tempora = irempla
' (IV p. 408, i: ZH); pauperos = povrors (X, 19, 1. 9); ferratos =ferrers {Id. 20, 1. 10);
ad-pressum s= aprers (Id., 231. 9); culcitras z=icuirers (Id. 1, 23, 13); perdicem =
î pèrûn'r* . Jld. 26, 1. 15); capros =r chivrors (Id., 23, 1. 16). Le même phénomène
80 remarque dans VYzopet de Lyon, publié par M. Foerster.
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CIV PHONETIQUE, ADDITION DB LETTRES
c) Quelquefois après ou avant une dentale, sans autre condition.
Dies samaii = dissand[r]o (1) Esp. badana = bardane, punaise
d) Après ou avant une labiale :
Papilionem = pa[r]piyon Fr. babouin = ba[r]boin Fr. bisbille ss b[r]tfsibilbe
De it. inan6v(o)le =nialr]nëfle, mazette Fundare = f[r]landô, biller une voiture
Fr. bouffer = berfô, manger avec avidité.
e) Devant une nasale :
De Costa et conniculum == coutacolr]niIhi, bluet De fœnam = fa[r]né, flétri
f) Devant une gutturale :
Fr. bocbepot = alr]chipo(t) Fr. faguenas = fa[r]ganai
7* I protonique se nasalise très souvent devant une gutturale, et pour
marquer cette nasalisation dans la graphie, une N est insérée après I (2) :
De biga = bingô, se fatiguer au travail Âdspectare = apinchl, guetter
De giga = jingô, agiter les jambes De fr. cliquer = clinquettes, castagnettes
De briga = embringô, embarrasser De rigare as ringue, maladif
Amygdala = amandra Dis-liqware = délinguer, s'affaiblir Pigeon = pinjon
De fr. rigoler, ringolèe, flambée
Rem., i. — A, E, 0, U se nasalisent aussi quelquefois devant une gutturale :
Fr. tracanoir = trancanoir De bmsc = brun, essain De b&cbe = banchia
AgrifoUium =x angrulo, houx De brocca, bronçon,bec d'une cruche De pr. brucar =
[broncô, heurter
Rem. 2. — La gutturale qui précède la voyelle paraît avoir parfois la même
influence ;
De prov. cacb == quinzian, présure Bucataria = buyandiri, lavandière
De gadone = gandonse Galcata = chinchia De condire = quindnri, graisse
Capsiculum = chansëi, cercueil Fr. ca-bouillir, cambouyl, trop bouillir
Rem. 3. — Enfin on trouve quelques exemples de nasalisation devant une dentale
ou une labiale:
EXEMPLES DU PREMIER CAS
De gine(s)tum s= ginintola, petit genêt Reddita = rinta, rente
EXEMPLES DU SECOND CAS
Appellare as rampèl6, murmurer Labrasca = lambrochi, vigne sauvage
Fr. nabot = nambo(t) Vfr. rabast =* ramba(t), embaii-as
Fr. abricot » lUDabrico(t) (3)
(d) Peut^^tre pair analogie avec diviudro.
{2) On trouve de même en vieux lyonnais le vieux fr. obicer « vis à vis », sous la
forme oubincer (VIII, art. 36).
(3) On trouve de même en vieux lyonn. sdbbali dies znsambedi (LXXIV, p. 7i, l. 1
et p. 30,1. 24, etc.).
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PHONÉTIQUE, SOUSTRACTION DE LETTRES CV
SOUSTRACTION DE LETTRES
APHftRÉSE OU SOUSTRACTION AU COMMENCEMENT DU MOT
186. APHÉRÈSE DES SYLLABES
(A)gnella = gnèla (Ac)ucula = alhi, aiguille (A)(nicum = mico, amoureux
(A)7pioç = gnaffon, cerise sauvage (Ec)clesia = Ihise (Yzer.)
(Hi)bernuticum = vernoge, humide (Goc)cinella = cinèla, fruit de Taubépin
(Com)pôre loriot = pi regloriu, loriot (Ho)rologi um = relojo (Con)combro = combro
D'(a)ronda = raudôla Fr.(ar)rôte-bœuf=ratabou (Andreum = Dri
(Alec)sander as Sandro
Rem, 1. — Notons l'aphérèse dans la seconde partie d'un mot composé :
Fr. braies-de-cocu = brayi-cu, primevère jaune
2. — La voyelle est tombée, mais la consonne initiale a été conservée dans les mots
suivants :
C(a)ptivum = ch*ti, chélif Vfr. N(us) aist Diu = naidiu, juron
De fr. b(a)ratte = brôttô, battre le J)eurre D(i)rectum = drè(t)
3.-* On voit que cette chute a lieu surtout dans les mots qui n'ont qu'une syllabe
avant la tonique. S'il y en a deux, la première est protégée par l'accent second. Pourtant
on a ;
P(i)gri tiare = s'apraist, faire le paresseux
186. APHÉRÈSE DES CONSONNES
1** Aphérèse de S dans les groupes initiaux SC, ST, SP, etc. v. 111
et 112 2*.
2' Aphérèse de la gutturale dans les groupes CL, GL, v. 107, rem. 2
et 109.
3* Aphérèse de quelques consonnes :
It. {c)alamandrea = alamandri, germandrée (T)armitem = arta, insecle
De In. (g)rapilht = rapilha(t) pente rapide
Rem. — Dans (l)acryma = agrima, larme (Gondr.), (î)olium = joï, ivraie, il y a eu
confusion avec l'article (illa lacryma, illum loliuni).
La syncope des voyelles à Cintérieuv des mots a été étudiée à propos
de la PROTONIQUR MÉDIALB, n" 76 et suivantSy et la syncope des consonnes
à r occasion de chacune d'elles.
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CVÎ PHOKRTIQUR, TRANSPOSITION DE LETTRIiS
MÉTATHfiSE OU TRANSPOSITION DE LETTRES
187. !• La métathèse la plus commune est celle de R.
a) Elle a lieu de préférence lorsque R est placée après une consonne
et devant une voyelle :
Brenacum = le Bjirnay Primxrium z= parmé Praecipilium = pnrciplcio
Dagann. brashazT barchu, éienté Prana= porni Greno')Ie = Garnoblo
Proposiliim = parpou(s), propos Fr. embrener = ambiernô
b) Mais il y a aussi des exemples lorsque R est placée après une
voyelle et devant une consonne :
Torculam = traey, pressoir Sternulare = etregnl Ad flrmare = afriimô, aflFermpr
Coûta cornUtii(Morn.) = coûta -crentlbi (Yz^r ), bluet Fr. borlue = brela
Vfr. aleinelle =armsUe = ramèla. couteau ôbr*?cbé Dormire = druml
c) Et môme un exemple de métatlièse de R initiale :
Fr. redent = arden(t), pierre d'attente
2* Métathèse de L :
M ithlida = Maltlde Sculpone n = éclo ("?). sabot Vfr. amenulé = améléna (?)
ASSIMILATION
188. Lorsqu'un mot commence par une gutturale, il y a tendance,
soit en lyonnais, soit en dauphinois, à substituer la môme gutturale à
la consonne commençant la deuxième syllabe. Cette tendance est plus
marquée si la voyelle médiale est la môme que la voyelle initiale (1) :
Pr. cartabèu = oarcabeau Pr. cantaridia = dpb. cancaridia, hanneton
Fr. castagneile =s dpb. cascagnèta Pr. outec sdpb coucouè(t), nuque
Fr. grenouillon = gargolioa, tôtard Fr. guenilleriô :== ganguilharl
Fr. croque-au-sel =: gogossel (Lyon) (8) Fr. guimbarde = guingôrda, femme embar-
Vfr. guinterne = cancorna, rabâcbeuse (3) [rassante
Rem, — Une guttm*al3 médiale peut exercer la même influence (4) :
Redingote = reguingotte (ô)
(l) Un exemple de cette assimilation existe dans le (c. chiche, de cic-*rem, et chercher,
de cercare^ au lieu de siche. et sercher.
C2) Signalé par Molard dans son Maiiciis langage corrigé, Lyon, 1803.
(8) V. cancorna au Supplément.
(4) Id. id. — Comp. dans la Taren taise pem/eAowAt^ pour pentecôle.
(5) Signalé par Molard.
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PHONBTIQUB, DISSiMiLATION CVII
DlSSIMILâTION
199. Lorsque, dans un mot de trois syllabes, les deux premières sont
0 en roman, il y a tendance à substituer I au premier 0 :
De Pulleum = polio(0 devenu pilio(t) Rubeola = rojola, devenu rijola, coquelicot
De In. noqua + ola = nochola, devenu nichola, (v. gnocca au Dictionnaire)
INSERTION DE SYLLABE
1»0. Le lyonnais insère quelquefois une syllabe entre le thème et le
suffixe roman, ou entre le préfixe et le thème. Cette syllabe, où se trouve
le plus souvent la voyelle A, a pour but de marquer le caractère péjo-
ratif ou intensif :
Du rad. bouf ^ bouf[a]rè(t), jouflu
De cabossf = ca[ra]bo8sf, bossuer'lrès fortement
Decaborna =: ca[la]borna, très méchante hutte
De fr. sabouler = 8a[ra]boulé. tancer très vertement
De devorô = de[Ia]vorô, dévorer avec rage
De gorgi = gorg[oss]on, i-àle
De tavella = ta[ra]velô, rouer de coups
De linga = ling[ouér]on, pelite mauvaise langue
ÉTUDE DES FLEXIONS
 moins de développements excessifs, il ne serait pas possible do donner les formes
grammaticales des divers villages du Lyonnais. On se bornera â donner celles usitées
à Graponne, qui sont particulièrement curieuses dans les conjugaisons.
ARTICLE
Masc. — Fr. le (l) = 8ing. ss/o, V dev. voy. — Plur. /o, lo -\- 3 dev. voy.
Fém. — » la = sing. la, V dev. voy. — Plur. le, le + s dev. voy. (2),.
(1) Pour plus de clarté, nous mettons la forme correspondante française au lieu de
la forme latine.
^2) Au XIV* s. IV, V et VIII ont : sing. masc. cas-sujet H; cas-rég. lo; fém. cas-
suj. /i\ cas-rég. la. — Au plur. masc. cas-suj. /i, cas rég. los ; fém. cas-suj. et cas-
rég. les. VI et XXV ont lo au sing. masc. cas-suj., et los au plur. VI au féminin plur.
a le (forme actuelle) h côté de les, — Au xvii« s. XXXI emploie indifTéremm. lo et loti^
soit au cas suj. soit au cas vé^., fem. la; plur. masc. lo, fém. le.
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CVIU FLEXIONS, ARTICLE CONTRACTE
ARTICLE CONTRACTE
Masc, — Fr. du = du, de V dev. voy. — Plur. dou, dou + z dey. voy. (1)
Fr. au == ou (2). — Plur. ou, ou ^^ js dey. voy.
Fém» — Fr. de la = de la, de V dev. voy. — Plur. de le, de le -^ s dev. voy.
Fr. à la = d /a, a V dev. voy. — Plur. à le, à le -^ s dev. voy.
ARTICLE PARTITIF
Fr. du = de / plur. de, de + s dev. voy. Ex. De la farine = de farina ; des hommes
= d 3*omo.
ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS
Maso, — Fr. ce = ce, cel dev. voy. (3). — Plur. celo, celo + s dev, voy. - On u
aussi sti, mais seulem. dans certaines locut. : sti an^ cette année.
Fèm, — Fr. celte = s" ta, ceV dev, voy. (4). — Plur. cëlë. cèle + z,
CONTRACTES
Masc. — Fr. de ce = de ce, de cel dev. voy. — Plur. de celo, de celo + z dev. voy.
Fém. — Fr. de ceiie=^de cela, desCdey,yoy, — Plur. de cèle, de cèle + z dev. voy.
PRONOMS DÉMONSTRATIFS
Masc. — Fr. celui ±= celé* Celui-ci = celéqui. Celui-là = celèlé,
ceux = celo, celo + z dev. voy. (5). Ceux-ci = celosiqul. Ceux-là = celolé
Fèm. — Fr. celle = cë/a. Celle-ci = celaqui. Celle-là = celalé.
celles = cèle, Gellesci = celègtd. Celles-là = cèlèlé.
PRONOM NEUTRE
Fr. ce = ce (6). Ceci = ci7iqui. Cela = cinquilé. 11 = «, i *t ^ *i®v. voy.
(1) V a del, de la, de les. IV a del, deus, del (pour dels), à côté de douz, de les.
XXXI a do, dez. XXXI a du, de l\ de la ; plur. de lo, de le.
(2) IV a al, a la, au:. V aal, a la, auz et ouz, a le:. XXV a ho. XXXI a m, ci la.
plur. tt, à le,
(3) V. a au cas-suj, cit ; cas obi. cet, cel; plur. celos ; fém. cas-suj. citi, cilli, cas-
{Ai\. cela, cita, cella ; "^Xmy. celés (celles-ci). XXXI a celi, pL celos ; fém. cela, plur.
celé ;ceiy, fém. ce/a. XXXI a encore ce/o au cas-rég.
(4) Ex. S/a^erpa, ce serpent ; cel' infiltra, celte enflure.
(5) IV a ct7 au cas-sujet, ceuz au cas oblique.
(6) V a co. La forme la plus ordinaire dans les textes est czo : C:o est li piajos de
Lian.
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FLEXIONS, ADJECTIFS POSSESSIFS
CIX
ADJECTIFS POSSESSIFS
Masc, sing. Fr . Mon = mon (1), mo -f
n dev. voy.
» Ton = ton, to-j-Jidev. voy.
» Son — son, so -{-n » »
» Notre = notron, noir' dev.
voy, (2)
» Votre = votron, votre + n
dev. voy. (3)
» Leur = lout Ion -f- s dev,
voy.
-fVm. sing. Ma r= Tna, wio^- w dev. voy.
» Ta = ta, to + n » »
» Sa = 5«, 50 + n » »
» Votre = i?o/ra, rotre+ n
dev. voy.
> Leur= loti, îeurde\, voy.
Plur. mo, mo + ^ dev. voy
* té, te -{• s » »
. -» se, se -\- s » »
» notre, notre + J » »
» «otrtf, t)otre + -^ > »
» /ow, lou + -3r » »
Plur. wié' më, -{- z > •
» t^, ië -{-^z » »
» se, se -^ s » »
• co, vo-\- z » »>
» lou, leur 4- ^ » »
ENCLITIQUES
Ex. Amène-le, ]a= amena-lo, la. Amène-les = amena-Zo, fôm. le.
PRONOMS POSSESSIFS, {le mien^ etc. J
Masc. sing. lo min, lo mino\ lo tin, lo tino: lo sin, lo sino ; lou leur* — Plur. lo
ynin^ lo tin, lou leur. Le vôtre = lo voulre, plur. lo voutre.
Fèm. bing. — la min (i) la tin ; la sin ; la leur, — Plur. lé min; le tin; lou leur,
La vôtre = la voutra, Plur. le voutre,
PRONOMS RELATIFS
Ex. Celui qui est venu = celé qu*é venu ; celui que tu as vu = celé que CO vu,
La maison dont je suis propriétaire = la maison que je sué propiétairo,
PRONOMS INTERROGATIFS
Ex. Qui a fait cela? = Qui qu'a fait cinquif — Il est venu, — Qui? s= Aie venu, —
Qui f — Qui est venu ? = Qui qu^è venu f Quoi = quëf ^ Qu'est-ce donc que tu as ?
Que don que t*ô f
(1) V a meus = mos (p. 56. 1. 14) ; suus =zsos,' suum s= son, sua s= sa (sans élis.
sa arma, son àme). X a sua = si (19, 1. 12). XXXI a son, fëm. sa, son, dev, voy. ;
plur. 50, fém. se; leur au sing. XXXII a leu, XXXI a leur, leu au plur.
(2) V a vostrum = vostro, nostrum = nostron ; vostra et vostram = vostra,
XXXI a mon, mti, plur. mo\ sing. noutron, noutra; plur. noutro, noutre, XXXII
a notron au cas rég.
(3) Ex. Votre vC omo, votre mari.
(4) V a Zrt sin, la min (p. 49, L 9. et p. 36, I. 8). XXIII a loz si7is (p. 210, 1. 4).
Au XIV s. on a lo mino (XXXll, v. 46), la tina (XXXII, v. 90), lo notrou (XXXI, 2»
part., v. 262).
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C\ FLEXIONS, PRONOMS PBBSONHttLS
* • *
PRONOMS PBBSONNELS — Masculin
Sing. — Fr. Je =ie(l) ; en enclitique ju : Dis-je = dis-ju ; tu = të^ moi = m*» . .
En enclitique, le régime indirect se place avant le direct, et Tadv. relatif s + oa
(y français) remplace le pronom lo. Ea;. Donne-le moi = Do7ia-mëz'ou, qui répond
au fr. pôpul. « Donne-moi-z*y ». Mais Toi,prends-le:±: Prin-lo, tel
Fr II = a, al dev. voy. (2); lui = lue; lelui en enclitique =■ Ihi. Ex. Vers
lui = vé lue. Donne-le-lui = Dona-lhi,
Plur. — Fr. Nous = no, no + j: dev. voy. (8). — Voussas vo, ro + * dev. voy. —
Ils = y, y + 5: dev. voy. — Eux = yélo (4), yèlo -\- s dev. voy. — Leurs = Ihou,
Ex. Donne-leur cette poire z= Dona Ihou cela péra. En enclitique le-leur = Iheur,
Ex. Donne-le-leur = Dona-lheur, Les leurs = Ion leur (aux deux genres). En encli-
tique lou leur se contracte en //lote. Ex. Avec les leurs ==: acott^ to a iewr. Donne-les-
leur = Do7ialheur ou plus simplement dona-lhou don.
Siny. — Fr. ellf, caj> suj. = è le (ô), èV dev. voy.; cas obi. yéla, Ex. Elle est venue =
Ere venua. C'est pour elle =: Y è par yèla, — Plur. Cas-suj. le, V dev. voy. Cas
PRONOM INDBPINI
Fr. — Il = y (6), y + l dev. voy., quand il n*est pas accentué. Accentué il = r.
Ex. Il pleut :^ Y molhe; pleut-il? = molhetèf
Fr. On est remplacé par le plur. de la 3"« pors. des verbes. Est on venu = .Son-/*//
venui On dit =; y dion.
ADJECTIF NUMÉRAL
Fr. Un = in, in -f- n dev. voy. Une = ina, i + n dev. voy. Un, indéHni = un (7),
u + n dev. voy. Une = n«a, u -f- n dev. voy. Ex. Un homme = in n'omo\ Une
femme = ina fèna» Un de ces hommes = un de celo s*omo\ une de ces femmes =
una de cèle fëne,
(1) Au XIV» s. ego=i jo eiju, « Ju requero... que pois que oy est vostra volunta
quejo mays vivo... tant quant à vostra bonta playra que jit vivo (V, p. 56). » XXXI
aj<?, et^'o et jou en enclitique. XXXII a Je, et en enclit. jo.
(2) Pour l'historique, voir au Dictionnaire les mots a, al et t.
(3) V a au cas-suj. nos, au cas-obl. vos. On avait donc cens. + os aux deux cas.
XXXI a vous, votir, au cas-suj. et uo au cas obi. XXXII a aussi vous et vo dans les
mêmes conditions.
(4) A Morn. ellos av. l sonnante. C'est je crois l'unique mot où s finale ait persisté.
Au XIV* s. Taccosat. est elos. Dans V le datif non accentué de la 3* pers. est ly pour
le masc. et le fôm. Le datif accentué est luy au masc. et lyey pour le fém. (V, p. 54,
1. 3). Le datif plur. est lour eilor,
(5) Ce le n'est qu*une syncope de èle,
(6) Partout ailleurs que dans le voisinage de Lyon, ce pronom neutre est 0 (hoc).
En vln> il étai^ oy (V, p. 52, 1, U et 13).
(7) Partout ailleurs que dans le voisinage de Lyon, yon. yun.
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FL!ï?fIOKS, SUBSTAOTTrs CKX
SUBSTANTïl^S
Subst. masc. — Ils sont généralenfi. terminés en o : Homme = omo, pliu*. omo,
Us ajoutée au plur. dans ]a graphie par la plupart des patoisants est une fausse
analogie avec le franc, car o final dev. une voy. s'élide aussi bien au plur. qu'au
sing. Ex. Un homme aimé = in n'om' aimC^; des hommes aimés = de zom' aima.
Subst. fém. — Ils sont de deux sortes : les uns terminés par a (voy. 53;; les autres
par i (voy. 54). Ex, sing. Fr. femme = /U;w», plur. fèjie. Fille = fllhi, plur. /ilhe.
Devant une voy. la voyelle terminale s'élide aussi bien au plur. qu'au sing.
ADJECTIFS
Masc. sing. Bon = bon, plur. bon. Fém. bo7ia, plur. bone.
Quand le fém. a une gutlur. douce dev. la voy. finale, ou quand cette voy. est seulem.
.séparée de la guttur. par une dentale, à est remplacé par i : ^ou, fém. donci (plur.
douce); rairfo, fém. i-a,idi; fré {frigidum), té\x\. fraAdi. Gontrairem. aux subst., si
la voy. est précédée par ss au lieu de cdoux, a pei*siste (1) : 16 (lassum), fém. lassa;
rou. fém. rossa: gron, fém. g}'onssa. Be mêçie pour s douce : furiu^ fém. fmnnza .
VERBES AUXILIAIRES
HABERE = AVAÎ
INDICATIF
PRÉSENT
IMPARFAIT
PASSÉ DÉFINI
J'ai
.T'ayhi (a-yln
J'oé
T*ô
T'ayô
, T'ué
Al ou èl'a
Al ou èl ayë
Al ou èr né
J*OII
J*nyaii
y ulyon
Vo-z-ayl (i\
-Vf)
Vo z'ayô
Vo z' ulte
Y ou le z'an (2)
Y ou le 7/ayan
Y ou le z'nyon
(L) Ceci indique que l'infl. de ss sur les subst. est analogique. C'est une confusion
de c doux et de ss. Mais il y a des villages où l'analogie se fait déjà sentir pour les
adject. APaniss. vapidosus =t>3dott, fém. vadànssi.
(2) Habunt (pour habent) a donné a»i. De môme vadunt, sapiunt, faciunt ont donné
i>an, san^ fan. Mais dicunt a donné dion; veniunt venon. Au xiv« s. habunt =
fweunt (V, p. 61, 1. ?0); faciunt = fantÇii\, 468, 1. 27, 1. 27). Au xvii» s. sapiunt se
.ça»(XXXI, !'• part. v. l')?). Habemus n'a pas donné an, mais on. De même on ^je
von, je fon^ je son. Ce sont des influences françaises récentes, car au xvi» et au
xvir siècle habemus = an (XXVIII, p. 40, 1. 43 et XXXI, 2« pari., v. 30 et 82).
vadimus = van (XXVIII. p. '10, 1. 18) facere habemus = faran (XXXI, 2- part.
V. 60) et aujourd'hui cantare habemus = chanleràn et non chanteron, finire liabe
mus =r finiràn. Ce son an, comme on l'a vu, est différent de an et beaucoup plus
nasalisé.
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CXII
FLEXIONS, VERBES AUXILIAIRES
PASSÉ INDÉFINI
J» ayu (1)
T' 6 ayu, etc.
FUTUR
J'orat •
Taré
Al ou el ara
J'or&n
Vo z* oré
Y ou le z* or an (?)
FUTUR ANTÉRIEUR
J'orat ayu, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
J'arin
Tariô
Al ou èr are
J'ariàn
Vo z*ariô
Y 6a le z*ariàn
CONDtriONNEL PASSÉ
J'arin ayu, etc.
DEUXIÈME PASSÉ (Inusité)
IMPÉRATIF
Ai
Ayan
Ayf
SUBJONCTIF PRÉSENT
Ouej'aye (a-ye)
Que l*aye
Qu'ai ou qu'èl aye
Que j'ayon
Que vo z*ayé
Qu'y z'ayan
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que j'ulssio
Que t*ulssio
Qu'ai ou qu'èl'aye (3)
Que j'uissian (4)
Que vo z'ussi6
Qu'y ou que le z'ussian
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye ayu, etc
PLUS QUE -PAR FAIT
Que j'uissio ayu. etc.
INFINIT. PRÉSENT Aval
» passé Aval ayu
PARTICIPE PRÉSENT
Ayan
PARTICIPE PASSÉ
Ayu
INDICATIF PRÊSKNT
•Te sué
Té, fèss devant voy-
Al ou èl'é
Je son
ESSERE = ÊTRE
Vo z'éle
Y ou le son (5)
IMPARFAIT
J'ètiin (2 syll.) (6)
T'étiô
Al ou èl eti6 (7)
J'etian
Vo z'éti6
Y ou le z'étian (8)
(1) A Lyon et presque dans tout le Lyonn. j'ai l'ayu.
(2) A l'origine de la l" et la 3» pers. plur. du futur ont dû différer Tune de l'autre
et Ton a dû avoir rad. -f habemus ^ avem = aem:=àn, comme aujourd'hui en prov.
on a avèn (habemus) et an (habunt). Pour cantare on a dû avoir chanieràn (cantare
habemus), el chanteran (ca7itare habunt), comme en prov. on a chantarèn et rhan-
taran. Mais aujourd'hui les deux sons se sont confondus en lyonn. en an, et c'est
vainement que j'ai cherché à saisir une nuance entre la l" et la 3» pers. du futur.
A Morn. la distinction s'est conservée pour l'auxiliaire, et l'on sifaron et y s-aran,
mais elle s'est perdue pour le verbe, où la 1" pers. a aussi pris le dessus au futur : je
chantaron, y chiuitaron,
(3) La8« pers. du subjonct prés, a été substituée à l'imparfait, d'ailleurs moins iisilé
que le présent.
(4) Même observation pour les 1" el8« pers. plur. que pour celles du futur et du can-
ditionnel.
(5) Lexiv«s. aordiriairem. 50?i/(V, p. 40, 1. 21, et p. 41,1.23; VI, p. 421.1. 14, etc).
Pourtant on trouve sant dans V, p. 47, 1. 13. Le xvu' s. a aussi sont (XXXC, V. v. 49
etâ», V. 161).
(6) La forme j'équai, donnée au Dictionn. sous éro est une importation franc. Un
assez grand nombre de gens prononce féquiin, nos èquion,
(7) V a erat =zeret (p. 50, 1. 7. 12, 16. 17). Cette forme existe encore dans nos montagnes
vers le Forez. Au xvn» s. on a stabat s= estave (XXXI, 2^, v. 199, 234, 250), éiave
(XXXII, V. 818, 328) ; mais on a aussi estrt (td V\ 57, 105) et este (Id., 2«, 189), sans doute
empruntés au fr. qui est devenu prédominant.
(Ô) De même en vin. estiant (V, p. 41, 1. S)\ cstian (XXXI, 2», v, 275).
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FLEXIONS, VERBES AUXILIAIRES
CXIII
PASSÉ DÉFINI
(Inusité, se remplace par
le passé défini (1)
PASSÉ INDÉFINI
Je sué ét6, etc.
FUTUR
Je serat
Te seré
A ou èle sera
Je seran (2)
Vo seré (3>
Y ou le seran (4)
FUTUR PASSÉ
J*oral étô, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je serin (5)
Te seriô
A ou ôJe serë (6)
Je serian
Vo seriô
Y ou le serian (7)
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin étô, etc.
IMPÉRATIF
Saye (sa-ye)
Sayan
Sayf
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je sayo
Que te saye
Qu'a ou qu*èle saye
Que je sayan
Que vo sayé
Qu*y sayan (8)
CONJUGAISONS
SUBJONGT. IMPARFAIT
Que jefnssio
Que te fussio
Qu*a ou qu'éle fussio
Que je fussian
Que vo fussio
Qu'y ou que le fussian
SUBJONCTIF PASSÉ
Quej'ayeétô, etc.»
PLUS-QUE-PARFAIT
Quej'uissiô étô, etc.
iNFiNrr. PRÉSENT Être
> PASSÉ Aval étô
PARTICIPE PASSÉ étô
PARTIC. PRÉSENT étiaU
La 1^ conjugaison latine (!'• conjugaison française) en ARE a doux formes, en O et
en I (voy. 14 et 15).
FORME EN Ô. GANT ARE = CHANTÔ
INDICATIF PRÉSENT
Je chanto (9)
Te chante
A ou éle chante Vo chantô
Je chanton (10) Y ou le chanton (11)
(1) Il n'en est pas de môme partout. Cependant les seules formes généralem. usitées
sont les 1" et 3« pers. du plur. no furon, y furon. Déjà en vin. on trouve furon
(V, p. 57, 1.22, et58, 1. 12).
(2) Je seran (XXXI, 2-, v. 154).
(3) Vo sery (XXXI, 2«, v. 129). Partout ailleurs qu'à Grap. on dit vo seri.
(4) V a seran (p. 41, 1. 22), et seront (id.,1. 25).
(5) XXXI a sarin (2« part., v. 133), et serain (id., v. 185).
(6) XXXIa^ere^ (1", v. 2b .et 28), et sers {2*, v. 220).
(7> XXXI a aussi serian {!'• part., v. 32).
(8) V a selant (p. 44, 1. 23), et XXXI seyan (2« part., v. 116), et seiyant (id., v. 301).
(9) Au XIV* s. tous les textes ont o : cognoisso (V, p. 43, 1. 3); cuydo (Id., 73, 1. 15)
Au xvii«, XXI a la finale ou, comme en Forézien. Mais XXXII a la finale o, comme la
presque unanimité des textes.
(10) Cette accentuât, sur la pénultième est singulière, car elle est en contradiction et
av. le latin et av. le franc. Elle est sans doute le fait d'une analogie avec la 8» pers. plur.
(H) Cette finale on est analogique. V l'emploie toujours ; amont (p. 46, 1. 1); poont
(40, 1. 20); regardont (41,1. 12); sintont (id., 1. 13); passont (75, 1. 3); beyvon^
J41, 1. 23). La graphie un que l'on rencontre, exprime le môme son : delectunt (p. 46,
. 17); saliunt (40, 1. 19). IV emploie aussi ont ; portont (p. 406, 1. 2 et 5); meinont
(407,1. 19); trapassont (408, 1. 3). Mais dans XX on trouve la forme ant : ordennan
(p. 462, l. 28). C'est une importation prov. On trouve de môme dans XIX la finale
franc, ent : donnent (p. 457, 1. 14), à côté de oolont (id., 1. 41). XXV a aussi les finales
en ent, mais ce document n'est que semi-lyonn. Au xviî' s. XXXI et XXXIl ont
constamm. on : gagnon, tombon, i^orton, mingeon, etc.
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CXIV
FLEXIONS, VERBES
IMPARFAIT
Je chantôve (1)
Te chantôve
A ou èle chantôve
Je chantÔYon
Vo chantiô
Y ou le chantÔYon
PASSÉ DÉFINI
Je chanté (2)
Te chanté
A ou èle chanté
Je chantion
Vo chantile
Y chantion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai chantô, etc.
PLUS-QUE- PARFAIT
J'ayin chantô, etc.
FUTUR
Je chanterai
Te chanteré (3)
A ou èle chantera
Je chanterâJi (4)
Vo chanteré
Y ou le chanteràn
FUTUR ANTÉRIEUR
J'orat chantô, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je chanterin (5)
Te chanteriô
A ou èle chanteré (6)
No chanteriàn (7)
Vo chanteriô (8)
Y ou le chanteriàn
(1) Oveest le développem. de aham. De même V Sitrovavet (p. 38, 1. 5), covenlavet
(39, 1. 20), et contrairem. au In. SLCiiiel, sentivet {^i, 1. 5). Le plur. est avont : gitavont
(37, 1. 7), tornavont (39, 1. 7). XXXI a vuidare (U* part., v. 11), pourtave (2«, v.200),
et même venave (8*, v. 193), volave C2% v. 202), mais on rencontre des formes fr. : iettet
(V, V. 13), ébourgnet (1", v. 163).
(3) Chanté t suiv. la phonèt. de Tendroit, ne répond pas au fr. chantai^ mais à
*chanti et à un lat. *cantivi. G'est-à-d. que le prêter, de Ia4«conjug. lat. a été appliqué
à la 1^^ quoique irrégulièrem. pour certaines pers., comme chantions pour chantime
et pour chantiron. Dans presque tout le Lyonn. on a : Je chanti, tl, ti, ime, ite, iron.
En vin. la 3» pers du aing. est en e^ comme en prov. V a menet (p. 36, 1. 16),intret
(54, 1. 20), passet (56, 1. 8). A côté de et, on trouve iei, qui primitivem. ne figurait
qu'après les guttur., et qui ensuite a été placé analogiquem. après des dentales et des
liquides. Ainsi commenciet (51, 1. 14), chargyet (74, 1. 3), mais à côté gardiet (50, 1. 6),
parliet (55, 1. 12). De môme X a dunet (p. 22, 1.9) et duniet (p. 22, 1. 12>, movitatit =
modiet (p. 29, 1. 12). Le plur. ne se termine pas en erent mais en eront, aront :
entreront, soplearont (V, p. 58, 1. 21 et 22), *ad-retraverunt =. arriaront (Id. 58,
1. lô). Au xviP s. XXXI a donni (1" part., v. 54), peschy (id. v. 103), demory (2«, v. 242),
aly{\à, V. 245). Il n'y a pas de doute que le plur. ne fût demoriront, aliront, etc.
(3) Gantare habes devrait donner chanterô. Je ne sais pourquoi é a été substitué
à d. Voici le paradigme à Morn. : Je chantaraï, arai, ara, aron, ari, aron.
(4) Voy. note 2, page cxn.
(5) Habebam ayant donné j*ayin, le condit. cantare habebam devait donner chanta-
rayin réduit à chantarln, chanterin. Au xvn^ s. on a frapperin (XXXI, 1^, v 35);
f aimer in (Id., 2« v. 187).
(6) Cet è est la contract. de eit donné par ébat. Partout ailleurs eit s'est développé
en it. Voici le paradigme à Morn. : chantarTn, riô, ri, rion, riô, rian. C'est aussi it
qu'on trouve en vin- Va amerit (p. 44, 1. 10), oserit (53, 1. 2), convindrit (47, 1. 2).
' ^ a vivritip. 23, 1. 6). XXIII a serit (210, 1. 4), trooerit (id., 1. 5). Cependant on
rencontre la forme et^ et : porreit (V, p. 47, 1, 2), avret (78, 1. 10), porret (72, 7), et
môme oyt : penscroyi, regarderoyt (Id., 44, 1. 9). Au xiv« s. XXXI a et : laiveret
(!'•, V. 209), gastere (2% v. 219).
(7) On remarquera qu'à Crap. la différence entre la 1^ et la 3* pers. plur. a
disparu, tandis qu^elle a persisté à Morn., où Ton a chantariOD et chanlarian. Au
XIV» s. la 3» pers. plur. est indifféremm tant, iont^ iunt, V a porriant (42, 1. 10,
et 67, 1. 12), sariont (44, 1. 11), porriunt (45, 1. 4).
(8) Au XVII* s. XXXI a ta, qui répond à notre iô : passeria (l'% v. 184), mais XXXII
a i : gâter i (v. 65).
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FLEXIONS, VERBES
CXV
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin chanlô, etc.
IMPÉRATIF
Chanta
Ghaoton
Ghantô
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je chanto
Que te chante
Qu*a ou qu'èle chante (1)
Que je chantàn
Que TO chantô
Qu'y ou que le chantAn
SUBJONCTIF IMPARFAIT (2)
Que je chantîssio (3)
Que te chantissio
Qu'a ou qu'èle chantissio
Que je chantlssian (4)
Que vo chantissio
Que je chantissian
SUBJONCTIF PASSÉ
Quej'aye chantô, etc.
INFINITIF PRÉS. Chantô
» PASSÉ. Aval chantô
PARTiG. PRÉS. Ghantan,ta
» PASSÉ. Chantô, tô
Plur. chantô, té
FORME EN î. SUCCUTARB = SECOYÎ (seko-yt)
INDICATIF PRÉSENT
Je secôyo
Te secôye
A ou le secôyë
Je secôyon
Vo secùyf (5)
Y ou le secôyon
r IMPARFAIT
(Semblable à la conj ug. en O.
PASSÉ DÉFINI
Je secoyin (6)
Te secôyô
A ou Ole secùyé
Je secôyàn
Vs secôyite
Y ou le secoyàn
PASSÉ INDÉFINI
J'ai secôyl, etc.
PLUS QUE-PARFAIT
J'ayin secôyf, etc.
FUTUR
Je secôyiraf
Te secùyiré
A ou èle secôyira
Je secôyirin
Vo secôyiré
Y ou le secôyirin
FUTUR ANTÉRIEUR
J'oraî secôyl, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
(Semblable à la conjug. en 0)
CONDITIONNEL PASSE
J'arin secôyl, etc.
IMPÉRATIF
Secôyi.
Secôyon
Secôyl
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je secôyo
Que te secôye
Qu'a ou èle secôyô
Que je secôyin (7)
Que vo secôye
Qu'y ou le secôyin
SUBJONCTIF IMPARFAIT
CSemblable à la conjug. en 0)
(1) Au xiv« s. la désinence est eit pour toutes les'conjug. : deignet(y, p. 48, 1.5,)
stet = yteit (VI. 423, 1. 12), gardeit (XIX, p. 458, 1. 10). — Le plur est en ant : seiant
(V, p. 43, 1. 23); jurant {XX, 464, 1. i^). Au xvii« s. et est devenu e : huge (XXXI,
2% V. 50), reveille (Id., id., 387). La 3« pers. pi. est en an : traitian (XXXI, 2% 40).
Cette différence de désinence à la 3« pers plur. entre Tindicat. et le subjonct. est à
noter.
(2) Ce temps est peu usité. Il est souvent remplacé par le présent du subjonctif.
(3) On voit que l'imparf. du subj. de la l" conjug. lat. a été, comme le prétérit,
remplacé par le temps correspondant de la 4" conjug. lat, II n'en était pas de môme
au XIV* s. où rimparf. est formé, comme en franc., s^wvasset ^at. Va osât (59, 1. 19),
tirai (66, 1. 12), donat (id., 1. 17), dignat (id., 1. 18). Le pluriel est en assant. V a
volassant (52, l. 4), corroczasent (Gartul., p. 17. l. 2); mais on trouve aussi la
forme prov. essent : serchessa7it{y, p. 75, 1. 24); administressent (Gartul., p. 22, 1. 3).
(4) Sur l'identité de la finale post-ton. an aux l»"* et 3« pers. plur., comp. note 2,
page cxii. Remarquer aussi que les trois pers. pliîr. ont conservé l'accentuât, latine.
(5) Le changem. de a en î est normal (v. 15).
(6) La nasalisât, de la forme primitive secoyi est certaineni. due à la présence de la
guttur. (v. 184 7«>). De même on de la I" et de la y» pers. du plur., dans la conjugais.
en fî, a passé à àti,
(7) Même observation pour on devenu m.
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CXVI
FLEXIONS, VERBES
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye secôyl, etc.
iNFiNiT. PRÉS. Secoyl
iNPiNiT. PASSÉ. Avat secoyt
PARTic. PRÉS. Secoyan
PARTic. PASSÉ Secoyla
Plur. Secoyl, i6
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME INCHOATIVE
(Deuxième conjugaison française) Finire = Fine (1)
INDICATIF PRÉSKNT
Je flnèsso (2)
Te fine
A ou èle fine
Je iinésson
Vo finéssi
Y ou le flnèsson (3)
IBfPARFAIT
Je finèssiin
Te finèssiô
A ou èle finëssic
Je finéssian
Vo finôssiô
Y ou le finéssian
PASSÉ DÉFINI
Je finesse (4)
Te finesse
A ou èle finesse
Je finèssion
Vo finèssite
Y finèssion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai fine, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT
J*ayin fine, etc.
FUTUR
Je finirai (5)
Te finiré
A ou èle finira
Je finiràn
Vo finiré
Y ou le finiràn
FUTUR ANTÉRIEUR
J'oraî fine, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je finètrai
Te finètri6
A ou èle finèlrë
Je finàtriàn
Vo finètriô
Y ou le finètri&n
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin fine, etc.
IMPÉRATIF
Fine
Finéssian
Finèssi
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je finèsso
Que te finesse
Qu'a ou qu'èle finesse
Que je finèssàn
Que vo finesse
Qu'y ou le finèssàn
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que je finèssézo
Que te finèssèzo
Qu'a ou qu'èle finèssèze
Que je finéssan
Que vo finesse
Qu'y ou le finèssàn
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye fine» etc.
iNFiNiT. PRÊ8 Fine
» PASSÉ Aval fine
PARTIC. PRÉS. Finèssàn
» PASSÉ Fine, ie
Plur. Fine, ie
(1) Nous avons suivi l'ordre des conjug. franc., pour passer des verbes les plus fré
quenlsaux moins fréquents.
(2) Finèsso répond à *finisco. Finire étant devenu fine, on devait avoir flnèsso,
finèsso, au lieu de finisco = finisse.
(3) Les 3»pèrs. plur. sont ici fidèles à l'accent lat., tandis que dans la i" conjug»
la !'• et la 2* l'ont seule conservé.
(4) Finesse représente finisclvi. Dans les textes In. ces formes inchoalives n'existent
pas. XXXI a mitrivit =: ^lourray {V* part., v. 51). De même dans la plus grande
partie du î^yonn. on dit finivit = a fignl ou, de préférence, al a figni, le passé indéfini
s'employaift presque toujours au lieu du prétérit.
(5) G'j temps a dii être transformé sous l'infl. du fr., et on a dû avoir finètrai, comme
au conditionn. (voy. plus loin, page cxviii, note 5).
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FLEXIONS, VERBES
CXVIF
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME SEMMNCHOATIVE (1)
INDICATIF PRÉSENT
Je servo
Te sarvé
A saryé
Je sarvésson
Vo sarvèssi
Y ou le sarvèsson
IMPARFAIT
Je sarvôssiin
(Le reste comme à Fine)
PASSÉ DÉFINI
Je sarvèssé, etc.
Servire = Sarvb
FUTUR
Je sarviral, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je sarvirin, riô, r6, ri&n (2),
riô, ri&n
IMPÉRATIF
Sarvé, éssi&n, ôssi
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je servo,
Que te serve
Qu'a OU qu'èle serve
Que je sarvëssàn
Que vo sarvèssl
Qu'y ou le sarvéssàn
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que je sarvôssissioyèssissio,
esslssië, essissiàn, èssis*
sio, essissiàn.
INFINITIF
Sarvé
PARTICIPE PRÉSENT
Sarvessan
PARTICIPE PASSÉ
Sarvé, sarvoua
Plur. sarvé, sarvuë
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME NON INCHOATIVE
INDICATIF PRÉSENT
Je vëno (3)
Te vin
 vin
Je venons
Vo vëni
Y ou le venon (4)
IMPARFAIT
Je vcgnln
Te vegnô
A ou èle vegnë
Je vegnàji
Vo vegnô
VENIRB = VENÉ
Y ou le vegnàn (5)
PASSÉ DÉFINI
Je vené
Te vené
A ou èle vené
Je venion
Vo venite
Y ou le venion (6)
FUTUR
Je vindrai
Te vindré
A ou èle vindra
Je vindrlin
Vo vindré
Y ou le vindràn
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je vindrai
Te vindré
A ou le vindra
Je vindriàn
Vo vindrié
Y ou le vindriàn
IMPÉRATIF
Vin, veiii. venàn
(1) Nous disons à forme semi-inchoative, parce que, à la difl'érence du verbe précé-
dent, celui-ci n'a pas la forme inchoative â la première personne du présent de l'indi-
catif et aux trois premières du subjonctif. Je crois qu'à l'origine le verbe était purement
inchoatif, et que les altérations sont dues à rinfluence française.
(2) Au xvu* s. serviHant (XXXI, 2« part. , v. 288).
(3) XXXI a venou (2., v. 25) et XXXII veno (v. 72).
{A) Venon (XXXI, 2« v.. 252).
(5) V diveneant(^,\, 14;.
(6) V a veniron f59, 1. 2^). Veniron est la forme usitée dans tout le reste du Lyonn.
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CXVIU
FLEXIONS, VEBBES
SUBJONGTIP PRÉSENT
Que je vëno
Que te vëno
Qu'a ou qu*éle vône (1)
Queje vënàn
Que vo vëné
Qu'y ou que le vënàn
SOBJONGTIF IMPARFAIT
Que je venissio
Que te venissio
Qu'a venlssië
Que je venlssifin (2)
Que vo venissié
Qu*y ou que le venlssian (2)
INFINITIF
Vené
PARTiG. PRÉSENT Veuan
» PASSÉ Venu, ua(3)
Plur. venu, uë
DEUXIÈME CONJUGAISON LATINE EN ERE (3-conjug. française).
* RECIPERE = RECEVA.Î
INDICATIF PRÉSENT
Je recevôsso (4)
Te recevô
A ou le recô
Je recevèsson
Vo recevèssi
Y ou le recevèsson
IMPARFAIT
Je recevéssiin
Te recevôssio
Y ou èle recevië
Je recevèsslan
Vo recevlô
Y recevèsslan
PASSÉ DÉFINI
Je recevèssé
Te recevèssé
Y ou èle recevèssé
Je recevèssion
Vo recevèssite
Y ou le recevèssion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai reçu
PLU8-QUE-PARFAIT
J*ayin reçu
FUTUR
Je recevrai
Te recevrô
A ou èle recevètra (5)
No recevètràn
Vo recevèlrè
Y ou le recevètràn
CONDITIONNEL
Je recevètriln
Te recevètriô
A ou le recevétrë
Je recevetriân
Vo recevètriô
Y ou le recevetriàn
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin reçu, etc.
IMPÉRATIF
Recevèssé, recevèsson,
recevèssi
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je recevèsso
Que te recevèssé
Qu'a ou èle recevèssé
Queje recevèssàn
Que vo recevèssé
Qu*y ou le recevèssàn
SUBJONCT. IMPARFAIT
Que je recevéssèzo
Que te recevèssèze
Qu'a ou èle recevèssèze
Que je recevèssàn (6)
Que vo recevèssé
Qu'y ou le recevèssàn
SUBJONCTIF |PASSÉ
Que j'aye reçu, etc.
iNFiNiT. PRÉS. Receval
> PASSÉ Aval reçu
PARTIG. PRÉS. Recevan
> PASSÉ Reçu, ua
Plur. Reçu, ué
(1) De môme dans XXXI (2*, 377).
(2) La différence entre la !'• et la 2« pera. du plur., qui a disparu partout, a per-
sisté ici.
(8) De même venua dans XXXI (2« , v. 216).
(4) Cette conjugaison est aussi à forme inchoative. Recevèsso répond à un reci-
pesco.
(5) Quelques-uns disent recevra, vràn, vrè, vràn. Les conjugais. sont souvent
troublées par les formes franc. Je ne doute pas que l'on n'eût pi imitivem. je receve-
trai, etc. Le propre des inchoatifs de Grap. (car il n'en est pas de même dans le reste
du Lyonn.), c'est l'extension analogique à toutes les fonn^s^ sauf les participes, du
suffixe iss qui, en franc., ne s'applique qu'au radical des temps de la l'» série (Je fin-is,
fin-iss-ais, fin-iss-e, finis s-ant), le prétérit et l'imparfait du subjonctif ne l'y recevant
pas. D'un infinitif *recipescere se déduit régulièrem. un futur recevêlrai; de l'imparfait
'recipesclssem se déduit de même recevéssèzo. Gomp. en prov. les types tels que
negrézir {p(mv negrescer) où l'accent a été déplacé tandis que le In. le laisse à sa place.
C6) On retrouve ici la substitution du présent du subj. à l'imparfait, si fréquente en
français populaire.
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FLEXIONS, VERBES
CXIX
TROISIÈME CONJUGAISON LATINE EN ERE (4-' conjug. française).
RENDERE = RINDRE
INDIGA.TIP PRÉSENT
PLUS-QUE-PARFAIT
subjonct. présent
Je rindo
J'ayin rindu, etc.
Que je rindo
Te rin
A rin
FUTUR
Que te rinde
Qu*a ou èle rinde
Je rindon
Je rindrai
Que je rindàn
Vo rindi
Y rindon
IMPARFAIT
Te rindré
A ou èle rindra
Je rindràn
Vo rindré
Que vo rindé
Qu'y ou le rindàn
SUBJONCT. IMPARF.
Je rindiô (1)
Y ou le rindràn
Que je rindèsso
Te rindiô
A ou éle rindië
Je rindian
FUTUR PASSÉ
J'oral rindu
Que te rindèsse
Qu'a ou èle rindèsse
Que je rindéssàn
Vo rindiô
Y ou le rindian
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je rindrin
Que vo rindessé
Qu'y ou le rindéssàn
PASSÉ DiFINI
Te rindriô
SUBJONCT. PASSÉ
Je rindé
Te rindé
A ou èle rindé
Je rindion
A ou èle rindrié
Je rindriôvon
Vo rindriôve
Y rindriaron
Que j'aye rindu, etc.
iNFiNiT. Rindré
iNFiN. PASSÉ Avaî rindu
Vo rindite
CONDITIONNEL PASSÉ
PARTic. PRÉS. Rindan
Y ou le rindion
J'arin rindu, etc.
> PASSÉ Rindu, ua
PASSÉ INDÉFINI
Impératif
Plur. rindu, ué
J'ai rindu, etc.
Rin, rindon, rindi
VERBES IRRÉGULIERS
Ils sont en grand nombre. Ce serait allonger démesurément ce travail
que de donner leurs conjugaisons. Voici les temps principaux de
quelques-uns :
DiGBRB = DIRE. Itidicat, Je dio, te dé, a dé, je diôn, vo dite,
Imparf, Je disiin, te disiô, a disiô, je disiàn, vo disiô, y disi
dion.
DiGBRB = DIRE. Itidicat, Je dio, te dé, a dé, je diôn, vo dite, y di<
Imparf, Je disiin, te disiô, a disië, je disiàn, vo disiô, y disian.
Passé défini. Je dise, le dise, a dise, je dision, vo disite, y dision.
Futur. — Je dirai, te dire, a dira, je diràn, vo dire, y diràn.
Conditionna — Je dirin, te diriô, a dire, je diriàn, vo diriô, y diriàn.
Subjonct. prés. — Que je dise, te dise, a dise, je disàn, vo disié, y disàn.
Subjonct. passé. — Que je disissio, te disése, a disèse, je disôsàn, vo disié, y
disissiàn.
(1) Il est possible que ce temps ait subi l'infl. du fr. et qu'à Torigine il fût analo-
gique à rimparf. de la 1" conjug. On dit en effet à Yzeron : je rindôve, no rindo-
vion, etc. Ma supposition est d'autant plus fondée que la désinence ôve reparaît au
plur. du conditionnel.
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CXX FLEXIONS, VIÎRBES
PoTKRE s= povAf. — Ifidic. Je poyo, te pô, a p6, je poyon, vo poyt, y poyon.
Impart . — Je poyin, le poyô, a poyë, je poyàn, vo poyô, y poyàn.
Passé défini, — Je pué, le pué, a pué, je puiyon, vo puile, y puiyon.
Futur, -r Je pofal, le pore, a pora, je poràn, vo poré, y por&n.
Conditionna — Je porin, le poriô, a porô, je poriàn, vo poriô, y poriàn.
Suj, prés. — Que je puissio, le puissië, a pulssië, je puissi&n, vo puissiô, y
puissiàn.
Subj. passé, — Que je puisslssio, le puisslssio, a puississê, je puississiàn, vo puis-
sissié, y puississiàD *
Partie, prés, — Poyan. — Participe passé Poyu
Deberb = DEVAÎ. Indic, ^ Je dévo, te dat, a daf, je dévon, vo devf, y dévon.
Impart , — Je deviin, te deviô, a devië, je deviàn, vo deviô, y devi&n.
Passé défini, -* Je due, le due, a due, je duiyon, vo duite, y dulyon.
Futur. — Je devrai, te devré, a devra, je devr&n, vo devré, y devràn.
Conditionn, — Je devrin, te devriô, a devrô, je devrià.n, vo devriô, y devri&n.
Suhj. prés. — Que je déve, te déve, a déve, je devatsàn, vo devé, y devatsàn.
Subj. passé, — Quejedevissio, te devissio, a dévisse, je devissiàn, vo devlssié, y
devissiàn.
Partie, prés, — Devian. — Partie, passé — Dû, dula. Plur. — Dû, date.
BiBERB = BEiRE. — Indic, Je bévo, te bal, a bal, je bêvon, vo bevl, y bévon.
Impart» — Je beviin, te beviô, a beviô, je beviin, vo bëviô, y bëviln.
Passé défini. — Je bevé, te bevé, a bevé, je bèvion, vo bevite, y bévion.
Futur. — Je beral, te beré, a bera, je beràn, vo beré, y beràn.
Conditionn. — Je berin, te béri6,a berfi, je bëri&n, vo bëriô, y bëriàn.
Subj, prés. — Que je bôve, te bôve, a bève, jebévan, vo bévé, y bévan.
Subj. passé, — Que je bevlssio, le bevissio, a bevissië, je bevissiàn, vo bevissié,
y bevissiàn.
Partie, prés. — Bevian. — Partie, passé. Bu, buta. — Plur. Bu, buté.
Le verbe naître n'existe pas. On ne connaft que i^ené ou mondo. Morire = muré n'a
pas de participe présent, c II est mourant > se rend par a va muré. Ce verbe a cela
de très particulier qu'à tous les temps Vr se prononce si faiblement qu'à moins d*une
très grande attention, on écrirait par ex. : muésse pour murésse. G^esl aussi une
conjug. incboative : Indie. Je murésse; imparf. Je muressiin; fut. Je murètral;
Conditionn. Je murètrin; subj. prés. Que je murésse; subj. imparf. Que je muris-
sissio.
Le verbe dis-rumpere = derompre, briser les mottes, a aussi la forme inchoative.
Indie. ^e derompésse; imparf. Je derompeasiin, etc.
En somme, en debors de la 1" conjugais., la forme inchoative est prédominante.
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DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
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A.vis
Les sons et articulations du patois sont figurés par les lettres qui servent à
figurer les sons et articulations analogues en français.
Le son représenté par on n'est pas exactement on français : il est intermé-
diaire entre on et an.
Le son exprimé par e n'existe pas dans les polysyllabes français. Il est plus
faible que Vo de encore, plus fort que Ve muet, et à peu près celui de e dans
le pronom le employé à la fin d'une phrase. Ex.: apportez-le.
Le son exprimé par é^î, et qui est un phénomène tout local, est intermédiaire
entre un et in.
Les diphtongues notées aï, c/, oî, où l'accent tonique porte sur la première
lettre, se prononcent comme les mêmes diplitongues en grec classique.
L'accent circonflexe sur i (î) indique un léger allongement de la voix sur
cette voyelle.
L'orthographe n'est pas purement phonétique. On a admis les lettres
étymologiques, d'ailleurs employées, quoique assez irrégulièrement, dans les
textes cités. La prononciation est indiquée entre parenthèses. La voyelle ou
la diphtongue sur laquelle porte l'accent est en lettres grasses.
Pour exprimer la prononciation, il était nécessaire d'avoir un signe particulier
pour II mouillées. Rien n'indique, par exemple, en français, la différence de
prononciation entre ville et fille. Les II mouillées sont exprimées par le groupe
Ih, qui les désigne en provençal.
Dans l'étymologie en italique on a aussi indiqué en lettres grasses la
syllabe sur laquelle porte l'accent tonique. L'astérique placé ' au devant du
mot latin indique un type supposé.
Les lettres entre parenthèses sont les lettres tombées dans le passage du
latin au roman.
Le chiffre entre parenthèses renvoie au numéro du Très humble Essai de
phonétique lyonnaise sous lequel figure la règle applicable au mot. Pour
éviter de continuelles répétitions, on n'a pas renvoyé aux règles relatives à la
chute des lettres post-toniques et des voyelles protoniques, exposées sous
les n" 52 et 53, 77 et suivants.
Les mots du Dictionnaire marqués d'un astérique figurent au Dictionnaire
inédit de Cochard. Lorsque la forme de Cochard est différente du patois
actuel, elle est donnée avec la mention « ap (apud) Coch •. Toutefois il est
expliqué que, dans Cochard, tous les verbes de la !'• conjugaison ont a final
au lieu de ô. Lorsque cette différence est la seule, on ne répète pas le mot
avec la forme de Cochard-
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ABRÉVIATIONS
add. addition
adj, adjeclif
adj. part, adjectif participial
ckdj. 17. adjectif verbal
ags» anglo-^axon
aW. dialecte albigeois
ail, allemand
alp, patois des Hautes- Alpes
angl, anglais
op. apud^ dans
ard. patois de TArdàche
arm, armoricain, bas breton
at . atone
augm, augmentatif
ckun. patois de l'A unis
baaq, basque
b. dph. bas dauphinois
beauj. patois du Beaujolais
berr. patois du Berry
b. lat. bas latin
b, lim, bas limousin
bourg, patois bourguignon
br. patois bressan
buff. patois du Bugey
cah. patois de Cahors
oast, patois de Castres
oat, catalan
cév, cëTenoI
oh, changement
coll. collectif
Cond, Condrieu, village du Lyonnais
oonj, conjugaison
oons. consonne
^am, comique, dialecte éteint du pays de
Cornouailles
op, comparez
Crap. Craponne, village du Lyonnais
crém. patois de Crémone
dan, danois
dér. dérivé, dérivation
dial. dialecte
dim, diminutif
dipht. diphtongue
dissim. diasimilation
dph. dauphinois
entr. entravé
««p. espagnol
étj/m. étymologie
euphon, euphonique
ex. exemple
express, expression
fig . âguré
fin, final, le
for, patois forézien
fr. français
fr,-€omt. patois de la Franche-Comté
fréq. fréquentatif
frib. patois de Fribourg
Fr.-l, patois du pays de Franc-Lyonnais
g, genre
gaél. gaélique, dialecte de la Haute -Ecosse
gasc. gascon
gén. patois génois
genev. genevois
germ, germanique
gév. patois du Gévaudan
got/i. gothique
gr. grec
gris, dialecte des Grisons
gutt. gutturale
holl. hollandais
ht, ail. haut allemand
ind. indicatif «
inf. infinitif
infl, influence
init. initial
insert, insertion
int. intensitif
irl. irlandais
irr. irrégulier, ère, irrégularité
isl. islandais
jur. patois jurassien
ki/m. kymrique, dialecte du pays de Galles
lat. latin
Igd. patois languedocien
lim. patois limousin
littér. littéralement
In, patois lyonnais
loc. locution
lorr. patois lorrain
m. â. moyen âge
mâo. patois du Maçonnais
mars, patois marseillais
méd. médial
I
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mérid, mëridional, aie, aux
meês, patoi« du pays measin
métath. mëtathèse
mha. moyen haut allemand
mil. milanais
mhs. mankt, dialecte de Pile de Man
m,lat, medinm latinum, latin du moyen âge
mod. moderne
montp, patois de Montpellier
Mom. Mornant, village du Lyonnais
narb, patois narbonnais
niç. patois niçois
niv, patois du Nivernaid
nor, norois, ancien Scandinave
norm. patois normand
n, pr, nom propre
orig, origine
orL patois de TOrlëanais
pal, palatal
Paniss, Panissière, village 3ur /es limites
du Fores et du Lyonnais
pamyss, parmesan, patois de Parme
part, participe, participial
péj, péjoratif, ve
pUs. patois picard
piém. piëmontais
pi, pluriel
poptd, populaire
port, portugais
pr, provençal moderne
préf, préfixe
prés, présent
prot, protonique
ptg, portugais
qq, quelque, es
quero. patois du Querey
rao, racine
rad, radical, e, eaux
rcht rouchi, patois du Hainaut
R ,-^e-G . Ri ve-de-Gier
réff, régulier, ère
remarque
rgt. patois du Rouergue
rip, ripagérien, patois de Rive-de-Qier
Riv. Riverie, village du Lyonnais
roan, patois des environs de Roanne
saint, patois saintongeois
sard. dialecte de la Sardaigne
sav. patois savoyard
sax. saxon
se, Scandinave
s, f, substantif ft^minin
signif, signifiant, signification
sing, singulier
s. m. substantif masculin
ss.-rom, patois de la Suisse romande
St'Mart, Saint-Martin-d*en Haut, village
St-Symph, Saint-Symphorien-le-Ghâleau
village
subst, substitué, substitution.
substantiv, substantivement
subst. V. substantif verbal
suéd, suédois
su/f. suffixe
term, terminaison
ton, tonique
transf. transformation
transp. transposé, ée, transposition
V. voyez
V. a. verbe actif
vel, patois du Velay
vfr, vieux français
vha. vieux haut allemand
viv. patois du Yivarais
vin, vieux lyonnais
V, n, verbe neutre
voo, vocalisation
voy, voyelle
vpr, vieux provençal
V. pr. verbe pronominal
vx vieux
wal. wallon, patois des Flandres
Yser, Yzeron, village du Lyonnais
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NOMS D'AUTEURS ET D'OUVRAGES
Alix Les possessions du Prieuré d^ Alix (1410}, ëd. par M. G. Quigue
A mo z. A mo zanUs^ pièce de RoquiHe
And, André, pièce de Roquille
Arch. dép. Archives dëpartementalet
Arch. m. ArcbÎTes municipales de !a Tille de Lyon
Bail, d^Ess, Ballon d^ Essai, pièce de Roquille
Banq. La Banquet de la Paye, pièce dauphinoise, 1560
Batif, La Batifel delaGisen, pièce dauphinoise, 15t)0
Bem» La Bernarda buyaniiri, pièce en patois lyonnais de 1658, ëd. par M. Philipon
Brey. Breyou etso disciplo, poème de Roquille
Carc, Le Carcabeau du péage de Givors (1215}, édité par M. Georges Quigue
Cart. CartulcUre d'Etienne de Villeneuve, ëdilé par M. M.-C. Guigue
Chans. bress. Cha^nsons bressanes, recueillies par M. Ph. Leduc
Ghap. les Ghapelon, poètes stëphanois du xvii« siècle
Chapitro La Chapitro brouUia, pièce dauphinoise
Coch. Cochard, ërudit lyonnais mort en 1831
Com, La Comara de Gamoblo, pièce dauphinoise du xvii^ siècle
Cont, N, Li Contios por allar abatre Nerveu (1350}, éd. par M. Vaches
Cont.P. id Peyraut (1350). ......
Cos. La Cosonnaize, chanson en patois de Gouzon
Dép» Lo Députo mcmquo, pièce de Roquille
Dial. Dialogo de doux homos, pièce de Gochard
Du G. Du Gange, Glossariwn rnediae et infimae latinitatis
Due Bib, Les deux Biberonnes, pièce de Roquille
Entr. de Bacc. Entrée de Bacchus et de Madame Dimanche grasse (1627)
Godef. Qodefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue française
Gorl, La Gorlanohia, pièce de Roquille
Grandg. Grandgagnage. Dictionnaire du patois wallcn
Gren. mal, Grenoblo malherou, pièce dauphinoise, 1733
Gr. Jonn, La Groussa Jonneton, pièce de Roquille
Gntt. Gutton, poète de Mornant
Hym. Hymno à la Concorda, pièce de GuUon
Inv. de la C. luTentaire de la Comptabilité de la ville de Lyon
Isid. Isidore de Sëville, vi* siècle
Liaud, La Liaudo, pièce dauphinoise
L. R. Livre de raison d'un Bourgeois de Lyon (xiv* s.) ëd. par M. G. Guigue
Lyon b. Lyon en vers burlesques, pièce du xvii* siècle
Mar, Lo Maraudèro, pièce de Roquille
Marg. Marguerite d'Oyngt, auteur lyonuais du xiii* siècle, ëd. par M. PhiHpon
Met, Lo Melon, pièce de Roquille
Ménag, La Ménagerie, pièce de Roquille
More, La More et la Filli, pièce de Roquille
Naiss, du D, Sur la Naissance du Dauphin, pi^ce dauphinoise, 168Î
2V. bress, Noëls bressans, édités par M.Ph. Leduc
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N. dph. Noël dauphinois
Par, Parabole de V Enfant prodigue^ traduite en patois de...
Per, Lo Pereyoux, pièce de Roquille
Prière, La Prière de la fermière^ pièce de Qutton
Proc. Lo Procès pardsu, pièce de Roquille
Reff, cons. Registres consulaires de la ville de Lyon^ publies par M. M.-G. Quigue
Rover. Reverony. Lyoniiais, auteur de chansons
Roq. Roquille, poète de RÎTe-de-Gier
Serm, Sermon d*un curé de campagne, par Monin, de Momaut
Sit. Situation de vet Var-de^Gi, pièce de Roquille
Tar, de la V, Tarif du Péage de la ville de Lyon
Tôt va b» Tôt va bien, pièce de Roquille
Tiré C, Lo tréCouacuSf pièce de Roquille
Vieuten, La Vie*4tenanoi du Courtisan, pièce dauphinoise du xvii* siècle.
Vog, La Vogua douz homos etc, par Lo Pore Dubou, de Lentilly
Ysop. Yzoptt, r.*cueil de fahles eu diale ite franc-comtois du xiii« siècle, éd. par M. Poerster
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A
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ABAR
ABARI (abarl) v.a.— Êlevpr (en parlant
des petits oiseaux). Alp, ahali, Igd. avari,
mettre à Tabri, vpr. bailiv, gouverner;
1». lai. ballire, posséder; bourg, averi,
abri.
De ad'baj{u)lsire. Gh. de l en r(ie9);
de are en t (15 4»).
ABAU (abô) ap. Goch. ABO s. m. —
Petit gerbier en forme de toit. Dph.a&a/,
gerbier de 92 gerbes.
Subst. V. tiré de abali(Y.abari), Y oc. de
l finale (121 2«).
ABAZANO (abazan6)adj. part. — Fati-
gué, las . Forme de bazattô. D'essoufflé
le sens s'est étendu à fatigué.
A BEI RE (abére) s. m. Wal. abeùre.
— Piquette. Norm. bère, cidre.
De beire^ avec préf. a.
ABENO (abenô) V. a. Bas dph. ctbenar.
— Élever; se dit surtout en parlant des
petits oiseaux: abeno de sisiaux, les
élever & la lirochetlo. Pr. aftena, utiliser;
vpr. abenar, améliorer.
De ad et de bene, Abenô, c'est mener
à bien. Suff. ô (14 3«).
ABERO (aberô), ap. Gocb. ABURO
V. a. For. abera, prov., narb. abexira ;
vpr. abeuraf'f vfr. abetirer. — Faire boire.
Abura celle bèiic ; faites boire ces bêles ;
abura lo pra ; metlre l'eau au pré (Goch.).
D'ad'bib{e)rB,re.Ch. de i l)rcf en e (62);
de br en ?• ou en ur (164 8*", rem.); de
are en ô (14 3"). Gh. de eu en u pour la
forme aburô, cp. vfr. ^efir devenu sûr.
ABÊROU (abërou) s. m. For. abero. —
A Paniss. abreuvoir.
Un iberô «l'«u«l, doud calotlo •ssix uses.
« Un abreuvoir d'oiseau, deux calottes
asse?; ufiëes. > (Gbap.)
Subst. V. tiréd'adero, av. suff. ou (34 6w).
ABERftOU (abèrrou) s. m. — Engor-
gement des ganglions ; tumeur doulou-
reuse. For. abero, piqûre, ]»lessure ;
aberô, ressentir une douleur.
D'aburô, avec suff. ou (35).
ABETTRE v. n. v. Jtettre.
ABIALO (abialô) v. a. — Faire des
rigoles, des abialures, des abialons.
De beAle (v. 6î), avec suff. are ^ ô
(14 3-).
ABIALON s. m. — Petite rigole secon-
daire qui s'embranche sur le bl pour
l'irrigation des prés.
De betkle, avec suff. dim. on.
ABIATO (abiatô) v. n. — Mal réussir;
s'abiatô, se méprendre, s'attraper.
J'umirin ceut Té mio vol6 U préfectiurt
Que d^dli m*ibiilA diiii !• plut molnii cura.
« J'aimei-ais cent fois mieux voler la
préfecture — Que d'aller m'attraper
dans la plus méchante cure.» (Mar,)
Le même qu'amtaM, avec une légère
dérivation de sens, elle ch. de m en 6 (cp.
abuisl). On trouve également en Igd.
abiada et amiada^ amadouer.
ABISTROUA (abistroua) adj. v. —
A St-Mart. se dit d'un vêtement déformé,
usé, déchiré.
Gomposé de trou, avec le préf. péj.
his (cp. bistoumer, bigle). La prosth.
du préf. int. a a été facilitée par Tinfl.
du mot habit,
ABLAGI (ablagî), ap. Goch. ABLAGIA.
à Lyon ablager v. a. Dph. ablajar^ pr.
ableiga ablasiga ablegar, gasc. abla^
tugar, — Ravager, abîmer, saccager. La
grêla a tôt ablagia, la grêle a tout
ravagé (Goch.). En Dombes ablagier,
avec la signif. spéciale d'enlever la valeur
des fruits en les cueillant trop verts: On
ablnge la recorta.
D'ablit{i)gB,re, fréq. d'ablegare, dont
on retrouve des traces aux xm« et
XIV* s. dans ablitigatus, proscrit, et dont
le gasc. ablatugar est la translat. littér.
Remplacem. de i par a (83) ; ch. de tg
en j (161 5-) ; de are en i (15 ^). —
Ablegare aurait donné ablayi.
ABLAVO (ablavô) v. a. — Déchausser
les ceps pour découvrir les sarments dans
la terre quand on taille la vigne.
Formé sur ablB,tum ; d'où un verbe
ablata,re =z abla'Are et abla[v]a,re (184
3-). Ch. de are en ô (14 2-).
ABOCHI (abochî) v. a. Mars, abuca,
lim. abouca, poser sens dessus dessous
un vase, un verre, tout objet qui a une
bouche. S'abochi, vfr. s*abochier, for.
s*aboi(cha s*abochi, dph. s'abochie, pr.
s'aboiica s'aboucha. — Tomber en avant,
littér. sur la bouche.
De bochi, avec préf. a et suff. î (IBft).
A BOCHON (à bochon) loc. adv. For.
à Vabouchon, dph. à bouchon, pr.
d'aboucoun d'abouchoun, vel. d'abou-
chous. — La face contre terre.
De bochi, avec suff. on (y, abocht).
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ABOS
ABOSO (abozô), ap. Goch. ABOUSA, à
Lyon aboicser v. n. — S'écrouler. Br.
aboiisa^ Igd. abousa abausa^ mars.
abouva abauva, pr. abauzar, renverser ;
yfr. abaux, abattis, carnage.
Du mha.&u^^e, monceau, qui a fait peut-
être notre bouse. Pour le paysan, s'abosô^
c'est tomber en bouse. Ch. de tz en z
(162 20); suff. ô (15 S\ rem. 8).
ABRÈSILLI (abrèzilhl) v. a. — Mettre
en miettes.
Même format, que fr. brésiller, avec
préf. eu
ABRIVÉE s. f. — Élan, impulsion.
D*a6rti?ô, avec une termin. sous infl.
d'oïl.
* ABRIVO (abrivô) v. a. Dph. abrina.
— Avancer à l'ouvrage. Vfr. abriever, se
hâter, se précipiter ; b) tver, courir avec
rapidité ; vpr. abrivnr^ presser. Nos ans
bien abriva^nous avons bien avancé (Goch,).
Le mot ne vient pas à*abbreviare ; viare
donnant gl et non vô. Il est composé avec
ad et brevis, Gh. de couvert en i (25).
ABROTTA (abrôta) s. f. ABROTTIN
(abrôtin) s. m. — Gale.
De mpta (?), débris, petit morceau, avec
préf. a, Prosth. de b (183 6») ; ch. de u en
o (38); de p£ en t (161 6», a). Le pr. a
broutOy fragile, cassant. A Vesoui une
cusette broute, une assiette ébréchée. Dans
abrottin s'est ajouté le suff. dim. inits.
ABROTTIN V. abrotta.
ABUISI (abuizî), ap. Goch. ABUISIA
V. n. — S'amuser en quelque endroit,
s'arrêter, tarder à venir. Bourg, aubusai^
lim. abusa, amuser.
Du fr. amuser. Gh. de m en 6 (149,
rem.).
ABULl (abuli) à Morn., à Lyon belue s.
f. For. beîuve, alp. belhuo beluo, vfr.
belugue, vpr. béluga, pr. belu belugo,
Igd. belet, gév. billidge, gsisc. boulugo. —
Bluette, étincelle.
De a(d), bi{s) et lnc{em), d'où abilui,
abilu (48), devenu abuli par métath (?).
Je ne crois pas, comme l'a pensé Diez, que
ridée soit celle d'une « faible lueur » mais
au contraire d'une lueur double.
ABURO (aburô) v. n. For. aberq. —
Ressentir une douleur. Y abure, ça me
fait mal.
DebursLre, brûler, qui a servi à composer
bustum et comburare, av^c préf. int. a.
CTlong = w(4B). Gh. de are en ô (14 8»).
Le fr. dit de même ça me cuit, pour ça
me fait mal.
ACALO (S') (8'akalô) v. pr. Pr. s'acala.
— Se calmer. Lo vint s'accole, le vent
s'apaise.
De ad et cala,re, relâcher, mollir (Isid.).
Gh. dear6end(14 8«).
ACASSl (S*) (akassl) à Lyon s*acasser.
V. pr. For. s'acaci, b. dph. s*acasa, saint.
s*acacher, biais, s'acassir, — Se baisser
à terre en ne pliant que les jambes. Par
extens. se laisser aller de fatigue.
De quassB,re, avec préf. ad. Gh. de are
en i (15 3% rem. 2).
ACATTO (S*) (akatô) v. pr. —S'accroupir.
De c9t,ttum, avec préf. ad et suff. are =
d (14 !•). — LiCtér. s'accroupir comme les
chats.
• ACHATTI (achat!), à Lyon acfiatir
V. a. Pr. agatir. — Allécher, attirer par
un appât. Cela fena Va achatti, cette
femme l'a séduit.
De chatte. L'irrégul. du suff. ♦ au lieu
de ô est due à l'infl. du pr.
ACiNSO (assinsô) v. a. — Abonner.
De ad'Cênsus, avec suff. ô. Gh. de en en
m (29). La forme rég. serait acinsi (15
8», rem. 2).
ACINSO (asslnso) s. m. —Abonnement.
Subst. V. tiré d'acinsà.
ACIVER (assivé) v. a. — Donner la
becquée aux petits oiseaux.
De cibB,re, avec préf ad. Gh. de 6 en u
(141) ; are = er est d'oïl.
ACLIA(àklia), pi. dcZe*; àRiver. OCLIA
(ôklia) s. f. Vfr. ascle, vpr. ascla, pr.
asclo, sicil. plur. aschi, napol. asca. —
Fragment de bois refendu.
D*SLSs(u)la, puis astla par insert, de t ;
puis asûla par ch. de tl en cl (Flechia) ;
puis acla par chute de s ; puis aclia par
insert, de yotte (164 2», b, rem.).
Le vfr., suivant Lacume, avait s'asclas-
ser, tomber de lassitude : A ice mot un
pou s*asclasse (Athis). L. lo considère à
tort comme une forme de lasser. S'asclasser
paraît être tomber en ascles, se briser.
ACLIOTES (akliôte) s. f. plur. — Éclats
de bois.
D'acZta, avec suff. dim. ota (= fr. etlé).
Gp. chambrotta, petite chambre ; cabiotta ,
petit taudis ; chambotta, petite jambe.
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10
ACOl
ACOINDES vin. s. f, pi. — Gens de
connaissance, familiers. « En lesquaux
festes comunalment l'on donne ufiFerendes
et fait pluseurs servis à sos acoindes. »
(Cont. N.).
S. l'étym. V. acoindô.
ACOl N DO (akoindô) v. a. — Flatter,
caresser, faire sa cour.
D*acco^n(*)tar« comme fr. accointer. Gh.
de^wtenwc?(1784<»); de are en ô(lA 1»).
ACOLESSI (akolôssf) v. a. — Adoucir.
De coléssi, coulisse, avec préf . a et suff.
(15 3», rem. 2).
ACOLO (akolô) V. a.— Éproutter.
Dp colKre, avoc prôf. nd au lieu du préf.
ex du fr. ëcotder, Gette subslit. est
fréquente en In; appletô (ex-pUcitare),
arjottô (ex-guttare).
ACORE (akôre) v. a. — A Paniss. battre
le blé.
De ad-cut(e)re (52). Chute de t dans tr
(164 3«); ch. de u bref en o (38). Cp.
succulere = secorre.
ACOSSOLI (akdssfili) s. m. — Batteur
de blô.
T>*acossovL, formo d'écossou, fléau, avec
suff. ariiis (13). Il est probable que le
.suff. a été primitivem. relié par r, passé
à / (cp. écosséri).
ACOSSOU V. cossou,
ACOTO (akotô) v. a. Gasc. acouta. —
!• Élaguer, ébrancher un arbre.
Non de culter, cuUellus, qui aurait
donné acortô, comme ptdpa adonnéporpa
(cotiau, couteau, est tiré du fr.), mais du
rad. germ. kut, avec préf. in t. a. —
Nord, kuta, couper, suéd. dialectique kuta,
couteau ; norwég. hutte, enlever on
coupant; vx. ail. kutten, angl. to eut,
couper.
2» — Ap. Goch. ACCOTA. Vfr. acouter,
for. acoi0a, bourg, acouter, berr., pic,
blaisois, acouter. — Écouter.
T>*ascultSLre. Chute de la cons. du préf.
comme dans ad, ex, dis, Ch. de u bref
en 0 (38) ; de are en ô (14 I»).
ACRAPISSI (S') (s'acrapissî) v. pr. —
A Paniss. tomber en s'abattant, en parlant
d'un cheval, d*un homme.
Du gaël. crwp, rétrécir, contracter, avec
un suff. de fantaisie, ou plus simplement
d'acci'oupir, avec une lermin. augm. Le
passage de u à a a pu être facilité par
crapaud ; s' accrapissi, se mettre comme
un crapaud (cp. s'agrenolli).
• ACRÈTO (akrètrî) ACRITO v. a. —
Terminer un objet en dos d'âne, spéciale-
ment un mur.
De cAsta, avec préf. ad et suff. are = ô
(14 I»). Ch. de i bref en è (21) ; chute de
^ dans «((166 3»).
ACRITO V. acrèto.
* ACROCHI (akrochf) v. a. — Outre
l'acception fr. d'accrocher, signifie amas-
ser, mettre de côté. Oui a bien accrochi
de bien, il a bien accru sa fortune (Coch.).
D* accrocher. Fin. t (15 2«).
ACUCHI (akuch!), ^p. Coch. ACUCHA,
V. a. Pr. acucha, jiir. occacher, rgt.
quicha, — Presser, amoncelor. Acuchllos
andnins, mettre on las les rangées de foin.
Du vfr. cuche, tas de foin, meule de
paille, toute chose en forme de cône
(v. cuchon), avec préf. a et suff. î (16 2®).
ACUCHONNO (akuchônô) v. a. —Mettre
en petits tas coniques.
Do cuchon, avec préf. flfotsuff. ô (1^ 3®).
ACUÉROU(akucroa)àCrap.ÉCOUÉRU.
à Tîiver. ACOUIRI s. m. Pr. esquirol
esquirou, vin. esroyrious (xiv* s.) —
Écureuil.
De scuriolum, forme de sciuriolum.
Préf. a devant se (±11, rem. 3). Chute de s
init. (id.); voc. do l, (121 2«). La chute
de t dans le pr. et le In. s'explique
parle transport do l'accent do i sur o. Cotte
chute est fréquente après r (cp.capriolum,
vpr. cabrai, vfr. cherreul). On voit que
r* existait encore au xtv« s.
La forme acouirt répond à scuriarius
(^3).
ACUFFÉ. ÉE (akufé) adj. v. — à Crap.
blotti, ramassé; par extension se dit de
toute chose compacte et serrée. De pan
acuffé, du pain serré, sans trous.
Do ad et cvilum (?) avoc un suff. d'oïl sur
lequel a agi peut-être l'infl. d'étouffer.
Être acuffé, c'est être ramassé, resserré
sur son derrière.
Le wal. a acoufeté akoufté, blotti, que
Grandg. rattache au vfr. couve, couverture.
Cette étym. est douteuse ; en tous cas
couve n'aurait pu donner le In. acuffé :
il aurait donné acovô, et si l'on admet
l'infl. d'oïl, acové ou acouvé,
ACUTI (S*) V. a. V. outi.
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ADUR
11
ADDURE (adure, et suiv. les lieux
adjure , adzure ) AD D U I R E , à Grap.
A DU ÈRE V. a. For. addure adjure, dph.
adure, sav. adduire, Igd., gév. adure
adurë, — Apporter, amener, conduire.
V. irrég. ladiutes adultes «c?at*i, apportez
(Goch.).
On iduisit de corones
De Uuri, de sarpolel.
« On apporta des couronnes — De laurier,
de serpolet. » (Revér.)
Formé sur le prés, de l'ind. addnco,
devenu régulièrem. fadduio. D'où inf.
adduire, réduit à addure (48).
ADIU COMMAND fkoman). ap. Goch.
a diu vos command, — Traduct. de ad
Deum te commendo, « Mais à Dieu te
command*, ie vois deuant dire que tu
viens tout a loisir. (L. Labé) » For. Adio
coumand. C'est ainsi que Ghap. termine
VAvis aux effans deSantetiêve.
La forme rég. devrait être commind
(en = in), Confusion probable avec cum-
mandare. De mémo le vfr. a cornant au
lieu de cornent.
ADOBO (adobô) v. a. For. adoubd, Igd.,
gasc. adouba ; vin. adohar. —1° Arranger,
préparer. « Item por adohar I grant pair, »
de même pour réparer un grand chaudron.
(Cont. N.)
2' Frapper, abîmer de coups. Fr. dauber,
wal. dôber.
Ah, mile yar de sori, buchilloii, le m'adohcs!
« Ah, milliard de sort! chélif, tu
m'abîmes ! » (Mel.)
De l'ags. dvLbban, donner l'accolade à
un chevalier en le frappant du plat de
répée.
ADOY (adoi) vin. s. m. — Aqueduc.
€ Adoy, en vulg. lyonnois, signifie un
aqueduc, et c'est ainsi que l'on appelle
ces restes d'arcades qui se voyent encore
aujourd'huy. » (Le Laboureur)
Vfr. dois doys, canal, de dixctus, UhvQÎ
enlr. par un groupe avec gutt. = oi (cp.
angocsia = aïigoisse),'^Q pas confondre
avec Doye, source, fontaine, dans beaucoup
de noms de lieux : Lndoix (Gôle-d'Or), la
Doye à Nérondes, la Boye-de-Nantua ctc.
Un 3* groupe ne possède pas d'yotte :
Boue, douet, lavoir, en Bretagne ; wal.
dewe, creux, cavité; fr. douve, fossé, qui
a certainement été doue.
Littré et Scheler rattachent ces derniers
à doga, en compar. rogare = rourer;
mais dans doga o est bref, et l'on devi-ait
avoir deue, deuve. Ou l'étym. est erronée,
ou doga avait pris o long en b. lat.
Le rad. qui a foi*mé les noms de Maux
estprobablem. celt., quoiqu'une se retrouve
pas dans les dial. existants. Gelui (lui a
formé douve peut avoir une orig. analogue,
puisque doga ne l'explique qae d'une
manière insuffisante. Il est probable que
dois, conduit, d'orig. lat., et doye, source,
d'orig. celt., se sont confondus dans
beaucoup do circonstances.
ADRET (adré) s. m. — S'emploie surtout
dans cette loc. : A l'adret, exposé au midi,
par opposition à Vinversat, du côté du
nord. Nom de beaucoup de lieux. V Adret,
territ. de St-André-la-Côte. Les Adrets,
L'Adret (Isère), Les Adrets (Var).
De ad el direct um, devenu dri(ftum
(187). Brictum a donné dreit (18 2°;,
réduit à dret,
ADRUGI V. drug\,
• A FFAN AILLES v. affanures.
AFFANAIRO (aflfanèro) s. m. Vin.
affanour afanœu, pr. et vpr. afanaire.
— Travailler de peine, spécialem. pour la
levée des récoltes.
D'affanô. SufT. airo (13).
AFFANAJO (afanajo) ap. Goch. AFFA-
NAGEOU s. m. — Salaire d'un travail de
peine.
D'affanô, avec sufT. ajo = aticum
(161 5o).
• AFFANO (afanô) vin. affana v. n.
Vfr. afaner, for., dph. afana; genev.
affayier, vpr. affanar, b. lat. affanare. —
Travailler de peine, avec effort.
Fai que Yoleii el «erpa
Se possen affana.
€ Fais que faucille et serpe se puissent
louer . » (vx noël)
Mei bon per druffoyé, tandi
Qu'iil afanon lo Poradi.
« Mais pour bien se réjouir; tandis —
Qu'ils (les pauvres gens) gagnêrit péni-
blement le Paradis . » (Corn.)
De ahan, onom. du souffle de celui qui
traviiiile avec peiuî. L'aspiration trè.s forte
do /i a amené son ch. en f.
• AFFANURES s. f. pi. — Gain obtenu
pav un travail de peine et spécialem. la
portion que les moissonneurs et battetirs
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It
AFFA
de blé prélèvent pour leur salaire (Goch.).
Affanailles est aujourd'hui plus usité.
'D'affanô, avec suflf. ures =. orias (37)
pour affanures, et suff. coll. ailles pour
affanailles (cp. semailles).
AFFARA (afara) adj. — BriUant. « La
bella éteila bien rogi et bien affara •, la
belle étoile bien rouge et bien brillante
(vx noël).
Du vpr. fara (ap. Mistral), torche, de
yavoc, lanterne (v. farassa). En dph. le
sens s'est étendu au fig.
Et qutn, peuMc, •ffart d'un •moirou braisié,
U me Tint conforU !• bouchi d'un biiiié 1
€ Et quand , puis , enflammé d'un
amoureux brasier, — Il me vient récon-
forter la bouche d'un baiser! » (Batif.)
AFFARO (afarô) v. a. For. affara, —
Caresser, spécialem. lisser le pelage des
animaux.
Eiu •ffirant lo poil dou siro muselb.
« En caressant le poil du sire muselé. »
(Ménag.)
AFFARO (S') V. pr. For. s'affara, —
Faire sa toilette, s'attifer, s'apprêter.
Du vpr. s'afarar (pr. s*afara)^ se mettre
au travail, où l'on semble reconnaître un
V. forgé après coup sur afar^ affaire,
subst. V. tiré lui-môme de a et far(=:ad
facere). Ch. de a en rî (14 3«).
AFFARO (affarô) AFFARË (affarë)adj.
— A Grap. bien arrangé, bien mis.
T>' affarô, verbe.
AFFEITI AFFÉTI (aféU), ap. Goch.
A FFÉT A V . a. — Nettoyer le blé, le cribler.
Vfr. afaiter affaictier, préparer, arranger,
disposer; wal. afaiti, accoutumer; dph.
afeita, parer ; norm. affèter, assaisonner.
De ad et de /ac(are, fréq. de facere.
Ch. de ac en ai (61). Ai s'est affaibli en é
parce qu'il est devenu prot. médial. Gh. de
are en t (15 3»).
AFFENAGE (s. m.). Location d'écurie
avec fourniture de foin et d'avoine pour
les bêtes da selle et de trait. Plus dph.
que In.
De fen, foin, avec suff. âge = aticum
(161 5«).
AFFETU (afetu) s. m. — Crible.
D'affetô, avec suff. u (36).
AFFLIGI. lA (afligî, ia) adj. v. —
Estropié, ée. Wall, af/lgt, bossu.
D'affliger, avec subslit. du suff. i
( 15 ^h
• AFFOLO (afolô) v. a. Vfr. affoler,
vpr. afolar. — Blesser. Goch. donne
affoler comme usité à Beaujeu. A St-Mart.
affolô, blesser en parlant de la chaussure.
Mis esclos m'ant affolô, mes sabots m'ont
blessé.
De *full9t,re. Gh. de u bref en o (69) ;
de are en d (14 3»).
AFFORCI (aforsî) Goch. donne concur-
remm. AFFORCIA v. a. For. afforchl. —
Soutenir, affirmer quelque chose, renforcer
son affirmation.
Du b. lat. forcia, dér. de fortis, avec
préf. a et suff. t (15 1").
AFFORO (aforô) v. a. — Percer, aller
au fond.
De ad-fora-re. Gh. de are en ô (14 3«).
AFISTOLO (afistolô) v. a. Pr. afistola
afistourla aflscoula. — Attifer, orner.
De flst(u)la, pipeaux. Gp. vfr. afistoler,
piper, prendre par de beaux semblants;
d'où afistoleur, trompeur. La persistance
de s et de la proton, indique un mot forgé
par quelque savant.
A FONT (afon) s. f. — Source, fontaine.
De fontem, avec préf. a (v. a prèf.).
AFRUMO (afrumô) v. a, — Affermer.
De ad et firm9t,re. Mètath. de r (187
!•). Gh. de t en a sous l'infl. de f-m (62
rem. 6); ch. de are en ô (14 3«»).
AFUIRI (afuirî) v. n. -- A Paniss. se
dérober, glisser, broncher. Mon n'hachon
a afuiri, j'ai manqué mon coup de hache.
Métaphore tirée du fr. foirer, devenu
fouèri, fuérï^ fuirl, avec substit. du suff.
i (15 &•).
AGACÎ (agacî), * AGACIN s. m. Pr.
agacin, Wal. agasse. — Cor aux pieds.
Du vha. agB,lsira, pie. Cp. al. elster-
auge, cor au pied (œil de pie), et le fr. œil
de perdrix.
* AGACI (agassî) v. a. — Agacer (les
dents). « Cul a le dins agacies », il a les
dents liées (Goch.).
Du vha. hSLzJan, harceler, qui a fait
agacer au sens d'irriter, provoquer.
AGANTO (agantd) v. a. — A R.-de-G.
séduire, tromper. Pr. aganta, vpr. agan-
dar, dph. anganta, Igd. agancha agansa,
cat. aguantar, it. agguantare, atteindre,
prendre, saisir.
Comptant que ton Segneur agantari lo juju.
c Comptant que son maître séduirait
les juges. » (Proc.)
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AGOT
f3
Du germ. — Suéd. dan. vtinte, nor.
vottr(=ivantr), gant, avec préf. a. Ch.
dev{=w)eiïg (101). Suff. ô (14, !•)•
Littér. prendre avec des gants.
AGOTT AILLES s. m. pi. —Vin qui reste
au fond du tonneau quand on le soutire.
D'agotto, avec suflf. d'oïl ailles^ qui est
icicollect. mais non péj. (cp. semailles^
affanailles).
AGOTTIAU (agotiô) s. m. Vfr. agoUail,
agottal, pr. agouta agoutal^ b. lat. agot-
talum. — Écope.
De gutta, avec préf. ad et sufT. ellum (32).
* AGOTTO (agottô) v. a. Alp. agoutar.
— Tarir, mettre à sec.
De gutta, qui donne en In. gotia
(38), avec substit. du préf. a k ex dvi fr.
é goutter.
AGOURINO (agourinô) adj. des 2 g. —
Adonné aux gourrines, femmes de mau-
vaise vie. For. gourrina, courir avec sens
péj.
Quand b Tt gourrina chiex le geni,
Vou-éy tnU pire que de lurfeDS.
t Quand on va importuner les gens, —
On est traité plus mal que des sergents. »
(Gbap.)
Du vfr. gourrine, formé sur gourre,
mal de Naples, avec préf. int. a et suff. ô
(14 8»).
AGOURO (agourô) v. a. Vfr. gourer,
pr. agoura goura. — Tromper.
Littré donne p. étym. Tarabe gharr,
tromper. Préf. int. a et suff. ô (14 S»).
AGRAILO V. aingrailo.
AGRENOLLI (S') (s'agrenôlhl) v. pr. —
Se rapetisser, s*accroupir.
De grenôlhi, grenouille (se mettre en
grenouille), avec préf. a, indiquant le
mouvement, et suff. t (15 4«).
AGRIPPANT. TA (agrifan, ta) adj. —
Appétissant par un goût excitant, un peu
acide. Au flg. se dit des personnes : t Gela
bôlhi è n'agrifanta », cette fille est
attirante.
De griff'e, avec préf. int. a et suff. ant
=^antem. AgrifjTant, qui saisit; cp. fr.
popul. empoignant. Mais le sens a
certainem. subi l'infl. d'acrem.
* AGRIMA (agrima) vin. laygrema s. f.
Lgd. gruma, dph. agryma, vpr. lacrima
lacrema lagrema, pr. lagremo, — A
Gondrieu larme. On trouve aussi lacrime
dans Jean de Meung, mais n'est-ce pas un
mot savant ?
Las agrymoê plouviaut su souo meigre Tisage.
€ Les larmes pleuraient sur son maigre
visage . » (La StAnt. pat. dph. 1858)
De IsLcryma, avec transpos. de l'accent
sur t. C'est à tort que M. Zacher a lu
ISLjgremes (Marg.), avec persistance des
2 post-ton., car le déplacem. d'accent
existait déjà dans le vpr. lagrema, comme
en témoigne le pr. mod. lagremo. Peut-
être l'expliquerait-on par une format,
savante, passée dans le popul. Quant au
mot In. il est venu par le Midi, et n'a pas
dépassé la partie sud de la province. Ge
qui est particulier au In., c'est la chute de
/ initiale, par confusion avec l'article.
AGRIMOLO (agrimolô) adj. part, des
deux g. — Racorni, chétif, accroupi.
Agrimolô prè dou fuè, resserré au coin
du feu.
De s' agrimolô.
AGRIMOLO (S') V. pr. — S'accroupir en
se resserrant.
De it.^rimo, ridé, avec préf. int. aetsuff.
fréq. olô (cp. àgrimodon, en gremiciau).
A GROBILLON (grobilhon) loc. — Se
tiendre à grobillon, se tenir ramassé,
blotti.
De groba, avec suff. dim. illon.
AGROBO (S') (agrobô) v. pr. — Se
ramasser, se blottir. V. groba.
AGROGNI (S') (agrognl) v. pr. Alp;
s'agrougna, mars, s'agrouagna. — Se
resserrer, s'accroupir, se blottir, se pelo-
tonner.
De groin, avec préf. a et suff. t (15 4«).
S'aggrognl, littér. ramener son groin sur
les genoux, le cacher. (En In. groin :=
visage).
AGROPO (agropô) GROPO v. a. For.
agapa, dph. agropa, pr. agripa^ berr.
agraper. — Prendre, saisir.
In accaparou droblôTe lo p6s;
A te Ta copô
Et te la groppô,
c Un accapareur doublait le pas. ~ Il
va te couper — Et te la saisir. • (Tré C.)
A tant de gro maihur, don ore la marpa,
Deu po de ten en çai, tin lo monde ctgropa»
« A tant de grands malheurs, dont
maintenant la griffe, — Depuis peu de
temps en ça tient le monde étreint. > (Bat.)
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«
AGRO
Du b. lat. agrsLppa, ctmp. de ad et de
grB,ppa, croc (vii« s.), probablem. par un
interm. *agrappare. Sufif. ô (14 2«).
AGROUMI (S') (agroum!) v. pr. For.
s*agroumi,\^d.s'agroumilha, lim. s'agru-
mi^ pr. s'agrouma s'agy'onmeli. — Se
resserrer, s'accroupir, se blottir.
De giHiminn, potite agglomération, d'où
le sens de peloton. S'agroum'i, c'est se
pelotonner. La forme rég. sevsLÏis'dgrumô,
w k)ng en lat. donnant u In. (45). C'est
ce qui est arrivé pour le lim. {agrumï) où
la môme règle existe, mais non pour les
autres dial. d'oc qui ont la nu^me irr. que
le In. On peut l'expliquer en disant que u
était devenu bref en b. lat., ce qui donne
ou en pr. et assez souvent en In. (34).
Le suff. i au lieu de ^ (14, 3°) s'explique
peut-être par l'infl. du v. ugrognï, môme
sens.
Gru77ium a donné agroumi comme
grumellmn a donné les formes du pr. et
du Igd. agromneli et agrouniilha. De
grumum viennent encore les dér., for.
grimo'fon (se mellre en grimodon), ss-rom.
à greynauton et In. à ungremiciau.
AGUÉRIN (aguérin) s. m. — A Paniss.
purin.
Ty^aquarïnum.Aqua ayant donné at>«t,
on devrait avoir régulièrem. aigiiérin.
AGUINCHI (aguinchf) k Lyon agid7i'
cher V. a. Pr. agacha. — Épier, guetter,
regarder av^c soin et précaution. AU.
ï9inken, bol. wenken, sax. wincian,
angl. to wink, cligner de l'œil.
Du vha. winchju, cligner de l'œil, Gh.
de w init. en gu (101) ; suff. l (15 2«).
AIGRAT (ôgrà) s. m. Roan. aig^-é, vfr.
aigras aigret. — Raisin resté vert, ven-
danges faites.
D'acrem (v. aigri), avec suff. dim. at.
AIGRI (égri) loc. Feire aigri, k Lyon
faire aigrm. — Agir à l'extrémité d'un
levier. En For., aigri signifie levier, et en
pr. aigre ogre, orgueil ou cale pour
soutenir feffort du levier. En In. aigri
subst. n'existe pas.
D'Acrem, employé pour chose pointue,
pic, pince, sg|ïs qui concorde soit avec le
for., soit avec le pr. — Gh. de cr en igr
(164 1»).
AIGUALISSI (égalîssi) s. f. For. aiga-
lici. — Réglisse.
Votsse dil que les gens machaYons (Taiga-lke.
« Vous eussiez dit que les gens mâchaient
de la réglisse. » (Ghap.)
Corrnpi. de réglisse, comme l'eau d'â7îon
pour laada7ium, ordure de potassium
pour iodure de potassium, etc. C'est
surtout dans les termes médicaux que ces
corriip^t. sont fréquentes.
AIGU Av. aigui,
AIGUADA (ôgada) s. f. — A Morn. gué,
D'agwa (= aiga k Morn.) et suff. pr.
a,da = al a.
AIGUE-ARDENT (ôgardin) s. m. For.
ùigardent aigardente, dph. aigardani.
— Eau-de-vie. /wt>. de la C, 1472-1475 :
« Achat de salpôlie, d'aigue-ardent, de
mayere (racine) de sauge pour fere
charbon pour la dite pouldre... 1466-1469 :
« Pour une livre d'eau ardent.., »
L'un iiiiçunncson vin, Taulre son aigardtui.
a L'un étançonne son vin, l'autre son
eau-de-vie . » (Gren. mal.)
Ai(jard(tnt s'est plus conservé dans le
di)h. que dans le In. Mena, bailli-me lo
goubeau, par beire de l'aigardatit,
enfant, donne-moi le verre, pour boire de
l'eau-de-vie.
D'SLcquam et ardentem.
AIGUI (égui), à R.-de-G., Yzer. AIGUA
s. f. For. aigua, pr. aiguo, vfr. aiguë. —
Eau. Le vin. disait indifféremment aygua
et aygui. Tar, de la V. 1277: « Li chargi
qui vait per aygui de draus. ïuit licuer...
per terra ou per aigua, » Le Carc, n'a que
la forme eygui. Rubys au xvi« s. écrit
aiguy.
}ya.qua. Gh. de a en ai (10) ; de qw en g
dur (cp. 86). Fin. i (53 4«, rem.)
AIGUI (aiguî, sans faire sentir u) s. m.
— Évier.
D'açwa, avec suff. arium (XS).
AIGUILLES s. f. plur. Se dit des deux
montants verticaux qui, au pressoir,
soutiennent le chapeau, la roue et la pièce
horizontale au-dessous, dite coulaissi,
qui glisse entre les deux aiguilles.
Tiré du fr. En In. aiguille se ditu//t.
AILLAN (alha.n) ap. Goch. AGLIAN s.
m. Vfr., genev. aglan, berr. glan aglan,
cat. agla. — Gland du chône.
De gl2k,7idem, avec un préf. a, voyelle
euphon., ou peut-être art. fém. du lat.
conservé après que le mot eut changé de
genre (cp. alemelle de lama). Gh. de^Z.
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AING
15
init. en Ih (109). La graphie afflian dans
Coch. est tirée de l'it. pour exprimer /
mouillée. De môme il écrit bôlhi. Pourtant
qq. rares endroits prononcent aglian.
AINGRAILO (ingrôlo) dans le Fr.-L,
ANGRULO (angrulo) à Grap. et dans
toute la montagne, AGRAILO (agrêlo) à
Beauj., ANGRIOULO (angrioulo) à Morn.
ANGRIOULOT (angrioulo) àSt-Mart.s.m.
For. agrêvou agriol, bug. agruëllOy dph.
aigrevô grevou, pr. agréa, vpr. agriol.
— Houx.
AppoAy sus un balon
lyagrêtouy d^agrévou.
« Appuyé sur un bâton — De houx, de
houx. » (Ghap.)
D'agrifoî(lium). — Forme du Fr.- 1. :
ch. de a suivi de gutt. en ai (61); chute
de /'(144 2*»). Le ch. de o en ai s'explique
par un agrifellium où t proton, tombe, et
où e bref devient ai par l'attract. de l'yotte
de ium. La forme de Grap. s'explique de
même par la voc. de / après e: angrieulo,
angreulo^ angrulo. La forme la plus rég.
est celle de Morn., angrioulo, d'agri(f)ol-
lium, où 0 devient ou jiar voc. de Z, et où
e ouvert = i (25). Angrioulot estundim.
avec suff. ot.
Angrulo est aussi le nom du bouchon
suspendu qui sert d'enseigue aux cabarets
parce que ce bouchon est ordinairement en
houx.
' AISIA (ôzia) adj. v. — Aisé, aisée.
AISIÉS» aisés, aisées.
L*t d'aisia est celui du vfr. aisier, faci-
liter. Fin. ta (15 5», rem.).
* AISOS (ôzo) s. m. pi. For. aises, dph.
eisina, b. dph. aisinos. — Vaisselle, bat-
terie de cuisine. Pr. aise, tonneau, vais-
seau, ustensile, vase.
Ceinarc, iiustia eUina
Sarit pru deibraillu qu'uua TÏeillt fargiiia.
Eisina est pris ici sensu obsceno :
t Commère, notre eisine — Serait plus
débraillée qu'une vieille besace. » (Bat.)
Le vfr. avait aisemance, aisemence
dans le même sens, et le vin. eysitnenj
(Cont. N.)
Aisos et ses diverses formes ont été
sans doute engendrés par une extens. de
sens analogue à celle qui, d'aise, satisfait,
a donné en fr. aisances pour servitudes,
dépendances, commodités d'une maison,
et aisances, retrait.
• AISSETTA lèssèta) s. f. Vfr. aissette,
aiscette, pr. eisseto, Igd. aisseto, veK
aiscèta. — Herminelte.
D'ascUta, devenu acsitta par métath. de
se (166 6). Gh. de ac en ai (61), de t
bref en tr. en è (30).
AITROS (êtro) ÉTROS s. m. pi. —
Auvent, perron, marches au devant d'une
maison, d'une église. Vfr. aitre, parvis
(Roland).
D'a^r/tt. Ghang. de a en ai par attraction
de l'yotte de l'hiatus final. O final au lieu
de a représente le masc. (56).
Cognutre los étros, connaître les dispo-
sitions intérieures d'une maison, et au fig.,
être familier avec une chose.
AIVA(êva)s. f. AIVAJO (êvajo) s. m.—
Qualité, race, surtout en parlant des arbres
et des plantes. « Gelos sardi sant de bon
aiva », ces cerisiers sont de bonne race.
Par confus, avec l'art., certains endroits
disent leva, Alp. aibo, qualité; vpr. aib
aip, qualité, mœurs, habitude.
Du basq. aipua, renommée, réputation
(Mahn). Gh. de jp en v (140). —Peut-on le
rapprocher du gr. it;retu ? — Dans aivajo
s'est ajouté le sufif. aticum (161 5»).
AIVAJO 8- m. V. aiva.
AJACI (ajassl) v. n. — S'accroupir.
De jacir^ pour jacere (23, rem. 2), avec
préf. ad. On devrait avoir régulièrem.
ajazi (130) comme le fr. a gésir, /long
= i (33).
AJAT (ajà) express, qui signifie litté-
ralem. à l'accroupie. On dit en proverbe :
Magnificat, (sanst proiioocer le 0
Que lève le feuiies d'ajat ;
Gloria patri.
Que le tornc ajaci,
a Magnificat, — (Jui fait lever les
femmes accroupies; — Gloria patri, —
Qui les fait accroupir de nouveau. » Parce
que, à l'église, les femmes s'asseyaient sur
leurs talons. Or, au Magnificat, tout le
monde se leva, et au Gloria on se l'asseoit.
Subst. V. tiré d'ajassi.
AJOU (ajou) s. m. — 1. Dans le Fr.-l.
Hotte.
G'est le vfr. ajou, aujourd'hui ajonc,
b. lat. adjotum. On ne fait pas les hottes
en ^/o ne, mais on les faisait en^onc, et
les deux plantes ont été constamment
confondues, témoin la forme ajonc.
2. — Ciseaux,
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16
A LA
De ad et juga. Le chang. de u bref en
ou indique une formation d'oU.
A LA (ala) A LA Y vin. s. f. — Terme
de construction d'acceptions variées.
Inv, de laC, (1869) « Item p. les ailes et
bochez de chano », de môme pour les ailes
et bochets de chône. 11 s'agit probablem.
de cloisons de bois entre les macbicoulis,
destinées à maintenir verticaux les
créneaux ou la pansère sur les blochets
formant saillie au devant du mur.
« Item per fustalli de bochez et ailes de
chano », de môme pour bois fournis pour
les bochets et les ailes de chône.
« Item pour les aies de chano deis la
dicta eschiflfa tanque à la dicta tour », de
môme pour les ailes de chône depuis la
dite échauguette jusqu'à la dite tour. — Il
s'agit sans doute toujours d'ailes entre les
mâchicoulis pour tout l'espace compris
entre une échauguette et une tour.
« Item per bochez de chano p. fare les
alays audit pan avoy les pos, fusta etc. »,
de même pour faire les ailes au dit pan
(de muraille) avec les pieux, bois, etc.
4 /ay représente fl/armm (13) et le sens
parait ôtre celui d'un ouvrage en aile
aidant à défendre l'approche de la muraille
ou maintenant des terres latérales.
« Item p. les dues aies de mur qui fant
la dessendua de la posterla sobz la dicta
tour », de môme pour les deux ailes de
mur formant la descente delà poterne sous
la dite tour. — Le sens est certainement
ici celui de murs en aile retenant les
terres latérales.
D*a/a(let63 H»).
A LA BADA (a la bada). — Loc. pour
au dehors, en liberté.
Dér. à'àbadô,
ALAGNI (alagni) op. Goch. ALAGNIE
8. f. — Noisette.
Forme d*aulagni. Dans alagni (avel-
lanea) v a disparu, sans se vocaliser
comme dans aulagni. Ce dernier, plus
rég. , est plus usité.
ALAGNI (alagni) s. m. — Noisetier (v.
aulagni),
A LA MON (alamoA) s. m. Dph. aramon,
Igd. alamon, pr. aramoun. — Sep, pièce
de bois qui porte le manche de la charrue.
De l'esp. et ptg. alamoalemo (?), ormeau
ou peuplier, selon qu'on dit alamo negro
ou alamo blanco. L'orme est un bois dur
qui s'emploie pour le charronnage. On
peut citer un grand nombre de mots où la
matière a donné son nom à l'objet : cp.
fr. verre, vase à boire ; jo7ic, canne ; lorr.
sapin, hotte à vin ; fr. popul. sapin, fiacre;
In. sapine, bateau en sapin. Alamo,
accentué sur la pénull., donne alamon
avec un suff. dim. on,
A lamo yieni d*ulmum, sans doute par
une forme almum. A méd. est probablem.
une voy. d'appui, introduite pour faciliter
la prononciat. Elle a dû se produire en
esp. sous l'infl. de l'arabe, peut-ôtre
d*alamud = columna, barre.
Le fr. armon, pièce du train d'un carrosse
où s'attache le gros bout du timon, a sans
doute la môme orig., mais il a élagué l'a
qui précède la syll. accentuée dans le
mot In.
ALANCO s. m. — Surnom péj. donné
aux habitants de Hontalon.
D'alancô, adj.
ALANCO (alankô) adj. part. — Affaissé,
mou, lâche.
D'alancô verbe.
ALANCO (alankô) v. n. — S'affaisser.
Lo mur a alanco, le mur s'est renversé,
Celo blôd a alancô, ce blé est couché.
Sarde allacanài, affaiblir, débiliter ; alla-
canàu, affaibli, languissant.
Du rad. de langueo (?), gr. Xay, XayajXiV,
mou, chétif, avec préf. int. a et suff. 6 (14
4»). Sur la remonte de ^ à c, cp. paganum
= pacan, et surtout le sarde allacanàu.
Le dph. a anco, soutien d'un mur
(probablem. d*angulum). Le mot n'a rien
de commun avec alancô. Si anco était le
rad., on aurait en effet le préf. dis, et non
le préf. a, al»
A LA SOUTA (soata) loc. Dph. à la
souto. —A l'abri. « En tout caus, je sons
iqui à la souta », en tout cas, nous sommes
ici à l'abri (Dial.),
Et qae, de gran Terfugni
En la tout du cayoïi vito s'alei cachié,
c Bt que, de grand'honte, au tect du porc
vite il aille se cacher. » (Banq,)
Per trouva un endret k te belire à la touta,
« Et trouver un endroit pour se mettre à
l'abri. » (Blanc la Goutte, Dph,)
De snbtus, probablem. par l'it. sotto,
lieu inférieur à un autre.
Forme d'oïl-; subtus a donné so (38).
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A LA Y
17
ALAY vin. v. ala,
ALAY (ala-ï) s. m. GfTiov. ali(r. —
Alisior. P.>il. allier, peuplier. Le Pont-
d*Alay\ li(Mi dit, aux portos do Lyon,
sij^nif. le Pont des nlizievs.
Du vhtall. e/ija, alizé, par l'interméd.
du vfr. aliier, alizier. Chang. do i en a par
dissim. (83) ; de ter en \ (13).
ALAY-POUS vx terme de boucherie en
pat. de Villefranche, indiquant probableni.
les boyaux. — Accord entre l'Hôtel-
Dieu et les bouchers pour les droits de
corvée (1337). « Gonfessi que fuerunt
superius nominati niacellari quod in la
cora mutonis débet esse tolus pulmo
mulonis et tertia par jecoris sieu fejo, et
débet se tenere à la corniola ; de capra
eodem modo; de porco penna jecoris et
débet se tenere li doux sieu fol cum toto
pulmone, exceptis les alrn/potis de supra,
et de aliis animalibus prout consuetum est
ab antiquo. » (Gommuniq. par M. Missol).
Je cn)is qu'on peut tirer nUnj d'une
forme iHeLvium^dér. d'ilia (v. aussi hilla).
Arium = \ (13), et conmie la prononciat.
ne peut admettre iVtV, on a alay par dissim.
(83). Quantàpow^, c'est l'indication quali-
ficative de la partie des en Irai l les réservées ;
il doit répondre à l'idée de parties molles,
de pnïsmn. Cp,pulsum cerebri, cervelle
épanchée; pr. pous, paume, mollet de la
main (Dict. de la Prov. 178Ô).
• ALBERGI (albergi) s. f., à Lyon,
auberge, — Pèche à pulpe adhérente.
Du vfr. auberge, où l de l'esp. alber-
chigo s'est vocal. Nous aurions du avoir
arbergi (170 4»). L'incommodité de la
prpnonc. des deux r a fait conserver /.
ALBRANDA (albranda) s. f. For. ala-
branda, pr. blanda. — A Paniss. sala-
mandre.
Du vfr. halbran, jeune canard sauvage,
tiré lui-même du germ. halbente, plongeon,
oiseau aquatique. Le In. a appliqué ce
nom à la salam., à cause de son habileté
à plonger. La même facullé l'afailnommer
a Grap. urina, d'uri?tare, plonger. Fin. a
(67).
AtÉRO (alérô) v. n. — Souffler, être hors
d'haleine.
Al einlrc en alérant pir pouère so placi.
« Il entre en soufflant pour pouvoir se
placer. » (Lep.)
}y(fnhela.re, devenu alenave par
nu'talh., et ulero par ch. do n on r (cp.
cophini(m= coffre, manîca ~ margue
canonicnm = ca?wrgi(e), et de are en (3
(1.4 3«).
ALINGEN (alinjan). Nom d'un jeu où
l'un dos joueurs cherche à deviner le
nombre d'objets, pois, haricots, etc. que
l'aulrojoueur tient dans sa main fermée.
Voici le dialog : Alingen? —Je ^ninistro,
on Je m'y mets, — JusqiCà quant ? etc.
Klym. inconn. Faut-il lire ri Vingen pour
à Vcngienî\h\ ^;/.7'>/«, esprit, jugement;
(ïingenium. A Vingen, c.-à-d., au juger,
à la devinette. ^;i/7/V« aurait dû donner
ingin, mais gin a pu être corrompu en
jan sous l'infl. qui, a fait traduire à Gham-
poUion-Figeac alingen par allons, Jean,
co qui est inadmissible, soit comme sens,
soit ])arce que allons ne se dit pas alîn,
mais vous -nus, ou mémo, en voulant
parler français, allans. La réponse, je
ministro, usitée en Dauph., est le lat.
Kiinisfrarc dans le sons de fournir. Au
xii« s. il existait encore en pr. : Sa lengua
menestra fuoc, sa langue jette du feu. Je
m'y mets doit être une corrupl. de je
ministro. Jusqu'à quant (et non quand)
est usquc ad qtianium,
ALLAMANDRI, ALAMANDRI (ala-
mandri) s. f. — Germaiulrée.
De it. calamsiudrea, de chamaedrys.
Ghute do c (186 8') ; ch. de ea en i (54 1°).
* ALLIEGRO, GRA (allégro) adj. Jur.
alliegro, it. allegro, esp. alegre. —Allègre.
Du vfr. haliegre, venu lui-môme d'aile-
crem ou alecrem, comme l'indiquent les
formes it. et esp.
ALLO IN CHAMP (alô in chan). Loc!
— Mener paître les bestiaux. 11 prend le
sons actif : alln in champ le vacher los
rayons, nionor paître l(\s vaches, los porcs ;
mais dans certains pays ou l'emploie avec
la prépos. ou {=nu]. « In païsan de quelo
païs, que lo lit allô en chon ou caions »,
un paysan du pays qui lui lit mener paître
les porcs. (/*«;•. Cond,)
l.aulrc dzor, la Boaaïiia
Allô\c in (himp u bus.
« L'autre jour la Benoîte — Menait
paître les ba»ufs. n (Vieille chans,)
ALLOVES (alôvo) s. f. pi. — Gopeaux.
For. allnvcs, allumettes. Orig. germ. — ^
Angl. leaf, ail. laub, sax. leafe, suéd.
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18
ALNA
lof, dan. lov, isl. laiif, fouille, copeaux ;
du goth. lauf, avec préf. rcnfon;. a.
Le V final vient du plur : angl. leaf, feuille,
leaveSy feuilles. Cp. fr. Juif, Juive.
Le sens du for. allôvcs, allumellcs, s'est
développé par l'usage principal des
copeaux, qui est d'allumer le feu.
Ce mot, à ma connaissance, n'a élé
conservé dans aucune langue romane, ni
môme dans aucun pat., sauf le for. et le In.
ALNA (alna) vin. s. f. -— Aune, employé
au sens de redevance. « Aussi o dey vont
li banc deuz ecofers... toit li banc qui
issont senz czoiz qui deyvont aines,
chacons II d. », aussi ce doivent les bancs
des cordonniers... tous les bancs qui s'y
mettent, non compris ceux qui doivent
aines, chacun 2 d. {Tar de la V. i271). —
Il est probable qu'il s'agissait d'un droit
général pour chaque banc de foire, dit droit
d'aune, soit que ce fût un droit d'emplace-
ment, à raison de la superficie occupée par le
banc, soit que ce fût une taxe pour droit de
vente à l'aune, ensuite étendue aux mar-
chandises qui ne se vendent pas à l'aune.
ALOGNI V. aulagni,
ALUIDI (aluidi) v. n. ^a.-vom.einlutzu
— Faire des éclairs (cp. luizarnà, môme
sens).
De lucid^Lve = luc'dare (78). Ch. de
uc en wi (181 !•) ; do are en / (15 3°).
ALUIDIA (aluidia) s. f. — A Paniss.
Éclair.
Subst. v. formé sur aluidi. Autour de
Lyon aluidia serait aluidi {S^ 1").
A LU NO (alunô) adj. des 2 g. — S'emploie
dans les expressions hen ou -àial alunô,
qui a bonne ou mauvaise chance. Liltér.
né sous une bonne ou mauvaise lune.
De Ivina avec préf. int. a et sufl'. 6 =
atum (1).
A MAITRE ramaïtre) v. n. — Se mettre
en condition.
De ad=: a et ni^gistrum = maître.
AMAN DR A (amandra) s. f. — Amande.
Une Hure d'aman dres. {CL Menuet,
xvi« s.)
le Uuon si bien lo drapiau
Auoy lo deuinty de pio,
Que ie lu faia blaii comme amandra.
« Nous lavons si bien les drapeaux —
Avec les tabliers de peau, — Que nous les
faisons blancs comme amande. » (Enlr.
de Bacc.)
"D'amyr/dala, La forme In. est plus rég.
qu(^ la forme fr., dans laquelle ne s'explique
pas la chute de /. Ch. do dl on dr (184
5'») : insert, de ?i (184 7-, rem.).
AMAYI (amayl) v. a. — Mettre le blé en
mayes ou rneyes.
De niSiya avec préf. a et suff. l (cp.
15 2«).
AMBAISSI, AMBESSI (anbôssi) vin. s.
f. — Tar. de la V. i29Ô : t Ambessi de
furnilli de v^ fais, a l'entra paiera ii gros,
— Id. lî^58 : Ambessi de furnilli de v« fos
lamhcssi \ %Y0^, — Arch. ?n. 1380. Payé
pour 426 fais qui ont été emploies... pour
la défense de Ron achetés... 6 gros Vam-
haise. — 1381 : Reçu... pour une ambaisse
do furnillie que fut taillée aubrotel...pour
mettre en la peyssiere... » M. Gras donne
le texte for. suivant (xiii« s.): « Une
a/n^;a/55idefurnillede500faix Y ambessi. »
Vambaissi était donc une mesure pour les
fagots comprenant un nombre déterminé
de ceux-ci.
Du b. lat. ambdixia (?) ambactia, com-
mission, charge ; d'où ambaissi, charge
de une ou plusieurs voitures, par une dér.
de sens inverso de celle qui de charge (de
carricare), onus, a fait charge, tectigaly
impôt, redevance (?)
A rnbaxia (= ambac s ia) donne ambaissi,
par ch. de ac en ai (11) et de ta en t
(54 1").
AMBIORSES (anbiorso) s. f. plur. —
Appareil double pour le dos des mulets,
et dans lequel on charge des javelles. Il se
compose de deux cadres rectângul. fixés
au bât, auxquels sont attachés des filets,
noués par-dessus le faix pour le retenir.
On croit reconnaître le rad. ambo, du
caractère double de l'appareil. La 2« partie
du mot, orses, est inconn. Faut-il lire
ambobm'sas, réduit à nmbu7*sas, qnidonne
amb07'ses par ch. de u bref en o f{BS).
L'insert. de l'yotte entre b et la voy.
ton. a un ex. dans cabiotta. Cp. aussi
embierna pour emberna, et le pr, biou
pour bou {bovem).
AMBRE (anbre)«p. Goch. AMBRO s.
f. For. ambre, pv, amarino. — Osier blanc.
T>'A7n{e)ria, ville de l'Ombrie, célèbre
par ses saules et ses osiers.
Atque Amerina pirani lentae retinacuU tIH [Oeorg.
i. 265).
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AMBR
19
Insort, do h dans mr (176 2«). Lo mot
dovi-ait iHre ambri (54 1*), mais comme
il ne sVmploio j^uère qu'au plur. la formo
ambre (55) s'ost appliquée aux cas oxcep-
tionn. où il ost employé au sinj(. Je crois
que (^och. a fabriqué ambro par fausse
analogie.
AMBRIRI (anbriri) s. f. — Oseraie.
V>' ambre avec suff. iri = aria (13).
AMBUNI (anbuni) AMBUGNI AMBOU-
NI s. m. For. ambiguon attibngnofi, pr.
amounil embourifjo, saint, ambonrill,
\e\,ambourn't ambougnil, gév. étnougni,
vpr. ambonilh. — Nombril.
Vurnhuliculiim. Cli. de um en am (cp,
fr. trancher, de truncare; vfr. volante,
de tolantalem^ ; ch. de u bref en on ou «,
suivant les localités (cp. 33). Ch. de / en
n (147 80). La forme urnbuliculnm \Hnir
umbiliculnm est justifiée non seulem.
par tous les patois, mais encore par rt;>î6«-
sillOj qu'on trouve dans Isid. pour ventre.
Aucun de nos pat. n'a la prosth. n du fr,
nombril.
AMELÉNA (ameléna) adj des 2 g.—
Grêle, amenuisé. Cri avJn* è ameléna,
cette avoine est maigre.
Ameléna, par in ter vers, de cons.,
répondrait au vfr. amenulé, d'où ainelnna,
puis amelèna. Mais le seul ex. d'ameluné
que je connaisse (Godefr.) est tiré d'un
mauvais texte anglo-norm.,où le mot peut
avoir été forgé pour le besoin de la rime.
' AMERILLES s. f. pi. Pr. amarino, —
Rejetons des saules, dont on se sert comme
liens.
l>'amarïc(u)la pour americ{H)la, dér.
d'ameria (w ambre). Si la forme eut été
arn[e)ricula , on eut eu ambrilles par
l'insert. de b dans le groupe mr (176 2'),
Dans amaricula, la proton, méd. étant un
a, elle a persisté.
AMIATO (amiatô), à hyow, amater v. a.
For. abiatOf cév. amiado, b. lim. omiola.
— Amadouer.
Orig. germ. — Dan. made, nor. masta,
appâter, avec préf. a et suOF. ô (14 1«). Il
est remarquable que tous le.i pat. aient
introduit t devant a ; peut-être par infl.
imitât, dumiades chats(?), amiato ayant la
signif. d'achatir, amadouer comme les
chats, par des care.sses. Le for. montre
un ex. du passage de w à b (v. abuisl).
AMITIU, SA (amitiu, uza); AMIQUIU.
SA» adj. For. amitons,amitoHsa. — Affec.
tueux, qui a de l'amitié.
D'rtwnVtV, avec suff. u (35). Tdur, suivi
d'un hiatus, a une tendance très marquée
à passer à k : amikiu, (cp. Deus-Guieu).
AMODURO (amodurô)v. n. — Se calmer.
De *ad-)iioderSLri, Le passage insolite
de ei\ u s'explique-t-il parl'infl. de durer?
Ch. de a en 6 (14 S»).
AMOLADI (amoladi) s. m. — à Grap.
Remouleur.
De molatArlus, avec préf. a. C'est tout
à fait par exception que l'accent a été
reculé sur le !••' a. Ce ch. est récent. Le
but a été sans doute de raccourcir le mot.
Ch. de t en d (136), de arins en l (13).
AMOLAIRO(amolôro)ffp. Coch. AMOU-
LAIRE s. m. — Gagne-petit.
Dér. d'amolô, avec sulT. airo (13, rem.).
Les endroits qui ont le verbe amoiilô
disent amoulalro,
AMOLO (amôlô) ap, Coch. AMOULA
V. a. For. amolla, alp. amourar amoular.
— Aiguiser sur la meule.
De mola, avec préf. renforç. a et suff. ô
(14 3*), Qq. endroits disent amoxiU.
'AMORTI (amorti) v. a. Gév. amorti.
— Éteindre, abattre, tuer. Lo foué est
amorti, le feu est éteint (Coch.). Amorti
ina polailli, tuer une poule.
De ad et mortem, qui ont formé aussi
le fr. amortir, mais le In. a gardé la
signif. étym.
ANCRIE (A L') loc. — Etre à l'ancrie,
être aux abois.
WsLng{e)re (164 1», rem. 1) avec suff.
d'oïl ieicji.voler-ie, moquer-ie,piper-ie).
ANDAIN (andin) s. m. For. andan,
andana. — 1* Petite rangée de foin. 2* Ce
qu'un faucheur abat d'un seul coup de
faux.
Vfr. andaiti, peu à peu détourné de son
sens. Il signiliait enjambée, puis ce qu'un
faucheur peut faucher d'une enjambée
(Gotgrave) ; puis ce même espace mesuré
en large, mais s'étendant, comme un
chemin, d'un bout du pré à l'autre (Monet,
1648) ; enfin chez nous, ce qu'on peut
abattre d'un coup de faux. Les andains
sont donc les javelles couchées en rang
par la faux.
Le pr. a an^laiado endaiado, mais il
n'y a qu'une analog. apparente. Le rad
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20
ANDI
est ici daia, qui signif. faux. Endaiado,
c'est ce que peut saisir la faux d'un coup,
fttym. ohscuiv. Tout a^ ([u'on peut dire,
c'est qu'il se rallaclio \\\\ \y\\v qui a fonnr
l'ital. afidarc, uiarclirr.
* ANDIER (andié) s. m. For. andcr,
arrond. de Dôle and in. — Le gros chenet
de cuisine. Je dis gros parce qu'il y a un
gros et un potil chenet. L<' premier a, au
sommet, une sorte de hohèche, pour porter
récuelle où l'on trempe la soupe, et des
crocs le long du fût pour porter la queue
de la poêle.
Vfr. landier, sous sa forme primit.
andier, l init. étant une add. fautive
comme dans lierre {V terre).
ANDI RI (andiri) s. f. Ard. andéro, —
Servante. Ustensile qu'on pend à la
crémaillère pour soutenir la marmite t'tc.
L'andiri de la cassi, la servante de la
poêle à frire.
F6m. de andier, avec dér. de sens. Il
est assez curieux que, tandis que le patois
donnait au fém. l.aterm. rég. iri= fr. t'ère
(13), il n'ait pas formé un masc. andt,
ANEYT(ané) loc. — Aj). Goch. et àMorn.
hier au soir, mais à Paniss. aujourd'hui,
et dans beaucoup d'endroils ce soir. For.
anheu ayihodatihui, ypv. a?niechf a fioit^
'pr.a7ièc, nonn. anuit^ aujourd'hui. Vin.
anuit, ce soir, cette nuit.
Si anuy to galan te pouvon Tcni vcy.
Je ioz assomerai a crand cou de pavey.
« Si cette nuit tes galants te peuvent
venir voir, — Je les assommerai à grands
coups de pavé. » (Bern.)
De ha{c) nocte = aneyt. Chute de c
fin. de hac (116); ch. de nocte en neyt
(42 3°). Mais il y a eu confus, avec
l'étym. de ad hodie qui a donné le for.
anhod anhui et d'aulnes formes. De là
les sens divers de ce soir, hier au soir
et aujourd'hui, suivant les lieux.
ANGLIENCI (angli-insl) s. m. For.
angliensi. — A River, églantier.
C'est le vpr. aguilancier, d"acucule?i-
tSLrius, avec nasalisât, de a init. sous
rinfl. de^' (184 7*»). V. anguiber.
ANGRIOULO, ANGRIOULOT v. ain-
grailo.
ANGRULOv. aingrailo,
ANGUIBAR V. anguiber,
ANGUIBER (anguiber) à Morn., AN-
GUIBAR à St-Mart. s. m. — Fruit de
réglanlier.
Elym. oliscure. On lit dans la !•■• partie
du mot le rad. iVacHluin, La Î2« serait-elle
tirée du germ. beere, angl. berry, vx ail.
beri^ baie ; mha. ber, vha. péri ? Ces ex.
de composés d'un rad. lat. et d'un mot
étranger latinisé ne sont pas rares (cp. ad
cata-u7uimy ù cha-un et quantité de noms
de lieux). Le rad. d'acutum avec suff.
enturiycntium^ se retrouve pour l'églan-
tier dans presque tous les dial. romans :
vfr. aiglent, vpr. aguileyi aguila?icier,
for. anglienci. Aussi anguiber est-il le
nom du fruit de l'églantier et non de
l'arbrisseau, qui se nomme rousi^sain^ajo. ,
A nguiber serait la forme primitive, e-\- r
devenant facilement ar, et a -\- r ne
devenant pas er» Insert, de n (184 ?•,
rem.).
ANIEN(ani-in) ap. Coch. ANIAN adv.
— Nulle part. Vpr. neien, nien ; ital.
niente, rien.
De ad, ne et entent, partie, de suni.
* ANILLI (anilhi) s. f.For. aneille, vfr.
anille, — Béquille.
D'anilia, Ch. de ia en t (54 !•).
AN IN A (anina) vin. s. f. — Cuir d'âne.
« Li chargi de les moutonines ne d'anines,
I d. », les charges de peaux de moutons
ou d'ànes, I d. (Tar. de la V. 12/7).
D\is(i)fii7ia. Gp. asinum=z dne,
ANO V. ônô.
ANOUO (anouô) v. n. -* A Paniss.
Étouffer pour avoir avalé de travers.
De nodAre = 7}0uô, avec préf. renforç.
a. L'idée est d'un nœud qui serre la gorge.
ANTIFA V. Battre Vantifa.
"ANTIRON (antiron) s. m. — Le bois
de choix que l'on rencontre dans les fagots.
'D'B,m{i)tem, perche (= ante) et d'un
suff. qui peut être el, auquel s'est adjoint
un 2« suff. on, d'où antel, antelon, et
anteron, aw/irow,parch. de/ en r, comme
dans courtilliole devenu en In. courte*
rolla. — Le suff. a pu encore être
simplement on, relié au thème par r,
comme dans chape, chape-r-on ; vfr.
cope, cope-r-on.
ANUIT vin. V. aneyt.
APELOURDA vin. v. a. — Tromper,
duper.
Vou lu m'apelourdt de quoque chaudt p... {Bern)
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APIN
21
Formé sur le siibst. happe-lourde,
pierre fausse qui a IV'cIat d'une pierre
précieuse, et ainsi nonnnée parce tiuVllo
happe la personne lourde qui s'y laisse
duper.
'APINCHI (ap : (!ii , à rîivor. APINCHI
(api-nchi) v.a. For. appinchi, dpli. eipin-
cha epincha, pr. espincha, Igd. e\'pinJ(U
vpr. cspiH^ar expi)iclar et, suiv. Mistral,
apifizar. — (iuetter, épier, surprendre.
ApinchX ! loc. pour : Attends un peu !
prends garde !
Taiidio que me, par opinchi mon tour
0 me falyl bambanu lot \o jour.
. « Tandis que moi, pour pue! ter mon
tour — Il me fallut flâner tout le jour. »
{Per,)
« La dimingj, vos los arios vus bien
farauds, qu'api nchaynuviant le fille por
le menu frecotù))(D/a/.), le dimanche, vous
les auriez vus bien farauds, qui guettaient
les filles pour les mener s'amuser.
Aujourd'hui nous dirions qu'apiachiant
le fille, Apinchayauviayit suppose régu-
lièrem. un inf. apinrhaur'i qui n'existe
pas. C'est peut-être une irrég. locale. Le
for. est rég.
Quelou chin et louchât s'dpme/ionfoufouycrvChap ).
Ici apinchoiit est bien réguliérem. la
3« pers. plur.de l'indic- d'api ne fù.
De ad'SpeetSLre = a-spectave, ('bute
de s dans le grou])e sp (166 2o) ; insert.
de ti (184 70) ; ch. de e en i sous infl.
de la nas. (cp. 19, rem.); de même
pectifiare a donné pini ; ch. do et en eh
(16120). L(.j^ formes du vpr. ne laissent
d'ailleurs subsister aucun doute sur l'étym.
APIO (apiô) V. a. For. appiA, b. dph.
apiar, niç. apia apa. — Atteindre, saisir,
loucher au but. It. appieare, attacher.
Ympachira d'apio lo paradzi.
« Empêchera do gagner le paradis. »
{Gr, Jonn.)
Lo mo vient lot d'iqiii.. . j^n ne puront ïapio
« Le mal vient tout de là. . . ils ne purent
pas l'atteindre. » [And.)
De ad et piesire, enduire do poix, puis,
par extens. de sens, saisir, atteindre. Ad-
pieare donne en In. appayt {iB 2^), mais
le mol apia api't est d'oc ; il est venu du
Forez et n'est usité que dans les pailles
qui en sont limitrophes.
APLATO (aplatô) v. a. — Unir, rendre
plat.
Ih' plat, avec sulT. ô (14 I©).
Le fr. en a tiré un v. de la 2® conj.
[aplalir) et le In. un de la i^,
APOGNI(apo;^Mii;s.f.rioan.,sav.«?po^w<î.
V. pi'jne.
* APPARO (:ipir5) v. a. Vwapara, Igd.
para. — Iiettuir (jnebiue chose qu'on
vous jette. Ajipar) me itiefiti (Yzer.) ,
appàrô me ehiqui (('rap.), attrape cela.
\}\(pi.ar2i)'e, préj)arer, disposer, apprê-
ter, orj^Muiser qiu hiue chose pour un
certaiu but. Are ;= ô (14 o").
APPEILLIR, APPELIR. APPELIE vin.
V, a. Arch. m. 1379 : « Payé à Jehan Blanc,
serrailleur, pour appelir deux espies à la
porta du (iritîo, 3 gros... Poiir appelle la
seiTailledu punel de la porte Saint-Marcel,
7 gros. » 13«<). « Payé à Pierre le masson,
pour appeillir la porte Saint-Marcel, qui
estoit baisse et ne pou voitémander,6gro8.»
Il semble ressortir de ces cit. qvCappeil-
liv est un terme d'un sens fort général
(puis({u'il s'appli(pie tantôt à des travaux
de serrurerie, tantôt à des travaux de
maçonnerie ou de charpente) signifiant
appareiller, préparer, réparer, mettre en
état. Ce serait la contract. du vfr. appa^
leiller, dér. de pareil,
APPESO (apezô) v. n. — Appuyer for-
tement.
De ad-2)e?is&re, ('laite de n dans le
groupe il s (175) ; ch. de s en z (id) ; de
are en ô.(l5 3", rem. 3).
APPLAIT (aplô) APPLET (aplè) s. m.
— Paire de bœufs au joug. « Allô ou molin
par celos que n'ant ni sandô, ni tian, m
applet, » aller au moulin pour ceux qui
n'«)nt ni santé, ni temps, ni attelage de
bœufs (Monin). Vfr. apleits, instrument
de la])our ; norm. aplefs, attirail de péchet
Subst. vcrb. tiré iVapplay'i,
* APPLANTO (S*) (aplantô) v. pr. —
S'apaiser, se calmer. Lou vint s'applante^
$*ace((le, le veut s'apaise, se calme.
Dér. du gr. ûly-'j;, plut, par le latin
planta, ))rt»pn ni. plante d:i pied. En b.
h\{. plaiiUi si;,Miif. tal)le plane, plateau,
Le vent .s'((pplant(\ le vent devient uni,
calme. Ainsi un goût plat est un goût sans
relief.
• APPLAYI (apla-yl) v. a. — Atteler.
Applai/t los bous, mettn; les bieufs en
joug (Cîoch.). En for. applechi, qui a la
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APPL
même orig., a la signif. plus générale de
fournir, servir, ajuster.
D"applicB.re, Ch. de c en y (128 1") ; de
are en î (15 2°) ; de i en a pardissim. (83).
APPLET, V. appIaiL
•APPLETO (apletô) EPPLETO v. n.
1. Cast. esplechar, gasc. espleyta, I)err.
appléter, Eure-et-Loir appléter, cant. de
Bonneval espeléter. — Avancer, Taire un
ouvrage diligemment. For. r/pp/ec/ii, appro-
visionner, founiir; pr. e,çp/<?i7«r, exploiter.
2. A Morn., garnir un attelage.
D^eJcplicfijtSire, avec substit. dupréf.^^/
au préf. ejc dans la forme applet'), VM, de
i bref en e (62). Le voisinage de la gutt.
aumit dû influer sur la fin. et nous
devrions avoir appletl (15 3"). Je ne
doute pas qu'on ne trouve cette forme
dans certains villages. Il est possible que
le mot nous soit venu par le pr. espleila^
ce qui explique Texceplion. Le for. a suivi
la règle, et a applechi, par ch. de ci en ch
(161 2«»), avec fin. en î.
APPOINTI (apointl), ap. Coch. APPOIN-
TA V. a. — Amincir un objet, le terminer
en pointe.
De * punctAre, formé sur piutctum.
Sur une = oin, cp. fr. point, pointe,
Suff. t(15 3«).
APPONDRE (apondre) V. a. For. appon-
dre, pr. apoimdre, — Ajouter. Se dit des
cordes, fils etc.
D'appo7i(e)re. Insert, de d dans nr
(176 1»).
APPONDU. UA (apondu, ua) adj. part.
— Ajouté, ée.
Formé sur appondre , comme pondu
sur pondre,
' APPONSI (aponsi) s. f. — Ajouture.
(V. appondre).
D*apposita, avec insert, de n après o
sous l'infl. de Tinf. apponere. Fin. i(54
5»). Le fr. a un ex. d^ cette format, dans
réponse, de responsa,
APPRORAYI (aprora-yl), ap, Coch.
APPR ARII v.a. — Mettre un champ en pré.
De ad et prataria, qu'on trouve au
IX* s. D'où un v. * pratartAre. Chute de t
méd. (135); d'où praariare. Ch. de are
en yï (IBl») et de i en a par dissim. (83).
On a apraarayt^ réduit à aprarayi, puis
aprôrayi, par ch. de a en tf (59). Coch.
donne apprarii, où a prot. et ii subsistent
encore.
Le vfr. aprayer^ mémo sens, est formé
sur pratum, comme npprôrayX sur pra-
iaria.
APRAISI (S') (s'aprôzi) v. pr. For. apei-
resï^ pr. aperesi, Var aparesi, b. dph.
paraisse. — S'étendre, faire le paresseux.
Du vfr. percce, qui a donné apcressir,
appnressir, devenir paressoux. Contient
les anomalies suivantes : 1» Piègression
d'accent, car il a certainem. été aperessi.
Ce phénomène a qqfois lieu dans cerlains
dial. quand la pénultième est large ou
dipht. et la fin. grêle, comme c'est ici le
cas. Le même ph^^nom. s'est produit dans
le b. dph. pareisse, 2« Chute de la proton,
init. 8» Ch. de ss dures en s douce ou s,
ce qui n'appartient guère qu'à l'it. et à
IVsp.
APRIMO (aprimô) v. a. For. aprima.—
Amincir.
Vpr. prirn, grêle (= angl. prim, joli,
gracieux ?). Jura primhois ^ menu bois
pour fagots.
De prim(um)f mince, avec préf. ad et
suff. are = ô (14 3»). La dérivât, est
curieuse et vient sans doute de ce que,
dans les arbres, les premières pousses
sont les plus minces.
AQUORO (akôro) adv. — A bout.
De quorro, coin, angle, et préf. a. Etre
aqu6ro, être ruiné, à bout de ressources;
littér. acculé dans un angle.
ARBÉPIN (arbépin) à Morn., ARDUPIN
à Crap. s. f. — Aubépine.
D*album spinnm. Ch. de / en r (1704'»).
Je ne .sais pas expliquer le morphologisme
ardu pin.
ARBILLON (arbilhon)s. m. 1. lUblon,
menue ferraille. 2. monnaie, argent. Aval
quauque arbillofi, avoir un peu de bien.
Dph. arbilhou, pr. arbichoun^ menue
monnaie, alp. arbiho arbilho^ argent.
Du fr. billon, avec préf. a et insert, de
r : a[r]bHlon (184 6«, d). La fin. illon
s'est confondue avec le suff. t7/on, parti-
culier à ce qui est menu et fait du bruit:
millon (petites pierres), picaillons (mon-
naie), carillon.
" ARBOUILLURES s. f. plur. — Échau-
boului'cs, petites ampoules.
Du vfr. ars, brûlé, et bouillures, de
bullire, (3p. vfr, échaubouillures, où la
fin. est identique, et où la première partie
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ARCH
23
du mot est faite avec calcium = chaud, au
lieu d'arstan.
• ARCHI (archi) ORCHI (ôrchi) s. f.
Vfr. arche, for. archi arche, ard. artso,
alp., poit. archo, vpr. archa. — (^ofiFre.
Inv. des biem; d'un serrurier (1372) : Très
archas de niice, trois coffres de noyer ;
duas archas de sapino, deux coffres de
sapin. — Inv. de la C.(14r)8-1466) : « Pour
fere porter les arches de Saint-Jaquenie
en la meyson de la ville... »
D'a,rca, Ch. de c en ch (170 1°) ; de a
fin. en i (54 2»). La forme ôrchi (4) tend
à prendre le dessus.
ARCHI POT (archipô), à Lyon hdchepot
s. m. For. archipot. — Ragoût de viandes
en très petits morceaux.
Et ton petit tupin par faire d*archipot.
« Et son petit pot pour faire du
hochepot. » (Ghap.)
C'est le fr. hochepot. Insert, de r (184
6», f). Le passage de o k a sous infl. d.^ r
est à noter. Sur le ch. de e proton, en i cp.
anielon devenu antiron.
ARCS (ar) s. m. pi. — Nom donné aux
restes d'aqueducs romains, fréquents dans
'nos campagnes.
D*arci<m.
N. de lieu : le Chemin des Arcs à St-
Irénéc.
ARDUPIN V. arhcpin.
ARDENT (ardan) s. m.— A Lyon Pierre
d'attente. Du fr. redent ^ par métath. de r
(187 1") et passage de e à a (66).
ARAIT (arô) s. m. For. are, vpr. aret
arieth.— Bélier.
D*aAetem. L'accent a passé de ik e par
suite du contact des 2 voy. (cp. les mots
en eoliis, où l'accent a également passé
dee ko); e devenu long a été traité comme
tel (18).
ARLIU (arliu) s. m. For. arsiœu, —
Orgeolet.
De SLrsum et illnm ocultim. En pat.,
oculiim = m. Dans le for., siœii est illos
oculos, dont l'infl. fait dire in ziu, un œil.
ARMA (arma) s. f. Dph., bross. arma.
— Ame. Vieilli. Remplacé aujourd'hui,
sous l'infl. du fr., par ôma. a La ferissant
en Varma de totes pars » . la frappant en
l'âme de toutes parts (Marg.).
Car le passion de Varma
Ne se gareisson pas corne celé du cor.
a Car les passions de l'âme — Ne se
guérissent pas comme celles du corps. »
(Bat,)
Oua, mcn arma, fa bon recralre
La sop* u vin !
« Oui, sur mon âme, il fait bon recroître
— La soupe au vin. » (Ch, bress,)
lYsilma, forme d*an(i)ma. Dans le gris,
de Sopraselva olma = anima ; vfr. aime.
Tanl[e] aime de payens fors de son corps jetlée
(Deslruct. de Borne).
D'après M. Boehmer, l'original de ce
mss. fr. du xiv« s. serait en dial. pic.
Ch. de Im en rm (173 3°).
ÀRMIRI (armiri) s. f. pi. Viv. ermes,
ermures. — Lieux incultes. It. ermo,
esp. yermo, désert.
Du gr. spr.uoç, désert, avec suff. tri,
répondant à aria (13). On aurait ainsi
une forme lat. er(e)m2iria; d'où armiri,
par ch. de é? en a (66).
N. de lieu, VArmeillière,Qn Camargue.
ARMONIOU, SA (armognou, za) adj. —
Qui fait des aumônes.
D'armouna avec suff. ou = osus (36).
Le mouillcment de 7i peut être attribué à
l'infl. d'aumônier,
ARMOUN A (armouna) s. f. Vin. armor-
na, dph. armonn. — Aumône. « Et li
priours droble en toutes armornes, » et le
prieur double en toutes aumônes (Alix).
D'ahnosna. Ch. de /en r (173 S») ; le
ch. de o en ou a eu lieu sous infl. de s
(41) ; insert, de r (184 6% e). C'est par
erreur que M. Zacher voit dans cette r la
représentation de s. Les ch. connus de^
en r sont postérieurs à la chute de s dans
aumosne.
ARC (arô) s. m. — Champ labouré.
Varôse reye,
Lo pro s'eliigreye.
« Le champ se raie (par les eaux) ; — Le
pré se couvre de graviers. » (Gutt., La
Grêla).
D'ardu uin). Ch. de a en d (1). Chute
de t. fin. (117). L'arrî, c'est littéralem. le
labouré. Cp. les subst. formés en fr. ayec
des part, passés: <7>Y', prèjugéy déshabillé,
émigré etc. Je ne connais pas de corres-
pondant à arû dans les autres patois.
ARGRO (arôro), ap, Coch. ARARO s.
m. — Sorte de petite charrue.
\y\ir2Ltrum, ch. de a ton. en d (1), de tr
en r (164 8°).
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ARPA
ARPA (arpji) ORPA (ôrpa) s. f. For.
arpa, dph. marpa. pr. arpo, vpr. arpa. —
Griffe. Lgd. arpi, sai.sir ; fr. harper; bas
dph. arpio, lier.so.
Que faut fjirc un crTort.
Por pouairc s'cini»athicr de Varpj. de la morl.
t ... Qu'il faut faire un effort. — Pour
pouvoir s'arrachor do la griffe de la
mort. » (Cliap.)
Du nor. hsirpa, vha. hSLVfd, .selon Diez,
qui pense que le gr. OLOTrr, n'explique pas
Vh aspirée des formes fr. (Vest pourquoi
M. Baist suppose que les formes pr.
peuvent n'avoir pas les munies orig. que
les fr. Mais l'alpha init. d*a/>;nî a un esprit
rude qui pouri-ait expli(iuer Vh de celles-
ci. Dans ce cas, avpa serait venu par un
intermédiaire lat., sur lequel a été fait
harpagare. Gh. de a en ô (1) dans la forme
ôrpa, qui tend à prendre le dessus.
ARPAILLETTE s. f. — Terme de batel-
lerie. Sorte d'aviron, terminé en palette
avec deux pointes de fer au bout, pour
servir au besoin ù'arpi.
D'arpa, avec suff. dimin. emprunté au
dial. d'oïl.
ARPAN s. m. — L'espace qui s'étend
de l'extrémité du pouce à l'extrémité du
médius, lorsque la main est ouverte le plus
possil)le.
Du germ. spSLnnen, étendre, d'où vfr.
es pan, changé en arpan par subst. de ar
H es, peut-être facilitée par l'infl. de
arpe?ii(cp. aussi heslottg dcxemi barlonr;).
Cet arpa?i a subi en pr. l'aphérèse de ar
et a donné le pau, mesure de longueur
dans tout le midi de la France.
ARPAYOU (arpa-you) s. m. — Outil
pour exlniire le sable du lit des fleuves.
De «r/)rtf/l, fr. harpaillet\ fréq. de arpô,
plus suff. on = oi'C/n (34).
APPELANT (arpelan) s. m. — Littér.
celui qui saisit avec des griffes; au fig.
un recors, un agent de police.
Enlln thôquc arpeîant, puiilù par la rapina.
Fat deiiis rli6(|ue cartsi la irouchi laiitarina.
« Enfin, chaque agent, guidé par l'amour
de la rapine, — Fait dans chaque quartier
la mouche cantharide. » (Pcr.)
T>'a,rpa et du siiff. en tan.
ARPELLEUR vin. s. m. Avch. m. 1542 :
« Ordonné à Ilumbert Paris de chasser
certains arpellcurs qui avpellent sur
Saône... et font de gros trous etpertuis... »
Les arpelleurs tiraient donc du sable
ou de la va.se, à l'aide d'un outil encore
aujourd'hui appelé arpayou.
Gorrupt. d'harpailleur, sous l'infl. de
pelle.
ARPI (arpl), ap. Goch. ARPY s. m. —
Terme de batellerie. Groc avec pointe,
emmanclié d'un long bâton. On rencontre
dans le vin. arpic; je suppose que c'est
une fantaisie orthograph. « ... Se voua,
elle et son mary,àNostre-Dam''-de-Bonnes-
Nouvelles, et aussitôt, au premier coup
d'arpir, furent tous deux tirés... » (Hist. et
Mir. de N,-J). de Ji.-N. 1(339;.
D'arpa avec su.(î. arium (13).
ARPION s. m. For. arpion, vel. arpiou,
— Ergot. Au lig. griffe, main.
Ëiillii qualOrze anl sienliti lo sarpiont
Dou Qreiiadzis ....
« Enfin, quatorze ont senti les mains —
Des grenadiers. » (Per.)
De arpa avec un suff. dim. qui paraît
être illon, syncopé en io7i, conmie en
témoigne le bas dph. arpillon.
ARPO (arpô) v. a. — Saisir, accrocher.
De avpa, avec suff. rf (14 2').
• ARRAPO (arapô), à Lyon arvaper w
n. Alp. arrapar, pr. arapa, vpr. arapar^
saint, arraper. — Adhérer par une subs-
tance collante. La pègis*arrapeoic deis, la
poix s'attache aux doigts. Au fig : A l'a or-
rapnpar la borra, il l'a pris aux cheveux.
Du b. lat. arrapare, forme popul. de
arripere. Gh. de are en 6 (14 2').
ARRÉ V. arri.
ARRENTO (arrintô) v. a. Pr. arrenta.
— Louera bail.
Formé ii\irredd(i)tum.lnsQri. de n (184
7», rem.); chute de d dans dl (J61 6»);
sufl'. ô (141«).
ARRI DE (arl de) prép. — Ghez. Arri
de si\ arri de qnaitciin, chez soi, chez
quelqu'un. On dit qu'un habitant est arri
de sCf chez lui, ([uand il est propriétaire
de la maison qu'il habite. « Gardo tandi
arri de se et f 'ire champeyi lou bétie •,
pendant ce temps-là, garder chez soi ii
faire champ(\vt'r leurs bijles (Monin).
Filus... ^illun
Je von» vos »aqu6 tos arri de la Nanon.
« Filez... sinon — Nous allons vous
fourrer tous chez la Nanon. d (Hyin.)
Sachant qu'a luge arrédt CbôlsiUou.
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ARRI
25
« Sachant qu'il loge chez Ghâtillon. »
(Per.)
Littér. atTière de (arri = arrière).
L'express, n'est pas plus bizan*e que la
loc. fr. par devers^ qui a quelque analogie
de sens.
• ARRIMAIS (arimô), ap. Goch. ARRI-
MAI adv. et interj. Roan. arimais. —
Donc, certes, présentement, en vérité, aussi :
Arrimais, que bien s'accorde, donc,
puisqu'ainsi va, naturellement,
Lo colilloB, Il gueula et le doilleile plume
AnI dou monde arrimai boni tote Tarlus.
« La vanité, la gourmandise et la
paresse — Ont du monde à présent banni
toute vertu. » (Monin)
De ad, rétro et magis, c'est-à-dire
à' arrière et plus. Gomme forme, ad-re(tro)
= arrï (25) et magis = mais (11).
Comme sens, il est nécessaire de l'étudier
de près. — Selon Borel, le vfr. arriers
signifie de rechef. On trouve aussi ay\^re,
de nouveau: et arrere, désormais (Godcfr.).
Le bourg, a arié^ certes, cependant, môme,
qui est évidemm. la première moitié
à' arrimais ; le poit. a are, enfin ; l'armor.
a arré, encore, derechef. Ge dernier mot
paraît introduit du roman., arré n'ayant
pas la physionomie celt. et ne se trouvant
pas dans les dial. congénères. Toutes ces
formes indiquent une dér. d*ad-retro, au
sens do désormais, de rechef, enfin, même.
Arrimais signifie donc tnême plus, eyifin
plus, encore plus. Remarquer que le vfr.
amer (paraissant signifier aussi) rime en
ier, ce qui appuie l'étym.
ARRI MO (arimô) v. a. — Réunir en tas.
De l'esp. arruma,r, arranger la charge
d'un vaisseau. SutT. d (14 3").
* ARROSU (arozu) s. m. — Arrosoir.
D'arroser. Suff. u (35).
ARSEIR (arsér)adv. — Hier au soir, ce
soir, le soir en général. Tend à se perdre.
— Item, lo mercros arseir, « de même, le
mercredi au soir. » (L. R.)
De her(i) et ^er(umj (24 et 16).
ART A (aria) à hyon arte, s. f. — Teigne,
insecte. Ge mot .se rclroiive dans un grand
nombre dédiai, qu'on peut diviser en deux
séries. 1« Vfr. artre. In. aria, for. arta
arda. 2" h. lat. harna, vpr, arna, pr,
arno, sarde arna, gasc, béarn. aria, lim.
argno, gév., vel. dama, it. tarma, gris.
tama^ piacentino, tarlo, ital. tarlo, ver
du bois.
Quoique Diez, à arna, dise que la dér.
est inconnue, je cmis qu'on ne doit pas
hésiter à rattacher la première série à
(t)SLrm(i)tem ; \2l seconde à termes, avec
la chute de t init. dans certains dial., et
sa conservation dans d'autres. M. Buggo
croit pour le fr. à un primitif tarte, d'où
t init. serait tombé par dissim., mais le
mômephénom. s'est produitdans beaucoup
de dial. où il n'y a pas de t médial et pour
lesquels, comme Is sarde, il ne semble pas
possible d'invoquer l'analogie. La forme
dama pai*att off'rir un ex. caractérisé du
ch. de t init. en d. Gependant qq.-uns y
voient une prosth.
ARTAI (artô) à Grap., ARTEI à Morn.,
ap Goch. ARTEI s. m. Ard. artè, sav.
artay, dph. artéu, pr. arteil, genev.
arteuil, berr. art ou. — Orteil. Gév.
artilh, doigt de pied.
ly'articulum (18). Morn. n'a pas encore
perdu la dipht. Rem. que tous les patois
ont conservé l'a init. changé en o dans le fr.
ARTÉRA (artéra) vin. adj. des 2 g.—
Altéré, dans le sens d'avoir soif. « Il est
ben artéra, lassa. », il est bien altéré,
lassé. (Bern.)
D'alterB.(tum), ch. de / en r (170 4«);
de a en ô (1).
ARTET (arté) s. m. — Homme adroit et
rusé. Vfr. artetcs artous artos artox, qui
opère avec artifici, ruse, finesse ; artier,
savant ; artimaire, magie.
D'B.rtem, avec sufl". atorem = eus
corrompu en suff". dim. et.
ARTIGNOLE s. m. — A Lyon terme
péj. répondant assez bien k sauteur, pris
au flg.
D'artet, avec un suff. péj. de fantaisie,
cp. croquignole, torgnole.
ARTÎPELA (artipela) vin. adj. des 2 g-
— Rongé des mites.
Jean pT en ccUbandiii
Que (ant artipela.
« Jean, prends cette bannière — Qui est
si rongée des mit-^s. » (vx noël)
De aria, teigne, et pe/a, pelé, rDUgé.
ARTON (arton) s. m. — Pain (vieilli)
Se rencontre (»ncore à Lyon. On le trouve
aussi dans un certain argot dont se
servaient les anciens colporteurs de nos
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26
ARTO
campagnes. D'après M. Fr. Michel, arton
en argol fr., artone en argot ital., Qiharton
en argot ail. signifient pain.
Du grec âorov, par une forme bas latine
ar/ona, qu'on retrouve en m. lai. Diez,
qui ne connaissait peul-élre pas cette
forme artona, préfère tirer arton du basq.
artoa, pain de maïs, à l'origine pain de
gland, du nom d'une espèce de chêne-
Mais il est inftnim. plus probable que la
Provence, par les colonies grecques et par
son commerce si considérable avec la
Grèce, a reçu le mot de cîUe-ci plutôt qu-^
d'une peuplade isolée et sans relations
commerciales. — Sans compter que le sens
se rapporte mieux au grec.
ARTOUPAN (artoupan) s. m. — A
Lyon. Homme méprisable, sauteur.
Du vfr. artous (y. artet), avec un suff.
.péj. de fantaisie.
* ARZELLA (arzèla)s. f. — Terre argi-
leuse, compacte. Rch., wal. ar^et>, argile.
V>*argilla, par l'intermédiaire du b. lat.
arcilla. Dans le latin class. argiUa, i est
long, ce qui donne /, comme dans le fr.
savant argile. Mais il y avait une forme
popul. avec t bref, comme en témoignent
les patois. Ch. de i bref en è (31), On a
di\ avoir arselln, (170 l® et 88). Fin. a
(53 3°).
ASSABLO (assablô) v. a. — Mettre du
sable. Assablô ina cinpotay mettre du
sable sui' le bondon d'une cenpote. For.
assabla, égoutter.
De ad, sSLb(a)lum et suflf. arc^ ô (14 3«>).
ASSADO (assado) v. a. Sav. assada. —
Goûter, éprouver, essayer. Ne pochi
s'assadô, ne pouvoir se faire à.
De ad et sAtiim (v. s'assadâ) par une
dér. de sens, p3ut-étre sous l'infl. du fr.
essai:
ASSADO (S')(assad6) v. pr. For. assada,
— Boire de manière à satisfaire complè-
tement sa soif.
Après vingt razado
La Liaudc s'assade.
« Après vingt rasades — La Claude se
se désaltère. » (Ohap.)
De ad, sSLtiu» et sufl. are = 6 (141*»),
comme assetô de ad et situni. Gh. de t eu
d (136). Le pr. nassadoula, soûler, dér-
de ad et satnllam.
N. propre Assada.
ASSAU V. assuau.
ASSETO (assetô) v. a. Employé dans
cette locution : Assetô la huya, encuver
le linge d'une lessive. Norm. asseoir du
linge^ même sens. — Sur l'étym. v.
s* assetô.
' ASSETO (S') (assetô) v. pr. For., vel.,
gév., rgt. assela; vpr. assetar asetar,
piéni. asfè , port. , esp. , cat. sentar. —
S'asseoir.
En mon Tbro&nou atata su mon doublou canon
« En mon trône assis sur mon double
canon. » (Bern.)
As»eton$-i\o su cell' hcrba li fina
« Asseyons-nous sur celte herbe si fine. »
(Gutt.)
De ad, situm et sufi'. arc = ô (14 1») ;
ch. de / bref en e muet (62).
ASSETU (assetu) s. m. — Trépied en
bois sur lequel on asseoit le cuvier pour
couler la lessive.
T>' assetô, avec suff. ic (35).
ASSIGI (assigî), à River. ASSIEGI v. a.
For. assigi - Arranger le linge dans la
cuve pour couler la lessive.
De assediSLre, dér. de sedem. Assigî,
c'est asseoir le linge, aussi emploie-t-on
de même assetô. Gh. de d en j (139,
rem. 3); are=. t (151").
ASSOLOU (assolou) s. m.— Outil pour
battre le sol de l'aire.
De sol(um) avec préf, a et suff. orem
= ou (34).
ASSORÉ (M') (m'as.sorë) express, ellip-
tique, à River., Morn. — Bien sûr, sans
doute. Mot à mot, je m'assure. Le paysan
a complètement perdu l'idée du pronom
et dit mas^orë. Massorë que lo Touaino
vindra , sans doute Antoine viendra.
Cray'i-ro que lo Piarrc èpousara la
Parnon f — Massorë! Croyez- vous
qu3 Pierre épousera Pernon ? — Bien
sûr ! — Je n'expliqu î pas le passage de
e + u de se(c)urum à o bref. Il n'y a pas
de doute sur l'étym., certa-ns pays,
comme Paniss., Yzer. disant massure,
ASSOUTA (assouta) s. f. A Morn. abri.
De souta, avec préf. a (v. à la souta.)
ASSOUTO (S') (assoutô) v. pr. — Se
mettre à l'abri.
De souta (v. à la souta) avec suff. d
<14 10).
ASSU (a-su) adv. — Or sus, maintenant,
puisqu'ainsi est.
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ASSU
27
Assu, zc m'in Tais to z-u rtcontt.
« Or sas, je m'en vais vous le conter. »
(Rev.)
Corrupt. de or sus.
ASSUAU (assuô) ASSAU s. m. — A
Morn. Tect à porcs.
De siis avec préf. ad et suff. ellum.
On devrait avoir assuiaic (32).
* ASSU PO (assiipô). V. a. For. assapa
assupa , pr. acipa achipa , Igd. supa
assiipa , vpr. aeupar, b. lat. assopive.
vfr. asouper assoper, — Heurter, choquer.
De ail. schupfen (?). Suff. ô (14 2«).
ASTEURA V. astura.
ASTURA (astura). ASTEURA adv. -
Présentement.
De (out tem ie Tay veu, aolaot en sa icunessi
Qu*(i«/tira, gaillard et remply d'allcgrcssi.
« De tout temps je l'ai vu, autant en sa
jeunesse — Que maintenant, gaillard et
rempli d'allégresse. » (Beni.)
De ad istam horam, mais par l'inter-
méd. d'o'il asteurey même sens. Autrement
on aurait astora (34), comme on a tota
hora = totore, tout de suite.
A TARTOUS (atartou). — Loc. pour
adieu à tous.
Syncope de adiu tarions, adieu tous.
ATO (ato) !• (vieilli) s. m. For. atoii, pr.
asto, vpr. ast asta. — Broche à faire rôtir
les viandes.
Sa ptirt (ic tallland, Vàlou do qu'au rutéi.
« Sa paire de ciseaux, la broche avec
laquelle on met rôtir. » (Ghap.)
D'h€LSta. Chute de t dans st (166 2«).
Le mot peut avoir subi l'infl. du vha.
harsta, ustensile à faire rôtir.
2« T. de la V. 1277-1815: a Cil de Sant
Just a VI homeuz, auz un pan et vin et
chereta/05et deyntes et rissoles... Cil de
Sant Pol a iiii homeuz pan et vin et cher et
atos et deyles... » Celui (le chapitre) de
Saint- Just (doit) à 6 hommes, savoir à
quatre, pain et vin et chair et 7'ôli'ei
dessert... Celui de Saint- Paul à quatre
hommes pain et vin et chair et rôti et
dessert.
On voitque de broche à cuire les viandes
le sens de ato .s'était étendu à la viande
rôtie elle-même. Il en était de même en
fr. où haste avait les deux .sens. Il avait
aussi le sens d'échinée de porc, mais
alors on y trouve le complément : haste
de porc. Ato tout seul semble avoir ici
le sens plus général de rôti.
ATRA (atra) OTRA (ôtra) s. f. — Atre.
Même origine que le fr. dire. Fin. a par
analogie avec les autres noms fém.
ATRiCO (atricô) v. n. Roan. eptricUe.
— A Paniss. Faire des mouvements
saccadés, désordonnés.
De ail. strickoij faire des nœuds, avec
préf. a et suff. ô (14 4»). Cp. fr. tricoter,
remuer les jambes avec vivacité.
ATRONCHI (atronchî) v. a. — Couper
les branches d'un arbre.
De trunca,rey avec préf. ad. Ch. de un
en on (47) ; de c en ch (84) ; de are en t
(15 2«).
ATROSSO, SSA (atrosso, ossa) adj. —
Funeste, malheureux. In jor atrosso, un
jour malheureux.
'D'atrocem, avec conservât, du sens lat.
ATTELLA (atèia) s. f. Lame do bois au
derrière des bœufs, à laquelle on attelle la
charrue.
Même orig. que fr. attelle.
ATTOFAYI (atofa-yl), ap, Coch. ATTO-
FAÏ V. a. Berr. atfier adfier. — Élever,
au sens de nourrir. Lgd. atufega, cultiver,
façonner; dph. atlafeier, planter; vfr.
atufîer, vx ss.-rom. attufier, disposer,
arranger. En Dombes, attefit, m. lat.
attefectum, jeune arbre laissé pour les
plantations.
D'aptificare. Chute de p dans le groupe
ptiiet 6»,«). Ch. de c en y (128 1*);
d'où atifiiare, réduit à atifiare, où ia ne
comptant que pour une syll., le 1« i joue
le rôle de proton, mèd. et tombe (78) ; d'où
la forme berr. atfier. Mais le groupe tf
offrant qq. difficulté à prononcer, 1'/ a été
remplacé par une voy. d'appui dans les
autres dial. Ch. de are en y\ (15 2«) d'où
attofîi/t, et aitofayl par dissim. (83).
ATTOFEYI, I A (alof^vî, ia) adj. — Gros,
gras, sse.
C'est le partie. dCattofayï ; litlér. bien
nourri, venu à point. Le passage de a prot.
à e est dû peut-être à l'inll. d'éto,fé.
ATTURGI (aturgl) v. n. — Étouffer
parce qu'on a avalé de travers.
De ad et turgisire (?) forme de turgere,
qu'on aurait fait passer dans la P*conj.
Ch. de iare en t (15 1").
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28
AU LA
AULAGNI (olagni) ALOGNI, vin. AVIL-
LIANI s. f. For. aulagne allogne, gév.
ourogne, — Noisette. « Item deit chargi
d'avillianes... » (Carc.)
D'av(e)UB,nea. Voc. de r (167 3*) ; per-
sist. de a ton. (9); ch. de 7iea en gni
(148, rem. li et 54 3"). Il est curieux de
constater qu'au xiii* s. la voc. de v n'exis-
tait pas encore, et que la prot. n'était pas
tombée. — Je suppose que dans alogni il
y a eu métath. de voy.
AULAGNI (ôlagnl) s. m. — Noisetier.
T>*atilB.gni, avec suff. î = ariiim (13).
AURA, OR A (6ra, ora). Cette dernière
forme plus usitée, s. f. For. aura, dph.
ora. — Vent, brise. A vê codre Vora, il
voit courir le vent ; se dit de quelqu'un
de très fin. de très subtil. De même en dph.
Car t chaque aramella, cilli »at une fora,
A lou peHu cheville ; et li vet courre Vota,
« Car à chaque vieux couteau, elle sait
une gaine, — A tout trou cheville ; et elle
voit courir le vent. » (Bat if,)
D'awra. Sur ora v. 49, rem. i.
AURISSE, ORISSE s. f. For., pr.
aurisso. — Grand vent, orage.
D'awra, avec un suff. augm. et péj. hse,
fort rare, qui a la valeur du fr. asse. Le
suff. isseen fr. (pelm^, jaunw^^, sauc/we)
n'a pas ce caractère, pas plus que Vicias
latin.
AUTERON s. m. — Butte, petite émi-
nence. Se trouve dans Molard (1810).
De dessus Vauteron, siiis priiidre de liuiielles.
0 pot T<^rea Saint Jean dansi le marioncles.
« De dessus la petite hauteur, sans
prendre de lunettes,— On peut voir à Saint-
Jean danser les marionnettes. » (Brey,)
Du fr. hauteur avec suff. dimin. on.
K«r qui, d'ailleurs, n'est pas un son patois,
s'est affaibli par suite de sa position de
prot. méd.
AVAIR (avôr), à St-Mart. AVAR s. m.
Essaim d'abeilles. Vn avair d'avilies, un
essaim d'abeilles.
D'une forme *apB,rium, dèr. d'apem.
Ch. dep en v (140), et de arium en airo
(13, rem.) réduit à air. Dans la forme
arar, è s'est élargi sous l'infl. de r (24).
' AVAL s. m. — Ne s'emploie que dans
celte loc. Vn aval iVaigui, une trombe
d'eau.
De ad cl vAlflon).
AVAL0(aval6) adj. part. — Pendant,
flasque. Al a le viaille avala, il a les
joues pendantes (Coch.). Norm. s*ahallcr,
se renverser, s'incliner, pencher.
De aval, av. suff. d (14 S»).
AVARI V. avorré.
AVEINIRI V. avcniri.
AVENIRI (avcniri), ap. Coch. AVEI-
NIRI s. f. — Champ d'avoine.
Vavensiria. ch. de aria en iri (13).
N. de lieux: Les Avenières (Dauph.),
Avenus (Beauj.),
* AVENTO (avintô) v. a. For. aventa,
roan. aveinta. — Atteindre, aveindre. Au
fig. aboutir, convenir, élre séant.
lia ! qu6 l'y avcnte bien, quevouyé bien son métier.
« Ah! que cela lui va bien; que c'esl
bien son métier ! i> (Ghap.)
'D'adventB.re, Ch. de are en cî (14 I»).
* AVÉRO (avérô) v. a. Ard. avella, —
1» Atteindre à, aveindre. Avéra nié çou
livro, prenez ce livre et donnez-le-moi
(Coch.). 2® A Morn. arracher.
D'advêrrere^ balayer vers, faire rouler,
transformé en a(d)verrtire, par ch. de
conjug. Ch. de are en ô (14 3»),
* AVERSIN 1- s. m. — Averse du vent
d'ouest.
Dér. d'averse, comme traversin de
travers,
2. Coch. cite ce proverbe, aujourd'hui
oublié : J'amo autant que saio u loup
qu'à Vaversin, qu'il traduit par : « J'aime
autant que le loup en profite que le
mauvais temps », ce qui ne veut rien dire.
Déjà de son temps le sens primitif de ce
prov. était perdu. Aversi^i, qui serait
mieux écrit aversain, est ici le vfr. et vpr.
aversier, aversié, le diable (adversarius).
Le In. a permuté le suff. arius en un
suff. aytus (adversanus), qui donne ain
par application de la phonét. d'oïl.
* AVÉRUMO V. a. — Je ne connais ce
mot que par Coch., qui le donne comme
l'équivalent d'averô. Je n'explique pas ce
suff. fréq. mwi.
AVEURRI V. nvorri.
AVI (avi) s. f. — Abeille. Moins usité
qxi'avilli. Avief^i le mot dont on se servait
dans mon enfance à Sle-Foy. Quelques
personnes, peut-être sous l'infl. d'avilliy
disaient avi.
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AVI
29
Non d^arem, qui aurait donnA ara ;
mais d*a.rca, ainsi qu'en justifie le piém.
ai' t'a. Fin. t (54 1»).
* AVI (avl) « M'es /«réécrit ("och. (par
conTus. puphon), il me semble. » — C'est
lefr. m'est arts. A force de lier /avec a, le
paysan a fini par dire tavt. Puis, comme
on faisait jadis sonner* dans est (il est),
on a eu tji'es tavi^ transformé à Crap. en
mé tavé. Y mé tavé que lo tipnps vot
chingiy il me semble que le temps veut
changer.
AVILLI (avilhi) ap. Coch. AVILLIE s. f.
— Abeille.
T>'apicula. Gh. da p en r (140); de
icHla en illi (164 2«, h).
AVILLIANI V. atdagni.
AVINJU, USA (avinju,uza)adj. A Lyon
tttangléy ée. — Glouton, avide. S'emploie
substantiv.
Du vfr. avenger, avanger, avengier,
qui signifiait avancer, suffire à. Le for. a
encore avengea, suffire à, devancer ; lo dph.
ave7igie)\ achever, terminer.
Oa si vous travaillié, vous êtes soulaoia,
Devan que vouz ayé la chanson avengia»
€ Ou si vous travaillez, vous êtes soulagé,
— Avant que vous ayez achevé la chanson. »
(Bat.)
Avanger est resté en usage jusqu'au
milieu du xvu« siècle, mais avec des sens
assez variables. Monet (1642) dit « avanger
à une chose, y fournir, y satisfaire ». Il
paraît avoir copié Nicod, qui, en 1618,
disait : « Avanger à une chose, c'est y
fournir, y satisfaire. Usez dumotai?<?;*tV. »
Borel dit : « avanger, avancer. » Il le donne
comme venant du « latin barbare aban-
tiare », mais sans indication de source.
Incombe lui donne beaucoup de sens,
voire celui de baiser : œ Avanger, avaftgier,
baiser, osculari, avancer, marcher, arriver,
prolendere ». Enfin Oudin donne l'ital.
€ avangare (qui n'existe pas dans les
dictionn. modernes), bescher, fouir, houer,
et selon aucuns, prospérer, réussir bien».
C'est évidemment une forme correspon-
dante à notre avangier, Cp. ital. mod.
avcm^are, rester, avoir de reste, épargner
(Oudin); gagner, amasser, augmenter son
l^ien (Alberti).
Avitxju est donc avangé, avec une déri-
vation de sens qu'explique bien l'ital.
avanzare, gagner, amasser. Le cb. de an
en in est commandé par la gutt. qui suit
(60, rem. 1/ Quant à avengier, avenger,
il est évidemment une forme à'avancier,
donné régulièrement par abanliare ; mais
jt^ n'explique pas le passage iVavancier à
avangier t pas plus que le vx ital. avan-
gare qui lui correspond. Suff. ti (35).
AVIRENO (avirenô) v. n. — Tourner
autour de.
Du fr. environner, avec substit. dupréf.
ad au préf. m. Fin. ô (14 8«).
*AVIS (aviss) s. f. — Escalier tournant.
Corrupt. du vfr. vis, même sens. Par
confusion de l'art., la ri>est devenu Vavis,
AVISO (aviso) v. a. — Regarder, aper-
cevoir. Aviso don, regardez donc î Pic.
aviser. « Car comme dit l'autre, je les ai
avisés le premier, avisos le premier je les
ai.» (Molière. F«f5^ de Pierre). Le mot est
resté dans le fr. familier. « Ys avisiau'
viant[^\x.v auviant v. apinchî) la rerîrt »,
ils regardaient la rivière (Dial.).
Âtisa lo bon Joseiph,
Comme y lorgne lieu mochetl
« Avise le bon Joseph, — Comme il
lorgne leur barbiche! (Noël 1723).
De ad et viser e, transformé en visture.
Ch. de are en ô (15 3», rem. 3).
AVOAIQUE, AVOUAIQUE, AVOUAY-
QUE prép. (vieilli). Forme à*avoy, avouai.
Le vfr. avait aussi avec et avecque. Le
que fin. est euphonique.
Sa mare que Techindit
Avouayqueson soflo.
« Sa mère qui le réchaufl'e— Avecque son
souffle. » (Noël, 17fô).
Atoai 9u*un petit de perd,
El (ei) sera un Royal miugl.
« Avecque un peu de pei*sil, — Ce sera
un manger royal. » (Lyon h.)
AVORRI (avorrî) à Morn., AVORRÉ à
Crap.. AVARI à R.-de-G., ap. Coch.
AVEURRI V. a. Pr. abourri. — Avoir du
dégoût pour une chose. Oui aveurrl lo
fromajo, il est dégoûté du fromage. (Coch. ;
S'emploie souvent à propos d'un oiseau
qui a abandonné son nid : al a avon'é son
nid.
Et prenant de dépiet ii avorri It vit-
€ Et prenant par honte la vie à répu-
gnance. » (Mon.)
Et me faire avari mon galant par toujours.
€ Et me faire prendre en dégoût mon
amant pour toujours. » (More)
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30
A VOS
D^ahhorrere, transformé en abhorAre.
Ch. de b méd. en v (141). Fin en ï ou en
é (33, rem. 1).
A VOS COMIND (à vo comin) loc- A
Morn. adieu, au revoir.
Syncope de à Diu vos commind (v.
adiu comniand).
AVOUAI (avoué) AVOY (avoi) prép.
Dph. avoi. — Avec.
Auoy lo devanli de piau...
« Avec les tabliers de peau. » {Entr. de
Bacc.)
Lo diasque avouai sa façon si adraile...
€ Le diable, avec sa façon si adroite. »
(Coch.)
Su le pont van s'iii alla
Avouai los clias de la ville.
« Sur le pont ÏU vont s'en aller, — Avec
les clefs de la ville. » (Revér.)
Y sont lo biaux Ans promis,
Avouay loi lieu mondo.
« Ils sont les beaux fins premiers, —
Avec tout leur monde. » (Xoi'ly 17-28).
Ij volo nianleiii qu'iqucn éi cbosa huncla
Et na tu râla auoi.
(f Je veux maintenir ^ue c'est chose
honn('te — Et naturelle aussi. s> (Balif.)
De apud hoc. Gh. de p en r (140) ; de
o + c en 0/, ouê (42 îJ").
AVOY V. avouai.
AYSSERABLE vin. (xiii* s.) s. m.
Genev. iserable. fr. -comt. iseraule, euse-
raille, bourg, ôscraule. — Érable. « Assis
jota la font de Vaysserable », situés jouxte
la fontaine de l'érable. (Terrier de Poley-
mieux.)
Vacer et a.rbor par une forme ac^er
Arbor. Ch. de es en iss (162) ; chute de
r (180 1°); d'où aisserabre, et aisserable
par ch. de br en bl par dissimilation.
B
• BABOUIN (babouin) s. m. —Chrysa-
lide du ver à soie morte dans le cocon.
Les pécheurs l'emploient pour servir
d'appât (Coch.).
Du pr. et for. babau, qui signifie béte
noire, animal fantastique dont on fait peur
aux petits enfants.
Ma maregrand me fazit entendre,
D6 (ion que j'era tant petit.
Que lou babau me vindril prendre,
Quand je n'orin pas prou mlngit.
« Ma grand'mère me faisait entendre, —
Au temps que j'étais si petit, — Que la
béte noire me viendrait prendre, — Si je
n'avais pas assez mangé. » (Chap.) Cp.
aussi piém. babau, parfadet. Je ne sais
par suite de quelle dériv. il a passé dans
quantité de noms d'insectes (v. barbirotta).
A babau s'est ajouté le suff. dim. f>î, d'où
babauin, et babouin parle passage de au
à ou (cp. 49). Cp. gén. babollo, luciole.
* BACH ASSI (bachassi) s. f. For. bâchas-
soulOy bachasso)if pr. bachassoun, alp.
bâchas, à Lyon bâchasse. — Auge de bois
dans laquelle on donne à manger aux
bestiaux. La bachassi est aussi qq fois
un tronc d'arbre creusé pour recevoir
l'eau d'une fontaine. En For. et dans le
Mac, on appelle bâchasse le pétrin. Dans
un titre de 1502, cité par Du G. on trouve
bachassium, même sens.
De bâchai, avec suff. augm. assi.
* BACHASSIA (bachassia) s. f. —Une
pleine hachasse. Le mot s'entend surtout
de débris d'hortolage, de pommes de terre
etc. qui emplissent la bachassi pour la
nourriture des bêtes.
De bachdissi^ avec suff. a, répondant à
ata.
' BACHAT (bachà) s. m. Vx berr.
bâchas. — Auge en pierre qui se place
sous la pompe pour recevoir l'eau.
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BACH 31
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32
BAIL
baiete de la ville qui est assise sur
Tesglise de Forvero, iqui on cornet la
gaite de la ville (où on sonnait de la
trompette pour annoncer soit l'approche
de l'ennemi, soit l'heure du couvre-feu).. »
(l7iv. de la C. 1397-1408).
Cp. ^val. bauw'iy épier ; piém. badè,
guetter ; genev. baide bède, interstice ;
ail. beiCt angl. bay, fr. baie, fenêtre, dont
baiete est le dimin. à l'aide du sufT.
ordinaire ette.
De badB,7*e, regarder la bouche ouverte,
fixement, puis guetter. Badare a donné
vfr. bayer y ôtre ouvert-; d'où baie et baiete.
Grandg. propose vha. beitôn, attendre.
Mais les formes ital. badare, pr.. catal.
badar, piém. badè, guetter, et le subst,
pr. bada, sentinelle, excluent cette orig.
* BAILLI (balhî)v. a. For.,bress. bailli^
vel., cah. baila, vfr. bailler. — Donner.
Quauque Umpéilari, qunuque friogua-toul-sou,
Par baiUie din fou xio de quauque frécnurou.
« Quelque trafneuse de lampas, quelque
coquette fiefifée — Pour donner dans les
yeux de quelque malotru. » (Ghap.)
Y e don un bien brave homme,
Qu'ils l'ont reçu pénitent,
De celo que, quand on chôme,
Vo bâillon toujouri de pan? (ReTer.)
(11 s'agit ici du marquis de Brancas,
qui se fit recevoir, le 1" nov. 1778, de la
compagnie des Pénitents du Gonfalon.
compagnie qui avait fait d'abondantes
aumônes lors du chômage de la fabrique).
Au conditionnel, bailli fait, parcontract.,
barins pour baillerins, et au futur battrai
pour baillerai*
Lot Rccolleli sont iqui...
Que lieu haret à dîna
Los farct pas ren plura !
•c Les Recollets sont ici... — Qui leur
donnerait n dfner — Ne les ferait pas rien
pleurer I » {Noël 1723). Baret, au condit.,
est ici par infl. d'oïl.
De bajulare, comme le fr. bailler,
BAILLI LA TRAVERSA, vin. loc. sensu
oh9oeno.
B mon telou desiys 1y baHly It Iraverst {Bem.)
De traverser.
BAlVlO (ba-ïn6) v. a. For. beina. —
Faire macérer des légumes dans l'eau.
De bain, avec conservât, de l'ancienne
dipbt. a + ^'* Balneare eût donné bagnt.
Bain explique pourquoi n ne s'est pas
mouillée et pourquoi la finale <*st ^ (14 3)
au lieu do i donné par care (15 1«).
BAJ APPLE (bajafle) s. m — IVrsonne
qui bajaflle. subst. v. tiré de bajafflt.
BAJAPPLO (bajaflô), à Lyon bajaffler
V. n. — Parler inconsidérément, et, par
cxtens., agir inconsidérément.
Mot comique formé par une onomat.
représentant une parole mâchonnante, et
un sulT. péj. bar, réduit à ba (v. bara-
fùtes).
BALAI s. m. —Genêt.
Sur l'étym. v. balan. Balai a été
employé par infl. du fr. balai, le genêt
servant à faire de« balais. La termin. ai
n'est pas appliquée chez nous aux subst.
BALAN (balan), a}\ Goch. BALEN s. m.
— GenéL
Du celt. — Armor. balaen, corn, batia-
thel, banal ; gael. bealaidh, même sens ;
kymr. bala^ taillis.
N. de lieu: Balan, près Montluel.
BALAN dans la loc. Être en balan,
être dans l'indécision.
De balance, ainsi que l'indique le vpr.
balans, perplexité.
BALISTRAN (balistran) s. m. For.
galislran. — Grand garçon dégingandé.
Piém. balandran, nigaud, musard.
Du rad. 6aZ, de balan, balance, avec
un bizarre sulT. de fantaisie, comme c'est
le cas pour beaucoup de noms péj. i?a/iV
iran, garçon qui va en se dandinant. Je
crois le for. corrompu du In.
• BALLA (bala) à Lyon balle s. f. —
1. Corbeille d'osier ou de jonc tressé.
Du vha. bsilla, globe, à cause de la
forme ronde do la balle d'osier.
2. Berceau en jonc tressé.
De ce qu'il est fabriqué avec la matière
qui sert à fnire la balle.
• BALLOPPIRI (balofiri) s. f. For, bal-
lon ffière^ pr. baloufiero. — Paillasse de
balle d'avoine.
De balloffa (v. balloiiffa), avec suff.
iri (13). Ce suff. est de format ancienne,
car il sert à désigner un objet, tandis que
dans la format, mod. il sert à caractériser
ta profession.
BALLOUPPA (baloufa) à Lyon ballon fe
s. f. Vin. baloffa, vx berr. baloffe, for.
ballouffe, rgt bouloffos (ap. Coch.),
ouolfl doMo/y? (ap. Vayssier),montp. arofo,
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BAMB
Idg. houfo houlofo bolbo; pr. bofo houofo
ouofo, niç. houolfo bolfo,^ Balle d'avoine
employée pour faire des paillasses de lit.
Lim. bolasso bolossieiro^ couette formée
de balle d'avoine.
Invent, de l'Hôpital do Villefranche
(1514): « Item, plus un lit de baloffe et
deux cossins. (Missol). » Vente des biens
de Jacq. Cœur, ap. Godef. : « Trois lictz
de baloffe garniz. »
Composé, suivant' les dial., d*un i*ad.
bal ou bol, signif. balle des céréales on
général, et d'un appendice en f qui cor-
respon 1 au mot avoine dans les langues
germ : vx ail. haber^ habero ; ail. hafe)\
angl. du nord ?iaver, suéd. hafra, isl.
hafr.
•BAMBANA (banbana), à Lyon bam-
banc, s. f. Sav. baban,— Flâneur, qui perd
son temps.
Subst. v. tiré de bamhan').
BAMBANO (banbanô) à Lyon bam-
baneVfY. n.Pr. bambana^à^th. banbena,
gcnev. bam ba?ier. —Baguenauder, flâner,
marclier lentement et à l'aven turc. Esp.
bambanear^ vaciller.
Queh granda hinhena do B. . ., luii Mrjan.. .
« Ce grand flâneur de B., le sergent. »
(Dialog. dph.)
Du fr. popul. banban, boiteux, parce
qu'en baguenaudant on marche en se
balançant. Le mot banban doit venir lui-
même de bcfnban, cloche, dans le langage
enfantin. D'où bambanerj clocher, boiter.
BANCHAILLI(bantsalhl) v. a. En Fr.-l.
faire un miné à une terre.
De bêche (?) av. suff. fréq. ailli= ailler
fr., mais j'ignore sous quelle infl. ê se
serait nasalisé en an,
BANCHI (banchi), à Lyon banche s. f.
— Fortes planches reliées par des pargues,
entre lesquelles on piae la terre pour les
murs en pisé.
De bâche, au sons de caisse. Insert, de
n (184 7»); fin. t(54 2<»).
BANCHIAl.v. bachia.
2. A Lyon Uanchée. — Partie d'un mur
en pisé comprenant ce qui se pise entre
deux bacchcs, soit 0,70 de hauleur par 2*
de long.
BANDELLO, LA (bandèlo, la) s. des 2
g. — Vagabond, de ; mendiant errant.
Uusa, par eicilô ma tsimida carvcla,
A trélô qoQ tu-je, ne fais pôs la bandèta.
a Muse, pour exciter ma timide cer\'elle,
— A traiter ce sujet, ne fais pas la vaga*
bonde. » (Brey.)
Subst. v. tiré de bandelt.
BANDELO (bandelô) v. n. — Vagabon-
der en vivant de maraude. Ss-rom. ban»
(lolhi, baguenauder.
0 nuis plus d^aulro plan que quou de bandelô*
« Il n'y a plus d'autre moyen que celui
de vivre de maraude. » (Mar.)
Iliir cil bindflanl, \\o l)edxi la d<^poUi.
« Hier en vagabondant, je vis Dédi, le
mendiant. » (Sit.)
A r«ju dou plii»i si ii'ons liop bandelô...
« A l'âge du plaisir, si nous avons trop
couru le guilleri... » (GorL)
De bande, parce que ce mot représente
l'idée de maraudeurs et de malandrins.
C'est le souvenir des Grandes Compagnies
des ChaulTeurs etc. En gasc. bandol,
Uoupe de partisans. C'est probablem.
bandol qui a fourni bandelô.
BANNA (bana) s. f. Vpr. bana, pr.
lanoy cat. banya. — A Morn, Corne des
animaux. Ce mot, qui appartient au dial.
d'oc, nous est certainem. venu du pr.
Orig. celt. : kym. ban^ corne. Cp. vha.
bain, même sens.
BANQUO (bankô) v. n. — Tirer au sort
dans les vogues.
De banque, le marchand jouant le rôle
du banquier au jeu. Suff. ô (14 4*).
BARABAN s. m. For. ftarrafron. — Pis-
senlit.
Y sopoii de tez s<^i avouai de harrahon»
« Ils soupent sur le soir avec des pis-
senlits. » (Chop.)
De *barbanum, dér, de barba ^ i Cause
des pointes de la feuille. Barbanufà û\>t\ne
barban (8) mot assez peu comthodo à
prononcer pour que l'insert. d'uile lettre
d'appui dans rb soit explicable.
Je mentionne par curiosité que l'arm.
bara, qui signifie patn, entre dans le nom
de diverses plantes : bara-ann^evn, pour-
ivicr sauvage (à la lettre j)am des oiseaux);
bara ann-houc'h^ brionne (pain de pour-
ceau) ; bava-coucou, planle nommée
alléluia (pain de coucou) ;et que le kyra.
bencn signif. jeune fille, ei le gaël. bean
(gén. plur. ban), femme ; d'où traduct. litlér.
bara ban, pain des femmes ou des filles.
Mais pour que celte étym. eût la moindre
. chance d'être vraie, il faudrait, dans nos
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u
BARA
patois, d'autres ex. de noms de plantes
où bara entrerait comme composé. II n'y
a donc entre le mot coït, et le mot In.
qu'une pura coïncidence de sons.
N. de lieu: Barabanj terre aux Hospices,
qui a laissé son nom à un chemin de la
Guillotière.
BARAFUTES s. f. pi. For. harafutes. —
Choses de rebut.
D'un préf. péj. bar (cp. In. barfoyl,
barjaquô, bajaflô ; fr. barbouiller, bar-
guigner,baroque), et d'un rad. fute, qui
exprime le mépris par le mouvem. des
lèvres (cp. In. fufii^ étoffe sans consis-
tance; fr. phu, interj. de mépris, berr.
bafuter, faire fl, wal. cafu, objet sans
valeur).
BARAQNI (baragni) s. f. — Barrière
pour clore les bestiaux dans un pré (v.
abaragnl). B. dph. baragne, appareil en
bois qui soutient un filet pour le poisson.
Du rad. bar qui a formé barrer, et d'un
suff. agni = anea (54 3").
BÀRAI, futur, BARINS (barin), condi-
tionnel du V. bailli.
Gon tract, de baillerai, baille rins. La
cause de la syncope est la difficulté de
prononcer une / mouillée devant r. Cp.
vfr. je luirai pour je laisserai. C'est
probablem. sur ces temps qu'a été formé
le v. 6arer=6ai7/er, usité à Pont- Audemer.
BARANQU A (baranka) s. f. express, péj.
— A Paniss. Chose al)îmée, brisée, (d'où
s'abaranquô, s'abîmer à courir;. Se dit
spécialem. d'une bêle de trait : ina baran-
qua dechivau, une rosse. For. baranque,
chose embarrassante, de rebut ; piém.
baranch, boiteux, en parlant d'une table,
d'un siège etc ; pr. barranco, trainard,
éclopé.
Du vpr. anca, hanche, et du préf. péj.
bar (v. barafUtes). Cp. pr. anca, remuer
les hanches, marcher péniblem. ; it. a7i-
cheggiare, boiter. L'orig. pr. e-xplique
pourquoi nous avons baranqua et non
baranche.
L'esp., le port, ont baranco, fondrière,
au fig. embarras, difficulté, et en même
temps barranca, ravin, lieu cave par les
pluies ; cat. barranch, anfractuosité. Le
pr. a baren barenc, précipice, et le gris.
barranca, ravin. Ce groupe ne se rattache
pas au nôtre et a peut-être son orig. dans
le rad. qui a fait barre barrer.
" BAR ATA fbarata) v. a. — Fouiller
parmi des objets, tracassar, secouer. Le
mot est très ancien et n'est plus usilé. 11
est devenu brottô dans le pat. moderne.
La raiiinc nue à tout U ralu
El maliiaiscmenl la barate.
« La grenouille noie en plein la souris,
— Et de mauvais vouloir la secoue. »
(Yzop)
Coch., qui donne le mot, ajoute : « Bara-
ieja, dans le haut Langued., barata, en
Langued., signifient tromper ; barai,
tromperie. »
Baratd vient bien du rad. barat, mais
au sens de môlc3 confuse. Fr. baratter,
mélanger et remuer confusément ; vfr.
barate, confusion, agitation; yfr. desba-
reter, esp., vpr. desbaratar; WsA. sbar ai-
tare, dètvxiïve, mettre en désordre; m.lat.
baratare = dissipare, dilapidare. Le vx
nor. baratta, bataille, s'accorde mieux
avec l'emploi du mot par Dante et avec
notre sens (et môme avec la forme) que
le grec Trparrsiv, trafiquer, proposé par
Diez. Il est probable que barat, fraude et
barat, bruit, tumulte, ont deux origines.
Est-ce de barat, tromperie, que vient le
piém. barato, chose de nulle valeur, chose
sur la valeur de laquelle on aurait été
trompé ?
BAR ATTON (baraton) s. m. — A Paniss.
espèce de fromage blanc délayé.
De baratte, av. suff. on. Baratton,
résidu de la baratte.
BARBABOU s. m. Alp. barbobouc, pr.
barbobou barbabou, piém. barbabouch. —
Salsifis blanc, irapodogon pratense.
Do barbe-à-bouc, à cause des filaments
en forme de barbe qui sortent de Tinvolucre
lorsque la fleur est tombée.
BARBELLE (barbelé) s. f.— Radotages.
Subst. V. tiré de barbelô. La fin. e, au
lieu de a, indique l'infl, du plur. Barbelle
est collée t.
BARBELO (barbel6)v. n. For. barbella.
— Radoter, radoter en bavant.
De bSilbum, av. un suff. fréq. elô (cp.
fr. griveler, écarteler, pour griver,
écarter), Gh. del on r (170 4-).
BARBELU, USA (barbelu, uza)à Crap.,
BARBELOUS. OUSA (barbelou. ouza) à
River, Morn., R.-de-G. adj. For. barbelous,
sa. — Radoteur, euse ; baveur, euse.
De barbelô av. suff. u, ou (86).
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BARB
3&
BARBIROTTA (barbirôta) s. f. Sarde
hahbajola. — Coccinelle. Pr. habarota
bambaroto, Igd. baboto, insectes divers
suivant le,s lieux : chenille, charançon,
cloporte, blatte etc.
De bàbvimim, fou, sot. it. babbeo ; d*où
pr. babau, à la f lis niais et élre fantas-
tique, bête noire dont on fait peur aux
petits enfants. Rgt. babau-de-Noste-Segnei
coc:*inelle (cp. babouin), Babxir(rum), av.
un sufif. dim. otta ('cp. menote, de main;
pelote, de pila; ballote, de balle), donne
baburoUa, et barburotta par insert, de r
avant 6 (184 6», d). Le passage de m à i
s'explique par l'affaiblis se m. de la proton.
BARBOIN s. m. — Se dit de l'effigie
frappée sur un sou. Boqu) barboi^i, c'est,
au jeu, quand on a perdu, baiser un sou
qu'on a eu soin de mettre dans quelque
chose de pas propre. Par extens. embras-
ser une médaille :
Dzisié son chapele, pu hoquôte barboin.
« [Ellejdisait son chapelet, puis embras-
sait la médaille. » (Gorl.) Au fig. c'est
céder, s'avouer vaincu, mettre les pouces.
Qu*an.iiit ceul vet niio fdl ilc clioiiib deiiis in coin,
Que «rcirc-)! protës, par tout boquô barboin.
« Qui animaient cent fois mieux fait do
paresser dans quelque coin,— Que de
commencer un procès pour tous s'avouer
battus. » (Proc.)
"Debabouin, av. insert, de r (184 6", d).
BARBUE (barbue) BARBUE (barbue),
ap. Coch. BARBUEY, à Lyon barbue. —
1. s. m. — Jeune plant de vigne enraciné.
De barba, à cause des filaments des
racines. Barbue répond à *barbu(t)a.
Transport de l'ace, sur la fin. (51). On
aurait dû avoir barbua ; Ve fin. au lieu
de a est dû à l'emploi habit, du plur.
2. s. f. — Grossette de vigne.
De barba, par analog. av. un poil frisé.
BARCELO V. barselô,
BARCHI (barchi), BERCHI s. f. —
Brèche.
Sur la format, v. barchi,
BARCHI, *BERCHI, lA (barclil, berchi,
ia) ; BARCHU, BERCHU, USA (berchu,
uza) adj. For. barchu, alp. berch bercho,
Igd. berque, lim- berch, vpr. berc. —
Ébréché, ée; spf>cialement brèche-dents.
Un plal barchu qui sicrt |Ic lichifrois.
€ Un plat ébréché qui sert de lèche-
frite. » (Chap.)
De brèche par métath. de r (187 1«),
ainsi qu'en justifient les doubles former
du vpr. berc et brech, et du Igd. berque
et brèc, Gh. de e en a (66).
BARCHOLA (barchola) s. f. — Gaisse
de bois sans couvercle.
De bSLrca, av. suff. ola (cp. mouche-^
rolle, foliole, bestiole), à cause de la res-
semblance de forme avec une barque. G h.
de c en ch (170).
BARCHU, USA (\. barchi).
'^BARDANA (bardana) i. s. f.— Punaise
des lits.
Dj esp. badana, basane, à cause de la
couleur (cp. piém. etgasc. basano, amadou,
génois bazanna, fève : nera (noire) pour
puce, en Gév.). Insert, de r (184 6, c).
2. s. f. — Couleur noirâtre, tirant sur le
rouge.
Du vfr. bardane, mêmes sens et étym.
que bardana l.
*BARDANA (bardana) adj. des 2 g.-
Qui est de la couleur dénommée bardana.
G'ost par erreur que Goch. dit de couleur
noire.
De bardtLna 2. L'accent a été transporté
sur la fin. par analog. avec les adj. part.
BARDELLA (bardèla) 1. s. f. — Nom
propre de la plupart des ânesses, par
analog. av. la femelle du bardot.
2. s. f. — Nom propre des vaches
tachetées de blanc et de roux, ou chez
lesquelles le roux domine.
De barde, espèce de selle, avec sufl".
ella.
A l'orig. le nom de Bnrdelle a dû
s'appliquer aux vaches tachetées sur le
dos comme si le pelage eût dessiné une
barde, (cp. Boucharda, vache tachetée
sur la bouche). La dér. du sens l'a fait
appliquer aux vaches tachetées de la
couleur de la barde.
BARDIN y. bredin.
BARDOIRI V. bôrdoiri.
BARDOT (bardo) s. m. — Souffre-
douleur. « Al est lo bardot de tôt lo bor »,
il est le souffre-douleur de tout le bourg.
G'est le fr bardot au fig., à cause des
coups dont on l'accable et des fardeaux
qu'on lui fait porter.
* BARDOU, OUSA (bardou, ouza) adj.
pris substantiv. — Nom donné par les
habitants de la rive droite du Rhône, en
aval de Lyon, aux habitants de la rive
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BARF
gauche. C'est la contrepartie du nom de
Bedauds donné par ceux de la rive gauche
aux habitants de la rive vivaraise. Le mot
est péj. comme tous les sobriquets de
contrée à contrée. Goch., qui signala
l'express., la fait dériver, un peu naïvement,
de « bardes^ poètes gaulois ».
Vfr. bnrdoux, sot, stupide. De bardo-
sum^ dér. de bardum ; d'où les noms
propres Bar don, Bardoux.
6ARF0YI (barfo-yl) BARFOLLI (barfo-
Ihl), à Lyon barfoiiiUer v. n. — Fouiller
malproprement dans un liquide. Au fig.
bredouiller, n'avoir point de suite dans
ses paroles ou ses actions. Piém. bafonjè,
fr. popul. bafouiller, même sens.
Et qn'k Tort d'inqueii, vo<h iant tu ma conduilsi
BarfoUy cli6que jour cl ii'iii n^glô la suibi.
« Et qui, à l'heure d'aujourd'hui, vou-
draient, sur ma conduite, — Bavarder
chaque jour et en régler la direction. »
(A mo z.)
De biS'fodic(v)lB,re, Bis donne le préf.
péjor. bar (v. baraftites), Fodic(u)lare
donne foy\. Chute do d méd.(139) ; chute
de c du groupe cl et mouillementde / (164
î^, 6); ch. de are en y\ (15 4»); d'où
folhX^ et foijï par ch. de Ih en y (164,
2^, c).
BARGIRI (bargiri) s. f. A Lyon bergère,
— Bergeronnette.
De re/nrecar/a, comme le fr. bergère,
Ch. de e en a (66) ; de aria en iri (13).
BARGNi (bargnf). v. n. — Se dit des
chiens quand ils grondent en montrant
les dents.
El lo pilftit l.oulou de la orousst Jocuma,
Que va bargnanl lo deiiili cl lychanl son écumt.
« Et le petit chien de la grosse Jocume,
— Qui va montrant les dents et léclmnt
son écume. » (Mthiag.)
Du vha. hsirr/ijan, quereller, av. proslh.
de b (183 4*), qui reprè.sente peut-être
l'aspirât, de h.
*BARICOLO (barikolô) à Lyon baricolé
adj, Genev. baricolé, — Bariolé, bigarré.
Litlré, qui identifie baricolé et bariolé,
voit dans celui-ci le préf. péj. bar + violé,
rayé. Diez et Scheler laissent le choix
entre cette étym. et varius + suflf. Mais
dans aucun cas le c du In. et du genev.
U'est expliqué. Il a sans doute été introduit
par confusion d'étym. avec colorem.
• BARILLI (barilhi) s. f. A Lyon bareille,
— Barrique contenant deux ànées, soit
environ 210 litres.
D'un rad. celt. bar, qui adonné enkym.
baril, et en gaël. baraill. Tlli en In., cille
en fr. , sont des suflf. dim. (icula). Il y
a donc eu confus, entre ces suff. et le suflT.
aille, peut-êlre sous l'infl. d'une termin.
celt.
BARILLON (l)arilhoii) s. m. Vpr. barl-
Ion. — Tout petit baril.
De baril, av. suff. dim. on.
N. propre Bar il Ion, probabicm. par
sobriquet comique.
BARIOTA (bariota), ap. Coch. BAR-
ROTA, H Lyon, barette, vin. barotte, s. f.
Dph. barroto baruto, alp. barioto, genev.
barote, berr. berouette. — Brouette.
Ordonn. do police, 1C72 : « Défenses...
d'occuper les places de sainct Nizier, ny
dos Changes, avec leurs animaux ou
baiTOtes. o
Pc* charo'ié de fuinitS r«»n mena de bnrrote,
« Pour charger du fumier, l'on amène
des brouettes. » (Gren, mal,)
De b(i)rota, véhicule à deux roues. A
est une lettre d'appui, introduite dans le
groupe br après la chute de t, comme e
dans le fr. berouette. h'i de bariota a été
appelé par Vi do birota. Voici la marche
suppo.sée : birota biriota brio ta bariola,
BARITELLIRI (bariteliri), ap, Coch.
BARITELLIERI s. f. Vfr barutellière,
for. baril elleri baritet ; pr. bar ut eu, dph.
baritel, sav. bartellièrc. — Blutoir. Au
flg. grand bavard, insupportable parleur.
Viedase que baritel! peste du bavard!
(pat. dph.). En For. baritella, fille éva-
porée.
De baritel (v. barifellô), av. suff. iW
(13).
• BARITELLO (baritèl6) v. a. Brr bar-
tella, vpr. barutelar, b. lat. barutellare.
Bluter ; à Morn. vanner au tarare.
Quaii l't prau pélo mélo
De farena tarlelô.
« Quand elle a a.ssez pêle-mêle r- De
farine tamisée. » (X, bress.)
Du vfr. baritel, barileau (Cotgrave),
qu'on trouve dans nos actes consul, au
xvi« s. et dans Paradin, et dont le dim.
barutellière est seul resté dans nos pat.
sous la forme baritelliri, Baritel est lui-
même dér. de buratare (v. baritf'f).
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BARI
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BARITET (barilè) s. m. — A Morn.
Tarare.
Tiré de barito, par analogie entre
Topérationdu van mécanique et celle du
blutoir. Au thème s*est ajouté le suff. et,
qui n*a pas ici le caractère dim. habituel,
mais simplem. celui d'objet (cp. armet,
tranchet, bassinet).
BARITO (baritô) v. a. — Tamiser.
De burat9t,re, cribler (xi* s.). Métath.
de a et tt ; d'où barutare pour buratare
(cp. bavutellum, crible). BartUare donne
bartare par chule de la prot. méd. (78),
et baritare par insert, d'une voy. d'appui
t.par dissim., au lieu de a accoutumé. Le
br. dit encore bartella sans voy. d'appui.
Buratare est tamiser au travers de la
bure, tissu grossier, d'où vfr. bureter.
BARJACO (barjakô), à Lyon bar jaquer
v. n. Vel, bardzacay b. dph. barjaqica,
pr. barjaqua barjaquea. — Parler de
façon oiseuse et inconsidérée.
D'un primit. barjar, qui existe dans
barja, parler en b. dph. et bavarder en
pr., et auquel s'est ajouté un sufif. onomat.
(cp. le piacentino barciacla, bavarder).
Barja est formé sur pr. ba.7'jo, bouche,
dont l'étym. est inconn. On trouve dans
le nor. isl. barki, gosi 3r.
BARJAQUA (harjaka),àLyon barjaque
s. des 2 g. For. barjaque, vel. bardzaque,
pr. barjacas, Igd. harjac barjaire barja-
rello, piaconlino barciaco. — Celui ou
celle qui parle beaucoup et inconsidé-
rément.
Que me boibolc-lc 7 que la mol rua barjaqua !
« Que me marmottes-tu ? Quel méchant
bavard ! » (Gorl.)
Subst. V. tiré de barjacô.
BARLET(barlè)adj. — Employé seulem.
dans la loc. uets barlels, œufs qui ne sont
pas frais.
A son origine dans l'hubi tuile qu'ont
les ménagères de regarder les œufs au
travers du jour pour reconnaître s'ils sont
frais. L'œuf clair est frais, le trouble ne
l'est pas. Barlet, qui a certainem. été,
barluet, vient, comme barlue^ du préf.
péj. bar (=, bis) et de lucem, auxquels
s'est ajouté le suff. et. Barlct^ littéralem.
qui a une lueur douteuse. Sur le sens,
cp. it. barlume, faiblo lueur.
BARLETIER vin. s. m. — Btnnier,
fabricant de bennes etc. (1473) : « A
Humbert, barlatier, pour un brochet (v,
ce mot) pour tenir eau nete pour boire
es ouvriers et manœuvres... (Arch. mun.
ce. 446). — (1474) A Hubert le barletier
pour 37 bennots neufs à porter terre pour
curer les fossés, à 3 blancs le bennot. —
(GG. 448). A Humbert, barlatier, 8 bennots
à porter terre es dits fosses, à 18 d. la
pièce... (id. id.). »
Barletier est la contraction de baril-
letier, faiseur de barils. Le vfr. disait
bar illier, La fin. du mot indique une
formation d'oïl. Ha donné le nom propre
de Barlatier, qui est commun dans le
Lyonn. et le Midi.
BARLOQUA (barloka) s. f. — Grosse
caisse, tambourin.
De fr. berloque, batterie de tambour,
avec élargissem. de e en a (66).
BARMA V. bàrma.
BARM AT (barmà) s. m. — 1. Haie entre
deux fonds de niveaux différents. 2. Haie
formée de gros arbres.
De barma, av. sufif. at. L'idée do pente,
déclivité, s'est étendue à celle de clôture.
BARMO V. bormâ.
BARNAEUX (barnaeu) s. m. -- A
Morn. se dit d'un tout petit enfant, spécia-
lem. lorsqu'il montre qq. nudité.
Du vfr. brencux (de bren, e.xcrémenl),
av. métath. de r (187) et élargissem. de e
en a (66). Gp. wal. bernati, vidangeur.
BARNAU (barnô) s. m. — En Fr.-l.
Pique-feu. Vfr. 6^;viarrf, marmite (xvrs.);
ss.-rom. bernar bernadso, à Vionnaz
bcr^iadzéy alp. bermge, milan, bertiazs
barnasc, pelle à feu. M. Godef. donne au
vfr. bernagoe la signif. d'outil à perforer,
mais les 2 textes cités permettent d'inter-
préter par pique-feu ou fourgon. Piém.
hernagi. palette.
De * prunellmn (?), de prnnae hatilliDn,
auquel se rattacheraient, suivant M. Fle-
chia, les mots congénères au nOtre. La
marche sei*ait brunellum burtiellum bar-
nelltim (cp. gris, burnieu barnieu,
l)raise). Il semble que barnau pourrait
plus simplem. se tirer d'un rad. bcr7i (?),
d'orig. germ. — Ail. brennen, golh.
bra7injan,y\\i\. prennan, brûler; berenn,
flamma, ignis, que Grimin rattache, av.
le signe du doute, au vha. prinna. On
retrouve ce rad. dans nur. britni, feu, qui,
par métath., a donné ags. borfi, brûlé:
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BARN
ags. hyrnan et angl. to hum, brûler. —
Le rad. hem serait passe à harn sous
infl. do r (24) et à celui-ci se serait ajouté
le sufT. ellum = au. Les mots visés par
M. Flechia représentent tous l'idée exclu-
sive de pelle, mais on voit par les ex.
que le rad. hem se retrouve en général
dans les objets appropriés au f m.
BARNO (barnô). EBARNO v. a. —
Ouvrir toutes grandes les portes et les
fenêtres. — Y est tôt harnJ, y est tôt
grand hamô, c'est tout grand ouvert.
Bourg. éha?ié, même sens.
J^'hibernare (?) par confus, do i init.
avec le préf. ex dans éharnô. Ch. de e
en a sous infl. do r (66). La chute da r
dans ébané s'explique par la phonétique
du bourg., où il tombe souvent après a
ou e devenu a : adan (ardent), vatu
(vertu), couvalure (couverture), datai
(clarté) etc. L'aphérèse de la voy. init.
dans la forme hamô se retrouve dans
hihernaticum = vcrnoge, froid, humide.
Le gév. a éberna iberna, hiverner, mais
dans le sens actif. Aqui paisan eberna
sessanta fede, ce paysan garde à l'élable,
pendant l'hiver, soixante brebis.
• BARRAQIA(baragiâ) v. a. Vr. bar-
reja, esp. barrajft, vpr. barrejav. —
Ravauder parmi dos objots, mêler, con-
fondre. Barragia l'aigui\ remuer l'eaiî
(Goch.). Je n'ai jamais entendu ce mot, qui
est un doublet de bara'tô, et a vieilli. 11
répond h un *bnvaticare. Lo suff., av.
persist. de la gutt. dure, indique que le
mot nous est venu p;ir le pr.
* BARRASSARI (barassail) s. f. Dph.
harrassari. — Bagatelles, menuos choses
sans valeur.
Se dit beii qu^arrivil un pou de brouilUri;
Quoqu'autrc contaral cela harrassari.
« Il se dit bien qu'il arriva un peu de
brouillerie ; — Quelque autre contera ces
vélilles. » (Xaiss. du J).),
En dph., cant. de Mens, barrountarian.
« Ai vougu me soi trouvas un pau de
bouono houro per achatàs coucas bar-
rountarias, — j'ai voulu m'y trouver de
bonne heure pour acheter qq. bagatelles. »
(Guichard),
Du vpr. barrax, barre, av. suflf. pêj.
ari, qui paraît indiquer une idée de bruit :
charivari^ hourvari, boulvari ; piém.
zanzivari. gargouillement. Barrassari,
embarras bruyant, d'où, par dér. de sens,
menus objets qui font du bruit (ferrailles,
riblon etc.) et enfin menus objets sans
valeur, bagatelles.
BARRAYKbara-yl),BARREYlv.n.For.
bari'eari, barreya. — Ahanner. travailler
péniblement, faire des efforts, lutter contre
les obstacles. Barray'i sa via, gagner
pén il dément sa vie. For. barreya de
z'efans, traîner des enfants.
Je leiuiis din h juina et je barreions tout...
« Nous sommes dans la gêne et nous
travaillons tous péniblement. » (Monin)
D'un rad. bar (qui a formé baratta,
baragia), parle vpr. barrei, dispute, biniit,
remue-ménage, trouble, et le suff. yi(15).
BARRER y.barrye.
BARREYAJO(barè-yajo) .s. m. — Action
de brasser, de remuer, de se fatiguer, de
lutter contre les embarras.
De ban'ay'i av. le suff. ajo (7 et 161 5*»).
BARRIO V. barrye.
BARROT (barrô) s. m. Dph. barrât, —
Petit tombereau. Piém. barocia, charette;
barossa, tomber.^au.
Per toult la villa, de crainla du segrot.
L'on dcfciid de roula carrosse ni barrol.
« Par toute la ville, de crainte des
secousses. — On défend de faire rouler
carros.se ni tombereau. » (Gren. mal.)
A Lyon, au xvii« s., on avait han'ote au
sens de voiture de maraîcher : « Défenses
sont pareillement faites à tous lardiniers,
lardinieres et Rovenderesses d'herbages,
d'occuper les places de sainct Nizier, ny
des Changes, avec leurs animaux ou
barrotes (()rdo7in. de police, 1672). » II
n'est pas probable qu'il s'agisse ici de
brouettes, les maraîchers ne pouvant se
servir de celles-ci pour apporter leurs
marchandises.
De birotum, v. barlota.
BARROTA V. bariola.
BARROTO (barot6) v. a. — Charrier le
fumier dans les champs.
Mou bomo nioJe uut cbam|if , barrote tôt lo jor.
« Mon homme va aux champs, — Char-
rie le fumier tout le jour. » (Monin)
De birota (v. bariola). Suff. ô (14 1»).
'BARROULO ( aroulô) V. n. For. bar-
roula, dph., pr. et Igd. barrula. On dit
plus souvent à Lyon débarrouler. —
Dégringoler sur une descente.
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BARR
Jff f«rey barrula tout pcr lous cscharK^s.
« Je ferai tout dégringoler par Tescalier. »
(Liaud,)
« Les escayiés de bois éliont mouillés
et pleins de bassouillo ; elle glisse et
6aroM/e jusqu'au quatrième. » (Et. Blanc.)
De bas et rouler. Suff. (5 (14 3").
BARRYE, BARRER. BARRIO. vin. —
Ces différents noms paraissent s'£ppliquer
à une palissade mobile ou barrière en bois,
placée en avant ou en dedans des portes de
la Ville.
Reg. cons : 1417, 15 fév. « Ils ont prié
à Aynard de Ghaponnay qu'il responde à
Blacieu ce que montera de boys que l'on
employera au barrio de la perte de
Farges... » — 1418, 2i fév. «... Ordonné que
Ton face faire dedans la porte Saint-Marcel,
au bot du petit mur qui vient de la Porte
de l'oslel de Foreys, le semblable barrye
ou meilleur qui est bors ladite porte. »
— 1419,30 août, t Bererd Jacot et Marines,
Jeban de Blacieu et le procureur visiteront
la fusle (bois) du barrio du Griflfol, se
elle est bonne pour assovir le dit barrio
ou non. > — 1508. Janvier. « Dépense faite
tant en maçonnerie, charpenterie, ferra-
terie pour réparer et accoutrer la porte
appelée le barrer, autrement la tour
Neuve, hors la porte Saint-Marcel. »
De barre: le barrye, ce qui barre le
passage. Le mot ba.rri (barrium) existe
en pr., où il a le sens de rempart et, par
extens., de faubourg. Notre banye est le
pr., et barrer barrio sont des dér. av. sufif.
arium et ellum. En vin. ariiim non pré-
cédé d'un yotte donne er (pour air), et io
est une fausse graphie pour tau (32).
• BARSELO BARCELO (barselô) v. a.
— Agiter, secouer. Lo vint barselle celos
raisins, le vent secoue ces raisins (Goch.).
Du vfr. berseler bierseler, fréq. de
berser, tirer de l'arc, frapper à coup de
flèche. Bersé, au sens passif, se disait
d'une chose qui est lancée. Dans les Côtes-
du-N., on dit bercer une pierre, la
lancer. Berseler est dér. de berbecem, au
sens de bélier, machine ùo guerre. Gh.
de e init. en a sous l'infl. de r (66).
BARSiOULO (barsioulô) y. n. — A
St-Mart. Boire longtemps et avec excès.
Du fr. saouler et du préf. péj. bar,
L'inserl. de i est analogue à son insert,
devant ellum = iau. Fin. cî (14 8»).
BARTA (barta)* BERTA s. f. —1. Grand
pot de terre pour les usages ordinaires.
Vfr. baratere, petit pot de terre.
2. Récipient en ferblanc pour le lait. —
A Lyon, berte, Vx pic. berte, vaisseau de
bois ; vx fr.-comt. bert, panier, claie pour
prendre les poissons ; vfr. ber laitière,
fondrière. Sur le rapport de sens, cp.
bu ire, qui voulait dire à la fois écluse et
récipient.
Étym. inconn.
BARTAILLI (barlalhi) s. f. For. bar-
tailli. — Vaisselle, ustensile de cuisine.
Ole, pusqiic la Zobet t coltl la polaly
De la brôvc Lenun, et pisi ta barlaly,
« Oui, puisque la Zobet a mangé la
poule — De la brave Lénon, et mis en
pièces sa vaisselle. » (GorL)
De barta, av. suff. péj. répondant à
fr. aille.
BARTASSERIE s. f. For. bartailly. -
Ustensiles de cuisine. On dit généralem.
bartasserie de cuisine, comme en fr.
batterie de cuisine.
De barta, av. suff. asse, péj. et augm.,
et un 2° suff. d'oïl erie, qui est collect :
cavalerie, boiserie, verroterie, maçon-
nerie.
BARTAVELLA (bartavéla) s. f. For.
bartavella, genev. bartavelle, sav. bar-
tavai. — Se dit d'une personne qui parle
beaucoup. G'est le sens flg. de bartavella,
crécelle en for., vel. et gév.
Bartavella est identique au vfr. verte-
velle verterelle vertcnelle; m. lat. verti-
bella, sorte de verrou fermant à clef, et
qq. fois gond, par extens. La crécelle du
m. â. n'était pas la raquette moderne,
composée d'un pignon denté et d'une
languette fixe, mais elle était formée d'une
planchette sur laquelle était adaptée une
anse mobile sur pivot. En imprimant un
mouvem. de va et vient à la planchette,
on faisait heurter l'anse contre celle-ci.
Du b. lat. vertebolum, dim. de vertebra,
mais dér. du sens primit. sous l'infl. de
vertere, de manière à ne représenler que
l'idée d'un objet tournant sur un axe. Ch.
de V init. en b (100, rem. 2) ; do e init.
en a sous infl. de r (66) ; de b médial en
V (141). On a bartevolla, d'où bartevella,
par substitution du suff. ellum à olum
(cp. ital. martello, de m^artulum). Le In.
supporte difûcilem. un e proton, médial
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40
BART
et tend à le renforcer ou à le faire dispa-
raître : d'où hartatella. Le phénomène ne
se produit pas en fr. (cp. vertevelle),
BARTAVELO (bartavel6) v. n. Piém.
hërtavlè. — Jacasser, bavarder.
Je hartavelo pro, mais no raisoiino gubro.
« Je bavarde assez, mais ne raisonne
guère. » (Go7*l.)
De bartavella, av. suff. 6 (14 3»).
BARTAVELOUS, OUSA (bartavelou.
ouza) adj. — Bavard, e.
El seins se Iraviri, iioutroii hartaoehux, ,
Einlonne bellameint quela jolia romsiici.
« Et sans se retourner, notre bavard...
— Entonne bellement cette jolie romance. »
(Ménag.)
Do bartavelb, av. s:i(T. ous = osus (35).
BARTELO (bartelô) s. f. — Grosse
farine.
Du vfr. ban'tel, lamis, av. suff. 6 = ée
en fr. Chute de t (78). La bartelô est la
farine demeurée sur le baritel.
BARTILLI (bartilhi)s. f. — Sorte de pot
de terre av. anse et bec.
De barta, av. sulT. dim. fém. iUii, Cp.
suff. maso, ilhon,
BARTON BERTON BERTOU s. m. —
Sorte de petit pot allant au feu. A Ampuis
broiUon (Coch.). par métath. de r. For.
barton bartau, pot à eau.
Lt groussa Margolon
Fcftié cbaiavari su lu eu d'un barton*
« La grosse Margoton — Faisait chari-
vari sur le cul d'un pot. » (Gorl.)
De barta, av. suff. dim. on.
* BASSACULA (bassacula). Pr. bâta-
Cilla, Igd. batakioula (Sauvages). —
Employé seulem. dans cette express :
Donnô labassacuhx, faire taper quelqu'un
du derrière contre le sol. For. baqmola,
faire la baquiole. Fr. selle ou casse-cul ;
donner un casse-cul (\ap. Landais, Littré,
Bescher^lle). « Occasion qu'on leur ap-
print, à leurs despens. le jeu de la selle
(Eutrapel). » Je ne sais sur quoi Coch.
s'appuie pour dire que, il y a deux siècles,
on prononçait en In., comme en Igd.,
battacîila, mais l'express, lyonn. faire
un pataciil pour tomber sur le derrière,
se rattache en effet à batlaciila. Cp. vfr.
bacille, pénalité qui consistait à avoir le
derrière frappé avec une pelle de bois ;
vin. donner du besson (v. besson).
De battre et de cul, d'où la forme mérid.
battactila, — Bassacula est le ré.sultat de
la confus, qui .s'est faite entre le rad. bat
et bas : bassacula, derrière en bas.
BASSIEUX (bassieu) s. m. expr.^ss. péj.
— A Lyon, homme sans consistance,
incapable.
Du vfr. bassier, enfant, pupille, dér. de
bas, « De bassierqu*\\ estoit, il est devenu
gas. » (Borel) La substitut, du suff. eux
au suff. ier est moderne et péj. (cp. versail'
leux, gommeux, communeux).
BASSOLLi V. bassoyi et bassoyi.
BASSOYI (basso-yi) BASSOLLI (basso-
Ihi). A Lyon bassouiHe s. f. — Boue
liquide, boue du dégel o'.c.
Ne passô 1 ôs pc* t*G bainhi
On tôt lo mnndo va ft vini,
De Forvcyi y va en Savtiye ;
No vanlo pus trop sa hassoye .
« Ne passez pas par ce chemin — Où
tout le monde va et vient. — De Four-
vières il va en Savoie ; — Ne vantez pas
trop sa boue liquide. » (Coz.)
D'un préf. péj. bas (= bis) et de suilln
^ fr. souille, lieu bourbeux, qui donne
solhi en pat. (34, rem. 4, et 54 3o).
Passage de olhï à oyl (164 2", c).
BASSOYI (bassoyi BASSOLLI (bas-
solhl) V. n., à Lyon bassouiller. Gaffer
dans la boue liquide.
De bassoyi, av. suff. î (15 4'). Le In. a
retenu cette fin. olhi dans tous les mots
destinés à exprimer le rejaillissem. de
l'eau. Cp. gabolhl, sansolh't, patrolhi,
gassolht, qui expriment tous le bruit de
l'eau remuée.
* BATA FI (batafi) s. m. For. batafî, pr.
batafuet, dph. batafîou, mars, matafioun,
Igd. matafièu, vpr. maiafion(ap. Mistral),
terme de batellerie. — Bout de corde
mince qui sert à relier deux cables.
Bouta fil, terme de maçonnerie, môme sens.
Le terme de batellerie et le terme de
maçonnerie ont des composit. analogues.
Boula/il est composé de boiter et de fil.
Matafîèu est composé du pr. mata, assu-
jettir, dompter et de fièu, fil. Matafîèu
donne balafi en In. par ch. de m en b
(104, rem. 2), peut-être sous infl. de
boutafiL Filum = fi (121 8»).
* BATET (bâté) s. m. — Petit sachet de
paille que portent les manœuvres et sur
lequel le fardeau est placé. Lgd. sacol
{ap, Coch.).
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BATI
41
De bât av. suff. dim, et, comme le Igd.
sacol est le dim. de sac,
* BATILLON (batilhon) s. m. — Battoir
de l)ois dont les huyandires se servent
pour battre le linge.
Si ella n« te piQne a coù de batillon
Ne le manquera pat mon manchou d'alebarde.
« Si elle ne te peigne k coup de battoir
— Mon manche de hallebarde ne te
manquera pas. » (Bern.)
Do battre, av. sufif. ilhon, exprimant
la fréquence et le bruit.
BATILLONO (batilhon6) v. a. — Battre
le linge.
De batillon, av. suff. 6 (14 8o).
' BATTRE L'ANTIFFA (antifa) CODRE
L'ANTIFFA loc. — Vagabonder. S'emploie
souvent à propos des enfants. Tôt lo jor
a cort Vantiffa, tout le jour il fait Técole
buissonnière. As-te d'abô fini de codre
l'anti/fa f a.s-tu bientôt fini de faire le
polisson dans les rues ? Lgd. battre
Vantiffa, Vantiffla, courir la prétentaine.
Vfr. batteur d*estrade et d'antife; argot
des voleurs, battre Vantiffe, au propre,
marcher, et au fig. dissimuler.
Antif, antive était une épithète, dit
M. F. Michel, que Ton dDunait fréquemm.
aux sentiers, voies etc. Il ne lui attribue
pas de sens particulier, mais en réalité,
antif est pour altif, haut, escarpé.
M. F. Michel suppose que l'argot a procédé
en subslit. l'attribut au sujet, et a dit
battre Vantlffe pour dire battre l'estrade.
C'est en effet la seule explicat. plausible.
* BATTURI (baturi) s. f. A Lyon bat-
toire. — Baratte.
Du rad. de bAtuere av. suff. répond.
à or ta (37).
* BAUCHES s. f. — 1. Fanes de légumes,
en général ; 2. Plante marécageuse, dite le
grand souchet. — For. bauche, iris des
étangs, pr. baucas, touffe de graminées ;
baucado, jonchée d'herbes ; fr. baugue,
mélange de plantes marines rejetëes par
la Méditerranée.
De btilcha, roseau, jonc etc. (xv« s.).
Voc. de / (170 2», a), Balcha doit être une
transform., par mélath. de l, de blacha^
même sens (v. blaches),
BAUCHl (bôchi), à Lyon baucher y. a.
Ss.^rom. baudschi. — Débuter, chasser
une boule par une autre. Ss-rom. bauds-
che, boule à jouer.
De baiiche, boule (qui devait exister en
In. comme en ss.-rom.), av. suff. i (15
2»). Bauche vient probablem. du germ. —
Ail. balken, holl., suéd., angl. balk, dan.
biaelka, nor. bjalki, poutre ; d'où vfr.
baie, bauch, poutre, bardeau pour couvrir
les toitures. Le sens s'est étendu à boule
fabriquée av. du bois, comme il s'était
étendu à bardeau.
• BAVER ES DE CONFORT. « C'étaient
les fainéants qui s'assemblaient autrefois
sur la place de Confort. »(Goch.) «... Chauf-
fer la cire aux bavards de Confort. » (Rab.
éd. 1553).
Le suff. ère est probablem. pour le suff.
er, usité jusqu'au xiv» s. pour ariits non
précédé d'yotte. Le pat. mod. dit bavôrd,
sous infl. d'oïl.
BAVOUÉRI (bavouèri) s. f. — Bavarde.
De bace, av. un suff. qui répond à oire
et devrait être nri (37), mais cela aurait
donné bqvuri, qui se serait confondu av.
fr. bavure. Bavotiéri esibavoire prononcé
à la patoise. Littér. une machine à bave.
BAYARD (ba-yar) s. m. For. bayard,
— Dans qq. villages voisins du For.,
fruit de l'églantier. Le nom le plus ordi-
naire est camber.
Peut-être de bacca = baie, plus suff.
germ. ard, Cp. béarn. abajou, baie de
l'airelle rouge. — On trouve au m. A.
bedegar^ églantier, aujourd'hui galle de
l'églantier ; it. bedeguar, même sens, qui
viennent de l'arabe badaward (Devic), et
aurait pu donner beyar ; mais cette orig.
est beaucoup moins probable.
BAYARD, (ba-yar) ARDE, adj. For.
bayard. — De couleur brune tirant sur le
rouge. Ne se dit que delà robe des animaux.
Du vpr. baiart, même sens. dér. de
6arfmmav. un suff. germ. art.
BAYARDE s. f. — Nom propre donné
aux vaches dont la robe est de cette
couleur (v. bayard, arde),
BAYET. ETTA (ba-yè, etta) s. m. et s. f.
— Nom propre donné aux bœufs et aux
vaches tachetés de larges plaques baies
ou de couleur froment. La distinct, entre
la Bnyette et la Bardelle tient uniquem.
à ce que les taches sont communém. plus
larges chez la 1" que chez la 2*.
De bai, av. suff. dim. ety et dér. de
sens. En for. bayet a gardé la signifie, de
rouge-brun.
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42
BAYO
BAYOU LO (ba-youl6) v. a. Pr. haioula
6^/m /a.— Balancer un enfant en le portant,
le caresser, le dorloter.
De hajulB,re, mais de format, pr. ; le In.
aurait donné bailli. .
BAZANA (bazana) s. f.— Grand tablier
de peau que les paysans revêtent au
travail pour protéger leurs vêtements.
De hazB,na, cuir corroyé.
* BAZANO(bazanô)adj.de8 2g. — Ridé.
Al est ressemilli comnCin piu bazanô,
il est ridé comme un pou dont la peau
s'est crispée.
De baza,na, parce que la basane est
souvent crispée. Fin. (5 (14 3").
BAZATTO(bazatô)enFr.-ln., ABAZAN-
NO (abazanô) à Crap. v. n. — Etre essouf-
flé, manquer d'haleine. Piém. basativ, qui
transperce, qui coupe la respiration, en
parlant du vent.
l^lym. inconn. — Peut-ôtre de Tesp.
bSLZOy rate, parce que courir fait gonfler
la rate. Diez cite aussi le mot comme it.,
mais jo ne le connais pas dans cette
langue. A bazo se serait ajouté le sutT.
fréq. (itlo = olter fr. Le bazattô serait
l'es soufflé de la rate, à l'inverse du dératé.
Le piém. bnsativ serait ce qui fait gonfler
la rate. Dans la forme abazannô on a
préposé le préf. a, mais je n'explique pas
le suflF. an7i'),
BÉAL s. m. — Bief d'un moulin.
B. lat. besLle, vfr. bealaige, lit de rivière.
Beale a été lui-même composé avec le b.
lat. bcdum^ bief, écluse d'un moulin ;
ags., néerl., angl. bed ; ail. belt lit; du
vha. betti, lit, considéré dans bedum au
sens de lit de rivière. A bed(u)m on a
ajouté le sufl*. alis, aie (cp. sodalis,
canalis), d'où beale par chute de d méd.
(139).
BECHE vin. s. m. — Brochet. Inv. de
la C. 1380-88. « Item, à Michel Borno,
pescheur, pour 11 carpes et 11 bêches, que
maistrc Jean de Bourdes donna à Mons.
le chancelier... » — 1403. « A JeanCarteron,
poissonnier de Màcon, vint et deux livres
et dix soûls tourn. pour neuf bêches et
une carpe achetez et pris de lui. » Le
31 janv. suiv., don au duc d'Orléans de
« 22 carpes, 6 anguilles et 15 bêches ».
Du vha. bêche, brochet, d'où vfr bequin
beqxtet bechet, et wal. bechet, môme sens.
• BÈCHI (bèchi), à Lyon BÊCHE s. f. —
1. Bateau garni de cerceaux recouverts de
toile. 2. à Lyon bain de natation, parce
que les premières écoles de natat. étaient
à bord de bêches.
Du celt. — Arm. bac bag^ gaël. bcu:, b.
lat. bacca, bateau. Ch. de ac en ai (11).
exprimé par é, è dans la graphie ; de ce
en ch (154), de a en i (54 2»). Dans le
vin. besche, s est une insert, analogique
av. mcàche etc.
BÈCHI (bèchl) v. n. — Se ronger (au
fig.).
Cou ccltfbro Tartôro
Que force noutron maître à 6ecAi deint ion coro.
« Ce célèbre Tartare — Qui force notre
maître à se ronger dans son cœur. » (Mén,)
De beccum, par un type *bescare. Ch.
de se en ch (166 1») ; de are en ♦ (15 2).
• BECLIEN (bè-cli-in) s. m. — Rate de
mouton.
De visculSLnum (qui appartient aux
viscères) par le vpr. bescles, fressure. Le
b pour V est une pronciat. gasc. Ch. de
sel en cli (179 2) ; de aiius en am écrit
en (cp. decanus = doyen, civHadanus
= citoyen).
• BEDEAU (bedô) ap, Cocli. BEDOT
s. m. — Surnom péj. donné par les
habitants de la rive gauche du Rhône
aux gens du Vivarais.
Durant le m. A. les bedauds ^ieAexïi des
soldats irréguliers, tels que les Grandes
Compagnies, hordes de pillards, au service
de qui les payait. Du G. y voit l'étym.
bidarduSy bidaldus, soldat qui portait
deux épieux. Mais le dard usité au xiv* s.,
époque à laquelle se rapporte le texte,
était un épieu unique, dont on se servait
comme aujourd'hui de la bayonnette. Il
n'est pas difficile de suivre les dérivât,
de sens de l'étym. vha. petil, emissarius,
qui a donné bidellus, bedel, bedeau,
aujourd'hui le pacifique bedeau des églises.
Vemissarius était devenu le sergent
subalterne, le recors, chargé de la police
municipale, et de là, le mot a pris, dans
la langu3 du peuple, le sens injurieux
en général qu*on lui voit au m. â., et qui
s'est étendu peu à peu aux bandes dévas-
tatrices. Le terme bedeau est donc fort
injurieux. Les gens de la rive droite s'en
vengent en appelant les gens de la rive
gauche Bardoux.
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BEDO
43
BEDOFLA (bedofla) s. f. — Ampoule.
D'au rad. bod et du suff. ofta^ qui a dû
être infle, d'enflé, passé à ofta peut-être
sous infl. de cofto (v. houtiflo).
BEDOT V. bedeau,
BEGAUD. AUDA (beg6, 6da) s. —
Nigaud, aude.
A^fr. begaud, que Diez raltache à bègue.
BÉJAT (béjà) employé seulem. à Lyon
et dans cette express: Tomber dans le
béjat^ pour tomber dans i'imbécilité. —
Vfr. begautt norm. begas, sot, bavard ;
esp. babieca, it. baggeo, piém. bagian,
nigaud, sot ; fr. bègue.
D'un rad. bag, qui parait être une
onomat. exprimant le balbutiement, av.
un suff. dim. al,
BELETTA (belèta) s. f. — Dans certains
villages (Grap. par ex.) Écureuil. Exemple
curieux, mais non rare, d'une dér. de
sens, qui consiste à appliquer le nom d'un
animal à un autre fort différent. En For.,
du côté du Vel., beletto signifie fourmi.
En Gév., l'écureuil est considéré comme
une espèce de cbat : tsatsirau, chat-
écureuil.
BELETTO (beletô), à Lyon beletter v. a.
— Convoiter ardemment, couver des yeux.
Belettô ina bôlli, désirer passionném.
une fille.
De beletta, Belettô, être convoiteux
comme une belette.
* BELIAU (beliô) adv. Dph. beliau, pr.
beleu, vpr. be leu, ben leu, bas dph. beliô.
— Peut être.
Te De sçt htliau prou, car deit ie me Iroblo.
« Tu ne sais peut-être [pas] assez, car
déjà je me trouble. » (Naiss, du D,)
Beliau, ainsi que le prouve le vpr. ben
leu, est un composé de bene et de /et?{>.
Je n'explique pas la chute de n, mais elle
est incontestable (cp. betout = bene +
tostum), Liau n'est que le vpr. lieu,
employé concurremment avec lèu, et où e
bref est devenu ie (cp. brevem = brièu).
Le In. n'admettant pas le son pr. eu (=ze-ou),
celui-ci s'est élargi en au, La dér. de sens
de bene levis à peut-être est curieuse,
mais n'est pas contestable.
I^e wal. a bailèben, même sens. Grandg.
en fait un comp. hybride de ail. viel,
beaucoup -f leicht^ facile + lat. bene. Le
tout = beaucoup^facilement-bien. Mais
V init. germ. se change en g (cp. vante, =
gant), et non en b, et rien ne démontre
que te germ. se change en a*. Bailèben =
lepr. belèu-ben, où bene est répété comme
dans noti e bintoubin, composé de betout
(où ben est déjà exprimé) plus bene.
BELIN V. Belot.
BELINA (belina) s. f. For. belot, roan.
beleine, piém. balina. — Pomme de pin.
Diez rattache l'esp. et port, belota
bolota boleta, gland, it. ballotta, châtaigne
bouillie, à balanum. C'est une erreur, au
moins pour l'esp. et le port., qui viennent
de l'arabe bellôia, gland. L'esp. bellota,
bouton de l'œillet, bellote, sorte de gros
clou à tête ronde, ont sans doute la même
orig. A la famille de beline se rattachent
prôbablem. le Igd. belau berau, le rgt.
beral, sortes de prune, le viv. beline, le
lim. belièiro, sortes de châtaigne. Ceux-
ci peuvent venir de btilanum, mais il y a
de nombreuses difficultés : 1* le dépla-
cement de l'ace. ; ^ ce déplacem. admis,
le passage de a prot. à e dans toutes les
formes, excepté le piém. ; S* balAnum
aurait dû donner en In. et en pr. balan. Il
faut donc encore admettre ici une substitut,
du suff. — Peut-être balanos existait-il en
celt. sous une forme que nous n'avons
pas.
BELOT (belô) s. m. A Lyon belin. —
Agneau. Au fig. express, de. tendresse,
employée surtout en parlant à un enfant.
Du néerl. bell, angl. bell, cloche, à
cause de la cloche que porte le bélier. D^où
fr. belière. La forme de liyon belin est
employée au m. â. avec la signification de
mouton et même de bélier. En norm. blin
signifie encore bélier. Le suff. dimin. in
(belin) est d'oïl.
BELUE V. abuli,
BENAISIt *BENEISI, SIA (benôzi, be-
nézi, zia) à Lyon benaise adj. Berr., gév.
benaise ; gasc. benaysat, rgt. abenat, —
Satisfait, bien aise, en parlant de la
réfection. Loc. à son benaisi^ à sa satis-
faction. S'emploie sans la prep : Ala migi
son benaisi, il a mangé de façon à se
rassasier pleinem.
De ben (= bien) et aisi (= aise).
BENAISI (SE), BENEISI (benèzî, benézî)
For. benaisa. — Manger à sa pleine
satisfaction.
0 pot te benaiti, le reeOrtet sont brùTet.
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44
BENA
« On peut se remplir le ventre, les
récoltes sont belles. » (Tôt va h,)
De benaisi, adj. Ainsi le vfr. avait tiré
hienheurer de bien heureux.
* BENATRU, UA (benatm, ua) adj.
For. atrut benatru, vfr. benastru benas-
truif vpr. benastrxic, Igd. astra ben-astru
ben-astruc. — Bienheureux, se. Se dit
des défunts. Noutron benatru pore, feu
notre père, qui est au ciel.
De bene (= bien) et aslrutum^ tiré
(ïastrum. Bene astrutum, né sous une
heureuse étoile. Chute de s dans st (166
BENILLON (benilhoii)s. m.— Nombril.
D^ambounil arnbunil ambounilh (v.
ambunï), av. aphérèse de la syll. init.
et add. du suff. on.
BENNA (bèna) à Lyon benne s. f. For.,
b. lat. benna, — Vaisseau de bois qui sert
eommuaém. à porter le vin dans les
tonneaux.
De benna, à l'origine voiture d'osier
obiûDgùe fermée de toutes parts, et
«mployée par les Gaulois.
BENNE (f) vin. B.f.-^Reg. cons. 14i9 :
« Ils ont concluz qu'ilz parleront à mon-
seigneur le bailli de la benne que Ton a
commencée au mylieu de Saonne, à
l'endroit de Rouen ne afin de la faire
dépicier. »
* BEN NI (bènî) s. m. A Lyon bennier.
— Fabricant de bennes.
De btnna, av. suff. ariiî^ (13), appli-
cable aux professions.
BENOLLI (benolhî) v. a. A Lyon be-
nouiller. — Mouiller abondamment,
inonder.
Serait-ce ben (-= bien) et olht, onomat.
indiquantle rejaillissem. deTeau? Benolli,
bien mouillé. Gp. bassolli. — Serait-ce
bien ouille (cp. ouiller le vin) ?
BENONI (benoni) s. m. —A Lyon Niais,
simple.
De benêt, av. substit. d'un suff. dim. de
fantaisie. Le même mot existe en norm.
mais av. la signif. de fils chéri, tirée de
la Bible.
' BENOT (benô) s. m. i. For. benon, —
Petite Be7ina dont on se sert pour la
cueillette du raisin. Lïm. begnounbenoun,
gasc. banoun, Igd. begnou benou bignou
vignou. Il est à remarquer que tous ces
mots signifient non seulem. un baquet.
mais surtout un panier ou un récipient
d'osier, ces dial. ayant mieux que nous
gardé le sens gaulois primitif (v. benne),
2. Petit vaisseau de bois dont les ma-
nœuvres se servent pour porter le mortier
et le sable.
De benna avec suff. dim. ot,
BÉQUILLON (béquilhon) s. m.— A Lyon
tout petit morceau de pain.
De becquée, av. substit. du suff. dim.
illon à ée. Mais le mot est mal formé, un
béquillon serait un petit bec.
BERCHI, lA. v.BarchX,
BERCHU, USA. v. Barchu.
BERTA, V. Barta.
BERTON.v. Barton.
* BERTOU (bèrtou) s. m. — Petit pot
(Goch.)
Le même que berton, av. substit. du suff.
ou (=z orem) à ow.
BESOGNES s. f. pi. For. besugnes. —
Hardes.
Métaph. employée dans beaucoup de
patois. Besognes, choses dont on a besoin.
* BESSA (béssa) s. f. Berr. besse. —
Bêche. Vfr. besotte, petite bêche; besson,
pionnier qui remue la terre avec une
bêche ; bessonnerie, métier du besson.
De • becsa, qui donne baissi (166 !•, 6),
devenu bessi dans la graphie. A fin. au
lieu de i est une anomalie, moins encore
parce que a lat. est précédé de s (B4 5»)
que parce que s est elle-même précédée
d'un yotte (cp. 16 3*).
BESSA L (bêssal) vin. s. m. — Canal,
endroit creux.
Du rad. de baisser, av. suff. aZ, répon-
dant à lat. aie.
N. de lieu : la rue du Bessard, par ch.
de l fin. en r (121 1*) et addit. d'un d
faussem. étymolog., par confus, av. le
suff. germ. ard.
BESSI Ri (bèssiri) s. f. B. lim. bessadis,
for. bessaëre. — Terrain bêché.
De bessa avec suff. aria (18).
* BESSO (bè8s6) v. a. B. lim. et for.
bessa bessâ. — Bêcher.
De bessa, av. suff. d, qui devrait être
régulièrem. î (15 8«, rem. 2).
BESSON s. f. On lit dans Lyon en vers
burlesques (xvii« s):
llefileur* e yet un MTati
Que vnu èlre Gagnedeni;
UJuurd'hui y tera reccu,
Ayant du betson tu lo eu.
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BEST
45
« Messieurs, c'est un savelier — Qui
veut être gagne-denier; — Aujourd'hui il
sera reçu, — Ayant du besson sur le cul. »
Je traduis besson par pelle, de bessa,
bêche, avec sufif. dim. on, Gp. vfr. besson-
nerie, métier de travailler la terre. Au
XIV» s. on trouve en In. bison. « Item deit
li chargi de les pales ou del bisons,., »
item doit la charge de pelles ou de petites
pelles... (Tar. de Varchev.) Bison doit
être une faute du copiste.
BESTIASSI (bèstiassi) s. f. — Grande
bêle, au fig.
De bestia avec suff. péjor. assi = fr.
asse, ital. accia, lat. acea,
BÉTATOURET (bétatourè) s. m. —
Foret pour percer les tonneaux.
Du vin. bêla (?), mettre, et touret (?),
qui doit avoir ici le sens de cheville,
comme en batellerie. Littér. un pose-
cheville.
BETO (batô) *BETTRE (bètre) v. a.
Dph. beta bettre. For. betta, br. bettve. —
Mettre. Goch., sur je ne sais quel fondem.
ajoute qu'autrefois on disait abattre. Ces
deux verbes se sont confondus. Le primi-
tif parait être betô, identique à boxitô. Le
passage de ou à & aurait eu lieu sous
rinfl. de bettre, qui paraît être mittere,
av. ch. de m init. en b sous l'infl. réci-
proque de betô. Dans la conjug. ce sont
les formes de belô qui dominent : Je fteto,
impér. betB., partie, betb et non je bets,
bets, bettu. Le fut. et le condit. ont leurs
formes propres : Je betarai et je bettrai,
je betarins et je beltrins. Encore remar-
quera-t-on que les 2" formes ne sont que
des contract. des !"•. Au fond il n'y a
qu'un verbe av. 2 inf. dilTérents.
Muta, bela d'uu 16 quou déitil inutnilu.
« Muse, mets de côté ce détail inutile. »
(Brey.)
U devon u pluto vous betla tous à l'ayie.
« Ils doivent au plus tôt vous mettre
tous à Taise. » (Naiss. du D.)
Per trouTt un eiidret à se belln h U snula.
« Pour trouver un endroit où se mettre
à l'abri. » (toc. cit.)
Quan, lia Tay, z'aré lu beto.
« Quand, une fois, j'aurai tout mis. »
(Ch. bress.)
CeV êuUn
Que Tcnic bettre au ddivraoce
Le bone zau.
« Cet enfant — Qui vient mettre en
délivrance — Les bonnes gens. » (N, bress.)
BETONNA (betèna) s. f. — Express,
péj : Grosse bête.
De bête, av. suflf. ona, qui par except.,
a ici le caractère augm. comme en it.
BETOUBIN (betoubin) BINTOUBIN
adv. — Peut-être bien.
Léssau lo fére, bintoubin
Zu varraii quauque cliuse de braufe.
« Laisse-le faire, peut-être bien, — Nous
verrons quelque chose de joli. » (Goch.)
De betout et bin. Betoubin = bene-
tostum-bene.
BETOUT (betou) vin. BENTOU adv. —
Peut-être.
£l y el, ma fey, ben vrai, beiUou niay la promiri.
« G'est, ma foi, bien vrai, — Peut-être
moi la première. » (Bern.)
De bene et toslum (ou tôt cito, suivant
que Ton adoptera Tune ou l'autre étym.)
pour le fr. tôt, Gh. de o en ou (41). Sur
la dér. du sens de bientôt en peut-être v.
beliau.
BETTRE, V. Betô,
BEURLO, y.Borlô.
BEURNEAU v. borniau,
BEZOTTO (bezottô) à Lyon besotter. v.
n. Pr. bezotta. — Bléser en bégayant.
Onomat. tirée du sifilem. de celui qui
bezotte : bz^ av. suff. fréq. répondant au
fr. otter,
BEZOTTU. USA (bezottu, uza) adj. A
Lyon bezotteur, euse. — Gelui ou celle
qui bezotte.
De bezottô, av. suff. u = osus (85).
Bl, BIS (bi. bis) s. m. Bigole-mère qui
arrose un pré. Les petites rigoles rami-
fiantes se nomment abialons. On donne
aussi le nom de bi au bief d'un moulin ;
c'est dans ce dernier sens que l'emploie
le genev, et le wal. Bas dph. 6/«, ruisseau.
De be{dum) (v. béai). Gh. de e ouvert
en i (25). La tcrm. s de la forme bis est-
qWq due au vfr. biefs (au cas-sujet sing.) ?
BtALi (biali) s. f. — Rigole pour l'im-
gat. des prés.
De même que beB,le a donné bjal, bea.lia
a donné biali. Pour ea = ta, cp. lanea
= lania, cavea = cavia, Gh. de ta en t
(54 1").
* BIALURI (bialûri) s. f. — Rigole pour
rirrigat. des prés.
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46
BIAN
De *benlatorxa. Sur ea = ia (v. biali).
Afoi'iaâeyenvL a'oria (135), puis orta,
= w'i (37).
Dans le b. dph. les bialures s'appellent
des béalières, ce qui répond à une forme
bealB,ria.
BIAN s. m. For. bie, — A Yzeron,
Duerne, Grap. Bouleau.
Du celt. (v. biessi), par la forme for.
bie ; d*où bianum = bian^ par Taddit. du
sufT. anus = an (8). Bian a dd signifier
primitivem. qui appartient au bouleau.
BIASSI (biassi) s. f. Gasc. biassobeasso,
dph. biasse. — Besace.
Mail qutnd loussel U ttrrit din te biatte,
« Mais quand Joseph les serra dans ses
besaces. »{N. dph.). G'est par erreur que
M. Lapaume a traduit &/aj^e^ par blouses.
Do •6i*acc/a, par chute de s med. (143,
rem. 3). Gh. de ia en t (54 1*).
BICHE s. f. — 1. Mesure de capacité
contenant environ 80 kil. de blé. 2. Grand
pot.
De bicca. Gh. de ce en ch (154). A = e
est d'oïl. V. bicheL
BICHERÉE s. f. M. lat. bicheria. —
Étendue de terrain pour semer, et non
pour recueillir, comme on l'a cru qq. fois,
un bichet de blé. A Lyon, 1293 m. carrés,
ou 340 toises. A Ambronay, au m. â.,
bichona ; beauj. bichonata.
De bichet av. suflf. d'oïl ée, relié au
thème par r.
BICHET (biche) s. m. M. lat. bicatum.
— Mesure de grain, variable selon les
lieux et les époques.
De biche, av. suif. dim. et.
BICHI (bichi) V. n. à Lyon bicher. —
1. Mordre à l'hameçon. 2. Se disputer.
Littér. se donner des coups de bec.
Y De cnerchont qu'à te bichi,
Per deraol et per derri.
« Ils ne cherchent qu'à se picoter, —
Par devant et par derrière. » (Xoèl 1723).
De IbecctLve, de beccum* Le passage de
é à t a sans doute eu lieu sous l'iufl. de
la gutt., mais c'est une anomalie. SufT. \
(15 2-).
BICHI A (bichia), à Lyon bichee s. f.
— Becquée.
De bichi, av. suff. a (= fr. ée),
BICHICOT (bichicô) s. m. — Très peu
de chose. Vous te de truffes f — N*in
prindré in bichicot; « veux-tu des pommes
de terre?— J'en prendrai un tant soit peu. »
De bichée^ becquée, av. suff. dim.,
probablem. sous l'infl. de chiquet, chicot,
tout petit morceau.
* BICHON (bichon) s. m. For. bichon.
pr. bichou7U — Petit pot.
De biche, av. suff. dim. on.
BICLIO, I A (biclio, blclia; adj. — Louche.
Du vfr. bide (bis oculus). Insert, de
yotte (164 2«. a) ; fin. o k56).
BICO (bic6) V. a. —Baiser.
De *becctkre, de beccum, La persist. de
k indique une orig pr. La vraie forme In.
est bichi. Gh. de are en ô (14 4«). J'ai
déjà dit, à bicht, que è = t est anormal.
Get t existe dans plusieurs dér : pr. rgt.
bicot, croc à tirer du foin ; bico, sarcloir,
mais beffo, fourche, qui est rég.
* BICOIRI (bicoiri) s. f. « Lorsqu'on
épluche les noix dans nos campagnes, le
garçon qui en trouve une encore entière
la présente à la fille qui lui est voisine, et
embrasse celle-ci. Cette noix est appelée
bicoiri. » (Goch.).
De bicô, av. suff. d'oïl oire, transformé
en oiri (cp. bardoiri).
BICOTO (bicôtô) V. a. — Embrasser
fréquemment. Y se bicotôvont, ils s'em-
brassaient de façon répétée.
De bicô av. suff. fréq et dim. otô (cp.
baisotter, vivotter, tremblotter).
BIDER V. a. — A Lyon Mesurer la
dislance du but, à une boule.
Étym. inconn. — Peut-on le rattacher
au germ. ? — Goth. beidan, vha. pUaii,
mha bilen, ail. beiten, ags. bidan, angl.
to abide, attendre, demeurer, vérifier. —
Le mot, à ma connaissance, n'existe dans
aucune langue romane.
BIDOUILLA (bidoulha) s. f. — S'emploie
dans cotte express, ina bona bidouilla,
une bonne écuellée.
Gomme bidonlhi, écuelle, n'existe pas,
faut-il supposer que bidouilla a été formé
sujr vider, av. la prononciat. gasc. du v
qu'on trouve chez nous à l'état sporadiqueî
Ina bona bidouilla serait une bonne
vidée de la marmite (cp. une bonne ro/^e).
Entre le thème et le suff. a (= ata), s'est
insérée la syll. ouil, particulière aux mots
indiquant le mouvem.de l'eau (v. hassoyi).
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BIES
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* BIESSI biéssi) s. m. For. bie h Lyon
biez biè. — Bouleau.
D'un rad. celt. bez. — Kym. bedwen
bedvo bedicin ; gaël. et irl. beith beih ,
arm. bezuen bezvoen bezo. Th. celt. doux
devient z.
Les formes In. et for. vieifnent directem.
du celt. sans passer par le latin betuUa^
qui aurait donné beoiiL
BIEZ (biè) s. m. — A Lyon et dans la
banlieue. Bouleau. « Un petit bocquet de
boulaye que Ton appelle au pays (Lyon*
nois) biéz (1447, ap, du G). V. biessi*
BIFFA (blfifa)s. f. — Veine temporale.
De vfr. biffe^ étoffe rayée, puis raie.
Biffa vient-il de bifacem, parce que
rétoflfe aurait été sans envers ? On trouve
en effet une étoffe appelée biface, mot
qui est de format, savante.
BIGA (blga) s. tVv.biga, esp. biga tiya^
b. lat. bigus. — Mât. La signiûcat. primi-
tive de biga, qui était celle d'un appareil
composé de 2 mâts pour lever les fardeaux,
des navires, ramène à biga (prol ablem.
contract. de bis-jugae ; cp. quadrign), au
sens générique de 2 objets assujettis
ensemble. Puis le sens 8*est étendu à
celui d*un mât unique employé à la même
destinât. ; puis enfin à celui d'un mât en
général. La persist. de g indique une
orig. pr. (132, rem. Z).
BIGANCHI (Mganchi) s. m. — Boiteux.
D'un rad. big (v. bigot adj.) et deanchi,
anche. Biganchi, tordu de la hanche.
BIGANCHI (biganchi) v. n. —Boiter.
Fesié ci ri le boites de Moucha nd
A cou certain que bigiiiche en marchant.
« Faisait cirer les bottes de Monchand
— A ce certain [homme] qui boite en
marchant. » (Per,)
De bigtknchi, av. suff. î (15 2»).
BIGO (bigô), ap, Coch. BIGOZ s. m.
1. Pioche à deux dents. Rgt. bico, sarcloir;
lim. bego, fourche; rgt. 6/cor, croc à tirer
du foin.
2. Bâton recourbé pour cueillir les
cerises.
De beccum (v. bicô). Le suff. goy av. g
dur, est d'orig. d'oc. C s'est comporté
comme initial dans le dér. <84, rem.).
J'imagine que le z de Coch. est une
orthogr. de fantaisie.
BIGORNA (bigorna) s. f. L Enclume à
deux pointes.
De bicornis. Gh. de c en g (85), fin. a
(57).
2. Bigote.
Avisos donc, porlanif int lella caocorna
Que toujours preye Dieu, que fà tant la bigorna.
« Regardez donc, pourtant, une telle
vieille radoteuse — Qui toujours prie
Dieu, qui fait tant la bigote. » (Hym.)
De bigot, av. un suff. péj. dans lequel
peut se retrouver l'infl. de bigorna,
enclume, pris au fig. Alp. bigorna,
personne ignorante et stupide. On peut
aussi y voir l'infl. directe de cornu (cp.
fr. biscornu. In. bigotmu).
BIGORNU, USA (bigornu, uza) adj. —
Contrefait, boiteux, tortu. CeV ôbro est
tôt bigornu, cet arbre est tout tortu.
D'un rad. big (v. bigot, adj.) et d'un
suff. sur lequel a agi l'infl. de cornu,
BIGOT, OTTA(bigù, ôtta) adj .—Boiteux,
contrefait, qui a les jambes de travers.
Le groupe big se trouve dans quantité
de dial. av. la signifie, de tortu, qui est
de travers. Alp., dph. bigouard, lu. bi-
gorna, tordu, contrefait ; berr. bigotu,
tortu; poit. biguc, boiteux; saint, bigue-
nocher, marcher difficilem. ; rch. bigor-
gneux, louche ; norm. bignoche, morceau
de bois tortu et raboteux. In. biganchi^
boiteux; lim. de bigoi, dph. debingoi,
de travers.
Ce groupe est un rad., et non un préf..
car on rencontrerait bi ou bis, on môme
temps que big. D'ailleurs on le trouve a
l'état simple, comme dans poit. bigue. Je
crois que c'est lui qui a fait le primitif de
biscornu, lequel a dû être r^^fait par les
savants ensuite d'une fausse interprétât.,
car le sens de 2 fois cornu ne se rapporte
point à celui de tordu, et le maintien de
s indique une format, savante. Il n'est
pas impossible que le même rad. ait fait
aussi fti^ro^, hypocrite, don irétym.ri>tV70</i
est plus qu'hypothétique.
J'ignore d'où vient ce rad. La forme
ne permet pas de le tirer d''(o)bliqui(s,
qui a pourtant donné it. bi[e]co, où e est
inséré comme dans piego = plico.
Au rad. big s'est adjoint le suff. ot dans
le mot In.
BILLAUD V. Billou.
BILLIAUD(bilhô)s. m.Roan. buelhio.
— 1. Qui a gros ventre.
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48
BILL
De hudeîliosHs, dér. du b. lat. budel-
lium. Chute de d (139); ch. de osas en
ou (35) ; d'où buelhou, hetilhou, bilhou,
sous infl. de l mouillée ; et bilhau, par
confus, avecsuff. tcald = au.
2. Vendangeur, v. billion,
BILLIOUD (bilhou) BILLI AUD (bilhau)
s. m. — Sobriquet donné aux montagnards
qui se louent pour les vendanges. Par
extens., le vendangeur en général.
Est-ce le même que billiaud, qui a gros
ventre, soit que le surnom ait été donné
par raillerie, à cause de la maigreur des
montagnards, soit au contraire parce
qu'ils se gonflent le ventre de raisins?
Par un sobriquet de même g^nre, l \sgens
de la plaine du Forez sont surnommés les
Ventres jaunes, à cause des fièvres dont
ils sont souvent atteints.
BILLIOUDO (bilhoudô) v. n. — Ven-
danger.
Debilhoud, av. suff. d (14 1»).
BINGO (bingô) v. n. — Travailler avec
activité, se démener.
El 1» liui) revenu, riiii rcpi(|iie sos boux,
Los aulrus lous métis eu se binQaut lous soiis
« Et le lundi revenu, l'un repique ses
bœufs, — Les autres [reprennent] leurs
métiers en se fatigant tout leur saoul. »
(Ilym.)
Do blga (?), av. sufl*. à (14 4«). Cp.
cast. binga, sauter, gambader ; rgt. binga,
jambe, venus eux-mêmes de biga, perche,
pris pour jambe au sens comique, comme
flùtCy broche, quille. Insert, do n (184
7*). Bingô serait faire effort du jarret.
BINTOUBIN V. beloubin,
BIOCCA (biôka) s. f. — Jeune génis.se.
Du vpr. boAcca, femelle du bœuf, qui
suppose un type du lat. popul. identique,
dont le dim. connu est hoc uia. ha rùdnvi.
de boacca ii bocra est indiquée par la
forme bocula, L'inserl. dp yolte entre b
l'I o a eu lieu, pour le primitif, dans tous
les dial. d'oc : vpr. biau, pr. biou, vel.
biau bien etc., bœuf. Cela explique sa
présence dans le dér.
BIORNOU, OUSA ^biornou, ouza) s.
des 2 g. — Gauche, sot, maladroit.
D*(e)n)bierna, avec suff. ou (35). Le
passage de <? à o s'est peut-être opéré par
l'infl. de borné,
BIQUA (bika)s. f. — A Paniss. Fromage
fort.
Du b. lat. becca, fr. bique, chèvre.
BIS V. m,
BISCAMBILLI (biskanbilhi) s. m. —
Qui a les jambes contrefaites.
Du préf. péj. bis et de cambilli, dim.
péj . de camha. Cp. canille. Fin. / (54 3*).
* BISCOTES s. f. pi. — Châtaignes
dégagées de leur enveloppe et que l'on a
mises sécher.
De bis et coctum, qui a donné cot dans
divers endroits (42 3", rem. 1).
BISON vin. V. sous besson.
BISSÉ (bissé) s. m. — Maladie épidè-
mique, et par extens. maladie, indisposition
quelconque.
De bissextum, malchance, accident
fâcheux, par suite de la supersti t. attachée
aux années bissextiles (v. bicêlre),
' BISSETRE (bissétre) s. m. — Malheur.
Al a in grand bissêtre, il a bien du
malheur. Au fig. Tesse in bissêtre, tu es
une scie, un emplâtre.
Vfr. bissestre (bis-sextus). De ce que
l'année bissextile était supposée porter
malheur.
BiTER vin. v. a. — Heurter. — 1416.
« Pour ce que l'en ne leur ouvi*y tantost
la porte, ils y biterent tellement que ilz
firent cheoir la vorvelle. » (Rég. Cons.)
Le même que bouler, buter, du vlia.
bôicn, mais le passage de la voyelle
primil. à i ne s'explique pas.
BLACHES s. f. pi. Sav. d'Albertville,
blastes. — 1. Plante marécageuse (carex
ou laiches). Ce nom est très répandu en
Savoie, dans le Dauphiné, dans la Bresse.
— 2. Nom da lieu (Les Blaches, les
Blachères, lilnrons, Blachette, les Fia-
ches, les Flachères, la Flcgcre, la
Fléchcre) indiquant un sol humide et des
friches marécageuses. — Dans les Alpes,
la Provence, blaras signifie jeune taillis
de chênes. — « Blache, blachin, dit h>
Glossaire du droit français de Laiirière
(1704). c'est en Dauphiné une terr3 plantée
de chesnes ou de châtaigniers, si distants
les uns des autres qu'ils n'empêchent pas
qu'on y laboure. » Le sens s'est conservé
en dph. jusqu'à nos jours.
Il est certain que pour les deux derniers
sens, l'origine est commune; probablem.
les deux premiers s'y rattachent aussi.
L'idée est celle de dumetum, qui est allé
se particularisant suivant les localités.
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BLAC
49
Littré propose angl, 6ra/cô, fougère. Mais
évidemm. le mot n*est pas un emprunt
direct à l'angl., et il faudrait d'abord
trouver l'origine de brake. De plus br
init. ne donne pas bl dans les langues
romanes. Je ne connais guère que l'esp.
blondir, de brando, qui en fournisse
l'exemple. Je renr.arque seulement que le
rad. jSXaÇ, qu'on retrouve dans le lat.
ftacceo, le kym. llaciaic, l'angl. to flag,
mollir, le vfr. blêche, faible, mou ; arm.
flak, débile; ail. bleich, néerl, blech,
pâle ; rch. blache, blême, s'est lié, dans
un grand nombre de dial., à l'idée de
plantes le plus souvent marécageuses,
soit par des dér., soit par des composit.
Kym, llagad, flaque pleine d'herbes , irl.
ftearc fferc, rt*jetons de saules, scions,
fleann-uisce, sorte de plante aquatique ;
angl. de l'Est flag, herbe, gazon ; fr.
ôaw^'w^*, algues. Il ne semble pas possible
de voir là de simples coïncidences.
Remarquer l'identité de bleifl dans tous
ces mots et spécialem. dans les Blaches
et les FlacheSy noms de lieux.
Blaches signifie donc plantes molles,
sans que je puisse dire à quelle langue
été emprunté le rad. Il est probable
cependant que c'est au celt.
BLACHETTA (blatsèta) s. f. — En Fr.-l.
ciseaux de femme.
Étym. inconn. Le mot ne se rencontre
dans aucun dial.
* BLANC (blan) s. m. — Vieille monnaie
qui valait cinq deniers, à raison de douze
deniers au sou. Conservé seulem. dans
l'express, six blancs pour deux sous et
demi.
* BLAUDA (bbda)s. f. For. gév. blaude,
alp. blodo, pic. bleude, norm. plaude,
hevv.biaude, lim. 6ia«c?o,vpr.,vfr. bliaut,
b. lat. bliaudus, — Blouse.
Du vfr. bliaut, dont le rad. hlX ou bVid,
suiv. Diez, est oriental.
BLA2E, BLAIZEs. f. — Bourre de soie.
De pl2icium, dansisid. ; et est graecum
nomen, ajoutetil. Ce qui le rattache à
;rÀ7.f. planche, galette. On appelle ^ra/e/^^j,
en sériculture, les produits de la bourre
de soie, à cause de la forme plate sous
laquelle ils se préparent. Gh. de pi en bl
(110, rem.) ; de c en -j (130). Blaze est
un terme usité dans les pays de product.
séricole (Renseignem. de M. Parizot.)
BLESSi (SE) (blèssl), à Lyon se blesser.
V. n. — Avorter, en parlant dos femmes.
Cela fena s*est blessia, cette femme a
avorté.
De blesser, av. substitut, du suflf. i (15
*4\ rem. 2).
•BLET, ETTA (blé, èta) adj. — 1. Se
dit des fruits trop mûrs. Cela peiri est
bletta, cette poire est blette (Coch.).
2. Mouillé, ée. Al est tôt blet, ina terra
bletta, il est tout mouillé, une terre
humide. Au fig. Avai lo cœur blet, avoir
le cœur sensible.
11 a lo cœur »i &(«quin'ari decorô.
« Elle a le cœur si sensible qu'elle en
serait tombée en défaillance. » (And.)
Extens. du sens fr.
BLETTA (bléta) s. f. à Lyon blette, alp.
bléo, querc. bledo, rgt. blede, vpr. bletat
bleda, — Bette, poirée, {beta vulgaris).
De blitum (plante nommée épinard-
fraise) par confus, av. beta. Il faut
admettre une forme blitta, qui donne
bletta par ch. de i bref entr. en è (21) et
la persist. de tt. Blita eût laissé choir le t
(135).
BLEUSAYI (bleuza-yl) v. a. et n. —
Mettre do la couleur bleue, devenir bleu.
De bleu, av. sutT. ayl = 8uff. fréq. ayer,
ailler. Bleusayl c'est littér. bleusailler.
BLODA (blôda) s. f. — Étincelle.
Duvha. blôdi,{i) faible, infirme; d'où
ail. blodsichtig, qui a la vue faible. Blôda,
que ne connaissait pas Diez, lui donnerait
raison pour Tetym. qu'il attribue à éblouir.
* BLONDEYA* s.f. — Champ ensemencé
en méteil.
• Je ne connais ce mot que par Coch., et
ne sais où est placé l'ace.
De blondeyi.
BLONDEYI. — Méteil (même obscrv. que
pour blondeya).
Le rad. est probablem. blad, de bladum,
corrompu en blond (à cause de la couleur;,
avec un suff. qui parait être iculum.
D'où blondeil blo?ideï (124), orthogr.
blondeyi par Coch.
BLOTTA (blôtta) à Lyon hlotte s. f.
1. For. blotte. — Chenevolle, allumetle
de chenevotlc.
Étym. inconn. — Peut-on songer à blou
blu, qui, dans de nombreux pat. signittrt
la balle des céréales, l'écale verte des
noix, des amandes etc. ? De là l'idée se
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50
BLOU
serait étendue aux détritus, comme les
débris de chêne vottes. A Genève débloUer,
ôter récale verte des fruits, les jeunes
pousses des arbrisseaux etc. ; débloUures,
les débris. A hloa, blù, se serait ajouté
le tufr. dim. otta, d'où bluotta, blouoUa^
devenu bloUa.
2, Pièce des vieux pressoirs, antérieurs
aux pressoirs à roue. Le pressoir à bloiia
est la presse à levier de Gaton. remplacée,
au temps de Pline, par la presse à vis.
La blotta est le prelum^ poutre horizon-
tale dont une extrémité est fixée dans une
rainure entre deux montants verticaux.
A l'aide d'un treuil, on pèse sur l'autre
extrémité de la poutre, qui forme ainsi un
levier du Si» genre. Le maniem. de ce
pressoir est qq. fois dangereux et Gaton
fait ses recommandât, à cet égard.
Du vfr. blot, employé pour bloc. Alb.
blot, b. lat. blotus. Blot ou bloc ne
signifiait pas seulem. billot, mais aussi
poutre, lilot.a block or log, dit Gotgrave.
BLOU V. blu.
• BLOYI (blô-yl) v. a. Dph. bluia bluya,
— Tiller le chanvre. Y bloyavont, ils
tillaient le chanvre (Goch.). Pr. deibloua
desbloua, alp. eibloua, ôter le brou des
noix, des amandes ; genev. débloUer^
éoaler. Gcrtains dial. ont préposé la parti-
cule disjonct., tandis que d'autres s'en
sont dispensés.
De blu, hlou. On a ou cîrtainem.
blou-er, dans lequel ou, devenu proton,
passe à o (69) et donne bloer ; puis
blo-y-er, av. insert, d'y pour rompre
l'hiatus, puis bloyX (16).
BLU BLOU s. m. — Gosse du blé. For.
blou, balle des céréales en général, alp.
blou eiblou, écHle verte de la noix ou de
l'amande ; dph. bluia, tille du chanvre.
Orig. celt — Kym. bnl, enveloppe de
certaines semences, d'où blu, par métath.
de /, que l'on trouve accomplie dans l'irl.
bluirc, croûte, fragments. 11 est possible
que notre blou s'identifie av. le fr. brou,
lequel n'a qu'un rapport de sens éloigné
av. brustum (étym. Littré, Scheler). La
graphie ancienne brousl ne serait que par
fausse analog. av. broust, pousses.
BO (bô) s. m. — Bouc.
Fait sur le fr. bouc, !• par chute de c
fin. ; 2« par ch. de ou fr. en o bref (88,
rem. 4).
' BOBA (boba) s. f. Dph. babuo, b. dph.
bube, piém. boba, pr. bèbo, lim. bobe, —
1. Moue, grimace fait© en avançant les
lèvres. Feire la boba, faire la moue. A
Vienne, un 3 des portes s'appelait la boba
parce qu'au-dessus était placée une tête
antique d'un Jupiter colossal qui semblait
faire la moue (Ghorier, ap. Goch.).
2. Lèvre.
Te nions de pùssera me faut pcl6 le hohe*.
€ Tes mains de passereau me font crever
les lèvres. » (MeL)
Du Ihuring. bappe, muffle, bouche. «>t a
ail. a donné a en fr. (baboe, babouin) et
en it. (fialbuino) ; è en pr. {bèbo) et o en
In. {boba\ La transform. de a en o a pu
s'opérer sous l'infl. de b : baube, bobe;
celle de pp en b k été générale.
BOBILLOU, OUSA (bobilhon, ojaza)
adj. — Boudeur, euse.
De boba, moue, av. sufT. ou = osus
(36) et inserl. de ilh pour marquer lo
caractère dîm. et péj.
BOBO(b6bo) s. f. For. bobô, X^é.pouput,
rgt. puput poupudo poupouno. — Huppe.
Onomat. du chant de la huppe. Malgré
les apparences orthogr., bObo n'est pas une
confus, avec bubonem, hibou, qui aurait
donné bubo et nulle part pouput ; et
pouput ne vient pas à'upupa, qui a donné
huppe. L'onqpnat. est une créât, directe.
BOBO (bobô) v. n. — Bouder.
De boba, av. sufl'. 6 (14 2*). Bobô, littér.
faire la boba.
BOCCO V. boquô,
BOCH ASSES (hochasse) s. f. pi. — Fruits
sauvages.
De bosc(um), av. sufT. péj. asse, Gh.
de scench(lM 1*).
BOCH AT V. bouchât.
BOCHE vin. s. m. — 1478. « Paiement
fait pour une carpe et un boche et deux
peins de bores et deux symezes de vin
doux, donnés par le commandement de
messg" lesconseilliers à frère Jehan Bor-
jois qui doit fere le sermon du pon du
Rône. » (Inv. de la C)
De box, gr. j3<uÇ, que l'on trouve dans
Pline pour une espèce de poisson de mer.
En m. lat. boca signifiait un poisson de mer
du genre anchois (Du G.). Le bogue de
Provence, vpr. buga, ital. esp. port, boga,
a la même origine. Mais quoique» dès
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BOCH
51
avant 1507, il y eût chaque semaine à Lyon
un arrivage de marée fratciie de Prov., il
paraft douteux que dans notre texte il
s'agisse d*un bogue. Le voisinage de la
carpe indique plutôt qu'il s'agissait d'un
brochet ^par confus, av. becke).
Box = bosc (162) ; d'où bocTie, qui, en
pat. rustique, eût été bochi (64 2»).
• BOCH ER LA (bocherla) à Lyon bou-
charle s. f. — Barbuquet, petite enflure
à la lèvre. Al a de bocherle, il a des
barbuquets.
De bucc2ilem, Gh. de u bref en o (70);
de ce en c/i (154) ; insert, de r (184 6*, a).
• BOCHERLA, (bocherla), POCHERLA,
& Lyon boucherie s. f. For. bouscarla,
Igd. bouscarido. — Fauvette.
De bosct^lem, Ch. de *cen ch (166 !•).
Insert, de r(184 6», a). La remonte de b
à p dans la forme pocherla est curieuse.
BOCH ET vin. s. m. — 1. Arch, m,
1346 : c Item, au dit mur, embouches pour
porter les machicos... » — Id. c En la tour
viel, il y a au' second etaige, une barbe-
quane en laquelle a six bochez de pierre
qui la portent... »
Le bochet était donc une pierre formant
corbeau dans toute l'épaisseur du mur,
pour porter des ouvrages en encorbel-
lement.
De boscum (vin. bos), av. suIT. dim. et.
Primilivem. les hourds étaient en bois et
par conséquent les bochets aussi. Aujour-
d'hui le blochet est un morceau de
charpente généralement encastré dans la
maçonnerie. La corniche sur blochcts est
une corniche de bois supportée en bascule
comme les anciens mâchicoulis.
Littrè tire blochet de bloc, mais il est
probable que l'ancienne forme est bochet^
dans laquelle / a été introduita sous l'inflt
du mot bloc.
2. Arch, m. i474 : « A Lyonnet, le
maréchal, pour 18 cloz testus pour lepont-
levis de la lanterne et 4 pales de fer,
appelez bochetz... »
Il est difficile de se rendre exactement
compte de la manière dont étaient placés
ces pales (pieux), mais il est à croire
qu'ils rendaient le même service que les
bochets en bois, c'est-à-dire qu'ils suppor-
taient un encorbellement.
BOCHET (boché) s. m. — !• Petit bouc.
Au flg. Fm&ocAef, vieux paillard.
De &o, bouc, av. suff. dim. et, La liaison
au thème par ch s'est faite au moment où
le c de boc se faisait encore sentir, mais
il est extraordinaire que Ton n'ait pas
boquet. Le pr. a de même bochi, bouc.
2. Se dit d'un bouquet de cerises ou de
fruits analogues. Alp. bochet, fleur qu'on
tient à la bouche.
De boquet, bouquet. lie passage de qu à
ch s'explique par l'influence de bochia,
bouchée.
BOCHI (bochi) vin. s. f. — Bûche.
< Item, boches et sochons por ardre... »
item, bûches et souches (ceps de vignes)
pour brûler (Tar, de la V. 12Ô5).
De bosca. Gh. de se en cA (166 1*).
BOCHON (A) V. à bochon.
BOCHORD. ORDA (bochôr, ôrda),
autour de Lyon bouchard s. des 2 g. For.,
vel., alp., poit., bouchard. — Se dit des
bœufs et vaches qui ont le museau blanc av.
des taches noires aux coins de la bouche.
Par extens. des bœufs et des vaches de
couleur noire av. des taches blanches sur
le corps. Au flg., de quelqu'un qui a le
visage barbouillé. Poit. même sens.
Taiilout blanc, ttnloul vart, lanioul lo gruiii bochôrd.
Par le zou dzire frano, me lui belô mochArd.
« Tantôt blanc, tantôt vert, tantôt le
visage màchuré, — Pour te le dire fran-
chement, je me suis mis mouchard. »
(Brey.)
De bochi (bucca), av. suflf. ôrd (=. ard),
d'orig. germ. (cp. vieil, vieillard). Bochôrd,
taché à la bouche.
BOCHU (bôchu), ap. Coch. BACHU, à
Lyon bachu, vin. bachuel s. m. — Coffre
percé de trous, que l'on immerge pour y
conserver le poisson vivant. Qq-fois le
bôchu fait partie du bateau même.
Du rad. de bachat, av. suff. o^te^ (35);
ch. de a init. en 6 (S9). La forme vin.
possédait un 2* suff. ellum, qui ne s'est
pas conservé.
BOCURI (boknri) à Lyon baisure s. f.
— Trace du contact des pains qui se sont
touchés dans le four.
De boccô, av. suff. uri (37).
BODHULO (bodulo) s. m. — Littér.
bout d'huile. Express, péj. Solo comrrC
in bodhulo, sale comme un bout d'huile,
c.-à-d. comme le reste d'une mèche de
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BODO
lampe. Feire à bodhulo, ne rien épargner,
aller jusqu'au bout de Thuile, éclairer sans
ménager rien.
Quaiitl H'aruiis bien sup6, fudra faire à bodzuh ;
U cru>io fera plein. n'csparniiiroDS \*à% l'hulo.
« Quand nous aurons bien soupe, il nous
faudra prodiguer ; —La lampe sera pleine,
wons n'épargnerons pas l'huile. » (Proc.)
De bot, bout et ulo, huile.
X. propre : lioudhuire.
BODON (bodon) s. m. — A Paniss.
Petit bœuf, gros veau.
De hotem, av. suff. dim. on. Le môme
que boyon, avec le sufT. relié au thème
par d au lieu do yotte.
BOGAYI (boga-yl) v. n. — Gronder en
dedans, murmurer des paroles de mécon-
tentem.
C'est bégayer, av. dér. de sens et
substit. du suff. % (16).
BOGI (bogi) s. f. — Sac de farine de
?5() kil. Dans le Forez la boge est de
i25kil.
De bnlga, Gb. de m en o (38) ; de Ig en
j (170 3»); de a en t (54 2»).
BOGUILLOU, OUSA (boguilhou, ouza,
sans prononcer w) adj. — Chassieux, se.
Du rad. bag, chassie (v. bagagni), passé
à bog (59), av. suff. on = osiis (35),
devant lequel a èié insér. la syll. ilh pour
marquer le caractère dim. Gp. les suff. on
et [itl]on.
BOIMO (l)Oimi)) BOUAMO (bouamo)
H Lyon boime s. m. For. boêmoti. —
Flagorneur. Faire son boime^ à Lycn
flagorner hypocritem.
L'uttii < reyoil rc que <Ii»il
Quo boâmou, iiiingeu de poliille».
« L'oiseau crut ce que disait — Cet
hypocrite, mangeur de poules. » (Gras.)
Fr. boMme, dont les deu.x voyelles ont
été fondues en une dipht. Alp. boitéimo,
bohémienne; pr. boieèmi, Igd. bouèmis;
querc. boimo, bohémien. Les hal)itudes
de mendicité flagorneuses des Boliômiens
ont amené la der. de sens.
* BOtSSI (bolssi) s. f. — Paquet de tiges
da chanvre.
Du vha. bbzo, faisceau, fagot. Fin. t
(54 5»). Dans les Alp. una boissia est une
réunion de fillrs. C'est toujoura l'idée de
choses rapprochées.
BOJU, USA (boju, uza) adj. — Gros,
obèse, pansu. In homo boju, ina sachi
bojusa ; un homme gros, un sac gonflé.
Le For. a le même mot av. le sens opposé
de creux, enfoncé, vide. C'est que le for.
considère le sac vide, et le In. le sac plein.
Norm. bouju, ventru.
VarJcgi lo boju^ p«y« de démomiclo.
« Rivede-Gier le gonflé, pays de démo-
niaques. ^(Ménag.)
De bogi, av. suff. u (35).
BOLAIRO (boléro) s. m. — Géomètre,
arpenteur. Vpr. bolaire planteur de bornes.
Mais ciérioz-vo qulii koi-dzizaiit holairo
Ch6rcli<> à rou0iii son niaudziquo salairo?
« Mais croiriez-vous qu'un soi-disant
toiseur — Cherche à rogner son modique
salaire ? » (Per.)
Du vpr. bolaire, de bola boula, bonie,
limite. Je ne puis expliquer bola, borne,
que par la supposit. que les bornes avaient
habituellem. une forme arrondie.
BOLIAT(bolhà) s. m. For. bouillat. —
Endroit marécageux, mare croupissante.
Du rad. celt. bol (v. bolot), av. suff. dim.
al. Le mouillem. de / est une onomat.
(v. bassoyi).
BOLICO (bolikô) BOLIGO, à Lyon bouli-
guer v, a. For. bouligua, dph. bolica, pr.
boulega, vpr. bolegar, it. bulicare, piém.
bolico. — Remuer, secouer, agiter.
Dimcnclii, quaii fut iour, chacun te boUcaue.
« Dimanche, quand il fut jour, chacun
se remuait. » (Xaiss. du V.)
Los orajos d'iii haut tiap^s^onl tu sa I6U
Si 11 boUgô Sun soil.
« Les orages d'en haut passent sur sa
t(Me— Sans bouleverser son sort. » (Monin)
De bullicsire. Ch. de « en o (69>. La
persist. de c, comme son ch. en g dans la
forme de Lyon, tient à ce que le mot est
venu du pr. Are = à (14 4»).
BOLIGO V. boligô.
BOLLI (bolhi), à Lyon bj-ye s. f. —
1. Boyau.
De bot(u)la, qui donne botla = bocla
(164 4») = bôlha (164 2\ b) = bôlhi
(54 a.).
2. Bourse.
Hiii comineinçani, Mt'mts, contra ponra cranoly
A lit Iota rliavi dinii ina moliu boly.
« En commenrant, enfants, notre pauvre
grenouille (capital) — Aurait pu entrer
dans une méchante bourse. » (Discours),
De ce que les bourses des paysans son^
souvent en baudruche.
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BOLL
53
* BOLLI (bôlhi) à Lyon bôye (bô-ye)
s. f. Br. boita, for. bôye^ sav. bouille,
oïl. boéle, — Jeune fille. Fr. l. boya,
servante de ferme. Noutra bogli (Goch.
Alman. de 1815). Goch., avait imaginé
de se servir du gl it. pour exprimer II
mouillées ou Ih.
Pouai appercevant les bôUUs
Qui l'aviaiit ravicolau.
« Puis apercevant les filles — Qui
ravalent ranimé. » (Revér.). R. a écrit
bâilles, snobant bien que personne ne se
tromperait sur la prononciat., qu'il ne
savait d'ailleurs comment figurer.
Un beau mcyona, na brova bolia
Que ne s'amonpo à maylia.
« Un beau garçon, une jolie fille — Qui
ne s'aiment pas à demi. » (Ch, bress,)
Trois étym. sont en présence, dont
aucune ne satisfait entièrem. !• vfr. baille,
nutrix, famula, ancilla ; 2« bocula; 3«
pullea.
Baille, satisfaisant comme sens, explique
bôlhi, comme macula explique môlhi,
mais il n'explique pas les autres formes,
le In. étant le $eul des pat. cités où a ton.
= à. Ce ch. de a en (î est d'ailleurs récent,
et Ton trouve boille dans des textes où a
ton. = partout a,
Bocula explique toutes les formes, mais
rimage de génisse pour jeune fille ne se
retrouve dans aucun dial. Horace applique
le nom dejuvenca à une jeune fille, mais
c'est une figure de lettré.
Pullea satisfait au sens. Pulla = vfr.
po//^ (Ste Eulalie) eipulicella =pucelle.
En In. une petite coque, une jeune fille.
Pullea donne en In. polhi (38 et 64 !•).
Mais le passage de p init. à b offre de
grandes difficultés. Il y a des ex., mais
presque tous discutables. — Puxida =
boite, mais le mot ayant donné b init.
dans toutes les langues rom., on peut y
voir la preuve qu'il était devenu buxida
dans le b. lat. — Vha. petit = bedeau a
pu ne pas passer par les mêmes lois que
la format, tirée du lat. — (A)potheca =
boutique paraît venir de l'it. — Puppus
= ss-rom. boubo{cp. pupulus = modén.
bubel), papa = sarde babu et gris, bab
babbo, mais 6 a pu se développer à l'init.
par assimil. av. b méd. — Âlp. bot, petit
garçon, vpr. bot, nevuu, se rattache-t-il à
puitus ? — Panellum (vfr. peneau) = pr.
banèu, fr. pifrer = pr. bifra sont pro-
bants, mais ils appartiennent à une
phonét. autre que la nôtre. — Palva =
balma (Sleub) est-il certain ? — Nous
n'avons en In. que pulsare = bousso,
(se dit surtout en parlant des arbres)
mais n'a-t-il pas pu être infl. par bout ou
bouter f
BOLON (bolon) s. m. — But au jeu de
boules.
De bnlla = bola, av. suff. dim. on.
BOLOT (bolo) s. m. — Réservoir, mare
pour abreuver les bestiaux. It. bolla,
bouteille, piém. bôla, bouteille et mare.
D'un rad. celt et germ : — Corn, bol,
trou, creux, puits. De là, cora. bolla, irl.
bolla, gaël. bol bail, ags. bolla, angl.
boicl, coupe.vase à boire. On trouve aussi
vha. bolle = alveus, vha. hirnipolla, mha.
hirnbolle = cranium, ags. heâfodbolla
= cranium. Grimm pense qu'il faut les
rapprocher de &o// = rotondus, dont il
ne connaît pas d'ex, en vha. ni en mha.
Au rad. bol s'est ajouté le suff. dim. ot.
BONATEI, ap. Goch. BAUNATEI s. f.—
Une pleine benne. Je ne connais le mot
que par Goch.
De benna^ av. renforcem. de la voy.
init. pour faciliter la prononciat. Le suff.
ei doit être une graphie erronée pour ai, ê,
corrupt. de ée fr. Bonatei, liltér. benne'
t-ée, comme pelle a fait pelle-t-ée.
BOQUELLO(bokèlô)enFr..ln.,àPamss.
BOTIELLO V. n. — Faire le goûter de 4
heures.
De bncca (qui a donné bochi, mais dans
beaucoup de dér. k a persisté ; cp. bocô)^
av. suff. fréq. èlo. Boquello, manger une
bouchée. Dans la forme de Paniss., que
a passé à quiè, puis à ^lè. Est-ce l'infl. de
botilli, bouteille?
BOQUETO (boketô) v. n. — Fleurir.
Fais hoquetô lo trioulô.
€ Fais fleurir le trèfle. » (Prière)
De boquet (boschettum), fr. bouquet.
En In. fleurs se dit bouquets,
BOQUO BOCCO (bokô) v. a. — Baiser.
Boquô barboin, (v. barboin).
Là: ovèl tôt ou plus si je ]toué bien comprindre.
Lo mô que je poué faire in boquant in garçon.
« Gar c'est tout au plus si je puis bien
comprendre — Le mal que je peux faire
en embrassant un garçon. » (More)
De bvLcca, av. suff. (5 (14 4*). Ch. de u
en o (38). Sur ce = k, v. bicô.
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54
BOR
BOR (l)or) 8. m. — Bourg, c Je vos
racontarai ce que m'a étau dii lo jor de la
feri, où cabaret de la Gatin dou bor t, je
vous raconterai ce qui m*a été dit le jour
de la foire au cabaret de la Catherine du
bourg. (DiaU)
De hurgum. Ch. de u en o (40) ; chute
de g (126,. Il est assez curieux que
lorsque noas voulons parler français nous
disions au contraire hourque.
• BORBA (borba) s. f. — Boue.
D*un rad. celt. horm, borv (v. bonno),
av. suff. a par analog. (57). Tandis que
le fr. hourbp appartient à la langue lettrée,
le In. boi'ba appartient à la langue popul.
BOR BOT (i»orbô) s. m. — Bulle de
Teau, de la pluie etc.
De borba, av. suff. dim. oL Justifie
l'étym. de Littré, qui voit dans bourbe
un rad. exprimant le boulllonnem.
BORBOTO (borbùtô) BARBOTO v. a. -
— Parler inconsidérèm., bredouiller. It.
borboUare, grouiller dans le ventre ; csp.
borbotar, bouillonner.
Que me barbote-lt ? que la mùtrua bar jaque !
c Que me brodouilles-tu ? Quel méchant
bavard î * (Gorl.)
Do borba, av. suff. fréq. otô (lîttér.
patauger). Le ch. de o init. en a dans
barbota est dû à Tinfl. du fr. barboter.
• BORDA (borda) s. f. — Fétu dans
l'œil. Les dph. bouarda^ viv. bordo bor-
douo ; Igd. borda, mars, bouerdo ont,
av. la même significat., le sens plus étendu
de balayures, ordures, et aussi chenevottes,
brindilles ; for. bordes, poussière ; pr. fio
de bordo^ feu flambant. For. feu de borde
pour feu de paille, de brindilles, feu flam-
bant; vfr. borde, brandon, bûche, poutre.
Du germ. — Vha., ags., dan., suéd.,
hoU. bord ; angl. board, planche, table.
De bois, le sens s'est étendu à débris de
bois, puis à fétu.
BORDGIAU (bordjiô) s. m. — A St-
Mart. Petit tas d'engrais déchargé d'un
char dans les terres.
De bord, av. suff. tau = ellum (82)
parce que ces monticules sont déposés sur
le bord des chemins à chars (?). Dj est
une prononciat. locale pour J.
• BORDIFAILLI (bordifalhi) à Lyon
bourdiffaille, s. m. express, péj.— Assem-
blée tumultueuse, tohu-bohu. Neuchâtel,
bourdi/f aille, canaille.
Du vfr. behourdir (primitivem. jouter
à la lance, puis se divertir, s'amuser,
plaisanter), du rad. bot, qu'on trouve dans
bottare, bouter, et du goth. hUrd, claie,
parce que le hûrd servait de cible.
Behourdir donne be(h)ourdir , puis
b(e)ourdir (cp. heaume, devenu aume
dans la prononciat.). De là, le nom de
behourdi, bourdi, donné aux fêtes du
dimanche des brandons, et bourdif, feu
de joie, Bourdif donne bourdiffaille par
l'adjonct. du suff. péj. et coll. aille (cp.
canaille, gueusaille, marmaille).
Goch. dit qu'en Bretagne bordiffaille
signifie un repas sans ordre. C'est un
emprunt fait au roman behourd, comme
celui du gaël. burd, burdanach, angl.
boord, bruit produit en grommelant, a été
fait au même mot pris au sens de plaisan-
terie (cp. fr. bourde),
BORDOIRI tbordolri), BARDOIRI. ap.
Goch. BOURDOIRI, à Lyon bardoire s. f.
— Hanneton. Au fig. personne lente,
lourde, stupide.
Je dxo, charmanla Margolen,
Si n*ai pat de ziu de borduôra, . .
t Je dis, charmante Margoton, — Si je
n'ai pas des yeux de hanneton... > (Gorl,)
Le hanneton est exprimé par des
images figurées, toutes différentes, dans
quantité de dialectes. En ail., c'est le
scarabée-demai (maikafer), le coq-des-
saules (weiden-hahn) ; en angl. le coq-
scarabée (cock'Chafer), la punaise-de-mai
(may-bug), le scarabée-des-arbres (tree^
beetle), le scarabée-aveugle (blind-beetle),
le scarabée-brun (brox/on-beetle), l'oie
étourdie (giddy-goose) ; en esp. la saute-
relle (sallon). Une grande variété existe
aussi dans les noms où la composit., si
elle existe, n'est pas apparente ; dph.
coucoire, pr. bambaroto, ss.-rom. Aan-
kouaira kankouara kouairkalla ; vaud.
kinkome ; certains villages de la Meuse
écaron ; basq. kakamarlua kakamarto,
hanneton av. des cornes; arrond. de Nyons
kankaridia ; wall. balowe bizate ; périg.
beligot, rch. bruant. Le sui ss.-rom., le
vaud., le dph., le basq. paraissent se
rapporter à un même rad. péj. dont le sens
est ignoré. Le pr. paraît avoir pour rad.
celui de babau ; en vpr., catal., niais,
nigaud.
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BORE
55
Le dph. a bordéiri, bourdonner en
yolant. Je crois que hordoiri est formé de
môme d'une onomat. hour (qui a fait
bourdon)^ en pat. bor, et du suff. oria =
urîen pat. (37). et oire en fr. Oire a été
conservé ici comme dans qques autres
mots péj. (patoire, personne lente ; tra^
quoire, fille écervelée). Le suff. a été
relié par d comme dans bour-d-on. La
bôrdoiri est donc littér. une machine à
bourdonner, la bourdonnante, à cause du
bruit que fait l'insecte en volant. La forme
bourdoirl donnée par Coch. confirme
rétym. Sur la forme de Lyon bardoire,
où or est devenu ar^ cp. hochepot devenu
archipot»
BORES (PEINS DE) vin : — 1478.
€ Paiement fait pour une carpe et un boche
(v. ce mot) et deux peins de bores et deux
symeses de vin doux... » (Inv. de la C.)
Outre que les régies do notre phonét. ne
permettent pas bufyrum = bores^ on
trouve toujours buyro (T, de la V. 1295
et 1858). Pourtant il est assez plausible
de voir ici beurre, av. qque particularités
de prononciat. ou d'orthogr. du scribe.
BORFA (borfa) s. f. — Femme grosse.
Subst. Y. tiré de borfô.
BORFO (borfô) adj. des 2 g. — Se dit
d'un animal météorisé.
De borfô.
BORFO (borfô) v. a. — 1. Souffler, gon-
fler. Borfô le chôtaigne, les faire craquer
sous la dent lorsqu'elles sont cultes à
l'eau, sans les peler.
2. Manger avec avidité.
I*tr treize loui lo cent, je poroni nein horfo,
« Pour treize sous le cent, nous pourrons
nous en régaler. » (Tôt va b.)
De fr. bouffer, av. introd. de r (184 6%
d). Sur ou^= 0"^, 34, rem. 4.
• BORGIA (borgia\ à St-Mart. BORI-
QIA s. f. » Petite bourgade, hameau.
De * burg^Ua, de burgum. Ch. de u
bref en o (40). L'yotte est engendré par
lagutt A=za {1 rem. 8).
BORGNAT (borgnà) s. m. — Sorte de
petite bécassine.
Probablem. du vol soudain et brisé de
la bécassine, qui peut donner l'idée d'un
vol à l'aveuglette. Borgne signifiait
aveugle.
BORGNICANDOSSE (borgnikandosse)
s. m. — Qui n'y voit pas bien.
De borgnicà, av. un suff. de fantaisie.
BORGNICO (borgnicô; à Lyon borgni-
quer v. n. for. borgnicd, — Regarder
avec difficulté, en clignant des yeux.
De fr. borgne, av. un suff. fréq. et
comique.
BORLA (borla)à Lyon bourle s. f. —
\, Bosse. Ina borla u frant, une bosse
au front.
De bnlla, av. insert, de r (184 6«, a).
On trouve déjà burla pour biilla, dans le
sens de bulle, lettre,' dans une sentence '
arbitrale de Guillaume, archev. de Lyon,
1885. Gh. de u bref en o (40).
2. Action de crier.
Subst. y, lire de borlô. — Proprem. la
crie,
BORLANT (borlan) s. m. » Qui pleure
souvent.
De 6or/ô, av. suff. ant (= antem).
BORLIOU (borUon) s. m. Flocon de
laine.
De bnrra, par *burr(e)losus (cp. vfr.
bourel) qui donne borlou (36) et borliou
par insert, inexpliquée de y.
BORLLI (borlhi) s. m. For. borlie. —
i. Orvet. De ce que le paysan le croit
aveugle (v. borlli 2).
2. Adj. des 2 g. Dph. borlio, lim. borli
borlhe, — Borgne. Se disait autrefois
pour aveugle ; d'où la loc. explétive borlli
d'in ziu,
le leo borlio de mou doux ieu.
c Je suis borgne de mes deux yeux. •
(Chans, dph,)
Ëtym. inconn.
BORLO (bôrlô), à 'Crap. * BEURLO
(beurlô) V. n. Wal. beurler^ vfr. burler.
— Grier, hurler. Ss.-rom. 6rw///ii beugler.
S^apUle lu son corpi et cou de Rebreyi,
Que borle comm* In mu...
€ Tombe à plat sur son corps et sur
celui de Rebreyi, — Qui hurle comme un
veau. » (MeL)
De ail. brûlen, par métath. de r (187
!•) ; ou d'ululSLre, av. prosth. de b (188
5*).
N. propre. Burland, Bourland.
BORMA (bôrma), BARMA à Lyon
barme, balme s. f. — Goteau escarpé.
Du b. lat. balma, qui a le sens 1* de
coteau escarpé ; 2* de grotte. Ge dernier
est le plus général, et sans aucun doute
le primitif : vpr., Igd., et alp., balma ;
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56
BORM
vfr. balme, pr. haumo, grotte. On trouve
halma au sens de coteau dès la première
moitié du xi« siècle (S. Victor de Mars.).
La définit, haulma, crypta tnontis, tirée
par Du C. d'un gloss. pr.-lat., explique le
passage du sens de grotte à celui de
l'escarpem. dans lequel la grotte est
creusée.
Diez, d'après Steub, considère le gris.
pa/ra(?), comme la forme originaire, dont
le rad. est inconnu. Gh. de a en <5 (1) ; de
/en r(173 3-).
BORM AT (bormà) s. m. — Petit relief
de terrain.
De hôrma, av. sulT. dim. at,
BORMAYI (bôrma-yl) BARMAYI, à
Lyon barmayer v. n. — En jouant aux
boules, diriger sa boule sur un relief du
terrain de manière à revenir sur le but.
De bormat, av. sufl*. fréq. ay'i répondant
à oier fr. Cp. maneyl = vfr. manoier,
* BORMO (bormo) s. m. — Clou, furon-
cle; parextens. pus. Al ajeM de bormo,
il lui est venu des furoncles. AIp. botirmo,
purin.
D'un rad. celt. borb borm, arm. bour-
bon bourbonnem, ampoule, pustule ; corn.
burm, levi\re, ferment ; irl. borbhaim,
j'enfle ; kym. burym, levure ; gaël. borb,
enfler, enflammer
Ce rad. est sans doute le même que
celui de Borto, Bormo, qui a donné les
noms de Bourbon- VArchambault, La
Bourboule, Bourboune (eaux thermales)
et le In. borba bourbe (eau qui bouillonne
en la remuant).
BORMO (bormô),BARMO, à Lyon bal-
merv* n. — Profiter d'un relief de terrain,
en jouant aux boules, pour arriver au but
par un chemin détourné.
De bô^^ma, barma, balme, av. sufl. ô
(14 80).
* BORNIAU (borniô) s. m. à Lyon
bourneau beurneau; dph. bourneau
bornel: meirs, bournèu, Igd., ss.-rom.,
sav. bourneau. — Tuyau pour la conduite
des eaux. Ss.-rom. borni, fontaine.
Le rad. se trouve 1* dans le germ. —
Ali. born, fbntaine, source ; a.-sax. burne,
rivière, fontaine (d'où les noms de lieux
comme Winterbourn, Swinburn, Rad-
boum, etc.); vha. born burn, brunn,
source. 29 Dans le celt. — Gaël. burn^ eau
fraîche, irl. burne, eau. N. de rivières,
la Bourne, affluent de l'Isère ; la Borne,
torrent de la Hte-Savoie; la Borne, affl!
de la Loire.
Les noms de nos rivières ayant géné-
ralem. une orig. celt. il est probable que
bo}'niau est dér. du rad. celt., par bor-
nellum, qu'on retrouve en m. lat. et qui
donne borniau par ellum — tau (32).
BORRA (borra) s. f. — Bourre; au fig.
cheveux.
De bnrra. Ch. de m en o (38).
BORRASSI (SE) (borrassl) BOUR RAS-
SI (SE) V. pr. Lgd. s'ebourrossa, — Se
houspiller ; littér. s'arracher la bourre.
Dér. de borra, av. sufT. péj. assi (15
3». rem. 2).
BORRIAU (boriô) s. m. — A Lyon
l'Apprenti canut.
De ce que le borriau massacre les fils.
* BORRIAU. AUDA (boriô, ôda) adj. —
Cruel, le. S'emploie subslantiv.
J'on9, Dzo niarci, de chef* que soni p6t de borriaux,
« Nous avons. Dieu merci, des chefs
qui ne sont pas méchants. » (Gorl.)
De fr. bourreau^ devenu bortùaux (84
rem. 4, et 32}.
BORRON (bôron), à Lyon bouii'on s.
m. - Petit âne.
De bot-^-a (à cause du long poil), av. suff.
dim. on.
BORSAT (borsà) s. m. — Garçon, av.
idée de marquer le sexe. D'un garçon
nouveau-né on dit : Y est in borsat.
De burstitum, qui est pourvu de bourses,
au sens d'enveloppe des testicules. Le
mot ne comporte d'ailleurs aucune idée
obscène. Ch. de m en o (38).
BORSIAU (borsiô) s. m. — Broux de la
noix.
De bnrsa = borsa, av. suff. ellum =
iau (32).
* BOSSI (bôssi) s. f. — Le même que
boUa, tonneau.
L'orig. de boita et bossi est sans doute
la môme. Bossi peut être venu par ail.
busse = butte, même sens (155, rem.).
Fin. 1(54 50).
BOSSICO (bossikô) ap. Coch. BOUS-
SIGUER V. n. — Bouder. Te bossîqucs,
tu es de mauvaise humeur.
Du rad. de bosse, indiquant le mouvem.
en avant des lèvres dans la bouderie,
comme bouder d'un rad. bod boud,
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BOST
57
exprimant renflùre. Les suff. tc/i iguer
sont dim. Cp. pr. houssiffnolo, petite
l)0sse ; boussignoîa, enfler, tuméfier.
Fin. 6 dans icô (14 4«).
BOSTA (bôsta),rtp. Coch. BASTA.For.
basla. — Employé seulem. dans la loc.
Bôsla per icinti ou iqtiienti, assez comme
cela, passe pour cela.
Si-d trayant leii que bru, laata l'Or fout iqiicii.
€ Si elles n'avaient fait que du bruit,
passe pour tout cela. » (Ghap.)
De it. bSista, il suffit. Ch. do a on ô (5).
BOSUER(bozuèr)s.m. — En Fr.-l. seuil.
La 2« partie du mot est soleum = sud
suer (y. suer), on fr. seuil, La l" est plus
obscure. Je crois y voir bos, boi'^ en vin.
parce que les anciens seuils étaient formés
d'une barre de bois que l'on francbissait.
Gp. angl. threshold, composé prc>J)abIem.
de fouler et bois; il. soglia intavolata,
seuil de bois formant saillie, par oppo.sit.
à la soglia lise! a. Il ne serait pas impos-
sible que, au lieu de bos, bois, le rad. fût
celui de bosse: bosuer, ce qui fait renfle-
ment sur l'aire. Cp. ail. th'ur-schwelle,
composé de porte et de renfler.
BOT (bô) 8. m. — 1. Le mot, inconnu
dos dial. d'oc, existe dans tous les dial.
rom.-prov. et d'oïl ; vfr., dph., fr.-comt.,
bourg., ss.-rom. bot^ bote, mess, ba, it.,
jn. lat. botta. — Crapaud.
A dzil que Ion mot. u Jacol
EtI toujours »61e comm'In bot.
« Il dit que ton chétif Jacques — Est
toujours sale comme un crapaud. » (Due
Bib).
Du germ. — Vha. balte^ isl. podda^ néerl.
padde, Frise orientale pudde. D'après
Diez, d'une rac. germ. qui apparaît dans
Tall. botzen, chasser, écarter. Le crapaud
serait celui qu'on chasse.
2. vin. — Bout. « Au bot du petit mur qui
vient de la porte de l'ostel de Foreys...
Depuis le bot jusqu'au quarré de ladite
meyson... » (Reg. cons. 1418, 1419).
Subst. V. de bouter, mha. bôsen. Bot
est la forme rég. In., disparue sous l'infl.
de bout, mais conservée dans les dér.
boto, bodhulo etc.
BOTASSI (botassi) à Lyon boulasse
s. f. — Réservoir pour l'eau des chemins.
De butta, récipient, av. .sufl". augm.
assi (= fr. asse). Ch. de u en o (40).
Fin. i (54 5«).
BOTIELLO V. boquellô.
BOTO (botô) v.n. For. botta, berr. aboter,
—.Réussir, aboutir, arriver à. Wal. abosl,
aboutir par voie de suppuration.
L'tflaire bote niô, mcUez-vo, Pcroyoux.
« L'affaire tourne mal, méfiez -vous,
mineurs. » (Per.)
D'un rad. germ. — Goth. botyan, sax.
bote, angl. to boot, réussir, servir à;
sax. bot bote, angl. boot, profit, avantage.
Probablem. le môme rad. qui a formé
bôzen, vfr. bouter, dont botô peut n'être
qu'une dér. de sens et de forme.
* BOTTA (botta) s. f. — Deux tonneaux
de vin de 220 litres chacun, forment la
botte de vin. For. botte, outre, tonneau ;
terme de mnrino, boute, récipient pour
embarquer l'eau ; esp. bota, bauleille de
peau de bouc ; vfr. botte mesure de vin.
« S'il se trouvait encore quelque peu de
vin à vendre, il se vendait à raison de
cent quarante leus la botte, pariant à la
façon romaine (Mém. de Villeroy). » De là
vfr. botage, droit sur le vin vendu en
tonneau, et botagier, commis chargé de
la percept. du droit de botage.
Du b. lat. bntta dont lei*ad. se retrouve
en gr: êvriç; et en germ: ags. butte
bytte, grand vase ; isl. bytta ; et en celt :
yiym.bytta.
BOTTE 8. f. — S'emploie à Lyon dans
cette loc. une botte d'encre. C'est une
p Hite fiole de grès contenant de l'encre.
S. l'étym. V. botta.
BOTTET (bôtè) s. m. Pr. boutèu —
Mollet.
Non, comme le croit Monin, dér. de
botte, mais tiré d'un rad. bod bot qui,
dans une quantité de dial., a la significat.
d'enflé, d'arrondi (v. boutiffa), av. le
suff. dim. et.
BOTTELLI V. bottilli.
BOTTILLI (bolilhl) BOTTELLI (bolèlh!)
V. n. L For. baudilla, — Se couvrir de
nuages amoncelés, en parlant du ciel.
O boitille, le temps se couvre.
De botta, fascis, av. suff. fréq. et dim.
i7M, répondant au fr. tller{cp. t)ra7idillerf
pendiller, mordiller). Bottilhi, litlér. se
couvrir de bottelées, comme se pommeler,
se couvrir de boules en forme de pommes.
2. Se mettre en rond, en parlant des
moutons, pour éviter la chaleur du soleil
sur leurs léles.
Même étym.
5
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58
BOTT
BOTTILLU, USA (botilhu, uza) adj.
For. hnudillous. — Couvert de nua^^es
amoncelés, en parlant du ciel, du temps.
De bottilhi, av. suff. u (35).
* BOU. autour de Lyon BU, vin. hos s.
m. — Bœuf.
L'aulro dzor, la Benailia
Allnvc io cbimp u bus.
« L'autre jour, la Benoîte — Menait
paître les bœufs. » (Vieille cha?is.)
De bov(em) = hou, par voc. de v (119).
Bu est probahlem.^tt?^/', où eu est devenu
u (cp. seiir devenu sur).
BOUAMO V. boimo,
BOUCHARD, ARDA v. hochôrd.
BOUCHARLA (boucharla) 1. s. f. —
Barbuquet. V. bocharla,
2. Fauvette. V. hocherla.
* BOUCHASSARI (bouchas.sarl) s. m.
pi. — Fruits sauvages. Orne bouchillon,
pommier sauvage ; for. houchar'in, qui
est des bois, forestier. Je ne connais le
mot que par Coch.
Dér. de bouchât, av. suff. collect. comme
dans hartasseri.
* BOUCHAT (boucbà) BOCHAT s. m.
— Arbre qui porte des fruits sauvages.
B. dph. bouchas y asse, non greffé ; norm.
boquet, sauvageon.
De boscum, av. suff. dim. ai. Bouchât,
arbre fruitier des bois, par opposit. à
l'arbre fruitier des jardins. Vfr. boschage,
adj. qui voulait dire des bois, agreste,
sauvage. On disait des fruits boschages.
N. de lieu, le Pin-Bouchain, près de
Tarare, dont la déclivité rapide inspirait
tant de frayeur à Mad. de Sévigné. Ici le
suff. est anus = ain fr.
BOUCHON «. m. — Branches de pin
formant autant que possible la boule, et
qu'on suspend en guise d'enseigne à la
porte des cabarets. Dans l'antiquité le pin
était consacré à Bacchus. Notre I)ouchon
en est-il un souvenir? Dans les endroits
où il n'y a pas de pin on emploie le houx ;
de là le nom (ïangrullo donné alors au
bouchon. — Par extens., bouchon, le
cabaret lui-même.
Du vfr. bouche, faisceau de branchages
(de boscum), av. suff. dim. on.
' BOUDIFLA (boudifla) s. f. For. bou-
difle, alp. bouduflo, pr. baudufo bou-
dufro ; Igd. houdufo bourdufo, dph.
boudifo boutifïo; cat. baldufa. — Toupie.
Le même que boutifïo adj., parce que
la toupie a le ventre comme enflé, et
parce qu'elle fait un bruit semblable &
celui du vent produit par un objet qui se
dégonfle. Ainsi les enfants, à Lyon, disent
d'une toupie qu't^lle a du vent. Peut-être
aussi se faisait-il des toupies métalliques
creuse.^, de celles que nous appelons à
Lyon des ro7ifles,
Rabel., qui connaissait le Igd. pour
avoir habité Montpellier, cite, parmi les
livres de la Bibliolh. de Sl-Victor, la
Bauduffe des thésauriers. Est-ce une
façon de dire que les trésoriers donnaient
qqfois du vent pour de l'argent?
Depuis que Coch. a donné ce mot, il a
disparu de notre patois, où l'on ne connatt
que fiarda, à Lyon fiarde.
' BOU DR E V. n. — Terme de batellerie.
Se dit d'un endroit où l'eau fait remous.
Vfr. boudre, de bXLll(e)re. Boudre a
dû être bouldre par insert, de d dans le
groupe llr (180 9o), comme l'indique
d'ailleurs le vfr. bouldure, fosse sous la
roue d'un moulin. Le b. dph. boudre^
lorrain ôodere, boue; pr. boudro, vase,
paraissent dea mots différents et se rap-
porter au kym. 6aio, boue, hudhyr
boueux .
BOUGEOLA (boujola) s. f. For. botir
geôle. —A Crap. Ventre.
De bulga = bogi, av. suff. dim. o/a,
La voc. de /, opérée dans le composé, ne
l'a pas été dans le simple.
BOURDOIRI V. bôrdoîH.
BOURLÈYER (bourlè-yé) v. n. B. dph.
broleya, — Remuer inutilem., travailler
sans résultat, perdre son temps en ayant
l'air pressé. Berr. boulayer boulager,
h. dph. borla, mêler, mélanger.
De bourla, boule, av. suff. fréq. ayer
répondant à fr. oyer. A Agde, bourla,
remuer. C'est l'idée d'une boule que l'on
roule. Cp. fr. pop. rouler sa bosse. La
fin. er est d'oïl.
BOU RN EAU V. borniau.
* BOURRi (bourrl) s. m. — Amas des
balles ou enveloppes des grains.
De *burrB,rium. Oh. de arium en i
(13). Le mot a subi une infl. d'oïl, burra
ayant donné borra. On Irouve de môme
dans qq. contrées le mot bourrier, mais
pris dans un autre sens, celui de pelle
pour recevoir les ordures quand on les
balaie.
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BOUR
59
BOURRO (bourô) à Lyon bourrée s.
f. For. bourra, botirrassa, — Brouée,
bruine.
Fi*. brouée av. mètath. de r (187 1») ;
6 = ée fr.
* BOUSSIGUZ?. V. bossicô.
BOUSSO V. Bussô.
BOUSSOU (boussou) s. m. — Pousseur.
Noulra tocict6 to procure In boussou,
Que I eut ruéno Loyis jusqu'à ion datré sou.
€ Noire société vous procure un homme
influent, — Qui peut ruiner Louis jusqu'à
dernier sou. » (Proc.)
De boiissô, bussô = pousser, av. suff.
ou = orem (34 bis),
BOUTASSE s. f. — Réservoir où Ton
recueille l'eau des chemins.
De butta, av. suff. augra. et péj. asse.
Mot des environs de Lyon, ainsi que le
montre l'infl. d'oïl qui a donné u bref
entr. = ou au lieu de o (38), et la finale
en e muet au lieu de i (54 5®). Le mot
rustique est serva.
BOUTIFLO, FLA (bcutiflo, fla) à Lyon
boutiffe adj. Lgd. boude flo boudiflo
boudoufle, pr. boudenfle, piacenlino
bôdeûifi, — Enflé, bouffi. Al aie gaugnes
boutiffes, il a les joues enflées.
D'un rad. boud bod signifiant objet
enflé, et d'un suff. qui répond lui-même
au rad. àUnflare (cp. pr. boudenfte). Il y
a donc dans boutiflo une sorte de répetit,
renforçante. Boutiflo, c'est deux fois enflé.
Cp. In. bottet, mollet c'est-à-dire partie
arrondie ; rch. boder, enfler; fr. boudiné,
nœud ; boudin, boyau gonflé ; bouder,
gonfler ses lèvres ; for. bontifle, vessie.
Ce rad. est dans le lat. botulus.
BOUVINE V. bovina.
* BOUZA (bouza) s. f. — Bouse. Au
fig. fille indolente. E yet ina bouza, elle
ne fa ren ; c'est une bouse, elle ne fait
rien (Goch.).
Vha. bVLtze, fumier. La fin. a est insolite
(54 5»).
BOVINA fbovina), ap. Goch. BOUVINE
8. f. — 1. Vache. Au fig. femme mal élevée,
paresseuse (Goch.). 'Z. Vfr. bouvine. —
Troupeau de vaches. Ina forta bovina,
un grand troupeau.
De bovem, av. suff. dim. ina.
* BOYA (bô-ya) s. f. — Génisse.
De bocula, réduit à ôocVa (78). Ch. de
cl en Ih (184 2», b). D'où bolha, puis
baya par substit. de y à Ih (184 S« c).
La termin. ta au lieu de i (54 3») a peut-
être pour cause la nécessité de différencier
le mot de celui de bôyi, jeune fille.
BOYAUDE (boyôde) s. f. — En Fr.-l.
Fille de ferme. For. boyaude,]QWY\(i fille.
De bôyi, jeune fille, av. suff. aude, du
germ. wald.
BOYES (bô-yes) s. f. pi. — Boyaux.
De botula = boVla (78) = bocla (184
4«) = bolhi (184 2o. b)= 6ô-yi (1842»,
c). Le mot n'étant employé qu'au plur.,
on a bôyes (55).
* BOYON s. m. — Petit veau. A Morn.
jeune taureau.
Do bôya, av. suff. dim. on.
* BOYONNA (bo-yona) s. f. — Vache
qui a fait son veau (Goch.).
De boyon. Une vache qui a fait son
boyon, qui a *boyonnô,
' BOYONNA (boyôna) adj. fém. —No
s'emploie que dans l'express. te)*ra boyon"
na, pour terre qui s'éboule faute d'une
pente suffisamm. douce ou d'une retenue
(Goch.).
De bôyes, boyaux (v. s'ébôyl), av. suff.
071 au fém. (cp. bravona).
* BRACO (brakô) v. a. — 1. Briser,
abîmer. Suei lot bracô, je suis tout brisé.
For. braqua, tiller les tiges de lin ; lim.
breca breja',\^v. brcgar, pr. brega, dph.,
viv. breia ; lgd., gasc. barga, broyer,
égruger.
Orig. germ. — AU. brechen, angl, to
br€ak,\io\\. braaken, dan. braeker, sax.
braecan, golh. brihan, briser, rompre.
Mot venu par oc, comme l'indique la per-
sist. du c dur. E germ. ne donne pas com-
muném. a, mais l'étym. est appuyée par
le vpr. brcgar, où e a persisté, à côté du
lgd. barga, où a a prévalu. Gp. aussi isl.
braka, craquer, en parlant du ))ois. Ulfilas
a brakja (goth.), lutte, combat. Tout cela
paraît être le môme que lat. frangere,
fragor.
2. Gouper les pampres des mauvais
plants afin de changer les ceps en pro-
vignaut.
Môme étym. Gp. lorr. rebriser pour
épamprer.
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60
BRAG
BRAGARD (bragar) BRAGORD s. m.
Un homme bien mis, bien paré, sémillant.
Wall, bragar z^ jeunes gens qui. enru-
bannés, empanachés, l'épée au côté, font
les honneurs des processions; norm.
hraguCy vif, emporté.
Vfr. hragard, gentil, aimable, d'orig.
germ- se. hraka, parader, angl. braggart,
fanfaron holl. hraggaerd.
Sobriquet Lespinasse de Morn. signait:
Lespinasse dit Bragard , fifre de
Mornant.
Dans bragôrd a ton. a passé ko (1).
BRAGORD V. bragard.
BRAI2A (brôza) BRÈ2A s. f. For.
braise, dph. brise, b. dph. bressa, b. lat.
bricia, Igd. brizo, gèv. brena embrena.
— 1. Miette. De braises de pan, des
miettes de pain.
La plupart des formes indiquent une
dér. du V. briser, comme fr. débris. Le
passage de i k e dans qques formes a
peut-être eu lieu sous l'infl. du vpr.
bresilh, d'où In. abresilli et fr. brèsillcr,
se réduire en miettes comme du brésil.
2. Ina braiza, itia braizi, ap, Goch.
ina brisi. For. braise bréysa, Igd. brizo,
dph. brizi. — Très petite quantité, quelque
peu. Un petit brizi, una petita brizi, un
tant soit peu (Goch.). Yquien le fit rire
una braisa, cela les lit rire un peu (DiaL).
« Quand j'amou quauqua bréyza.,. »,
quand j*aime quelque peu (Chap.).
De s'aprucbié de Icu per li dire uua brizi
Solamen de son fa 1....
€ De s'approcher de lui pour lui dire
un brin — Seulement de son affaire. *
(Vieuten.)
Bevans oo cop, bcvans z'en duus,
Et môDio Irai, et mai >e poul;
On cop n'arrouzcquc *na braiza.
« Buvons un coup, buvons-en deux, —
Et même trois et plus s'il se peut ; — Un
coup n'arrose que tant soit peu. » (Coz.)
C'est braiza, miette, au lig., c'est-à-d.
très peu de chose. Braiza est la forme
ancienne tendant à passer à la fin. i.
(64 5«).
BRAISE (brôze) s. f. — Ma braise, à
Lyon, express, de tendresse, qui s'adresse
surtout aux enfants.
De braiza, miette, à cause du caractère
dim. dos express, de ce genre, où se
marque le sentiment de commisérat. qui
s'attache aux faibles et aux petits (cp.
mon petit, mon rat07i, mon poulot ; gév.
mon pitoutet, dim. de petit).
BRAISSELLA (bréssèla) s. f. — Pioche
à 8 dents opposées à une petite pelle.
De *bracceUa, dér. de brachium. Ui
dans ai est dû à la persist. de a (cp. 11),
comme dans le bourg. b7'ai, le wal. bres
= brachium. — Lesuff ella est en général
dim. Il indique ici le dim. de l'idée de
bras : braissella, petit bras. Dans qques
villages, sous l'infl. de brasser, on dit
brassella.
BRAMA (brama) s. f. — 1. Espèce de
poisson du genre carpe.
Prcni don cela bella brama.
« Prenez donc cotte belle brome. » (Bern,)
Vx ail. brachsme, ail. brachsen. Le
maintient de a ton. au lieu de son passage
à ô indique que le mot est de la ville.
2. Vache qui n'a pas encore fait de veau,
vache stérile (pat. de St-Symphor, gj».
Goch.).
Brama se rattache au vfr. baraigne,
par une filial, qu'on peut suivre dans les
dial. suivants: bourg, braime, pic. breine,
berr. brdgne, fr. brehaigne, vfr. baraigne
que Diez tire de baro, homme, comme esp.
machorra, de macho et vpr. tauriga, do
taur. — Baraigne, femme-homme. La
qucstion^est de savoir quelle est la forme la
plus ancienne de bar ou de bra. Si c'est
cette dernière, il S3rait plus simple de
rattacher le mot à l'ail, brach, infertile ;
holl. braeck, stérile. Je crois que,
jusqu'à présent, les formes les plus
anciennes donnent bar.
BRAMAFAN, lieu dit, à Ste-Foy-lez-
Lyon.
De brama, crier et /an, faim. Suiv. une
tiad. popul., aurait une orig. historique
dans la bienfaisance, pendant une famine,
d'un M. Arnaud, propr. d'un château au
dit lieu.
BRAMO V. bromô.
BRANCANIÈRE v. brécanière.
BREN (bran) ap. Goch. BRIN. s. m. —
Son du blé.
Vfr. bren.
BRANDA (branda) s. f. — Secousse.
Bailhi ta branda, donne ta secousse.
Subst. V. tiré do brandô.
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BRAN
61
* BRANDIGOLO (brandigolô) à Lyon
brandigoler v. n. — Branler, vaciller.
De brandir, av. un suff. fréq. et comique,
formé sur le suff. fr. oler (cp. rigoler,
grisoller^ fignoler),
* BRANDIVI s. f. — Escarpolette. Je ne
connais ce mot que par Goch.. et ne sais
où placer l'accent. Si c'est un paroxyton,
on devrait avoir hrandiva. Si c'est un
oxyton, le suff. ici est absolument insolite.
Il faut peut-être lire hrandiviri^ av. suff.
iri = aria, formé sous l'infl. de tiiri.
De brandir.
* BRANDO (brandô) v. a. B. dph.
branda, — Secouer. Y lo bra7idiro7it, ils
le secouèrent (Goch.). Balancer.
Cbôcun, lo bras brandant, aiïroiilc lo dangl.
« Chacun, les bras ballants, affronte lo
danger. » (lirey.)
' Du nor. hrandr, dont on a formé un
verbe de la l'^ conjiig. tandis que le fr.
en formait un de la 2° (brandir).
* BRANDONS -^■'« dimingi dons Bran-
dons, le premier dimanche de carême.
Ainsi nommé des feux allumes ce jour-là.
« On appelle lou brandon ou la farassi
un paquet de paille allumé au bout d'un
bâton, et qui tient lieu de torche. r> (Coch.).
De fr. brande, av. suff. dim. on.
BRANDOUILLE (brandoulhe) adj. des
2 g. — A Lyon dans l'expression Cuisinier,
Cuisinière-brayidouille pour cuisinier etc.
qui fait des mets délavés, baignant dans
une méchante sauce.
Forme d'oïl. Le pat. serait brandoyi.
Je crois le mot importé par les Jtal. au
xv«, XVI* s. Les mots de ce genre sont
restés confinés à Lyon. L'orig. est peut-
être rit. popul. brodsiia, méchante soupe
à bouillon très allongé (de brodo bouillon).
La « cuisinière à brodaia » a pu être
corrompu en cuisinière braîiàouille, à
l'aide du suff. péj. ouille employé pour
les objets liquides, (v. bassoyi).
BRANDUSSO, (brandussô), BRAN-
DUSSI V. n. Dph. brandusser, b. dph.
brandouiller, — Muser, flâner, ne se
prendre à rien. Je crois le mot d'origine
dph. Pr. brandussa, secouer.
Du rad. de brandir av. un suff. à
caractère péj or. et traînard.
* BRASSIRI (brasslri) s. f. — 1. Bras-
sière.
2. Bras d'une rivière. La brassiri dou
Rôno (Goch.).
De bras, av. suff. iri = fr. ière (13).
* BRATTO (bratô) v. a. — Baratter le
beurre.
De baratte. Chute de la proton, init.
(185). Suff. ^(141").
' BRATTUSA (bratuza)s.'f. —Express,
péj. « Femme qui pétrit le beurre qu'elle
achète en grosses masses, et le divise en
livres et demi-livres afin do le faire passer
pour frais. » (Goch.). A Lyon rebroyeuse.
De brattà av. suff. usa (34 bis)
BRAVA (brava) s. f. — Génisse.
Duvpr. brava, même sens ; masc. brau,
taureau. Le mot de bravo signifiait
sauvage en parlant des animaux ou des
plantes. B. lat. bravus bos, taureau
indompté ; ital. toro brado, mémo sens.
Diez lo tire du vha. raw, crudus, Langen-
siopen de ravus, M. Cornu, de barbarus,
M. Storm, de rabldus.
BRAVAGI (bravagf) v. a. — Bavager.
« L'affrousa guorra, que... bravage los
champs, » l'affreuse guerre qui... ravage
les champs. » (Senn.)
Do ravager, av. prosth. de b (183 G"),
et passage du suff. cr à i (15 2").
BRAVO, VA (bravo, a) adj. - Joli,
gracieux. In bravo boues, un joli liois.
Se dit spécialement en parlant de la
toilette. Bravo, bien mis.
Même orig. que lo fr. brave, pris dans
celte accopt.
BRAVONA (bravona) s. f. — 1. Jeune
génisse.
De brava, av. suff. dimin. on, ona.
•2. Jeune fille gentille, agréable.
De bravo, av. inéme suff.
BRAYI-CU (bra-yi-cû) s. m. — • Prime-
vère jaune.
De brayi, culottes, et cocu. — D'où
brayi'cocu, réduit à brayi-cû par aphé-
rèse de l'init. dans le 2« mot. Dans le
vel. la contract. ne s'est pas opérée, et
l'on dit le composé tout entier : braia-de-
couguiéu, dim. braieta-de-couguiéu.
BRÉCANIÈRE Cbrékanière) BRANCA-
NIÈRE s. f. — Sorte de filet. — Je crois
brécanière usité par les mariniers du
Rhône, et brancaniàre par ceux de la
Saône.
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62
BRED
De brB,nca (parce que le manche du filet
se divise en deux branches), av. sufT. d'oïl
lève = avio, (13), Je ne sais expliquer le
pass. de an k é dans la forme hrécanière.
La persist. de k est sans doute due à une
cri g. pr.
BREDIN. BARDIN s. m. Berr. herdin,
roan. bredin, — Sot, niais. De là le
pseudonyme de Bredin-le-Cocu^ choisi
par B. du Troncy, auteur du Formulaire
fort récréatif. Feirelo bredin, contrefaire
le sot, l'ignorant.
Te me print ptr ine bushe
Parce que z*ai l'air lut bredin,
« Tu me prends pour une bûche. —
Parce que j'ai l'air d'une bêle. » (Chans.
du Roan.)
D'un rad. bred qu'on trouve dans vfr.
bredir, vpr. braidir, fr. bredouiller,
bégayer, balbutier. Ce rad. est peut-être
tiré du vfr. brait^ cri, du b. lat. bragire,
A ce rad. s'ajoute le sufT. dim. in,
La forme bardin, usitée aux environs
de Villefranche, pourrait faire songer à
bardum, mais elle n'est qu'une transfor-
mat, de berdin, av. élargissem. de e en
a sous l'infl. de r (66), tandis que berdin
ne peut venir de bardin. Quant à berdin,
c'est bredin av. mélath. de r (187 !•).
BREDOCHI (bredochi) s. f. —Fétu dans
l'œil. « Je creyo que j'ai ina bredochi
dins lo ziu », je crois que j'ai un fétu
dans l'œil.
Parait un dim. de borda, par métalh.
de r, plus un suff. péjor. ochi (cp. bam-
boche, bancroche, anicroche , caboche)
répondant à ocea.
BRELO (brelô) v. a. — A St-Mart.
Secouer un arbre pour en faire tomber le
fruit.
De branler, devenu brela probablem.
sous l'infl. de breloque, chose qui remue.
Cp. wal. barloker, vaciller, pendiller.
Nous disons aussi au fig. breloquer, être
agité, ne savoir ce qu'on fait.
BRELUCHI (breluchi) BRELUCHON s.
m. —Petit bout de bois.
Le phonème luche en In. exprime
l'idée de choses insignifiantes, de brim-
borions. Liuchit terme de mépris, homme
de rien ; lorr. furluche, petit bout de
bois ; cp. fr. freluche fanfreluche. Il
est probable que c'est freluche qui a
engendré breluchi. Le ch. de /* en 6 a pu
se faire sous l'infl. de bredochi. Fin. i
(54 î^). Dans breluchon s'est ajouté le
suff". on qui est dim.
BRELUCHON v. breluchi,
BRÉRI (brôri) s. f. — Bruyère.
De *bn((g)a,ria, par une forme brueria,
qu'on trouve au xiv« s. dans les Actes
capitul. de l'Église de Lyon (cp. bruera,
dans Mat. Paris). Druéria donne bréri,
1» par la chute de la voy. atone de l'hiatus
(cp. roo7id, devenu rond ; eage, âge) ;
2' par ch. de ia post-ton. en t (54 !•)
BRESTO (brestô) v. a. — Poursuivre,
presser.
De it. presto. Ch de pr en br (110,
rem.). Sufl". d (14 !•).
BRETAYI (breta-yf) v. n. — Bégayer.
Du vpr. bret, « homo linguse impe-
ditœ j» ; vfr. parler bret ou bretonner^
balbutier. Ajoutez le sufl". fréq. ayi = fr«
oier.
BRETAYOU, OUSA (breta-you, ouza)
BRETEYOU, OUSA adj. - Bégayeur,
euse.
Du rad. de bretayi, avec sufT. oa =
osus (35).
BRETEYON (brelè-yon) s. m. — Bé-
gaiement.
Subst. V. tiré de bretay'i, av. suff. on.
BRETEYOU v.bretayou.
BRETILLON (bretilhon) s. m. — A
Paniss. Petit pot pour le lait.
Deberton, av. métath. de r (187 i')
et sufl*. dim. illon.
BRETONO (bretonô) v. n. Alp. broittar,
pr. gév. broutouna broutouneja; br.
brotonô. — Bourgeonner.
Vclia Teni lo zouli ma
l^icho brolono lo bcu.
« Voici venir le joli mois, — Laissez
bourgeonner le bois. » (Cha7is. bress.)
De brot, av. un suff. 0716, au lieu de 6
(14 3") par analog. avec fr. boutonner,
de bouton, même sens.
BRETTO (brètô) v. n. Ss-rom. britta,
jur. breta, lorr. brdter. — Faire tourner
une voilure. BretV à draita, tourne à
droite.
De *bracta,re{V,, de btxichium, comme
m,anicare de rnanus. La forme lorr.
appuierait l'étym. Brdter à droite, par
ex., serait appuyer sur le bras droit du
brancard. Ch. de ac en ai (61), écrit è ;
de are en ô (14 !•).
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BREV
63
BREVIER (brevié) s. m. — Fort bâton
où l'on suspend une benne de vendange,
et dont deux hommes portent les bouts
sur leurs épaules.
Étym. inconn. — Ne pourrait-on supposer
berbica,rium, bélier, grosse barre de bois?
La marche serait herhicarium bei^ica-
rium (on trouve, au vu* s., bervicarius p.
berbicarius), berviiarium (128), be7*vier^
avec suff. d'oïl (13), brev ier {ISl !•).
L'object. que dans berb(ijcarium = barg\,
c'est la proton, qui est tombée et non la
cons. (berbi(c)arium), est levée par des
ex. de doubles formes analog.(cp. neb(ii)la
= gnibla et ne(b)iila = niola).
BRÊZA V. braiza.
BRÈZINO (brèzinô) v. n. — Tomber des
gouttes. 0 brèzine^'û commence à pleuvoir.
De (rai^a, pris au sens de gouttes, av.
suff. dim. inô.
BRI s. m. A Morn. sorte de petit Char
à 2 roues.
Peut être corrupt. de break, bien que le
break soit une voiture très différente. Les
motH étrangers s'introduisent très facilem.
dans nos pat. en subissant des ch. de forme
et de sens. Ce qui prouve que le mot est
d'importat. récente c'est qu'il ne se trouve
pas dans les pat. congénères.
BRILLANT (brilhan) s. m. Périg. briant,
— Bruant, oiseau.
Corrupt. de bruant. Ces confus, de mots
sont continuelles quand il y a simple
analog. de sons, même sans rapport de
sens. Ainsi le brillant a le plumage terne.
BRIMA (brima) s. f. - Brouillard,
gelée blanche. Tian de brima, temps de
brouillard, de gelée d'hiver.
Àl est, al est pass6, çu vilain tian de brima.
« Il est, il est passé, ce vilain temps
d'hiver. » (Mon.)
Parait être bruma. Le passage de uki
pourrait peut-être s'expliquer par l'infl.
de frimas,
BRIN Y. Brun,
BRINGUE s. f. — Fille longue et dégin-
gandée ; norm. bringue, fille mal tournée,
dégingandée; b. dph. môme sens; saint,
fille folâtre. Partout le mot s'emploie av.
Tadj. grande : ina granda bringa. For.
bringue, b. dph. bringue, rosse, mauvais
cheval. Poit. bringuer, danser.
S. verb. de bringuer, danser, pris au
sens de se dégingander ; esp., port, brin- 1
car, Diez le tire dugerm. blinkcn, briller,
mair le sens ne s'y prête pas. Ce mot
doit être identifié av. it. springare, vfr.
espringuer, trépigner, danser en trépi-
gnant ; du vha. springan, même sens.
Chute de s (112 J 2); ch. de pr en br
(110, rem.).
BRIQUES s. f. pi. — Petits fragments.
Accept. ancienne de brique. Du germ. —
Ags. brice, fragment; sax. braecan, briser.
BRISAIRO (brizèro) s. m, — Scieur de
long.
De vha. brista^i = brisl + suff. airo
(34 6w, rem.) f^a dér.de sens est curieuse.
BRISCAILLE(briscalhe) s. f. For. bris-
caille, périg. briscalho, — Express, péj.
Se dit d'un mauvais sujet, d'un mauvais
âne, d'un mauvais mulet. En For. vaga-
bond, vaurien. Pr. bricaio, canaille.
Salul, grand feneyanl,
Te ToJo vérc in jour briscailU et mendiant.
« Salut, grand fainéant, — Je veux te
voir un jour vagabond et mendiant. »
(Met.)
Du vfr. bris, bricon, fou, insensé,
impudent. Au suff. on a été substit. le
suff. aille, beaucoup plus péj. (cp. gueu-
saille, valetaille), Diez le tire du h. ail.
brecho (?).
BRISI V. braisa,
BRISON (brizon) s. m. Pr. brisoun,
Igd. gév. brisetta. — Très peu de chose.
Vo vède ben qu* ou f allié faire un fricot
par nos galo m pitu brison, vous voyez
bien qu'il fallait faire à manger pour nous
réjouir un tant soit peu. (Par. Cond,)
Dim. de braiza, à l'aide du suff. on,
Brison confirme l'étym. briser,
BRISSA (brlssa) s f. B. lat. ru8cum. —
En ,Fr.-l. Ruche. Vfr. bresche, rayon de
miel.
Orig. celt. — Kym. rhisg, arm. rusk,
gaël. rusg, écorce, parce que les ruches
étaient primitivem. en écorce. Prosth. de
6 (183 6-).
BROCA (broca) s. f. — Génisse toute
jeune.
De broque broche, parce que les cornes
commencent à pousser (cp. fr. broquart,
angl. brochet, jeune chevreuil, daim). La
broca est littér. une petite corne.
^\
BROCHES (broche), à Lyon brdches s.
f. — Fétus, très petits débris de paille,
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64
BROC
de végétaux. Y a de broches (lins lo lai,
il y a (les débris dans le lait.
De "^brsLcchia (?), formé sur le sax.
hraekan, goth. brikan (v. hracô), Gh. d3
a en <5 (1) ; de ce en ch (154).
BROCHET (broché) s. m. Vin. — Grand
vase à boire, en bois. — Arch. mun.
(1473) : « A Humbert, barlatier, pour un
brochet pour tenir eau ncte pour boire es
ouvriers et manœuvres. »
Brochet est l'augm. de broc, ital. brocca,
tiré de brocca, broche, parce que le
brochet a un bec (à Lyon bronçon) par
où s'échappe Teau. Le vfr. avait brochier
et brocher on.
BROCHIE (brôchi) s. f. Vin. — Inv. des
Arch. dép. (1361-1365) « Item por enferrar
un pot et por xi brochies a que Ton trait
lo pot » ; item, pour ferrer une pièce de
bois et pour 11 broches qui servent à la
tirer. Il s'agit ici d'un instrum. utilisé
pour la défense de la ville, peut-être d'une
sorte de levier pour tendre les chaînes ou
d'une espèce de barre pour les portes de
de la ville. Il faut admetlre que le scribe
a écrit pof pour pan (palum), ce qui n'a
rien que de plausible, car on trouve dans
les mêmes comptes, 1377-1380 : « Item por
III pos de sapin qui furent emploiez à
faire le tabler sur la porte delà Lanterne. »
De brocca. Gh. de ce en c/t (154) ; de a
en i (54 2»)*
* B ROCHON (brochon) s. m. — Broche.
De brochi av. satî. dim. on,
BROÇON V. bronçon.
" BROGI (brogi) v. n. For. brogi,
brougl ; dph. brogi, bas dph. briija. —
Réfléchir profondément.
Ne 6roge-t-cl, s'ul ot una râla ffrill{(^,
Qu'ô quoque friqueiidd que la vin virolié.
« Ne songe-t-il pas, s'il ouil une souris
faire un peu de bruit,— Que c'est quelque
galant qui la vient retourner ? » (Banq.)
Tu le broge.
Qu'on ne cci mige rcn qui poigne de rampau.
« Tu t'imagines — Qu'ici l'on ne
mange rien que des gâteaux du dimanche
des Rameaux. » (Vieut.)
Derod(i)csire(% Gh.dcrfcen^Mei 5«);
de are en t (15 2*) ; prosth. de b (188 6«).
BROMO(brômô), ' BRAMO v. n. Dph.,
Igd. brama. — Crier, pleurer. Vefani a
bramô, l'enfant a crié. As-tu fine de
brômô ? as-tu fini de pleurer (Grap.)-
Du vha. breman, rugir. Suff. rf (14 8»).
* BRONCO (bronkô) v. a. — Heurter.
Du vpr. brucar, broncher ; vha. bruch,
néerl. brok, chose cassée. Insert, do n
(184 7«).
BRONÇON (bronsson) BROÇON s. m.
For. bresson broussotiy dph. broussou,
b. dph. broiinsoun, vfr. brosson broçon
brochon, vpr. broisson. — Le bec par
lequel sort l'eau d'une cruche. Suôd.
broke brog^ tube.
Des celtisants ont proposé kym. bron,
bronnaUf corn, bronnow, mamelon, mais
le sens est forcé, et l'insert. de ss dans
les dér. ne s'explique pas. Il est probable
que bro7içon se rattache à broc, vaisseau
à bec, même rad. que broche (peut-être du
celt. brog, alêne). Le vfr. brochon
confirme l'élym. Le passage de k k ss
s'explique par une forme brocea, qu'on
retrouve dans lo piém. brocio = brocca.
Sur rins3rt. de n cp. it. broncone = par-
mes. brocon, et bronchi = milan, brocca
(184 7s rem.).
* BRONDA (bronda)s. f. Alp. broxinda^
piém. bronda, vfr. brondc, csp. brote
brota, — Rameau, houssine (cp. gaël.
brosdan^ petits morceaux de bois pour
allumer le feu).
Paraît venir de esp. brota = fr. hroust,
du vha. brozzcn. Gh. de t en d (186);
insert, de n (184 7% rem.).
BRONDIR T.brondzi.
BRONDZI (brondzi) BRONDIR v. n.
Pr. broundi browizi. Se dit d'une toupie
qui ronfle.
D'une onomat. bran, av. sulT. de la 2*
conjug. fr. relié au thème par d, et formé
par analogie av. rondir(% Le paysan dit
brondzi quant il veut parler pat et
brondir quand il veut parler fr.
* BROSSES (LES) s. f. pi. Alp. brousses,
pr. brossa, berr. breusses brasses, —
Terrain inculte en broussailles.
De brnstia, devenu briiskia, brussia,
du vha. brozsen, ags. brustian, angl.
burst, pousser. L'armor. a broust, ronce,
qui paraît emprunté au fr. broust,
N. de lieu. Los Brosses, k Vaux-en-Vel. ;
à Yzer. le Bois des Brosses.
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BROT
C5
BROT (l>rô) s. m. Alp. broi^ vpr, brot
broto. — Jeune pousse des arbres et des
arbustes.
De byiislum, du vha. broz, jeune pousse ;
brossên^ pousser. Le rad. est Téquival.
du gr. fp qui indique l'action de germer,
sortir en pousse, ^^o'jw, je pousse, frovoît;,
qui pousse abondamm.
BROTEL vin. v. brottiau.
BROTEY V. broUiau.
BROTILLI (brotiihl), ap. Coch. BROU-
TILLI V. a. — Manger sans appétit. Al est
malado, a ne fa que brotilhX, il est
malade, il ne mange que du bout des
dents.
De brolôy av. suff. fréq. illi = fr. Hier,
Cp. vfr. brousteler, et à Lyon mangiller.
BROTO (brotô) v. a. — Brouter.
De brot av. sufT. (5(14 1»).
BROTTIAU (brùtiô). ap. Coch. BRO-
TEY, vin. BROTEL, pi. brotiaux. s. m. —
Lieu bas facilem. inondé, le long des
rivières. Les Brotleaux, nom d'un
quartier de Lyon, bâti sur d'anciens bro-
teaux. — 1880 c Reçu de Michel le pan-
netier pour une amhaisse de furnillie qui
fut taillée au brotel devant Ruanne. m
(Arch. mun.) — 1444 « C'est l'accord fait
entre les conseillers de la ville de Lion
d'une part, et les religieux de Sant Yrignye
d'autre part, sur la division du brotel du
pont de Rosne... pour occasion et à cause
des limites et metes de certains deux
brotiaux... l'une d'icelles parties prenoit
et occupoit à l'autre part et portion de son
dit brotel... pour la offuscation et perdition
des meteset limites desdits 6ro(/aMic etc. »
(Cart.)
De brot av. suff. ellum = iau (82).
Dans Coch. brotey est sans doute pour
brottet^ av. suff. dim. et, au lieu de
iau,
BROTTO (brottô) v. n. — 1. Ravauder
parmi des objets. Que don qu'ai est après
brottô ? Qu'est-ce donc qu'il remue? Que
don que te brottes f qu'est-ce donc que tu
as à ravauder?
Forme mod. de barata, avec aphér. de
la syll. init. (cp. brattô, battre le beurre,
dér. de baratte; crueis^ noyau, de cor^
rosum); ch. de a en o (59).
2. A Yzer. Battre en broyant. Brottô lo
bla, battre le blé ; brottô lo pan, briser
lo pain. Môme étym. A Vesoul broute,
éhréchè. Une ascette broute^ une assiette
éhréchée.
3. Mettre une cale, assujettir un objet au
moyen d'une cale.
Formé sur abrotla. Suff. 6 (14 !•).
' BROUTON (brouton)8. m. — A Ampuis
Pot allant au feu (Coch.).
C'est berton av. métath. de r (187 !•) ;
d'où breton, et brouton pour donner plus
de sonorité à l'init.
BROZA (brôza) s. f. — Braise.
De braisa. Gh. de a en ô (1).
BRUESSES (bruèsse) s. f. pi. — Débris,
résidus, restes.
De brnstia, au sens de menus objets
(cp. fr. broutilles). Brus fia donne on oïl
broisses (cp. angustia = angoisse),
devenu bruèsses, sous l'infl. de la pro-
nonciat. qui, au xvi® s., a fait passer oi
à oué (cp. dortoir = dortouer).
* BRUIZI ibruizl) v. n. Rgt. brusi, bru-
chi ; lim. brugi, Igd. bruzi, — Bruire.
Bruiziront, ils firent du bruit. Y bruya-
vo7it, ils faisaient du bruit.
Formé sur bruit. Le suff. t est appelé
par l'yotte de ui (15 3"). L'imparf. a subi
l'infl. de bruyant. Brure, de bruire, est
plus usité aujourd'hui que bruizi.
• BRUN, BRIN s. m. Bas dph. bru. —
Essaim. U7i brun, un brin d'avilies, un
essaim d'abeilles.
Du pr. brusc (celt. 7*iiske7i), essaim,
ruche, réduit à bru dès le xvi» s. comme
le montre le dph :
Et iqui memamen un gros plein bru d'avilie.
« Et ici mêmement une grosse pleine
ruche d'abeilles. » (Banq.)
Nasalis. de u (18^4 7», rem.).
BRUSSINS Vin. « Item deit una chargi
de mangos de boys appella brussins de
v» la chargi. » (Carc.)
Brussins parait signif. ici fagot de
branches choisies dont on faisait des
manches d'outils d'agriculture [mango =
manche). Brussin est un dim. de brosses.
Il ne saurait être ici question de broussin,
loupe de bois d'érable, utilisée en ébénis*
terie.
BUCH I LLON (bucbilhon) s. m. — Terme
injurieux.
Ah ! mile ytr de sort ! buchillon, le m'idobet I
< Ah ! milliard de sort I Termine, tu
m'arranges ! » (Mel.j
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BUCL
D3 bûche au sens de fétu, av. suflf. dim"
et péj. illon, Pr. buscaiouny ss.-rom. biis-
chillon butsillon^ petit éclat de bois.
* BUCLIO(buciiô) à Lyon bùclery, a.—
Griller le poil d'un porc.
Fur'ito complimentiu
Par la dame Phigénic
Qu'un gognian voillel buclau.
« Ils furent aussi complimentés — Par
la dame Iphigénie — Qu'un imbécile
voulait griller. » (Revér.)
Le dph. a le composé eicharbucla (cp.
chanibucUo).
Com'uu chin qu'en cu&ina ul on eicharbucla.
« Gomme un chien sur qui, à la cuisine
on a jeté de l'eau bouillante. > (Banq,).
De bustultLre, formé sur btistum. Chute
de s (166 2») ; ch. de // en cU (164 4»).
Ce groupe cli ne modifie jamais ô final,
répondant à are précédé de l non mouillée
(14 3-).
BUGNI (bugni), à Lyon bugne s. f. For.
bugnû^ Sorte de pâte frite dans l'huile
Vfr. bignet biignet; pr. bigneto, crém.
bugnocca, lim. ôoMni, Igd. bougneto,^^^.
bugnuelo, angl. 6aw, diverses pâtisseries
soufflées. On trouve les équival. suiv.
avec le sens de bosse, tumeur résultant
d'un choc : mil., ssivd. ^bugna, pr., toulous.
bougnOf vfr. bugne bigne beugne ; vénit.,
romagn. bogna, véron. bugno7i. — Ces
ex. ne laissent pas de doute sur l'exist.
d'un rad. qui exprime l'idée d'enflure
résultant d'un coup, et par extens. de
p&tisserie gonflée.
Le rad. paraît se retrouver à la fois
dans le germ. et le celt. : angl. to bunt^
se gonfler ; hol. bunsen, frapper ; arm.
bounta, heurter. Les dial. celt. ont des
mots analogues pour exprimer l'idée de
tronçon, gros bout, racine.
BULO ^bulô) V. a. Pr. aboula abula, —
Mesurer la distance d'une boule au but.
De bulla = bul(i aux environs de Lyon,
av. sufi". 0(14 30).
* BUNA (buna),dans la montagne BOÉ-
NA(boôna),vln. BOINA s. Î.B. lai burna,
for. boë7ie,iur. beune, ss.-rom. bouenna,
alp. bouhio, Meuse boune. — Borne,
piene servant de limite aux héritages.
« £t devor lo vent sont les brueras et li
bos à mesdames jusques û une boinc bien
haut. » (Alix)
De bodina, par la transit, suivante:
6oWtwa(139), 6oéwrt(51 et 16); benna
et bnna (cp. seltr = sur).
BU RAYA V. bureya,
BUREYA (buré-ya)BURAYA(bura-ya)
s. f. — Petit-lait du beurre.
De bttrro, beurre, av. suff. péj. alfia
(répondant à aille fr.), réduit à aya par
substit. de y à /A (164 2, c). La fin.
estirr. et aurait dû élre i (54 3»).
2. Au fig. vin.
A poril se refaire avoué que la bureya,
« Il pourrait se remettre avec ce petit-
lait. » (Gorl.)
BURLA (burla) s. f. — A Paniss.
Trompette que les enfants font avec de
l'écorce de saule.
Subst. V, tiré de beurlô, crier, hurler.
BURRI (buri) s. m. — Baratte.
De bun'O (butyrum), av. sulT. î répondant
à arium (18).
* BURRICHI (burichi) s. f. — Grand
récipient d'osier sans anses, terminé en
pointe, et qu'on place, plein de cailloux,
le long des cours d'eau pour garantir des
afi'ouillem. L'm de la forme In. pour ou
est particulier à Lyon et aux bords
du Rhône. Lim. botDTich, panier carré
dont on se sert pour ramasser les
châtaignes; gasc. bouricho, panier couvert,
nasse ; vfr. bourroiche borreche bour-
rouche, nasse.
Ces accept. rendent difflcilem. admis-
sible l'étym. proposée par Ménage et
suivie par Littré, lesquels voient dans
bouiTiche le rad. bourre, à cause de la
paille ou du foin dont on garnit la
bourriche. La bourriche garnie de paille
paraît tout moderne. Scheler propose
burricio, bourrique, parce que la bour-
riche serait un panier porté par les ânes.
Rien dans les ex. ne montre cette accept.
La forme bourrouche permettrait de
rattacher la 2* partie du mot au vha.
rusca, panier, corbeille. La première est
plus obscure. On a en vfr. bourrée, sorte
de poisson. La bourriche serait-elle le
panier à prendre la bourrée ?
BUSSO (bussô) BOUSSO v- n. —
Pousser, en parlant des plantes, arbres etc.
Fais boquvtù lo trioulo
Kl bu*»ô lo revioulo.
c Fais fleurir le trèfle — Et pousser
le regain. » (Gutt.)
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BUSS
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DepuZ^are. Gh. de p init. en b, peut-
ôlre sous Tinfl. de bout ; voc. de l (171
3o). Ou a passé à u aux environs de Lvon
(34)
BUSSON (busson) s. m. —Bâton court
et rond, tel que la !: averse d'un râtelier,
d'une chaise etc.
Vfr. bouson bouzonboujon^ it. bolzone,
vpr. bossô, flèche à pointe émoussée. Diez
le tire de bulla av. un suff. son, mais le
germ. bolzen^ flèche, se présente plus
naturellement à l'esprit, d'autant plus que,
à River, où busson est usité, bulla a
donné bola et aurait dû par conséquent
donner bosson.
BUTARO V, Buiaroa.
BUTAROA (butaroa), BUTARO (buta-
r6) s. m. — Chasse-roue.
Composé de vin. buta, heurter et de
roa, roue.
BUTO V. a (butô) — 1. Jeter, heurter.
Forme du fr. bouter, L'm estcaractérist.
de la ville et de la banlieue.
2. Mesurer une distance au jeu de boules.
For. abuta, même sens.
De but, av. suff. 6 (14 1«).
BUVANDA (buvanda), ap. Goch. BU-
VENDA s. f. Jur. beuvande, pr. bevenlo.
— Piquette. Piém. bevanda. breuvage.
De bibenda. Ch. de i en u sous l'infl.
de b (62, rem. 4) ; ch. de b méd. en v (141).
Nous devrions avoir buvinda. An au lieu
de in est dû à l'analog. de buvant.
• BUYA (bu-ya) s. f. à Lyon buye, for.
buya buyat; bress. buya, pr., Igd. bugado,
esp. bugada, arm. bugad, jur. buat, lorr.
boaXe, vfr. buée. — Lessive.
Diez, Flechia le rapportent à biLca, trou,
parce que l'eau de lessive passe par un
disque percé ; cp. esp. colada, lessive, de
colore, filtrer. Cependant bucare ne veut
pas dire filtrer, mais percer. C'est pourquoi
Wedgwood rapporte le mot au celt : gaël.
6o^, humide, irl. bog, mou, tendre, bogach,
marécage. Le fr. buée, vapeur, donnerait
qq. vraisemblance à cette étym., qui
d'ailleurs ne contredit pas l'exist. d'un b.
lat. *buca, au sens de buée.
BUYANDIRE (buyandire) s. f. pL —
Tranches de bœuf bouilli sautées avec des
oignons.
Probablem. de ce que c'était un met
fréquemm. donné aux lessiveuses, que
l'on avait, comme les autres ouvriers,
l'habitude de nourrir à la maison.
• BUYANDIRI (buyandiri) s. f. à Lyon
buyandière, pr. bugadieiro. — Lavan-
dière, mais proprem. la femme qui coule
la lessive.
Si es fo baily huit sous à una huyandiri,
« S'il faut donner huit sous à une lessi-
veuse. » (Bern.)
De *bucataria (v. buya). Ch. de c en y
(128 !•), de < en d (136), de aria en iri
(13) ; insert, de n (184 7o, rem)
BUYI (bu yl) V. n. — Couler la lessive.
De*6ucar^(l4«'V
C
CABAN (kaban) s. m. — « Les mariniers
appellent ca&an une roupe à capuchon, de
drap grossier, dont ils se couvrent pour
se garantir du froid et de la plu ye (Goch) ».
Cette phrase indique quo IȔ cahun, au
conimonccm. du siècle, ôljiit un vèleiuoiit
purcm. popnl. C'est lo bftrdocucullus des
Gaulois.
Ne vos moquû pus do paysan^
Surtout quand il a X^cahan (Coz),
De ïi.gabbano, par le gén. cabban, où
la remonte de ^ à c (92, rt'm.) est déjà
accomplie.
CABAS (kàba) s. m. — « On dit ironi-
quein. d'une vieille femme, c'est un vieux
cabas. ^ (Cocli.) Jura caha, vioillo vache,
l«'nuc injurieux.
El-o) coumcccipy quelepailch Hatlius, \ii-u cahat ?
« Kst-co comnu' cela (juo tu i)arles à
Bacclius, vieux cîibas ? » (Bern.)
Vipns-lu dire qu'ils sont galcusos,
Que lu raitsi comm' In coda ?
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68
CABE
« Viens-tu dire qu'elles sont galeuses, —
Que je suis faite comme un cabas ? »
(Gorl.)
L'origine de l'injure est une allusion
obscène, ainsi qu'en témoigne le vfr.
cahatz rabattu^ prostituée.
CABELOT (kabelô) s. m. — Petit
escabeau.
De scabellum, av. suflT. dim. ot, mais
par rit. sgabelotto, probablem. importé
au XV s. Chute de s (111); ch. de //en c
(92, rem.).
CABIOTTA (kabiôtta) s. f. Jur. cabotte,
pr. cabot, b. dph. chabôta, — Petite
chambre.
Peut-être le niAme que wal. chabote,
creux, petit trou ; calebote, petit recoin.
Cp. fr. calebotin, panier, vfr. calbostais,
petite caisse ; wal. barbote, rch. scâborte,
soucoupe. Le rad. de tous ces mois paraît
être germ. — AU. butte, ags. butte, angl.
butt, grand vase = botta en In. Sur la
dér. de sens cp. botte, chaussure, qui à la
même orig. La première partie de notre
mot a pu être cal réduit à ca sous l'infl.
de cabane, comme elle peut être simplem.
notre prôf. péj. ca (v. caborna). Cal est
d'ailleurs lui-même un préf. péj. rv.
cartchïn). Cabotta a passé à cabiotta par
insert, de yotte (v. ambiorses).
CABOCHI (kabochi), Morn. CAPOCHI
s. f. For. cabochi. — Clou h grosse tête.
De ca,put, av. sufT. ochi = ocea, mais
par le pr. cabocha, ainsi qu'en témoigne
la persist. de c init. Ch. de a en i (54 2«).
CABOLHI (kabôlhl) v. a., à Lyon ecra-
bouiller, vfr. escharbouiller. — Écraser,
broyer, abîmer.
D'un rad. carp, du lat. carpere, sanscrit
kar ou skar, couper, diviser, écarter,
répandre, qu'on retrouve df.ns le vfr.
charpier, escharbouiller ; In. charfigna,
carpaUf charibottô. C'est par erreur que
Littré et Scheler voient dans celui-ci le
rad. de charbon, en s'appuyant sur le
bruxell. scrabouilles, résidu de la houille
non consumée ; d'où écrabouiller et
écarbouiller. répondant à * excarbuncu-
lare. Ce rad. existe dans des mots qui ne
peuvent se rapporter à charbon : eschar-
boter , écraser ; écarver , tailler des
planches; angl. to scarf, même sons;
ags. scearf, tailler en pièces ; angl. to
carp, critiquer; sàx. cearfen^ ail. kerben,
dan. carî?er ; angl. to carve, découper;
b. lat. scarpilla, charpie; it. carpare,
gripper ; pr. cai'pa, battra, se carpa, se
harper; à Lyon, charibotter, abîmer un
travail. Tous ces mots sont bien antérieurs
à l'exploitât, de la houille. Lisez donc
non *excarbunculare,mdA^ * carbuculare
(p. carpuculare) qui donne régulièrem.
carbolhi, eicrabolhî (à Lyon écrabouiller)
par métath. (187 !•). Chute de r danser
(105, rem.) Cp. aussi berr. coque, coquer
^onvcroque, croquer. Sur ucidare=olht,
cp. tous les verb. fr. en ouiller, qui font
olhï eu In.
CABORNA (caborna) CALABORNA, à
Lyon caborne s. f. Jur. cabeune. — Petit
réduit, hutte, dans laquelle les journaliers
se mettent à l'abri. Par extens., se dit avec
sens pêjor. de toute habitation misérable :
Oy estina caborna, «En Savoie on appelle
caborncs les chétives boutiques des mar-
chands détaillants (Millin, op. Coch.). •
BA^h, caborne, terrier, ss.-rom. caborna,
petite boutique obscure.
Si vo fayt lieu chini,
Qui lieu sert de cahome f
« Si vous voyiez leur chenil, — qui leur
sert de hutte I » {Xoel 1723).
L'accept. primitive de caborna est celle
de chose creuse, ensuite grotte, caverne :
Igd. cabor7io cabourno; lim. calabour7io,
rgt. caborgno cabouorgno, cavité, creux
d'arbre, tanière ; dph. calaborna, grotte ;
acception conservée dans In. cabornu,
creux, recreusé.
Son dedeii lou rouchat miliante caliborve.
« Il y a dans les rochers mille petites
grottes. » (Ba7iq.)
St caborna <*t pru grin que lez aulro ne son.
« Sa grotte est plus grande que les
autres. » (loc, cit.)
liabel., familier avec les dial. d'oc,
place dans la biblioth. de Sl-Victor un
ouvrage intitulé LaCabornedes Briffants,
que Le Duchat traduit par Le Capuchon
des Moines, et qui serait, je crois, traduit
plus exactement par La Caverne des
Goulus.
Ne se rattache point au rad. cab {orna
d'ailleurs n'est pas un sutT.), mais au rad.
born: Igd. horno borgno, mar«. bouerno,
dph. houarno, lim. hourno, rgt. bouorgno,
creux, cavité; ss-rom. bouarna bor7m,
cavité, crevasse ; bornu, percé en tuyau ;
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CABO
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hâlonhornUy fusil. Du vha. horôn^ percer;
hora, foret, d'où ail. bohren, buriner ;
port, buraco, trou, cavité ; buracar,
percer. Au rad. est joint le préf. péjor.
ca, qu'on retrouve dans caloigne, qui
signif. borgne dans le H. Maine, et louche
dans le Blaisois ; jur. caboule^ bosse au
front; rch. cafouiller, souiller; In. cabossî,
bossuer, cafoiver, écraser, en parlant d'un
objet mou; caforniau^ endroit bas, comme
un four; cambouilli, bouilli outre mesure,
et probablem. dans le genev. cassibraille,
canaille.
Dans calaborna, il se peut que le préf.
soit cal (v. cartchïn)y comme il se peut
que la soit une syll. insérée pour accentuer
le caract. péj. (cp. carabossi, delavorô).
CABORNU. USA (kabornu, uza)adj. —
Creux, se, recreusé, ée. In 6bro cabornu,
un arbre dont le tronc est creux.
De caborna^ av. suff. u (35).
CABOSSI (kabôssl), ix Lyon cabosser,
y. a. Vfr. cabucer, berr., aun., jur., ss.-
rom. cabosser, valais, habufa, genev.
caboler^ b. dph. carboussa. — Bossuer.
Oui a cabossia la cassi, il a bossue la poêle
à frire (Coch.). « En grande véhémence
d'esprit bloquoil,tracassoit, ramassoit,
cabossoit, » (Rabel.)
De bosse, av. préf. péj. ca (v. cabornx).
Le genev. caboler, même sens, a p. rad.
bulla.
CABOT (kabô) s. m. — Méchant petit
chien.
Étym. iuconn. — Serait-ce sabot (=
cabot dans plusieurs patois), à cause de
la petitesse de l'animal ? A Lyon, un sabot,
une petite femme.
CABRA (kabra) s. f. —A Duerne et
aux environs Chèvre.
De etipra. Mot d'oc. Partout ailleurs
on dit chura. De même cabri existe à côté
de churot, chevraaû,
CABRILLON (cabrilhon) s. m. ~ Petit
fromage de chèvre.
De cabra, 9Y. suff. dim. ilhon.
CABUCHER (kabuché) v. a. — Terme
de l)ateUerie lyouii. Seditd'un batcauqui
sombre, laproiicen avant. Vpr. cabussar,
plong«'rJolerâ IVau ; b. lut. nccnbussare,
inimt'rg<M-, jelrr dans la mer ; lf;d. cabussa,
faire la culbute ; pr. cabussa, rgt. cabous-
sa, plonger.
De *capuscB.re=rcabuscare (140, rem.
2), de caput, Ch. de se en ch (166 l»,a) ;
le suff. er est d'oïl. Le pal. serait cabuchî
ou cabocht, suiv. les lieux.
CABUNA (kabuna) s. f. Jura cabcune.
— Petite hutte dans les champs.
Probablem. le même que caborna, av.
chute inexpliquée de r, comme en ss.-rom.
où Ton a simultaném. les foiT.ies borna,
bouarna, et 6oMa/wa, cavité. Dans ca6owa,
o n'étant plus entr. a pu passer à u, suiv.
la phonét. des environs de Lyon, av.
d'autant plus de facilité que fr. bornet
limite, = In. buna.
CACABOSON (kakabozon) Loc. — Se
mettre à cacahoson, s'accroupir.
Y z'y sont en uu cuchon,
El n'y vtnt qu*àcacaboson(Soè'l 1728).
C'est-à-dire la porte est si basse qu'ils
ne peuvent y entrer qu'accroupis.
Composé de caquer = cacare, et boson,
excrément. La forme exacte serait caque-
boso7i, mais comme le mot est difficile à
prononcer, Ve muet, sur lequel porte
l'accent second, a été renforcé en a.
CACAROCHI (kakarochi), ap. Coch.
CACAROUCHI s. f. Dph. cacarochi, b.
dph. cacaroche. — Bosse à la této, à la
suite d'un coup.
Subst. v. tiré de rocô, heurter ; ce qui
donne rochi (54 2«), av. un préf. péj. ca
(v. caborna), redoublé pour accuser le
caract. péj. Cp. carabossL
CACASSON (kakasson), GOGASSON
s. m. — Sorte de beignet.
Fodra que lo icfanis, le Allés, lo garçoni,
Pur celebrA cou jour, Tassant de gogassons.
Il faudra que les enfants, les filles, les
garçons, — Pour célébrer ce jour fassent
des beignets. » (Proc.)
De coque, av. suff. aiigiu. asse et un 2"
suff. on. Ch. de c init. en g dans la forme
gogasson (87, rem.).
CACASÔON (kakasson) loc. -- A cacas
son, accroupi, sur le derrière.
1 Tant jamais lié pô!i »eins chère à cacosson.
« Ils ne font jamais trois pas sans tomber
sur le derrière. » (Due Bib.)
Du rad. de cacare et d'un suff. péj
asson. Cp. cacahoson*
CACHI (karhl) v. a. — Meurtrir.
Dr coarltin'. — Ch. de cl rn ch (161
2") : coa se réduit à ca (cp. coagulare =
cailler) ; ch. de are on t (15 3«).
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70
CACH
CACHIMAILLI (kachimalhi) s. f. ~
Tirelire.
Da rad. de cacher et du vfr. maille,
liard. Fin. t (54 3»).
CACH ON (kaclion) s. m. — A Lyon.
Noyau.
De cacher, av. suff. on. Le noyau est ce
qui est caché dans le fruit.
CACOU (kakou) s. m. For. caco caco-
gnio. — Œuf.
Féti ovi de f«riDa,
Que s^appelle U plag fini,
De beuro et de cacoux.
€ Faites avec de la farine, — Ce qui
s'appelle de la plus fine, — Du beurre et
des œufs. » {La Voga, chans.).
Onomat. du cri de la poule quand elle
a fait l'œuf.
CADELLA. V. Catella.
CADETTA (kadôta) à Lyon cadette s. f.
— Pierre de taille mince pour dallage,
bordure etc ; par extens., pierre formant
banc, parapet. « Lesdits priffaicteurs
seront tenus faire des pierres appelez
cadettes et y employer toutes les pierres
de cadettes appertenant à ladite ville et
communaulté ; et si icelles pierres cadettes
etc. » {Adjudicat, pour le pont de la
Guillotière, 1559).
11 est probable que Torig. est technolog.
A Lyon, à partir du moment où les monu-
ments antiques ont été épuisés, on a
employé exclusivem. pour pierre de taille
dure la pierre de Saint-Gyr, dont les
carrières offraient deux qualités : le gros
banc, mesuré au cube, et le banc mince,
mesuré au carré. Celui-ci était réservé
pour les dallages, et on peut supposer
que le banc mince a pris le nom depierre
cadette par rapport au gros banc, comme
au jeu de billard la queue la plus courte
a pris le nom de cadette par rapport à la
plus grande. L'adj. est devenu subst. et
s'est appliqué à toute pierre formant
dallage.
CADIRI (kadiri) s. f. — Chaise.
D3 cathedra, mais par le vpr. cadera
cadieira, ainsi que l'indique la persist.
de c init. et de t méd. sous la forme d (le
vrai In. est chiri), Ch. de e bref en i (25).
Fin. t(15 5«).
CADOLA (kadola), à Lyon cadolc s. f.
— Pt'tite hutte dans les champs ; pur
exlens., petit cabinet, avec sens péj. Frib.
cadole, chambrette pratiquée dans le
poêle, wal. cadorai, bouge.
De catSLbulum = cafablum (Papias),
méchante étable, katabulum (Pasch.
Radbert), fos.se avec toit. Ch. de < en rf
(136) ; voc. de b dans bl (164 9", 6), ce
qui donne cadaulo, passé à cadola,
comme aurem à or.
Catabulum est lui-même un dér. de
caput, comme en justifie la forme capta-
bulum, mot à mot petit toit, culminulum.
CAFÉ V. cliafl,
CAFI V. cliafi.
CAFORD (kafôr, kafô) à Lyon cafard
s. m. — Blatte.
Orig. germ. — Ail. kù.fer, coléoptère ;
holl. kever, scarabée, à rapproch. de ail.
kauen^ mha. kifen, vha. chiwd chiotan,
ronger; alL kîefer, mâchoire, angl. to
chafe, gratter, érailler. Le k init. devant a
persiste volontiers dans les mots tirés de
l'ail, (cp. kesi = cassi, kahn = canard).
Au rad. s'est ajouté le suff. germ. ard.
Ch. de a ton. en 6 (1).
CAFGRNÎAU (kaforniô) loc. ^Semettre
à caforniau, s'accroupir, en parlant des
femmes sur leurs chaufi^erettes. Pr. cafour-
noun, enfoncement, creux ; cafottrno,
grotte ; for. cafuron, jur. cafourrot,
même sens ; berr. caforgtiiau, petit
cabinet; norm. cafouret, petite cham-
brette.
De four, av. préf. péjor. ca (v. caborna).
Le suff. a été formé ppi* analog. avec
fourfieau, parce que la chaufferette fait
l'office d'un fourneau.
CAFORNO (SE) (kafornô) à Lyon se
cafourner. — Se chauffer en se mettant
à cafor7iiau[\ . caforniau). Suff. ô(148®).
CAGNI (kagni), à Lyon cag7ie s. f. Pr.
cagno. — Paresse.
De temps en temps je prends U cagne,
De temps en temps la cagncme prend. ( Vieil. Ch.).
Vfr. cagne, chienne (Cotgr.). De l'it.
ct^gna. Le chien représente ici l'idée de
paresse. Fin. t (54 3»).
• CAGNI (kagni; v. a. — liabrouer. O faut
lo cagni, il faut le rabrouer. (Coch.).
Do csigni, av. suff. i (15 i"). Cagnt,
traiter quelqu'un comme un chien. Saint.
cagner, s'ennuyer comme un chien à
l'attache.
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CAfL
74
CAILLAT (kalhà) s. m. - Lait caillé
au moyen de présure.
Subst. V. tiré de cailler, av. suflf. at,
CALA, CAR A (kala, kara) s. f. — Terme
péj. pour mine. A Lyon, avoir mauvaise
cale.
lU ont ulor de leuri
Qu*eii miuviiia cara,
« Ils ont autour [d'eux] des lévriers —
Qui ont mauvaise mine. ^ (Noël 1723).
De cara, mine, visage ; gr. xdpa, pr.
caro, vpr. cara, Gh. de ren Z ('146 2*).
CALABORNA v cahorna.
' CALADA (kalada) à Lyon calade, s. f.
— Parvis dallé ; dalle le long des maisons.
Du pr. caltida, pavé ; caladar, paver ;
de calar, descendre (v. calô), parce qu'à
l'origine, les rues en pente étaient seules
pavées ; d'où la double signifie, du pr.
caladun, terrain à paver, et chemin en
pente. — D'après une note attrib. au
P. Ménestrier {ap. Coch.), ce serait les
Ital. qui auraient apporté à Lyon le mot
de calade, de l'it. calala, descente ; mais
ce mot n'ayant chez nous que la signiflcat.
de dallage, il est plus probable qu'il vient
du prov. av. le sens de pavé.
* CALADOIS. SE (kaladoi, ze) s. m. -
Habitants de Villefranche. « Ils sont ainsi
nommés parce que la plupart se promènent
habituellement sur la calade de leur
église, d'où ils contrôlent les passants. »
(Goch.)
De calada av. suff. d'oïl ois = ensis.
Le In. eût été caladuais (cp. patriensis
= patuais).
CALANDRA (kalandra) s. f. — 1.
Alouette.
Fr. calandre^ nom d'une sorte de grosse
alouette.
2. Sensu obsceno. Vulva feminea.
Et n'euftse esta quoque malandre (maladie)
Que ie peschy den h caUtndra. (Bem )
De calandre, machine où l'étoffe est
chamarrée sous un cylindre.
• CALAUDA (kalôda) s. f. — Cigale,
(vieilli). Wal. calaude, babillarde ; calau-
der, babiller.
Orig. germ. — Vha. chsUlon, mha.
hallen, aboyer, babiller. Au rad. s'est
ajouté le suff. germ. wald = ald, fera.
alde^ puis aude par voc. de /.
CALAVANCHI (kalavanchl) v. n. — A
Grap. Faire un faux pas. Al a calavanchi.
al a manquo cheire, il a fait un faux pas,
il a failli tomber. S'ÉCALAVANCHI v. r!
— A Morn. s'estropier, s'abfmer fepécialem.
par un efTort.
Ia i^ partie du mot parait être le rad.
de calare, glisser, descendre, et la »,
anchi, hanche (cp. higanchi écarlanchi).
D'où glisser de la hanche et s'abîmer de
la hanche. La liaison de la 2« partie à la
l** a pu être facilitée par l'infl. d'avachir.
Dans écalavanchi s'est adjoint le préf.
renforç. é.
CALINA, CALURI (kaUna, kaluri) s. f.
For. câlina calure. — Pente d'une colline,
ravin en pente, descente.
Bols a l'inlor baillant Qliou 0raiidc-z-ombre.
Combe, colline, avoi caverne sombre.
« Bois à l'enloar, jetant leurs grandes
ombres, — Vallons, ravins escarpés,
avec cavernes sombres. » (Mon.)
De calsLre (v. calô), av. suff. dim. ina
dans la !'• forme, et oria dans la 2»«
(36).
CALLECHI (kalèts!) v. a. — En Fr.-l.
se dit de battre le chanvre : callèchi lo
tsevene.
De callichiy av. suff. î (15 2»). Je
suppose que c'est un besoin de dissim.
qui a foit dire callèchi au lieu de callichi.
CALLICHET (kalichè) s. m. — Petit
morceau de bois, pointu des deux bouts,
pour jouer au jeu dit callichet.
De calliche, av. suff. dim. et»
CALLICHI (kallchi) s. f. — Bâton pour
broyer le chanvre. A Lyon calliche, masse
pour abattre les bœufs.
Te devrias ben H donna
Un coup de callichi l
« Tu devrais bien lui donner — Un coup
de masse. » (Noél 1723.;
De ca/a, bûche, par un dér. *caliscea (?).
L'esp. a calliche, gravier dans le mortier
mal broyé, qui vient sans doute du rad.
de callus avec le même suff. (cp. esp.
capricho, salsicha).
CALO (kalô) à Lyon caler —1. v. a.
Glisser, fourrer, mettre. Madama, je
me calo, refrain d'une chanson composée
à l'occasion d'un petit Savoyard qu'on
avait persuadé do se glisser dans le lit de
la dame qui l'avait engagé comme domes-
tique.
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72
CALO
On trouve dans les Strophes au Saint-
Esprit en vx aiiv., les vers suivants :
D'oquokl fuoc vol Deu c'uu chtia
Et onla volu[n]ttt malt
Que tl corps dol homme t'arala.
MM. Gohendy et Thomas trouvent acala
obscur ou douteux. Je crois que c'est
notre calo, et qu'il faut traduire : « Qui
au corps de l'homme se glisse. »
Du rad. qui a formé fr. cale (morceau
de bois que Ton glisse sous qq. chose),
av. suflf. d.
2. V. n. Descendre, glisser en descendant.
O la bonna ecliella !
Et se faut coiii, vey'Vo.
Crcicny-vo «le cala ?
« O la bonne échelle I — Et il faut se
dépêcher, voyez-vous. — Craignez-vous
de glisser ? » (Noël xvi* s.)
Du b. lat. calSLre, mollir, descendre ; de
chalare, lâcher, faire descendre. Vpr.
calar descendre.
CALORGNO (kalorgno) s. m. — Louche.
Du vfr. lorgne, louche, av. préf. péj. ca.
CALURI ^'. câlina,
CAMBADO (kanbadô) v. n. — Battre
l'estrade. On ne fat que camhada, il ne
fait que courir (Goch.).
De ^anï6a, par vpr. camba. Gh. de g
en c (92, rem.).
CAMBER (kan-mbèr) s. m. Fruit de
réglantier, à Grap., Paniss. etc.
La pérsist. de c indique une orig. étran-
gère. I^ rad. est celui qui a formé esp.
cambron, ptg. cambrdo, nerprun. Le sutf.
er en vin. = arius. On a dû avoir cam-
brer, réduit, par dissim., à camber. Mais
la signif. du rad. est inconn. L'étym.
camurus, courbé, citée par Diez, d'après
qq.-uns, est absolura. invraisemblable.
C A M BERTI (kanberll) s. m. — Églantier.
De camber, av. suff. t = arius (13).
CAMBORLE, ETTA (kanborlë, èta) adj.
— Qui a les jambes courtes et cagneuses.
El posant brôrameiiil l'orpa su lo c<»le
Dou Tigore Pelou, qu'est lo plus camborlt,
« Et posant bravement la main sur le
collet — Du vigoret Petou, qui est le plus
cagneux. » (Met.)
Formé sur le mot savant camersitum =
cambrô, av. suff. dim. = fr. et, relié par
/ (cp. maigrelet, grandelet). D'où cam-
brolë et camborlë par métath. de r (187).
CAMBOUYI (kanbou-yl) à Lyon cam-
bouillir, V. n. — Trop bouillir. Wal.
cabolêie, tous mets consistant en légumes
ou herbages bouillis; caboùr, faire bouillir.
De bouillir, av. un préf. int. et péj.,
qui parait être ca, av. nasalisât. (184 /•,
rem.) Gh. de /A en y (164 2% c).
CAM I AU (kaniiô). — Expr. adv. em-
ployée seulement dans la \oc.par camiau^
par angle, par profil, par côté.
Étyra. inconn. - On trouve dans tous
les dial. celt. un rad. cam av. la signifie,
de qui est de biais, de travers, courbé,
tordu, louche : kym., irl., gaël., mks.,
arm., cam camm ; gaul. cambo. Se
retrouve aussi dans les dial. germ : vx
angl. kayuy germ. cam. G 'est le rad. du
lat. camurus, sanscr. kamar, être courbé.
Si ce rad. est celui de camiau, il s'y serait
ajouté le suff. ellum = tau (33). Gp.
came, en mécanique rcue excentrique.
CAM PAN A (kanpana) s. f. — Grosse
clochette au cou des vaches, grelot.
Campana, cloche, dans tous les dial. d'oc.
Vfr. cam pane, employé par Rabel. au
sens In.
Du b. lat. campsL9ia, cloche, par le vpr., ■
ce qui explique la persist. de c init. (84,
rem.).
CAMPANO (kanpanô) v. n. — Se dit
de qq.-un qui va se dandinant. A campane^
il se dandine.
De campa.na, par analog. de la démarche
av. le balancem. d'une cloche (cp. fr.
clocher, boiler), av. suff. <5 (14 3«).
CAM PO (kanpô) v. a. — Donner, au
sens de frapper. Oui y a campa una
calotta. Il lui a donné un soufflet. Yl y
campi una bona virigolia, il lui donna
une bonne taloche.
Décamper, prisactivem. comme tomber',
pour faire tomber. Suff. d (14 ^•).
CAM PO (kanpô) loc. — Oui i a ballia
campû, il lui a donné congé (Goch.).
G'est le campos de Rabel. : « Dont
print un jour campos pour le visiter. » II
est curieux que ce mot, forgé par les éco-
làtres, ait pénétré dans le patois.
* CAN ASTEI (kanasteï) s. f. For. canes-
tar, Igd. canestèu canastel, b. lat. canes^
tella, vpr. canastel. — A Gond. Gorbeille
(Goch.).
De "canisUculum, par le vpr., comme
l'indique la persist. de c init. Iculum =
eil en fr. (cp. soliculum = soleil, somni-
culum = sommeil, articulum = orteil).
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CANC
FJl sVst rodait à ri on In. (cp. choulci,
chansri). A prol., au lieu de i, peut-il
s'oxplique»r par Kinfl. grecque (xavaoroov) ?
CANCEAU CANCEL vin. s. m. —
Barrière défendant Taccès d'une porte,
probablem. pour faciliter le péage. —
Arch. m. 1528: t Requête do Jacque Teste,
teinturier, lenementier de la première pie
du lenementdelavignequefutde l'hôpital,
tendant afin de lui permettre ôter le tour
et ca7iceaii, étant hors et joignant la porte
SI Marcel... » — 1421 : «...Tantcommeledit
cancel durera... »
De cancMam. La persistance de c dur
indique un mot importé, et comme la fin.
ellum = eau n'est pas prov., il faut
admettre une orig. probablem. pic. Le In.
eût été chandail.
CANCORNA (kankorna) s. f. — Terme
péj. Radoteuse.
Que ToflTuIo vo qui ? Vo lèle ina cancoma.
« Que grommelez-vous là ? Vous êtes
une radoteuse. > (More)
Avisos donc porlml ina tella cancorna.
« Regardez donc pourtant une telle
radoteuse. » (Hym.)
Du for. cancorna, hanneton. Une can-
corna, une femme qui bourdonne comme
le hanneton, et ne mesure pas plus ses
paroles que lui son vol. Quant au terme
for., il paraît formé de corrie, av. le préf.
péj.ca nasalisé (184 7% rem.). L'idée de
cornes apparaît comme caraclérist. dans
plusieurs noms popul. du hanneton. Gp.
roan. kinkorna, vaud. ki7ikorne, han-
neton.
CANICHET (kaniché) s. m. — Le même
que callichet.
De callichet par ch. de / en w, comme
dans canô, de calare.
CANILLES (kanilhe) s. f. pi. — Jambes,
au sens comique.
De canna plus suflf. dim. iculae = ilhe
(164 2®, b). Cannicxilay petite canne.
CANNE s. f. — Mesure linéaire jadis
employée qq. fois dans le Lyonnais.
« La maison... consiste en un bâtiment de
6 cannes de long et 4 de large (1615.
Visite des maisons de Vordre de Malte). »
Le bâtiment était situé à St-Laur.-de-
Chamouss. Une autre description (1725)
lui donne 42 pieds de long et 28 de large
(communiq. par M, Vaches).
La comparais, des 2 textes donne à la
canne lyonnaise 7 pieds environ (car il
ne s*agit pas de mesures précises, mais
seulem. d'un memenlo). Ce sont des pieds
de roi. Le pied de 1725 n'était pas tout à
fait celui de 1615. Il était de 0»32484 ; celui
de 1615 était de 0"32668. En tenant compte
de cette différence, la canne^ avec un
rapport rigoureux, eût été de 2«28().
D'où résulte que notre canne était plus
longue que celle du Languedoc. Celle do
Montpellier était de 1-987 ; celle de Nîmes,
de 1*976 ; celle de Garcassonne, de 1"784.
La différence entre les mesures langued.
etleslyonn. vient de ce que les premières
avaient 7 pans (à Montp. le pan = 0"248),
tandis que la nôtre avait 7 pieds. Quant
à l'objet, il est d*orig. mérid.
De canna, avec termin. d'oïl dans les
documents, mais le pat. était certainem.
canna, mot venu d'oc, comme l'indique
la persist. de c init.
CANO (kanô) v. a. — Mettre, glisser,
fourrer. Y l'an cana de pan dens Itou
saques, ils ont mis du pain dans leurs
poches. (Goch.).
De calAre. Gh. de ^ en n (147 3») : suff.
ô (14 3»).
CANONNIÈRE vin. s. f. — Embrasure
de canon dans un mur de fortification. —
Arch. mun. 1573. « Dépense faicte pour
achapts tant de grosse pierre de taille
chuyn de St-Gyr, que pierre blanche de
Pomyères et Lucenay, pour faire canon-
nières et portaulx es boulevards de St-Sé-
bastien. — 1515. « Payé à Lyonard Rabut
et Estienne Benoist, pereurs de St-Gire,
99 1. 5 d. pour 1794 pieds de pierre de
cartelaige à 2 s. 6 d. le pied, qu'ils ont
fourni pour les canonnières du boul-
vardz. »
CANOR (kanôr) s. m. — Ganal.
De cansil(e). Gh. de a en ô (1) ; de l
fin. en r (131).
CANOT (kanô) s. m. — 1, Petit porc,
à Yzer.
Le vpr. a ca7iet, petit chien, de canen.
Il est possible que ce soit une confus, de
sensqui ait fait donner lenomde canot{de
can(em) -|- suff. dim. ot) aux petits porcs.
2. Sobriquet donné aux habitants de
Thurins.
Même orig. que canot 1.
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74
CAPI
CAPILLI (SE) (kapilhl), à Lyon se
capiller, se capi-ycr, se copier v. pr. —
1. Se dit des fils de soie qui s'agglomèrent.
2. Au fig. se tapir.
El vont te copier dans un recoin obscur. (Et. Blanc)
Êtym. inconn. — Je ne sais si l'on peut
songer au rad. de csipere, av. un suff.
fréq. iller^ devenu iyer, puis ter. La
persist. de c init. indique une orig. it.
comme dans quantité de mots apparten. à
l'industrie de la soie. Sur le sens cp.
Texpress. « de la crème qui se prend ».
CAPITO (kapilô) v. a. Pr. capita. -—
Rencontrer, atteindre. It. 1). lat. capitare,
aboutir, venir à chef.
Mais, nom de sort, fodrit bien capilô
Cou barrolioux que vn u'a lant conto
« Mais, nom de sort ! il faudrait bien
trouver — Ce barbouillon qui vous en a
tant, conté. » (Due Bib.)
De capw/, av. suflf. are = <5 (14 !•).
Venu d'oc, ainsi que le montre la persist.
de c init. et de la prot. Le ch. de a en i
avait déjà eu lieu dans les dér. capitalisa
capitatio ; d'où *capitare pour ''caputare.
CAPOCHI V. cabochi,
CAQUIBOURLË (kakibourlô), à River.
CANQUIBORLE s. f. « 1» Culbute ;
2»chutesur le derrière. Far lacaquibourlë,
faire la culbute.
Du rad. de caquer et de bourla, boule,
av. suff. dim. et, affaibli en ë. L'idée est
d'être accroupi, comme si et, dans cette
position, de rouler comme une boule.
Dans la forme de River, inserl. de n (184
7», rem.).
CAQUILLON s. m. — Petit baril de
contenance variable.
De caque, tonneau, av. suff. dim. illon.
CAR (sàr) s. m. — Cerf.
De cerv(um). Chute de v fin (119);
élargissem. de e ton. en a (34).
CAR A V. cala.
CARABASSI (karabassi) s. f. — Loc:
Veindre la carabassi, dévoiler un secret*
De l'ar. kerabat par les formes d'oc : pr.
carabasso, cat. carabassa» Je crois que
Torig. de la loc, se trouve dans le sens
du Igd. troumpa la carabasso, frauder la
gabelle, aujourd'hui tricher au jeu. Cara-
basso a dû être un nom d'argot appliqué à
la gabelle.
CARABOSSI (karabossi)ÉCARABOSSl,
à Lyon carabosser v. a. Dph. eycarabossa.
— Bossuer.
yeycarabossirai tolla nostra vaissella.
« Je bossuerai toute notre vaisselle. »
(Liaud.)
Le même que cabossi, av. insert, d'une
syll. entre le préf. et le thème, pour
accuser le caractère péj. Cependant on
pourrait aussi y voir cabossi, av. préf. péj.
cal = car (v. cartcMn) et insert, d'une
voy. d'appui. Le b. dph. carboussa
appuierait cette format.
CARABUTCHIN (karabutchïn) adv. —
A River. Sans ordre, péle-méle.
Préf. péj. car (v. cartchïn). Le surplus
est-il le mot butin (= butchïn dans la
contrée), au sens d'objets de toute nature?
CAR AMI AU (karamiô), ap. Gras COU-
RAM I AU s. m. — Surnom péj. donné aux
habitants de St-Chamond.
0 enia gin de Gaga, non plus de (krraiiiiaii.'
« Il n'y a point de gens de St-Étienne,
non plus de St-Chamond. » (Brey,)
M. Gras, qui donne couramiau, l'expli-
que par qui coure aux miaô, qui court
aux chats, parce que les gens de St-Gha-
mond auraient accoutumé de faire des
civets de chat. Je crois l'explicat. d'autant
plus inadmissible que la forme véritable
est caramiau. C'est probablem. le mot
m. lat. pour habitant de St-Chamond,
estropié avec intent, péj. Ca(strum
An7ie)mn7idi a donné Chatnond par une
très forte syncope. On a eu Castramuti"
dienses (cp. Ripagérien, de Rive-de-Gier) ;
d'où caramundienses caramondiois cara-
miois caramiau par substitut de suff. La
persist. de c indiqua un mot forgé sur le
latin.
C A R A M OSS A (karamossa) express, adv.
-^ A la caramossa, à qui les ramassera.
Se dit quand on jette des dragées après
un baptême. Au fig. au premier occupant.
De amasser avec préf. péj. car (v.
cartchïn).
CARAT (karà) s. m. — Le petit pâtre
employé à garder le gros bétail. A Lyon,
petit domestique, petit apprenti, mais av.
l'accept. particulière d'enfant trouvé. En
Dombes carat te, petite bergère. Norm.
(pays de Bray) cara, berger.
Ètym. inconn. — On trouve en germ.
un rad. kar, qui se rapporte à Tidée de
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CARA
veiller, prendre soin ; golh. gakaran,
prendre soin, sax. kar, ags. caru, angl.
care, soin. Peut-on songer à on rapprocher
carat f Au rad. se serait ajouté le suff. at,
qui est le plus souvent dira., mais exprime
qqfois aussi Tidée de métier ; cp. avocat,
soldat, prélat, magistrat, potentat. Le
In. aurait pu prendre le suff. par analog.
av. ces mots savants. Cp. aussi In. borsat,
qui a des bourses. Le rad. germ. car
répond au rad. de curare. Le carat serait
donc « celui qui prend soin du troupeau »,
comme le curé prend soin du troupeau
dds âmes. La persist. de c init. serait
due à une importât, étrangère. Le norm.,
où Ton retrouve notre mot, conserve le c
vêlai re devant a.
CAR AVI RI (karaviri) V. a. —Bousculer,
tout mettre sens dessus dessous.
Zou caracire toi, fat tant d^eilraTaganccs,
Qu*a Ut beiu tant de brut, que la mésouu'ein danse.
« Il y bouscule tout, fait tant d'extrava-
gances, — Qu'il fait tant de bruit que la
maison en danse. » (Proc.)
Ne doit pas être, malgré l'analog. des
formes, rapproché du pr. caro-vira, lim.
charO'Vira, Igd. carahira, cat. caragirar,
mots composés de cara, visage et de vira
ou girar, tourner, d'où la signifie, de
de renverser le visage, grimacer. La 2*
partie du mot In. est viri, tourner, précédé
dupréf. péj. ca et d'une syll. ra, intercalée
pour accuser le caract. péj. Cependant
ce pourrait aussi le préf. car av. voy.
d'appui (v. carabossi). Caraviri, litt.
tourner et retourner.
CARAYER (kara y<6) v. a. — Aux bords
de la Saône, en Beaujolais, lancer des
pierres.
Du rad. qui a formé Igd. et rgt. caraias
caralTias, champ pierreux. Ce rad. est
probablem. le celt carr cair, pierre, qui
a donné le In. chirat. La persist. de c
init. dans carayer indique une orig.
d'oc. Au rad. s'est ajouté un suff. fréq.
d'oïl, ayer (cp. In. gandayer, fr. bégayer,
aiguayer etc.).
CARBOLLI (karbolhl) v. cabolli.
CARCABEAU s. m. — « Relevé pério-
dique et officiel du prix du blé qui se
vendait à la Grenetto (B. du Lut). » A
l'orig. le carcabeau était l'affiche d'un
tarif.
De cartabellion, dér. de charta, et qui
existe encore en pr. sous la forme de
cartabéu, trad. exacte de cartabeau, que
nous devrions avoir au lieu de carcabeau.
On ne peut supposer une erreur de
lecture, le mot étant imprimé dans une
foule de vieux documents. Je n'explique
pas ce ch. de t en c.
CARCASSI (karkassl) v. n. — Sonner
creux, au fig. tousser. Gév. car cassa,
tousser; pr. carcassa, son d'une cloche
fêlée.
De carcasse, (v. carcavelô) au sens
de corps creux (cp. carcasse, projectile
creux) ,av. suff. î (15 3», rem. 2).
CARCAVELO (karkavelô) v. n. — Se
dit du bruit que font des objets renfermés
dans un récipient en le secouant. Au fig.
tousser. Pr. cascavèu =^carcavèu^ grelot;
Igd. not carcavêlo, noix qui branle dans
sa coque ; esp., port, carcava, fossé ; for.
carcaveld carcamela, tousser ; sarde
cascavègliUf grelot, caprice.
Du pr. carcavêUf jadis carcavel, avec
suff. ô = are (14 2»), Carcavèu est lui-
même fait d'un rad. carc, qui signifie
creux et se retrouve dans In. carcot,
creux; puis probablem. d'un 2« rad. tiré
de cavus^ et d'un suff. el, eu = ellum,
Diez, dans esp. carcava, fos.sé, consi-
dère car comme l'êquival. do con dans
concavus. La marche serait concava
corcava carcava. Mais, outre la difficulté,
pour ne pas dire l'impossibilité, de la
format., on retrouve carc av. la significat.
de creux, dans carcer, geôle, carchesium,
carquois, carcasse, projectile creux et In.
carcot, — Carcarèu et cat^elô font ainsi
pléonasme, renfermant deux rad. qui ont
la même significat.
CARCAVELOUS, OUSA (karkavelou,
ouza) adj. — Radoteur, euse.
De carcavelô, av. suff. ous = osus (35).
CARCELO (karsalô) v. n. — A Paniss.
Tousser.
Du rad. carc (v. carcavelô) av. suff.
fréq. olo (cp. harceler, ensorceler) où la
prot. s'est affaiblie. — Peut-être simplem.
une syncope de carcavelô.
CARCOT (carcô) — S'emploie dans cette
loc. Sonner le carcot, sonner crtmx. Se
dit d'une toux d'un pronostic fâcheux.
A sonne lo carcot, il tousse comme un
phtisique. Genev. sonner lo carcan, le
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:g
CARG
carquet, même sens ; gév. carcagnas,
crachat du fond de la poitrine.
D'un lad. carc[Y. carcavelô), av. suff.
dim. ot,
CARGNO (kargnô) s. f. — Cerise
demeurée sur Tarbre.
Subst. tiré de cargnt, parce que la
cerise se ride en séchant.
CARGNO (kargnô) adj.des 2 g. — Ridé,
ratatiné. In viu cargnô, un vieillard ridé.
De crinum (?) (parce que le crin se
recroqueville), av. métath. de r et suff.
ô = atum. Le rapprochem. de recrenilli,
même sens, qu'on retrouve sous la forme
recarnilli, appuierait l'étym. On devrait
avoir cat'gn%(\B 3").
CARMAILLI V. cramayh
CAROGNI (karogni) CAROUNI s. f. •
Terme injurieux. Au marché de Galuire ,
0 Ma jolie dame, voli-vo de poriaux ? —
Dien aujourd'hui, marchande. — I don,
car 0 uni I »
Fr. carogne. Le c init. dur indique une
origine pic. Fin. i (54 3«).
CAROUNI V. carogni.
CAR PAN (karpan) s. m. Pr. carpan. —
Soufflet. Pr. carpa, battre ; se cat^pa^ se
harper; it. carpare^ griper.
Je Bajo, s'aliou ponc à cbOeun In carpan^
Qu*a va lus z*eiiToyl sclrain6 vait Pampan.
« Je gage, s'il leur donne à chacun un
soufflet, - Qu'il va les envoyer se traîner
chez Pampan. » (MeL)
Étym. obscure. — Peut-être du rad.
corp, qui est dans carp(ere) et qui a
trouvé de nombreuses applications au sens
de meurtrir, blesser (v. cabolht) ; plus
d'un sulT. an qui représente le part. prés,
d'un Actif 'cathare (cp. brigant, tirant,
restaurant, versant subst.).
CARPINO (karpinô) v. a. Pr. car-
pina carpigna charpina. — Égratigner,
déchirer.
Son zio de pTmparlanl el ion gruiti carpinô.
€ Son œil de mésange, et son nez
égratigné. » (Ménag.)
Forme de charfignay mais ici le rad.
carp a persisté intégralem. Le c init. au
lieu de ch indique une orig. prov.
CARQUELIN (karkelin) s. m. Métath.
ordinaire de craquelin. To bas fan lo
carquelin, tes bas sont détachés.
CARQUIOLA (karkiôla) CARQUIOLE
karkiolë) s. m. — Bavard, rabâcheur.
Semble se rapporter au pr. cascarel (=
carcavel), grelot, av. chute de » médiat
(145 2*), et sufl'. a; d'où carcaela et
carquioîa. Dans la forme carquiole on a
ajouté le suflf. fr. et, affaibli souvent en ë.
V. carcavelô,
CARQUIOLE V. carquioîa.
CARRA vin. dans ce texte du Carc : —
« Item, deit un veylliers de mar garnis
d'entenes et de carrai (ainsi accentué ;
aulrem. il y aurait carres) Item doit un
voilier de mer, garni d'antennes etde... ?
Texte curieux en ce qu'il montre qu'au
xui* s. les barques à voiles, malgré le pont
Saint-Esprit, remontaient le Rhône jusqu'à
Givors. Il faut se rappeler qu'au m. â. les
galères des républiques de Pise et de
Gènes se livraient encore des combats
dans le petit bras du Rhône.
Calera représente, en In. du m. â.
quadratum (164 S", et 1), et signifie
évidemm. une partie du gréément. Les
voiliers qui remontaient le Rhône avaient
la voile triangulaire, dite latine, soutenue
par Vantenna. En it. carro se dit de « la
partie la plus grosse de l'antenna, du côté
de proue ». Le carra était sans doute un
accessoire, peut-être un appendice de
l'antenna.
CARRIAU (kariô) s. m. — Planche de
jardinage. In carriau de sarsifis, une
planche de salsifis.
Fr. carreau, qu'on employait jadis dans
ce sens. Eau fr. = iau (33).
CARRO N (karon) s. m. — Carreau de
terre cuite. Môme mot, même sens en for.,
dph., jur.. bourg., ss.-rom., genev. « Item
tota terra et piera coiti au xi comme
chaux, tioles, carrons... toute terre et
pierre cuite, comme chaux, tuiles, carrons
{Tar. de la V. 1295). « Voyans que les
maistres tuilliers et qui font la brique et
caj'Tons, faisoyent marchandise non
loyale... » (Paradin)
Noirou poro creilin vo conle, enlretan,
Lou carron de la cour...
« Notre pauvre benêt vous compte, entre
temps,— Les carreaux de la cour. » (Vient.)
Bien que Monet fût à demi Lyonnais et
que Gotgrave ait beaucoup recueilli de
provincialismes, ni l'un ni l'autre ne donne
carron ; Nicol ni Nicod non plus. Mais
Ménage l'a recueilli.
Du rad. de carré av. suff. dim. on.
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CARR
77
CARRONAGE (karonage) s. m. — Car-
relage. « Avons ordonné que les codières
d'appui des dicts jours et veues seront
d'haulteur suffisante par dessus le carro-
nage pour empescher que les religieuses
du dit monastère ne se puissent appuyer
pour voir. » (Instruct. de Varch, C, de
Neuville, 1661, ap. Gharvet).
De can'on et du suff. coll. âge.
CARTChIn, INA (kartchïn, ina) s. des
2 g. — Usité à River, pour homme mépri-
sable, vaurien.
De chïn (?) chien, et du préf. péj. car
= cal (121), qu'on retrouve dans vpr.
values, myope, vfr. calimafrée, norm.
calihodce, mauvais ragoût, fr. califour-
chon etc. Il est probable que ce préf. se
confond av. le préf. ca, signalé au mot
caborna. Dans cartchïn, tek pour ch et
in pour in sont des prononciat. locales.
CARTELAIGE s. m. Vin. — Terme de
de construct. qui signifiait « de bloc ». On
disait pierre de cartelaige par opposit. à
la pierre mince ou cadette. — Arch. mun.
1515 « Payé à Lyonard Rabut et Estienne
Benoist99 I. 5 d. pour 1794 pieds pierre
de cartelaige. »
Paraît être dér. de quartier (quarter tus),
nom donné aux blocs, av. suCT. coll. aige
(cp, champeyage) ; d'où quartieraige,
changé en carie/a/z/e, par adoucissem. de
r en l, et la chute d:î i de l'hiatus tV.
CARTEYI (karlè-yî) v. n. —Jouer aux
cartes.
Fume, cnrte-ye ou chante à plein gosi.
« Fume, joue aux cartes, ou chante à
plein gosier. M (Per.)
De carte 2i\. sufl". fréq. eyi oy'i, répond',
à fr. oier. G p. manoier, charroier.
CARUCHI (karuchi) s. f. — A Morn.
motte de terre durcie.
Du préf. péj. ca et d*un tbème inconnu.
Ce n'est pas roche (= rochi), Rupea a u
long et donne bien racAi, maison retrou-
verait sans doute ruchi dans d'autres
dial.
CASAMATTA (kazamata) s. f. -
1. Petite loge où Ton dépose le blé au
sortir de l'aire (Goch.) 2. Petite grotte,
petit abri (v. se casemattô).
Ex. curieux d'un mot it. (casamatta) qui
n'ayant pris place que dans la langue
militaire et resté inconnu aux illettrés des
villes, s'est vulgarisé en pat.
CASAMATTO (kazamattô) v. n. - Se
mettre à l'abri dans une petite grotte, un
petil endroit couvert.
De casamatta, av. suff. 6 (14 1*).
CASSI (kassi) s. f. — 1. Poêle à frire.
4 Unam cassiam fussoriam (lïve fris-
soriam). Duas parvas cassias albas (Inv.
de J. de Bellora 1374). » A côté de la casse
à frire il y avait la casse à cuire qui était
dénommée casse-cloche. « Item, trois
quasses frissoires quy l'une est vielle et
deux petites quasses-cloches. » (Inv. de
rilôp. de Villefr. 1473, ap. Missol). Le
mot casse, au sens de casserole, s'est
conservé seulem. à Lyon. Il paraît avoir
été général au m. â., mais dans des
acceptions assez variables.
2. A Lyon casse s. f. — Poche de métal,
dite aussi bassin, pour puiser l'eau dans
le seau.
Du vha. chesi,
CASSON (kasson) s. m. — Planche de
jardinage.
De C9,psa, peut-être par l'it. cassa. Le
suff. on, habituellement dim. est iciaugm.
et paraît représenter le suff. it. 09ie : it.
cassone, grande caisse. De même fr.
canon répond à it. cantione. La persis-
tance de c init. appuie l'orig. it.
CASTILLI (castilhi) s. f. — Dispute.
Charchi castilli, chercher noise. Y sant
lojors in castilli, ils sont toujours à se
disputer.
Vfr. castille. Fin. » (54 3»).
CATELLA CADELLA (katôla, delà) s.f.
— Poulie. Genev. râtelle, appareil composé
d'une chaîne et d'une poulie ; pr. catel,
peloton de fil, ficelle d'un fouet.
De catella, dim. de catena, chaîne.
Orig. pr. ainsi qu*en justifient la persist.
de c au lien de son passage à ch (84) et
la persist. de la dent, au lieu de sa chute
(135). Ch. de t en d dans cadella (136).
Le genev. indique la dér. de sens : corde,
puis corde et poulie, puis poulie seule.
CATI, lA (kati, la) adj. — Se dit des
cheveux embrouillés.
Part, du fr. catir, pris au sens ancien,
presser, agglomérer, faire adhérer ensem-
ble.
' CATILLI (katilhl) v. a. Pr. catiha,
Igd. catilha, alp. gatilha, ventim. gatti-
gliare {ap. Flechia), piém. gatié. —
Ghatouiller.
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78
CATI
T>e*cattic(u)lB,re, de catticiiliis^dim. de
cattus. La p 3rsist. de c indique que le mot
est venu par le mérid. calilha. Gh. de a
ton. en t (15 4«).
CATILLU. USA (kaliiliu, uza) adj. —
Chatouilleux, se.
De catilhx, av. suflf. osas (85).
CATOFLE (katofle) s. f. — Pomme de
de terre.
De ail. kartoffel, pomme de terre,
introduit durant l'invasion de 1814. La
facilité av. laquelle se sont introduits et
maintenus qq. mots (v. cheloffe^ crompire)
dans une invas. si courte, explique certains
rapprochem. inattendus entre des dial.
éloignés.
• CATON (kàton) s. m. Gév. catoun,
pr. catoun^ ^a(OM» ; bas Valais kadon. —
Grumeau, petite agglomérat. Godef. donne
le vfr. caton au sens de petite masse de
farine coagulée, mais sans citer de texte.
Il fait erreur en disant que dans le Lyonn.
caton est une bouillie de farine de maïs.
Ce sont les grumeaux qu'on rencontre
parfois dans cette bouillie. Berr. caton^
masse de farine qui s'agglomère par
l'humidité. A Nimes catoano, petite pierre
de forme ronde.
Du vfr. calir av. suff. dim. on. De
même que le dph. a métathésé calola en
tacola, de môinc le In. a métathésé caton
en taco7i, presque aussi usité.
CATONNO (kat6nô)adj. des î> g. Berr.
catonné, —Qui a des catons. « Cinquante
boisseaux d'aultre farine et environ
dix boisseaux, tant catonnée que pbine
de mittes {Compt. des recev. de Bourges,
ap. Godef.).
De caton, av. suff. 6 (14 3«).
CATSA-PIUS (katsapia) s. m. Gév.
catsa-pesus, — Littér. écache-poiix ;
express, injurieuse. Pourtant, quand on a
bu, ce peut être aussi une express, de
tendresse.
Fotu gormaïul, bogro de calsa-piu !
Tiii-le bons boRro ! le tAs tieire !
€ F... gourmand, b... d'écache-poux I —
Tiens-loi bien b... I tu vas tomber î » (Coz.)
De cacht, écraser (coaclare) ot pius
poux (pedaculi), JjSl notât, ts pour ch,
l'emploi de u au lieu de ou dans piu,
indiquent la phonét. des bords de la Saune.
CAUCHE-VIEILLE v. Chaussivieilli,
CAUSTO (kôslô) adj. des 2g.— Triste,
consterné.
De xauTTÔv (?) par ^caust^tum, brûlé,
consumé. Gh. de a(tum) en ô (i). La
persist. de s serait insolite.
CAVET, TTE (kavô, te) s. des 2 g. — !•
Sobriquet péj. donné aux gens du Rever-
mont qui viennent se louer pour la vendan-
ge en Beaujolais. 2« Sobriquet des canuts.
Êtym. inconn.
CAVOR (kavor) CAVO (kavô), ap. Coch.
CAVAR (kavar) s. m. For. catar, — Trou,
grotte, coin. Cognutre lo car dr, connaître
le bon coin j au cavô qu'ai aile, en quel-
que coin qu'il aille.
Par allô dous fuiit décuri lo cavord,
« Pour aller des fusils découvrir la
cachette. » (Brey,)
De cara (cave), av. suff. aie = ar (131
!•), puis ôr (1).
CAYE (ka-ye) s. f. — 1. Truie. V
cayon 1.
2. Gros chantier que l'on place par
dessus les madriers nommés cayons,
quand on presse la vendange (v. cayon 2).
Image de la truie couvrant les petits
marcassins.
'CAYON, CaVoN (ka-yon) s. m. —
\. Porc. « On tuait des cayons ou pour-
ceaux (Aleclor). Gaion en Lionnois est
Porc en françois (Nicot, Thresor). Gaïon,
un jeune ou petit porc. Lyonnois (Col-
grave). » Jeune ou petit sont de trop.
Étym. cacare, d'après M. Cornu; cayum
(aujourd'hui chais) d'après M. Onofrio
(le cayon serait le porc du chais, par
opposit. au sanglier, porcus singulaHs).
Ces étym. doivent être écartées parce
que le cov. et le Jgd. offrent la forme
caliou (Sauvages, Azaïs), porc, truie.
Celte forme est antérieure à cayon, car Ih
devient y, tandis que y ne devient jamais
Ih. On doit donc chercher un rad. calh.
Ce rad. est-il fourni par le celf. ? —
Kym. cagU fange, fiente ; caglog, souillé
de fange ; arm. kalar, crotte, boue ; corn.
caillar, boue, ordure. — D'où cailhon av.
suff. ow, et cayon par sul)stitut. de y à
Ih (164 2<», c). Le cayon serait littér., le
souillé de fange et d'ordure. Cp. les
phrases: Al est solo comm' in cayon;
al est ladro comme in cayon. Dans
cette dernière loc. on joue sur le sens fig.
de ladre, qui signifie avare.
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CAYÔ
:ô
2. Les cayotis sont des soliveaux ou
chantiers que l'on place sur le manteau
qui couvre la trouillée, lorsqu'on fait le
vin, afin de combler le vide en Ire le manteau
et le chapeau. Un chantier beaucoup plus
gros, qu'on place par-dessus, se nomme
la caye (v. caye 2).
CAYON, ONNA (ka-yon, ona) adj. —
Sale, ordurier.
Sens fi'g. de cayon 1.
CEBRELO(sebrelô) V. a. For. cebrela. —
Secouer par secousses répétées.
De brelô, à St-Mart. secouer, et d'un
préf. ce^ sous l'infl. peut-être de secoyl,
secouer. V. cegrolô.
CEGROLO (segrôlô), à Lyon cigroler
V. a. For. cebrela, — Secouer violemment
dans tous les sens.
De vfr. croler, croller (c(o)rolutKre),
avec un préf. int., sous une infl. analogue
à celle qui a formé cebrelô.
CEGROT (segr6) s. m. Dph. segroU —
Secouement, action d'ébranler avec force
et de façon répétée. De crainta du segrot^
de peur des secousses (Gren. mal.).
Formé av. le rad. de cegrolô et suff.
dim. ot.
CEL, CELO (selo), CELOS, CELA (cela),
CELLES pr. dém. — Ce, ceux, celle, celles.
Cel devant lesvoy., celo devant les conson-
nes. Le In. du m. à. avait les déclinaisons
suivantes :
Cas-sujet, cit cil ices pour ce cet;
cit livros, cil cors, ices glorious cors.
Cas-régime : cet cest cel : « Dedens
cet livros, de cet mundo, en cest mundo,
de cel glorious pertuis.
Cas-suj. ci citi celé pour cette « Ci
creatura, citi creatura, citi doucors, celé
persone. »
Cas-rég. celé : « En celé porte, de celé
montaygne. »
Cas-suj. cis pour ces au masc. ; « Ciz
douz chanz. »
Cas-rég. ceus : < De ceux benoys che-
veuz. ^
Cas-suj. cetes pour ces au fém : « Cetes
demonstrances, cetes très créatures. »
Cas-rég. celés : « Do celés pidouses
playes. » (Marg. d'Oyngl).
CELÉ-LÊ (selé-lô) CELA-LÊ CELOS-LÊ
(selô-lô) CELLES-LÉ pr. dém. — Celui-là,
celle-là, ceux-là, celles-là.
De cel, ce, et le, là.
CELÉQUI (seléqul), CELAQUI, CELOS-
IQUI(seloziqul),CELLES-QUIpr.dém.—
Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci.
De cel etc. et qui = ci.
CENDRE (il n'y a pas de doute que Ton
ne prononçât oindre) SYNDRE vin. s. m.
— Cintre, terme de construct.
Arch. m. 1416: « Item bailla Jehan de
Blacieu un roule contenant certaine
quantité de fuste par lui pieça baillée pour
les cendres de l'arc du pont de Rosne... »
(Rsg. C071SUI.) — U72€ A JehsiXi Lombart,
chappuis pour avoir fait les syndres
de la porte Chenevier. »
Do cinct(u)ra (v. chaintre). Ch. de tr
en c?r(ie4 8«, rem.).
CENSI (sinsi) s. m. Lgd. censié, pr.
censiero, vpr. censuari. — Le répartiteur,
le contrôleur, tout ce qui établit le cens.
De censArius, Ch. de arius en î (18).
CEQUIN (sekïn) adj. indéfini. For.
saigu'un saigu'un. — A R.-de-G. Un,
certain, quelque.
Depuis tèquino zans, par In 6dre mutsjo.
« Depuis quelques années, par un ordre
sauvage. » (Brey,)
Ein contant lo malheurs de ièquino méii6s.
« En racontant les malheurs de certains
garçons. » (id.)
XI iaiqWun espadron, qu'ici bon en tlon de guerre.
« Et certain espadon, qui est bon en
temps de guerre. » (Chap.)
De hic unum. Hic = ce et unum = ïn,
CERMILLI (sermllhi) s. f. — Cerfeuil.
De caer, rad. de caerefolium, cerfeuil, et
de mi/mm, mil. Ch. de c en ^ devant ae
(88). On devrait avoir çarmilhi (88), et
c'est certaine m. ce que Ton a dans les
endroits où le mot n'a pas été infl. par le
fr. cerfeuil,
CÉSAMPA (sezan-mpa) s. f.For.ctzam-
pa, pr. cisampo cesampo cirampo, Idg.
cilampo, alp. cejampo. — Bise aigre. Piém.
cisampa, rosée congelée, brouillard glacé.
La forme ctrampaest la forme primitive
dont le In. a été tiré par ch. de r en m
(cp. chaire = chaise), Cirampa est formé
sur pr. cirOj tourmente de neige, qui est le
même que auv. ecir essir, même sens,
et peut-être essidre, vent violent à Tulle ;
gév. chire, neige; ss.-rom. chire, averse,
grande pluie. Pr. cira, auv. eschira,
tourbillonner, en parlant de la neige.
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80
CETU
Ce rad cir chiv parait so ratlaclier h
(T/Jpay'J, vonldiinord-ouost. Le vocalmlaire
de la marine et de la pt'^che, sur la Médi-
terranée, a souvent puisé dans le grec.
Cp. Mp At^o; = vpr. iabec, et xaoÔaç =
garhin, vents du sud-ouest. A cir s'est
ajouté un 2« mol, inconnu. Je n'ose
proposer le pr. rampa, brume à l'horizon,
d'où cirampa cesampa cisampa f La
cesampa serait alors lit 1er. la bise avec
nuages, la bise brune, qui amène en effet
la tourmente de neige.
CETtJ, CETtJI (setu, setul) pr. dém.
masc. — Ce, cet, celui-ci. Moins usité que
celo dans le sens de ce, cet,
D'ecce istui,
CHA (cha) particule entrant dans la
compos. des locut. telles que à cha-yon
(à Lyon à cha-tin), un h un; a cha pou
(Lyon h cha-peu), peu à peu etc. Ces loc.
appartiennent à tous les dial. d'oc et
romano-pr.
Aqueli taro mal qu'ubllo
S'ensevelisson a cha mile.
« Ces chenilles, plus qu'habiles — S'ense-
velissent par milliers. » (Mistral).
De xara, b. lat. ca,ta (= ad, versus,
secundum), selon l'étym. démontrée par
M. P. Meyer.
CHABROYI (chabroyl) v. a. — Écraser.
Lo caitors einfunçot, lo velntro chabroyi.
« Les chapeaux de castor enfoncés, les
ventres écrasés. » (Ménag.)
Peut-Atre du fr. broyer, av. préf. péj.
ca, devenu cha. Cette format, a pu s'ac-
complir sous l'infl. des mots où existe le
rad. cai*p, devenu charp charb : fr.
charpù\ In. charibotter, charfigna etc.
Ce peut être aussi une métath. de
charbolhi,
CHA DEL A Y vin. pour chadela v. a. —
Saluer, en parlant de l'Annonciation.
Gabriel rtrchaiisio, per bitn vo dire lo f Lr]ey,
Fit lu meMieio à Maria per ma rey.
Où la trou fa en u chambra bien para ;
La salua dt par Di, disant, Di to chadelay
f Gabriel l'archange, pour bien vous
dire la vérité, — Fit le message à Marie,
par ma foi.— Il la trouva en sa chambre
bien parée ; — U la salua de la part de
Dieu, disant Dieu vous dirige. » [Noël
XVI* 8.)
Vfr. chadeler, conduire, diriger, guider ;
de *capiiollare. On devrait avoir chadéle
et non chadelB,y. Toutes les rimes du
noël étant masculines, l'auteur a estropié
le mot pour obtenir une rime masculine,
d'ailleurs inexacte. Il faut probablem.
lire chadela,.
CH ADRILLON (chadrilhon) CHATRIL-
LON s. m. — Chardonneret.
Et l'ami Barlhoniiaux, dzimor, fut obligi
De vcindrc In chadrillon, par trova que miei.
« Et l'ami Barthélémy, mardi, fut obligé
— De vendre un chardonneret pour trouver
de (juoi manger. » (Tôt va bien).
De caLvddium), av. suff. dim. illon ,*
d'où chardillon par ch. de c en ch, et
chadr illon, par métath. de r (187 1").
Gh. de dr en tr dans chatrillon (164 .'>%
rem).
CHAFETTA (chafèta) s. f. — Se dit de
quelqu'un qui marche péniblement, qui se
traîne en trébuchant.
Par mio lixo quela viélli chafeta.
« Pour mieux fixer cette vieille éclopée. »
(La Oroussa Jon7ieto7i).
Forme sur i7ichafetô, donner un croc
en jaml)e. SHnchafelô, s'embarrasser les
jambes. Chafetta, qui a les jambes embar-
rassées.
CHAI (chê), ap. Coch. CHAIX s. m. —
Petit mur en pierre sèche pour soutenir
les terres.
De arm. kaé, haie, quai ; kjrm. cae,
enclos, haie, barrière ; d'où le fr. quai.
Ch. de c en ch (84).
CH AILLÉE (châlhée) s. f. — Express,
péj. pour une troupe, une foule. Se dit
surtout des enfants. Ina chaillée d'efanls.
Terme d'oïl, comme l'indique -la finale ée,
Contract. de chiaillée.
CHAILLI (châlhl), ECHAILLI v. a. —
Écaler les noix.
Vfr. challer, av. mouillcment de l,
peut-être sous l'infl. du fr. écaille.
CHAILLI (chalhl) v. a. — Chauffer.
Employé surtout dans cette loc. chailll lo
four.
De calere, Ch. de c en ch (84). Le
mouillem. de l, et par conséq. la fin, en i
(15 4») sont dus sans doute k l'infl. de
l'yotte de caleo.
* CHAILLOTA (chàlhôta) à Lyon chail-
lote s. f. — Échalote. Au fig. dent, à cause
de la blancheur.
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CHAI
81
G*est le mot français échalote, moins le
préf., et av. le mouillem. déjà remarqué
à châïlli.
CHAIRI V. charri,
CHALEY (chalè) CHALEÏ (chaleï) s. f.
For. challage, b. dph. chalaio, alp.
charaio, — Fougère.
Orig. celt. — Corn, kelli killi, kym.
celli gelli, irl. coilî, vx irl. caill, gaël.
coille, mks. keil (sansc. guhila), bois,
foret. Le sens s'est étendu à arbuste sous
bois, puis à fougère. Le corn, avait passé
lui-même au sens de bosquet, tandis que
Tauv. challaye a conservé le sens de forêt.
— Aye, réduit à ey, est un suff. coll. (lat.
eta) exprim*. la réunion du primitif, et
applicable surtout aux espèces forestières :
houllaye, saulsaye, olivaye. Challaye
était donc primitivem. la réunion des
fougères. Le sens s'est restreint à celui
de l'arbuste lui-même.
N. de lieux : Chalay (Rh.), Chalamont
(Ain). N. propres : Chaley, Challaye,
Chalayer.
*CHALIÉ (chalhô) s. m. — Même
signifie, que chai.
De scala par 'scalwrium, les murs en
question formant des sortes de degrés
sur les collines. Gh. de se en ch (111).
lé, ier est un suff. d'oïl (arium).
• CHALIET (chalhè) s. m. — Lit.
De * caialectum, fr. châlit. E + c,
réduit à t dans le fr. lit, a conservé la
dipht. dans tous les dial. d'oc : gév. leï,
agén. liet, pr. liech lieg, alp. liech. C'est
sous cette infl. que nous l'avons aussi
gardée.
CHALO (chalô) à Lyon chalée s. f.
For. challa, b. dph. chala, br. chalô,
niv. chalée, — Sentier dans la neige. Se
dit aussi pour un espace déblayé de neige,
où Ton met des lacets pour prendre les
oiseaux. Se dit à Lyon d'une traînée :
une chalée d'huile ; genev. même sens.
De ^callsiia, de callem, sentier. Gh. de
c en ch (84); de a en ô(l).
*CHAMBA, àR.-de-G. CHOMBA(chan-
ba, chonba)s. f. Dph., gév. chamba, alp.
lim. chamho. — Jambe.
De g9i,rnba par le pr. camba, g ne se
changeant pas en ch. Gh. de c en ch (84) :
de am en on à R.-de-G. (9, rem. 2).
CHAMBETTA (chanbèta) s. f. — 1. Groc-
en-jambe. V. chambita.
2. Pièce de la charrue, servant de timon.
V. chambotta.
CHAMBITA (chanblta) CHAMBETTA
(ehambèta) s. f. For. chambaleta, —
Groc-en-jambe.
Ein ToUnt suparô, se bete la chamUta,
« En voulant [les] séparer, se donne un
croc-en-jambe. » (Met.)
Jaques vint de merir, una vielli sqaelefa,
Su lo fin point d6 jouT/afatla chambaleta,
« Jacques vient de mourir, un vieux
squelette (la Mort), — A la première aube,
lui a donné le croc-en-jambe. » (Ghap.)
De chamba, av. suff. dim. etta,
CHAMBO(chanbô) s. f. — Enjambée.
De chamba, av. suff. 6 = fr. ée.
CHAMBOSSI V. chambotta.
* CHAMBOTTA (chanbùtta) CHAM-
BOSSI CHAMBETTA s. f. Yot. chamb-
oussiy dph. chamboto, pr. cambelo, lim.
chambijo, it. gambelta. — Pièce de bois
droite en avant de l'araire et servant à
atteler.
De chamba, av. suff. dim. otta, etta,
chambotta, petite jambe. Dans nos pat.
tt = qqfois ss (155 rem.). Après tt,
l'atone finale est a (53 1') ; après ss elle
est i (64 5*»).
CHAMBRES AISÉES vin. — Lieux
d'aisances. — Arch. mun. 1473. « Payé à
Guerin Triccaud, sergent royal, pour
avoir ajourné ceux du Bessal qui avaient
fait leurs chambres aisées encontre la
muraille de la ville. ^
CHAMBRO(chanbro) s. m. — APaniss.
Êcrevisse.
De C9imm(a)rum. Gh. de c en ch (84),
insert, de b (178 2«), add. de la post. ton.
0 (68 2«).
• CHAMBROTTA (chanbrôtta) s. f. -
Toute petite chambre.
De chambre, av. suff. dim . otta^ subs-
titué au fr. ette.
•CHAMBUCLIO.CHAMBUCLË v.char-
buclio,
CHAMINAU (chamin6)s. m. — Ghenet.
\}Qcam\n(um), d'où vient cheminée, av.
suff. ellum = au.
CH A M PAGNES s. f. pi. — Pâturages
naturels ou lieux incultes par opposit.aux
prés. « En 109 bicherées de pacquérages,
prés ou champagnes (Estim. de l'hoirie
Demomieu 1699). » Champagnes nerépré-
8
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82
CHAM
sente pas chez nous Tidée de « territoire
mal défini, espace vague » que lui attribue
M. Gocheris.
De campKnea. Ch. de c en ch (84) ;
mouillem. de n (148, rem. 8).
CHAMPAYI V. champeyU
CHAMPEYAJO (chanpè-yajo) CHAM-
PAYAJO s. m. — Pâturage naturel,
champagnes.
De champeyl, av. suff. SLticum (7 et
161 5»),
CHAMPEYI (chanpè-yl), CHAMPAYI
V. a. — Mener paître les bestiaux.
De ca,mpus, av. suff. fréq. ayi, eyi,
répondant à fr. oier. Vfr. champoier, b.
lat. campeare.
CHAMUSI(chamuzî),àGrap.CH AMUSÉ
V. n. Wal. chamoséf rch. camousser
chamouier. — Moisir. Vfr. chausmosé
{xiv« s.) chaumoisy {ap. Rabel.), moisi ;
rch. cTiamagne, moisissure.
J^ti ru. sur Tagnimau, chamusi de cotairo,
Vouédzi trè plein bidons d'In bauino lalutairo.
« J*ai vu sur l'animal, moisi de cautères,
— Vider trois pleins bidons d*un baume
lalutaire. » (Ménag.)
Grandg. en fait un composé du rad. de ca-
niLS, joint à mucere; mais les formes du
vfr. ne concordent pas av. cette étym. Ca-
n(us)'mucere donnerait d'ailleurs chan-
musi^ comme canescere a donné chancir.
Le préf. péj. ca (souvent passé à cha)
explique bien le wal. et le In., mais non
le préf. chau du fr. Y aurait-il eu qq.
confus, av. caldus f — Mucere donne
muisi par le passage de la 2« à la 4* conjug.
lat. (comme pour tous les v. à sens
inchoatif), et le ch. de w, suivi de c, en
ui (cp. 48) et de c palat. en z (180).
D'où chamuisi^ réduit à chamicsi. Ué
fin. dans la forme de Grap. n'est pas la
représentât, de e long lat., mais la fin.
appliquée par ce village à la 2* conjug. fr.
CHANAL vin. s. f. — Ganal. 1419 t Hz
ont concluz que l'on face repareiller le pas
de la chanal, par lequel chascun passe à
pié et à cheval. » {Reg. consul.)
De cansilem, qui donnerait, en patois
rustique chanar chanor (121). A Lyon
au contraire l est tombé, et l'on a encore le
quai de la Chana, Ge suff. a a fait confus,
av. a de ata (1) : chana est devenu à Lyon
chanée, pat. chanô, chêneau de toiture.
N. propre. ChanaU
CHANAVARI (chanavari) s. m. Dph.
chanavari, pr. chavalarin. — Grand
bruit, tapage.
Gorrupt. de charivari, qui a été torturé
dans tous les dial. Cp. Menae canabari,
métier de tisserand.
CHANCAGNI (chankagnl), à Lyon chan-
cagner v. a. — Picoter, harceler. Dph.
chancragni, bourrasque froide ; berr.
caucrouner, grogner, murmurer, bougon-
ner. — L*hom* et la fena ne fesiont que
se chancagnï, l'homme et la femme ne
font que se disputer.
De cSLnc(e)r(em), av. suff. gnl = fr.
gner^ formé par analog. (cp. ivre ivrogner,
rèche rechigner), Cancregni = chancre-
gnl (84), et chancragni par renforcera,
de la voy. d'appui (cp. hirpiciare =
harpayi). Chancragni devient chancagnî
par la chute de c dans le groupe cr (164
!•, rem, 3). Le dph. chancragni, le berr.
caucrouner sont des témoins du type
primit.
CHANDILLA (chandilha) s. f. — Coup
de soleil entre deux nuages.
De chandilli, av. suff. a = ata, L'yotte
a maintenu a, qui sans cela aurait passé
àd (1, rem. 3).
CHANDILLI (chandilhî) v. n. — Briller
par intervalles, en parlant du soleil. F
chandille, y fè ina chandilla, le soleil
luit par intervalles.
De *candele9ire, ch. de c en ch (84),
de leare en Ihï (15 !<>).
CHANDIR V. chandre.
CHANDREàGrap., ÉCHANDEi(échan-
dèï)àRiver., vin. ÉCHANDIR, ap, Goch.
ÉCH ANDI (échandi) v. a. ~ Échauffer, ré-
chauffer. Chandre d'aigui, faire chauffer
de l'eau.
Sa mare que Yéchandit
Arouayque ton tofflo. . .
« Sa mère qui le réchauffe -^ Avec son
souffle. » (Noël 1728).
De incandescere qui, par substitut, du
préf. é à m et ch. de c en ch (84), donne
échandir suivant la format, des v.
inchoatifs fr. Dans échandeï, et est un
suff. exceptionnel. Chandre a été formé
parrégress. d'ace. (50) au moment oùr
se prononçait encore dans chandir, ce qui
explique que Ton n'ait pas chande.
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CHAN
33
CHANÈVO (chanôvo) CHENÊVO. vin.
CHENEVA s. m. For. chinêvo, Igd. canebe
canube, dph. chanebo chenaivo chonobe
chenevou. — Chanvre. M. Godef. cite av.
un ?, au mot chenefve, cette phr. d'un
acte de 1584, dp* du Doubs : « Qui vaillent
par chacune année de revenu quinze francs
d'argent, six livres chenefve, et six
poules. » Il s'agit de six livres de chanvre.
Canneibium explique à la fois la progress.
de l'ace, ton. de cKnnàbum sur le 2« a
(celui-ci étant entr. dans cannabjum) et
le ch. de a ton. eu ai = ê, par l'attract.
de l'yotte. Gh. de c en ch (84); de 6 en t?
(141). Les formes fr. chanvre, vpr.
cambe, Igd. cambe cambi, lim. chambe,
auv. chàmbi s'expliquent par c9k,nn(a)bum.
N. de lieu : Villechenêve ; n. d'homme :
Chenevœs.
CHAN IN, IN A (chanin. ina) adj. For.
chanL — Désagréable, aigre, piquant. In
tian chanin, un mauvais temps ; herba
c/iawi/ia, sorte d'herbe résistante à la faux,
dont j'ignore le nom fr. For. chaninats,
terrains argileux ou pierreux, durs et incul-
tes. Vpr. canin, qui appartient au chien.
De can\n(iim). Un temps chanin, un
temps de chien. Gh. de c init. en ch (84).
N. de lieu. — Il existe quantité de
quartiers et de hameaux appelés Bourg-
chanin, L'orig. de la dénominat. est
obscure.
CHANO(chanô),vln.CHANALCHANA.
aujourd'hui chanée, s. f. Alp., dph. cha^nx*
— Ghêneau de toiture. — Arch. munie.
1381. € Aux charpentiers pour chapoter la
dite chanal, »
De canAlem (v. chanal), devenu à Lyon
chana, puis chanée, auquel corresp.
chanô.
CHANON (chanon)s. m. For. chanon.
— Étui pour renfermer les aiguilles. Pour
les épingles c'est un epinlhi, Alp. canoun
chanoun, Igd. canou, tuyau.
0 vet que la Zobet t pardzu lo chanon
Et It btgua d'aci de sa fena Lénon .
t G'est que la Zobet a perdu l'étui —
Et la bague d'acier de sa femme (de Jean),
la Lénon. » (Qorl.)
De c9inn(a), av. suff. dim. on. Gh. de c
en ch (84).
CHANSEÏ (chanséï), àRiver. CHANSER
(chansér) s. m. For. chançay chança. —
Cercueil.
De c9Lpsa, par *capsiculum, Ch. de a
en ch (84) ; insert, de n (184 7«, rem.) ;
ch. de ps en ss (162 2«). Sur iculum =
eï, V. canastet. Chanser répond à un
*capsellum = chansel = chanser, comme
cantellum = chantel = chanter.
CHANSER V. chanseï.
CHANTER (chanter) s. m, — Employé
à Paniss. dans cette expression : in chanter
de pan, un gros quartier de pain.
De cantellum, qui donne en In. chantiau
(84 et 3:8). La un. èr peut être due à
l'infl. du pr. cantel, av. ch. de / en r.
CHAPEAU (chapô) s. m. — 1. Pièce du
pressoir. V. coulêssi.
2. Couche supérieure de la grappe,
soulevée dans la cuve par la fermentât.,
et formant ainsi chapeau sur le reste .
CHAPIRON (chapiron) s. m. — 1. Tout
ce qui dépasse une chose, la couronne.
Vfr. chaperon, av. dériv. de sens et ch.
de e en t. Le In. conserve rarement e muet
prot. et l'aiguise en t (cp. antiron),
2. Huppe, oiseau. Du chapiron qu'elle
a sur la tête. C'est la même idée que
celle du mot fr.
CHAPIRONNO (chapironô) v. a. —
Gronder, réprimander. Ou Va bien chapi-
rouna, il lui a bien dit son fait (Coch.)
Vfr. chaperonner, couvrir la tôte de
l'oiseau d'un chaperon, pris au fig.
CHAPIT (chapi) s. m. For. chapi, dph.
capit chapit b. dph. chape. — Hangar,
abri, petit auvent. Wal. cJiapd, partie
élevée de la grange où l'on met les gerbes.
« Deux pavillons, dont l'un couvert en
tuiles vernis, un petit chapy au dessous
duquel est un puits.» (Vente des biens
des Ursul. an iv). For. chapitella, étable,
cabane, hangar.
De c6t,ppa, chappe, abri, av. suff. it =
itus.
CHAPLO (chaplô) v, a. Fr. chapler,
pr. enchapla. — Couper, hacher, découper
en morceaux. Chaplô ina dailli, aiguiser
une faux en frappant le tranchant
Y sarant de chacun avisa de travers
Et foula sous Ions pieds couma qui chôplt un ver.
€ Ils seront de chacun regardés de travers
— Et foulés sous les pieds comme qui
écrase un ver. » (Chap.)
De capulKre. Ch. de c en ch (84), de
are en ô (14 8»).
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84
CHAP
CHAPON (chapon) s. m. — 1. Sarment
coupé pour bouture.
De ca,p(ut), av. suff, dim. on,
2. Vrille de vigne. Dér. de sens de
chapoH 1. Fribourg, môme sens.
3. Croûte de pain frottée d'ail, et la
gousse elle-même.
De csiput, par ressembl. de la gousse
av. une té te.
CH A PO N I R I (chaponlri), à Lyon chapon-
nière s. f. — Rangée de ceps de vigne.
De chapon 1, av. suff. trt(13).
CHAPOTO (chapotô), à Lyon chapoier
V. a. — Frapper à coups redoublés. « Le
détroquoit, tricotoit, iripoioii, chajyotoit,»
(Rabel.) — Chapoter n'appartenant ni au
vfr. ni au pr., il faut en conclure que R.
avait apporté le terme de Lyon. Berr.
chapoter^ dégrossir une pièce de bois.
Bobarjolcii : • Modà! •
Dit Chôlelut: Tsapota I
Vélia Joanny Chùtelus
Que UapotCf que t»apot8.
Que tsapolg tant qu'y pu.
f Roberjot crie : Partez ! — Ghatelus dit :
Battez du tambour ! — Voilà Joanny Gha-
telus — Qui tape, qui tape, — Qui tape
tant qu'il peut. » (Dubou. La Voga)
Forme de chapuist (cp. alp. chapuia,
Igd. capouta, charpenter) av. substitut,
du suff. fréq. otô = fr. otter.
En vin. chapoter signifiait charpenter,
tailler en parlant du bois. — Arch. m. 1381.
t Aux charpentiers pour chapoier la dite
chanal et la poser, et pour chapoter la
dite porte nove. »
CHAPUIS (chapui) vin. s. m. —Char-
pentier, menuisier. « Chapuis en Lionnois
et Daulphiné est celui que nous disons
charpentier (Nicot). Chapuis, charpentier;
celui qui trafique en bois de charpente ou
en ouvrage de charpente. Lionnois et
Dauph. (Gotgrave). » — Arch. m. GG
1513 f A Thomas Albi, chapuis , 54 1. 17 s.
6 d. pour plusieurs pièces Arboys, tant de
sapin que de chasne. » Albi est un nom de
compagnonnage et indique que le chapuis
en question était d*Alby ; Arboys veut
dire que le bois est de la provenance des
forêts d'Arbois, en Franche - Comté. —
€ 1513. A Philippe Aiguel, chapuis, 7 1. 18 d.
pour bigues et un grand pesut. » (loc, cit.)
Dès le XVI» s. le nom de charpentier
apparaît concurremm. av. celui de cha-
puis : € 1513. A Jehan de Savoye, char-
pentier, 2 1. 10 d. pour un sommier de
chasne (loc. cit.). » M. Godef. dit que le
mot est encore usité dans le pat. lyonnais,
mais je ne l'ai jamais entendu.
Subst. V. tiré de chapuiser.
N. propre, Chapuis.
CHAPUISI (chapuizl) s. m. Pr. capu-
saire capujaire.^Ap. Coch. Charpentier.
Vieilli dans ce sens. Se dit aujourd'hui
d'un homme qui a l'habitude ou la manie
de charpenter.
De chapuistyY., av.suff.t=t>rfr.(13).
CHAPUISI (chapuizl), à Lyon chapuser
V. n. Vpr. capuzar, Var capusa, alp.
chaputa, Igd. capouta, rgt. capuja, lim.
chapusa. — Charpenter.
D'un rad. cap, qui a donné capulare,
chapler, et qu'on retrouve dans capo,
chapon ; port, et esp. capar, châtrer ; d'où
tailler le bois, couper en morceaux; plus
un suff. uiser, par analog. av. menuiser.
CHARABARAT (charabarà) s. m. Pr.
c7iara&ta<5ara6/a<.— Marché aux chevaux.
Étym. inconn. —Peut-être du vfr. barat,
et d'un rad. char, qu'on retrouve dans le
pr. charra, caqueter (d'où charradou,
conversation bruyante ; charrabalan ,
chant de la mésange; esp., port, charlar ;
it. ciarîare, d'où it. ciarlatono, fr. cTiar-
latan). Le sens primitif de charabarat
est indiqué dans le vx for :
Loudiablou s'éy méila de lour charabarat.
Et n'empacharit pat qu*éy ne fassiant barat.
« Le Diable s'est mêlé de leur verbiage
(des marchands), — Et n'empêcherait pas
qu'ils ne fissent marché. » (Ghap.)
Charabarat serait donc littér. un marché
bruyant, si l'on prend barat au sens de
marché, ou une réunion tumultueuse et
bruyante, si l'on prend 6ara< au sens de
mêlée, tumulte (v. barattô). Il peut être
aussi une onomat. composée de toutes
pièces pour exprimer l'idée du bruit (cp.
charivari).
CHARAMELO (charamelô) CHARA-
MILLI (charamilhl) vin. charamela v. n.
— Chanter, av. sens péj. Que don que te
charamèles f qu'est-ce donc que tu chan-
taillesî Dph. charamela, chanter.
Nouz entendron charamela
Loui artisan din le boutique.
« Nous entendrons chanter — Les
artisans dans les boutiques. » (Parodia,
pat. dph.)
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CHAR
85
Vfr. Chalameler, jouer du chalumeau
(calamellare), av. ch. de leur (147 2*)
et suff. t ou ô, suiv. que / est mouillée
(15 40) ou ne Test pas (14 3o). Dans la
forme charamilli, le 1«' t a été appelé
par le 2«.
CHARAMILLIv. charamelô.
CHARASSI (charassi) s. f. — Char à
foin.
De char av. suff. augm. asse devenu
ew*t(54 5»).
CHARASSON (charasson) s. m. Dph.
escharassou,m(^. escarassoun. — Échelle
à un montant pour la cueillette des fruits.
De scAla, av. un suff. augm. asse, d*où
chalasse, par ch. de se init. en ch (111;,
et charasse par ch. de i en r (147 2»),
à quoi s'ajoute un 2« suff. on,
CHAR AT (charà) s. m. — Coup de
poing, giffle. Dph. charot charat, blessure ;
wal. o-ca7-ë, affront (ap, Diez). Al y a
bailli un bon charat, il lui a donné un
bon coup.
Étym. inconn. — Character, marque,
bon comme sens, doit être écarté. 11 aurait
donné charait. C'est du reste la forme du
vfr. charait, caractère magique (les formes
charact, charade, vpr. caracta, sont
certainem. savantes).
On songe à cara^ visage, d'où vfr.
acarier, wal. o-caré (ad-carare), affront
(cp. affronter, de front ; vfr. Jouée,
soufflet, déjoue). Mais cara ayant donné
cara à Lyon, nous devrions avoir carat
et non charat.
Je n'ose le rapprocher de l'esp., port,
et landais cha,rro, rustre, grossier ; d'où
esp. charrada, grossièreté, et In. charat,
av. suff. at. Quant à charro, il n'est pas
roman, et paraît avoir été emprunté au
basq. char, méchant, mauvais.
CHARATTO (charàtô) v. a. ~ A Morn.
dans cette express, péj. Charate té lo
groin, lave-toi le visage.
De charat, av. suff. (î (14 !•).
* CHARBOLLI (charbolhl) v. a. —
Écraser, mettre en désordre. Lo chenêvo
est tôt charbolia, le chanvre est tout
môle (Goch.). In charat que Vy a tôt
charbolli lo gruin, un coup qui lui a tout
abîmé le visage.
De carbuculSLre. V. cabolhi, forme
de charbolhU Dans cette dernière ca est
devenu cha (84) et r a persisté.
CHARBONNI (charbon!) s. m. — Surnom
des gens de S*«-Foy-l'Argentière, parce
qu'il y a là des mines de houille.
• CHARBUCLIO (charbuclio) à Yzer.,
CHAMBUCLIO, CHAMBUCLË à Crap.'
s. m. For. chambucle. — Noir du blé ;
champignon qui gâte le blé.
Du rad. de carbo et de celui d*ustulare.
CÉirbo = chKrb ; nst(îi)lat = uclio (v.
buclio) ; d'où charbuclio, charbon qui
brûle le blé, corrompu parfois en cham-
buclio sous l'infl. de campus, champ
[brûlé].
* CHARCHIRI (charchiri) CHAUSSIRI
s. f. Lgd. cauquièiro calquièiro, alp.
chauchiero. — A S»-Symph. Tannerie
(Goch.).
De calc9i7'ia pour charchiri, et *calceB,-
ria pour chôssiri. M. Onofrio le tire de
calcare, mais les charchire sont les fosses
à chaux, les plains, et non le lieu où l'on
piétine les peaux. De fosse à cuirs le sens
s'est étendu à tannerie en général. M. Gras
le tire de chaussi (mieux écrit ch()sse),
jadis chasse, chêne, mais chasse n'aurait
pu donner charchiri. Goch., en le tirant
de chaux, a trouvé la piste, mais sans
remonter à l'orig. lat. Dans calcaria =
charchiri, ch. de c init. en ch (84) ; de
aria en iri (13) ; l est exceptionnellem.
devenuer(170 2», a, rem.). DansCîflZccaWa
= chaussiri, vocal, de Z(170 2«, a). Gp.
vfr. chauchiere, four à chaux, de calcaria,
CHARCHI-ROGNI (charchi-rôgni) s. m.
— Querelleur. Loc. charchl ràgni, cher-
cher querelle.
Querella lous passant, et toujours charchie rougni:
t Quereller les passants et toujours
chercher querelle. > (Ghap.)
De chercher et rogne ; qui cherche les
endroits rogneux, douloureux.
CHARFIGNA (charfigna) (SE), DÉ-
CHARFIGNA (SE) v.pr.— En Fr.-Ln. Se
disputer, s'égratigner, se tirer les cheveux.
Vfr. charpignier, déchirer de coups.
D'un rad. carp (v. cabolhi) et d'un
suff. igna = fr. igner, qu'on retrouve
dans égratigner, graffigner. Le préf. dé,
d&ns décharflgna, estaggrav. comme dans
défaillir,
CHARFO (charfô) v. a. — Ghauffer.
De calefKre. Gh. de / en r (171 2»).
Gh. de are en ô (14 2»).
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86
CHAR
CHARIBOTTO(charibôtô) àLyon chari-
botter V. a. — Travailler maladroitem.
charibottô in' oura, abimer un ouvrage.
Par extens. abîmer en général. Tin suei
iot charibottô^ j'en suis tout malade.
Du rad. carp cqrb, qu'on retrouve dans
charpir (v. cabolhi), av. suflf. fréq. otto =
fr. oter (cp. bavoter, picoter, chipoter),
L'insert. de t est provoquée par la diffi-
culté de prononciat. de charbottô et aussi
ppr la tend, à allonger les mots péj.
Le rch. a chaboter, môme sens, mais il
paraît identique à saboter (en rch. chabot
= sabot), mal faire un ouvrage.
CHARNEUS vin. s. m. — Bois pour
pieux, échalas, par opposit. à la /"urmï/te,
bois de fagot. Il en est question pour la
construct. des digues, désignées sous le
nom de peyssières. On plantait d'abord
des paux (pieux), puis on y entremêlait
la furnillie, c'est-à-dire des fascines {fais)
retenues entre elles par des liens d'osier.
Là-dessus on étendait (ctuihiront) du
sable, du gravier (arainà) pour former
chaussée, puis on y enfonçait des pieux
minces (chameus), soit pour clôture, soit
pour achever de lier le tout. — Arch. m.
1880. « Payé pour une sapine (bateau)
de charnexis mise dessus la furnillie. »
De c9Lrp(i)num, qui a donné charne
dans le centre de la France, d'où cTiarmcr,
échalas, terme qui persiste encore dans
toute cette contrée. Littré rejette av. raison
pour charnier, l'étym. carrarium et
propose dubitativem. quarnellum, où
il voit un objet taillé en forme carrée.
Mais quarnellum est une métath. de
crenellum, et d'ailleurs qio ne donne
jamais ch (cp. quadratum = carré).
Les forêts de charme étaient jadis très
nombreuses et fournissaient le bois des
échalas. En vin. carpinum a aussi donné
charne, comme en témoigne Chamay,
n. de lieu. Jusqu'à notre époque le
charpenne est resté à Lyon le bois de
chauffage le plus commun.
A carpinum = charne le In. a ajouté
le suff. osus = eus, à Lyon sous l'infl.
d'oïl. Il n'a pas étendu le mot au sens
d'échalas, qui en pat. se nomme paissiau,
CHARNÈVO (chamèvo) s. m. — A
S'-Symph. Marché aux porcs, ap. Goch.
Vieilli.
De *carnificium (?), av. régress. d'accent,
n est vrai que le suff. icius, soit av. i
long, soit av. i bref, est toujours accentué,
mais en Dauphiné on nomme charnèves
des lieux escarpés, des ravins où l'on jette
des bêtes mortes, et il est difficile de ne
pas y voir camificium. De cette accept.
le sens se serait étendu à marché aux porcs.
Camif(icium) = chamèvo par ch. de
c en ch (84) ; de t bref ton. en è (16);
de f fin. en t? dans les dér. (cp. cheveu
de chef).
CHARNÈVO (chamôvo) vin. s. m. -
Bois propre à faire des chameus ou lieu
qui produit du bois propre aux chameus.
— Arch. m. 1380 « Payé pour 18 sapines
du dit charneuo qui furent mises sur la
dite furnillie, »
'Deca,rp(i)n(um), qui a donné charne;
plus une 2* partie êvo. Le m. â. avait
charnene charnerus, que Du G. traduit par
alluvius ager, quod,,, fiât e terra fluvio
charreata seu advecta (1233), voyant l'orig*
du mot dans charreata. Mais le charne-
vus est simplement une terre basse,
comme le brotel, où croissent des brous-
sailles propres à faire des chameus ou
pieux analogues aux échalas. La 2« partie
du mot est très obscure. Est-ce aivaêva,
qualité, race forestière : chamèvo, essence
de charme ? — lia forme charnene (p.
chamaina) montre que cette 2» partie a
été transformée en suff. d'oïl ; chamaine=^
carpinana, qui appartient au charme.
CHAROLESSE(charolèsse)s. f.— Terme
usité dans la plaine au-dessous de River,
pour chemin suffisant au passage des chars.
De char, av. un 1" suff. ola, auquel est
venu s'en adjoindre un i* esse = itia,
CHAROPA (charopa), ap. Goch. CHA-
ROPI, à Grap. CHEROPA ; à Lyon
charoupe, charipe s. f. — Femme de
mauvaise vie. Express, injurieuse en
général.
01 tTôve, It charopa,
Lo gniin loi écrtmayt.
« Il (le Diable) avait, la charogne, — Le
visage tout écrasé. » (vx noël)
Gorrupt. fantaisiste de charogne, et
fabriqué comme un terme d'argot.
CH ARPENN A (charpèna) s. f. — 1. Bois
de charme. J*ai achitô de la charpenna
par nos charfô, j'ai acheté du bois de
charme pour brûler.
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CHAR
87
De carpinwm par un ^carpinna, qui
explique le transport de Tacc. en même
temps que le ch. de i bref en è (21).
2. Bois, bosquet de charmes. Se ponnenô
dins ina charpenna, se promener dans
un bois de charmes.
Nom de lieu : Les Charpennes, banlieue
de Lyon. N. d'homme : Charpenel, Char-
pine, Charpin,
CHARPILLI (charpilhl), ÉCHARPILLI
à Lyon char piller y. a. — Mettre en débris,
déchiqueter, dans un sens péj. Se char~
pilhi, se déchirer en se disputant.
Du vfr, charpir av. sufif. dim. t7At,
répond* à fr. Hier.
CHARRAIS (charô) ap. Coch. CHAR-
ROI s. f. — Chemin privé pour le passage
d'un char entre deux terres.
De carre(n)se. Ch, de e long en at (18).
La forme de Coch. est le résultat de
rinfl. d'oïl, où e fermé = oi, ou peut-être
l'ancienne graphie pour ai,
CHARRI (charl), CHAIRI, à Grap.
CHER RU à Lyon charrier s. m. For.
chiorri. — Drap vaste et grossier dont
on tapisse la cuve de lessive pour y
installer les cendres.
De cinerem, av. suflf. aritis (18). Je
l'explique par une forme pic. cheinre (cp.
ss.-rom. cheindre, cendres), où cpalat.
= cA, et où n s'est assimilé à r dans m,
au lieu d'intercaler le d usité. On a ainsi
cheinri, passé à charri sous la même
infl. inconn. qui, en bourg., a fait passer
cinerem à carre. Cp. fr. charrée, cendre
qui reste sur le charrier après le coulage
de la lessive.
CHARRIRI (chariri), CHARRÉRI, ap,
Coch. CHARREIRI, vin charriéri s. f.
Pr. carrierOf dph. charreiri^ br. çariri^
vfr. bourg, charrière. — 1. Rue, chemin -
Coch. fait remarquer « qu'il est moins en
usage à Lyon qu'autrefois ». Il n'est plus
aujourd'hui connu que dans les campagnes.
« La charrierj devers la porte de Bor-
nua La charrierj derrier Marsar
(xrv* s. ap, Rondot). »
Qu*tut dicori U jamlionéri
Qu'est su lo coin de la charréri.
c Qui ont découvert le magasin de jam-
bons — Qui est au coin de la rue. » (Mar,)
Per oUUmiiDein
A sâ fent, de vei le gen per la chamiri.
« Pour ôter le moyen — A sa femme,
de voir les gens dans la rue. » (Banq,)
Von Df Têft que feai par loutet lee cha/nhirt,
« On ne voyait que feux par toutes les
rues. » (Chap.)
De carrSLria. Ch. de c en cA (84) ; de
aria en iri (18).
2. Poutre principale dans un plancher ;
entrait de ferme. For. choriri.
De charriri 1, par analog. entre un
chemin et une large poutre horizontale sur
laquelle on peut marcher.
CHASIRI (chaziri) s. f. — Panier où
l'on met sécher les fromages.
De casesiria. Ch. de c en ch (84), de
^ en ^ (143), de aria en iri (13).
CHATOR (chatôr) s. m. — Cheptel.
De cap(i)t9ile. Chute de p (161 6«, 6} ;
ch. de l fin. en r(t21).
CHATRAVILLI (chatravilhî) v. a. —
Embrouiller, entrelacer.
De 'capistrac(u)lB,re(^)y dim. de capis-
trare, enchevêtrer. Capistraculare donne
chavitralhl (cp. capistrum = fr. chevétre
et aculare = alhï), et chatravilhî par
métath. Ch. dep en t? (140), de iculare
en ilhl (164 2«, a, rem.).
CHATRILLON v. chadrillon,
CHATRO (chatrô) v. a. — A Mom.
dans cette express, chatrô in efant,
gronder un enfant.
Probablem. çontract. de chapitrer, sous
l'infl. de châtrer. Suflf. (5 (14 !•).
CHATTA (chata) vin. v. a. — Enlever,
emporter, t Que lou diable le chatte •,
que le Diable les emporte (Bern,).
De captKre, comme l'indique M. Phi-
lipon. Ch. de c en ch (84); chute de p
(161 6o, a). Je ne connais chatta que par
ce seul ex. La confus, av. achatCi et chattô
aurait pu le faire disparaître de notre
pat., mais il est singulier que captare
(sauf le dér. captivas = ch'ti) n'ait rien
donné dans aucun dial., et que chatta n'ait
pas de parents dans le for., le dph. ou
le br.
CHATTO (chatô) v. a. — Faire des
petits chats.
De ctUtus, av. suff. d (14 1«).
CHAUCHI V. chouchi,
CHAULANT (chôlan) s. m. — Jeune
homme, mais av. signif. particul. de
garçon porté à l'amour, qui cherche aven-
ture amoureuse, t In certein homo... ayet
élevô très garçons, que fésiant, mon ami>
très chôlands bien bragards >, un certain
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88
CHAU
homme... avait élevé trois garçons, qui
faisaient, mon ami, trois amoureux de
bonne mine (Dial),
De calere au sens de désirer ardemm.,
qui a donné le fr. chaloir. Chaulant est
le part, prés., formé sur les temps forts,
je chaut, tu chauz, il chault. Le vfr.
chaînant a été formé sur le subj. chaille.
Gp. le fr. popul. un homme chaud, pour
amoureux. Si le In eût été tiré de calentem,
on aurait eu chalant, a proton. = ô étant
fort rare et de formation récente.
Dans les injures que les fouaciers de
Lerné débitent aux bergers de Grand-
gousier, Rabel. leur fait dire : « Rien ne
vault, rustres, challands. » Ici l'épith.
s'entend probablem. de qui challe les noix,
ce qui s'accorde avec celle de rustre.
CHAU MA (chôma) s. f. Bress. chômain
(ap. Goch,). — « Après-midi, parce que les
cultivateurs se reposent après le dîner. »
(Goch.) Temps de repos. V. chaumô,
Subst. V. tiré de chaumô.
CHAUMO (chômô), ap. Goch. CHOMA
V. n. Rgt. chauma cauma, Igd. calma. —
Dormir après dîner. Allô chaumô , allez
dormir. Par extens. se reposer en généi^al :
Xa terra chaume, la terre est en friche ;
chauma don I reste donc tranquille.
S'emploie au sens actif : Chaume te don I
Ss.-rom, chauma, se mettre à l'ombre en
parlant du bétail.
Non du celt. choum, proposé par Littré
pour chômer. Le Igd. calma ne peut en
effet s'expliquer que par l'esp. calma,
chaleur du jour ; b. lat. cauma, ardeur
du soleil, puis moment de la journée où
la chaleur est trop forte pour permettre au
laboureur de travailler ; gr. xocôfjta, chaleur
du jour. Il est vrai que le passage de au
à al est fort insolite, mais la même diffi-
culté existerait pour cAoï^m. Lefr. chômer,
cesser de travailler, ne se prêtant pas de
son côté à l'étym. caum,a, il est probable
qu'il a une autre orig. et que c'est par
confus, av. le mot mérid. qu'au xvi« s.
s'était introduite l'orthogr. chaumer.
CHAUPIO (chôpiô) V. choupiô,
CH AUSSI (chôssî) v. a. — A Tarare,
Passer de la colle sur la chaîne de la
mousseline pour la rendre plus glissante.
Métaph. tirée du fr. chausse. Chôssî la
chaîne, lui donner des chausses, l'habiller.
Suff. î (16 3», rem. S).
CHAUSSÎRI V. chauùhiri.
CHAUSSI-VILLI (chôssi-vllhi), à Lyon
cauchevîeille (vieilli) s. f. — Gauchemar.
De calcea,re pour calcare, et de vetula.
Gh. de le en tiss (170 1», 6), de e muet
en î sous infl. de ss (54 5«). VecUa =
vîlhi par ch. de e bref en i (27), de cl en
Ih (164 2% 6) et de a en î (54 3«»).
CHAVAILLIRI v. clavelliri,
CH AVANT (chavan) s. f. Berr. chavant
chavon, saint, chavant, — Ghat-huant.
Du germ. — Vha. chouch, hibou,
lithuan. kowe, vx angl. kowe, holl.kato,
chouette, choucas ; mais la filiat. est
obscure.
CHAVASSI (chavassi), à Lyon chavasse
s. f. Greuse chabesso. — 1. Fanes des
légumes. A Lyon chavasse tout court
signifie fane de raves. Au fig. chevelure.
Du rad. de ca,p(îllum), av. suff. péj.
assi. Cap = cTiat? par ch. de c en ch (84)
et dep en t? (140).
2. Gancan, sot conte. J'imagine, de cha^
vasse, fane, considéré comme objet sans
valeur, par opposit. au tubercule.
CHAVASSI (chavassî) (SE) v. pr. —
S'empoigner respectivem. par les cheveux.
De chavassi subst. 1.
CHAVASSON (chavasson) s. m. Vfr.
chevesne, fr. chevanne, genev. chavaine,
wal. ch*fenne,fT. pop. chabot, pr. chàbou.
— Poisson du genre able.
Du rad, de C9ip(ut), av. suff, asson,
dim. du suff. péj. asse, le chavasson
étant un poisson peu estimé. Le rad. se
rapporte à la grosseur de la tête. Gh. de
p en V (140).
CHAVELLIERI (chavelhéri), CHEVIL-
LIRI (chevilhiri), à Lyon chevillère s. f.
— Ruban de fil.
Du vfr. cheviller, qui signifiait attacher,
nouer l'aiguillette, av. suff. iri (13).
CHAVELO (chavelô) v. a. — Peigner.
« Chavelô le poure fenne, pinôj débar-
boîlll lous efants, coiffer les pauvres
femmes , peigner , débarbouiller les
enfants. » (Serm,)
De *capillSLre, comme cheveu de capil-
lum. Gh. de c en ch (84), de p en t? (140),
de are en d (14 2«). Le vfr. avait cheveler,
mais au sens opposé d'arracher les
cheveux.
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CHAV
CHAVI (chavl), à Grap. CHAVÉ v. n.
— Venir à bout de, se tirer d'alTaire, se
servir d'une chose. Te pous pos chavi
dins celés brayes, lu ne peux pas entrer
dans ces culottes. Te pous pôs chavé, tu
ne peux pas t'en tirer.
I m'an dzil qu'eio Crimée a n'ayé mait fat chère
Qa'o porit »ein chati dcint (otes le Varcliére.
« Ils m'ont dit qu'en Crimée il en avait
fait plus choir — Qu'il n'en pourrait tenir
dans toutes les Verchères. » (And,)
Du rad. de c9ip(ut), av. suflf. de la 2«
conj. fr. Il répond au vfr. chevir^ au sens
primit., car l'Acad. (169i) restreint le sens
à « disposer de quelqu'un et en faire ce
qu'on veut ». C'est le sens employé par
Mol. h propos du petit chien Brusquet :
« Nous ne saurions en chevir (Fest. de
Pierre) ». Le mot patois n'a pas été, comme
le fr., formé sur chef y car il aurait été
chev'i. — Sur la forme chavé v. 33 rem. 1.
CHAVO (cbavô) v. a. Berr., wal. chaver,
pr. cava, — Creuser.
De cava,re. Ch. de c init. en ch (84),
de are en d (14 2«).
* CHAVON (chavon) s. m. For. Chavon.
— Provin. Il y a cette différence entre le
chapon et le chavon que le premier est
une bouture plantée debout, et le second
un sarment non coupé et couché en terre.
Subst. v. tiré de chavô^ av. suff. dim. on.
Ch. de c en ch (84% Chavon, littér. petite
fosse, puis, par extens. de sens, le sarment
couché dans la fosse.
CHAVON (chavon) s. m. Roan. chavon.
— Fil de l'écheveau.
De5capMm, av. suff. onem. Chute de
s init. (1 1 1) ; ch. de p en t? (140).
* CHAZAR (chazar) s. m. Lgd. cazal,
vel. casau^ alp. chasar, viv. chasas. —
Masure, maison ruinée. Vpr. casai cazau
c7ia>5af, maison, métairie, domaine, manoir
entouré de terres cultivables, héritage ;
chesal, habitation et tènement de l'homme
de condition servile. Le sens est allé en
prenant un caractère péj. Rabel. paraît
l'employer au sens d'habitation misérable:
« Le sureau domestique provient autour
des chesaulx et masures. »
De *casB.l(e)f dér. de casa. Cn. de c en
ch (84); de/ fin. en r(131).
N. d'homme Chazal ; n. de lieu les Cha-
zeaux.
CHEFTAINE (chèfténe) s. f. — Dans la
langue hospitalière, à liyon, la Cheftaine
ou sœur cheftaine est celle qui a la
direction et la responsabilité de la salle
où il y a plusieurs sœurs Elle commande
en conséquence à ces dernières.
Répond à un type cap(t)tB.na. Cap =
chef, et tana = taine, en oïl, d'où est
tiré notre mot. La particularité est l'équi-
valence insolite de pt en /V, ce qui prouve
que le mot a été formé sur chef. Lorsqu'une
lettre d'appui a été intercalée dans le
groupe ft, f entre 2 voy. est devenu r,
d'où le vfr. chevetain ; lorsqu'il n'y a pas
eu de lettre d'appui, f a persisté, comme
dans chieftaiîi, encore usité en Angleterre,
où il a été importé par les Normands. —
Le même ch. de pt en ft se constate peut-
ôlre dans capiare = in^haftô (?). Partout
ailleurs pt = t ou d {iBi. 6<»).
CHEIRE(chére), ap. Monin chaire v. n.
For. dph., cheire ; lim., auv. caire chaire;
jur. chèdre {ap. Coch.). — Tomber. Ou
cheizi, il tomba (Coch.). Aujourd'hui
a chayé, et le plus souvent a/ a chu.
Chaque vey que se baissa ve,
Fesave chcy son bonet.
« Chaque fois qu'il se baissait, — Faisait
choir son bonnet. » (vx. noël)
De cadere. Ch. de c en ch (84) ; chute
de d (139;; d'où chaere, réduit à cheire,
puis à chère (16). A signaler en ce que
non seulem. r, mais encore e fin. a persisté,
A Lyon seulem., cadere était devenu chei,
CHELOFFE (faire) loc. — Dormir.
De ail. schlsifen. Introduit lors de
l'invas, de 1815.
CHELU V. choulei.
GHENÊVO V. chanêvo.
CHERRI \.cha>^i.
CHEURLO (cheuilù) vin. chorla v. n. —
Crier, hurler. Cet enfant cheurle hin
tant, cet enfant cr:e bien tant.
Ah ! Jean de la Bisachi,
Voli-vo ja rhorla?
« Ah ! Jjan de la Besace, —Voulez-vous
déjà crier ? » (v^x. 7îoel)
'D'ulfu)\a,re. D'où ullô, ulô, par ch. do
are en ô (14 3«). Inaert.de r (184 C«». a),
comme en témoigne le vfr. uler. C'est par
erreur que M. Brachet a vu dans r la
transform. de /; Il = Il (159). Il est
curieux que ur init. ait appelé la prosth.
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90
CHEV
d'une cons , variable selon le cas : fr.
[h]urler. In. [ch]eurlô. En In. u est devenu
eu sous Tinfl. de /.
CHEVILLIRI V. chaveîliéri.
CHIERRAT vin. v. sous chirat,
CHIFFE vin. s. f. M. lat. chiffa eschiffa.
— Échaiîguette suspendue en dehors des
murs. — Arch. muu. 1346 : « G bochez de
pierre pour porier machicos, de la 1"
chiffe à la 2« chiffe. »
Probablein. du vha.5cAup/*a, boutique,
quoiqu'on n'e.\plique pas le passage de
u h i.
CHINARD (chinar) s. m. — Os de
réchine du porc.
Du vba. skïn'a) par la chute de s init.
(1 11) et l'add. du suff. germ. ard.
N. propre Chinavd,
•CHIN-BLANC (chinblan) s. m. —
Pierre de quartz. Je ne connais ce mot
que par Goch. Comme le quartz ne res-
semble que de loin à un chien, même
blanc, je suppose qu'il y faut voir une
corrupt. de choin blanc. Le choin, il est
vrai, est calcaire, mais comme il est très
dur, les paysnns ont pu facilement consi-
dérer le quartz comme un choin perfec-
tionné.
CHINCHIA (chinchia) s. f. — Secouée.
De calcsLta = chauchia (v. chauchi),
fr. chanchce. La nasalis. de awen in peut
s'expliquer par l'infl. de la gutt. (184
7', rem.).
CHINCHOIRErchincholre) s. f.- Sorte
d'ancienne tabr.lière.
De chinchia, av. suff. d'oïl otVe. De ce
qu3 cettî tabatière étant percée d'un trou,
on la secouait pour faire tomber le tabac
dans le creux du pouce.
CHINTRI (chintri) s. f. Berr. chaintre
cha'mte, — Bande d'une pièce de terre,
qu'on ne peut labourer, à cause de la
place nécessaire aux bêtes de labour;
en généi*al, bande entourant une parcelle.
Vfr. chainie, enceinte.
De chici(u.ra, par le transport de l'ace,
de u sur t. Le c devenu ch devant i
indique une orig. pic.
CHIQUET (chikè) CHIQUIET s. m. -
Très petit morceau. Se dit aussi d'une très
petite quantité de liquide.
Te vôquia, llebrcyi, vou* tsu beirc Tn chiquie ?
« Te voilà. Rebroyé, veux-tu boire une
goutte? • (Mel.)
De fr. chiquer, av. suff. dim. et. Il est
fort bizarre que, malgré l'identité du suff.,
la dér. se soit produite en sens inverse
à Genève, où, d'après Ilumbert, chiquet
signifie gros morceau d'une chose qui se
mange.
CHIRAT (chirà) vin. chierrat s. m. For.
chirat chiralei chirei. — Amas de pierres
granitiques désagrégées sous l'action du
temps, et qu'on trouve sur nos montagnes.
Parextens. toute espèce d'amas de pierres.
Le pires s*in vant toujours u chirat, les
pierres vont toujours au chirat, prov.
pour indiquer qujB les richesses vont aux
riches. Sicil. schiarra, cheire (?), coulée
de lave refroidie formant des réunions de
blocs exactem. semblables à nos chirats.
Orig. celt. — Irl. carn, amas de pierres ;
kym.jgaël. carn, même sens et tumulus;
angl. cairn, tumulus. Les celtisants ont
conclu de la dénominat. d'un grand nom-
bre de lieux à un celt. cair, pierre, roc,
d'où les dér. précédents, ainsi que le kym.
careg, pierre ; le for. cher chier ser,
rocher. De la forme chier est dér. cAterra^
vin., « acervus lapidum. » Juxta vineam
dicti confilentis, quodam chierrat inler^
medio (Charte In. de 1444, ap. Du C).
Chierrat s'est réduit à chirat. En Poitou
on appelle chirons des tas de pierres
énormes au milieu des champs. « J^
plupart des chirons de notre pays sont des
dèi)ris de tombeaux ou de monuments
celtiques. » {Favre). Au rad. s'est ajoute
en In. le suff. at,
CHIRATO (chii-atô), à Lyon chirater v.
n. — Grimper par-dessus les chirats. O faut
chiratô par allô à Pilât, il faut passer
par-dessus les chirats pour aller au Pilât.
De chirat, av. suff. <5 (14 l').
CHIRI (chlri) vin. chire s. f. — Chaise.
Peu répandu. Usité à Franchgville.
Si To ne me Uiisi paiM,
Su la chxTt lo Tol versa.
< Si vous ne me laissez pas passer, —
Sur la chaise je vais le jeter. » (Lyon b.)
De cathedra, Gh. de c en ch (84) ;
chute de t méd. (136) ; ch. de e bref en i
(25) ; chute de d dans le groupe dr (164
5') ; fin. i (54 4»).
CHIRON s. m. — Petit ver du bois.
De ciron av. un passage (très rare) de c
palat. à ch.
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CHIR
91
CHIRONNO (chir6nô)adj. —Piqué des
vers en parlant du bois.
De chiron av. suff. d (14 3»).
CHIROU (chirou) s. m. — Surnom
donné aux habitants d'Yzer.
Du rad. de cac'à,re, av. suff. osus (35),
relié au thème par r.
CHIVRA V. chura.
CHOI"N vin. chuyn chuin, au xiii« s.
chaon s. m. — Sorte de pierre calcaire
blanche et très dure.
Étym. inconn. — Je n'ose songer à
*catenum (les mots de chaînes et de
liaisons étant appliqués à Lyon à des
blocs de pierre dure alternés dans les
angles ou dans la maçonnerie). Catenum
= cha'enum = cha-en ou cha-on, comme
en justifie le vfr. chaon, nuque, aussi de
*catenum.
CHOLLION (chôlhon) s. m. — Noyau
comestible. Lo cholUon (Tin' alogni, le
noyau d'une noisette.
De chaillt, chôlhX, écaler les noix, avec
suff. on, I.e chôllion est ce dont on ôte
récale. Cp. cachon^ aussi noyau, de esca-
cher. In. cachl.
CHON, manière patoise de prononcer le
tion fin. des subst. de la 3* déclin, lat.
sur les bords de la Saône, dans la vallée
de TAzergue, àLentilly et en général dans
les territoires où ch se prononce ts.
Que ne bsit pas à la reptlechon
U poure ami, pagsa par Vaize I
« Qui ne boit pas à la répétition, — 0
pauvre ami, est perdu! » (Coz.)
Riinii les vèlia partit
Fère lo lor île lu pays,
Reveiiaiit sur la collachon.
f Enfin, les voilà partis — Pour faire
le tour de leur pays, — Revenant pour la
collation. » (Yoga)
CHOQUE s. m. — Hoquet.
Du celt. hok, même sens. A remarquer
à cause de l'express, de la gutt. init. au
moyen de ch (cp. hurler = cheurlô),
CHOR DROBLI (chôr drôbli). - A
Grap. char à bœufs à 4 roues, par opposit.
au chôr tout court, qui n*a que 2 roues.
De cKrr(us), par ch. de c en ch (84) et
de a en d (4), plus dnplum (v. drohlo).
Insert, de r (184 G", b)\ ch. de u bref en
0(38). de j)/ en hl (ie4 7»); i fin. ne
s'explique que par une forme dupli(c)um,
comme dies domini(c)a = diumaini.
CHORLIO, lA (chorlho, ia) adj. —
Louche.
Formé sur oculum (?) av. préf. péj. cha
(= ca), et insert, de r (184 6* a).
CHOSSA (chùssa) s. f. — Cercueil.
De capsa. Ch. de c en ch (84), de a en
ô (5), de ps en ss (162 2«).
CHOUCHI (chouchî) CHAUCHI GOU-
CHI, ap. Goch. CHOUCHIA (chouchia),
qui est certainem. la forme ancienne ; v. a.
For. chaucha. — Fouler. Oui a bien
chouchia la vendêmi, il a bien foulé la
vendange (Goch.).
Le gens se chauchont tant qu*6 se pot pas virie.
« Les gens se serrent tant qu'on ne peut
pas se tourner. * (Ghap.)
De calca,re. Gh. de c en ch (84), de al
en au, (170 S», a), de au en ou (75), de
are en t(15 2«).
CHOUGNER (chougné) v. n. B. dph.
chunla — à Lyon et dans la banlieue,
pleurnicher. Meuse, chigner chougner,
pleurer ; chougna, celui qui pleure.
Même étym. que choiign'i. Suff. d'oïl.
CHOUGNI (chougRÎ) v. n. — Manger
grossièrem., salem. For. chougni, manger,
f express, basse », dit M. Gras. Pr. chouna,
boire sans mesure.
Et chougnant lu nulon que ii'ayé que la corei.
« Et rongeant un melon qui n'avait que
l'écorce. » (Met.)
Du pr. c/iot<n, petit porc; chou, cri
pour appeler les porcs. Onomat. — Chou-
gni, manger comme un porc. N se mouille
souvent devant i (cp. grunnire = grogn'i),
CHOULEI (choulèi), ap. Goch. CHOU-
LEY, à Lyon chelu s. m. Vfr. chaleil
chouloil ; vpr. caleil, saint, chaleuil
chaneuil ; poit., aunis chareuil ; gév.
chareï, ard. et ss.-rom. chaleuil. — Sorte
de lampe.
De calicidum. A a passé à au, puis à
ou (75) sous l'infl. de l. La fin. eil, rédui'e
à éi, est d'oïl ; on aurait du avoir chotdal
(18). Le cas s'est reproduit pour canisti-
culum = canasteï.
La forme de Lyon, chelu, s'explique
par un * caluculum qui donne chalouil,
chalou, chelu (34).
CHU IN (chu-in) ? vin. s. m. Tnv. de la
Manécanterie. 1633, « 2 lesche-frittes, 2
cuillères fer, 1 chu'n de fer.
Peut-être un chenet, de canem ; peut-être
un coin ; l'Ti serait une fantaisie d'orthogr.
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92
CHUR
CHURIOLA (churiola) s. f. — Bécassine.
De capreola, chevrette, à cause de son
vol sautillant. Sur capra = chura, v.
chura. Le suff. eola = iola, Ex. singulier
de ces tapprochem. bizarres que fait le
peuple entre des animaux très divers.
CHOUPIO (choupiô) CHAUPIO v. a.
For. chaupla chôpin, dph. chaupigna^
Igd, c/iatipma, gasc. chaupigay lim. chau-
• pt, vel. chauprî. — Écraser avec le pied.
0 n'ett pôs quin, dzi-lé:
Lo f«nieux Gnapon chAtche a me choupiô Tarte.
f Ce n'est pas ça ,dit-il : — Le fameux Gna-
pon cherche à m'écraser l'orteil.» (Proc.)
Quelque soit lerad. des mots énumérés,
il a subi des infl. très diverses suivant les
dial. Il est difficile do ne pas lire dans le
gasc. chaupiga calce-picare, par une
formation analogue à celle de lit. calpes-
tare, de calce pistare, et du vpr. calpisar,
de calce pisare. Mais cette format, ne
concorde plus avec le In., où calce-picare
donnerait chaupiyï, puis chaupayl par
dissim. Le for. chaupla a évidemm. subi
l'infl. de chapler, et le dph. chaupîgna,
celle d'un suff. analogue à celui de tré-
pigner. Je crois qu'on doit isoler choupiâ
des ex. pr. et y voir un composé de
cal(care) et de pe(detn). Cal = chau,
chou (cp. calcare = chouchi)^ et pedem
= pî (25), ce qui, avec le suff. analogique
6, donne choupiô.
CHURA (chura). CHIVRA (chlvra) s. f.
For chiora, chuère, chùra. — Chèvre.
Fiili qu'où bol laisse abadô aa rhura ..
f Fille qui au bois laisse aller sa
chèvre. » (Monin)
Dauey chanlres, dcu burlels par joûier à la chiora,
€ Deux fifres, deux grands bâtons pour
jouer à la chèvre. » (Chap.)
De cabra. Gh. de c en ch (84\ L'infl.
de la gutt. produit un yotte (cp. casa =
chis) ; d'où chiavra, puis chi)vra sous
infl. de la labiale, et chura par voc. de
cette lab. Le vfr. chievre peut de même
expliquer chura par la voc. de v.
CHUROT (chur6), ap. Goch. CHOURO
a. m. For. chiôrot, rhùrot. — Ghevreau.
« Vo ne m'aii pôs solôment dono in molru
chouro par me devarti », vous ne m'avez
pas seulement donné un méchant chevreau
pour me divertir (Par. Gondrieu).
De çhùra^ av. suff. dim. oU
CIE-(siô) Cl EU (âieu) employé seulem.
dans cette loc. ôcië, lèvent chasse la neige.
Pr. ceio^ piém. sea, alp. seio^ tempête de
neige ; pr. faiceio, lèvent chasse la neige;
seia^ seja, tourbillonner, en parlant de la
neige qui tombe av. le vent ; ^eia, grésiller,
dph. sia, remuer, mouvoir (ap. Azaïs);
alp. seilhy amas de neige produit par le
vent.
Cië, qui devrait être écrit sië^ paraît
formé sur pr. ceio, qui paraît venir lui-
même de sipho, trombe d'eau, comme it.
sione, tourbillon de vent, de siphonem.
Sur la chute de /", cp. guifollum = vpr.
gut'ol, refusare = vpr. reusar, hifacem
= fr. biais. Il est vrai que, dans ces ex., f
est protonique. L'esp. cejo, nuage sur les
montagnes n'a aucune relat. av. noire mot
et se rapporte probablem. à ceja^ sourcil.
Cl EU V. ciè.
CIGNOULA (signonla) s. f. Vfr. soi-
gnole. — Sur les bords de la Saône, Mani-
velle de puits ou de pompe.
De ciconia par un dim. ciconula. La
cicon/aétait, en Espagne, le levier fonnant
fléau de balance à l'aide duquel on puise
de l'eau en faisant plonger un seau attaché
à l'autre extrémité du levier. Ge mode de
puiser l'eau à de faibles profondeurs
est usité dans la Bresse et dans toute
la Provence. Les Espagnols nomment
cigonal cet instrum., et les Limousins
appellent du môme nom le levier fixé au
sommet de la cloche pour la faire balancer.
L'orig. du nom est dans le mouvem. du
cou de la cigogne.
Le passage de cicon(uJla{S2), cigon'la
(129, rem. 8) à ct^wo^a s'explique facilem.
par la métath. de n. Je suppose qu'il faut
voir dans o fermé entr. devenu ou une
infl. pr. Le Var dit cigougno et le rgt.
cigouogno pour cigogne, oiseau, confor-
mém.à laphonét. pr.
CIGOGNI (sigognl) à Lyon cigogner y.
a. — Secouer une chose en lui imprimant
à diverses reprises un mouvem. de va-et-
vient.
De *ciconiB,re, faire le mouvement de la
ciconia, levier de pompe (v. cignoula).
Gh. de c en g (139, rem.), de are
en î(15 !•). On voit que le mot a été
fait directem. sur ciconia et non sur
cignoula.
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CIMO
93
CIMO (simô) V. a. — Remplir à ras.
Cimô in a benna de blô, passer une règle
sur une lenne de blé pour la niveler.
De cyma, av. suff. <3 (14 3»).
Cl MOUSSA (simoussa) s. f. For. si-
moussa, alp. simossa, it. cimossa, —
Lisière d'une pièce de drap. Vpr. simossa
simoyssha, frange, bordure ; vfr. cimois
simois, cordon ; poit. cimois, lisières
servant à tenir les enfants ; vfr. cimain^
sentier étroit.
Un mirai de fer blan, douéis aones Aesimousses
« Un miroir de ferblanc, deux aunes de
lisières. » (Ghap.)
Étym. inconn. — Peut-on présenter
rhypoth. de cyma. considéré au sens
d'extrémité ? Cymensis donnerait yfr.
cimoiSy et vpr. simoyssha par une flexion
fém. ; eicimoussa cimossa serait forméav.
un suff. oceiis (cp. In. pa7iosse de panna),
CINA (sina)CINELLA (sinéla) s. f. Gév.
sanelle. — Fruit de l'aubépin.
De coccina, d'écarlate, av. progress.
d'ace, sur t et aphér. de la l'« syll. T^a
forme cinella vient de (cocjcinella, Ch.
de cpalat. en ss (88).
CINELLA V. cina.
CI NI (sini) s. m. — Espèce de passereau
à gi'os bec et à tête tacbée de rouge. For.
cegny, b. dph. ceni, serin vert.
Probablem. de cina, av. suff. t = arius
(18) parce que le cini se nourrit de ci nés.
CINPOTA (sinpôla) à Lyon ce7ipotes. f.
— Tonneau de i05 a 110 litres.
De cent et de pot.
CINQUAIN (sinkln) s. m. — Petit
gerbier, communém. d'une vingtaine de
gerbes.
De qtilnque = cinq, évidemm. parce
qu'à l'orig. il était composé de 5 gerlies,
ce qui est le minimum pour constituer un
gerbier. Le sufT. est celui des noms de
nombre : vfr. vin ff tain, fr. sixain etc.
'CINQUI (sinqui) pron. dém. — Ceci,
cela. On emploie indilTéreinm. cinqui,
iquien et iquienti ou ilienii. Ina braisa
de cinqid, ina braisa d'iquien, un peu
de cela. J'émo bien iquien, féuio bien
itienti, j'aime bien ça. O y est par iquien,
par itienti, c'est pour cela. P^n général
cinqui se dit plus volontiers dos objets
que Ton montre. Iquien et ci;î^«f parais-
sent identiques et ne différer que par
Tinvcrs. ecce hune ou hune ecce (?)
Iquienti = ecce hune tibi (?). Peut-être
ecce-hunchic rendrait-il mieux compte
de cinqui (?).
CIPA (sipa) s. f. — Cep de vigne.
De cippa par une forme cipa (?) où e
fermé = i (23), ou par cippa avec i long
(33) ? En tous cas, le In. est en contra-
dict. av. tous les dial. romans.
CIPONA (sip6na) à Morn., CIPOUNA
SI POU N A à R.-de-G. s. f. — Violette.
Tend à être remplacé par viouletta.
Onte. deins l'ancien Uomt, k travers le tf'potinef ..
t Où, dans l'ancien temps, à travers les
violettes... » (Mén.)
Étym. inconn. — Il est probable que p.
aujourd'hui méd., a été protégé par une
cons., sans quoi il serait devenu v. Peut-
on ratUicher cipona au rad. de cespes, où
è aurait passé à i sous l'infl. de la gutU
(cp. cippa = cipa, cep) ? Le suff. ona
est le fém. de notre suff. dim. on. Quant
à la dér. de sens, elle n'aurait rien que de
très ordinaire.
CIVOU (sivou) s. m. — Petit oignon.
De caepa = cepa, qui a donné le vfr.
cibot, civot, avec le suff. dim. ot, k quoi
le In. a substitué le suff. osus (35).
CLAQUERET (klaquerè)s. m.— A Lyon
Fromage mou.
Quatre claqufrets lui faisaient un mois
{^Champacert) .
Doit avoir été forgé au xviii« s., lors
du développem. de l'argot canut., proba-
blem. de clac, onomat. (parce que ce
fromage se bat fortement), av. suff. et,
relié par r, par analog. av. rougeret,
autre espèce de fromage.
CLAR V. clior,
CLAVELLIRI (klavèlhiri), aux bords de
la Saône CHAVAILLIRI (chavalhlri), ap,
Coch. CLIAVELLIRI s. f. For. claveiliri.
— Vrille.
De clavic(u)la. Gh. de cl en Ih (184
2», a) ; d'où clavilhi, av. suff. analog. iri
(13). Chavailliri est formé sur le fr.
cheville. Un primitif clavicularia est à
repousser parce qu'il aurait donné clam-
ciiri, cl persist. avant la ton. (184 2«, a).
CLAVELO (klavelô) adj. dans cette
express, cindres claveiôs, à Lyon ccfidns
gravelées, corrompu en clavelo sous
l'infl. du vfr. clavel, clou, av. suff. ô (14
8«). Cendres clavelces, cendres semblables
à des têtes de clous.
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94
CLEN
CLENCHI (klanchi) s. m. — Morceau
de bois servant de loquet.
Du germ. klinke, suéd. klinka, loquet ;
mha. do Soual)e klenken^ vha. klanchjan,
chlenkan, « conserere ». Fin. i (54 2»).
• CLIAFI, lA (kliafl, ia), à Grap. CAFÉ,
ÉE, ACCUFÉ, ÉE, à Lyon ca/î, ie adj.
Dph., pr., alp. cafl clafi, Igd. clauf,
gaufi, gasc. caufli, genev. clafl. — Serré,
massif, surtout en parlant du pain. Dans
le Dauph. cîaffl se dit d'un arbre chargé
de fruits; à Genève c/a/î signifie surempli :
un lit cîafi de punaises (Humbert).
Clafi est la forme primit. Insert, de
yotte dans la forme cUafi (107). Chute
de l dans les formes coft, café (105,
rem.).
Du celt. — Kym. cîap clamp, monceau,
masse ; d'où fr. clapier, pr. clap, tas de
pierres. La rac. est aussi germ. — AU.,
dan., suéd. klump, même sens. — Gh. de
p fin. en f (cp. caput = chef). Le suff.
t = itus, assez rare, a été formé par
analog. av. le part, de la 4« conj. lat. Cp.
vfr. allouvi, affamé comme un loup; œuf
couvif œuf couvé, bouffi etc.
• CLIAI (kliô) s. m. — Paille longue,
par opposit. à la paille brisée qu'on
nomme la farassi, mais qui cependant
peut encore se mettre en bottes. Fr. glui,
paille de seigle, dph. cluecliue, alp. cluei
cluis dut, rgt. clè clèche cluech cloch,
for. cleu clin glun, Igd. glèch gloch glo^
vpr. gluech gluy gloy glueg, berr. Hotte,
flam. gehiye gluie, paille.
Orig. celt. — Kym. cloig, paquets de
paille pour couvrir en chaume.
CLIAMPA (klian-mpa) s. f. — Express,
péj : vaurien.
Du rad. germ. c/amp, crampon. — Holl.,
dan. klamp, ail. klammer, angl. cîamp,
crampon, d'où fr. clampin, d'abord traî-
nard, retardataire, boiteux, puis terme
injurieux. Insert, d'yotte après cl (107) ;
fin. a (53 2o).
•CLIAPES (kli-yape), ÉCLIAPES, à
Lyon éclapes s. f. pi. — Morceaux de bois
qu'on détache av. la hache.
Subst V. tiré d'écliapô,
CLIAPO, A (kliapo, a) adj. — Tiède.
D'un rad. germ. clap. — Angl. to clap,
ail., holl. klappen, dan. klapper (faire
entendre un bruit de claquem.), parce que
l'eau avant d'entrer en ébullil., chante,
selon l'express, vulgaire, et forme de
petites bulles qui éclatent à la surface.
Insert, de yôtte (107).
' CLIAPONS (kliapon) s. m. pi. —
Morceaux enlevés aux échalas pour les
dresser.
De cliape av. suff. dim. on,
CLIAPOTA (kliapota) s. f. — Pied du
bœuf, de la chèvre, du mouton, mais non
du cheval ni du mulet. Se dit exclusivem.
du pied fourchu.
Dufr. clapoter. Inserl. de yotte après
c/(107).
CLIAPOTON (kliapoton) s. m. — Pied
du porc.
De cliapota av. suff. dim. on.
CLIAS V. clior,
CLIAVELLIRI v. clavelliri.
CLIAVETTA (kli-yavèta) s. f. — Clavi-
cule.
De clsivem, av. suff. dim. etta. Insert,
d'yotte après cl (107).
•CLIÉDAT (kliédà) CLIENDOR (kli-
yindor), à Lyon clédar s. m. Frib. claidar,
genev. clédar, wal. claydas, — Barrière
en claire-voie.
De clida, qui a donné cleda dans tous
les dial. méridionaux. A ce subst. s'est
ajouté le suff. aie (dédale) qui donne ar
par ch. de / fin. en r (121) ; d'où la forme
de Lyon cledar. Dans la forme rustique,
yotte a été intercalé après cZ (107), et dans
cliendôr le suff. ar est devenu ôr par
ch. de a ton. en 6 (1). Dans cliedaf, le
suff. dim at a été substitué au suff. ar,
CLIEN (kli-yin), à R.-de-G. CLIEU, à
Lyon dain s. m. Bourg, glô, alp. cluei
cluis clui, for. cleu clin glun, pr. clu^,
~ Botte de paille. On dit indifferemm. in
clien de pailli ou in clien tout court.
Beauce glu, faisceau de paille de seigle
lié aux épis.
Du rad. de cliai, paille, av. suff. anus.
Dans tous les dial. cités, le mot signifie
à la fois paille et botte de paille. L'extens.
à ce dernier sens peut s'expliquer soit
par l'iofl. du gaël. et irl. glac, paume de
la main (d'où gaël. glacaid et irl. glaça-
lach, poignée), soit par l'infl. du germ :
ags. gelm gilm, poignée. Il est évident que
le germ. et le celt ont une orig. commune.
CLIENDOR V. clédat,
CLIEU V. clien.
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CLIN
CLINQUETTES (klinkèle) s. f. pi. For.
claquelta. — Cliquettes.
Duu petits Tiroleti, douéi père de claquettes.
« Deux petits totons, deux paires de
cliquettes. » (Ch.ap.)
De cliquer, av. insert, de n (184 7*)
et sufiT. dim. etta, pi. eUes,
CLIO (kliô) s. f. — Clef.
De claLv(em). Insert, d'yotte (107) ;
chute de v (119) ; ch. de a en d (1).
CLiO (kliô) V. a. — Fermer à clef.
Du rad. de clSL(vem), av. suff. 0 = are
(1). Insert, de yotte (107).
CLIOR (kli-yor) LIOR. ap. Goch.
CLIAS. à Amplepuis CLAR (klar) s. m.
— Glas.
De cl9^(sicum). Dans la forme pur^m.
lyonnaise, insert, d'yotte (107); ch. de a
en ô (1), de s fin. en r (118 2% rem.);
chute de c dans la forme lior (107,
rem. 2).
CLIOSSI (kli-yossi) s. f. — Nom de la
poule qui veut couver.
Subst. V. tiré de glociBxe. Gh. de gl en
cZet insert, de yotte (109, rem. 1).
CLOCHI (klochi), à Lyon cloche s. f. —
Sorte de vase en fonte pour cuire les rôtis.
De cloche, parce qu'étant en fonte,
elles sont sonores comme une cloche.
, Fin. t (54 2»).
* COBLA (kobla), à Lyon couble s. f.-
1. Attelage de deux bétes. Goch. le traduit
par erreur par « voiture attelée ».
De cop(u)la. Ch. de pi en bl (164 7«).
2. Sorte de filet aux bords duquel sont
suspendues des balles de plomb pour
le faire aller à fond.
De copula, au sens de lien, chaîne.
• COCA (koka) s. f. — Poule. Au fig.
terme de tendresse.
De coq av. suff. a, marquant le fém.
COCA (koka) s. f. terme péj. —Femme
dont les vêtements sont en désordre, qui
se tient mal.
De coca, poule, av. suff. a = ata. Mot
à mot femme cochée, qui a été chiffonnée.
COCHETO (kochetô) v. n. — Faire des
mouvements précipités du derrière. Au
âg. se hâter. Cp. à Lyon se secouer pour
se hâter.
Se feoe reciounnt de fumeux coups de gourla.
Et tôt le long du jour lo htlntcochelô.
« Ses fesses recevraient de fameux coups
de savate, — Et tout le long du jour je le
ferais se secouer. » (Mel.)
Da Cochet, à cause de la ressembl. av.
les mouvem. du cochet qui couvre une
poule. Suff. <5 (13 !•).
COCLIOR (kèkliôr) adj. des 2 g. — Cuit,
en parlant d*un liquide, mais de telle
façon qu'il ne soit pas épaissi.
De col et àecliôr, lillér. cuit-clair.
* COCO (kokô), à Lyon coquer v. a. —
Baiser. Al a coco cela hôlhi, il a embrassé
cette fille. « On dit, pour exprimer les
baisers passionnés qu'un homme donnait
à une femme ; Oui la cocavebien, > (Goch )
De coq, av. suff. ô (14 4-). L'idre
originaire est celle du fr. cocher, verbe,
mais le mot n*a aujourd'hui aucun sens
obscène.
COCOTA (kôkôta) s. f. — Gonjonctivile,
maladie des yeux qui rend la conjonctive
rouge.
De ce que la poule (coqua cocota) a la
conjonctive de couleur vive et orangée.
COCOTO (kokôtô) V. a. — Embrasser
à diverses reprises.
De cocôy av. suff. fréq. olô,
COCU (koku) s. m. — 1. Coucou.
De cucMlum. Gh. de u bref prot. en o
(89), de M long en u fr. (73).
2. Express, qui s'attache au nom propre
pour désigner qqu'un qui est fils unique.
Le cocu, en parlant de celui qu'on vient
de désigner. L'express, n'a aucun sens
péj. Cocu, au sens de mari trompé, n'existe
pas chez nous ; on dit côrnôrd.
De ce que le coucou dépose le plus
souvent un œuf unique dans le nid de
l'oiseau par lequel il veut faire couver sa
progéniture.
3. Surnom des habitants de S*-Laur.-de-
Vaux, parce que S*-Laur. est un pays
boisé et que le coucou habite les bois.
CODOU (kodou) s. m. — Le supplément
pour compléter quelque chose, comme par
ex. la charge d'un cheval.
De ctLuda av. suff. osus (35). Codou,
fin du poids, queue du poids.
•CODRE(kôdre) v. n. For. courdre.—
Courir. A codra, il courra. Je corrons,
nous courrons.
Vou l'y a ben prou de met p«r courdre le cbinéyre.
€ Il y a bien assez de moi pour courir
les rues. » (Ghap.)
De cnrrere. Gh. de u bref entr. en o
(38); insert, de d (158, rem.). On a eu
certainemîut cordre*
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96
CODR
CODRE L'ANTIFFA v. battre Vantiffa.
CODRE LO BIAN. — Expr. pour courir
les brelans, la prétantaine.
Codre signifie courir, et hian, boubau.
Codre îo hian est donc courir le bouleau,
ce qui est énigmatique. Nos balais sont
en bouleau. Codre lo hian serait-il courir
le sabbat, aller au sabbat à cheval sur un
balai ? G p. rôtir le balai,
CŒUBLE (queuble) s. m. — Crible, à
Paniss.
De cribrum. Chute de r dans cr (105,
rem.) ; ch. de br en bl (164 8», rem. 2).
Le passage bizarre de t a eu est dû sans
doute à l'infl. de la labiale : quiuble,
quieuble, queuble,
CŒUR V. couar.
COFFA (kotra) s. f. —Gosse des légumes!
Lorr. écoffe, coque de l'œuf et des fruits.
Du rad. de coph(inum)^ av. suff. fém. a.
COFLO, A ikôflo, a) à Lyon coufle,
adj. — Gonflé, oe.
Adj. V. tiré de l'inf. coflô, au lieu de
l'emploi du partie. Cette format, est
fréquente. Gp. k Lyon en/le, tube, gâte
pour enflé, tube, gâté.
COFLO (koflô) à Lyon cou fier v. a. —
Gonfler.
De conflSLre. Chute de n (181 5®) ; ch.
de are en ô (14 3»).
COGNUSSU, UA (kognussu, ua) adj.
part. Port, cognegu, saint, queneuçut.
— Connu, ue.
i parlaDt d'afTami : n'en ai qwneuçut proue.
« Ils parlent d'aflfamés : j'en ai connu
assez. » {Les Parchaudes, pat. saint.)
Que j*ayiDS cognussu l'un pass6 Tait Lyon.
« Que j'avais connu Tan passé à Lyon. »
(GorL)
De cognoscum, par la format, usitée
pour les V. de la 3* conj. où le part, est
en scum ; cre'Ure, cressu; neitre, nessu,
COGNUTRE (kognutre) v. a. — Con-
naître.
Par lo cognutre, iquia suffit de resta.
« Pour le connaître, ceci suffit de reste. »
(Per.)
Forme postérieure de cognoistre, faite
sur le part, cognu,
COIN DURA y.condura.
COIRASSON V. couarasson.
COFRAT V. couar at,
COITI (koiti), ap. Coch. COITE s. f.
Vpr. cotta cuila, for. côeyti, pays de
Vaud couaita, dph. coeïta. — Presse,
hâte. S'emploie surtout dans l'express, à
la coiti, à la hâte. — J'ai si grand côeyti
de pissie, je suis si pressé d'uriner (Cbap.
ap. Coch.).
QuVIai don celi vacarme
Que mel le monde en covâii ? (Rerér )
Ici R. a par erreur transporté l'accent
sur i fin., peut-être par confus, av. Tadj.
incoueti, pressé.
A grand coHe elle en fonça ve
L'enfant dins un pou de foin.
(Soël d$J. Capon).
Subst. V. tiré de cocta,re (v. coiti). On
trouve en vfr. à coite d'éperons, M. Godef.
voit dans coite la significat. de pointe:
à pointe d^éperons. Le sens est à hâte
d'éperons,
COITI (SE) (koiti) COUÊTI (SE) (kouétf)
V. pr. — Se hâter. Gcnev. coiteux, euse,
qui se dépêche. Vo-z-âtres amoireux —
VO'Z-êtes tant coiteux (Chans,)
Migeant kin se coxH et a sa set bevanl.
« Mangeant sans se presser, et à sa
soif buvant. » (Monin)
De coctsire. Ch. de oc en oi (42 3»),
de are en ï(15 3<»).
COIVETTA (koivèta), à Lyon coivette
s. f. Vfr. escouveste ecouvete, — Petit
balai. On trouve encore au xvi* s.
escouette, brosse servant aux plâtriers.
(Gotg.)
Docouêvo, av. sufl". dim. etta,
COI VI (koivî) COUÊVI (kouévî) v. a.
For., dph., id. — Balayer.
La méyson n'ey jamais ni propra ni couevia.
« La maison n'est jamais propre ni
balayée. » (Ghap. ap. Coch.)
Qui decey. qui deley, selon l'ordre coïravt.
€ Qui deçà, qui delà, selon Tordre
balayait. » (Naiss. du D.)
De scovesLre (v. coivo).
• COIVO (koivo), COUÊVO (kouôvo) s.
m. For. couêvo couêvou^ vfr. escouve
escoube. — Balai.
De scopa = scova ( 1 40), par 'scoveum ,
qui donne scoivo par Tattract. de l'yotte
par-dessus t> ; puis coivo par la chute de
s init. (111). Ofin. est irrég. On devrait
avoir t à cause de l'yotte de eum = ium,
mais la régie a repris son applicat. dans
le verbe (v. coivi). Couêvo est uneprononc.
altérée de coivo (v. couel).
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COLA
97
COLAGNE (kolàgne) COLLAGNE s. f.
A Lyon, dans cette loc: Faire decolagne
ensemble^ s'associer.
C'est le dph. colagne, étoupe, du rad.
de colog7ie, av. sufl*. coll. ag7ie (= afiea),
Littér. peigner le chanvre ensemble. On
écrit le plus souvent collagtie, sous l'infl.
de colle. La dér. d'idée est celle-ci : être
collés ensemble.
'GOLAN (kolan) s. m. — Collier de
femme. A Lyon colant, au commencem.
du siècle, « dianftant ou pierreries que les
femmes portent au cou. » (Molard)
De col(lum) av. sufT. anus = an (8»,
probablem.parl'it. collana, piém. colana,
même sens. Coch. remarque « qu'à Turin
on dit aussi colan ».
'COLAUD (W)' — Dicton rustique:
Monsu Colaud a passô par le vignes,
« c*est-à-d. les formenses ont coulé comme
il arrive à la suite de grandes pluies. »
(Coch.)
De colôf couler, av. sufif. aud ("= germ.
tcaW;, souvent aiïecté à des noms propres.
COLESSI (kolôssi) COULESSI s. f. —
Pièce de bois sous la vis du pressoir,
qui glisse entre les deux aiguilles. On la
nomme aussi chapeau.
De colAre^ av. sufl*. êssi répondant au
lat. itia (cp. fr. justesse, grandesse). Ch.
de ia en i(54 1*). Dans la forme coulessi
le ch. de oenou est dû à l'infl. de coulisse.
COLIGNI V. cologni,
COLINETTA (kolinètta) s. f. — Que-
nouille.
Dim. de coligni. Gp. fr. quenouille et
quenouillette.
GOLLAGNE v. colagne.
GOLLAR V. collor.
COLLE vin. s. f. dans LaCroLv-de-Colle,
lieu dit, aujourd'hui place des Minimes.
On y a vu longtemps à tort Crux Decol-
lalorum, en souvenir des martyrs.
De collem. N'existe plus en In., mais
encore en pr.,où colo signifie colline.
Le Coloràf lieu dit, près de Morn., colline
pierreuse, probablem. de collem et de
rasum.
GOLLO V. collar,
GOLLOR(kùlôr) GOLLAR GOLLO(kôlô)
s. m. — Collier de bête de trait.
Et tn, molru Giiagiieau, Tessci Tn Jean JcGiiirclli ;
io moiiidro poutsiéroux vos betrit lu collôr.
« Et toi, malotru Gnagneau, tu es un
Jean de Nivelle ; — Le moindre faiseur
de poussière vous mettrait le collier. »
(Mel.)
De collB,r(e), collier de chien, carcan.
Dans la forme colDr, a = d (1). Dans la
forme collô, la plus rég., chute de r fin.
(180 20).
GOLOGNI (kûlôgni) GOLIGNI, h Lyon
Cologne s. f. Pr. coulougno, gév. cou-
rougna, al p. courougno, bourg, quelon»
gne^ champen. coloigne, vfr. quelongne
queloigne. - Quenouille. Dph. colagne
coulagne, étoupe^
De qui ju focy autant d'eiUt
Que du bil, qui de la montagne,
Venou per pigna de colagne.
€ De qui je fais autant d'état — Que
des rustres qui, de la montagne, —
Viennent pour peigner le chanvre. » (Com.)
Do colnc(u)la, qui a donné conolhi,
par ch. cxceptionn. de / en n et de cla
en Ihi (164 2", 6) ; puis, par métath.,
cologni. Dans la forme coligni, le 1" t a
été appelé par le 2«.
• GOLOS (kolô) « Gara Collot, cri que
les moissonneurs font entendre lorsqu'une
fille du village est devenue enceinte. En
Rouergae colo signifie troupe de moisson-
neurs ou de journaliers. Gara Collot
signifie sans doute : Prends garde à la
troupe des moissonneurs. » (Coch.)
Coch. fait erreur. Le colo du rgt. se
prononce cole. Le cri est Gat*e à Colas I
De tout temps le beau Nicolas a été le
coq du village. Colas = Colô par ch. de
a en ô (1). Ce dicton est perdu.
GOLURI (koluri) s. f. For. coulœre, —
Chausse en toile pour filtrer les liquides.
De colatoria. Chute de t méd. (135);
réduct. de ao à o. Ch. de oriaen uri (37).
• GOMBA (konba) s. f. Jur. comba, Igd.,
alp. coumbo^ pr. coumbau, esp. comba.
— Vallon étroit.
Combe, colline, avoi caverne sombre.
« Vallons, ravins, avec cavernes som-
bres. » (Mon in)
Orig. celt. — Arm. komb kombant
koumbant, kym. cwm cytnau, d'où vx
angl. cumer cuniber, angl. comb, môme
sens.
N. de lieu : Combabut, près do Morn.
Doit se lire Comba-àbus^la vallée à buis.
10
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ys
COMB
COMBALETO (konbalelô) y. n. Pr.
cambalouîa, — Faire la cubulte.
Que T& comhaUiant dcpu vail Sant-nemon,
Par tesA lo tarrain qu'apparUcint à Chagnon.
« Qui va en faisant la culbute depuis
Saint-Rémy, — Pour toiser le terrain qui
appartient à Chagnon. y>(Dép.)
De combeletta av. su fi*, ô (14 1").
•COMBELETTA (konbelèta) s. f. Lgd.
camhalète^ for. chambaîeta. — Culbute.
Far la combeletta, tourner cul par-dessus
tête.
Terme d*oc. Tandis que le fr. composait
le mot exprimant l'action av. cul ci buter,
le Midi le composait hy. jambe et roule}" :
rgt. cambO'Virolo catnbo-birouolo, lgd.
cambareleto cambirouleto, pr. cambala-
letOt b. Dph. cambourinetta. Le In. est
une syncope de camba(re)leto camha(la)-
leto, av. une nasalisât, plus marquée de
a init., comme dans le rip. chomba de
camba (9, rem. 2).
COMBRO (konbro) s. m. — Concombre.
Salul bien, j*ai flgiii, Tîeux combre.
« Salut bien, j'ai fini, vieux concombre. »
(Due Bib,)
G'eat co7icombrey av. aphcr. do la syll.
init., aphcr. qui a lieu plus particulièrem.
quand les deux 1"» syll. sont semblables,
ou au moins commencent par la même
cons. (185).
COMMISSURA (koniissura) s. f. For.
consure. — Véhicule à 4 roues pour
charrier le bois en grume. On traîne
souvent le bois au moyen d'un avant-train,
c*est-à-d. d'une paire de roues, à l'essieu
desquelles on suspend le bois. Lorsqu'on
ajoute une autre paire de roues, le véhicule
s'appelle comtnissura.
De commissnra assemblage. Les 2 m,
qui ont protégé la proton, en In. (81) ont
été insuffisantes en for.
COMPANAJO (konpanajo) s. m. —
Hortolage, légumes. Vpr. compa7ialge,
nourriture.
AU6 vait Vartlegi veiiulrede companajo.
« Aller àRive-de-Gier vendre de l'horto-
lage. » (André)
Le conclure à la faïri et vindre ou
marchi lou campunajo, les conduire à la
foire et vendre au marché les légumes
(Serm,), Campunajo est une faute typ.
pour cantpaunjo.
De cum^ panent et suff. B,1icum ^
répondant à un b. lai. ' compati iaticu^n,
Panem = pan (9), aticum = ajo (181
5®). Du sens général de nourriture, Repré-
sentée par le pain, l'idée s'est restreinte
au sens de légumes.
COMPiSSl (konpissi) v. a. — Sauter
par-dessus, passer sous la jambe.
De cum et de passas : com-passer,
passer avec [la jambe]. Le ch. de a en t
est une corrupt. sous l'infl. de compisser.
COMPITA y.cottapû
CONCHI (konchi) s. f. — L En vin.
probaldem. bassin, bagnon pour se laver
les pieds. « Item besti chargia de conches
bassins et lavours... Item deit una char-
retta, chargia de couches et de autres
marchandises. » (Carc.)
De co7ica f= concha) appliqué par
exlens. à tout objet recreusé ou concave.
Gh. de c on ch (84), de a en t (54 2^).
2. A Lyon co7iche. — Pierre plate
recreusoe, placée sous l'évier et commu-
niquanl avec un tuyau de chute à l'extérieur,
pour évacuer les eaux qui ont servi à
laver le carrelage.
Mémo élym. que conchi 1.
3. Conclu. —Table du pressoir. Sa forme
est analogue à celle de la couche d'évier.
CONCHON VA DEVANT. Sorte de jeu
de boules. Rabcl. conte que Gargantua
jouait « à la tirelitantaine et à cochonnet
va devant. »
De cochon, av. insort, de n devant une
guttur. (184 7», rem.). Cette insert. n*a
lieu que dans cette express., le In.
employant cayon pour porc. Palsgrave
dit coychon, O. de Serres couchon.
Du celt. houch, porc.
GOND! (kondi), à River. CUNDGI, dans
la banlieue QU 1 N DER V. a. — Assaisonner
De cundirc. Gh. de un en on (72).
' CONDURA (kondura), COINDURA,
QU IN DURA, à Lyon qumdure s. f. —
Sauce, graisse, beurre employé dans la
sauce.
Subst. V. tiré de condire av. sufif. atura
= ura, L'yolte dans les formes coin-
dure, quindwe, doit être attribué à l'infl.
de c init.
' GONFLA (konfla) s. f. — Vessie,
ampoule, bulle.
Subst. V. tiré de ro)iflB.re,
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CONN
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* CONNIL s. m. —Lapin. « Vieux terme
qui n'est plus en usage. De cuniculus. »
(Coch.) Ce mot, qui est du vfr., est non-
seulem. vieilli, mais absolum. oublié.
N. propre Connil.
* CONTRACI (kontrassi), à Lyon contra-
ccr V. a. — Contrnrier. Y se contraçavont^
ils se contrariait i;l.
De contra et d'un suff. forgé peut-être
par analog. av. agacer. Fin. l (15 3',
rem. 2).
CONZIRI (kon2iri)s. fém.Gév. condzére,
for. cunzore coîigère. — Amas de neige
entassée par le vent.
De congeriem. Ch. de e bref en i sous
rinfl. de la gui t. ; de g en ;; (134, rem. 2).
COP V. coup.
COPA (kopa) s. f. — 1. Mesure de grain.
2. Mesure agraire.
De cnppa. Ch. de u bref enlr. en o(38).
COPET (kopè), COUPETs. m. For.,lgd.
coupet ; it., b. lat. coppa. — Nuque.
Et pone In coup de peing ou mitan du cope,
Que fa faire à Petou d^épouvantablo pe.
<c Et assène un coup de poing sur le
milieu du cou, — Qui fait faire à Petou
d'épouvantables pets. » (Mel.)
Du vfr. cope, sommet, cime, d'où copet
coupet coupelle coupier couperon, même
sens. On disait le coupet d'un heaume, la
coppe d'un bacinet. Le pic, le norm.,
Guernesoy ont encore coupet pour sommet ;
fr. coupe au.
Le rad. se trouve dans le germ. et le
celt. — Ail. kopf, cime, saillie arrondie,
télé ; ht. ail. kuppe, ags. cop copp, angl.,
dan., sax. top; boU. kop^ sommet. En
angl. cop'Castle château sur une colline.
— Kym. cob cop, corn, cop, arni. koppa,
A ce rad. cop s'est ajouté le suff. dim. et.
COPON COPPON (kôpon), à Lyon
coupon s. m. — 1. Saladier.
El sou lavct bailla d'un coppon
Dessus la testa si perfou.
Qu'un tusse quasy endoriny ?
« Et si l'on t'avait donné d'un saladier
— Sur la léte, si profondém., — Qu'on
t'eût quasi fait évanouir ? » (Chevauch.
de VAsne)
De cuppa, av. suff. onem,
2. Vin-, (aujourd'hui coupon). Mesure
de grains. Le coupon variait suivant les
localités (V. Du C. à copponus). D'après
Coch., de son temps, 2 coupons faisaient
une coupe. Aujourd'hui on identifie le
coupon av. la coupe. Ces dénominatl
tendent à se perdre sous l'infl. des nouv.
mesures.
De coupe, mesure de grains, av. suff.
dim. on,
COPPON V. copon.
COPPON 1ER (coponié) vin. s. m. —
Membre de la corporation des coponiers,
au nombre de douze, qui obéissaient au
Roy du cloistre, nommé par le chapitre
de Saint-Jean. C'étaient des sergents qui
à leur fonction de surveillance joignaient
celles do portefaix, et étaient tenus,
moyenn. un tarif, de transporter du pOnt
de la Saône au domicile des chanoines le
blé etc. (Guigne, Breghot).
De coppon y av. suff. ter, marquant la
profess.
COQUA V. croqua.
*COQUARD (kokar) s. m. Vfr. coquar.
— Homme qui court après les femmes.
De coq, av. suff. germ. ard.
N. propre. Le père Coquard, person-
nage de la Crèche, spectacle enfantin.
COQUE (koke) s. f. For. couquée. —
Morceau do pain trempé dans le lait et
frit. Pr. coco coucagne, sorte de brioche,
rgl. couorocouquelo, petit pain ; roumain
coura, miche, cat. coca, gris, cocca, Igd.
coco^ pic. couque, sorte de gâteau.
Que (aires, que pâlies, que buguies, que couquée»,
« Que tartes, que pâtés, que bugnes,
que gâteaux. » (Chap.)
Non do coquere, qui aurait donné cîa*-
que, cuéque. Du vha. chuoclio « torta»;
la forme fém. chuocha est douteuse; mha.
kuoche. Le rad. se retrouve dans tous les
dial. germ : angl. cake, ail. kuchen, dan.
kage, suéd,, isl. kaka, gâteau. On le
retrouve juscjne dans l'irl. caca cacadh,
où il a été sans doute importé do l'angl.
COQUELLA (kokèla), à Lyon coquelle
s. f, — Cloche en fonte pour les rôtis.
Dim. de clorhi (v. ce mot), ainsi que le
prouve le vfr. cloquelle, dim. de cloche
sonnante. Chute de /dans cl (105, rem.).
Ral)cl. emploie l'augm. coquasse : « Les
poêles, poêlions, chauldrons, coquasses... »
CORA V. corô s. m.
CORAGI (koràgf) v. a. — Poursuivre.
Du rad. de cur(rere), av. un suff. agi,
par analogie av. les suff. verb. formés sur
aticum. Cp. baragia, et fr. saccager.
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«00
CORB
CORBILLONI (korbilhon!), à Lyon cor-
hillonier s. m, — Vannier.
De corhillon av. suff. t= arhis(13).
Ce dér., fait av. le dim. corhillon au lieu
de corbeille^ est un nouvel ex. de Tamour
du peuple pour les dim.
CORCI (korci), à Lyon corce s. f. —
Écorce.
El chongotnt In roeloB que n'ayé qu« la corci,
« Et rongeant un melon qui n'avait que
l'écorce. » (Mel.)
De cort(i)cem (180 3«). Fin. i (54 2«).
CORCI RI (korsiri), à Lyon conrcière
s. f. — Raccourci, sentier abrégé qui,
coupant d'un anneau d'une route à un
autre, permet d'abréger le chemin. Vfr.
coursière, vpr. corsieyra^ chemin de
ronde, chemin couvert.
Subst. V. tiré du vfr. acorcier, raccour-
cir, répondant à accurtiB,re. Au rad. s'est
ajouté le suff. m (13).
N. propre. Courcières.
CORDÊSSI V. cordet.
CORDET (kordè) s. m., CORDÊSSI
(kordôssi) s. f. For. cordeis, — 1. Élrier
double, en fer, adapté au joug des bœufs,
et dans lequel on fait passer le timon du
char, qui est ensuite retenu par une
cheville.
De chorda, av. suff. dim. et dans un cas,
et dans l'autre av. suff. essi représentant
une forme fera, de cordet (cp. diablesse y
de diable; maîtresse de maUre etc.).
L'étym. chorda s'explique comme sens,
parce qu'à l'orig. le cordet était ce
qu'il est demeuré en Dombes, un lien
d'osier ou de corde fixant le joug au timon.
2. Ap. Coch, sorte de gâteau, aujourd'hui
inconnu.
Évidemm. de ce que le gftleau était en
forme de torsade.
CORGEON (korjon) s. m. For. courjon.
— 1. Cravache, bronde,houssi ne. 2. Attache
du fléau. 3. Attache en cuir du soulier.
4. Fouet.
Doux courjons tout uoûttls par coûéTcta luu laux
« Deux fouets tout noués pour épous-
seter les culottes. » (Chap.)
De eorffi, av. suff. dim. on.
CORGI (korjî), CORGIYI (korgi-yî) v. a.
— Fouetter, frppper de coups de lanière,
de housbine etc.
Vfr. corgier, même sens, dér. de corri-
giala. Fr. t^r = î (15).
CORIAU (koriô) s. m. — Baie de
l'églantier.
De corail, h cause de la couleur. La
voc. de l et l'attract. de l'yotte donnent
coriau, comme bétail, bestiaux.
COR LA (korla), COUR LA, à Lyon
courte s. f. For. coucourla corla^ Igd.
coiicourlo cougourlo^ gasc. coucurlo
cucurlo. — Citrouille. Gotgrave donne
courte concurremm. avec courge; et
Rabel. : « Puis me torchay de saulge, de
fenoil, de aneth, de marjolaine, de roses,
de feuilles de courtes... »
Quclu qu'a pu no Teindre ina porely courla. ..
« Celui qui a pu nous vendre une
pareille citrouille. » (Mel.)
Cucurbita a donné pr. coucourdo^
vfr. couhourde courde gourde. Il faut
ndmetlre un *cucnrtula, contracté de
cucurbitula, qui donne cucurrin (52)
cu'urtla (189), curtla cureta (180 4»),
corla (40).
CORNIFLO (korniflô) v. a. — Épier.
For. gourni/fa, voler, mendier.
Du fr. escornifler, av. qq. dériv. de
sens. Chute dee* (111).
CORNIFLOU (korniflou) s. m. — Celui
qui se fait payer à boire sans jamais
payer aux autres.
Fr. escornifleur. Chute de es (111).
Fin. ou = fr. cur (34).
CORNILLI (kornilhi) s. f. — 1. Vrille
de la vigne. 2. Anse de benne.
De cornicula. Tcula= ilhi (164 2<> b).
CORNIOLA (komiôla), ap. Coch. COR-
NIOULA, à Lyon corgtiôle s. f. Vel. cour-
niole, gév. courgnôra. — Gosier, œsophage.
A Genève terme de boucherie pour désigner
l'œsophage des animaux.
De corne, pris dans le sens de conduit,
parce que la corne est un objet creux (cp.
nos express, cornet de poêle, cornet de
desce7ite, pour tuyau de poêle etc.), av.
suff. (5/a = oZa latin. Ce suff., en allongeant
ô, prend en In. un sens péj. Cp. longiôle,
flageole.
CORNU A (kornua) s. f. — i. Benne.
2. Petit vaisseau de bois av. manche, qui
sert à puiser le vin dans la trézuri
placée sous le pressoir, pour le verser
dans les benols.
De cornu^a. Chute de t (1 35) ; progress.
de l'ace. (51).
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CORO
101
CORO (korô), ap, Goch. COR A s. m.
For. coural cota, pr. couro coural. —
Chêne à feuilles non pédonculées (vieilli).
Dans tous les dial. le roiire, chêne
ordinaire, est distingué du coral: Corals,,.
royres (Legs d'amors). Une charte de
1276 (ap. Du G.) déclare abandonner
Tusage de toute espèce de bois d'une
forêt du diocèse de Langres, guercu,
quorra et fago exceptis. M. Gras cite
deux villages voisins, Roure et S^-Bonnet-
de-Coureaiix, qui ont la même origine,
village des chênes.
Bien qu'on trouve dans plusieurs dial.
le simple de corylus, coudrier (cp. wal.
core, baguette de coudrier ; namurois
côri, rch. caiirier, coudrier), je ne crois
pas à une dér. do sens. Coral me paraît
tiré de cor (corB.le), comme roure a été
tiré de robitr, pour exprimer la force du
bois. Cette étym. est appuyée par le pr,
courau, qui signifie aussi chêne en œuvre
et cœur de chêne. Coral, chêne qui a la
dureté du cœur de chêne, qui est loutcœur.
La biau Cora, C'était, au temps de Coch.
le nom d*un chêne gigantesque dans le
canton de S*-Symph. Il m'a été impossible
de trouver personne qui en eût seulcm.
gardé le souvenir.
CORO (korô), • CORA (kora) s. f. For.,
dph. coura;&lp. couraio, j^r, conrado,
vpr^ corada, b. lai. corata. — Poumon
des animaux.
De cortLtay dér. de^or. Chute de t (135;,
réduct de aa à a ^cp. canta(t;a = vin.
chanta) ; ch. de a en r5 (1).
CORRATARI (koràtari), kJ.yowcoara-
terie s. f. — Habitude de vagabonder.
De co)*rati, av. sufT. arï répondant à fr.
erie, Gp. hartassari, harrassarù
CORRATI, IRI (korati, iri>, à Lyon
courratier, ière s. m., f. — Celui ou
celle qui court beaucoup, qui n'est jamais
à la maison. Se dit aussi de celui qui
court le sexe.
De curatB.rui^, dont le sens a été dér.
par suite de confus, av. courir^ ce qui a
donné curratarius av. u bref = o (38).
CORRATI (koràti), à Lyon rourater
V. n. For. courrata^ genev. couriaier. —
Courir deçà et delà, vagabonder.
Je il'orin pas besoin qu'Ëlieniie courratéyse.
« Je n'aurais pas besoin qu'Etienne
courût. » (Ghap.)
Vfr. correter courrater, faire le métier
de courtier (v. corrati); i fin. est produit
par l'infl. du suff. ins dans curatarius.
CORSA (DE) (kôrsa) loc. — Très vite,
rapidement. Celos cen'si ant cressu de
corsa^ ces cerisiers ont crû en très peu
de temps.
Cor y t'ômont tant de corsa.
« Car en eux l'amour va si vite. » (Voga)
De cursa. Gh. de u bref en o (38).
CORTET, ETTA (korlè, èta), à Lyon
court et, et te adj. Vpr. cartel, ta. — Tout
petit.
De curtum, av. suflT. dim. et.
CORTIAUD, DA (kortiô, da), à Lyon
courtiaudy de adj.— Tout petit. Énumérat.
des cinq doigts de la main en commençant
par le pouce : Gros det, laridet, longa
'dama, Jean du Siau ; souto (saute)
petit cortiaud !
De cartum, av. sufif. germ. tcald=zaud.
CORTIL V. curti.
COSSE V. coussto.
' COSSON (kosson) s. m. — Effet que
produit le soleil sur la vigne lorsqu'il la
frappe au moment d'une gelée blanche ;
il brûle et dessèche les formenses (Goch.).
De coctionem. Ch. de et en ss devant i
en hiatus (181 3»). Je ne sais pourquoi
l'yotte, qui a persisté dans lectionem =
lission, a disparu dans cosson, ainsi
d'ailleurs que dans fr. cantionem =
chanson y redemptionem = rançon etc.
COSSOU (kossou) ÉCOSSOU ÉCOSSU
s. m. — Fléau à battre le blé.
'D'excvissum, av. suff. orem (34).
COT (ko) s. m. — Pierre à aiguiser, do
forme allongée, qui se met dans un étui
de bois rempli d'eau que le faucheur ou
le moissonneur porte suspendu au côté.
De cot(em).
COTERIA (koteria) COTERIA s. f.
Ss.-rom. cotteria cor ter ia cofiria. —
Aiguillée de fil.
De consutura = coTisHura (78) =
coiura (181 4"), couture. On a coturi
parce que, dans quelques cas, le groupe
ur exerce la même infl. que ir (54 A^).
Cp. commissura = coinmissnri. A coturi
s'est ajouté le suff. a =: ee fr. D'où
coturia, et coteria par affaiblissent de la
proton. Coteria répond à un fr. fict. coutu-
rée, comme brassia répond à brassée.
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102
COTI
COTI (koli), à U.-do-G. COTSI, à River.
COTCHI V. a. et n. — Mauger, av. sens
int., comme dans le fr. popul. chiquer.
Pr. coati, dph. coti, gasc. escouti, goinfrer,
manger avec avidité ; périg. couda,
brouter ; ss.-rom. cottereau, charançon.
Qu*a ke bon ou mauvais, lo melon s»t'8t cotsi.
« Qu'il soit bon ou mauvais, le melon
b'est mangé, i» (MeL)
Que Itou joly rbiyau Tout plus cotsi Tavena.
« Que leur joli cheval ne veut plus
manger l'avoine. » (Proc.)
D'un rad. cot (?) couper, par extens.
couper avec les dents, brouter, et enfin
manger activem. Le rad. est à la fois
dans le germ. et le lat : vha. kutten, angl.
io eut, couper ; isl. cuti, petit couteau
émoussé, lat. culter, serpette. Coti a été
formé sur la 4« conj. lat. : cutire cotir
coti.
' COTIAU (kotiô) vin. s. m. — « Nom
des voituriers qui font le transport du
vin sur des mulets sur les coteaux et les
montagnes. » (Goch.) — Le nom s'est
perdu av. l'industrie.
De coteau, d'après Goch., mais en
réalité du vfr. cotel (marchand de comes-
tibles ambulant), par voc. de / et insert,
de yotte devant au fin. (32). Coiel est dér.
de coste, mesure de capacité destinée au
transport des fruits, probablem. du mha.
koste, victuailles, vivres.
COTIAU DE MIAR (kotiô de miar). à
Lyon couteau de miel. Ss.-rom. couteau,
— - Rayon de miel.
De *culciteUutn, de *culcitn, couche.
Culc(i)tellum donne cotiau (38 et 32),
comme culcita a donné vfr. coûte. Met =
mier (121), puis tniar (26).
COTIVET (kotivè) s. m. Pr. coutet;
dph. coutouei, alp. coutouit coutoviet,
— Nuque.
Du gr. xoTt;, occiput, nuque, av. add.
du suff. dim. et, relié au thème par v
euphon. (184 8-). Dans les dialectes
suiv. le t de la racine s'est également
maintenu : vpr. coeta, pr. coto, niç. couoto,
mars, coueto ; il est tombé dans Var
couat, b. dph. couet coucouet, nuque.
COTOLA (kôtola), ap. Goch. CATOLA,
à Lyon catolle s. f. — 1. Birloir, taquet
mobile. Pr. cadaulo, gév. cadaula, for.
cadoule, loquet.
Orig. pr., ainsi que l'indique la per^isl.
de c init. Cadaula est corrélatif an vfr.
chaable, machine à lancer des traits, de
xaraÇoÀn, par un lat. catSibula = vpr.
cadaula, comme tabula = taula. Le ch.
de bl en ul se retrouve en In (164 9® b).
Gh. de a en ô (59).
Par métath., une partie du Lyonnais a
transformé catola (forme primitive) en
tacola, puis inséré un r; d'où tracola,
même sens. Le dph. s'est tenu à tacola :
Et, sen point de sarailli,
Asseuria du larron, farravou lour nieison
D'una bella tacola.
« Et, sans serrure, — Kn paix du larron,
fermaient leur maison — D'un beau bir-
loir. » (Lo Bat.)
De tacola le dph. a fait entacoula,
enfermer.
2. Grumoau, saleté adhérente. Tos de
côtoie de cacoux dins ta bôrba, tu as des
grumeaux d'œuf dans ta barbe. Genève a le
<X\m.catolion, gatolion. Une soupe en ^a-
tolions, des gatolio7is de sang(Humbert).
Du fr. cati7', av. suflf. dim. ola.
S. Femme scrupuleuse, bigote méticu-
leuse.
G'est le fig. de côtôla 2. Litlér. une
femme qui colle comme une côtôla.
4. Grateron (galiutn apparine). Parce
que les fruits pourvus de poils adhèrent
aux cheveux et à la barbe, et font l'office
de côtôla 2.
COTOLO (kôtolô) à Lyon catoller v. n.
— Hésiter, barguigner, marchander.
De côtôla, 2 av. suff. ô (14 3°). Être
empêtré comme une côtôla.
COTTA (kôta), à Lyon cotte s. f. — Gale.
Subst. V. tiré de cottô.
COTTA PÉ V. cottapi.
COTTAPI (kotapi) COTTAPÈ (kôtapè),
à Morn. COMPITA (konpita). — Employé
seulem. dans la loc. faire cottapi etc.,
c.-à-d. entrelacer ses mains afin qu'elles
servent à qqu'un d'ètrier pour franchir un
mur etc.
De cotta, cale, ad = à, et de pi, pied.
Littér. cale pour le pied. La forme compila
est le résultat d'une métath. de p et t.
COTTER (kôtèr) s. m. Ss.-rom. roterd.
Assemblée de femmes, av. sens péj.
De même qu*ou cotler ou ben a l'oteH.
« De même qu'à la réunion ou bien à
l'atelier, » (Hym,)
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COTT
103
Du b. lat. coteria, par une forme
coierium^ associât, de paysans qui se
réunissent pour tenir ensenil)le les terres
du seigneur. Diez le dérive de quota,
quote-part, et Littré de cota, cabane.
L'étym. de Diez est plus satisfaisante
comme sens. Le In. a été cortainem.
coteiro.
COTTO (kôtô), à Lycn cotter v. a.
B. dph. coutar. —Mettre une cale. O faut
cottô lo bari'ot, il faut mettre une cale au
au tombereau.
De (ac)cuhit2i.re^ cubUare (78), cotare
(38 et 181 6»), cotô oucottô (14 1»).
COU (kou) pr. dém. — A R.-de-G. Ce,
cet, celui. Ailleurs on dit celo, çu.
Brôfo-z-efonts. qu'o ne tel plus quetson
De cou blagueur
« Braves enfants, qu'il ne soit plus
question — De ce blagueur.. » (Due Bih.)
Véquia comm*o s*est fat : la pitsilt Naiion
A reclamô son tour et parl6 su cou ton.
€ Voici comme cela s'est fait : la petite
Nanon — A réclamé son tour et parlé sur
ce ton. » (id.)
S*aplile su Sun corps et cou de RebreyI.
« Tombe à plat sur son corps et sur celui
de Rebroyé. » (Met.)
De ecc'hoc, qui a donné vfr. iço, ço. Le
rip. a conservé le k de la prononciat. lat.
Ce phénomène se retrouve dans In. quelu,
aquel (vfr. icel), de ecc'ille.
COUA (koua) s. f. — L Queue.
De cdiuda = cau'a (139) = coua (49)
= COUB, (51).
2. Manche de la charrue. Ainsi nommé
parce qu'il termine la charrue et a qq.
rapport av. la forme d'une queue.
COUAR (kouar) à Morn., CŒUR (keur)
à River., CUER (kuer) à Paniss. s. m. —
Cuir.
De corium. Cuer csi la forme ancienne
(xni* s.), empruntée au pr. h'e s'est
élargi en a dans couar sous l'infl. de r
(84). Cœur peut-il s'expliquer par kieur,
où l'y d*ium aurait sauté par-dessus of
COUARASSON (kouarasson), ap.Goch.
COIRASSON s. m. — Le dernier né.
De couarat, av. sufT. a^son, péj. comme
asse, mais av. caractère dim. par rapport
à ce dernier. Cp. à Lyon hugne bugnasse
huffnasson, benêt ; cougne cougnasse
cougnasson, mendiant.
COUARAT (kouarà), ap. Goch. COIRAT
s. m. — Lo dernier né.
De csLuda av. suff. at, relié au thème
par r (cp. mouche mouche-v-on).
COUASSON (kouasson) s. m. — Le
dernier né d'une couvée.
De coua, av. suflf. péj. assort, réduit à
son, à cause de a fin. de coua (cp. coua-
ras s on).
COUDRI (koudri) s. m. — A Morn.
Canne de noisetier.
De fr. coudre {decorghfs)^ av. suff. i =
ier fr. (13). Cory/w^ ne s'est conservé que
danscedér; le coudrier se nomme aw/a^wt.
COUESSINDRE(kouèssindre),àPaniss.
CUiSSINDRE V. a. - Fendre.
De con-scindere = cocsindere (188
1«, 6). O de C071 étant long, on a coisiendre
et couèssindre par le passage de oi à
ouè (cp. 42 3o). Pour cuissindre, il faut
admettre une forme cocsindere av. o bref
et une infl. d'oïl, où o bref + gult. = ui
(cp. cogitare = cuider).
COUESSINDU, UA (kouèssindu, ua), à
Paniss. QUiSSINDU, UA. adj. part. —
Fendu, ue.
Ln zaliit» couesseindzut, lo zhaiiclies déloquaiscs.
« Les habits déchirés, les hanches dis-
loquées. » (Méiiag.)
Formé sur couèssindre, cuissindre,
av. suff. utus (cp. cognussu).
COU ET. ETTA (kouè, èta) adj. —
Penaud, honteux. Al eto tôt couet, il était
tout penaud.
Do qtiet(um)f pour quietum, par le fr.
coi, devenu couè par la prononciat.
altérée de oi en oué au xvi« s. (cp. dor-
touere pour dortoir). Quietum aurait
donné quai en In., comme il a donné le
dér. se quaist.
COUÊTI (SE) V. coili.
COUÉVO V. coivo.
COUGNASSI (kougnassi), ap. Goch.
COUGNASSO, à Lyon cougnasse s. m.
— Superl. de cougne.
De cougni, av. suff. péj. et augm. asse.
COUGNASSI (kougnassî), à Lyon cou-
gnasserv. n. —Faire le cougne, mendier.
De cougnCLSsi av. suff. péj. assi= fr,
asser.
COUGNI (kougni) ap. Goch. COU N 10,
à Lyon cogne cougne s. m. — Express,
péj. Mendiant plaignard.
Subst. V. tiré de cougnt.
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104
COUG
COUGNI (kougnf) v. n. — Mendier en
gémissant. Dph. couenassa, goindre ;
couenassario, manie de geindre.
D'une onomat., av. suff. verb. * (15 4«).
Cp. it. gxiaire, de guajo, lui-même de
l'onomat. wai, du goth. vai. V. couinôy
dont cougni est probablem. une forme.
COUINO (kouinô), à Lyon coum^rv.n.
Berr. coailer. — Pousser un petit cri
plaintif. Genev.cotnn<?r, crier en geignant;
pr. caïnat norm. coinquer, crier comme
les chiens qui souffrent ; « jur. coinner,
se dit du cri des petits porcs quand on les
porte. » (Goch.) Poit. couiner se dit du
cri des porcs.
Onomat., av. suff. verb. ô (14 8").
COUITA (kouita)s. f. — Bàlon recourl)é
au bout pour chasser une boule.
Du pr. couèto (de cauda), môme sens.
Sur otiè passé à omi\ cp. fouet devenu
fouit. Sur le sens, cp. queue de billard.
COULESSI V. colessi.
COU N VIO (kou-nviô) v. a. — Accom-
pagner, reconduire. Aicounviô lo poiiro
pore Blanc au cetnintiri^ j'ai accompagné
le pauvre père Blanc au cimetière.
Malgré l'identité de sens, je ne crois pas
qu'il vienne de cum-viare, qui aurait
donné counvl. J'y vois un composé de
cum-vitare=^cum-vVare (1 35) = counviô
(14 !•). De même in-vitare a donné vfr.
envier, vpr. enviar, inviter, provoquer.
On aurait ainsi trois composés de vitare:
in-vitare, faire venir ; ex-vitare, détourner
de venir, se détourner; cum-vitare, faire
venir avec, accompagner.
* COUP, COP s. m. — « Endroit sur le
bord d'une rivière propre à placer un
filet à prendre du poisson. Ce mot est
ancien. On le trouve dans les actes des
XIV* et XV* s.. » (Goch.)
Du vfr. cope, coupure, portion d'eau
tirée d'une rivière à l'aide d'une coupure.
Encore aujourd'hui en Pr. on appelle cop
la vanne d'un moulin, et cop-perdti le
déversoir. Je suppose que le cop est la
partie au-dessus d'un barrage qui coupe
la rivière, et où l'eau étant retenue, est
plus tranquille. A R.-de-G., par une idée
analogue, on appelle cette portion un
redint (redent).
COUPE s. f. — 1. M. lat. copus. —
Mesure de grains égale à la moitié d'une
bichelte et par conséquent au quart du
biche t.
De cuppa. Forme d'oïl ; le pat. serait
copa.
2. Mesure agraire égale au quart de la
bicherée.
Par analog. av. coupe, mesure de grains.
Quatre coupes de grain font un bichet,
c'est-à-dire le grain nécessaire pour ense-
mencer une bicherée. De même, 4 coupes,
mesure agraire, font la bicherée.
COUPÉE s. f. B. lat. copata — Mesure
agraire égale à la coupe.
De coupe 2, av. suff. d'oïl ée = ata lat.
COUPERÉE s. f. — Mesure agraire,
aujourd'hui peu usitée, comprenant,
comme la coupe, un quart de bicherée.
De coupe 2, av. suff. d'oïl ée, relié par
une r, dont l'insert. a pu être facilitée par
la fausse infl. du v. couper.
COU PET V. copet.
COUPON V. copon.
COURAMIAU V. caramiau.
COUPLA V. corla.
COURO (couro) vin. s. m. — Cuivre.
« Les besties qui portont corduan, ne
bazanes, negrana,ne couro, ne estaing... »,
les bêtes qui portent maroquin ou basane
ou gaine ou cuivre ou étain... (Tar. de
la V. 1277}.
De cupr(um). Gh. de u en ou par voc.
de p (164 6»). Au xiv« s. on trouve
couvro, par infl. d'oïl.
•COU RTEROLLA (kourterôla), ap. Goch.
COURTEIROLA, à Lyon courterolle s. f.
— Gourtillière.
Du vfr. coMr^/Z, jardin, qui adonné en
fr. courtillière, av. suff. aria. Le In. a
probablem. substitué un suff. dim. olla,
d'où courtilliola, devenu courterolla par
ch. de l en r, comme antelon antillion
est devenu anliron.
COUSSI V. coussio.
• COUSSIO (koussio), COUSSI (koussi),
COSSE s. m. Dph. cossio^ vel. couosse,
Igd. consou, pr. cossoul. — Gonsul, nom
donné autrefois à celui qui percevait les
contrib. indirectes (Goch.). Les coussi
cosse étaient nommés par les notables
habitants des paroisses ou communautés
rurales. Ils répartissaient la taille royale
entre leurs concitoyens, poursuivaient
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cous
lOo
pour los pnroisRPs, dovant le tribunal de
de réieclion. ceux qui voulaient sans
droit s'exempter de cette contribution;
contestaient même les droits acquis,
signaient les requêtes adressées à l'inten-
dant etc., enfin représentaient, dans une
certaine mesure, les droits, privilèges etc.
de leurs paroisses et en étaient les inter-
médiaires obligés.
De consulem. Ou aurait dû avoir coulo
colo {C07is(ujlem cofnjslo co(s)lo). Cepen-
dant il arrive qqfois que c'est la sifflante
qui persiste (168, rem.),
COUSTA-CORNILLI (kousta-kornilhi)
à Morn.. Crap. ; COUSTA-CRENILLE à
Yzer. s. f. For. catacournille, — Bluet.
Pr. costO'COunihiero couesto-coimihi,
laileron.
Do coslum, plante, par une forme costa,
et de conniculurn, lapin, herbe à lapins.
Gh. de o en ou (41>, de iciilum en ilhi
(164 2\ b); insert, de r (184 6», e), —
Dans la forme d'Yzcr. il y a eu métath.
de r (187). Le nom a passé du laiteron
au bluet quand on a cessé d'en comprendre
la significat. primitive.
COUSTA-CRENILLE v. cousta-cornilU .
COUTÈLA (koutéla) dans l'express, par
coulèla, par ruse, par dissimulât. A 7io-Z'U
a dit par coutèla, il nous l'a dit pour se
débarrasser de nous, sans le penser.
Fr. cautèîe, de cautem. Gh. de au en
ou (75).
COUTRI (koutrî) s. m. — A Paniss.
Grand drap qui reçoit les cendres de la
lessive.
De culc(i)trB,rium. — Culcitra = cou-
ira (cp. culcita = fr. coule), et arium =
» (13).
COUVET (kouvé) s. m. Genev. covet,
bourg, côvo, pr. caufet. — Pot de terre
dans lequel on met de la braise pour
servir de chaufferette.
On songe à cuba,re av. suff. dim. et :
couvet, quelque chose que l'on couve.
Mais la forme pr. caufet indique pour
orig. cale f are. De cale f are on aurait eu
en In. charfet (cp. charfô) charvet. Il
faut donc admettre que couvet n'est que
le pr. caufet dans lequel au a passé à ou
(75) et/- à t? (144 S»).
COVA (kova) s. f. — Poule couveuse.
Subst. V. tiré de covô (cubsire).
COVET V. covî.
• COVI (kovi) COVON (kovon), à Crap.
COVET (kovè) «. m. Dph. couvé, Jura
covier (ap. Goch.). — Étui de bois plein
d'eau que le faucheur ou le moissonneur
pend à son côté et dans lequel il trempe
le cot ou mola.
De co(tem) av. suff. arius (13), relié
au thème par un v euphon. (184 3«), av.
suff. dim. on ou et selon les formes.
COVIN (kovin), ap, Goch. COVEN s. m.
— Piquette. For. couvent coveint, boisson
faite avec des airelles et des pelosses.
In quiiilau de raisins, par faire de coveint.
« Un quintal de raisin, pour faire de la
piquette. » (Tôt va ben)
De cum uiwo, ce qui accompagne le
vin. Gp. cutn pane = copain.
COVON V. covi,
COYOU (ko-you), à Lyon secoyu s. m.
— Panier à salade.
Forme de sccoyou, même sens, do
secouer. Il s'est opéré le même phénom.
que dans se init. (111). Suff. osus (35).
qui est ou à Morn. et u à Lyon.
CRACHI (kràchî) s. m. — Petit tombe-
reau. Est-ce le vfr. crache « stabulum »
av. suff. î = ier fr. (13) ? Crache a été
formé sur crèche, ainsi que le montre
l'emploi de cresche au même sens de
stabulum. Toutefois je ne sais pas expliquer
sous quelle infl. s'est opéré le passage de ê
à a dans crache. Quant à la dér. de sens,
elle s'expliquerait par l'exiguïté du crachi
et son analog. de forme av. une crèche.
CRAJU (kraju) s. m. — Sorte de lampe.
Pic. crachet crechet, angl. cresset^ vfr.
craisset craichet grasset crasset, noim.
craisset, Guernesey crûcet, flam. crechet,
lampe ou torche, suivant les lieux; pr.
crasset, bacinet d'une lampe.
De crsLssa par le pic. crache (?), suif,
avec suff. u répondant à osus (35).
Crache, comme graisse, suppose une
forme craxa, devenue cracsa dans un cas
et crasca dans l'autre. Nous devrions
avoir crachu ; le passage de ch Aj est une
corrupt. Il est assez bizarre que les formes
crache craichet, qui sont pic, aient pu
avoir qq. infl. sur le In ; mais on a déjà
constaté un fait analogue à propos de
chai7itri.
CRAMAILLI y.cramayl.
11
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106
CARM
CRAMAYI (krama-yl), CRAMAILLI
(kranmlhf), CARMAILLI, ÉCARMAYKà
Lyon cramaycr écramailler écarmailler
V. a. — Écraser.
Oal en a yu, U charopa,
Lo groin loi écarmailla.
« Il en eut, la charogne, — J-*e visage
tout écrasé. » (vx 7ioël)
S^aplate su son corps et cou de Rebroyi,
Que borle comm'In viau : Vous-tsu m'tcramayî ?
« Tombe à plat sur son corps et sur
celui de Rebroyé, — Qui beugle comme un
veau : Veux-tu m'écraser ? » (Mel.)
D'un rad. carp{v. cabolli) et de 7na.cula
= mailli. D'où carptnaiUi, écraser en
souillant, réduit à co.rmailli par la chute
de la2« cons., puis à carynayi (164 2%c),
devenu cramayï par mélath. Cp. carholhi,
devenu écraholhi. La format, est ancienne,
car aujourd'hui macula = môihi ; mais
comme a ton. de macula est devenu piot.,
il persiste (76) au lieu de passer à 6,
CRAMER (kramé) v. n., donné par
M. Gras comme ayant à Lyon la signifie.
de brûler sans flamme. Je n'ai jamais
entendu que crime}' (v. crimô), rimer ;
ou, s'il s'agit d'objets de nature cornée ou
laineuse, crinser.
CRAMIAU (kramiô) s. m. Genev.
Clameau. — Crachat épais. Vpr. crai,
même sens.
Onomat. du râclement de la gorge, av.
sufT. iau = ellum (32). La forme In.
paraît plus ancienne que le genev., où cr
s'est transformé en cl.
CRAPAUDZIA (krapôdzia) s. f. — A
Morn. Ltat de misère pécuniaire ou
physiologique. Al a la crapaudsia, se dit
d'un porc qui n'engraisse pas. Je Vons
sorli de la crapaudzia, nous l'avons tiré
de la misère.
De crapaud, considéré comme un animal
rampant et misérable.
CR A PP A (kràpa) s. f. — Marc de raisin.
Vos sientez tolet due la crapa.
« Vous puez toutes les deux le marc du
vin. » (Due Bïb,)
Du vha. krsipfo, crochet.
CRAQUELIN s. m.— Échaudé.
De craquelle av. sufT. dim. in,
CRAQUELLE vin. s. f. — Espèce de
pâtisserie. « Pastés, bugnes, chaudellets,
cachemuseaux, craquelles et autres sem-
blables sortes de pâtisseries. » (Ord«« du
Gouvern. de Lyon, ir>78).
Du rad. de craquer av. sulT. dim. d'oïl
elle.
CRASA (kraza), à Paniss. CROUSA,
à Lyon crase s. f. — Ravin, creux de
terrain.
De c(o)rrosa = creuse. La forme crasa
a été facilitée par l'infl. de rasa, creux,
fossé.
CRÉ V. crest.
CRECI (kreci) v. n. Dph. crusse, vfr.
cruissir croissir. — Craquer, grincer,
crier, en parlant des objets.
£t Peiou, de son lô, fa creci »e culoUes.
€ Et Péteux, de son côté, fait craquer
ses culottes. » (Mel.)
De crocire av. affaiblissem. de o init.
en e, fréquent dans les mots où l'init.
précède immédiatem. la ton.
CREMAILLI (kremalhi) s. f.— Crémail-
lère. Forme des environs de Lyon où les
mots se rapprochent plus du fr. Le pur
patois est cremaclio.
De cramsiculum par le vfr. cremaille,
av. fin. en i (54 3»).
CRÉMO (kremô), ap. Coch. CRÉMI, à
River. CRÉMI, à Lyon crimer rimer v. b.
et a. For. crama, — Brûler sans flamme;
flétrir, en parlant des eff'ets atmosphé-
riques. « Le nioule ont cremi le folle,
les })rouillards ont brûlé Jes feuilles. »
(Coch.)
De cremsLre. Ch. de are en 6 (14 3«).
La fin. i de crémi est due peut-être à une
forme cremeare,
CREMOCLIO (kremôklio), à R.-de-G.
CREMOCLO s. m. — Crémaillère.
Doux verilablo déinonôclo
De la colou de lieu cremôch.
« Deux véritables démoniaques — De
la couleur de leur crémaillère. » (DuéBib.)
De crameLC(u)lum. Ch. de a en d (1),
de cl en cli (164 2», 6, rem.). R.-de-G..
moins adonné à l'yotte que les environs
de Lyon, n'en a pas inséré après cl (v.
cumaclio).
CREMOCLO V. cremoclio»
CRÉNEAU (krenô)s. m. Dph. créneau,
— Grande cage sans fond, composée de
quatre cerceaux reliés par un filet à larges
mailles, sous laquelle on met les poules
et les poussins lorsqu'on veut qu'ils soient
en plein air et qu'ils ne vaguent pas.
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CRÉP
107
Peut-être d'un rad. celt. qu'on trouve
dans tous les dial. av. la signifie, de
chose courbe qui recouvre : corn, cren^
kym. crwn cron\ mks., gaël., irl. cruin;
arm. crenn. D'où une forme latinisée
crenellum, qui a aussi donné le ss.-rom.
cr^now, tuile faîlioie, tuile recourbée, qui
recouvre, à la façon de notre créneau,
CRÊPETON (A), à Lyon à croupeton
loc. Neuchàtel à crepoton, — Se hetô à
crèpeton, s'accroupir. B. dph. acroupeto,
entrelacem. des mains pour recevoir le
pied de celui qui monte de là sur les
épaules (par dér. de l'idée de monter sur
le dos incliné).
D'un rad. germ. qui a donné le nord.
kryppa, et d'où est dér. rég. le vfr.
crepofiy croupe. Le thème a été relié au
suff. on par t (cp. panne-t-on, de pêne;
poulpe-t-on, de pulpa). Lyon a formé le
mot par le même procédé sur le fr. croupe.
CREPI (krépi) s. f. Vpr. crepia, vfr.
crebe, — Crèche.
\hK.krippea, Gh. de ea&n. en i (54 !•).
CRESEUR V. cruset.
CRESSUES (kressuë), ap, Coch. CR ES-
SU EIS> à Lyon cressures s. f. pi. —
Douleurs que les enfants ressentent dans
les jambes et que le peuple attribue à
l'accroissem. des os.
De cressu^ part, du v. creître, croître,
av. suff. dim. et comme dans mu et. Le
son è s'est affaibli en <?.
•CREST (krè) CRÉ CRI s. m. For. cres
cret creu, dph. creis crei cre. — Sommet
d'une montagne.
Dou cré de vnit Ptlô lo destin t'examine.
« Du sommet du Pilât le destin t'exa-
mine. » (Per.)
De crista, par *cristum, qui a donné
cresty comme crista a donné crête, La
forme cri montre qu'il y avait dans cris-
tum hésitât, sur la quantité de t.
N. de lieu. Le Crest de la Perdrix.
CRI V. crest.
CRIGNOLLA (krignôla) s. f. — Baie
de l'églantier.
De cAnum av. suff. fréq. ola, d'où
crinola criniola crignola. Le mouillcm.
de n, d'aillours fréquent sans motif
apparent, a dû être appelé par i de la
syll. init. Le sons vient de ce que l'intérieur
de la baie est composé d'une sorte de
bourre filamenteuse.
CRILLE (krille) s. m. — Sur les bords
de la Saône, berceau.
Du vpr. croille, berceau. Sur la format,
de croille v. crouillo. Je ne puis pas
expliquer le passage de croille à crille.
CRIMAR(krimar) s. m. — A S^-MarU
Crémaillère.
Du néerl. kram, croc de fer, av. suff.
germ. ard, réduit à ar. Le ch. de a init.
en i peut être dû à l'infl. de cremare.
CRI NSI (krinsi), à Lyon crinser v. n.
Vfr. crainser, — Se dit des objets qui
bntlent sans flamme et en se crispant,
comme le crin, la corne, les cheveux etc.
De crin. Crinsi, se crisper comme un
crin. De même, en Berry, cranser crinser^
passer au crible ; c'est-à-dire au crin.
Suff. t (15 3% rem. 2). Sur la liais, du
suff. PU moyen de ss, cp. vin. croy-ss-ue^
fr. hame-ç-07i, apeti'SS-er.
* CRIC (kriô) v. a. — Appeler. Criô los
s'homos, appeler les valets du travail
pour venir manger la soupe.
De critsire, comme crier. Cp. fr. popul.
C7*ier qqu'un, le gronder. Gh. de are en 6
(14 K)
CROCI (krossi) à Lyon crosse s. f. Vfr.
croce. — Béquille. « Et lors il se leva et
s'appuya sur sa croce. » (Joinv.)
Non de cmcia, qui aurait donné crw^^jt,
mais du rad. croc, qui se trouve dans lo
germ. et le celt. — Nor. krôkry hoU. krog^
gaël. crocayiy croc ; kym. c.rwca croca,
courbé. Fin. i (54 5").
CROISSANT(kroissan) s. m. — 1. Fau-
cille de moissonneur. 2. Serpe emmanchée
}\ un long bâton pour élaguer les arbres.
De la forme en croissant de lune.
CROMPIRE (kronpire) s. f. Pic. crom-
pire. — Pomme de terre.
De ail. grundbirn^ holl. grondpeer.
Introduit lors de l'invas. de 1815.
CROPETTES (kropètte) s. f. plur. —
Pissenlit.
Étym. inconn. — On trouve dans le
germ. un rad. crop. — Ags. crop, sommet,
vx. angl. croppe, cime, chevelure d'une
herbe, d'un arbre ; angl. to crop, couper
les extrémités d'une chose, faucher (un
pré), tailler (des arbres) ; d'où crop,
cheveux coupés courts, toute récolte qui
se coupe etc. A angl. crop répond ail.
kropf, holl., sax. krop, excroissance,
protubérance. Je ne sais si l'on peut
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108
CROQ
rattacher cropettes à ce rad. av. suff. dim.
etta. Les cropettes seraient les petites
choses que Ton coupe ras, la petite récolte.
•CROQUA (kroka), à River. COQUA, à
Lyon croque s. f, — For. croqua, gasc.
croco, berr. coque. — Contusion sur les
'endroits osseux, où le coup fait bosse.
Scheler explique croquignolej^SirVsingi.
rap, qui signifie à la fois dérober, enlever,
et donner un coup sec, du sax. hy^epan,
frapper. Je crois plutôt croque et son dim.
croquignole dur, du vfr. crochier croquier
croker, dér. lui-môme de croc. Chute de
r dans cr de la forme coqua (105, rem.).
GROSSI (krossi) CRUSSI GROSSO
(krossô), à Lyon crosser v. a. — L Bercer.
Vpr. crossar, secouer, remuer.
Tiré du jeu de paume. Crosser^ c'était
lancer une paume av. une crosse. Crosser
un berceau, c'est le faire aller et venir
comme une paume. La tcrmin., variable
en î et en 6, montre qu'il y a encore
hésitât, sur l'infl. exercée par ss pour la
product. de î (15 3*, rem. 2). Quant
à crussiy il s'explique peut-être par
la tendance des environs de Lyon à
substituer u k o (34).
2. Au fig. railler, se jouer de qqu'un
comme d'une paume. L'argot paris, a le
pendant dans le mot balancer,
GROSSO V. crossi.
*GROSSON (krosson)s. m. Jy^h.crosson
crousset. — Berceau.
De crossi 1, av. suff. on,
GROSSUj à Lyon crosseur s. m. — Qui
aime à railler.
De crossi 2, av. suff. u = osum (35).
CROTTU, USA (krotu, uza), à Lyon
crottu, ue, adj. For. cretou. — Qui est
marqué de petite vérole.
y l'an lou groin cretou et si deflcurat...
« Ils ont le visage creusé et si défi-
guré. » (Chap.)
De crupla (crypta), trou. Gh. de u bref
en 0(38), de pt en ^(161 6»), plus suff.
osus (35).
GROUILLO (kroulho) (tend à vieillir)
s. m. — Sorte de verrou. Vfr. coroil
coroul, barre, verrou ; corotlle crouillet,
verrou. Berr. courril crouiîloux, poit.
courait, Vendée courouil, arm. kouroul
kroul, barre de bois, verrou; ss.-rom.
crouillon, tisonnier.
De corotuîSLre = coroVlare = coro-
clare (cp. it. rocchio, de rotulus rotlus
rocluSy et In. ôclia, deassula astlaascla),
Coroclare donne coroillier, d'où est tiré
vfr. coroil coroille. Dans certaines formes
la proton, init. est tombée, d'où croclare
= 'croiller, dont on retrouve la trace
dans le vfr. croill, croillementy ébran-
lement, et dans le vpr. croille, berceau.
Enfin, o bref a passé à ou, comme roler
k rouler et croler k crouler. D'où crouil,
et crouillo, av. o par analog. av. les autres
noms masc. L'orig. du nom est dans
l'idée de la rotat. imprimée au crouillo,
qui était une barre pi votante; horizontale,
elle barrait la porte et verticale, elle la
laissait s'ouvrir. Même idée dans vpr.
croille et In. crille.
GROU PETON (A) v. crèpeton.
GROUSA V. crasa,
GROYSSUE vin. s. f. — Grue, au sens
de crue d'eau. Arch. m. «... De certaine
quantité de poysson nagueres et derniè-
rement survenue et entrée aux foussés de
la Lanterne, pour raison de la croyssuë
et inflacion des rivières de la Saonne et
du Rosne... » {ap. Vermorel)
Partie, formé sur croître par analogie
av. croissant.
1. GRUES (kruô) GRUES (kruè) s. m.
For. crety bress. cruet. — Berceau.
Et qu*«u r<^y ben ni6
Tout k rôpôsita,
Dini un matru cret.
« Et qu'il est bien niché, — Tout à
l'opposé, — Dans un méchant berceau. »
(Chap. NoHs)
De c(o)rros(um), qui a aussi donné
crues, noyau, parce que le berceau est un
objet creux. La transform. de o en ue
semble indiquer que o de crosum était
devenu bref. Le vpr. cros, le vfr. crues,
le comasque croeuss {ap, Diez) le confir-
meraient.
2. CRUES (kruô) GRUES (kruè), à
Grap. GRUÈZE. ap, Goch. GRUIS s. m.
For. creu, — Noyau. Alp. crosa^ cosse.
Pr. croso crouesso, gasc. crouho, creux,
cavité d'arbre.
Un rapat d^ourtoulan fat d*un creu de ciréiti.
« Un happeau d'ortolans fait d'un noyau
de cerise. » (Chap.)
De corrosum (v. crurs i).
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CRUE
109
3. CRUES (kruëj CRUEIS (kruè) s. m.
— Gerbier qui a la forme d*une croix.
De crncem, comme jiucem a donné
no lié nué (42 !•).
CRUEZE V. craies 2.
CRUÉZIA (kruézia) np. Coch. CRUI-
2IA s. f. — Croisée de chemin.
De criiciSL((a), comme crues de crucem.
Sur ta lat. = ta v. 1, rem. 3.
CRUIS V. crues 1Î.
CRUSET (kruzè) CRESEUR CRUSIO
(kruziô) s. m. — Aujourd'hui lampe des
mineurs. Jadis lampe en général.
Y cherchi de z*allumelle,
Per alisy sun cruset.
« Il chercha des allumettes. — Pour
allumer sa lampe. » (vx noi'l)
Lo crusiô sert plein, u'espOrgniroiis pôs l'iiu'o.
« La lampe sera pleine, nous n'épar-
gnerons pas l'huile. » (Proc.j
Item donne un criaiô a Piarre d6 Bacon.
« Iteniy je donne une lampe à Pierre
du Bacon. » (Ghap.)
Ce mot se retrouve dans quantité de
dial:
Groupe celt : arm. kreuzèul kleùzeuv
cleuzer c'hleuzeuy sorte de lampe; gaël.
cruisgean^ irl. cruiscea crHisgi7i, lampe.
Groupe roman : vfr. creuseul croissol
crusset^ esp. crisuelo, lampe; crisueia,
soucoupe de lampe ; vx. cat. cresol, vpr.
cruoly wal. crizoUy for. criziô crazU)
crenzio crizioeu ; m&c. croisioUy ss.-rom.
croset, sorte de lampe.
Groupe germ : mha. krus, angl. criisc
cruise, hoU. cruyse, ail. kraus, néerl.
kroesy burette, j^tte.
Basq. criseliia cruselua^ lampe.
Diez donne pour orig. le basq. crîsuela,
mais cette forme, toute romane, est bien
plus probal)lem. empruntée à l'esp. —
Litlré se réfère, pour creuset, au b. lat.
crucibulum, sorte de lamp», d'un rad.
crucem, à cause de la forme ; mais, outre
que crucihuUim donne croicible, les
lampes en forme de croix n'étaient que lo
très petit nombre. — Il seml)le plus naturel
de tirer notre cruset, lampe, comme le
creuset fr., du vha. krause, mha. krùse,
burette, qui, dans les dér., a pris le sens
de lampi% comme caîiculus, de calix. Il
est incontestable toutefois que, sur ce rad.
est venu, par suite d'une confus., se
greffer l'iufl. de crucem, comme en témoi-
gnent les nombreuses formes à dipht. dans
la plupart des dial.
CRUSI (kruzi) vin. CRUIZY s. f. —
Coquille d'œuf.
Le nourray ceilaina puulailly
Que fit un œuf leu cruisy Tudou iour&urla pailly.
■ Elle nourrit certaine poule — Qui fit
un œuf sans coquille (un enfant) l'autre
jour sur la paille. » (Jiern.)
De c(o)rrosa. 0 (devenu bref en b. lat.)
= u s'explique par l'infl. d'oïl: crueza
creusa cruzi(y. crueis).
CRUSIO V. cruset.
CRUSSI V. cross i.
CRUSTANDELLA (krustandéla)CROU-
STANDILLI (kroiistandilhi), à Lyon
croustendille s. f. Dial. d'oc: crussen-
tello cruîssenlello croussetitello cros-
senteîlo croussintello creissountello
crucancello coursenteno, dph. crussan-
(Jella crussen te }ia crussantena. — Car-
tilage de Toreille. Dph. crussendelaj (au
fig.) femme maigre et sèche.
Ëiinn pe le Qui, quvia gran crusaendela
QuVy toiou auc leu, passe po fa fumella.
« Enfin, pour t'en finir, cette grande
sèche — Qui est toujours avec lui, passe
pour sa maîtresse. » (Chapitro)
Du vfr. crussir, craquer; crussant, qui
craque sous la dent, comme témoignent
toutes les formes non lyonnaises, kants-
sant s'est ajouté le suff. ella, d'où
crussayitella et crussandella par ch. <Ie
t en d (136). L'introd. de t du groupe
st s'est produite sous l'infl. de crusta. Où
le pr. voyait quelque chose qui craquait
lo In. a vu un dim. de croûte.
CRUSTI (krusti) s. m. Lgd. crouslet.
— Morceau de pain pour exciter à boire.
Montpellier crùsti, quignon de pain.
De crust(a) av. suff. arius (13). Le
passage de a fermé à u est -il dû à l'infl.
de ï dans la syll. suivante (69, rem. U),
ou simplem. à une tend, particulière à
Lyon et aux environs (34) ?
CUCHON s. m. Vfr. cache, dph, curhou
for. cuchon quichon, pr. cuchou7i, ss.-
rom. cuchetf franc-conit. suche sachet,
lat. m.â. cMc/iO (Donibes xiv's.) — Petit
tas. hi cuchon de fen, un polit tas de
foin.
Si vo voya lieu chiiii.
Qui lieu sert de cabornc!
V sont tut un un cuchon .
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110
CUER
« Si vous voyiez leur chenil, — Qui
leur sert de hutte! — Ils sont tous en un
las. » (vx. noël)
N*allôz pôt coudre ou bus par migi dexôlagnes
I ueiii Taiil de cuchons plus gruus que de montagnes.
c N'allez pas courir au l)ois pour manger
des noisettes: — Ils en font des tas plus
hauts que des montagnes. » (GorL)
Étym. inconn. — MM. Péan, Coston
voient dans cache le rad. uch, au-dessus,
qui est dans tous les dial. celt., mais il
n'y entre que comme prép. ou particule
composante. Ils citent encore irl. coich,
montagne, Coche.nom de montagne. Mais
uch n'explique pas la prosth. de c. L'ail.
hoch, qui est le corrélat. germ., a donné
la Hogue, et non la Cogue. — Le corrélat.
sax. heah a donné angl. high, et non
kiffh. Coich a un sens génér. de localité.
II signifie non seulem. montagne, mais
chemin, lieu en général. La Coche, nom
de mont., vient prohablem. de la forme
d'une entaille en dent de scie.
CUER V. couar,
eu ERCLIO (kuérklio) s. m. — Couvercle.
Cp. piém. al cuert, pour il. al coperto.
De cooperc(u)l(um). Chute dep (140,
rem. 3), mais non sans avoir influé sur le
ch. de 00 en u (cp. cooperta = cuerta) ;
insert, de yotte (164 2» 6, rem.); addit.
de 0 post-ton. (56).
CUERT (kuèr) s. m. - Toit.
De coopertum. Sur la format, v.
cîierclio.
CUERTA (kuèrta) s. f. — Couverture.
Do cooperta. Sur la format, v.cuerclio.
Sur le pass. du sens pass. au sens act.
cp. couverte, usité h Lyon pour couverture.
CUIDRE V. n. (vieilli). Je ne connais le
mot que par Coch., qui le traduit par
manquer. « Oui a cuida mort, ou cuidi
être tua, il a failli mourir, il manqua d'être
tué. • On voit que dans les ex. manquer
peut être remplacé par croire, supposer,
qui est certainem. le sens exact.
Cuidre, forme du vfr. ciiider, est
corrélat. à sôtre pour sorti, viendre pour
venl etc. (50), et formé probal)lem.
comme eux sur le prés, de l'ind. je cuit,
tu cuides etc.
CUINO (kuinô), à Lyon cui^té, ée adj.
des 2 g. — Ruiné, perdu.
De couinô, av. une légère déviât, de
prononciat. et de sens. Celui qui est cuinô
est comme celui qui a couinô, c'est-à-dire
qui a poussé son dernier cri pendant
qu'on l'étranglait.
CUISSINDREv. couèssindre.
CUISSINDU V. couèssiîidu.
CUL AT (kulà), à Lyon culot s. m. —
Dernier né.
De cul av. suflf. dim. at. Culot, celui
qui vient au cul des autres.
eu LU V. culuit.
CULUIT (kulul), CULU (kulu) s. m.
Dph. culut. — 1. Ver luisant.
Et elhy vo Iralut
Coman la bella eitela, ou coman lo culut,
« Et elle vous brille — Comme la belle
étoile ou comme le ver luisant. • (Batiq.)
2. Se dit d'une petite lampe qui est
censée éclairer à peu près comme éclai-
rerait un ver luisant.
De Puma dou scrutin o ne sortir! plus
De consillis lampions, de consillis culut.
« De l'urne du scrutin il ne sortirait
plus — De conseillers à lumières de
lampions, à lumières de vers luisants. »
(ffym.)
De cul et luit,
CUMACLIO (kumaklio), vin. comascle
s. m. Jur. coumacle, alp. kimascle
cumascle, niç. cuoiimasclo, ss.-rom. kou-
nialho coumacle^ dph. kimacle cumaclo,
Sav. quemdclie. — Crémaillère (Coch.
donne par erreur le sens de couvercle). —
Inv.de laManécanterieWSS: « IScoteaux*
de gayne, un comascle, »
De cramB,c(u)l(iim). Chute de r dans
le groupe init. (105, rem). Le pass. de
ak o, e, t, dans div. formes, s'est opéré
par dissimil. ; et celui de ces voy. à u,
sous l'infl. de la labiale m (cp. femella
= fumella). Dans le vin. comascle,
l'introduct. de s est due à une fausse
analog. av. ascle (assula), masle (mas-
culum) etc.
CUMINAL vin. adj. — Communal.
« Per la peci justa pra cuminal », pour
la terre jouxte le pré communal (Phili-
pon, Terr, de Rochef.) On trouve dans
le môme texte cumynal cumitnal et
comunal.
Les noms propres Cuyniyi, Cuminal se
rapportent sans doute à la même orig. k
cause de qq. fonction pour la communauté.
Cp. m. lat. cuminus c tributum commu-
nale », et cuminator c exactor ».
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CUMO
m
CUMOUÉRI (kumouôri) s. f. — Écu-
moire. Farci cotnrn'ina cumouériy percé
conuno une écumoire.
Do fr. escumoire^ av. passage de oi à
oiié. Chute de es inil. (111).
CUNDGI V. condi.
CUO (kuô) V. n. For. cua. — Couver.
Ina polailli que eue, une poule qui
couve. '
Il y Tint iiijustici,
Ctr y 11*1 jamtif coOat.
% Ils lui font injustice, — Car elle n*a
jamais couvé. » (Chap.)
De cubSLre, chute de b (142); ch. de
are eu ô (14 2»).
* CUPELLI A (kupèlha) s. f. Dph. cuplot,
gasc. cupelié cupelet. — Culbute. Fare
la cupellia, faire la culbute (Goeh.).
Mistral lire le pr. cupela, faire la
culbute, de cuou-pela, singe ; d'où cupela,
faire le singe. On serait plutôt tenté d'y
voir culum pilatuni, cul en pelote. Le
dph. cuplot s'explique par l'infl. de plot,
billot. Le mouillem. de l dans le subst.
In. et le gasc. cupe^e s'expliquerait-il par
*pileatum f
CURAILLI (kuralhl) v. a. - Nettoyer,
peler un fruit, un légume.
De curailli s. Fin. t (15 4«).
CURAILLI (kuralhi), à Lyon curaille.
s. f. — Milieu d'un fruits pépins.
De curSL(re) av. suff. pèj. ailli.
CURET (kuré) s. m. vidangeur (vieilli).
€ Et quand on les appeloit, Curets quelle
heure est-il î ils répondaient Merda. »
(Laurès)
De curer, av. suff. et, appliqué 1res
exception nellem. a un nom de métier.
CURTI (knrli), vln.ror//7 s. m. — Jardin
clos de murs, cnntigu h la maison. « Una
pia de bas,,, que solet être cortil, » une
p/edebois... qu'on avait accoutumé de
mettre en courtil (Alix), c'est-à-dire ici
en jardin.
De curtile. La forme vin. est rég.
Passage de o à u (69, rem. 2).
CU-TERRO (kùtèr6) s. m. — Fille
riche en biens-fonds. Y est in cù-terrô...
l'a de terr^ u cii, elle est riche, elle a du
bien. Celaqui a trop de ten^ u cù par të,
ct?lle-ci a trop de bien pour toi.
Inutile d'insister sur l'étym.
CUTI (kuti) s. m. — Homme d'esprit
lourd et lent.
Sur l'étym. v. cuti adj.
CUTI, IA(kuti.ia)adj. — 1. Embrouillé,
serré, aggloméré, en parlant des cheveux.
2. Cuti, acuti, se dit de quelqu'un qui
reste accroupi auprès du feu, qui ne sort
jamais, qui ne bouge pas; au Ûg. homme
d'esprit lourd et lent.
Du fr. catir^ av. substit. de u ha sous
l'infl. de cwZ(?).i4cw<i est devenu quelqu'un
qui est constamm. sur son cul (cp. rch.
cufard, celui qui s'accagnarde au coin
du feu). Le v. décuti, démêler les cheveux,
confirme l'étym. catir.
CUVIER (kuvié) s. m. — Endroit où sont
logées les cuves. Plus souvent tinaillt.
De cuve av. suff. d'oïl ier (13).
CUVO (kuvô) V. n. — Fermenter en
parlant du vin.
De cuva, av. suff. <î (14 2«).
D
* DAGNI (dagni) s, f. Dph. dagni, ss.-
rom. dagné dagna degna, pr. dagno,
sav. dagne. — Tige de chanvre, mais
non le chanvre lui-môme. For. dadna,
tiller le chanvre.
Étym. inconn. — On n'admet pas le
passage de ( init. à d. Cependant, outre
qq. except. (cp. pr. tarnagas = In. darno^
pie-grièche ; tarmes = gév. dama, teigne)
il faudrait, d'après M. Bugge. tenir
compte que, sldan a langue franque, le d
init. tenait lieu du t haut allem. Le mot
aurait donc pu venir par une forme à d
init. (cp. ail. theilen, dan. decle). Si ron
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112
DAIL
admollait celte Uu-so, on pourrait non pas
tirer, mais rapj)rochcr dagni du sax. et
a;;.s. Ifin, h. lat. tenus, tige, pousse ,
tecnon, osier. Ce qui prouve, en tout
cas, qu'il faut chercher dans dagjii l'idée
de lige et non l'idée de chanvre ; c'est le
prov. (lagno, tiges jumelles supportant le
pressoir, et le ss -rom. dagno, aiguille de
clocher. L'idée primitive et générale de
tige s'est ensuite particularisée en tige de
chanvre.
Une vieille chanson lyonnaise donne à
dagne le hcns de tige creuse :
Arrosoiis-iious
La dag^ie^ la dagne,
Arruftoiig.imui
La dagne du rou.
A l(in se rattache prohahlem. lepr. iano,
jeune tige, pousse; laiia, monter en tige,
en parlant des plantes herbacées.
• DAILLI (dalhi) s. f. Lim. dal, auv.
dar, pr. daio, vpr. dalh dayll dail^ rgt.
daillo^ gasc. dailh, cat. dalla, esp. dalle,
\h\ £fa/7(Rab.),poit. dail, h. dph. daillon.
— Faux.
Diez y voit dagula, dim. de daga.
lâttré le rattache à ail. iheilen, partager,
séparer; mais si Ton admet la possibilité
du passage de t init. à d, il serait plus
simple de le rapporter à taleare. Il est
plus probable qu'il vient d'une forme
germ. av. d init. (v. dagni) : isl. deila,
dan. deele, suéd. taelja, sax. daelan,
angl. to deal. Le sens primit. était plus
large (cp. vfr. dailler, combattre, balafrer).
De même le sens du lat. secare s'est
réduit dans le pr. segar à celui de mois-
sonner.
DAILLI (dalhl) v. a. — Faucher.
Sur l'étym. v. dailli s. SuCF. î (15 4»).
DAIT DET (dai, dé) s. m. — Doigt.
Si li parlant reii qu'en guignant )o doit,
La boQra sait de qu*a n*en virL
« Si l'on s'adresse à elle rien qu'en
remuant le doigt, — La b...esse sait de
quoi il retourne. » (Coz.).
De dïgitum (18).
DANDOGLI (dandolhl) vin. v. a. —
Agiter dans Tcau.
V Irovit una boutassa,
Yt'yallidindo^/t.
« Il trouva une mare ; — Il s'y alla
secouer. » (Noël de J. Gapon)
Onomat. La répétition de la cons. init.
est particulière aux onomat. destinées à
à exprimer une répétition, de mouvoni.
ou de sons. SansolVt, secouer dans l'eau;
dn7idouillard, flâneur qui se balance;
hamhanev, flâner en se balançant ; dode-
liner, angl. to dandle; de même pif-paf,
flic-flac, pour répétition de coups. Lesuff.
olhi, à Lyon ouillery est particulier en In.
à tout ce qui exprime le rejaillissem. de
l'eau : henolhx, gaholh'i,gafolh't,gassolh\,
sansolh'i.
DANDOUILLARD (dandoulhar) s. m.
— A Lyon flâneur, lambin.
Du rad. qui a fourni l'angl. to da7idler
dodeliner : to daddle, marcher à pas
chancelanîs (v. dandogli). Est-ce le m^me
qui a formé l'ail, tandeln, s'occuper à des
choses futiles ? A ce rad. s'est ajouté le
sufT. are rendu péj. par l'inserL de la
syll. ouil (cp. bidouillard).
* DARBON (darbon) s. m. For. darhon
drabon, genev. sarbon darbon zerbon,
ss.-rom. derbo7i, pr. darboun, Igd. dar-
bou, b. lat. darbos, 1. m. a. darbiis, —
Taupe.
Mistral le rattache au persan darvand,
damné, et à l'arabe djerbouh, gros rat ;
Ijitlré, d'après M. Rolland, à talponem,
M. Darmestetter à un rad. darb, dont
nous ne connaissons pas l'orig.; Le b. lat.
fait songer au rad. d'a7-bos. — Il n'y a
pas lieu de s'arrêter au pers. — L'arabe
aurait probablem. donné un mot esp. —
En admettant le passage très rare de t
init. à d, on aurait quelques formes
daiibon. — Le rad. darb ne se retrouve
dans aucun mot. — Arbos ne se rapporte
guère comme sens.
DARBONI (darbonî)s. m. For. draboni,
mars, darbouniero.
De darbon. av. suflF. i = arium (13).
* DARDENNA (dardéna) s. f. (For. dar-
denna, dph. lardeno, pr. dardèno. —
Pièce de deux liards. Vieilli. C'était une
monnaie provenç. « Vient de ce que cette
monnoie était fabriquée au château de
Dardennes, près de Toulon, qui a servi
tour à tour à fabriquer des poudres de
guerre et de petites monnoies (Soirées
provenç, 2« édit. t. 2, p. 80, ap. Goch.).
Mistral cite un mss de 1710 : c On a
commence à payer les soldats et les officiers
avec les pièces de deux liards qu'on fabrique
à Dardennes. »I1 ajoute que, selon d'autres,
la dardèno tirait son nom d'un genti-
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DARN
413
Ihomme de Marseille, appelé M. d'Arden-
fies, sous la direction duquel cette monnaie
fat frappée. M. Moulier dit au contraire
que « Lambert Dardenne, ouvrier à la
monnaie de Romans en 1855, a laissé son
nom à cette petite pièce. » Cette dernière
origine semble beaucoup moins probable
que les précédentes , et surtout que la
première.
DARNAYAT v. Dergno.
* DARN El A V. derne.
DARNEYAT v. dergno.
DARN 1ER s. m. — Derrière.
En vfr. derrier signifiait dernier. On
en a conclu que dernier devait signifier
derrier, \\^\\.è aussi au sens de deden'ière.
De là, confus, entre les 2 mots. Gh. de e
en a (66).
DAUPHIN s. m. — A Lyon morceau de
tuyau de fonte qui se place au bas des
tuyaux de descente des eaux pluviales et
ménagères, parce que le zinc ou le ferblanc
serait trop vite pourri par l'humidilé.
De ce qu'à Tépoque de la Renaissance
Tusage était de décorer de têtes de dauphin
à gueule ouverte l'extrémité inférieure de
ces tuyaux.
DAVAGNI (davagni), à Paniss. et à
R.-de-G. DAVAIGNI(davégni)s. f Orléan.
davaine, — Prune.
Hitr, par q'jaire sous j'uro qotlro davaignes.
« Hier, pour quatre sous, j'eus quatre
prunes. » (Tôt va h.)
Étym.inconn. — Dama^cew a ne pourrait
donner que damaigni. Il y a bien en fr.
une espèce de prune, nommée diaphane,
mot qui aurait pu se corrompre en davai-
gni, mais il n*y a aucune probabilité que
ce terme savant ait pénétré dans des
contrées si éloignées Tune de l'autre que
le Lyonn. et l'Orléan. Un habitant de ce
dernier pays me fait observer qu*il a
toujours compris (prunes) d*Avesnes,
Cette explicat. serait satisfaisante si l'horti-
culture avait une prune de ce nom ; mais
elle ne figure pas au Bon Jardinier.
DAVAIGNI V. davagni.
DAVANTI V. devanti.
DAVANTY V. devanti.
DAYA (da-ya) s. f. — A Yzer. Largeur
d'un doigt. Lorr. daie, filasse que le
tailleur tient entre ses doigts.
De digitSLta. Ch. de t bref en è (62) ;
chute de g (134) ; de t (135). On a deeaa,
réduit à dë-a ; insert, de yotle pour rompre
l'hiatus (cp. 135); on a dè-y^, devenu
daia, comme feya, meya ont passé à faya,
maya dans divers endroits.
DE DÉ préf. (= dis).
1* Indique le contraire du thème {décuti,
defarde, décotelô, défracô).
2* Indique l'éloignem. ; le passage du
dedans au dehors, la disjonct. [degolli,
dégueulô^ dégrobô, décora, déguilli), par
substitut, de de ke (= ex).
3» Renforce le thème (décala^ déhar-
roulôf démarcorô).
DEBABINO (debabinô) adj. des 2 g.-
Défiguré, qui a le visage abîmé.
El cre-yanl la irovô
Avoué lu gruiii impliii debabinô.
« Et croyant la trouver — Avec le visage
en plein abîmé. » {Gr. Jo7in.)
De fr. habine, pris pour visage, av. préf.
de au sens contraire du thème et suff. ô
(14 3-).
DÉBAGAGI (débagaji). à Lyon déba-
gager v. n. Vx for. débagagie ; Vosges
débaugaigé ; val. de Mons débagager
débaguer ; — Déménager, changer de
résidence, de place.
A ratisa que la rh^iinbra onle se gens restavuut
Ere luut empachia, quéy Tai débagageavont,
« A cause que la chambre où ses gens
restaient — Etait tout encombrée ; quMls
déména'^eaient là. > (Chap.)
De fr. bagage, av. sufl". t (15 2®).
DÉBANAJQ (débanajo) s. m. — Action
de dérouler av. rapidité. It. dipanare,
vpr. debanar, pr. debana, esp. devanor^
dévider.
El le pouro Rara, chomba de débanajo^
Ouvri si redotô par In coup de trénaju.
€ Et toi, pauvre Rara, aux jambes qui
se démènent comme un dévidoir, — Ouvrier
si vanté lorsqu'il faut donner un coup
d'épaule pour traîner le chariot. » (Per.)
De *pa7isiticum, de paiius^ fil du tis-
serand, av. préf. exprimant le contraire
du thème ; p s'est comporté comme méd.
(140, rem. 2) ; ch. de aticum en ajo
(161 5«).
DÉBARMÉ(débarmè) s. m. —Précipice,
lu jour inco;>dc veiiitin'a fa âeQiincol 6.
Ou Tond d'iii débarmé lo dou pi m'en collù.
12
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114
déba:
t Un jour un coup de vent m'a fait
dégringoler. — Au fond d'un précipice
j'ai les deux pieds collés. » {Ina Mîseri
electorala, chans. pat.)
De ba^rma, coteau, av. préf. de et sufT.
d'oïl.
DÉBA R MO (débarmô) v. a. — Élaguer,
tondre une haie.
De barma (v. ce mot), av. suif, ô (1).
Gomme, dans nos pays de collines, les
héritages sont souvent à des niveaux
différents, les haies qui les séparent sont
ce qu'on appelle m barma. De là confus,
de sens entre la haie qui couvre la barma
et celle-ci.
DEBARRO (debarô) adj. des 2 g.—
Défait, ouvert.
Vio gi-le debarrô, vieilles chausses de (elt.
« Vieux gilet débraillé, vieilles chausses
de toile. » (Mén.)
De barrô, barrer, fermer, av. préf. de,
de dis, Barrô est lui-même formé sur
barre, av. suff. ô (14 3«»).
DEBARROULO,à Lyon débarrouler. —
Le même que barroulo av. préf. renforç.
de.
DEBÉRAUDI (SE)(debérôdzt) v. pron.—
A Morn. Dépouiller la sauvagerie, sortir
de la solitude. 0 faut te debéraudzi^
il faut sortir de ton trou, il faut te
distraire, faire comme tout le monde.
De beroudy demi-fou, timbré, homme
têtu ; mot qui a sans doute été perdu en
In., mais qu'on retrouve dans des pat.
congénères, entre autres le ss.-rom. Au
thème a été préposé de exprimant le sens
contraire. Jieroud est lui-même tiré de
berou, bélier, qui est le même que belin,
av. ch. de / en r et substit. du suff. ou
au suff. in. Le bélier est ici considéré
comme le type de l'opiniâtreté.
DÉBIMBANBANAJO(dél>inbanbanajo)
s. m. — Débâcle, dégringolade; au fig.
mésaventure, désagrément.
OHie est-lc^ donc, quou grand blagueur,
Quou fussou (le patrigotajo,
L*autcur Uou débimbanbanajo ?
« Où est-il donc ce grand blagueur, —
Ce faiseur de cancans, — L*auteur de tout
ce désagrément. » (Due Bib.)
De débanajo, devidage, av. insert, de
2 syll. pour accuser le plus possible le
le caract. péj. De plu», ces 3 syll. qui se
suivent, hin-ban-ba, font onomat mar-
quant la débâcle.
DEBITORS (débiter) adj. — Ne s'emploie
qu'au masc. et surtout dans la loc. toi
debitors, tout tordu, tout contrefait.
De de, bis et torsus. Ce mot a formé la
loc. adv. usitée à Lyon de debitoribus à
gauche ou à droite pour quelqu'un qui
marche de côté, ou pour un objet de travers.
La loc. est employée par Rab: «que le
soleil broncha quelque peu debitoribus à
gauche. » Debitoribus a été évidemm.
fabriqué par les clercs.
*DEBOLLI(debolhl) v.a. Dph. deibouillé.
— Défaire, abîmer, déranger. « Oui a tôt
debollia lo liet, il a mis le lit sens dessus
dessous ; lo mariajo est debollia, le
mariage est rompu. » (Goch.) Lim. debou-
Iha, démolir, détruire.
De *debulla,re, dér. de bulla, littér.
mettre en boules, en parlant d'une chose
dont les morceaux roulent comme des
boules. Le préf. de est renforç. Je
n'explique pas le mouillem. de /, qu'on
retrouve dans degoilll, de gula.
DÉBORFO (déborfô) v. a. — Dégonfler.
Feire deborfù in bou, ina vachi, se dit
lorsqu'un de ces animaux a été météorisé
pour avoir trop mangé de trèfle, et qu'à
l'aide de l'opération usitée ou de toute
autre manière, on les fait se dégonfler.
De borfô (v. ce mot), av. préf. de au
sens contraire du thème.
DÉBORFO (déborfô) adj. des 2 g.—
Gonflé outre mesure.
Preselntove ou public Tn grous zio deborfô,
« Présentait au public un gros œil lui
sortant de la tête. » (Mén.) .
De borfô, av. préf. de, employé non plus
au sens contraire du thème, comme dans
le mot précédent, mais au contraire au
sens int.
DEBORSELO (deborselô), ap. Goch.
DEBOURSELO v. a. — Enlever l'écale
des fruits ; deborselô le chôtagnes, éplu-
cher les châtaignes. Pr. desboursela,
faire sortir le grain de la capsule.
De bnrsa^^borsa, av. préf. disjonct. de
et suff. fréq. elô (cp. fr. pommeler, de
pomme ; griveler, de grive).
DÊBOUMO (déboumô) v. a. — A St-
Mart. Faire les mutations après vente ou
décès.
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DÉBO
115
Très probablem. altérât, du vfr. deboe-
ner (Du G.)» m. lat. dehoynare, trans-
férer les bornes, les limites. Gh. de er en
6 (14 3-).
•DEBOURSELO V. dehoyselô,
DEBRIGO (debrigô) adj. des 2 g. For.
dehriga. — Frippé, usé, déchiré, abtmé.
Te hraye sont tote debrigô^ tes culottes
sont en mauvais état.
D'un rad. germ. brîk. — Ooth. brikan
braky ail. brechen, sax. braecan, angl.
to break, briser. Ce rad. est-il à rapprocher
de l'arm. régi rogi (cp. finnois rikkoa)^
môme sens ?— Au rad. s'est ajouté dans
le In. le préf. de au sens int. Suff. ô
(14 ¥).
DEBROILLI (SE) (dehrMhl) v. pr. —
Oter ses culottes, avec nuance péj. Au fij?.
se dédire d'un marché. For. débraya,
déculotter.
De brayes, av. suhstit. du suff. oilli
(= fr. ailler) à ayl, comme dans le fr.
débrailler. On e^lique ce dernier ch.
par rinfl. du vfr. braiel, ceinture, mais la
substit. du suff. peut être simplement
attribuée à une idée péj. (cp. godailler,
harpailler, tirailler, gueusailler) . En
mécan. brayes a donné régul. débrayer
parce qu'il n'y a pas d'idée péj.
DEBUNO (debunô) v. a. — Enlever
nuitamment les bornes.
De bnna, av. préf. disjonctif de et suff.
rf(14 3»).
DEBUSÊNO (debuzênô) DEBUSSONO
(debussonô) v. a. — Enlever les échalas,
les traverses d'un râtelier, d'une échelle
etc. « Attendez, je vous aurai bientôt
debiissono », disait un jour un dentiste
populaire à ses clients.
De basson (v. ce mot), vfr. bousoti^ av.
préf. disjonct. de. Je ne sais pourquoi o a
passé à ê dans la forme debusên*^. Le
passage de 55 à j s'explique par la forme
vfr. bouson,
DEBUSSONO v. debusênô,
DÊCABANO (SE) (se dékabanô), à Lyon
se décabaner V . pr. — Déménager, changer
de résidence ou même déplace.
De rabnnt*, av. préf.t/e,au sens contraire
du thème, et suff. rf ;14 8«). Se dérahann,
changer de cabane.
DÉCADER vin. v. n. — S'écrouler. —
1539 : «f A été ordonné faire abatre la tour
du Portail de la Lanterne qui vient à
décaler et tomber si en bref elle n'est
démolie. • (Arch, m.)
Mot savant forgé par qq. clerc par analog.
av. décadence,
DÉCALO (décalô), à Lyon décalé adj.
part, des 2 g. — Diminué, affaibli.
De decalô v. Un homme décalé est le
contraire d'un homme calé,
DÉCALO (décalô), à Lyon décaler, v. a-
— 1. Enlever une cale, un support.
De calôy mettre une cale, av. préf. de,
au sens disjonct.
2. For. décala^ Tarentaise dékala. —
Faiblir, diminuer. Ou décale^ ou ta en
décalant^ il baisse (Goch.). Mous revenus
décalont. mes revenus diminuent (Ghap.).
Du b. lat. calare, mollir, descendre, av.
préf. de employé au sens renforç. (v. de-
bolli). Le préf. est donc ici employé tour
à tour en sens contraire.
DÉCAMOTTO (dékamôtô), à I^yon déca-
motter v. a. — Désagréger ou détacher
qq. chose qui est en grumeaux. B. dph.
décamoutay liquéfier, dissoudre, faire
fondre.
De motte, au sens de petite agglomérat.
(esp. motta petit nœud qui reste au drap),
plus le préf. disjonctif de (= dis), plus
encore l'insert. curieuse d'un second préf.
péj. ca (v. caborna). Gp. berr. décacrotté^
pour un enfant tout grandi, littér. tout
décrotté. Suff. d (14 !<>).
DÉCANILLI (SE) (dékanilht), à Lyon
décaniller v. pron. — 1. Se dépêcher, se
hâter de fuir. Lorr. décaniller^ sortir du
lit en paresseux.
Se retrouve dans le norm., dans le berr.,
daïis le pic. et jusque dans Littré. L'abbé
Gorblet, Jaubert, Du Méril, peut-être les
uns d'après les autres, le tirent de canis^
chasser comme un chien. Littré l'identitio
avec décheniller. L'erreur vient de ce que
les divers dialectes connus par ces auteurs
avaient perdu le primitif canilles (v. ce
mot). Décaniller, }o\XGV des canilles, c'est-
à-d. des jambes. Suff. i (15 4»). Dans le
lorr. la dér. du sens pourrait venir d'une
confus, par infl. de cagne, paresse.
2. An sens actif, faire dépêcher qqu'un,
le faire fuir. Gp. tomber, qui a pris dans
le popul. un sens actif. Tomber qqu'un^
pour le renverser.
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116
DEÇA
DÉCAPILLI (decapilht), à Lyon déca-
pWer V. a. — Détacher des fils agjglomérés.
De capilli av. préf. disjonct. de.
DECHARFIGNA v. charftgna.
DÉCHARPILLI (dêcharpilhl) ÈCHAR-
PILLI, à Lyon décharpiller écharpiller
V. a. — Déchiqueter en petits morceaux.
Du vfr. charph'j av. préf. de et sufT.
fréq. ilhi. Fin. i (15 4o).
DÉCHAVELO (déchavelô) v. a. — Dé-
peigner.
De fticnti «t Suzon miai-nua, déchavelô
Se rivigliaiit ou brut que flerl la maisonneUa
« De sentir sa Suzon demi-nue, éche-
velée, — Se réveiller au bruit [du vent]
qui frappe la chaumière. » (Mon.)
De chavelô,a,Y. préf. de au sens contraire
du thème.
DECHETTO (dechètô) adj. des 2 g.—
Maigri, qui a dépéri.
Formé sur déchet, pris au sens primitif
de dechait, vieux part, de dechair (tomber
en décadence;, av. suff. <5 (14 1").
DECHIRATA(dechirata) s. f. — Ruine,
dégringolade.
V>Qchirat, tas de pierre, av. préf. de au
sens disjonct. et suflT. a, propre aux noms
fém. (53 1"). Dechirata^ éboulem. du
chirr.t.
DÉCIO V. dessiô.
DECIZI (déssizl), à Lyon décise s. f. Dph.
décisif pr. desciso. — Descente au fil de
l'eau.
riai gagna Je butin en fazan de decite.
J*ai gagné de Targent en descendant des
trains de bois [sur l'Isère]. (Bleze lou
savafi, dph.)
De Des-censa, Gh. de c en ss (88) ; de
é en i (23, rem. 1) ; chute de n (175).
Fin. i (54 5').
DECIZI (déssizl) v. n. — Descendre au
fil de l'eau.
De décizi subst. Suff. t (16 8*, rem. 1).
DÉCORDE (décôrde) s. f. — Corde dé-
tordue et en filandre.
Cravata de décorde^ éclo de vio sapin.
t Cravate de corde effilée, sabots de vieux
sapin. » (Mén.)
De fr. corde, av. préf. de, de dis.
DECORG (dekorô) v. a. For. decourai
de cour a, — Faire mal au cœur, faire
défaillir. B. dph. decoura, rendre afl'amé.
0 y a que decorôj de vére su lo p6rt
Met de cent crochetora qu'o simble que lont mort.
« Il y a de quoi faire mal au cœur, de
voir sur le port— Plus de cent crocheteurs
que l'on dirait morts. » {SU,)
Ah : baillTe met de sauvinaujou,
Ou ben je vouai decoura,
« Ah I donnez-moi ds la liqueur de sauge,
— Ou bien je vais défaillir. » (Chap.)
De cor, du préf. de et du suff. (5(14 3").
Cp. marcourô, de maie Qi cor,
DÉCOTELO (dékôtelô) v. n. — Tomber
en syncope, se trouver mal. Lo pouro
Touaino è décotelô, le pauvre Antoine a
perdu connaissance.
Du vfr. costel (de costellus) pour côte ;
plus préf. de, et suflT. 6 (14 8'). Chute de
s (166 :^-). Décotelôy laisser choir ses
côtes.
DÉCOTSI V. décuti.
DÉCUTI, TIA (dokuti, tia). à R.-de-G.
DÉCOTSI, TSA (dékotsi, tsa), à Paniss.
DÊQUIOTTI, TIA (dêkioti, tia) adj. B.
dph. découtX, — Démêler. Vêquiotli la
borra. démêler les cheveux. In pigne à
décut'iy un démêloir.
Parla donc, grand mô decotsîl
€ Parle donc, grand mal peigné! »
{Gorl.)
Si bien que mon renou, la téta decolta.,.,
€ Si bien que mon grognon, la tête
peignée... » {Mén.)
De c- ti^i, av. préf. «fd. Le préf. de passe
constamm. k de k Paniss., comme dans
le fr. il passe à dé, au moins dans la
prononciat. La forme de R.-de-G. suppose
un simple coti, que je ne connais pas,
mais qui existe à Morn. dans le composé
incotiy engourdi, entrepris. Ce coti vient
probablem. de coactare. Suff. i (15 3").
DÈDELA (dèdelà) adv. — Par là, par
delà. A Crap : Je sons étô pertot dèdelà
par charchi la groussa. Même phrase
au Gourguillon : « Je suis t*allé partout
dèdelà pour charcher m'n'épouse. » A
Genève dèdelà, dans la chambre voisine :
piém. dëdla « daU'altra parte, neU'altra
caméra ».
Dèdelà est le pendant de de deçà, qui
est au diction, de l'Acad. C'est dis-de-illac.
Le préf. dis est venu renforcer l'idée
d'éloignem.
DEETA V. dita.
DÉFARDE s. f. Alp. deifardo, dph. de-
far dey pr. des far do. A Lyon désordre,
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DÉFA
117
trouble, panique tumultueuse. D'après
Mistral le vpr. a desfarda au sens de
désordre, carnage.
Du vfr. fardesj bardes, bagage, de
Tesp. farda, manteau de soldat {fardage,
1 agage de soldat), venu de Tarabe ; plus
le préf. de au sens de séparât., éloignem.
La défarde est littér. la mise sens dessus
dessous des bagages. Gp. vfr. desfardeler,
déballer.
DÉFARDO (défardô) v. a. — Étaler pêle-
mêle, éparpiller, comme par ex. le foin,
quand on défait les andains.
De de farde, av. suff. d (14 !•).
*DEFOR *DEFOUR (defor) vin. DEFOR
adv. Dph. defoiir defouaro, for. de fù,
pr. deforo^ gasc. dehoro, gév. defouoro,
— Dehors. Cil livras eret toz escriz per
defor de letres blanches^ ce livre était
tout écrit en dehors de lettres blanches
(Marg.). Celuqui de vos trais que saura
lot mi sa profession sera l'héritii, et
apaussara los otros defour, t celui de
vous trois qui saura tout le mieux sa
profession, sera rhérilier et mettra les
autres à la porte >. (Dt'aZ.^
Te fére sorijr ben el betu
lasqw defour de la mtiton.
« Te faire sortir bien et beau — Jusqu'au
dehors de la maison. » {Chevauchée,
xvi« s.)
Fan tan fret pe defou^, échoudoD lo dedin
« Il fait si froid dehors, — Réchauffons
le dedans. » (Coni.)
Tirie voutrou vtrroin, nous letsic pas de fo.
« Tirez votre verrou, ne nous laissez
pas dehors. » (Chap.)
De de foris (39). Morn., R.-de-G., la
montagne disent defour. Lyon, qui disait
defor au xiii* s., defour au xvi«. dit
de fore. Passer de fore, pour les bateliers,
c*est passer sous la 2* arche du Pont-de-
Pierre. Au XVI* s. H. Estienne disait
aller fors pour aller dehors. Sur la forme
defour v. four.
DÉFORGNI (déforgni) s. m. — Terme
pêj. Se dit d'un homme qui a l'aii* minable,
misérable.
Lo long de Boibolinu ¥eyo (ré déforgms^
Tré suefes de redeins, que charchovoul de gnids.
« Le long du Borbolion je vois trois
pauvres diables, — Trois vauriens, qui
cherchaient des uids. i (GorL)
De forgni, fournir, av. préf. de au sens
privatif. Littér. « défourni », démuni*
dénué.
* DEFOUR ^. defor.
*DÉFRACO (defrakô) v. a. — Abîmer,
causer du dommage, spécialem. en parlant
des arbres. Ou de f raque tôt lo bouet, « il
coupe, il abîme tout le bois >. (Coch.)
Nous avons frachi, jeune branche
coupée, de Tit. et gris, frasca, branche
pourvue de ses feuilles. Nous devrions en
avoir formé le v. defrachî. Il faut admet-
tre que nous avons conservé la forme
verb. importée : esp. frasca, gris, sfrascar,
couper des rejetons {ap. Diez), ou plutôt
le vpr. frascar, qui a le sens plus général
de briser, mais dont Torig. sans doute,
est aussi frasca. Frasca est dér. de virere,
suiv. Diez ; suiv. d'autres du goth. frasts,
enfant, étym. toutes deux purem. hypothét.
DÉFRATAILLI (défratalhl) v. a. —
Abîmer, gâter, détériorer.
De fr. tailler = taillx, av. le préf. fra^
exprim*. le bris (cp. fracasser), et un %•
préf. de^ au sens int.
DEGINGINO (dejinjinô) adj. des 2 g. —
Disloqué, abîmé. Cela pôtiri est tota
deginginô, t ce pétrin est tout disloqué ».
Adj. particip. de deginginô^ verbe.
DEGINGINO (dejinjinô) v. a. — Dis-
joindre, démonter.
De diS'junglre pour dis-jnngere, d'où
degingtf et deginginô par l'adjonct. d'un
suff. fréq. Le passage de un à in est le
résultat de la présence de la gutt. Ainsi
jungere a îaii joindre et non jundre.
DÉGOGNI (SE) (dégognl); à R.-de-G.
DÉGOUGNI ; à Lyon se dégogner v. pr.
— Se démener, s'agiter par des mouve-
ments désordonnés. Goignade, ancienne
danse auvergnate à mouvem. de même
genre; In. gognayit, individu dégingandé ;
piém. dêsgognay péj., dégingandé, dif-
forme.
J*ai jurô, j'ai peslô, je me su degougni.
« J'ai juré, j'ai pesté, je me suis donné
du mouvement. » {Mè7i.)
Le pr. a se degouia, gasc. se degoulha,
lim. se deguelha, même sens que se dé-
gogni. Ces vocables sont formés sur le
pr. goio, cat. coix, esp. cojo^ boiteux, de
coxus. * Coxinus (avec i bref) donnerait
le pr. *goisn, que je crois retrouver dans
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118
DEGO
goin employé par le roi René pour gêné
dans ses mouvements. Goisn, goin don-
nent régulièrem. dègoiniev dégoignr.r j
qui passe à dégogner comme besoigner
à besogner, et à dégognï par le suflF,
ordinaire (15 4«*). Un v. *coxinare don-
nerait de môme gogni.
DEGOILLI (SE) (degôlhl) v. pr. — Se
quereller, se dire des injures.
De de et de gueule av. substit. de oi
à eUf probablem. sous l'infl. de degoizl.
SulT. t (15 40). Remarq. la mouillure de l
(cp. debolli),
•DEGOIZI (SE) (degoizl) y. pr. — Se
quereller, se dire des injures.
Non de gosier y qui aurait donné degôsi,
mais du vfr. degois, babil, gazouillement,
d'où se degoisier^ s'ébattre, probablem.
par une dér. de sens ironique. Suff. \
(15 8«, rem. 1). Quant à degois, est-ce de
gaiidiiim î Le mha. a goïden être glouton,
prodigue, vantard, qui expliquerait peut
être la persist. de g dur dans degois ;
mais j'ignore si goïden n*a pas été tiré
du roman.
DEGOLLI (dégolht) ; à Lyon dégailler
V. n. — Vomir. Pr. degaia, lim. degalha,
Igd. degavalha, abîmer, gâter, dissiper.
Pr. degai degatlh, alp. degalh, dégât.
M. Mistral identifie pr. degalh av. vpr.
deguais, même sens, et degalha av.
degasta. Je crois que c'est une erreur.
Degasta vient de dis-vastare et degalha
me paraît venir de *dis-vaculB,re. Ch. de
V init. en g (cp. vadum= pr. ga, vastare
= gastar) et de ac(u)lare en alha (cp.
badaculare = badalhar). De degalha a
été tiré le subst. degalh, comme degast
de degasta.
Mais à côté du sens d'abîmer se trouve
en pr. celui de répandre, étendre, éga-
liser; for. égailla, disperser; égailla lo
fen, étendre le foin ; pr. eigaié, celui qui
éparpille les gerbes. M. Mistral ne donne
pas ce sens, mais il l'emploie lui-même
dans les vers suivants :
E la Durciiço — . ......
Que dmjaio son aiguelo.
En ioujant mé li chat que truvo pcr camin.
« Et la Durance Qui répand son
onde — En jouant avec les gas qu'elle
trouve par la route. » {Mireille, ch. III)
En Vendée, s'égailler signifie se dis-
perser. Égaillez 'VOUS, mes gas, était le
mot des chefs vendéens. B. dph. égabela,
for. égalha, disperser ce qui était amassé ;
poit. ëgalher^ étendre. M. Joret tire degaia,
égailler f de exequare, par un dim. eiga-
Ihar =. *ex(e)quaculare. Ce qui lui donne
raison, c'est la locut. vaudoise habit mal
aiguillé, habit en désordre, où aiguillé
est une corrupt. d'égailler. 11 y aurait eu
ainsi 2 mots d'orig. différentes, l'un av.
préf. ex, d*aequare, l'autre av. préf. dis,
de 'vaculare, qui ont agi l'un sur l'autre.
Quant au In. degàlht, il vient du pr.
degalha, car dis-vaculare aurait donné
directem. dégocliô (164 2% a). — Le pas-
sage du sens de dévaster, abîmer à celui
de vomir peut s'expliquer par l'infl. de
dégueuler. Il se peut aussi qu'on ait
conservé un souvenir du sens primit.
d'évacuer.
DEGOLLI (degolhl) v. a. dans l'express.
degolli lo copet^ lo couar, couper le cou,
guillotiner. Roquef. donne dëgolar, même
sens, qui est sans doute pr. Sarde dego-
gliai, décapiter.
Ou cou créfl si flar, a qui lo grous Ri-pe,
Preteinci dous Lyonnais, dêgoly lo co-pe,
a Ou ce greffier si fier, à qui le gros
Ripet,— En présence des Lyonnais, coupa
le cou. » {Per.)
De gnla, av. préf. disjonct. de, et suff.
t appelé par Ih (IS 4®) ; l s'est mouillée
probablem. par infl. de degôlhi, vomir.
DEGONCI (degonsl) v. a. — Littér.
Arracher qq. chose de ses gonds ; au fig.
enfoncer, démolir.
Dou noviau color.el le fatales cohortes,
S'occu|H)nt su lo champ tlo dégoncile portes.
« Du nouveau colonel, les fatales
cohortes, — S'occupent sur-le-champ à
enfoncer les portes. » {Per,)
De fr. gond. On devrait avoir dégondô,
et à Lyon on dit en effet dégonder une
porte, l'enlever de ses gonds. Mais comme
le d de gond ne se prononce pas, le
paysan a fait dégon-ç-i, comme on a fait
ham-eç-on, par l'intercalât, d'un c doux,
qui a appelé la fin. î (15 8", rem. 2).
*DEGOT (degô) h Lyon dégoût s. m. —
Goutte. In degol de btdlion, une goutte
de bouillon. « A n'en joyit si bien su sa
tête qu'o ne chayit pôs solament in degot
su sa roba », il en joua si bien sur sa tête
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DEGO
119
qu*il n'en tomba pas seulement une goutte
sur son habit. » (Dial.) — Vfr. degot,
gouttière.
Subst. V. de de-guUB,re, Ch. de w bref
en 0 (68).
DEGOUORO, ORA (degouorô, ora) adj.
— A Grap. Déguenillé.
Du vha. skèrran, comme deguirï,
déchirer, mais probablem, par une forme
av. o au lieu de <?. Schade donne en effet
[^ascoranni] kiscorrini, aciïon de gratter,
qu'il rattache à skerran. Préf. de au sens
int. ; ch. de c en ^ (87, rem.); suff. 6
(14 HO).
DÉGRENO (dègrenô) adj. des 2 g.—
1. Se dit d'une pompe qui ne fonctionne
pas parce qu'on ne l'a pas amorcée. C'est
le contraire d'engrené donné par Litlré.
2. Au flg. misérable, sans argent,
atTumé.
Mange el bois,dégrené, remplis-loi la bedaine. [Gorl.)
De grain av. préf. de et suff. 6 (14 3»).
DEGROBO (degrobô); à Lyon dégroher
V. a. — Arracher qqu'un à son immobi-
lité. « I poyont p6s lo degrobô dou fuet, »
on no peut pas l'arracher du coin du feu.
Du préf. disjonct. de^ de groha et du
suff. ô (14 20).
DÉGUÈGNAT(déghègnàjDÉQUÈGNAT
(déitègnà) adj, des 2 g. - Du côté du
Bois-d'Oingt, de Villefr., Dégoûté, difû-
cile, sans appétit.
Probablem. corrupt. de dédaigneux,
av. substit. du suff. at, et ch. de rf en ^
ou k par assimilât, av. la gutt. méd (cp.
188).
♦DÉGUEULO (SE) (dégueulô) v. pron.—
S'injurier.
Que siàrt-to de vu degueulâ ?
Vo pouëdet pô» vo zeiiigolô.
« A quoi sert-il de vous injurier ? —
Vous ne pouvez pas vous avaler. » {Due
Bib.) .
C'est le fr. ^'engueuler av. le préf dis
au lieu du préf. in. Le préf. de marquant
le mouvem. du dedans au dehors est mieux
à sa place que le préf. en, puisque l'injure
sort de la gueule et n'y entre pas.
DEGUILLI (deghilhl); à Lyon déguiller
V. a. — Tirer au sort entre enfants pour
savoir lequel sera désigné pour un jeu.
Veguillï est l'équivalent de faire tomber
(cp. fr. tomber au sort). Ss.-rom. déguil-
ler des noix, un nid, se déguiller d'un
arbre, « faire tomber des noix etc. » Lorr.
guiller des sous, les lancer en l'air pour
savoir si c'est pile ou face qui retombera.
Quand les sous ne tournent pas bien en
l'air on dit qu'on n'a pas bien guillé.
Deguilll est composé du préf de^ au sens
disjonct. et de guille, pointe, sommet;
ss.-rom. la guille d'une tour, le guillon
d'un clocher ; fr.-comt. l'aube guillerole,
la pointe du jour; en Bretagne guillet,
qui est notre In. quinet, morceau de bois
court et pointu. Quille vient du vha.
ch^il chegily objet allongé en forme
conique. SutT. i (IB 4«').
•DÉGUIRI (déguirl) v. a. — Déchirer.
Oui a deguiria lo papi, il a déchiré le
papier. — A Grenoble aiguiri (Goch.).
Du vha. skèrran av. préf. de et suff. t
(15 5-).
DEIS vln.prép. Vpr. deis des. — Depuis.
« It. deis la dicta tor jusque a la tour dou
portai saint Jeorgio •, item depuis la dite
tour jusqu'à la tour du portail de Saint-
Georges. « Item deis la dicta eschiffa nova
jusques el quarro... », item, depuis ladite
échauguette neuve jusqu'au coin... (Inv,
de /a C. 1869;.
De de-ex = de-e(c)s, Ch. de è suivi de
c en t (87).
DÉJARMAGNI (SE) (déjarmagnl) v.
pron. — Se débattre avec violence. For. se
déjamani, se disloquer.
Qu'a io. donc fat ? ob, qu*a te dejarmagne !
t Qu*a-t-il donc fait ? oh, comme il se
débat I » (Per.)
Du préf. de, de jar, jambe, de main, et
du suff. i. liittér. se déjamber et se dé-
mainer. Le mouillem. de ?i, et par suite
le suff. î (15 4»), est di\ à l'yotte de main.
Je dis main, plus suff., et non manicare,
qui donne ma7ieyi,
DÉJETÉ. ÉE (déjeté, ée) adj. — A Lyon
Affaibli, abattu, vieilli. Je l'ai trouvé
bien déjeté, bien affaibli, fatigué.
C'est le partie, du v. dechettô dans leq.
ch a été remplacé par J sous infl. de déje-
ter, dévier.
DELAVORO (delavorô), à Lyon delà-
rorer v. a. Dph. deilavora, b. dph. delà-
vourar — Dévorer, ronger, torturer.
Qu'après In jour pas&6 »in« bère ipii migi,
A. iant delavorô \o topô dou cliargi.
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120
DÉLI
< Qui, après un jour passé sans boire
ni manger. — Auraient dévoré le souper
du clergé. » (Maraud,)
E crci que inili bit veoint de labora.
Ne louz oassian pas poi d'un met deilavora,
« Et je crois que mille valets, venant
de labourer, — Ne les eussent pu dévorer
en un mois. » (Banq.)
la peine et la noire langueur.
Qu'une minute avant (i«/aoorton( ton co3ur(Bt. Blanc).
De dévorer, av. épenth. de la. De même
que ridée dim. s'accentue par l'épenth.
d'une syll. entre le rad. et le suff- (cp.
fol-ich'on), de même l'idée principale se
renforce par l'épenth. entre l'init, et le
rad., ou encore par l'insert. d'un second
pref. (cp. In. dé-ca-mottô, décoller les
grumeaux, berr. dé-ca-crotter, décrotter,
b. dph. dé-com'passa, dépasser).
DÉLINGUER (délinghé) v. n. - A Lyon
s'affaiblir, décliner. Poi t. délinquer, tom-
ber de fatigue, décliner.
De dis^liquAre, tomber en eau, vpr.
deslegar. Nasalisai, de i devant une gutt.
(184 7»); la conservât, de qw sous la
forme g est sans doute due à l'infl. de
deslegar ; ch. de are en (5 (14 4").
DÉLIO (déliô) LIO; ap Goch. LIA s. f.
For. délia. — Temps de labour sans dis-
continuer. « Ai fat tôt iquen din ina lié »,
j'ai fait tout cela sans dételer. « J'ons fait
ina forta liô », nous sommes demeurés
longtemps au travail avant de rentrer à
la maison. C'est le temps du travail qui
s'écoule entre 2 repas du laboureur et de
ses bœufs. En Lorr. une attelée.
Du fr. liée, av. substitut, du suff. pat.
ô (= ée). Si le mot avait été formé sur
ligatay on aurait lèyia, comme on a lèyX,
de ligare, et dans ce cas a n'aurait pas
passé à (5 (1, rem. 3). La forme déliô est
curieuse en ce qu'il semble qu'une déliô
devrait être le contraire d'une liô. C'est
que le préf. de est pris au sens int.
DELOUSO (delouzô) DELUSO v. a. —
Enlever les dalles larges et plates recou-
vrant un mur ou formant dallage, et
appelées louses luses.
De lousa lusa^ av. préf. de et suflf. ô
(t5 3», rem. 8).
DELUSO V. delousô,
DEMADIN (demadln) MADIN s. m. —
Matin.
De-mad(u)linum comme de-matfujtl-
nxim donnent égalem. dematin. Il faut
donc admettre une transform. moderne de
matin en madin. Le préf. s'explique par
une locut. partir dès matin, se lever dès
matin. A Lyon on dit partir du malin
pour partir dès le matin.
DEMANGOGNI (SE) (demangôgnl) ; à
Paniss. SE DEMANGONO. à Lyon se
démangogner v. pron. — Se démener av.
des mouvements dislocatoires.
De mango, manche, av. préf. disjonct.
de et suff. gni, appelé peut-être par analog.
av. se dégôgnî. Gp. se démancher, à Lyon
pour se disloquer ; ss.-rom. demangogna,
démantibuler ; à Voiron démangoya, dé-
traqué; à Genève dématigonner^ déman-
gouner, déranger, détraquer, et à Paniss.
au contraire, mangonno^ emmancher.
• DÉM A RCORO (SE) (demarkorô), à Lyon
se démarcourcr v. pr. — Se maucoeurer,
s'abîmer de chagrin, se désespérer. « O faut
pas rin te demarcorô », il ne faut pourtant
pas te désespérer. B. dph. demarcoura.
piller, ravager: Voiron demarcora ,
découragé.
Du préf. de, au sens renforç., de ma/e,
de cor, et du suff. ô (14 3"). Ch. de l eu
r (170 2, d).
DÉMENET, ETTE (démené, ète) adj.
— Vif, remuant, qui s'agite.
Du rad. de fr. démener, av. suff. dim. et.
* DEMIJI (demlji) s. f. — Démangeaison.
Subst. V. tiré de demigu
•DEMIGI (demijt) DEMINJI v. n. —
Démanger.
De de et mand(u)cB,re» La forme
ancienne est demingi. Ch. de an en in
(60, rem. 1). La dénasalisat. de i est un
phénomène très rare. Ch. de c en ^ (161,
5«) ; de are en t (IS 29).
DÉMONOCLIO (démonoklio) à Morn. ;
à R.-de-G. DÉMONOCLO s. f. - Forcené.
Lt j*aviso, mon cher, comme In bien grand mirôclo
D*dVé pii m'échippô d'un paré dimonoclo,
c Et je considère, mon cher, comme un
bien grand miracle — D'avoir pu échapper
aux mains d'un pareil forcené. » {Brey.)
C'est le vfr. démoniacle, possédé, de
dœmonVLCulum. Ch. do a en (5 (59 et 1);
insert, de i (164 2, b. rem.).
DÉMONOCLO V. démonoclio.
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DEMO
121
DeMORANCI (demoransî) s. f. Vpr.
demoransa — Demeure.
Alor, no vont tous doux jusqu'à sa demoranci
Oiile al a fat construire A la noTella Fianci.
« Alors nous allons tous deux jusque
chez lui, — Où il a fait construire à la
nouvelle mode. • {Gorl.)
Drt *demora,ntia (de morantem), Gh.
de/taen ci (138 2^.
DÊMORCHAGNANT (dômorchagnan)
s. m. — Individu qui fait des grimaces.
De démorchagni, av. suff. ant répond*
au lat. antem. Un démorchag7ianty c'est
un « grimaçant ».
DÊMORCHAGNI (SE) (dêmorchagni) v.
pron. — A Paniss. Faire des grimaces,
se tordre la figure.
11 n'est peut-être pas impossible que le
mot soit une composit. fantaisiste sur
mâchoire, av. préf disjonct. de ei un suff.
péj. agni (cp. fr. popul rechagner). L'idée
est se disloquer la mâclioire, se démd-
choirer, péjorativem. changé en déma-
choirgner, dêmachargni^ puis dêmar-
chagni par métath. de r (187 1"), et enfin
dêmôrchagnl-p^r ch. de a init. en ô (59).
Même les créations les plus capricieuses
obéissent à de certaines règles.
DENGUN (dingun) s. m. For. lenguriy
Igd. digun, b. dph. di7igu, dph. he'ùn,
alp. nengu, lim. degu, gris, negin, cat.
negun, vpr. nengus negus. — Personne.
Désirant qu'après set, »i-oly reste de suure,
Chacun n'ay<^ un piaf, afin que leiigun ploure.
« Désirant qu'après soi, s'il lui reste
du bien, — Chacun en ait un morceau,
afin que personne ne pleure. » (Ghap.)
Diez y voit le vha. dikein, mais les
nombreuses formes av. n init. démontrent
rétym. ne3 anus, av. ch. de cons. init.
dans divers dial., probablem. par besoin
de dissim. quand la 2« n se prononçait
encore. Le passage, d'ailleurs, a toujours
eu lieu d'une dentale à une dentale.
M. Gornu a donné d'assez nombreux ex.
du ch. de n en d.
DÊNIO(dôniô) v. n. For. dénia. ^ k
Paniss. abandonner son nid, en parlant
d'une poule. Au fig. chasser d'un endroit
où l'on est bien.
l.a mort hms a déniai en prenant lou dc^funt.
« La mort les a chassés en prenant le
défunt. » (Ghap.)
De •dis-wiWarc. Vê très ouvert du préf.
est particulier à l'endroit. Chute de d
(139); are = ô(141»).
*D'ENQUI, mot donné par Goch. comme
signifiant» d'aujourd'hui». C'est, je crois,
une erreur. D'aujourd'hui se dit de v-huey.
V. dinqid, av. lequel Goch. a sans doute
fait confus.
DENSSI, mot donné par Goch. comme
signifiant « avoir les dents liées ». Il aura
voulu dire avé la densi (v. dinsi) ; denssi,
verbe, n'existe pas.
DENTARU, USA (dintaru, uza) adj.
Dph. dentaru. — Qui a de grosses dents,
surtout quand elles sont proéminentes.
De de7ilem, av. suff. u, d' ot us {3S) et
insert, d'une syll. péj. ar qu'on retrouve
dans dormaroit.
DÉPATOLLI DÉPATROLLI (SE) (se dé-
patùlht, trolhi) ; à Lyon se dépatrouiller
V. pron. For. depaloilla. — Se débrouiller,
se tirer d'embarras, se débarrasser de qq.
cliose.
De fr. patoiiiller patrouiller, av. préf.
de au sens contraire du thème et substitut,
du suff. i (15 40); ch. de ou fr. en 0 pat.
(34, rem. 4).
DÉPATROLLI (SE) v. se dépalolll.
DÉPEILLI, lA (dépèlhl, ia); ap. Roq,
DEPPELO (depèlô) adj. — Déguenillé, en
hîiillons.
Le saques sont parcies, lo zabits deppelâ.
«Les poches sont percées, les habits
déguenillés. » (Sit.)
De peilii, haillon, av. préf. de, comme
dans déguenillé, de guenille, et suff.
particip. des v. en t. Je crois que la forme
de Roq. deppelô a été forgée pour les
besoins de la rime. Je ne connais que
dépe'illi, et d'ailleurs les // mouillées
n'admettent pas la fin. (5 (15 4*>).
DÉPICIER vin. v. a. — Démolir, mettre
en pièces. 1419: «Hz ont concluz qu'ils
parleront h monseigneur le bailli de la
benne (?) que Ton a commencée au milieu
de Saonne, à l'endroit de Rouenne, afin
de la faire dépicier. » (Reg. cons.)
De pici, de petia, av. préf. de, de dis,
et suff. ier. Le mot n*a pas été formé sur
*depetiare, car on aurait eu dépisier
(138 1°).
DÉPICOLO (dépikolô) v. a.— 1. Arracher
grain à grain, égrener.
13
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122
DEPI
C'est le fr. moderne dépiquer, av. un
suff. dim. olô = oler (cp. rissoler, de
risser ; rigoler, de rire). Un ccrluin
nombre de mots savants ont ainsi pénétré
dans le patois.
2. Arracher un fruit de sa lige.
De picou, tige, anciennem. picol, av.
suff. (î (14 3").
DEPIÉ (depiô) dans la loc. Fére depië,
faire affront, humilier. 0 m'a fait depiè\
cela m'a peiné, m'a humilié.
De despectum, comme répit de res-
pectum. Gh. de e + c en te (27, rem. 1).
On a depiet^ comme lectum a donné liet.
Et (è) s'affaiblit souvent en ë,
• DEPI LLA N DRO (depilhandrô) ; à Lyon
dépillandrer dépiya7idrer v. a. Pr
espeiandra, dph. épélhandra, h. dph.
depèliandra. — Mettre en lambeaux,
déchirer, dégueniller.
De de + pillandre (v. ce mot), + suff.
d (14 3").
DÉPILLORSI (dépilhorsl);à Lyon dépil-
locher épillocher (épilhùché) v. a. Pr.
espeia espéioti — Enlever av. peine et
minutie l'ècorce, la peau de qq. cho.se.
Lorr. dépilloter les noisettes, enlever le
brou ; norm. dépiosé, enlever la peau,
écoicher.
Non de ex- piluccare, qui aurait donné,
av. un suff. fréq., dépluchayl, et qui
d'ailleurs ne se prête pas bien au sens.
La forme de Lyon répondrait à un *ex-
pelle^re, de pellem ; d'où "épeiller, plus
un suff. ochery dont Tallongem. indique
le caract. dim.(cp. pignocher, dépeigner).
Sur *épeiller cp. vfr. peille, de *pellea.
Le suff. de Lyon ocher s'est modifié en
pat., probablem. par analog. av. érorcer.
Érorci^ enlever l'écorce; dépillorsi, enle-
ver la peau. Suff. l (15 3% rem. 2). Le
vfr. dépelucer^ arracher la peau, n'est
pas notre mot, et se rattache à 'pilucia.
Je ne crois pas non plus q\i* épillocher
soit un frép. d^épiler, 1" parce que le sens
est fort différent ; 2» parce qvCépiler est
savant ; 3* parce que Z d^épiler n'est pas
mouillée.
DÉPIO (dèpiô) adj, des 2 g. — Nu-pieds.
A mais vuliu choupiù
Jean qu'elle tôt dcpiô.
« Elle a voulu de plus écraser l'orteil —
De Jean qui était nu-pieds. » {Mort de la
Zob.)
Do pedem = pi, av. préf. disjonct. de et
sufl. ô (141").
DÉPIQUERNO (SE) (se dépikernô) v.
pron .— S'ùler la chassie des yeux, mais plus
volontiers, au fig. Se lever, faire sa toilette
du malin. As-te /ignide te dépiquernô î
As-tu bientôt fini de te lever ? — Lorr.
s'dèheuUer (litt. s'ôter l'huile), môme sens.
De piquerna, av. préf. de, de ex, et
suff. ^(14 3-).
DÉPISER vin. 1411-1420: « Dépenses
pour le pont de la fuste de la Guillotiere
qui rompit et depisit le jour de la saint
Ghristofle par le moytent. »
Non de depetiare, qui adonné dépicier^
mais de pisB.re, briser, piler, av. préf.
int. de. Dépiscry v. actif, a passé au sens
neutre comme crollare, signifiant d'abord
secouer, ébranler, est devenu neutre dans
crouler, écrouler.
*DEPLAYI (depla-yl) v. a. — Dételer
les bestiaux du lalDour.
De dis eiplicAre (v. applay't).
DEPOITRAILLI, lA (depoitralhl, ia); à
Lyon dépoitraillé adj. — Se dit d'une
personne dont la chemise est ouverte sur
la poitrine, ou d'une femme décolletée.
De poitrail, av. préf. de et suff. t (15
4"). Cp. vfr. despoitriner, découvrir la
poitrine.
DÉPOLLI (dépolhi) s. f. — Terme péj.
Mendiant déguenillé, vagabond.
Hiar, en bandelant, vlo De.ixi la dépoUi.
« Hier, en vagabondant je vis Dédi, le
vagabond. » {Bail. d'Ess.)
Subst. V. tiré de despoliSLre.
* DÉPONDRE V. a. — Se dit lorsqu'on
rompt un lien qui tenait un objet suspendu.
Au fig. dépondre une croûte est l'équi-
valent do cette autre e.^press. casser une
croûte. Il ne dépond pas de parler ^ il
ne s'arrête pas de parler.
De (uui los 16s dija depond la vllli conlt
Dont j*ay(ioiis cncobl6s par la laidi discorJa.
« De tous côtés déjà est rompue la vieille
corde — Dont la laide Discorde nous avait
entravés. » (Hym.)
J*aylns pluluut besoin de dépondn iiia croùta.
c J'avais plutôt besoin de manger un
morceau. » {Gorl.)
De dis-ponere (v. appondré),
DÉPONDU, UA (dépondu, ua) adj. —
Tombé, ée, par la rupture d'un lien. « Sa
jupa s'est dépondua, sa jupe est tombée
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DEPO
123
parce que l'attache s'est cassée. (Goch.) »
Au flg. déguenillé^ abîmé. Lo gruin to
dépontsu^ le visage tout abimé {SU,)
Celebro dépondsu, liou dzizi lo pignoufle,
OTuut no (iccidô de chapolo lu moufle....,
« Illustres déguenillés, leur dit le
vaurien, — Il faut nous décider à abîmer
le visage... » (Mar,)
De dépendre, av. sulT. u particulier aux
part, de la 4« conj. fr. (cp. naissu^ cressu^
cuissindu et fr. pondu). Transport de
l'accent sur la fin. dans le fém. (51).
DEPOPILO!I(depôpilô^ adj. partie. —
Détérioré, disloqué, dévasté, en parlant
d'un meuble, d'un bâtiment etc.
C'est un de ces mots tirés du fr., en
estropiant la forme et le sens. De dépeuplé
on a fait depopilô par la fin. analogique r5
(14 3'), et l'épenth. d'une voyelle d'appui
dans le groupe pi ; sans compter que cela
offrait qq. analogie av. pilô, piler. Quant
à eu, ce n'est pas un son pat. et il a été
remplacé par son quasi-homophone o.
DÉPOTINTO (dépotintô) adj. des 2 g. —
Avarié, disloqué, détérioré. O v'est toi
dépotintô^ c'est tout abîmé, en parlant
d'un meuble, d'un vêlement, d'un bâtiment
etc. Dph. deipotenia, mou, sans vigueur.
Adj. partie, de * dépotintô, v., qui n'est
plus employé qu'av. la forme pronominale.
* DÉPOTINTO (SE) (dépotintô); à Lyon
se dépotenter v. pron. — S'épuiser en
efforts, s'abîmer, s'anéantir pour arriver à
faire qq. chose. Berr. dépotenter^ abattre,
enlever.
De de, au sens contraire du thème,
plus poientem, plus suff. ô (14 !•). Ch. de
en en in (65) — Mot formé régulièrem.,
et non comme puissant, sur un barba-
risme possentem. La conservât, du 1" t
indique une format, savante.
DEPPELO V. dépeilli.
DÉPROUFITO (déproufitô) v. a. - Rui-
ner, gâter.
Du vfr. prouffiter, av. préf. de au sens
contraire du thème, et substit. du suff
pat. d (14 !•).
DÉQUÈGNAT v. déguègnat.
DÊQUIOTTI V. décati.
DÊQUIOTTISSOU (dékiotissou) s. m.
A Pani.ss. Démêloir,
De dêquiottï, av. suff. ou = orem (34
his), relié au thème par w (cp. poli-ss-eur,
rôli-ss-eur).
DÉRAPO (derapô) v. a. — A Paniss.
:i ciner.
D'un rad. germ. rap : holl. rapen, suéd.
rappa, ail. rafj^en, saisir, av. préf. disj .
de, de dis, et suff. (J (14 2o). Cp. terme
de mar. déraper, lever Tancre.
DERGNO (dergno) ; à Yzer. QAR-
NAYAT (darna-yà) DARNÈYAT ; à Lyon
derne dergne s. m. — Pie-grièche. Terme
commun aux dial. du sud de la France
et dont les formes se divisent en 2 séries :
celles qui ont le thème seulem. comme
In. dergne, dph. da^'ne, b. dph. derne,*
piém. dergna;el celles qui ont ajouté
une 2« partie, comme In. darnayat, b. dph.
dernejaye, Voiron darniot^ for. darnea,
niç. darnagas darnegas, pr. tarnaga, Igd.
tarnagas tarnigas, ss.-rom. ernea amea.
Il est possible que celte 2* partie repré-
sente le mot agasse, .ajasse, pie. A côté
de derne, en effet, le b. dph. a dernejaye,
pie-grièche d'une espèce plus grosse. Le
vfr. mattagasse, qu'on trouve encore en
angl. pour une espèce de pie-grièche, par
opposit. au shrike, confirme l'interprétât.
Le In. darnayat est sans doute le dar-
nagas pr., auquel, par confus., s'est
substit. le suff. at pour asse.
Étym. inconn. — Peut-être celt. î Le
celt. a composé les noms d'oiseaux avec
dar dam, oiseau, et un mot désignant
l'espèce ou la qualité, de môme que notre
darn-ayat paraît composé av. dam, plus
agasse : — kym. adar aderyn, oiseau ;
gaël. dorn-a/cA, pie-grièche; adhar-can,
huppe et vanneau ; arm. adar, hibou et
rossignol ; darnich, petit vol ; darnija,
voler bas ; mor-adar-bal^ mouette ; irl.
adhar-cachan, coucou. Si le vfr bâtasse
haiesse est réellem. dér. du celt. bach,
darnayat pourrait être dér. du gaël.
domaich par une dérivât, analogue.
DERNE V. dergno.
DÉROCHI (SE) (dérochi) ap. Coch. DÉ-
ROCHIA V. pron. Dph. deirocha, b. dph.
dérocha, pr. derrouca, piém. dirochè,
vpr. derrocar, b. lat. derocare, vfr. deS'
rorhier desroquer. — Tomber d'un lieu
élevé.
C.oniQ lo clianoîinen, qui orc nous aproche
A la citna du clé, el ore nous deiroche,
« Gomme la fortune, qui tantôt nous
approche — De la cime des cieux, et tantôt
nous précipite. » {Bat.)
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134
DERO
De roche, av. préf. de^ au sens d*éloi-
gnem. et suff. t (15 2"). Gp. débucher,
décrocher etc.
DEROCHIA V. se dérochu
'DEROMPEI (derompè) s. m. — Champ
qui vient d'être défriclié. a Rompeis sont
terres nouvellement cultivées. » (Contes du
Nivernois, ap. Goch.) J'ignore si du temps
de Goch. ei se diphtonguait encore; je
suppose que non et qu'il a suivi simplem.
là vieille orthogr.
De dis-rumpere, av. un sufT. coll. ei =
etum ycp. vpr. annei\ d'alnetum, vfr.
aunoi\ chaumoi, sablonnoi). Ce suflf. a
le plus souvent passé au fém. (futaye,
chesnaye), et je crois que notre mot est
un ex. fort rare de la conservât, du masc.
dans un dial. vivant. Je ne pense pas qu'il
faille lire le suff. at-icius, quia également
une signif. coUect. et a donné eïs en vfr. ;
il aurait probablem. passé à is (cp. arra
chis, couchis, plessis).
'DEROMPRE V. a. — Défricher un
champ, spécialem. détruire une prairie
pour en changer la culture, rompre les
mottes, « Rompre une terre en Berri, se
dit pour labourer une l" fois après un
long chômage. Lg»!. roumpre, essarter. »
(Goch.)
De dis-i'nmpere f comme rumpere a
fait fr. rompre. On trouve derompre en
vfr., mais au sens général de briser.
DEROT, OTTA (derô. ùlta) adj. Vfr.
desroupt, — Essarté, défriché. Se dit
d'un pré dont les mottes ont éléderompues.
De dis-ruptum. Gh. de u bref en o (38).
DERRIO (dèrio) adv. — A Lenlilly Tout
de suiteji incontinent.
Jannela dit: Biau Pierru,
Pusque l*es bon earçoD,
Je le prometlo derrio
Mon cœur, mon petit bozon!
H Jeannette dit : Beau Pierre, — Puisque
tu es bon garçon, — Je te promets tout
de suite — Mon coeur, mon petit chéri l »
(Voga)
Peut être une forme de dare (pour le
passage de a à é cp. for. démo, rouelle
de veau, de dsirne), mais je ne sais pas
expliquer l'addit. de l'yotle.
DÉSABO, OTTA (dézabô, ôta) adj. —
Terme péj. A Paniss. Vaurien, personne
remplie de défauts.
Étym. inconn. — Je n'ose proposer des
et abotô, réussir, aboutir, venir à chef
(v. botô). Abot serait un subst. v. tiré
de abotô, et le désabot serait celui qui ne
fait rien de bien, qui n'abote pas. Gp. vfr.
dessavant de so7i sens, hors de son sens,
de desavancier au sens de déchoir, se
détériorer, comme désabot le serait de
* désabot'') « disaboutir ».
DÉSANDAGNI (dézandagnl) v. a. For.
desandag7ia. — Éparpiller les andains de
foin pour les faire sécher.
De andain, av. préf. dés = dis et suff.
t (14 4°). Le mot a dû être désandaim,
La mouillure de n a été favorisée par
l'yotle devant n.
DESAPERO (dezaperô) v. a. — Ruiner,
abîmer. Vénit. dessepcrà, disjoint.
D'apparo, préparer, arranger et du
préf. de au sens contraire du th-^me.
Je ne sais pas expliquer l'affaiblissem.
de la proton., qui a persisté dans le fr.
désemparer.
'DESAVANCI (dezavansl) Vfr. desa-
vancier. — Devancer. Ou l'a d savanciay
il l'a précédé, devancé. (Goch.)
De de et avanci = avancer, La corn-
posit. ne paraît pas heureuse, car on serait
disposé à interpréter le mot par retarder,
diminuer l'avance : dés-avancer. Elle est
pourtant identique à celle du fr. deva7icer^
de de et avant, sauf une s euph. pour
relier lo préf. au thème. De a. donc ici un
sens int.
DESBORD vin. s. m. — Déljordemenl.
Un imprimé est intitulé: « De l'effroyable
et merveilleux desbord de la Rivière du
Rhosne et entours de la cité de Lyon
en 1570. »
Subst. V. tiré de déborder (cp. purge
de purger, gratte de gratter, demi g i de
démanger),
DESCENDUE vin. s. f. — Descente.
Arch. m. iWi : « Réparer les pavés ... et
spécialement la descendue du port de
Saône .. pour ce qu'elle choit trop en
descendue. » M. la t. descendna « here-
ditas ».
Partie, passé de 'desrendre, pris subs-
tantiv. ('p. du subst.
DESERT (dezèr) adj. employé seulem.
au masc. — Étourdi, bruyant ; au fig.
mauvais plaisant. « Que cel enfant est
donc désert ! » que cet enfant est donc
terrible î
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DÉSO
125
Subst v.de vfr. déserter {de desertum),
ahfmer, gâter, « vaslare ». Un enfant ou
un homme désert est un enfant ou un
homme qui gâte, qui gaspille. Si la format,
logique s'était développée, un déserté,
serait au passif- ce que désert est à
l'actif, un épuisé, un ravagé.
• DÉSONDRO (dézondrô); à Lyon déson-
drcr, vpr. desoyirnr deso7idrar ^ rgt.
disounra, pr. desoundra, port., esp., cat.
deshonrar. — Gâter, abîmer, défigurer.
Que lu serceaiit Chapay ne desoiuirave pas.
« Que le s:n'gent Chapay [par sa bonne
mine] ne dêpai-ait pas. » (Ghap.)
De dishon(o)rB,re. Insert, de d (176 1*) ;
ch. de are en d (14 3°).
DESSAMPILLI (dessanpilh!); à Lyon
dessampiller v. a. — Mettre en guenilles,
en lambeaux.
De sampilli, guenille, av. préf. de,
comme dans dégueniller, de guenille,
Suff. i (15 4«).
DESSAMPILLI. lA (dessanpilh!, ia) ; à
Lyon dessampillé, ée adj. — Déguenillé,
qui a ses habits tout déchirés.
Adj. particip. de dessampilll,
DESSARVELA (dèssarvela)adj. des 2 g.
— Se dit d'un terrain léger, friable.
ArsBlla {à'argilla) se dit d'un terrain
compact. Le teri*ain léger est un terrain
dénué d'argile ; d'où un mot desarzella
formé d'arsella av. le préf. dés et le suff.
a. d'atum. Dessarvela est la corrupt. de
dézarsella sous l'infl. de cervelle, alors
même que le sens de cervelle n'a aucun
rapport avec celui d'argile. Dans les
corrupt. ia simple synonymie dos sons
est suffisante.
La conservât, de a ton. au lieu de son
passage à ô est à signaler. Je suis persuadé
que des endroits disent déjà dessarvelô.
DESSIN ANDIER s. m. — A Lyon dessi-
nateur.
De desshi, av. un suff. qui devrait être
régulièrem. ier. Le suff. allongé andier a
dû être fait par analogie av. tailla7idier.
*DESSIO (dèssiô) DÉCIO (déssiô) v. a.
For. dessia.-^i. Uésalt?rer. « Volou m'en
dessia, je veux m'en désaltérer. » (Ghap.)
Poyo pus me destiô in corranl le char ré ce,
« Je ne peux pasm'ôter la soif en courant
les rueâ. » (SU,) •
De dis, de sitem, et du feuff. are = 6
(14 1»). Ghute de t (135); ch. de t bref
en è (62) ; d'où desseô, passé à dessid par
ch. de l'hiatus eô en iô.
2. Abattre, lasser, épuiser, abîmer. Lgd.
dessihaf usé, élimé, déchiré.
Quoquis coupa do fusis, Uirli par le fenèlret
Sufllrant par deciô qucla banda de traître».
« Quelques coups de fusil tirés par les
fenêtres — Suffiront pour abîmer cette
bande de traîtres. » {Brey.)
Cartouche et ranlant Mouslafat
Et Teinra^i Taniuin sont dessioi lotafat.
« Cartouche et l'ardent Moustaplia —
Et l'enragé Tarquin sont épuisés tout à
fait. » (Ménag.)
0 pori se decio par conlA le louanges
De tant des armounis, doux pouros los bons anges.
« On pouiTait s'épuiser à dire les louanges
— De tant de gens aumônieux, les bons
anges des pauvres. » (Hym.)
On songe au vfr. essillier, ravager,
piller, gaspiller, d'*exilearep formé d'ea?t-
lium. Le ch. de // mouillées en yotte,
équivalant ici à leur chute, serait possible
(164 2*, c), mais on devrait avoir cfewiy^
(15 1"), et dessayi par dissimil. (83).
Peut-être l'orig. est-elle le verbe techn.
descier, refendre un bloc en plusieurs
morceaux, d'où l'idée de tomber en mor-
ceaux par épuisem. Gp. éclénô^ qui se dit
à la fois d'un tonneau qui tombe en douelles
et d'un homme épuisé. L'orth. de Gutton
semble indiquer que c'est ainsi qu'il l'a
compris.
DESSODO (dessodô) ; ap, Goch. DES-
SOUDA V. a. Br. rfeJ5orf^. — Surprendre,
stupéfier. J'ons étô tôt dessodô, nous
avons été tout ébahis. Vfr. dessoder^
disjoindre, briser.
Vo m'avé dessodé ; vo m'ou dcvié don dire,
« Vous m'avez surpris ; vous deviez me
le dire. » (Tivan)
De dis-sol(i)dSire employé tu fig. 11 est
probable qu'on a eu dessouda par voc. de
/; puis, que ou a passé à o (34, rem. 4).
Suff. ô (14 !•).
•DESSORCELO (dessorcelô) ; h Lyon
dessorceler v. a. — Désensorceler. « Faut
brassô le carte, o vo dessorcelera », il
faut mêler les cartes, cela vous ôtera la
mauvaise chance (Goch ).
A remarquer en ce que le en du] fr
désensorceler n'est pas entré dans [la
comp. du mot, ce qui suppose un primitif
sorceler qui existe en effet : t Les aucuns
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126
DESS
disoient qu'on avoit le roy au matin
avant qu'il issist hors, empoisonné et
sorcelé, » (Froissard)
DESSOUDA V. dessodô,
DET V. dait.
DETCHI V. dita.
DÉTREYI (délrè-yl) v. a. — Sevrer.
De diS'tricSire pour ex-tricare. Ch. de
g en yotle (128) ; de are en t (15 2^);
substitut, de e prot. à t par dissim. (83).
* DÉTRIO Cdétriô) v. a. Vfr. detrier,
dph. deîtria, — Oui a detria cel efant,
il a sevré cet enfant (Coch.). Le for. dettHa^
outre le sens de sevrer, a celui d'arracher
à, distraire de. En Gév. destria un agnei,
c'est le tirer du trias ou enclos dans
lequel on l'avait mis pour le sevrer. C'est
donc, pour le sens, le contraire du In.,
quoique l'origine soit la môme. W^v.des-
tria^ distinguer.
De tri(t)a,re = trio (136 et 14 1»), av.
le préf. de au sens int. pour le In., tandis
qu'en Gév. dis a conservé le sens primit.
de disjonct. Le passage du sens de l)roypr
à celui de trier semblera moins extraor-
dinaire si l'on songe que « granum
terere », battre le blé, c'est le séparer do
la paille.
DETSI V. dita.
DEVAISSÉv. devaissi.
DEVAISSI (devôssi) DEVAISSÉ loc. —
Le soir. S tu devaissi, ce soir ; hiar
devaissi, hier au soir.
De de, de vais (vicus), prépos. explétive;
et de se {sérum). Cp. de vais chiz nos, de
chez nous; de vais Duerne, de Duerne.
Le passage de sérum à si dans la forme
devaissi peut s'expliquer par l'infl. de ss
(16 S», rem. 2).
•DEVALO (devalô) v. n. — Descendre.
C'est le mot primitif avalô (v. ce mol),
av. substit. erronée du préf. de, au sens
d'éloignem., au préf. a = ad,
♦DEVANTERA (devantera) s. f. — Un
plein tablier. « Ina deva?itera de péris,
un plein tablier de poirt^s. » (Coch.)
Do devant. Le In. en a tiré devanti et
devantiri, av. le sufT. ordinaire aux noms
d'objets, et devantera, av. a {= fr. ée),
désignant ce que peut contenir un récep-
tacle (cp. bouchée, poignée). On aurait
d^a\oir devanta=devantée, mais l'insert.
d'une r entre le thème et le suff. a été
amenée par analog. av. les mots dont le
thème est terminé par r : paner-ée, cuil*
ler-ée,
• DEVANTI (devanll);àCrapDAVANTI,
vin. DAVANTY s. m. Vfr. devantail, fr.
popul. devantier, for. devantau devanti,
berr. devantier devayitau, gév. vantau,
rgt. davantal, vpr. davantalh, sarde
devantali, - Tablier. — xvi« s. : « Et
prindrent qu'ilz emportarent demy bichet
blé, que lad. Marie emporta en son da-
vanty. » [Bibl. histor. Guigne)
De de, ah-ante et suflf. arium =î (13).
*DEVANTIRI (devantlri) s. f. —Grand
tablier f^îndu que les femmes portaient
lorsqu'elles montaient à cheval en enfour-
chant. Les femmes ne montant plus à
cheval, la devant iri n'est plus en usage.
Du vfr. devantière, jupe fendue par
derrière et destinée au même usage. Devan-
tière vient lui-même de ab-ante, av. préf.
de et suff. aria (13).
DEVARDOYA (devard6-ya) v. a. - En
Fr.-l. donner des coups.
De vai'tolliSL vartoya,, volée de coups,
av. préf. de au sens int.
DEVARMINO (devarminô) v. a. — Net
toyer un arhrt, un champ, une haie.
De vermine, passé à varmine{SQ), av.
préf. de et suff. ô (14 3").
DEVARTANA (devartana) s. f. — A
Courzieux Débauche, bamboche. Far la
devartana, faire la saint lundi.
De divertere devenu divertire (23,
rem. 2), av. suff. ana (9) ; ch. de er en
ar (66).
DEVEYS (devè) adv. — Peut-être.
De de vicls, Vicis = veys (18, rem.).
A Lyon des fois, qui est la traduct. de
deveys, s'emploie constamm. au sens de
peut-être.
'DEVEZ (d.îvès) s. m. «Pâlis où l'on
mène paître le bétail en Rouergue. »(Coch)
Comme Coch. n'écrivait pas un vocabul.
rgt., il est prol)al>le qu'il a voulu dire que
le même mot existait en rgt. et en In. Ci
doit être une erreur. Du moins je n'a^
jamais entendu le mot de deves (qui
a la physionomie toute prov.) au nord de
la partie du Dauphiné la plus voisine de
la Provence {Devez, nom d'une colline à
Nyons). Il vient, par une dér. de sens
contradictoire, de defo{n)sum, interdit*
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DEVI
127
Le bois en défens (Eaux et Forêts) est en
effet celui qui est interdit aux bestiaux à
cause de sa jeunesse.
DEVIERRI (devièii) v. a. — En Fr.-l.
défricher.
De viria, friche, av. préf. de, au sens
contraire du thème, et suff. t engendré par
le groupe ir (16 5").
DEVIO (SE) (deviô) v. pron. — Se garer, •
se détourner du passage d'une voiture etc. ,
Vfr. desvier ses sens, perdre la raison.
Vudrins beiii me deoiô, mais, bon Iho, fodril pouére.
« Je voudrais bien me détourner, mais,
bon Dieu, il faudrait pouvoir. » {Due Bib.)
De diS'Viteire. Chute de t (135) ; ch. de
are en ô (14 1*»).
DÉVIRI (déviri) v. a. — Tourner fré-
quemment et avec rapidité.
Cfpciiidaiil lo due suuarSf dévirant liuus prunèlet.
«Cependant les deux sœurs , roulant
leurs yeux. » (Dép.)
De î?tH, av. préf. int. de, qui prend de
plus ici le caract. fréq.
DEVISA V. divisa,
DEVISO V. diviso.
*DEVITOU (devilou) s. m. — Petite
dette. Peu usité. Je l'ai entendu à Crap.
av. l'ace, sur ou, ce qui indique un suff.
dim. de langue d'oc = on en In. Coch.
le donne, naturellement sans indiquer la
place de l'accent, mais il ajoute: a De
même à St-Etienne : Vou Vy a inquô
quauques petits devitou (Chap.), » — Or,
dans Chap., devilou, qui est à la rime, a
Tacc. sur i. Chez nous les paroxytons ne
se terminent jamais en ou. Il faut donc
supposer que Coch., sans se rendre compte
de la différence d'avec le mot cité, a voulu
écrire devilou, suivant la prononc. d'au-
jourd'hui. Mais le mot n'en a pas moins
une physionomie peu lyonnaise. Chap.
dans la même pièce a aussi dettou, qui est
tiré du fr. dette, av. la post-tonique a =
ou en for.
Devitou en In., comme devilou en for.,
montrent tous deux que dans le lat. popul.
de nos pays, l'ace, dans debitum avait
passé de e sur i. Ch. de 6 en r (141).
DEYNTES DEYTES vin. s. f. pi. -
TQrme générique qui parait avoir été
appliqué aux friandises qui composaient
ce que nous appelons maintenant le
dessert. « Cil de Saint Just a VI homeuz,
auz IIII pan et vin et cher et atos et
dey nies », celui (le chapitre) de Saint Just
à G hommes, [savoir] aux 4, pain et vin
et chair et viandes rôties et dessert. « Cil
de Sant Pol a III homeuz pan et vin et
cher, et atos, et deytes, » {Cart,) Vfr.
daintié, angl. dainties, friandises.
Selon Diez, du celt.— Kym. daintaith,àe
dainl, dant, dent. Gp. bavar. daentschig,
friand ; vx angl. daunch, difficile à
contenter. L'absence de suff. parait mon-
trer que le In. n'a pas été formé surlefr.
DEYTES V. dey nies,
DÉZÉ (dézé) s. m. — En Fr.-l. Sorte
d'outil en forme de pelle, qui est au bas
de l'aiguillon et sert à nettoyer le soc.
Ètyra. inconn. Pourrait-on y voir lerad.
de seyï (secare), couper? Cp. descier,
scier en tranches.
DIA (dial) interj. employée par le char-
retier pour commander au cheval d'aller
à gauche ; hu! pour aller en avant; huoi
pour aller à droite ; ho ! pour s'arrêter.
Dans le Lyonn. on dit le plus souvent hi!
au lieu de hu! Auv. gia, cat. Jo, h. dph.
djia,
Dia ne vient pas de de hac, qui aurait
donné diai, M. J. Flcury assigne pour
étym. l'arm. dia, terme de charretier (pour
dire d'aller à droite), et le grec ^ta, à tra-
vers. Il ne peut venir de tous les deux à
la fois et ne vient probabl. ni de l'un ni
de l'autre. Il faudrait que les divers mots
employés par le charretier se rapportassent
au même dialecte. Or, en arm. le charretier
dit sa pour en avant, et sou pour à gauche.
L'emprunt direct au grec n'est pas plus
vraisembl. Je crois d'ailleurs qu'il n'y a
pas d'étym. aux interj. C'est pourquoi je
ne suivrai pas davantage l'ex. de ceux
qui tirent hi ! « en avant », d*ire. C'est
un son comme hu I et rien de plus.
Ces interj. changent d'ailleurs qqfois
suivant les contrées. A Nyons, au lieu de
hu-ô pour aller adroite, on dit t^et souvent
o>ai. Cet oru rappelle le cri du charretier
toulousain donné par Goudelin : Diahu-
ruhoou (sans doute tous les cris réunis
en un seul). Djia, employé pour à
gauche, est le dia In., av. une prononciat.
locale. Mais, ce qui est plus singulier,
certains voituriers arrêtent leurs chevaux
par un roulement de la langue : rrrrre'
On dit que ce phonème a été inventé il
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128
DIAB
y a 40 ou 50 ans par un voiturier de
TArdèche qui s'était amusé à dresser ses
chevaux à s'arrêter au son, et qu'il a été
imité par ses collègues.
DIABLE (diable) s. m. A Lyon Instru-
ment en tôle, en forme de demi-coupole
surmontée d'un tuyau faisant cheminée,
que les ménagères placent sur un réchaud
de charbon de bois pour activer le tirage.
Ainsi nommé parce qu'il attise le feu
comme le Diable est censé le faire.
DIA MÉ (dia-mé I djia-mé I) interj. !• au
sens dubitat. t Allons donc ! » — 2«au sens
interr : « Oh, vrai? » Marque aussi Téton
nement: « Par exemple! » DIA PO, FA PO,
— Non pas, certes non. For. dia ! diè !
certainement, sans doute ! vrai ? tout de
bon ? Milan, dopo, non.
De vfr. deay primitivem. diva, composé
de dis, impérat. de dire, et de va, impér.
d'aller. Diva, devenu dia, n'a plus repré-
senté pour le Lyonn. que le sens de « dis »
tout seul; et dia mé, après avoir signifié
« dis-moi », n'est plus qu'une inteiject.
dont l'idée originelle s'est perdue.
Dia pô est la même interj. au sens
négatif (p?5jf = fr. pas). — Fapô: [cela]
ne fait pas, ne se peut pas.
M. Gras lit Atd « par Jupiter » Ma Ata
« oui, par Jupiter », ce qui est invraisem-
blable, le gr. n'ayant presque rien donné
directem. à nos dial.
DIASQUE interj. Piém. diaschne, gén.
diascoa, it. diamine diancine diascane
diascolo, milan, diamen — Diable I Pr.
Tron de disque, tonnerre du Diable. Il
s'emploie aussi comme subsL
Luu DiasquCf avouti sa façon si adraita...
« Le rusé, avec sa manière si adroite... »
(Goch.)
Euphémisme pour Diable. Le paysan a
une certaine crainte de prononcer le nom
de l'esprit malin. Ainsi à Lyon on dit le
Boulanger pour le Diable. Diasque me
parait avoir une orig. italienne.
Dl AU (diô) s. m. Anjou déaii, berr. diau,
lorr. doiau, vfr. deel. — A Paniss, Dé à
coudre.
De ' digilellum, de digitum. Chute de
/7(134); det (135); ch. de t bref en e
(82); do ellutn en iau (32). On a deeiau
deiau diau,
DIDJIOU v. dijou.
DIDRA (didra) s. f. Roann. guidre,
Tarentaise derda. — Dartre. Il semble
difUcile d'identifier darlre av. didra. Le
1" paraît se rattacher au celt : — Kym.
tarvcden, arm. darvueden, darlre. Le 2*
parait se rattacher au germ : — Angl.
tetter, ags. teter, dartre, qu'on relie à l'ail.
zitter, de zittern, trembler ; nord, titra,
à cause des mouvements tremblotants qui
sont la conséquence de l'affection. Gp. berr.
darde, dartre, et darde ^ tremblement.
Titra ressemble singulièrem. à didra. Le
groupe (rpeut devenir dr (cp. 106, rem.),
et d init. être appelé par assimil. Il est
difficile en effet de prononcer tidra sans
le corrompre en didra. Sur le remplacem.
singulier de d init., par g dans la forme
roann., I^u/drc, cp. vfr. dille, représenté
par guille en In.
DIFFERENT, TE (diferan, te)adj., dans
l'express, n'être pas différent, n'être
point mauvais ou laid, c O ayet in visin
qu'ayet de son Iau très boglies que n'étiant
pau différentes »i il y avait un voisin qui,
de son côté avait trois filles qui n'étaient
point mal {Dial.}.
La même loc. existe en berr. Jaubert y
voit une ellipse : « Différent (de ce qui est
bon). » C'est une erreur, car le mot en ce
sens ne s'emploie qu'av. la négat. Qn ne
dit pas d'un objet mauvais qu'il est « dif-
férent ». C'est au contraire indifférent,
qui veut dire c médiocre, ordinaire». Une
terre indifférente^ une terre de médiocre
rapport. Dans la locut. ci-dessus, différeyit
est pour indifférent. C'est assez bizarre,
mais la suppress. du préf. in a des ex., et
à Lyon on dit toujours manquab lente nt,
pour immanquablem. Donc, trois filles
qui n'étaient pas différentes, c'étaient trois
filles qui n'étaient pas indifférentes, et
trois filles qui ne sont pas indifférentes,
c'est trois filles pour lesquelles on n'est
pas indifférent. Cette dernière intervers,
de sens a des ex. en fr. Cp. « une rue
passante » pour une rue où il y a des
passants. Cp. aussi l'express, norm : « Mon
pré fauche » pour « on fauche mon pré. »
DIJAU V. dijou.
DIJOU (dijou) DIJAU (dijô) ; à Ample
puis DIDJIOU s. m. — Jeudi.
De dies Jovis. Voc. de v dans la forme
diJou qui suppose un prim. dijoiis. Dans
une forme sans voc. on aurait eu rfyô, o
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DILA
1^
étant bref dans Jonis (39). Je crois donc
qu'on a eu dijau, par équival. de ou et
au (49). Beaucoup de dial. d'oc ont aussi
la forme en au (for. Jau, gév. d^au etc.).
Dans tous les dial. du sud le mot dies a
précédé le qualificatif, à l'inverse du fr.
(Jeu-di etc.). Dans la forme didjiouy il est
probable que le 2« yotte a été appelé par
le l•^
01 LAI (dilô) ILAI adv. de lieu. For.
allai, — Là, avec distance ; là-bas. Le è
ilaX ou le è dilai, elle est là, elle est
là-bas.
De de-illAc, Gh. de ac en ai (11).
DILIUN y,dilun,
DILUN (dilun) DILIUN s. m. -Lundi.
De dies lunae. Le mouillem. de / dans
la forme diliun doit être attribué à l'infl.
de i de dies.
DIMECRO (dimècro) s. m. —Mercredi.
De dies Merc{u)ris, — Chute de la 1"
r dans rcr (180 !•).
DIMINGI (dimingi) s. f. — Dimanche.
La dimingi que vint, dimanche prochain.
De dies{do)min(i)ca (85 et 174, rem. 2),
Fin. i (54 2»).
DIMOR (dimôr) s. m. — Mardi.
De dies Ma,rtis. Gh. de a en d (4).
DINADI (dinadi) s. m. — Arrhes.
Syncope de denier-à-Dieu. On devrait
avoir denadi. La proton, s'est accusée
sans doute parce qu'elle a l'accent second.
DINBO (dinbô) s. f. employé seulem.
dans cette loc. ina dinbô d'aigui, pour
une averse violente, une tromi)e.
Je lis dans dinbô : in bôs, en bas,
exprimant la chute, comme dans l'express.
un aval d'eau, qui a le même sens. D doit
être un d proslhét. ajouté sous je ne sais
quelle infl.
DINGUER (dinghè) V. n. Vosges dingue,
lorr. danga. — A Lyon dans les express.
Envoyer dinguer, Faire dinguer, rejeter
au loin. « Je l'ai envoyé dinguer dans le
placard. » {Les Malins)
Onomat : ding, plus suff. fr. er. Vosg.
dinguer, rebondir av. un bruit sonore ;
norm derlingué, même sens.
DINQUI (dinki) loc. Dph. denqui. —
Gomme ceci, comme cela, de eette manière.
O v'est dinqui, c*est ainsi. Vfr. denqui
prép., jusque. Denquiau 6wi55on, jusqu'au
buisson (Du G. à pergus). Roquef. donne
la forme danqui, de là, d'ici, par delà.
Toulous. daqu'indaban, dorénavant, litt.
d'ici en avant.
Gomposé, malgré la bizarrerie de la
dérivât, du sens, av. la prép. de et inqui,
ici. On devrait donc écrire d'inqui. Il
est l'équivalent de comme iqui^i, comme
cela.
DINSÉ V. dinsù
DINSI (dinsi) ; à Grap. DINSÉ (dinsé)
s. f. For. denci. — Agacement des dents.
Los résins vards bettont la dinsi, les
raisins verts lient les dents.
, . . Lo zugnons de Proveind
Fanl pôs couère lo zio, ne beloiit pôs la diinsi.
« Les oignons de Provence — Ne font
pas cuire les yeux, n'agacent pas les
dents. » {Tôt vab)
De dens = dins (32) , plus suiï. i
(54 5').
DIOMEINI V. diumai7ii.
DISSANDO (dissando), DISSANDRO;
à Amplepuis DISSINDRE s. m. Dph.
dissamde, for. sandou. — Samedi.
De dies samedi pour sabbati, La forme
dissindre a été faite par analog. avec
divindro ; a + m ne se nasalise pas en
m, mais en an (8). Insert, de r (184 6», f).
DISSANDRO V. dissando.
* DISSINDRE V. dissando,
DIT A (dita) à S^-Mart. ; DETCHI à
River.; DZETTA à Morn.; DITI à Paniss. ;
DETSI à R.de-G. ; vin. DEETA s. f. M. lat.
deeta, Voiron dietta^ — QvMche. Ss.-rom.
dietzo, vase à tenir le lait ; m. lat. ditaga,
burette (?) « Item por poz, tupins, deetes
de terra, escuelles », item pour pots, vases,
cruches de terre, écuellcs {Cont. P.).
Pu riieruu magistrat s'emparanl d'uHa detsi.
« Puis l'heureux magistrat s'emparant
d'une cruche. » (Per>)
•Les formes deeta dietzo nous ramènent-
elles à diota, par une forme *dieta dans
laquelle l'idée de double serait exprimée
par die au lieu de dio, comme dans
dieres? Les formes av. i hn. indiqueraient
un *dietea (54 !•). Le sufif. ea peut être
appliqué â la format, même de subst.
Gp. linea, lintea.
DITI V. dita.
DiUMAINI (diumôni) à Grap.; à Ample-
puis DIUMÈNA ;vln. DIOMEINI s. f. —
Dimanche. « La diomeini après festa
U
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130
DIUM
senli Qiiatelina », le dimanche après la
fêto de sainte Catherine (L. de R.) La
diumana don liampeaux^ le dimanche
des Hameaux (Goch. à Rampeaiix),
De dies dominica. Il faut admettre que
la format, a été domini{c)a et non domi-
n{i)ca. Dies(do)minia donne rég. diu-
inB,îni; comme glitea, glaise, pav altract.
de Tyotte. Fin. i (54 !<>). La forme
d'AmpIepuis est conforme à la phonét.
particulière de l'endroit, voisin du Roann.
DIUM EN A V. diumaini.
DIVIN DRO (divindro) s. m. Dph. diten-
dre» — Vendredi.
Je t'ally u derant divendre tu lo Urt.
« J'allai au devant de toi vendredi sur
le lard. » {Naiss. du J).)
De dies Ven(e)ris, — Nasalis. de e (22) ;
insert de rf (176 !•).
DIVISA (divisa) DEVISA s f . — Cause-
rie, conversation, propos.
Entroas lot de flit
Per entendre de tertons
Chacun lieu divisa,
« Entrons tous à la file, — Pour entendre
de tous — Et un chacun leurs propos. »
(Vx Noël)
Subst. V. tiré de divisa.
*DIVISO ^divizô) DEVISO v. n. —
Causer. « Y diviseront longtemps; ydii-i-
savont^ ils parlaient, ils conversaient. »
(Coch.) « Après qu'y s Vuront imbrassi
liou pore, et gu'gs gli ossiront devisait
quauquis momints, après qu'ils eurent
embrassé leur père et qu'ils eussent (^ir)
causé qq. moments. » (Dial.)
De divisa.7-e, Gh. de a en ô (15 3%
rem. 3). La forme av. i init. est antérieure
à l'autre.
DOBLI (dobli) s. m. — Appareil com-
posé d'une traverse et d'un crochet pour
appondre au timon d'une voiture afin
d'ajouter un cheval au devant de l'attelage.
De dnpli{c)um (v. cMr drobli). L'r qui
existait dans drobli est tombé sous l'infl.
du fr. double.
DOELLA (doèla) ; à Lyon duelles f. —
Douve de tonneau. Vës cheire en doelles,
je vais mourir de lassitude ou de faim,
par allusion au tonneau dont les douves
tombent.
Du b. lat. doela (de doga). Il est probable
qu'en disant duelle on a cru, à Lyon,
franciser le mot.
DOIGTS-DE-MORTS s. m pi. — A Lyon
Scorsonères.
Ainsi nommés de leur forme effilée et
de leur blancheur.
*DOLIURI (doliuri) s. f. — Doloire.
De dolatona. Chute de t (135) ; réducl.
de aoria à oria = uri (37). L'inserl. de
yotte devant u a été appelée par l'yotte
de ia.
DOMO (dômô); à River. DAMO(damô)
s. f. — Sorte de petite prune noire. Vos-
ges domas, sorte de prune.
De Damas (prune de Damas). Gh. de a
ton. en ô il); de a prot. en ô (69) dans
la forme dômô,
DON A (dona) vin. s. f. — Dame; ma
dona, ma femme. « Lo vendros aprers la
Tosanz fut sevelia ma dona Bonamurs »,
le vendredi après la Toussaint fut enterrée
ma femme Bonamour. » (L. R.)
La bonna dona fut toula épouvanta (Vx noël\
De dom(J)na. Chute de m (177 !•).
DON DO (dondô) v. a. — Dompter.
Lo progrès dzit son nom, et rugnivAr redonde
Ou nom de C4iu métiô qu*aucuH Iravàr ne dondê.
« Le progrès dit son nom, et l'univers
retentit — Du nom de ce gas qu'aucun
travail ne dompte. » (Roq.)
De dom{i)tdLre, Ch. de < en d (174 2»,
b) ; de are en ô (14 !•).
DONSELLE vin. s. f. — Anse de fer
qu'on suspend à la crémaillère et qui sert
à supporter la poêle. « Un andier et troi.s
donselles de fert. » (Inv. de VHôp, de
Villefr. 1514, ap. Missol).
De fr. donzelle^ servante, parce que
l'instrum. fait l'office d'un aide. On l'appelle
aujourd'hui servante. Le vocable a changé,
mais l'idée est la même.
DORA (dora); à Lyon dare, mot qui ne
s'emploie que dans les loc. suiv. Mena
ina dora, faire un grand bruit, se donner
beaucoup de mouvement. Être, en dare,
être tout en dare, être dans ses dares,
être ému, hors de soi. On dit d'un chat
qui a respiré de la valériane, qu'il est en
dare. For. dara, mouvement, agitation ;
rch. daré, wal. darer, s'élancer sur, pous-
ser; fr. dare dare, rapidement; piém.
zara, colère ; an sara, eu colère.
Peut-être du celt. — Kym. dar^ bruit
tumulte, vacarme ; gaël. dararacK grêle
(de flèches, d'invectives etc.); irl. daradh.
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DORC
131
rut. En ags. d(v\ qui peut avoir été
importé du celt., signifie destruction,
dommage, blessure. C'est à tort que
Grandg. tire le wal. darer de dard, qui
donne darder.
DORCY V. dorsi.
DORDOLA (dordola) s, f. — Sorte de
grosse prune à pulpe adhérente.
Probablem. un nom d'horticulture estro-
, piéj mais comme il appartient sans doute
à la vieille horticult., il m*a été impos-
sible de le retrouver.
DORGNI (dorgni) s. f. — Meurtrissure
à un fruit. Piém. dorgna, tumeur.
Probablem. le môme que ogne, à Lyon
meurtrissure aux doigts quand les enfants,
au jeu de gobilles, tirent sur une gobille
que le perdant tient entre le médius et
l'annulaire, la main verticale reposant
sur les extrémités des doigts. Ogne est
devenu dorgni par la prosth. de d (cp.
wal dognon, callosité de l'orteil) et l'insert.
de r (184 6«. f)- — Ogne est lui-même
onio, dont le cas oblique onionem a
donné oignon. Mouillem. de n devant ia,
io (148 rem. S); fin. i (54 3o). Oigne a
passé à ogne, comme besoigne à besogne.
DORMAROU, OUSA (dormarou, ouza)
adj. — Dormeur.
De dormire, av. suff. ou, à^osus (35)
et épenth. d'une syll. intercalaire ar, péj.,
qu'on retrouve dans dentaru.
DORSI (dorsi) ; ap, Goch. DORCY ; à
Lyon dorse s. f. Vfr. dosse. — Gousse,
cosse. De darses de fafioles, des gousses
de haricots.
De dorsum, qui, réduit à dossum en
1). lat., avait pris le sens de pellis, étendant
ainsi la signiûcat. de la partie au tout.
M lat. dossagium, impôt que l'on payait
pour exercer la profess. de pelletier. On
dit encore dossoyer pour exprimer l'eau
qui se trouvedansles peaux. Fin.i(54 5o).
DOUAR (douar) s. m. Vfr. duel, doeL
— Deuil.
Subst. V. tiré de doloir, par l'intermé-
diaire doel qui donne en In. doer par ch.
de ; en r (121 !«) et doar par ch. de e
en a sous infl. de r (24, rem. 4). Passage
de oa à oua, cp. rota = roa devenu
roua,.
DOUETTA DE FI (dour-ta de fl) loc. —
Une grande aiguillée de fil.
De doigt, av. suff. a, parce que l'aiguillée
s'enroule autour du doigt. Littér. une
doigtée de fil. A fin., au lieu de ô (1).
s'explique par l'analogie av. les autres
subst. répondant à ée fr. et qui ont un
yotte (1. rem. 3) : croisée, cruezia; bras-
sée, brassia.
*DOUTO (doutô) V. a. Vpr. dostar hos-
tar, lim. dousta douta, Igd. dosta, vfr.
dos ter. — G 1er, enlever. « Douta iquien»
ôtez cela. » (Goch.)
Du b. lat, d{eyhausta,re. Ch. de au en
ou (75) ; chute de s (188 2©) ; ch. de are
enô (14 !•).
* DO VA (dova) s. f. A Montpellier dougo
{ap, Coch.), lim. doujo, — Rejet de la
terre d'un fossé.
Forme équivalente aufr. douve, de doga,
DRAIT (drô) DRET (drè) adv. — 1. Au
droit, juste devant. Dret datant lo chami,
bien en face du chemin. 2. Exactement,
justement. Taviso dret m'n'homo que
migive, je vois justem. mon homme qui
mangeait. Je suei arriva dret par la
mcssa, je suis arrivé juste pour la messe.
3. Directement, sans s'arrêter. « Après
qu*ys se firont tretous embrassis, lo très
chaulands s'en ailliront dret à Paris,
après qu'ils se furent tous embrassés les
trois gas s'en allèrent directem. à Paris. »
(Dial.)
De drictum (18 2»).
DRALA (drâla) adv. — A Villefr. De
là, là-bas, de l'autre côté.
De Drictum-illSLC. Drictum a donné
dret, mais j'explique dra par le mot d'oïl
droit* Villefr. subit déjà les infl. d'oïl.
Droit-là offre qq. difficulté de prononciat.
et a pu facilem. passer à drâla. On trouve
en vfr. droila, près de là, en cet endroit
(Roquef.).
DRAQUI (drakl) adv. — A Villefr. De
ce côté, d'ici, ici.
De dra (v. drâla) et fïeccu'hic = qui
(V. iqui).
DRAVORE (drâvore) adv. — A Villefr.
— lout à l'heure, dans un instant.
De dra (v. drala) et vorre, tout de suite.
DRAYI (drayi) s. m. For. draive, Igd.
dral, gév. draï,pT.drai,m. \B.i.drayetum.
— Crible. A Nyons drB,yi, crible; drayt,
crible plus petit. Le dim. existe à côté du
simple dans tous les dial. d'oc.
Subst. V. tiré de drayl.
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132
DRAY
•DRAYI (dra-yl) v. a. Pr. draia, Igd.
draja, rgt. dralha, b. lat. draihare -^
Cribler, vanner le blé.
Orig. germ.— Gotb. dreigan, nor. draga^
ags. dragan^ holl. draagen. suéd. draga,
ail. tragen, angl. to drag, draguer, tirer,
traîner; io drag on^ entraîner, et par
exlens. seeouer en jetant en l'air. Au
rad. drag s'est ajouté le suff. t (15 2"),
Ch. de g fin. en y (116 b°).
'DRESSIRI (drèssiri); à Lyon dressire
s. f. Vfr. dressière, dph. dreissiri. —
Sentier abrégé.
Copa donc, s'y a moyen ;
Gagnons la dressire,
€ Coupez donc au plus court, s'il y a
moyen ; — Gagnons le raccourci. » (T'a:
Xoèl)
De vfr. dressiere, av. subslit. du sufif.
pat. iri (13). Dressiere est lui-même
dcr. de drecier [direciiarc).
DR ET V. drait,
DRET QUE (dré que) coiijonct. I5err.
drès que. — Dès que, aussitôt que.
« Dret que lo sole comincit àliure, ys
alliront le z'apichi; » dès que le soleil
commença à briller ils allèrent les guetter.
(Dial.) « Mè dret que voulron olrot garçon,
qu'a migi tout son bien... » mais aussitôt
tjue votre autre fils, qui a dévoré tout son
bien... (Par. S^-Syrnpfu)
Dre que mon ricangaille à la Tu-ya 8*expose,
€ Dés que mon gredin à la vue s'expose. »
(Ménag.)
Le vfr. a très que et le pr. tr^ que,
jusque, qu'on tire de irans quod. La
Iransform., rég. pour le fr. , ne l'est pas
l»our le pr. En tous cas il y a bien des
(lifiicultés à tirer dret que de trahis quod.
1» Le sens ne s'y prête pas; 2* a ton.
libre = a et non ^ (1) ; 3« le passage de
tr init. à dr est insolite. On devrait avoir
ainsi tra que et non dret que. Je crois
donc que dret que est un composé de
dret [drictum) et de que^ av. une dér. de
sens admissible. Jaubert voit dans le
berr. drès que le fr. dès que, av. épenth.
der; cette format, n'est pas vraisemblable.
.Te ne connais pas d'ex . d'épenth. de r
h rinit. dans un monosyll.
DRl (drl) s. m. — Nom d'homme, André.
iy*(tLn)drea = Andri, av. la syncope
assez singul. de la syll. accent. Ea s i
(54 !•), qui est devenu ton.
DROBLO, A(droblo); à R.-deG. DROU-
BLO; vin. droble adj. — Double. « La
reconuchanse dépare a fil a droble ser-
vis, la reconnaissance de père en fils d'un
double servis. »(^/w?)
La Icrra, reviria par mai d^ioa manoura,...
Gliou produsil lo droblo araiit la fin de Tan.
« La terre, retournée par plus d'un
pionnier...— Leur produisit le double
avant la fin de Tannée. » (Mon.)
Du loul, Tancien, t'6» biau carciilô droubh.
« Du tout, l'ancien, tu as beau calculer
double. » (Per.)
De dnplum (v. chôr drobli).
DROLO (drùlo) DROLA s. — A Paniss.
Petit garçon, petite tille. D'un usage
fréquent dans tout le canton de Néronde
et celui de S»-Symph.-de-Lay (f^ire).
C'est le fr. drôle, sans aucun sens pêj.
Je ne sais comment ce mot prov., qui
n'existe ni dans le lu. ni dans la plus
grande partie du For., a pénétré dans
celte région.
DROUBLO V. drohlo.
DROUÉRI (drouérî) v. a. — Passer une
règle sur un boisseau plein pour enlever
l'excédent.
De fr. droi(t), prononcé droué, plus suff.
érX (cp. gauduér'i). En oïl on dirait
''droiter un boisseau.
DROU I LLES s. f. plur.— Vieilles bardes,
nippes démodées. Voiron dry lie (proba-
blem. drilhe), chiffon.
Du fr. drilles, chiffons, av. subslit. de
la syll. ouilles sous une infl. péj. (Cp.
fripouille, terme injurieux et drapouille,
vx vêtements). La forme voironn. confirme
l'étym. On trouve aussi à Voiron rfrowt'/-
Ics, copeaux, qui me parait être un autre
mot. J'en dirai autant du vfr. drouille,
épingles d'un marché, pot de vin.
DRUGE (DE) loc. Se plaindre de druge
— Se plaindre de trop de bien-être, au
sens iron. Le fr. dit : « Se plaindre que
la mariée est trop belle. » Nyons, se
plaindre de druyère.
De drugi, subst. « Se plaindre de druge »,
littér. se plaindre d'une trop grande
richesse de sève.
DRUGE (EN) loc. — Être en druge,
sauter, bondir. Lo miron est in druge*
se dit des chats lorsqu'ils sont dans ces
états nerveux où ils ne font que bondir
(v. drugi subst.).
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DRUG
133
DRUGEON (drujon) s. m. — Rejeton au
pied d'un arbre.
De drvigi, pousse, av. suff. dim. on.
Peut-être le fr. drageon^ dont on attribue
l'orig. au goth. traibjan, est-il simplem.
une corrupt. de drugeon.
DRUGEOU, OUSA (drujou, ouza) ; à
Lyon drugeur, eiise s. — Trompeur,
eu se.
Dedrugt, trompeur, av. sufT.ou(34&w).
DRUGI (druji) ; à Lyon druge s. f. Lgd.
drudige drugige — 1. Pousse excessive,
surabondante. M. Godef. lui donne, (mais
av. le signe du doute), je suppose d'après
M. Onofrio, en In. et en for. le sens
de « provision», qui m*est complètem.
inconnu, et que je crois inexact.
Du celt. — Kym. drud^ vigoureux; gaël.
d)'uth, pétulant. Fin. i (54 2*).
2. Fumier, engrais, For., ss.-rom. et op.
Goch. druge, même sens.
Du celt. — Arm. driiz, gras, en parlant
de la terre; druza^ graisser, engraisser.
Évidemm. le même que le kym. drud.
DRUGI (drujI) ADRUGI ; à Lyon dru-
ger. For. drugie. 1. v. n. — Bondir,
sauter, s'amuser par des sauts précipités.
Ceîos efants adr agent ^ ces enfants sau-
tent, s'amusent bruyamm. - t A comin-
ciront donc à se regalô et à drugî » ils
commencèrent donc h faire bonne chère
et à danser {Par. S ^ -Symph.).
...Quand tou se ftt graiiJ, ne faut plus tant drugie,
« Lorsqu'on se fait grand, il ne faut
plus tant s'amuser. » (Ghap.) — Se dit
des chats quand ils soufflent : La mira
druge ; et aussi quand ils font des bonds
désordonnés. Poit. druge, norm. drugette,
petit diable (d'un enfant) ; norm. druges,
maladie qui fait remuer sans cesse.
De drugi subsL, av. suff. t (15 2»).
2. V. a. — Tromper, t Y voliont me
drugX », ils voulaient me tromper.
Du vha. tmglf mha. irùge^ ail. betrug,
tromperie, fourberie ; vha. truganôn
truginôn, ail. tr'ûgen^ tromper, duper.
Il y a eu certainem. un subst. * drugi qui
a signifié tromperie.
DRUISE (druize) s. f. — A Villefr.
bouillon blanc, verbascum thapsus.
Étym. inconn.
* DRU Ml (druml) v. n. Vpr. adurmi,
lim. durmX. — Dormir.
De dormir e. M4tath. de r (187 !•). Le
ch. insolite de o en m est-il dû à l'infl. de
m ? La preuve semble en être dans ce fait
que lorsque la métath. n'a pas lieu, o
persiste : on dit en effet dormi et drumi,
Parlô pôs de dormi^ visins de tout Tacôrmes.
« Ne parlez pas de dormir, voisins des
vacarmes. » (Hym,)
Toutefois cette raison n'explique pas les
formes d'oc, où la métath. n'a pas eu lieu. •
Marg. a adormi et adurmi, mais il est
probable que les 2 graphies sont pour un
même son.
DÛ (du) s. m. — Dette. S'emploie sur-
tout au pi. Avai des dus, avoir des dettes.
Partie, passé de devai, devoir, pris
substantivem.
DUCHI (duchi) vin. prép. — Jusque.
Arch. mun. 1369: « Item deis la dicta
place de tourt en alan vers Ron duchi à
l'autra place do tour seguant », item
depuis la dite place de la tour, en allant
vers le Rhône jusqu'à l'autre place de la
tour suivante (Tard-Venus).
De de usque, quoique je n'explique pas
comment qw a passé à c/i, ce qu'il n'a fait
dans aucune langue romane.
DURRE (dure) v. a. — Devoir.
De debere. Chute de b (142), mais non
sans avoir exercé une infl. tendant à
changer ee fermé en w.
DZATRIN (dzatrin) interj. — A R.-de-
G. Diantre.
Morphologisme fort singulier de diantre-
Gomme d devant a se prononce d, la pro-
nonciat. dz indique un yotte disparu. On
a donc dit dziatrin^ puis dsatrin^ sans
que je puisse expliquer la dénasalisat. de
a de diantre ni l'addit. du suff. m.
DZETTA V. dita.
DZO (dzô) s. m. — A R.-de-G. Dieu.
A r«jo (lou platsi, si o'ons trop baiidelô,
Le bon Dzo s'eiii SeTeinte ; et véqua la palô.
« A l'âge du plaisir, si nous avons trop
fait la débauche, — Le bon Dieu s'en
souvient; et voilà la pâleur. » (Gorl.)
De Deum. Progress. d'ace. (51) ; ch.
de u bref en o (34). On a deo = dio,
prononcé dsio, suiv. la prononciat. de d
devant i. Ge dzio s'est réduit à dzo. La
prononciat. insolite d: (d devant o est
une articulât, ordinairem. simple) est un
souvenir de la présence du yotte.
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134
E
E — 1. Syll. préposée aux groupes ini-
• tiaux5^ se, sp, sm (112) ; mais le plus
souvent e est ensuite tombé av. s (111).
2. Préfixe.
a) De ex, av. caract. disjonct. V. ëcléno,
échailli, écliapr),
b) Substitué au préf. in, V. échandl^
éhéroudù
c) Int., ou simplem. euphon., ou môme
purem. explét. devant heaucoup de mots.
V. écarabossi, écharri^ échiffe, élindau.
*EBARNO V. harnô. Dph. eibarna,
même sens.
ÉBÉJO, A (ébèjo, a) adj. — Se dit d'un
linge d'un aspect roux pour avoir été mal
lavé. Çu panaman est tôt ébèjo, cet
essuie-main est tout roux.
Quand Tàrquin lo borboux et Mouitara Vébèjo
Ou grand Castararro Tésiant crachi lo (ejo.
« Quand Tarquin le barbu et Mustapha
le brun — Au grand Gastafarro faisaient
cracher le foie. » (Mén.)
Littré rattacha beige à bis, de couleur
brune. Il semble se rapporter plutôt à
ba,dia {badius, bai, employé par Varron).
Ch. de a en ai, par attract. de l'yotle,
comme dans bai; ch. de dj en j (cp.
*ped{i}ca = piège, sedia = siège). On a
baija et baijo^ av. o final post-ton. pour
marquer le genre masc. Baijo est devenu
ébaijo parla prosth. explét. de e, et éb'ijo
dans la graphie. Bisj aurait donné bige.
ÉBÉROUDI (ébéroudi ébéroudzi) v. a.
— Effrayer, affoler.
De beroud (v. debjraudi)^ demi-fou,
timbré, av. prosth. de e au sens de in, et
suff. de la 2« conjug. fr.
EBISO (S') (ébizô) ; à Grap. ABISO (S')
V. pron. — Se dit des cuisses et autres
organes qui se meurtrissent par le frot-
tement de la marche.
De bise, av. prosth. de ^ et suff. ô (15
8\ rem. 3) ; parce que cette cuisson se
produit surtout dans les temps froids et
secs sous rinfl. de la bise.
ÉBOLLI (ébolhl) ; à Lyon ébôyer v. a.
M. lat. esboellare^ vfr. esboeler. —
Éventrer, crever, et par extens. écraser.
« Une canette que s'ébâye », à Lyon une
canette qui n'est pas serrée et dont le
ventre s'ouvre. « Te t'ébôyes comme une
canette d'apprenti. » {Les Tribulat. de
Duroq.) Poit. ébouiller, écraser.
Je m'ébollio de rire in re-yant sa figura .
« Je me crève de rire en voyant sa
figure. » (Sit.)
Quand lo lonar de Dxo vicndri su ma carcaci
Brureel me menaci de m'ébolli la f«ct.
« Quand le tonnerre de Dieu viendrait
sur ma carcasse — Tonner et me menacer
de m'écraser la face. » (A mo s.)
De bolli, boyaux, à Lyon bôyes, av.
préf. disjonct. e et suff. l (15 4").
ÉBORLLI (éborlhl) v. a. For. éborlia.
— Crever les yeux.
De borlli 2., av. préf. int. e.
ÉBOUFFO (éboufô) ÉBUFFO v. a. —
Railler, bafouer.
El Frangigot Vébu/fe
a Et Frangigot le bafoue. » (Ménag.)
De it. buffeire, av. prosth. explét. de e
(cp. bouffon, de buffone),
ÉBRANDO (ébrandô) v. a. — Ébranler.
Kien ddnt In pouè ïCéhrande son corajo.
« Rien dans le puits n'ébranle son
courage. » {Per.)
De brandô, av. préf. é, comme ébranler
de branler.
ÉBRAVAGI (ébravagî) v. a. — Effrayea
de manière à faire perdre les esprits.
C'est bravagï, av. préf. int. e, et dérivât,
de sens.
ÉBRAVAGI, lA (ébmvaj!, la) adj. —
1. Fou, écervelé ; 2. Fou d'épouvante.
« Le vache sant ébravagiés de los tavans •,
les vaches sont rendues folles par les
taons. Berr. ébei'vigé^ étourdi, effaré,
distrait ; dph. eibravagié, ravagé {ap.
Gharliot).
Adj. particip. d'ébravagl verbe.
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ÉBRO
135
ÉBROTTO (ébrot-tô) v. a. — 1. Casser
les bourgeons.
De brot, av. préf. e (ex) etsuflf. ô (14 !•).
2. Emoucher, couper une pointe à qq.
chose.
Extens. de sens d*ébroUô 1.
ÈBUFFO V. ébouffô,
ÉCAFOIRER (ékafoiré) v. a. Dph. eicar-
foiiiéy pr. escafouira, — k Lyon Écraser,
réduire en bouillie. Des œufs éca foires,
des œufs sur le plat dont le jaune s'est
répandu.
Qu'u Ihi rompit trei cote et U deivisagit,
Li eicjrfoirit lo ventre . ..
« Qu'il lui rompit trois côlesetlui abîma
le visage, — Lui écrasa le ventre... . »
iBanq.)
De foire (foria), av. préf. péj. ca^ et
suff. d*oïl er. Dans la forme écafoirer,
adjonct. d'un 2« préf. e, au sens int.
ÉCAMPOLAR (ékanpolar) à Grap.; à
Morn., River. ÉCAMPOLON (ékanpolon)
s. m. Pr. escapouloun. — Coupon d'étoffe,
échantillon.
Di rad. de ex-capulAre, av. suff. dim.
0», ou suff. ar^ suivant les lieux : écam-
polar^ on « morceau coupé ». Le suff. ar
ne paraît pas une traduct.irrégul. d'ariam,
comme on le rencontre sporadiquem (cp.
fr. hangar et pr. lindar)^ car ce suff. ne
serait pas ici à sa place. Il faut plutôt y
voir le suff. germ. ard^ qu'on retrouve
dans d'assez nombreux noms d'objets
(cp. vfr. bernard, marmite, traquenard^
coquemar, étendart). Quoi qu'il en soit,
la format, est pr., ce qui explique et la
persist. de c init. et celle de la prot.,
plus tenace en pr. qu'en In. Cependant o
pourrait être aussi une lettre d'appui,
introduite secondairem. dans le groupe pU
Nasalisât, de a (184 ?<>, rem.).
ECAMPOLON V. écampolar,
*ÉCARABOSSI V. carabossi,
•ÉCARBOULA (ékarboula) v. a. —
D'après Coch. a répandre, écarter ; écar-
boulia, répandu ».
Coch. fait certainem erreur ; il s'agit ici
du pat. répondant à fr. escarbouiller{Y.
écrabouiller), écraser, broyer, et non ré-
pandre. Nous disons carbolhî, cabolhî,
et je doute qvL'écarboula ail jamais existé
(/ doit être mouillée), mais il devait exister
un écarboulia, inflnit. du partie, cité par
Coch. Les V. en t de la !« conjug. ont,
d'ailleurs, existé tous précédemm. en ia.
ÉCARCAILLI (ékarkalh!) v. a. Dph.
eicarcailU ^ Faire éclater, fendre, casser.
Poit. écarquailler, écarter les jambes;
gasc. écarcalha, écarquiller.
Du rad. de qua,rtum ((^xA a fait écar-
quiller et écarieler). Leremplacem. de t
par k est dû à la prononciat. quarquier
pour quartier.
•ÉCARLANCHI (S') (s'ékarlanchi) v.
pron. — D'après Coch. « grimper, monter.
Oti vai-tu t'écarlancht t où vas- tu grim-
per? »
Je crois que le mot (que je ne connais
que par Coch.) signifie fkire un écart,
s'exposer eu faisant un écart, et qu*il faut
le rapprocher, non comme le fait Coch.,
du rgt escalabra, escalader, mais du pr.
escarbalha, fendre, entr'ouvrir.
Le mot anchi, hanche entre en composit.
dans plusieurs de nos mots (v. cava-
lanchit biganchi). Je crois qu'ici le mot
est composé d*écart et de hanche, mais
par l'interméd. du pr. escarlat (du vpr.
esquarl(e)lar, écarteler, de quartellum) ;
ce qui explique écarlanchi au lieu d'ecar
tanchi. Ecarlanchi « écarteler jusqu'aux
hanches ». Quant au pr. escarbalha, il se
coupe en escar-balha* donner un écart,
entr'ouvrir.
•ÉCARM ALLIA (ékarmalhà) adj. —
Écrasé, abîmé. « Ous*estlot écarmallia en
tombant^ il s'est toutécraséen tombant. »
(Coch.)
Adj. partie, de écarmailli (v. cramayi),
qui est aujourd'hui : masc. écarmayl, fém.
écarmaya.
ÉCARMAYI V. cramayi,
ÉCART (ékar) s. m. — Hameau.
Subst. V. à* écarter. Écart « groupe de
maisons écarté du village ».
ÉCAVALANCHI (S*) y. cavalanchi.
ÉCHAILLER (échalhé) v. a. A Lyon,
dans l'express. Échailler une voûte, c.-à-
d. garnir les joints en dessus av. des
échailles que Ton cogne au marteau, afin
de donner artificiellem. aux moellons là
coupe de claveaux.
D'échailley av. suff. fr. er. La format,
pat. donnerait c/ia«7/t. qui existe d'ailleurs
av. un autre sens.
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136
ÉCHA
ÉCHAILLES(échâlhe) s. f. pi. — Petits
éclats de pierre mince qui servent à garnir
les voûtes.
Orig. germ. — Golh. scalja, tuile ; isl.
skall, ail. schale, angl. scalCt écaille, vha.
scellan scaîijan, mha. schellen, briser
en éclats ; vx ail. scilan scelan, fendre.
L'idée n'est pas celle d'un revêtement
protecteur, mais d'un objet mince et re-
fendu. Cp. le mot 8*écailler en parlant de
matières dont il se détache de petites
plaques.
•ÉCHAILLI y.chailli.
ÉCHALÉv. échali,
ÉCHALI (échali) à Paniss. ; à R.-de-G.
ÉCHALÉ; ap. Goch. ESCHALLAY ; vin.
ESCHELIER s. m. — Escalier. 1346 : « En
la montée des escheliers du cousté la porte
de la lanterne. » (Arch. m.)
lu Belge à frais minois, tcio de u defailtl,
Ein bés dé VéchaU tutegtié la retrailsi.
« Un Belge au frais minois, vexé de sa
défaite, — Au bas de l'escalier soutenait
sa retraite. » (Dép.)
De * scalsirium. Prosth. de e et chute
de 5 (lia 2»); ch. de arium en % (13).
L'usagp du mot au plur. a persisté à Lyon :
on dit les escaliers pour l'escalier, pro-
bable m. parce que le vulgaire confond
escalier av. marche.
La forme eschallay ne figure pas au
Dict. de Goch , elle est extraite de la
Statistique de Cofidrieu. Elle est à re-
marquer à cause de la persist. anormale
de s. Gette partie du départem. a subi des
infl. pr.
ÉCHANDEI v. chandre.
♦ÉGHANDI V. chandi,
ÉCHANT vin. « Item II échanz. » (L,R,)
— M. G. Guigue se demande s'il faut
traduire par < deux bois de lit ». Je traduis
par « banc, escabeau » ; vfr. escamme
escamne (Nicot, Gotgr.), eschame (Ghrest.
de Troyes, ap. Godef.), cham escam
(Roquef.), escane {Perce forest ap. Go-
def.), escamne (Nicod).
De scsimnum, Prosth. de e (en pat.
cete serait ensuite tombé, 111, rem. 1);
ch. de c en ch (84). On devrait avoir
eschame, puis échame (112 £•) échamo.
Le groupe mn n'a pas suffi à préserver
la post-ton. et on a eu écham, nasalisé
en échant, La confus, av. enchant, angle,
chose qui appuie, de cantus^ a pu y
contribuer. Gomme l'indique très bien
Nicod la forme escamne e^V picarde.
'ÉCHANTILLON (échantilhon) s. m. —
Chenevolte.
De vfr. chantil (canticulus, de canttis,
coin), petit fragment, av. préf. explét. e et
suff. on, Cp vfr. eschantelet, petit
morceau.
ÉCHAPPE s. f. — Morceaux de cuir
qui maintiennent le fléau.
C'est le fr. chappe^ terme de mécanique,
auquel a été préposée la particule explét.
e. Celte format, a dû se produire sous
l'infl. du V. échapper quoiqu'il n'y ait
aucun rapport de sens. I^esex. de cori'upt.
analogues sont innombiables.
ÉCHAQUER (échaké) v. a. — A Lyon,
écailler, en parlant d'un poisson. Je l'en-
tendais souvent dans mon enfance. Il me
parait tomber en désuétude.
Êvidemm. du rad. d*échaille, mais le
suflf, est difficile à expliquer. Il faut peut-
être rapprocher le mot du poit. écharclier,
écailler. Un type * scalc(u)lare, de scalja^
donnerait aussi en In. *écharvUa (170 ?•,
a, rem.); à Lyon écharcler, qui peut se
•réduire à échacler échaquer. De même
le poit. a charcle, écaille. Nous ne possé-
dons pas charcle; mais un type *scalcula
nous aurait donné de même *charclia,
à Lyon charcle, réduit à chacle, qui serait
en rapport av. échacler échaquer, et
aurait disparu, comme d'ailleurs échaquer
est en train de le faire.
*ÉCHARASSON voy. charasson. Les
formes charasson et écharasson donnent
l'ex. de 2 modes de format. (111 et
112 2*).
ÉCHARGNI (échargni) ÉCHORGNI
(échôrgni) v. a. Vfr. eschernir escharnir,
vpr esquernir escarnir. it. schernire,
esp., port, escarnir, — Railler, et parti-
culièrem. railler en contrefaisant. Béarn.,
Gers escarni, imiter par moquerieé
Bataclan \o ganduere et Piqueta Véchargne.
« Bataclan le gausse et Piqueta le con-
trefait. » {Ménag,)
Du germ. — Vha. skirnôn, scérnôn,
ski^rnôn ; mha. schër^ten, railler, mé-
priser. Prosth. de e et chute de 5 (112 2o) ;
ch. de k en ch (cp. shenko = échanson).
Le sufT. i s'explique par le mouillem. de
71 (15 4"»). Je suppose que ce mouillem.
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ECHA
137
est dû lui-môme h Tanalog. (cp. hargner,
graffigner). Dans la forme échôrgnt^ le
passage de a à o est dû h l'infl. de r (59,
rem. 2).
ECHARPILLI V. charpilli.
*ÉCHARRI (écharl) v. a. For. échara,
béarn. escarra — Nettoyer, récurer.
J'ai, Dio-marqr* échara ma conscienci.
« J'ai, Dieu merci, nettoyé ma cons-
cience. » (Chap.)
De cinerem^ par une forme charre, qui
a fait charrée (v. cAarri), cendre qui reste
sur le charrier y après le coulage de la
lessive. Ajoutez préf. e et suff. t. On
devrait avoir charrô (15 3"). Peut-être
t a-t-il été substitué par analog. av. le
subst. charrl. L'idée est celle de lessiver,
parce qu'on se sert de cendre pour la
lessive. « J'ai lessivé ma conscience ».
ÉCHET. TTA (échè, ta) adj. - Ghétif,
mal portant, maigre.
C'est le partie, du vfr. chair, tomber
(de cadere), d'où vfr. dechait, et In.
échait èchet, par substitut, du préf. ex
au préf. dis (v. dechetto),
ÉCHIFFA (échifa) ; à Lyon échiffe
échiffve, s. f. — Écharde.
De angl. chip (?) fragment, éclat, fétu.
Chip ne se retrouve pas dans d'autres
dial. germ. C'est peut-(>tre une onomat.
indiquant le déchirera., si l'on admet qu'à
Torig. chip se soit dit de lambeaux
d'étoffe. Sur le ch. de p fin. en f. cp.
caput = chef. Dans la forme échiffre,
insert, de r (184 6», d).
ÉCHILETTA (échilèta) s. f. — Assem-
blage de barreaux pour retenir le foin
ou la paille sur un char ; il se place
à l'avant du char.
jyéchila^ d'échelh (parce que l'appareil
a une vague ressemblance av. une échelle),
av. suff. dim. etta. Ch. de a en i(î,
rem. 2).
ÉCHORGNI V. échargni.
ÉCLAIGNIA (S') V. éclénô.
ÉCLÉNO (éklénô); à Morn. ÉCLIÉNO ;
ap. Coch. ÉCLAIGNIA ; à Lyon éclêné, ée
adj. Dph. écléniy pr. dégléni {ap. Lacom-
be) ; deglesi desglesi (ap. Mistral) ; Igd.
agladi degletgi^ mars, dégleï, rch. êcli
— Se dit d'un vaisseau dont les douves
laissent filtrer le liquide. « La gevla est
éclaignia, le cuvier est disjoint. » (Coch.)
— Au fîg. exténué, accablé de fatigue. Snei
tôt éclénô, ré cheire in doelles^ je suis
exténué; je vais tomber (litt. en douves,
comme un tonneau écléné).
Étym. inconn.— Les formes pr. deglesi
desglesi s'expliqueraienlelles par le vha.
kliosan, fendre (v. Diez à cZ/^jfe; toutefois
je n'ai trouvé kliosan ni dans Grimm ni
dans Schade ni dans Diefenb.) ? Dans ce
cas on devrait avoir régulièrem. déglessi.
Dans la forme degleï Vs serait tombée
comme dans hisaccia = pr. biassa; le
rch. écli répondrait à écli{s). Sous quelle
infl. s'est opérée la substitut, de la fin.
en n à la fin. en z dans les formes
dégléni écléni éclétiô f Peut-être sous
celle de dis-clinare. La dérivât, de
sens n'a rien d'extraordinaire. Roquef.
donne vfr. clinet^ crible, et le P. Labbe
cliner, cribler; clineU crible; Du C.
clines, partie du moulin par où lombe la
farine (de clinare). La dér. serait celle-ci :
cliner, pencher, laisser échapper, laisser
couler. Dans éclégnia éclénô^ le préf. ex
a été substitué au préf. dis. Dans la forme
écliénô, insert, d'yotte (164 2», a).
Le pic. a ëclayer, môme sens, mais il
parait fornr.é sur claie, ou infl. par lui.
ÉCLÉNO (S') (éklénô); ap. Coch. S'ÉCL-
AIGNIA V. pron. — Se fendre, en parlant
des douves d'un vaisseau. V. éclénô adj.
ÉCLIAFI y.écliafô.
ÉCLIAFO (ékliafô) ; ap. Coch. ECCLIAFI
s. f. — Usité dans l'express, ina écliafa
d'aigui, une trombe d'eau.
De cliafi, av. préf. é et suff. ô = fr. ée
(1). Littér. une serrée d'eau. Dans la
forme donnée par Coch. le suff. est
ita es fr. te.
ÉCLIAPES V. cliapes.
' ÉCLIAPO (ékliapô) v. a. — Faire des
éclats de bois à la hache. Au fig. mettre
en morceaux, abîmer.
Orig. germ.(?) — Vha. sleizan, ail.
schleissen, ags. slaetan, éclater. SI init.
germ. = sel. Prosth. de e et chute de s
(112 2"). Insert, de yotle après c/ (164
2», a). Reste la substitut, de p fin. à t.
Pourrait-elle s'expliquer par l'infl. du vfr.
claper, de l'ail, kiappen; angl. to clap,
faire du bruit en éclatant?
ÉCLIARZI (f'kliarzî) v. a. — A Paniss.
Rincer, nollnyer, faire briller. EcliarzMn
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138
ÉCLI
gobeau, rincer un verre; ècliarzX lolinjo,
donner un coup de savon au linge pour
enlever la plus grosse saleté, en attendant
qu'on le mette à la lessive.
De cliar (de clarum), av. une format,
inchoative. Gp. dur-cir, accour-cir. Le
fr. cir répond à tiare = si en In. (138
10 et 15 !•).
ÉCLIO (éklio) ÉCLO (éclo) s. m. Vfr.,
pr. esclop; dph. eiclop écliop, for. éclot
— Sabot. La forme éclio est de beaucoup
la plus répandue. Roq. emploie les deux.
Ln iterorrou Clapé, vuUiit coinui' In écliar,
Avoué so grous zécUo se poste vait Sainl-Cliar,
K Le poôlier Glapé, volant comme un
éclair, — Avec ses gros sa'jols, se poste
à Saint-Clair. » (Per.)
Avoué mo gros éclos volu ihoupiu soo huoiiiio.
« Avec mes gros sabots, je veux piétiner
son mari. » {Gorl.)
Non, comme le propose M. Mistral, de
sculpona, mais peut-être du rad. de
scnlpere, qui a fait sculponUy sabot, dans
Plante. Métath. de Z (187 3») ; d'où sclup,
et, par ch. de u bref en o (38), sclop;
puis eic/op èclop par prosth. de e et chute
de 5(112 â"); éclo par chute de p (117),
et enfin éclio par insert, d'yotto (164 2*,
a). — M. Baist voit dans esclop, sclop pum,
qu'on trouve dans Festus pour bruit qu'on
fait en frappant sur une joue gonflée, à
cause du bruit que fait le sabot, mais la
dérivât, semble forcée.
ÉCLO V. éclio,
ECO (ékô) ; à Villefr. ÉCOSU (élvùzu)
adj. — Se dit du blé battu. Vfr. escos
escous, secoué. De blô cco, du blé battu.
Vi'ex-CMssuni. Ch. de u bref en o (38).
Eco (écrit souvent ecot^ pour marquer la
brièveté de o) a diï être écôs. Dans la
• forme écosu a été ajouté le sutT. w, dUitus.
On devrait avoir écossu^ comme 'exciis-
sorem a donné écossou. Peut-être la
substitut, de -3: à ss a t-elle eu Heu pour
le différencier d'écosseu, fléau, à Villefr.
ÉCOÉSSONS V. écouéssons.
ÉCOFER V. escoffier.
ÉCOiSSENDRE (ékoïssindie), v. a. —
A Morn. Écarteler les cuisses, déchirer
jusqu'aux cuisses.
Du vpi-. escoscendre escoissendre que
Faidil définit par a per coxas sciiidere ».
La définit, donne l'étvm. O mot est le
même que coiiessindre cuissindre^ que
j'ai à tort tire de con-scindere. Faidit
ajoute « vel pannos scindere », qui est le
sens de l'ex. tiré de La Ménag., donné à
coiiessindre. Ce second sens est dérivé
du premier.
ÉCOISSENDRO (ékoïssandro) adj. —
Déchiré jusqu'à la cuisse.
Adj. tiré d^ecoïssendrej mais formé par
analog. av. les partie, de la !'• conjug.,
tandis que couêssiudu est est formé par
analog. av. ceux de la 3« conjug. fr.
ÉCOISSI V. écouessi,
ÉCOISSONS V. écouessous,
ÉCORGNOLO V. écorniolô,
ÉCORNIOLO (ékorniolô) ÉCORGNOLO
v. a. — Couper la gorge, égorger.
Le peplo combatlant sV'veÎDtre et n^'écorgnoU,
« Le peuple combattant s'èvenlre et
s'égorge. » (Mén.)
De corniola, av. préf. é (ex) et suff. ô
(14 3«). Gp. égorger, de gorge.
ÉCORNIOLO (S'), S'ÉCORGNOLO v.
pron. — A Paniss. S'égosiller (v. écor-
niolô).
ÉCOSSÉRI V. écossoli,
ÉCOSSOLI (ékossoli) ÉCOSSORI ; A
Yzer. ESCOSSÉRI s. m. Sav. écoju —
Batteur de blé.
Formé sur ex^cMssum, av. suff. roman
o/,^d'où écossol, et écossoli par l'adjonct.
d'un 2* suff. t (13), applicable aux noms
de métier. Ch de u bref en o (38). Le
suff. ol est pr. (cp. bressol). Dans la foinue
écossori, ch. de / en r (147 2*). Il n'est
pas impossible que dans la forme écosséri
l'infl. d'écosser ne se soit fait sentir.
ÉCOSSORI V. écossoli.
ÉCOSSOU V. cossou.
ÉCOSSU V. cossou,
ÉCOSU v. éco.
•ÉCOTO (ékotô) V. a. dans l'express.
Écotô los abros, les élaguer.
Le même qu'aco^fî, av. substitut, de préf.
ÉCOUÉRU V. acuérou.
ÉCOUESSI (ékouèssi); «p. Goch. ÉCOIS-
Si V. a. — 1. Fendre, déchirer, en parlant
de matières dures. 2. Déhancher. « E aie
tant de fruits que lous abros s'écois-
savon^ il y avait tant de fruits que les
arbres se déchiraient. » (Goch ) Pr. esciiis-
sa, alp. escuicha, dph. eicoissa, rompre
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ÉCOU
13Q
les cuisses, arraclier une branche av. une
partie du tronc; vpr. escoissar c per
coxas dividere », ss.-rom. ékoiieissi,
éclopé.
Champenois IVcoueMi, qu*t de ?io par dtrré.
« Champenois, le déhanché, qui a des
yeux par derrière. » {Per,)
Ti'eX'CocsSLre, de coxa. Ch. de oc en oi
ouff (cp. 42 3») ; de are en î (15 3*). La
dér. de sens s'explique par l'analog. entre
une branche déchirée et une cuisse ccar-
telëe.
ÉCOUESSONS (ékouèsson) ÉCOES-
SONS;ap. Coch. ÉCOISSONS s. m. pi.
— Battage des grains. Lo tian de los
énouessonsy le temps du battage.
jyexcxissum, av. sufT. onem. On devrait
avoir écossons, comme on a écossou.
Écoisson répondrait k* ex-cucsonem,
ÉCOULAILLES v. acolailles.
•ÉCOURRE (ékoure) V. a. Vel. escou-
dre — Battre le blé. Vfr. escorre escourre,
escoudre, secouer.
De e)C'CVLf{e)re. Gh. de u bref en ou
(34), facilité par le voisinage de r ; ch.
de tren rr (164 3-).
ÉCOZIA(ékozia)s. f. — A Morn. Mélange
à parties égales de froment et de seigle
pour faire moudre.
\yex-quotiAta (?) (de quotus) = equotia'a
{lBS)=equotia = pquozia (138 1"), écrit
écozia comme quota est écrit co^a. Le rad.
à*aequus doit être repoussé; on aurait eu
égozia (cp. a'*quare = êgô).
ÉCRABOUILLER (ékraboulhé) v. a. —
A Lyon écraser, broyer.
C'est le vfr. escharbouiller, av. métath.
de r (187 1«). V. cabolhi.
ÊOROLLI (ékrôlhl) v. a. — A Paniss.
Écraser.
Non do crollare, mais du rad. qui a
fait escharbouiller. In. écrabouiller (v.
caholht, cramayi), A ce rad. car cra
s'est ajouté le suff. fréq. ôlhï qui, s'étant
confondu av. l'a (= ô) du rad., s'est
transformé en ôlhî.
'ÉCUCHI (ékuchi) V. a. For. écuchi —
Presser, serrer, écraser.
Quel» iiiassi «le char écuche la selcla.
« Celle masse de chair écrase la chaise. »
(i>^p.)
1/einforUuno, luin de s^efTjrouchi,
Chapolle à mori, hazùrd d'être écuchi.
« L'infortuné, loin de s'effrayer, — Frap-
pe à toute vigueur , au hasard d'ôlre
écrase. » (Per.)
Écuchi paraît être ident. au pr. esqui-
cha, cat. esquinsar , vpr. esquissar ^
déchirer, briser, auquel Diez donne pour
étym., av. le signe du doute, ff;^tÇ«tv (répon-
dant k *schidiare, d'où schidiae, débris).
Le mot In. a dû subir linfl. de cuche
cuchon. De là la double signifie, pour
acuchi (v> ce mot), de serrer et d'amonceler.
ÊCUISSINDRE V. cuissindre.
ECU I SS I N D U V. cuissindu.
EDZI (èdzi) adj. — A R.-de-G. Aider.
Quille lo lieu fatal, edii de Flagornon.
« Quitte le lieu fatal, aidé de Flagornon. »
Wp,)
C'est le vfr. aidier^ av. la prononciat.
ripagér. de d devant i et le ch. de ier en
t(15 3-).
EFANT (efan) s. m. — Enfant.
\)*infeintem. Chez nous le son in repré-
sente non la nasalisât, do /, mais celle de e.
On a eu d'abord e-nfant (62). Il est
probable que la l" nasale a disparu par
dissim. av. la 2«. D'où la forme efant
qu'on trouve dans le In., le dph., le for.,
l'alp., le lim., le Igd.
ÉFARDO (éfardô) v. a. — Répandre,
disséminer.
Formé sur défarde^ désordre,^ trouble,
panique, av. substit. du préf. é, au sens
disjonct. Suff. ô (14 !•).
ÈFERAIN (èferin) s. m. •- A Paniss.
Pain de farine tamisée.
De ferain, av. prosth. de e.
EGA V. êgô.
ÊGAJO (égajo) s. m. — Raccommodage.
Formé sur êgô, av. suff. ajo, d'at{i)cum
(161 5«).
ÉGO (êgô); vin. EGA ESGUER v. a. —
Arranger, réparer, raccommoder, attifer.
Le s*êgue ben^ elle s'attife bien.
Fai alluma lo clro ;
No Teiquia bien ega.
€ Fais allumer le cierge; — Nous voici
bien arrangés. » {Noël xvi* s.)
0 va que ie te pufou, le vaiquia bien tègué.
« Ça va comme je te pousse, les voilà bien
arrangées. » (Hem.)
Jedzii-ai copeindanl, s*o n*eit pas bien egô
« Je dirai cependant, si cela n'est pas
bien arrangé. » {Gorl.)
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140
ÉGRA
D*ex-aequB,r.'*. Le ch. de qw en g indique
Torig. pr. (131, rein.). La forme esguer
indique l'existence du préf. ex. Gp. Orne
5 V^aî7/er, s'éparpiller, s'étendre, à^afqua •
lem.
ÉGRAFIN0(égrafln6); àLyon ^ra/y^wer
V. a. Pr. grafigna grafina grafinar ~
Ègratigner.
Du vha. kra,pfo, crochet, croc, av. suff.
dim. ino par analog. av. vfr. esgratiner,
d*esgrater. La forme égrafino aurait donc
été précédée d'une forme égrafa. On re-
trouve en effet, en pr., grafa au sens
d'empoigner, saisir. Krapfo parait plus
vraisemblable que graphium, proposé
par Scheler, et dont le sens ne paraît
jamais s'être étendu à déchirer, mais s'être
restreint à celui d'inciser. Gp. greffer, de
graphium, it. sgraffiare, faire des hachu-
res. Sur le ch. de Aren gr, cp. fr. agrafe.
In. agrapô, saisir; égalem. de krapfo.
ÉGRÉS (égré) s. m. pi. — Escalier.
C'est le fr. degré, av. ch. de pref. Gradus
aurait donné gra, puis grô, égrô (1).
ÉGRÈYI (égrè-yl) v. a. — Aiguiser, en
passant une pierre sur une faux etc.
De grè{s). Le mot a été formé lorsque
Vs ne se faisait plus sentir. On a relié le
suff. par y. Le choix du suff. a été déter-
miné par analog. av. les autres v. en eyï:
prèyX, snyt, neyi, tandis qu'il n'existe
pas de V. en eyô.
*ÉGROBOUNO (ègrobounô) v. a. —
Enlever les racines des arbres coupés,
pour avoir la souche.
Degrobon, av. préf. e, au sens disjonct.
ÉGROUGNI V. grougni,
EIMBOCONNO v. imhocomiô,
EIMBOSSI (S') V. s'imbossi.
El M PLU RE V. implure.
El N BOSSU V. inibossu.
EINCHAFETO v. inchafetô.
EINCRENILLI y\ increnilli.
EINGOLO V. ingolô.
EINGRANO V ingranô.
EINMANDO (S')v. s'immandô
EINRÈYI V. enréyi,
EINTRAFICHI v. intrafichû
EINTRUMOv. intremô.
EITOU V. éto.
ÉJOULO (éjoulô) V. n. Yowjoula — A
Paniss. Geindre, pleurer, en parlant des
enfants.
De iilulare {??) = uVlare, av. proslh.
do j comme dans juey « aujourd'hui »
dans certains villages. A Paniss. u bref
devient souvent ou, et ici la transformat,
a pu être aidée par les 2 / qui suivent.
Éjoulô, n'est que le for. joula, av. prosth.
de e.
ÉLAIDI (élèdi) ÉLÈDO (élèdô) ; en Fr.-
T-'H. ÉLAIDI (élaïdi) v. impers. For.
élieuda élueda, herr. clider, bourg, élai-
der, vfr. eslaider aloider enloder enloy-
der loiser — Faire des éclairs.
Le mot est évidemm. le môme que In.
aluidi, ss.-rom. einlutzi ehllulsi, même
sens, de lucidare. U de lucidare étant
long, on devrait avoir ui dans toutes les
formes (74 bis), mais il y a sans doute
eu hésitât, en b. lat. sur la quantité de u,
puisqu'il y abifurcat. dans la transformat,
et que tout un groupe de dial. a eu oi
(cp. 42 lo), pendant que l'autre avait mi.
On trouve même les 2 formes dans le même
dial. C'est ainsi que le vfr. a luisier à
côté de loiser, et le In. aluidi à côté
d'élaidi (oi du vfr. est ai dans le In. et le
bourg.). Enfin, de oi les dial. d'oc n'ont
conservé que o, qui est devenu long : lim.
eilaugia eilosia, Igd. iglaussa glaussa,
pr. eiaussa uiaussa; d'autres dial. au
contraire n'ont gardé que i (cp. berr.
élider\ mais il est probable que cet i
provient de ui.
Dans élaidï, ch. de are en i (15 2«), Le
suff. ô dans élèdô provient de ce que,
toute trace de la dipht. de ai ayant disparu,
la dentale a appelé par analog. le phonème
0 (14 !•).
ÉLAIDO(élédo) ÉLÈDO (élèdo); àMorn.
ÉLAibo (élaïdo) ; à Villefr. ÉLOIDE
(éloide); vlu. ÉLOIDO, s. m. Vx. dph.
eiloeido eiloido, dph. éloido^ for. élieuda
élu'da^ genev. élieuda, vfr. esloide, poit.
éleude — Éclair.
Eu mein que d'vii eiloido li fli dessus lo groiii
Greli, seti dire mot, miliantc col de poiii.
f En moins d'un éclair, lui fil sur le
visage — Grêler, sans dire mol, un millier
de coups de poing, y» {Banq.)
L'éhfdo inonde
Tôt l'horisoii.
« L'éclair remplit — Tout l'horizon. » .
{Grêla)
Subst. v. tiré d*êlaidi élèdô.
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ELÈD
141
ÉLËDO, verbe, v. élaidi, ÉLÈDO subst.
V. élaido.
ÉLINDA V. élindau.
ÉLINDAU (élindô); à Morn. LIENDAU
(Ihindô) LIENDA (Ihinda) ; ap, Coch.
ÉLINDA s. m. Pr. lindau, vpr. lindar
— Seuil.
De lim{i)tellum, av. préf. expl. e. Pour
élindau ch. de t en d (174 2r, b) ; ellum
donne tau en In. (32) ; on devrait donc
avoir ëlindiau, ce qui ferait croire que le
mot est emprunté au pr. Il se peut aussi
que dans liendiau (qui a dû être la forme
primitive) le 2"* yolte ait été contrarie
par le l»''.
Elinda est peut-être limittUum (?) C'est,
en tous cas, une forme archaïque, qui
devra devenir ^/mrfd (1).
Le mouillem. de / init. dans liendou
lienda est un phénom. de prononciat.
locale qui tend à mouiller / et n devant t.
É LOI DE V. élaido subst.
EM préf. V. en.
EMBAISSI, déjà donné sous la forme
ambaissif et ainsi orthograph. par suite
de a init. employé dans tous les textes.
Mais cette gi*aphie parait fausse. En effet
embaisso embaicho, en Igd. signifie l'em-
ballage, les sacs ou cordages qui servent
d*enveloppe aux marchandises que Ton
pèse, et lis ambaisso, las embassos ou
embiassos (répond* au In. ambiorses) sont
des espèces de châssis que l'on attache sur
un bât, et à chaque bout desquels on pend
un sac.
Embaisso paraît représenter l'idée pri-
mit. d'un appareil destiné & envelopper
et à maintenir le faix de la bête de somme.
C'est très exactem. les ambiorses (v. ce
mot) du In.
Les étym. proposées pour ambaissi et
ambiorses sont ainsi mises à néant, et il
est un peu plus vraisemblable de lire dans
tous ces mots le rad. de bastum^ bât, dont
on peut tirer un ^im-bastiare, embâter,
attacher à un bât. Imbastiare donne
régulièrem. pr. embaissa et In. embaissl.
Tiare devient ssl, et a devient ai par
Tattract. de l'yotte de l'hiatus. D*embaissi,
verbe, se tire un subst. v. embedssi,
appareil pour Tembâtage.
La forme pr. embiassos peut s'expliquer
par l'infl. de biasso, besace. Embiorses
(qui, à River, est souvent imbiorses)
paraît tiré à*embiassos, soit av. l'épenth.
de r (184 6«, c), soit sous l'infl. de bursas.
En tous cas, l'identité des objets dans le
In. et le Igd. ne peut laisser de doute sur
l'identité des noms. L'emploi du plur. pour
désigner l'objet est dû au caractère double
de l'appareil comme dans fr. jumelles,
lunettes doubles.
EMBALLOS(anbalo) à River; EMBAL-
LAS à St-Mart. s. m. pi. Lgd. embalas,
rgt. embalais, for. embaillard — Civière.
D'emballer, av. dér. de sens. Il est
probable que le mot primitif est venu du
lgd. {as n'étant pas un sufi". In.) Puis on a
transformé le suff. as en plur. de a, en
laissant tomber s, ce qui explique l'emploi
du mot au plur. Enfin on a substitué à
River, le sulT. plur. o(s), l'objet étant du
genre masculin. Le Forez, lui, a substitué
le sufi". ard, peut-être par infl. de bayart,
qui est le nom de cette espèce de civière.
Le mouillem. des II en for. s'explique
peut-être par l'infl. du mot baille, sorte
de grande corbeille grossière qui sert à
l'emballage de la verrerie. Toutefois la
difficulté est seulem. reculée, car je ne
sais pourquoi //a été mouillée dans baille,
qui paraît être le même que le In. balle^
corbeille.
EMBARGAILLI v. emmargailli,
EMBARLIFICOTO(anbarlifikot6) BAR-
LIFICOTO V. a. — Embarrasser, troubler.
Forme patoise ^^emberlificoter, Gh. de
e en a (66).
'EMBARRASSIA v. imbarrassia.
*EMBERLICOCA (anberlikoka) adj. -
Troublé de cerveau, embarrassé.
Forme patoise d*emberlucoqué (où
figure probablèm. berlue) t av. une légère
dérivât, de sens. Le mot doit être aujour-
d'hui embarlicocô. Il est d'ailleurs peu
usité. On dit plus volontiers barlificotô.
EMBIERNA (anbièrna) IMBIERNA
(inbièma) ; .^ Lyon embierne s. f. Sav.
embiar — Embarras, ennuis, difficultés,
désagréments de toute sorte. Cela fena
lui fait bien de z'embiernes, cette femme
lui cause bien des ennuis.
Subst. V. tiré d'embiertiôj av. fin. a par
analogie av. les autres noms fôm.
EMBIERNO (anbiernô) adj. des 2 ]g'
— Très ennuyé, très embarrassé. Être
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14?
EMBI
emhiernô, c'est ce que le populaire, dans
le langage bas, appelle être emm., pris
au fig.
Partie, é'embiernô. Cet adj. tend à dis-
paraître. Au lieu de être embiernô on dit
de préférence aval de Vemhierna.
EMBIERNO (anbièrnô) EMBIARNO
(enbiarn6) IMBIERNO (inbièrnô) INVIER-
NO V. a. — Gréer des difftcultés, des
embarras, des ennuis. Sens très péj. Fou-
me lo camp, bogro d'incoti, que te m'in-
vi'*rnes! Va-ten, b. d'engourdi, car tu
m'ennuies !
Hais ne m^imbiarnô p6s de le gtnguilUri,
De qui'lo TÎu tlcbris que son roct'-a porri.
« Mais ne m*embarrassez pas des
guenilles, — De ces vieux dé!)ns à moitié
pourris. » (Le Tut,)
Du fr. bren, excrément, av. préf. en, de
in, et suff. <J (14 8«). D*où cmbrenô et
embernô^ av. métath. de r (187 1*), et
enfin embiernô j av. insert, du yotte qui
se rencontre qqfois après b (v. embiorses).
Sur la métath. cp. berr. déberner pour
djsembrener. Le préf. en tend partout à
se transformer en in. Le passage de e ha
a eu lieu sous infl. de r (66). La forme
enviernô est rare.
EMBIORSES V. sous embaissi.
EMBOCQUO (anbokô) ; à Lyon emboc-
quer v. a. — Donner la pâtée, mais av.
l'idée de gaver. Embocquô le dindes,
gaver les dindes. S'embocquô, manger
av. excès.
De 6u«;ca. Beaucoup de dér. de bucca
ont gardé le c dur (cp. boquô^ baiser). SufT.
6 (14 i").
EM BOSSOIR V. imbossu.
^EMBOSSOU V. imbossu.
•EM BOTTA V. inbotô.
EMBOTO (anbôto) IMBOTO; ap. Coch.
EM BOUTA ; vln.emboutée s. f. — Ce que
l'on peut saisir av. la main . Une grosse
poignée. Un'embouta de liards, une
poignée d'argent (Coch.), € En suitle de
quoy il leur estait permis de prendre deux
emboutées de l'argent offert en l'honneur
de ces reliques, qu'ils distribuaient aux
pauvres. » (Le Laboureur, Mazures)
De -^Ir. bouter, av. préf. em{àQ in). Gh.
de ou en o (34, rem. 4) ; suff. 6 (14 !•).
EMBOUCHES vin. — ^di6: « Item, au
dit mur, embouches, pour porter les
machicos, 54 bochez... » (Arch.mun.)
Je crois qu'il faut lire embouché, partie.
Bien q\i*embouschier signifie ordinairem.
crépir (de bausche), je crois que le mot
veut dire ici faire des trous et y placer
les bochets (v. ce mot) qui portent les
mâchicoulis. Emboucher des boschets^
c'est les placer dans des bouches (de bucca)
préparées à cet effet.
EMBOUSCHIER vin. 1474: cA Glaude
Margueron pour avoir embouschié la tour
des escloizons regardant la ruete des
Dnm^s de S* Pierre et arrazé la muraille
jusqu'aux chevrons. » (Arch. m.) — 1421 :
« Ont baillé à priffait de faire lameson
des Forges, de la moyson qui s'ensuit
de deux pies de gros en fondement et d'un
pié et demi dehors terre, embosché'e dehors
et dedans. » {Rég. consul.) — Ges textes
montrentqu*^m6oM.çc^i>r signifiait enduire
au mortier.
Du vfr. bauche, crépi sur un mur, av.
prosth. explét. de e et suff. d'oïl. Je crois
que bauche, enduit, et bauche, atelier,
débaucher f ébaucher y qu'on relie commu-
nèm., ont 2 orig. Bauche, crépissage ;
norm. bauche, pisé, torchis ; vx norm.
bauchier, ouvrier en murs de terre, se
relient très bien au gaël. balk, croûte de
terre ; irl. baie, durcissement de la terre ;
balcaim, entasser ; ags., angl. 6o/A, vx
angl. baulk of land, élévation de teri*e
entre 2 sillons ; dan. dialect. balk^ bande
de terre non labourée; 8uéd. dial. balka^
entasser; nord, bdlk-r mur séparatif. De
ridée de mur en terre pressée & celle du
revètissem. de ce mur en argile pétrie,
puis en mortier, la dérivât, est assez
simple. — Le vfr. balCf bauch, poutre, se
relie, lui, très bien à ail. balken ; holl.,
suéd., angl. balk; dan. biaelka, nor.
bjalkiy poutre. De bauch^ poutre, a pu
être formé ébaucher^ dégrossir le bois,
puis ébaucher un travail en général.
*EMBOUTA V. embotô subst.
EMBRINGO(anbringô); àLyon embrin^
gner v. a. Pr. embrinca embringa, vpr.
embregar^ il. imbrigare — Embarrasser,
entraver, empêtrer. S'embringô, se mettre
dans une mauvaise affaire. A s*est embrin-
go de cela fumella, il s'est embarrassé de
cette femme. On lit dans nombre d'actes
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EMfeR
143
anciens de l'arrondissem. de Nyons, à
propos de propriétés : « Non embringuée
d'hypothèques. » Ss-rom. elnbriga, char-
ger, astreindre, hypothéquer.
Du rad. qui a formé fr. brigue et it.
briga. Esp., vpr. brega, querelle; esp.
bregar, quereller (?) Nasalisât, de t (184
7") : prosth. de em(deîVi) et suff. <3 (14 4»).
EMBRINGUE (anbringhe) s. f. — Em-
barras, obstacle, difficulté de toute nature.
Subst. V. tiré à*embringô^ à moins que
ce ne soit embringô qui ait été formé sur
embringue,
EMBRONCHI (anbronchi); ap. Goch.
EMBRONCHIA;àLyonôm6rowc/iéî,^eadj.
Coch. le traduit par pensif, mécontent.
« Oui è ben tan embronchia, il est bien
tant dans ses rêveries. » C'est le sens fig.
du vfr. embronchier, abaisser, tenir bas,
l)aisser ïe visage. Il se retrouve dans
Marg. € Et aviant les faces embro7ichies
come pleynes de grande pidie. » Le sens
est aujourd'hui « embarrassé, gôné ». Al
élôve embronchi par sa chargi, il était
gêné par son fardeau. Même sens dans le
b. dph. Ladériv. s'explique aisém : baisser
le visage, être sombre, être embarrassé
par ses préoccupations, être embarrassé
en général. La dér. inverse est égalem.
possible: être sombre, baisser le visage,
être embarrassé. Il est vrai que Diez
sépare it. broncio, regard morose, du vfr.
embronc^ incliné ; mais les 2 mots parais-
sent identiques, comme l'a montré M. G.
Paris.
Étym. inconn.
•EMBRONCHIA V. embronchi.
EMBUFA(anbufa): crp. Goch. A M BU-
FA — Dans l'express, c alla à Vambufa,
aller prendre le soir des alouettes au filet. »
Inusité. Nous disons allô à l'espéra.
Embufa parait être embûche^ mal ouï
par une oreille peu exercée.
EMMARGAILLI(an-margalhl)EMBAR
GAILLI V. a. Dph. embargalha bargalha
— Souiller, spécialem. av. de la fange ou
une matière semblable.
Du vfr. margoiller margoilloier, rouler
dans la boue, av. substitut, du pref. ai7/?,
plus péj. que le suff. fréq. oiller ; et
prosth. du préf. en (de in). Margoiller
vient lui-môme de marga, dont le sens
est dérivé à celui de boue (cp. In. marga-
gnt, boue tirante). Dans la forme embar-
gailli ch. de m en b (104, rem. 2).
ÊMO (émo) ; ap. Goch. ÊMOU ; à Lyon
ême 8. f. Vfr. esme^ for. êmou, auv. eimo,
Igd. imet marchois eime — Intelligence,
jugement. A Vême, au juger, à vue de nez.
« Te n'as gin d'ême, va n'en charchi à
Trévoux, tu n'as point d'esprit» va en
chercher à Trévoux », vieille plaisanterie
lyonnaise, parce qu'au xvii* s. la monnaie
delà principauté de Dombes était marquée
d'une M. La forme donnée par Goch. est
évidemm. tirée du Forez ; ou n'est jamais
post-ton. en In.
Ah, qu*il art bien d'^o,
Car i) a gran çarrlau
€ Ah, qu'il aura d'intelligence, — Gar il a
un gros cerveau. » ( Vx noël)
l>'diest(i)ma (52 et 178 4«).
EMOSSI (émossl) v. n. — Échapper des
mains, glisser. La detli m'a émossi^ la
cruche m'a échappé des mains.
Doit être identifié av. vfr. musser^ cacher,
dérober, que Diez tire du vx ail. sich
mùzen ; ail, sich m,aussen^ se cacher
comme une souris ; ail. maus, souris ; sscr.
mùsha, môme sens. Le In. a préposé e»
Le passage de au ail. à o est normal (cp.
vha. hlaupan = galoper). Suff. t(15 3»,
rem. 2). Sur la dér. de sens cp. se dérober,
« s'échapper, glisser ». L'etym. est confirmée
par le gris, m^icciar^ s'échapper. M. Thur-
neysen propose un 'muciare, se cacher,
dont l'orig. serait celt. Le sens ne se prête
pas aux mots In. et gris., où Tidée de
mouvement est caractéristique.
*EMOTTA (émotta) s. f. — 1. Motte de
terre. 2. Grosse souche laissée en coupant
les branches.
Même orig. que le fr. mottes av. préf.
e explét.
ÈMOTTOv. mottô.
*ÊMOU V, êmo.
EMPAITA (anpèta) dans la loc. Panier
à l'empaita^ panier pour aller au marché,
usitée aux environs de Villefranche.
Non d'emplette, où la chute de / ne
s'expliquerait pas, mais d"*impacta, av. la
signification, de chose mise sur les bras,
de charge commise ; d'où panier à l'em-
paita, à « faire les commissions », suiv.
la loc lyonn. Gh. de ac en ai (10). Cp.
du reste vpr. empaitar, d"impactare. Il
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144
EMPA
1
est vrai que pacta a donné pachien In.
C'est que dans ce dernier et a été méta-
thésé. De môme, à côté de vpr. empaitar^
existe empachar,
EMPANNON s. m. — Terme de char-
penterie lyonn. — Assemblage de solives
ou de chevrons dans une pièce de bois
posée en biais sur un angle.
Du vfr. paier, pr. panar, saisir, fixer,
fr. pan, gage ; angl pawn, môme sens ;
fr. panneau, planche saisie dans une
embolture. Suiv. Pott, du lat. panctum
pour pactum. Toutefois en venant de
panctum il semble que le mot en aurait
gardé Tyotte (= c). Quoi qu'il en soit, au
subst. pan a été adjoint le préf. em{in),
marquant l'act. du dehors au dedans,
d'attirer à soi. Suff. dim. on, Vempannon
étant une pièce très secondaire. Le sens
très marqué de fixer, saisir me semble
mettre à néant Tétym. empenner, donnée
par Littré.
EMPARA (enpara)vln. V. a. — Défendre
de, garantir de. Tarentaise et ss rom. lim-
para, soutenir qqu'un.
Tey, preii ccU B>*anJ brtnchi,
Pcr lo Ten empara,
« Toi, prends cette grande branche, —
Pour garantir du vent. » (Noël wv s.)
De *im-para,re. V. empare,
• EMPARE (anpare) ÈPARE; à Morn..
Grap. IMPORA (impôra); vin, ESPARE
s. f. Ss-rom. epdra — Terme de serrurerie
lyonn. Penture, ferrure qui tient une porte
suspendue. Arch. mun. 1517 : « 4 espares
pour la porte de la tour du Blanchet près
la tour des Pastiz. » — 1468 : t A Nicolas
Morin pour avoir mis deux espai^res et
deux angons et poser une serraille
(serrure). » — 1468 : A Nicolas le serru-
rier pour esparres et crochets à
pendre les barbacanes. » Dans ce dernier
texte barbacane paraît s'appliquer à des
volets fermant la barbacane proprem. dite
ou archère.
Dans l'invent, des biens d'un serrurier
lyonn. (1372), on lit : c In epariis enguys
donzelles cocliara... » que M. de Valons
traduit par: « En barres, engins, donzelles,
grandes cuillers... » Epariis me semble
devoir être traduit par espares ou fer
pour espares.
Subst. V. tiré de vfr. emparer, forlifier
(cp. rempart)^ de in'para,re. Les empares
fortifient la porte, la défendent, la gar
nissent. Dans épare, vin. espare, il y a
substitut, du préf. ex au préf. in.
Dans la forme impôra, em a passé à in,
comme dans tous les mots à préf. em en ;
et a a passé â ô (1).
EMPAREU (anpareu)s. m. — A Villefi*.
Boisson faite av. des poires, des sorbes etc.
De péru, poire, av. préf. en, de in, et
suff. eu, qui à Villefr. représente souvent
osus, Gh. de c en a sous infl. de r.(ÔÔ).
EMPEGI (anpejl) v. a. Pr. empega —
Enduire de poix, et par extens., de toute
substance collante. « Gomme une souris
empeigée. » (Rabel.) Je crois que R. avait
emprunté le mot du pr.
De pègi, poix, av. préf. em (in) et sulT.
t (16 2»)
'EMPEINTA (anpinta) s f. Dph. am-
peinta, pr. empento empinto — Grande
rame à l'arrière des bateaux et radeaux,
servant de gouvernail. G'est à tort que
Goch. la donne pour synon. de picon. Le
picon est à l'avant.
T>'*impïncta, formé sur impingere ,
comme pinctus de pingere (181 !•).
Nous devrions avoir impinta, mais outre
que le mot est probablem. emprunté, un
besoin de dissim. a pu empocher em,
produit primitif de in, de passer à in.
EMPENACHI (ampenachi) v. a. — Se
dit des doigts où il est resté du miel
lorsqu'on le manipule. Al los dets tôt
empenachis, y Sii les doigts tout emmiellés.
Semble une dérivât, fantaisiste de
empegt, mettre de la poix, sous Tinfl. de
panache, Cp. fr. panaché, qui est de
plusieurs couleurs, parce que le panache
est ordinairem. de couleurs variées.
EMPLON (anplon) s. m. For., auv.
amplan, dph. amplon — Gifle, soufflet.
Pr. emplana^ donner un soufflet.
Moi, rien que d'un tamplon, je Toudrais TapUler
[(Mil.) ]
Un tamplon est ici pour tm-t-amplon,
'DUn-plana,re, au sens de mettre sur la
surface, appliquer comme en justifie le
pr. emplana. Gp. appliquer un emplâtre^
môme sens. Gh. de an en on, à R,-de-0.
(9 rem. 2).
EMPLURI (anpluri) IMPLURI v. a. Pr.,
Igd. empura empusa, nlp, emplura em"
pluira empleira^ dph. emplura —
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EN
145
Attiser le feu. Dph. empura, allumer
le feu (Gharbot).
M. Mistral le tire d'impulsare, )nais
celui-ci aurait donné empoussa. Il est
bien difficile de ne pas y voir un dér. de
TTjp, latinisé en impurare, qui donne
empuraen pr. L*add. de / dans les formes
In., dph. et alp. s'explique facilem. par
confus, av. implere. La fin. i en In.
s'explique par l'infl. du groupe ur qui
agit qqfois comme le groupe ir (cp. com-
missuri qu'on trouve concurremm. à
commissura). Impura existe en b. lat. au
yv s. dans le texte suivant d'un Sermon
de saint Éloy, composé, d'après les Béné-
dictins, de textes de saint Gesaire. On y a
vu la significat. de femme qui lit les
présages dans le feu, comme dans tempis-
taria^ celle de femme qui lit les présages
dans les tempêtes; € Tempistarias noiite
credere neque impuras que dicunt
homines super tectus mittere, ut aliqua
futura possint eis denunciare. » Ta Iulk^^ol
signifie dans Pindare « victima quae cre-
matur ». Un autre mss. porte mpurias.
(ap. Berger)
EN (an) écrit em devant les explosives
labiales. - Préf. 1. Marquant l'action du
dehors au dedans. Le plus souvent cette
act. est exprimée par in. Gependant on a
envarrô, embronchi, emplon etc.
2. Int. ou simplem. explétif: encotchi.
De in,
*ENCHANT V. inchant.
"ENCHAPLAv. inchaplô.
ENCOBLO V. incohlô.
ENCOTCHI V. incoti.
ENCOUBLA subst., v. incohlo.
*ENCOUBLA verbe, v. incoblà.
*ENCOUBLES v. incohles.
*ENDAGNI (andagnl) v. a. — Mettre le
foin en andains. Ce mot serait mieux
orthograph. andagnï.
D'andain, av. suff. t (15 4'); L'addit.
du suff. a eu pour effet de dénasaliser la
Toy. qui précède. Gp. plan et plana.
ENDARBINA (andarbina) adj. des 2 g.
- Endiablé, enragé, et par extens. très
têtu, très obstiné, qui ne veut entendre à
rien.
Paraît devoir être rapproché du vfr.
desvé dervé, furieux, forcené. Il faut
supposer un subst. darbin (répondant h
un fr. dervin), sur lequel on aurait fait le
verbe, av. préf. en, de in (qu'on retrouve
dans endêver), et le suff. ordinaire a
(aujourd'hui .5); d'où un pmic. endar-
bina. Si cette conjecture est fondée,
comme v ne remonte pas à 6, on devra
pour desver, écarter les étym. telles que
diS'Vare, pour disvadere (Ulrich) ; dir-
vare pour diruere (Baist), qui n'ont pas
un p ou un 6 dans le thème primitif. Les
autres sont nombreuses : desipere (Diez)
de-ex-ripare (Ulrich) etc. Malheureusem.'
sans compter d'autres difficultés, ces étym!
sans except., supposent un e init. long,
et dans dervé e init. est bref.
ENGARIER (angarié), ainsi orthogra-
phié par Molard, qui a vu dans en le préf.
m, mais qui serait mieux écrit a^igarier,
V. a. — Engager dans des embarras, dans
une mauvaise affaire. Tosc. angaria, it.
angheria. vexation, violence.
Vfr. angarier, fatiguer de corvées,
vexer, d'angariare. La dérivât, est celle-ci :
obliger aux transports, imposer une corvée
en général, imposer un impôt, vexer,
engager dans une mauvaise affaire.
•ENGOUSU v. ingousu.
ENGREGI (S') (s'engregl) ; à Lyon
s'engreger s'engregier v. pron. - Se dit
d'une chose qui s'ancre, se fixe, pénètre.
Lo malandro s*est engregï dans son
corps, « la maladie s'est ancrée dans son
corps ». La saleté s'est engregiée dans
sa peau.
Vfr. engregier, aggraver. « La maladie
commença à engregier en l'ost. » (Joinv.)
— « Et encore pour plus engregier son
mal. » (Cent Nouvelles)
De *in-grevia,re, de *grevis. Gh. de
viare en gî (cp. alléger, d*alleviare).
Grevis pour gravis, en rapport av. levis.
ENGREMINAv. ingremina.
ENGROUILLI, lA (angroulhi, îa) adj. ;
ap. Goch. ENGROUILLA adj. des 2 g.—
Transi de froid.
G'est rouiller, av. prosth. de ^ (183 !•»).
Gp. encore it graspo, râpe, pour raspo ;
grarimolo pour racimolo, grappe. Préf.
en,dQin, etsubtitul. du suff. tà(?r(14 4«).
ENGUEUSER v. ingu-usi.
'ENGUEUSEUR v. ingueusu.
i6
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146
ENÔC
ENOCINT(enossin)lNOCINT;ap.Coch.
INOUCEN (inoussin) s. m. — Idiot et par
extens. homme très simple, borné.
D'innorertlem. Il est probable que la
nasalisât, de i s'est faite sous la forme ew.
ce qui est ordinaire chez nous, mais
seulem. pour in préf. On a donc eu cn-
nocint^ puis enocint, par la dispari t. d'une
des deux nasales. Ce phénomène de déna-
salisat. a toujours lieu quand deux nasales
se suivent. Ainsi l'on dit a née et non
an-née.
ENQUELIN V. inquilin,
ENQUEU V. enquù
•ENQUI (anki); àMorn. ENQUEU adv.
For. enqueu. — Aujourd'hui. Je n'ai vin
migl d'enqui^ie n'ai rien mangé d'aujour-
d'hui. Inconnu aux environs de Lyon, où
l'on dit vuey.
De hanc hodie, comme le montre plus
clairem. la forme de Morn. Il pourrait
aussi avoir été formé sur hac hodie, av.
nasalisât, de a (184 ?<>, rem.).
ENRÈYi (enrèyl); à R.-de-G. EINRÈYI
v. a. dans l'express. Enrèyï in'oura,
commencer un ouvrage.
Qu'ariaiit cent vés mio fat de cboraô deius In coin,
Que dVtnré-yi procès
« Qui auraient cent fois mieux fait de
rester tranquilles dans un coin — Que de
commencer un procès » iProc)
Formé sur In. rèyi, de riga^ av. préf.
en {in) et suff. î(16 2 ). Enrèyl, lilt. faire
le premier sillon d'un labour.
ENSACHi V. insachi.
•ENSARAILLI (ansaralhl) adj. v. « Oui
est ensaraillif aile est ensarailla^ celui
ou celle qui est égaré et ne sait plus
trouver son chemin. Dan s le Juraen^erre^.»
(Coch.) — Pr. ensarra, it. inserrare^
enfermer.
De sareiilli, serrure, *ensaraillt, fermer
à clef. Gp. envai^o, môme sens, de rerrow.
Etre cn^arailU, c'est avoir son chemin
fermé. La forme jurass. enferre indique
la même idée.
•ENSION v. insion,
ENTERINO (anterinô) v. a. — Com-
mencer, en parlant d'un travail. Au fitç.
aborder, entreprendre (qqu'un). A m'a
entérina, il m'a entrepris, il m'a abordé
en me disant ....
U'en train, av. sufi*. rî (14 3*) et însert.
d'une voy. d'appui dans le groupe tr.
Celte voy. est cause que l'on n'a pas eu
la format, rég. entraigni. Sur le sens cp.
entraîner au sens de développer par
l'exercice.
*ENTRAFICHI v. intrafichl.
ENTRECUIRE (S') v. pron. — A Lyon,
même sens qvCébisô.
De entre et cuire, parce que c'est entre
les organes que se produit la cuisson.
'ENTREMA v. intremô.
ENTREMI (antremi) prép. Br. antremi,
— Entre, au milieu. Entremi le folle,
parmi les feuilles.
Je pranlrémon inusquot; pof, Je Ur* antremi
« Je prendrai mon mousquet ; pouf, je
tire au milieu. » {Titan)
D'inter= entre, et médium = mt(25).
Cp. mîtan,
ENVARRO (S') (s'envarô) S'INVARRO
V. réft. — A S*-Mart. s'embarrasser, s'em-
brouiller, ne savoir où prendre sa route.
Du rad. de verrou. Gh. de e en a (66) ;
suff. d(14 3»). L'idée est la comparaison
av. une porte verrouillée qui ne peut
s'ouvrir. Cp. ensaraillt, môme sens, de
sarailli, serrure.
ENVARS (L') (anvar) à S^-Mart. ; à
River. L'INVERS (l'invèr) s. m. — Le côté
du nord dans un bois, une montagne etc.
Beaucoup d'endroits disent plutôt Vinver-
sat. Les Envers, lieu dit à S^«-Jatherine-
sur-Hiverie.
De in-versus. Ch. de e en a (24).
ENVARTOYI v. invarloyi,
•ENVERTOLLI v. invartoyï,
ÉPALORD (épalor) s. m.— A R.-de-G.
Épaule de mouton.
Vive lo zépalordi et le télés de vitox.
« Vive les épaules de mouton et les tôles
de veau. » {Dép.)
De spsithula, av. prosth. de e et chute
de s (112 2«), et suff. ard d'orig. germ.,
devenu ôrd (1).
EPARE V. empare.
ÉPARVÉRO (éparvérô) PARVÉRO; à
Lyon éparvérer v. a. — Polir un enduit
k l'éparvier.
M'éparvier, av. suff. ô (14 2«). Épar^
vijro est assez difficile à prononcer pour
amener la chute de i.
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ÉPAR
147
ÈPARVIER s. m. — Terme de maçon-
nerie lyonn. Outil qui sert à polir l'enduit.
D'épervier, parce que l'outil a qq. loin-
taine analogie av. un oiseau à grandes
ailes étendues. Ch. de e en a (66).
ÉPEILLI (épèlhl); ap. Goch. ÉPELLA
adj. — Déguenillé, c Oui è tôt épella, il
est tout déchiré. » (Goch.) — V. sampilli.
De vfr. peille, haillon, av. préf. e (ex)
et suff. t (15 4"). Peille paraît venir lui-
môme de pellea, de pellem.
* ÉPELLA V. épeilli,
EPIA (épia) s. f. — Épi de blé.
De spica, Prosth. de e et chute de s
(112 2»); chute de c (128 2«); transfert
de l'ace. (61).
ÉPINGLIA V. épinlli,
•ÉPINLLI (épinlhi) ; à Morn., River.
ÉPINGLIA (épinglha) s. f. - Épingle.
Épingle a été expliqué par Diez par
spin{u)la, av. épenth.de g, Ascoli fait
observer que le leccese spingula, qui ne
présume pas « il nesso » ni, rend l'étym.
improbable, et il rapporte épingle à spi-
culay av. répenth de n; cp. mi[n'\ga mica,
co[m]6«7o cubito. Scheler propose ail.
spange, agrafe. Littré paraît se rattacher
à cette opinion. M. P. Meyer indique
sphingula.
Les mots romans qui ont la significaL
d'épingle se divisent en2branches: 1» celle
où t n'est pas nasalisé et où / fin. est
mouillée; 2» celle où i est nas. et où la
finale est généralem. gl, g~l, av. l non
mouillée. — l^ Gatég. ît. spillo, vfr.
espille, pic. épieule épiule, angl. spill,
gév. ispioune, qui est pour espilhoun
espilhoune. — Étym. spicula. — 2« catég.
fr. épingle, pr. espinglo, nscpolit spingolo
(du fr., s*lon Diez), champ, éplingue, lec-
cese spingula, basq. ispilinga^ norm.
épingue, — Étym. sphingula.
La double étym., vient de ce que l9S
Latins avaient deux sortes d'épingles, que
Ton trouve toutes deux à profusion dans
les fouilles; 1" l'épingle ordinaire, appcîlée
acus par les archéologues ; 2" Tepingle
vulgairem. nommée épingle de nourrice,
et appelée fihula par lesarchéoloff. — Plus
tard les sens se sont confondus.
Sphinga = spinga, av. le sens de « lec-
tum vel sella. • (Papias) — « Spingae sunt
in quibus sunt spingatae effigies (Isid.). »
Le nom s'est appliqué aux fibules (à cause
d3 l'habitude de les décorer de têtes de
sphinx ou de griffon), ainsi qu'en témoigne
un texte cité par Du G. à Spinulus :
« Fibulam... quae est latine sphinx, rus-
tice Spinulus dicitur. » Cp. In. dauphin,
sorte de tuyau, de l'ancienne habitude de
les décorer d'une tête de dauphin. — Le
b. lat. spinula désignait spécialem. les
fibules (Du G.). Il se peut que spinula
soit devenu spingula^ous infl. de spinga,
comme il se peut que spinga ait donné
directem. spingula.
Le In. épinlhi épinglia possède à la
fois la nasalisât, de i ton. de la 2« catég.
de mots et la finale en l mouillée de la
1'*, mais il vient de spicula, et il a dû
être espille. Icula = ilhi (164 2% h),
Prosth. de e et chute de s (112 2») ; t s'est
nasalisé sans doute sous infl. du fr. épingle.
L'infl. s'est marquée plus fortem. dans la
forme épinglia, plus moderne, mais nous
n'avons pas emprunté le mot au fr., car
épingle aurait donné épingla, comme
tringle a donné tringla,
•ÉPINLLI (épinlhi) s. m. — Étui.
D'épinlli, av. suff. t, d'arius (13).
ÉPIO (épiô) V. n. Sav. épia. —1. Se dit
du blé quand le grain se forme dans l'épi.
D*épij av. suff. ô. Ce suff. indique une
format, récente. Spicare aui-ait donné
épayi.
2. Éclore, en parlant des œufs. « Pendant
ces quinze ans, disons-ju, la France couvait
le cacou de 1% Liberté qu'a-t-épié au mois
de juilleL»(El. Blanc)
Même étym. On dit que le blé épie quand
le grain apparaît. On a vu une analogie
entre le grain qui sort de l'enveloppe et
le poulet qui sort de l'œuf.
ÉPONDA (éponda) s. f. — A St-Marf
le côté du lit opposé à la ruelle.
Pur lat. classique. Sponrfa, dans Mart.,
Hor., Ov., Bord du lit. Prosth. de é et
chute de 5 (112 2«).
EPOUFFO (époufô) adj. Poit. ébuffé —
Essoufflé.
Tandis que lo Gascon, déjà lot épovffo,
Prcseiitove au public in orous /.ioileborfo.
€ Tandis que le Gascon, déjà tout
essoufflé, —Présentait au public un gros
œil lui sortant de la tète. » (Mén.)
Du rad. pouf, exprimant l'idée d'enflure,
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148
EPPL
de grossi ssem. et par coDséquent d'essouf-
flem. comme chez los personnes obèses.
Gp. pouffiasse. Préf. explét. e et suflf. ô
(14 20).
*EPPLETO V. applelo,
ÉPUCHI (éputchi) v a. For. éputld —
A River. Écraser.
Non de *punctare, de punctus^ malgré
le rapport apparent de forme et de sens
(une voy. ne se dônasalise jamais en In.),
mais de *eX'pitlica,ret de pulex. Éjnichi,
écraser comma une puce. Expulicare se
retrouve dans le vpr., esp., port, espulgar,
épucer. On devrait avoir épouchi (170 2»,
a) à cause de la voc. de /, mais l'infl. du
simple a pu faire maintenir u intact. Suff.
1(16 2«). Le for. éputia, de 'ex-puliceare^
confirme J'étym. Sur puzi, puce, le In.
a formé épuzi, épucer.
ÉPULLI (épulhl) V. n. For. èpeli, pr.
espelif gasc. esperi, dpii. épelhi épelli,
vpr. espelir, cat., port, expellir — Eclore,
en parlant des œufs.
H'expellire (pour expellere). E a passé
à te sous rinfl. de la vocalisât, de /. On a
eu épeulif puis épuli^ eu n'étant pas un
son pat. Quant au mouillem. de /, il
s'opère très souvent, comme celui de n,
devant i.
ÉPULLI -SARPINT (épulhisarpin) à
Morn. ; PULLI-SARPINT PIOUILLi-
SARPINT à Yzer. s. m. — Libellule.
De épvilli = dépouille (av. substit. du
préf. ex au préf. dis), et sarpint, serpent.
Littér. dépouille de serpent, à cause des
diaprures de la robe de la libellule, qui
la font ressemblera la peau que le serpent
dépouille chaque année. Gp. Gers espu-
gosers, libellule ; litt. peigneur de serpents,
(Génac-M.)
ÉQUEVILLES (èkevilhe) ; ap. Goch.
ESCUVILLIES s. f. plur. Vpr. esrohilha
— Balayures, ordures. « On trouve escu-
villes dans un acte consulaire du 24 novem-
bre 1590. » (Goch.)
De scopa, av. suff, collect. illes (cp.
brindilles). Prosth. de e et chute de s
(112 i"). La forme est d'oïl ; le pur In.
serait cor/Z^e.ç (111). Gh. dcp en v (140).
On a écovilles. Le passage d » o à e est dû
à Taffaiblissem. de la prot., qui se ren-
contre qqfois en In. Le pr. a gardé o .sous
la forme ou dans escoubilho. Quant à
l'orthogr. de Goch. escuvillies, je la crois
empruntée à un vx texte. Le mol se
prononçait certainem. escuvilhi écuvilhi.
EQUI FELAIS (ekifelé) s. m. pi. — A
R.-de-G. Gros éclats de rire, rires
bruyants.
Cc|»eind*nt le due sonars, dévirant lious pruiièict,
Funt de zequifelais, riont comma de fou^les.
« Gependantles deux sœurs. —Tournant
et retournant leurs prunelles, — Font de
gros éclats de rire, rient comme des
folles. » (Dép.)
Du vfr. esclaffer. Ghute de s (179 2*) ;
à*o\xéclaff), el^ca/?(5parmélath. (187 3») ;
puis eca/V/<5 par insert, d'une vov. d'appui
dans le groupe /f. Le mot étant une
onomat.,le remplacem. de a par i s'explique
par le désir de donner un caractère plus
aigu au son. Ce phonème clif se retrouve
dans clifoire. Quant au suff. ais, il repré-
sente le fr. e>, devenu èya, puis aï. Gp.
lii^rée livrèya livrai, Gp. aussi à R.-de-G.
deloquais (pour disloqué), sur lequel a été
forgé le fém. deloquaise. En somme,
équi fêlais représente le fr. esclaffées;
mais comme l'idée de ées s'est perdue, le
son ais a été pris pour une flexion masc.
(par opposit. à aise), et c'est ainsi que le
mot est aujourd'hui masc.
ÉRA V. ira.
ERNER (èrnè)v.a. Yîr. erei?ier, norm.
erner, rch. éraner, lorr. enr'ner —
A Villefr. Èreinler.
De *ex-)ie)na,re, de ren, rein, format,
plus rég. que fr. éreinter. Le suff. er
indique que le mot est urbain sous infl.
d'oïl. Le pat. eût été arnô.
ÉRO (éro) !»•• personne de Timparf. de
lindic. du v. être à St-Symph.-le-Ghàteau,
S*-Mart. et dans toute la contrée avoisinant
le For. ; plur. férians, vo-z-êrios, i-z
ériant. Morn. dit : J'êquïnSj nos êquions,
vosêqui<'iS, etGrap. J'équais, nos équian^,
vos êquioSf ys équiant.
D'eram, conservé comme dans l'it. ero
et le vfr. ère.
ESCALADOU (eskaladou) s. m. Pr.
escalada u — Dévidoir léger employé
dans l'industrie de la soie.
De " scaladosus (parce que ce dévidoir
a l'apparence d*échelles autour d'un axe).
Prosth. de e (112). La persistance de c
dur et de rf, aussi bien que celle de s,
indique une orig. pr.
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ESCA
m
ESCA NO (S*) (s'eskanô) v. pron. —
S'enfuir, se dérober.
De *ex-cal9Lre (v. calô). Sur le ch, de l
en n cp. canô, glisser, de calare. Sur le
sens cp. fr. popul. caner, Orléanais calerj
reculer, céder. La persist. de c dur indique
l'orig. pr. (cala). Gh. de are en <5 (14 3°).
I/étym. canna^ pour une métaphore de
jambe, doit être écartée, ce sens n'existant
que dans le dim. canilli (v. décaniUi).
*ESCAS dans la loc. « tôt escas, à
peine ». (Goch.)
Ce mot n'existe pas en In. et ne peut y
exister, au moins sous cette forme. Je ne
sais par suite de quelle erreur Goch. Ta
introduit dans son gloss. G'est du pur pr. ;
d'excarpsus pour excerptus (Diez), it.
scarso. La dér. de sens de chiche, avare,
à € à peine » se retrouve dans Tangl.
scarce, rare ; scarcely, à peine.
ESCHALLAY v. échalL
ESCKELIERS vin. v. échali.
ESCHIFFA vin. s. f. — « Item dois la
dicta eschiffa nova, jusques el quarro
appella dou Puys d*Enay », item depuis la
dite échauguette neuve jusqu'à l'angle
appelé du Puits d'Ainay (Comptes de la
Ville 1378). - V. chiffa.
•ESCOFFIER (eskoflé) ; vin. ECOFER
s. m. — « Vieux terme qui signifie cor-
donnier. » (Goch.) Le mot est aujourd'hui
à peu près oul)lié, mais on le trouve dans
quantité de vx actes, av. la significat. de
marchand de cuir, puis de cordonnier.
« Aussi o deyvont li banc deuz ecofers à
la festa Sant Michel. » (Tar. 1277).
De corium. — On trouve escoirs (xi« s.)
€ qui appartient au cuir » ; m. lat. escoe-
ria (xiu" s.) « merx coriocea •; auxquels
correspond * escoerius, m^ ou fabric* de
cuirs. On rencontre en effet escohier*
« artifex coriaceus ». Escohier est devenu
escoffxer par analog. av. estoffier. Les
deux noms se sont souvent confondus.
M. Godef. cite estoffier comme synonyme
à*estoffeur, mais le texte dit : portent, . .
cuyr à vandre. Du G. cite un texte dph.
du XIV* s. où il est fait mention d'un
estoffier grenoblois qui fabriquait des
bottes. Enfin on trouve aux Arch. m un.
ce 296 (1421): « A Pierre Berthicr,
estoffier y pour une père de tybiaux
(bottes). » — Il se peut d'ailleurs que dans
ces textes on ait lu estoffier pour escoffier,
car il est souvent impossible de distinguer
le c du ^ dans les mss.
Du G. rapproche le flam. schoen^ soulier,
qui vient du goth. skohs, ail schuh, mais
il n'a aucun rapport av. escoeria.
Dans ecofer, er est la transformat.
d'ariiis non précédé de yotle, en vin. ;
c'est une graphie erronnée puur air,
N. d'homme, très commun, Escoffier.
ESCOSSÈRI V. écossoU.
ESCUVILLIES V. éqicevilles,
ESGUEDIER ESGUIDIER vin. s. m. ~
Évier. — 1517 : « Payé . . . aux ouvriers
qui ont besoigné a pouser certaines gor-
golles et chanées de pierre es les maisons
pour conduire les eaux des esguediers et
autres de l'hospital du pont du Rosne... »
— € Id. Paiement au Prévost de la ville
et sergens pour avoir vacqué à faire
abattre les esguidiers. » (Arch. m.)
D'aigui, av. suff. ter (13). relié par rf.
On trouve p.ussi aiguier, Vs a été insérée
par analog. av. les nombreux mots où es
est préf. Gp. esguiere, où s est égalera,
inorganique.
ESGUER V. êgô.
ESGUIDIER V. esguedier.
ESMILLAGE s. m. — Qualité des moel-
lons esmillés.
D' es mille, av. suff coll. âge (= aticum),
ESMILLÉ (esmilhé) adj. m. — Terme
de maçonnerie lyonn. dans l'express.
moellons esmillés, moellons équarris et
taillés avec le gros côté du marteau.
De * s{i)milea,re (de similis), parce que
ces moellons simulent les moellons dits
piqués (cp. similor). Prosth. de e (1 12 1").
La chute de i init. tient peut-être à une
metath. de smileare pour sim*leare.
L'hiatus ea explique le mouillem. des //.
ESPARE V. empare.
* ESPÉRA (espéra) dans la loc. Allô à
l'espira, aller à l'affût du gibier.
G'est le vpr. esper, de spernre, qui a
pris dans tous les dial. d'oc Ih sens
d'attendre. Mais il n'existe en In. que dans
cette loc.
ESPIES vin. s. f. pi. — 1379 : t Payé à
Jehan Blanc, serrailleur, pour appelir
deux espies à la porta du Grifo, 3 gros. »
(Arch. m.)
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150
ESQU
La qualité de serrurier de J. Blanc
démontre qu'il s'agit non d'ouverturos
pour guetter, épier^ mais de l'objet qu'on
appelle aujourd'hui hérisson, c'est-à-d. un
assemblage de crocs de fer disposés de
manière à empêcher une escalade.
De spica, Prosth. de e (112 1») ; ch. de
c en yottc(128) ; d'où espiie espie.
ESQUILETTO (eskiletô) Adj. — Très
amaigri, qui n'a que la peau et les os. Al
est tôt esquilettô, il est tout amaigri.
Formé sur squelette. Prosth. de e (113
l-);8uff. rî(14 !•).
ESQUINTO (eskintô) ; à Lyon esquinter
V. a. — Abîmer, échiner ; s'esquintô, se
briser de fatigue. Vpr. esquinsar esquin-
tar esquissar, déchirer.
La première idée est celle de rattacher
esquinter à échine par le môme rapport
qu'entre éreinter et rein. Mais dans ce
cas on devrait avoir échineter échinter,
skina n'ayant nulle part conservé le k.
Notre mol est identique au vpr. esquintar,
lui-môme identiqu'î à esquinsar esquissar,
aujourd'hui esquicha, qui ne vient cer-
tainem. pas de ^Ama, et que Diez rattache à
ayi^uy, et M. Baist à scissum, mais
influencé par ff/l^etv. La nasalisât, de t
s'expliquerait par la loi signalée par
M. Foerster de l'insert. fréquente de n
devant s. Elle aurait été ici facilitée par
la présence de k devant t. La substitut,
du suff. tar à sar est plus obscure ;
pourtant elle n'est guère niable ici.
D'ailleurs une substit. du môme genre se
rencontre qqfois (cp. 155, rem.) Suff. ô
(14 !•).
ESSANOURS vin. — Dans l'élect. des
maîtres des métiers du 16 novembre 1418,
on lit : € Jacquemet Meygret, essanours
(c*est-à-d. pour les essanours). »
Je crois qu'il s'agit des soigneurs. On
trouve en vpr. sannador et sannairCt
saigneur (qui ne se confond pas av.
barbier). Essanour est le même mot, av.
préf. es et substitut, du suff. our, d*orem
(34 bis). Le rad. est celui de *8anguinare
= sang'nare = san-nare = sanare par
suite de la dénasalisat. de a à cause de la
2* nas. (cp. an-née devenu a-nnée). Le
sanaireQ^i aujourd'hui en Gév. le châtreur
de porcs, moutons etc.
ESSART (èssar) s. m. — Pièce de terre
cultivée, champ de trèfle, de blé etc.
Ti'ex-s9i,r{i)tum.
'ESSARTI (èssarll) s. m. — Ouvrier
occupé à essarta.
Wessartoj av. suff. t(13).
*ESSARTO (èssartô) v. a. — Fesser la
vigne.
D'exarta,re, formé sur ex-sar(i)tus, Ch.
de are en d(14 1«).
ESSARTS (èssar) — Nom de lieu,
toujouis au plur., et s'appliquant à des
lieux incultes, par une dér. de sens qui
donne le contraire du sens primit. (v.
essartd),
N. d'homme, Des Essarts.
ESSÈBLO V. essiblô.
ESSEMINS (èssemln) s. m. pi. —
Semences.
De semontes, Ch. de en en m (29) ;
préf. expl. e.
ÊSSI (éssi) s. m. For. essiot — Manche
du fléau.
D'aa:w, acsis. Ch. de ac en ai (10) ;
fin. t par suite de l'infl. de c (cp. 15 3*).
On a aissi devenu êssi dans la graphie,
comme axiculum a donné essieu.
ESSIBLO (essiblô); à Morn. ESSEBLO;
vin. ESSUBLA v. a. For. éssoubla, dph.
eisubla, pr. eissoublia eissublia essubln
eissibla asoublida, vpr. eyssoblidar —
Ou1>lier. « Item se aucunes choses sont
essublées de nomar. » ( Tarif de 1358)
Rellens-met ccl adajo
Ne l'eMe^to jtmais.
f Retiens cet adage — Ne l'oublie
jamais. » (Hy^n.)
De exoblitB.re, Ch. de ex en eis (162
!•) réduit à es; chute de t (135); ch. de
are en ô (14 1"). On a essoblio, passé a
essoblo, soit parce que la prononciat. en
est un peu difficile, soit par analog. av.
siblô Siiblô, sifler. C'est sans doute la
môme infl. qui a fait substituer t ou ti à o
dans la prot.
ESSOLIURI (essoliuri) s. f.— Déchirure.
A traven son maiitiau chaplA tics estolUures.
•< Au travers de son manteau haché de
déchirures. » {Hym.)
Paraît être le vfr. essilliure (d^exilinm),
déj^t, av. f passé a o sous infl. de souil-
lure, en pat. soliuri. La fin. i est due à
l'infl. de Ih. Le groupe wr appelle d'ailleurs
qqfois i (cp. commissuri, employé concur-
remm. av. comntissura).
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ESSO
151
ESSOR DGI V. essorlli.
ESSORLLI, lA (èssorlhl. ia) adj. —
i. Assourdi (v. essorlli verbe) 2. Écervelé,
étourdi.
Exlens. de sens d*essorlli 1. Essorlli,
qui n'enteud à rien, qui n'écoute point de
conseils.
•ESSORLLI (èssorlhl); à Crap. ASSOR-
LIO; à St-MarL ESSORDGI ; à Viliefr.
ESSOURBILLER v. a. For. essourlier,
poit. essorlher — Assourdir. Le clioche
m'essorliont, les cloches m'assourdissent.
La chint Tisipboiie et Cerbère, ton frôre ..
Ei»orliont lo public • forci dt borlô.
« La chienne lisiphone et Cerbère, son
frère... — Assourdissent le public à force
de hurler. » {Mé7i.)
Dio Mt cou ma le docbe
Vant essoMrlii.
k Dieu sait comme les cloches — Vont
assourdir. » (Ghap.)
De * ex'auricula,re, d*auricula; liitér.
enlever les oreilles ; fr. essoriller^ In.
essorilhi (164 2«, 6), des ena èssorlhl par
la chute de la proton. La forme essordgi
(prononciat d'essordi) est due à l'infl. du
fr. assourdir. Dans la forme essour[bi]l'
1er, insert. d*une sylL péj.
ESSOURBILLER y. essorlli.
ÉSSOYI (ÔS80-yl) V. a. — A Paniss.
Mettre du linge k l'air pour le faire sécher.
Lorr. essochi, sécher, mettre à sec.
Ex'succare aurait dû. ce semble,
donner essuyit comme on a essuie séche-
resse ; pourtant on a qq. ex. de u long
entravé = a (46). Essoyx pourrait-il aussi
s'expliquer par ex^aquare, par l'interméd.
du vfr. esseauer^ essuyer, dessécher?
Cp. fr. essaver, aussi d*ex-aquare {^at
aqua = êve), La format, directe sur le
lat. aurait donné essaiguî, aqua ayant
donné aigui. Dans esseauer- le In. aurait
introduit un yotte pour rompre l'hiatus.
Cp. vfr. essayau, écoulement (Du G.) ; m.
lat. essaveria « agger stagni ». Sufif. tpar
analog. av. les verbes en olhi oyi. La
dipht. au passe égalem. à o bref par
analog. av. tous les v. en oyi.
ESSU, UA (essu, ua) adj. — Sec. Ina
terr* essua, une terre sèche.
D'ex-suc tum = essui puis essu (48).
'ESSUl (essui) s. m. Vpr. eissuc —
Sécheresse. Vpr. eissuch, à sec ; pic. essu,
temps qui fait sécher vite.
De exsuctium). Gh. de c en yolte et
chute de t (123).
ESSURE V. n. — Sécher.
Peut venir d*ex-sn(g)ere comme sioure
de sequere, par la chute de// (134) au
lieu de la chute de la l^* post-ton. (52) ;
sans quoi on aurait essuigre essugre^
comme on a sègre (de sequ{e)re), à côté
de sioure (de se(q)ucre). Mais comme
ex-sugere a passé à la l'* conjug. dans
toutes les langues romanes, on est porté à
croire qa*essuire, plus tard essure (48),
a été formé sur ex-suctum = essui essu.
ESSUTI, Tl A (èssuti,tia) adj.— Amaigri,
séché. Jna fena essutia, une femme
amaigrie.
U'essu, sec, av. l'add. d'un i* sufif. t,
d'itus, relié par t. Ce 2* suff. a pour but
de marquer le passage d'un état à un
autre. Il y a entre essu et essuti la môme
différence qu'entre sec et séché.
ESTASE (estaze) s. f. — Les pièces de
bois horizontales qui maintiennent le
métier du canut dans le sens de la longueur.
De *st9Ltia^ de stare, parce que les
estases maintiennent le métier en équilibre.
Prosth. de e (112 1"). Nous devrions avoir
estasse (138 2o), étasse (166 2o) mais le
mot a dû être importé d'Italie sous la
forme stasia (cp. gratia = it. grazia).
ESTIBIAUX ESTIBIOUX TYBIAUX
ETIVEX vin. s. m. pi. — Bottes. 1421 :
« A Pierre Berthier estoffler, pour une
père de Tyhiaux vieux et pour mettre un
boutplier en un autre estibioux... un
autre estihiaux, . . » A Jehan le Grolier
pour appareillir deux pères de Tyhiaux. . .
11 livres de seins gi*asse pour oindre les
estihiaux»., v (Arch. m.) Il est probable
que ces bottes étaient, comme celles de
nos égouttiers, destinées au travail dans
l'eau. Le signe du plur. {x) tient à ce que
les bottes marchent par paires. « Item
por SOS etivex », de môme pour ses bottes
(L. R.) Ss.-rom. éteveaux^ pr. estivau^
grandes bottes de pécheur.
Non de tihiale, malgré l'analog. appa-
rente de forme et de sens ; !• parce que
nous aurions tigiaux, comme tibia a
donné tige ; 2» parce que la prosth. de s
ne s'explique pas dans estihiaux, pas plus
que dans vpr, estival^ it. stivale^ vx esp.
estibal, môme sens. L'étym. aestivale,
bottes pour l'été, proposée par Du C, et
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132
ESTI
acceptée par Diez, est bien peu vraisem-
blable comme sens, et n'explique pas le b
d*estibiaux . Ces diverses difficultés
seraient peut-être levées si l'on faisait
venir estibiauoc de * stipule, de stipa,
primitif de stipula, av. l'idée de tige
creuse (cp. tige de botte), Piosth de e
(112 !•). Le ch. de p en 6 se rencontre
qqfois (140, rem. 2) et en tous cas est
moins invraisemblable que le ch. de v en
b. La plupart des formes romanes ont
d'ailleurs v comme notre etivex, (it. stivale,
vpr. estival). Sur l'insert. do yotte cp.
caballum = chiviau. Le pr. estivala,
dph. eitibaia, rouer le chanvre, en écraser
la tige (stipa), paraît appuyer l'étym. Le
dph. notamm. démontre le ch. dep en b.
ESTIBIOUX V. esiibiaux.
ESTOURBO (estourbô); à Lyon estour-
ber V. a. — Tuer.
De Tall. sterben (?), mourir, par le
partie, geslorben. Le sens du vx ail.
sterbian était tuer ; cp. ags. steorfa,
meurtre ; deorfan, périr* Le mot In.
existait bien avant l'invas. de 1815. Proslh.
de e (lia l"*}. O long ail. aurait été traité
comme o long lat. (34). M. Boucherie
signale estourbir estourmir, « mots du
langage populaire signifiant assommer,
étourdir ». Je ne trouve dans M. L. Rigaud
(\\x' estourbir ^ étourdir, assommer à coups
de poing ou de bâton. Ce n'est point le
sens d'estourbô, qui s'applique aussi bien
à l'assassinat à coups de couteau ou d'arme
à feu. La persist. de Vs dans estourbô
estourbir parait indiquer une format,
toute moderne, à moins que ces mots ne
vinssent du wal., du pic. ou du pr., mais
ils ne figurent pas dans les glossaires de
ces dial., et ils ressemblent bien à un
emprunt récent fait à une langue étrangère.
ESTRANGOLLI (estrangolhl) ; à Lyon
estrangouiller. v. a. ^^,'Tom.estreingola^
vpr. eslrengolar — Étrangler. S'emploie
surtout au sens comique.
De vfr. estrangler^ de strangulsLre.&Y,
suflf. fréq. olhi; à Lyon ouiller. La persist.
de s est assez singulière, pour donner à
penser que le mot, quoique populaire, a
été forgé sur le vfr. par qq. lettré.
ESTRATTA (èstrata) ; ap. Goch. ÉTRA-
TA s. f. — Suiv. Goch. espèce de lézard
couleur de terre, mais en réalité sala-
mandre terrestre. Solo comme in'estrata
sale comme une salamandre ; a fa regrë
ccnnm' in' estrata^ il répugne comme une
salamandre. La salamandre terrestre est
un animal qui inspire une sorte de terreur
superstitieuse aux paysans. Elle est le
symbole de la méchanceté et de la laideur.
Ètym. inconn. — On trouve dans Plante
estrix^ au sens de gloutonne. Je n'ose y
voir le rad. d^estratta. auquel se serait
ajouté le sufif, atta (cp. borsat^ de bursa;
pignatta^ marmite). Estrix^i^nX lui-même
d'essere^ manger. Uestratta, dans cette
hypoth., serait « la dévorante ». Une idée
approchante se retrouve dans le dph.
rassa, arassa, nom de la salamandre,
lequel suiv. M. Moutier, se rattacherait à
rassar^ scier; rasso, scie, à cause des
dents en forme de scie. Dans les deux
pays l'esprit aurait été frappé du carac-
tère des dents de la salamandre.
ESTROBLIES vin. - 1864-1965; « 1
peyntre, por sognier les estroblies de la
banyeri Perronin dou Nevro. » (Arch. m.)
Je crois que les estroblies (prononc.
estrobli) sont les liens ou cordes de soie
qui pendaient à la bannière, comme c'est
encore l'usage. Le peintre chargé de la
décoration d'une fête en faisait exécuter
tous les détails.
De * str%ip{u)la, de struppus. Prosth.
de e (112 1"); Ch. de u bref en o (38);
de pi en bl (164 7o). On devrait avoir
estrobles, La fin. i s'expliquerait-elle par
strupulea î
ÉTAILLANTS (étalhan) s. m. pi. —
Grands ciseaux pour tailler les buis etc.
De * taleB,ntem, av. préf. e.
'ETAMPA (étanpa); à Lyon étampe
s. m. — Étai.
Littré, à tampage, objet qui, dans les
houillères, fait la fonction de notre étampe,
donne pour orig. celle de taper, boucher;
ail. zapfen, boucher ; suéd. tapp. Le
sens ne concorde pas. Je crois que ce mot
doit se rattacher à ags. slapel^ étai ; holl.
stapel, tige ; suéd. stapel, pieu en fonda-
tions ; vfr. estaple estape ; rch. estape;
pieu ; vx rch. estaplel, baliveau. Le rad.
de ce mot doit se trouver dans ail. stab,
holl. staf, dan. stav^ angl. sta/f, goth.
staua, tige, bâton. Sur la nasalisât, de a,
cp. tampo7i, de tap ; sur la chute de /,
cp. fr. étape, aussi de stapel au sens de
monceau. Prosth. de e (112 2»).
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ÊTAM
153
ÉTAMPAGE s. m. — 1. Action d'ôtampor.
2. Ensemble d'étais.
D'etampa, av. suiï. af/e, au sens coll.
(cp. feuillage, plumage).
'ETA M PO (étanpô) v. a. — Étayer.
D'étampa, av. suff. ô (14 2'»).
ÉTANCOT (étankô) s. m. — 1. Débris
d'un morceau de bois, éfJat de bois,
petite branche. A Paniss. Petit fagot pour
boucher un trou dans une haie.
0 enOf P*< m'allrapô,
P4 in bout d^e'tancof qu« po)é7.o grapd.
« Il n'y a, pour m'y accrocher, — Pas
une petite branche que je puisse attein-
dre. » {Ina miser i^ pat. de K.-de-G.)
Malgré la ressemblance de forme, n'a
aucun rapport av. élançon. Paraît venir
du germ. — AU. sache. hoU. tak, suéd.
tagg^ dan. iagge, island. tag, corps pointu,
branche, cheville, dent de herse etc. Proslh.
explét. de e; na.salisat. de a (184 7»,
rem.); suff. dim. ot.
'ÉTAPES (étape) s. m. pi. — Griblures
de blé.
Orig. germ. — AU , holl., suéd. stapel ;
dan. slabelf amas, monceau. Le germ.
slapel, pieu, et stapel, monceau, ont
sans doute des orig. différentes.
ÉTARNI (étarni) v. a. For. éiarni,
Taren taise élherni, norm. (pays de Bray)
clargni — Étendre la litière des bestiaux.
Pic. éler?ii, qui a l)eaucoup de litière.
Proi)ablem. d'orig. celt : kym. tarn
tarnu, sécher, absorber l'humidité; tar-
niad, absorption ; arm. tarner, torchon ;
irl. iermond, terrain asséché. Il est
possible que le suff. i réponde à un i celt.
ETCHIOULA V. ètioula.
ÉTEILA V. étella.
ÉTELLA (étèla), vin. ÉTEILA s. f. -
Étoile.
Lt belle éteila,
Ben rogeet ben affara.
« La belle étoile, bien rouge et bien
brillante. » (Noël xvi* s.)
De steladQ),
ÉTELLO (ètèlô) v. a. Vpr. estellar,
pr. estela, bord, estera, dph. eitela —
En Fr.-Ln. Mettre en éclats, en parlant du
bois. Vfr. esteil, jambage de porte.
Rien ne semblerait plus naturel que
de tirer étellô d**aslellare [à'astella pour
astula), si l'on n'avait l'obstacle du ch.
irrôg. de a init. on c è. On devrait avoir
atello, comme on Patelle. C'est cerlainem.
cette irrégul. qui a déterminé Diez à tirer
esteil du vha. stihhil. Mais si toutes les
formes d'oc onté, l'immense majorité des
formes d'oïl est en a (v. Godef. à astele),
et le Igd. possède astela. Or stihhil n'a
pu donner astelle; et il est bien difficile
de croire que le fr. astelle et le vpr.
estella soient 2 mots différents. Je crois
donc que les 2 mots viennent à'*astella,
av. un ch. de a en e dans le pr. sous une
infl. que j'ignore. Si l'on admet étellô
d'astellare, on aura, pour compléter la
format., la chute de s (166 2») et le ch.
de are en d (14 3»).
ÉTIOULA; à R.-de-G. ETSOULA
(etsoula) TIOULA s. f. — Tuile.
AI a chu, hott^e'm, de dessus le reUoules,
Ein avisant pass6 ti-e fenes quVUans soûles.
« Il a chu, hélas, de dessus le toit —
En regardant passer trois femmes qui
étaient ivres. » (Gorl.)
De tegula. Ch. de e ouvert en i (27) ;
chute de g (133); ch. de u bref en où
(34) ; transport de l'ace, sur u (51). Dan.s
étioula prosih. explét. de^.Laprononciat.
ts de t dans la forme de R.-de-G. indique
un yotte disparu. On a eu d'abord
etsioula.
"ÉTIVA V. étuâ.
ÉTIVEX V. estibiaux,
ÉTO (étô) V. n. — Dans la loc. Laissa-mi
étôf laisse-moi tranquille ; gév. laissa-
mi s ta.
De stsire. Proslh. de e et chute de s
(112 20) ; ch. de are en ô (14 !•.).
ÉTO (étô) ; à R.-de-G. ÉTU ; ap. Coch.
EITOU adv. — Aussi.
0 s'y Irovove êtu la Zoé, la Pauline.
€ Il s'y trouvait aussi Zoé, Pauline. »
(Gorl.)
C'est le norm. itou, que Littré lire de
hic talis, et qui se tire mieux de hic tutlum .
surtout comme forme. Hic = vin. ei,
réduit à è, et tuttus = tôt, tout. La dér.
de sens est assez explicable : hic tutlum
représenterait « tout de même ».
ÉTOGI (étôgf) V. a. — Épargner, amas-
ser ^vieilli). Vfr. estoier estuier, pr. esiu-
cha estuga, renfermer, épargner.
Vos gàleri un sou 4c solard
Per Tolay itogi deni liards.
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154
ÉTOP
€ Vous useriez pour un sou de souliers
— Pour vouloir économiser deux liards. »
(Lyon hurl. 1750).
Du mha. slùche stauche, gaine pour
une arme, qui a donné étui^ suiv. Diez
D'où l'idée d'enfermer, puis d'épargner en
enfermant. L'étym. studium, proposé par
Langensiepen. semble être mise à néant
par le vpr. estugar, dj ne donnant pas g
dur. Prosth. de e(112 2«»); suff. i (15 2«).
Il est probable que le mot vient par le
vpr. estugar, même sens.
ÉTOPA (élôpa) s. f. - Èloupe.
De stnppa. Prosth. de e et cliute de s
(112 2') ; ch. de w bref en o (38).
ÉTOPO (élopô) V. a. — Boucher, cal
feutrer.
D'étopa, av. suff. ô (14 2").
ÉTOUAISONS (étouézon) ; à River.
ÉTUISONS s. f. pi. —Purin.
De è{ex) et touaison. La tuison dans
le Roann. est un fossé rempli de pierres
qui sert à assécher un terrain, à assainir
une habitation etc. Les extouaisons
étouaisons étuisons sont donc ce qui sort
des touaisons et, par extens., le purin
filtré au travers de la litière.
Touaison est formé sur tou^ canal,
égout. acqueduc; for. ios tou, cév. ion,
pr. touc toun touat touve, auv. iouar,
h. dph. touvière, de tuhus. Tuh(u)s donne
le In. touis) par la voc. de b (117, rem.),
et le for. tos^ quand b ne se vocalise pns.
L'auv. ^owar est peut-être (ubellum, comme
douar est le vfr. duel, deuil. A tou s'est
ajouté le suff. aiso7i {alionem), Touaison
répond ii* tubationem, et à un fr. 'tubai-
son. Dans la forme tuison^ ouoi a passé
à ui sous infl. de l'yotte de ionem.
" ÉTOYI (élo-yl) INTOYI (in-toyl) v. a. —
Ranger, fermer. « Étoyl celous liards,
fermez cet arj^ent; étoyX celle bestié ou
celle bovine, faites rentrer le bétail à
l'écurie. » (Goch.) Ce mot est aujourd'hui
presque partout remplacé par intoyl.
Cependant il est encore usité à Paniss.
au sens do rentrer le blé.
Le môme (\\x'étog'i^ av. chute de g (134)
et son remplacem. par un yolle euph.
D'après Gras, ctoyï en for. signif. au
contraire faire sortir les bestiaux. Il y a
eu confus, av. le préf. ex.
ÉTRANGLA-CHATS (étranglachà) s. f.
— Espèce de mécliante poire, nommée en
fr. islranguillon.
N*6s-lsu jamais cotsi de peru couèssi-dama
Ou de zétranyla chats?
« N'as-tu jamais mangé de poires cuisse-
dame — Ou des estranguillons ? » (Tôt
va b.)
D'étranglô et de chats parce que Ton
suppose qu'elles sont si mauvaises qu'elles
étrangleraient même les chats.
ÉTRATA V. estrata.
ETREGNI (étregnl) à Morn. : TORGNI
V. n. Vfr. esterner^ ss-rom. étergni étar-
gni étragni — Èternuer.
De sternula,re. Dans ëlregnl, prosth.
de e et chute de <v (112 '2"); métath. de r
(187 !•); chute de t (135). On devrait
avoir étrenu). Le mouillem. de n a eu
pour conséquence le suff. î (15 4*), Mais
je ne sais pas expliquer la raison de ce
mouillem., qui se retrouve assez souvent
s\ns cause apparente. Dans torgni, e a
passé à 0 sous l'infl. de r, qui tend à
élargir la voy. précédente. On devrait avoir
targni (24).
ÉTRÉMO V. intremo.
ÉTRÈS (être) à Morn. ; ÉTRIS (étri) à
Yzer. ; ÊTRES (être) à S*-Mart. s. m. pi.
— Appareil en bois, qui enserre le flanc
des bœufs pendant qu'on les ferre.
La forme élri indique que le mot doit
s'identifier av. fr. élrier. La forme de
l'appareil, en effet, a qque analog. av. celle
d'un étrier. L'emploi exclusif du mot au
plur. confirme l'étym., les étriers étant
par paires. fUri est règ., ter fr. égalant i
(13). Quant à la forme élrès elle est le
résultat d'une confus, av. élreit, étroit,
parce que l'appareil met le bœuf à l'étroit,
à la géhenne. Aussi lorsqu'on veut parler
fr., dit-on les étroits. Mais la forme étri
indique que l'idée primitive était bien
celle d'un étrier. Quant à élrés, c'est
étrès, av l'affaiblissem. fréquent de è en ë,
ÊTRES V. étrès.
ÉTRÊSILLON (étrésilhon) s. m. —
Morceau de bois qui se met en travers
d'une fouille, d'une baie etc. pour étayer.
A Paris trésillon, même sens.
Parait, comme le dit Schcler, venir de
vfr. 1res, pièce de bois, de trabs. Ce qui
appuie l'étym. c'est que trabs a donné
tras en In., et que les étrésillons se font
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ÉTRI
155
av. des tras. Plus gros, les étais trans-
versaux prennent le nom dC étendards. Si
le mot était In. il serait étrasillons, mais
il est d'orig. d'oïl. Il est vrai que trabs
ne peut donner très en fr. (a entr. égalant
a), mais trabern a donné tref, et Vs du
cas- sujet très est purem. analogique. A
trésillon se sont adjoints le prèf. explét. e
et le suff. dim. illon. É trésillon, petit tras.
ÉTRIS V. étrès.
ÉTROBLA (éti-ôbla) s. f . ; ap . Goch.
ATROBLA ; à S'-Mart., R.-de-G. ÉTRO-
BLO s. m. Meuse éteule étoule — Étable.
< Lo jor de la féri... adon que je flot hi
pachi de la péri de bou que sont incor en
n')utron étrohlo », le jour de la foire...
que je fis le marché de la paire de bœufs
qui sont encore dans notre étable. (I>ïa/.)
De stAbulum. Prosth. de e et chute de
5 (112 2»); ch. de a en d (1); insert, de
r (184 60, b).
ÉTROBLO(étroblo^; ap. Goch. ÉTROU-
BLO 8. m. ÉTROBLONS s. m. pi. —
Chaume du blé.
De 'stnp{u)la pour stipula. Prosth. de
e et chute de s (112 2*) ; ch. de w en o
(38); insert, de r (184 6o, b). Dans
étroblons addit. du suflf. 07i.
ÉTROBLONS v. étroblo.
ÊTROS (étro); à Grap. ÊTRES s. m. pi.
que j'ai inexactem. orthograph. AITROS
et non moins inexactem. tiré à!atria. Les
ètros sont ce qui est à l'e-xtérieur de la
maison : le balcon où l'on met sécher les
fruits, le perron, l'endroit sous l'auvent,
si ces objets existent ; le porche extérieur
d'une église etc. G'est le sens du vfr.
« Fors en las estras estet Petrc. » {Pass.
du Christ). Ces sens, joints à cette circons-
tance que, dans le vfr., l'orth. être estre
est infinim. plus fréquente que a'itre (l'ex.
ci-dessus eslras est le plus ancien connu)
doivent faire accepter l'étym. ext[e)ras
donnée par M. Neumann. Cette étym. est
encore conflrmée par le lim. estro, fenêtre.
ÉTROSSO (étrossô) v. a. — Casser,
rompre, briser par le milieu.
Non de ex-truncare^qmàonwQétronchi,
mais du vfr. et vpr. tros, tronc, morceau,
av. préf. é disjonct. et suff. d (15 a%
rem. 2, note». Gp. esp. trosar, mettre en
pièces. Diez tire tros de thyrsus, tigo,
vha. turso torso, germ. dorsch, d'où la
significat. de cœur, trognon, que prend
tros .
•ÉTROUBLO V. étroblo.
ETSOULA V. étioula.
ÉTU V. étô.
ÉTUISONSv. étouaisons,
ÉTUO (étu6); op. Goch. ÉTIVA v. a. —
Mettre de l'eau dans les futailles pour
qu'elles tiennent le liquide. Fére étuô la
ti7ia, mouiller la cuve.
Du germ. — Vha. stnbâ stupd, ags.
stofe, étuve. Prosth. de e et chute de s
(112 2«); chute de p (140 3*); suff. ô
(14 2"). La forme de Goch. paraît être le
fr. étuver, mais je n'explique pas le ch.
de u en i. Étiva me semble plus que
douteux et doit être pour étuva.
ÉTUPA (étupa) s. f. —LA River.
Tréteau.
D'un rad. germ : — Vha. stuc fa, mha.
stuofe, ags. stopa, ail. stufe^ marchepied,
gradin. Le mot se retrouve dans les dial.
slaves: russe stup^ colonne, appui ; stuba^
escalier; serbe stup, branche principale
d'un arbre; lithuan. stulpas, lette stulbs,
poteau. La persist. de u long germ. est
régul.
2. Terme péj. Mauvais sujet, vaurien.
Étym. inconn. A rapprocher sans doute
du vfr. ou pic. estupage^ honte, igno-
minie; m. \2ii, stupa stopastoma <i fallacia,
cupidilas » {ap, Diefenbach), mais cela
n'éclaircit pas l'orig.
*EUVRA (euvra) s. f. — Filasse de
chanvre.
jy'opera. La filasse est du chanvre mis
en œuvre. Le mot est pris sur le fr. ; le
In. serait oura (v. ce mot).
ÊVA (éva) — A Paniss. dans la loc.
pas d'êva, pas du tout.
Étym. inconn. — Le subst. êva air a
signifie qualité, race, ce qui n'a aucun
rapport de sens. La loc. n'existe à ma
connaissance dans aucun dial.
*ÊVAGEO V. aivajo.
ÉVANCLIO (évankliô) adj. — Qui a le
ventre vide, qui est affamé. Se dit surtout
des animaux, bœufs, vaches, moutons,
qui paraissent n'avoir rien mangé et avoir
le ventre aplati. A Lyon atangU% terme
péj., glouton, avide, qui prend tout pour
lui.
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156
ÉVAR
De rx-vac{u)lsilum. Nasalisai, do a
(184 70, rem.); iiisert. de / après cl (164
2*», a) ; ch. de ai uni en a (1). Dans l;i
forme urbaine ch. de cl eu gl (cp. joc'la-
^urem = jo)igU'tir).
ÉVARCHI V. èvarlô.
ÉVAROCHI (êvarochi, tchi) t. a. For.
écarochi-^ Disséminer, éparpiller, surtout
on parlant du fumier.
C'est ërarchi, av. une voy. d'appui
introduite p:)ur faciliter la prononciat. du
groupe rch.
ÉVARTO (évartô) ÉVARCHI (évarchi,
tchI) ; ap. Goch. EVERCHI v. a. —
Klendiesur le sol, en parlant du fumier.
De ejC'i\'t'ta.re (pour vertere) pour la
forme évarlO. Ch. de are en rf (14 !•). —
De ex-veyt[i)rd^re pour la forme (*rarchi,
Ch. de te en ch (161 5°; ; de are en i
(15 2).
EVERCHI V. écartn.
EY pron. indéf. v. ou.
F
FABA (faba) s. f. — A Morn. Fève.
De fAha. Un des rares ex, où b n'a pas
accompli son évolut. en v (141). Tend à
être remplacé par /Vîra, où a ton. a passé
h ô(l).
*FABIOULES s. f. pi. — Fables, sor-
nettes.
Mot forgé de fable, av. un suff. sous
infl. de babiole.
FAÇURE(fas.sure) s. f. Piacent. fassola
— Terme de tissage, Partie de rélofTe
fabriquée qui est entre le battant et la
poitrine de Touvrier.
Du rad. de façon {factionem), av. sufT.
fov, d'atura, par analog. av. armure
(disposit. à'etoffe), garniture etc. La
façure est la portion que l'ouvrier est en
train de façonner. Le piacent. a choisi
le suir. ola au lieu de ure.
FADORD (fadôr) s. m. For. fadard, pr.
fadèu — Innocent, faible d'esprit. Toulous.
fadurlOy un nigaud. Vpr. (?) fada^ folle
(Roquef.)
¥ei,tuum, auquel on songe tout d'abord,
aurait gardé t dans le dér. {fatuum =
fatvum).Je crois donc qu'il faut VircfAta,
(ce, av. suff. germ. ard, Fadôrd^ « qui a
êlê affaibli d'esprit par une méchante
fée ». Le thème vient du pr. fada^ ainsi
qu'en témoigne le ch. de t en rf, au lieu de
sa chute (135). Ch. de a en d (1).
FAFIOLA V. flageola.
FAGANAT (faganà); ap. Coch. FAR-
GANAI s. m. Dph. fargagnas, lim. fei-
nardf gasc. fouard, fr. faguenas —
Odeur plate et parliculièrem. nauséabonde.
« On dit d'une femme malpropre qu'elle
sent le farganai. » (Coch)
Ou ijou tie fatjana que son soflti bnuss'ïTe,
A quBh'o p6s de lui chacun se reculôve.
« Au goût de faganat que répandait son
souffle, — Chacun se reculait à quatre
pas. » {Mén.)
Scheler, d'après Ménage et La Monnoye,
le lire de faquin. Le faguenas serait
l'odeur de crocheteur. Mistral a indiqué
la véritable étym : fagina, fouine, qui
a donné régulièrem. le lim. feinard^ lilter.
odeur de fouine. La persistance de g dans
/Vi/7a^irt/ est anormale, mais elle est motivée
p ir le pr. faguino, fouine, qui lui-m^me
ne peut s'expliquer que par une forme
* fag veina. Nous devrions avoir, non
faganat^ mais faguinaf, dont se rapproche
le fr. faguenas. Le passage de t à a
s'explique par un renforcem. de la prot.,
(jui se rencontre fréquemm. dans les dial.
d'oc. Je no dois pas négliger de dire que,
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FAIN
157
dans nos campagnes, on attribue spécialem.
le nom de faganat à l'odeur dont s'im-
prègne le corps de ceux qui couchent sur la
feuille séchée du hêtre servant de matelas,
mais comme fagum a donné fayôrd, il
ne saurait avoir donné un dér. av. g dur.
Dans la forme de Goch. Vr egl épenlhé-
tique (184 60 f).
FA IN A (faïna) s. f. Vfr. fcCine fayne,
pr. faguino fahino, lim. fe-ino — A Morn.
Fouine.
De fAg(us), plus suff. ma (av. i long)
à cause que la fouine se plaît dans les
hêtres. On l'appelle en effet la martre des
hêfres (cp. angl. beech-martin). Fa{g)ïna
donne faïna, comme il a donne le vfr.
/*aïwe(lrisylhib.),« fruitdu hêtre » (Tobler).
Cp. sagïmen =5 sain. Faîne s'est contracté
en faine comme haine en haine. C'est
pourquoi, dans notre mot, l'accent porle
sur a, quoique la diphtongais. se fasse
sentir. L'accentuât, primitive fagina est
encore démontrée par le pr. faguïna^ qui
suppose môme un b. lat. fagwina^ g
palatal devant tomber dans fagina (134).
Le fr, fouine^ milan, et piacentino fôiny
sont faits sur fau fou, de fagus.
Sur le choix du suff. cp.géliney zibeline.
Adelung, Burguy proposent goth. faih
« varius », ags. fdh « discolor ». Cette
étym. est beaucoup moins vraisembl. que
la précédente.
•FAISSELLA (fêssèla) s. f. — Éclisse
à égoutter les fromages.
De fiscello^ petit panier. Il est vrai que
fi^cus a donné fisc, ce qui ferait croire
que i est long, mais je crois que fisc est
un mot savant. Fiscella ne donne pas
faissella, mais /V**è/a (21), et on peut
supposer que ai est une fausse graphie
pour è ê.
FANTOMA V. fantoama.
'FANTOUMA (fanlouma); ap. Goch.
FANTOMA s. f. — Terme péj. qui s'ap-
plique aux femmes grandes et dégin-
gandées. Se dit aussi d'un épouvanlail
pour écarter les oiseaux d'un semis.
Du pr. fantSLUTna, fr. fantôm?. Gh. de
au en ou (49).
FA PO V. dia pô.
'FAQUA (faka) s. f. — Poche. Ce mot,
dont ma mère usait constamm., est telleni.
inconnu dans nos campagnes que je ne
l'aurais pas inséré si je ne l'avais rencontré
dans Goch. Depuis le commencem. du
siècle il s'est complètem. perdu. Goch.
ajoute : « ou caffe », ce qui est une métath.
de faqua et n'est pas connu davantage.
Du vfr. faque facque fasqu^.. Dans
l'édit. de Rabel. de Le Duchat (Pantagr.,
L. II chap. 30) l'éditeur dit : « Ménage
avait remarqué à la marge de cet endroit-
ci qu'anciennem. facquiere signifiait une
pochette, mais il n'a pas su que facque et
facquiere venaient de Tall. fach, qui
s'gnifie € une boële, un étui. »
Cette étym. n'explique pas la forme
fasque^ qui semble être plus ancienne
que faque. Cependant Rabel. aurait pu
1 1 forger sous l'infl. de flasque, flacon,
que Diez rattache à vasculum.
FAQUIN (fakln) s. et adj. m. — Bien
mis et fier de ses vêtements. Tesses bin
tant faquin avouai ta blauda nova f
« Tu es bien tant fier avec ta blouse
neuve ? »
C'est le fr. faquin, av. une dérivât, de
sens, probablem. parce qu'on a vu dans
faquin un dér. de fa{i).
*FARA (fara) s. f. — Flamme, selon
Goch. mais en réalité Torche, flambeau
(v. affara).
Du vpr. fara, torche. Malgré l'analog .
il semble difficile de l'identifier av.
pharus, de (foipoç, mot maritime, et qui
devait appartenir au lat. savant. Je crois
plus vraisemblable de le tirer de focvôc,
brillant, par un intermédiaire lat. 'phana-
tum, Phana serait passé à fala (cp.
orpha7iinum = orphelin). De même en
fr. on a falot. Fala serait passé à fara,
comme falot a donne la forme farot,
qu'on trouve dans Nicot. Les formes
fanot (Gotgr.), fanon (Du G.) appuient
l'étym.
FARAIN V. ferain.
FARAM AN (faraman) s. m.— Coureuse,
femme de mauvaise vie. For farraman,
« grande femme de mœurs équivoques
(Gras) ». A S^'-Agathe FARAMAN, cou-
reur ; FARAMANDA» coureuse. Vfr.
farramas, terme injurieux, qui parait
l'équivalent de prostituée étrangère et
vagabonde.
D'après M. Gras, « du ccll. faramanni,
qtii se livre au.\ étrangers ». Faravianni
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158
PARA
celt. in*est complétera, inconnu, et je ne
crois pas qu'il existe. L'orig. est germ. —
Vx «ax. faratiy nord, fara, vha. far an
varan^ mha. varen^ ags. farariy marcher,
aller, en user, agir ; goth. et vha. mariy
homme. D'où faraman^ étranger, vaga-
bond. Du G. cite la « Lejo de Farand-man
seu de Pede pulv?rosi, in Legibus Burgor.
Scoticor. »
FARAMANDA v. sous far aman,
FARAMELAN (faramelan) s. m. — A
R. de-G. Terme injurieux, vaurien, vaga-
bond.
Et lo Jtr-re teimlxu, séquTn farameland
Propote lo chouitoii à l'ami BalacUnd.
€ Et, le jarret tendu, certain vaurien —
Propose à Tami Batacland de tirer la
savate. » (Ménag.)
Probablem. le môme que faraman, av.
èpenth. d'une syll. par analog. av. le suff.
des verbes en èlô, qui ont le caract. fréq.
Faraman a été considéré comme le part,
prés, d'un Actif faramô^ et faramelan
d'un fictif faramelô,
FARAMOLAIRO (faramolèro) àMorn. ;
à R.-de-G. PARAMOLAIRO s. m. —
Rémouleur ambulant. Garante dou fara-
molairo! Se dit aux maris qui laissent
seules leurs femmes. La plaisanterie
consiste à donner à l'action d'aiguiser un
sens obscène.
Onle est-te donc, quou ? lo rumairo,
A gorg« de paramolairo ?
« Où est-il donc ce vieux bougonnour —
A voix de rémouleur? » (Due Bib,)
(«rocheteun, pereyoux, grélair»,
Perroroux et faramolairo.
t Crocheteurs, mineurs, extracteurs de
grêle (esp. de charbon), — Chaudronniers
et rémouleurs. » (Discours)
La 2« partie du mot est amolairo,
rémouleur, mais je ne sais pas expliquer
lal^.
FARASSI (faràssi) s. f. — 1. La grosse
paille non triée, par rapport au cliai,
paille choisie. 2. Spécialem. la poignée
de paille enflammée dont on se sert pour
bùcler les porcs. D'après Goch. la farassi
était une paille enflammée mise au bout
d'une perche. Vx sav. farasse^ bûcher
que Ton allumait dans les carrefours la
veille de la S*- Jean ; m. lat. farossium
fanal, phare en Provence.
De fara, torche, lumière, av. suff. augm.
assi. Fin. i (54 5»). De paille enflanimée
le sens s'est étendu à paille en général,
ou plutôt à paill»^ non triée, qui était celle
que l'on employait pour brûler.
FARASSI (farassi) s. m. — A Paniss.
Meule de paille.
De farsissi, paille, av. suff. î, d^ariiis
(13).
FARBELLA (farhôla) s. f. — Fi-ange,
et le plus souvent par ironie guenille, la
guenille formant une frange naturelle.
A n'eut [>os tarminô, que la banda de pèles
S'élance tôt d*In pé, tecouytnt le farbéles.
t II n'eut pas terminé, que la bande de
vauriens — S'élance toute d'un pied,
secouant ses guenilles. » (Brey.)
De ail. fSLÏbel, falbala, qu'on trouve
déjà dans Luther. A falbel se serait
ajouté le suff. ella. Le mot n'a pas été
formé sur falbala, le pat. ne procédant
pas par suppress. du suff. Gh. de / en r
(170 4«).
FARBELOU, OUSA (farbelou, ouza)
adj. — Déguenillé.
Dué/(ir6e/otMe« dou Molion
Que se tcQuant loi ein rolion.
« Deux déguenillées du quartier du
Mouillon, — Qui se tenaient repliées sur
elles-mêmes. » (Due Bib.)
De farbella^ av. suff. ou, d'osus (35).
FAREIPI (farépi) s. f. For. fareypi-^X
S*-Mart., River. Réjouissances, fêtes,
festins somptueux. La fareipi de Noyé^
la bombance de Noël. Le taune fan liou
fareipi se dit quand les guêpes volent en
affluence autour d'une benne de vendange.
Lou vettiemou ftùréy, jour de nouirt /areypi,
Chacun fretet se dent de la coûa d*unâ teypi.
« Le huit février, jour de notre fêle, —
Chacun frottait ses dents de la queue d'un
oignon. > (Ghap.)
Étym. inconn. — Mot probablem. com-
posé, car eipi ne peut être un suff. La
!'• partie pourrait être fema, devenu fart
par ch. de e en a sous infl. de r (66),
comme dans farouche , de ferocem ;
faraud, de ferum. La 2* partie est incer-
taine. Cependant feriae epulae pourrait
donner fareiple réduit à fareipe, comme
guimple à guimpe et ail. stapel à In.
étape.
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FARE
159
*FARET (farè) FARON (faron) s. m.
For. faron — Mèche de lampe. Il est
probable qu'avant d'avoir le sens de
mèche, ces mots avaient celui de falot,
lanterne.
Un paquet de farons^ cinq outei pitt de lit.
« Un paquet de mèches, cinq ou six
gâteaux. de résine. » (Chap.)
Du rad. de fara, av. suflf. dim. et ou on.
FARETTES (farôte) s. f. pi. - Dans la
loc. Feire se farettes, faire ses fredaines,
se mettre en fêtes, en amusements : par
extens. faire des bénéfices, gagner de
l'argent. Dph. far sas frétas, faire bom-
bance. C'est pour le besoin de la rime que
Mon. emploie le mot au sing.
Et, tandi qu*ou defour loi vints fan gliou farela, .
« Et, tandis qu'au dehors les vents s'en
donnent à cœur-joie... » ^
Ètym. inconn. — Viendrait-il de pr. far,
faire, av. suff. dim. etta f « Faire ses
farettes » équivaudrait à « faire ses affa-
rettes », ses petites affaires.
FARFATO (farfatô) v. n. A Lyon far-
foter — Râler. A farfate, il a le râle.
Onomat. Suff. d (14 !•).
FARGANAI v. faganat.
FARGET V. forget.
FARGETTE (farjète) s. f. — A Villefr.
Poche.
Le môme que fargina, av. substitut,
du suff. etta au suff. ina.
•FARGINA (fargina) s. f. — 1. Besace.
2. Sac ou gibecière pendue au cou et dans
laquelle les bergers mettent leur provende.
« Passant par devant le poys où l'on
prenoit le blë, elle print une fargine que
l'on luy getta dessus par les fenestres. »
{Relat. des Reg. consul., 1529) Proverbe :
« Fargina bien menô vaut mais que deux
bous à l'arô », une besace entre les mains
d'un mendiant habile vaut mieux que
deux bœufs à la charrue.
Sin» meblo, sins ït^ffeli, gropbs par It fanina,
Oliou dcmore plus qu'a pi Indre ina fargina.
« Sans meubles, sans hardes, saisis
par la famine, — . Il ne leur reste plus qu'à
prendre une besace. » (Brey.)
Parait se rattacher à farda (?) sac du
soldat, en esp. Undér. * fardica = fard'ca
donne fargi (161 5» et 54 2-j, qui, av.
suff. dim. ina, donne fargina. Les mots
arabes farda, contribution, taxe : fard,
encoche, cité par Diez comme orig. de
fr. farde, bagage, n'ont aucun rapport de
sens av. celui-ci. Suiv. Dozy farda, en
ce sens, se rapporte à port, fato, vêtements,
ustensiles; esp. hato, qu'il rattache au
germ : isl. fat, vêtement ; fata, vôtir.
Mais il faudrait d'abord expliquer comment
farda a pu sortir de fato. Devic tire
farde de l'arabe farda, ballot attaché au
chameau. Cette étym., fort satisfaisante,
expliquerait esp. farda, sac du soldat, et
notre fargina, le sens ayant pu facilem.
passer du Ijallot à l'enveloppe.
FARGNIRI y.farnirx
FARGONNO(fargonô) v. n. — Gronder,
retentir. Saint, fargouner, barbouiller,
charbon ner.
Lo cler fargonne ;
Coiiim'o résonne !
« Le ciel gronde ; — Gomme cela
retentit!» (Gutt.)
C'est le fr, fourgonner, av. passage de
ou init. à a sous infl. de r, et substitut,
du suff. (5 à fr. er (14 8<»). Pour le sens,
fourgonner exprime le bruit que fait le
fourgon lorsqu'il remue le charbon. Le
phonème gonnô exprime d'ailleurs l'idée
de murmure. Cp. gongonnô,
FARIGOLE (farigole) adj. des 2 g. ~
Se dit d'un écervelé, d'un esprit extra-
vagant, un peu timbré.
De fezou d*embarra8, de létes farigolet
Que 80Dl p6i dlos lo côs dedziclô due paroles.
< Des faiseurs d'embarras, des têtes
folles, -^ Qui ne sont pas capables de
dicter deux paroles. » {A mo z.)
Atsexprechi, répond lo farigole,
Par te riqu6 faut bally depistolc...
« Assez prêché, répond l'écervelé ; —
Pour te posséder, il faut donner de
l'argent. » {Qr. Jonn.)
Du pr. ferigoulo^ thym. Le rapport de
sens n'est pas d'une clarté excessive ; il
existe pourtant. Le pr. ferigoulié (littér»
qui a du thym ou porte du thym) signifie
esprit faible, petit esprit ; esperit d'eberto
(littér. esprit de la petite herbe), esprit
superficiel. A-t-on voulu comparer cet esprit
à une plante petite et sans valeur ? N'y
a-t-il pas plutôt le souvenir de qq. vertu
magique attribuée au thym, par ex. dans
le genre de celle que les anciens attri-
buaient à l'ellébore ? Le repas de baptême
en pr. se nomme aussi ferigoulajo. Cette
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160
FARI
désignât, serait incompréhensihif» sans
une allusion à qq. croyanca ou usage que
nous ne connaissons pas.
Quant à ferigoulo, l'étym. est inconn.
Fericula^ proposé par M. Mistral, aurait
donné ferilhe. Le phonème igoulo^ qu'il
soit thème ou suff., semble s'appliquer à
des plantes très humbles. On le retrouve
dans berigoulo, champignon.
FARIMELANT (farimelan) FARME-
LANT adj. — Ètincelant, brillant. Al a
los ius farmelants, il a les yeux brillants.
Du rad. far (v. faron), qui signifle
brillant, et d'un suff. ant, av. syll. inter-
calaire pour accuser le caract. fréq. Le
pat. aime l'allongem. des suff. et il procède
souvent en laissant à la fin le suff. primitif.
FARLAUD (farlô) s. m. — 1. Homme
qui est fier, vaniteux de ses habits.
2. Surnom des habitants de Ghazelles.
Paraît être le même que faraud, av.
une altérât, sous une infl. que je ne sais
pas expliquer. Serait-ce freluquet que
nos paysans transforment en farluquetî
FARMELANTv. farimelant,
FARNÉ (famé) adj. des 2 g. —A Gi-ap.
Flétri, fané.
De vfr. fanir, faner. Gh. de i en é (33,
rem. 1); épenth. de r (184 6% e). Je dis
fanir et non fané parce que famé est la
prononciat., àCrap., de /^arni( 33, rem. 1).
FARNÉROU (farnérott) ; ap , Goch.
FARNEYROU s. m. Meunier.
De farina, av, suff. ou, à'orem (34 bis)
On devrait avoir farinou, mais i étant
devenu proton., est tombé.
FARNEYROU v. farnérou,
FARNIRI(farniri);àRiver.FARGNIRI;
à Paniss. FËRNIRI (fë-rnlri) s. f. For.
farneiri — L Fruitier, endroit où l'on
conserve la provision de fruits. 2. Provision
en général, fruits, argent etc. Al a mingi
sa fargniri, il Si msixigé son bien. 8. Cachette
que les bergers font dans les champs
pour mettre en réserve des fruits. Vx
for. farneiri, besace. C'est dans ce sens
que l'emploie Ghap.
Btrgie et Bergère
Courriâul lou galol,
Avottty lou fttrneyr9
Cbargis lie choriol.
« Bergers et bergères — Dansaient le
galop — Avec leurs besaces — Chargées
Ue chevreaux. »
De farnô, av. suff. iri (13), parce que
c'est là que l'on met farnô les fruits. Ne
pas confondre la fargyiiri av. la fan'nière,
FARNO (farnô; v a. — A Morn. Faire
cuire légèrem. au four.
Farnô est pour fornô (de ftirnum), av.
élargissem. de o en a sous infl. de r (cp.
archipot), et suff. ô (14 S^).FamO, passer
au four.
FARNO (farnô) ; à Paniss. FÉRNO
(fernô) v. n. — Mftrir en parlant des fruits
qui mûrissent dans le fruitier. Faut hettre
farnô celle pire, celle poume, il faut
mettre mûrir ces fruits. Au fig. Lapoura
Touainon famé sur la pailli. La pauvre
Toinon mûrit sur la paille (comme une
poire qu'on ne mange pas) : elle ne se
marie pas.
De foenum, av. épenth. de r (184 6», e\
d'où la prononciat. ar pour èr (66) et suff.
ô (14 a*»). De ce que Ton met mûrir les
fruits sur le foin ou la paille ; farnô,
littér. se faner (de fœnum). Les fruits
d'hiver, pommes, poires, raisins se rident
en effet en mûrissant sur la paille.
FARON V. faret.
FAROU (farou) vin. s. m. — Falot,
lanterne. — 1420 : « Item pour deux farous
qu'il fit faire pour la ville et qu'il doit
baillier. » {Reg. cons.)
De fara, av. suff. ou (34 6w).
FAROZ vin. s. m. — Paraît être une
sorte de lanterne à demeure. — 1365-66 :
« Item pro quinque instrumentis vocatis
faroz. > (G. Guigue. Tard-Vemis)
De fara, av. suff. oz (= os), qui est pr.
(cp. bausios, boscos, guiscos), et répond
au In. moderne ous (36).
FARRATI V. fer^*ati.
FARRATO (faratô) v. a. — En Fr.-Ln.
dans l'express. Farratô le chevène Use-
vène), assouplir et nettoyer le chanvre.
De ferrum^ parce que le chanvre se
passe sur une lame de fer. A fer s'est
ajouté le suff, fréq. ato, car le suff. ô eût
donné /*<?rrd,c'est-à-d. fet^er, qui implique
une idée très différente, celle d'appliquer
du fer. Ferratô devient farratô par ch.
de e prot. en a (66)
FATIRI (faliri) s. f. — Poche.
De /"aca (v. ce mol), av. suff. iri (13) ;
d'où faquiri, devenu futiri par le ch. de
A en ^ Cette substitut, remonte certainem
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FAUS
161
au moment où Von prononçait faqiUère
Devant* en hiatus, t et k se confondent
facilem. Cependant, c'est plutôt la déformat,
inverse qui se produit ; cp. amiquié pour
amitié, et In. boqaello pour botiellô.
FAUSSO (SE) (se fôssô) v. pr. For. se
faussa — Se tromper, faire erreur.
De fAlsum = faus, plus suff. ô. La
format, est d'oïl, als donnant ars en In
(171 20).
FAUTEUR (fôteur) ; à R.-de-G. FAU-
TOR s. m. — Fauteuil.
Fonclionnairo nol6 pir la parni(»rl clôssl.
Ouilla-me qu'où fautor et picla su lu champ
t Fonctionnaire désigné pour la première
classe, — Quitte-moi ce fauteuil et va-t-en
sur le champ. » (Per.)
Du vfr. faldestxiel (du vha faîtstuol)
au XVI- 8. faudeteul, La marche est
faucTieul fauteul, et fauleur par ch. de l
fin. en r (121); eu, sous infl. de r, a pris
la prononciat. qu'il a dans fleur, bonheur.
Ce son, qui n'appartient pas au pat., mais
au fr., s'est élargi en o à R.-de-G.
FAUTOR V. fauteur,
FAUVIS (fôvl) s. m. pi. _ Surnom des
habitants du Bois-d'Oingt (Rev. des Pat
I, 180).
De fava, fève, av. suff. t (13), par
allusion à un ancien usage du Bois-d'Ôingt,
d'après lequel chaque année, le jour de
la vogue, les jeunes gens distribuaient aux
pauvres une soupe de fèves. On devrait
avoir favl, comme on a faviot. Le passage
de a à aa a certainem. eu lieu sous infl.
de la labiale v.
FAVETTE (favôte) s. f. - A Lyon
Frayeur. Prendre la favette, prendre
peur.
Je croyais ce mot tiré de l'argot parisien,
mais je ne l'ai trouvé dans aucun diction-
naire du langage populaire. La favette,
c'est proprem. la petite fève. L'express,
doit venir de qq. dicton populaire dont le
sens nous échappe. Cp. pr. avè la favo
avoir le guignon, littér. avoir la fève.
FAVIAU V. flageola,
FAVIOLA V. flageola,
FAYA V. feya, fée, et feya, brebis.
FAYARD V. fayôrd,
FAYARDON (fa-yardon^ s. m. « A Yzer
Charmille.
De fayard, hélre, av. auff. dim. on. Le
mot a été formé avant que fayard eût
passé h fayôrd,
FAYARET(fa-yarè) s. m. —Lieu planté
de fayards.
De fayard, av. suff. et, au sens collect.
Fayaret a certainem. été fayaraye (cp.
boulaye, aulnaye), de fagum + etum,
qui avait passé au fém. Puis la prononciat.
fa-ya-rai-ye s'est réduite à fayarai, puis
à fayarè par confus, av. le suff. et,
Fayaret a été formé l» lorsque fayard
n'avait pas encore passé à fayôrd ;
2- lorsque le d fin. de fayard ne se pro-
nonçait plus.
FAYO v. fayôrd.
FAYORD (fa-y6r) ; à Yzer. FAYO (favô);
ap, Coch. FAYARD s. m. — Hêtre.
De fAg(um), av. suff. germ. ard. Gh.
de gen y (liH 3»).
FEDAU (fedô) s. m. Ss.-rom. fauda,
dph. faudiau, pr. faudau faudièu, vpr.
faudal — En Fr.-Ln. Tablier.
Orig. germ. - Vha. fait, ags. feald,
ail. faite, angl. fold, pli d'une robe, puis
giron. Le rad. fait + suff. ellwn, donne
en oïl faudeau, dont le fr.-ln. a fait fedau
par affaiblissem. de la proton.
FEIGI (fègi) s. f. Vpr. fefge, it. fegato,
bolon. féghet, esp. higado — Foie (du
mouton). Va n'achitô de la feigi per la
mira, va acheter un morceau de foie pour
la chatte.
De flcata pour /îca/a {jecur ficatum).
Il faut admettre : !• qu'il y a eu régress.
d'accent, comment en témoignent l'it. et
l'esp. ; ?• que i long étant devenu entravé
a passé à t bref comme dans fHg{i)dum
(18) ; 3* qu'il y a eu métalh. de et on te,
qui donner" (161 5«) ; d'où fltca =z feigi
(161 5» et 54 2«). On trouve déik figido
dans les glosses de Cassel. Dans le snrde
ffga,u, le vénit. figa,, le valaque ficB,t la
régress. d'ace, ne s'est pas opérée. -— Le
piém. fidich, le bergamasque fidech, le
lombard fldegh s'expliquent par fif[i]cum
ou fidicum. Cette dernière forme est
indiquée par M. G. Paris. Fidica peut
aussi donner le In. feigi,
FEIRE (fére) Verbe employé comme
explét. dans une foule de loc. A un chien :
« Parqué que tu rênes tant fei}'ef » pour-
quoi grognes-tu tant ? « Pourquoi lui
iS
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162
FEIR
écrivez- vous faire ?» se dit conslamm. à
Lyon. Le v. rejeté ;ï la fin de la phrase
est à remarquer. On dirait à Paris :
a Pourquoi faire lui écrivez-vous ? »
•FEIRI (féri); k Grap. FÊRI ; à Morn.
FIÉRI s. m. — Foire.
De feria (16). Dans la forme fîêri,
Tyotte de feria a passé par-dessus e. Il
est prol)able que Torthogr. de Goch. est
une trace de la diphtongais. qui n'avait
peut-èUe pas entiérem. disparu.
FÈJO (fèjo) 3. m. — Foie, en gënôral.
Ou Qrand Caslafarro ftSianl crachi lo ffjo.
« Au grand Gastafarro faisaient cracher
le fuie. » (Mën.)
De ficatnm, Y.feigi, Fin. o par analog.
av. les autres noms masc. (56)
FENA (fëna) s. f. — Femme.
De fem{i)na. Chute de la 1" post-ton.
(52); chute de m (177 1"). Le mot est
plus rég. que le fr. fenuuf», où c'est la
l" cons. qui a persisté, comme dans
semer, de sem{i)nare, qui nous a donné
au contraire se?iô.
FENAISON dans le proverbe suivant:
Gronda Tcnaison,
Petite vinai^on.
Le prov. suivant exprime la même idée :
Ana de fcii.
Alla de rcii.
*FENASSU (fenassu) s. m. Lim. fen-
noiié — Qui est toujours av. les femmes.
De fena^ femme, av. sulT. u (35) et
insert, de la syll. ass pour donner le
caractère fréq. Cp. mardassu, celui qui
est habituellem. malpropre, av. mardu,
celui qui l'est dans l'occasion même.
FENIRI (feniri) ; à Lyon fenière s. f. —
Fenil.
De *fœnAria. Gh. de ar/a en irt (13).
FER (fèr) vin. s. m. — Béte sauvage.
Perquey, villy sorciry, viu draguii du rnft-rs,
vicu fer, vilh singy, fourmilliry de ver.
« Pourquoi, vieille sorcière, vieux dra-
gon des enfers, — Vieille bète sauvage,
vieille singcsse, fourmilière de vers .... »
{Bera.)
De ferum. Ce mot, qui existe encore
en pr. et qui est entré dans la composit.
de beaucoup de mots, a complètem. dis-
paru du In. Il est singulier que le In. se
soit écarté du vfr., du vpr. et de l'il., où
le mot était fem. (fera).
♦FERAIN (ferin); vin. FARAIN adj.,
dans l'express. Pain fera.'n pour pain
blanc, qui n'est pas cependant le pain de
luxe (miche). « 11 fut décidé que les
boulangers ne feraient plus que deux
sortes de pain, la miche et le pain farain
ou bourgeois. » (Paradin) — Il y a soixante
ans, la taxe officielle du pain portait
encore le mot de pain farain (Breghot
du L.).
De 'farrsLnus, de far. Le sulT. anus =
ain est d'oïl. Le pat. serait faran. Le
mot est d'ailleurs spécialem. de la ville.
L'affaiblissem. de la proton, init. se
rencontre facilem. dans les mots de 2 syll.
(cp. fessu),
FÊRI V. feiri.
FÉRI V. fierdre.
FËRNIRI Y, farniri.
FER NO V. farnô v. n.
FERON (feron) s. m. — 1. En Fr.-Ln.
Trou dans un mur de pisé.
De fora.re, av. suflT. dim. onem. On a
foron, et feron par affaiblissem. de la
prot.
2. Mèche ronde pour le craju.
Forme de faron,
FERRALIER v. sous fen-ati.
•FERRATI (fèrati) FARRATI s. m. —
1. Marchand de vieilles ferrailles. 2. Quin-
caillier. Vin. FERRATIER, marchand de
fer en gros. FERRALIERS, nom de la
corporat. des serruriers, maréchaux et
couteliers. A Lyon, ferratier^ quincaillier.
Pateru, ferratsis. marchand de cris<»c«l.
Cliôciin a son tbôrd eut lo coup de signal.
« Marchands de chiffons, de vieilles
ferrailles, de bijoux faux, — Chacun à
son tour reçut le signal. » (Brey.)
De fer, av. suff. ier (13) plus une syll.
intercalaire qui a le caractère collect. Le
suff. ier s'applique plus volontiers au
fabricant, et atier au marchand. Si l'on
eût eu des march. de verres on en eût
fait des verratiers par opposit. aux »er-
riers, comme on a fait des ferratiers
par opposit. aux ferriers, qui étaient les
maréchaux-ferrants. A Lyon, au m. â.,
les ferratiers étaient les marchands de
fer en gros, qui ne faisaient qu'une cor-
porat. av. les serruriers. En 1415, ceux-ci
furent séparés et formèrent av. les
maréchaux et les couteliers une autre
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FERR
163
corpor. sous le nom de ferralliers ( Valous).
Lorsque le mot plus noble de « marchand
de fer » eut prévalu, le nom de ferratier
resta aux marchands de ferraille et aux
quincailliers pour bâtiments. Il est encore
en usage dans les deux sens. Quant à
ferrailler, il avait été formé sur ferraille.
Dans la forme rustique farratl, ch. de
e init. en a (66) et de ier en l (13).
FERRATIER v. ferrati,
FESSET (fessé) s. m. — La partie du
corps qu'en médecine on appelle le siège.
De fi*. fesse, av. sulT. et, qui n'a ici ni
le caract. dim., ni celui d'un oi)jet moyen
d'action, et parait assez mal appliqué.
FESSORÉE vin. s. f. M. lat. fessoriata
fessorata, FOSSERÉE, ni. lat. fussoriata
fosserata. Cette dernière forme souvent
mentionnée dans les chartes des x« et
XI* s. du cant. de Morn. — Mesure agraire.
On la trouve appliquée surtout aux vignes
(comme la bicherée aux terres arables)
parce que la vigne se travaillait au fessour.
Puis l'appellat. s'est étendue aux prés,
aux taillis etc. Cette mesure, qui était
d'un usage général aux xui*-xvi« siècles,
n'était plus usitée lors de l'introduct. du
syst. métrique ; elle avait été remplacée
par la bicherée, — « Plus tient, qu'il a
acquis de messire Antoine Chapuys une
vigne à Saint-Sél)astien, contenant trente
fusserrées. j> (1515, ap. Gharvet) Au même
lieu, en 1493, les frères Mineurs possèdent
« une grande vigne contenant environ
33 fessorêes. » {Marie- Lucrèce) — La fes-
sorée représentait ce qu'un homme peut
fouir en un jour (cp. ouvrée et hommre),
av. la large pioche appelée encore fessu,
fessou. D'après M. Guérard, elle com-
prenait 4*28 m. C.50, mais la mesure devait,
comme celle de la bicherée, varier suivant
les localités.
Pour la forme f essorée, de * fossorAla,
de ^fossare (de fossa), la prol. s'est
affaiblie comme dans fessou (fossorem).
Ata = éeîr. Fosscrée a été formé sur fos-
ser, Cp. aujourd'hui « une fauchée depré »
FESSU (fcssu) s. m. Vfr. fos^ouer
fessoir — Large pioche pour travailler la
vigne.
De fossorium. Substit. de orem (= u)
à orium (36, rem)
*FEUILLETTA (feulhèta) ; à Lyon
feuillette s. f. — Demi -pièce de vin,
comprenant 105 litres, environ. « Un
seigneur de la Dombe avait changé la
redevance des folliettes (v. folietta) de
vin que ses censitaires lui devaient, en
feilletes par le ch. de Vo en e, La fraude
fut reconnue. Il y eut procès, mais le
seigneur en fut quitte pour de l'argent. »
(Coch.)
Le même que folietta, av. ch. de o en
eu sous qq. influence ignorée, peut-être
de feuille (cp. le feuillet = demi-feuille),
et pour différencier de la foliette, Scheler
trouve l'étym. phialetta peu probable,
sans doute h cause des dimensions rela-
tivem. fortes de la feuillette, mais celle-ci
est à la pièce ce que la folietta est au
pol, c'est-à-dire la moitié. L'analog.
explique l'emploi du môme mot.
*FEYA (fè ya) *FAYA s. f. Piém. fea,
Fribourg, Vionnaz faya; pr. fedo —
Brebis. Au tig. jeune femme.
Poué donc lichy; dzi-té, poué donc iiorri ma f^ya,
Ein piuuchant jour et not par si peu Je monneya ?
« Puis-je donc boire, dit-il, puis-jedonc
nourrir ma femme, — En travaillant jour
et nuit pour un si petit salaire ? » (Per.)
De fœta. Ch. de œ en c(18); chute de
t (135); insert, de yolte (54 1», rem. 2).
Je ne sais pas expliquer, dans la forme
faya, le ch de ce en a qui s'est opéré
aussi dans meta = maya, et qui n'est
pas particulier au In.
N. d'homme, Fay^; cp. Mouton.
FEYA (fèya); ap. Coch. FAYA s. f.
Vfr. fae feie, dph. faya — Fée.
De /"ata. Chute de t (135); insert, de
yotte (54 1% rem. 2). On aurait dû avoir
faya. Le ch. de a ton. en e dans la forme
feya est certainem. dû à Pinfl. du fr. fée»
FIAGEOLA (flajôla) FAVIOLA ; ap.
Coch. FIAJOULA; à Morn. FAFIOLA s.
f. FAVIAU s. m. Fribourg fanfiide, it.
fagiolOy placent, faso, bolon. fasol —
Haricot,
De phaseola pour les formes flageola
fajioula. Ch. de jr en j devant l'hiatus
(143, rem. 2). De * faveola pour les
formes faviola, /"a/îo/o, savoir: par ch. de
6 en r (141) dans la l'*, et le passage de
V kf dans la2« ; passage dont je ne connais
que ce seul ex. en In., mais qui existe à
l'état sporadique dans les langues roma-
nes. De 'fabellum pour la forme fariau
par ch. de & en V et de ellum en tau (32).
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164
FIAJ '
FIAJOULA V. flageola.
FIAR (fiar) h Morn. ; à Grap. FIER
(fier) s. m. — Fiel.
De fel. Gh. de è en ia (26) ; de l fin.
en r(121). d'où la forme rég. fiar. La
forme fier parait avoir été empruntée au
fr. en changeant seulem. l fin. en r.
"FIARDA (fiarda) FIORDA (fiôrda) s.
f. — 1. Toupie. A Dijon fiada {ap. Goch.).
2. Sensu obsceno : vin. Faire la fiarda,
en parlant d'une femme, litt. tourner
comme une toupie.
le me laissou baisy, mais pour Taire la /larda,
Raiclam' aco pa reii, i*«iiiiou mieux la boulilU.
« Je me laisse donner un baiser, mais
pour faire Tamour. — J'estime cela rien,
j'aime mieux la bouteille. » (Hem.)
Subst. V. de fierdre, parce que la toupie
se frappait av. un fouet pour la faire
tourner. Aujourd'hui la toupie est lancée
en déroulant la corde qui l'enveloppe. Gh.
de e en a (66); fin. a (53 !•); chute de r
à cause de la difficulté de prononcer
fiardra.
FIAR DO y.fierdre.
FIARDU (fiardu) s. m. — A Grap. Un
homme fier, orgueilleux.
De ferum — fiar (26), av. suff. osus
(35). Gela donne fiaru. Le suff. a été
relié par d sans doute par conf. de ar av.
le suff. ard.
FIDRE V. fierdre.
FIÈDRE V. fierdre,
FI EN (fian) s. m. — Fumier.
De/lmwm(22, rem. 1). Il ne serait pas
impossible que ce fût simplem. le fr.
fiente passé au masc.
FIER V. fiar.
FIER (fier) adj. m. — A Lyon se dit de
qqu'un de bien mis. » Comme fesses ^er
aujourd'hui t » Gomme tu es bien paré!
Deriv. de sens du fr. fier^ qui parait
confirmer pour faraud l'etym. férus,
•FIERDRE (flôdre); à Morn. FIÈDRE;
à Paniss. FIDRE; à River. FÉRI (fèri) ;
àR.-de-G. FI ARDO(fiardo)v. a. — Frapper,
au fig. poindre, sonner (en parlant de
l'heure). Les trois premiers ne diffèrent
que par l'infinit. — Indicat. prés. Je fiars,
nous fierons ; passé je fiaris. Partie.
fiérant, fiéru. C'est par erreur que (^och.
donne pour ex. « Ou la fiari^ il lui a
donné un coup ». La leçon doit être : Ou
lo fiaritt le frappa. Goch ajoute du reste :
« Ou Va féru, il l'a battu ». Grap. dit :
A Va filru, mais Morn : A Va féru.
Et te fiardant trenta vés It peiréna.
« Et se frappant trente fois la poitrine. »
(Per.)
Mais dre qae meiniour fiar, je m*Arme de courafe.
« Mais dès que midi sonne, je m*arme
de courage. » (Gorl.)
Fierdre est tiré régulièrem. de ferere
pour ferire. Gh. de e bref en ie (25) ;
insert, de d (158, rem.). La conjug. fr.
de férir, au contraire, n'est pas en rapport
av. l'infinit., ainsi qu'il en est, du reste,
pour tous les v. non inchoatifs en ir,
Fierdre^ assaz difficile à prononcer, a
laissé choir, à Morn., le 1*' r du groupe
rdr. La forme de River., féri, est sans
doute due à l'infl. du fr. férir. Quant à
R.-de-G., il a fabriqué sur fierdre une
conjug. complète: Je fiars eic, je fiardai,
participes : fiardant, fiardô,
FIER IV. feiri.
FIERTON (fierton) «. m. — A Paniss.
Fat.
Non de fier, qui aurait donné fiéron,
mais formé sur fierté, av. suff. on.
FIÉRU V. soMz fierdre,
FIFRO (fifro); à Lyon fifre s. m. —
Lamproie.
De fr. fifre^ à cause de la forme ronde
et allongée de la lamproie.
FIFRO et souvent FIFRO DE MOR-
NANT s. m. — Surnom des habitants de
Morn., ainsi nommés parce que Ton
raconte que les hommes sortant toujours
de l'église lorsque le curé allait prêcher,
celui-ci lira un jour en chaire un fifre de
sa poche et se mit à jouer. Tous les
hommes de rentrer en disant : Vens, vens,
lo curô qu'est venu fiéru par la téta !
(dt^venu fou) — Le curé fit alors fermer
les portes à clef et commença ainsi : Grand
Diul Y modont à voutra parola et y
rintront ou brut d'in fifro I
Une autre tradition veut que le nom
vienne de ce que les Mornandiaux
seraient allés, fifres en tête, se réunir à
l'armée de Jacques de Bourbon, quand les
Tard-Venus occupaient Riignais en 1862.
Les « fifres » partagèrent le sort de l'armée
royale, qui fut anéantie.
OU ! Fifres de Moriiant. in jor noulros ayeui.
Dois et corajoux, Uroul çu trait Ta meux.., (Uym.)
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FIGO
165
Mon cousin Lespinasse signait toujours :
« Lespinasse dit Bragard, fifre de Mor-
nant ».
FIGORNOU, OUSA (figornott, ouza)
adj, — Traître, insidieux.
Quand d*In retour subit son orpt corajousa
Eimplut de bulion-blaoc la pompa figomousa.
« Quand, par un retour subit, sa main
courageuse — Emplit de bouillon blanc
(d'eau) la pompe traîtresse. » {Ménag )
Altérât, de flagorneur^ av. le suflf.
accoutumé ou (34 his),
•FIGUETTA (flghèta) s. f. - Petit flacon.
Proba))lem. une corrupt. de l'it. fias-
chetta, peMte bouteille. Dans ce cas il a
été introduit au xv"-xvi« siècle. lia corrupt.
peut avoir eu lieu sous Tinfl. de figue, à
cause de la forme (cp. poire à poudre).
FIJOU DE CUNY vin. dans les vers
sulv. de la Bern,
Vous ne saria mieu lou puny
Qu'en l'y donnant deux /ijou d€ cwiy.
Fijou, en In. du xvii» s., signifie foie,
de fic{a)tum; mais évidemm. tel n'est pas
le sens qui, comme Ta remarqué Philipon,
doit se conférer av. Texpress. popul. coup
du lapin, coup derrière la tête, qui donne
la mort. Mais j'ignore d'où vient A/om,
et j'incline à croire à une erreur typograph.
FI LA DE vin. s. f. — Probablem. Gordon
de soie. 1483. n Mandement pour Buatier
de 25 1. t. 3 d. pour 6 aunes 1/3 et un 1/2
quart de damas roge et 11 aunes de fîlade
pour faire le poillon porté sur mons. le
Cardinal archevêque de Lyon à sa dernière
venue. » (Arch. m.)
De fil, av. suff. ade (d'aia), qui est pr.
FILANDOURA(fllandoura) s. f. — A
Paniss. Fil de haricot, morceau de fil et
autres choses semblables.
Je crois que c'est le fr. filandre, av.
une voy. d'appui pour le groupe dr diffi-
cile à prononcer quand il est post-ton.
Ce n'est pas le suff. ure, qui aurait donné
fîlanduri, le groupe uri représentant oria
(37).
FILANDRIRI(filandriri)s. f.— Pileuse.
Défilant, av. suff. tri (13), d'où fîlantiri
et filandiri par le ch. de i en d(174 2°,
h). L'épenth. de r est assez singulière
parce qu'elle se produit ici devant une
voy., tandis qu'elle se produit d'ordinaire
devant une cons. Cette épenth. a peut-être
été facilitée par l'infl. du subst. fr.
filandre.
*FILARD(filar) s. m. — Filet.
C'est filet, av. substitut, du suff. germ.
arrf, qui se montre qqfois dans les noms
d'objets. Cp. ss.-rom. bernard (v. harnau).
Si le mot est encore usité, ce que j'ignore,
il doit être filôrd,
FILIATROU V. flliôtrô,
FILIOLA(fllhola); ap. Coch. FILLIOU-
LA ; à Lyon filleule s. f. — Suiv. Coch.
Caieu, mais en réalité (et je l'ai toujours
vu ainsi dés ma plus tendre enfance) un
rejeton qu'on enlève à une plante pour le
planter, tandis que le caieu ne se dit que
du nouveau bulbe formé sur le premier.
De filiola.
FILIOTRO, ATRA (flliôtro, âtra) ; ap.
Coch. FILIATROU, FILIATRA s. -
Gendre, bru.
De flllsistrem qu'on trouve dans les
inscriptions de la décadence pour privi-
gnus, Gh. de a en o (2) ; chute de s (179
1'). La forme filiastrousidtL être empruntée
par Coch. au For., ou n'étant pas post-
ton, en In., du moins depuis le xvii» s.
FILIPP — A Lyon dans l'express. Faire
filipp. Fouetter l'air av. une houssine,
un fouet (sans claquer) ; par extens.
fouetter qqu'un d'une verge ou de vergés ;
Gare que je te fasse filipp l prends garde
que je ne te fouette !
Onomat. du siffle'n. de la houssine. Cp.
ail. provinc. fitzen, môme sens.
FILLANDROUS. OUSA (filhandrou,
ouza) adj. — A Morn. Se dit de qque
chose qui s'effiloche, se déchire à force
d'usure. Ina roha fillandrousa, une robe
qui se frange.
De fr. filandres, av. suff. ous (35).
FILLIOULA V. filiola.
FILOCHI (filochi) s. f. — 1. Bourse.
Et lo loup Harpagon que chôrche ina filochi,
« Et le loup Haipagon qui cherche une
bourse. » (Mén.)
De filoche, parce que la bourse du
paysan était ordinairem. en filet.
2. Filet en forme de poche qui sert à
prendre les poissons dans les « bachus ».
8. Filet à prendre les papillons.
De filochi 1., non parce que la filochi
est en mailles de filet, car elle a cela de
commun av. tous les filets quelconques,
mais parce qu'elle est en forme de bourse
ou de poche.
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166
FILO
FILOGNI (ftlogni);à Lyon filogne s. f. —
Chanvre à filer, éloupe.
0 fet maître Rifurl lo marchand de filogni.
< C'est mattre Ri fart, le marchand
d'étoupes. » (Dép.)
De fil, plus suff. ogne, qui ne parait
pas représenter ici onca, lequel a donné
oine (cp. idoneum = idoine). Il ne repré-
sente pas non plus le péj. ogne (?) signalé
par Liltré dans car ogne ^ ivrogne (il faut
au moins rayer carogne qui est importé).
Dans filogni^ o/ynt aprobablem. été formé
par analog. av. cologni à cause de la
parenté des oSjets (v. cologni),
FILO-PRIM (filo-prin) s. m. — Homme
flagorneur et habile. Pr. fielo-prim, éco-
nome.
Salut, grand filo-prin, li«tmmo dont lo savoir
Dous tré quôrts et dzimé lurpbsse lo pouvoir.
« Salut, grand flagorneur, homme dont
le savoir — Surpasse le pouvoir des trois
quarts et demi des gens. » (Per.)
De/î/o, flie, etpr/m, mince. Homme qui
se glisse en se faisant mince. Cp. l'express,
popul. c n*en mener pas large ».
FINASSU (finassu) s. m. — Un homme
rusé, en dessous.
De fr. /tn, av. suff. u (34 bis, rem.), et
insert, d'une Hyll. pour accentuer le
caract. péj. L'insert. de as, par analog.
av. le suff. assef a spêcialem. ce carac-
tère. Cp. bavassUf baveur ; fetiassu,
coureur de femmes et en fr. finasseur,
FINDA (finda) s. f. — A Paniss. Fente.
Subst. partie, de findre, fendre. Plus
règ. que fr. fente, où d s'est durci en t,
FIOBLO, A (flôblo, a) adj. — 1. A qui
on peut se fler. CeVhoyno est fiôhlo, cet
homme mérite confiance. H. A River.
Crédule, confiant.
De *fîdB,b(i)lem. Chute de d (139) ; ch.
de a en d (3). On voit que le mot est pris
tantôt au sens passif, tantôt au sens actif:
celui à qui l'on se fie ; celui qui se fie.
FIOLO (fiolô)adj. des 2 g. — Ivre.
Partie, de fiolô 2.
FIOLO (fiolô) V. n. For. fioula, Gèv.
fioura — l. Siffler.
Un petit tambourin et un garçon que fiole. (Chap.)
Semble une contract. de fîajolô, fla-
geoler, jouer du flageolet. La marche
serait : fiajolô fiaiolô fiaolô fiolô.
2. For. fioula. — Boire. Se fiolô, so
griser. Lim. fio-oula^ une pirsoune ivre.
Onio y fiolavont tant, durant touta la fêta.
Qu'ôn'y ait lou dou lier quepreoiànt ma de téta.
« Où ils burent tant, durant toute la
fête, — Qu'il y en eut les deux tiers qui
prirent mal à la tête. » (Chap.)
De fiola, fiole, av. suff. ô (14 8»).
*FION (MA). ♦FIOUTA (fiouta) FIOTA
(flota) interj. Gév.ma/?<7M^/ — Par ma foi !
Ma flota, lo paure restii entunau, « ma
foi, le père resta tout étonné. » (Dial.)
De fidem. Ma fion, ma fiouta sont des
euphém. dim de fantaisie, parce que dire
ma foi! était un péché; c'était « un serment
prêté en vain ». Cp. corbleu pour corps
Dieu etc.
FIORDA V. flarda,
FIOTA (MA) v./îo/i (ma).
FIOULATO (floulatô) v. n. —S'enivrer.
L*ami Bloiidain que fioulate cosi
« L'ami Blondain qui est presque ivre. »
{Per.)
De fiola, fiole, av. suff. fréq. atô,
répondant à fr. eter (cp. fr. foleter et vin.
foulata^ de fol). Cette forme atô au lieu
de eto vient de ce que le suff. s'est ajouté
à des noms terminés par a, tandis qu'en
fr. ils sont terminés par e muet.
FIOULET (fioulô) FIOULOT (fioulô) s.
m. — Sifflet.
De fiolô, av. suff. dim. et ou ot. O prot.
a passé à ou probablem. sous infl. de l,
mais pourquoi le même phénom. ne s'esl-il
pas produit dans le verbe ?
FIOULOT V. fioulet.
FIOUTA (MA) V. fion (ma).
FIRA (fira) s. f. — Fièvre.
Do febrem. Ch. de e bref en te (25).
On a dû avoir fleura par vocalisât, de b
(164 8*») ; fieurn s'est réduit à fira,
FIROLA (firola) s. f. — A Morn. Petit
trou.
Parait formé sur forer, av. un suff.
dim., comme virole, de virer. On devrait
avoir forola. mais il y a eu probablem.
confus, av. virole, la virole étant un petit
trou av. un cercle autour.
FLACAMELLA (flacamèla) s. des 2 g.—
A R.-de-G. Paresseux, personne lâche,
flasque, molle.
.... Salut, Qrand (lacamella,
Te n'b* p6s lant de cœur que la moindre fumella.
« Salut, grand lâche, — Tu n'as pas
autant de cœur que la moindre femme. »
{Mel.)
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FLAC
167
Du vfr. flac, flasque, de fltLCCus, av. un
suff. de fantaisie.
FLACHES V. hlaches. Je dois mention-
ner que M. God. attribue l'orig. des noms
de lieu laFlégère, la Fléchère.Flachière^
Flagière à la plante d'eau appelée vul-
gairem. fléchière, et qui est la sagittaire
aquatique, sagittaria sagiUaefolia, ainsi
nommée de la forme de ses feuilles en
fer de flèche. Mais il est à remarquer que
les lieux ne tirent leurs noms de plantes
que lorsque celles-ci recouvrent de grands
espaces (telles sont la bruyère, la fougère
etc.); en un mot lorsqu'elles ont un carac-
tère collect,, que n'a nullem. la sagittaire.
Je persiste donc à voir dans tous ces
noms de lieux la racine flaches = blachex,
sauf dans la Flégère, montagne, dont le
nom peut venir de la forme en fer de
lance. Cp. la La7ice, montagne de la
Drôme.
Je dois aussi ajouter que le nom de
Flaches est donné dans le Lyonnais à des
prés composés d'herbes sèches. Telles
sont les Grandes- Flaches à R.-de-G. et
à Hiver. C'est une extens. de sens de la
prairie marécageuse, composée de blaches,
*FLAINA (flèna); à Paniss. FLIUNA
(fliuna); vin. FLEYNE; à Lyon flêne s. f.
For. flaine, pr. flunifurno, alp. frougno,
gasc. floinoy b. lim. fleugnol feunial. —
Taie d'oreiller. Vfr. flaine, que M. Godef.
traduit par espèce de coutil. « Les lins de
Cahors aussi en fait-on de bonnes
flaines à faire licts (Du Pinet). » Je crois
qu'il faut traduire par couette, couverture
piquée, ce qui semble ressortir aussi do
l'autre texte cité : t L'invention des flaines
et matteras nous est venue de France
(id.). » C'est, du reste, le sens que lui
donne Gotgr : « Flaine, Tick for a bed. »
Suiv* un invenl. de 1548, il y avait à
l'Hôpital de Lyon des lits « en boys de
noyer, garnis de coultre et coussin de
plume à fleyne de Lunel. » (Quiguo). On
trouve dans celui de l'Hôpital de Ville-
franche : « dix flaynes et deux aultres de
peu de valeur. »
Diez tire flaine de v(e)lSLmen, en cp»
flasca pour vlasca, mais cette dernière
élym. n'est rien moins que sûre. Les
celtisants le tirent du gaël. gwlan gvola-
nen, laine, mais je ne connais aucun ex.
du passage de gwl à /7. Le rapprochem.
fait par DuC. de/fami»^uw, qu'on trouve
en b. lat. pour flammeum, voile nuptial,
« petit paille, fermail petit, ou couvre-
chief », est très plausible, le ffamineum
étant de laine. FlB,m{i}neum donne régu-
lièrem. flaine en oïl, à qui nous avons
emprunté le mot, en dériv. le sens de
couverture à celui de taie d'oreiller.
FLAIRON (flèron); ap.Goch. FLEIRON
s. m. — Flagorneur, flatteur. Vionnaz
fleiron « homme tout à ses petits soins »,
Tarentaise fléron, enfant gâté,
Subst. V. tiré de flairer, av. suff. on.
L'idée est celle d'un homme qui flaire
comme le chien, pour savoir s'il pourra
tirer qq. chose de l'individu dont il
s'approche. Cp. flagorner, dont le sens
primit. était « dire à l'oreille ».
FL A I RON NO (fléronô) v. a. — Flagorner.
Formé sur 77a /ron, av. suff. <5 (14 3).
FLAMETO (flamelô) s. f. — Flambée,
feu clair et rapide.
Formé sur flama, flamme, av. suff.
ô = ée fr. relié par t.
FLAMETO (flametô) v. n. — Faire des
étincelles. Lo chiviau flametôve, le cheval
faisait feu sur le pavé.
Le pavé n'en llaméle el Ta quinô Ve*û,
« Le pavé en étincelle et fait crier
l'essieu. » {Dép.)
Formé sur flametô subst., av. suff. ô
(14 l»).
FLAMETOUS, OUSA (flamelou, ouza)
adj. — Enflammé.
A (Izit, pu secouyani sa tèfa Hametousa,
Sa bdrba cremilla, sa faci moriiiousa.
c II dit, puis secouant sa tête qui jette
des flammes, — Sa barbe crainsée, sa face
noircie. » {Per.)
De flametô, av. suff. ou, d*osus (35 .
'FLANC (flan) s. m. — Direction. De
que flanc fo-ti passa, t de quel côté faut-
il passer ? » (Coch.)
C'est le fr. flanc, du vha. hlancha,
même sens. Sur Ih init. = fl cp. Hlodoweg
= it. Fiovo, fr. Flovent. Diez objecte que
les noms fém. germ. terminés en a gardent
habituellem. leur genre dans les langues
romanes. Mais cp. it. solcio, saumure, du
vha. sulza. Quanta la dér. de sens en In.
elle est exactem. la même que pour le fr.
côté: « De quel côté faut-il passer î »
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168
FLAP
FLAPI (flapi) V. a. Ss.-rom. hllappa —
Flétrir, au sens de rendre mou, « flapo ».
La jaliri a flapi le folle, la gelée a flétri
les feuilles.
De flap (v. flapo). La format, d'un v. de
la2« conjug. fr. au lieu de la 1" est due
au caract. inchoatif de l'action exprimée
(cp. flétrir). Ceci explique l'adj. flappi
(v. flapo) de Coch., qui est certainem. la
forme primitive. Plus tard le partie, étant
devenu un adj. propre, Tinfl. du p a fait
substituer la fin. a (53 2«) à t.
FLAPO, A (flapo. a); ap. Goch. FLAPPI
adj. Dph. flapo, pr. flap, milan., piém.,
vènit., modén. fîapp ; crémon. ffapp, Tal.
flapi, ss.-rom. hllappi — Flasque, mou,
pendant ; genev. fliappe, mou, pourri.
Vfr. flapir, flétrir, friper.
Suiv. Diez, d'une racine germ. exprimant
une chose pendante: /7ap, chose qui tombe,
flep, lambeau qui pend ; bas ail. flabbe,
lèvre pendante ; angl. flahhy, flasque ;
flap, bout qui pend. — Suiv. Galvani, de
flabus (de flare) ou flabilis, — Suiv.
Ascoli, de flavio, de ffavi{d)o (de flaces-
cere). — Suiv. Flechia, de flaccus,
Flabus, de flare n'est pas conforme aux
lois de la dérivât, lat. ; flabilis aurait
donné flôble chez nous. Le sens d'ailleurs
ne se prête pas à ces étym. Flavius aurait
donné flaivi, et il semble d'ailleurs plus
probable qu'au lieu de passer de flavidus à
flavius, flavidus eût donné flade, comme
vapidus a donné fade. Flaccus aurait
donné flache ou flaque. Je ne contredis
pas à ce que ces mots auraient pu donner
& la haute Italie, mais évidemm. nous
n'avons pas emprunté le mot à celle-ci.
Flap parait à Torig. une onomat. pour
exprimer le bruit du lambeau agité par le
vent. De là ce sens s'est étendu à toute
chose molle, flasque, pendante. De tétons
flapes est une express, très usitée chez
nous, qui rentre dans l'ordre d'idées
primitif. L'afûnité logique parait donc
exister entre les mots étymolog. indiqués
par Diez et le sens actuel.
FLAPPI V. flapo.
*FLASQUO(flasko)s. m. Béarn. /ïa^co m
— Grande bouteille garnie d'osier dans
laquelle les. ouvriers mettent leur boisson.
« A S*-Étienne un flascou. » (Goch.)
Du primitif du vfr. flascon, ou plus
simplem. de flasque, poire à poudre,
passé au masc. La conservât, de s rend
cette dernière hypoth. plus vraisemblable.
•FLAT (flà) FLO (flô) s. m. It. fîat,
placent, fia — Haleine, souffle, odeur, av.
sens péj. < Gome li porcez qui ama plui
lo fia du fangez qu'il no faroytd'una bella
rosa », comme le pourceau qui aime mieux
la puanteur de la fange qu'il ne ferait
d'une belle rose. (Marg.) — t Que lo bogro
a le flat punafs I » que cet homme sent
mauvais de la bouche I — « Que flô m'è
venu dins lo nos ! » quelle mauvaise
odeur m'est venue dans le nez !
De flAtus. A Lyon et dans la plupart
des endroits on dit flat, sans doute parce
que t fin. s'est fait sentir plus longtemps
que dans d'autres mots. Mais déjà à Grap.
ondit/îd(l).
FLEIRON V. flairon.
FLEYNEv. flaina.
FLIUNA V. flaina.
FLO V. flat.
FLORETTA (florèta) s. f. — Fleur du
froment.
De florem, av. suflf. dim. etta ; o fermé
= o (34).
FLUMA (fluma) s. f. — Pituite.
Dephlegma. On devrait avoir fleima ;
le passage de « à u est certainem. dû à
l'infl. de la labiale m (cp. 62, rem. 6).
FLUTA (fluta) à Grap. ; ap. Goch. FUTA
s. f. — Futaille.
Le mot /u^ pour tonneau étant constamm.
usité chez nous, la forme de Goch. est
évidemm. la forme rég. La corrupt. en
fluta est un ex. de l'infl. exercée souvent
par des mots qui ont qq. rapport de son
sans aucun rapport de sens.
FOCIL V. foucil.
FOGA (foga) s. f. Pr. fogo — Grande
foule, abondance, presse, attroupement.
La foga de z*ambricots, la récolte sura-
bondante des haricots.
De fviga, qui a donné fr. fougue, esp.
fuga, vivacité, rapidité; it. foga^ fougue;
fogare, voler av. une extrême vitesse.
De là l'idée de réunion, de presse, de
surabondance. Gfl. de u bref en o (34).
FOLATA (folata) vin. v. a. — Réjouir.
Et per foUta l>nfân,
y vou que To.n deuce.
« Et pour réjouir l'enfant, — Il veut que
l'on danse. » (Noël 1723)
C'est foletô V. n. pris au sens act.
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FOLE
169
FOLETO(foletô); vin. FOULATA v. n.
— S'amuser, faire le fou. Au fig, se mal
conduire», en parlant des femmes.
Que le fan, puis après, roiirrili, foulata^
De fcy, «le ley, ht>U ! pcr le gasta.
« Qui les font ensuite faire les coureuses,
faire les folles, — De ça, de là, hélas, pour
les gâter. • (Beni.)
De fr. fol, av. suff. fréq. etô pour oUo,
probablem. par besoin de dissimil., foloto
étant moins commode à prononcer que
foleto,
FOLIARET(folharè)dans cette express.
Invhitfoliaret, un vent tiède du printemps
qui fait pousser les feuilles.
Mhî quand, Tliivcr passù, un doux vini foUieret
A fa lonilre la naî, que lot e«l ffuillerct!
« Mais quand, l'hiver fini, un doux vent
qui fait pousser les feuilles —A fait fondre
la neige, que tout est joyeux. » (Mon.)
De folia, feuille, av. sulT. et, relié parr
comme dans dame-r-et, chardonne-r-et.
Seulein. ce suff., qui est ordinairem. dim.,
a pris ici un sens actif. A Lyon le mot a
subi l'infl. de fouiller, et un vent fouil-
leret n'est plus celui qui fait pousser les
feuilles, mais celui qui pénètre en tourbil-
lonnant, qui fouille sous les vêtements
des dames.
FOLIAT (folha) s. m. — A Paniss.
branchage pour chasser les mouches des
chevaux.
De In. folia, feuille, av. suff. at. Gp. m.
lat. foilliala « casa ex foliis et ramis
arborum facta ».
*FOLIETTA (folhèta) FOYETTA (fo-yèta)
s. f. — Mesure de vin d'environ unechopine,
ou demi-litre. En 1370 le fermier du droit
de ban cf'ooîVr appartenant à l'archevêque
ayant voulu confisquer les mesures dont
se servaient les Religieuses de S^-Pierre
pour débiter leur vin, elles le battirent et
lui enlevèrent les objets saisis en criant :
Te los aras, celles folieltes !
Dicton : Voi vtide riessift celo» bracou»
Que bevoiit iiia folUlta d'un coup.
« Vous voyez se désaltérer ces écervelés,
qui boivent une chopine d'un seul coup. »
Mon escogriffe avôle ina (oyeta.
• Mon escogriffe avale une chopine. »
(Per.)
De *ph/alella, dim. do phiala (Du G.).
PhitUeUa donne fioleUa (comme phiala a
donné fiole) et folielta par métath. de i.
FOLIGAT (foligà) s. m. — Folichon,
qui aime à rire.
Ouou niôlru fohjgai I Songc-lé qu*o pol bien
D*ïn riniou de paiuais faire Tn hiMorim ?
« Quel mauvais plaisant I Grois-tu qu'il
soit possible - De faire un historien d'un
rimeur de patois ? » (GorL)
De fol, av. un suff. fréq. et comique
igat, qni répond k fr. ichon {folichon,
cornichon, barbichon), et qui n'est autre
que le suff. at, av. épenUi. d'une syll. péj.
FOLLET (LO) (fôlô) s. m. - 1. Le Lutin,
sorte d'esprit malin. Maison qu'a lo follet,
maison hantée par des esprils.
De fol, av. suff. et ; le Follet fait des
folies.
2. Tourbillon de poussière et de feuilles.
De Follet L, parc.3 que ces tourbillons
qui s'élèvent soudain en forme de trombes,
qqfois sans vent apparent, sont, pour le
paysan, causés par le Lutin.
'FOLLI (folhi) s. f. — Feuille.
De folia. Chute de a post-ton. (54 1«).
FOLLIERET V. foUaret.
FOMORAT(fomora) à River., R.de-G..
Morii.;à Paniss. FOMORI a. m. B. lim.
femoiirier — Fumier en tas. Au fig.
express, injurieuse. Lim. femourdza,
nettoyer une élable.
A la nn la Tuénon ly diit: o Groui fomora,
Dzurara-lo toujours, ou s'o n'ein flgnira?*
« A la fin Toinon lui dit : a Gros fumier,
— Cela durerat-il toujours ou si cela
finira? » ((roW.)
Fomorat est formé smt fumô{r), fumer
{""fimare), av. suff. at, d'atum, La forme
fomori s'explique par l'addit. du suff. t.
d'arium (13), facilitée par l'analog. av.
fuml ifimarium). Quant à Vo qui a rem-
placé u init., il a été amené par l'infl. de
m (cp. frumentum = frornint),
FOMORI V. fomora,
FONDA (fonda) s. f. — Fonte.
De fund{i)ta. Ch. de un en on (47) ; le
groupe rf^ se comporte comme pi( 161 0%c).
FONLIONNO (fonlhonô) FORLIONNO
V. a. — Faire tomber les feuilles de la
vign3 pour découvrir le raisin.
Formé sur folhi, av. suff. onnô par
analog. av. les v. formés sur des noms se
lerminanlparo;i (cp./7a/ro?2nô, chironn)).
Mais je ne sais pas expliquer la nasalisai,
de ô dans la forme fonlionnô. Insert, de
r dans la forme forlionnô (184 G», a),
19
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170
FONT
• FONT s. f. — Fontaine. La Foniforl,
source gazeuse de S* Galmier.
De fontem,
FONTANA (fonlana) s. f. — Estomac.
Lo hrichet de la foniana, l'os de l'estomac.
Le vén. fontanela a le sens de brichet (v.
fourchette), mais Ht. fontanella signifie
le creux du gosier.
Quand je beurou d*aigua Uni »i p6,
Mon corps sué couina nuutron fo ;
Ma fonlana
La passe defô.
Et s'en trove plus sana .
« Quand je bois tant soit peu d'eau, —
Mon corps sue comme notre fontaine ; —
Mon estomac — La rejette au deliors, —
Et s'en trouve plus sain. » (Chap.)
Du b. lat. fontSLna, fontaine, de fontem.
La dérivât, de sens est bizarre. Je ne peux
l'expliquer que par l'analog. de forme
entre le cofTre de la fontaine, meuble jadis
en usoge dans les ménages, et l'estomac.
Mais ce meuble ne se rencontrait guère
dans le peuple. Gp. co/fre pour corps;
« avoir un bon co fifre ».
*FORA (fora) adv. — « Terme de bate-
lier ; alla à fora. » (Goch.)
Évidemm. le sens est d'aller au large,
mais je ne connais que l'express, defor :
passô defor, passer loin du bord (v. defor).
De foras,
FORCOLA (forkôla) vin. s. f. — Four-
chette. Vénit. forcola, petite fourche ; pr.
foxircolOy étançon fourchu.
El puy qu'on tusse fet coury
A tou grau c<iu d'vua for cola.
« Et puis, si l'on t'avait fait courir —
A grands coups de fourchette. » (Chevauch.
de VA.)
De farca, av. suff. ola, qui est pris ici
au sens dim. Sur c final = k dans les
dér., cp. bocôy de bucca,
FORGÉ V. forget,
• FORGET (forjè) ; à Grap. FORGE ;
à Villefr. FARGET s. m. — Partie du
toit qui dépasse l'aplomb du mur do
façade.
Subst. V. de forjeter, jeter en dehors,
de foras et du primitif de jeter (cp. pro-
jeler). Gc primit. n'est pas Jactare, qui
aurait donné vfr. ja'Uier, tandis qu'on a
getter, Diez et Sclieler, pour expliquer
rit. geUare, proposent ejectare^ mais on
aurait eu vfr. yeltier, toujours av. Ûu.
ier. De mc^me en In., au lieu ào jitô nous
aurions J«e7i. Il convient donc de supposer
un *gittare.
Dans la forme de Villefr. o a passé à a
sous infl. de r (cp. archipot, d'hochepot).
FORGETO (forjetô) v. n. — Se dit d'un
mur qui perd l'aplomb. Celo mur forgetle,
se penche en avant.
Du vfr. forgecter^ projeter en avant de
l'alignement. « Des tentes sur liteaux de
bois qui se lèveront de nuyt contre les
murs sans être forgectées. » (1524, ap.
Gharvet). SuflT. ô (14 1-).
"FORGI V. frogi.
FORGON NOU (forgonou) s. m. — Pique-
feu.
Formé sur forgofinô, fourgonner, av.
suflf. oUf d'orem (34 bis).
FORLIONNO V. fo7ilio7in').
•FORMAILLES; en Fr.-Ln. FREMAIL-
LESs. f. pi. For. froumailles — Dragées,
suiv. Goch., mais en réalité Fiancrailles
et par extens. Dragées des fiançailles.
Fribourg fermalhe, fiançailles.
Din quauque jour d'ici coiilou faire froumailU.
« Dans quelques jours d'ici, nous comp-
tons faire les fiançailles. » (Chap.)
De forme, av. suff. collect. ailles.
Formantes répond au fr. savant forma-
lités.
•FORMAILLES FOURMAILLES s. f.
pi., dans les dictons suivants:
Grandes formailles, petites viiiailles;
Pelilcs four mailles, gtandes vhiailli^
Je crois que ce dicton, que je ne connais
que par Goch., signifie que Us * formes »
trop riches de la vigne ne sont pas un
présage de bonne récolte, de même que
l'excès des fleurs n'annonce pas Tabon-
dance ni surtout la beauté des fruits.
De forme, av. suflf, coll. ailles.
FORMANSE (formanse) s. f. pi. —
Formes du raisin (v. forme). Goch. ne
donne pas le mot, mais il l'emploie dans
son texte (à propos du mot Colaud), le
croyant sans doute fr. Poit. forma?ice,
apparence, forme: formance de chrétien^
visage humain.
De form9,ntia, de fonnsn'e, Gh. de
tia en ssi (138 2*»), qui devient sse au pi.
FORME s. f. — Nom de la grappe de
raisin lorsqu'elle n'a pas encore fleuri.
De forma. Ldi « forme », raisin déjà
I formé.
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FORM
471
FORMENGOT (formangô) s. m. — A
S*-Mart. dans l'express. Lo formentjot
d*étailesy reiisemble des étoiles. Mot
communiqué et douteux en ce sens. A
Morn. je Tai entendu appliquer à la
constellât, du Râteau, mais je crois qu'il
doit s'appliquera la constellât, des Pléiades
qui est dans le voisinage.
Étym. inconn. — Peut-être formé sur le
rad. de form{icum), plus une 2* partie
obscure. Serait-ce le rad. du vfr. enger
(enecare), ptg. engar^ croître, multiplier
(d'où est sorti engeance)^ plus enfin le
suff. ot ? Lo formengot, le fourmillem.
multiplié. Si le mot était formé sur enger,
on aurait forme ngeot, mais il aurait pu
être tiré d'une forme pr. av. g dur (85).
Le sens s'explique par la comparais, av.
Poussinière, constellât, des Pléiades
(réunion de poussins), à cause du grand
nombre de petites étoiles.
* FORO (forô) V. a. — Percer.
De forsL7-e. Ch. de a en <5 (1).
FORQUETTE(forkète) s. f. — Batelet
en u.sage sur la Saône et aussi sur la
Jjoire, pour la pèche à l'épervier. Le
devant est large et plat et forme une
sorte de terrasse où se meut librement
celui qui lance l'épervier. Le dessous est
plat, et l'arrière effilé.
Il est prol)able qu'à l'origine le bateau
était pourvu de qq. appareil propre à la
pèche, d'où le bateau a pris le nom. En
m. lat. on nommait forchonus, furciilus
une sorte de harpon en usage sur les
bateaux et destine sans doute à la poche
(v. Du G. à furculns). L'orig. du mot In.
serait ainsi furcay av. sufl*. etta. Sur c
fin. = k, cp. boquô, de bucca. Dans qq.
endroits, m'assure-t-on, on dit, par métath.,
frequetta, et dans d'autres, par substitut,
de sufif., frecoul" (furcalla).
FORS FORT vin. dans les textes sui-
vants de la Leide de l'archevêché (vers
1300) : « Item (est) li fors de Bornua est
al oubincer do la Saunari, car que il
soiant, e deit vj s. de fors de servis. » Je
traduis fors par marché : « Item le marché
de Bourg-Neuf est vis à vis de laSaunerie,
car où qu'ils (les marchands) soient, on
doitBsousde forts [deniersjdo redevance. »
« Item deyvont li forl Franceis qui sont
à Lian III d. fors, et per la broy autrus
iij d. fors. » Ici fort semble avoir pris
par extens. le sens de marchand : t Item
les marchands de France qui sont à Lyon,
trois deniers forts, et pour l'abri, trois
autres deniers forts. »
Si ces conjectures sont fondées, fors
. viendrait de for{um)^ av. une s ou un
t analogique. Forum se retrouve dans
ForverOf aujourd'hui Fourvière.
FORT v. fors.
FORVERO V. Fou)*vières.
'FORVEYI (forvè-yî) v. a. — Détourner.
Cela fumella l'a forveyiy cette femme
l'a détourné de ses devoirs.
De formas) et t?tar^. Are = yi (15 1°),
d'où forvlyi et forveyi par dissimilat.
(83). C'est le fr. fourvoyer.
*FOSSAILLES s. f. pi. — Première
façon donnée à la vigne.
De fossa, av. suff. coUect. ailles,
FOSSERÉE V. fessorée.
FOU AT (foua) s. m. Wal. faw, genev.
feuy bourg, fau, berr. fou — A Paniss.
Hêtre.
De f&gum = faUmi (133) = fau = fou
(49), plus sufif. dim. at,
FOU CIL (foussll) à Yzcr. ; à Morn.
FOCIL (fossi devant les cous, et fossil
dev. les voy.) s. m. — Manche, dans celte
express. « lo foucil d'ina dailli » , le
manche d'une faux.
De * falciculum, de falcem. Le foucil
est un mot uniquem. applicable à la faux.
On ne dit pas « lo foucil d'in fessu » ou
0 d'ina puva ». Etant donné que daill^
est d'orig. germ., il est évident qu'anté-
rieurem. à son introduct. le paysan usait
d'un mot b. lat. pour « faux ». Ce mot ne
pouvait venir que de falcem^ qui a per-
sisté dans tant de dial. à côté de dailli.
Ainsi en pr. on a faussoun^ faucille, à
côté de rfa/o, faux. Il est possible que
lorsque l'outil a eu pris, dans son ensem-
ble, le nom de dailli, falciculum ait
persisté au sens de manche. Encore à
Morn. on applique souvent le nom de
focil à l'ensemble de la faux, et celui de
dailli à la lame. Iculum serait devenu il
comme dans chenil, plril^ persil etc. Une
forme *falcile, qui rendrait peut-être
mieux compte du sens particulier de
«c manche » que falciculum, donnerait
égalem. focil, comme focile a donné fr.
fusil ; canile, chenil ; vigile, pr. vergil :
nasile,nasil. Alssou (75).
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172
FOUÈ
Dans la forme de Morn. au a passé à o,
comme aurum à or.
FOUÈ VOLAJO (fouè volajo) loc. —A
R.-de-Q. Feu grisou.
La puyantsou, l^ga, lo foui volajo^
Rien deins lo poûé n'cbrande son corajo.
« L'infection, l'eau, le feu grisou, —
Rien dans le puits n'ébranle son courage. »
{Per.)
De fouè, feu, et volajOy qui vole. Gp.
rata volajo^ chauve-souris.
*FOUGI (foujî) FOGI ou niinochx v. a.
Faire un labour approfondi en levant une
jaugée de bôche au fond du sillon. On dit
aussi minô à la rayi.
De fod(i)csire. Gh. de de en J (161 S") ;
de are en t (15 2»). Dans la forme fougi
qui est, si ma mémoire ne me trompe,
celle de Grap., il y a eu inû. de la phonét.
de Lyon où o ouvert = ou,
*FOUINO (fouinô) ; à Lyon fouinasser
V. n. — Goch, donne 2 sens; l»» S'ëclmpper
leslem. et adroitem. comme la fouine. »
Ge sens m'est inconnu. 2° « Se dit de
qqu'un qui vient eu furetant » G'est notre
sens, en y ajoutant l'idée particulière
d'espionnage, Dph. funa^ fureter.
Du fr. fouine (le pat. est faina)^ av.
suff. ô (14 3") : fureter comme la fouine.
Dans la forme de Lyon, le suff. asser
accuse le sens péj,
•FOUITO (fouitô) V. a. YoT.fouita, lim.
fou-ita — Jeter.
Jo fouelarez Robrun dcdin lou cré.
« Je jetterai Bobrun dans la fosse. »
(Ghap.)
G'est le fr. de fntuere, av. insert, d'un
a dans le groupe tr aux temps faibles, à
cause de la difficulté de la prononciat. de
//• à In prut. ; d'où, par ex : futur foularai ;
puis format de l'infini t. par analog: foutâ,
et fouitô par infl. de fouetter, Cp. fouetter
le mortier, le jeter à la truelle contre une
muraille.
FOU L ATA V. foletô.
FOUMASSIA V. fumassia,
FOUR vin. adv. — Dehors. A été rem-
placé aujourd'hui par defour.
S'on l*arel my, ilc\er lo »ey,
Four de la maison en clicmby.
f Si l'on t'avait mfs le soir, — Hors de
la maison en chemise. » {Chev. de VAsne).
For(i> donnerait fors (38). i^'owr sup-
pose un *forem (34, rem. 1), sing. de fores.
FOURACHAUX (fourachô) s. m. — A
Lyon Un écervele, un jeune homme qui
fait des fredaines.
G'est four-à-chattx, pris au fig., à cause
j de la chaleur.
FOURCHETTE (fourchète) s. f. Dph.
forcent — A Lyon. Partie immédiatem.
au-dessus du creux de l'estomac. Vfr.
forcele fourcelle, estomac, poitrine;
forcheure, os de l'estomac.
Li cicafuirit lo venti c et bouili il la fnrrelle,
« Lui écrasa le ventre et brisa Tos de
l'estomac. » {lianq.)
De furca (parce qu'à cet endroit lo
sternum forme une fourche), av. sulT. dim,
efta. Gh. de u bref en o (38). Dans qq.
dialectes la fourchette s*enlend de l'os du
sommet de la poitrine, qui se divise aussi
en forme de fourche.
FOU RM AILLES v. formailles.
FOURNACHEs.f. — Lieudit. AS»«.Foy-
lez-Lyon la Montée de la Fournache.
Au m. à., la fur7iacha, furnngia était
une redevance payée au seigneur propriê
taire du four banal, pour le droit de cuire
le pain. Par extens. le nom de Fournache
a été appliqué au four banal lui-même.
Furnacha vient de ' furnsitica. Le ch. de
u brefentr. en ou est d'oïl. /t^iVam donne
habituellem. âge. Aussi trouvc-t-on fur-
nagia à côté de furnacha,
FOURVIÈRES (fourvière) ; vin. FOR-
VERO. — Lieu dit à Lyon, célèbre par sa
chapelle. — 131)7-1408: «Pourencimenter...
la Jjaiele... qui est assise sur l'esglise de
Forvero {Inv. de la C). » 1452: « Extrahere
a loco Forverii... > (Arch. m.)
De Forum VKrii, selon l'étym., très
acceptable, de M. Philipon. La fin, aiHus
donne ero (pour airo) en vin ; et la forme
m. lat Forverii, au lieu de Forvierii,
prouve que ière a été récemm. substitué
à ero sous l'infl. d'oïl, où arius = ier»
Us fin. de Fourrières a été ajoutée sous
la fausse idée de l'étym. Forum refus,
FOUTAISE (foutôze) s. f. employé
souvent au pi. — Bagatelles, objets sans
valeur, méprisables. O y est de foutaise,
c'est de la bêtise. Ne ni'embiarne pôs de
relies foutaises, ne m'ennuie pas de ces
bagatelles.
D'un rad. fut^ exprimant l'idée de baga-
telles, choses vil ?s ; holl. fut, adv. pour
exprimer le peu de cas qu'où fait de qq.
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FOYA
173
chose; ail. dialectal futele, trafiquer en
marchandises ignobles («p. Grandg.). Sur
ce rad. y. fufu. On a eu probablem. fat
+ suff. aise, répondant à fr. oise, Futaise
à passé à foutaise sous infl. de < se f...
de qq. chose, s'en moquer. Mais ce dernier
peut, malgré l'opinion de Grandg. et de
M. de Gham'jure, avoir une orig. obscène.
Op. la loc. popul. Je m'en hais l'œil, et
Je m'en bats les fesses^ cette dernière
employée par Marmontel dans la Henriade
travestie.
FOYAISSI(fù-yèssi); ap. Goch. FOYÊS-
Sl s. f. Vfr. fouace — Sorte de galette
cuite au four.
De focSLcia, chose cuite sous la cendre.
Ch. de c proton, en y (128 1»); de a ton.
en ai sous l'intl. de c qui le suit ; de cia
en ssi (130, rem. 2).
• FOYÊSSI V. foyaissi.
FRACHI (frachi) s. f. — Petite branche
coupée.
Non de fracta, mais de frasca, bran-
chage, que Diez dérive de vircre: virasca
vrasca frasca ; mais je ne sais si le ch.
de finit, en /"est bien admissible, quoique
Die/, en voie d'autres ex. dans flasca de
vasculum, et dans flain'*, do v{e)lamen ;
ces ex. sont plus que douteux. Donkin
préfère tirer frasca de goth. frasts, enfant,
mais le sens est forcé et il semble qu'on
aurait fraisa. FjC passage de frasca à
frachi est rég. Gh. de se en ch (186 !•) ;
fin. t (54 2»).
•FRACHONS (frachon) s. m. pi. — Les
vieux échalas destinés au feu. It. fra^cone,
l)ranchnges pour le feu.
De frachi, av. suff. on. La dérivât, de
sens de branches vertes à vieux échalas
brisés paraît forcée au premier abord,
mais l'il. frascone ne laisse guère de
doute sur l'orig.
'FRAICHAT (frôchà) s. m.- «On dit
d'un tonneau ou d'une cuve dans laquelle
l'eau a séjourné trop longtemps : A sent
lo fraichat, » (Goch.)
Je crois que ce mot doit être isolé de
frêchin. Il y a l'odeur des lieux humides,
c'est le fraichat ,* il y a l'odeur du poisson,
de la viande gâtée, c'est le frêchin. En
Poitou fraichin se dit des deux choses»
mais l'étym peut être double, selon les
sens.
Du vha. frise, par l'intermédiaire du
vfr. freschi, av. suff. at ; ou peut-être du
fr. fraîcheur, av. ch. de genre et de suff.
FRAÏNO (fraïno) à Morn. ; à Grap.
FRÉNO (fréno) ; à River. FRAISSO
(frésso) s. m. — Frêne.
De fra,cs{i)num (= fraxinum). Gh. de
ac en ai (10). d'où fraïno passé à fréno
(10) ; chute de s (168). Au contraire chute
de n dans la forme fraisso (168, rem.).
FRAISSO V. fraUno,
FRANC (fran) adv. — Tout à fait,
entièrement. In vin franc bon, un vin
vraiment bon.
Mils Jetn. que cosniil TivrogniMi,
L'arrape franc par la Uignassi.
< Mais Jean, qui reconnut l'ivrognesse,
— La saisit net par les cheveux. » {Mort
de la Zobet)
Du fr. franc, loyal, sincère, pris adver-
bialem, av. extsns. de sens.
FRANCADA (frankada) s. f.— Frasque,
fredaine, débauche spécialem, A l ben fait
se francade^ il a bien fait ses fredaines.
Accuzaiit lo garçons que se dédziilanl loui.
Toujours an lieu de yoii, o k*In Irovôve dous
El m^ine jusqu'à sié d'iiia senla francada.
« Accusant les garçons qui le niaient
tous. -— Toujours il s'en trouvait deux au
lieu d'un, — Et même jusqu'à six d'une
môme débauche. » {Afore)
Étym. inconn. — Est-il impossible que
le mot ait élé formé sur le rad. de fracas,
fracasser (comme saccade sur saquer),
av. nasalisât, de a (184 7% rem.) ?
*FRANÇON (fransson) nom de femme
— Françoise.
Du rad. de Françoise, av. Un suff. on
qui s'applique qqfois aux noms de femme:
cp. Daudon (de Claudi7ie)ei le fr. Manon,
Xanon, d'Anne,
•FRANDA (franda) s. f. — 1. Fronde.
De fanda. Gh. de un en an (47, rem.) ;
insert, de r (184 6« c).
2. Corde qui sert aux voituriers à atta-
cher le chargem. A Lyon frande. Subst.
v. de frandô ft.
FRAN DO (frandô) v. a. -— 1. Lancer
av. force. Al a frandô ina piri, il a jeté
une pierre. A m'a frandô sa bola par le
chambe, il m'a jeté sa boule dans les
jambes.
Da franda, av. suff. d (14 !•).
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174
FRAN
2. Terme de charretier. Biller un char-
gement. Littér. faire tirer les cordes
comme celle d'une fronde.
•FRANDOLA (frandola) s. f. Voiron
frandola — Étendue du jet d'une fronde.
« Cela terra ne vaut pas cinq liôrds la
frandola, pour dire que sa valeur est
minime. » (Goch.)
De frandola, av. suflf. a répondant à
ée fr.
FRANDOLO (frandolô) v. a. Voiron
frandola — Jeter av. une fronde.
De franda, av. suflf. olô au lieu de 6,
peut-être pour le diflTérencier de frandâ,
dont le sens n'est pas exactem. le même.
FRANGIN (franjin) s. m. — Compagnon,
camarade. S'emploie surtout au plur.
« Nous sons allés à la vogue avec tous
les frangins. »
Ce terme, exclusivem. usité à Lyon et
dans le langage canut, est probablem.
emprunté à l'argot, où frangin, frangine
signifient frère, sœur. C'est une format,
fantaisiste sur frare frar « frère » dans
les dial. d'oc et aussi dans le In.
FRANGUIN (franghln) s. m. — A
Lentilly, Beau, bien mis, élégant.
Lo Umbour du villigc,
Très bon prétiicateur,
Rappelle ivi rorrijo
Tui lou frangins (pour franguins)
[voQUPurs.
(La Vogua).
Corrupt., par métalh. de syll., du fr.
fringant,
FRAN I ES vin. — Dans l'élecl. des
maîtres de métiers du jl6 nov. 1418, on
lit : « Jehan Perret, franiés (c'est-à-d. pour
les franiés). »
Je crois qu'il s'agit des fabricants de
freins, d'où, franié (pour frin^nier
franier), av. suflf. ier, applicable aux
noms de métier (13).
FRANT (fran) s. m. — Front.
Defrontem (43, rem.).
FRECAUTAU dans les textes suivants :
La diimingi rot lot: ariaus vus bien
fards qu'apinchayauviant le filles par le
menau frecautau, « le dimanche, vous
les auriez vus bien mis qui guettaient les
filles pour les mener faire l'amour. »
Très boglies que n'etiant pas diferentes
et qu'ayant eoquis-vês frecautau avouai
noutrons cholands, « trois filles qui
n'étaient pas laides, et qui avaient quel-
quefois parlé d'amour avec nos trois
garçons. » {Dial.) — On voit que Goch.
traduit tantôt par « faire l'amour », tantôt
par € parler d'amour ».
Je crois, av. M. Vachez, qu'il faut lire
frecantô (pour fréquenta ; v. ce mot). Il
y a bien quelques objections. Fréquenta
ne signifie jamais « faire l'amour » et on
ne dit pas menô fréquenta, mais alla
fréquenta. D'un autre côté frecotô
s'expliquerait par le rapprochem. av. le
romain f regare, terme obscène, le vfr.
frigaler, se frotter, et l'express, obscène,
faire la fricarelle. Mais frecotô est,
actuellement au moins, inusité, et l'usage
si général du mot fréquenta doit faire
pencher pour la lecture de ce dernier.
FRÈCHAIN (fréchiû) s. m. — Odeur
de la viande qui n'est pas fraîche. O sint
lo frèchain. Saint, odeur de fraîchin,
odeur sui generis, telle que celle des
huîtres, des verres mal rincés etc. C'est
par erreur étymologiq. que Béronie dit
« frëstsun, odeur de viande fraîche »,
car il ajoute aussitôt : « se prend aussi
dans un sens opposé à celui de viande
fraîche ; ainsi quand une odeur de graisse
prend au nez et soulève le cœur. »
Le vfr. fresch, frais, n'a rien à y voir.
En vpr. le frechan est la fressure, les
viscères ; du i*ad. qui a formé fraise (de
veau), pour frèse : sinti lo frèchain, c'est
sentir l'odeur des tripes. Au suflf. pr. an
le In. a substitué le suflf. d'oïl corres-
pondant am.
FREGIRI (frejlri) s. f. — A Paniss.
Fougère.
De *filiceLria = fiV caria (78). Ch. de
t bref init. en e (63); de / en r et de c en
ch (170 a», a, rem.); de aria en iri (13).
On a ferchiri, passé à fergiri comme
vfr. feuchière à feugère ; et enfin fregiri
par mélath. de r (187 !<>).
FREM AILLES v. formailles.
"FREMIOULA (fremioula) s. f. —
Frisson, tremblement Dph. fromiould,
frissonner.
De frémi, frémir, av. suflf. fréq. oulô,
plus souvent olo. Frémi vient lui-même
de fremire pour fremere.
FRÉNO v. frdino.
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FRÉQ
175
FRÉQUENTO (frékantô); à Lyon fré-
quenter V. n. — Se dit des visites que
l'on fait à une personne que l'on doit
épouser prochainement. A Lyon être
en fréquentation ; un bouquet de fré-
quentation. Fréquenta s*entend donc
spécialem. du bon motif. Cependant, par
exlens., mais plus rarement, fréquenta
ina bolli^ lui faire la cour ; se fréquenta
est aussi qqfois un euphémisme pour
« avoir ensemble des relations intimes ».
Dans le b. dph. le mot est plus péj. et
signifie avoir de mauvaises fréquentations.
C'est le fr. fréquenter , av. ch. de er
en ô (14 !•).
FRÉSILLI (fiézilhi); à Lyon f résille s.
f. coll. — L Menus branchages de bois
mort que Ton ramasse par terre dans les
bois. Vai querre ina frésilli, je vais
chercher du menu bois. 2. Copeaux de
menuisier.
De fresum^ partie, de frendere, av.
suff. cojl. et dim. ilhi (cp. brindilles,
ramilles)»
FRESILLI A (frezilha) s. f. - Fagot de
menu bois mort.
Giffiiant i choque p6,
Sediiiel in portant m lorda fresillta.,»
« Geignant à chaque pas, — Se disait
en portant son lourd fagot... » (Mon.)
De fresilli (v. ce mot), av. suff. a,
répondant à ée fr.
•FRETA V. frètô.
FRETO (fretô) ; ap. Coch. FRETA s. f.
— Volée de coups. « Ils Vi an baillia una
bonna fréta f on Ta rossé d'importance. »
(Gochi)
Subst. particip. de fretô.
FRETO (fretô) v. a. — Battre, rosser.
Duvfr. fretter.de /'/•tc/are, av. substitut,
du suff. d (14 !•).
*FRETOLLIA (fretolia) s. f. — Volée de
coups.
De fretSi^ av. suff. fréq. oUb.. la pour a
est fréquemm. employé dans les subst.
particip., par analog. av. les subst. où ia
est appelé par un yotte ou par le groupe
ir» Cp. cruciata = cruesia^ croisée ; de
fr. vire= viria, tournée (1, rem. 8).
FRÉZI (frézi); ap. Coch. FRÉZY s. m.
— Froid. Fa in grand frézi, il fait un
grand froid. Vin. frise, froid ou frimas;
à Lyon friser en parlant de l'eau qui se
congèle à la surface. Gév. frézi^ trembler
de froid.
Non de frigidum, mais d'un rad. germ :
— Sax. frysan, ail. frieren, vx ail.
friusan, vha. froësan friesen triesen,
dan. fryser, suéd. frysa, geler, avoir
froid, trembler de froid (cp. fpifTtrtiyfpiTTuy^
trembler de froid; ^/stxjj, tremblement,
peur). Ce rad., av. un suff. de la 2* conjug.
fr., a certainem. donné un v. " frési^
geler, avoir froid, refroidir, d'où a été tiré
le subst. V. frézi frize.
FRÉZY V. frézi.
•FRÈZIA{frèzia)adj.des2g —Refroidi.
La sopa è frèzia, la soupe est refroidie
(Coch.). Je crois qu'aujourd'hui la tendance
est de distinguer le masc. du fém : frèzi,
frèzia.
Partie, d'un v. frézi, aujourd'hui inu-
sité, et remplacé par froidi, sous l'infl.
du fr. refroidi (v. frézi).
•FRICOLA (frikôla) s. f. — Petit bran-
chage.
Étym. inconn.
*FRINGO (fringô) v. n. For. fringa —
Se mettre au-dessus do son rang, chercher
à briller.
Qui s'ai fringme, lou miè a lou mal de rrqut^a.
« Qui sç met le plus richement a le plus
de succès. » (Chap.)
Du rad. qui a créé le fr. />*/n^wtfr, cara-
coler, en parlant des chevaux. Sur la
dér. de s^n», cp. faire de la piaffe, que
le populaire emploie au sens de notre
fringô. Suff. ô (14 4«).
FRIOURI (friouri) vin. dans l'express,
cassi friouri, poêle à frire, c Item 1 quasi
fiHouri. » (L. R.)
De * frigi[t)oria, de frigere. Gh. de ^
en y (132) ; chute de t (135) ; ch. de
oria en ouri, aujourd'hui uri (37). On a
friyiouri^ réduit à friouri,
* FRIQUETTA (frikèta) s. f. Br. frequeta,
rch. friquète, dph. fricandela.— Fille aler-
te, sùiv.Goch., mais en réalité fille coquette,
pimpante. Je crois que tel a toujours été
le sens, témoin ces vers de la Bern.
...Quand le fan Toulra toupa de resta de bulkio,
Qtt*ellenou» font niingi aprek leurbassouUon.
Et puis celé friquettt, le fan le délicate.
« ... Quand elles font votre soupe avec
du reste de bouillon, — Qu'ensuite elles
vous fontmangerleurlavaille.— Et puis ces
mijaurées ne font-elles pas les délicates l •
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176
FRIS
Du vfr. frisque fi'icque, vif. éveillé, du
gotli. frlks, vha. frëh frëch, ardent,
avide; mha. vrëch, ags. frec, ail. frech,
hardi, gaillard ; vx angl. frck^ vif, animé
iDicz).
Littré le tire du vha. frise, b. lat. friscus,
fi-ais. Il semble que le sens se prête mieux
à rétym. de Diez.
FRISER (frizé) v. n. — A Lyon se dit
d) la glace qui commence à se former
sur l'eau. « A-t-il bien gelé? — Oh, la
glace frise seulem. »
Sur rétym. v. frezi, La dérivât, de
sens s'explique par l'infl. de fr. friser au
sens d'effleurer. La glace frise, c'est-à-d.
lu glace effleure l'eau, elle n'en saisit que
la surface. Le sens a passé de la chose
ef.leurante à la chose effleurée.
FRISONS (frizon) s. m. pi. Berr. frisons,
— Copeaux de charpentier.
Du fr. frison, parce que les copeaux
bouclent.
FRISSOIRE vin. M. lat frissoria, adj.
qui signifie servant à frire, et s'applique
ordinairem. aux poêles (casses). « ïroys
casses frissoires de peu de val leur. »
{[ntent.de VHopit, de Villefr., 1514, ap.
Missol). — f Duos cassias fussorias »
(pour frissorias dans V Invent, d'un
serrurier, 1278, ap. Valons).
De * frictiona, de frictum. Ch. de et
en ss il 61 8»). Oria donne fr. oire ; le
mot est de format, fr ; le In. est friouri.
FRIZE s- (• vin. — Frimas ou peut-
être Froid. Je ne connais ce mot que par
cù couplet d'un vieux noôl que me chantait
ma mère et que je n'ai jamais vu imprimé :
Noël, no<^l est t«iiu,
AvM u robe do frite,
Hélat, il est mtl fétu,
Cer II D*o poiut de chemise :
J'avais toujours compris qu'il s'agissait
d'une robe de givre ; pourtant « robe de
froid, de froidure » ne serait pas absolum.
impossible, à cause du sens du pat. frézi.
Sur l'étym. v. frézi.
FROCHI (frochi) s. f. For. flochi, —
Surplis. Lorr. ro{c), grande blouse.
Allen vers U ptrochi
Sonna noutron cur«.
Si n*a Télu sa frochi,
8'cM poutriel micura.
« Allons à la paroisse — Appeler notre
curé. — S'il a pris son surplis, — Il
pourrait s'en fâcher. » {Vx noël)
Monsieur lou cura viiil, qu*alt vili sa flochi.
« Monsieur le curé vint, qui avait revêtu
son surplis. » (Chap.)
Du rad. qui a formé le fr. froc. Le for.
peut être tiré du pr., qui a la forme /foc.
FROGI (frogî) ; ap, Coch. FORGI v. n.
— Se taire, veiller à ne faire aucun bruit.
Te ne forgiré donc pas ? lu remueras
donc toujours?» (Coch.) Nous dirions
aujourd'hui Te ne frogirés don pôs f
Frogi don, fais silence !
Par preiiidre do pensons i dzont qu*o faut frogi,
« On dit qu'il ne faut pas faire de bruit
pour prendre des poissons. » (Gorl.)
Étym. inconn. — On trouve en ss. rom.
se fordhi {fordgi), se glisser, se fourrer
qq. part. Fordgi représente donc le fr.
fourrer, auquel pourrait correspondre
aussi le In. forgi, au sens de cotonner
pour empêcher les heurts, le bruit 'le fr.
fourrer à ce sens). La forme de Coch.
serait la primitive, d'où serait venu frogi.
Le goth fodr, gaine, fourreau, qui a
donné Ht. foderare, fr. fourrer aurait pu
donner un ' fodriare = fordiare par
métath. de r. Fordiare donnerait forgi
comme assediare adonné assigX, « Il faut
frogi » serait donc « il faut maître du
colon, assourdir ». Malheureusem., tout
intermédiaire manquant, on ne peut se
livrer qu'à des supposit.
FROMENTA (frominta) s. f. — Nom
propre des vaches de couleur blonde.
De In. fromento, av. fin. fém. a.
FROM ENTO (frominto) s. m.— Froment.
De frumentum. Le ch. de u long en o
est dû au voisinage de m.
FROMOGI (fromogi) v. a. — Nettoyer
une étable. Au flg. se fromogi, se souiller
de bi*an.
Mou home mode «us champ, barrole tôt lo jo .
L4i|>ore, find lo bol o fromojt sa cor,
« Mon homme s'en va aux champs,
ti-acasse toute la journée, — Laboure,
fend le bois ou enlève le fumier de sa
cour. » {Mon.)
Fromogi est pour fomoragt, formé sur
fomora, av. suflf. fréq. gl, répondant à
lat. care (15 2«). Fomoragl s'est réduit à
fomorgl et a passé à fromogi par métath.
de r (187). Cette élym. est appuyée par
lepoit.qui a fremoger et effumogeripour
« enlever le fumier qui se trouve sous les
animaux ».
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FROM
177
FROMOJOU (fromojou) s. m. — Fumier.
Klte,motra IVtou, te m'einmàrdc clrja.
Bin volant tutegni quou fromojou dVirobla.
€ Et toi chétif Péteux, tu m'emm... déjà,
— - En voulant soutenir ce vil fumier. »
{Mel.)
Subst. V. tiré de fromogl. Ou atone
n'est pas un suff. In., mais for. Le mot
est d'ailleurs de R.-de-G., qui est géoj^ra-
phiquem. du For., et a subi parfois l'infl.
de sa phonétique,
FROUGNI (SE) (frougnî) v. pr. - Se
gratter. Saint, frougner, frotter; lorr.
fougtier, se dit des porcs qui grattent la
terre; wal. de Mons fougner, fouiller;
pr. frougnas, réunion de boutons sur la
peau.
De fncl[io)ni2ire (?). Chute de la prot.
méd. (78) ; ch. de i init. en è (63; ; de et
en ss (161 3»); de lar^ en l (15 1»). On
a fress'gni frègni, qui aurait passé à
froug?ii, peut-être par renforcem. de la
prot. Sur le sens, cp. it. popul. fregna
pour /Ica. Le sens étym. est celui de
frotter,
FROUILLI (froulhi); à Lyon froiulle
s. f. — Action de frauder au jeu.
Subst. V. tiré de frouillX verbe.
FROUILLI (froulhî);à Lyon frouUler
V. a. Ss.-rom. froullhi, sav. frouiller —
Frauder au jeu.
Attendu
QueGnochalon no frouillek l'égôrddu boUJo.
« Attendu - Que Gnochalon nous
fraude à l'égard de l'arpentage. » (Proc.)
De * fraudicul&re. Gh. de au en ou
(75) ; chute de d (139) ; chute de u (78) •
ch. de iclare en tlhl (184 2\ a, rem.).
FROUILLON (froulhon) s. m. Sav
frouillon - Celui qui fraude au jeu.
De frouiin, av. suff. on, assez bizarre
ici car on devrait plutôt avoir frouillou
(34 bis), comme on a fraudeur. Cependant
le suff. on prenant un caracl. péj. lorsqu'il
est précédé de ouih il s'applique alors
aux personnes. Gp. barhouillon pour
barbouilleur, sansouillon, une personne
malpropre, et fr. souillon, fille de cuisine.
FRUTTA (frutta) s. f. coll. Piém. frula
it. frutla, J,éarn. frute - Toute espèce
de fruits.
Parvu qu'rn .on gr.ni lo blô noviau s'inibsso,
Qu ai ciai5seprot f^-utia et que tôt bien se posic.
« Pourvu qu'en son grenier le blé
nouveau s'entasse, — Qu'il ait assez de
fruits, et que tout se passe bien. » (Mon.)
De ' fructa = fruita, puis frutta. U
long entravé se comporte comme u long
lil)re (48). Sur la quantité de u dans
fructus cp. f rugi fer,
FUÈ(fuè) s. m. —Feu.
De focum (42 5«).
FUFU(fufu)s.m.— Terme péj.— ALyon
Étoffe sans consistance, très légère. Wal.
foufe, chiffon, guenille ; fou/î, s'amuser
à des bagatelles ; Mons faflute, l)agatelle,
basse carte ; Morvan fa/ions, objets de
peu de valeur.
De l'interj. j^hu, qui correspond à un
mouvem. méprisant des lèvres, av. rcpétit
péj.Cp.norm.deBray, futeux, dédaigneux
dans le boire et le manger ; véiiit. fufi-
gnoto, sot, homme futile; holl. fut, adv.
pour exprimer le mépris, le peu de cas
qu'on fait de qq. chose.
•FUGI (fugi) s. f. — Fougère.
De fil(i)cem. Gh. de i bref en e(21);
voc. de l et ch. de c en J (170 g®, b) ;
fin. i (54 2"). On a feugi, passé à fugi,
le In. n'admettant pas le son eu.
FUMA (fuma) vin. —Femme.
Que nous venave dire: « Mon Dieu, ?ous autres /"uwi*,
Depaichi-Tous »
« Qui nous venait dire ; « Mon Dieu,
vous autres femmes, —Dépéchez- vous... »
(Bern.)
Do fem(i)na. Gh. de e en m (cp. 62,
rem. 6). La persist. de m au lieu de n
(v. feyia) est due à l'infl. d'oïl.
FDM ASSI (fumassî) v. imp. — Pleuvoir
très fin.
De vfr. fum, fumée, parce qne la pluie
très légère a qq. analogie av. la fumée.
Suff. péj. ass + i (15 3», rem. 2).
FUMASSIA (fumas.sia) à Grap. ; à
St-Symph. FOUMASSIA s. f. — Petite
pluie très fine. « O ne sera qu'ina fou-
massia que ne nots empachira pan de
nots en alau », ce ne sera qu'une petite
ondée qui ne nous empochera pas de
nous en aller {Dial.). — La trad. deCoch.
par ondée n'est pas absolum. exacte.
De fumassî, av. suff. a = ata (1, note 8).
FUMAT (fuma) s. m. — Fumée.
De vfr. furriy de fummn, av. suff. at
(cp. borsat^ carat, gassoliat).
20
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17S
FUME
FDM EL A (famèla) s. f. — Femme, av.
un sens péj.
Tenant desso lo bras tous chocun sa fuwella.
« Chacun tenant sous le bras sa galante. »
{Gorl.)
Cependant il n'en est pas de même
dans tous les pat., par ex. dans le dph:
Fumelle sans paret,que ?èpre et jour travaille.
« Femme sans pareille, qui nuit et jour
travaille. » {La S^-Antoine)
De femella. Ch. de e en w (62, rem. 6).
FUMELLAIRO (fumèlôro) s. m. —
Coureur de femmes.
De fumella, av. sulî. aiVo (13, rem.).
FUMELLI (fumèli) adj. m. — Qui hante
les femmes.
De fttinella, av. un suff. i (très rare)
qui, j'imagine, a di\ être is {itius)j et
emprunté au pr., quoique le vfr. ait aussi
ce suflf.
FUMÈRI (fuméri) s. f. Ypv. ftiméra —
Fumée. « Il se départit de devant li toz
confus et s'en entret en terra en semblanci
de una grant fumeri neyri », il s'en alla
de devant elle tout confus et entra en terre
en forme d'une grande fumée noire. (Marg.)
Mais qu'lii coup (l'œil ôtTroux ! la poura Guillotéri
luvoyc. diiis lo zars cent rayons de fuméri.
V. Mais quel coup d'œil alTreux ! la pauvre
Guillotière — Envoie dans les airs cent
gerbes de fumée. » [Brey.)
Le rad. est le vfr. fum, fumée, de fumas,
auquel s'est ajouté un suff. éri (aria),
répondant à fr. ièt'e (13). Ce suff., qui est
ordinairem. tri, est ici mal appliqué, car
il désigne habiluellem. des objets moyens
d'action. Mais il a été probaldem. amené
par analog. av. le suff. éri dans lamièri,
où l'idée primit. d'objet a complètem.
disparu. Lumiéri est à lumen ce que
fuméri est à fumus,
FUMIRI (fumiri) s. f. — Fumier.
De *fima,7'ia. Gh. de aria en iri (13) ;
de i en u (62, rem. 6).
FUNASSI (funassî) v. n. — Fureter en
cachette.
C'est le fr. fouinasser, de fouine ;
fureter comme la fouine. Ou a passé à u
sous infl. de la lab. f. Ch de ^ren î (14
3% rem. 2).
FURI (fur!) s. m. — Février.
De februkrium. Vocalisât, de b (62.
rem. i; ; ch. de arium en î (13). D'où
feuri, passé à furi (62, rem. 4).
FURIGNON (furignon) s. m. — Larmier
de cave.
De /*uro, furet, av. suff. on et èpentb.
d'une syll. pour accentuer le caract. dim. ;
cp. escafignon. Furignon, Irou par où
passe le furet.
FURNILLIE (furnilhi) vin. s. f. —
Fournilles, fascines de menus branchages.
1881 : a Ue(;u de Michel le pannetier pour
une aml)aisse de furnillit que fut taillée
au brotel devant lUianne pour meltre en
la peyssiere du portail viel. i> (Arch. m.)
De * furn\v{u)la; o fermé =r ou est d'oïl ;
ch. dec/en Ih (164 2", b) ; lin. i (54 8").
FUSTALLI (prononcé cerlainem. av. Il
mouillée.s) vin.— Charpenterie. 1846-1378:
« Item p. la fustalli, clavin, tiola et tout
ovragio xxv fr. » Plus loin : « p. la fus-
talli du pont de la porta. » (Arch. m.)
De fustsilia. Fin. i (54 3").
FUSTI (fiistî) ; à Crap. FUSTIER (fustié^;
à R.-de G. FUTl (futsî) ; àMorn . et ap. Goch.
FUT! (fut!) s. m. — Coch le traduit par
« Celui qui construit les l)aleaux •, mais
ce sens doit être particulier aux bords du
Hlîône. Je ne connais que ia significat. de
charpentier, et spécialem. le charpentier
à la journée qui va dans les granges,
pour les réparations de crèches, râteliers,
planchers etc.
0 veUé lo garçon de Jean lu savalsi.
Que reniplaçj)ve aUr par Jaque lu fulsi.
« C'était le fils de Jean le savetier, —
Qui était alors remplaçant (au service
militaire) pour Jacques le charpentier. »
{Gorl.)
De fusta,rius, Ch. de arius en 1 (13).
La forme fustier a subi l'intl. d'oïl. Chute
de s dans la forme fuU (166 2'»).
FUSTIER V. fusl'u
•FUTA V. fluta.
*FUTI V. fusti.
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GA
179
G
G A, GAR. Prêf. péj., employé peut-être
par analog. av. la syll. init. de certains
ternies péj. tels que f/nlapian^ r/alarôrd,
gadrue, garipelet, et de certains verl)ps
tels que gaspiller, galvaudrr. On le
retrouve dans garagôla, souillon ; gafulli,
fouiller nialproprem. ; gnholli, gassolli,
remuer de l'eau sale ; gagnivelô, détruire
l'aplomb ; garpisslj fouler aux pieds ;
gmguillous, chassieux; A la garifolli^èn
désordre, à l'abandon. — Le caract. péj.
de cette syll. init ga n'existe pas que dans
le In. Cp. wal. 5raf//*ott', mauvaise soupe;
gaudrouiy patouiller ; rch. gadrouiller,
manier malproprem.,/7arfow/^, plat déj^oû-
tant (à moins que ces derniers ne soient
der. de gadoue) ; berr. garfouler, fouler,
B-himcv \ garsoillei\ salir, gAter.
G ABC (K^bô) s. m. — Mare aux canards,
trou bourbeux.
Subst. V. do gabolli (?) On aurait eu
gabolh gaho^ et gabô par analog. av. les
mots terminés en eau, d'ellum.
•GABOLLI (gabolhî) v. a. Dph. gaboul-
Up — Remuer l'eau, av. sens péj., par ex.
une eau malpropre.
Du rad. bol (v. bolot), qui signifie mare,
av. préf. ga, qui est à la fois péj. et onoma-
topéique (\\ gaffô), plus suff. olhl, propre
aux mots exprimants le rejaillissem. de
l'eau, et qui s'est ici confondu av. le thème.
GABOLLIAT(gab()lhà)s. m. — APauiss.
Fla'iue d'eau, genéralem. malpropre.
De gabolli, av. suff. at,
*GACI V. gassi.
GADOLLI (gadolhî) v. a. — Remuer de
l'eau malpropre. Wal. gaudrouiy patouil-
ler; rch. gadouiller jmiiwiQV malproprem.
Les syll. ga eiolhi sont toutes deux péj.
et la 2* s'applique surtout à l'imitât, du
bruit de l'eau agitée. Le mot peut être un
simple assemblage de ces syll., comme il
peut être un dér. de gadoue.
GADRUE (gadru) s. f. Dph. gadri -^
Prostituée du trottoir. Terme bas. Norm.
Marie gadrou, femme malpropre.
Je croyais ce mot emprunté à l'argot,
mais je ne l'ai rencontré ni dans les
Éfndes sitr l'argot de F. Michel, ni dans
le Diclionn. d* argot de L. Larchey, ni
dans celui de L. Rigaud.Mais il faut sans
doute en rapprocher l'argot vadrouille^
même sens. Le mot est d'ailleurs ancien,
car on le trouve dans Gharbot.
Étym. inconn. — Peut-être du rad. de
gadoue. En argot gadoue, fille publique
de l)as étage. Gp. wal. gadroie, mauvaise
soupe; roh.gadoule, plat dégoûtant; waL
gaudrouïf patouiller ; rch. gadrouiller
gadouiller, manier malproprem. ; argot
vadrouiller^ s'amuser crapuleuscm.
GAFFE s. f. — A Lyon Acte do sottise,
de maladresse.
Subst. V. tiré de gaffô i. Cp. patauger^
au fig. Faire une gaffe, c'est patauger.
'GAFFO (gafô); à Lyon gaffer v. n.
Pr. gafa — 1. Patauger dans un liquide
en le faisant rejaillir.
De l'onomat. gaf^ av. suff. 6 (14 2o).
2. Pr. gafa — Passer l'eau à gué.
De rarfMm(?). Ch. de t? init. en ^(100,
rem. 1). M. Mistral donne le vpr. gaffa
gava, mais sans indicat. de source. L'/"
qui relie le suff. dans le pr. et le In.
est-elle due à l'infl. de <7a/fa, gaffe, soit
parce que l'on sonde le gué av. une gaffe,
soit parce qu'en passant un gué, on patauge
dans l'eau, on gaffe ?
GAFFOLLI (gafolhî); k Ly on gaffouiller
V. n. Pr. gafouia, dph. gafoulha — Même
sens que gabolli.
De gaffô, av. suff. fréq. olhi, applicable
surtout aux mots exprim. le rejaillissem.
de l'eau.
GAFFRE (gàfre) s. m. — A Paniss.
Un prodigue, un mange-tout.
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180
GAGA
D*un rad. galpe, gaîfe (v. galavôrd),
transposé en gafle^ d'où gaffre par ch. de
/ en r, comme dans goiifre poMY goufle.
*GAGA (gagà) s. m. — « Nom que les
habitants de la plaine donnent à ceux du
Vivarais et des environs de S*-Êtienne
lorsqu'ils viennent vendanger. » (Goch.) —
Aujourd'hui c'est simplement le nom donné
aux habitants de S'-Étienne, comme à ceux
de Villefranche le nom de Caladois.
Saria-lu si gaga que «le faire iquai col.
De le laissie brida couma un pûruu bardot ?
a Serais-tu si Gaga (si sot) que défaire
cette sottise, — De te laisser l)rider comme
une pauvre bêle de somme ? » (Ghap).
La pièce satirique, en patoisde H.-de-G.,
Lichessec, k la forme Gagô :
.... Que lo Gngô, par se debarras>i,
Voliant eiivnyl à Paris.
« Que les gens de S*-Étienne, pour se
débarrasser, — Veulent envoyer à Paris
(comme député). »
Je présume que le mot est une onomat.
destinée à exprimer l'imperfect. du lan-
gage, le balbutiem. On l'emploie quand
on veut imit'»r le parler des crétins, Cp.
gaël. gngach, balbutiem. ; s\i\sf^e gagge7i,
balbutier; ss.-rom. goga, crier comme
une poule effrayée; norm. parler gaga,
parler comme les enfants.
*GAGNAJO V. gng7iajo.
GAGNIPA (gagnipa) s. f. For. gagni-
pella — Vaurien, mauvais sujet. Dph.
ganipa, fr. guenipe, prostituée.
Du parmé coup de zio je veyo ma gagnipa
Ela bAs de Tëctialé, que fumôve sa pipa.
« Du premier coup d'œil je vois mon
vaurien, — Qui fumait sa pipe au bas de
l'escalier. ^ (Gorl.)
Que diria-Tous dMquela ganipella ?
Y béyrit bien quairou boules de vin.
« Que diriez-vous de celle guenipe? —
Elle boirait bien huit tonneaux de vin. •
(Chap.)
D'après Diez, du moy. néerl. knipje,
piège. Il rapproche knipy maison dî pros-
titution, ail. kneipe, cabaret. Ces deux
derniers concordent mieux av. le sens que
1 î premier. Sur l'inscrt. d'une voy. d'appui
dans lo groupe kn et le ch. de k en g
dur, cp. canif, ganivet, de angl. knife.
GAGNIVELO (gagnivelô) v. n. - A
River. Balancer, remuer, branler, manquer
d'aplomb.
Mot formé de nivela « qui est de niveau,
nivelé », et du préf. péj. ga (v. ga). Gni
pour ni, v. Consonnes patoises,
GAI, E, adj. — Se dit de tout objet trop
lâche et qui vacille dans son alvéole :
« un pêne trop gai ; une clef trop gaie :
un piston un peu gai; » par extens. « un
chapeau trop gai », un chapeau trop large.
C'est une assez singulière dérival, de
sens du fr. gai sous l'idée de « remuant »,
mais qui a son analogue dans la locut.
« cette clef, ce piston jouent bien ».
*GAILLOT(galhô) s. m. Lim. ga-oidlio
gaoïtllias — Flaqiie d'eau , générabMu.
malpropre. — « Le nom de la rue Puils-
Gaillot, donné à une rue de Lyon, vient
de là (?). » (Coch.) — 1390 : « Ne sert
icelle ruelle que à recepvoir les immon-
dices des circonvoisins qui les devroient
porter selon les ordonnances en un grand
foussé appelé le grand Gaillof. » (Arcli.
m.) — Proverbe : « L'ôno va tojors pissî
(m gatllot », l'eau va toujours à la rivière,
ou l'argent va toujours aux riches.
Ce mot parait être de la famille de
gouillat et avoir pour base une onomat.
gaiU imitant le rejaillissem. de l'eau, av.
un suff. ot. On trouve bien en celt. un
rad. kail, corn, caillar, boue, ordure,
fange ;bret. kalarfkalhar), crolie; kalara,
crotler ; kym. cagl, fange, fiente, mais le
sens primit. a certaincm. été l'idée d'eau
et non d'ordure.
GAILLY vin. dans les vers suivants de
la Jiern:
Vaii^in, quand vuu xavi piailly,
Vou ne faite ren quegaiUy (4*re port, t. C3-Ci).
Gailly est le vfr. galer, faire bombance,
dans lequel l s'est mouillée et a ainsi
changé er ei\ y (15 4*»). — Les vers
semblent avoir subi une transposit. de
rimes :
Vaikin, quand vou zavi gailly^
Vou ne faîle ren qne piailly.
« Voisin, quand vous avez godaillé, —
Vous ne faites que crier. »
•GALA-BON-TEMPS (^alabontan) s.
m. — r Bon vivant, qui pas^^e sa vie sans .
s'inquiéter de l'avenir-. » (Coch.) — Depuis
Coch. ce mol est devenu inusité.
Do gala, se réjouir, bon et temps, Cp.
l'express. Boger-hon-U'mps.
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GALA
181
GALAFATO (galafatô) v. a. — Garnir
d*étoupe bs joints d'un récipient de bois :
cuve, tonneau etc.
Du gr. vulgaire xoàxfareîv, it. calafa-
tare^ esp. calafatear^ pr. calafata. Le
mot nous est certainem. venu du pr.,
comme tous les mots empruntés au voca-
Iiiilaire do la marine. Gh. de c init. en g
(85).
*GALAFRETTI (galafrètî) GALEFRETI
s. m. — Coch. n'a rien écrit sous ce mot,
qui signifie Gueux, vagabond, chenapan,
truand. Norm. galf relier^ berr. galefer-
tie)\ vfr. galefretier galefrottie)\ même
sens.
Que !ay don cdus ouvri ?
Ayet la Minimo !
Pesta ! qu'eu gaille frelil
« Qu'est-ce que c'est que ces gueux ? —
Ge sont les Minimes ! — Peste î quels
truands. * {Noël 1723)
Du rad. galp galaf galafr {y . gaîavôrd
et gaffre), qui a dans tous les dialectes
romans le sens de glouton, vorace. A ce
rad. s'est ajouté le sufiF. i {ier) (13), relié
par <, prol)al)lem. à une forme galafre
(cp. esp. galaffo) : galafre- t-ier. Mais le
mot a été confondu av. un composé de
gale et frotter. De là vfr. galefrottier,
où l'on a vu l'idée de « gueux qui gratte
ses gales ».
GALAN (galan); en Fr.-Ln. GALON s.
m. Dpli. garen, Voiron garant. — Ficelle
bien tordue que l'on serre fortement
contre une toupie et qu'on déroule en
lançant cjlle-ci.
Probablem. de galons par le passage
de on kan (43, rem). Le dph. a ensuite
changé l en r (147 2").
GALANDAJO (galandajo) s. m. —Cloi-
son en briques sur chant. Vfr. gallendeis,
travail de charpente pour les hourds. Lim.
gorlando, la partie du toit qui dépasse
le mur.
Te varrai en ecliaU toIo porte et auvent,
Galand'ijo enfonça, le crevajo de vitres . .
« Tu verrais voler en éclats la porte et
les volets. — Les cloisons enfoncées, les
vitres brisées. » [Hym.)
Malgré le peu de ressemblance eniro
une guirlande et une cloison en briques,
le rapprochera, que fait Littrc est exact.
11 est vrai qu'il ne s'agit pas d'une guir-
lande de roses. En vfr. garlander gallen-
der une tour, c'était la couronner de
hourds en bois ; ce fut ensuite la couronner
de mâchicoulis, av. un parapet en dalles
.sur chant (et non la garnir d'une cloison
de briques, comme le pense M. Godef. ; les
textes cités ne laissent pas de doute). On
est ainsi ramené au primit. vha. wiara,
couronne, parce que les hourds formaient
une couronne à la tour; et au mha.iotere-
len, border. L'enveloppe des hourds,
leur façade, était en planches fortes (on
en voit encore à Gonstance). Les cloisons
intérieures des habitat, étant primitivem.
en bois (l'emploi de la brique sur chant
est moderne), le sens de gallendeis s'est
étendu des hourds aux cloisons, et a été
ensuite conservé pour les cloisons en
briques, en substituant au suff. m, le
suflf. ajo, d'aticum.
GALAPIAN (galapian)GALAPIAT(ga-
lapia) s. m. — Terme péj. Vaurien, vaga-
bond. Dph. gnlapia, for., pr. galapian ;
niç. galoupian, gasc. goulapian goula-
pias, béarn. galapia^ goinfre, glouton et
souvent par extens. vaurien. G'est le sens
de galapian dans Ghapelon :
Vous n*e8soublari pas de bien faire élrillier
Quatrou cents galipians^ qui arrètunl li>u gibier.
« Vous n'oublierez pas de bien faire
étriller — Quatre cents vauriens qui
arrêtent le gibier. » (Ghap.)
Galapian est pour galapiant, partie,
prés, du gasc. galapia, boire en avalant,
manger sans mâcher (Génac-Moncaut);
d'un rad. galp (v. gaîavôrd). Rapproch.
béarn. galabia, gosier du bœuf(Lespy);
galfa, avaler gloutonnement. Dans la forme
galapiat, substit. du suff. at au suff. ant.
GALÀPIAT V. galapian.
•GALAVORD (galavôr) ; à Lyon gala-
vard s. m. — Express, péj. Vaurien,
fainéant, vagabond. S'emploie surtout av.
l'adj. grand : in grand gaîavôrd. Dph.
galavard, Igd. galabard, pr. galavar
garavar galhoufard goidavard gouli-
fard, alp. gouliart, wal. galafr goulu,
vorace ; ss.-rom. galavar, fainéant, dis.solu;
galavarde, petite fille qui aime les petits
garçons ; gév. galabard, vaurien, vaga-
bond ; esp. galavardo^ escogriffe, homme
de grande taille, mal bâti ; rgt. galaferno
galoferno, goinfre; alp. galaverno^ gosier :
béarn. galipaut^ glouton.
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182
GALE
Il a pet être cru, queu grand galauard,
Troua a la communa quoque morceu de lard.
« Il a peut-être cru, ce grand vorace, —
. Trouver dans les fonctions publiques
quelque bénéfice. » {Dialogou^ pat. dph.)
Malgré la ressemblance dos formes, je
ne crois pas qu*on doive le rapprocher de
esp. galaffo, mendiant, fripon, auq. Diez
donne une orig. historique. D'après lui
gallofo aurait été formé sur gallofa^
morceau de pain, de Galli offa, aumônes
données par les monastères aux pèlerins
français qui allaient à S*-Jacqaes-de-Com-
postelle. Gat. galyofol = galli-offula. Je
doute fort de Tétym. Il y a un rad. galp,
devenu galap galav gal^f, qui a produit
dans les langues rom. une foule de mots
où se retrouve la signifie, de glouton, et
qui ne sont certainem. pas empruntés à
l'esp ; tels sont, dans les dial. d'oc, gala-
pian et ses formes presque innomhrai)les,
fr. galafre^ gouliafre; rch. galouffe^ rgt.
gahipo goulepo gulapo, piém. galiip
galupo galupass^ \n.gafre, glouton , gal-
fdtre^ même sons en argot parisien ; gasc.
galapia, manger av. avidité; béarn .
^a/a/)ia, glouton ; //«/afeta, gosier du bœuf;
galfa, avaler gloulonnem., et enfin les
nombreuses formes de gaîavarcL Je crois
que ce rad. est celui de zoXttoç devenu
en b. grec xoX-jjo;, goufi*re, lequel a dri
donner un b. lat. * goipe golfe =gurges.
Ce rad. golpe a donne les nombreuses
forme où figure o init : goal i fard, goii-
lavard, goulapian, goulapias, h. goulia-
fre, rgt. gtdoferno, de môme qu'il a
formé fr. golfe^ gouffre^ goinfvp. Go init,
a passé à ga dans une grande quantité de
dial. sous une infl. analogue à celle qui
a fait passer gurg (de gurges) à garg,
dans gargole^ gargalte, gargami'lle. On
attribue à celte infl. pour gurges à garga-
rizare. Je l'attribue pour golp an vha.
[ga]hloufo^ qui a donné fr. galopper.
L'idée de manger av. avidité est analogue
à celle de faire passer la nourriture au
galop. On dit à Lyon « galopper .son
diner »; de là le gasc. galapia, avaler
sans niAcher. Ceci explique pourquoi dans
l)eaucoup de dial. le sens s'est confondu
av. celui de marcher, errer, gueuser. .\insi
it. galuppo, goujat, gueux, en même temps
que piém. galup, gourmand ; ainsi esp.
galavar, homme grand et mal bâti, à
côté de la significat. de glouton dans la
plupart des dial, ; ainsi galapian av. le
si^ns de goinfre, à côté de galapian^ av
le sens de gueux errant; grand galapian,
grand escogriffe. De galap a encore été
tiré alp. galaverno, gosier ; rgt. galaferno,
goinfre. Dans ce rad. galp a été introduite
la voy. d'appui a ; d'où galap, et av, le
suff. germ. péj. ard, galapard, puis
galavard, par ch. dep en v (140) et enfin
galavnrd, par ch. de a ton. en 6 (1).
Grandg. tire galat (identique à galavard)
du celt. gaol. galahhas, glouton. Je ne
connais pas ce mot, qui semble au
ccmtraire emprunté au roman.
GALEFRETI v, galafretti.
GALÈRE (galère) s. f. — A Lyon Instru-
ment qui sert à frotter les parquets, et
qui est composé d'une brosse à cirer
chargée d'une grosse pierre cubique, et
munie d'un long manche incliné. On peut
ainsi frotter les parquets en ne travaillant
que des ])ras.
De galère, parce que l'on compare ce
travail à celui du galérien. Gp. galère,
chariot que traînent les ouvriers : « traîner
la galère ».
*GALIFARDA (galifarda) adj. dans la
loc. iron. Fira galifarda (littér. fièvre
goulue), redoulilem. d'appétit, appétit
excessif. D'après Goch. le Igd. a l'expre.ss.
fièvre gaiou farde au même sens.
Forme de galavard (v. ce mot).
GALIOT (galiô)s. m. — Galérien. Mot
tombé en désuétude, mais encore usité à
Lyon il y a cinquante ans.
G'est le vfr. galiot galeot, C9lui qui
montait une galèea galère ». Le suff. dim.
ot est mal appliqué, car il donnerait au
mot lî sens de petite galée (cfi. galiot te),
La dérivât, rég. eût été galier,
GALIRI (gallri) s. f. — A Grap. Gelée.
Piém. galavenia, gelée blanche.
De 'gelsiria, de gelare. Il est fort sur-
prenant que g lat. soit reslé dur devant e,
même passé à a, Suff. ar/« =trt (13).
GALLEYA (cortainem. prononce galèya)
vin. s. f. — Galère : 1419 a Ils ont vendu
la galleya que fil faire maistre David
pour la ville, à Messire Jehan Perier,
prestre en l'église de Lion, pour le pris de
trente livres tournois. j>{Reg. con*.). Celle
galère avait probablem. servi dans qq.
fête publique.
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GALO
183
Répond au vfr. galêe galie, galère, que
Diez dérive de yaXvj, galerie. La fin, a a
été reliée par y pour rompre Thiatus.
GALO (SE) (galô) v. pron. vin. GALA
V. n. For. gala^ vfr. galer — Se réjouir,
faire boml)anco, s'amuser, a Vo vède ben,
quou fallié faire in fricot par nos galo in
pitu brison », vous voyez bien qu'il fallait
faire un festin pour nous réjouir un pt^n
{Par, Cond.). Galles^ débauche, dans
Villon.
Car Cbilende t'approchon,
Et nous faut bien gala.
« Car Noël s'approche, — Et il nous
faut bien rejouir. » (T'a: Noël)
Le rad. se retrouve en germ. et en celt.
— Vha. geil, vaniteux ; ags. gdl^ vif. —
Kym. gall, force ; vx gaël. galach, force,
hardiesse. Suff. d (14 8«).
GALON V. galan,
GALOU (galou) s. m. For. galoupa^
pièm. galupp — A Paniss. Vaurien,
mauvais sujet.
Non de galeux^ malgré la ressemblance
de forme, mais probablem. con tract, de
for. galoupa, qu'on a voulu faire passer
au masc. Galoupa vient du rad. galp (v.
galavôrd),
*GAMACHES s. f. pi. Pr. gararnacho
garramacho gratnacJio galaniacho gartia-
chOy gasc. garremacho, ail. kamasche,
wal. gamase — Grandes guêtres, av. sens
le plus souvent péj.
Du vfr. gamacheSf même sens. Diez le
tire du vad. de gamba (cam), qu'on retrouve
dans carnurus, caméra, et s'appuie sur
des formes sans b : vx esp. cama, vfr.
jame, jambe. La conclus, serait qu'à ce
rad. cam s'est ajouté le sufT. ache (cp.
garnache, ganache^ moustache). Diez ne
connaissait sans doute pas les formes
gararnacho elc. Wedgwood y voit le celt.
gar^ jambe, d'où le gaël. grarnashes. L'it.
gamascie serait pour gramascie. Toute-
fois il n'explique pas le bizarre suff. awia-
che, L'étym. de Diez, bien préférable,
explique les formes gararnacho etc., si
l'on admet l'insert. d'une syll. intercalaire
ra pour accuser le caract. péj. Gp. ta[ra]-
buster, ca[ra]viriel peut-être ca[/a]6or«a
et ca[ra]bossi. Le rad. cam est celt., et
môme le rad. camb, car la forme camtn
suppose une forme camb,
*GAMBI, lA v.gambilli.
GAMBILLI (ganbilhi) adj. des 2 g.: ap.
Goch. GAMBI, lA Dph. gambio, pr.
gambi^ te — Boiteux, euse.
Subst. V. de gambilhi. Fin. i (54 3 ).
Je suppose que les formes de Goch. sont
une reduct. de gambilhi, comme le dph.
et le pr. : gainbilhi gambiyi gambi,
'GAMBILLI (ganbilhî) GAMBIOTTO
(ganbiùtô) v. n. Pr. gambia gambiha,
alp. gambilha — Boiter, clocher.
De gamba, av. suff. (vèq^ilhi (=fr. Hier)
pour gambilli, et suff. fréq. oHô pour
gambiottn. La persist. de g init. indique
une orig. pr. Suff. î ou o suivant la cons.
qui précède (15 4" et 14 1»).
GAMBIOTTO v. gambilli, verbe.
GAMEY (gamé) s. m. For. gamaê —
Plant d'une espèce de vigne qui produit
moins abondamm. que la persaille. Il
nous vient du Beaujolais. A S*«-Foy, dans
mon enfance, on en faisait cas, mais on
me dit qu'il est maintenant de médiocre
qualité.
Du village de Gamey^ en Beauj., d'où
provient le plant.
' GANACHE s. f. — A Lyon Apérilif
composé d'eaux de noix et d'arquebuse
mêlons.
Impossible de discerner l'étym., sinon
peut-être dans l'idée que ceux qui preneiil
des ganaches on sont.
GANACHI (ganachî) v. n. — Agir en
imbécile.
0 me rcgorde |>Ô8, Durville a biau prechi,
Jusqira lu rcgulô volu \>'o% ganachi.
« Gela ne me regarde pas, Durville a
beau prêcher, — Je ne veux pas être sot
jusqu'à le régaler. » (Gorl.)
De ganachi subst. — Ganachi, faire la
ganache.
GANDAYE v. gandayi.
GANDAYI (ganda-yî) ap, Goch. GAN-
DAYE ; à Lyon gandayer v. a. — Pour-
suivre qqu'un en lui jetant des pierres ;
0 lui faire la conduite » à coups de pierre.
Norm. s'gandiyé, se balancer.
Du vfr. gandir, vpr. guandir, céder,
se retirer ; du goth. vandjan, vha. want-
jan wentjan, sax. wendan^ se tourner,
se retirer; angl. to wend, aller. Le neutre
a pris le sens act., comme dans « tonil)er
un homme » pour « le faiie tomber ». Le
sens s'est spécialisé à ti poursuivre à coups
de pierres », mais ce n'est pas « combattre
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184
GAND
h coups do pierro8 », qui est carayer. El.
Blanc donne d'aillours à gandayerlefiens
plu H i^ëndvdi de chasser, repousser. Au
HufT. ir do gandir s'est substitué le sufT.
fréq. ayer pour ailler. Le vfr. avait
égalem. un fréq. gandiller. M. Joret
donne au norm. gandiyé l'étym. va7idjan.
GANDILLER (gandilhé) v. n. — Reculer,
céder, manquer d'énergie ; vulgairem.
saigner du nez. Il ne faut pas gandiller.
il no faut pas chercher des échappatoires.
Du vfr. gandiller, s'échapper, s'enfuir
(v. gandïlU),
*GANDILLI (gandllhi)s. f. — Coureuse»
dévergondée. Granda gandilli! grande
coureuse I Alp. gandin gandelas, femme
malpropre, déguenillée; Igd. gandalio,
nihî qui aime à courir, dévergondée.
Subsl. V. du vfr. gandiller, s'échapper,
s'enfuir; du goth. vandjan (v. gandayi).
Fin. ï (54H«).
•GANDIN B. m. — Bourde, plaisanterie
qui consiste à en faire accroire. « Te 7ie
me farez pas creire ton gandin, tu ne
me foras pas croire la bourde. » (Ooch.)
A Lyon monter un gayidin, faire une
farce.
Du rad. du b. lat. gammum, ganna-
tura, raillerie. On peut expliquer la dér.
pur un fréq. "^ gamn{i)taret=igandn (174
)i\ h) ; d'où un subst. v. gandin, av. suff.
dim. l'a. Die/, ratlacho gammum au vha.
gaman, ags. gamen, angl. game, jeu.
Pour le sens cp. « se jouer de qqu'un ».
A gam''n se rattache sans doute l'ag.;.
gaman^ « sport »; suéd. gamman, joie ;
ss.-germ. gammel, jeu bruyant.
GANDOÉRI (gandoérl) v. a. A S*-Mart.
Chasser, poursuivre à coups de pierres.
Le même que ganday\,B,w. subslil. du
suff. êri ii ayt. Cp. gnnduêri, où le même
suff. a été substit. à oisi.
*GANDOISI V, ganduaisi subst. et gan-
dttèri verbe.
GANDOLA (gandola); h Lyon gondolèo
s. f. — Une pleine grande lasse de liquide.
Afin do miu eiitonnt.
Baivon quoque gaïuiola,
« Afin de mieux entonner — Buvons
quelques grands coups. » {Vx noi^l)
Primilivem. gondole signifiait vase à
boirt^ : bourg, gondnle, it. gonda gondola ;
d'après Dici de xôv^u, vase à boii*e, et
d'après M. d'Ovidio, de cunula. Il est
certain que nous avons eu le primitif
gondola, qui a di-sparu pour ne lai.sser
que le der. Nous avons probablem.
emprunté gondole à l'it. Suff. a (d'a/n),
qui a dû passer à ô (1), si le mol existe
encore en pal.
*GANDOU (gandou) s. m. — Gadouard.
Formé sur gandouse de façon fort
irrégul., car gandou devrait être le masc.
de gandouse, mais il y a eu confus, de
la fin. ou av. ou suff. (de orem) dans les
noms de métier (34 bis).
GANDOUSE (gandouze) s. f.— Gadoue.
De gadoue, av. nasalisât, de a (184 7",
rem. 1). La substit. du suff. ouze à oue
s'explique soit parce que oue est un sulT.
tout à fait inusité, soit par l'infl. de 6oi«e?.
GANDUAISI GANDUÈZI (ganduézi);
ap. Coch. GANDOISI ; à Lyon gandoise
s. f. Dph. gandouaisa, pr. gajidoueso,
ss.-rom. gandoisa — Plaisanterie, ra 1-
lerie.. spécialem. av. l'idée d'en faire
accroii*e à qqu'un. Le Ganduaises, titre
d'un recueil comique de Roq.
Deubuzi-vo bien dessus quple ganduese ;
Porlar^ malgré vo, k Pierre aiasi qu'à BUise.
« Désal)Usez-vous bien sur ces sots
contes; — Je parlerai, malgré vous, à
Pierre ainsi qu'à Biaise. » {More)
Du rad. de gandin, av. suff. uaise,
aise, d'ensis. Ganduaise csi plurproprem.
In., le suff. fr. oise étant aise en pat.
Fin. t (54 5«).
GANDUÉRI (ganduérl) à R.-de-G. ; h
Crap. GANDOISI (gandoizl) ; à Lyon
gandoiser v. a. — Railler, plaisanter.
Bataclan lo gandaère et Piqueta l'éctiArgna.
« Bataclan le raille et Piquette le
contrefait. » (Mén.)
Gandoisï est formé sur gandoise. De
là une forme ganduaisi, de ganduAÏsi;
puis gafiduéri par équival. de r et de j
assez familière aux dial. d'oc 'P. Meyer,
Roman. IV, 18i). R.-de G.,qui appartient
géographiquem. au For. se rapproche plus
des langues d'oc que Lyon.
GANDUÈZI ▼. ganduaisi.
GANGUILLARI (ganghilhart) s. f. —
Guenilles, lambeaux.
C'est guenille + suff, coll. erie ; d'où
guenillèrie. transformé en ganguillarie
par l'assimilât, de n à ^ init. (188),
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GANT
185
GANT vin. dans la phrase suiv : 1320
« Et ce deit faire le diz Gilez a ses despans
et pavy la dicte place et comblé jusque es
dit eschalers a le gant de la charrere. »
{Cart. p. 447)
Je lis à Vegant de la charrere (v. char-
riri); d*êga, égaliser, mettre de niveau,
d'aequare (y. êgô), av. suffi ant, d'antem]
C'est comme s'il y avait en fr. « à l'égalant
de la rue », au niveau de la rue.
GANTIAU (ganliô) s. m. Morvan gant
— A Paniss. Digitale.
De gant, av. suff. iau (32), parce que
la fleur de la digitale a la forme d'un doigt
de gant.
*GAPIAN V. gôpian,
GAR V. ga préf.
GARAGNAT (garagnà) s. m. For.
garagnat — Petit polisson, coureur de
rues, enfant qui fréquente les enfants d'un
autre sexe.
Orig. germ. - Vx b. ail. wrètijo, hoU.
wrêne, vha. [wranjo] lorenno, b. lat.
loaranio, « equus integer » ; ags. vraene
« petulans, lihidinosus » ; d'où it., esp.
guaranon.ypr.garagnon.hèsLvn.garanh,
étalon ; pr. garagnoun, Igd. gragnou,
paillard Ce mot, latinisé, se retrouve
dans Isidore : « (Equus) cervinus est quem
vulgo Gauranem dicunt. % — Dans
garagnat, substitut, du suff. at au suff.
on, qui se retrouve dans tous les autres
dial. romans.
GARAGOLA (garagôla) s. f.— Souillon,
femme malpropre, déguenillée.
Peut-être du vfr. caracol^ limaçon, à
cause des traces malpropres qu'il laisse.
Le passage de c à ^ n'aurait rien d'anor-
mal, et la terminais, a aurait été ajoutée
pour marquer le fém. Cependant le
limaçon est plutôt le symbole de la lenteur,
et il se peut que le mot ne soit qu'un
assemblage de syll. péj. Il y a une homo-
phonie péj., en dehors de tout sens, av.
laquelle le peuple compose les mots
injurieux.
"GARAUT V. garo.
GAR EN N A (garéna)s. f. dans l'express.
In garenna, à Lyon en garenne, pour
en désordre, au hasard, à l'aventure.
De fr, garenne, pris au sens extensif
de terrain vague, inculte, où rien n'est
ordonné, arrangé.
GAREYI (garè-yf; v. a. — A Morn ,
Yzer. Lancer une grêle de pierres. Berr.
guarréier, courir sus; guorréier des
pierres, les lancer.
Le même que beaujol. carayer (v. ce
mot), av. ch. de c init. en g (85), et pas-
sage de er à î. La significat. très parti-
culière des mots de Morn. et d'Yzer. doit
faire écarter l'étym. carreau (renverser
sur le carreau), à laquelle on aurait pu
penser, le mot étant parfois pris à Villefr.
au sens de terrasser.
GARGAMELLA (gargamôla) ; à Lyon
gargagnole s. f. Toulous. gargailhol —
Gosier;
Diez, Burguy, Scheler admettent l'étym.
gurgitem, av. substitut, de a à u de la
syll. init. sous une infl particulière, qu'on
dit être gargarisare. Je ne sais s'il ne
serait pas aussi naturel d'admettre que le
rad. est celui de yaoyaoewv, gorge, qui
nous serait venu par un interméd. b. lat.
Dans la 2« partie du mot on a vu le gasc.
gam, goitre, ce qui semble peu vraiseinbl.
J'y verrais plutôt l'infl. de camélia, vase
à boire = gamelle, le gosier étant consi-
déré comme un récipient à boisson. C'est
peut-être plus simplem. encore un suff.
de fantaisie, av. le caract. d'onomatop.
GARGNI (gargni) s. f. — Aiguille du
du pin. Par extens. un rameau de pin.
Du vha. garn karn, mha. garn, ags.
gearn, isl., dan., suéd. garn, fil. A garn
s'est ajoutée la finale atone la, réduite à t,
av. mouillem. de n par suite de l'yotte d'ia.
GARGOLLION (gargolhon) s. m. — A
Paniss. Têtard de grenouille.
Malgré l'étrang^té de la transformai,
c'est grenoUion (de grenouille) devenu
guernollion, par métath. (187 1»), gar-
nollion par passage de e k a sous infl. de
r(86), et enfin gargollion par assimilât,
de n à la guttur. init. (188).
GARGUILLI (garghilhi) s. f. ^Escargot.
Du vfr. caracol, escargot ; Tesp. et le
vfr. ont le même mot. Le ch. de c init. en
g (85) a appelé le même ch. de c méd,
(cp. 188). On a garagôla, au suff.
duquel on a substitué le suff. dim. ilhi ;
d'où garaghilhi et garghilhi par chute de
la prot., quoique, habitellem., a ne tombe
pas. Quant à caracol, il exprime l'idée
d'hélice, car il signifiait à la fois escargot
21
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18Ô
GARG
et escalier à vis. Le rad. est probablom.
ceit:gaël. car, torsion; carach, qualité
de ce qui est tordu et circulaire : ags.
cerran, tourner ; mais j'ignore l'orig. de
la 2" partie du mot, acol.
GARGUILLOUS, OUSA (garguilhou,
ouza) adj. — Quia les yeux chassieux.
Le corps implu d'irneurs el lot ugarguilhuT,
a Le corps rempli d'humeurs et les yeux
chassieux. » (Mon.)
Peut-être de garffuilll, escargot, av.
suflf. ous, d'osus (35), par comparaison
de la sécrétion de l'escargot av. la secret,
oculaire. Il ne serait pas impossible
encore que ce ne fût bogaillou, à\n\i le
thème bog aurait été pris pour un préf..
et auquel on aurait substitué le prèf. péj.
ga gar.
GARIFOLLi (garifôlhi) dans la loc. .4 la
garifolli, en désordre, à l'abandon. For.
à la garibaudaille.
De foUl, fouiller, av. le préf. péj. gar,
d'où garfolli, el gnrifolli, av. une voy.
d'appui dans le groupe rf.
GARILLAN (garilhan) s. m. — Petit
polisson, gamin des rues.
De garagnat, av. substitut, du suff. a?i
au sufT. al: tVoù. garagnau eigarillan par
substitut, de la syll. interméd. illy qui est
dimin., à gn.
GARLIO (garlho); à Lyon guérie, s. m.
et adj. — Louche.
Vio garW) de niilion, laissi qiiela pôliri.
<k Vieux mitron louche, laisse ce pétrin. »
{Dèp.)
Duvpr. et vfr. guérie, louche; du vha.
tœer dicerch, ail. quer, angl. queer,
oblique. Ch. de e en a (24). La guttur.
init. a certainem. aidé au mouillem. de /.
GARO (garo) GAROU; ap. Coch. GA-
RAUT s. m. — Pluie très abondante,
subite, et de courte durée. Berr. garaiide,
averse, giboulée.
Orig. inconn. — L'étym. garrot, trait
rapidr», analogue à celle de 77360^, trait
lancé subitem., qu'on a donnée pour
giboulée, doit être écartée à cause des
formes garo a garô. Le calembour gare-
eau, tiré du fr., est peu vraisemblable.
Faut-il y voir le (rarou, suéd. Var-ulf,
loup-garou, cesiinaj^es noirs qui paraissent
et éclatent soudain pouvant être consi-
dérés comme une œuvre de sorcellerie ?
Cp, lo Follet, tourbillon soudain de pous-
sière, dans lequel on voit un jeu d'un être
fantastique. Dans la Suisse occident, le
Garou est un des noms du Diable, et le
même nom est donné au sorcier.
GAROU V. garo.
GAROUDA tgarouda) s. f. Morvan
garaude — Coureuse, femme de mauvaise
vie. Très péj. A S*«-Agathe le sens est un
peu moins péj : Femme désordre, mal-
propre. Genève garaude, fille publique.
De gar ou (loup-garou). On disait
autrefois courir le garou, le garouagt*
pour courir le guilledou : courir la nuit
comme le garou. Le fém. garouda a été
formé par analog. av. celui des noms en
aud: ribaudj ribaude. En Champ, ga-
rouage, fête bruyante, débauche. Vfr.
ga rouage, lupanar.
GAROUDES (garoude) s. f. pi. For.
garaudes — Sortes de grandes guêtres.
Dph. traiiio-garaoudo^ misérable qui a
des haillons.
Du celt. — Kym. gar, jambe ; arm.
gar, til)ia. Au rad. s'est ajouté le sufif.
germ. wald = aud, passé à o?^(49).
GAROUPA (garoupa) s. f. — Terme
péj. A Paniss. Vaurien, canaille.
Je crois que c'est garouda, av. une
corrupt. du suff. dans un sens encore plus
péj. Ce phonème oupa a ce caractère. Gp.
charopa charoupe, de charogne ; cp.
aussi arioupan. Le terme péj. fém.
s'applique ensuite même aux hommes.
Cp. gagnipa^ ripa.
GARPISSI (garpissi) v. a. — A River*
Fouler aux pieds, abîmer en foulant. Se
dit surtout de la prairie et de la récolte
où l'on a marché.
Da pisa,re, av. préf. péj. gar. D'où
garpizô, et garpissi, par la très singu
lière infl. de pisser, qui se retrouve dans
compissï, sauter par-dessus.
GARRA (garra) s. f. For. garra — A
S*-Mart., Morn., River. Joue et souvent
Fesse. Le garre dou eu, les fesses. Alp.
garro, fesse ; lim. dzaro, la cuisse av. la
jambe ; for. garon, tête de mouton ; milan.
gar on, cuisse.
Ce douille sens vient de ce qu'il existe
2 rad. celt. semblables. L'un : kym. gdr,
jambe, la partie inférieure de la cuisse;
arm. gar, tibia ; kym. camez-gâr, jarret ;
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GARR
187
vx corn, garroxo « crura > ; l'autre, gaël.
car, dans le composé carbad, os de la
mâchoire; kyin. gwar, nuque; corn. gum\
cou. Le 1" a formé le vfr. garet, aujour-
d'hui jarret (v. jarrola). Il est probable
que le sens est dér. aux parties voisines
de l'organe primitivem. désigné par chacun
des rad. Les sens de «joue » et de « fesse »
sont d'ailleurs souvent liés dans les
dial. Gp» ail. hacke,\\\xi a les 2 significal.
GARRIPELET (garipclè) s. m. — Lieu
inculte où il ne croît que dt^s broussailles.
Du pr. garric, chêne vert bas, ciiéne à
kermès; garriga, lande couverte de chênes
verts, et de * pileluyn pour pilatuni, le
sufT. e^um étant coll. et servant à désigner
les lieux plantés de l'arbre nommé par le
thème. Diez tire garric^ av. le signe du
doute, de garra, en esp. et en port, griff.'»
et compare Pesp. nhaparra, aorte de chêne,
du basque achaparra, grilTes, les branches
ressemblant à des griffes. Je crois que cette
thèse sera mieux appuyée si Ton fait
remarquer qu*, la feuille du chêne kermès,
ainsi que celle du houx , désigné aussi
qqfois par garric, a de véritables griffes
en épines. M. Durand (de Gros) suppose
un * querriciis formé par suite d'unr
erreur des puristes Gallo-Romains, qui
auraient pris quercus pour une forme
contractée de </M^rr/c/«5. Il suppose ensuite
une progress. d'accent, comme dans per-
sïcns pour pe7'siciis. Mais il ne cite aucun
ex. d'une format, analogue à celle de
querricus. La seule opinion sûre est celle
de M. G. Paris, qui déclare l'ètym.
« extrèmem. incertaine ».
'GARROT (garô) s. m. — Gros bAton
noueux. Au tig. jambe.
Eililr'autro, capiiso cou çartaiii borgniqui-c,
Qu'u doux iiiAtrut garrots que battoiit lo briqui-e
« Entre autres, je rencontre ce certain
myope — Qui a, en guise de jambes, deux
méchants bâtons qui battent le briquet. »
(Gorl.)
Je crois que ce mot doit être .séparé du
vfr. garroty flèche, qui parait venir du
vha. gêr kêr^ m. ail. gàr^ nord, gerr,
vx sax. gêr, ags. gàr, javelot ; goth. \f)ais\
selon Schade, lat. gaesiirn. Garrot, bâton
noueux, vient probablem. du celt. gar^
jambe ; arm. gm\ tibia ; kym. cdmedd-
gar, genou. Cette étym. est appnyéc par
l'express lorr. de jarrets de fagot, pour
morceaux de bois ronds et forts équivalents
à notre garrot, Littré se demande s'il ne
faut pas y voir le rad. de garric, chêne,
ce qui paraît peu vraisembl.
GASSI (gass!) ; ap. Goch. GACI v. a. —
Secouer, agiter qq. chose dans un récipient.
Prin garde à nep6s gassicelo vin^ prends
garde à ne pas secouer ce vin. Par extens.
gassï la nf^, se frayer un chemin à travers
la neige.
De quasssire. Gh. de quo en g (88) ;
de are en t (15 3% rem. 2).
GASSOLLI (gassolhi) ; à Lyon gassouille
s. f. — Boue liquide. Vfr. gassouil, flaque
d'eau sale.
De vfr. souille^ B.Y. préf. péj.^a,
GASSOLLI (gassolh!) v. a. — Remuer
de l'eau malpropre.
De gassolli sul)st., av. suff. t (15 4").
GASSOLLI AT (gassolhâ) s. m. — 1.
Bonrbier. Trou rempli d'eau dans un
chemin. 2 A Crap. Aval d'eau.
De gassolli subst., av. suff. at
GATILLER vin. — Chatouiller.
Elle se gatille per »i»e quoque fcy.
« Elle se chatouille pour se faire rire
quelquefois. » (Bern.)
Le même que catilli.
GATTE s. m. — A Lyon Chat. Express,
moins usitée que miron, mais encore
souvent en usage à la Croix-Rousse et à
Vaise. Un individu du nom de Battn,
connu dans toute la Croix-Rousse, avait
pour profess. de « porter les galles à
l'Académie (École vétérinaire) ».
De it. gatto, de csittum. Express,
certainem. importée par l'immigrat. ital.
au xv«-xvi* s.
*GAUBERGIER (SE) v. se gohargi.
•GAUCHIA V. gouchL
GAUDA (goda) s. f. — Graine de maïs.
« De la soupe de gauda », de la soupe de
farine de maïs. Gaude t^st fr., mais il no
serait pas compris ailleurs que dans la
région des pat. franco-pr.
De ail. waii, angl. iceld [dyer's ^ceed),
«réséda luteola », plantj qui sort à
teindre en jaune. Il est assez vraisem-
blable (pie le mot est venu par un dial.
oïl il a la significat. simple d»' jaune,
I
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188
GAUD
comme l'esp. gualdo. La Franche Comté
a été occupée longtemps parles Espagnols,
et le mot gaude est essentiellem. comtois,
ainsi que le montre la raillerie que l'on
prononce av. l'accent comtois bien accusé :
« Mon bon mossieu, volés vos de gaudes ?
nos cayons n'in volont plus , is aimont
mieux la mar... »
GAUDIVELLA (gôdivèla)*GODIVELLA
(gôdivèla) s. f. — S'emploie habituellem.
dans Vexp\'ess.gra7idagaudiveUa,gv2inde
fille un peu enfant, étourdie, qui s'amuse
av. les petites filles.
Subst. V. âe gaudirelâ.
'GAUDIVELO (gôdivelô) v. n. Pr. se
gaudina - Se réjouir, s'amuser.
Du rad. de gaudere, peut-être par le
fr. gaudi{r)y av. un suff. fréq. eJô, relié
au thème par v,
GAUGNI (gôgni); ap.Goch. GOGNI s. f.
Lim. ga-ougno — Joue, mâchoire.
Avoué io chavio gris, son cou<> tors et sa ho«si.
Sa gôgni de Iravàrs, son nos coniuic In rôdzi.
o Avec ses cheveux gris, son cou lors et
sa bosse, — Sa joue de travers, son nez
comme un radis. » (Gorl.)
A rapprocher du vpr. gSLunha, ouie de
poisson, Igd. gaougnos, pi., même sens
(sur le sens cp. gifle, joue ; angl. gill^
ouie de poisson) ; au fig. Igd. gaongno,
visage, trogne. Un •cay(t)/ii^, dér. de
cavus^ peut donner gavna gauna et
gaiinha, qui lui-même devient ^raie^/^t en
In. (54 2"). L'idée serait celle de chose
creuse, comme dans joue^ de gahata,
écuelle. L'it. a gavigne « quelle parti del
collo poste soUo'l ceppo delTorecchie, e i
confini délie mascelle », d'où gavine^
oreillons (maladie). Ces mots sont à rap-
procher de gaunha et répondraient à un
'cavinus. L'étym. cavus est appuyée par
le siennois gavina, égoùt pour Técoulem.
des eaux pluviales.
G AU NO (gônô) fadj. des 2 g. ; à Lyon
gauné, ce. — Mal habillé, fagotté. Gaunô
se joint souvent à l'adv. mal. L'étôve mal
gaunô, elle était mal habillée.
Ne paraît pas venir du vfr. go7iey habit,
habit de moine; b. lat. gunnay car ou
aurait gônnô. Au contraire gSLU^iacum,
donné par Varron pour étoffe, couverture
velue, semble convenir. * Gauna,tumy de
'gaunyrey donne gaunô (14 3«). Ce rad.
gatin paraît venir du cell: kym. gwn,
corn, gùn, irl. giinna, gaël. gUn^ mks.
goon, angl. gown, robe. Diez pense que
le celt. peut avoir été emprunté au rom.
Cependant l'ex, cité : « guon, de gone.
comme fwl de fol », ne semble pas
concluant, parce que l fin. de fol a une
infl. sur la transformat, en ou. Il n'est
d'ailleurs pas admissible que le mot rom.
ait pénétré dans tous les dial. celt. L'ex,
rom. cité (fol) n'a pénétré que dans le
kym. [ffwl) et le bret. {foll).
GAUSSI V. gouchï et gosst.
GAVAGNE s. f . — 1. Grande corbeille
d'osier. 2. Claie d'osier dans laquelle les
pépiniéristes enveloppent les mottes des
arbres expédiés en mottes, comme les
conifères. Ss.-rom. cavagne, hotte ; al p.
cacan, grand panier d'osier ; pavese c'avà-
gna, panier, clayon.
De cst,va?tea, de cava. Ch. de c en ^
(85), de nea en ^7ie(148, rem. 3).
*GAVIOLA (gaviola) s. f. Dans l'express.
être en gaviola, être un peu gris, Coch.
traduit par « être en joye », en faisant
remarquer que dans le départem. de
l'Orne gavignolle signifie « ivresse gaie ».
De fr. gave, av. suff. fréq. ola. Etre en
gaviola, être av. le jabot plein. On devrait
avoir gavola, mais le mot a subi la même
infl. K^xie gavio7i.
•G AVION s. m.— Gorge. Depuis Goch.
ce mot paraît s'être perdu.
Du fr. popul. gave, jabot des oiseaux,
que Diez explique, av. le signe du doute,
par cavus cavea. Il faut sans doute écarter
cnvea^ où vea donne je, mais cavus est
appuyé par le wal. gaf. A gave s'est
ajouté le suff. on, mais on devrait avoir
gavon, comme cave a donné cavon. Je
ne sais sous quelle infl. a eu lieu Tinseit.
de l'yotte.
*GAVIOT (gaviô) s m. Pr. gavèu. —
Petit faisceau de sarments.
De gavellum, de ' capellum pour ca-
pulum, poignée, parce que le gaviot
comprend une poignée de sarments que
l'on tient dans la main pour les lier. Ellum
donne iau (32). On a donc eu gaviau,
ainsi que le prouve le pr. gavèu où eu
représente ellum. Puisa au s'est substitué
le suff. dim. ot, ou en d'autres termes,
au s'est prononcé bref.
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GAVI
189
GAVIOTTO (gaviôtô) : ap. Coch. GA-
VIOUTA V, a. — Mettre les sarments en
gaviots.
De gaviot^ av. suff. d (14 !•). La forme
de Coch. est de l'époque où Ton prononçait
gaviauy d'où le ch. de au en ou (75).
GAVIOUTA V. gaviottô,
GAVROS vin. dans le texte suivant des
Reg. Cons. 1421 : « Ledit jour l'en at
octroyé ià mosse Brassar de prendre du
brolel de la ville ce qui sera nécessaire de
garrots pour retenir derrier la mayson de
Topital auprès de la rivière. »
Garros est une erreur de copiste ou une
faute de typojçraphie pour gavios (v. ga-
viot). Ce terme, qui ne s'applique aujour-
d'hui qu'à de petits faisceaux de sarments,
s'appliquait sans doute à l'orig., suiv.
l'étym., à toutes les petites fascines.
'GAZAGNE. Coch. a consigné le dicton
suiv., aujourd'hui oublié, mais encore
vivant il y a 50 ans : riche came Gazagne,
de mAme que l'on dit « riche comme
Grcsus ». C'était un souvenir de la grande
fortune des banquiers Gadagne. La par-
ticularité est le ch. de d en z, qui semble
indiquer que jadis d se prononçait dz,
comme encore aujourd'hui à R.-de-G. et
autres lieux. L'équival. de cf et de ^ n'est
pas sans ex. dans les pat. franco-pr.,
témoin le ss. rom zerbon pour darbon.
Quant aux dial. d'oc, on sait que d méd.
y devient -3. Je ne connais le dicton de
auditu que par ma mère, qui disait
t(>ujours « riche comme Gadagne », et non
pas Gazagne.
GAZALONS (gazalon) s. m. pi.— Gros-
ses branches qu'on rencontre dans les
fagots. Cp. gasanche.
Du h. lat. gas « hasta », qu'on trouve
Papias. Mais d'où vient gas f Peut-être du
celt. — Gaél.. irl. gas. hampe, manche,
lequel se relie probablem. au vx kym
gais, épieu. « This is an ancient cellic
Word, which though not much in use
among the Gael, is found in several deri-
vati^es (Armstr., aji. Diefenb.). Dief. y
voit le rad. de gaesutn et de guisarme,
auxquels il attribue de plus une double
orig. germ. Mais il paraît peu vraisem-
blable que gaesiim^ vfr. gese gésier, et
giiisartncj vpr. gasarma, aient la mi^me
orig. (Juoi qu'il en soit, le celt. se rapporte
mieux à notre mot que le vha. gêr kêr*
javelot, qui nous aurait donné gé ioit. au
lieu de ga. Gazalon s'expliquerait par un
' gasale, auquel se serait ajouté plue tard
le sulT. roman on. Gp. *falcile, de faîcem,
qui a donné In. foucil, manche de la faux.
Le gazalon serait le manche de l'épien.
passé au sens de manche en général, puis
de bois propre à faire des manches. Cp.
vfr. bouson, flèche = In. busson, morceau
de bois rond.
GAZANCHE vin. 1474 : « Pour six
grosses pièces de chane (ciiéne) appelez
gazanrhes pour besoigner èsd. fossés de
St.Just 2 s. 6 d. » Arch. m. GC 4i8. Ces
pièces étaient sans doute des sortes de
leviers. V. gazalons.
On trouve grisanche au xv« s., av. le
sens de levier (Du G., à grisanchia). Le
texte a été reproduit par Godef. Au Gloss.
fr. Du G. dit: c Nom d'une grosse pièce
de bois dans le Maçonnais. »
Gasanche pourrait être le même que
grisanche. L'un des deux mots aurait été
mal lu ; ce n'est pas le nôtre, où l'hésitat.
n'est pas possible, et qui est appuyé par
gasalons.
Sur l'étym. v. gazalons, qui a évidemm.
la même orig. La 2* partie, anche, est très
obscure. Gazanche serait-il gasanica, de
gasay comme pla7iche,planica^ de plana f
GÉMILLI (SE) (se jemilh!) v. pron.
Voiron gemillié — Se plaiudre.
De gemire pour gemere, d'où gémi,
av. suflf. fréq. ilht,
GENDARME s. m. — A Lyon Hareug
saur. Très usité.
Non, comme on le pourrait croire, de
la vulgaire plaisanterie sur l'odeur des
bottes de gendarme, mais de la forme du
chapeau, dans laquelle on a vu qq. ana-
logie av. celle d'un hareug.
Mais, je veyo vegni, dcins noutron cabare,
Tré geins qu*ant dechapiaux Torma d'horeing sorc.
« Mais je vois venir dans notre cabaret
— Trois personnages qui ont des chapeaux
en forme de hareng saur. » {Mel.)
2. A Villefr. Sorte de coléoptère, C/erw^
apiarius et afvearitis.
Des couleurs de ses élytres, d'an rouge
vif av. dos bandes horizontales noires.
Le tout a qq. rapport av. un uniforme
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190
GÊNE
militair?. Celte appellal. remonte certai-
nem. au temps où la gendarmerie, qui
dépendait de la maison du roi, avait un
uniforme écarlate av. des parements de
velours noir.
GÊNES, m. Berr. jon, vfr. gein giea
gcji, orl. gknetin — Rafle de raisin qui a étt';
pressé. Sav. juène, marc de raisin qui a
passéà l'alambic pourfaire deTeau-de-vio.
Sulist. V. de vfr. gehenner gêner,
primitivem. torturer, puis presser, serrer.
« Kt plus que ses voisins — Dans son
pressouer gennera de raisins (Bons. ap.
Lillré). »
GÈNELÊ Oènelé) s. m.— A Paniss. Geai.
Peut-Atre gironnet (v. ce mot), av.
métath. de r et n, d'où ginoret, ginolet,
par eh. de r en / (146 2*), genolet,
et enfin getielê, parce qu'à Paniss. è
devient souvent ê très ouvert.
GENURAT genurà) s. m. — A Paniss.
Genévrier.
Sur la format, \oy.ja7iuriot. Il y a eu
sui)stitut. du sufT. at au suff. ot. Le mot a
certainem. été janural, dans lequel la
prot. s'est affaiblie, comme il arrive qqfois.
•GERBA (jérba) s. f. — Gazon.
Fr. g(*rbe, du vha. garba, mha. garhe
garire, vx sax. garva^ « manipulus ».
De ce sens à celui de gazon il y a une
dérivât, qui tient peut-être à ce que les
gerbns sont toujours d'herbes. Un fagot,
par e.K.. ne s'appelle jamais une gprb(\
*GERBEYI (jérbè-y!) V. a — Gazonner.
, De gerba, av. un suff". fréq. elh'i, passé
à ei/l (164 'Z\ c).
'GERLA (jôrla) s. f. — Guvier.
De ger{u)la, déj.à employé par les
classiques av. le sens de ce qui contient les
liquides : Cornua potuum gerula,
GERLOT derlô) JARLOT JARLON s.
m. — Petit baquet, petite seille. On se
sert du jarlot pour vendanger, pour
prendre les bains de pied etc. Au fîg.
chaire à prêcher.
Et lo motru Boulon
Ly borle à plciii gosi : u Desceind de cou jarlon. »
« Et le chétif Boulon — Lui crie à pleine
gorge : « Descends de cette chaire. »
{Ménag.)
De gerla, av. sufiF. dira, ot ou on. Dans
les formes jarlon jarlot^ ch. de e en a
(66).
GETTOIR vin. \\ jetu.
GIAR (jiar) dans la loc, O n'in fat
giar I cela fait pitié, est lamentable.
La gr^U piclie
Et rein n'échappe.
0 n*ein fa giar.
« La grêle frappe — Et rien n'échappe
— Cela fait pitié. » {Grêla)
De gelu. Vfr. giel gial, vpr. gel, cat.
gel, pr. gialjal giar. Ch. de l en r (121) ;
de e bref en ta (26). O n'in foi giar,
cela fait froid, cela gèle les moelles.
GIBO y.jubô.
GICLIA v.jicliô.
GICLIOU vin. V. jicle.
* GIFLE Oifle), aujourd'hui plus génè-
ralem. JQFFLA (jôfla) s. f. Vfr. gif e gifle
gifte, wal. chife — Joue. Rch. guife,
vi.sago, bouche.
Du germ. — Ags. geafl geagl, mâchoire.,
oreillons ; suéd. fisk-gels, angl. gill^ ouies
du poisson. Le gaël. gial est sans doute
emprunté à l'ags. Je ne crois pas, comme
le fait Wedgwood, qui indique cette étym.
à gil, qu'il faille le rapprocher du vha.
ki'la cëUiy mha. kële c guttur, brancia » ;
ail. kehle, gosier, gorge, k du vha. "
devenant ch en fr. et non J. Les mêmes
raisons font écarter le h* ail. kiefer, b.
sax. k^eve kiffe^ mâchoire, proposé par
Grandg. L'etym. de Génin : m.lat. giffare,
faire une croix av. du plâtre en signe de
conûscal.. est pure fantaisie.
Au rad. gifl s'est ajoutée la fin. a des
mots fém. (53 S"»). Dans la forme joffa.
le passage de t à o est dû à l'infl. de
joufflu. Le vfr. avait jiiffe, probablem.
sous l'infl. de /", le voisinage des labiales
tendant à faire passer i à a.
GIGA (jiga) s. f. — Jambe.
Orig. germ. — Nord, geiga « tremere m,
gcigr « tremor » ; d*où giguer, sauter, et
giga, jambe.
•GIGAUDO (jigôdô) v. n. — Folâtrer,
s'amuser.
Non de gigue, plus un suff. fréq. qui
eût été oUer et non auder; mais de gaudlr^
qu'on a fait passer dans la 1" conjug. el
auquel on a préposé gig, de giga. L'.dée
n'est pas celle d'agiter les jambes, mais
de se réjouir en dansant.
N. d'homme Gigodot,
GIGI (jiji); à Lyon gigier s. m. —Gésier.
De gigerium, pi. gigeria, entrailles
cuites des volailles. Ch. de erium en t (13).
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GILE
19f
GILETTA (gilôta) s. f. — Girouette.
De gyra,re, av. suff. etta. On a girelte,
passe à gilet ta par ch. de r en / (148 2"),
GIMBRADA (ginbrada) s. f. — Enfant
remuant et bruyant.
Étym. inconn. — Peut-être du vfr. giber,
s'agiter par des mouvements violents ;
saint, ruer. Nasalisât, de i sous intl. de
la gutt. (184 7», rem. 2) ; addit. du suflf-
ade, qui vient du pr. D'où gimberada
gimbradn. Cette format, est hybride, mais
il est probable qu'à fr. giber a correspondu
un pr. 'gibar, qui a pu servir de thème.
Quant au rad. gib., il se rattache peut-être
au vx all.<7eôar^n, se porter, se comporter
(d'où est venu geberden, gesticuler» faire
des contorsions), mha. gebaeren, vx mha.
gebdren, vha. \jgabdrjan\.
*GIN (jin) particule négative. Vpr. gens
ges, vfr. gens giens, for. gins — Non,
pas. A n'a gin de mogni, il n'a point de
force musculaire. Je n'en vole gin^jenen
veux point.
Y n'en apporlont gius ou 1res pô suus le halles.
« Ils n'en apportent point ou très peu
sous les halles. » (Ghap.)
De genus , smv . l'etym. proposée dubi-
tativem. par Die/ et démonirée par
M. G. Paris. Gh. de en en in (29). Pour
le sens, il faut remarquer que l'on n'a pas
besoin de supposer un ?iullum genus
réduit à genus. Gin ne s'employantqu'av.
une négat., le sens opposé en résulte,
comme dans rem, chose, au sens de rien.
GINENTOLA (jinintola) s. f. Yot.janne-
toella — Sorte de genêt nain.
De gineslum, av. suff. dim. ola ; d'où
ginestola, ginètola (18Ô 2°) et ginintola
par nasalisât, de e (184 7», rem. 1).
GINGIMELLA (jinjimôla) s. f. - A
S*-Mart. Gencive.
De gingiva, av. un suflF. comique de
fantaisie (cp. gargamella).
GINGIVA (jinjiva) s. f . — Gencive-
De gingiva. Le fr. gencive est irrég.
GINGO (jingô) v. n. — Donner des
coups de pied av. vivacité et redoublem.
Vfr. giguer ginguer jgfiguer, folâtrer ;
gagner les gigotteaux, s'enfuir ; ss-rom.
giguer, sauter; bourg, ginguer^ ruer.
De ln.^/>a,av. suff. (5 (14 4"); nasalisât,
de i (184 1%
GINGUET y.ginguetta.
*GINGUETTA (jinghéta) s. f. GINGUET
(jinghé) s. m. — Vin de petite qualité. A
ce propos Goch. donne la citât, de Pasquier,
reproduite par Littré à gingueu
Le rad. ging parait identique à guing^
qu'on retrouve dans guinguette. En vfr.
giiingalet =gingalet et aussi gringalet,
sorte de cheval. M. Bugge y lit le go th.
vainagSf misérable, vha. wênag, misé-
rable, chétif, mince, petit. Je ne vois rien
dans les textes qui contienne Tidée d'un
méchant cheval. Au contraire : a I gingalet,
— Qui Tambleure va assez mieulx c'un
mulet. » (Godef.) — L'idée péj. parait s'être
développée plus tard (si toutefois gingalet
est bien le même que ginguet). Je ne sais
si le rad. ne serait pas giga, jambe ;
gingalet, cheval vif des jambes, trotteur
(v. jingô). Puis gi7igûet, mince, effilé
comme une jaml)e, d'où l'idée péj. Mais
tout cela est fort incertain.
GINURO CJinuro)s. m. — A Yzer. Genêt.
De ginsirium =jani (v. ce mol), av.
substitut, du suff. coll. tiro, de a{t)urum.
Le genêt couvrant chez nous les espaces
incultes, on a dit collectivem. de jinuro
pour l'ensemble de cette végétât. ; puis le
mot s'est spécialisé et a désigné la plante
en particulier.
•GIRARDA (jirarda) s. f. — Goch. dit
« fleur girandole ». Je suppose qu'il a
voulu dire a fleur qui a la forme d'une
girandole». On appelle, chez nous, ^irarcfa,
la julienne.
Je crois que l'orig. est le rad. de gyrata,
av. suff. germ. ard. La girarde est une
fleur en faisceau (cp. girande, girandole)»
En pr. on appelle girado girardo un
gâteau de forme ronde ; cat. girada,
même sens.
GIRON NET (girùnè) s. m. - A Crap.
Geai.
Du rad. de gyrSLre, av. un suff. on,
plus un 2* suff. dim. et, à cause des
mouvem. rapides et giratoires du ge^i.
Cp. girard, un des noms popul. du geai.
Cp. aussi pr. giroulet, noix percée qu'on
fait tourner sur un pivot.
GISCLE v. jicle.
GIVORDIN (jivordin) s. m. — Habitant
de Givors.
De Givors ifiivortium), av. suff. in. On
devrait avoir Givorsin, comme Cahorsin,
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192
GIZU
<le Cahors. I^ mot a donc été formé |
lorsque d^'jà s no se prononçait plus. Le
buff. a élé choisi par analog., comme
Périgourditi, de Périgord,
Proverbe: Te ^H çu GicorJin
0'3'eftt grami.grout et fAi fl«.
!>;« OivordinH, gens de rivière» étaient
en effet une race superbe; j'ignore s'ils
ne sont « pas fins ».
GIZUA vin. 8. f. — Couchée. « Item, por
la f/izua d'Ansa... » (L. R.)
Dejacire. Ch. de a en / (cp. 1, rem. 2 ;
cp. aussi gisayit). Est-ce par dissim. qu'on
a gizua au lieu degisia f
GLIA B. f. V. lia.
*GLIA (gl^a) 8. m. — Verglas, surface
glacée, (t^och. lui donne la significat. de
glaçon). O v'fst g II in glia, tout le sol est
verglassé.
Répondrait h un ' glSLcium, forme mnsc.
supposée de glaria, pour dilTerencier les
2 sens. (ip. fr. verglas et glace. Si glia,
au contraire, a été formé sur liassi\ ce
n'a pu être qu'avant l'aphér. de g dans ce
dernier mot Insert, d'yotte (109).
GLIO (k'ïô) 8 m. — a Morn. Glas
De clSLS.sirttm (v. cli'tr) dans lequel cl
a passé à gl {101, rem. 1).
GNACA (gnaka) s. f. — Dent. Faveire
te "petites gnaques^ fais voir tes petites
dents.
Subst. V. do gnacô^ car je ne connais
pas, dans les dial. germ., de suhst. appa
rente à nagan^ mordre (v. gnacn)^ qui
pourrait avoir donné le subst. In.
GNACA GNAQUA (gnaka) s. f. dans
l'express, fève la gnaca à qqu'un, montrer
les dents en signe de mépris, se moquer
de lui, le délier. On dit aussi adverbialem.
gnaca !, qui répond assez, sauf la gros-
sièreté, au m du fr. popul. For. faire
la gniaCf faire la grimace en faisant
claquer les dents.
Tôt eins lo xHiinageanl à voyanci Hou tnqiia.
Quand, par faire ninô,Gnia|)nnliou fi^sié gnaqua.
€ Tout en les engageant à vider leur
poche, — Pendant que, pour faire ma rime,
(iniapon leur faisait la grimace. » (Proc)
Non du fr. faire la nique, mais de
gnaca, dent. On trouve le nord, gnisla,
dan. gnaskf*^ sued. gnissla^ hoU. knas-
schen, vx angl. gnasshe, angl. to gnash,
grincer des dents. Ces mots sont apparentés
av. le nord gnaga et les autres mots
germ. signifiant mordre (v. gnac»'»).
Touiefuis un rapport direct av. le mot In.
est difficile parce que le groupe init. germ.
kn insère bal»ituellem. une voy. d'appui
(cp. k?ieif — canif, kneipe = guenipe).
Il faut donc admettre que^/iflc<5(v.ce mol),
mordre, du vha. nagan, a donné le subst.
gnaca.
GNACO (giiakô) ; à Lyon gnaquée s. f.
— 1. Coup de dent ; 2. Ce qu'on prend
dans un coup de dent : bouchée.
Subst. partie, de gnarô,
GNACO ignakô) v. n. — 1. A Crap.
Manger malproprem., en faisant du bruit
av. la mâchoire. A gnaqae, il mange de
façon répugnante. For. gniaca, norm.
gnaqué, mordre. — 2 A Paniss. Montrer
les dents en signe de déris. ou de mépris.
Pr. gnaca, donner un coup de dent ; béarn.
gnaca, mordre.
Orig. germ. — Vha. n&gan, raha. gna-
gen genagen, nor. gnaya, dan. gttave,
hoH. knagen knnuweti, ail. nagen, mor-
dre. Sur la persist. de la gutt. fin., cp.
vague, de wdg. Suflf. ô (14 4*). Le mot
viendrait du vha., eiVn se serait mouillée
postérieurem., car les formes av. gn init.
auraient donné guennco ganaco (v. gnaca
dans l'express, fére la gnaca),
GNAQUA V. g7taca.
♦GNELLA (gnèla) s. f. — Agnelette.
Vagnella. Aphér. de a par confus, av.
l'article : Vagnella, la gnella.
GNIARRA (gnara) ; ap. Coch. NIARRA
s. f. — Sotte, niaise, qui ne sait rien.
Tosc. gnorri, ignorant ; far lo gnorrt,
jouer l'imbécile.
Malgré la ressembl. graph. av. ignara^
les deux mots n'ont rien de commun.
Gnarra est forgé sur nid, comme niais,
gnoune etc., av. un suflf. sur lequel a
influé, comme en tosc, ignare, ignorant.
GNIATO (gnialô) s. f. — Nichée.
Formé sur gnia (aujourd'hui gniô),
oi.seau qui est au nid, plus suflf. ôl==ée
fr.), relié au thème par ^ par analog. av.
les subst. en té, tée,
GNIAU (gniô monoss7ll.)à Crap.; à
Paniss. GNIRON (gniron) ; à Morn.
NILLON (nilhon^; ap.Coch. NIARDs m.
Nyons gniàu (giiia-ou\ berr. niati s. m.
— Œuf qu'on laisse dans le nid pour que
la poule y revienne pondre.
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GNIB
193
TiC b. dph. indique pour la forme gniaa
Totym. Nidellum, par la chute de ff (139),
et le ch. de elluni en iaa (32) ; d'où
gniiau^ réduit à gniau. Gepend. le sull*.,
au lieu d'être ellum, pourrait i^lre le sulT.
f,'erm. aud, de wald. Gniau est, je crois,
la forme première ; pour la forme de
Cocli., il y a eu substitut, du sulT. jçerm.
ardf av. intent. péj. La forme gniron est
faite sur gni « nid » (au moment où d ne
se faisait plus sentir), av. suflF. on, relie
par ?• (cp. mouche^T'Onj aile-r-on).
GNIBLA(gnibla) s. f. — Brume ; à Morn.
NiBLA, Brouillard du matin qui se lève
av. le soleil.
De neb[tt)la, Ch. de e ouvert en i (25).
Sur gni pour n/ (v. Conson7ies pafoises).
Chute de la V post-ton. (52). Dans
?iiolaf m(3ine étym., c'est au contraire h
qui est tombé et la post-ton. qui a persistt".
GNIBLOUS, OUSA (gniblou, ouza) adj.
— Nél)uleux.
De nehulosiis. V. gniblo. Osu^ = ou
(35).
GNIGNETTE s. f. Dph. gnignette —
Personne façonni^re ; mijaurée.
Du rad. de gnoune, gnouche^ av. sufT.
dim. ette et la répetit, du groupe init.
pour marquer davantage le caract. péj.
GNIO (gniô); ap. Goch. NIA s. f. Vfr.
niée — Nichée; au tig. troupe: ina gniô
de drôles, une nichée d'enfants. Voiron
gnia, troupe d'enfants.
De HidBLta. Chute de d (139) ; de t
(135); d'où gniaa, réduit à gni a : ch.
de a en ô (1).
GNIOCHE V. gnionchi.
GNIOLA (gnola) NIOLA s. f. — Nuage.
In clacagcile mons fat rcdond6 le gniôUs.
« Des applaudissements font retentir
les nuages. » (Mén.)
De nehu/a. Chute de b (142). Ch. de e
ouvert en i (25) ; de u bref en o (34) ;
d'où ni-ola niola. Monillem. de n, v.
Consonnes patoises.
GNIOUCHI (gnouchi) GNIOCHE ; rrp.
Coch. NIOLA; à Lyon gniouue gnougne
et aussi gnioche^ genev. nioque, héarn.
gnougne s. f. — i&olte,niaise.Piém.ir/i;<cA,
lourdaul, sot; ïï\'\\. gnong/wn, celui qui
pai'lecouirne unenfant qui veutse plfuiidro;
bolon. gyxagn gnagnaron, nigaud.
De niais, de nidum, av. substitut, du
sulT. dim. ola dans la forme de Coch., et
d'un suflf. péj. de fantaisie dans les autres
(op. damoche, a^iicroche).
GNIRON V. gniau.
GNOCCA (gDÔk-a) ; à R.-de-G. NOQU A ;
à Morn. NICHOLLA (nichôla) s. f. Dph.
not {ap. Charbot), nouchoula (ap. Mou-
tier). — Chouette.
Le la?un Picandzau, Pèse fiiti U noqua.
« Le taon nommé Picandeau, la chouette
nommée Pèse-bise. » {Mén.)
Le dph. not indique l'étym. nocta, mais
il est évid Hit que l'idée d'imil**r le cri de
la chouette a influé sur le mot gniocca
noqua. Sans cela nous devrions avoir
)ii'ijta ou nota, suivant les lieux. Gniocca,
prononcé av. une légère suspens, sur ce,
imite en efîet très bien le cri. M. Moutier
dérive le dph. nouchoule de yioctula,
mais la forme s'y oppose ; nouchoula
paraît, comme nichoUa, être un dim. de
noqua, av. sufif. roman ola. Dans nicholla,
pour norholla, le ch. de o init. en /a eu
cortainem. pour cause un besoin de
dissimil.
GNONGNON s. m.. GNONGNONNE s.
f. — A Paniss. Sot, benêt, innocent.
Le même que gnounç, av. suff. on, et
répétit. à l'init. du phonème final, pour
accuser le caract. pëj. par imitât, d'une
parole embarrassée. Cp. gén. gnàgnoc,
caresse féminine ou enfantine pour se
faire gAter.
GNOQUE(gnôke)s. des 2 g. — AVillefr
Lourd, sot. It. ^;//;cro grossier, sot.
Du même rad. qui a fait gnoune, gnou-
chi, av. un sulî. oque, qui exprime la
lourdeur, la grossièreté. En lorr. toc
signitie une souche ; cp. mastoque ; cp.
aussi baroque, à l'orig. rocher raboteux.
Placent, gnôcc, tosc. gnncro, espèce de
pAte lourde réduite en morceaux de la
grosseur d'une noix.
GO V. gor.
GOBARGI (SE); ap. Coch. SE GAU-
BERGIER V. pr. — « Prendre ses aises»,
dit Coch. C'est le sens fr., mais chez nous
c'est faire bombance.
De fr. goberger. Littré suppose que ce
mol est venu de la goberge qui sert dans
plu-sieurs méli»TS à rendre le travail plus
commode. Je ne sais ce qu'il en est, mais
il est certaiu qu'on y voit surtout chez
22
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194
GOBE
nous l'idée de gober, av. un suff. analogue
à celui de gorgcr. Gh. de e en a (66) ;
sufif. i (15 2<»). L'd init. de la forme de
Goch. (qu'il a indiqué par au pour exprimer
davantage l'ouverture) a passé à 6 très
bref. Le son 6 peut être le son primitif,
car on trouve gauhergeux au xvi« s. Le
suff. gier dans Goch. est certainem. celui
qui a précédé en pat. le suff. gi,
GOBEAU (gobô) GOBIAU (gobiô) ; ap,
Goch. GOUBIO s. m. Dph. goubeau.yii'.
gobel, vpr. cubel — Gobalet.
De *cuppelîum. Gh. de c en ^r (87, rem .) ;
de M en 0 (38) ; de p en 6 (140, rem. 2) ;
deellum en tau (32). Le ch. de p en h,
au lieu de u, indique que le mot e.st venu
par le pr.
GOBELLA V. gobillL
GOBI. lA (gobi, ia), pi. gobe adj. Vin.
gobo, dph. gobio — 1. Se dit des doigls
engourdis par le froid.
ÀToy ma maii goba et r«nneuza,
Je l'y Touliu donna Tna Iclla plamu/a,
Que de buict iour.....
« Avec ma main engourdie et crevassée
— Je veux lui donner un tel coup sur le
nez, — Que de huit jours... » (Bern.)
8. A Hiver, et aux environs signifie
gaucher. On dit : al est gobi, d'un homme
qui ne se sert que de sa main gauche.
De goubio, engourdissem. des doigts.
On a dû avoir gobit, av. suff. t7, ûHtas ;
puis Tacc. a rétrogradé comme dans infe
pour inflô. Le passage de ou à o s'explique
par la tendance du In. à substituer presque
partout 0 k ou (34, rem. 4).
GOBIAU V. gobeau.
•GOBILLI (gobilhi); à Hiver. GOBEL-
LA ; à Lyon gohille s. f, — Petite l)!lie
de marbre ou d'agate dont les enfanfs
se servent pour jouer. « Dans qq. commu-
nes du départ, de l'Ain on met une piôcc
de monnaie dans la bouche de ceux qui
meurent et une gohille dans la main des
enfants. » (Goch.)
De globicula, dim. de globula. Gh. de
icula en ilhi (164 2% b). GlobiUi, assez
difficile à prononcer pour le peuple, a été
réduit à gobilli. Dans gobella, fin. a
(53 3«).
GOBO V. gobi.
GODAN (godan) s. m. Rch., norm.
Qodan. — Piège, amorce, tromperie.
€ Il est tombé dans le godan, > Ptg.
engodar, tromper.
Étym. inconn. — Le celt. a un rad. god:
kym. god, incontinence, adultère. L'addil.
d'un suff. an, comme dans mitan, boucan,
merlan, donnerait godait. La dérivât, de
sens se serait opérée sous cette idée qu'il
y a connex. entre adultère et tromperie.
Mais cen'estqu'une hypoth. sansjustifical.
GODELLA (gôdéla); à Lyon godelle
8. f. — l. Sorte de blé appartenant à la
section dite blés Foulard, Se dit surtout
de la godelle grouée dont on fait de la
bouillie. 2. Bouillie de godelle.
Prol)al)lem. de gauda, av. suff. dim.
e//a, parce que la godelle a sans doute
qq. rapport éloigné de forme ou de
couleur av. IsLgauda. Ch. de au en o(75,
rem). Un écrivain lyonn. bien connu, qui
a beaucoup écrit sur l'agriculture, a pris
le pseudonyme de La Godelle.
GODELONS (LES) (gôdelon) s. m. pL —
?urnom des habitants de S*-Barthélemy-
sous-Paniss.
Peut-être de godella, av. suff. on.
Godelon, mangeur de godella.
*GODELURI AU s. m. — Goch. le traduit
par « musard », mais le sens ordinaire est
bien celui du fr. godelureau, étourdi,
homme sans consistance. L'angl. coxcomb^
donné par Gotgr., l'exprime parfaitem.
Fr. godelureau. En In. eau^ deellum =
iau (32).
GODIGNA (godignà) s. m. — A Paniss.
Gerises cuites dans la pâte.
De fr. cotignac. Gh. de c en ^ (87, rem.) ;
de ten d (136).
*GODIVELLA v. gaudivella.
GODIVIAU (godiviô) s. m. — S'emploie
habit uellem. dans l'express, grand godi-
viau, grand dada, grand enfant, grand
benêt.
Formé sur gaudivella, dont le suff. a
été considéré comme répondant à ella,
d'où un masc. gaudiviau (32), et godi-
viau à cause de l'image comique de
godiveau,
GOGA (gôga) s. f. Sarde côca — 1. Mor-
ceau de pain blanc trempé dans du lait et
frit ensuite. 2. sorte de beigneU
Du vha. chuocho « torta ». V. coque,
dont gogua est une forme av. affaiblissem.
de k en g. Fin. a (53 4»).
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GOGA
195
3. En Fr.-Ln. Tabouret.
Êtym. inconn. — Le mol, en ce sens,
est absolum. isolé dans nos dial.
GOGASSON (V. cacasson).
GOGNAJO (gôgnajo); ap. Goch. GA-
GNAJOs.m.M.lat.^a^nrt^iwm«lucmm>.
— 1. Revenu, rapport d'un bien, d'une
terre. Cela terra est d'in bon gôgnajo,
cette terre est de bon rapport. Cp. vfr.
gaaing^ récolte. 2. Labour que l'on fait
avant de mettre une terre en jachère. Je
voués z*ou menô in gôgnajo, je vais y
faire un labour. 3. État de jachère après
qu'on a fait ce labour, jusqu'au moment
où l'on met de nouveau la terre en culture.
Du vha. weidanjan, chasser, pâturer
(Diez), qui a fait fr. gagner. Le sens de
3. vient de l'idée des qualités que la
terre acquière en se reposant: la terre
« gagne » ; et le sens de 2. étant une prépa-
rât, au gôgnajOy s'est confondu avec lui.
GOGNANDISE (gognandize) s. f. —
Bourde, plaisanterie, spécialem. av. le
caract. grivois.
De gognant, av. sufî. ise. Cp. marchan-
dise, de marchant; chalandise, de cha-
lant ; friandise, de friaîit.
GOGNANT, ANDE (gognan, ande);
Coch. GOGNIAND s. — Personne gauche,
qui a mauvaise tenue. S'emploie surtout
dans l'express, grand gagnant, grand
dégingandé qui se dandine, maladroit,
paresseux. Sav. gouan, homme mal mis,
ayant ses vêtements difform^^s, et mal fait
de sa personne ; toulous. degaxignat
décontenancé; for. gognand gognard,
grimacier; piacent. gognolino, méchant
gamin.
« \oIcx-TO l'aralô? a dzit sa pilsita fcya
« Allés, t6s de gognandsl »
€ Voulez -vous l'avaler, dit sa petite
femme... — Allez, tas de grossiers mala-
droits! » {Per.)
Surl'étym, v. degôgni. Un 'coxinantem,
de *coxinare, fréq. de *coxare (comme
coxigare), boiter, donne goignanty puis
gagnant.
*GOGNI V. gaugni.
* GOGNIAND V. gagnant.
GOGOSSEL (gôgôssèl) ; à Lyon dans
la locut. manger à la gagassel, manger
sans autre assaisonnement que le sel.
Vieilli. Se trouve dans Molard.
Gorrupt. de croque-au-sel. Chute de r
dans cr init. (105, rem.) ; ch. de c en ^
(87, rem.) ; assimilât, do la gutt. méd.
(188).
GOI (goi) s. m. — A Villefr, Couperet à
hacher.
Sur l'étym. v. goye, dont goi est une
forme masc, av. dérivât, de sens. Berr.
goy, serpe.
GOI V. goye.
GOIFON (goifon) s. m. Valais govion,
rch. gouvion — Goujon.
De gobionem. On aurait eu, au cas-sujet,
goif, de gobio devenu en rom. gaivo par
l'attract. de l'yotte de l'hiatus et le ch. de
b en î7(141). Oaivo devient goif comme
7iovem est devenu neuf. Cas -régime
goivon, devenu goifan par analog.
Nom d'homme : Qoiffon.
GOIFONNER (SE) (goifôné) vin. v. pr.
— Je le traduis par frétiller, se remuer,
dans le texte suiv. d'un" vx noël, où
figurent plusieurs villages des environs
de Lyon :
Saintc-Foy y traîne
Bennes et barras;
Ulin se yoifonne.
« Sainle-Foy y traîne — Bennes et
tonneaux ; — Oullins s'agite. »
Si je traduis bien, gaifonner serait
forgé sur goiffon, goujon; frétiller comme
un goujon,
'GOINFRO (gouinfro) s. m. — Coch. à
ce mot écrit : « Railleur. De même en
Languedoc ». J'ai peine à croire ^ue ce
ne soit pas une erreur. Nous ne connais-
sons actuellem. goinfro que dans l'accept.
fr. ; celle d'un homme vorace et qui mange
grossièrem. Goinfro n'existe pas dans le
Dictionn. Igd. de Sauvages.
GOLAT (golà) s. m. — 1. Géant, homme
très grand.
Jusqu'à tant qu'ein golaly plus massu qu^un loriau,
A lions xio se preseinle, et trossanl se mnustaches.-.
t Jusqu'à ce qu'un géant, plus massif
qu'un taureau,— A leurs yeux se présente,
et retroussant .ses moustaches... > (Mèn.)
De fr. gaule (de vKllum ; goth. valus),
plus sufif, at. Golat est pour gaulai,
homme long comme une gaule. Gaulât a
passée galat (75, rem. 1).
2. Vorace, goulu.
De gnla=zgola (34), plus suff. at.
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196
GOLE
*GOLET (golè) s. m. — Trou, défilé
étroit. Lo golet de la botilli, le goulot de
la bouteille.
Biais la M/.a qu6 soflave
Fer mais de trenla goUt.
«Mais la bise qui soufflait — Par plus
de trente pertuis. » {Vx Noël). Une autre
version porte cinq ce7i(s golets.
De gnla = gola, av. sufl*. dim. et.
GOLÈYON (golè-yon) s. m. Vpr. golat'o
— Gosier.
De ffola, de gitlla, av. sufl*. o>7, d'où
golaon goleon, et épenth. d'y pour rompre
l'hiatus.
GOLIAT V. goHillat.
GOLICHINANTE s. f. - A Lvun, goulet
étroit qu'il faut enfiler ; par ex. au jeu do
boules.
C'est golet, àowi lo sufl*. a ot«) remplacé
par un suff. de fantaisie, Irôs allongé
pour marquer le caract. comique
GOLIU V. golu,
GOLU (gf^lu), GOLIU, ZA (gnlhu, uza)
adj. et .subst. — Goulu.
Lo conToi de yolius, sein» faire de furon.
Ou milan dou cliamin accule a cacasson.
« Le convoi de goulus, sans plus do
façon, — Accule la voiture au milieu du
chemin. » [Dép.)
De gula = gola, av. suff. osus (35). lia
forme goliu montre av. quelle facilité /
se mouille en in., mômo sans raison
apparente. .
GONE (gône) s. m. — A Lyon Jeune
garçon, av. le sens particulier de gamin.
Se dit d'un individu, av. sens péj. Je crois
que c'est le sens qu'il a dans les vers de
la pièce dph. Dialoguo de le qualro
comare :
Ce gonel, m'csl auis, la niigoave duz yen.
« Ce garçon, m'est avis, la mangeai l dos
yeux. »
Peut-être un des rares mots venus du
grec : yovoç, fils, enfant. Le sens et la
forme s'y prêtent. M. Onofrio, et d'autres
après lui. le rapportent au vpr. gona, vfr.
gonne, robe (du kym. gio7i, robe ; girn-o,
coudre?); gone, enfant qui porte la robe.
Mais la format. estinadinissil)lo; on aurait
eu gona + suff: par ex. go/tard, gofiaiil
etc. — Ne pas oublier que Lyon avait une
colonie grecque si considérable que l'on y
prêchait en grec, et qu'il y avait des
écoles grecques. L'extraordinaire est que
cette colonie n'ait pas semé dans le peuple
un nombre plus considérable de mots. Je
n'en connais que deux : gone et arton.
GONE MOUVANT (gône mouvan) — A
Lyon Petit garçon.
Composé de gone^ gamin, et inouvnnf,
jeune moineau (v. ce mot). Mouvait est
pris adjectivem. et probablem. parconfus.
av. fr. 7nouva7it. Gone mouvant, enfant
qui commence à se sauver du nid.
GONGONNO (gongônô) v. n. — Gn»nder
en murmurant entre ses dents ; bougonner.
Onomat. Cp. pr. boiimbouna, même
sens. Le phonème gonnô exprime le
murmure, le grondement. Cp. fargofiuô,
hongoniiô.
GOPIAN (gôpian); op. Coch. GAPiAN
s m. — Commis aux droits réunis; h
Lyon gapinfij employé de l'octroi. A
Paniss. gnpian est un terme poj. pour
homme sans soin, qui fait le mal pour le
plaisir de le faire. Dans le Valais, gapian.
douanier des frontières de Savoie ; pr.
gabian^ douanier. « On prétend que
lorsqu'on voulut établir l'octroi, on ne
trouva aucr.n percepteur et qu'il fallut en
faire venir de Gap. » (Coch.) — Breghot du
Lut, qui donne la même étym., ajoute non
sans raison qu'elle est due sans doute à
une plaisanterie.
Du rad. qui a formé le mot gahcllt\
c'est-à-d. probablem. un rad. germ : vha.
gïf<in, golh. giban, ail. geben^ donner ;
ags. gaful gafol, ail. gaffcl, taxe, tribut.
Le rad. est aussi coït: gaël. gabh, prendre;
gtibhail^ t^nure; Vym. g afael^ a<*tion de
saisir. Au rad. s'est ajouté le suff. a7i ou
a7it chan-.'é en ian st)us une infl. que
j'ignore. Le type primitif est cerlainem.
le pr. gabian, devenu gapian dans le pat.
franco-pr. par une remonte assez bizarre
do b en ]).
*GOR (gor) GORE ; à Paniss. GO s. m.
— Hoche do grès friable, qui se réduit en
poussière sous le pic, et remplace le sable
do rivière pour la construction dans louie
la partie montagneuse du Lyonnais.
Du celt. — Kym. gro, gravier, d'où gor
par métalh. do r (187 1*); corn, grau,
.sable; arm. groaan^ gravier.
GOR (gor); ap. Coùi. GOUR; à IL-d»'-
G. GOUR s. m. Vfr. gort. — C«»ch. le
traduit par « Fosso d'une rivière où il y a
plus de profondeur qu'ailleurs. » Je traduis
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GORD
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par <r endroit d'une rivière où l'eau est
dormante ». C'est ainsi que l'endroit où
l'on met rouir le chanvre est un (jor. Cocli.
ajoute: « Au pays de Vaud, goui\ fl:ique
d'eau ». Bridel donne « (for, gaur, flaque
d'eau, étang naturel, petit lac >.
Quand j'iiro Iraforô lo f;ran qour do Mousu,
J\ivaiiçii qiiairo p'ks. cl de fila j'y su.
« Quand j'eus traversé le grand creux
d'eau de Mousu, — J'avance quatre pas
et j'y ai'rive tout de suite. » (Gorl.)
I>e gurges. Ch. de u en o (38). A R.-de-
G. o fermé entravé par un groupe où la
1" lettre est r = ou ; cp. gourla, bourba.
gourha.
GORDA-ROBA (gôrda-roba) s. m. —
A Yzer. Armoise.
De gnri'), conserver, et roba, robe.
Sans doute de ce qu'on attribua à cette
plante la vertu d'éloigner les insectes.
GORE V. gor, roche de grès friable.
GORGANDO (gorgandô); à Lyon gour-
gaiidpy v. n. et a- —Express, péj. Faire
de la détestable cuisine : Gourgafider un
plat, Tabîmer.
Je crois que le rad. gorg gourg est une
oriomat. du I)ruit d'un liquide qui brûle
sur lo feu (cp. gargotfer). Au rad. s'est
ajouté un sufT. de fantaisie andô, dont
l'allongem. marque le caract. péj.
GORGEON (gorjon) s. m. —Gorgée.
De louijjcr au civel, de croquer un pigeon.
De l»roul*»r U salule el de boire un gorgeon. {Goil )
De gorgi, gorge, av. suff. on.
GORGOLA (goi'gola) s. f. — G.irgonille.
De giïrg{i)tem = gorgl, av. sufif. dim.
ola. Persistance de g dur devant o (170).
GORGOLA dans l'express. Beire à la
gorgola, boire à la rigolade.
De gorgola sul)s!., parce que le cou de
la bouteille est une gorgola. Beire à la
gorgola, boire au goulot.
GORGOSSON f^gorgosson) s. m. Lim.
gorgonl. — 1. Râle. Al a lo gorgosson, il
rîlle.i^. Rsnvoi, mauvais goût à la bouche,
aigreur par suite de mauvaise digestion.
Du rad. de gxirgitem = gorgi, av. sufT.
oji et éponth. d'une syll. pour marquer le
caract. péj. r>e mot gorgosson forme
d'ailleurs pour le sens une sorte d'onomat.
Sur la persist. de g dur fin. cp gorgola.
GORLANCHARI (g)rlanchari) s. f. -
\ R.-de-G. Flânerie, fainéantise.
O ret par to galoque j'ofisayo dVciirc;
Par la gorlanchari sn voutron général.
« C'est pour vous égayer que j'essaye
d'écrire ; — Pour la fainéantise je suis
votre général, n (^4 ma z.)
De gorlaiicht, av. suflf. ari exprimant
ici l'idée de la qualité, et répondant au fr.
erie, qui est lui-même un allongem. du
suff. ie par analog. av. les mots terminés
en er ou ter (cp. boulanger, boulangerie).
GORLANCHI (gorlanchi) s. f. — A R.-
de G. Flâneur, fainéant. C'est aussi un
terme d'amitié, comme ganachi etc. Les
termes péj. se prennent qqfois amicalem.
en plaisanterie.
Gorlanrhes de l'indrel onte ma vielli môre
Me fil vère lu jour, presinci de mon pore.
« Fainéants de l'endroit où ma vieille
mère — Me mit au jour en présence de
mon père. » {A mo j.)
Subst. V. de gorlanôhl.
GORLANCHI (gorlanchî) v. n. — Errer
en flânant, vagabonder. Sens péj.
Adzo lo gran chamTn, adto h viélly rueta
Onle le laulre vé j*allbve gorlanchi.
« Adieu le grand chemin, adieu la
vieille ruelle — Où jadis j'allais flâner. »
(Sit.)
Formé sur grola, av. un sufl". fréq.
répondant à lat. icare. Si grola a existé
en b. lat., ce qui est vrai.semblable, un
* grolat{i)care aurait formé régulièrem.
grolatchi (15 2"), grolncht (181 5«),
grolanchi, par nasalisât, de a (184 ?<>)
ti gorlanchi par métath. de r (187 !•).
Cette métath. s'est produite dans gourla
pour grola, usité à R.-de-G. Gorlanchi,
traîner la savate.
GORLANCHIA (gorlanchia) s. f. —
Flânerie, au sens péj.
Donc, vaulnnonein flgni; roué preindre ina bf^uchia*
El j'arai larmino ma longi gorlanchia.
€ Donc, il vaut mieux en finir; je vais
manger un morceau, — Et j'aurai terminé
ma longue flânerie. » (Gorl.)
Sul)st. particip. de gorlanchî. Gorlan-
chia et non gorlanchiô (1. rem.).
GORLIS (^gorlî) s. m. pi. — Surnom des
habitants de S^-Vérand (Rev. des Pat. J,
180).
De gorla (v. corla), courge, av. suiï. î,
(13). Gorl't, cultivateurs de courges.
Le n d'homme, Gorlier ne vient pas de
là, mais du vfr. gorlier^ bourrelier
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GORR
GORRA (gôra); ap, Coch. COURRA,
forme qui existe encore ; s. f. — 1. Terme
péj. Se dit le plus communém. d'une mé-
chante vache, mais aussi d'une méchante
chèvre « G^los bochis nos fant mingi de
la //on'a », ces bouchers nous fontmanj^er
de la vieille vache. S'emploie surtout av.
l'adj. vieilli : ina vieilli gorra.
Monin donne le celt. gawr (pour arm*
gaour gavr, gaël. gabhar), chèvre, ce
qui n'est pas vraisemhlabh. Coch. le tire
de fr. gourer, ce qui est forcé comme sens.
Diez(II c) fait de vfr. gorre deux mots:
le !••■ av. le sons de maigre, pauvre ; for.
gourrifi, pauvre, vaga!)ond (Roquef ) ;
l'autre av. le sens de truie et de méoliante
cavale, rosse. Je doute fort que gorre,
truie, et gorre, rosse, soient le même mot.
La truie est précisément un animal au(|uel
gorra, au sons de maigre, ne s'applique
jamais. Le mha. a gurre, méchant ciieval,
méchante cavale, mais il a été prol)ablem.
emprunté au roman.
Je crois au contraire que notre gorra
doit être identifié avec gorre, pauvre,
maigre, que Diez, comme Coch., rapproche,
à tort ce me semble, de vfr. gourrer (v.
agourA), m. lat. gorrinare « decipere »,
dans lequel Littré voit l'arabe ghavr.
Diez rapproche aussi le vha. gôrag^
pauvre, misèra))le, le néerl. gorre, avare,
mesquin, et le goth. ^aiir-5. affligé, quoique
Grimm doute de la parenté de gaur-s et
de gôrag. Schade ajoute comme rappro-
chem. possible le souabe gann^n, être
affligé. On peut s'en tenir au vha. qui,
sans ofl'rir de certitude, est ce qui satisfait
le mieux à la forme et au sens.
2. Femme de mauvaise vie.
De gourra, fr. gorre, qui a certainem.
existé chez nous au sens de truie, mais ne
subsiste plus que dans les dér. Gorre
pour truie est encore usité en For. Diez
propose ail, gorren gurren, grogner. Le
vha., mha., ags. gor, excrément, fumier,
rendent bien mieux compte de gorret
truie. Cp. cayon, qui se rapporte proba-
blem. à l'arm. kalar (Aa/Aar),corn. cail-
lar, i)oue, ordure. Burguy dit que le
même rail, gor existe en celt., mais ce
n'est qu'au sens de pus, sang caillé, et
jamais, à ma connaissance, au sens
d'ordure.
GOSSI (gôssi); ap, Coch. G AUSSI ; à
Lyon gosse s. f. — Raillerie, spécialem.
av. le caract. de bourde inventée, t A me
l'a dit, mé je créye que sayêze ina gosai »,
il me l'a dit mais je crois que c'est une
bourde.
Subst. V. tiré de gossi, v.
GOSSI (gôssi); ap. Coch. GAUSSI ; à
Ijvon gosser v. a. — Railler.
De fr. gausser. Sufl". t (14 3», rem. 2).
Ch. de au en o (75, rem. 1).
GOTA (gôta) ; ap. Coch. GOUTA s. f.
— 1. Ravin pour faire évacuer l'eau.
2. Source.
Non de gntta, ce qui ne serait pas
conforme k la formation logique, mais
tiré à*agotô, égoutter, réduit à gotô. De
même la forme de Coch. est faite sur
égoutter réduit à goutter.
'GOTTIRI (g<itiri) ; à Lyon gouttière
s. f. — Voie d'eau produite à la toiture
par le bris d'une tuile ou qq. chose d'ana-
logue.
De gnlta = gotta , av. suff. aria =
iriilS).
GOTTOUS, OUTA (gôtou. ouza) adj. —
Marécageux. Se dit surtout des terrains
où il y a des filtrations.
De gntta^ av. sulT. osus (35).
GOUBIO(goubio)s. m. — Engourdissem.
des doigts causé par le froid.
De gybbtés, parce que l'engourdissem.
donne la sensation d'enflure. Cp. Aunis
gobe, enflé, gonflé. L'y avait passé à u
dés le m. â : gubba pour gibba (Du G.) ;
it. gobbo, bossu. Cp. byrsa =. bourse,
crypta = vfr. croûte. Goubio suppose
une forme ^gubbeum pour expliquer io at.
* GOUBIO V. gobeau.
GOUCHI (gouchl) GAUCHI (gôch!) ; à
Crap. GAUSSI ; ap. Coch. GAUCHIA v.
a. Dph. gouchié— Presser, fouler. Gourhi
la vindêmi, fouler la vendange dans la
cuve. Vx for. gougie, secouer (Ghap.).
(u'est par erreur qu'à chouchi j'ai rap-
proché gouchl, qui est un mot différent.
Orig. germ. — Vha. wsilkan loalohan,
mha. walchen walken, suéd. xjoalka,
holl. wallen, ail. walken, fouler, presser.
La vocalisât, de / (170 2", a) donne au,
qui passe à ou (49) ; suff". t (15 2»). I^
passage de ch à ss dans la forme gaussi
s'est opérée sous qq. infl. inconn.
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GOUI
199
GOUILLAT (goulhà) GOLIAT (golhà)
8. m. Fr.-coml. gouillet, Morvan goueilld^
for. gouillat^ dph. goulia, geoev. gouille
— Mare, flaque d'eau, le plus souvent
l>ourbeuse(v. gaillot). Gers goiiha^ mouil-
ler, en parlant de la pluie. Lim. s^engo-
oullia, mettre le pied dans l'eau de façon
qu'elle entre dans la chaussure. Morv.
se goueiller^ se couvrir de boue.
Loux Angloy pourrion ben sota din lo goulia.
« Les Anglais pourraient bien sauter
dans la mare. ii(Chans,dph.)
Le phonème gouil pour exprimer Teau,
et spécialem. l'eau bourbeuse, se trouve
dans presque tous nos patois. Dph., genev.
goiiillat ; ss.-rom. gollha gollhe, lim.
gaulhas, bourg., berr. gouillat, Vosg.
gueuyot gouyat gouïotf fr,'Comi. gouillet
gouille, piém. goui, mare, flaque d'eau ;
Yonne gouillat, flaque d'eau qui reste
après la pluie; ss.-rom. gollhi, se mouil-
ler, s'embourber. Bridel le rattache « au
celfc. go, eau », que je ne connais point.
Le kym. a bien gwl, qualité de ce qui est
mouillé (mot très douteux); et le corn.
golhy^ laver, mais je crois que le véritable
rad. de ces mots est celui qui a fait le vha.
waskan et l'angl. io voash, laver: corn.
golchy, laver; kym. gwlychu gwlych,
mouiller ; arm. gwalc'hi gwelc'hi, laver.
Ce rad. aurait dû nous donner gouchial
et non gouillat. Je crois qu'il faut voir
dans gouillat l'onomat. ouil^ pat. olh,
qui se trouve dans tant de mots relatifs à
l'eau remuée: gassouille, bassouille,
benouiller, et le préf. péj . ga; d'où ga-ouil,
réduit à gouil.
'GOULA (goula) s. f. — Ravin où
s'écoule l'eau. Je ne connais le mot que
par Goch.
De ^u/a(34). Un ravin n'ayant pas une
grande analogie av. une gueule, il se peut
que goula ait été formé sur un v. 'goula,,
répondant à un fr. 'gouler (cp. fr. popul.
dégouliner), couler, de gula.
•GOUR V. gor.
GOURBA (gourba) s. f. - A R.-de-G.
Bûche, souche.
Faut quiî chôcun son tour laborése la bourba
Et par carameintran me »arvè^e de gourba.
« Il faut que chacun à son tour laboure
du [nez la bourbe — Et le mercredi des
cendres me serve de bûche pour monter
le mannequin du mardi-gras. » (Afel.)
De groba, av. métath. de r (187 !•),
d'où gorba et gourba par le passage de
0 à ou sous infl. de r, comme dans gour-
la, de grola.
GOUR DO (gourdô) ; à Lyon gourder v.
n, — Se noyer, aller au fond de l'eau.
Formé sur gourde, av. sufF. ô (14 1»).
Métaphore tirée de la gourde qui flotte sur
l'eau, et plonge au fond à mesure que
l'eau pénètre par le goulot.
GOURGANT (gourgan) s. m. —Terme
péj. - Traiteur.
Subst. V. de gorgandô gourgander.
GOURGUILLON (gourghilhon) s. m.
it. gorgoglione. — Charançon du pois.
De curculionem. Gh. de c en ^ (87,
rem. et 170 !•); l'insert. de i de gui est
due à l'attract. de l'yotte du groupe io.
GOURLA y.grolla.
GOURLEYI (gourlè-yl) v. a. — Fouler
aux pieds.
Non, non, créié jamais, non jamais Rebreyl
Par In bommo paré s'cisé tu gourleyî.
« Non, non, je ne le croirai jamais, non
jamais Rebroyé — Par un homme pareil
ne s'était vu foulé aux pieds. » {Mel.)
De gourla, av. sufl". fréq. èyî, répondant
à fr. oyer.
GOURO V. agourô.
GOURRA V. gorra.
GOURRASSU (gourassu) s. m. —
Coureur de filles.
De gourra 2., av. un 1" sufî. péj. asse^
puis un 2'' sufl". péj. u (34 bis) qui marque
le genre masc.
'GOURRET V, gourrin.
GOURRIN (gourin); ap. Goch. GOUR-
RET (gouré) s. m. Vfr. gorrin, got^eau,
gorron — 1. Petit porc.
De gourra, au sens de truie (v. gorra 2.),
av. sufl". dim. in ou et.
2. Terme péj. Coureur de filles. Esp.
gorron « mulierosus homo », gorrona
« scortum ». M. lat. gorrinare « decipere »,
gorrinus « subductor ».
De goui-ra 2., av. suff. m(?) du reste
mal appliqué, car ce suff". diminue le
thème sans le changer. C'est peut-être
plus simplem. gourrin i. pris au fig.
L'homme qui court les filles est considéré
comme un petit porc, un malpropre.
GOURRIN A (gourina) s. f. — Femme
de mauvaise vie.
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200
GOUR
A agourino/ysix tiré f/ourrine de gourrc
mal de Naples, ôtyiii. qui semblait natu-
relle. Je me demande si Ton ne doit pas
y voir plutôt un dér. de gorre gourre,
truie. <îp. guillnrda, femme de mauvaise
vie, de guillarda, truie. Le rapprochem.
av. Tàngl. lohore, prostituée, n'est pas
admissible parce que tohore vient d'un
rad. à h iuit., et que h init. germ. ne
donne pas g dur en fr.
GOURRINO (gounnô)v.n.— Fréquenter
les femmes de mauvaise vie.
De gourrina. av. sufT. ô (14 3").
GOUTA V. gota.
'GOUY V. goye.
GOVAR (govar); à Crap. GOVER s. m.
Vfr. gouvertf dph. gouver — Art d'admi-
nistrer, de se conduire ou de conduire les
autres.
J'ai toujours <lzil : Oué, quelcs tlu(^ pirouses
Aiit de gotâr^ coiiiiiià duc govanioiise».
« Je l'ai toujours dit : Oui. ces deux
piqueuses (de charbon) — Savent se
gouverner comme deux gouverneurs (de
mine; femelles. » (Due B.)
Subst. V. de govaniô, de gub^rnnre.
Ch. de H bref en o (69); de b en r (141):
de er en ar (24).
GOVER V. govar.
GOY V. goije.
GOYARDA (ga-yarda) s. f — Grosse
goye.
De goyCt av. suff. germ. ard.
GOYE (go-ye) s. f. ; à River. GOY GOUY ;
à S*-Mart. GOY ; î'i Morn. GOI (goi) : ap.
Goch. GOUY s. m. — Grosse s«npelte.
Coch. ajoute : a A Dijon Goy ou Gouy est
une serpette à couper les raisins. » Dph.
guoy gouy ; .serpe.
Paraît se rattacher au b. lat guria,
gubia (Isid.), écrit aussi gulvia, gulbia :
esp. gubia, port, goiva, fr. gouge, ciseau
cintré en section transversale. Diez y voit
le basque gubia, arc, arche ; guhioa,
gorge. Ces mots, donnés par G. de tlum-
boldl, !ie fîgurent pas dans le Diction, de
Van Eys. Larramendi expliqu? le bas(iue
gubia par une forme gurbia^ gurbias
dont on rapproclie l'it. gorbia sgorbia,
pointe d'une flèche, que d'autres tirent de
yooT^o;, javel«>t. M. Ha;;ge tire gulbia
gubia àw ÇG\i: w kym. gilb « foratorium
vel rostrum », gilbin « acumine », kym.
Çy^f '^^ Oyifih Ix-C ; ga«'l. gHb, ciseau,
gilb chruinn, gouge. I^a Vf)y. primitive fi
se retrouverait dans le vx irl. gulpnn
« aculeum », m. irl. et irl. gulbba, (jui
conduirait à un thème ^gulb^ d'où s-^rait
sorti gulbia. Le celtique paraît très
préférable au basque et surtout au grec.
Quant ài/iu'm = go ye, la format, pourrait
peut-être s'expliquer par l'assimilât, de v
à u qui précède. Étant donnée la parenté
des 2 lettres, cette assimilât, n'a rien de
choquant. On aurait eu guuia, d'où goye.
Peut-être la format, a-t-elle eu lieu sur
guvium = goï. feuiinisé en goye.
GOYETTA (go-yèla) s. f. — Petite ser-
pette.
De goye, av. sufl*. dim. elta.
'GRABOT (grabô) s. m. — Criblures
du blé.
Du b. lat. grabottum, ce qui est rejeté
du van. Le rad. grab se retrouve dans
vha. grapan grahan crapan, graver (sur
métaux) et aussi creuser; vx sax. grabhan
grardu, ags. gvafan, nord, giafa, ail.
/7>7f6^';î, creus»'r ; d'r,ù ?\\. arabe et angl.
grave, fosse, sépulcre. Dans les dér. ce
rad. a pris le sens de dc.^^ordie. confusion,
en péle-mAle. conmie est la terre rejetfM»
de la fo.sse. Cp. garbouiller, grabouiller^
brouiller; it. garbuglio, confusion, fi.
grabuge. Scheler compare av. raison
fouillis, de fouiller. Au rad. grab s'est
ajouté le sufl* ettutn ottum, qui a un sens
dim. Le grabot est donc ce qui est mélè,
confus, rejeté du van, comme le déblai de
la fosse. Le même rad. a formé b. lat.
garbellare, cril)Ier. Il .se peut qu'il y ait
eu une forme * garbellare * grabettare
dont serait sorti ^grabetlum graboHum,
GRABOTTA (grabôla) s. f. — Terme
pej. Se dit de qqu'un qui travaille mal,
fait Ir^s choses lentem. et à demi. Littér..
qui gratte au lieu do creuser.
Quela violy grabotta
Est cent vi^s niio (aly par chaneyi h hotta
Que par Taire de vàrs.
« Ce vieux maladroit — Est cent fois
mieux taillé pour porter la hotte — Que
pour faire des vers. » {Gorl )
Sul)st. V. de grabollô.
*GRABOTTO (grabùtô) ; à Lyon gra-
botter V. a. — Fouiller legèrem. «« Le
polailleantben tant/7/•a/>o/^>celofomoral »,
les poules ont bien tant gratte dans ce
tas do funiiei'.
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GRAB
•201
Lo.V'jid. ffrab (v.grabol), creuser, a pris
dans des dér. le sens de gratter: holl.
krahbelen. Je ne crois pas qu'il faille
rapprocher grabotter de pr. grapa, gratter
la terre, vpr. grapar, it. grappare, angl.
to scrape, ail. grappeln. Ces mots se
rattachent au vha. krapfo, dont tous les
dér. ont gardé le p à cause de l'entrave. —
Au rad. grab s'est ajouté le suff. fréq. olto.
'GRABOTTON (grabôton) dans laloc.
A grabotton, en grabotton, [se tenir] les
genoux repliés.
Gorrupt. de à croupeton, probablem.
sous l'infl. de grabotter, parce que pour
grabotter le sol il faut s'accroupir.
•GRAFFIGNI (grafigni) GRAFFINO
(grafinô) v. a. Ss.-rom. graffougnia, it.
graffiare — Égratigner.
Du vha. crapho chraffo chrapfo, mha.
krapfe chraphe. Au rad. graf s'est ajouté
le sufî. fréq. igni inô, répond* à fr. iner.
Quand w est mouillée, la fin. est i (15 4');
quand elle ne Test pas la fin. est <5 (14 S»;.
— Le rad. se retrouve en celt: kym. craff,
crampon de fer, arm. crapaff, agrafe,
kym. crafUj racler, mais je crois que
c'est un emprunt fait au roman.
GRAFFIGNURI (grafignuri) GRAFFI-
GNURA s. f. — Égratignure.
Par faire remarqué la motrua graffignuri.
« Pour faire remarquer la méchante
égratignure. » (Mel.)
Formé sur graffigni, par analog. av.
égratignure sur égratigner,
GRAFFINO V. graffigni,
•GRAILLI y^grôlli.
GRAILLONS (grâlhon) s. m. pi. —
Terme de maçonnerie lyonnaise ; Petits
éclats de pierre servant à garnir les inter-
stices des maçonneries.
Non de fr. gresle grêle, de grès^ qui
àonne grêlons, mais de grSicilem, Ch. de
ac en ai (10). Au rad. s'est ajouté le suff.
on ; VI est mouillée sous infl. de c. Sur
la dérival, de sens, cp. vfr. gratte graille
graisle, vpr. graile, mince.
GRAILUN GREILLON vin. t Item III
écuelles et III grailuns de paitro (étain). »
(L. de R.) — « Oreillons 48. » (ïnv. de
la Manecant. 1688)
Le grailun, au XIV» s., était probablem.
ce que nous appelons aujourd'hui « assiette
creuse », assiette à soupe ; le vfr. et vpr.
grazal, vx cat. gresal s'appliquent à des
coupes.
De h. lat. crsitum, de crater^ av. suff.
alis, d'où crait)Silem = graal, auq. s'est
adjoint le suff. un, plus tard on^ d*où
graalum et grailun greillon par mouil-
lem. «le l, peut-être sous infl. du suff.
dim. illon.
GRAISEMOTTES (grèzemôte) s. m. pi.
— Raisins laissés verts après la récolte.
Subst. V. de graisemottô,
GRAISEMOTTO (grôzemôtô) v. a. -
Grapiller après la récolte.
De racema,re. Prosth. de g (183 1") ;
ch. de ac en ai (61) ; substitut, du suff.
fréq. ottô (cp. tremblotter, de trembler).
"GRAMO (gramo); à Grap. GROMIN
(grômin) s. m. — Chiendent.
De gra,men pour la forme gramo. La
persist. de a est due à la nasalisât. (9).
— De graminum pour la forme grômin,
Ch. de a prot. en ô (59).
GRAMUSI (gramuzl) v. a. — Écorcher
av. les ongles.
Orig. germ. — Vha. chHmman krim-
man, mha. krimmen grimmen, gratter,
presser. Au rad. s'est ajouté un suff. fréq.
usi, qu'on retrouve dans vfr. gratuser,
pr. gratusary fréq. de gratter, gratar ;
dph. gratusi, it. gratusa^ râpe. Du rad.
est encore issu l'it. gremire ghei*mire^
gratter av. les ongles. Je ne sais pas
expliquer le passage de i init. à a, mais
le nor. a kremja^ prêt, kramdha, partie.
kramidhr^ presser, torturer, qui contient
évidemm. le même rad.
GRANOLLI (granolhf); RENOLLI (re-
nolhf) ; ap. Goch. GRENOLLI v. n. —
Demeurer longtemps au cabaret.
De granolli^ grenouille, av. suff. l (15
4»). C'est une antiphrase. Séjourner dans
le vin comme la grenouille dans l'eau. La
forme renolhï remonte à une époque où
laprosthèse de g dans grenouille {ranu-
cula) n'était pas encore accomplie. On
trouve encore vfr. renouille au XIV* s.
GRAPA V. grappin.
•GRAPILLI (A LA)loc. v. graspille.
•GRAPPIGNANT (grapignan) s. m. —
€ Escroqueur, homme avide. En Lorraine
grapeignan. » (Goch.) — Je crois qu'il se
traduit plus exactem. par grippe-sous.
Du rad. grap (v. graffigni), probablem,
23
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•202
GRAP
par pr. grnpa^ racler, gratter; it. grap-
pare. Le thème du vha. chrapfo a donne,
à côté des dér. av. f finale, une sûrie de
dér. av. p (cp. In. ngropjy norm. grappevy
pic. agraper, saisir fortement, accrocher ;
fr. grappin ; esp., it., ptg., grapa, cro-
chet). A grapa s'est ajouté le suff. fréq.
ignant qui reprës?nte le partie, prés, d'un
y. fictif grappigni, analogue k graffigm.
GRAPPILLI loc. V. graspilli.
GRAPPILLI (grapiihî) 1. v. a. For.
grapili — Griveler.
Mais les Qcnts distant tous qu'au Taïl grapili
La plupart d'u flalons qu't^riaiit sus sun liabil.
« Mais les gens disaient tous qu'il avait
dérobé — La plupart des galons qui
étaient sur son hal)it. » (Chap.)
De fr. grapiller, de grappe, av. sufT.
fréq. et dim. ilhi^ Grapiller, ramasser
les grappes oubliées.
8. V. n. — Grimper.
Semble non une corrupt. de grhnpillery
mais venir du rad. ci-dessus /7rap, parce
que, pour grimper, il faut s'accrocher des
pieds et des mains. Cp. ail. m die Hohe
grahheln, grimper, litter. ramper en haut,
et vfr. graver, grimper, qui s'explique
diflicilem. par gradus ire.
GRAPPIN (grapin) s. m. ; m. lat. à Lyon
GRAPA s. f. — \. A Lyon Tisonnier.
« Unam grapam. » (Inv. de J. de Bel-
lora, 1374).
Dérivât, de sens du fr. grappin.
2. A Lyon Surnom du Diable. « Quand
te vindras à murî, Grappin aura tôt fait
de l'emporter. »
De ce que le Diable est représenté tison-
nant les damnés.
GRASILLI (grazilhl) v. a. — Abîmer,
gâcher, en parlant d'un travaiL
Graiillant lo travar à lo boniia aventura.
« GAchant le travail au hasard. » (Hym,)
Je crois que ce mot doit être rapporté
au vfr. garsilier grasilier (de garse), être
débauché, qui a donné In. gra^illonou.
De se mal comporter à gâter, abîmer, au
sens act., la dérivât, de sens est explicable.
Garsilier donne grasiïhi par métath. der
(187 1") et ch. de ier en î (15 1").
Toutefois je ne sais pourquoi s est devenue
douce, même dans le fr. grasilier. Le berr.
a garsoiller garsoyer, gaspiller ; mais il
est probablem. composé de souiller et du
préf. péj, ^ar.
Grasilli pourrait encore s'expliquer par
le vfr. essillier, ravager, gaspiller (d'fxi-
lium), av. préf. péj. gar : garessillier
rarsillier grassillier. Il reste la même
difficulté pour le passage de 5 à ^.
GRASILLONOU. OUSA (gra/Jlhonou.
ouza) adj. — Débauché.
Il i^lsé deios sou Isunis forla grasillonousa,
Mais soixante-sept ans la reindzmt farbelouva...
« Elle élait, dans son temps, une grande
débauchée, — Mais soixante -sept ans
l'ayant détériorée... » {Gorl.)
Non de g résillon, c'est-à-d. chose qui
aurait passé au feu, personne qui aurait
rôti le balai, mais identique, par mélath.
de r, à * garsilionon, de vfr. garsilier^
grasillier (de garcc)y av. sulT. ou, de
orem (34 his), et épenth. d'une syll. on
pour accentuer le caract. fréq et péj. Le
mot n'était applicable qu'au masc, mais
l'étym. s'étant perdue de vue, il s'est
appliqué au fém.
GRASPILLE (graspilhe); ap. Goch.
GRAPILLI dans la loc. à la graspille,
à la grapilli, à la gribouillette. « Jeta de
sous à la grapilli^ielav de la inonnoye à
des enfants qui se tirent par les cheveux
pour la 1 amasser. » (Goch.) IIoll. grabbeh
action de ramasser ce qui est jeté îi la
gribouillette ; geld te grabbel gooien,
jeter de l'argent à la gribouillette.
Du rad. grap (v. grapignan), av. sufT.
dim. fréq. ilhi ; mais l'insert. de s dans
grasp ne s'explique que par une infl.
étrangère, peut-être de l'it. graspo, grappe
égrenée, venu lui-même du vha. raspôn,
bavar. raspchi raspen , esp. raspar^
gratter, racler ; souabe raspen, piller.
L'infl. de l'angl. to grasp, saisir, du même
rad., serait la plus explicable, s'il était
démontré que l'angl. a pu donner qq. chose
à nos pays.
*GRASSOLA (grassôla) s. f. Dph. gras
sola — Petit escabeau ferré pour courir
sur la glace.
Subst. V. de grassolô.
' GRASSOLO (SE) grassolô) v. pr. —
Courir sur la glace av. la grassôla.
Du vfr. glaicier glassier glasser, glis-
ser, formé sur glace, av. suif. verb. er.
A ce suff. a été substitué le sufT. dim. oler
(cp. fignoler, de finir). Le ch. de gl init.
en gr est fort rare.
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G RAT
203
GRATILLI (gratllhi) s. f. - Chatouil-
lement.
Subst. V. de gratilU.
GRATILLI (gratilhl) v. a. —Chatouiller.
. De fr. gratter, av. suff. fréq. ilhi,
GRATONS (graton) GRIATONS s. m.
pi. For. g ratons^ vfr. gratons (xiv° s.),
fr. créions, pr. gratèu, vel. gratelou,
Quercy gratabel^ Igd. gralabou, lim.
gro-outou, piacent. grattOn — Petits
fragments grillés et rissolés, résidus de la
graisse de porc après qu'elle a été fondue.
Guch. donne GRIATON « morceau rac-
corni de panne de porc, d'où l'on exprime
la graisse ». Cette définit., qui se rapproche
de celle de Lillré pour créions: « morceau
de graisse de porc frais ou panne apprê-
tée », est aVsolum. inexacte en ce qui
concerne nos gratons. La définit, de
Golgr. pour graton se rapproche de la
nôtre : « graton de porc, of the fat that
holds the entralls, b-^ing melted, there
remaines a floshie part, which eut in
peeces, is thus tear.nod at Paris. » Celle
de César Oudin pour cretoti est rigousem.
conforme à la nôtre pour gratoti. « Un
creton. c'est ce qui demeure en la poisle
après qu'on a tiré la graisse de l'oing
du pourceau, qui est le saindoux, et est
tout rissolé et sec comme du lard qu*on
met dans une omelette. » (ap. Godef.) —
Pavese grato^ restes de viande dont on
a extrait le jus.
Veyant qu'o ?et pré sur cou ton,
R6clc lo darré griaton.
« Voyant qu'on le prend sur ce ton, —
Il racle les derniers cretons. » (Vol. de
Jamb.)
Littré et Schel, après avoir rapproché
pic. croton, graillon, déclarent l'orig.
inconn. Schel ajoute que o le mot pourrait
se rattacher à crotté ». liO sens de c mor-
ceau de panne apprêté »> exclut ce rap- •
prochem. Une hypolh. plus plausible
serait un dér. de cratem, choses grillées.
Cratem a laissé '2 séries de dér. (sans
compter ceux par l'interméd. de crati-
cnlum) dans lesquels, malgré la rareté du
fait, i a persisté. Dans la \^ série, a ton.
persiste : \n.gratreys (lf>^3), grilleà couler
la lessive ; vfr. gralr, claie (Godef.) ;
graleiné (?) ^ souricière; angl. grate,
grille. J'y ajoute gratons ai gratèu. Dans
la 2» série, a a régulièrem. passé k e :
vfr. crétin crétine, hotle. corbeille (tnes-
sées) ; gret, tissu à jour. .Py ajoute fr.
cretons; haguais creti, ratatiner; vfr.
grediller, grésiller. T^a i" s'expliquerait
par une forme cratfa, la 8» par un primi-
tif roman * crête.
L'object. serait qu'on ne trouve pas
ordinairem., dans les langues romanes,
cratem au sens de gril à rôlir, sens fourni
par craticulum = graïl. Mais le piém.
a grata « craticola». Un autre dér. a
fourni le sens de gril ; c'est cratella : it.
gradella, tosc. gratella, piacent. grdd-
sella, vénït. graella. Ce cratella^ gril, a
existé pour le pr., puisqu'on trouve gra-
telou, qui est à cratella comme gratèu à
crata. Dans la forme In. griatons, il y a
eu infl. de griller. On a eu certainem.
grillaions, passé à gri-yatons griatons
(164 2°, c). Gp. Morvan greille, berr.
gHllons, cretons, de cralicula + sufif. on,
comme gratons, de crata.
GRATREYS vin. s. m. dansl'/wr. de la
Manécant. 1633 — Grille, probablement
pour le coulage de la lessive.
De cratta pour crata, plus suff. dim. et.
Cp. vfr. grate, claie en osier, aussi de cra-
ta. Gh. de cr init. en //r (105) ; d'où gratet.
Au m. â., en In., l'existence des groupes
gr, tr, dr, pr dans la voy. init. appelait
une autre r dans la syll. subséquente.
On disait pe?*rfnV5, rtrriW etc. Au xvii's.
cette -infl. avait disparu. Je ne sais si elle
avait persisté exceptionnellem. dans gra-
tret, ou si c'est le scribe qui l'a introduite,
de même qu'il a défiguré et en eys.
GRATTABRIONO (gratabrionô) s. m. —
En Fr.-Ln. Repas de 9 heures.
De gratta, gratter, et brio7i'), part, du
V. brionô ,• ss.-rom. briouna, émietter.
D'où brionô, choses émiettées. et gratta-
br'u'iiô, gratte-miettes, lirionn vient de
briser, av. suff. fréq. onô, d'où brisonô
et brionô par chute (rare) de s médiale,
comme dans bisaccia^=biassi^ besace.
GRATTABRIONO (gratabrionô) v. n. —
En Fr.-Ln. Faire le repas de 9 heures.
De grattabriofiô subst., av. sutT. <î (14
;».
GRATTAPAILLI (grâtàpalhi) s. m. —A
Morn. Poulet.
De gratta, gratter, et pailli, paille, à
cause des habitudes du poulet.
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204
GRAV
GRAVELIN (gravelin) s. m. — A Lyon,
Homme marqué de petite vérole. « C'est
un gravelin (B. du Lut). » Depuis que
B. d. L. a consigné ce mot, il n'y a pas
encore 60 ans, il a complf'lem. disparu.
De gram\ qui a Lyon veut dire marqué
de petite vérole, av. suff. in. Le sufT. a
été relié par /, par analog. av. g râtelle
graveleux»
GRAVOLLA (gravùla) s. f. - Petite
crevette des ruisseaux, tiiphargus pu-
taneus,
Decapretta, de capra=crapetta (.Toret).
Gh. de p en r (140), et substitut, du suff.
ola au suff. etta.
GREDINDELLA (gredinJèla) dans
l'express. Porto à la gredindeile, employée
par les enfants pour t porter à deux sur
les mains croisées ». A Rennes /7rerftnde//e,
rch. à grand* dé ciel.
Je crois que le rch. donne le sens pri-
mitif : à grande selle, corrompu en gredin-
délie, par assimil. de s av. la dentale.
GREFFIER (gréfié) s. m. Ne s'emploie
qu'av. l'art, le « Où est le greffier f 3 —
A Lyon Chat.
Jeu de mots sur griffe. Greffier pour
griffier, de griffe, av. suff. ter, applicable
aux noms de métier (13).
GREFFOU (grèfou) s. m. — Outil pour
greffer.
Du fr, greffe^ av. suff. ou, d'orem (34
bis).
GREiLLON V. grailun,
GRÊLA (grêla) s. f. — Qualité de char-
bon, de moyenne grosseur.
De fr. grêle^ quoique la grêla soit
beaucoup plus grosse que les grêlons.
Fin. a (14 3«).
GRÉLAIRO (grélèro) h. m. — A R. de-G.
Mineur qui extrait la grêla.
Crocbeleurs, pcreyoux, grélairo,
Perroroux et Parumolairo.
« Grocheteurs, mineurs, extracteurs de
grêle, — Ghaudronniers et gagne-petits. »
{Disc. Roq.)
De grêla, av. suff. a/ro, applicable aux
noms de métiers (13. rem.)
GRELET(grelè)GRELUadj.ordinnirem.
employé sculem. au masc. — Étriqué,
chétif.
De 'grac{t)letum, de gra,cilefn, qui
donne grailet par ch. de ac en ai (61).
Grailet a passé à grelet par affaiblissem.
de la prot. Dans grelu, le suff. u, d'osus
(35), a été substitué à et,
GRELU V. grelet.
GREMICIAU (gremissiô) UNGREMI-
Cl AU dans les loc. in grémiciau, à iingre-
miciau ; for. en grimodon, ss.-rom. à
gremautOH, à l'accroupie, en se ramassant
sur soi-même, en se pelotonnant. Vfr.
gremissel, pelote.
Dd grnmum, av. un suff. iceus(f) =
icius, qui a donné un certain nombre de
subst. (cp. coulis, taillis) : puis un 2* suff.
ellum:=tau (32). On devrait avoir ^ra-
miciau. La forme ungremiciau est le
résultat d'une confus, av. la prépos. in
{= en fr.). In gremiciau est devenu à
ingremiciau, à ungremiciau. — L'étym.
gremium, qui serait naturelle, est contre-
dite par le sens du vfr. gre missel.
•GRENOILLI (Je suis l'orth. de Coch.,
mais je crois qu'on dirait aujourd'hui
granàlhi) ; à Lyon gre?iouille s. f. —
Treuil qui sert à élever les fardeaux.
Tend à vieillir.
La môme analog. qui a fait voir une
chèvre dans l'appareil composé de deux
mâts inclinés pour soulever les fardeaux,
une grue dans l'appareil qui n'a qu'un
mât, a fait voir dans un treuil horizontal
reposant sur deux tréteaux une grenouille
ramassée sur elle-même.
GRENOLLI V. granolli.
GRÈPE (grèpe) s. m. — Oiseau aqua-
tique ; podiceps. Vieilli. Se trouve dans
Molard.
De ail. grèbe, îv.gri'be. mais la remonte
de 6 à p est fort singulière.
GRÈPI (grèpi) s. f. — Lassitude, acca-
blement. Sur le fém. cp. la fret, la froid.
Subst. tiré de grèpi, adj.
GRÈPI, ÉPIA (grèpi, épia) adj.- Las,
fatigué, recru. A Paniss. Qui a l'onglée.
Dph. grepe, pr. grep, gasc. grèpi, céven.
agrespesi, qui a l'onglée, qui est engourdi
par le froid. Pavese grepia, tartre des
tonneaux ; Gers grep, tuf, terre dure.
Du germ. — Goth. greipan; nord., vx
frison, suéd. gj'ipft ; vx sax., ags. gr'ipan,
saisir, griper. L'idée est celle d'être
enraidi, enrouillé. Au rad. s'est ajouté le
suff. itus (cp. allouvi et tous les part, de
la 4« conjug.). On a eu grêpi, puis grèpi.
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GRÉS
205
par la régress. d'ace, fréquente dans les
adj. faits sur les partie. Gp. enfle pour
enflé, gâte pour gdléy trempe pour
trempé.
GRÉSILLONS (grézilhon) s. m. pi. —
Mâchefer.
Non de fr. grésil, petite grêle, mais de
grésiller, dim. de griller, car les grésillons
peuvent être très gros. Au thème s'est
adjoint le suff. on.
*GRIAFFON (griafon) s. m. Pr. gra-
fioun agrefloun, dph. grafflon grafiou,
Tarentaise greflon, milan, sgrafflon. —
Bigarreau. Ss.-rom.^ra/îo/i, grosse cirise
entée.
Le bigarreau étant une cerise greffée,
par opposit. à la cerise sauvage, je crois
que le mot n'est autre que le vfr. graffe,
pr. grafl, cév., toulous. grafiu, greffe,
ente ; d'un v. formé sur graphium. A ce
rad. s'est ajouté le suff. on. Le griafon
est ce qui vient de la greffe. Le mot est
venu par le pr. graflou i, (formé sur grafl),
qui a d^nné griafon par méfath. de i.
•QRIATONS V gratons.
GRIBIT (grihi) s. m. — Gendarme.
Su noutrcs due niargots lo oribis faut m n bôssa.
« Sur nos deux ivrognesses les gendar-
mes font main bass». » {l)ué Bih.)
Dér. fantaisiste de fr. griper, saisir,
av. un suff. it. insolite, mais employé par
analog. av. bandit, proscrit, conscrit etc.
On a eu gripi, où p s'est affaibli en 6,
(140, rem. 2). Gp. fr. ^oi^vxl. grippe- Jesi^s,
même sens.
GRIGNET, ETTE (grignè, été) adj. —
A Lyon Réduit, étriqué, contracté, d'appa-
rence chélive, misérable. Avoir l'air
grignet. Bourg, gr^ignc, ss.-rom. gringe,
triste ; vfr. grign" g ring ne grignos
grignoax grigneux, rechigné, grognon.
Le vfr. et les dialectes accusent Tétym.
vha. grlnan, ail. greinen, angl to gria,
h«»ll. grinnen, vpr. gri.iar, grimacer. De
l'idée de rechigné à celle d'apparence
misérable, de contracté, lo dérivât, est
plausible Notre mot n'est prohablem. que
le vfr. grigneux grignour,, av. suSstitut.
du suff. dim. et au suff. tiré ^'osus,
GRIGNOTTA (grignota) s. f. - Terme
péj. Personne molle, sans énergie, chétive
au moral.
Paveort qu'an t rendu ûart tous loYrays patriote».
Qui baillirant d'ardeur k de simples grignotes.
€ Faveurs qui ont rendu fi^rs tous les
vrais patriotes, — Qui donneraient du
courage à de simpbs poltrons. » (Hym.)
Le môme que grignelte, av. substitut,
du suff. otta au suff. ette.
'GRILLET (grilhè) s. m. — 1. Grillon,
insecte.
De ^grilletum, de grillum,
2. Grelot des mulets. Vel. grelet.
Mêmeétym. que le iv.gr'elot,2iy. substit.
du suff. et au suff. ot. Gette forme grillet,
comme celle du lorr. grillot, écarte l'ètym.
crotalum que Diez propose concurremm.
à celle de graile, instrument sonore.
8. Muguet, fleur.
Môme étym. que grillet 2., k cause de la
ressemblance de la fleur av. une petite
clochette. Ce mot de grillet a été emprunté
par le blason pour une représentât, figurée,
imitée de la fleur.
GRILLOTIER vin. s. m. — Fabricant
ou marchand de grelots. — Arch. m. 1498 :
« Dépenses pour l'entrée du duc de Valen-
tinois... Paiement au grillotier pour le
louaige et perte des sonnetes qu'il bailla
pour dancer les morisques (danses où figu-
raient des danseurs habillés en Mores). »
De grillet, av. suff. ter (13), d'où ^rriZ-
letier et grillotier par renforcement de
la prot.
'GRIMOLO (grimolô) v. n. Dph. grom-
mola, Voiron grivola, genev. greholer,
sav. grevoler. — Trembler de froid. « Ou
grimole de frè, il tremble de froid (Coch). »
Je crois que l'orig. est la même que celle
de fr. grommeler, du germ : holl. grom-
melen, ail. dialect. grummeln, suèd. dial.
grubbla, angl. to grumble, à cause du
rapport, entre le^rrr ^n*?% qu'on prononce
de façon involontaire sous l'action du froid,
et Tact, de grommeler. Les mêmes rap-
pijrts entre le tremblem. causé par le
froid et un bruit répété, se retrouvent dans
In. gringotter, fr. grelotter. Je ne crois
pas que le g mev. grenier, que Littré rap-
proche de greboler, ait la même orig. Il
me parait se rattacher au ss.-rom. grulla,
vau'i. greula, comt. gruler, bourg, groul-
lai, trem!iler de froid, do croUare. Je ne
crois pas non plus que grimolô doive être
rapproché de poit. grlmelé, couvert de
rides, qui est un dér. de grimer.
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206
GRIN
GRINGOTTO(gringotô); à Lyon grin-
gotter v. n. — Trembler de froid, claquer
des dents, faire un certain grrr^ grrr
sous l'acl. du froid.
Du vfr. gringottery faire des trilles,
gringottis, bruit répété, par la même
analog. qui de grelotter, faire résonner
des grelots, a fait grelotter, trembler de
froid (probal)lem à l'origine claquer des
dents). Gp. encore l'express, norm. trembler
le grelot, grelotter. Le rapprochem. du
mot In. fait rapporter grelotter à grelot,
et non au vfr. grouler.
Gringotter peut se rattacher d un rad.
gcrm : dan. wrangUy faire un bruit rapide
et répète ; nord, hrœfigly grondement. Le
rad. wrang donne rég. grang gring, auq.
se serait ajouté le suff. fréq. ott'*.
GRIOLET (griolè) s. m. — Petit vin sûr.
De fr. aigrelet^ mais la format, est
obscure. Je suppose la métath. de yotte,
opérée au moment ou ai était encore
diphtongue {aï) ; et puis Taphér. de a ;
d'où grieletf et griolet par un renforcem.
de la prot. pour la facilité de la prononciat.
*GRISELLES ^grizèle) à Crap. : h Moni.
GRUSELLES s. f. pi. Milan, grhjcil't^
Groseilles.
Du vfr. gro'isflle, du germ : ail. kra'tsel-
beere, suéd. krushar kruÎMbezie, grosse
groseille iuvia nrsi). J'ignon* sous quelle
infl. oi de groiselle a passe à i ou à ?/
suiv. les lieux.
GRISPIPI (A LA) (grispipl) dans la loc,
A la grispipt\ à la gribouillette. Poit. à
la gripaille.
Du rad. du goth. greipan, nord, grïpa,
angl. to gripy holl. grijpen^ fr. gripper,
saisir, av. un suff. comique de fantaisie.
(Vest sans doute sons l'infl analogiq. de
gras pille que grip est devenu grisp.
*GRIVELO(grivelô) v. a. It. grivellare,
sarde rrivellni — 1. Cribler; grivelô lo
hlod, cribler le ble. G>n. crivellô, crible.
Roquef. donne crur^la, passer des chA-
taignos au crible. Ce doit être un mot pr.
De * cribellsire, frèq. de *cribrsire, de
rribrum. Ch. de or en /yr (105) ; de h en
r (140) ; de are en ô (14 8°).
'i. Lever de petits profits illicites.
Orig. germ. — Du golh. greipan, ags.
gripan : vx frison , suéd. gripd ; dan.
gribc, angl. togripe.X ce rad. grip^ s'est
ajouté le suff. fréq. elo, d'où gripélo et
grivelô (140).
*GROBA (groba) s. f. — Grosse brtche,
quartier de bois ; spécialem. ce qui reste
d'un tronc coupé. Coch. dit « quartier de
bois un peu caverneux >, sans doute parce
que les vieux troncs sont souvent caver-
neux. A Villefr. « Avoir passé sous la
grohe de Marcbamp », être crétin, niais.
Marchamp est un village du Beaujolais,
et c'est sans doute une i*aillerie àl'adresse
de s^s habitants: mais j'ignore ce que
c'est que la « grobe » de Marchamp.
De ail. grob, gros, épais, arrondi; mha.
gerop grop, m. ail. grof, dan. grov.
Fin. « (53 ti").
■ GROBILLON (grobilhon) s. m. — Un
rondin de bois.
De groha^ av. suff. dim. illoti.
GROBILLON (A) (à grobilhon) dans
l'express. Se tiendre à grobillon. .se tenir
ramassé en rond.
De groba, av. suff. illo7i. parce que la
groba est rama.ssce, pelotonnée; elle ne
s'étend pas en branches.
'GROBON (gi'oboa)s. m.— L Beignet.
YaVAis grei(bon, i>eii[ morceau desaindoux
rôti. Prindre son grobon, s'enivrer. Lorr.
grobons, morceaux de lard frits qu'on met
dans la salade. Vi<mnaz greabon^ petit
morceau de saindoux rôti.
De groba, av. suff. dim. on, le beignet
représentant une agglomérat, de pâte
autour d'un noyau, assez analogue de
forme au quartier de bois formant groba.
Mais je ne saisis pas la dér. dans la loc.
prindre son grobon.
2. Petite bûche en forme de groba. B.
dph. agrobona, assommer. — De groba,
av. suff. dim. on.
GROGNON (grognon) s. m. — Croûton
de pain, rtste d'un morceau de pain.
De groitgnl, av. suff. on. Grougnon,
morceau griguollé.
GROIN (grou-in) s. m. For. groin —
Visage.
Je vousiou noumariu si voi^yre de besoin ;
V l'aTant tous bon air, incourc mio bon groin.
« .Je vous les nommerais, s'il en était
besoin. — Ils avaient tous bon air, et
encore meilleur visage. » (Chap.)
De groin, museau de porc. Métaphore
élégante, très usitée.
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GROI
ÎOl
GROIN-D'ANE «. m. — Cn'pide à
(on\\\o:i(\op'i'A<en\\ï,harkausiaff(raxifolia,
On prétend qiio h nom vient déco que
les Ane-* sont friands de nette plante, mais
la dérivât. lo{^ique s'explique difrtcilem.
Le nom dnit plutôt ôtre tiré de qq. rapport
de ressemblance que je ne saisis pas.
GROLA V. grôlli.
GROLIER vin., aujourd'hui remplacé à
la campagne par regroUairo et à Lyon
par regroUeur. — Savetier. -- 1421 : * A
Jehan le Grolier pour appareillir deux
paires de tyl)iaux. » (Arch. m ) Pr. groulié^
même sens.
De groldf av. suff. d'oïl iei\ d'arius (13).
GROLION (grôlhon); à Lyon craillon
s. m. — A Paniss. Gros crachat dégoûtant.
De l'onomat. cra passée à grô par eh.
de cv en gr (105) et de a en ô (1) ; plus
le snfT. ilhon, dim. en même temps qu'il
exprime le bruit (cp. carillon).
•GROLLA (grôla) ; à R.-de-G, GOURLA
s. f. Vpr. grola [groala], h. dph. groula,
pr. groula, auvergu. gourla, piém. grolla
— Terme péj. Savate, vieux soulier éculé,
abîmé. Tramer la grolle, au fig. être
misérable, réduit à la mendicité.
Alor reinrortsuuo, ]>]us jauna qu*iiio courla.
D<^giiiche <Ie son colii eiii trénassaiil la gourla
« Alors le malheureux, plus jaune qu'une
citrouille, — Quitte son coin en traînant la
savate. » (D/^p.)
« Passô la grolla, ancien jeu qui consis
tait à faire passer un soulier sous les
genoux des joueurs en cercle, pendant
qu'un joueur placé au milieu cherche à le
.saisir. Chap. raconte qu'à S^-Etienne les
gens qui passaient la nuit auprès d'un
mort se divertissaient de cette façon. »
(Ooch.)
Étym. inconn. — Je crois que l'orig. ne
doit pas ètie recherchée dans un mot
primitif signifiant chaussure, mais dans
un attribut caractéristique de l'objet. Or,
le propre de la grolle, du soulier éculé,
c'est de clapoter, di branler. Le pr. crolar
crollar, de corolularc, signifie branler,
remuer. De crolar on tire un subst. v.
crola grola (105), objet qui branle. Cp
crouillo, verrou, sul)st. v. ègalem. tiré
de corotulare. A H.-de-G. on a dit certai.
nem. groula^ qui est une forme pr., puis
gourla, par métath. de /' (187 1»). En pr.
on a intro.luit une voy. d'appui dans le
groupe gr pour les der. garoulea^ fouler
aux pieds, Igd. engarouna, éculé. alp.
garonlo, savate.
GROLLI (grôlhi, à Crap.; à Morn , Yzer.
GROLA (grôla) ; ap. Goch. GRAILLI ; à
Lyon graille s. f. Vpr. grailla ^ fr. grolle ^
gev. grA-ye — Corbeau.
Je crois que graille, grailli^ grôlli^
viennent de ^rac(iO^«' ^^ fft'(ttila, grola,
grolle, de /7ra(c)wZa. Cette double format.,
suivant que la post-ton. ou la cons. entre
2 voy. est tombée, a des ex. en In. Cp.
gnihla, de ?ieb{u)la^ et gniola, de ne^b)itla;
sègre, de seq{ice)re, etsioure, deseiq)ic.'*re;
dimingi, de à\esdome7i{i)ra, et diumaini,
d^ dies dorneiH{c)a. M. W. Meyer a pro-
posé pour grolle graula^ rarula, de rai-us,
d'où grailla par la prosth. de //, comme
dans grenouille. Mais cette prosth. est
récente (on trouve encore renouille au
XIV* s.), et nous devrions posséder des
ex. raula qui n'existent pas. Boucherie
avait proposé corvula^=crovula=graula,
mais là encore on devrait avoir des
intermédiaires qui font défaut. Une raison
péremptoire en faveur de (7rflcw/a=^raw/a,
c'est que l'on ne peut guère supposer que
des villages aussi voisins que Crap. et
Yzeron aient tiré grôlhi et grola de deux
sources différentes. Il est plus vraisembl.
de penser qu'il n'y a dans les deux mots
que des déformations variées d'un même
type. M. G. Paris avait signalé [Roman.
VIII, p. 296) la format, gracula grahula
graula.
Forme grôlhi: ch. de a en ô (1) ; de cla
en Ihi (164 2«, b et 54 8"). Forme graula :
chute de c (129) et passage de aw à o
(49, rem. 1).
GROLLO (grôlô) SIGROLLO ; à River.
SEGROLLO ; à Lyon sigroller v. a.
îSs. -rom. grollhi — Secouer, ébranler;
secouer un ar])re pour en faire tomber
les fruits.
De crulldire. Ch. de u bref en ô (38) ;
de are en ô (14 3°). Dans la forme sigrollôy
adjonct. d'un préf. 5i,par analog. peut-être
av. sicotis, de succntere. Pourtant ce
pourrait être aussi par analog. av. cigogni.
GROLLON (grôlon)s. m. — Vieille et
mauvaise savate.
De grolla, av. suff. dim. on.
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208
GROM
GROMANÉ (grômanè) s. m. — A Yzci-.
Achillée mille- feuilles, achillea mille-
folium. V. saigninôs.
De grômin, chiendent, et né^ noir,
transforme en grômané parla dénasalisat.
de la voy. suivie de cons. plus voy. 11 est
probable qu'alors t a passé à a par analogie
av. les mots fr. en ain qui font ane quand
la voy. se dénasalise. Gp. fr. pain et "pané.
Quant à l'idée de voir dans l'achillée du
chiendent noir, c'est une de ces bizarreries
difficiles à expliquer.
GROM ELLO (gromèlo) s. m. — A Paniss.
Chiendent.
De grômo, av. sufif. fé n. ella (32) ; puis
le mot ayant passé au masc, ella est
devenu ello,
GROMIN V. grâmo.
GRON (gron) s. m. — A S*-Mart. Grain.
De grSLnitm. Ch. de an en on (9, rem. 2).
GROPO (V. agropô).
GROPO {gropô) adj. des 2 g. — Pris,
saisi. S'emploie au fig., en parlant d'une
femmî enceinte. « Stu cop je suei gropô »,
celte fois-ci je suis enceinte. V. agropô.
GROPO (SE) V. pr. — S'embrasser,
s'étreindre. V. agropi.
•GROPPIA (grôpia) adj. f — Coch.
donne ce mot av. la signiûcat. de « lasse »
et l'ex. * Je suis groppia, je suis lasse,
je ne peux plus marcher ». Il ne donne
pas le masc, qui devrait être gropt. En
tous cas, je ne connais pas ce mot, qui
me paraît le même que grêpi, engourdi
par le froid, transformé en gropl sous
l'infl. de gropô^ si ce n'est pas une erreur
de Coch. Je crois aussi que le sens donné
par Coch. est douteux.
GROS CULS s. m. pi. — Surnom des
habitants de Gourzieux, quoiqu'ils parais-
sent n'avoir rien d'extraordinaire sous ce
rapport.
GR0S3I-P0LAILLI (grôssi-polalhi) s.
f. — Mâche, taleriana olitoria. A Lyon
poule*grasse.
De grossi, gi-asse, et de polailli. poule.
Il est difficile de comprendre le rapport
entre une poule grasse et la mâche. Aussi
je crois que le mot primitif est engraissi-
polaillit parce que l'on a supposé que la
mâche engraissait la volaille (ce qui me
semble fort douteux), à moins que l'on
n'ait supposé qu'il faut graisser la poularde
av. une salade de mâche, c'est-à-d. manger
la volaille av. une salade de mâche pour
que la première passe mieux, mais ce
dernier sens me paraît forcé. Engraissi-
polailli aura été transformé en grassi-
polailli, et de celle-ci on aura fait poule-
grasse pour parler français. Cp. cependant
pr. galino-grasso pour la plante appelée
lampsane.
GROTTA (grôta) ; à Lyon grotte s. f. —
C'est un chanteau du dernier pain bénit,
que le sacristain porte chez le paroissien
qui doit offrir le pain bénit le dimanche
suivant. Bailli la grotta, remettre ce
chanteau.
De crvLSta. Ch de cr en gr (105). Le
ch. de M en 0 très bref doit tenir à une infl.
particulière, car, habiluellem., ust donne
ont (41). Chute de s (166 2*).
GROUÉRU (grouéru) s. m. — A S»-Mart.
Sorte de prune aigre à pulpe adhérente au
noyau.
Étym. inconn.
GROUGNI, lA (grougnf. ia) adj. —
Entamé, en parlant d'un pain, d'un gâteau.
Adj. part, tiré de grougnl\, — Grougnl,
qui a été entamé.
GROUGNI (grougnî) ÉGROUGNI v. a.
— Entamer av. les dents. Sens un peu péj.
Poit. érrougner, couper le bout du pain ;
lira, engro-ougna^ égratigner.
C'est le vfr. esgruig^iier esgraignier,
s'ébrécher, ébrëcher, que Diez rapporte
au germ: ail. krum^hoW. kruim, émietter;
mais cette étym , satisfaisante pour le vfr.
esgrumer^ ne l'est pas pour esgruignier
et encore moins pour esgraignier. Je
crois qu'il faut séparer esgrumer et es-
graignier, et rapporter celui-ci à *ex'
graneare. Esgraignier, à son tour, a pu
passer à esgruignier sous infl. â'esgrU'
mer.
Chute de es (111, rem. 2); ch. de ier
en* (15 loet 4»).
*GROU I LLI (groulhl) v. n. dans l'express.
a ?i*ouse pas grouilli, il a peur, il n'ose
rien dire, ou des express, semblables.
C'est le fr. grouiller^ remuer, bouger,
qui vient, suiv. Diez, du vha. gmbilôny
ail. grubeln (angl. to grubblet)^ tâtonner,
fourmiller, et qui est, suiv. Littré, une
dér. du vfr. crouler ; il ne dit pas sous
quelle infl. Scheler invoque, non sans qq,
vraisemblance, le nor. kmlla, brouiller,
mettre en désordre. Suff. î (15 3»).
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GROU
209
GROUS (LO) s. m., LA GROUS8A (lo
«rou, la groussa) s. f. — Le Gros, la
Grosse, nom que l'on donne dans nos
campagnes à son mari ou à sa femme. Se
dit aussi qqfois du grand-pôre, de la
grand'mère. A Lyon on dit, mais seulem.
de la femme, c la bourgeoise ».— c Se je
nos amusayauYiant trop taurd, noutra
groutsa seret in pena », si je m'attardais
trop, ma femme serait en peine (Dial.).
A ceU* bura je préio,
0 mon Dieu, 4>ar mon grou^
Par noulre glDtf,ptr lout.
« A cette heure, je prie — 0 mon Dieu,
pour mon mari, — Pour nos gens, pour
tout le monde. » (Prière)
De grossum (41).
*GROUTON (grouton) s. m. — Croûton
de pain.
De fr. croûton, av. ch. de cr en çr (105).
GRUA (grua) s. f. — A S»-Mart. Croûta
de pain.
Du rad. du vha. çruzl, ags. grut, gruau,
et sufif. fém. a. D*où un subst. gruta,
réduit à grtm (185). Il y a eu évidemm.
confus; entre crusta et gruta,
* GRUA (grua) s. f. dans l'express. Una
grua d*orgeo, une poignée d'orge mondé.
Répond au fr. gruée ; littér. t une gruée
d'orge ». A ton. a été préservé par m,
comme il est préservé par i(l, rem. 8).
GRUISI (gruizf) v. a. — Griffer.
Le wal. gruzî, gruger, broyer, semble
indiquer une source commune, av. dérivât,
de sens. Peut-être dugerm : b. sax. grusen^
hoU. gruysen, vha. grioxan, mha. griesen,
môme sens. Toutefois z germ. donne ss
(cp. grincer de gremizôn).^MSî. % (15 3»,
rem. 1).
GRULLION (grulhon) s. m. — Motte de
terre.
De * grumulionem, de grumum, qui
donne régulièrem. gromblion (176 3% a).
Il faut admettre que le groupe ml n'ayant
pas reçu l'insert. accoutumée de &, m est
tombée simplem. sans laisser trace de
nasalisât.
QRUMA (grnma) GRUNA ; à Lyon
grune s. f. Lgd., dph. grumo gruno,
gasc. gruo greo — Grain de raisin. Cassi
ina gruna, boire un verre de vin, un
petit verre ; à Lyon c casser une graine ».
M. Mistral propose gluma, pellicule des
graines. Mais dans gluma u est bref^ e
Ton devrait avoir gtouma glama. En
admettant môme que la phonét. de Lyon,
qui fait volontiers passer o fermé à u eût
formé le mot pal., le pr. aurait ou.
D'ailleurs gluma doit se rattacher à
glomus, qui se rattache lui-môme à globus.
Je serais donc plutôt d'avis de rapporter
gruma à grumus où u est long et donae
u In. (45). La transit, de sens de grumeau
à celui de graine est fort admissible.
Quant au ch. de m en n dans la forme
gruna, outre qu'il n'est pas radicalem.
impossible (cp. daine, de dama), il a été
tout naturellem. facilité par Tinfl. de
graine.
GRUNA V. gruma,
GRUO (gruô) V. a. For. grua - A
Paniss. Couver. Ina polailli que grue,
une poule qui couve.
Ce mot est un ex. singulier des dér. de
sens. Il a été formé sur grou, gru, qui,
danslesdial. d'oc, signifie couvain d'abeille,
lente de pou, frai de poisson, de tout ce
qui pullule, multiplie en grande abon-
dance. Gru grou paraît venir lui-même
du vha cr^welôn, grouiller, fourmiller ;
hoU. krieuwelt fourmillem., démangeai-
son ; angl. to craw, ramper. De l'idée de
puUulation le mot a passé, dans gruô, k
celle de coûter, de même que, inversem.,
le mot de couver a passé à Tidée de
pullulât, dans couvain d'abeille,
GRUSELLES v. giHselles.
GUÉGHI (ghètsi) v. a. ^ A Villefr.
Épier, guetter.
Forme à'aguinchi, corrompu sous infl.
de guetter,
GUENNA (ghôna) s. f. - A Morn.
Viande mauvaise et filamenteuse. Tombe
en désuétude. « Y a gin de porpa, y a gin
que de guenna », il n'y a point de partie
charnue, il n'y a rien que des filaments.
Lorr. guèenna, bête efflanquée.
Orig. germ. — Vha. wénag wênac
wêneg, mha. wênec wenic, m. a. voêning,
chétif, petit, misérable, émacié. Ch. deto
en ^to (101). La dérivât, de sens er*t très
explicable: chétif, maigre, bête chétive,
viande de cette hôte.
GUERGNES ^ghèrgne) s. f. pi. —
Branchages de pin. Un fagot de guer^ues^
un fagot de branchages de pin.
De In. gdirgni. D'aiguilles de pin le
sens s'est étendu aux rameaux. Je ne
24
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m
3UER
^«ai8 BOUS quelle ïofl. à a passé à e. La
• substitut, de e à t est le fait de la flex.
plurielle (55).
*GUERLIO, ERLIA (gherlio, erlia)
GUERLLE (gherlhe) adj. Vpr. guérie,
' dph. guerlio, Igd. guerlhe, it. guercio —
Louche.
Orig. germ. — Vha. dwérah dwërih
iwërh, mha. dvoërch twerch, ail. quer,
•angl. queer t obliquus ». La fin. lio
s'explique sans doute par une forme b.
lat. diminutive, telle que serait un * guer-
ricuîus,
GUERLLE V. guerlio.
GUIGNE-QUEUE s. m.— Bergeronnette.
C'est hoche-queue dans lequel la !'•
partie du mot a été remplacée par guigne,
le V. guigner ayant pris chez nous la
significat. de remuer, frétiller (v. gui-
gnochi)»
GUIGNI (ghigni) s. f. — A Morn. Petite
cerise noire.
De fr. guigne, d'après Diez de yha.
wthsela, griotte.
"GUIGNI (ghlgnf) v.a. — 1. Faire signe
de l'œil ou de la tôle. « Ce que fesiet brure
le môres, que ne poyant pau legni glous
filles de rejuin quand cellots gaillaurds le
.z'ayant guignis », ce qui faisait gronder
les mères, qui ne pouvaient pas tenir
leurs filles près d'elles, quand ces gaillards
leur avaient fait signe {Dial).
2. Viser» ajuster en tirant.
Étym. inconn. Diez écarte le vha. xjoïnk-
jan, faire signe de l'œil, qui répond si
bien au sens, parce qu'on ne trouverait
pas un autre ex. de la chute de k entre n
eti. Il cite le vha. ginen, nord, gina, ags.
giniân, bâiller, mais préfère (à cause du
sens) le vha. kinan, sourire, quoique le
germ k ne devienne pas habituellem. g.
Mais kxnan au sens de « sourire » est un
ex. isolé, et il signifie ordinairem. « se
fendre, s'ouvrir, germer. > (Schade)
GUIGNOCHI (ghignôchi) s. f. —Détente
de fusil.
Et prepariDt l'eindex i ar.Uiri U guignochi,,,
€ Et préparant l'index pour tirer la
gâchette, » iPer.)
Du G. cite le vfr. guignoche, bâton
fourché et recourbé par un bout, qui
servait à jeter des pierres, et propose av.
^owie ■ (forte) ginochium gentculum ;
mais genticulum {povLT genieulum) a
donné partout, selon la règle, g doux à
l'init. Le pr. a guigna, remuer, hocher,
montrer du doigt. M. Mistral rapproche
vpr. puinhat, esp. guinar, it. ghignare
en leur donnant aussi le sens de remuer,
et il les tire, comme guigna, de xmiv,
remuer. Mais ces verbes ont seulem. le
sens de faire signe de Tœil (il. ghignare
« subridere » dans la Grusca), et viennent
probablem. du germ. (v. guigni). D'ailleurs
xivcti), qui répond au lat. cieo, n'a pu
donner guigna. Je crois que dans le pr.
le sens de remuer l'œil pour faire isigne
s'est étendu à remuer le doigt dans le
môme but. Or c'est précisém. ce môme
mouvem. du doigt que l'on fait pour tirer
Uguignochi. A ce rad. guign s'est ajouté
un suflf. ochi qui ne s'applique ordinai-
rem. qu'à des verbes fréq. On a fait sur
guigni un ^guignochS, comme sur guig7ia
le pr. a faïiguigneja, remuer fr^quemm.
De guignocht se tire le subst. v. gui-
gnochi. Sur la sigulficat. de remuer,
frétiller qu'a pris chez nous le v. guigni,
cp. guigne-queue, bergeronnette.
*GUILLARDA Y. guillôrda.
'GUILLI (ghilhi); à Lyon guille s. f. -7
Faussetd'un tonneau.
Du vha. chll « paxillus, parvum lignum »,
mha. AU, morceau de bois aiguisé ; ail.
keil, coin. Je doute qu'on doive rattacher
au môme rad. kiel, tuyau mince; vxangl.
quylle t calamus », souabe kengel, tige
(creuse) ; angl. quill, plume à écrire (mais
aussi fausset dans Gotgr.), tous mots qui
renferment l'idée de tuyau. . — Quant à
guille de chil, il est vrai que k ail. se
change ordinairem. en ch devant t, mais
il y tant d'except., à commencer par quille
(de navire), de c7i/o/, que cette format, peut
s'admettre. Je ne sais s'il faut identifier
notre guille av. vfr. dille (Cotgr., peut-
être d'après Rabel.), môme sens Je ne
m'explique pas sous quelle infl. k aurait
pu se changer en d»
GUILLI (ghilhf) v.a. — 1. Percer un
tonneau pour mettre une guillL O faut
guilli celo tuniau, il faut percer ce
tonneau et y mettre un fausset.
De guilli subst., av. suff. t (15 4«).
2. Tromper. Coch. cite le proverbe ; Que
vaut guilli Ouillot, Guillot le guille, qui
veut tromper est trompé.
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GUIL
2!1-
D'ûtt rad. germ. tolZ^i vx angl. toiçeîe
toihele, angl. toile^ ruse ; on rapproche le
celt : kym. gwill, arm. gwll, voleur. Gh.
de to en ^ dur (101) ; suff. t (15 4").
GUILLI (ghilhl); à Lyon guiller v. n. —
Le même que deguilH. Rch. guilier^ jouer
à qui commencera à jouer le premier, quel
que soit le jeu.
GU ILLORD A (ghilhôrda); ap. Coch.
GU ILLARDA s. f. — « Truie qui a porté »
d'après Coch., mais en réalité truie vieille
qui ne porte plus.
Orig. germ. Vx suéd. ^a//a, nor. gelda,
ail. geilen, angl. to geld, châtrer. C'est
peut-être le même rad. qui se retrouve
en celt : gaël., kym. cailU testicules (cp.
colea) ; gaël. cailleadh, castration. Au rad.
s'est ajouté le sufif. germ ard» De truie
châtrée qui ne porte pas, le sens s'est
étendu à truie qui a porté. Cp. holl. popul:
ee/ie gelle koe^ une vache brehaigne, et le
flam. gheHf gy'tc, truie châtrée.
â. Femme de mauvaise vie.
Non seulem. par oomparaisou av^une-
truie malpropre, mais parce que les femmes
de mauvaise vie sont ordinairem. stériles.
GUÏN A (gu ina) s. f. ^ A Grap. Femme
de mauvaise vie.
Du vfr. gouine, de go{d\ine^ qu'il faut
rattacher au celt: kym. god^ incontinence,
adultère; godineb, même sens.
♦GUINCHI (ghinchf) v. a. — 1. Viser.
2. Loucher, guigner de côté, lancer des
œillades amoureuses.
Sur rétym. v. aguinchi.
GUINGORDA (ghingôrda) s. f. —
Express, péj. A Yzer. femme embarras-
sante, ennuyeuse ; l'équivalent de c un
emplâtre », usité à Lyon.
Je crois que c'est guinibarda^ grosse
voiture, av. l'assimilât, de 6 à ^ init. (cp,
188).
H
H» en In. lettre purem. orthograph., qui
ne s'aspire jamais, excepté dans l'exclamat.
houssi î
H ABILLI (abilhf) dans la loc. habilli de
S!*ya, habillé de soie, euphémisme délicat
pour éviter de dire cayon.
HABILLI (abilhf) v. a. — Châtrer un
animal, taureau, bélier etc. Habilli in
cayon, châtrer un porc.
De habile dans le sens de mis à point,
en état. Mais le mot a été formé par
l'interméd. du fr. savant habile. Je ne sais
sous quelle infl. Vl s'est mouillée soit en
In. soit dans le fr. habiller.
*HAÏ! (à-ï) donné par Coch. pour l'interj.
dont se servent les charretiers pour faire
aller leurs chevaux en avant. Elle a été
remplacée par hilti hul (v. dia).
HARGNI (argnl) v. n. — Se quereller,
.se harceler. S'emploie surtout dans
l'express. Fetre hargnl los chins, les
exciter â se battre.
D'après Diez, du sYidiJ hdi,rmj an t objur-
gare » ; d'après d'autres, de l'ags. hergian
herian, piller, molester ; se. herry hirry
'• harry, piller, ruiner par extors.
•HARPA Y^arpa.
HARPAYI (arpa-yf) HERPEYI (erpè-yf)
V. a. — Herser.
Paonne sur herpi, av. suff. fréq. eyi.
Dans la forme harpayl ch. de e init. en
a sous infl. de r (66). Ch. de e méd. en
a par analogie av. les v. en ayl. On dit
aussi herst, formé sur herse,
HAUTAINS (ôtin) s. m. pi. Dph. au(m
— Vigne que Ton cultive en treilles ;
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2\%.
HERB
procédé assez rarem. employé et que nous
avons emprunté au Dauphiné.
Car Doutrons oiilm
N'ont rcn que de foille ;
Penouna ne troille.
Fauta de raUln.
€ Car nos hautains — î^'ont rien que
des feuilles; *- Personne ne presse, —
Faute de raisin. » {Chans. dph.)
De fr. haUt^ av. suff. d'oïl ain, d*aHU$,
HERBA-DE-BRUTUS s. f. - A Jar-
nosse, frontières du Lyonnais, Petit houx,
ruscus aculeatus. On la croit bonne
contre les œdômes.
Si étrrtnge que cela paraisse, c'est une
corrupt. de ruscus aculeatus. IjC petit
houx, dans ces pays granitiques, ne croît
pas à l'état spontané, mais seulement dans
les jardins. Le premier paysan qui en a
demandé le nom au bourgeois qui en
avait dans son jardin, a reçu pour réponse
le terme botanique, transformé par le
paysan en herba-de-Brutus. Le mol s'est
répandu av. l'emploi de la plante comme
remède. Le fait est historique et contem-
porain.
HERBA-DE-LA-JAUNISSE s. f. —
Grande chélidoine, grande éclaire, cheli'
donium majus.
Je suppose que le nom vient de ce qu'on
lui attribue quelque vertu dans le traitem.
de la jaunisse. On l'appelle aussi herbe-
auxverrues.
HERBA-DELA-SAINT-JEAN s. f. -
Armoise. En normand lierre terrestre,
glcchoma hederacea.
Ainsi nommée sans doute de l'époque
de la floraison.
HERBA- DU -BON -SOLDAT s. f. -
Plante appelée aussi Benoîte {benedicCa),
à cause de ses vertus médicinales ; geum
urbanum.
Gomme la benoîte, macérée et pilée, est
bonne pour les plaies, je suppose que cette
propriété l'a fait considérer comme spécia*
ïem. utile aux bons soldats, ceux-ci étant
plus exposés aux blessures que les
mauvais.
^HÉRISSON s. m.— Brou des châtaignes.
*- Si le mot existait sous cette forme au
temps de Goch., il est remplacé aujourd'hui
par Urisson,
HERPEYI V. harpayu
*HERPt (èrpi) s. t Messin hirpe -^
Herse.
De *hirpea, de hirpex. Ch. de i bref en
é (81); de ^a en t (54 !•). Hirpex, hirpi-
cem eût donné h%rsi, qui en effet existe,
et tend à supplanter herpi,
HCRSI V. sous herpi,
HEURS (enr) vin. s. m^ pi. dans le
texte suiv. deCoch. [Notice sur S^-Symph.) :
« Les jardins (de Meys) étaient hors des
murs du village ; aussi appelle-t-on encore
le chemin qui passe au bas de l'enceinte
Sous les heurs, par corrupt. du mot lat.
Tiortus, jardin. » C'est av. raison que
M. Onofrio traduit heurs par hourds^
mâchicoulis de bois usités jusqu'au xiii«s.
Origine germ. — Goth. haurds, porte ;
nor. porte d'osier ; holl. horde, clôture
de branchages ou d'osiers ; ail. hUrde,
claie; hurdung, clôture av. des claies.
Au goth. peut donner ou en fr., mais je
n'explique pas son passage à eu dans
heurs. Le wal. hoùr signifie échafaudage
pour les scieurs de long.
HO pron. indéf. v. o.
HOMO (omo) dans la loc. Homo de
bien vrai, pour homme sûr, honnête,
franc. Littér. homme qui est véritablem.
un homme.
A tout vuuiro bôtèrdt jN uHns donno de pôie»;
J'ourint donno de x^bom* de bien vrai k liou muret*
« A tous vos bâtards j'aurais donné des
pères; — j'aurais donné de véritables
maris à leurs mères. » {Lichessec, députa
manquôf chans. contre le doct. Lisfranc,
candidat en 1848).
*HOMO (Ôm6) s. f. dans l'express. In
homô de vigne, ce qu'un homme est
censé fosser en un jour. Goch. dit « le tiers
d'une bicherée, 700 ceps. » A Crap. Vhomô
est de 1000 ceps plantés en quinconce. Il
est probable que la différence vient de ce
qu'on plante un peu plus serré qu'au
temps de Goch., car il va environ 8 homos
à la bicherée. Elle représente donc 430 m«
environ. Dans d'autres endroits on dit
Vouvrée.
De In. homo, homme, av. suff. ô (1),
répondant à ée fr. Aussi pour parler fr.
dit-on une hommée.
•HOQUES (ôke) OQUES s. f. pi. —
Sorte de grandes guêtres. < Oui a bouta
se hoques^ pour dire il n'a pas réussi
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HORT
ei3
dans un mariage qu*il conduisait, dont il
était rentremelteur. » (Coch.) La loc. bettre
se hoque^ liltér. mettre ses guêtres (pour
s*on aller) a des applicat. beaucoup plus
étendues. Vh était aspirée, mais la ten-
dance est de supprimer partout Taspiration,
comme Tindique Texemple suivant :
Avoué quela giiichia je migirlnt me-i-oques.
« Avec cette nichée [de gloutons], je
mangerais jusqu'à mes guêtres. » {GorL)
Goch. cite sans commentaire ce prov :
Ou va hrulô se hoques. Je suppose que.
ce dicton, aujourd'hui perdu, s'appliquait
à celui qui se lance dans une entreprise
périlleuse.
Du germ. — Vx hoU. hoicke, fris, hokke,
manteau ; vfr. hoque, petite casaque qui
80 portait au-dessus de l'armure. Le même
rad. se trouve dans le cell: kym. hug
(liahit, manteau), qui l'a peut-être emprun-
té au germ. En tous cas le passage de
t manteau » à c guêtre > est un bel ex. de
dérivât.
HORTOLAJO (ortolajo) ; à Lyon horto-
lage s. m. M. lat. hortalia hortalitia
hortolagium — Légumes en général.
• Porter son hortolage au marché. »
D^'hof'tultilicum^ d'hortiis, av. suff.
coll. aticHm = (yo {ISt 5"). La conservât,
de la prot. est due au groupe rl{fii);
ch. de u bref prot. en o (69).
HOUCHI (oucliî); à Lyon houchcr v. a.
— Tourner sens d 'ssus dessous. Se dit de
do pommes de terre que l'on fait sauter,
d*un malefaim, d'une salade que l'on
retourne e»c. « Fena, vin don ouchi te
truffes », femme, viens donc retourner tes
pommes de terre.
Même étym. que fr. hocher, que Diez,
et après lui Littrc et Scheler, rattachent
au germ : mha. hotsen, secouer en balan-
çant ; flam. hotzen hulsen, wal. hossi,
secouer; mha. hotse, berceau. Mais nous
devrions avoir hossi houssi^ comme nous
avons blessi de bletsen. Foerster tire
hocher de vx pic. hoc, crochet, « aduncum
instrumentum », comme crocher de croc.
La dérivât, de sens serait celle-ci : tirer
avec un croc un objet suspendu, d'où
mettre en mouvement, secouer, «hocher».
Il faut admettre en ce cas que le wal. hossi
n'a pas la même orig. que le fr. hocher, et
qu'il se rattache à hotzen. Quant à hoc,
il vient du germ : ags. hôc, angl. hook,
hoU. hoek, crochet. Le passage de o à ou
en In. est assez singulier car c'est ordi-
nairem. le contraire qui a lieu. Il est vrai
que dans le vin. o fermé libre = ou, et
que l'angl./iooA (houk) indique probablem.
la prononciat primitive.
HOULE vin. € 2 houlles fer avec leur
couvercle. — 2 autres houlles rompues. »
(/nt?. de la Manécant, 1683)
Fausse orthogr. pour oulle, de olla (v.
olla),
HOUSSI I (h*oussi) — Exclamât, pour
chasser les chiens.
L'impérat. ussi du vfr. ussir, dér.
à^exire par l'interméd. de l'it. uscio
(ostium), n'entre pour rien dans le mot,
malgré l'apparence euphon. Houssi est un
assemblage de syllabes imitant le bruit
du fouet, ce qui explique l'aspirât, de l'A,
complètement inusitée en In.
*HU V. sous dia,
HUEY (uè) VUEY adv. — Aujourd'hui.
\>'hodie. Chute de d (189) ; d'où hoïè
parprogress. de l'ace. (51); o bref libre
s'était diphtongue en uo dans toutes les
langues rom. ; on a donc huoiè, réduit à
huey, et uè dans la prononciat. quand
ey a cessé de se diphtonguer. . Dans le
b. dph. on dit encore uè%. Dans la forme
miey, prosth. d'un v euphon. comme dans
la prononciat. voui pour oui.
•HUQUO s. m. — « Hièble, plante,
sorte de sureau. » (Coch.)
Je ne connais ce mot que par Coch. Il
est certain qu'il l'a recueilli à bon escient
et qu'il Ta noté de façon à reproduire le
son ngo. Il est probable qu'il n'a mis Yh
init. que par analogie av. le nom propre
Hugues, Quoi qu'il en soit, le mot a
complètem. disparu.
Étym. inconn.
HUITANTE adj. numéral. — Quatre-
vingts.
DeAa/<, av. suff. numéml ante. Gomme
le fait remarquer M. Joret, huilante est
plus rég. (\\k'octante, forgé par les savants,
HUMORO (humoro) s. m, — Humidité.
La terre manque d*humoro, la terre
manque d'humidité.
D'humorem, av. fin. o des subst. masc.
(56). Ex. d'un mot lat. conservé av. son
sens classique.
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214
I (dev. les cons.), IL (dev. les voy.)
pron. fém. au cas sujet singul. ; ELLA au
cas-régime sing. ; I (dev. les cons.), IL (dev.
les voy.) au cas-sujet plur. ; YELLES (iôle)
an cas-régime plur. — r A R.-de-G. Elle.
0 Tot qu'i fient de pàdre (i pot pos sVIn deJiire)
i.o fimeux cbtpe-le qu'i n*t jimtts su dzire.
« C'est qu'elle vient de perdre (elle ne
peut pas le nier) — Le fameux chapelet
qu'elle n'a jamais su dire. » (GorL)
Qu'i7 i crefo lo zlo de quou pilsit chat d4.
« Qu'elle a crevé les yeux à ce petit chat
noir. n{Td.)
J tout lot «!■ lanibeaut, i puronl la t>oiMon ;
/ Tant jiiuiis très po» sciiis chdre à cacassoD.
c Elles sont tout en lambeaux, elles
puent le vin ; —Elles ne font jamais trois
pas sans choir sur leur derrière. » (DuéB.)
De e//a. Cité pour la singularité du
ch.. qui remonte haut, car Marg. a illa =
un. Il y a peut-être là un fait d'analogie
av. le pron. masc. il, d*illic.
Presque tout le Lyonn. emploie la
déclinais, suivante :
Sing. cas-sujet, V devant les voy., le
devant les cons : Vômesa môre, le vindra,
elle aime sa mère, elle viendra.
Sing. cas-régime ella : y est par ella^
c'est pour elle.
Plur. cas-suj. /' dev. les voy., le dev. les
cons : Vém6vent^ elles aimaient ; le venô-
vent, elles venaient.
Plur. cas-rêg. yelles : y est par yelles,
c'est pour elles.
Enclitiquem . , sing. elli : vieut-ellif
vient-elle î
Enclitiquem., plur. elles: venont-elles f
viennent-elles?
lAFRO V. niafra.
ICEYENS (isse-yln) adv. — Ici en bas,
là en bas.
Composé de ici et ens^ do intus. Liltér.
< ici dedans ». IV» ici dedans » le sens est
dér. à « ici en bas ».
ICINQUI (issinkl) IQUIENTI (iki-inti)
ITIENTI (ili-intl) pron. dém. — Ceci, cela.
V. cînqui, dont icinqui n'est qu*une forme .
IÇOMONT (issômon) adv. — Ici en haut.
De ici et ômont (ad montent). Gh. de a
init. en ô (59).
ILLAI ; à Crap. LAI ; vin. ILLEC adv.
Vfr. t7a, norm. t7o, sav. ilai — Là, de là.
1497 : « Nectoyer les rues et reparer les
pavés, principalement devant la logis du
dit seigneur, et àHllec jusqu'à S» Pol, la
rue pendant du dit logis à S^ Jehan, et
d't7/ec jusqu'à Nostre Dame de Confort. »
(Arch. m.)
De illacy devenu illtic, <'h. de ac en ai
(10). Le vpr. alai, môme sens, représente
ad illac. Quant à illec, orthogr. du scribe,
il se prononçait cerlainem. ilè,
ILLEC vin. V. illaù
ILLOMONT (ilômon) adv. — Là-haut.
De ill(ac)-ad-montem.
ILO (ilo) s. m. Dph. ilo (xviii* s.) —
Lis blanc.
De {l)ilium, L'aphér. de / est due à
une confus, inverse de celle qui s'est
produite pour l'art, dans hedera = fr.
Vierre = lietTe, On a compris Vilo pour
lilo. Il est à croire qu'avant d'avoir ilo
on a eu ilio (dans le vin. o post-ton.
est représentatif de u) ; io a élé remplacé
par o, par analog. av. les autres noms
masc. (56).
IM préf. V. in,
IMBALLOS (inbalô) s. m. pi. Pr. emba-
las, embalais, — Civière.
Probablem. du pr. embalSiSf av. pas-
sage de a ton. à ô (1). Embalas vient
lui-môme du rad. d^emballar, emballer, av.
suflT. as, d'alius, qui a aussi donné la forme
embalais (rp. pr. palais, de palatium).
Celte double forme monlre, pour le vfr.
solatz la possibilité de venir de solatium,'
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IMBA
215
* IMBANCHI (inbanchi) v. à. — Meltre
dans les hanches (v. ce mol); au fig.
Saisir, prendre, entraîner, empaumer.
E (pour ei) fodra don toujours quê \o Dztblo Vim-
[banehf,]
Ou bus de Tèt Coson ouïe Pitrre t'irrtnclie.
c II faudra donc toujours que le Diable
t'entraîne — Au bois de Gouzon, où Pierre
t'arrange. > (More)
De hanche, av. préf. in et suff. t (15 2»).
IMBARRASSIA (inbarassia) ; ap, Coch*
EMBARRASSIA adj. L Sfiy . êbarracha ^
Embarrassée ; se dit, par euphémisme,
d'une femme enceinte.
Partie. d*imharrass'i, embarrasser, tiré
du fr.
IMBIARNO V. emhiernô.
IMBIERNA V. embierna.
IMBIERNO "v, emhiernô.
IMBIORN, A (inbiorn, a) adj. •— Embar-
rassé, maladroit.
Subst. V. tiré dHmhiernô imbiarnô.
Le passage de a à o a pu être facilité par
l'infl. de borné.
IMBIORSES V. sous embaissi.
IMBOCONNO (inbôkônô) EIMBOCON-
NO ; à Lyon emboconner v. n. — Exhaler
une très grande puanteur.
Et te pu tcllameiot la crapa
Que VtimbocoM lo payi.
» Et tu pues tellement le vin — Que tu
répands la mauvaise odeur dans tout le
pays. » (Due Bib.)
De bocon, mauvaise odeur, primitivem.
poison (cp. empoisonner, sentir mauvais,
de poison), av. préf. im, de in, et suff. ô
(14 3«).
IMBOSSI (S*) (s'inbossl) EIMBOSSI
(inbossl) V. pron. — S'enivrer.
Et cou fameux Po-le,
Que fat junô se geios par t^eitnboui so le.
t Et le fameux Poulet, — Qui fait jeûner
ses gens pour s'enivrer tout seul. » (Mén.)
h*imbossu, entonnoir, av. suff. i (15
3», rem. 2),
. IMBOSSU(inbossn) EINBOSSOU EM-
BÔSSOU ; à Villefr. EM BOSSOIR s. m. —
Entonnoir.
Quant il aot lychl tôt lloa sou
Par la doly d*eiii eimbossou.
€ Quand ils ont bu tout leur saoul —
Par la douille d'un entonnoir. » ( VoL de
jamh.)
De bosse, tonneau, av. préf. in et suff. ,
M, ou (34 bis). Villefr. a employé le suff.
d'oïl oir, d'oriMm. Gp. vfr. embut, de iw
et butta.
IMBOTO (inbôtô) v. n. — Enfoncer
dans la- boue.
On le dérive ordinairem. de botte (se
faire des bottes de boue), mais est-ce
bien sûr? Les paysans qui t s*embottaient»
ne portaient pas de bottes et ne savaient
pas même ce que c'était. Faut-il y voir le
thème bot, boue, qui a formé le lorrain
bodêre, le pic. baudelé ; d'un rad. celt :
kym. bud hudr, boueux, malpropre, qui
reporte à baw, boue, excrément» Budr,
budir se retrouve dans le dér. lorr.
brodian, boueux. Au rad. bot ont été
joints le préf. in et le suff. d (14 !•). La
persist. de t serait normale, le mot ayant
été formé par voie de suff.
IMBOTTO Y.embotto.
IMBRINQO (inbringô); à Lyon embrin-
guer. — Embarrasser, créer des difficultés.
A s*est imbringô de cela fumella, il s'est
empêtré de cette femme.
De b. lat. briga, av. préf. in et suff. ô
(14 4-). Nasalisât, de i (184 7«).
IMMANDO (S*) (s'in-mandô) S'EIN-
M AN DO V. pr. — Aller, venir.
Noutro D*hommo dévoie, et sln pidre corajo, '
S*immande to d*In coq Jusqu*a Tes San Remou.
c Notre homme dévale, et sans perdre
courage, — Marche d'une traite jusqu'à
Saint-Rémy. » (Ina Miseri, chans.)
Ein lydxisant: Moda don, moda don !
1 s*9inmandxû
€ En lui disant : Va donc, va donc î —
Elle s'en alla. » (Due Bib.)
De 'in-mandare se, par une dérivât,
de sens assez singulière. Gp. la loc. de
Lyon s'amener pour t venir». Suff. ô
(14 !•).
IMPAILLI (inpalhl) v. a. — Mettre de
la paille pour servir de litière aux animaux.
De in et paillt, formé sur pailli, Suff. t
(16 4-).
IMPANISSURE (inpauissnre) s. f. —
Ternissure faite à la pièce tissée par
manque de soin de l'ouvrier. Vx dph
empani, se dit d'une glace ternie.
l>"impani, verbe inusité, mais qui a
certainem. existé et dont le dph. empani
est un partie. Impani vient lui-même de
Un-pan nés ce re, recouvrir , formé sur
pannum (cp. it. appenare c ôffuscare >,
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216
iMPL
recouvrir), av. préf. iw. et devenu inpan-
nire, en passant dans la 4* conjug., comme
tous les verbes inchoatifs. A empani s'est
ajouté le sufT. iss-iira^ comme pour tous
ces verbes (cp. meurtrir meurtrissure,
fétrir flétrissure)^ parce que, au part,
prés, ils prennent la syll. iss entre lerad.
et la terminais. Il suit de là, que, en
réalité, impanissure a été formé sur
impaniss{ani)y av. suff. ure.
IMPLEY1 (S') (s'inpié-yl) v. pron. —
Monin le traduit par Travailler. Le sens
le plus général est Faire une affaire, se
mettre à une chose, s'occuper d'une affaire,
faire des démarches pour l'amener à
réussite. S*impleyl à tian^ faire les choses
en leur temps.
D'imp/tcare. Gh. de i bref en ei (19) ;
de care en y» (16 2').
IMPLURE (inpiure) v. a. — Emplir.
Qvtnd. «l*iH rplnor subit, soi ôrpt eartjouj*
Eimptut lie bulion liUnc la pompa flgornouM.
« Quand, d*un retour subit, sa main
courageuse — Emplit d'eau la pompe
traîtresse. » (Mén,)
D'implBre, mais formé sur le partie.
implu, lequel a été fait par analog. av. dù^
pu, reçu et autres partie, des v. en ère
lat. (oî'r fr.). En effet, le fr. emplir est
irrég. et devrait être emploir, part, emplu.
IMPLU RI V. empluri, attiser le feu.
IMPLURI (inplnri) s. f. - A Paniss.
Cheville passée dans le timon et le joug
pour les fixer ensemble.
Subst. V. tiré d'implure, parce que la
cheville remplit le trou. On dirait en fr.
un « remplissage ».
IMPORA V. empare.
IMPUNTI (inpuntchi) v. a. — A River.
Exciter qqu'un contre un autre. V. prou.
sHmpuntchi, devenir plus aigre, plus fort.
Lo vint sHmpint, le vent devient plus fort.
Formé sur punctum, av. préf. in et
suff. t ( 1 6 8»). Tchi est une prononciat.
locale pour ti.
IN (in). Devant les explosives labiales
il est écrit im prép. — 1. Dans.
De in, mais après avoir passé par en
dont la nasalisât, s'est aiguisée. Dans
tous les mots où subsiste encore en, il
tend à être remplacé par tn.
2. Préfixe. — a) A une significat. pu rem.
explélive et remplace les préf. e, a : indrugi,
knpunti, iniunô.
b) Indique l'action du dehors au dedans,
intrum'i, invorpô, inchambitô, imballot ^
imbossu.
c) A une significat. négative. N'appartient
en ce sens qu'aux mots empruntés à la
format, savante : inocint.
INCAFORNO (S') (s'inkafoniô) v.pron.
— Se replier sur soi-même, de façon à se
chauffer en recouvrant le feu.
De ftLrnum, av. préf. f«, suff. d (14
'd*) etprosth., devant le thème, de la syll.
péj. ca (v. caborna).
*iNCAMO (inkamô) 8. m. — Bruit^
criaillerie, tumulte. « Que d'incarné par
rin du tôt », que de bruit pour rien du
tout ! S'emploie surtout au plur : feire de
sHncamôs.
Étym. inconn. Peut -on songer à in-
clameitum t Chute de l dans le groupe
init. (105, rem.). Gh. de a{tum) en d(l).
INCHAFETO EINCHAFETO (inchaftô)
V. a. —Entraver les jambes, donner an
croc-en -jambe.
Cepeiodint Sarsinio vé Pdou que rafèto ;
Volant lo fuparô, moo hommo §*einchafèti.
c Cependant Sarsiniau voit Péteux qui
rétle; —En voulant les séparer, mon homme
s'entrave. » (Mel.)
Étym. inconn. — * In-cap{u)tB,re^ faire
toml)er la tête en avant, devrait donner
régulièrem. inchattô (78 et 161, 6% 6) ;
toutefois, avant la chute de u, p a pu
s'adoucir en /*. On a l'ex. d'une format,
analogue dans cap(i)tana = cheftaine
(v. ce mot). S'il en est ainsi, le verbe
aura été inchaftô, puis inchafetô par
insert, d'une voy. d'appuKçp. la prononciat.
In. volupeté. L'insert. de la voy. d'appui
a été facilitée par les formes verbales où
ft est devenu post-ton : il ^'tnchafte, il
s*inchafete, et il sHnchafète, où e, devenu
ton., passe à è, comme dans il sème, de
semer.
INCHAMBITO (inchanbitô) v. a. —
Donner un croc-en-jambe.
De chambita, av. préf. in et suff. ô
(14 !•).
INCHANT(inchan);àLyon ENCHANT;
vin. ANCHANT ENCHANT (anchan) s.
m. — 1. Angle d'une maison ou d'un mur.
C'est par erreur que M. Godef., dans les
divers textes In., traduit enchant par
montant de porte.
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INCH
217
2. Pierres dressées sur lit et sur angle
et servant à bâtir les enchants.
De csintus, av. préf. en ou in. Gh. de
c en ch (84).
INCHAPLO (inchaplô) ; ap. Coch. EN-
CHAPLA V. a. — 1. Aiguiser une faux av.
renclume e,l le marteau, 2. Piquer les
meules d'un moulin. 1 3* inchaplont le mole,
« ils piquent les meules ».
De ^hi capulAre. V. chaplo.
INCHATTI, IA(inchati. ia) adj. partie.
— Attiré, fasciné, passionné pour
Adj. part, de inchatll.
INCHATTI (inchàti inchatchi) v. a. —
Fasciner, attirer par des caresses.
(^est fr. achalir^ de chat, av. ch. de
prèf. Celle orig. e.\plique la fin. irrég. i,
qui devrait être ôaprés unedenlale (14 1")
INCHI (inchi intchi) ; ap. Coch. ANCHI
s. f. — l.Gros robinet de boisa l'usage de
la cuve, t Achitô devina V inchi de la tina,
acheter du vin en cuve *.
Du vha. anc7ia, jambe, tibia, au sens
d'os creux. G p. lat. tibia, flûte. An a été
confondu av. en et traité comme tel (65).
Fin. 1(54 2-).
2. Petit fossé en travers des chemins,
déversant l'eau dans les fonds riverains.
Dérivât, de sensd'mc^in. Le petit fossé
amène l'eau comme un robinet, une can-
nelle.
INCLÉNA V. incliono.
INCLIONO (inkliono) à Crap. ; à Morn.
INCLÉNA s. f. Bagnard enlhuna^ Jorat
enhlyèna, it, incudine — Enclume.
T>*incndiiiem. Il y a eu sans doute
hësitat. sur la quantité de m, car diverses
formes franco-pr. témoignent d'un u bref,
tandis que le fr. et l'it. témoignent d'un u
long. Incudinem donne incolna par un
ch. de d en / dont la format, est restée
obscure, malgré tous les efforts faits pour
l'expliquer. Incolna donne inclona par
métath. de / et incliona par insert, de
yotte (164 2*. a). Je ne sais pourquoi
dans incliono la fin. o a été substituée à
à la fin. fé m. a, ni pourquoi dans incléna,
0 ton. a pa.ssé à é.
INCLiOU (inklion) s. m. — Enclos.
De in'Cla,u(siim), Épenth. de yotte dans
le groupe cl (107) ; çh. de au en ou (49).
INCOBLES (ink6ble) s. f. pi. — Entraves
q^'on met aux pieds des bœufs ou d'autres
animaux.
De cop(u)la, av. préC /;/. V. incohl/i.
INCOBLO (inkoblô) ENCOBLO (anko-
blô) ; ap. Coch. ENCOUBLA v. a. — Metire
des entraves à un bœuf, à un cheval ; au
fig. Donner un croc-en -jambe, renverser.
De fout los lus dija dopond la villi corda
Doiilj'aylions encoblô par la laidi discorda.
« De tous côtés déjà est détachée la
vieille corde — Dont nous étions entravés
par la laide Discorde. » {Hym.)
D'*i?i'Cop(u)la,re, au sens d'attacher
ensemble les jambes de devant de l'animal.
Ch. de p/ en 6/(1 64 7-); de a?^ en (5(1480).
INCOTI, IA (inkoti.ia ; à Crap. INCUTI
IA ; A St-Mart. ENCOTCHI INCOTCHI adj!
— Embrouillé, collé, en parlant des
cheveux; au fig. entrepris, engourdi, peu
adroit. S'emploie substanlivem.
De l'uriia dou scrutin o ne toiiirit plut
Ni de maire l'nco/i, ni consillis cuius.
« De l'urne du scrutin il ne .sortirait
plus — Ni de maire inintelligent, ni de
conseillers éclairés comme des vers
luisants. » (Hym.)
De 'coaciAre (formé sur coacium), qui
donne coaitl (61 et 15 2») réduit à cùtî.
Sur incuti v. cuti.
INCOUETTI, IA (inkouéli, ia) adj. —
Pressé.
De *in-coct9itum, partie, de in^coctare,
Ch. de o + c en oué (cp. 42 3«) ; de atum
en i(15 3«).
INCRENILLI, IA (inkrenilll, ia) EIN-
CREGNILLI, IA ; à Lyon encrenillé adj.
— Torta, crispé, crochu.
Ton motru front reinissily *
Et Ion arpion eincregnily,
« Ton méchant front ridé — Et ta main
crochue. » {Due Bib.)
De crinem, av. préf. in, de in, et suff.
fréq. ilht, Increnilhi, crochu comme un
crin. Jlong s'est affaibli en e, à cause de
sa posit. à la prot.
INCRO (inkrô) v. a. — Fixer, graver.
« O me simble que je veys son visajo
incrô dins lo buffet », disait une bonne
femme en parlant du souvenir qu'elle avait
de son fils mort.
De fr. ancrer, où le son an a été
confondu av. en, prof, des verbes.
INCUTI V. incoti.
INDRUGI (indrujl) v. a. — Fumer,
mettre de l'engrais.
9\
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218
INFO
De drugi, fumier, av. préf. in et suff. i
(16 2').
IN FORGES (infôrge)s. f. pi. — A Paniss.
Entraves de clievaux.
De in-fa,br(i)ca. Gh. de 6 en w dans hr
(164 8»); de c en j (178 6") ; d'où m-
faurges infôrges,
INGANNO (S') V. pr. Vfr. enganer —
A Paniss. 1. Se tromper, se gourer. 2.
S'embarrasser.
De 'in-gannB,re^ du b. lai. gannum,
raillerie ; du vha. gB,man, mha. gamen,
ags. gamen, angl. game^ jeu. Cp. l'express,
t se jouer de qqu'un ». Suff. ô (14 3*).
INGOLO (ingolô) EINGOLO v, a. —
Avaler.
Çuc siàrt-lo de vo dégueulô,
Vo pouô.l«s pès Yo ztingolo,
« (Ju3 sert-il de vous crier des injures, —
Vous ue pouvez pourtant pas vous
avaler. » {Due Bih.)
De gjJLÎa = gola^ av. préf. in et suff. 6
(14 «0).
INGOUSU, UA (ingouzn, ua); ap.Goch.
ENGOUSU adj. — Glouton, goinfre. Gp.
placent, ingnsa, étouffer.
De * in-glutiosus* Gh. de u bref en ou
(34), de ostim en u (35) ; de ^ en j (138).
On a inglousu passé à ingousu par suite
de qq. diflicuUé de prononciat.
INGRANO (ingranô) EINGRANO v. a.
— Faire tourner un engrenage.
0 ve «rfii autro lA l'harborUle Piqueta,
(^M'eingrnnek lourde bru ina rleilli raqueUa.
« (^est, d'un autre côté, l'herboriste
Piquette — Qui fait virer à tour de bras
une vieille crécelle. » {Afén.)
De 'in^crenare, formé sur crena^ cran,
à cause de l'engrenage de la crécelle Gh,
de cr en gr (105) ; suff. d (14 S*).
INGREMIN A (ingremina) ENGREMINA
(engremina) s. f. — . Homme engourdi,
mou, paresseux, endormi.
De grumum, av. préf. m, de in et suff.
dini. ina, Ingremina, qui se tient en
peloton. Gp. gén. greminio^ épais, serré;
loulous, engrumelat, accroupi. U étant
prot. s'est affaibli en e. Beaucoup de
mots péj. appliqués aux hommes sont
fém. Gp. baranqua, étupa, farbella,
pelata, gorlanchi.
INGUEUSO (ingheuzô) v. a. — Tromper,
au sens de tromper une fille : Tngtteusô
ina bôyi, séduire une fille.
Formé sur ingueusu, av. suff. d (15
8', rem. 3).
INGUEUSU (ingheuzu) ; ap. Goch.
ENGUEUSEUR s. m. — Trompeur,
enjôleur. Rch. engueuseur « se dit lors-
qu'on fait de belles promesses à un enfant
pour lui faii*e faire quelque chose contre
son gré (Hécart). »
Je doute fort que le mot ait été formé
sur gueux, qui se prête au sens d'une
façon tropsul)lile. J'y verrais le vfr. savant
induiseur, séducteur (induisemeni, sé-
duction), passé à engueuseur ingueusu
sous l'infl. de gueux. Quanta induisem\
c'est un dér. de induire, av. un suff. relié
par s, cons. fin. du prés, de l'indic.
INLUISO (inluizô) s. f. — A Paniss.
Lueur, dans l'express, in* inluisô de
soler, une lueur de soleil entre deux
nuages.
De inlucere = inluizU par ch, de u
en ui (cp. 48) ; de c en j (130), et de e
long en t sousinfl. de la gutt. (cp. 15 'i*)-
On a dû avoir le subst. part, inluisia^
qui devait se réduire à inluisî. La sub.s-
titut. du suff. ô s'est produite sous une
infl. analogique av. les subst. en ô pré-
cédé de 5, non précédé lui-même de yotte
(cp. ina peso, une pesée) mais je ne connais
pas d'autre ex. de cette confus.
•INNOUCEN V. inocinL
INOCINT V. enocint.
INQUEU (inken)adv. Vfr. encui, pr.
ancui, dph. inquèi vx it. ancoi, Bâle
okeu — Aujourd'hui.
La jornô A'tnqueu ly vaut dxix rep6f.
« La journée d'aujourd'hui lui vaut dix
repas. » {Tré C.)
Diez voit dans la 1" partie des mots
vfr. etc. adhuc^ qui a donné vpr. anr,
vfr. ainc€ unquam ». Encui serait adhuc
hodie « encore aujourd'hui ». Il semble
bien moins compliqué comme sens d'y lire
hanc hodie ; et pour le In. inqueu, de lire
hune hodie. Nasalisai, de u en in (47);
ch. de hodie en uey (v. huey), d'où inkuey,
réduit à inheu, orthographié inqueu,
'INQUILIN (inkilln) ENQUELIN (anke-
lin) s. m. Piénr. inquilin — i. Locataire,
mot très usité à Lyon il y a W ans, mais
qui s'est perdu. — 1495 : « Inquilin ; Jehan
de Paris, peyntre, lient à la louage Ja
première (ap. Gharvet). » — 1686 : t A été
ordonné... de s'enquérir des maisons es
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INRO
219
quelles il n*y a aucuns aiguediers... pour
contraindre les tenementiers et inquilins
par justice à faire les dits aiguediers. «
(Arch. mun.) — 2. Camarade, ami. « Vo
ne m'ai! pô solomen donô in motru chouro
par me devarti avai mou zayiquilins^ »
vous ne m'avez pas seulement donné un
méchant chevreau pour me divertir avec
mes amis. (Pat\Cond.)
D'i7iquilinum, Inqiiilin est de format,
savante, et e.iquelin de format, popul.,
comme le démontre laprot. méd. t, conser-
vée dans le mot savant (78).
INROLLI, lA (inrolhl, llia) adj . —
Raide, i*aidi. c Al est inrolU per le dou-
leurs^ il est enraidi par les rhumatismes».
De fr, rouille ^ ro/Zii, av. préf. in et
sufT. 1(15 4*).
INRONCHi(inronchl);àPaniss.lNROU-
CHI V. a. — Enrouer.
De ^in-raucAre. Gh. de au en ou pour
la forme inrouchi (75) ; de care en chi
(15 *^). Le passage de au ou à on dans
î/irowc/i/ s'explique par une infl. onomatop.
INSACHI (insachl) v. a. — Mettre dans
un sac.
De snchi, grand sac, av. préf. in etsuflf.
ï (15 2«).
INSARRO (insarô) v. a. — Enfermer.
S'itisarrô, s'enfermer, se tenir chez soi.
De Un-serAre, de sera^ serrure. Gh. de
e ena (66) ; de are en ô (14 â»).
INSIAN (insian) INSION (insion),«p.
Goch. ENSION adv. — Ensemble.
I*usf in, qiian no Mron périqui loo in«ion,
Je tésirë lu coù ptr dooiib ma licimi.
« Puis, lorsque nous serons par ici tous
ens imhle, — Je saisirai l'occasion pour
donner ma leçon. > (Ina Miseri)
De in-simul, qui, par la diphtongais.
primitive de i bref, a donné insiem (cp.
il. insieme), qui se prononçait insian^
comme tian^ de temptts. L'yotte a protégé
ce son en et l'a empêché de passer à in,
selon l'usage. Insian a passé à insion
dans un assez grand nombre d'endroits
(9, rem. 2).
INSINAU (insinô) s. m. — A Yzer.
Deuxième timon accroché au !•' quand on
double Tattelage.
Élym. inconn. — Tout ce qu'on peut
dire, c'est que la syll. fin. au représente
sans doute le sufT. ellum. On a peine à
croire que le fr. savant insinuer, av.
corrupt. du sens en celui t d'ajouter », ne
soit pas pour qq. chose dans le mot.
INSION V. insian.
INSOVO (insôvo) s. m. — Manche du
fléau.
Étym. inconn.
INTANO (intanô) v. a. — Entamer,
couper.
D'in'tam{i)ji9Lre, de iamen pour tag-
men (tag tango). La forme In. met à
néant l'étym. celt. lama, proposée par Che-
val let. Ghule de m dans le groupe mn
{111 1«). Cette format, est plus rég. que
dans le fr. entamer, où c'est au contraire
la 2» cons. qui est tombée.
INTANURI (intanuri) s. f. — Coupure,
écorchure, entamure.
DHntanô, av. suflT. uri (87).
INTORNO (intornô) v. a. et pron. —
1. Entourer une terre de haies, de fossés
etc. 2. S'en retourner.
De *in'tornAre. Gh. de^reen ô (14 3").
Gp. it. intorno, autour. Dans 2. tornare
est pris au sens de « vertere ».
INTOYI V. étotji,
INTRA (intra) s. f. — A Yzer. Tour de
roue.
De 'in-tornumtmintronum par mélath.
de r (187 !•). intro par régress. d'accent,
et in^rrt par le passage du mot au fém.
INTRACLIO(S') ;s'infcrakliô) v. pron. —
A Paniss. S'embarrasser les jambes.
De i?i-trag{u)la,re, formé sur tragula,
ti*ain3au, de iragere pour trahere. Gh. de
cl en gl (164 2©. a, rem. 2).
INTRAFICHI (intrafichî) EINTRAFI-
CHI V. a. — Entremêler, déranger, enche-
vêtrer, embarrasser.
Lo brut corri diiit lote le cbarrére
Que sou goii le Irofove boucbi
Et que se diats l'elsant intrifichi.
« Le bruit courut dans toutes les rues..*
— Que son gosier se trouvait bouché, —
Et que ses dents s'étaient enchevêtrées. »
{Gr, Jonn.)
D*intra-figica,re. Chute de g (134);
chute de i prot. (78) ; ch. de care en chi
(15 2«).
INTRAFICHI (intrafichi) adj. — Embar-
ra.s.sé. sot, maladroit.
El deMus son car-ne. Zozo, Veiutrafkhi,
Va aoto lo bons motf qu'ai einteindra cracbi.
c Et sur son carnet. Zozo, l'incapable.
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220
INTR
— Va noter les I)on8 mots qu'il entendra
débiter. » {Mibu)
Suhst. part, d'intra/îchl v., pris au flg.
INTREMO (inlmnô) ; k Morn. ÉTRÉMO ;
à D.de-G. INTRUMO EINTR'JMO;«p.
Coch. ENTREMA v. a. For. entruma
— Enfermer. Intremô le vache, les faire
rentrer à rélahle. Gasc, Qiierci, H*-Lan-
gued. entruma e7itrumi estriimi, assom-
brir, obscurcir ; Igd. atrunia, môme sens.
LoH tems s*alrumOf le temps s'assombrit
(«2^. Mistr.) ; pr. atramen, encre.
Uailame sVifKrumt deinsson apparlameint.
« Madame s'enferma dans son appar-
tement. i> {Dt'p.)
Du rad. air, d\ifrum:\e mot répondrait
à un ^atram[i)n%re, formé sur *atramen.
F^a syll. init. a a été confondue av. le préf.
a, auquel on a substitué le préf. e?i in,
de in. L'idée primit. est celle de mettre
à Vomhre, pour « mettre en prison ». Les
mots d*oc ne laissent aucun doute sur
létym. Atram[i)nare donnerait atramô
par chute de n (cp. fem{i)7ia = femme) et
oh. de are en 6 (14 3") ; d'où atramô,
atremô, par afTaiblissem. de la prot., et
t/itremô par ch. de la voy. init. en préf. in.
INTRUMO V. intremû.
INTUNO(intunô) v. a. — Étonner, stu-
j>éûer. Lorr. entuner, assourdir, étourdir.
Du mha. stfXnen, ail. stannen erstau
uen, être stupéfié, perdre son pouvoir
d'action ; ags. stunian, « to make slupid
with a noise » ; b. écoss. ^^onay, stupéfier,
étonner; 2ir\^\. to st un. E a d'abord été
préposé à st (112 1"), puis es, pris à tort
pour un préf. a été remplacé par in.
INVAJO (invajo); ap. Coch. ÈVAGEO
s. m. — A Crap. Qualité, race. « Cela
pomma est d*un bon èvageo, celte pomme
isl d'une bonne qualité. » (Coch.) — Se dit
aussi d'un enfant, d'une génisse, etc. Al
è de bon invajo^ il est de bonne race.
Le même qu'aicq/o, av. substitut, de m
à «, qui a été pris pour un préf.
INVARRO V. envarrô.
INVARTOYI (invartiVyl) ENVARTOYI
(anvartô-yl) ; ap. Coch. ENVERTOLLI v.
a. Sav. envortollier, dph. envortoulha,
pr. envertouia, mars, envartouia —
Envelopper en roulant, entortiller. « Va
incartoyi sa roba, elle a entrulillé .sa
robe autour de ses cuis.«50S (pour passer
De *in-volttLre, fait sur volutum. Gh. dtt
/ en r (170 4»); de o init. en a sous infl.
de r (cp. archipotAQ hochepot). On a in-
varlô et, av. adjonct. du sufT. fréq. olhl^
invartolhï passé à invartoyï (164 2», c).
INVERGIA (inverjia) VERGIA ; à River.
VARGIA s. f. — A Paniss. Partie mobile
du fléau.
De virf/SLta. Ch. de t bref en è (68).' A
fin. a été préservé par yotte (1, rem. 3),
qui lui-même a été engendré par la gull.
Gh. de ff en j (85, rem.).
INVERS(L') s. v. Envars.
INVERS (A L') (à l'invèr) loc. adv. —
A la renverse.
I.a TOdfa de Saiol-Anduer,
On le Je flJie chayont à Vinrert,
« La vogue de Saint-Andéol. — Où les
filles tombent à la renverse. » {Dicton
popul.)
De in-versus, qui se dit ordinairem.
invar (24) et où è n'a persisté que parce
qu'il élait nécessaire à l'assonnance.
INVERSAT (A L') (inversa) adv. — Au
nord, par opposit. à à Vadret, au midi.
Piém. à Vinverss, modénais à Varvers,
au nord (v. envars),
D'inversum, av. suff. at, le midi étant
considéré comme c l'endroit », adret, et le
nord comme « l'envers ».
INVERSIS(LOS)(lo-z-inversi) s. m. pL
— Lieu dit à S»-Didier-sous-River. Gp.
Inversa en Piémont.
D*mrer5wm, av. suff. coll. is, d'itius
au lieu de at comme dans inversât (v. ce
mot).
INVIURA (invinra) s. f. — Marque sur
le corps, attribuée à une envie de femme
gros.se.
D"invidatU7'a, d'invidia. Il y a dans
ce dér. une idée logique qui n'existe pas
dans le fp. popul. envie au sens de marque.
Cette idée est celle de la différence enire
le désir, et la chose, conséquence de ce
désir. Chute de d (189); de t (185);
d'oùinvfa'ura, védmt à inviura. Observez
toutefois que in init. a été en (enviura),
puis est revenu à in.
INVORPO (invorpô) v. «. — Envelopper.
Du môme type que celui du vfr. voleper,
av. préf. in. Ch. de / en r vl47 2 ) ; suff.
o (14 8'). D'où invorep) et invorpo, par
chute de e prot.
lOCHE V. liôche.
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IQUI
221
•IQUI (iki) adv. Vfr. iqui. — Ici, là. —
M17 : « Lequel a fait son rapport qu'il y a
des gens d'armes autour de Dijon, les-
queulx, commel'on disoit, dévoient descen-
dre devant la Roche de Sullilréetdï^Mi sus
Lyonn«jis. » {Ref;, cons )
De ecciChic. Ecce hic n'expliquerait
pas iqui, c devenant siftlant devant e, î
(88).
IQUIEN (iki in) pron. déinonslr. — Ceci,
cela.
De eccii'hunc (de préférence à ecce hune,
indiqué à tort à cinqui,) V. iqui*
IQUIENTI V. icinqui,
IRA (ira) à Morn. ; à River. ÉRA ; à
Crap. IRI s. f. — Lierre.
De hed[e)ra, Gh. de e bref en t (25) ; de
a tin. en i dans la forme iW, plus lyon-
naise (54 4^). Ira est une forme archaïque.
*IRAGNI (iragni)s. f. — Araignée Cette
forme donnée par Goch. est du In. de la
ville. La campagne dit uragniri.
D'arSLfiea, sans doute par une forme h.
lat. iranea. Gh. de nea en gni (148 3*
et 54 !•}.
IRI V. ira,
ISIAU (iziô) ZIZIAU (ziziô) s. m. —
\. Oiseau. In ziziau, un oiseau.
Taili critYc a la rionde:
Itiavo, lu iioviu siziavx !
« Tous criaient à la ronde : — Bravo les
nouveaux oiseaux! » (Chans. de Recér.)
h^aucellum. Gh. decen ^(180). Jinit.
est peut-^tre un phénom. d*assimilat. av. i
de ia«, d'ellum (32). Dans la forme
ziziau la proslh. de z est due à l'emploi
de l'article: los isiaux, lo-z-iziaux, in
ziziau.
2. Sensu obsceno « Pénis )».
ISSEROBLO (isserôblo) s. m. Genev.
isserable, fr.-comt. iseraule — Érable.
D'acer arbor, qui donne aisserable (v.
aysserable)y dont je ne sais pas expliquer
le passage à iss érable.
• ITIENTI V. icinqui.
•lUNTÈS ainsi orthographié par Coch.
pour onte esUce^ où est-ce, av. la proslh.
d'un yotte euphon. comme dans yor«î pour
ore.
IVRAYA (ivra-ya) s. f. — Ivresse.
Car jamais la nionrya
N'ciirii^hy tibaret oute iboiiUv l'irroya.
« Car jamais la fortune — N'enrichit
cabaret où l'ivresse est commune. » {Hym.)
D'ebria,ca, comme le fr. ivraie, et aussi
le pr. abriaga qui démontre l'exactitude
de rétym. Mais ebriaca signifie simplem.
€ ivre » au fém. Le vfr. ivrais yvrais, l'it.
imbriacOy d'ebriacus, veulent aussi dire
ivre. Il faut nécessairem., pour la format,
logique, qu'il y ait un ebriaca subst., tiré
d'ebriuSf comme on a pastinaca, de pas-
tinus. Ebriaca, du reste, ne donne pas
irraye sans qqs anomalies. Le ch. de e
init. en i a dû se faire sous l'infl. du
voisinage de l'yotle de l'hiatus. Le ch. de
6ren rr paraît une format, d'oïl (164 8»,
rem.), car ad bib{e)rare a donné abeurô,
La difficulté de prononcer iouraye est
peut-être cause de la non vocalisât. Ch. de
ac en ai (10). Par l'addit. de la post-ton.
a (53 , on a ivraia^ passé à ivra-ya.
IVROGNI (ivrogni); à Lyon ivrogne s.
f. — Pivoine.
De fr. ivrogne, à cause de la couleur
rouge sombre de la pivoine, qui est ici
comparée à un nez de buveur. Fin. i
(64 3»).
J
JABIOLA (jabiola) s. f. — 1. Panier à
claire-voie pour enfermer les poulets.
2. Grande jarre de paille et osier.
Répond à *capeo/a, mais a été formé
probablem. sur l'it. gabbia, av. suff. oîa,
car la remonte de v à & s'expliquerait
difficileni., et le passage de c init. à j ne
peut avoir lieu que par l'intermédiaire
de g (90). L'immigrat. italienne au xv«-
xvi* s. explique la format, d'un certain
nombre de mots dans notre patois.
J ABONDA (jabonda) s. f. — Bavard,
bavarde.
Formé sur la l** per.»*. du prés, de l'indic.
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JACI
du V. ahondn^ abond9r Ce mode de
format, est fort rare. Cp. fr. une madame
j or donne,
^JACINIÉRI (jassiniéri) s. f. Dph. Jact-
neiri — Femme en couche.
De jacire, qui, av. suff. ina, donne
*jassina par ch. de c palat. en ss (130).
Jassina est perdu, mais a certaiuem.
existé, comme y fr, gésine. A Jassina s'est
ajouté le suff. tri\ d*aria (18).
JACLIA y.jiclias. f.
JACLIO V. jicliô.
JACQUES Chemin de saint Jacques,
voie lactée, parce que la voie lactée se
dirige du nord au sud, direction approxi-
mative de S'-Jacques-de-Gompostelle.
JAGNI y.jani.
JAI Uftï) s. m. — A Morn. Geai. Le
geai a chez nous des noms variés : jaï,
(jironnet, genelai, macariau, suivant les
lieux.
Du vha. gdhikdhi ;v[i\i^. gaehe, rapide,
vif, impétueux, qui a donné fr. geai, si
toutefois l'étym. de Diez est exacte, ce qui
est fort douteux. On voit queladiphtongais.
n'a pas encore disparu. Morn. a conservé
la diplit. dans beaucoup de mots où elle a
disparu aux environs de Lyon.
. JAI s. f. y.Jage.
JAÏRE (jaïre) JÉRE O'ére) v. n. — ?e
coucher, s'étendre.
De JSLcere pour jacere, par régr^^ss.
d'ace, probablem. sous l'infl. des temps
forls : jSLceo, jViCft etc. (^.h. de ac en ai
'10). Cet ai a passé A e dans heaucoup d'en-
droits.
JAIVi (jèvi) s. f. — Gage.
Répond à cnvea^ mais vient de l'it.
gahhia{y.jabiola). L'yotte s'est diphtongue
av. a init. Fin. i (64 !•).
JALÉGNI (jalégnl) s. m. — A Hiver.,
H.-de-G. Poulailler.
De \x\,jalèna, av. suff. t. d'armm (18).
JALÉNA (jalôna) s. f. — A R.-de-G.
Poule.
De gallina; mais tétant long on devrait
avoir jalina, comme on a fr. gêline,
Toule une série de pat. a è au lieu de i;
rch. glène^ comt. gelène ogelène eselène,
vosg. gerainCt pic. glaine. Je crois que
celte forme s'explique par Pinfl. de la
nasalisât, de i: gallina jalin-na jalaine
wïijalène. Cp, marraine de matrina.
La format, serait encore plus simple .si
l'on avait un masc. jalain» Le In. ei?
général ne garde pas la nasalisât. {B),
mais R.-de-G. subit des infl. du for. qui
est lui-môme un dialecte d'oc. Ch. do g.
init. en ^(90).
JALIRI (jaUri) s. f. — Gelée.
De *gelaria. Ch. de g en j (92) ; de r
en a (64) ; de aria en iri (13).
JALO (jalô) V. n. — Geler.
De gelB,re (v. jaliri) ; ch. de are on 6
(14 3^).
•JAMBAROTTA (janbarùla). aujourd.
CHAMBIROTTA, dans la loc. soiUo à la
chamhirotta, à Lyon sauter d la jambe-
7'oUe, — Sauter sur un pied.
De gBimha=c?iambaeide rupta^^roffa.
Ch. de u bref en o (38) ; de pt en U (161
6*) ; de a en i par affaiblissem. de la
prot.
•JAMBETTA (janbèla) s. f. — Mancho-
ron d'une charrue.
Forme de chamhetta. Dans Goch. <7am^a
et ses dér. ont \ej init du fr. Je ne crois
pas que cette forme soit un antécédant de
la nôtre av. ch init. Je crois qu'elle tient
à une phonét. particulière.
'JANGOLLI (iangolhl) v. n. Lim. jan-
glia, Igd. jangla, pv.jangoula gingoula,
— 1. Gémir, crier d'un ton plaintif. 2. Se
dit d'un enfant qui commence à jargonner,
« Celo borsat commince ben à jangolli »,
ce petit garçon commence déjà à jargonner.
Vx îoT.jangouillpr. babiller ; vpr. janglar
railler ; janguelhar jangloillar^ médire :
jangolar, grogner; vfr, jangler, ba-
varder, railler; angl. to jangle, bavar-
der.
De TOUS rnirndro loui jangoMiller % \ït\r (Cbap.).
Formé sur une onomat. Jang, Burguy
le lire d\i\io\\. Jangelen janken, criailler,
piailler, glapir, crier comme un chien que
l'on bat, dont il doit évidemm. èlre rap-
proché, ('p. ail. sank, bavardage. A ce
i-ad. jang s'est ajouté le suff. fréq. olhl.
Le sens primit. « est crier d'un ton plaintif
comme un chien que l'on bat », puis c jar
gonner. Le sens de médire, dans certains
dial., est dérivé du sens de bavarder. De
même le mot In. piapias, cancans, médi-
sances, dérive d'une onomat Le sens de
balbutier, en parlant des enfants, a ctè
probablem. infl. ^kt jargonner.
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JANf
ses
JANI (jan!) à Morn. ; à River. JAGNI
8. m, — Genêt.
De 'ginurium. Gh. de i bref inil. en a
(64); de arium en i (13). Dans la forme
Jagni gn est le résultat de la prononciat.
locale de n devant t.
JANON (janon) s. m. Bagnard dzonè —
Genou.
I*usaiii, |ireiiaiil à pori l'un cl Taulrc paUkiau,
Su loii jati^n pld lot rompt l'un après l'aulro.
« Puis prenant à part l'un et l'autre
échalas, — Sur son genou plié les rompt
l'un après l'autre. » (Mon.)
De 'genonem, forgé sur genu. i\\\. de
g init. en a (64).
JANURI (januri) JANUROT (janurô)
JANURIOTCJanuriô) s. m. For. janneriat
— Genévrier.
Di In. januro, av. suff, t, à*arium (13);
d'où januri etjanuriot par addit. du suff.
dim. ot. Puis l'oubli du !•' suff. a amené
la forme janurot, par analog. av. les
autres mots terminés en ol non précédé
de t.
JANURIOT y. Januri.
JANURO (januro) s. m. — A Morn.
Genièvre et par e.Ktens. genévrier.
Dejiinepfiirum pouvjuniperum (Havet)^
Cb. de u init. en a (cp. 64). E bref se
Uipbt. en te (ce qui explique fr. genièvre);
vocalisât, de p (164 6"); addit. de la
post-ton. 0 (56). Le tout donne JanieurOf
passé à januro,
JANUROT y. januri.
JAPIA (japià) s. m. — Bavardage mé-
disant, sots contes.
Et toHJors faut pats^ par Ion malin japia.
c Et toujours il faut passer par leurs
médisances. » (Hym,)
De In. japilliy av. suff. at. On Ajapilhà,
passé k japia (164 2», c).
JAPILLAJO (japilhajo); à Lyon japil-
lage s. m. — Bavardage, action de parler
av. volubilité et inconsidérém.
De In. japiU'i, av. suff. eyo, de aticum
(161 5*}.
JAPILLI (japilhl); à Lyon japiller v.
n. Dph. jappeta — Bavarder, parler av.
volubilité et inconsidérém.
De In. jappô, japper, av. suff. fréq.
iihl.
'JAQUE Hake) s. m. MorvanjVî^^e^ —
Geai.
Parait être le n. d'homme Jacques, Cp*
Jacol, nom du perroquet; Margot, nom
de la pie ; angl. jack-daw, choucas. M. de
Chambure dit que jack en ail. signifie
geai, mais je ne le connais point Le mot
a pu être à l'orig. l'ail, gdch, vif, brusque,
gai ; vha. gahi (que Diez donne pour
élym. à geai)y transformé en jack soui
l'infl. du nom propre.
JAQUILLI (jakilhl); à Lyon jaquiller
V. n. Dph. jaqueia — Parler conslamm.
et av. volubilité.
ho jaque, geai, à cause de la volubilité
du geai, k jaque a été ajouté le suff. fréq.
i/A'. Gp. fr, jacasser.
JAR (jar) JOR; en Fr.-Ln. JER s. m.
— Dard des abeilles.
Du germ. — Vha. gêr kêr, mha. gêr,
moy. ail. gdr, vx sax. gêr^ ags. gdr, dard,
javelot ; lat. gaesum, dard gaulois qui était
tout de fer. Gh. de g en j (90).
JARDINIRI (jardiniri); à Lyon ^arrff-
ni re s. f. — Gourtillièie. taupe- gril Ion.
De fr. jardin, av. suff. in (13). Sur le
sens cp. In. courlillière^ de courtil.
JARDOUS, OUSA (jardon, onza) ; ap.
Goch. JARDU subst. — Terme très péj.
Homme sale, dégoûtant ; Goch. dit
• cochon ». Les Jardus de la Grenette,
vx. dicton lyonnais qu'on appliquait, je ne
sais pourquoi, aux habitants du quartier
de la Grenette, alors que chaque quartier
avait son sobriquet injurieux. Wall, jar-
deus, vx wall. gardois, ladre, en parlant
des porcs.
A dzîjié que lo Iré zefans
Elsaul jardoux et dcgètans.
c II disait que tes trois enfants -^ Etaient
sales et dégoûtants. » {Due B,)
Portant quclo;ar(/ouj- Miit pro bleu m plumô;
Quand i n'ait que «les Turca, i liou Tant pro de mô.
« Pourtant ces c (les Russes) savent
bien se battre ; — Quand ils n'ont [devant
eux] que des Turcs, ils leur font beaucoup
de mal. » {And,)
Grandg. le considère comme venant du
holl. gorlig, même sens, ou comme étant
le même mot. Il tire celui-ci du celt : arm.
et kym. goir^ ulcère, pus, pustule. Mai&
l'étym. n'est pas admissible pour jardeus
jardous, g dur persistant devant o. Je lé
tire de jarde, it. giarda^ tumeur dure et
parfois phlegmoneuse qui vient au jarret
du cheval. Le jardous ^ primitivem., était
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224
JARD
celui qui avait des ulcères aux jambes,
auxquels le peuple attribuait un caractère
syphilitique. De là le sens s'est étendu à
homme malsain, dégoûtant. Jarde est lui-
même du celt : kym. gdr^ partie inférieure
de la cuisse ; arm. gav, os de lajambe. La
liaison du suff. par d peut tenir à l'infl.
de qq. dér. celt. de gar (cp. kym gardas^
jarretière). Ch. d3 g init. devant a (90).
Le In. jardous est jarde + suff. ou,
à'osus (35).
JARDUS DE LA GRENETTE (LES)
sobrîquet donné jadis à Lyon aux habitants
de la Grcnette (v. jardous).
JARGILLI (jargllhi) s. m. — Homme
tatillon, qui s'em!)rouille facilem.
Paraît formé sur un rad. jarj^ qui
exprime le balbuliem.. et qui n'est peut-
être que gag (v. gagat, jangolli), av.
passage de g à ; (90) et épenth. d«' r
«1846»,/*). A ce rad. s'est adjoint le suff.
Hhi\ àUcnUnn.
JARGILLI (jargilhl) v. n.— Frissonner
de froid.
D'un rad. giar (v. ce mol), gel, av. suff.
fréq. ilh'i. On a jiarilht jarilhï, devenu
jarjilhl par la répétit. de la cons. init.
Celle répôtil. exprime pour le peuple une
relation entre le mot et une action fré-
quemm. répétée (cp. grlngoUô), De même,
pour exprimer le greloltem. dit-on boubou!
JARLON V. gerlot.
JARLOT v.<7eWo^
^JARNI Garni) 'JARNIDIÉ(jarnidi6)
inlerj. remplaçant le jurement. Depuis que
Coch. a recueilli ces mots, qu'on trouve
aussi dans Molière, ils ont complètem.
disparu.
Probablem. contract. à^Je renie Dieu.
Ch. de e init en a (66).
•JARNIDIÉ V. jarni,
•JARROLA (jarôla) s. f. — Terme péj.
Traînard « Avancé don, jarrola ! avance
donc, traînard ! »
Du celt — Kym. ga7\ partie inférieure
de la cuisse; arm. gar, jambe^ plus suff.
allongé et fréq. ola. Ch. de g init. en j.
(90).
JARROLO (jarùlô) v. n. — Marcher en
traînant, rester en arrière, lambiner.
« Y est projarrolô ! c'est assez lamliine ! »
De jarrola, av. suff. ô (14 8»).
* JAS (ja) s. m. le même en pr., mais
en faisant sentir .ç. — Litière des vers à
soie. Lim dza, lieu où l'on couche ordi-
nairem. ; gîle du lièvre.
Subst. V., de jacire, qui a donné fr.
gésir ijB,cere a donné In. jeïre), mais il est
assez surprenant que a n'ait pas été infl.
par c et qu'on n'ait passât*.
JASERAN (jazeran) ; à Lyon jaseron
8. m. — Chaîne d'or, ordinairem. à plu-
sieurs rangs, que les femmes de la cam-
pagne portent autour du cou.
De Tesp. jazarino, algérien ; vfr. hau-
bert jaserant. Jazarino, de l'ar. al-ja^air
ou al-gazaïr, Alger (Diez).
JAVELLA (javéla) s. f. — Poignée d*ôpis.
De * cavella , de cava pour carum, cv
que peut contenir la main, et aussi ja-
velle. Cp. it. coKone. lomb. cor, pièm.
chew, même sens. ^v. Roman, xvi, (>0e"»).
Le ch. de c en j s'explique par un inter-
médiaire gavella. Le sons primitif de
« poignée », ce que peut contenir la main,
a été mieux conserve dans le mot In. que
dans le h. javelle,
JAVOLLI (javôlhi) s. m. For. jabolat.
— Imbécile, idiot. B^rr. javouillon^ per-
sonne qui bredouille.
De fr. jabot (de gibbum) par ch. de 6 en
r. (141) et addit. du suff. fréq. olht;d'o\x
un V. *jatollï répondant au fr. jabot er^
parler à tort et à travers, et par extens.
parler sans suite et sans k*aison, puis
bulbulier. De javolht a été tiré le subst.
V. javolli. Le sens vient de ce que le jabot
est censé représenter l'organe de la voix.
JAYE Ga-ye); à Morn. JAÏCJaï); ap.
Coch. JOI s. f. Vpr. juelh, pr. >ue«, Igd.
jel, esp. joyo, port, joio, it. gioglio. —
Ivraie.
De lolium^ comme le prouvent Til.
lolio et l'aragon. luello, La substitut, de
j init. à l doit sins doute s'expliquer par
dissim. à cause de l méd. Cp. lilium =
it. giglio. Attract. de Tyotte d'ium, d'où
joil. La présence de yolte est cause de la
chute de /, qui, sans cela eût passé à r
ou se fût vocalisée (1211* et 2«). On a Joi,
passé à jaye sous une infl. que j'ignore.
Je ne suis pas certain que la graphie joi
employée par Coch. soit bien exacte, et
qu'il ne faille pas lire^oï, av. diphtongais.
de la voy.
JER y.jar
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JÉRE
225
JÉRE V. jdire.
JETU (jetu) ; à River JITOU ; vin. GET-
TOIR s. m. — Pochî de métal au bout d'un
long manche, dont on se sert pour couler
la lessive. « Un gettoir de lessive. ■
{Invent, de la Manécant, 1633.)
De jactSire = JUd, av. suff. u d'osum
(35). L'affaiblissem. de i prot. est dû à
l'infl. de !r jeter,
JIATTO (jiattô) v. a. — A Paniss. Fouet-
ter av. Une houssine. Jiattô in drôlo\
fouetter un enfant.
Évidemm. môme étym. que jitôy jeter,
mais pourquoi la différence entre les deux
mots ? Je suppose jiattô formé sur un
'jiat (subst. V. de jactare), jeune pousse,
verge, aujourd'hui remplacé par jUa,
même sens. Gp. ss.-rom. gauld, fouetter,
de gaula^ vergé. A ton., sous Tinfl. de la
gutt. se serait diphtongue en ie (1, rem. 2),
d*où jiet, passé à jiat, comme pie^ de
pedem, est devenu piat (v. ce mot) dans
divers patois. Je ne sais ce que vaut cette
explical., mais je n*en vois pas d'autre.
Suff. cî(141«).
JICLE rjikle); vin. GICLIOU (jikliou)
s. m. For. gisclou, pr. gisclard. — Cou-
leuvre à collier, coluber natrix. On so
sert de la peau pour recouvrir les cannes.
Le r.iît par depiet (corrig. en depiet) tout du
[pirou, elle se coiifle coiiimc un giclha.
« Par dépit, elle fait tout au pire; elle
se gonfle comme une couleuvre. » (Hem.)
Un balon qu'i^y curit de la pay d*uii viô gisclou.
« Un bâton qui est recouvert de la peau
d'une vieille couleuvre. » (Ghap.)
De jicliô^ à cause des mouvements
brusques et convulsifs du Jic/e, qui jaillit,
pour ainsi dire, en s*élançant.
JICLIA (j'klia) JACLIA; à Lyon jiclée
s. f. — Jaillissem. d'eau. « Celajiclia m'a
tôt benolli, ce rejaillissem. d'eau m'a tout
mouillé. »
Subst. particip. àejicliô,jacUô.
JICLIO Gikliô); à Paniss. JACLIO; à
Lyon jiclcr v. n. Pr. giscla gisclia giclia,
alp. cisela^ béarn. chiscla, Genev., berr.
gigler ; Morvan gighier. — Jaillir av.
force, rejaillir. Par extens., y avoir beau-
coup de boue liquide. O jB,clhe, il dégMe,
il y a beaucoup de boue liquide. Dph.
gicla, fouetter av. une houssine. M. Mis-
tral cite comme vpr. geisclar cisclar
sisclar isr.lar au sens de giscla. De ces
mots je ne connais que sisclar^ qui, dans
Raynouard, signifie gazouiller, Qicisclaton^
qui, dans le Rom, de Jaufre^ signifie une
sorte de vêtement.
Les formes d'oc. av. s excluent l'étym.
jaculare. Je rapporte le mot au germ. :
nor. geis, mouvement violent, impétuosité;
geisa, être en fureur, en agitation, qu'il
s'agisse d'eau, de fièvre ou de passion
(Schade) ; isl. geisa, être excité, faire rage.
De là les geisers d'Islande, sources jail-
lissantes; suéd. gaesa; m. ail. gise, fermen-
ter ; mlia. geiselen geischeln « flagel-
lare » (d'où le sens du dph. gicla). Geis-
ch(e)ln peut se transformer en giscla
jicliô. L'init. g devient^' (cp. giron, de
gêro^ (prononc. ghéro) ; et (= i long) reste
i en roman (cp. guiper, de wiipan) ; chl
= cl, qui intercale un yotte (164 2», a).
Suff. d (14 S'*). L'yotle intercalaire (d'in-
troduct. récente) n'appelle jamais le suff. î,
et le mot se comporte comme s'il était
jiclô. L's du groupe schl^ qui a persisté
en pr., tombe en In.
JIDAS (jida) s. m. — Un excrément
humain, t3rme usité par les mariniers.
De Judas f considéré comme le type de
la traîtrise, soit parce que l'excrément
fait glisser, soit simplem. parce qu'il
souille sans qu'on s'en aperçoive. G'est
sous l'infl. de la gutt. que ii s'est aiguisé
en I. Gp. casa = chis.
JITA (jita) s. m. — Un rameau de
l'année. Subst. v. tiré de jitô.
JITO Qitô) V. a. — 1. Jeter, lancer. 2.
Produire des pousses fructifères. 3. Don-
ner du pus, en parlant d'une plaie, d'un
abcès. « Cel'abro 7ie jitara que Van que
vint, cet arbre ne produira que l'année
prochaine. Cela postuma jite de hormo^
cet abcès suppure. »
Fais;i/d lez avenne.
« Fais fructifier les avoines. » {Prière)
L'étym. jactare semble la plus vrai-
semblable, car a prot. passe à i sous l'infl.
de la gutt. init. (cp. 1, rem. 2); mais oh
devrait avoir jitl (14 2»), et le vfr. de-
vrait avoir gettier au lieu de getter, La
forme e-jectare proposée par Diez est au
moins inutile, car, ainsi que Ta expliqué
M. Gornu, elle n'est pas nécessaire pour
le passage de a à i, et de plus elle ne rend
pas davantage raison d3 l'anomalie du
verbe en er au lieu de ier. Une forme
26
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226
JITO
gittare explique tout, mais s'explique-
•t-elle elle-même ? Nous ne voyons aucun
dér. dejacto où ne fijçure pas la gult.
JITON s. m. — A. Paniss. dansTexpress
m Jiton cCavilles» un essaim d'abeilles
qui émigré. Vfr. geton giéton giton,
essaim ; messin jeton, essaim et petite
branche ; Vionnaz cLséton, pousse du
printemps.
De gittôf jeter, av. sufif. on. L'essaim est
comparé au jet d'un arbre, qui en forme
un nouveau.
JITOU (v.ieiu).
JOFFLA (v. giffle,)
JOI y.jaye,
JOiLLI (joilbi) s. f. — Bajoue du porc ;
morceau qui s'étend de la joue à la sai-
gnée.
De fv.joue, av. sufif. dim. i/At, d'icula.
Ou&jouïlhi, devenu joïlhi, par le pas-
sage si commun de ok fr. à o (34, rem. 4).
JOMOR (jomôr) s. m. — A Paniss.
Enfant qui aime à jouer.
Le mot est probablem. une corrupt.
singul. de (r, jou'i ut; car Jocatore m don-
nerait joyau comme jocare a donné joyl.
Dans notre mot la syll. init. est celle de
joueur^ et la fin. or est le fr. eiir exprimé
en pat. Reste l'm, qui semble avoir été
introduite sous une infl. inconn. pour
rompre l'hiatus.
JOR V. jar.
JOU (jon) s. m. — Jeudi.
De dijou^ av. aphér. de d*, qui a lieu
dans divers pat. pour les mots signifiant
les jours de la semaine.
JOUCLIA (jouklha) ; à Grap. et à Yzer.
JOUCLIÊ (jonklhë) s. f. ; ap. Goch.
JOUCLIÈS s. f. pi. Viv. dsouclia, dph.
joucle, — Courroie qui lie le joug au front
des bœufs. Par extens., à River., courroie
en général.
De *jug(u)la, Gh. de u bref en ou (34);
le ch. de gl en cl est insolite ; insert,
d'yotte (164 2*, a). Sur le ch. insolite de
a en é à Grap., Yzer., cp. malva = morve.
Le mot de Goch., do\i ètvejouclië au plur.,
av. une transcript. peu exacte de è par è.
L'emploi du plur. pour ce mot se retrouve
dans les dial. d'oc : rgt. jullios, Igd.
juillos s. m., ^o\i. juilles s. f., lin», dzul-
lio. « Gomme il faut 2 de ces courroies
pour lier une paire de bœufs, on .se sert
le plus souvent de ce mot au plur : vw
porel de dzullias, une paire do courroies
(Béronie). »
JOUCLIÈS y.jouclia.
JOUCLIO (joukliô) V. a. — Mettre les
bœufs au joug.
De In. jouclia, av. sufif. ô, Jugulare
aurait downe jogliô jocliô, u bref prot. ne
se changeant pas en ou (70).
JOUIR V. n. — A Lyon dans l'express.
On ne peut pas en jouir, en parlant sur-
tout d'un enfant indocile, pour dire qu'on
ne peut pas le dompter, le gouverner.
Gorrupt. du vfr. chevir, de chef, qui, dès
le m. â, avait le sens de «se tirer d'affaire,
venir à bout d'une difficulté », liltéralem.
€ venir â chef ». Le Dictionnaire de l'Aca-
démie, de 1694, le définit : « Disposer de
quelqu'un et en faire ce qu'on veut. Il n'a
guère d'usage qu'en ces sortes de phrases :
On ne saurait chevir de cet enfant, on
ne saurait chevir de ce procureur. H est
bas. »
« Et votre petit chien Brusquet, gronde-
t-il toujours aussi fort ?... — Plus que
jamais, monsieur, et nous ne saurions en
c/ietJir (Molière, Dcn Juan). » (^es phrases
sont identiques à la phrase In. Chevir
n'étant plus compris, on l'a transformé en
jOuir,
JU (ju) s. m. — A Villefr. Œil. Un ju,
un œil ; laus jus^ les yeux.
Le pi. fr. yeux a servi de type pour le
sing. du pat. Yeux a passé à m, le pat.
ne pouvant conserver le son eu. L'yotte
de tu, incommode à prononcer, a été
transformé en j, Gp. le bagnard juey^
œil. A Grap., Morn., au contraire, tu est
devenu ziu, par agglutinât, du z de liaison
de Tarlicle dans le pi. lo-z tus; d'où in ziu,
JUBO (jubô) ; à S*-Mart. GIBO v. a. —
A Mom. Presser, serrer. Vfr. giber^
secouer (Godef.), s'agiter, se débatttre des
pieds et des mains, lutter (Roquef.); saint.,
poit. ruer ; vfr. regiber, fr. regimber.
Du vfr. giber, d'un rad. gib exprimant
lutte, violence, secousse, qui se retrouve
peut-être dans angl. ta gib, se tourner
subitem.; holl. gijpenj se tourner su-
bitem, (en parlant des voiles); dan. dia-
lectal gitnp, secouer, balancer. Dans ce
cas le rad. serait germ. Dans la forme
jubo i a passé à u sous infl. de la labiale.
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JUBO
227
Le sens primitif se retrouve dans la
forme pronominale se jubô 1., se battre,
lutter ; puis ce sens a passé à celui de ser-
rer avec violence, puis à celui de presser.
JUBO (SE) (se jubô) v. pron. — 1. A
Grap. Se battre, lutter ensemble.
Sur l'étym. v. Jubô, Roq. a le partie.
jubattant.
Portant, maUrc FJafla, toujours Tbomo dessus,
Sofle, ctn le jubattant comme quatro poussus.
« Pourtant, maître Flafla, l'homme tou-
jours sur lui. — Souffle, en se débattant,
comme quatre poussifs. » (Mén.)
Je crois que ce partie, a été forgé par
l'auteur pou rie besoin de la mesure et
par infl. de se débattant^ car je ne con-
nais pas de V. jiibattre.
2. A Morn. S'accroupir en se resserrant.
Lorr. s^ajoufer, môme sens.
Dérivât, de sensdejwôd, presser, serrer.
Se jubô, se presser soi-même, se tasser.
JUÈ (juè) s. m. — Jeu.
De^ocum (42 5»).
JUEY (juè) adv. ytv.jehui^juy, jewL —
Aujourd'hui.
De hodie = iiey (v. huey)^ av. prosth.
euphon. de J (188 3«).
JUINDRE(juindre) v. a. — 1. Toucher,
frapper, atteindre. In cop si san que se
m*ayet bienjuint .'... « un coup si violent
que s'il m'avait bien touché!... » 2. Ren-
trer chez, venir à.
En Tain, par évilô la fureur dou ctrnojo,
Lo citoyen prudent Tout juindre u*n m^ajo.
« En vain, pour éviter le carnage, — Le
citoyen prudent veut rentrer chez lui. »
(Brey.)
Dejnny(e)re ; ch. de un en uin (44),
den/7r en ndr (181 2*, rem.). Le sens
n'est pas exactem. le môme qu'en fr.
JUINT (juin, monosyl.); à L,yon joint
s. m. — Graisse. S'emploie presque exclu-
sivsm. dans l'express, viu juint, vieux
joint. A Lyon, d'un plat graillonné, on dit
qu'il a € le goût de vieux joint ».
D*nnctum. Ch. de une en xiin (44) ;
prosth. de J (183 3«).
JURI (jurl) adj. m. — Givré
De \n.jurio av. suff. î, par analog. av.
les partie, de la 4«conjug. lat. Il répondrait
aussi à un * wipereatum, où eatum de-
vient i (15 1").
JURIO Gnrio) s. m. Dph. jurl. —
Givre.
Même orig. que le fr. ffivre (wïpera),
av. vocalisai, de la labiale (164 6*). On a
jiurOy puis jiurio. par infl. du !•»• yotte
sur la production d'un £• ; et enfin jiurio
se réduit âjurio» On pourrait aussi expli-
quer la fin. io par un type * loipereum.
JUT(ju) prép. — Auprès de. Jut la re-
viri, tout contre la rivière. Aujourd'hui
on dit de préférence rôs la reviri.
De jvLxta. Le son ti de u bref est' un
trait de la phonét. des environs de Lyon
(34) ; mais je suis étonné que l'infl. de la
gutt. qui suit u n'ait pas donné ui. Mémo
phènom. dans le vfr. jouste joste^ de
jiixta.
JUT, TA (jn, ta) adj. — Étroit.
De jnstum, par la môme dérivât, de
sens qui fait dire en fr. tin habit juste
pour un habit étroit. Chute de 5 (166 2»)
L
'LA V. /d.
LA (la) s. m. — A Paniss. Piège en
forme d'arc pour prendre les oiseaux.
De Zac pour l%queum, par l'intermé-
diaire de fr. lacs^ dans lequel c fin. est
tombé. Paniss. est qqfois en retard pour le
passage de a ton. à(5 (1), mais la ne tardera
de guère à devenir 16.
*LABAT(labà) s. m. — Averse; c gué
labat, quelle averse ! » (Coch.)
Je ne connais le mot que par Coch.
Êvidemm. il est formé de abat (cp. saint.
abat d'êve^ violente averse), subst. v. de
abattre, et de l'art, le, av. lequel il a été
réuni par confus. : quel abat, puis gué
labat. Mais j'ignore si la confus, ne vien-
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228
LAI
drait pas de Gocli. lui-même, et si le vrai
mot ne serait pas abat.
LAI V. ilah
LAITE (lôte); à Villefr. LÈDE i}éde)
s. f, — Laiteron, sonchus oleraceus.
De /ac^a» parce que la tige semble ren-
fermer du lait. Laite est usité aux envi-
rons de Lyon. Dans la forme lède^ posté-
rieure à laite, t a passé à d (136). et ai
à èsuiv. la tendance de certains villages.
LAITIA (lêlia) ; à U-de-G LETSA (letsa)
s. f. Vionnaz laityd — Petit lait qui dé-
coule des faisselles quand on metégoutter
le fromage.
Vu fil i les p6 soveiiil a melu ;
1 bé lo lat, le bé la letsa.
« Vous ne partagez pas fréquemment ;
— Elle boit le lait, tu bois le petit-lait. »
(DuéBih,),
De lactAta, Gh. de ac en ai (61); de
ala en ta sous infl. delagutt. (cp. 15 3").
La forme de R-de-G. a certainem. été
letsia.
LAMBRO (lanbr6) v. n. — Courir à
toute haleine, c J'ai lamhrô tant quefayé
de chambes, j'ai couiii de toutes mes
forces. »
Étym. inconn. — Peut-être d'un rad.
celt. lam : corn, lam, saut, grande en-
jaml)ée, kym. llammit, vx kym. lammam
« salio » ; arm. lannnoiit lemel^ vx arm.
larnma, irl. leim lammam, gaël. leum^
mks Iheim, d'où kym, ilamu ; corn, lem-
meU sauter, marcher à grandes enjambées ;
kym. llamicr, celui qui fait de grandes
enjambées. Au ix« s. arm. lebmal lem-
mal, sauter, s'élancer d'une place à une
autre. Le In. insère un b dans les groupes
mrml (176 2" et 3"). Une racine lam[v)r
lemm(a)l lemm(e)l donnerait donc lambr,
à quoi s'ajouterait le suff. ô (14 3*).
'LAMBROCHI (lambrochi) s. f. —
« Grappe de raisins à laquelle il n'y a
que qq. grains. » ("Goch.) Pr. lambrtisco,
il. lambrusca, cal. llanbrusca « vigne
sauvage », qui me paraît le véritable sens
du mot de Goch., aujourd'hui inusité.
Les grains de la vigne sauvage étant
clairsemés, il aura fait confus.
De lambyiOLsca pour labrnsca comme
l'indiquent toutes les formes romanes. Gh.
de u bref {labrusca, de labrum) en o
(38); de se en ch (168 1») ; de a en t
(54 2«}.
*LAMONT V. lômonU
LAM PI vin. s. f. — Mesure d'huile.
1H97-H08 € A Ennemond Jay, troilleur,
pour iiïi lampes de ly (lie) d'uelo pour
mettre au dit ciment, afin que bon et fourt
soit, à demi gros la lampi. » {T?iv. de la
C\)
Lo texte a trait à une bizarre recelte
pour donner au ciment une dureté snp-
po.sée. On y mêle des carreaux piles, du
vinaigre, de la lie d'huile, de la limaille, etc.
La dénominat. vient probablcm. de ce
que, à l'origine, la mesure était l'équiva-
lent du contenu d'une lampe d'église ;
mais elle n'a sans doute pas tardé à de-
venir arbitraire. La lampi, m. lai. lam-
pas olei, contenait en Lyonn. et Beaujol..
selon D. G*, quatre livres d'huile, mais
dans des pays voisins, elle était de
12 livres. Il est remarquable qu'à Morn.
on dise encore ina lampi t une lampe >
(par opposition au choulei), tandis que
l'on devrait avoir lampa (53 2"). Gela in-
diquerait qu'on a gardé le mot ancien,
venu probablement de ' lampea (64 !•)
pour lampas. Gp. d'épi, de kripea.
LANCERON vin. s. m. Morvan lance-
ron — Jeune brochet.
Acheta mo biau lanceron
Ou ben roo relit barbillon (lyon b.)
De lance, à cause de la forme élancée
du corps. \ lance s'est adjoint le suff. on,
relié au thème par r, probablem par infl.
du verbe (lancer).
LANÇONNIER (lanssonié) LARÇON-
NIER (larsonié)s.m.— Termedeconstruct.
In. Petit soliveau, placé transversalem.
dans l'épaisseur d'un mur de pisé en
construct., et qui sert à maintenir les
hanches entre lesquelles on pise la terre.
De vfr. lançon, branche d'arbre, et par
extens. petite pièce de bois de la grosseur
d'une branche, plus suff. d'oïl ter (13),
applicable aux noms d'objets. Lançon
vient de lancea, au sens de fût, plus suff.
on. Dans la forme larçonnier, la plus
usitée dans nos campagnes, n est devenue
r sous une infl. que je ne sais par expli-
quer.
N. d'homme Lançon,
LANDE \.lindes.
• LANDI (landl) s. m. — Le même qui
andier, par confus, de l'art : Vandt landl ^
Suff. t (13).
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LANG
229
LANGUETTA (langhèta) s. f. For. lin-
goïma lingaina — Bande d'étoffe ajoutée
pour élargir. A Lyon languette, terme de
construct., cloison en briques séparant
deux gaines.
De lingua, av. suff. dim. etta. In =
an (au lieu de in) indique une format,
d'après le fr.
LARÇONNIER v. lançonnier.
LARDENNE V. lardera,
LARDERA (lardera) à Yzer; à Paniss.
LARDEURA (lardenra); aux environs
de Lyon LARDENNE (lardène) s. f. Pr.
lardiéj vfr. lardelle larder elle — Mé-
sange, partes major (Linné). Valais lar-
dera» mésange à tête bleue.
De lard'"/, larder, piquer av. une ai-
guille, un objet pointu ; larder une
pointe, planter un clou en biais. A larda
s'est ajouté le suff. éra, qui a été aira (13,
rem.), applicable aux profess. La lardera
est celle qui larde les oreilles, à cause
de son cri strident et répété comme celui
d'une lime qui déchire les oreilles. Par la
mêmj raison, en h. dph. elle est nommée
le serrurier. Le pr. lardié appuie Tétym.
Cepend. il ne serait pas absolum. impos-
sible que, comme la mésange attaque à
coups de bec l'écorce des arbres pour en
faire sortir les insectes, on y eût vu l'idée
de larder le bois. Dans la forme lardenne,
je suppose qu'il y a eu substitut, du suff.
d'oïl aine, de ana, passé à enne.
LARDEURA v. lardera.
LARMI (larmî) s. m. — Trou, petite
ouverture ; à Lyon larmier^ soupirail de
cave. Wall, larmire de cave, môme sens.
De lacrymtirium. Lacryma = larma
et arium = i (13). La dérivât, est au
moins singulière. Il n'est pas douteux qu'à
l'orig. le larmier ne fût un trou destiné à
évacuer les eaux d'une toiture ou d'une
terrasse. Le sens s'est ensuite étendu à
des trous qui n'avaient pas la même fonc-
tion, tels qu'un soupirail de cave.
LARMISA V. larmisi.
' LARMISI (larmlzi) LARMOUÉSI Har-
mouézi) LARMUSI ;àMorn. LARMUSA;
à River. LARMISA; à Villefr. LAR-
MOUISE; vin. LARMUISE (xvi« s.), à
Lyon larmise s. f. For. larmusa, pr.
lagramiisay Igd. lagremuso, Var gra-
nusa — Lézard des murailles, lacerta
muralis.
L'un pren un mousqueton el Taulrou un arqucbusa
Par tua de parpillont ou bon quauque lartnusa.
« L'un prend un mousqueton et l'autre
une arquebuse — Pour tuer des papillons
ou bien qq. petit lézard. » (Ghap.)
Contract. de lacerta mnriciutn, lilté-
ralem. le lézard des cailloux. On a lazerV
mm 'cm w, qui donne lasermursi (170 1»;,
contracté en la(se)rmursi. Cette contract.
n'est pas plus forte qne celle de Castra
Annemundienses en Chamond, et de
brayes-de-cocu en hrayi-cu hrécu. —
Larmurse est assez difficile à prononcer
pour qu'on puisse admettre la chute de
la 2« r par dissimil. ; d'où larmuse devenu
larmuisi (64 5"). La diphtongais. de u
en ui dans larmuisi s'expliquerait par
l'attract. de l'yolte de m,uricium. Lar~
muisi s'est réduit à lartnusi ou à larmisi,
suiv. les phonéL locales. Les formes av. a
fin. sont des archaïsmes.
La forme pr. lagramusa, moins con-
tractée que la nôtre, appuie l'étym. Dans
cette forme, il y a eu métath. de Vr de
lacerta ; mais elle était trop allongée, et
le Var l'a réduite, non pas comme nous
en coupant la syll. méd.. mais en coupant
la syll. init. qui faisait confus, av. l'art. ;
d'où gr amusa, granusa,
LARMOUÉSI y. larmisi,
LARMOUISE V. larmisi.
LARMUISE V. larmisi.
LARMUSA y, larmisi.
LARMUSE V. larmisi.
LAURA (lôra) LORA(lora}; ap. Goch.
LOURA s. f. Dph. lora. — Lèvre.
Mai», Tsite, qu'6s-lsu donc? dril ta Tieilli Jocuma
T*6f due lorea mon viù, blanches coname l'écuma.
« Mais, Baptiste, qu'as-tu donc? dit sa
vielle Jacume ; — Tu as deux lèvres, mon
vieux, blanches comme l'écume. » iProc.)
Dona m'en tan se pou pe me mouillié le lore.
c Donne-m'en tant soit peu pour me
mouiller les lèvres. » {Le 4 Comare, pat.
dph.)
De ISLbra. Voc. de b (164 6o). On a
laura, passé à lora (49, rem. 1).
LAYIN (là-yln) ; ap. Goch. LIANS ; ap.
Mon. LLEIEN adv. — Là-bas. en bas, av.
ridée d'éloignement. Vin. LEYAN, ici, ici
dedans, là dedans. Vfr. laiens laians, là,
ici.
Et Tos que to plaTsi ou miai de lez aloriLu,
Corri, corri lleim....
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%M>
LAZI
« El tonn qni vouh plai»/z an milieu
fïfn alamien, — r>,rjr^/, rour^^z là-bas. •
(Mon,)
« Kll** /-lait Ai pjmpanlp quand elle *^lait
ici, » rjfern.j
/>e (i7;/rt/T In/M*, Le K/.n« primit. était
«•'•lui (l« € \k âfjÏHus », puiH pca A peu il a
tlh'ïvé de /4-6^/*, à caiirt*- de l'idée d'éloi-
(ffiiîm. qae c^^nporte M. J'ignore le pr>iir-
quoi de la graphie de Mon. lleien ; il
nf'inhUi qu'il ail voulu marquer le mouil-
lem, de / init., mai» ce mouillem. n'exi.ste
pttM dan« le» forme» que je connai».
LAZI (la/J) H, et adj. m. — Paresseux
lent, oinif.
^of •ulrA-z-amurnt,
Vot n'éliot p6f lazU ;
Quand rot x-atin6 !• béilln
Oye*l quoporin liampt.
« Vous autres amoureux, — Vous n'êtes
pas oisifs. — Quand vous aimez les filles,
— Ce n'est que pour un temps. »
Ce couplet fait partie d'une chanson que
ma m^re me chantait dans mon enfance,
et que plus tard, j'ai écrite sous sa dictée!
Depuis lors le mot s'est perdu. Cependant
on m'assure qu'il est encore emplové dans
lo8 campnKues éloignées. Peut-être est-ce
une confuH. av. avé leisX, car lazi n'existe
poi dans les patois conKénéreg.
SI le mot est authentique, son orig.
Remit «erm. - Bavar. laz, lent, tardif;
holl. lo,Hiff leusig, languissant, paresseux;
ail. lass, Irtcho, lent. Au rad. laz se serait
udjcilntle miflT. i, d'^/«5 (cp. ailouvi) La
tenninuls. i des mots germ. n'aurait peut-
^tre pns été sans infi. n\r le choix de ce
HUtr.
LA20N (A) (A luzon) loc. adv. — Sur le
ctMé. t Se cuchi à trtsoH, se coucher sur le
c«M»N. »
1)0 ad l9Lt(u)s, plus suff. 0*1. Ce sufT.
«'appliqua aux loc. de co genre. Cp. à
vnwpf*fon. Peut-être l'.v final de lofus a-
tello influé sur le choix de 5 comme 00ns.
do liaison du sun*. av. le thème. Laftts a
donné /(î, mais la^on a été créé avant le
passage de a A d. et. comme il est prot.. il
a persisté. Le dph. a d lan>t\ même sens,
qui vieni do *i<f /ciff r<?riW.
LEBET vlol>è^ s. m. For, /f*ft<^/ — p,v-
mier lait d'une vache qui a vêlé.
nu rad. do /ifrft»r, vider; /iftioM, lii>a-
lion. Le b. lat. libor lihiu, écoulement,
explique la dérivât. Au rad. s'est ajouté
le suÉf. rom. et. On devrait avoir libst^ i
de libare étant long, maisla posil. de i à la
prot. explique l'afiTaildissem. de t en #•.
LÊCHI (léchi) s. f. Vpr. lesca. caL
llesca, it. lisca. — Tranche excessivem.
mince. An fig. un tant soit peu. Vous-te
de pa/tf — Do9ia-me n*in ina Icchî :
veux-tu du pain?— Donne-m'en un tout
petit morceau.
Il semble tout naturel de voir dans
lèche un subsl. y. de lèchï, lécher, la
lèche étant si mince qu'elle peut être
considérée à l'égal de la trace de la langue
sur un objet. Il n'en est rien cependant.
Vs des formes vpr. indique l'orig, vha.
lisca, roseau, laiche « carex ». La lèchi
est considérée comme aussi mince qu'une
feuille de laiche ou de roseau.
LÊCHOU (lètson) s. m. — En Fr.-Ln.
Tablier de peau que met le paysan lors-
qu'il travaille à la terre. Dans la plus
grande partie du Ln., hasana,
Étym. inconn.
LÈDE V. laite.
" LÉGEO (léjô) V. a. - Soulager.
Je ne connais le mot que par Goch. Il
se rapporte évidemm. à levjare, mais
levjare donne légi (15 !•), et levjatum.
Icfjia (qui passe aujourd'hui à légX). Il est
donc probable que legeô a été tiré du fr.
(aljlëger, mais le mot offre de l'intérêt en
ce qu'il montre que, dans Goch.. la gra-
phie a ton. indique la prononciat. 6. C'est
évidemm. par inadvertance que. con-
trairem. à son habitude, il a écrit lègeô
pour lègea.
* LEI2I (lézl) LÉSI (lézi) s. m. Dph.
leisg — Loisir.
Je mlu Toti. je m'io Toai te complaire ;
Donna mé lo lési.
« Je m'en vais, je m'en vais t'obéir; —
Donne-moi seulem. le temps. » [vx Xoelj.
Do licire pour licere. Gh. de t bref
suivi dec entfi (cp. 19) ; de c en ^ (130).
* LENTILLI V. lintilli.
LETSA V. laitia,
LÈVA-GROIN (lèva-groin) s, f. — Fille
évaporée; littér. qui lève le visage en
l'air. Pr. lévonas, même sens.
U ne sien pôa non plus A fiiire Im a point
De les robes, doux sduls de qu^qnes /rciw groin.
€ Elle (la monnaie) ne sert pas davan-
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LÉVÔ
?3i
tage à faire l'appoint (nécessaire pour
l'acquisition) — Des robes, des châles de
qq. filles évaporées. » {If y m,)
De levô, lever, et groin, visage, mu-
seau.
LÊVO (lôvo) s. m. — A Paniss. Graine,
espèce, en parlant des plantes et des
arbres. Je vos n'intarré de ce lêvo, je
vous enverrai des graines de cette espèce.
De aiva (v. ce mot), par agglutinât, de
Tart. Laito, pour Vaiva^ s'est en même
tt^nips confondu comme sens av. Tidèe
d*UMe graine qui lèce; d'où lêvo par la
prononcial. de è, particulière à Paniss.
' LEVRAULT s. m. — Lapin.
C'est sans doute h bon escient que Goch.
a recueilli ce mot. Il prouve que le
paysan considérait le lapin comme une
variété du lièvre. Le mot a complélem.
disparu dans ce sens, aussi bien que
celui de conniU qui Pavait précédé, et
qui est aussi donné par Coch.
LEVRETTE (levrète) s. f. — Mâche,
rçleriana olitoria.
Il m'est impossible d'expliquer Torig. du
nom. La mâche a des noms très variés,
qui sont qqfois en désaccord av. son ap-
parence ou ses propriétés. Ainsi on la
nomme blancheite, quoiqu'elle soit d'un
vert sombre.
LEVRIRI (levriri) vin. s. f. — Terme
insuit. Femme échauffée par la passion.
Va tecaclil, Qruussa letriri
Lou Didbloii «ay lu zatlVuiiii,
Et lo mary que ne san pas domia
La pastiuii«le semblable Uctire.
€ Va te cacher, grosse chienne Au
diable soient les effrontées, — Et les
maris qui ne savent pas dompter — La
passion de telles chiennes. » (Bern.)
C'est le fr. îevrière. L'idée est celle
d'une femme échauffée comme une chienne
en chaleur. Le suflf. fr. ière = iri (13).
On trouve Ievrière en ce sens dans
Roquef., qui dit que c'est encore un terme
popul.
LEYAN V. layin.
LÉ2I V. leisi,
'LIA V. li^K
LIANCHI (liancln) s. f. Norm. liorne
lian — Vigne blanche, aussi appelée par-
fois viorne, clemads vilalha. Vfr. lieuse.
courroie qui attadie le joug ; norm. lian,
lien en paille de seigle pour les gerbes.
De liffSimeJif à cause de la flexibilité des
tiges, qui permet de s'en servir pour
liens de fagots. Ligamen = liyan par ch.
de g en yotle (183) ; i bref = i est dû à
rinfl. de la gult. A ligan, réduit à lian
s'est ajoutée la fin. fém. chi, de ca (174
et 54 2"), par analog. av. planche, de
planca ; manchiy de manica etc.
LIANS. V. lagin.
LIAQUE (Ihàke) s. f. — Diarrhée. Avoir
le ventre en liaque, avoir la diarrhée,
Onomat. délicate. — Cp. norm. clliche,
dyssenlerie.
LIAQUO (Ihakô) v. n. For. liarqua —
Lapper, en pari, des chiens.
Onomat. — Cp. le rad. germ. lap. dans
nor. lAppa, mha. lappen, ags. lappian,
angl. to lap, flam. lappen, ail. lahbern,
même sens, et qui est aussi une onomat.
quoique moins exacte. Suflf. ô (14 4").
LIARDASSOU (Ihardassou) s. m. — A
Paniss. Homme riche et très avare.
De Hardy av. un !•' suff. péj. asse^ d'acea,
et un 2* suff. oic.d'orem.
'LIARDO (liardô) V. n. — Être très
avare ; litlér. compter par liards.6'^ liardô,
ap. Coch. « donner toute sa petite mon-
noie pour se libérer » ; Uttér. se priver de
ses derniers liards.
Du fr. liard, av. suff. 6 (14 1-).
LIASSI (Ihassi) s. f. S'emploie surtout
au pi. liasses, — Petit fagot.
De leyl, lier, av. suff. assi, qui n'a pas
ici le caract. péj. On a leyassi, réduit à
).iassi,
LIASSI (Ihassi) s. f. — Glace, glaçon.
De glticia. Aphér .de g et insert, d'yotte
(109);ch. de cen^f (180. rem. 2); fin.
i (54 !•).
LIAUDA (Ihôda), dans le dicton : « Le
secret de la Liauda, le secret de Polichi-
nelle, que tout le monde sait. »
Du nom de Liauda, au sens d'imbécile
(v. Liaudo), je suppose, à moins qu'il n*y
ait une orig. hislor., qui m'est inconn.
Une pièce dph. célèbre du xvu" s., la
Pastorale de Ja?iin,esi ordinairem. connue
sous le nom de la Lhauda.
•LIAUDO (liôdo) n. propre — Claude.
Au fig. un nigaud. « Y est in Liaudo, c'est
un niais. » Coch. ajoute :« Express. popul.
qui remonte, dit-on, à l'empereur Claude
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232
LICH
né à Lyon. » Cette orig. me semble plus
que suspecte. Sur le sens péj., cp. un
Colas, un sol ; un grafid BenoU^ un imbé-
cile, et le vfr. un Jeanm, un mari trompé.
Je crois que le sens péj. vient de ce que
certains noms étaient plus particulièrem.
portés par certaines classes, manants, .
paysans etc.
De C/awrfiwm (107, rem. 2).
LICHARD V. lichôrd.
LICH I A (lichia) s. f. — Tranche très
mince; ina lichia de pan»
C'est léchi (V. ce mot), transformé en
subst. partie, du v. lichi, lécher. L'idée
étym. de lèchX s'étant complètem. perdue,
on a vu dans le mot l'équivalent du fr.
léchée; fr. popul. lichée. Ina lichia, ce
que la langue peut prendre en léchant.
Persist. de^ a ton. (l, rem. 3). On nie
signale le mot lorr. lisquette, même sens,
où la présence de s reporte à létym.
lisca.
LICHIRI (lichîri) s. f. — Terre inculte,
friche. For. lèchère, marécage.
Du germ. — Vha. llsca, fougère, roseau,
laiche; mha. liesche, moy. ail. liessch,
liaut ail. liesche. Au thème li*:h s'est
ajouté le suff. iri d'aria (13). En for.
Taccept. s'est particularisée dans le sens
véritable : lécheri*, terre qui porte des
laiches (carex). Dans le In. elle est plus
étendue, sans comprendre cependant les
collines rocailleuses. Le thème laiche^ du
reste, n'existe pas en In., où la plante est
nommée blache. Aussi les Btaches, Bla-
chères sont-elles des terres généralem»
marécageuses, dans nos pays du moins,
car en Prov. les noms sont appliqués à
des collines broussailleuses, mais alors le
mot vient de blacas, taillis de chênes.
N. d'homme Lechère.
•LICHOIRI (Uchoiri) s. f. - Coch. tra-
duit par « mijaurée, friande ». Je crois
qu'il faut traduire plus vulgairem. par
« femme qui aime la noce ».
Du vfr. lecheor, (v. lichôrd) av. substi-
tit. du suff. oiri, répondant à oria ; lichoire,
« machine à engloutir ». La vraie forme
serait lichuri (37), mais sous infl. d'oïl,
on a employé, à Lyon surtout, oiri comme
suff. péj. Cp. traquoire,paloire,bardoiri
(v. bourdoiri).
LICHORD (lichôr); ap, Coch. LICHARD
s. m. — Gourmand, qui aime à boire.
glouton, noceur.
Coch. a indiqué la véritable étym. en
disant <r du vieux gaulois lecheours ».
Vx gauL, dans sa pensée, s'entendait du
vfr., comme on dit des gauloiseries. Le
vfr. lecheor signif. un glouton, un para
site. Il s'est conservé dans l'angl. lécher,
Diez dér. lecheor du vha. lecchôn, sax.
liccon, ags. liccian, qui a donné fr. lé-
cher ; fr. popul. licher. Au suff. or de
lecheor a été substit. le suff. germ. et péj.
ard, aujourd'hui ôr (4)^
LICOTTA (likôta; s. f. Messin lit/oite,
b. dph. Igeure — Brin d'osier ou d'un
arbuste flexible, et servant à lier.
Le rad. de ligare, plus suff. oUa aurait
donné Hotte en In. 11 est donc probable
que le mot nous est venu par le pr. liguar^
lier.
' LIÉGEO (iiéj6) adj. — Je ne connais ce
mot que par Coch., qui dit : « Oui est bien
lirgeo, il est bien allégé. »
Adj. verb. de légeô. Ce mot me paraît
douteux. Ou devrait avoir légia (v. légeô).
Je ne sais non plus pourquoi, à l'init.,
Coch. a employé é pour l'inflnit., et te p.
le part.
LIENDA V. élindau.
LIENDAU V. élindau,
LIÉNO (lhén6) v. a, — Glaner.
De glenKre. Aphër. de g et inserl.
d'yolte (109) ; ch. de e fermé en é (62
rem.); de are en 6 (14 S").
* LIETTA (à Morn., Crap. lièta ; h River.
Ihièta; à S»-Marl., S»-Symph. Ijiéta) s. f.
— Tiroir. « Mé, pu sen, lo paure, que se
sintiet quoqul liaurds dins sa lieta »,
mais ensuite, le père qui se sentait qq.
fortune... (Dial.)
Du vfr. laie laiete, botte, tiroir d'ar-
moire. — Orig. germ : mha., ail. lade ;
flam. laede laeye, coffre, caisse. A laie
s'est ajouté le suff. dim. etta, d'où laj/etla,
réduit à lietta.
LIETTE (liète) LISETTE (lizète) s. f. B.
dph. nisettc, Vosges (Bruyère) disette —
Betterave. Vivar. lisèta « rave qui sert à
la nourriture des porcs (sans doute la
betterave^ », ap. Clngnet.
Lisette est la forme primit., d'où lielle
par chute de s, comme dans biassi, de
bisaccia ; mais l'ètym. de lisette est
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LIGO
233
obscure. Peut-être de luiseta, luisante, à
cause du luisant de la betterave. Gp. pr.
luselo, œil luisant, et ver à soie dont la
peau luisante dénote la maladie; hisen-
tino, petite vesce d'un noir luisant; berr.
Ihette luzette, lézard dts murailles. Lui-
set te aurait été facilem. corrompu en
liseue.
LIGOUSSA (li^oussa) ;'à Lyon Ugousse
s. f. Pr., for. ligoussa. — Épée, fleuret.
Le mot s'emploie surtout en plaisanterie.
M. Mistral le tire du gasc, et aussi
rgt. ligoHssSi^ contester, embrouiller une
allai re, lequel me parait être lUigare, av.
un suff. fréq. Je fais remarquer en pas-
sant que lU(i)gosa donnerait //^o«5«, qui
aurait pu pas.ser à ligoussa. La ligoussa
serait donc littèr. « la querelleuse ». Mais
il n'est guère admissible que le mot
vienne directem. du lat. et il est pro-
bablem. un subst. v. de ligoussa, em-
prunté aux dial. d'oc.
LIMOSIN;«p. Goch. LIMOUSIN dans
le diclon : Mhigl comm'in Limosin, pour
manger énormément. Limousin k Lyon
est synonyme de maçon.
LINCIAU y.linçu.
LINCIOUv. linçu.
LINÇU (linssn)ù. Morn.; à Grap. LIN-
CIOU (linssiou) ; à R-de-G. LINZOR
(linzor) s. m. It. lensuelo, SRvdelenjoru,
piacent. linso — Drap de lit. — A Paniss.
LINCIAU - Lange.
Vès V\n, vès l'iii charchi d'autre pralslquo,
El ii'os pôs pou que mon linzor le pique.
« Va t'en, va t'en chercher d'autres pra-
tiques. — Et ne redoute pas que mes
draps ne le piquent. » (Gr, Jonn.)
De linteoliim. 1» Pour la forme linçu,
ch. de ^en 5.v(174 2*, c). Eolum= ion en
In. par vocalisât, de / (121 2c) ; m au lieu
de ou est dû à l'infl. du fr. linceul {eu
fr. passe à u en In.). 2» Pour la forme
linzor, le passage de ^ à j a eu lieu sous
une infl. inconn. (on retrouve z on it. et
dans les dial., mais prononcé ts) ; ch. de /
fin. en r (121 l»). La disparit. de l'yotte
de eo a son pendant dans le fr. linceul,
jadis lincieulx. De même li7izo)' a cer-
tainem. élé linzior.
LINDA (linda) s. f . — A Morn. Jam-
bage de porte (v éli7idnu).
De lïm(i)la^ par une dérivât, de sens
analogue à celle de limitellum = fr. lin-
teau. Gh. de ^ en rf (174 2*). Lin est
écrit pour lim, les 2 graphies sonnant de
même.
LINDES (linde); ap, Goch. LANDE; à
Lyon lendes (lande) s. f. pi. Lim. et
rgt. lende — Œufs de pou.
De lendem, môme .sens. Gh. de en en
in (32).
*LINGAINA (linghôna) s. f. —Langue
de terre, petite bande.
De lingua, av. suff. aiia. On devrait
avoir lingana (8), mais aina est dû à
une infl. d'oïl.
LINGE vin. adj. des 2 g. — Se dit du
linge qui étant usé, est devenu mou, san.s
consistance, par opposition à la raideur du
linge neuf. — 1514 : « Item, plus 15 lin-
ceulx neufs et un linge, » {Inv. de l'Hôpil.
de Villefr.)
G'est le vfr. linge, mince, délié, et par
extens. faible. Berr. U7ige, rch. linche,
rgt. linge lirge^ mince, menu, de lineum.
Sur la dérivât, de sens cp. panossl,
homme faible» mou, de pannuceum.
L'idée est « mou comme du linge ».
LINGER (SE) (se linjé) v. pron. — 1. A
Villefr. Dépérir, languir, en parlant des
personnes.
De linge adj. (v. ce mot). Se linger,
devenir mou, sans force.
2. A Villefr., Lyon, Monter sa garde-
robe en linge. Lim. oli7idza, donner du
linge à qqu'un.
De fr. lingis subst., av. suff. er des vb.
de la !'• conjug.
LINGOUÉRON (lingouéron) s. m. —
Petite langue. Au fig. Langue acérée, mé-
disante.
Son Uingowron puinitu bertavelôvc ainsi.
« Sa petite langue pointue jacassait
comme suit. » {Mén.)
De linga, langue, av. suff. on et insert,
d'une syll. entre le thème et le suff. pour
accentuer le caract. péj. Quant au suff., il
a élé relié par r comme dans moxi-
clie-r-on, aile r-07i.
LINGUSA (linguza) s. f. For. lifiguéron
— Se dit d'une personne médisante ou
calomniatrice.
Do lïngua, av. suff. osa (33).
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234
LINT
LINTILLI (lintiHii); ap. Coch. LEN
TILLI s. f. s'emploie surtout au pi. lin-
tilles — Tachai de rousseur. Je suis
étonné que Liltré, qui donne lenlif/o,
n'ait pas fait figurer lenlilles dans celte
accepl.
De lenticula, comme fr. lentille. Fin.
i (54 8*).
LINZOR V. linçu,
LIO V. déliô.
LIOCHE (liôche); à Villefr. lOCHE
Ôôche) ; fi Lyon HAche s. f. Dph. lachi,
Vosges /a/i/i€, ce V., toulous. lagast; pr.
lingastOf gasc. langast legasch (ap,
Azaïs^ Quercy ligasta^ cat. llagasla, —
Tique des chiens, ixodes ricinus.
La forme iôche est certainem. le résultat
d'une confus, av. l'article : liôche^ V iôche.
Notre mot est sans doute tiré du type d'<»c.
}.eg est devenu yotte chez nous : legasch
legasch (i^Z) Hache liôche (1). Lss formes
cat. et du Quercy font remontera un J).
lat. *lagasta, devenu lagatsa lagacha
dans certains dialectes. Ce lagasta est
probablem. une forme de lagusta, qui a
donné langouste. C'est donc av. raison
que M. Mistral cite le lat. classique lo-
custa, mais le mot n'en a pas été tiré.
Quant au sens, on comprend facilem. que
les pinces de la tique aient été comparées
à celle du cmbe.
En tous cas les types In., pr., cat. et
dph. n'ont aucun rapport av. Morvan
loua, pou du bois; berr. louhache loud-
rhe, ss.-rom. lov>el lovette, genev. lovet
lovai louvat, fr. popul. louvette « ixodes
ricinus ». Ceux-ci ont été formés sur loup
ou infl. par lui, comme l'indique encore
plus clairem. le dialecte du Maine, où la
tique a pris le nom de loup rouge. C'est
probablem. dans cette série qu'il faut pla-
cer le poit. labache « petite bête qui s'at-
tache à la peau des bœufs [Rousseau). »
LIOR V. cliov.
LIORDS (liôr) s. m. pi. — Argent, for-
tune. Al a pro de liords^ il a bien de
l'argent. « Lo paure, que se sintiet quoqui
liaurds dins sa liela », le père, qui se
sentait quelque fortune. (Dial.)
Fr. liard, pris auûg., av. passage de a
àd(l).
LIQUET (à Morn. likè, à S^-Marl. Ihikè)
s m. — Loquet.
De vfr. cliquet « pessulus versatili.s ».
L'aphêr. de c s'est opérée sous l'infl. de
loquet. Qaaiit à cliquet, c'est un suhst. v.
de cliqH?Aei\ à cause du bruit que fait le
cliquet en retombant.
LIQUETO(à Morn. Hquetô, h S»-Mart.
Ihikelô) V. n. — Remuer le loquet, c Un
paysan riche dit que ce n'est pas le
premier venu qui pourra venir Hquetô à
sa porte, faire résonner discrètem. le
loquet pour demander â être reçu, ou .se
présenter pour épouser sa fille, i»(Mon.)
De liquet, av. suff. (î (14 1').
LISE (lize) s. f. — A Yzor. Église.
Du vin. glyêsi (Marg.), dans lequel il y
avait eu déjà aphér. de e init. à'ecclesla»
Le pat. moderne ne supporte pas gl init.
et le réduit à l (109). La fin. e devrait
être i; elle a probablem. été substituée
sous infl. de fr. église.
LISETTE V. lietle.
LISSIO (lissiô) à R-de-G. ; à Morn.
LISSIOU (lissiou) ; à Lyon Hssieu lessiea
s. m. Morvan lussu, vpr. leissiu, cataL
lleixiu — Eau dis cendres de lessive.
Lissieu sec, potasse.
Poiiant j'ai diil que iVito b:ùva feaa,
Que lo zefjiuls
Etsaiit la vos tout lo nus ou lissio.
« Pourtant j'ai dit que tu étais une
brave femme, — Que tes enfants —
Étaient lavés tous les ans à l'eau de
lessive. i> (Due Bih.)
De lixivum, non de lixitium qui au-
rait donné une désinence en jo (cp. levitis
= /i(yo).Ch.deibref ené (21); de a? (=c*.>
eniss (162 1") ; chute de t^ devant m (145
2") et conservai, de u = ou (cp. clavum =
cliou). On a leissoii,et leissiou lissiou par
insert, d yotte, appelépar Tyotte de la syU.
init. Je ne sais comment cet ou a passé h
0 dans la forme de R-de-G. Est-ce par
confus, av. le suff. iau, d'ellum f
LISSIOU V. Hssio.
LIUCHI (Ihuchi) s. f. — 1. Petites brin-
dilles Q'osier qui servent, au printemps, à
attacher les poi7iles (v. poinii) de la
vigne. Par extens. petit bout de bois,
brimborion, fétu.
Du rad. de lier, av. une 2« partie luchi,
dont la syll. init. s'est confondue av. le
thème et qui sert à caractériser, comme en
fr. le pboiiènip luche, des brimborions.
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UUN
235
des choses insigniftantes(cp. fr. freluches,
fanfreluches, e le norm. freluches,
lorr. furluches, copeaux). Littré pense
que lâche peut être identique à loque,
mais il est impossible que le nor. lôckr
ait pu donner Ixiche ni liuchi.
2. Terme injurieux appliqué aux per-
sonnes, et équivalent à misérable, vil fétu.
Allons, qu'o se pro diit ; Toué rimô, inotrua liuchi.
« Allons, c'est assez causé; je vais
rimer, méchant rien du tout. » (GorL)
Vo zitei doux baToux, «lue Huches^ doux gredeins.
« Vous êtes des baveux, deux fétus, des
j^redins. » (Mel.) De liuchi, brimborion,
fétu, pris au fig.
LIUN (Ihun); vin. LUNS s. m. —
Lundi. € La velli de l'Aparisiun, qui fut
lo Itms, » {L. R.)
Apocope do dilun, av. mouillem. de Z,
comme il arrive souvent, sans cause ap-
parente.
'LIURA (liura); à Gondrieu, d'après
Coch., LOIR A s. f. — Lièvre. « Et a fit la
borba à la Itura pendant qu'ai coriet
tant qu al ayet de chombes », et il fit la
barbe au lièvre pendant que celui-ci courait
à toute vitesse.
De lep(ojra. Ch. de e bref en i (25) ;
vocalisât, de p (164 6*) ; d'où liura.
LIUTA (Ihula) s. f. Rgt. longoxisto lin-
gouslo — A Grap. Sauterelle. Milan.
aliusta, crabe ; gén. aligusto, langouste.
Le b. lai lacnsta lagusta a remplacé
locusta dans toutes les langues romanes ;
mais il parait y avoir eu une forme
* ligusta qu'on retrouve dans l'it. aliusUi
et le gén. et lurquois aligusta, langouste.
Ghute de g (133); de s a66 2";, et ch.
de o fermé en u dans la phonét. de Grap.
(3*). Gp. vfr. laouste lauste, vx val,
laiooiste^ sauterelle.
LIUTSIN V. luétin,
LIVRAI (livré) à Lentilly; à River.
LIVRÈYA (livré-ya) s. f. For. livrie —
Floc de rubans, que l'on donne en prix
dans les vogues.
Pc conim'ché la Togua,
L'enfllonl iiia bagua,
Pi Tan codre ina livrai.
« Pour commencer la fête, — Ils enfilcn^
une )>ague; — Puis ils vont gagner un
floc de rubans à la course. » {Vog,)
C'est le fr. livrée, pris au sens de signe
distinctif. Livrée a passé à livrèya, puis
à livrai (1, rem. 4).
LLEIEN v. lagen.
LO (lô) ; ap. Goch. LA s. m. Vfr. les
leez — Gùté.
Viciigt de so bolsimlnls flaiiiboni de tous lo los.
« Vingt de ses maisons brûlent de tous
les côtés. » {Brey.)
De lB,tus. Gh. de a en d (1).
LOBA (lôba) s. f. — Terme péj. Se dit
d'une rosse, d'un propre à rien, d'un
fainéant, d'un vagabond.
Orig. germ. — Nor. luhbaz < segniter
volutari », flâner ; holl. labberlot, qqu'un
qui flAne par les rues; wal. Zow&rete, fai-
néantise, vagabondage ; angl. loohy^ oi-
gaud, paresseux, pesant. Lo rad. paral^
êlre lob : angl. to lob, laisser pendre,
laisser tomber ; nor. lubbi, chien à
oreilles pendantes; holl. loboor, porc ou
chien av. les oreilles pendantes; angl. to
lob along, se promener paresseusem.
comme qqu'un de fatigué.
Peut-être faut-il rapporter à ce rad. le
fr. popul. loupe, fainéant, que M. F. Mi-
chel me parait bien à tort tirer du rad.
ail. qui a fait galoper {hlaufan). La loupe
n'est point un individu qui galope, mais
au contraire un paresseux qui se traîne
av. lenteur. Encore moins admettra-t-on
l'étym. de Littré : « ouvrier qui loupe ^
qui travaille à 1a loupe. » La loupe n*esl
pas un ouvrier minutieux, mais au con-
traire un ouvrier qui ne fait rien. Quant
au rad., il peut être lop aussi bien que
lob ; cp. le b. ail. l^tpel, lourd, épais et
l'angl. to lop, laisser pendre, à côté de
to lob,
LOIR A V. Iit4ra.
LOIVI (loivi) vin. s. f. dans le texte
suivant d'un noël du xvi« s.
Mais Guillot de sa loivi
Tire de matafam,
El de gaffro la Toini
Per donna à l'Enfant.
< Mais Guillot de sa... — Tire des crêpes,
— Fit la femme d'Antoine, des gaufres —
Pour donner à l'Enfant. »
M.Philipon propose, av. le signe du doute,
de traduire loivi par « blouse », et le rap-
proche du m. lat. loba « tunica non
praecincta ». Loba est un mot esp. qui
signifie « surplis », et que Diez tire de fr.
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236
LOMO
aube, av. agglutinât, de l'art. Illa alha
peut donner lauva (le ch. de & en r se
retrouve dans esp., ptg., gris., pr. alva
« aurore »), mais on voit difflcilem. com-
ment lattva aurait pu passer à loivi. Si
l'on cherche à expliquer la désinence ipar
une forme en ca, elia alhea donnerait
laugi^ comme alvea, augi.
Je crois qu'il serait peut-être préférable
de traduire loivi par « gibecière », sans
que je puisse d'ailleurs indiquer l'étym.
La gibecière est Taccessoire obligé des
bergers dans tous les noëls.
LOMONT (lômon) ; ap. Gocii. LAMONT ;
H Viilefr., d'après Coch.. LOMOU, aujour-
d'hui LOMU (lomu) adv. — En haut, là-
haut. « Lômon (Vin-fi'haut, là-liaut en
haut. ^
C'est ilfhnont, av. aphér. de i.
LOMOU V. lômont,
LOMU V. lômont.
LONA (lôna) ; à Lyon lône s. f. —
Dras de rivière où l'eau est dormanle.
Du h. lai îaf/ona, forme do lacuna.
Chute de g (133); d'où laona, réduit à
loua. Au m. à. on a losne {S*'Jean-de-
Ijosne)^ par une fausse graphie par ana-
logie av. aumosne elc. De même a-t-on
Rosne, de Rhodanum .
LOQUETIRI noketlri) ; à Lyon loque-
Hère s. f. — Clef de la porte palière, de
la porle d'allée. Ne se dit que d'une clef
dont la serrure est à « demi tour », c'cst-
à-d. à pêne à ressort.
De fr. loquet, av. suiï. î'ri (13). Le pêne
h. ressort de la serrure, a été considéré, à
cause de sa mobilité automatique, comme
une sorte de loquet, celui-ci se fermant
êgalem. tout seul quand on pousse la
porte.
LORA V. laura.
LORD, DA (lor, da) adj. — L PesanL
2. Qui a le vertige.
Lnrr{i)dtim pour luridum = lor{d)
(38). Le passage de luridum à lurridum
est démontré par u de la syll. init. =.
o ou dans toutes les langues romanes.
Celui du sens de < livide » à « pesant »
est plus difficile à éclaircir. Au sens
de € livide » s'est d'abord substitué
celui de c couleur d'objet pourrissant
{c^Auridatum) » et de « pourri » : m. lat.
luridum « pourri ». Puis à celui de
couleur d'objet pourri celui de « sale,
malpropre » : it. lordo, Igd. lourd, sale,
malpropre (Azaïs, Mistral, Sauvages.
Vayssier). Puis au sens de malpropre
s'est substitué celui de « paresseux, borné,
stupide » : vpr. lorts « parum audiens *,
vfr. lourd * sot, idiot » ; fr. balourd.
Puis au sens de paresseux, stupide, celui
de « pesant » au sens matériel. Ce pas-
sage du figuré au propre est si extraor-
dinaire, que l'on peut penser, av.Groeber,
que l'hypoth. d'une simple homonymit^
entre les mots signifiant « sale » et ceux
signifiant « pesant » n'est pas fermée.
Quoi qu'il en soit, de « pesant » est dér.
le sens de « qui a le vertige », parce
qu'en effet lorsqu'on a le vertige, on a la
sensation d'une télé plus h>urde que U»
corps.
LORDAYA (lortia-ya) s. f. Berr. lor-
dène. — A Paniss. Vertige. Morv. lordais^
se dit d'un mouton qui a le tournis.
De In. lord, av. suff. aye, d'cta, qui a ■
un caractère coll. (cp. 7noneta = monnaie
monnaie, betuleta = bouloye boulaye).
LOUA (loua) s. f. — A S^-Mart. Louve.
De IvLpa. Chute dep (140, rem 8). On
a loa loua^ qui passera probablem. à
louô^ comme moua a passé à mouô,
LOUFA (loufa) s. f. For. loufa, pr.
lofio, rgt. loufio, Igd. loufo, it. loffa lof-
fia, aret. loffa, lombard lofa — Usité à
Paniss. Il est plus décent de lai-ssm* défi-
nir par Alberti (la Crusca n'a pas inséré
le mot, comme manquant de noblesse^ :
Venlo che esce pel deretano senza ro
more. ^çXi.loufèc loufîe, vapeur chaude
et nidoreuse qui s'échappe de l'estomac.
Je crois que M. Mistral a trouvé l'étym .
en le rapprochant de ail. lufi, veut; mais
il ajoute à tort l'angl. loof, qui signifie
lof, et a une tout autre orig. L'ail, luft
vient du mha., moy. ail. luft; holl. lucht:
dan., suéd. luft; écoss. lift « aër, aura».
Le holl. accuse le rapprochem. de sens :
lucht, émanât, d'un corps, mauvaise
odeur, courant d'air ; luchten, répandre
une odeur. La persist. de la l" cons. du
groupe final de luft, et la chute d^ la 2',
qui seraient anomales dans le lat., n'ont
rien d'exlraordin. eu germ. Cp. fr. lapon
{zapfo), lisière (lista), canif (knifr),
briser (brestan). Quant à u de luft, il
est bref par nature, et donne fr. ou. Cp.
moufle (mouwe), fourbir (furban).
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LOUP
237
C'est bien à tort que Grandg. voit dans
wal. leuver « visciare » un dér. de leu,
loup. C'est un dér. de loufe.
Le mot figure dans l'arm. louf loiiv,
verbe louca, même sens que dans le In. î
mais comme il n'existe dans aucun autre
dial., c'est cerlainem. un emprunt au
rom. Le norm. a loiise^ même sens, mais
comme il signifie aussi tromperie, il faut y
voir le rad. du vfr. losange, de los
[laudes). Le, mot /o«A-e, tromperie, a élé
pris au tlg. pour exprimer la traîtrise de
la chose.
Caix voit dans lof fia , * lupea. Il
l'explique par le sens de champignon,
qu'on trouve à côté de celui de« viscia ».
« Îjù. réunion des deux significat. provient
do ce que le champignon (quelle qu'en
soit la raison) est dénommé partout au
moyen d'expressions qui équivalent h
« pet de loup » : fr. vesse-de-loup^ et dans
les dial. pisse-de-lotip, pet-de^loup ;
ptg. hexiga de lobo, esp. vejin de loho
etc.» Mais il faudrait d'abord prouver que
lupea donne lof fia. Je n'ai pas d'ex, en p
+ yotte, mais on s'attendrait à loggia,
comme rubeum^i donné roggio, et laubia,
loggia. Il est infiniment plus vraisembl.
que c'est au contraire loffia « viscia », qui
a fait appeler le champignon du même
nom, à cause de sa mauvaise odeur, de
même que l'éclat sonore qu'il fait quand
on l'écrase, l'a aussi fait nommer pet-de-
loup,
LOUPA (loupa) s. f. Dph. loupa —
Argile, terre grasse, terre adhérente. « O
H* y pot rifi Vf fit; y est de loupa, il n'y
piut rien pousser (dans cette terre), c'est
de l'argile. > Par extens. toute matière
coagulée.
L'eutro de ton foyer enlevé la loufta,
• L'autre enlève la boue (amenée par
l'inondât.) de son foyer. » (Gren. inonda.)
Du celt. — Corn, loob, vase, limon
visqueux, argile, « slime », boue, fange.
Je crois que c'est à la même étym., et
non à loupe, objet de forme ronde, qu'il
faut rapporter le nom de loupe donné au
fer mêlé de scories, qu'on fait liquéfier au
feu.
*LOURA y.laura.
' LOUSA V. liisa.
LOVA V. lovar.
LOVAR (lovar) ; à Crap. LOVER (lover) ;
à Paniss. LOVA adv. Vfr. lavai — Là-
bas; entraîne toujours l'idée d'un plan
inférieur. Péri lovar d*in bôs^ par là-bas
en bas.
De (il)lam vB»l{lem) passé au masc.
comme dans fr. val. Gh. de / fin. en r
(121). La forme lonèr a été infl. par la
phonét. d'oïl, dans laquelle a ton. libre = e.
L? Morvan ladvan, là-bas, doit être Idvar
lava lava\n].
LOVER v. lovar.
LOYI (loyl) n. d'homme — Louis.
De Ludovi{cu)s, forme latinisée de
Hlodoweg. Chute de d (139) ; de v sous
infl. de o (cp. ovicula = oeille). On a
Loois Loeis Loi, et Loyl av. insert,
d'yotte pour rompre l'hiatus.
LUÉTIN (luèUn); à R.-de-G. LIUTSIN
s. m. — Être fantastique qui fait des
farces aux hommes ou leur fait pire. —
Les légendes du lutin dé la Grange-Ram-
bert, près de S»-Symph., sont célèbres
dans les montagnes du Lyonnais.
In nommé \oliulsin.
Que ne pArle jamais soi français gni latin,
Zou caravire loi.....
« Un nommé le Lutin, — Qui ne parle
jamais ni en français ni en latin, — Y met
tout sens dessus dessous. » (Proc.)
On a beaucoup discuté sur l'étym. de
fr. Lutin. La forme luétin semble indi-
quer une orig. où figurerait le groupe uc
(48), ce qui combat l'étym. proposée par
Scheler du germ. vha. lutzil lutzel, petit,
qui aurait donné toute. Noctem (av.
substitut, de / à ;i), proposé par Roquef. et
J. Grandg., aurait donné In. leyte lote.
L'étym. de Grimm, Zac/w* (esprit du deuil,
des morts) convient à la forme In. comme
au sens.
LUISERDO (luizerdô) v. impers. — A
Paniss. Faire une éclaircie de soleil.
Le môme que lusarnô lusernô, av. une
substitut, de sufT. sous qq. infl. inconn. ;
peut-être simplem. pour dififérencier les
mots, les sens étant difi'érents.
LUISERNO (luizernô) v. impers. — A
Crap. Se dit du soleil qui paraît entre
deux nuages. 0 luiserne, il fait des échap-
pées de soleil. On dit aussi : O chandilte.
De *lucer7itLre, de lucerna, Ch. de uc en
ui (cp. 48) ; de c en ^ (130) ; de are en
ô (14 30).
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238
LUMA
LUMASSI (lumassi) s. f. It. lumaca,
piém. lumassa — Limace.
De limB»cia pour limace m, Ch. de i
en u (e81?is). Fin. i (64 !•).
• LUMINI(luminî) 8. m. — Fabricien.
De • luminsi,rius, parce que jadis ils
étaient chargés d'allumer les cierges. « La
coutume d'Auvergne les appelle les lumi-
nier s (Goch.) ». Le suff. arius = * ( -3).
Le mot est de format, savante. Sans cela
il serait les lumi ou les lunï.
Au m. A., où le luminaire constituait la
principale dépense des églises, le lumi-
nier était le principal dignitaire du
conseil de fabrique. C'est ce qui expli-
que comment chez nous , au moins,
son nom se trouve sur les cloches, sur
les croix et autres objets religieux, tandis
que celui du curé est passé sous silence.
LU NO (lunô) adj. — Se dit du bois par
rapport au temps où il a été coupé. Du
boue bien lunô, du bois coupé en bonne
lune.
De luna, av. suff. ô (14 3»).
LUNSv. liun,
LUS (lus) s. m. — D'après M. Gras, on
dit à Lyon gros lUs^ gros farceur ; for.
lusat^ malin, rusé. Le pr. a luset^ enfant
lutin, espiègle. Je n'ai jamais entendu lus
et on no le trouve dans aucun auteur,
mais il peut exister ; il y a à Lyon beau-
coup de mots confinés dans certains mi-
lieux (v. gatte).
Tous ces mots paraissent formés sur un
V. *lusa,re, forgé sur lusum, dont lus
serait un subsL v., et lusetlusat des dér.,
av. des suff. dim.
LUSA (luza) LOÙSA louza) s. f. ; s'em-
ploie surtout au plur : luse, louse —
Pierres plates taillées SQrvant à couvrir
le^ aqueducs. Vpr. llaasa^ pr., rgt.
lauso ; alp. lauzo, esp , piém. losa ; port.
lousa^ basq. arlauza, vfr. lauze, pierre
plate servant à daller, schiste servant à
couvrir les toits, ardoise ; b. dph. Icru-
ziera, carrière d'ardoises ; /at<5:a, entourer
un champ de pierres plates, paver un
chemin de ces pierres.
De lausa, qu'on retrouve dans le m.
lat., et qui est expliqué par Tadj. Itiusiae^
dans l'express, lapides lausiae (« quive
lapides lausiae in lapicaedinis erunt »),
employée dans la table d'Aljustrel (Por-
tugal), inscript, de la 2« moitié dul" siècle,
contenant la Lex vietalli Vipascensfs.
M. J. Flach, av. toute raison, traduit
lapides lausiae par ardoises. C'est
M. Schuchardt qui a fait ce rapprochem..
lequel met à néant Tétym. de Diez, laudes^
appuyée sur l'esp. laude^ pierre sépul-
crale, pierre plate propre à recevoir une
èpitaphe, ainsi que l'étym. de M. Baist,
laxa.
Il est plus difficile de savoir d'où vient
lausiae. M. Schuch. le croit celt. et y
voit le rad. de Lausanne (Lousanna),
Les mots à rapprocher sont : arm. lach lech ,
qui, bien que masc, vient du fém. ; kym.
Uechf irl. leac, vx irl. lecc, pierre plate,
ardoise, tablette ; arm. liac'h leac'h, dol-
men. Mais la format, du mot, si le rap-
prochem. est exact, reste inexpliquée.
LUSARNO (luzarnô) LUSERNO v. im-
pers. — A Paniss. Faire des éclairs. O lu-
sarnc, il fait des éclairs. Pr. enluserna^
éblouir, donner la berlue. Vfr. luisarner^
briller v. n. ;ln. luiserdô^ faire une éclair-
cie de soleil.
De • lucernB»re^ de lucerna. Gh. de uc
en ui réduit à u (cp. 48) ; de c en ^(ISO);
de e en a (66) ; de are en o (14 3";.
M
MACARIAU (makariô) H. m. For. ma-
cariau — Geai.
Le macariau est le « maquereau » des
air.s, d'un rad. qui signifie tache, à cause
do la tache d'un bleu vif que présente
une partie de la couverture des ailes. Diez
fait venir maquereau de macula, mais
cela donnerait maclereau,\n. maclariau,
et on ne possède pas cette forme. Scheler
le fait venir d'un rad. indo-germ. mac,
qu'on retrouve dans Fit., esp., port, man-
cha pour mâcha, et qui aurait formé un
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MACH
•m
verbe * macare, frapper, meurtrir, cp. it.
ammacare, esp. macar ^ vpr. macar
inachar, fr. macquer, fouler, concasser»
li'où maca, tache, comme résultat d'une
meurtrissure. Le fait est que macula
otant un dim.. il a dû exister un primitif
}n%ca. Mais le type * macarellus^ pro-
pose par Scheler donne fr. mayereau,
vpr. ma/7«r<?/, in. mayariau. Il faut donc,
comme le fait Groelier, admettre un * mac-
care, d'où macca et maccarellum. Macca-
re//Mmdonne, ilestvrai,fr. ma<;/M?reaw,ln.
machariau, mais il donne maquereau
dans les dialectes du Nord (cp. norm.
raque, de vacca), à qui nous avons pu et
dû emprunter lé mot, le maquereau se
péchant surtout dans l'Océan. Sur ellum
= tau V. 32.
• MACHE-CROUTE. — 1. Mannequin re
présentant une figure monstrueuse, que,
d'après Rabelais, on portait au carnaval.
« (Jestoyt une effigie monstrueuse, ridi-
cule, hideuse et terrible aux petits enfants,
ayant les œils plus grands que le ventre,
et la leste plus grosse que tout le reste du
corps, avec amples, larges et horrificques
maschoueres bien endenlelées, tant au
dessus comme au dessoubs : lesquelles
avec Tengin d'une petite chorde cachée
dedans le baston doré l'on faisoyt l'une
contre l'autre tei-rificquement cliqueter,
comme à Metz l'on faict du dragon de
sainct Clément. » Le Duchat dit en note
« qu'on no p )rlc plus h Lyon cotte figure,
quoiqu'on y en parle encore, èl qu'on
menace les enfants de les faire manger à
la masche-croule •». Le Màche-croùte était
évidemm. un souvenir du Manducus lat.,
qui, d'après Plante et Festus, était un
mannequin pourvu de mâchoires et de
dents énormes qu'on promenait dans
certains jeux publics. La tradition, comme
le mot, est complétera, oubliée.
2. Instrument en fer, composé d'un
levier d:inté et d'une partie fixe, qui ser-
vait à briser la croûte du pain pour les
vieillards sans dents. Il ressemblait à
l'instrument dont on se sert pour mâcher
•!t amollir' les bouchons. Depuis cinquante
ans, c'est-à-dire depuis qu'on fait des
fausses dents, l'inslrumont est hors
d'usage.
• MACHON (mftchon) s. m. - Bon
repas, forte noce.
De fr. mtlcher, av. suif. on.
MACLIA (maklia) s. m. — Garçon,
jeune enfant mâle, mais av. sens volontiers
péj., comme celui de polisson. In maclia,
se dit qqfois d'un enfant qui montre son
sexe.
De masc(u)la,Him. Ch. de sel en cli
(179 2") ; a ton. a été protégé par t
(1, rem. 3).
MACLIASSO (makliasso) s. m. ^ Le
même que maclia, mais av. un sens plus
péj. Voué te te cachi, macliasso ! veux-tu
te couvrir, effronté î Dph. maclassi, fille
qui recherche la compagnie des garçons ;
b. dph. maclia^ homme de rien.
De maclia, av. suff. péj. asso, d'ace us.
L'emploi de la désinence o au lieu de t
dans le suff., malgré la sifflante qui pré-
cède (64 T)»), a pour but d'indiquer le
masc.
'MACLION V. m/5c/io.
MADELEINE s. f. — Mante religieuse,
insecte.
Ainsi nommée par le même motif qui
l'a fait nommer en fr. mante religieuse,
c'est-à-d. parce qu'elle joint ses 2 pattes
de devant dans l'attitude de la prière. On y
a VU la figure de la Madeleine repentante .
r.lADIGNI, IRI (madjignî. iri) MADI-
GNI.ll (madjigniri) s. ;à Lyon matinier,
ère — A S*-Mart. Se dit d'une personne
matir.vUse.
De .nadin, de matutinum, plus suff. î,
d'ariw*, ou iri, à' aria (18).
MADIN V. demadin.
Que voj ay niod« si madin !
Vol lie craiQiii pas l'uura fraiclia.
* Quoi, vous êtes parti de si grand ma-
tin î — Vous ne craignez pas la fraîcheur
du vent. » (vx Noël).
MADIN AU (LE) (le madinô); Il Lyon le
Matinal s. m. — Vent d'Est.
De madin, plus suff. au, d'ellum ;
parce que, le matin, le soleil esta l'est. Cp.
vfr. de matin (dans les actes) « du coté de
l'est ».
MAGNAN V. maf/nin.
MAGNANS V. magnons.
MAGNANS(LOS) - Surnom des habi-
tants de Ghouzy.
Magnan veut dire ici mdchuré, qui a
le visage et les mains sales, les ouvriers
en cuivre et en tôle, les poéliers (autre
variété de magnats) étant mâchurés par
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•24U
MAGN
le métal. C'est pourquoi on dit aussi à
Neuchâte], en parlant de qqu'un de sale
ou au teint foncé : « noir comme un ma-
gnan ».
MAGNAUD (magnô) s. m. — Fils atné.
Peu usilé.
De mB,gnum^ av. sufiF. germ. aucî (?)
On a dû avoir maignaud (cp. 10), passé
à magnaudy comme Charlemaigne à
Charlemagne.
MAGNIAUDS v. magnons.
MAGNIN (magnin) MAGNAN (ma-
gnan) s. m. Vfr. maignen^ dph, piém.,
magnin; gén. magnino, cat. manya,
dial. de l'ital. super, magnano — Chau-
dronnier ambulant. Tosc. magnano, ser-
rurier; au pays de Vaud mag^iin,
châtreur. Nos magnans viennent tous
d'Auvergne. Le mot m,aignen « aerarius
faber » est au Dict" de Nicod.
De mach{i)ntLrius^ qui donne en oïl
maignier. On trouve en effet, suiv. Diez,
le bourg, maignié et le fr. dialectal ma-
gnier. Mais la plupart des dial. ont
substitué à arius le sufT. anus ; d'où
maignin{pom'maignain), magnien, men-
gnen, dans les dial. d'oïl, et magnan
dans ceux d'oc. Machinarius a plutôt ici
le sens flg. d'adroit, d'ingénieux, que de
faiseur de machines. Gp. esp. mana, port.
mancha, basq. maina, art, artifice, as-
tuce ; de machina. C'est ce qui explique
le sens du vaudois : « châtreur ». Dans
certains villages de la Lorraine on dit
caramaniousse et charamania, corrupt.
fantaisistes dans lesquelles on a fait pré-
céder le thème du préf. péj. ca et de la
.«yll. intercal. ra, aussi péj. (v. carabossX).
Magnan est la forme pat. et magnin
la forme de ville. Anus = an (8).
N. d'homme, Magnan, Meig7ian^ Ma-
gnin.
MAGNONS (magnon) MAGNANS (ma-
gnan) ; à Morn. MAGNIAUDS (magnô);
ajp, Coch. MANIONS »• m. pi. — Vers à
soie.
On a été embarrassé pour l'étym. de ce
mot, que Scheler et Littré croient pouvoir
rapprocher de angl. maggot, ver, qui
parait venir du celt. Je crois l'orig. beau-
coup plus simple. Le mot est certainem.
contemporain de l'introduct. en France
de l'élevage du ver à soie. Or, une décla-
rât. d'Henri II (14 juillot 1551), en vue
€ d'amplifier l'art de la soie pour la déco
ration du royaume », règle « la plantation
en tous lieux des arbres propres à la
nourriture des »îei<5r/irt5 y.fnaynat) ». Le
mot paraît donc venir de maigna « petits
enfants, petite famille », sous l'infl. do
l'idée d'élevage. Les autres formes, parmi
lesquelles une des plus anciennes est
celle de magninud (Oliv. de Serres), sont
dues à de simples substitut, de sufT., soit
and (magniaud), du germ. tcaîd; soit on
(magnon), qui a en In. une valeur dim.
Magnan n'est autre que magnon, av.
une nasalisât, plus accusée (cp. ilU stint,
devenu i sant).
MAI V. maye.
* MAI mô); à Morn. MAI (mai) s. m.
— « Pla7itù lou mai. Grand Arbre que
l'on plante à la porte d'un magistrat le
!•' de mai. Cet usage est ancien. (Coch.) »
Par « magistral > Coch. a sans doute en-
tendu « maire». Cet usage, tombé en
désuétude dans le Lyonn., subsiste encore
dans divers endroits du Forez, notamment
à Néaux, à Fourneaux , à Chirassimout
(cant. de S*-Symph.-de-Lay), à Verrières,
près de Montbrison : on ne le plante pas
au mois do mai, mais au moment de la
nominal, du maire. J'en ai vu, dans le
Roannais, à la porte de jeunes mariés.
L'usage primit. est certainem. celui qui
existe encore dans beaucoup d'endroits de
la France, et dans la Suisse occidentale,
de planter des mais le i" mai à la porte
des jeunes filles à marier, mais seulem.
quand leur vertu est au-dessus du soupçon.
Une chanson b. dph. rappelle l'usage.
Véci lou dzoli ineis de iiiai.
Que lous calants plaiiloiit lous mais.
L'élym. indiquée par Coch. est donc
exacte. Le choix du mois de mai doit
tenir à une orig. très ancienne, probablem.
païenne.
Il est à remarquer que, dans certaines
parties du Lyonnais, sous l'ancien ré-
gime, la plantât, du mai paraît être devenue
une prérogative des seigneurs et une
sorte d'attribut (d'ailleurs contesté) de la
souveraineté. En 165:3 une ord" fut rendue
par le juge du Chapitre contre Benoît
Chaise, prop" de la maison forte de la
Côte, pour avoir élevé un mai « sans en
avoir le droit, et au mépris de la préroga-
tive dos seigiKMiis bnrons de Briguais ».
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MAI
•241
En nni, les officiers de Briguais signifient
à la V« Ducret d'avoir à détruire le mai
qu'elle avait fait planter devant la porte
de sa maison à Voiirles. L'affaire fut
portée au Parlement, qui autorisa l'érec-
tion du mai « parce que, n'étant pas une
marque seigneuriale, il n'était pas de na-
ture à empiéter sur le droit du seigneur
direct », mais av. défense toutefois aux
habitants de Vourles de se rassembler
pour la plantât, du dit mai,' sans la per-
mission du Chapitre ou de ses officiers
(Allut).
Le mot de planta^ écrit par oubli par
Coch. au lieu de pZan^a, selon son orthogr.
accoutumée, montre que dés son temps ô
s'était substitué à a ton., et que c'est par
suite d'un parti pris que partout il écri-
vait a croyant se mieux conformer à
rèlym. ; mais cet a, dans sa pensée, devait
se prononcer ô.
Le »} ai aujourd'hui est un mât, un pin
ou sapin, av. un bouquet de feuilles au
sommet.
MAI V. mai.
•MaVaNCHI (ma-yanchi) s. f. —
« Fille que l'on habille en Flore et que
l'on place sous une feuillée le l*"" di-
manche de mai. Reste des fêtes que les
Romains donnaient en l'honneur de la
déesse Maïa. » (Coch.) — Cet usage est
non seulementabandonné,mais complétem.
oublié dans le Lyonn. Il existe encore dans
le midi de la France. Gharbot, Dauphin,
qui écrivait au commencem. du xviu« s.,
dit à maie : t L'on nomme de ce nom les
filles qu'on habille en reine, au mois de
mai, qu'on expose sur des trônes de feuil-
lage dans les carrefours. » Dans le cant.
de Vaud maïentse s. f. pi., « jeunes
. paysannes qui, le !<"" dimanche de mai,
vont en grand costume chanter de porte
en porte av. un panier pour recevoir de
petits présents. » (Bridel.)
De Maia, av. un suff. assez rare. Ce
n'est pas acà, qui donne ayi ayt*. Asca
pourrait répondre à la forme. On aurait
Maiasca = maïache^ qui peut devenir
maianche par nasalisât, de a (184 7%
rem. 1); mais celte format, est peu vrai-
semblaMf. ascus étant très rare et ne
s'appliquant guère qu'à des noms iJe
plante. Il est plus probable que anchi est
un suff. roman, ajouté à ma/ par analog.,
peut-être sous l'infl. de maïanchi verbe.
•MAÏANCHI (ma-yanchî) v. a. dans
l'express. Maïanchi lo hoè « enlever au
chêne son écorce pour faire le tan ».
Répondrait à un * maiat(i)cB,re^ do
maius, parce que l'opération se fait en
pleine sève, c'est-à-dire en mai. Ch. de
t'care en chi (161 5» et 15 2») ; nasalisât,
de a ("184 7% rem. 1),
MAICLIO V. média.
MAIE V. maye.
MAIERE V. mayiri.
MAIGNAT V. maynat.
MAILLÉ r'malhé) adj. — A Lyon dans
l'express. Du sang maillé ^ en parlant du
sang amassé sous la peau à la suite d'une
contusion.
Adj. part ici p. de mailll, à Lyon mail-
ler. Du sang maillé c du sang coagulé
par contusion ».
MAILLETTE (malhète) s. f. — A Lyon
le même que maille (v. molli su*»sL).
De maille, av. un suff. ette, ordi-
nairem. d\^m., mais qui est ici simplem.
explét., la maillette étant un câble aussi
gros que la molli. Dans maillette, a
étant prot., a pei'sisté (58).
* MAILLI subst. v. molli,
MAILLI ("malhî) v. a. dans les express.
Mailll ina riôte, tordre un "osier afin d'en
assouplir les fibres avant de s'en servir
comme d'un lien; mailll in lian, tordre
ensemble des brins de paille pour en faire
un lien de gerbe.
De vfr. mailler maillier, frapper av.
un maillet, un marteau, une massue ; de
mail (malle um). Ch. de er en t (15 ir).
M A\UAy' maynat.
* MÂioUSSES V. mayosses.
'MAIS (mè) MÉ (mô) adv. — Plus,
davantage. Je n'in pôs mais^ je n'en peux
pas davantage. Pô mais, pas plus ; in
pou mais, un peu plus.
De mB,g(i)s. Ch. de ag en ai, é (10).
* MAISSÈLA V. maissola.
MAISSOLA (môssôla) ; ap. Coch. MAIS
SÈLA (mêssèla) s. f. ; à R.-de-^. MES-
SOLOR (méssolôr) s. m. Touraine man-
cclUcr, dph. ynaysollar, it. mascella. —
28
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•242
MAIT
Dent molaire. Pr. enmeissa, mordre ; Igd.
maissOyyçtv.mayssha tnaissella niaicheln.
vfr. maisèle, mâchoire. Les dents- maisSi'-
lés, de la Chafison d*Antioclie, doivent
signifier non les « dents de la mâchoire »,
comme traduit Gachet, mais les « dents
molaires ».
Blilord, qu*ayé cent vés meiilo la medaly,
Leui to méssolors tu lo champ de bataly.
« Milord, qui avait cent fois mérité la
médaille, — Laissa ses molaires sur le
champ de bataille. » (Mén.)
De maxïlla = macsitla. Gh. de ac en ai
(61) ; de t bref en è (21) ; d'où maissela.
Dans la forme maissola, il y a eu substi-
tut, du iuff. ola à ella. Dans messolôr il
y a addit. d'un 2« suff. rfr (ard germ.)» qni
a fait passer le mot au masc.
MAITIA, V. mètUi.
MAITIA CONQUESTS v. mêtia con-
quests.
MALANDRA (malandra) s. f. Berr.
malandre — Maladie épidémique; par
extens. plaie, ulcère. Piem. malandra,
maladie.
Et ireuue esta quoque malandra
Que ie peschy den la calaodra,
« Et n'eût-ce été quelque maladie — Que
je péchai in vulram ». {liern.)
Du vfr. malandri*, lèpre ; de malSLU-
dria, même sens. Le mot In. a été tiré du
fr;, sans quoi nous eussions eu tnalandri
(54 !•).
MALANDROUS, OUSA (malandrou,
ouza) adj. — Teigneux, ràcheux, qui a
des ulcères.
De malandre^ av. sulT. ous, à'osns l35).
MALEMPARA (malanpara) adj. des
2 g- Bolon. malpara — Qui est en pileux
état, en danger. Piém. a la malaparà.
« al peggio andare ».
De • male-in-parSLre, par l'interméd, du
vfr. emparer; vpr. emparar, fortifier,
munir. Malempara « qui est démuni, dé-
semparé ». Le suff. a au lieu de ô est
archaïque ; cet a persisto volontiers dans
les adj. dont l'idée verbale est oubliée. Si
l'on avait un infinit, il serait malempari\
et le partie, serait aussi malemparâ.
L'ab.sence de verbe a favorisé la con.servul.,
peut-être provisoire, de a ton.
MALGOUVERT v. maHgouiert,
MALIGNON vin. ? 1491 5 juin : « Item
sur larequeste à eux baillée par le revcrans
(gens de rivière) et nanchiers de lad. ville,
narrateurs d'ung procès nagueres intente
de la part du clergé d. d. Lion, en ma
tiere de cas de nouvelleté, pour ce que
lesd. reverans et nauchiers appliquent les
malignons du boys, tant à la réparation
de la chapelle Saint Nicolas sur le pont
du Rosne, comme h messes et autres divin
service qu'ilz font dire et fere en lad. cha-
pelle, aussi pour ce quMlz portent proces-
sionnellement une bandiere en l'Onneur
de mond. S*^ Saint-Nicolas, et que la chose
touche l'intercst de lad. communaullé... »
(Arch. m.BB 19, f» 22->'.)
MALINCOGNI (malinkogni) s. f. -
liltat maladif, mais non maladie aiguë.
De rit. malinconin, bile noire, hypo-
condrie. Le voisinage de l'j'otte a déter-
miné le mouillem. de n L'it. vient dugr.
yikoL'//ouo:. Quand à la dérivât, du sens,
elle est très facile à expliquer ; l'état de
maladie engendrant la tristesse, les 2 cho-
ses se .sont confondues.
MALTRU, OA v. mùiru, ua.
MANDRILLl (mandrilhi; ; à Lyon
mandrille s.f. — 1 Terme péj. vagabond,
gueux, vaurien. Se dit spècialem. d'un
gueux d(mt les vêtements sont dépenaillés.
2. Épouvantail de chenevière, mannequin
pour éloigner les oiseaux. 3. Mandrilles^
guenilles; norm. mandrile, p. mandrilha
{ap. Honnorat^, même sens.
lua mandrilti, accoutro de pailliri .
« Un épouvantail de chenevière, ac-
coutré de lambeaux. » (Mon.)
Le rad. est celui du pr. mandre màn*
dri^ mendiant, truanl, pendard ; man-
droun, gueux, mendiant. M. Mistral
rapproche esp. mandria, homme faible
et it. rnandriano, berger, qui sont des
mots différents : le !•' du basque emen-
drea (Diez), et le 2* de mandra, étable.
Quant au pr. mandre, peut-être est-il un
subst. tiré d'un v, ' mandre, de mm,ndere^
manger. Les noms de mendiant et de
glouton sont ordinairem. (Confondus (v.
galavard). Au rad. mandre s'est ajouté
un suff. i7/ii, qui est dim., mais le choix
de ce suff. a été probablem. influencé par
le mot de drilles, chiffons, et de là l'idée
de haillons, de guenilles que mandrille
a pris partout. (Test ainsi que le sens de
mandrilli 2. se tire naturellem. d'un
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MANÉ
243
mannequin accoutré comme un mendiani
dépenaillé. Le fr. mandillej casaque de
laquais, ne doit pas être rapproché.
•MANÈCANTANT (manécantan) s. m.
— « Chef des clergeons destinés à chanter
à réglise (Goch). » Tomhé en- désuétude,
au moins pour les écoles cléricales des
paroisses.
Mot savant fait sur matie-conlanlem,
♦ MANÉCANTERIE s. f. — 1. École ca-
thédrale, aujourd'hui dite le Petit sémi-
naire de Saint-Jean. 2. Bâtiment du \i* s.
voisin de la cathédrale, et qui servait au-
trefois au logement des clercs de l'école
cathédrale.
De mnne, cantSire, av. suflf. coll.fr. erie.
lyiANÈCANTIER (manékanlié) s. m. -
1. Élevé de l'école cathédrale. 2. Élève des
écoles cléricales de paroisses ou écoles des
clergeons. Mot tombé en désuétude, mais
encore d'un usage courant à Belley.
Forme savante de ' mane canttirius.
MANEILLI V. matiillL
' MANETTA (manèta) s. f. — 1. Anse
etc. (v. ma7iilli),
Darrérlmeini In viroM de maMtes,
Ou coin du puni relevant se frlselet...
« Dernièrement, un tourneur d'anses,
— Au bout du pont relevant ses mèches
de cheveux... » (Per.)
De manus =: man (8), av. suff. dim.
clta.Manetta* petite main », comme ma-
uilli, de mcmicula.
2. Coch. donne de plus le sens de c une
poignée, ce que la main peut contenir »,
qui m'est inconnu.
De lat. mSLHita, même sens, av. sulT.
roman etta; d'où nmnuetta, corrompu en
7naneUa sous l'infl. de tnanetta 1.
MANGANA (mangana) s. f. — Vaurien,
coquin, mais av. le sens spécial de trom-
peur. Ina fina mangana^ un rusé co-
quin. Pr. ma»/70, jeune fille qui recherche
les garçons ; Igd. mengano mingano,
imrh, mangano, flatterie, flagornerie; Igd.
iiiinganêlos, simagrées ; p. manganié
{ap. Avril), regrattier.
Par in funesto sort, noulre tristes manganes
Se troTovontqoujour lio goce à le chanes.
« Par un funeste sort, nos tristes co-
quins — Se trouvaient [avoir] ce jour-là
leur gousset à fond (liltér. aux chanes,
comme le vin qui esta la lie a des chancs
ou fleurs). » {Mar.)
Du h. lat. mangst,num, mangonem
« seductor », dans Papias; mangonem
« falax. deceptor », dans Glab. Rodulph.
xi« s. — Mengtie = «falacia, dolus » dans
Du G ; mais jo crois qu'il signifie plutôt
exaction. Dans un capitul. de Gharlem.,
cité par Du G., mnngo a peut-être le sens
de colporteur, marchand ambulant qui
fraude : « Ut isti mangones et cogciones,
qui sine lege omni vagabundi vadunt ».
Cociones signifie, suiv. Du C., les coquins
hauteurs de foires et marchés, qui font
semblant d'acheter et volent la marchan-
dise. Je crois qu'il signifie aussi reven
deur comme le vfr., fr. et pat. cosson,
(le cocionem. Le vfr. mangonier, reven-
deur, regrattier (métier fort méprisé) se
rattache à ctitte racine, ainsi que le vx esp.
7iianganear « vagari ». Tout cela nous
reporte au lat . mango , marchand
d'esclaves, trafiqueur, maquignon (de
ua'yyavQv, piège); d*où * mangana = In,
mangana. Le genre fémin. est le plus
souvent adopté chez nous pour les express,
injurieuses : ganipa^ pelata^ farbella.
cti(pa, ripa, m.arorhi, manoura. —
M. Onofrio rapproche de mangana lit
magagna, magagnare, le Igd. magagno,
vpr. magagnar^ mais ces mots appartien-
nent à un rad. différent, qui a formé le
vfr. ^neshaing.
MANGO (mango) s. m. — Manche. Lo
mango d'ïn écossou, le manche d'un
fléau.
De man(t)cum pour manica. Ch. do c
en g (174); de u post-ton. en o (66).
MANGOLO (mangolô) adj. des 2 g.—
A Paniss. dans l'express. Mau-mangolô
disloqué. Cel hotno est toi mau-mangolô,
cet homme est tout disloqué.
Compose de rnau, mal, et m«w/7o/<5 pour
mangonnô, emmanché, c Littér. mal em-
manché ». Le ch. de 7i en / est-il dû à la
multiplicité des nasales ?
MANGONNO (mangônô) v. a. — A
Paniss. Emmancher.
De In. mango, av. sufl". onnô, qui est
ordinairem. fréq.(cp. mâcher, mâchonner),
mais qui ici n'a pas de significat. parti-
culière.
MANICLE (manikle) s. f. — 1. A Lyon
Partie, au sens de métier. « Il est de la
manicle... C'est un enfant de la manicle n
(quel que soit d'ailleurs le métier^. — 2.
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244
MANI
Manière, tour, ruse. « Je connais la /wa-
nicîe.,. Il y a qq. manicle là-dessous ».
De manieula, mais par IMnterméd. du
vfr. manicle, car manicula donne ma-
nilhi en In. Le mot In. a gardé l'ancienne
forme (le fr. manicle a passé à tna-
nique, seul toléré par l'Académ.). La déri-
vât, de sens s'explique par l'idée de mai7i :
« le tour de main » ; et du tour de main à
l'idée de qqu'un qui connaît un métier,
c'est-à-d. le tour de main exigé par le
métier. Cp. manigance, ào manus.
*MANILLI (maniliii) ; à Lyon manille
s. f. For. tnanely, dph. manilli, vfr. tna-
nille, ss. rom. inanohlla manihlla, ard.
manèyo — 1. Anse, poignée d'un seau,
d'un tiroir, de tout objet quelconque. 2.
Anneau de fer qui est au bout de la
corde des cloches, et dont le sonneur
se saisit pour tirer la corde.
La manely d'un sey, un coulai Je tripéri.
t L'anse d'un seau, un couteau de tri-
pière. » (Ghap.)
De manicula. Gh. de icula en ilhi
(164 2*» 6 et 64 3*).
•MANILLI (manilhl) MANEILLI (ma-
nèlhl) s. m. Vfr. manillier^ for. manelie,
dph. maniglié. — Sonneur, et par extens.
bedeau, marguillier. « Trois manilliers de
l'Ecclise, chascun tenant ung grand bassin
en main, se pourmenoient parmy le
peuple... (Rab.). »
Do ^ manie ulB,rius, Manicula =: ma-
nilhi (v. manilli 2) et arius = i (13).
• MANIONS V. magnons.
MANNE (màne) s. f. — 1. A Lviui
Limon, spécialem. le limon fétide qui se
trouve au fond des boutasses. 2. Argile
qui se trouve qqfois mêlée au sable: « Ge
sable a de la manne t.
Du fr. marne ^ de marga, av. chute de r,
probablem. sous infl. de manne, subs-
tance adhésive. Ge mot est un témoignage
du sens de boue pris en In. par tnarga.
MANNEUX, EUSE (màneu, euze) adj.
— Qui a de la manne. « Ge sable est
manneitjc, cette eau est mamietise, »
De manne, av. suflf. eux, à'osus.
M A NOUR A (manoura); ap Goch. MA-
NOUVRA s. f. — Manœuvre, terrassier,
homme de peine. Goch. le traduit inexac-
tem. par maçon. La manoura est le ma-
nœuvre du maçon, le goujat. Manoura^
comme ouri, outn, se prend qqfois au
sens de mauvais sujet, vaurien. Ina joUa
tnanoura « un joli sujet », au sens iro-
nique. Marchi u pôs de la manoura,
marcher av. une grande lenteur.
Tel In malloe maçon que tsint plusieurs chanlsi».
Tous in aclsiviiù dins diiffereuts quartsis,
Vout placi choque jour le goujal, la manoura.
« Tel un maître maçon qui lient plu-
sieurs chantiers, — Tous en activité dans
différents quartiers, ~ Va placer chaque
jour le goujat, le manœuvre. » {Rrey,)
La terra reviria par mai d'ina manoura.
« La terre retournée par plus d'un ma-
nœuvre. » (Mon.)
De ♦ mawopercr, subst. v. de manti
operare. Vocalisât, de p (164 6*). L i
forme manouvra, donnée par Goch. «-t
qui n'est pas usitée, est due à l'infl. d'oïl,
comme ouvri à côté à! ouri.
M ANOURADOU (manouradou) s. m. —
A Morn. Manœuvre ; moins usité que
manoura.
De manoura, av. un suff. adou inso-
lite, emprunté au pr.
' MANOUVRA'V. manoura.
MANQUES V. maque.
MANSOIES MANSOYES vin. dans le
texte suiv. du Tar. de 1358 ; « Quar li
veray enlen lions est que tuit vivres et
marchandises.. . excepta mansoies de
leigni, paiantà l'imposition... et les dites
7nansoyes a présent ne paierant ren... »
La mansoye mansoie était la charge du
massou (v. ce mot ; cp. mansou, même
sens, à Montreux). Le m. lat. avait mas-
sodat qui a pu exister en b. lat. et qui
donne en In. massoa (139), massoB., par
progr. de l'ace. (51), et mansoB, par nasa-
lisât, de a (184 ?•, rem. 3). Il suit de là
que la voy. a dema{?i)sus, dénasalisée en
b. lat., aurait été nasalisée de nouveau en
roman. MansoSi, traduit en fr. par l'^s
clercs, donne mafisoie mansoye. Ce qui
vient à l'appui de cette format., c'est qu'on
avait mansoyée^ qui répondait à masso-
data, comme mansoie à massoda. Et ce
qui fait croire que massoda, massodata
ont existé en b. lat. c'est que le m. lat. a
mansoyata, qui est formé, lui, sur man-
soyèCy tandis qjie les clercs n'auraient pas
tiré massodata de mansoyée,
MANSOYES y. mansoies.
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MANT
845
* MANTI (mantl) s. m. Vfr. mantil, for.
majili. — Nappe» petite nappe.
Un bay manti tout On blanc de buyal.
« Un») belle nappe toute blanche de les-
sive. > (Gliap.)
Din tuul moulron manfnravons pai una bréisa.
« Dans toute notre nappe nous n'avons
pas une miette de pain. » (Id).
De mantile, de mantum. Chute de l fin.
(121 3-%
MANTI (manti ; à River, mantchi ; à
R.-de-G. mantsi) s. f.. Vin. mantie, it.
ma/tfaca niant ice. — Soufflet de forge ;
au fig. le poumon. 1872 : « Duos mantias,
alias sofflotz»>, deux ?/ia/ï^*<?5 ou soufflets
{Inv. d'un serrurier.
Sllout que to zavcz la mantsi depecla.
« Sitôt que vous avez le poumon en
loques. » (Gorl.)
De manfeca, comme it. mantice de
* niAfiticenif besace gonflée ; d'où man-
tacum, soufflet, dans Papias. Je suppose
que mantacum est exceptionnellem. un
proparoxyton, ce qui a donné it. wiaw-
taca. Nous devrions avoir manchi, de
ma7ît(i)ca (161 ô"), comme on a lecat.
mancha, même sens. Il faut admettre que
la chute de la cons. entre 2 voy. a eu lieu
de préférence à celle de la 1" post-ton.
(Gp. ne(b)tda = niôle, mh,gi(d)em =
maye). On a eu ainsi rnB,nti{c)a=:maLnlia
= mB,nU ^54 1«).
•MAQUE (make); vin. MANQUES,
MA QUES, ME QUE, MES QUE prép.
Vfr. mais que, pr. mdque, bress. mai que,
dph. ma g«e, Igd. meco menco. — Excepté,
si ce n'est que, pourvu que. «c Oy li sem-
blauz que li livros se uvrit, loqual illi
non aveit unqu^^s veu manques defors »,
il lui sembla que le livre s'ouvrit, lequel
livre elle n'avait jamais vu, si ce n'est en
dehors. « Neguns cognoit lo Fil ma ques
li Pares, ne lo Pare me que li Fiuz »,
personne ne connaît le Fils, si ce n'est le
Père, ni le Père, si ce n'est le Fils (Marg.).
Vou Ty-a de o^ns que diont qu'ei Tant qui Ions
[épaule,
Et qu'ei n'avisonl ren, mâque quauqu'uu lou saule.
« Il y a des gens qui disent qu'ils ont
fquébiu'un] pour les épauler, — Et qu'ils
ne regardent rien, pourvu que quelqu'un
les...? » (Clhap.)
De maif/is quod, qui aurait dû donner
maique (10) comme le fr. a mais que.
On trouve d'ailleurs mè que dans Marg.,
et mes que dans le procès- verbal de l'élec-
tion de 1352. La forme nasalisée manques
ne se rencontre qu'une seule fois sur six
dans Marg. Us dans plusieurs ex. est Vs
adverbial analogique.
MA QUES V. maque.
' MARCHON (marchon) s. m. — Chan-
tier sur lequel on place les tonneaux.
S'emploie surtout au plur., les marchons
étant accouplés.
De marche, au sens de marche d'esca-
lier, degré, av. suff. on.
MARCORG (SE) v. marcourô (se).
MARCOURO (SE) (se markourô) ; à
River. SE MARCORG; à Lyon se mer-
curer y. pron. — Se ronger de chagrin.
B. dph. se mercoura, perdre courage ;
Voiron marcora mercoura, découragé,
dégoûté.
De rnal[e) et de cor, av. adjonct. en
roman du suff. ô, d'are, (14 S"). Gh. de l
en r (170 1% d). On a se marcorô (70).
La forme se marcourô a dû subir l'infl.
de la phonèt. d'oïl. Quant à se mercurer^
quelque bizarre que cela paraisse, on a
certainem. fait une confus, av. mercure,
MARELLE s. f. — Poule d'eau, fuîica
chloropus.
Probablem. pour morelle, fém. de vfr.
moreau, noir brun, de //îaarwm, parce que
l'oiseau est très brun et même noir, quoique
av. des blancs aux cuisses. Au rad. s'est
ajuuté le suff. elle, d'où morelle, passé à
marelle sous infl. de r, comme hochepot
est devenu archipot.
MARELLE (marèle) s. f. — Sur les
confins du Forez Achillée millefeuilles,
achillea mille folia.
Marelle est pour morelle. C'est le pro-
duit d'une confus, av. les .solanées appelées
de ce nom. Ces confus, sont continuelles,
et varient même de village à village.
MARGAGNA (margagnà) ; à Lyon
margagnê, ee, adj. deu 2 g — Meurtri. Al
a lo groin tôt margagnà, il aie visage tout
abîmé. Voiron magagne^ homme maladifl
D'un rad. qui a le sens d'estropiement,
mutilât., tare. Vfr. et wal. mehaing mes-
hain, blessure, estropiem.. mehaigner,
estropier ; vpr. niaga7iharj bles.ser ; alp.
manganio, défaut physique, infirmité ;
Igd. niagagno, infirmité ; it. rnagagnare,
gâter, vicier. Un v. * >/<ar<7a<//iî, identique
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246
MARQ
à rit. magagnare, av. Tépenlh. de r, si
fréquente chez nous (184 6» /"). donne
noire partie, margagnia» Ce rad. mag
mang se retrouve dans toutes les langues
germ. : scand. magil, défigurer ; ail. man-
gel, tare, défaut ; vx. angl. maghem, angl.
to maim t to disable by wounds ». Est-il
le même que celui de lat. mancus, dont il
faut peut-èlre rapprocher esp. niancha,
meurtrissure? Mais il n'explique que la
1" partie du mot. L'hypoth. de Diez, qui
tirerait magagna etc. d*un germ. man-
hanijan ^homme estropié) semble bien peu
vraisemblable, etcelledeMuratori, qui lire
magagno de manganum, catapulte, Test
encore bien moins. M. Ulrich explique de
façon plausible le suff. agnare par un v.
allem. formé av. le suflf. anjan.
MARGAGNI (margagni) ; à Lyon mar-
gagne s. f. B. dph. mar gaule — Terre
argileuse mouillée» boue, bourbier. A
Lyon la margagne est une boue visqueuse,
tirante, comme celle de la terre grasse,
paropposit. k\dihassouille,k la gabouille,
qui sont des boues liquides. Lorr. mer-
gassCy résidu, boue de fécule.
De msirga, av. suff. coll. agni, à'anea.
MARGAGNI (margagni) ; à Lyon mar-
gagner v. impers. — Y avoir de la boue
épaisse. A Vire marga, ordure.
De margagni suhsi., av. suff. t (15 4»).
MARGAGNOUS. OUSA (margagnou,
ouza) adj. » Qui est de la nature de la
margagni. Cela terr* est margagnousa,
cette terre est boueuse, argileuse.
De margagni, subst., av. suff. otis.
à*osus (35).
• MARGAILLAT (margalhà) s. m. Dph.
margaillai. — Gros crachat visqueux et
épais.
De mtirga, av. suff. at, et insert, de la
syll. péj. aill. \^ rad. de marga exprime
l'idée de substance visqueuse ; cp. mar-
gagni, boue visqueuse. Le phonème aille
est de plus, onomat. Gp. craillon, car-
caillalf mi^nie sens.
MARGAUDA (margôda); à Lyon tnar-
gatide s. f — Femme de mauvaise vie;
dph. margola^ béarn. margalido, fille
garçonnière ; lim. margau^ chat entier ; en
Igd. penchant aux femmes.
Renferme un rad. mag marg, exprimant
le sens d'infecter, de gîUer (v. margagna).
et un suff. péj. aude, de wald. De même
le rad. marp a donné marpaud.
MARGAUDO (niargodô); à Lyon mar-
gander v. n. — Hanter les femmes de
mauvaise vie, mener une vie de débauche,
s'abfmer par la débauche : « Et te seras
pas exposé à te margaiider avécHe chipie
de Constitution. » (Guignol député.)
De margauda, av. suff. ô (14 !•).
* MARGOT (margô) s. f. — L Pie. Ai
tuô ina margot, j'ai tué une pie.
Quanil qiieict due margots m'uronl pro sempHy.
« Quand ces deux ivrognesses m'eurent
assez déchiré. » {Dné Bih.)
Du nom de Margot (Marguerite), donné
aux pies privées
2. Femme qui s'enivre. Même sens en
norm.
Môme orig. Sur la dérival, de sens, cp.
ina catin (Catherine), femme de mauvaise
vie.
M ARGOTTA (margôta) s. f. — Marcotte.
De merg{umj^ plongé, enfoncé, av. suff.
dim. otta. Gh. de <? en a (66). Le In. est
plus rég. que le fr., où g est remonté à c.
MARGOUILLAT (margoulhà) s. m. —
Flaqtie d'eau sale, mare fétide. Vf. mar*
goillier mar g ulli er, somWev; berr. mar-
gouiller, crotter, patauger; norm. mar-
gouiller, salir. Cp. margouillis.
De ma.rga (v. margagni), qui a pris
le sens de boue (cp. manne), av. suff.
ouille (V. gahouille), plus un 2^ suff. at.
Cp. ss.-rom. marguet, pré marécageux,
au bord des eaux.
MARGOULIN (margoulin) s. m. —
Terme péj. Colporteur ; par extens. homme
grossier. Wal. argoulet, homme de rien ;
tjiargouler, frauder ; margoulète, fraude.
Etym. inconn. Grandg. l'identifie av.
fr. marjolet, rch. mariaule^ homme de
rien ; it. mariuolo mariolo, fripon, vau-
rien. Mais marjolet ne se rapporte nul-
lem. comme sens, et^ dur, qui appartient
à notre rad. ne pourrait avoir passé à ij
devant o. Mariaule peut venir de mariole
« poupée », de Marie, comme à toute
rigueur marjolet (cp. wal. mariolaine à
cùlé à^ marjolaine). Quant à margoulin,
le sens de colporteur fait penser au rad,
marg, boue (v. margagni), b. dph mar-
gaule. A Chabeuil les enfants font des
pelotes de terre grasse en disant patin-
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MARI
247
paule margaule. Margoulin peut avoir
clé formé sur margaule. Margoulin^
€ celui qui patauge dans la margaule ».
Le sens du wal. margouler, frauder,
serait ensuite dér. de margoulm, col-
porteur, à cause des fraudes qui leur
étaient habituelles. Le voironn. margou-
lin^ faible, chétif, se rattache à macrum,
MARIANNE — A Grap. la bise s'appelle
la Marianne*
Je ne sais pourquoi ce nom, ni pourquoi
son caract. péj. On sait que la Mariamie
est aussi un terme péj. pour c la Répu-
blique ». Dans ce dernier cas, le nom
peut venir du buste de la République
considéré comme la représentât, d'une
fausse Marie (sainte Viefrge). C'est ainsi
qu'on appelle aussi qqfois à Lyon la Ré-
publique la Poulrône (v. ce mot). Mais la
même explicat. ne peut se donner pour
bise» et Marianne n'a pas en général de
sens péj.
MARIE-GRAILLON surnom donné à
une femme malpropre ; de graillon (dans
sentir le graillon, l'odeur de graisse
brûlée). € Il épouse une Marie-Graillon. »
Le nom de Marie est devenu un terme
générique pour femme. Cp. la Marie-Sa-
lope, navire qui, à Marseille, cure le port ;
Marie-bon-bec, parleuse ; béarn., pr.
Marie-brasoc , femme malpropre. Gp.
aussi pr. Mario-meco, fr. lainte-ni touche;
vfr. mariole, pr. marioto, marionnette,
de Marie, Mais le singulier, c'est que ce
nom de Marie-Graillon se retrouve
jusque dans la Suisse occidentale (v. ma-
rigraillon dans Bridel).
•MARINGOTTA (maringôta) s. f. —
€ Voiture légère à 2 roues, très en usage
sur la route de Paris (Goch). » — On me
dit qu'au temps des rouliers c'était une
voiture légère à un seul cheval, qui sui-
vait les voitures des rouliers. Chaque
train de roulier avait sa maringotte. Je
ne comprendi pas bien quel en était l'usage
dans cette circonstance ; peut-être était-elle
destinée aux provisions et aux bagages
des rouliers.
Coch. dit t qu'on les nomme ainsi parce
que les premières se sont faites à Ma-
ringues en Auvergne ».
' M ARIOCHI (mariochi) n. de femme. —
Marie. Ce mot ne figure pas au vocab. de
Coch., mais il le donne dans la statis-
tique de Condr.,av.rex. No utr a Mariochi.
Je n'ai jamais rencontré ce dér. de
Marie. Le sufif. ochi est ordinairem. péj.
Gp. damoche, à Lyon personne qui veut
faire la dame.
MARION-BOMBÉE s. L — Grosse
femme à figure rebondie.
C'est la vieille express. Marie-bon-bec
(V, Marie-Graillon), grande parleuse, et
surtout harengère, qui a passé, suiv. la
prononciat. In., à Marie-bon-bè ; puis, par
confus., à Marie-bombée, Sous celte
nouvelle forme, l'ancien sens a peu à peu
disparu pour faire place au sens de grosse
femme.
MARJOLAINE (marjolêne) s. f. — Se
dit d'une femme parée, d'une petite mat-
tresse.
Fém. forgé sur marjolet. On devrait
avoir marJoIeUe, mais le mot a été in-
fluencé par le nom de la fleur.
* MARJOLET (marjolè) s, m. - Petit-
mai tre.
Parmi les étym. proposées, celle de Goch.,
7narjolaine, fleur, est encore la plus plau-
sible. Cp. muguet, petit-maItrc,dem«/^Ke^
fleur. Mariole, poupée, n'est cependant
pas absolum. impossible (v. margoulin),
QvLGLWikmargouler, frauder, présenté par
Grandg., il n'est pas admissible, g ne
s'adoucissant pas devant o, et le sens ne
se prêtant pas à cette explicaL
MARLAN V. merlan.
MARLO-PÊCHARET ( mari' pêcharé )
s. m. — Martin-pêcheur.
De marlo « merle », et pêcharet. Blor-
phologisme de mari in pêcheur. Le suff.
erel, aret, ajouté au rad. (pêch-aret) n'est
pas très rare. Gp. folli-nret, part-eret,
roi-pèt-eret. Peut-être à l'orig. le subst.
a-t-il été fait av. l'înflnit. du verbe, au-
quel a été ajouté le sufl". et : pêcher + et.
Ou est-ce un ?• suflf. ajouté au fr. eur:
pêcheur-et pêcharet f Quant à marlo, il a
été substitué au fr. martin, de martin*
pêcheur, quoique le merle n'ait aucun
rapport av. l'oiseau, mais uniquem. parce
que le nom de merle était connu et celui
de*martin ignoré.
MARNEFFE v. mamelle.
MARNÈFLE (marnèfle) MARNEFFE
(marnèfe) s. f. — Mazette. personne faible,
musculairem. ou moralem., molle, lâche,
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248
MARO
sans courage. Pr. manièfle, flagorneur ;
Igd. marnêfîo, suborneur. D'après Ro-
quef. vfr. manèfley proxénète.
M. Mistral indique av. raison Tétyin. de
it. mawe»(o)/e. Chute delà l»"» post. ton.
(52); épenlh. de r (184 6», e ). On a
ruarnèvle, où t^ se durcit en /", comme on
réprouvera si l'on essaye de prononcer
marnèvle. Le durcissem. a toujours lieu,
du reste, à la finale des mots (cp. bref, de
brevem). Quant à manevole, c'est manusy
plus le suir. it. oie, d'abilis, le tout ré-
pondant au fr. « maniable ». La finale e, au
lieu de o en In., est due au type it. Pour
la forme manieffe cp. In. catoffle^ pro-
noncé souvent catoffe ; vfr. guimple, de-
venu guimpe; lu. étape ^ de stapel;
étampe, de stapel. Cp. aussi l'échange in-
verse dans vfr. épitafle pour épitaphe
(Du G.). Le sens de vfr. manèfle, proxé-
nète, concorde av. l'ètym. manus : ma-
nèfle « qui prête la main ».
MAROCHI (marôchi) s. f. — Ternie
injurieux, Maq et par extens. salope.
guenipe ; terme injur. en général. Cp. it.
ruffiana.
Mais to zcfanls, ^roussa marôchi^
Aiil la rieua téladerôclii.
t Mais tes enfants, grande maq..., —
Ont la léie pleine de râche. » (Due Bib.)
Peut-être connexe au piém. yyiarosae,
maquignon, ruffian; milan, marossê,
fém. marossera ; bergamasque et bres-
ciano marosser, même sens; piém. ma-
rossè, lomb. marossa, tromper sur la
ventfî des chevaux. Le piém. et le In. ont
beaucoup de mots communs. Maro.ss
vient sans doute du vha. marah « equus »
comme Itj font remarquer MM. Flechia et
G. Paris (on le retrouve au reste dans le
mot maréchal). Dans l'it. dialectal ma-
rosser, er représente le suff. arhts. Le
correspondant In. serait marossairo. fém.
marossairi marossiri. Il faut supposer, à
l'ex. du piém. et du lomb., un v. ' ma-
rosst, faire l'entremetteur; d'où un subst.
v. maràssi, qui aurait passé à marochi
sous une infl. inconn.
MAROJO(marôjo, oja) ; ap Goch MA-
ROUJÔ, JA adj. — Printanier, en par-
lant des fruits, des fleurs. Celos fruits sont
maroujos, ces fruils sont précoces.
Ètym. inconn. — Peut-être formé sur
maris), lorsque s était déjà tombée (on
dit môr, mars, et on a dit jadis mar), av.
l'addit. d'un sufl". par analog. av. vemojo
« qui est hivernal ». Le mois de nnars ost
le symbole de la précocité prin tanière.
OJo représente aticum = ajo ojo.
* MAROUJO V. marojo.
MARPAILLA (marpalha) MARPALIA ;
ap, Goch. MARPALLIA adj. deo 2 g.—
Écrasé, gâté, abîmé. « On s>it tout mar
pallia en chéiant, il s'est fait ])eaucoupdo
mal entombarit. » (Goch.;
Assez marpalia,
Ein (ré Isoirs la Zobet le lève
« Suffisamment abîmée, — En trois
temps la Zobet se lève. » {Mort de la Z.)
Adj. partiel p. de marpaillî,
MARPAILLI(niarpalhî)v. a.— Écraser,
gâter, abîmer, souiller. For. marpailla,
gaspiller ; dph, marpauda einmarpalha^
rouer de coups, éventrer. ap. Mistral ;
dph. marpaillé emma)'pailli, goinfrer,
ap. Gharbot. Voironnais marpailler :
Blanchet ajoute: « dans le rom. (?) ^nar-
pailler, gâter, déchirer ».
Vos raisoiinoz tous doui cunima de Tré piou(^iairo.
En volant marpaly quuu pouiu melonairo.
€ Vous raisonnez tous deux comme de
vrais peigneurs de chanvre, — En voulant
abîmer ce pauvre marchand de melons. »
(Mel.)
D'un rad. marp (?) et d'un suff. fréq.
ailli. Ce rad. n'a rien fourni à la plupart
des langues romanes : it., esp., port. On
ne le retrouve pas davantage en celt. ni
en germ. Mais il paraît avoir donné le vfr.
marpaut. goinfre, voleur, vaurien, usité
encore en dph., et le vfr. marpas, sale, vi-
lain. On le retrouve encore dans le dph.
niarpa^ qui paraît signifier blessure,
broiement, dans les vers suiv. du Batif,
(au mot agropô, j'ai bien à tort identifié
marpa av. harpa, sur la traduction
inexacte, par M. Lapaume, de marpa par
serre) :
Et peu Pacomparauo
A laii de sro malliui*, don oie la maffia,
Dcu po de leii ou çai, lin lo iiioiido agroi>a.
« Et puis, je le comparais — A tant de
grands malheurs dont aujourd'hui Téci-a-
sèment — Depuis peu de temps tient le
monde étreint. »
Ce rad. est-il le même que le rad. groc
/zapr, saisir, (aao--T&), je prends) que
M.Bailly identifie av. le sanscr. vrk pour
Ta)k € sumero > ?
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MARP
249
MARPALIA • MARPALLIA v. mar-
pailla,
MARRA ('raara) s. f. — Pioche.
De mB,rra.
MARRAIN (marin) MARAIN s. m.
coll. — Poussière de plâtras, menus débris
provenant de la démolit, d'un mur, dé-
combres. Fr. merrain bois de construc-
tion, bois préparé pour les tonneaux.
Plus liiin al •parciout doze bouches d'airain,
Que Tant d'ina meson in cucbon de marain.
« Plus loin il aperçoit douze canons —
Qui font d'une maison un tas de décom-
bres. » (Brey.)
C'est sans doute le fr. merrain av. une
dérivât, de sens, tnaleriarnen signifiant
en général choses propres à la construc-
tion ; d'où un dér : « choses provenant de
la construct. » Le passage de e init. à a
a eu lieu sous infl. de r (66).
MARRAiRO (maréro) s. m.; ap. Goch.
MARREROS s. m. pi. — Goch. dit :
« Los marrèros, les pionniers qui des-
cendent des montagnes du Velay pour
travailler dans la plaine pendant les
hivers. » Aujourd'hui le marrairo est le
terrassier, en général. Je ne sais pourquoi
(^och. a employé le plur.
Vo zou saidei, méuôs, noulro mcimb^bonoreiro
Vcyoul duu mémo lio Torfevre et lo marrait o,
« Vous le savez, camarades, nos mem-
bres honoraires — Voient du même œil
l'orfèvre et le terrassier. » (Discours).
De * marreirius, celui qui travaille à la
houe, à la pioche, à la pelle. Arins = airo
(13;.
* MARREROS v. marrairo.
MARRO (marô)v. n. — Travailler de
peine.
Vos n*ein diirioz pôs tant de quelo biaui moiisus,
Que To fant bien marrd par to crachi dessus.
« Vous n'en diriez pas tant de ces beaux
messieurs — Qui vous font bien peiner
pour ensuite vous cracher dessus. » {Mel.)
Los de toujor marrô sius ari paix ni IrôTa.
« Las de toujours peiner sans reldche. »
(Mon,)
De * warrare, de marra, pelle. Gh. de
are en <î (14 8»). L'idée primit. est celle
du travail de terrassier (v. marrairo).
MARRONO (marôn6) v. n. — Gronder,
murmurer, être mécontent, grognon.
Ob, Gobelain! que le Tais marrofiôl
« 0 Gobelain, que tu vas grommeler ! »
(Per.)
Onomat., comme ronronner, Suff. ô
(14 30).
MARSIA(marsia); ap, Goch. MERCIA
s. f. — Averse, ondée de courte durée.
Vaiquia una mercia, voici une ondée
(dans Goch., qui donne celte forme mercia
comme usitée à Gond.) < Ys avisauviantla
reviri quand o vegni una marcia », ils
regardaient la rivière quand il survint
une averse {Dial.),
Son cbapiA n'ara pou d'ina marcia de bugnes.
€ Son chapeau n'aura pas à redouter de
recevoir une averse d'excréments. » (Hym.)
De {im-)mersia pour {im)mersio, La
forme de Gond, met à néant toute étym.
qui serait tirée de mars, averse du mois
de mars, a ne passant pas à e. Dans la
forme marsia ch. de ^ en a sous infl. de
r (24).
MARSOTTA (marsôta) s. f. — A S»-
Mart. Gentaurée à grosse tête des blés
bluet.
Il y a une graminée nommée marsette
des prés. Dans marsette^Vre^i probablem
épenthétique, et le nom orig. doit être
massette, de la forme de la plante, car
elle est aussi nommée fléau. De même la
rnassette aquatique tire son nom de la
forme de son épi. Je crois que la marsotta
doit aussi son nom à sa forme, qui a qq.
ressemblance av. celle d'une petite massue.
Au rad. s'est ajouté le suff dim. otta, au
lieu de etie dans les mots fr. L'épenth. de
r est si commune (184 6» c) qu'elle ne fait
pas difficulté. Le phénom. de l'épenth. de
r se remarque dans le pr. mar^owrau pour
7nassourau^ massurau, centaurée sca-
bieuse ^Mistral, Azaïs).
MARTIAL! (martiô); à Lyon marteau
s. m. Ss.-rom. marti, — Dent mâcheliére.
De la ressemblance av. un marteau.
MARTIN 8. m. — A Paniss. Nom du
bouc. Lo martin.
Des noms d'homme ont été souvent
appliqués aux animaux. Martin est aussi
le nom de beaucoup d'ânes, comme en
témoigne le proverbe : t II y a plus d'un
àne à la foire qui s'aprello Martin. »
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250
MART
* MARTINETS (martinè) s. m. pi. —
« Fonderie do cuivre ou de fer. Ainsi
nommés des marteaux que Teau fait
mouvoir. » (Goch.) — On désigne aujour-
d'hui sous ce nom, non pas des fonderies
de cuivre ou de fer, mais do petites forges
où l'on fabrique des ustensiles de ménage
en fer. Ces petites usines sont toutes
établies le long des cours d'eau. Ss.-rom.
martinet, forge, atelier de clouterie. M.
lat, martinetus^ forge dont les marteaux
sont mus par un moulin.
Du rad. mart, de martellumy av. un l*""
sufT. in et un 2« sufî. et. La réunion de
ces deux suff. est ordinairem. très dim.
(cp. tantinet, sadinet), mais ici au con-
traire le mot désigne des instruments
beaucoup plus gros que des marteaux.
MAS (mas) — Nom de lieu. Le Mas
de la Verno, près de Morn. A S*«-Gathe-
rine-sur-River : Le Grand Mas, le Petit
Mas, noms de hameaux. Le nom de Ma-
chezal (Loire) vient , d'après d'anciens
titres, de mas et de chesal. Ce mot, qui
n'est usité que dans cette portion du dé-
partem., est emprunté au pr.
De * meLns[um)j de manere. Chute do
w(175).
MASSETO (massel6)s. f. — APaniss.
dans l'express. Ina massetô de fen, une
voiture de foin.
De massou char, av. suff. (î, répon-
dant à a/a, relié par t. Peut-ôtro a-t-il été
formé directem. sur le b. lat. massnltay
charretée, av. affaiblissem. de la prot.
MASSI (massi) s. f. — Très gros mail-
let de bois, fixé à un long manche, et dont
on se sert pour enfoncer les pieux, pour
frapper sur les coins de fer à l'aide des-
quels on refend le bois etc.
De • mateamatia, primitif de mateola.
Gh. de tia en ssi (138 2» et 54 !•).
MASSOU (massou) s. m. — Tombe-
reau; on dit aussi CHOR MASSOU par
opposit. au char à ridelles, nommé nim-
plem. vMr.
Répond au m. lat. massnllus, espèce de
char : « Per illud possint facile Iransire
cum bobus, massulto, pedes, eques, etc..
Boves meos, qui sont onerati massulto et
fumo... » (Du G., à massultus). Le rad.
du mot, selon Du G., serait ma(n)siis,
parce que le char faisait partie du maté-
riel de la ituiHsa. Celle orig. est confirmée
par mansou, à Montreux train k un cheval
pour amener des bois.
La 2« partie du mot est fort bizarre et
obscure, car il n'existe pas de suff.
ultus. De massou massultus le m. lat.
avait dér. massoda, massultata, charge
du massou. Cette charge était celle de
deux barotta, mot encore usité pour
brouette.
MASSU, UA (massn, ua) adj. — Gros,
robuste.
Jusqu*k tant qu*un golal, plot matiu quMii loriaa ..
t Jusqu'à ce qu'un homme très grand,
plus robuste qu'un taureau... * (Mén.)
De ma^^a, av. suff. ou, à*osus (35).
*MASSUQUE« express, donnée par
Goch. av. la signlûcat. de c il me semble,
je crois ».
C'est le même que m'assorê (v. ce mot),
du b. lat. assecurare, vpr. asegurar, pr.
assegura. Mais la format, est obscure.
Le pr. dit m*assegure, je crois, je suis
certain. C'est probablem. m'assegure qui
a été transformé en 7n*assègue m'as-
seugue m'assugue et m'assuque, sans
que je puisse dire sous quelle infl. s'est
opérée la régress. originaire de l'ace. Que
le mot ait été m'assugue avant d'être
m'assuque, le fait est certain, puisque le
même phénom. s'est passé en pr., où
partout g fin. s'est durci en c (cp. castigo
castig castic). Quoi qu'il en soit, le mot
est aujourd'hui hors d'usage. Le b. dph. a
massi c peut-être », qui n'est pas le même
mot.
MASTOQUE (masloke) adj. des 2 g.—
Lourd, grossier, trop gros en parlant des
choses ou des personnes. Norm. mastoc,
lourdaud ; Vosges masioque , lourd ,
grossier; genev. Ynatoque^ sotte, nigaude.
Êtym. inconn. — On pourrait y voir le
fr. masse, plus une 2« partie toc toque,
qui dans l'est de la France signifie souche.
Le phonème péj. oc oque, av. le caract.
de lourdeur, de stupidité, se retrouve dans
gnoque. Comme sens cp. pr. matériau,
homme lourd, sans esprit.
MASUA (mazua); à Paniss. MON-
ZOTTA (monzôta); à Villefr. MOSOI
(môzoi) s. f. ; ap. Goch. MAZUÈS s. f.
pi. Gév. mesères "Youvim.
Il semble bien qu'on doive le rappro-
cher du vha, ameizâ, mha. ameise,
angl. emmet, môme sens; d'un type
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MATA
251
goth. qui, suiv. Grimm, a pu être
* amaitô ou ♦ amaitei. Au rad. se serait
ajouté le suflf. a, d'ato, ou le suff. dim.
otta^ suiv. les endroits. Mais dans ce cas
la format, est singulièrera. obscure. En
effet, Tall. enneise est accent, sur a init.
(cette accentuât, s'accuse davantage dans
le pi. aew*e). Or, pour qu'amet^^ait pu
donner masua, il faut admettre qu'il y a
eu progress. de Tacc. sur la médiale, sup
posit des plus extraordin. Je ne sais pas
davantage expliquer le passage de mazua
à monzotta à Paniss. Gp. cependant Ma-
dalena devenu Mondeleine. La forme de
(^och. evSt le plur. rég. de manuL, mais
devrait être écrite masue(s),
MATA V. matta.
' M ATA FAN (matafan) ; à Lyon mate-
faim s, m. For. matafarn, ss.-rom. ma-
tafan, — Crêpe. On les fait le plus
souveiit dans les campagnes av. de la fa-
rine de blé noir ; à Lyon, av. de la farine
de froment.
Y furoDt dans una grangi
Tapissia de matafan.
c Ils furent dans une grange — Tapis-
sée de matefaims, » (Chans, sur le Duc
de Savoye.)
De mata, aujourd'hui matô, mAter, et
de fan, de famem (8) ; littér. « ce qui
mate la faim ». Mata est formé sur mat,
express, du jeu d'échecs, empruntée au
persan.
MATASSA (matassa) s. f. — En Fr.-
In. Se dit des paquets de chanvre que
les femmes portent au marché.
Evidemm. de mataxa matacsa, maison
devrait avoir mataissi, et en admettant
que le mot est formé sous infl. de la
phonét. br., metaisse. Je ne sais pas
expliquer cette irrég., mais il arrive
qqfois que ac donne a (cp. voironn. ma,
de mag(idem).
* MATELOTTA (matelôta) s. f. Lgd.
matëlôto — « Espèce de gilet sans poches
et sans manches que le paysan met sous
sa veste. Ce vêtement est presque toujours
en molleton. » (Goch.) Cette express, est
aujourd'hui inusitée.
De fr. matelot, sans doute parce que ce
vêtement étail à l'orig. porté surtout par
les matelots.
' MATEVON V. mathevon.
MATHEVON ; ap. Coch. MATEVON s.
m. — Sobriquet donné aux terroristes
pendant la Révolution. Dans mon enfance
on ne les désignait encore que sous ce nom.
Voici ce que dit Goch. : a Dénomination
donnée pendant la Révolution h ceux qui,
sous prétexte de liberté, se livraient à
tous les excès, en opposition aux Musca-
dins, qui tenaieïîl le parti des honnêtes
gens. »
Quai tai don cela grand tHi ^
Que j'avons [de]dain Lyon,
Disavc la mare Tôla
U compare Malhecon.
t Qu'est donc cette grande fête, — Que
nous avons dans Lyon, — Disait la mère
Tête — Au compère Mathevon. » (Chans.
politique, contemporaine de la Révolut,
et qui doit être de Revér.).
« Le mot mate von vient d'un taffetatier
de Lyon qui figurait dans une farce appelée
la Vogue de Saint-Denis de Bron et qui se
mêlait de parler de politique. » (Coch.)
L'orig. indiquée par Coch., contempo-
rain de la Révolut. paraît exacte. Mathe-
vo?i est un nom propre lyonnais, et les
noms de personnages de comédie sont
devenus souvent populaires (cp. Gilles,
Riflard, Dandin etc.). Mathevon^ n.
propre, est un dér. de Matthieu^ ('cp. Ma-
thivel).
Toutefois j'ai lu, je ne sais plus où, que
le nom de Mathevon « révolutionnaire »
venait du pat. matevonna^ ététer un
arbre ; d'où m,athevon, coupeur de têtes.
Je ne connais pas le pat. matevonna, mais
on dit mottô (autrefois motta), ébrancher
un arbre, et il se peut que qq. paysan ait
trouvé plaisant d'en forger un m^athevonnô
sur mathevons « coupeurs de têtes ».
Cette explicat. me semble plus probable
que l'inverse.
D'après le Supplém. au Die f de V Aca-
démie^ cité par Mistral, le nom de Mathe-
von aurait existé non seulem. à Lyon,
mais encore dans l'est et dans le midi do
la Frauce. Dans ce cas, il s'y serait étendu
de Lyon ; mais je doute de l'exactitude
du renseignem,
MATIÈRE (matière) s. f. — Euphé-
misme décent pour gandouse, qui est
considéré comme bas et peu français.
Mais la dérivât, qui a fait passer «la^en'a,
bois de construction, au sens de gadoue
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252
MATO
est curieuse. Celse employait déjà maien'a
au sens de pus, sanie.
* MATON V. matton.
* MATOU (matou) s. m. — Même sens
que Mathevon. C'est une corrupt. de ma-
thevon, sous infl. de matou^ chat, dans
l'express, fig. un maton, un vilain ma-
tou,
MATRU UA V. mf'ttru, ua,
MATTA (mata) MATA s. f. 1. Instru-
ment en forme de petite palette, à l'aide
duquel on bat la crônie dans la i)eurrière
pour faire le beurre. 2. Baguette de tam-
bour. 3. Mailloche de grosse caisse.
Silout dit, le Gascon donne Tn grand toup de mata.
« Sitôt dit, le Gascon donne un grand
coup de grosse caisse. » [Mén.)
P«r preindre de péssons i d/uiil qii'o faut frogi ;
Qu'o faut par laïubourlù lo secours de due mates.
€ Pour prendre des poissons, on dit
qu'il faut faire silence ; — Qu'il faut, pour
battre le tambour, l'aide de deux ba-
guettes. » iGorl.j
Subst. T. de mattf'i, fr. mat ter % frapper
sur un métal pour l'amincir », de mat,
express, du jeu d'échecs : être échec et
mat^ être battu, vaincu. Il y a bien un
vfr. mater, vpr., port, matar, tuer, qu'on
fait venir de m^clare (Diez, Littié,
Scheler), maisje ne puis comprendre que
'inactare n'eût pas donné maitier en fr. et
tnachar ou moitar en pr. Le sens de tuer
a dû venir du persan ma^ mort. »
MATTON (maton); ap. Goch. MATON
s. m. — Tourteau fait du résidu des noix
dont on a extrait l'huile ; tourteau de
colza etc. For. rïMton, tourteau de suif et
de son pour engraisser les porcs ; pain
matton, même sens que le matton In ;
berr. matron, grumeau dans la farine;
vaud. et pic. maton, lait caillé, fromage
mou, grumeau.
Vingle quairou matons, de razuns, de moumachcs.
« Vingt-quatre tourteaux, des rasoirs,
des tenailles de forgeron. * (Ghap.)
Diez, Scheler et Littré indiquent l'ail,
dialectal matz m^tte, lait caillé. Mais
matz matte a 2 sens : 1» masse com-
pacte ; 2- lait caillé. Dans le l*r sens
matz parait être le même que vha. massa
(lat. Tmwjra), masse de métal ; dans le 2%
il peut venir du goth. mats, vha. mas
angl. msss, nourriture; vha. mata, man-
ger, faire manger. Il se peut donc que
motion c tourteau, brique » et matton
« fromage mou » aient aussi 2 orig. Quoi
qu'en dise Scheler. la dérivât, de sens de
« lait caillé » à « brique • n'est rien moins
que naturelle. S'il paraît évident que
matton, « fromage » vient de mats, lait
caillé, matton « tourteau » et « brique »
pourrait venir de matz, au sens de masse
compacte ; mais ne semble-t-il pas plus
naturel de supposer un b. lat. ' matta du
gr. ^oa'TTffcv pétrir, qui se prête à la forme
et au sens. L'étym. madidus donnée par
M. Baistpour mattone paraît bien peu
vraisemblable.
' MATZINES — « A Gondrieu ine mat-
zines un ouvrage. » (Goch.)
Je ne connais ce mot que par Goch. Tz
est sans doute une prononciat. locale
pour t devant i. Toutefois cette prononciat.
estplutôtparticuliéreàSt-Symph,R.-de-G.,
River. La terminaison e au lieu de a, et
l'addit. de s (qui certainem. ne se pro-
nonçait pas) indiquerait un plur. Peut-
être le mot aussi bien que l'orthogr. de
Goch. ont-ils été infl. par matines, office.
Étym. inconn. — Serait-ce matin, av.
sufT. e t Matzine « ouvrage qui occupe
l'espace d'un matin » ? Dans ce cas le
sens ne serait pas le sens vague « d'ou-
vrage », que lui donne Goch , mais celui
d'un ouvrage de courte haleine. Toutefois,
dans cette hypoth., on devi-ait avoir
régulièrem. madine madzine, matuti-
num ayant donné madin. Quoi qu'il en
soit, le mot est aujourd'hui hors d'usage.
*MAUGOUVERT * MALGOUVERT vin.
L'abbaye de Maugouvert était le nom
d'une association bouffonne, qui parait
surtout avoir été organisée en vue des
Chevauchées de VAsne. On lit dans celle
de 1566 :
C'est par commandement exprès
De tous les Abbez Ual-gouuert,
Que le cas est à descouuerl.
Au nom desquelz estes citez.
T>emale = mau (121 2-») et couvert,
subst. verb. de gouverner, Govart govert
existe encore en pat. Maugouvert t mau-
vais gouvernement ».
♦MAUGREBLEU intorj. C'est bien à
tort que Goch. le traduit par « terme inju-
rieux » G'est simplem. un juron, aujour-
d'hui complètem. hors d'usage.
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MAUR
253
C'est malgré DieKi, av. substitut, de
bleu à Dieu par euphém., pour éviter le
péché. Le mot est d'oïl. En pat. maie-
gratum donnerait maugra, puis maugrô
(1). Au XVI* s. maie = fr. mau, resté
dans maugréer^ « faire retentir des mal-
gré ».
MAU-RIANT (môrian) s. m. — Homme
sévère, dur à cuire.
Cou que juge k tenant lo borlio, lo bostus,
Cou çirlaiu rno-riant^ que pete teins balance.
« Celui qui juge sans désemparer les
lïorgnes, les bossus (au moral), — Ce
certain durà-cuire (un juge) qui pèse sans
balance. » (Oorl.)
De mau, mal, et riant. Un « mal-riant »,
qui ne rit pas.
MAYA (ma-ya); ap, Goch. MÉYA
(mè-ya); à Lyon maye s. f. Fr.-coml.
moie, genev. mie — Gerbier.
De msta, cône, pyramide, monceau.
Dans la forme mèya, ch. de e long en è
(16); chute de t (135); insert, de y
(184 Tr); persist. de « post-ton. (54 !•,
rem. 2). Le remplacem. de e par a dans
la forme maya est sans doute le fait de
qq. infl. analogique que je ne sais pas
expliquer. Il se retrouve dans faye à côté
de fèyOf brebis, de fœta. Quant au sens,
meta a donné maye, comme metula a
donné fr. meule (de blé). Le sens de rriPta,
monceau, a passé, dans Tadv. sarde
meda à celui de multum (Fle«;hia). Cp.
fr masse dans l'express, une masse de
monde, et la masse en général.
Je ne sais comment Coch., qui a d'ordi-
naire beaucoup de bon sens, a la singu-
lière idée, en s'appuyant sur le vfr. maye,
donné par Roquef., de voir dans mèya
« un diminutif de monjoye ».
MAYE (mè-ye) MAIE (mè-ye) ; à Paniss.
MAI (mé) s. f. Vfr. tneie maye mee, it.
m^adia, sicil. maidda, pic. mate, wal. mai,
norm. mé, lorr. et voironn. ma, comt.
mairf, saint, met, valais me — 1, Pétrin.
2. Table recreusée du pressoir.
De mB,gi{d)a pour magidem, comme le
démontre l'it. Chute de d (135); ch. deg
en y (132), mais non .sans avoir fait
passer a au son è (10). — On a mayie,
réduit à maye, et à Paniss., à mai. Sur
la chute de d de préférence à la chute de
la 1" post-ton. cp. maw^isubst. fém.IIse
peut que les formes purem. monosylJ. mt\
ma etc. viennent de magis. Il est assez
surprenant que inagida ne nous ait pas
donné maya au lieu de maye,
MAYERE vin. ^.mayiri,
MAYERI V. mayiri.
MAYIRI(ma-yiri); ap. Coch. MAYÉRi
(ma-yéri) ; vin. MAYERI MAYERE
MAIERE s. f. — L Chône étronché. Se
dit aussi d'un ar])r3 av. ses branches,
mais alors au sens de bois propre à la
consiruct. % Vequia ina hella m.ayiri,
voilà un bel arbre pour la construct. »
2. Branchages retranchés de l'arbre pour
rétroncher. Le vin. a cette signiflcat. \A2\ :
« Il a fait tailler la mayere de XXII sages
ou environ de ceulx (les bois) de la ville. »
{Reg. cons.) — 1446-55 : « Mayeres cueil-
lies au broteau du pont du Rhône. >'
(Arch. m.)
Dans le texte suivant mayere signifie
probablem. racine. 1472-75 : « Achat de
salpêtre, d'aigue-ardent, de mayere de
sauge pour faire charbon pour la dite
pouldre, de barillies de sapin etc. » {Inv*
de la C.) L'eau-de-vie et le charbon de
racine de sauge (car on n'eût pu faire,
sans doute, du charbon des tiges) entraient
dans la fabricat. de la poudre à canon:
Les barillies (barilhi) étaient des barils
de sapin pour renfermer la poudre.
Toutefois mayiri, selon Coch., aurait la
signiflcat. « d'échalas de bois de saule ou
de peuplier coupé à la sève (il fait cette
remarque pour indiquer que le mot vient,
suivant lui, de mai). »0n trouve en effet,
au XIV» s., le texte suivant : « Item. j.
cent de m^yeri per fore vignes payera-
dime gros. » (Tarif de 1358, ap, Philipon^.
Au commencem. du xviu» s., le Dauphin.
Charbot le définit : « Un fust ou perche
servant à faire des haies en treillis. »
C'est à tort que Du C, à majeria, lui
•donne la signiflcat. de • clôture, barrière
en bois pour les jardins ». Dans les deux
premiers textes cités il a le sens de bran-
chages, et dans le 8* celui de branchages
probablem. destinés à la nourriture dés.
bestiaux.
C'est encore à tort que Du C. (Gloss. fr,)
le traduit par « sorte de fruit qui vient
dans un clos ou un verger ».
Aujourd'hui, en Forez, d'après M. Gras,
il côté de la signiflcat. de chêne étronché,
maiere aurait le sens collectif dé paquet'
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254
MAYN
d*échalas. A Voiron, mayère^ branches
de saules coupées et dont on fait des
échalas.
De materia. Chute de t et son remplacera,
par yotte (135). Gh. de e bref en t (25) ;
de ta atone en i (54 1'). Mayere est une
forme d'oïl. — Le nom, primitivem. appli-
qué au tronc ébranché, s*est étendu par
métonymie aux branches coupées, puis
aux branches choisies pour en faire des
échalas, puis probablem. à Téchalas lui-
même. Le mois de mai n*est pour rien
dans le nom, et je ne doute pas que Goch.
n'ait supposé, pour le besoin de l'élym.,
que le bois était coupé en sève, mais
qu'il en est de ce bois comme de tous
les autres, que Ton évite au contraire de
couper en sève.
Roquef. donne maiere c levain qui sert
à faire fermenter la bière » et « qu*on
payait au seigneur qui le fournissait. » Je
ne doute pas que le mot n'ait été mal lu
ou mal interprété.
Nom d'homme Mayery. C'était aussi
un nom de métier : mateHarus t celui qui
fabriquait la mayere ».
MAYN AT (mena) MENAT (mena)
MAIGNA MEtQNA (mègna) MÉNO
(ménô); ap. Coch. MAINA s. m. Dph.
vneynat meina, bress. magnat *- Enfant,
garçon ; souvent employé au plur. au sens
« de pueri », comme on dit populaii*em. :
€ Z'enfanls I • Noutro mainas, nos gar-
çons (Coch. ^. A River, les maîtresses de
maison disent souvent noutros ménos
pour désigner tous les hommes de la
ferme, jeunes ou vieux. Le vx for. meynat^
subst. féin. coll. signifie jejinesse, jeunes
gens. Dans les ex. suiv. du vin. maigna
peut être aussi un fém. coll. comme il
peut être un masc. plur.
Maigna^ maigna, bien deToot Noé chaala (vx noit) .
Meigna, veut airopt — A oella bella féU (Noël 179) .
Voici des ex. de la forme collect. dans
le vx for. « Petita Meynat, veiquia un
présent queje vousfouay. » Petits enfants,
voici un présent que je vous fais (Chap.).
1^ meynat de mon lion eriant pleins de salorou.
« La jeunesse de mon temps était tou-
jours prête à s'amuser. » (Chap.)
Voici des ex. dé la forme individuelle
dans le In.
— « Maina, e no faut beire à la santa
du pouro défunt », enfants, il nous faut
boire à la santé du pauvre défunt (Coch.).
Rien n'est plus biau que la giiarra cifila.
Surtout, ménotf dios ina motrna Tilla.
« Rien n'est plus beau que la guerre
civile, — Surtout, enfants, dans une mé-
chante ville. » (Per.)
Le sens est aussi purem. individuel en
dph. et en bress. « Mena, baille-me lo
goubeau», garçon, donne-moi le verre (pal*
dph.).
Ye-l-on magnat que me conviul.
c C'est un garçon qui me convient. »
[Chans. bress.)
Ainsi on a : 1« un fém. coll. ; 2* un masc.
individuel. La première forme a précédé
la 2*. Elle vient de mansionata masionata
(176). Ch. de a en ai par attract. de
l'yotte de io (cp. 16, rem. 1) ; chute de io
at. (78); chute de t (135). On a mais-
naa, réduit à maisna maina (168;.
Dans la forme maigna^ n s'est mouil-
lée sous infl. de s de maisna (cp.
champ ègnes, vfr. aisnes, et mègnie à
côté de mesnie, ap. G, Paris).
Maynat etc. masc. individuel répond à
mansio7iatum. De même en pr., à côté
de mHnada (m^ansionaia), on a le lim.
mnnage, le Igd. mainajo, le béarn.
maynadge (mansionattcum)^ enfant. Mais
la forme individuelle est postérieure à la
collect. C'est celle-ci qui s'est individua-
lisée par un curieux procédé de dérivât.,
encore vivant, car M. Chahaneau veut
bien me faire observer qu'en lim. familha
prend aussi le sens individuel, c I an
douas familhas, ils ont deux enfants ».
Le pr. n'a pas comme nous meina, gar-
çon, mais il a meinado, petite fille, puis
une foule de dér : meinada, faire des en-
fants, meinadello, fillette; meinadei,
meinadot, meinassou, petit garçon ; béarn.
maynadin, poupon. Il semblerait que la
dérivât, de sens s'est faite ainsi : meynada
collect. c famille » s'est individualisé en
meinada c fille » ; puis sur ce fém. se sont
formés les mots masc. — Au rebours, le
franco-prov., qui a mena, n'a pas de dér.
pour fille. La dérivât, se serait faite ainsi :
l* Mansionata ; 2* pueri qtiibus constat
mansionata ; S* pueri ; A* puer. Ce pas-
sage du sens collect. au sens individ.
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MAYO
255
rend inutile l'hypoth. de Télym. minus-
natus (vfr. mainsné) par opposit. à ante
natus (vfr. ainsné)^ qui conyiendrait à la
forme et au sens de mej/nat, pris au
sens individ. sur maynat le lorr. a fait
maignéye, servante, et aussi Ûlle de
la maison.
Dans la îormeménô, ch. de a en d (1).
Nom d*homme» Meynadier.
MAYOSSES (mayôsse); ap. Coch.
MAIOUSSES &• f- pl- I>ph. maioussa,
pr. majofo maioufo^ lim. maiaufo^ Igd.
maJhoufOt auv, majouflo — Fraises des
bois. La fraise de jardin se nomme frésa,
Vfr. maiofes maiofoz (ap, Coch.), « fraise
appelée capron. »
(Jloch. rapproche le Igd. majkoufos ma-
jhôfos (Sauvages), et le tire du c celt.
me fus ou plutôt me/'oM* ». On trouve en
effet kym. mefus, fraise, mais le mol
étant isolé dans les dial. celt., il est vrai-
semblable qu*il a été introduit du roman.
D'ailleurs mefus qui, à toute rigueur,
aurait pu donner qq. chose d'approchant
à mayousss, ne peut donner les formes
d*oc. J'émets en désespoir de cause l'hy-
poth. de maii ofa pour maii offa^ nour*
riture de mai» fruits de mai. On trouve
ofa pour offa dans le dér. ofella. Dans
ofa o est bref et devient ou devant une
labiale en pr. (cp. novem = nou). L'auv.
majouflo serait maii ofula. Voilà
pour le pr., av. lequel je crois que le
In. n'a de commun que le rad. Ici j'émets
l'hypoth. plus plausible de * matucea^
comme pannuceum de pannus. Maïucea
devient mayotisse, puis mayosse, comme
pannuceum est devenu panotisse, puis
pannosse, L'étym. maius est confirmée
par rit. [fragoîe] magiostre, sorte de
grosses fraises, et l'esp. mayotta^ fraise.
MAYOSSI (ma-yôssi) MAYOUSSI (ma-
yousslXs. m. — Fraisier.
De mayosses mayousses, av. suff. î,
d^arius (13).
MAYOUSSI s. m. v, miyossl.
*MAZUÈSv. masîUi,
MÉ V. mais,
MÉCHENEVIS (mèchenevi) s. m. — A
Villefr. Tourteau de graines oléagineuses.
De fr. chenevis, av. une l'* partie que
je ne sain pas expliquer. Serait-ce la par-
ticule péj. mis mes, comme dans vfr.
meschief, fr. méptat^ mégarde; m. lat.
me^erasus (Gloss. de Lille) t merisier » ?
Le mèckenevis équivaudrait à ce qu'on
nommerait aujourd'hui du sous-chenevis
(cp. sous-produit), QnsLïii au sens, il se se-
rait facilem. étendu de tourteau de che-
nevis à tourteau de graines oléagineuses
en général.
M ÉCHU (mécha)adj. maso. — Diminué,
déchu, « décati ».
Pu lo nmis me dzoni t le n*6e p6i Men méchm;
Pès dcvegni boiiéUms, niait t'eiM pot tarchu.
« Puis les amis me disent : c Ta n'as
pas bien baissé; — Tu es devenu boiteux,
mais tu n'es pas brèche-dent. » (Gorl.)
Partie, du vfr. mes-choir, pr. mescazer,
b. lat. mescadere, de minus C9uiere,
MÉCHUTO (méchuto) v. n. — Rechu-
ter, en parlant d'un malade. Lo pouro
Piare a méckuiô, le pauvre Pierre a re-
chuté.
Formé sur chute, av. le préf. de méchu
et le suff. ô (14 !•).
* MÈCLIA (mèklha) ; à Grap.. River.
MÊCLIO (méklh6); s. f. — Mélange de
foin et de paille pour la nourriture des
bestiaux. Vin. meclé^ mêlé : c Vin meclé
avoy epices. » (Cart. -m.)
De misc(u)lB,ta. Gh. de i en é(21) ; in-
sert, de yotte après cZ(164 2», a). Le pas-
sage de a ton. à d est récent, et exception-
nel dans un participe (t, rem. S).
MÊCLIO (mêcliô); à Morn. MÀiCLIO;
vin. MÉCLIA v. a. — Mêler.
1.0 Qovié d« Ih Hochi«
Oui los bous déjonclit (pour dtjùticlia)
Per Teui tcI Marie ;
A lia nos y média.
c Les bouviers des Hoches (T) — Ont
délié les bœufs — Pour venir voir Marie ;
— Allons-nous mêler à eux ». ( Vx noël).
De misculKre, Sur la format. ▼. média
subst.
MÉCRO (mékro) s. m. — Mercredi.
S'emploie surtout av, l'art: lo mècro.
Le même que dimècro, av. apfaér. de
la partie du mot représentant dies, Gp.
lo Hun, lo môr etc.
MÉDARD proverbe :
S'o plvul à la San Ife46nl,
La recorla diminue d'En quôrt;
A la Sanl Barnaba,
De mcHia.
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Î56
MEQU
A Lyon on se contente de dire : « S'il
pleutàlaSainl-Médard, il pleut pendant
quarante jours ; mais la Saint-Barnabe
raccommode tout. »
ME QUE V. maque.
MEIQNA V. maynai.
M El N JOUR V. miaijor,
'MEITAVIS Goch-, qui donne ce mot,
le traduit par « il me semble, je crois ».
C'est une fausse orthogr. ^oux m'est am(s)\
à Grap. m^est avé « ce m'est avis », ex-
press, très usitée, et qui est devenue un
adv. indécomposable, qu'on prononce
niétavi^ métavé.
MÊLA V. miola,
MELACHON (melachon) s. m. — 1.
Testicule du porc. Les canuts en font
volontiers des fricassées. 2. Surnom
donné par les canuts aux commis qui font
leurs embarras.
Jje même que melette, av. ch. de sufT.,
qui est ici composé de oiiy plus d'une
syll. intercalaire pour accentuer le caract.
péj. Le sufT. achoii est spécialem. péj. Cp.
le suff. ichon (anickon, pâlichon) au lieu
de on. Le. sobriquet a en vue l'idée d'un
objet méprisable et ridicule.
MELET (melè) s. m. — A Paniss.
Homme marié sans enfants.
C'est le fr. mulet, av. affaiblissem. de
la prot.
MELETTE (meléle) s. f. — A Lyon
Testicule du mouton, nourriture des chats.
Proverbe : « Gomme un chat entre deux
melettes. » — C'est l'âne de Buridan.
Êtym. inconn. — On trouve en it.
melotto, pomme, de m^lum; m. lat.
(xvi« s.) melotum, 11 ne serait pas impos-
sible que le mot, pris au sens fig., eût été
importé au xv-xvi» s., d'autant moins
qu'il est conftné à Lyon. On trouve aussi
en vfr. mesle, nèfle, de mespilum, Mesle
devient mêle, comme preste devient pr^/^,
et, av. le suff. accoutumé elley donne
melette. Le nom d'un fruit, qui par sa
forme rappelle l'organe, est un euphém.
souvent employé. Gp. l'express, du vfr.
olives de Poissy et le rch. prônes, pru-
nes, 'même sens. On a le choix entre les
2 hypoth. ma/um ou mespilum,
MELIN (melin) s. m. — Ce non^ s'ap-
plique à deux maladies de la vigne. : !• A
une sorte d'anémie du cep, dont les feuilles
sont en parti» rouges, en parties crispées
et recouvertes d'un duvet grisâtre. Il n'y
a pas à douter qu'à Torig. le mot ne*
s'appliquât à la rouille des céréalea, puis
ne se soit étendu à une maladie de la
vigne qui offrait qq. analogie av. celle
des céréales, g» Au mildew, dont le nom
est récent, mais qui existait jadis, quoique
seulem. à l'état d'accident. Les paysans
attribuent le m<?/«n àl'infl. des brouillards
du printemps. De là vient que M. Ph. Le-
duc a pu, sans inexactitude, traduire
tnelin par « brouillard >• dans le passage
suivant d'un noël du xvi« s. :
Chriftie, lauTt la Co|ia
De fntlin el gela.
J/«?/m est identique au bolon. melume,
que La Gi-usca traduit par ruhigo, et à
l'it. dialectal meligine.
Du germ. — Yha. mililou, ail. mehl-
thau, rouille du blé, liltér. « rosée fari-
neuse » ; l'ags. meledeavo, qui est phoné-
tiquem. le mildetjo actuel, signifie miellat
(littér. t rosée de miel »), exsudation sucrée
qui qqfoia couvre les plantes pendant
l'été. Gr. mod. oc'jsopc'Xt, même sens; angl.
mildew, maladie de la vigne. C'est donc
av. raison que M. Philipon a rapproché
m,elin de mildeic. Le rad. de la plupart
de ces mots a la signiflcat. de farine :
holl. mael meel, angl. meal, ags. melu,
ail. malen, du goth. malan. Il se trouve
dans le cell. : kym. malt*, qui peut l'avoir
emprunté du sax. Le mol de melin est
fait av. ce rad. plus un suff. m, d'inox.
Le nom tient évidemm. à ce que le duvet
grisâtre a qq. analog. av. la farine. Quant
aux mots dans lesquels le rad. signifie miel,
ce rad. peut être le produit d'une confus,
euphon. av. celui du goth. milith, miel,
ou simplem. d'une fausse analog. av. le
phénomène du miellat,
MENA (mena) MENA s. f. For.
mciena mayliana miliana — Lanière de
cuir qui attache les deux parties du fléau.
Ard. méano, crochet de fer fixé au milieu
du joug et auquel sont suspendus les
deux anneaux mobiles portant le timon.
De miê (média), lian (ligamen), et dési-
nence fém. a. On a miêliana, devenu
miê-y^ana (i64 2% c ), réduit à meiana
mena, Cettç format, est appuyée par le
for. miliana, qui écarte l'étym. menô^ me-
ner, qui serait naturelle comme sens, la
mena élant le guide des mouvem.du fléau.
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MENA
257
* MENA V. a. dans Texpress. c mena
Vordro, diriger les vendangeurs », donnée
par Coch. On àM'inenô Vôdro «conduire
la rangée d'ouvriers »qui fait la moisson,
la vendange etc ; mais Texpress. se perd
(v. odrô). On dit aussi 'menô in massoii,
in barrot, conduire un tombereau. Mena^
dans Coch., représente la prononciai.
mena,
MENA (mena) s. f. dans Texpress.
Être de bona mena, être doux, docile,
facile à gouverner.
Mais ptr la coup d'état al est «le boni mena,
« Mais s'il s'agit d'un coup d'état il est
de bonne composition. » (Per,)
Subst. V. de menô, maner, de minare,
MENAT V. maynat,
' MENÉTRI (menétri; s. m. — Fr. Mé-
nétrier.
Coch. le traduit par joueur d'instru-
ments.maisenréalitéil signifie exclusivem.
Joueur de violon, qui fait danser. Autre-
fois le menélri était commun ; aujourd'hui
nos musiques de vogue n'en ont plus.
Vtiquia los arquebusi
Qu'amcnou lus mentlri,
« Voilà les arquebusiers — Qui amènent
les ménétriers. » (Noël 1723)
De mintsi(e)rar/t/5, comme nhénestrel
de ministerialis. Gh. de i inil. en e (62);
de i mèd. en é (B3); chute de ^ (166 2^) ;
ch. de arius en l (13).
MENILLON (menilhon) s. m. — 1.
Fanon du taureau, du bœuf, de la vache.
2. A Lyon l'Estomac, c Depuis ce matin,
je n'ai rien dans le meniilon, »
Durad. qui a fait l'esp. menear, re-
muer, mettre en mouvem. ; ptg. menear,
remuer, agiter, mouvoir de côté et d'autre.
L'yotte du suff. éloigne l'étym., si natu-
relle comme sens, de minare^ pour la
rapporter à manicare, malgré la bizarrerie
de la dérivât. Le rad. de manillon est
donc man{iis), auquel s'est ajouté le suff.
dim. illoUf qui se retrouve dans qq.
mots exprimant l'agitât: carillon, manil-
lon (de c\eU)^Frélillony quoiqu'on réalité
le suff. ne soit que dim. On a donc manil-
lon, dans lequel la prot. init. s'est affai-
blie en e. Meniilon, estomac, n'est qu'un
figuré comique, le meniilon pendant au
devant de l'estomac étant pris pour
celui-ci. On applique aussi, en raillerie,
le nom de meniilon â la peau du cou
lorsqu'elle est ridée chez une vieille
femme.
MENO (menô) dans l'express, menô in
gôgnajo. V. gognajo,
MÉNO V. magnat.
MENUÉSES V. menuses.
MEUUÏSES y» "inenuses,
MENUSAILLES rmenuzalhe) s. f. pi. —
Le même que menuses. Vfr. menuisailles,
piém. in7iusaja, it. mlnxitaglia, amas de
petites choses. Lgd. menudalhos, béa-
tilles.
De In. menuses, av. suff. coll. ailles.
MENUSES (menuze); à Gi*ap. ME-
NUÉSES (meuuéze); vin. MENUISES s.
f. pi. — Menues parties du porc, côte-
lettes, queue, oreilles. Vx for. me^iuses^
friandises. Vfr. me nuise, menu morceau,
petit objet.
Los Eiiloiiin vciion bien,
Porlaiit de menuise {Noël 1728;.
De rninutia. Ch. de i bref en e (62).
r^e ch, de / en z est irrég : on devrait
avoir ss (138 5") ; on a menuises (par
attract. de l'yotte de ia) réduit à menuses
(48).
ME QUE V. m^que,
MERAVILLES vin. s. f. pi. — Merveil-
les. « Et penset que li prioressa et les
autres porriant aveir m^eravilles que illi a
tal jor fut ramassa de covent... » Et pensa
que la prieure et les autres [religieuses]
pourraient s'étonner qu'à un tel jour elle
fût sortie du couvent...
De mirablliu. Ch. de b en v (141);
persist. de la prot. a (77, rem.).
MERCIA y.marsia,
MERDAILLE s. f. coll. — Terme péj.
A Lyon se dit d'une troupe d'enfants.
« C'te merdaille font un boucan », ces en-
fants font un bruit!
Du mot connu, av. suff. coll. et pôj.
aille. Cp. canaille, racaille.
*MERLACHI V. merlassi,
* MERLAN (merlan) MA RLAN s. m.
— Perruquier.
I vo pan6T« ina tstgnassi
Mio que ne la pônela mnrlan,
« Elle vous torchait une tignasse —
Mieux que ne le fait un perruquier. »
{Due Bib,)
Ce mot est, je crois, usité partout.
M. F. Michel l'explique par cette idée que
les perruquiei-s d'autrefois, à cause de
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258
MERL
Tusage de la poudre, paraissaient enfari-
nés comme un merlan que Ton va frire ;
mais pourquoi plutôt le merlan qu'un autre
poisson? J'ai lu, je ne sais plus où, que
le mot avait une orig. historique, et venait
de ce que Henri IV, passant par Sisteron (?)
avait été coiffé par un perruquier du nom
de Merlan ; mais l'auteur ne fournissait
aucune justiûcat. de son dire.
MERLASSI (merlassi); ap. Coch. MER-
LACHI; à Lyon merlasse s. f. Lgd.
merlatte, — Femelle du merle.
Le paysan, pour nommer la femelle du
merle, qu'on ne peut désigner en fr. que
par une périphrase, a pris divers suff.,
selon les lieux. Le plus curieux est achi,
qui est une «orrupt. d3 assi, car achi
n'est pas un suff. habituel à notre pat.
(on a cependant mhiochi). Pour la plu-
part des oiseaux il n'existe qu'un mot
sans distinct, de sexe, mais le merle étant
un oiseau de cage, il y avait plus d'inté
rèt à faire la distinct. Il est â remarquer
qu'on aurait dû avoir marlassi, comme
on dit marie. Je ne doute pas que e n'ait
été conservé par un besoin de dissimil.
av. la voy. a du suff.
*MERLUCHI (merlûchi) s. f. — Per-
sonne maigre et sèche, t Lo Toino a ma-
ria inagrand*merluchi, Antoine a épousé
une grande femme sèche ».
De l'analogie av. merluche^ poisson
salé et séché.
MÉSANTO (mèzantô) v. a. — Soupe-
ser, lever de terre.
C'est pesantô, soupeser, av. ch. de la
syll. init. sous infl. demain. Mainzanto
maizanto incsantô « soupeser av. la
main ».
*MESIAU (meziô) s. m. — Un rogneux,
un teigneux. Coch. lui donne le sens de
lépreux, comme en vfr., mais la lèpre
ayant disparu, le mot est inusité dans ce
sens.
De misellum. Ch. de i bref en e (62) ;
de ellum en tau (92)*
M ESI UNS V. mess ion.
MES QUE V. maque.
MESSAJO (mèjsajo) s. m. — Domes-
tique. Vfr. messages^ messager. « Li
doi message descendent al pedron. »
{RoL)
De mi:fsa,tîci(tii, de mhsum. Celte
dérivât, est curieuse, car, à parler pro-
preni., aticum est un suff. neutre qui ne
s'est jamais appliqué aux personnes, et
aticum^ accusatif é*aticus^ n'a formé que
des adj. Il est probable que la liaison
d'idées a été la suivante : missaticum
c chose envoyée »; or la chose envoyée
est « l'homme qui est chargé de traiter » ;
puis l'homme chargé du message a été
considéré comme un serviteur ordinaire ;
d'où le sens actuel de t domestique ».
Aticum=:aJo (161 5\ rem. 1).
MESSION MESIUNS vin. s. f. pi. —
Dépenses. «Item per m^^^ton faiti contm
Perron lo Mois et Guillermet Ratta qui
ne voliant paier. » (Taille de i34i), ~
« So sont les mesiuns qui ant ita faites
por la dereini volonta mi don Tevenan. »
(L. R.)
De 'mensiones, de mensa (de metiri)
« comptes, dépenses », ainsi qu'en justifie
ledér. tnensarius « relatif aux finances ».
Chute de n et ch. de 5 en j (176).
MESSOLOR s. m. — Dent molaire. V.
maissola,
MESSOLOR (méssolôr) s. m. — Mois-
sonneur.
Non d'un thème latin, car alors on au-
rait eu le suff. orem^ ou le suff. arius,
c'est-à-d. OM, ou bien airo ou t. Je le
crois une corrupt. patoisée de fr. mois-
sonneur. Le son ai se remplace par è
(cp. mèssonnô); le son eur n'est pas pat.
et devient 6r (cp. jomôr^ de joueur).
Reste le passage singulier de n à /, qui a
eu lieu sous une infl. que j'ignore, car il
n'y a ici aucune i*aison de dissim. comme
dans les ex. fr. du ch. de n en /.
MÊTIA (môtia) MAITIA s. f. - Moitié.
De medi(e)leLtem. L'appui du yotte a
conservé le (, en ménîe temps qu'il don-
nait la fin. ûz, dans laquelle a a persisté
(1, rem. 3).
MÊTIA CONQUESTS (môtia konkè)
express, adv. pour indiquer le régime de
la communauté réduite aux acquêts dans
le mariage.
Je te tmrral, maitia conquett, mon bien.
« Je te donnerai en t'épousant la com-
munauté des acquêts. » (Mon.)
De maitia, moitié, et conquests, qui
n'est point ici par confus, av. acquêts,
mais qui est le vx terme de droit. I^s
ronquests étaient les immeubles acquis
par le mari et la femme pendant la com-
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MÉTI
259
munauté. En vfr. conquest signifiait gain,
profit. Le vx terme a persisté, malgré le
ch. de dénominat. dans le Gode civil.
MÈTIRi (mètchiri) s. f. — A River. An-
cienne mesure de (^rains, équivalente à la
moitié d'une bichette, et par conséquent
au quart du bichel, c'est-à-dire à 8 litres
et qq. centilitres. La me</r/ est donc iden-
tique à la coupe.
La première idée est *metB,ria^ de me-
<iVi, par le ch. de aria en iH il3), mais
la persist. de t et le sens de moitié font
incliner vers un dér. de maitia, moitié,
av. substitut, du suff. pat. tri à la syll.
fin. Tch est la prononciat. locale de t de-
vant t.
MÉTORA(métora); à River. MÉTORO ;
à Lyon métèrée s. f. M. lat. mayteriata
— Mesure agraire équivalente à la bi-
cherée.
De • metB,re pour metirt\ av. suff. ro-
man a pour le pal. et ée pour le fr. Ce
suff. a été relié au thème par r (cp. coupe^
coupe-r-ée) ; ch. d'à prot. en o, probablem.
pardissimil. Si le mot eût été formé sur
le fr. on aurait eu métèreya (1, rem. 4).
Metora est en train de céder la place à
mélorô (1).
MÉTORA v.métorô.
METRU, UA V. motru, ua,
MÈYA Y. maya.
Ml A (mia) s. f. ~ Amoureuse.
D*{a)mica. Chute de c (128 2«).
MIAI V. miê,
MtAiLLE(iuialhe) s. f. dans l'express.
Se faire pHer la miaille, à Lyon, s'em-
brasser brnyamm.
Subst. V. tiré de miailler; miaille est
ici la bouche, parce que c'est av. la
bouche que l'on miaille. Faire péter
la miaille est donc faire bruire la bouche
en s'eni brassant.
MIAILLE (mialhe) MIAILLON (mia-
Iliôn) s. m. — Petit enfant.
Pour la forme miaille t subst. v. tiré
de miailler ; pour la forme miaillon,
même rad., av. suff. on.
MIAILLER (mialhé) v. n. — Crier, en
parlant des enfants; vagir.
De mialh, onomat., av. suff. d'oïl er.
MIAILLON V. miaille.
MIAR (miar) s. m. — Miel.
De mel. Ch. de / en r Y121), de e bref
en ia (20).
MIAU (miô) s. m. — Petite meule de
blé dans les champs. Ces petites meules
ne contiennent pas plus de gerbes qu*il
n'en faut pour charger un char à bœufs.
Quand les gerbes sont transportées au
suel^ on en forme des meules plus volu-
mineuses nommées meyes.
De ♦ melsilem (de meta plus suff. alis).
Chute de < (135) ; vocalisât, de /(121 2«).
On a me-au, devenu miau, comme l'hia-
tus ea est devenu ia dans tous les mots.
MICA (mika) s. f . — Amoureuse, mal-
tresse. Par extens. ina petita mica, une
petite fille.
D'arnica, mais par l'interméd. du vpr.
mica, car c devant a devient y (128).
MICHAILLE tmichalhe) s. f. coU. —
Terme de maçonnerie lyonnaise, Pier-
railles, petits débris. On le trouve en vin.
14(58 : « A Sorlin pour deux micheailles
de 5 toises pour aider à faire les retenues
des tours des escloizons. » (Arch. m.)
De mica, parcelle, débris, mais par
une forme micca (/) car en In, mica =
mya = mia. Au rad. s'est ajouté le suff.
coll. aille. Cp. briquaille, fragments de
briques, et le Igd. micalho, ensemble des
miettes.
MICHI (michi) ; à Lyon miche s. m. —
Apprenti canut. Le mot a un sens assez
péj. « Où est donc le miche? * où est
donc l'apprenti ?
Noutroo Michi, l'apprenti,
Sout*à bts de son inéli. (Noël de Jtan Guigoud,
Coch. donne ce noël av. la version suiv :
« Quand Michi, notre aprinti ». Je tiens
ma version de ma mère. Dans les 2 cas
l'auteur joue sur le nom de Michel et de
miche.
Le vfr. a michon, sot, imbécile, dans
Gotgrave ; miche, dens l'argot des filles,
signifie un jobard qui va les voir ; d'où
michaul, libertin ; faire le sault michelet,
se livrer à la galanterie, en parlant d'une
femme. M. F. Michel cite un ex. du vfr.
où mice est pris au sens de nigaud. Si
l'on avait plusieurs ex. de ce genre, on
pourrait rechercher l'orig. de mice, mais
il se peut qu'il y ait une erreur de lecture
pour nice. Je ne pense donc pas, comme
le croit M. F. M., qu'il faille rechercher
dans l'it. miccio, âne, l'orig. de miche.
Il y a lieu de croire que miche est Michel,
pris au sens péj., comme beaucoup de
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260
MICH
noms propres, au m. â. Suivant M. F. M.,
le nom de Michel était autrefois donné
aux Allemands, d'où le sens péj., mais la
chose ne parait rion moins que sûre. On
ne trouve nulle trace de cette express,
dans les anciens auteurs.
*MICHI (michi) ; à Lyon miche s. f. —
Pain de luxe de petite dimension.
Tin don, grou Jean li porta tin pan ;
Guillanmo, una miche chauda.
« Viens donc, gros Jean, lui apporter
un pain ; — [Toi,] Guillaume, une miche
chaude. » {Noël xviii» s.)
Non du lat. mica, qui ne se prête pas
au sens, et qui d'ailleurs donnerait mia,
comme (ajmica a donné 7nia ; mais du
fçerm : — holl. mik, fleur de farine, mik-
ken, pain fait av. cette farine; vx flam.
micke, même sens, mots dont je n'ai pas
retrouvé l'orig. dans les dial. germ. an-
ciens.
M ICO (miko) s. m. — Amoureux, ga-
lant, jeune homme qui courtise. Vieilli.
Non d*amicum, car c tonil)e devant u,
mais formé sur le vpr. mica, amie.
'MIÊ(miô); ap. Coch. Ml Al; à R.-de-G.
MÉ s. f. — i. Moitié. 2. Milieu. Coch. ne
donne que ce dernier sens.
Et tout bien resoliui de délruire k ptriéri,
SI bien dins le niétons qu'on mé de la charriH.
« Et tous bien résolus de détruire sans
discontinuer, — Aussi bien dans les mai-
sons qu'au milieu de la rue. » (Brey.)
De média. Chute de d (139) ; ch. de e
ouvert en ie (27 note) ; on a mieie, qui
peut se réduire à mie (27), mais dans la
phonét. de la contrée de Morn., la dipht.
a persisté et l'ace, s'est transporté sur la
2» voy. (27, rem.), qui a pris un son très
ouvert.
MIÊJOR (miôjor) ; à S««.Foy.lez-L.
MIJOR; à R.-de-G. MEINJOUR — Midi.
Eiiitre onz*bior et meinjour, lelDi que rien lo dé-
[traque,
Ch6qne péreyoui preind et to cHqae et so claque-
€ Entre onze heures et midi, sans que
rien le retienne, — Chaque mineur détale. »
{Per.)
De médium diurnum^ pour les formes
miéjor (v. miê) et meinjour. Dans celle
dernière me'ium s'e.st nasalisé comme
meiim dans min. Mijor parait être com-
posé av. le mi fr. marquant division par
moitié (cp. mi-jambe, mi-parti).
MIÊNEYT (miônè). — Minuit.
De média = miê, et noctem =r neyt.
MIGI-CHOTSEAUX (migichotsô) s. m.
— Terme péj. Mot à mot Mange-chK-
teauXf homme qui renverse tout, à qui
rien ne peut résister.
Sié (grands mfyiV/to/«fauT.porian t cbapiauY à claqur,
Chiz qui lo vré lolent est d'agi rique-raqiie.
a Six grands gaillards portant chapeaux
à claque (gendarmes), — Chez qui le vrai
talent est d'agir rigoureusement. » (Per.)
MIGRACE f migrasse) s. f. Berr. m,'-
grâce — Métath. l>izarre de grimace,
qui me paraît avoir eu pour orig. une
fantaisie burlesque, av. laquelle la phoné-
tique n'a rien à voir, mais qui est devenue
populaire.
MIJOR V. miêjor,
MILLIASSE (milhasse) s. f. coll. ,
MILLON (milhon) s. m. coll. Uph. milhon,
3s.-rom. millon — Terme de maçonnerie
lyonn. Petits fragments de pierre. « Il faut
garnir av. de la milliasse, du millon »,
il faut mettre des petites pierres dans les
interstices des grosses. 1421. « Etavecque
ce, parmy le gros du mur de la ville,
faire une archiere a voste, dessus de mil-
liasse {Reg. cons) ». c'est-à-d. que le
dessus de la voûte sera garni de mil-
liasse. — 1559 : « Lesquelz neuf arcs dudit
pont seront faictz... et selon que l'œuvre
le requerra, de pierre roupie appelée mil"
lasse (Adjudicat. du Pont du Rhône),
De fr. mille, av. sufT. asse, au sens coll..
à cause que ces pierres sont tellem. menues
qu'elles sont par milliers. Celte ètym-
semble forcée; cependant elle est corro-
borée par millon, même sens, qui est
évidemm. mille^ plus suff. on, Cp. dph.
miliante, qui signifie simplem. un très
grand nombre.
MILLON V. militasse .
" MINABLO V. mmd6/o.
MINÉv. mina.
MINISTRES, m.— Porc.
Cette appellat. injurieuse ne s'adresse
pas aux ministres politiques. Avant l'in-
vas. du journalisme popul. les paysans
ignoraient presque ce que c'est qu'un mi-
nistre. Elle remonte au xvi* s., et a son
orig. dans les querelles religieuses. C'est
une injure des catholiques contre les « mi-
nistres du saint Évangile ».
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MINJ
261
*MINJAILLI (minjalhi) s. f. —Nour-
riture, av. sens péj. t Valhonnais, Hist.
duDauphiné, t. ii, p. 244 et 544, rapporte
des titres où ce mot est employé comme
synonyme de nourriture des prisonniers :
menjalliiSf menjalliae (Goch.). »
De mingi, manjçer, av. suflT. péj. aîUi.
* MINO (minô) v. a. — Faire un minô
aune terre (v. fuinô subst.).
Diez le tire de minore, mais la dérivât,
de sens est bien artificielle. Il faut partir
du fig. rnmare consilium pour venir au
sens propre. De plus, dans minare^ i est
bref, ce qui donne mp.nô. Littré, d'après
Rossignol, pinche pour minaria= mi-
nière^ de mini u in généralisé ; puis on
aurait fait um verlie sur minière. Mais
outre que la dérivât, de sens de minium
n'est pas établie, dans minium i est bref,
et Ton devrait avoir meniere. Il est vrai
qu'on a en pr. mènera et mena à côté de
mina, mais il n'en est pas de même en fr.
ni en il., et tout indique un i long étymo-
log. Diefenbach, après avoir fait observer
(lue les Celtes ont connu de bonne heure
^'exploitât, des mines, lire le mot du celt.
On y trouve en effet kym. mion, gaël.
mein, métal, minerai; irl. méin, minerai,
qui peuvent donner miwa en roman, mais
les mots celt. peuvent aussi bien avoir
été empruntés au roman.
MINO (minô) MINÉ (mine) s. m. -
Travail qui consiste a défoncer la terre en
faisant des fossés successifs d'au moins
(îO cent, de profondeur.
Subst. particip. de minô, La forme
miné est d'oïl.
MINOBLO. A (minôblo, a) ; ap. Goch.
MINABLO ; à Lyon minable adj. des 2 g.
— Misérable, chélif. S'emploie surtout
dans l'express, avai Vair minôble, avoir
une apparence de misère.
De In. minô, vb., av. suff. ôblo, d'abi-
lis.
* MINOCHI (minochi) s. f. -- Sorte de
labour qui consiste à faire une jaugée de
bêche dans le sillon de l'araire pour l'ap-
profondir (v. fougi).
Subst. V. de minôchi.
MINOCHI (minochi) v. a. — Faire le
labour appelé minovhi.
De l. minô vb., av. un suff. dim. oc/tt,
asbo/, rare, qu'on retrouve dans pignochi,
èpilllochl, et qui a pour orig. -uccare.
M 10 (mïà) V. n. — Courtiser, faire
l'amour. Allô miô, aller faire la cour.
Formé sur mta, av. suff. ô. Miô répon-
drait à un * amicare.
MIOLA (miôla) ; à River. MÊLA (mêla) ;
à Lyon miôle s. f. Piém. miola —
Moelle.
De mednlla. Chute de d (139) ; ch. de
H bref en 0 (38) ; d'où meola, miola ; Yo
a passé à ô sous l'intl. d'une semi-vocali-
sat. de la 1»"« ;.
"MIRA (mira) s. f. — Chatte. Dph.
tniroy chat; MiRON (miron) s. m. Pr.
miroH mïrotin, — Chat; MIRONNA s. f.
— Chatte.
Et vrei que iJ*«n miron niioulaiit sur le cuTerl
Ou lou chtn (lu boul»out ne ton pas si ilif er.
« Et je crois que le [sabbat] d'un chat
miaulant sur les toits — Ou le chant de la
huppe ne sont pas si discordants. » {Bat.)
Miron miroun mironna sont des ono-
mat. du ronronnem. du chat. On en a tiré
mira miro par apocope du suff. Cette
format, est très rare, mais non sans ex.
(v. pôrio).
MIRAI V. miriau,
MIRAILLI (SE) ('se miraihl) v. pr. - A
Morn. Se mirer.
Formé sur le pat. mtVaty miroir (au
moment où il était encore mirail), av.
suff. î(15 4^;.
MIRAVILLOUS vin. adj. — Merveil-
leux. « Deus est miravillous en sos sains. »
(Marg.)
De mirabiliQsum; v. meravilles.
MIREX V, mïriau.
MIRIAU (miriô) à Crap. ; à Morn.
MIRAI (mirai) s. m. Vin. MIREX s. m.
pi. Pr. mirau — Miroir, t Item deit
cbacune caisi de mirex m, item, doit
chaque caisse de miroirs {Leide de l'Ar^
cher.)
De même que miroir est ' miratorium,
de mirare, miriau est 'mirellum, qui
donne miriau par ch. de ellum en iau
(32). Mirai répond à un ' mirac{u)lum
(134). Cp. vpr. mirai l, it. miraglio, ca-
tal. mirai. Quant à mirex, x est pourti*.
Le mot était en réalité mireus, plur. de
mirely de mir ellum (cp. petely pX.peieua)^
c'est-à-d. que le mot vin. est identique à
miriau»
MIRON V. mira.
MIRONNA V. mira.
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26t
MISE
MISE (mize) 8. f. Vosg. mihhe minchc
— Mèche de fouet. It. miccio^ mèche.
De mjxa = uvycsa = mi-issa (162 1"),
réduit à misse^ passé à mise^ par confus,
av. le partie, passé du v. mettre,
MISSELER (misselé) V. a. — Terme de
batellerie, !• Réunir deux cables bout à
bout au moyen de petites cordes appe-
lées batafis (v. ce mot). 2. Fixer la maille
ou gros câble de halage à la sangle du
bateau ay. des cordés plus grosses appelées
varlets (v. ce mot).
De ' miscellsire, formé sur miscellum,
L^afiaiblissem. de é en e est dû à sa.
position de prot. méd. L'idée est « mêler
deux objets * pour en faire un seul.
MISSIAUX (missiô) s. m. pi. — Nœuds
des varlets (v. ce mot).
De ' miscellum, objet qui réunit, qui
mêle (v. misseler). Ch. de ellum en tau
(32).
M ISO (mizô) ; à Lyon miser v. n. —
Surenchérir. Si usité que j'avais toujours
cru miser excellent français.
De fr. mise, dans mise à pria:, av. suff.
d(15 3», rem. 3).
* MITAN (mitan); vin. MOYTENTs. m.
Vfr. mitant mitan moytant^ vpr. mitan^
comt. moitan m,aitan^ lorr. moietan,
bress. métan moitan, dph. meitan, Igd.
mieitan, béarn. mieytan — Milieu. —
1411-1420 : « Dépenses pour le pont de la
fuste de la Guilïotiere qui rompit et depi-
sit le jour de la saint Ghristofle par le
moytent, » (Arch. m.).
Evila los excès, enflla lo mitan (Hym.J.
Étym. inconn. — Diez et Scheler y
voient uneorig. germ. : goth. mic^a, vha.
mî7/i, mitte^ ail. mitte, milieu; vha.
mittamo mittimo mittemo, milieu ; in
mittamen, dans le milieu. Cette étym. est
inadmissible : i^ parce que t germ. est
bref, et donnerait mér ; 2* parce que mitan
est évidemm. le même que mieitan miey-
tan moitan moytent, qui excluent une
orig. mit,.., et répondent au lat. mè^i, de
médium. Mèi ^miei, qui se réduit à mi.
Voilà pour la 1" partie du mot.
La 2* est plus obscure. M. Horning
propose mitan = médium tempiis. Cette
étym. laisse aussi à désirer : 1* parce que
le sens est forcé et qu'on ne trouve nulle
part mitan av. la signiûcat. de milieu du
jour ; 2« parce 'qu'on aurait des formes
vfr. mitens, comme on a tens de tempus.
M. G. Paris propose medietaneum, où
le t se serait conservé grâce à Tappui dud
(cp. medj{e)tatem=^t\\ moitié,pr, meitat].
Un fin. serait sans doute la réduct. d'un
nh (= gn) antérieur (cp. montanea =
montagne). Toutefois M. Horning fait
remarquer qu'il n'existe pas en fr. d'ex.
iX'aneum sr an.
La forme moytant répondrait à * medie-
tantem. Or, on a mitant à côté de moytant^
exactem. comme on a mitié à côté de
moitié, et mitier, mesure de grains, à
côté de moitier, méleil ; comme on a en-
core béarnais mieytat et mieytan, a côte
de gasc. mitât et mitant.
Le vfr. moitier, partager par le milieu,
suppose une forme *mtVter, correspondant
à mitié et à mitant. Cette hypolh. serait
appuyée par le m. lat. mitare (« dubilare,
stare in medio »), qui parait être une
traduct. de * mitier, car îe clerc n'aurait
pas forgé mitare sur moitier; il aurait
translaté par moitare, comme on a moi-
tonnas et moitoieria. Quant au sens, il
est admissible ; il y a de nombreux ex. de
partie, présents devenus subst. (cp. un
mendiant, du clinquant, un boitant, un
brigand).
L'object. la plus grave est que lor
thogr. primitive est mitan et non mitant.
mais l'ex. le plus ancien de mitan{DuC )
est de 1285. Il faudrait, je crois, des textes
beaucoup plus vieux pour être sûr que
mitan n'est pas la même chose que
moytant, qu'on trouve en 1396 (Godef.).
Je crois d'ailleurs tous ces mots de formai,
relativem. récente.
*MITANA (mitana) s. f. — Mitaine.
Du b. lat. mitana, de médium = mi
(v. mitan) et suit. ana = ana (9), parc»
que les mitaines sont des demi-gants.
MITRAILLE , (mitralhe) s. f. coll. Vfr.
mïtaille — Monnaie de billon.
De mitte, petite monnaie flamande de
cuivre (F. Michel;, av. suff. coll. aille.
Un amas de ces petites pièces se nommait
mitaille. Épenth. de r soug infl. de tni-
traille, le billon pouvant d'ailleurs se
comparer av. les fragments dont se com-
pose la miti-ailie.
MOBRO (môbro) ; à River. MABRO s.
ni. — Marbre.
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MOCH
263*
De >warm(o)r. Chute de rm et insert,
de b (180 5«); ch. de a en d (2). La
forme da River, ne tardera pas à être
remplacée par môbro (2).
MOCHET (mochè); à Lyon mouchet s.
m. — 1. Petit bout d'une branche; se
dit encore d'un petit bouquet de cerises
pendant à la branche ; par extens. un tout
petit morceau de qq. chose en général;
Baille- me in mochet de celo càbrillon,
donne-moi un tant soit peu de ce petit
fromage.
De mochiy av. suff. dim. et.
2. Barbiche. Vénit. moschetto, mous-
tache.
Atîm lo bon Joieip,
(looiroe i lorgne lieu mochet.
c Regarde le bon Joseph» — Gomme il
lorgne leur barbiche. » {Noël 1723)
De fr. mouche, au sens de barbiche, av.
.suff. et.
MOCKETTA (mochèta) s. f. — Clou de
soulier à tète plate.
De mochi, mouche, av. suff- dim. etta.
Mochetla, petite mouche, à cause de la
lète plate et ronde. Gp. vfr. mouchette,
tache, d'où moucheté ; e\ le In. tachi, qui
.signifie précisém. clou de soulier.
MOCHI (mochl) ; à Lyon moucher v. a.
— 1. Couper le bout à qq. chose. Faut
mochl cela branchi, il faut couper le
bout de cette branche. 2. Voler, faire dis-
paraître. € I m'ant mochi me" pères, on
m'a volé mes poires. »
Le sens 1. est un ûg. de mochX, de
muccare ; moucher une branche, en en-
lever le bout, comme on mouche une
chandelle. Le sens 2, est une dérivât, du
sens 1 ; moucher qq. chose, l'enlever près-
tem., comme le bout de la chandelle qu'on
mouche.
MOCHIA (mochià) s. f. — Giffie, mor-
nifle.
Partie, passé fém. de mochl, moucher,
transformé en subst. Littér. une mou-
cTiée. La giffle est comparée à l'action de
moucher qqu'un.
MOCHON (mochon);à Lyon mouchon
s. m. Piém. mochet — Bout d'une mèche
consumée de lampe, de bougie, de chan-
delle. A Lyon Vivre de mouchons de
chandelles, être très mal nourri, vivre
de privations. Celte express, était déjà
usitée au xvii" s.
Elle ne mingeon pa de mowihon de chandalla.
h Elles ne mangent pas des bouts de
mèches de chandelles consumées. » {Bern),
Autre dict. Le mochon ne vaut pas la
chandela, pour indiquer que la chose
n'en vaut pas la peine.
Defr. moucher, en pal. mochl, av.
suff. on. Mochon, ce que l'on ôte en
mouchant.
MOCHON (mochon) s. m. — Tas, petit
amas.
Étym. inconn. ~ En tous cas, n'a rien
à faire av. mochet. Malgré l'invraisem-
blance apparente il n'est pas impossible
que mochon soit une corrnpt. di\a)mas,
av. suff. on, d'où masson vnôsson (59),
et mochon sous Tin 11. bizarre de mochl,
parce que l'amas se compose de menus
objets, de dé!>ris, d'objets mochis, coupés,
l)risés.
MOCLIO )môklho) ; ap, Coch. MA-
CLtON ; à Lyon mdcle s. m. — Colique
néphrétique, et par extens., d'autres
maux, comme l'athsme. Lgd. masclou
masclun, colique, affection hypocon-
driaque chez l'homme (Azaïs).
De m^sc(u)lum, parce que la pierre est
une maladie particulière à l'homme, la
femme pouvant facilem. évacuer le calcul.
De la maladie de la pierre le sens s'est éten-
du à colique néphrétique, quoique la coli-
que néphrétique atteigne aussi la femme.-
(^h. de <z ton. en ($ (1) ; chute de s et épenth.
de t (179 2"); fin. o (56). Mais ilest sin-
gulier que le mot n'ait pas été formé par
voie d'apposition de suff. à masculum.^
* MODA (môda) s. f. Ss.-rom. môda
mauda moùta — « Moût de vin. (Coch.) »
Ce mot est perdu.
Non de musta, qui donnerait mota,
mais du fr. moût, av. fin. fém. a; d'où
moùta, mota (34, rem. 4), et moda, par
ch.de t en <2 (136).
♦MODALINA (modallna) MONDE-
LEINA vin.— Madeleine. « Lo vendros en
que fut H velli de la Mondeleina. » (L. R.)
— c La fêta, la faïri de Modalina », la
fête, la foire de la Madeleine. (Coch.;
La foire dont parle Coch. était autre-
fois célèbre dans tout le Lyonn. Elle se
tient le 22 juillet dans un grand pré prés
de R.-de-G. sur le territoire de S*-Maurice-
sur-Dargoire et près d'une chapelle en
ruines qui remonte au xvi* s. Il est à pré-
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264
MODE
sumer que la foire a pour orig. un pèle-
rinage à cette chapelle. — La forme Moda-
llna n'est plus usitée, à ma connaissance
du moins.
De Magdalena, qui aurait donné Mai-
daleina en In. s'il n'y avait eu une infl.
savante (vfr. Magdcleine). Mondeleina,
Modalina ont probablem. été corrompus
du fr. Madeleine. En In. la proton, e
muet ne se supporte pas ; elle tombe ou
se durcit ; d'où Madaleina, Dans le
mut vin. elle a persisté sous l'infl. du fr.
Mais sous quelle infl. la prot. init. a-t-elle
été changée en on ou o? Même phéno-
mène dans messin Modeîiche. Quant à
ina pour eina, c'est un ch. de sufT.
comme dans Madeline pour Madeleine,
MODE (mode) s. f. — Terme de batel-
lerie, La remonte d'un bateau à la bri-
cole dans tout le parcours de Lyon,
d'Ainay à Serin.
Subst. V. de modo.
MODÈRE (modère) s m. — Meml)re de
la corporation des Modères, qui avait
jadis le privilège de la remonte des ba-
teaux dans la traversée de Lyon.
Formé sur modo, av. le suCF. airo (13,
rem.). Modère est une fausse graphie pour
modaire.
*MODO (modo) v. n. Dph. moda, for.,
bress. mouda; sav. moda, ss -rom. modd,
vx for. moudar. D'après Goch. le màconn.
dirait môdain — Partir, s'en aller.
Robarjot crie : moda!
Dit Cbotelus, chtpota!
« Roberjol crie : Pars I — Ghatelus dit :
Bats du tambour. > (La Voga de Len-
tilly) '
Cir depi lo oioman que patron lean iet moda. ■
c Car depuis le moment que Jean, le
patron, est parti. » (Bleze lo Savait, pat.
dph.)
El Tordre do major pourlaTe qu*à méy-jour
Voa falli tout moudar et sibre lo tambour.
€ Et Tordre du major portait qu'à midi,
— Il fallait tous partir et suivre le tam-
bour. » (Chap.)
De motare. Gh. de t en d (186). Le
mot a dû venir sous infl. d'oc, / tombant
en In. Gh. de are en <î (14 !•).
MOGNAU(mognd); ap. Goch.MONIAU
s. m. — Moineau.
G'esl le fr. tnoineaii, av. les ch. suiv.,
conformes à la phonét. In : 1» de eau en
iau (32) ; d'où moiniau ; 2* ch. de oi en 6
devant n mouillée (cp. pognepoxiryoigne^
rnogne pour moigfie); d'où moniau mo-
gnau.
MOGNI (mogni); à Lyon mogne s. f. —
Force musculaire, spécialem. en parlant
des bras. Avai de la mogni, être fort.
« T'ôs don gin de mogni t tu n'as donc
point de force?» Le mot primit. était
moigne, comme on le dit encore lorsqu'on
veut parler fr. Pr. mougno, coup de poing
sur la figure.
Formé sur main, comme poigne est formé
sur poing^ en ajoutant le sufiT. des noms
fém. Voici la marche : main, maine ;
puis maigne par mouillem. de n sous
infl. de Tyntte de la dipht.; puis maigni
(543*), et moigne par analog. ^v, poigne;
oi devant gn passe toujours à ô. On a donc
moigni mogni, comme on a poigne
pôgne.
* MOI NO (moino) s. m. Vx for. moue-
<7wi,pr.,dph.,lim. motiine — Sabot, toupie
qu'on fait tourner à coups de fouet.
Uu plein cbapai île creu, douey mottcine, don ft-
lUrd.
« Un plein chapeau de noyaux, deux
toupie», deux pétards. » (Chap.J
Le nom de ^udv(o;n'a rien à y voir. Je
lis dans moino, molinum, de vnola, chose
qui tourne, av. vocalisât, de 2 (173 2*).
On a mouino, existant encore dans les
dial. d'oc. Mouino a passé à motno, comme
molinarius est devenu au xv« s. moi-
nerius (Du. G.)
MOIR (moir) s. m. — A Villefr. Meule
de blé.
De • metorium, de meia. Ge mot n'ap-
partient pas à la phonét. du In., où
orium = u, ou (36), mais à la phonét.
d'oïl, où il = 01, par attract. de Tyotte.
Ghute de t (135). On a meoir, réduit à
moir,
MOÏROU (môîrou) s. m. — Sorte de
bourdon. G'esl Tabeille solitaire ou mono-
game, qui fait son miel sous une motte
de lerre dans les prés. Les enfants chas-
sent le couple de son nid et mangent le
miel contenu dans un assemblage de
petites bourses que Ton vide et que Ton
remet en place.
Onomat., comme bourdon. Cette abeille,
qui est très grosse, fj\il un ronronnem.
très fort.
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MOLA
%D
*MOLARD V. molôrd.
MOLLASSI (molassi); khyon mollasse
s. f. — Se dit d'une personne molle,
lâche, paresseuse. Vances-tu, mollasse !
De mollenif av. suff. péj. assi asse, dCacea.
MOLLETTA {molèta);H Lyon mollette
s. f. — Dans l'express, ina molletta de
btirrCy une très grosse pelote de beurre
que les femmes portent au marché. A
Paniss. on dit aussi ina molletta de «ê,
une boule de neige.
De 7nollem, av. suff. dim. etla.
MOLLI (môlhiî MAILLI (màlhi) ; à
Lyon mailles, f. —Gable pour le halage
des bateaux. Ti/'a la maille ! cri des ba-
teliers pour dire aux conducteurs des
chevaux de halage de faire effort.
De m%c(u)la. Oh. de a en d (1) ; de cla
en /;*/ (164 2«, &).
MOLLI (molhl) v. imp. Saint, mouiller
— Pleuvoir. « Lo plus jouëno diisit : G
moitié, totore voutres échines serant
trempes >, le plus jeune dit : Il pleut,
tout à l'heure vos échines seront trempées
^DiaL).
De * moindre, de mollis, Suff. l (15
n
MOLLI ASSI (molhassl) v. imp. Saint.
mouillasser — Pleuvoir très finement.
De molli, av. un suff. ass'i, qui, loin
d'être augmentât., comme à l'ordinaire,
est ici dim.
MOLLON (molon) s. m. It. mollica,
vénit. moleno — 1. Mie de pain. »2.
Pulpe des fruits.
N'cstimtrai jamais In marchand de melon,
Que me fara payî h corci teint molon.
« Je n'estimerai jamais un marchand de
melons, — Qui me fera payer l'écorce
sans pulpe. * {MeL)
I>e mollem. Au rad. s'est ajouté le suff.
roman on.
MOLO (molô) s. m. — A Paniss. Talus.
De molem, av. suff. 6, répondant ù
atum (1). V. molôrd. La dérivât, de
sens de « monticule » à « talus » est facile.
MOLORD (molôr);ap. Coch. MOLARD
(molar) s. m. — Élévation de terrain en
forme de pyramide, colline à plusieurs
versants. Ss.-rom. molard, même sens, et
grand monceau de pierres.
De molem, av. suff. germ. ard, passé
à ôr ( 1 ).
Nom do lieu, le Motard; nom d'homme,
Mollard,
MONDAMEN "v . mondamînt .
MONDAMINT (mondamin) ; vin. MON-
DAMEN adv. — Ne s'emploie guère que
précédé de tôt. A River. Un tant soit peu :
à Crap. Doucement; en vin. paraît .signi-
fier Bellement.
L'étaila los a conduit
Tôt mondamen à mynuit.
« L'étoile les a conduits — Tout belle-
ment à minuit. » {Noël 17-23)
De munda-mente. Gh. de en en m (22).
La dérivât, de sens de « d'un cœur pur ■
à « un tant soit peu » ne laisse pas d'être
curieuse.
MONDELEINA v. modalina.
MON DO (mondo) s. m. coll. — Les gens,
le monde.
Lo mondo, que rant-i chardii ^
« Qu est-ce queles gens vont chercher? »
(vj! Noël)
De mnndum. Mondo, étant coll.,
s'emploie toujours av. le v. au plur.,
comme dans le lat. turba ruunt.
MONDO (mondo) s. f. — A Paniss. Ina
monda, une réunion de gens qui s'assem-
blent pour écaler les noix.
De 7nondô y erhe, av. suff. ô,d'atam{l)
* MONDO (mondô) v. a. B. dph. monda
— Éplucher, nettoyer. Se dit principalem.
des noix : mondô le nues, échailler les
noix; mais on dit aussi mondô Vorjo^
nettoyer l'orge.
De mund9Lre. Gh. de un en on (72,
rem. 2) ; de are en d (14 !•).
MON ET, ETTA (monè, èta) adj. -
Sot, nigaud, penaud. J'ai souvenance
d'avoir entendu monin au même sens.
Messin monin^ homme désagréable, maus-
sade.
El los laisse monets avol un pi de noz.
« Et les laisse tout penauds avec un
pied de nez. » (Mon.)
Étym. inconn. Le mot est isolé dans les
langues romanes. — Il e.xiste un rad.
germ : vha., mha. mon tnône, qui signifie
lune, mois, et dont on a tire des dér. tels
que manôdsioh c lunaticus », mais il n'est
pas admissible que ce mot eût laissé des
traces chez nous et nulle part ailleurs.
Peut-être Monet est-il un nom d'homme.
Monet, Monin sont communs, et doivent
être des apocopes de Simone t, Simo7iin,
eux-mêmes tirés de Simon. Sur le sens
pt''j. qu'aurait pris le mot cp. Gilles,
Jannot, Ja.iifi.
31
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266
MONI
*MONIAU V. mognau.
MON IN V. sous monet.
*MONINA V. mouna.
MONZOTTA V. masua,
MONZOTTI (monzôt!) MOZOTTI (môzô-
tl) s. m. — A Pauiss. Fourmilière.
De monzotta, av. suff. t, d*armm {13).
Dans la forme mozotti, il y a eu une
dénasalisat. de t assez rare, qui a eu pour
effet de rendre o très long.
MOR (môr) s. m. — Mardi. Ne s'emploie
par seul, mais av. l'art, lo : lo môr, mardi.
C'est (di) môr^ av. aphér. du mot repré-
sentant dies (cp. loUutij lo sando).
MOR AILLE s. f. — « Instrument de tra-
vail pour le cheval. » (Mon.)
Je ne connais le mot que par Mon. Il
aura fait sans doute confus, av. les mo-
railles, tenailles pour serrer les naseaux
des chevaux vicieux. Mais alors sa définit,
est singulièrem. inexacte. On a vu dans
morailles, moralia, de mores , ce qui est
bien forcé comme sens. Scheler y voit une
corrupt. de mordailles, de mordre, ce qui
est peu vraisemblable. Le vpr. morailla,
visière, indique une format, sur mor^
museau (v. morro), av. suff. coll. ailles.
Les morailles sont « un instrument pour
le museau ». Gp. moreilli et tnorret.
Je crois cependant qu'on appelle qqfois
moraille, Igd. tnourral, une muselière de
fil de fer qu'on met au museau des bêles
de somme qui ont l'habitude de mordre.
Alp. 7nonrrailh, muselière. Dans ces mots
l'étym. mor mourre est évidente.
MORAILLES (moralh) s. f. pi. —Joues,
visage. Vieilli.
De morro, av. suff. fréq. aille, coll. et
ordinairem. pèj.
MORANNA (môrana) s. f. — Dans le
Fr.-Ln. Verge, houssine.
Étym. inconn. — Le mot n'existe pas
dans les pat. congénères. L'étym. serait-
elle moiion, av. suff. anus? Morana,
« verge de mûrier ». La taille des mû-
riers, après qu'on les a dépouillés de leurs
feuilles, en fournit une abondante provi-
sion.
MOBATE ^moràte) s. f. — A Villefr.
Morelle noire, solanum nigram.
C'est morelle (ùq maurus), av. suff.
ate au lieu de elle. Ce suff. at aie, sans
significaL particulière, est assez commun
en In. (cp. carat^ borsat etc.).
MORE-GRAND (môregran) s. f. —
Grand'mère.
De môre, mère, et- grand. C'est grand'
mère av. inversion. Il est à remarquer que
les mots de pore et de mô7'e, exclusivem.
employés dans mon enfance, sont au-
jourd'hui souvent remplacés, sous infl. du
fr., parper^ mère. A Yzer. ces deux der-
niers même sont seuls connus.
MOREILLI(morélhi) MORILLI (moiilhi)
s. f. — 1. Coussinet qu'on met au front
des bœufs pour qu'ils ne soient pas
blessés par les liens du joug. 2. Petit
coussin que le porteur de benots place
sur sa nuque pour n'être pas ble.<?sé. 3. Au
fig. terme péj. Homme lâche, sans énergie,
sans valeur.
th beiu ! grand Rebrcyi, Ceac ina grand more/y*
€ Eh bien ! grand Rebroyé, tu es un
grand lâche, y* (Mel,)
De In. morre, museau, visage, av. suff.
alhi, à' alla, Cp. pr. moiirrau, alp. motir-
railh, dph. rnoiirra^ poche en guise de
muselière, dans laquelle on met du foin
ou de l'avoine pour que les bêles de
somme puissent manger en marchant. Cp.
aussi fr. morailles, tenailles av. lesquelles
on pince le nez d'un cheval. Dans morilli
le suff. dim. eilhi ilhi, d'icula, a élé
substitué au suff. alhi. Morilli 2. vient
de l'analogie d'objet av. morilli 1.
La dérivât, de sens de morilli 3. à
homme mou vient de la mollesse du
coussin. Le rapprochem. est le même que
dans pannossi, même .sens, de pantins,
et dans l'express, de Lyon patte mouillée.
MORET (morè) s. m. MORETTE (mo-
rèle) s. f. — Noms donnés habituellem.
aux bœufs et aux vaches dont la robe est
de couleur noire.
De msiurum, av. suff. dim. et, etta.
Ch. de au en o (49, rem.).
MORGO (morgô); vin. MORGUA v. a.
— Vexer, narguer, dire des malices à.
Pcr quMb puissiant s'accurda
Una Ta y scn se morgua,
« Pour qu'ils puissent vivre d'accord —
Une bonne fnis sans se vexer mutuelle-
ment. s>(yoein23).
C'est le fr. morguer, aujourd'hui peu
usité, av. substitut, du suff. ô (14 4»}.
L'étym. est inconn. Scheler et Litlré
citent, d'après Grandg., le Igd. morga, vi-
sage, mais morga dans ce sens n'existe
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MORI
267
pas dans le Igd. ni dans aucun dialected'qc,
à ma connaissance. Le dict. de Sauvages,
où puisait Grandg., ne le contient pas.
Grandg. le rapproche de Igd. mourre
(v. morro), comme s'il en était une forme.
Mourre^ morro n*a pu donner morgô.
Scheler cite encore le b. ail. murk, mo-
rose, sombre, auquel on pourrait ratta-
cher le sens de fierté, et rapproche suéd.
tnork, noir. Tout iutermédiaire manquant,
on ne peut que s'en tenir à un vaste point
d'interrogat.
MORILLI V. moreilli.
MORILLON \.moyUet.
MORINOUS, OUSA (morinou, ouza)
adj. — Noirci, màchuré, spécialem. de
poussière de charbon.
Avoué lious tIo laiiibraux el liou oiuiiis morinoux.
« Avec leurs vieux haillons et leurs vi-
sages màchurés. » {Due Bib.)
De mourina, av. suff. ou, d*osus, Mou-
rinousy morinous « qui a de la poussière
de charbon. ».
MORJON (morjon) s. m. — Gland d'un
bonnet de nuil, d'un bonnet grec.
Je suis fort tenté de croire que c'est
morion tourné en ridicule, quoique je ne
voie pas la raison du passage de i kj, Qn
dit aussi à Lyon un petit morjon, un
méchant petit gamin, mais le mot a une
autre orig. et je crois plutôt que c'est un
euphémisme d'un mot grossier : pediculus
pubis.
* MORLIET (morlié) ; à Morn. MORIL-
LON (morilhon) s. m. For. mourliet, vx
dph. morllief, b. dph. morlyé, ard. nierli^
dph. morlif\ b. lat. morellus— Grillon.
El quan, eiionlillan^ ul enlen lou morUiet,
U dit que |ttr sa feiia u danson lou qi illl«t.
« Et quand, assourdissants, il entend
les griîli)ns, — Il dit que pour sa femme
ils poussent leurs cricris. » (Banq.)
Non du b. lat. morellum, qui donnerait
mnriau, mais de manriculumj de mau-
r<*m, noir. Ch. de au en o (49, rem. 1);
de iculuni en ilhi (164 S», b). On a
wîor»7/it,à quoi s'est ajouté le sufT. on dans
la forme morillon. Dans la forme mor/iX il
y a eu adjonct. du suff. et au lieu de 07i;
d'où tnorilhel, el morlhet par chute de la
proton, qui s'est conservée à Morn. et est
tombée à Grap. Cet ex. montre que la
format, qui élimine la prot. n'est pas en-
core complétem. disparue.
MORLIETO (morliètô) v. n. — Espion-
ner, écouter aux portes.
Se mirant lolet due deins l'éga de la risa.
Virant lo reins ou pont, veyant pas la Terisa.
La Terisa s'eimporte (il ayé morliètô).
c Se mirant toutes deux dans l'eau de
la rivière. — Tournant le dos au pont —
[El] ne voyant pas Thérèse. — Thérèse
s'emporte (elle avait espionné). » (Gorl).
De In. morliet, grillon. Morliètô, faire
le grillon, se cacher comme lui, afin de
pouvoir écouter. Suff. (5 (14 l*).
MORN A (morna) s. f. — 1. A Yzer.
Cercle en fer du moyeu d'une roue. —2. A
S*-Mart., Crap. etc. Cercle de fer, de
forme conique, qui fait partie de la char-
rue. — 3. Cercle de fer qui tient lafaux au
manche. For. morle, même sens que 2. ;
lim./norno, cercle de fer joignant ensemble
2 tuyaux de bois pour la conduite des
eaux.
Du vfr. morne^ anneau qu'on mettai
au bout de la lance dans les tournois pour
qu'elle ne blessât pas. Ce subst. se serait
dégagé de l'express, lance morne, ainsi
appelée parce qu'elle semblait morne.t
triste, par opposit. à la lance émoulue
dont le fer était brillant (Littré, Scheler).
Vfr. tnor7iè^ émoussé.
4. A River. Douille en cuir qui attache
la branche mobile du fléau au manche.
Dérivât, de sens de 1. et 2., parce que
cette douille forme un anneau.
MORNAIN (mornin); ap. Coch. MOR-
NIN s. m. Bress. mornant — Nom de 2
cépages : 1' le mornai7i blanc^ que Coch.
dit être le même que le chasselas. Se-
ringe dans son Petit agriculteur dit que
le mornain blanc est souvent confondu av.
le Fontainebleau, mais qu'il lui est très
inférieur; 2» le mornain 7ioir, espèce
très productive, mais donnant un vin in-
férieur. Dans le For., où Ton ne connaît
que la variété noire, on le nomme morne-
rin ("Vachez). Littré donne le nom de
mornier pour «cépage du Rhône»; c'est
sans doute le même que mornain, mais
mornier, m'est complèlem. inconnu.
Ètym. inconn.
♦MORNANTEIS V. mornanteysa,
*MORNANTEYSA (mornantèza) s. f.
vin. MORNANTEIS- « Mesure de grains
en usage dans le Lionnois(Coch.). »
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268
MORQ
On l'appelait aussi le Mornantais. On
trouve le nom de mor7iantesius dans une
foule de chartes du m. â. et notamm.
dans l'Obituaire de l'Église de Lyon. Cette
mesure est aujourd'hui complètem. hors
d'usage. Elle contenait 2 bichets, soit 67
litres (communiqué par M. Vachez). —
1277-1315 : « Toz li hlas qui vait por
aygua, cliacon mornanteis, » Tous les
blés qui arrivent par, eau, chaque mor-
nantais,,. (Cart. m.)
De Mornant^ village, av. sufT. eysa,
elsa^ d'ensis par la chute de ?i (175) et
ch. d'e en ei (16).
MORQUA-MAU (morkamô) ; à Lyon
marque-mal s. m. — Se dit de qq'un qui
a mauvaise tournure, une mine de mal-
faiteur.
Gardien dou chôlieau qui sicri per los Tuleuri,
ArsouilIeSf pilleraudi. morqua-môs^ qucrdlcurs.
ICHym.)
De In. marqua, marquer, et mau, mal.
MORRET (morrè) s. m. — Panier que
l'on attache au nez des bœufs qui traver-
sent un pré pour les empêcher d'y tondre
l'herbe.
De In. morro, av. su(T. et. Gp. l>olon.
musarola, même sens, de mtiso, museau.
MORRO (moro) s. m. — Visage, ligure.
Vieilli. Ne s'emploie presque plus que
dans les dér.
Du vpr. 7nor, tète, museau; de morsum,
au sens de bouche pour mordre, comme
vpr. mursel, arra. morseel, môme sens,
d,^ morsellum.
MORRO (morô) v. n. — Tomber sur
le nez.
De morre^ av. sufl". ô (14 3").
MORS (môr) s. m. — Mardi.
Apocope de dhnors.
MORT-D'INLO (mordinlô) s. m. — Pa-
ralytique hémiplégiquie.
De mort, c mort » ; rf'l;^, « d'un » et
lu, « côté » ; mort d'un côté.
MORVE (morve) s. f. — Maure,
De ma/t?a. Gh. de a ton. en ô (1) : de /
en r (170 40). J'ignore pourquoi la pr>st-
ton. est ë au lieu de a. Une excepl. de
môme nature se retrouve dnns le ss.-
rom. de Vionnaz, où malva = marre,
tandis qu'il devrait donner marra.
M. Gillièron attribue cet afTaiblissem. à la
métath. de r qui est venue se placer de-
vant la post-ton. Mais le phénomène n'a
pas eu lieu en In., et l'except. subsiste
quand même.
MOSOI V. masua,
MOTASSI (motassi) s. f. — Glèbe ; à
Grap. Une bêchée dans un pré. Lerô les
molasses, enlever les mottes dans un pré
pour gazon ner ailleurs.
De motta, av. suff. augm. assi, d'area.
Fin. t dans assi (541°).
MOTROLLI (motrolh!) v. n. — Mâcher,
mastiquer, au sens péj. Que don que Vos
à m'drolli comfn'iquienf qn'an-ixi donc à
mâchonner de la sorte ? Alp. mistroulha^
pr. mastrouta mastrougna, Var mas-
tringa, it mantrugiare^ fr. popul. ma-
trouiller, patrouiller, manier grossiérem.
et malproprem. Lim. motrouno, gâcher
[un ouvrage], que Béronie tire bien à
lort de fr. matrone; Igd. mastroulha,
patiner, manier lourdem. et maladroitem.
Étym. inconn. — M. Mistral rapporte
les mots pr. au vpr. mastra, que je ne
connais pas ; vx mars, mastre, m. lat.
mastra, pr. mastro, pétrin, que Du G. et
lui tirent du lat. macira, pétrin, qui ne
figure pas dans les dict. classiques, mais
qui a certainem. été fait sur /-tdxrpa,
comme magis, subst., sur iàtt/I;. Je doute
fort que mactra ait passé à mastra : il
ne peut donner que tnaitra. Quoi qu'il en
soit le vpr. mastra, pétrin, suppose un
V. tnastrar, pétrir, dont il parait être le
subst. V., car l'idée de pétrir est antérieure
à celle de pétrin. Dans ce vl. ma^trar,
mastra, le sufî. péj. et fréq. ottilla a été
substitué au sufT. simple ; d'où mas-
trouillq,, fr. 'inat rouiller, et le In. niôtro-
Ihl, par le passage ordinaire de ou à o
(34, rem. 4), de a à <5 (59), et la chute de
s dans st (iSe 2«).
MOTRU, U A (molru, ua) M ATRU, UA ;
â Yzer. METRU, UA ; à Paniss. MAL-
TRU, OA adj. For. rnatru, berr. mau-
letruj genev. malotru. — Chétif, gringa-
let; se dit des choses comme des per-
sonnes. Goch. dit que l'on se sert de
l'express, lo matru, le petit, pour dési-
gner un enfant. Je ne crois pas que matru
s'emploie jamais sans une inlent. péj.
Vpr. malasfruc, malheureux.
Hicii ire»l plus b au que U gutrra civila,
Siiitoul, niéïKis, dins ina niôtrua villa.
« Rien n'est plus beau que la guerre
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MOTT
269
civile, — Surtout, enfants, dans une mé-
chante ville. » (Per.)
SulseinU lo sulciiou dou marchand de melon,
SutseiiiU-lo, dzit Rara, lupôra. môtru Uuchi.
« Soûlions le défenseur du marchand de
melons, — Soutiens-le, dit Rara, sépare
[maintenant les coml)attanlsj, méchant
t;ringalet. » (Mel.)
Lou sort é tout viri, fou k'ai vcu de famille
Que pourlavoiit de plot el de watrue guenille.
« Le destin a tout changé ; il s*est vu des
familles — Qui portaient des pièces et de
méchantes guenilles. » (Ghap.;
De nia(le) {as)trutiim. 11 est assez sur-
prenant que / ne se soit pas vocal, et que
maie ayant fait m«w, on n'ait pas eu
miutru.hsi forme mdO*w n'est que matm^
av. passage moderne do a à <î (59). Dans
le fr. malotru^ qui a la mémo origine,
la syncope a été moins forte. Progress. de
de l'ace, dans le fém. (51). La forme de
Paniss. a été faite av. le fr. mal,
* MOTTA (môta) s. f. Vfr. nwte — 1.
Tertre peu élevé (c'est à tort que Goch.
dit terter élevt').- 2. Mottede gazon. — 3.
Tourteau fait av. l'écorce qui a servi pour
tanner et employé comme comhustible.
D'un rad. germ. qui signifie tourbe.
M. all.'mo^ tourbe, terrain marécageux î
bavar. tnott^ monceau de terre maréca-
geuse ; suisse miittj morceau do gazon ;
tlam. nioet mot, petite élévation ; hoU.
mot, poussière de tourbe. La dérivât, de
.sens s'explique facilem. 1* Tourbe ; 2*
Terre agglomérée : 3* Morceau de terre
agglomérée et soulevée; 4" Petite élévation;
tertre. — Le tourteau prend son nom de
sa ressemblance soit av. une motte, soit
av. de la tourbe. Scheler rapproche gaël.
mata, mont. Je ne connais pas le gaël.
fnota, mais l'irl. moCa « mont », d'après
O'Reilly, mais qui en réalité signifie amas
de terre, fossé, et a été emprunta à l'angl.
moat, qui est lui-même le fr. motte,
MOTTET (motè) ; ap. Coch. MOUTET
s. m. — Petit garçon, MOTTETTE (motéle)
s. f. — Petite fille- Dph., br. motet, ettc.
Car chalande s*approrhon,
Et nous faut bien QaU
Ce beau Mollet y cuchon
Quel'angeo a dcccla.
« Car noël s'approche ; — Il nous faut
bien faire fête — A ce bel enfant... (?i —
Que l'ange a fait connaître. » {}'j: }W('l)
Ronaparla, i et in molel;
Ne lor pa d*in berlnburlct.
« Bonaparte, c'est un [fameux] gars ; —
Jl ne sort pas d'un hurluberlu. » (Chans,
dph.)
Yeni, bolie, veni mottetle^
AI(eQan-no de bon matin.
€ Venez, filles, venez fillettes, — Attifons-
nous de bon matin. » (Chans, br,)
De mnsiKm, jeune. Gh. de u bref en o
(38) ; chute de 5 (166 2") ; d'où mot, plus
sufl". dim. et. La forme moutet appartient
à la phonét. d'oïl.
MOTTET s. m. dans l'express. In bravo
mottet-- 1. Un garçon robuste, bien râ-
blé. — 2, Un brave garçon.
De mottet, av. bravo au sens de beau
pour lé sens 1. De mottet, av. bravo au
sens d'honnête pourrie sens 2.
MOTTET, ETTA *(motè, éta) adj. —
Élagué, tondu. On dit ainsi d'un arbre
dont on a coupé les branches, qu'il est
tôt mottet. Aufig., deqqu'unqui s'est fait
couper les cheveux très ras: al é tôt
mottet.
De mottô, couper, av. suff. dim. et.
MOTTETTE v. mottet.
MOTTO (mùtô) ; à River. ÉMOTTO v.
a. — Ébrancher un arbre, un saule, par ex.
De In. motta « motte *, av. suflf. ô (14
1«); mottô in sauzo, c'est réduire un saule
à l'état de motte, n'en laisser que le tronc.
MOTTONS (môton) s. m. pi. — Gru-
meaux dans de la farine mal délayée.
De In. motta, av. suff. dim. on.
MOU ET (moue monosyl.) s. m. — Mon-
ceau, tas.
G'est le vfr. et fr.-conit. moie, gerbier,
de meta (v. maye), av. la prononciat. de
oi en ouè (42 3*»). Ge son è a été confondu
av. le suff. e^ qui appartient aux noms
masc, et c'est ainsi qu'on a vu dans le
mot un masc. et un dim. de moie. De là
à considérer le moiiet non plus comme
un gerbier, mais comme un monceau
quelconque, il n'y avait qu'un pas.
* MOULO (moulo) s. m. dans l'express.
In moîtlo de bois, mesure de bois de
chauffage « qui avait4piedsen tous sens. »
(Coch.; — A Lyon du bois de moule, du
bois de chauffnge rond, propre à être
mesuré au moule. Aujourd'hui on tend à
confondre le moule et le stère.
De mod(ii)him = modle = fr. molle
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270
MOUL
par assimilât, de d k l, et moulo par
infl. de l (v. moulô vb.)
* MOULO (moulô); à Lyon mouler w a.
— Lâcher doucement. fail)lir. — « Moult
la t)î ai llet te ! Wisnez aller doucement la
corde ! » A Lyon : « Souffres-tu toujours
beaucoup? — Ça moule un petit peu »,
cela faiblit. « Lo prix du vin a moula, le
prix du vin a faibli. » (Coch.) Mouler en
douceur, lâcher très doucem. Vénit. mo-
larffhe.céôev; mo/^rtf, s'adoucir en par-
lant du froid ; pays de Bray mollir,
baisser de prix.
0 nein demnre qui i la Terita capoiine ;
1 môle la Tuéiion, ton coragi Tëtonne.
« Gela en demeure là : Thérèse a peur ;
— Elle lâche ïoinon dont le courage
rétonne. » (Gorl.)
De mollem, av. sjiflT. roman d, d'are
(14 3'); vocalisât, de /, comme dans
fr. mou, de mol,
MOUNA (mouna)* MONINA (monina)
MOUNINA s. f. It. mon7ia, esp., port.
mono: vfr. mounine — \. Guenon. « Ou
dit d'une femme grimacière; e ypt una
mounina. • (Coch.) Ss.-rom. monnon,
fille sotte, maussade, de mauvaise grâce.
% Mouna, femme, av. sens péj. Je crois
que mouna doit se traduire par femme
dans les vers suivants de Roquille :
Onlc, (Iciiis rancien Uonii, â Iravàrs le sipouneB^
Copa féiié dansi ton quarteron de mounes.
« Où, dans l'ancien temps, parmi les
violettes, — Gopat faisait danser se?
quelques vingt-cinq femmes. » {Mèn), 11
doit s'ngir ici d'un bal public.
3. Mounina, petite fille, av. sens un peu
pèj. Vin don iqui, mounina ! viens donc
ici, petite gamine.
Les sens 2. et 3. appuient l'étym. de
Diez madontta (niea domina), d'où ma-
(donna monna mouna, ei nio?iina par
l'adjoncl. du suff. ina. L'explical. donnée
par D'wA, que ce serait une flatterie à
l'adresse de la guen<m, est peu vraisem-
blable ; je crois bien plutôt que c'est une
raillerie à l'adresse de la femme Gp. fr.
popiil. gwnon, prostituée, qui n'est pas
une flatterie à l'adresse de la guenon.
Ij'il. monello, gamin turl)ulent, a la même
orig., de monnn, guenon, d'où "nionello^
liltèr. petit singe.
Ai:ai sa mounina^ être gris. Express.
qui nous vient du pr. avé sa mounine.
On dit aussi en pr. até sa m,ounzo,
L'orig. de mounzo parait être moutijf
« moine i», à cause des vieillfts railleries
sur l'ivresse des moines: liltér. « avoirson
moine ». L'orig. de mounine parait être
ici mouine, qui signifie aussi « moine »»,
corrompu sous l'infl. de mounina, guenon.
Legenev. a syncopé l'express, et dit. avoir
sa nina, L'explicat. de Sauvages, que
l'exprtss. Igd. prène la m^uninoy s'eni»
vrer, viendrait de ce que « cet animal (le
singe) s'enivre et aime la soupe au vin »,
celte explical., dis-je, est absolum. fantas-
tique.
MOUNÉRI (mounéri) s. f. — Roue mé-
canique, tour.
PAs i>Iu^ flar que Pouf ri qu'occupe ina mounéri.
« Pas plus fier que l'ouvrier qui tra-
vaille à un tour. » {Roq.)
T)emo{l)inVLria. Vocalisât, de /(173 2»).
Eri {pour airi) est le fém. du suff. airo
(13).
MOUNICHI (mounichi) ; à Lyon moM-
nichf A. f. — « Pu))es feminea. » Dpli.
monon, puienda muliehria.
De mouna, femme, av. suff. iche^ par
analog. av. barbiche,
MOUNINA V. mouna.
MOUO (moud) MUO (muô) s. f, —
Violente averse; averse de grêle.
La mouô raisseye,
LViiiiig croasseyr.
« L'averse fait des raies [dans l'air], —
De l'étang s'élèvent des croassements. »
(La Grêla, de G ut t.)
De motdita. Chute de t prot. (135);
d'où moa, moiia, et mouô par ch. de a
ton. en o (1).
MOU RI N A (mourina) s. f. — Poussière
de charbon, résidu ; .se dit surtout des
balayures d'une forge.
De m^Kurum « qui est de couleur
noire », plus suff. ina. Gh. de au en ou
(75).
MOURRE (moure) s. m. — A Gi-ap.
dans l'express. Fére lo mourre, faire la
moue, bouder.
Forme de In. morre (v. ce mot) ; litté-
ralem. « faire le mu.seau ». Est-ce l'infl.
de r qui a changé o en ou (cp. 34, rem. 1)
dans qq. endroits?
MOUTET V. motlrl.
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MOUT
^71
*MOUTO (moiilô) s. f. dans les express.
ina monta (Vhulo, ina moutô de vin, une
pressée d'huile, une pressée de vin.
Formé par analog. sur le part, moutii
montua (v. ces mots), de moudre, av.
substitut, du suff. «, d'ai«, passé à (5(1).
Rarem. usité ; on dit plutôt ina trollia,
MOUTU, UA (moutu, ua) adj. part. —
Moulu, ue.
Le fr. moulu a élé formé à un moment
où Ton avait moî-dre, d'où mo-lu. Le pat.
a fait de moud-re, moud-u, puis moulu,
par analog. av. fr. mouture pour molture.
MOUVANT (mouvan) s. m. — Jeune
moineau qui sort du nid.
Probablem. de fr. mouvoir, av. suff.
partie, aiit. Mouvant^ qui commence à se
mouvoir. Cp. poit. mouvette^ oiseau qui
sert d'appeau. Au fig. enfant sautillant.
MOYA (mô-ya) ; à Lyon wvi^e (mô- ye)
s. f, — Tourbillon d'eau. « La moye de la
Morl-qui-lrompe », endroit jadis très dan-
gereux près du Pont de-Pierre.
1 jette (ieilaiis la moye
Le cori>s ilu liéfuntqiii iioye (Et. Blanc).
De m6l(i. Chute de l (147 4»); d'où mo-a
et insert, de y pour rompre l'hiatus (cp. 17).
A l'appui de l'etym.cp. fr. remous, remole,
de liwlere.
MOYTENT V. mitan.
MOZOTTI V. mo7isoHl,
• MUGUETTO (mughètô) v. a. —
€ Kpier. » (Goch.) — Je ne connais le mot
que par Coch.
Peut-être de muguet, S[e\xr : mugueter,
flairer le muguet ; et par exlens. flairer
en général, puis flairer au fig. Cp. fleurer,
formé, ou au moins déformé, sous l'idée
de sentir une fleur. Quant à la connex.
entre l'idée de flairer et celle d'épier, elle
est répandue (cp. arm. musa, flairer et
opier), mais de plus ici elle a dû être favo-
risée par l'infl. de guetter.
* MULES (mule) s. f. pi. — Coch. le
traduit par engelures et Cotgrave par
kibes', gerçures, mais en réalité il signifie
exclusivem. engelures aux talons, et
Nicotdit: «Une mule aux talons, P<?r/iio.»
Le Igd. mulos, cité par Goch. av. le sens
d'engelures, a en réalité celui d'engelures
aux talons.
De mules, pantoufles ; les engelures
aux talons étant considérées ironiquem.
comme faisant l'office de pantoufles; ou
bien, suiv. Littré, de la couleur rouge des
mules. Scheler propose le vx flam. muyl,
même sens, en le tirant de muyl, bouche.
Mais la restrict, du sens aux seules enge-
lures des talons paraît exclure cette étym.,
et il est à croire que le vx flam. muyl
« mule» est identique au wal. meule elRU
fr. mule. Quant à m,uyl, bouche, c'est le
mha.mîi/, ail. m>aule, (\m n'a donné le
sens de gerçure en aucun dial. germ., pas
plus que bucca ne l'a donné en roman.
MUO V. mou^j.
MURI (murl) V. n.— Mourir: Toisoffri
datant que murl, tout souffrir plutôt
que mourir,. « Nos ne venons u mondo
que per mûri ; n'o n'entrans en charge
(juo per en sorti. » (Disc, de l'échevin
Denis à sa sortie de charge.)
Et quand faudra mûri
Noz iran tou deJen lu Païadi. {Noël xviii*s )
De ' morïre ; o bref ^= à ; on devrait
donc avoir mori. L'irrèg. tient peut-être
à ce que l'infinit. aura été refait sur le prés,
de l'indic. du vfr. je muir (?) : d'où muiri
réduit à 7HU>*i, comme adduire s'est réduit
à addure.
MUSSE (musse) à Crap. ; ap. Coch.
MUSSET (musse) Piç. mouser, poit. mos-
ser s. m. — Boudeur. Rch. faire V mousse^
bouder. Vaud. mussa, penser, réfléchir
(ap. Coch.); ss.-rom. maus ma usa, ikchê,
marri, chagrin ; poit. mosser, en parlant
des animaux, se dit de l'animal malade
qui se retire dans un coin.
Peut-être de mussAre, parler entre ses
dents, murmurer, d'où un v. 'mussô
'iiiussl (qui a certainem. existé) et un
subst. V. musse, devenu mus^et, par
l'adjonct. du suff. et. Toutefois il faut
admettre une dérivât, de sens, le boudeur
étant essentiellem. silencieux, et non
murmurant. Pour la forme, u étant entr.,
on devrait 9i^o\v mosse. Mais o a pu passer
à ou sous infl. de ss (cp. 41) et de là a u.
Le poit masser appuie du reste l'étym.
mussare. J'ai bien songé à un v. formé
sur vfr. mus, muet, de mntus, qui
cadrerait mieux av. le sens, mais la
format, ne serait possible qu'av. un fém.
musse, tandis que l'on a mwe, qui entraî-
nerait nécessairem. les dér.
N. d'homme, Musset.
* MUSSET V. 7)iusse.
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2T2
N
N
NAGU (nagu) s. m. — A Lyon Sur-
nom donné aux bouchers. Vieilli.
Du juron naidiu (v. ce mot), jadis
particulier aux boucliers. Sur le passage
de diu à gu cp. mon Gtiieu^ usité à Lyon
pour mon Dieu, Le passage de a/ à a est
plus rare, mais à Villefr. il est oonstanl :
in'''Jon pour maison, etc.
NAI V. ne subst.
NAI V. nêAâ'].
NAIDIU NAIGU vin. exclamât. — Ju-
ron qui dans les textes du xvji« et du
xvin« s. est principalem. usité chez les
ln)uchers. Dans Lyon burl, toutes les
phrases des bouchers commencent par
71 ai (l in.
Naidiu, j'aii un cnraiil «le douz»; ans;
Il vaut m»i que non pas deu s'Iiomo.
{Lyon b.J
Sou, n'ay Diu ! tomba mclù.
c Allons, naidiu! renverse-le. » {Xoel
il2S.)
Con tract, de nus aist Dieu^ « Dieu
nous garde t » Cp. vfr. ynadia, corrupl.
de m*aist Dieus, et vosg. smaidèe, de se
m*aide-Dieu! {\la\\\2A\[). C'est par erreur
que cet auteur indique l'expre.ss. maidiu
« certes » comme lyonn. C'est évidemm.
naidiu, d'ailleurs depuis longtemps inu-
sité.
Naidiu est devenu naigu, la dentale
devant l'en hiatus tendant à passer à g
(V. nagu) :
Naigu^ compare, Tin-tu don CNofl xviir s ).
Cp. aussi guiablo pour Diable :
Lo 0uiab)o eateodil la fêla.
« Le Diable entendit la fête. » {Noël de |
Jean Capon) I
Le Igd. a maidi, même sens, qui est le
vfr. m* aist Diu. i
NAIGU v. naidiu. I
NAISER (SE) (se nézé) v. pron. — A
Lyon. Se moisir. Sur la format, v. nési. [
NAISSU, UA (naïssu, ua dissyll.) adj.
~ Né. In notiau naissu^ un nouveau-
né.
Adj. part, de naître, formé av. la ter-
min. u par analog. av. les v. de la 8*
conj. fr., comme cressu^ de rreitre ; co-
gyiHssu, de cognntro. Naître^ creitre,
cognutre ont certainem. été nais-tre,
cre'is-tre cognus-ire : c*esi ce rad. nais
etc. qui a servi à la format, du partie.
De même on a prometu de proméf-re.
*NAIZIA V. nési.
NAMBOT (nanhô) s. m. —Petit homme.
C'est le vfr. nambot nimbot^m^mQ sens,
auquel Diez donne pour étym., mais av.
le signe du doute, le nord, nabi, nœud,
masse noueuse. M. Joret a démontré
l'exactitude de l'étym. M. Fleury propose
nanus, av. sufî. bot, mais le suff. bot
n'existe pas. Dans chabot « sabot », chi-
bot « oignon », equerbot « escarbot », cité.s
par M. F., le b appartient au thème, et
le suflf. est simplem. ot.
NAR (nar) .s. f . — A Villefr. Nuit.
Do (nigra), probablem. par l'intermé-
diaire de fr. noir, A Villefr. oi passe fa-
cilem. à a.
NARILLI Cnarilhi) s. f. — Naseau.
Vfr. narilles, narine.
De 7iari('ula, Ch. de icula en t7Aï (164
'2\ b).
NARRA (nara) vin. s. f. — Nez.
Tel le prendra pcr en(jouniy,
Qu'alo Diablou à la narra...
« Tel te prendra pour un engourdi, —
Qui a le Diable au nez. » (Bern.)
Est pris pour mine dans le vers suiv.
Encore qui Tan mauvaibi narra.
« Quoiqu'ils aient mauvaise mine. »
[Id.)
De narem, av. a fin. de la déclinais,
fêm. On a certainem. eu d'abord nm-e, e
lat. post-ton étant représenté par e dan-s
le vin.
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NARZ
273
NARZÈYI (naraè-yi) à Morn; à Gmp.
NÉAYI (néa-yf) NAYAYI Cna-ya-yl) y. a.
— Noircir.
De ne nêï, noir, av. suff. des v. in-
choatifs dans la forme de Morn. (cp.
rfur-c-tr). Le mot a été composé quand r
fin. de nigr(um) se prononçait encore.
Le passage de é i ni t. à a a eu lieu sous
infl. de r (66). La forme Me'ayt a été
composée lorsque r ne se prononçait plus,
et en ajout, le suff. fréq. ayi; puis on a
introduit un yotte pour rompre. Thiatus
éa; d*où la forme néyayl nayayl,
NAUCHIER vin. s. m. Vpr. nauchiev.
— Marinier. 1472 : « A Pierre Sappey,
itauchier, pour le navigage de la dite
pierre 10 1. 10 s. »(Arch. m.)
De naut{i)CB,rius, qu'on rencontre dans
les inscriptions (Foersler;. Gh. de r on ch
(161 G").
NAVÉE vin. s. f. — Un plein bateau.
— 1474 : € A Jehan Durand, demeurant
aux Deux Amants, pour deux navées de
pierre milliasse... » ("Arcb. m.) — Norm.
navée, charge d'un bateau qui transporto
de la langue.
De nsLvenu av. suff. d'oïl ée, d'ata.
* NAVET s. m. — « Ouvrier en soye.
.\insi nommé parce qu'il se sert de la
navette. Terme de mépris. » ((^ocb.)
Quand celo puvre nacet
N'ao gin de liars au g.issel. (Chans,
[de Hevér. 178»)
Depuis Goch., cette appellat. s'est com-
plètem. perdue. On appelle les canuts des
navets. Je crois que Texplicat. donnée par
Coch. du mot navet est juste.
NAVETAN v. sons 7iavey.
NAVEY vin. s. m. Vfr. 7iavoy — Ba-
teau. NAVETAN vin. s. m. — Marinier,
patron de bateaux. 1864-1365: t Audit
Porcheron, naveian,., pour imnavey que
l'on acz achita de luy por fere un corsier
por lo common... », au dit Porcheron,
marinier... pour un bateau qu'on lui a
acheté pour servir de bateau de course
pour la commune (Inv. de la C.)
De 'navensis, de navem, Ensis = oi
en fr. et ei en In. Navelan est formé sur
navey, av. suff. ant, d'eniem, relié par l,
NAYAYI V. narjsèyl.
NAYER (na-yé)v. a. Xfr. naiernayer,
vx for. ueyvnr — A Villefr. dans l'express.
7inyev un tonneau, boucher les inters-
tices des douelles av. de Tétoupe. Vfr,
naie, étoupe, charpie. « Puis reclost l'en
la porte (de la nef) et l'en boucha l'en
bien, aussi comme l'on naye un tonnel. »
(Joinville) — Je crois que M. d'Aiguë-
parse, qui habitait le Beaujolais, a le
premier donné l'interprétât, exacta de
nayer dans ce texte. — Vfr. naie,
étoupe pour calfater les navires ; wal.
naie, petite plaque de fer qui sert à re-
couvrir la mousse ou l'étoupe que l'on
a introduite dans les joints d'un tonneau;
champ, naye, bande de linge roulée au-
tour du jable des vieux tonneaux; Guer-
nesey neie, chiffon de linge pour nettoyer
le four.
NAIE, chiffon dé linge pour nettoyer le
four.
Étym. inconn. — Du G. tire naie,
étoupe, du b. lat. nageum nugium « pal-
lium tenue » dans Papias; d'où, peul-
étre, dit-il, c naie, charpie ». Le sens de
« petit manteau i> à c charpie » parait ai)-
.solument forcé. Il en est de môme do
rétym. de naie, petite plaque de fer
pour recouvrir Tetoupe, que Grandg. tire
dubitativem. de ail. nageU clou, qui
d'ailleurs ne se prête pas comme forme
(cp. fragilem = fraiie). M. de Ghambure.
s'appuyantsur une hypoth.de Scheler, qui
est disposé à voir dans étouffer un dér.
d'étoupe, pense que le mot fiaier pour-
rait être en relation av. il. annegare,
noyer, étouffer, et par conséquent venir
de necare. Mais on retrouverait le sens
de calfeutrer dans des dialectes it. De
plus on peut comprendre à la rigueur
qix'étouffer ait été tiré d*étoupe, mais
non étoupe d'étouffer.
Je préférerais le tirer du pr. naia,
rouir le chanvre, qui est naisia (v. neisi),
av. chute de* devant m (cp. ecclesia^
vpr. gleya). De naia, rouir, aurait été
tiré naie, chanvre roui, et par e.xtens.
filasse de chanvre, chiffons pour calfeu-
trer. 11 serait toutefois surprenant que,
dans ce cas, le pr., qui a conservé 7iaia
vb. ; ?iaiagit action de rouir, n'eût pas
conservé naie, étoupe.
NAYERET (na-yeré) s. m. Ss.-rom.
neihie-c^jein, Genève noie-chrétien. —
Petit bateau fort dangereux dans lequel
il na peut tenir qu'une seule personne.
De nayer, à Lyon noyer, av. suff. et.
32
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274
naVi
NAYI (na-yl) v. a. — A Morn. Mettre
tremper un récipient dans un récipient
plus grand rempli d*eau, afin de faire
gonfler les joints du premier et de le
rendre étanche.
Sur rélym. v. nayer. La dérivât, de
sens s'explique par Tinfl. de wéyî, noyer.
On noie le récipient pour le rendre
étanche.
NAZARETH (nazarèt) ; à Lyon dans la
locut. Faire le vin de Na:areth, rejeter
par le nez une partie du liquide qu*on a
avalé de travers.
Jeu de mots sur nas, nez, en vin. Les
dér. de na^ ont tous * douce (cp. nasilli).
Il est fort bizarre que le mot se retrouve
en Béarn : Na (faire) nazarety même
sens.
NAZILLY(nazilhf) vin. v. a. — Regar-
der qqu*un sous le nez. Lgd. nasilhaire^
curieux, impertinent.
Si me Tiii gueron nazilli^
le l'y bàrty cent cou de p«>in, de pi, de lesta.
< S'il me vient tant soit peu regarder
sous le nez, — Je lui donnerai cent coups
de pied, de poing, de tôte. » (Bern.)
De vId. nos, nez, aujourd'hui n6(s), de
nasuniy av. auff. fréq. ilhi. Gela répond,
comme forme, au fr. nasiller, singulier em.
détourné de son sens. Sur le sens cp. vfr.
gens de ne s y moqueurs : faire un nez
de rire à, insulter, et enfin, faire un pied
de nés,
NÉv. ne adj.
NÉ (nô) NAI *NEI (un peu moins fermé
que né) s. f. — Neige.
De nivem (18 l**).
NE (né très ouvert) ; à Morn. NAI (naï);
NE. fém. NÈRI (néri) adj. Eure nai. —
Noir.
Fais jilo lex avenue,
Lo fromiiil, le priorais.
Coflù los moriiains nau.
« Fais fructifier les avoines, — Le
froment, les prairies, — Gonfler les rai-
sins noirs. » {Prière)
De nig(rum) (18 2»). La flexion fém.
I est appelée par la gutt. Je ne sais pas
expliquer le passage de et à aï dans la
forme naï.
NÉAYI V. narzéyi.
NÊBLE (nèble) adj. des 2 g. — A Vil-
hfr. Brumeux, néimleux, obscur. Y è
nèble, il fa il nuit. Cela rhombra è nèble ^
cette chambre est sombre ; alp. nehlo,
])rouillard.
De * neb(H)lum pour nebulosum. On a
dû avoir nièble passé à nèble.
NEGUN, UNA (neghan, ana) à Morn;
à Paniss. NUGUEN (nughin); à Crap.
NIGUEN (nighin) ; ap, Goch. NIUN
(niun monosyl.); vin. NION NIQON
pron. indéf. Vfr. negun nigun, br. nion
— Personne, aucun. Neguna maniri, à
Morn. Nullement,- en. aucune sorte. — Vers
1340 : t Item, se nion ci tiens vent à peys
ou a mesura qui ne seit leaux », item, si
quelque citoyen vend à poids ou à mesure
qui ne soient loyaux [Droit de pesage, ap.
Philipon).
E ne fau plus nigon flata
« Et il ne faut plus flatter personne. »
(Cherauch. de VA.).
I paréchan Iro miseroblo.
iViouuelOtt V4!Ci abarzi.
« Ils paraissaient trop misérables, —
Personne ne lesvoulut loger. » {Noëls br.)
De nec-nnum (v. dengun). M. Chaba-
neau, avant nous, avait donné cette étym.
Dans la forme wim;i, chute de c devenu
méd. (139).
NEI V. né subst.
NÉÏSI V. nési,
NENTILLES s'emploie asi^ez souvent à
Lyon pour lentilles. Ce ch. de / init. en
n est à noter. Cp. dph. nisette pour li-
sette (V. liette).
NÈPI (nèpl) s. m. — Néflier.
De nèpio, av. sufl*. ariii^ (13), qui s'ap-
plique communém. aux noms d'arbres.
NÈPI A (nèpia); à Crap. NÉPLA (népla^
s. f. Pr. nespo, Morvan nêpè, Var gnâs-
po, rcb. nèpe, messin nép^ wal. de Mons
népia — Nèfle.
Les dial. rapprochés plus haut, aussi
bien que le In., reportent k un simple
*mespiui\, dont mespilum est un dérivé.
Cil. de m init. en n (104); chute de s
(166 S-*). On Q. nêpo. L'insert. de yotte
se produit assez fréquemm. après une
labiale, ou pour parler plus exactem . la
labiale se mouille (v. embiorse sous em-
baissi, embierna). D'où nèpio, et nèpia,
ia plupart des noms de fruits étant fém.
Mais nèpia ne vient pas de mespilum,
car le groupe pi ne devient jamais pt,
comme en il.
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NEPL
275
Quant à népla, c'est mesp(i)lum, av.
passage à la déclinaison féin-
NÉPLA V. nèpia.
NÉRI (néri)8. f. — 1. A Yzer., Morn.,
Paniss etc. — Bouteille.
Non de nigra, qui aurait donné nègra,
mais de né(r) (18, rem. 2>, de nigrum,
av. post-ton. f (pour marquer Iç fém.),
niolivée par le groupe ir (54 4v. On a
eu en effet neïr neir nér né n noir ». Le
mol a été tiré de la couleur de la bouteille.
2. Paresse. Avé la néri, être paresseux
(cp. à Lyon avoir la cagne).
Crèdc, menot, qae l'ourt de peréri
Deins quou pays ne se f«t pos de néri.
« Croyez, camarades, que le travail des
mines — Dans ce pays ne se fait pas avec
la paresse. » (Per,)
Te \é que irai |»oi trop la wri, ,
Surtout quand j*ai vouedii ma tiéri.
« Tu vois que je ne suis pas fainéante,
— Surtout quand j'ai vidé ma bouteille. »
( Due Bih,) Ici néri est pris tour à tour
dans les 2 sens.
De néri, bouteille, parce que la paresse
et l'amour de la bouteille ne vont jamais
cbez nous l'un sans l'autre.
NERIA (néria dissyl.) s. f. — A Villefr.
Nichée.
De nidum^ mais format, très obscurç.
Je suppose que néria a dû être fait sur
un type ' niar(d) (v. niarcotô), au sens
d'ois?auau nid (v./7mau),av. suff. accentué
ta par analog. av. les noms coll. répondant
à ée fr., tels que hrasitia etc. (1, rem. 3).
D'où niaria, passé à n^iapar dissimilat.
Je reconnais que cette format, est fort
problématique, mais je ne vois rien de
mieux à proposer. — Dans le Lyonn.
propre on dit nichia.
*NERTA (néria) s. t. Vfr. nerte, pr.
nerto — Myrte.
De myrta pour myrtum. Gh. de m en
«(104) ; y donne u. On a eu certainem.
nurta (cp. vfr. mûrie) passé à neurta
nerta, sous une infl. que je ne sais pas
expliquer.
NÉSI (nézt); à Morn. NÉtSI (néîzl) ;
ap. Coch. NAtZIA v. a. Vfr. naiser, pr.
naia neisa, dph. naisa, vpr. naisar (ap.
Mistral), piém* naivè, alp. 7iaijar, m. lat.
nasare — Faire rouir le chanvre. M. lat.
neisius^ c locus in Jluvio, vel aquarum
receptus, ubi cannabis macei-atur » ; vx
Igd. nais, vfr. nées neette, dph. nai nei,
Morv. naijou, même sens. A Lyon se
naisery moisir.
De ntLffa, qu'on trouve au xii* s. pour
nassa « gurges » (v. gor)y c*est-à-d. un
lieu fermé dans une rivière pour prendre
du poisson, et par analog. pour rouir le
chanvre. Nassa c gurges » est le même,
av. dérivât, de sens, que la.i. nassa^ engin
k prendre du poisson. Sur naxa seformè
un *9iaxiare nacsiare nacliare = naisi
par ch. de ac en ai (61) et de tiare
en si (138). On a naisi^ passé à nési (cp.
10). Le neuchàtel. nazi, mouillé, n'est pas
notre mot, et se rapporte probablem. k
ail. nass, pe\i\-êlve à rapprocher devorto;,
humide, qui mouille. Il se peut d'ailleurs
que lat. nassa se rattache à la môme ra-
cine indo-européenne, sanscr. sntif couler.
NIA V. gniô.
*NIAFRA (nhàfra) s. f. En Fr. Ln.
lAFRO (iafro) s. m. Vfr. navre, notin.
nafre, dph. nafra — Coup, blesstire,
»pécialem. balafre; à Morn. NOFRA
(nôfra^. — Blessure béante. Lim. nafro,
longue et large blessure; sarde na/Va,
tache; poit. nafrer, égratigner; ss.-rom.
nafra, froisser, blesser; pr. nafra gnafra,
blesser, balafrer ; gage, naffrar, meurtrir,
blesser.
Orig. germ. — Vha narvoa narvae, ail.
narbe, cicatrice ; dan. narVy suéd. narf,
côté du cuir qui est tourné vers la chair
(G. Paris). Narf passe à nafr par mé-
tath. de r (187 !•) et à nôfra par ch. de
a en d (1). La forme niafra, bien lyonn.,
offre une insert, de yotte probablem- par
analog. av. beaucoup de mots à nia ou
nha init. (cp. gniarra, niau). Quanta
iafro, c'est évidemm. le mêitie mot, av.
aphér. de n. Cette confus, a pu se pro-
duire par l'emploi de l'adj. numér. un :
tui niafro, un-n-iafro, dPti(x) iafros,
NIARCOTI (gnarkotl; s. m. — A Villefr.
Niais, benêt.
De ln. niarcotô^ av, suff. t, d*i/«ts,
comme dans vfr. allouvi, et répondant kit
de fr. bandit, conscrit,
NIARCOTO (gnarkolô) v. n. - A Vil-
lefr. Niaiser.
De même que fr. niaiser a été fait sur
un type niais « oiseau au nid », de ni-
dum, de même je crois niarcotô fait sur
un type ' niar(d), oiseau au nid (v. néna)
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276
NIAR
av. un suff. péj. de fantaisie, dans lequel
le thème otô est fréq.
NIARD V. gniati.
^NIARRA V. ffnian-a.
* NIBLA (nibla) NUBLA (nubla) s. f. —
« Espèce de gaufre bénite qu'on distribue
aux fidèles à la messe de minuit. La légè-
reté de ces oublies leur a fait donner le
nom de nehiila. » (Coch.) — Vfr. nuble,
m. lat. nebifla, oublie bénite; rch. 9iieule,
hostie non consacrée ; vx wal.nw^Ze, wal.
nùle, oublie.
L*usage signalé par Coch. est complè-
tcm. perdu, au moins à ma connaissance.
L'étym. (v. g^iibla) donnée par le même
est juste, mais l'orig. est peut-être plutôt
dans un symbole religieux que dans la
forme de l'objet. Dans la forme nuhla, i
a passé à u sous infl. de la labiale.
NIBLA s. f. — Nuage. \,gnibla.
NICA (nika) s. f. — Dans la partie la
plus méridion. du dp* et dans les com.
munes de la Loire limitrophes (Pélussin»
Roisey) Ivraie.
Étym. inconn. — Je ne connais le mot
dans aucun pat. congénère.
NICHOLLA V. gnocca. Gp. aussi vpr.
nozola (Flamenca), oiseau de nuit.
* NIÈCI (nièssi dissyl) ; vin. NI ESSE s.
f. — Sotte, diaise. Vfr. nice, simple, un
peu fou ; Vosges, nice, peu intelligent ;
gév. nèche, ard., Igd., alp. nesci adj. des
2 g., sot niais ; It. nescio, ignorant.
Ce qoe me fait résoudre, et que me ftil songi
Que ie tun de vray follle, que ie son de vray nieue,
€ Ce qui me fait décider, et me fait
penser — Que nous sonûnes de vraies
folles, que nons sommes de vraies sottes. »
{Bern.)
De n^scia. Oh. de se en ss (168 I» et
88); d'où neissij av. mouillem. de ;*
init. (v. Co7i3, pat,) et ch. de ia en i
(54 !•).
NI ESSE V. nièci.
NIGODÊME s. m. Lim. nicodemu — A
Lyon Sol, nigaud. « Quaisi te don, grand
Xigodème, tais-toi donc, grand sot ».
Je li diii : « Nigodaimo,
Oq et-ai don que le va ? 0
« Je lui dis : « Imbécile, — Où est-ce
donc que tu vas? » (Noël de Jean Guigoud)
De Xicodème, n, d'homme, considéré
comme renfermant le rad. de nigaud (cp,
niguedoiiille),
NIGON V. negun.
NIGUEDANDOUILLE v. niguedouille.
^NIGUEDOUILLE(nighedonlhe)NIGUE-
DANDOUILLE s. m. «Grand nigaud, sot.
Mot de fantaisie forgé sur le rad. de
nigaud, av. suff. péj. ouille et insert, de
une ou deux syll. entre le thème et le sufT.
pour accuser le caract. péj. Niguedan-
douille avait de plus l'avantage de l'ap-
peler le mot andouille.
NIQUEN V. negun,
NILLON T. gniau.
NIOLA, nuage v. gniola,
* NIOLA» sotte v. gniouchi.
*NIUN V. negun,
NIX (nies) NIXO (nicso) adv. — Nulle-
ment, pas du tout* Pays de Bray nixt\
non pas.
De ail. Nichts dont le sensa été confondu
av. celui de nicht. Nichts explique la
corrupt. des consonnes fin. en x. Quant
au suff. 0, c'est une simple fantaisie,
comme celles de l'argot.
NOBLO (nùblo) s. m.— S'emploie seulem.
av. Tadj. numér. un: In noblo, un porc
On dit plus volontiers in ministro.
C'est le fr. noble, appliqué en raillerie.
Souvenir de la haine du paysan conti*e
le noble. Le mot se retrouve sur divers
points de la France. Cp. baguais moussieu,
cochon.
NOCHAT (nochà) adj. des 2 g. — Déli-
cat, dégoûté pour la nourriture, difficile.
Al a pou d'appétit, al é nochal. For.
inchat, délicat, d'un goût difficile.
De chat, av. préf. no, de non, et par
conséquent à sens négat. Dans le for.,
c'est le préf. in au sens négat. comme
dans in-nocent. Sur le sens cp. achatir,
et la loc. de Lyon : J'en suis chat, pour
dire je l'aime excessivem., en parlant de
friandises, le chat étant pris comme type
de la gourmandise. Le nochat est le con-
traire de chat. Gras a proposé l'étym.
fantastique irl. inghean, jeune fille.
Quoique l'étym. soit appuyée par la
forme for. je ne dois pas négliger de citer
te norm. nique et le dph. nichola, môme
sens, qui, s'ils sont les mêmes qnenochat,
indiquent une autre étym.. d'ailleurs
inconn.
NOÉ V. noï.
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NOFR
277
NOFRA V. niafra.
NOI (ndi) à Morn.; à Giap. NOÉ
NOU É (noé noué moiiosyll.) s. f. — 1. Noix,
fruit.
De nucetn (42 5», b).
*2. A Crap. courroie de cuir qui réunit
les 2 parties du fléau.
Lorsqu'une rotule est mobile en tous
sens dans une chape sphérique, l'assem-
blage s'appelle noix à cause de la ressem-
blance av. le fruit. De là le nom popul. de
noix du genou. Ce nom de noix a été
appliqué par analog. au bout de courroie
qui réunit les 2 échappes ^ parce qu'elle
permet aux branches de se mouvoir en
tous sens.
NONANTE adj. numéral — Quatre-
vingt-dix.
De neiift av. suff. numéral ante,
NOPOLA (nopola) s. f. — Nèfle. Dph.
napolier néflier.
In Jour de marchi,
La Zobel ciiirgU de nopolês,
« Un jour de marché, — La Zobet char-
gée de nèfles... » (Mort de la Z.)
De * mespum pour mespilum (v. nèpio);
d'où mèpo n^po, plus suff. rom. ola;
d'où nepôla. Je suppose que le passage
do è init. à o a eu lieu sous l'iufl. de la
vocalisât, de b; d'où neupola passé à
nopola. L'it. nespola ne coïncide pas av.
notre mot, et est tiré de mespilum,
NOQUA V. gnocca,
NOUÉ v.noï.
* NOY AVA (no-yava) s. f, — Lieu planté
de noyer».
Formé sur noyer, probablem. av. le
suff. accoutumé aia, â'eta (cp. fr. aunaye,
chesnaye) ; d'où noyaia, très difficile à
prononcer. On a introduit un v pour rom-
pre l'hiatus, comme dans gladium =
glaive.
NOYÉ (no-yé) t. f. — La fête de Noël.
Non de na(t}9iliem), qui aurait donné
nayar (121 1*) ou nayau (121 S«), mais
du fr. Noël, av. chute de / fin. et insert,
d'un yotte pour rompre l'hiatus.
N. d'homme, Noyé.
NOYELLA (nô-yèla); NUYELLA (nu-
yèla) s. f. Ss.-rom. neyalla, dph. noyella,
messin nèyèU Eure nêle nuille — Nielle
des blés, lychnis githago.
De nigtlla. Chute de ^(134) ; ch. de i
bref en e f62) ; d'où neelle, puis neyella,
par insert, d'un yotte pour rompre l'hiatus,
et noyella, nuyella, par dissimil. Dans
le ss.-rom. la dissimil. a porté sur le 2* e
au lieu du l**".
NUBLA V. 7iibla.
NUQUEN V. negun.
NUYELLA V. noyella.
0
0 fà) OU (ou) ; vin. OY AY au cas-su-
jet ; 0 HO au cas-régime (xin« s.) ; AY Al
(yLiY^s,); EY(xvi«, xvii«s.);AY Yf'xvm's.)
pron. indef.— Il, ce. cela, c Ëntretant oy li
venit si granz volunta... Quar Deus non
ho voupit sofrir. » (Marg.) — t Lo ven-
dros davan la festi senti Katelina que ai
fut fesîa san Clément. » (L. R.) — « Eyet
(pour ey est) assé querquavela. » {Chc-
rauch.) — « Kl~ey vray ce qui dion?... »
(Hem.) — « Mais y est sen malice. »
(Noël 1728.)
Âctuellem. je ne connais que la forme
0. O molhe, il pleut.
I (elle) m'élerôve comme o UutfDue Bib.}.
Coch. ne fait pas, dans son dictionn. la
distinct, entra le pron. indéf. et le pron.
pers. (v. ou), mais elle existe dans
toutes les parab. S»-Symph.» Fontaines
emploient o pour le neutre, c O vegni una
grand famina. » (Parab, S^-Symph.) —
« 0 fo que je modo relrovô mon polu-é. »
(Par. Fontaines). — Le Bois-d'Oingt et
Amplepuis emploient y : h Y arrivi una
granda famina. » Condrieu et Amplepuis
emploient ou : « Ou y arrivi ina granda
famina. » (Cond) ^ c Ou vegni ina granda
famina ». (Amplep.) — Sur le pron. pers*
dans ces mêmes endroits v« a al.
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278
OCHE
De hoc.
OCHE V, ouchi,
OCLIA (ôklia dissyll. ; à Paniss. la
prononciat. est othlia, av. l*articula(^. du
(h dur anglais) y. aclia.
OCLtO (okliô dissyll.) OCLOioklô) v.
a. — Refendre en morceaux.
jy'ôclia, fragments de bois refendu, av.
suff. u.
OCLO V. ocliô,
ODRO (ôdro) s. m. Wal. ourdo, ourdon,
hourg. et Jura ordon — Ligne d'ouvriers,
vendangeurs, moissonneurs, ti-availlant
de front. Mena Vôdro^ v. mena vb. Genev.
mener Vordon môme sens. Aube ordon^
t^he marquée ; lorr. ordon, portion d'une
coupe afTouagère (ap. Godef.).
De ord(i)nem, Ch. de n en r (cp.
coph{i)num ^ coffre, pamp(i)num =
pampre) ; désinence o par analog. (66) :
d'où ordro, et ôdro (180).
OQNES (6gne) s. m. pi. dans Texpress.
Recevoir les ognesy c'est-à-d . , lorsqu'on
a perdu au jeu de gobilles, mettre sa
main verticalem. sur le toi, une ^obiile
entra l*annulairo et le médius, sur la-
quelle tire le gagnant. Les meurtrissures
que reçoit le perdant sur les phalanges
lorsque le gagnant manque, volontairem.
ou non, la gobillo, s'appellent les ognes.
Genev. ognes ; même sens < ognon, tape,
coup, contusion.
Sur l'étym, v. dorgni.
OLAQNI s. f. v. aulagni s. f.
OLAQNI S- m. v. aulagni s. m.
OLOYA (olo-ya) s. f. — A Paniss. Sorbe
du sorbier des oiseleurs, sorbus aucu-
paria.
Subst. V. tiré d'o/oyi.
OLOYI (olo-yl) s. m. — A Paniss.
Sorbier.des oiseleurs.
(^est le vfr. aliier, alisier. Oloyl a
d'abord été aliyi par ch.de ier en» (13);
puis alayl par dissimilat. (67); puis les 2
a ont passé à o (69}.
ON V. onte,
ONIVI ▼. ônitiii»
ONIVIU roniviu en 8 syllj à Crap;
ONIVI (6nivl)àMorn. : à Lyon dne-vieux
s. m. — Orvet, anguis fragilis,
.Angitis a donné anguille, mais à c«Mê,
il y a dans lesdial. du Nord une série de
mots où g palaU a pris le son du w angl.
D'où le b. lat. anwilla, le vx pic. a^-
anwille anwison (xiii* s.), et le wal.
anwei awei enwie (anwillum). Puis ce
w a passé à v simple, surtout dans les
dial. de l'Est : vfr. envoyé, bourg, anveau,
lorr. envieux enveux, ss.-rom. anvour,
Tarentaise anviu, Morvan lanviau, ge-
nev. lanvotti, et for. anivei (par l'inserl.
d'un 2 quand la prononciat. de n se faisait
encore sentir), « orvet ». Puis, plus près
de nous, k Morn. ônivi, par le pas-sage
de a init. à ô (69) et réduct. de et à i ; à
Crap. ôniviu, par confus, av. vieux = riu:
enfin à Lyon le fr. âne-vietix, encoi*e
qu'il n'y ait pas le moindre rapport entre
ce petit serpent vif et un vieil âne.
ONO (ônô) A NO (anô) ; à Lvon dnée s.
f. — Mesure de vin contenant i05 à 106
litres. Autrefois il y avait aussi Vdnée,
mesure de grains, qui contenait 6 bichets.
mais le bichet variait suiv. les localités.
Avant 1789, à Lyon Vdnée en hichets de
grenier était de 2 hectal. 6 litres, et en
hichets de bateau, de 2 hect. 10 litres.
D*as(i)n9Lta, Asinum a donné tinô
puis ôno. L'infl. du simple a certainem.
contribué à faire passer a init. de asinaia
à 6 (69). Ch. de ata en 6 {!).
•ONTE (onte) adv. For. onte, pv.ounte,
vfr. ond ont unt — Où, où donc ? OnVè,
où est-il? Onfè-y-è, où est-ce? (Goch.)
Qqfois devant les cuns. ON : On que je
sons, où sommes-nous? Mais on dirait
aussi onte que je sons.
Ne fons-je p6s |iarlii de l'arroiidiisciiien...
(iN<e brille Lyon.
« Ne faisons-nous pas partie de l'ar-
rondissement... ^Où brille Lyon. "tfHym,)
Iqueu sont de festins onte ô ne manque rea.
«Ce sont des festins où il ne manque
rien. ♦ (Ghap.)
De nnd(e). Ch. de un en on (47) ; d'où
ond, durci en ont, à cause de la posiit.
fin. du d; puis addit. d'un e post*4on.
d'appui, à cause du groupe »^ devant la
cons. init. du mot suivant. Ont[e] sont
ceVhomos^ où sont ces hommes/ Devant
les voy. la prononciat. était naturellem.
ontye).
OQUES V. hoques.
OR V. ore»
* OR A V. aura.
ORCHI V. archi.
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ORE
279
*ORE (ore) à River., Morn. ; VORE à
Yzer., Aveize; YORE à S»-Romand ; vin.
OR adv. It. ora — Maintenant.
lion ley, bon sey terlou, sorti iiou or de paina.
«Bonsoir, bonsoir à tous; ôtez-nons
maintenant de peine. > (Bern.)
De ?iora. Les prosth. dans divers endroits
ne viennent nuUem. d*une difficulté à
prononcer ora; c'est un phénomène syn-
lactique. Ore s*est trouvé en iiiatus dans
des phrases d'un usage fréquent : Jevé{s)
« ore, je vais maintenant » ; véne^të ore,
« viens-tu maintenant », et l'hiatus a été
rompu par Tinsert. d'un yotte ou d'un v
comme dans l'inlérieur d'un mot (cp,
m{e)ta = me[y]a,, gln{d)ium = glai[v]c).
Puis la cons. de liaison a été confondue
av, une cons. qui appartiendrait au mot.
Il est plus difficile de dire pourquoi a
fin. d'ora n'a pas été conservé et a été
remplace par un e muet, qui n'est pas
usité en pat., sauf dans qq. mots {pore,
môre) où il représente probablem. e latin.
Peut-être est-ce Tinfl. du vfr. ore, aujour-
d'hui or. Mais pourquoi dans ore^ e est-il
tombé ?
ORENDREIT vin. adv. Vpr. orendreit^
vfr. orendroit horendroit — Tout de
suite, désormais, dorénavant. * En aulro
teins ju te daray entendiment en loles cetes
choses et co tu voudres orendreit », en
d'autres temps je te donnerai rinlelligence
de toutes ces choses, et cela tu le voudrais
tout de suite (Marg.).
De hora=ore (v. ce mot), tn = en et
drictum = dreit. Le In. mod. ayant pré-
posé un t? à ore dans la forme vore, dit
rorendret (v. ce mot).
ORILLAT(orilhà) s. m. Lim. o-ourillo
— Pièce de la chaiTue qui verse la terrç.
D'orilhi (auï^cula), oreille, av. suff. at.
ORISSE V. aurisse,
ORLES (6rle) ; à Lyon et aux environs
et ap. Ooch. OURLES s. m. pi. — Gonfle-
ment inflammatoire du tissu entourant les
glandes parotides. Parextens. esquinancie.
D'*or(w>/a, dim. à* ora, i)ord. Ce mot a
pris la signiflcat. plus générale de chose
enflée comme un ourlet. Gp. m. lat. orlus,
liteau rapporté sur une pièce de bois. On
a comparé cette enflure longitudinale à
un ourlet. Le ch. de o long entravé en ou
est d'oïl.
ORNO (ôrno) s. m. — A Morn. Frt^ne.
\yornum.
ORPA V. arpa.
ORT vin. s. m. — Jardin. — xiv* s.
« Item Thomas Pachon... per Vort jusla
la terra Andreu Gtiaron. » {Tenner de
Rochef.)
D*hortum. Je ne serais pas étonné que
ce mot existât encore dans certaines par-
ties reculées du Lyonn. Il devait s'appli-
quer au jardin potager. Aujourd'hui
encore, en Gèvaud., le jardin à fleurs
s'appelle dzardi, et le jardin potager
ORTA ('ôrta) s. f. — Teigne, insecte.
Le même que aria (v. ce mot), av. pas-
sage de a à o (1).
ORTA (orta) s. f. — Provisions que
Ton porte en voyage.
Je crois que c'est arta (v. ce mot au
snpplém.), identique à arlon, av. passage
de rt ho (1). Le sens aurait passé de
« pain », à « viatique », nourriture qu'on
porte en voyage, le pain étant la pre-
mière provision à emporter.
ORTIE (ortie) à Grap.; ORTIE (ortie) à
Paniss., Morn. s. f. — Ortie.
Non d'urtlca (av. n bref), qui aurait
donné ortia ortia., mais du fr. ortie. Le
pat. ne supporte pas le sulT. iè et il a
transporté l'ace, sur la 2« voy., d'où
ortie; puis comme ortie est sourd, il a
été renforcé à Morn. en ortie, par confus,
av. ée fr., qui est représenté en pal. par
^ ai (cp. équifelais). Pour le paysan,
in' ortie se dirait en fr. une orliée.
ORTIE V. ortie.
ORVES(ôrve) s. f. pi. Br. orve, poit.
ovis, — En fr. Lyonn. Étincelles. Quercy,
dph. ouvo, cendres des mauvaises herbes
qu'on répand dans un champ pour le
fertiliser ; étincelles de paille ou d'herbes
brûlées; pr. auvo^ ôuo, mauvaises
herbes, étincelles des plantes brûlées
pour le défrichement.
Le sens des mots d'oc, indique l'étym.
ulva, herbe des marais, proposée par
M. Mistral. La dérivât, est celle-ci ;
« herbes des marais, mauvaises herbes,
herbes brûlées, cendres et étincelles de
ces herbes, étincelles en général. » La
/orme se prête exaclem. à l'étym. Gh. de
et en o(38); de / en r (170 4»).
'OU (Ott) pron. pers.— Il (Coch.).
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280
OU
J'ai parlé k a aide celle forme, que je
ne connais pas, et qui n'existe dans au-
cune des parab. données par Goch. Il
aurait dû ajouter: « ow/ devant les voy. »,
car c'est ainsi qu'il l'emploie dans son
dictionn.
De ille.
OU pron. indéf., v. o.
OUALES vin. s. f. pi. — 1418 : « Hz ont
respondu à Jehan Andrivet, fermier du
IIII» et la canabasserie de Lyon de l'an
passé, qui leur a demandé deducion des-
dites fermes pour les ouates qu'il dit qu'il
y a eu... . » {Reg. cons.)
Il faut lire ovales, mot qui existe encore
à Genève pour accident arrivé par force
majeure, désastre qu'on ne pouvait pré-
voir. Nenchâtel, fr.-comt., Morvan orvale,
sinistre, désastre ; ss.-rom. ovaîlhe orva*
la, Vaud otallhe orvalla avallhe, acci-
dent, éboulement, chute de terre; m. lat.
orvalium, tout ce qui est détruit par
accident dans les édifices. Le cas d'ovale,
c'est-à-d. le cas fortuit, la force majeure
est très souvent réservé dans les baux à
ferme en Suisse, quoiqu'il soit d'ailleurs
de droit commun. B. lat. orvalium (voir
Du G.), vfr. ovaille, incendie.
L'étym. atal, de ad vallem, proposée
par Bridel, est la plus vraisembl. Le rad.
se retrouve dans avalanche. En Suisse
le glissement des montagnes, les effondre-
ments dans les lacs sont des avalhes. Le
mot est probablem. d'orig. suisse. L'idée
est celle de « chose mise à bas, qui s'écroule,
qui vient aval ». L'insert. de r dans cer-
taines formes n*a rien d'anormal (184 6»,
d). Mais le passage de a init. à o est
difficile à expliquer. On a du reste la forme
nvalhe où a a persisté.
ÛUBINCER vin. dans le texte .suiv. de
la Leide de V Archevêché (vers 1300):
% Item (est) H fors de Bornuaest kVouhhi-
cer de la Saunari », qu'il faut, je crois,
traduire par : « Le marché de Bourgneuf
est vis à vis de la Saunerie. » La disposit.
lopograph. confirme cette interprétât, et il
n'y a pas longtemps que l'endroit désigné
s'appelait Quai du Puits-du-Sel.
De vfr. ohicer ohicier, opposer (d'ohji-
cere), qui s'employait surtout dans les
formules de droit, et qui s'est employé
ensuite au sons matériel pour « placer
devant ». Oublncer est l'infinit., employé
ici comme subst. v. Nasalisât, de t (184 7*).
*OUCHI (ouchi) ; vin. OCHE ; à Lyon
ouche s. f. — 1. Taille de boulanger. « En
Languedoc la taille (du boulanger) est
appelée osque, » ^Goch.) — Pr. osco ousro
cat. oGca^ Yav ouasco, basque o*Ae, arm.
ask, vfr. osche, entaille ; dph. ouchi, it-
occa, partie sexuelle de la femme ; vfr.
oschier, « crenis notare » (Du G.); vpr.
oscai\ ébrécher('F/ame«ca);Béarn. osque,
coche de la taille du boulanger. — 1529 :
« Le d. pain ainsi fourny a esté baillé par
oches et tailles. » (Guigue Biblioth. hisl.)
Il semble difficile de ne pas suivre
l'opinion de M. Foerster, qui identifie le
fr. hoche, vfr. oche « coche, entaille », av.
vfr. osrhe, même sens. Pour hoche les
étym. proposées sont nombreuses. Diez
propose ags. hooc, angl. hook, holl. hoek^
crochet. Scheler pense que hoche peut être
une forme wal. pour coche, et compare
cavare = wal. haver, et cosse = hoche.
Goncurremm. il propose un subst. verb.
tiré de ocarre, herser (on trouve en effet
le b. lat. occare « .secare », qui doit venir
d'occa^ et ochialtis « incisus »). Littrédit
que Diez tiie hoche de ail. dialectal Ao^A-,
pli du jarret. Je n'ai pas trouvé ce sens
dans les mots cités par Diez, au moins
dans la 4* édit., mais je le trouve indiqué
par Burguy.
Mais si hoche est le même que osche,
toutes ces étym. sont mises à néant par la
présence de s, qui ne peut être épenlhét.
Or l'identité des deux mots paraît bien
confirmée par le Igd. osque, « taille de
boulanger », béarn. osque • coche de cette
taille », qui sont évidemm. les mêmes que
In. ouchi.
Le ch. de o entravé en ou dans le In.
n'est pas à prendre en considération, ce ch.
étant récent, comme on l'a vu, et étant sans
doute produit par analog.
Il est inutile de faire observer que
oschier hocher « entailler », n'est pas le
mémeque {v, hocher. In. houchi « secouer»
(v. houchi).
Lorsqu'un mot roman ne peut s'expliquer
par les orig. ordinaires et qu'à côté il
existe en basque, Diez n'hésite pas à
l'expliquer par ce dernier. Toutefois ce ne
p3ut être jamais qu'une hypoth., car ou
ignore touiours si le basque n*a pas
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OUIL
281
eniprunUî le mot âii roman. Olle incorli-
lude existe pour le basque oske. Quant lï
l'armoi*. ask, môme sens, il parait bien
omprunté aurom. Pour Tétym., M. Foerster
propose ah-secare.
2. « Aristoloche, herbe commune dans
les vignes, [qui] donne mauvais goût au
vin lorsqu'on la place sur un échalas pour
la faire sécher. » (Goch.) — J*avoue ne pas
comprendre l'explication. L'aristoloche
clématite, dont parle sans doute Goch.,
s'appelle vulgairem. poison de terre
parce qu'elle infecte les lieux où elle se
trouve. En tous cas je ne connais pas
ouchi dans ce sens. On appelle communém.
en In. l'aristoloche clématite la tràinassi,
Étym. inconn. En pr. on trouve os,
plante potagère (Mistral), qui me paraît
être le rad. iVoseille, Je ne sais si l'on
peut voir dans ouchi un type oxa =osca
(163 1"), qui serait le simple d'oxalis,
mais la possibilité de la métath. de ocsa
en o$ca est aujourd'hui contestée par MM.
Boehmer et Groeber.
*OUILLI (oulhl) v. a. Vfr. euiller —
Remplacer dans un tonneau le vin perdu
par l'évaporat., en remplissant \i ton-
neau jusqu'au bondon. D'un homme ivre
on dit : Cel homme est ben ouillï.
Je signale que Goch. définit le mot par
« remplir un tonneau, Vavillier », comme
si le mot nr illier était assez connu de
son temps, au moins à Lyon, pour être
compris. (Voir ce mot au supplém.)
De vfr. oit, œil, d'oculus^ av. suff. l
(15 4*). Littéralem. « remplir jusqu'à
l'œil ».
D'après Mon. les Romains auraient eu
l'habitude de recouvrir le vin des am-
phores d'une couche d'huile qui ne se
mêlait pas au vin et empêchait tout contact
av. l'air. De là ouilli, ach.ever de remplir
le récipient, d'oleum. Mais outre que
l'on devrait avoir w/ô, d'a/o. huile,
M. Vachez a vainement cherché dans Go-
lumelle et dans Varron aussi bien que
dans Galon et dans Palladius, cet usage
d'employer de l'huile quand on finissait de
remplir les amphores. Il a trouvé au con-
traire dans ces auteurs, que les Romains
fermaient leurs amphores av. de la poix.
*OUILLON (oulhon) s. m. — « Le vin
destiné à avillior ^'est à-dire à ouilloK le
tonneau. » (r.ocli.)
D'o«i7/î, av. suff. dim, on,
OULA vin.; ULA (ula) ; en Fr.Ln.
AULA s. f. Vpr. ola, pr. oulo, vfr. ouïe
oleeule, ss.-rom. olla oulha eula, piém
olttj it. olla — Marmit3, gmnd pot de
terre à bouillir les viandes ^ 1358: « Item,
.j. quintal d'estaing, cuvro, ouïes et ipe-
tail payerant .j. gros... », item un quin-
tal d'étain, de cuivre, de marmites et de
métal payera 1 gros. (Tar. de la V.)
D*olla, On devrait avôir àla (38). Une
forme lat. ola expliquerait oula (34*, et
aussi le vfr. eule, ss.-rom eiila. et le vpr.
ola, où 0 est long. M. Groeber explique
vfr. oille/port, olha^ it. oglia, à quoi il
faut ajouter ss.-rom. oulha, CDimne 4/^
emprunts à l'esp. olla {oïlla).
DUR (our) s. m. — A Villefr. Os
D'j our{s), des os.
T>'ossem. O suivi de ss=z on (41). mais
le ch. de y fin. en r est tout à fait excep-
tionnel chez nous. Ge ch. est récent et
ne doit pas remonter plus haut que le
XVI» s., époque à laquelle il parut y avoir
une sorte d'hésitat. entre la prononcial.
de r et de s. Mais outre que les ex. du
ch. de 5 en r sont moins nombreux que
les ex. contraires, je n'en connais que
pour ^ méd., et aucun pour* fin. (^ela
doit faire suppo.^fr que l'on prononçait
ousse, passé à ow^y puis à our.
*OURA (oura) s. f. — Œuvre, travail,
affaires.
Vo zèle Iro curiou, je dc me sedo |«ù
D*all6 Tout délai! i Voura de mou iiién. ge.
« Vous êtes trop curieux, je ne me sou-
cie pas — De vous détailler les affaires
de mon ménage. » (Roq.)
D'op(^)ra. Vocalisât, de p (164 6'»).
O U R(oui*a) s. f. — Vent, brise ; aussi
bise un peu piquante.
Que vos ay moda il madin !
Votue craignipis Voura fraicha.
€ Quoi, vous êtes parti si matin î —
Vous ne craignez pas la fraîcheur du
vent. » (vx noël.)
Le même que aura (v. ce mot), av. pas-
sage de au à ou (49).
CURES (oure) s. f. pi. — llardes, ef-
fets.
D'oj)era (v. oura), av. dérivât, de sens
analojfue à celle qui a fait passer le sens
iVaff aires à rfjni de hanh's.
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282
OURI
OURI (ouri); à S»-Mart. URI (uri) s. m.
— 1. Ouvrier. 2. Terme péj. Aventurier,
vaurien, mauvais sujet.
Lo riche arrit sod d'occupô tos ourii.
« Le riche prendrait souci d'occuper les
ouvriers. » (Hym.)
D*operB,rius (v, oura). Dans 2. le sens
primit. est dér. à celui de mauvais sujet
comme dans le mot manoura. V, ouvri.
OURI (ourl); à Grap. URI (ur!) v. a.
— Ouvrir.
D'op(e)rire pour aperire. Vocalisât,
de p (164 6*). Sur la forme uri cp. muri^
de 'morire.
OURI (ourl) dans la loc. A Vouri, à
TabrU^.À'e betô à Voun\ se mettre à
l'abri.
M. Bugge a mis, je crois, hors de doute
pour abri, l'étym. apHcum, abrité (du
vent, du froid etc.). Apricum donne ouri
par la vocalisât, dep (1640«») : d\mauri,
passé à ouri {7 S).
OURIOU (ouriou) —A River. Abri, dans
la locut. Se hêtre à Vouriou^ se mettre h
l'abri. S'entend d'une mise à l'abri du
vent ou du froid en rase campagne et ne
suppose pas un endroit abrité par un toit.
On se met (i Vouriou derrière un mur,
une haie, un rocher ou un pli de terrain.
Le même que ouri, aj. suff. ou, d'orem
(34 bis). Le seus'cû^ûrme pleinement
l'étym. apricum, _ ^ ^
"OURLES V. orles.
OUTAR vin. s. m. Piém. autar, ss.-
rom. oultar — Autel. « Quand les autres
avoy cul illi eret se començarunt trahire
vers l'oa^ar per comunier... », quand les
autres, avec qui elle était, commencèrent à
se diriger vers l'autel pour communier
(Marg.). — Je crois, sans en être absolum.
sûr, avoir entendu outaren pat. moderne.
YyaltBire, La vocalisât, de / a qqfois
lieu après a, au lieu de son ch. en r.
D'où autar, devenu outar{7à).
OUVRÉE (ouvrée) s. f. M. lat. operata,
— Mesure agraire. — 1000 circa : « Et in
villa Gorcinatis habet Sanctus Petrus
duas operatas de vinca. » [Cartul. de Sa-
vigny) — L'outrée est égale à Vhommêe
(V. ce mol).
\}'op(e)ra.ta. La format, est dVil. Si
elle était lyonn. on aurait ourée, comme
on a oura, à'opera.
OUVRI («mvr!) s. m. — En fr.-Ln. terme
péj. Vaurien, mauvais snjel, vagabond,
gueux. Même accept. à J^yon autrefois.
Que lay don ceios ouvri ?
Ayi'l luBliuiuio!
« Qu'est-ce donc que ces gueux ?^ Ce
sont les Mmimes! » (Noël 1723.)
C'est le fr. ouvrier, av. la même déri-
vât, de sens que dans le pat. ourri,
OVA (ovo) OVO (ôvo)s. m. — Sommet,
crêt d*une montagne.
Su Vôvo dout Chaiireui, viengt canons sont braquAt.
« Sur le sommet des Chartreux vingt
canons sont braqués. » (Brey.)
Je crois que l'orig. est ot»a, d'orw/zi,
« œuf », un sommet étant considéré comme
ayant qq. ressemblance av. la forme d'uu
«(Buf ». Ora serait ensuite passé aumasr.
pour la forme ovo. Je ne pense pas qu'on
puisse y chercher une orig. germ : hII.
auf oben, Rj^». ufan, angl. orer, le rad.
de ces mots n'ayant fourni que des prép.
et non des subst.
*OVE s. f. — « Isle. Alla sur Vota, aller
sur l'isle. Dans l'ancien langage hawe
signifie eau, de a^ua* » (Coch.) — On
voit qu'il écrit tour à tour ote et ova.
Je ne connais pas ove « Ile », et j'ai de
grands doutes sur son existence dans ce
sens. Ote, dans les Alp., ouvede en pr.
signifient « conduit pour les eaux », et
doivent être tirés du vfr. au?e, eau ; cp.
poit. aiver, irriguer, du vfr. aive, de
acqva. Il est probable que Coch. a en-
tendu appliquer le mot à un bras du
Rhône (il était familier av. les termes "de
navigat. fluviale, habitant S^»-Golombe), et
qu'il a interprété à tort alla su l'or a,.
« aller sur la lône, sur le canal » par
< aller sur l'île » que l'ova forme. Le mot.
du reste, est ignoré dans la partie du
Lyonnais non riveraine, la seule que je
connaisse. Ne 4)as confondre av. ovo,
sommet.
OVO V. ova,
OY pron. indéf. v. o.
OYA (o-ya) s. f. ~ Oie.
Du b. lat. auiîa (d'arica). Gh. de c en
en yotte (128) ; de au en ou (49).
•OYAN (o-yan) adv. Dph, oyan, vpr.
ogan ongan ojan, pr. ougan, vfr. oan
owan ouen, it. uguanno, esp. hogano —
« Celte année » (Goch ) Mot perdu, au
moins dans la partie du Lyonn. que Je
connais.
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OYES
283
De hoc annum, mais par l'interméd.
du vpr. ogan, car le mot oyari n*esl pas
une composit. pat. En In. o oy, de hoc,
est le pron. indéf. el non le pron. dé-
monstr. Aussi oyan a t-il étë remplacé
par siian (pour ceta an). Gh. de g de
ogan en yotte (132).
OYESSE fô-yèsse) s. f. — Qqfois à
Villefr., mais surtout en Beaiij. Pie.
De vha. agdilstra, même sens, qui a
donné fr. agace» Ch. de ^en y (132). Le
ch. de a inil. en o est-il dû à Tinfl. d*oi> /
Dans certains pat. on dit ogasse. Quant
au ch. de a ton. en è, il doit tenir h la
phonét. de Villefr. (cp. picacia=piassi
en In., et piesse à Villefr.)
P
•PACAN (pakan) s. m. Ss.-rom. pakan
pagan, Morvan paican, norm. pagan
— Rustre, grossier. Lgd. pacan, gueux,
homme de néant; vpr. pagan, païen.
Berr. en pagane^ en désordre, à l'aban-
don.
1>Q pag9Lnum. Mot emprunté aux dial.
d'oc, comme le montre la persist. de g^
qui s'est même durci exceplionellem. en c
(132, rem. 2). PagKnumj de pagum,
village ; d'où paganisme. Depuis le règne
de Constantin les adhérents de l'ancii^n
culte avaient été forcés de se retirer dans
les campagnes. D'où pacan, homme de la
campagne, homme grossier, comme un
idolâtre.
*PACHI (pàchi); vin. PAQ; à Lyon pac/ie
s. f. Pr. pache, lgd. pàcho, auv. pate^
gasc. pacte ^ mars, pati — Marché. Feire
pachi, conclure un marché. — « Douz
quauz guages, despens et servis, l'on fit
pag avoy luy », desquels gages, dépenses
et services, l'on fit marché avec lui {Conte
N.) «... A dont que je flot la pachi de la
péri de bou », alors que je fis le marché
de la paire de bœufs. (Dial.)
V'c»l pachi Taiti; el vorindret j'eitporo
Que prêt de me te i^arrais pou de rin.
« (''est marché conclu, et désormais
j'e.spère — Que près de moi tu n'auras peur
de rien. » (Mon.)
De liou coulô la Gnurla gui le Plarhes
N'ont jamais fat d'n«sej! mauvaises pachM ..
« De leur colè les Compagnies de la
Grole et des Flaches — N'ont jamais fait
d'assez mauvais marchés... »» {Per,)
De pac^a. Ch. de et i=tc} en ch (161
2'). Ce ct=ich est assez commun dans les
dial. d'oc ; cp. pectinare = penchina,
factum =fachf strictum =.€Sl}'ech.
PACQUÈRAQES vin. i. m. pi. —Terres
vagues pour la pâture. — 1699: € Le
domaine de Jarlans consistant en... 109
bicherées de pacquévages, prés ou cham-
pagnes {Estimât» des biens de MornièU) ».
liC mot se rencontre souvent dans les
actes.
Fait sur un vb. pacquérer (que je crois,
sans en être sûr, avoir rencontre dans
d'anciens textes), av. suif. coll. âge, d'a/i-
cum. Pacquérer doit lui-même avoir été
fait sur fr. pdqui(s) ; d'où paquie-rer
pacquérer. Pdquis est fait sur pascunu
av. sufT. analogique is, comme dans 7)d(t>.
PAQ V. pachi,
*PAQNIU « Je n'ou ai pagnia fougia^
je n'y ai pas même pensé. De même dans
le Gomtat, tandis qu'en Provence on se
sert du mot pesquipa, pour signifier point
du tout, ce n'est pas cela. » (Coch.)
PagniUf ou qq. chose d'approchant, est
absolum. inconn. dans nos campagnes;
et fongi n'y signifie pas « penser»*, mais
« bêcher ». Les dictionn. pr. sont ègalem.
muets sur la loc. que Coch. attribue au
Comtat. Rien non plus dans les dial.
congénères aux nôtres. Mais voici, je
crois, comment la phrase doit se décom-
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284
PAGN
poser: pas -\- nient, rien, de nec enlern,
que Mistral ne donne pas, mais qu'Azaïs
donne comme usité en pr., et qui est aussi
vfr. La traduct. iittér. est donc « je n'y
ai pas r'ien pensé », phrase constamm. en
usage à Lyon, où pas rien= fr. pas, av.
renforcera, de la négat. Il se peut que
(.40ch. l'ait entendu estropié en niun niu.
Quant à fougi, ce doit être un lapsus.
PAQNO (pagno) s. m. — A Morn. Paon.
De pB,vum, mais je ne sais comment n
mouillée s'est substituée à r. Peut-être est-
ce le primit. roman pan, auquel a été
ajoutée la fin. o des noms masc. D*où
pSLUo, et pag7io, par mouillera, de n.
*PAILLASSI (palhassi) RAYASSI (pa-
yàssi) ; à Lyon paillasse s. f, — Sorte de
corbeille en osier tressé (Goch. dit impro-
prem. «jatte »}, dans laquelle les boulangers
mettent la pâte formant un pain. Le nom
s'applique aussi h la corbeille, beaucoup
plus grande, dans laquelle le mitron
porte le pain à ses pratiques. Goch. ajoute
comme équivalent paillasson, mais je ne
connais ce dernier nom que corarae celui
de la natte à laquelle on s'essuie les pieds.
De paille, av. sufT. agrandiss. asse^
parce que la paillasse était tressée de
paille. On en fait «iicore qqfois en psîll«
attachée av. de l'osier. Dans la Vienne le
paillisson est une corbeille en paille pour
mettre le pain au four.
•PAILLASSIRI (palhàssiri) s. f. Lgd.
paliassiéiro — Paillasse de lit.
De fr. paillasse, av. addit. d'un 2» sulT.
iri (13), applicable aux noms d'objets.
PAILLAT (palhà) PALIA s. m. - Pail-
lasse de lit.
Et su ton piHa
I Ti le jitô, pa n*eiii crève.
« Et sur sa paillasse — Elle va se jeter,
puis en meurt. » (Mort de la Z oh.)
De pailli, paille, av. suif. ai.
PAILLIRKpalhiri) s. f. — 1. Guenille.
*^. PAILLIRI (païlhiri); PEILLIRI (pelhi-
ri) Filet ou morceau de grosse toile elliléc
qu'on met au front des bœufs pour les
abriter des mouches.
hii mandrilli accouliù de jtalUre.
« Un épou vantail de chêne vière accoutré
de guenilles. » (Mon.)
De lu. peilli pèlhi, lambeau, av. suflf.
t/-ï, d'rtria (13). Ei a passé à a peut-être
sous inll. de paille^ encore bi-iu qu'il n'y
ait pas de rapport marq\^i dans le sens.
PAÏLLIRI V. pailliri.
PAIR V. peir.
PAIRI \. péri,
''PAISSIAU (péssid) PESSIAU s. m. Vfr.
paissel paxel paisseau, m. IrI. peisselius
— Éohalas ; à Paniss. Branchages pour
faire monter les haricots. Au tig. Jauihe.
Avoué mo doui peciaux qae ne sont pus de lalleé.
Tôt de même firai lo tour da rigolon.
f Avec mes deux jambes qui ne sont pas
dï*s lattes, — Tout de même je ferai le
tour du ruisseau. » {Gorl.)
Pussiu, prenant à port l'un et l'autro paiMiau...
« Puis, prenant à part l'un et l'autre
échalas... » (Mon.)
De paxellum, Ch. de x (=cs) en iss
(162 1"); de ellum en tau (32).
PAITRO vin. s. m. dans le texte suiv.
« Item III écuelles et III grailuns de pat-
tro », item 3 écuelles et 3 assiettes creuses
d'étain (L. R.). Vfr. peautre peutre,
étain ; it. peltro, étain raffiné; m. lat.
pestrum, mélange d'étain et de plomb ;
peut7*eum, étain. Paiiro est pour pelro.
D'après Diez, mais certainem. à tort,
du pr. em-peltar, fourrer, greffer, mêler.
Littré est plus près de la vérité en indi-
quant une orig. germ : — Se pûitr, étain :
holl. peauter piauler speauter^ laiton
blanc; angl.peM?(cr. « Pewter isa mixture
of lead and tin. » Il est probable que.
corarae le pense M. G. Guigne, le paiiro
était aussi un raélange d'ét^iin et de plomb.
— On trouve aussi le rad. dans le celt .
gaël. peodar, kyra. ffeiitur, étain. Le mot
n'existant pas dans le vha., qui a êtt.*
l'intermédiaire ordinaire de nos mots
d'orig. germ., il se peut que paitro peutre
ait une orig. celt.
* PALA (pala) s. f. — l. Pelle.
De ptila, pelle.
2. Épaule.
De pala. omoplate, dans G. Aurel. et
Isid.
PALAFICO (paliflkô) adj. des 2 g.—
Valétudinaire, à demi estropié. « Suei lot
pa/a/îco, je suis tout malade.» Pr. pala/ica,
it. palaficare, planter av. un pieu, ficher
en terre comme un pieu, frapper d'éton-
nemeut, pétrifier.
De pAlum et 'figicare, de figere. Ceci
donne bien la clef du pr. et de l'iL au sens
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PALA
285
de planter des pieux, mais comment ce
sens est-il dér. à celui d'être valétudinaire?
Voici, je crois, la marche : « planter des
pieux, être jeté comme un pieu, être abîmé
comme le pieu sur lequel on a frappé »>.
Gp. le sens de pr. palafica, être frappé
d'étonncm. Cette dérival, semblerait
néanmoins extravagante si l'on n'avait pas
un rapport de forme inctmteslable av.l'it.
et le pr. Il doit exister beaucoup de mots
inexpliqués qu'on expliquerait de même
si l'on pouvait suivre les dérivât. — Le
mot In. est venu du pr. comme le montre
la persist. de c dur.
*PALAYER (SE) v. palayi [se).
PALAYI V. a. v. paléyi.
PALAYI (SE) (se pala-yl); ap. Gocb. SE
PALAYER V. pron. — Se faire mal, s'abî-
mer, surtout par une chute, mais av. l'idée
de luxation, de dislocation. « Tai 'inanquo
de me palayi, j'ai failli m'ablmer. *
De In. pala, épaule, av. suff. fréq. ayl.
L'idée primit. est « se luxer l'épaule » ;
puis le sens est dér. à luxation en général.
'PALETTA (paléta) s. f. — 1. Pelle à
feu.
De In. pa/a, pelle, av. suff. dini. etla.
2. Omoplate.
DepaZ/ï, épaule, av. suff. dim. etta,
3. A Lyon palette — Dent incisive, à
cause de la forme qui rappelle une petite
pelle. Morv, palette, même sens.
Même étym. que paletta 1.
PALEYI (palèy!) PALAYI (palà-y!)v. a.
— Enlever la terre av. une pelle.
De In. pala^ pelle, av. suff. fréq. f*y'i.
PALI A \. paillât,
PALIRI (paliri) s. f. — « Espèce de
digue ou chaussée en pieux entrelacé»
avec des osiers. » (Gocb.) — Il est probable
que le mot dans ce sens est emprunté aux
usages des bords du Hhône. Dans le reste
du Lyonn. la paliri est une palissade, soit
pour étendre le linge (Grap.), soit pour
clore un terrain, soit pour faire monter la
vigne.
Do vfr. pal, de psilum^ av. suff, m,
d'arta (13). Ss.-rom. pala, petit échafau-
dage composé de perches.
PALIRONS V. palons.
*PALONS (paion) s. m. pi. — « Échalas
en châtaignier. • ((^.ocb.) — A Paniss.
PALIRONS (paliron); à Grap. PARIONS
(parion dissyl.) s. m. pi. — Branches de
choix dans les fagots. Vfr. paron « palon-
nier » ; Blaisoispa/onneau, ir^palonriier.
De pBilum = pal, av. suff. on^ pour
palons, Paliron doit venir du vfr. paler^
gros bâton ; d'où pa/^ro», devenu paliron,
par renforcem. de la prot. muette qui, en
pat., tombe ou se renforce La forme
parion est faite surpa/, qui a certainem.
été par (lai !•), puis, av. suff. on^ paron,
eiparion par Tinsert. si fréquente d'yotte.
Quant au vfr. paler, je suppose qu'il
représente *palarium.
PANA vin. s. f. V. panô subst.
PANA verbe v. panô.
PAN AIRE (panère) s. m. — A Lyon
Morceau de peau dont le canut recouvre
la façure de l'étoffe pendant la fabrication .
De ptinum, av. suff. aire, d'arium
(13, rem.).
PANAMAN y.pônôman,
PANARD (panar)s. m. B. dph. panar^(
— A Villefr. Êcouvillon de four.
DepaMWww,av. .suff. ard, qui s'applique
parfois aux noms d'objets ; v. barnau.
PANARETTE(panaréte)s. f. — Bouchon
de paille que l'on place au fond de la cuve,
contre le trou de la bonde, pour empêcher
la rafle du raisin d'obstruer le trou, et
qu'on assujettit avec une grosse pierre.
La panarette se place seulement lorsqu'on
fait la piquette, parce que le raisin étant
dégrainé il faut un tamis plus fin. Pour la
tirée du vin on met ordinairem. ungaviot.
De fr. panne, étoffe grossière, de pan-
num, av. suff. dim. ette relié par r. Non
sans doute qu'on ait jamais fait usage de
linge pour cet office, mais parce que le
bouchon de paille a qq. analogie de forme
av. un paquet de chiffons. Cp. b. dph.
panaret, écouvillon de four.
PANCERE vin. s. f. dans le texte suiv:
1346 : c Item de la première demi tour
ronde jusques a la seconde demi tour en
suivant, enclos (compris) le fondement,
153 toyses de gros mur jusques es pance-
res... Item au dessus du dict gros mur, en
panceres .... » (Arch. m.) — La pancere
devait être un parapet qui régnait le long
du gros mur sur lequel marchaient les
archers.
De vfr. pans, it. pan:iera, m. la', pan-
ceria « partie de l'armure qui couvrait le
côté », ou du vfr. pance t panse », de
pAnticetn, av. suff. ère (pour aire, v. 13j.
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286
PANC
La pancere était doue ce qui abritait la
panse. Cp. parapet, de pare-à-pect^ « qui
défend la poitrine », On trouve en vfr. le
mot panciere panchiere panchire appli-
qué de même à la partie de l'armure qui
couvrait la panse ou le ventre.
*PANCHI (panch!) v. n. ~ Verser,
s'écouler. Lo tuuiati a panchi, le tonneau
a laissé filirer : lo vin a panchi, le vin
s'est écoulé. Panchi cCaigui, à Lyon
pancher de l'eau^ uriner.
De 'p9Lnd(i)ca,re. Ch. de de en ch (161
5«) ; de are en i (15 2').
PANCHON (pant'son; ce qui se prononce
ch en fr. se prononce ts à Villefr.) s. m.
— A Villefr. Sorte d'ajonc, ulex nanus.
Étym. inconn. — En pr. pencTii signifie
peigne et penchoun, petit peigne. Les
épines de Vajonc auraient-elles donné
l'idée d'y voir un petit peigne, un objet
propre à carder ?
PANÉ, ÉE (pané, ée) adj. Norm. 2Ja?ic
— A Lyon Se dit de qqu'un qui n'a pas le
sou, qui est dans la grande gène.
De fr. paner, essuyer (v. panô), forme
fr. de pana (de pannttm), « Un homme
pané », c'est un homme qui a été essuyé,
(orché. à qui il ne reste que sa personne.
Gp. la loc. popul. il est rincé ; cp. aussi
pan6 5. Le sens comique exclut l'idée d'u!i
dér. du b. lat. pannuni « vadium, pignus,
hypotheca », du germ. pfandn saisie, qui
a donné vfr paner, saisir. Ce peut, du
reste, élre un mot forgé, comme les lermes-
d'argot. Enargoi parisien on àiiétre dans
la panade, et à Lyon être dans la panne.
Les deux locutions sont fabriquées sur
pané.
PANE-MAIN \'.p('môman,
PANET (pané); à Lyon en m. lat.
panis s. m. Vpr. panitz, ss.-rom. panet
— Millet. — 1874: « Très bichetos de
panis, trois bichets de millet. » (Inv. de
J, de Bellora)
De pB,nicum, av. substit. dusuff. roman
et au suff. icnm.
PANIÈRE ^panière, en 8 syll.) s. f. —
Terme de construct. lyonn. Voûte en
briques dans l'enchevéti-ure d'un plancher
pour le passage des cheminées ; qqfois
l'enchevêtrure elle-même. « Il est tombé
par la panière », il a passé par l'enchevê-
trure drt la panière.
A Paris l'enchevêtrure s'appelle trémie,
par analogie av. la trémie des moulins â
farine. La même analog. existe pour pa-
nière. Jl est ici synon. de « coffre de
trémie ». Cp. h. lat. paneretta, « cophi-
nus, arca ». Du coffre de la trémie Pidèe
s'est étendue à l'enclievétruresans trémie,
puis à la voftte fermant renchevétrure. Je
ne doute pas que jadis la trémie, dans les
moulins de nos contrées, n'eût le nom de
panière.
*PANIRI (panlri) ; à Lyon panières, f.
— Grande corbeille dans laquelle on
renferme le pain.
Non àe panier, comme le croit Litirë.
mais de pan, de pAnem, plus suff. iri
(13), la panière servant exclusivem. au
pain.
PANNE dans la locut. Être dans la
panne, v. sous pané.
PANNEAU s. m. — A Lyon Habit noir,
frac. Se prend toujours au sens comique.
Mettre son panneau, endosser son habit.
Le panneau, c'est encore « l'habit pour
manger de viande », simplifié en « l'halàt
que mange de viande ».
De pa>7inum, av. suff. ellum = eatt.
PANO (panô) ; vin. PANA s. f. — Vnléc
•le coups.
le le pourrin donna vna pana bien faity.
« Je pourrais le donner une volée dans
les règles. » (Bern.)
Subst. particip. tiré de pana panô,
PANO (panôj ; vin. PANA v. a. Vfr. pn^
>ier, ss.-rom. panna— \. Essuyer, torclier
av. un linge.
Fai bon cbeu celé J)amc que paisoii lo savon,
Que tenon de lervente per pana lo carron.
« Il fait bon [vivre] chez ces dames qui
pèsent le savon, — Qui tiennent des ser-
vantes pour essuyer les carreaux. i»(Bern,)
2. Manger, boire.
Et quand nuront pava ch6cun Tn pilait coup.
« Et quand nous eûmes bu chacun un
petit coup. » {Gorl.)
3. Vider, épuiser.
Le goce sont panôs quand la dzimingi approche.
« Les goussets sont vidés quand le
dimanche approche. » (Sit.)
4. Voler, dérober, prendre. Lim. pona.
In allant béisemint par volé lypaiiô
In utsi que d'in coup va me pilallno.
« En allant bêtement essayer de lui
dérober — l'n outil qui d'un coup peul
1 me tuer. » [lirey.)
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PANO
r>. Détruire, perdre.
Ou> moindre mouTameint voxèleii tnui paitô*.
« Au moindre mouvement, vous êles
tous détruits. » (Per,)
De pKnnum, av. suff. ô (14 8'). La
dérivât, du sens dans 2, 3, 4 et 5 s*expliquc
facilem. Essuyer la poussière, c'est la faire
disparaître ; d'dù, par exlens., essuyer un
morceau de pain, le faire disparaître, le
manger ; et en généralisant, détruire quoi
que ce soit. Gp. fr. popul. torcher y manger;
torcher de Vargent, le gaspiller ; et êtrr
torché, être perdu.
PANOSSA PANOSSI v. panoiissi.
PANOUILLON(panoulhoii).s.m. Voiron
panei, b. à^h, panaret — A Villefr. Ecou-
Villon de four.
De pdLnnunij av. un l»»" suff. ouille,
pi'j., plus un 2« suff. dim. ow.
PANOUSSI (panoussi) à Morn.: à Ri-
ver. PANOUSSA (panoussa) ; dans la
banlieue ♦pANOSSI ; à Grap. PANOSSA
s. f. Yov.pa7ioussa, as. -rom, ponnossa —
i. Torchon, linge à essuyer.
J'ai biau uNi me telle, ina maudite iiineaiici
De fuiiielle k'iii va, panoussi el colvo iii maii...
« J'ai beau ourdir mes toiles, unemau-
«iite engeance— De femme s'en va, torchon
et balai en main... » (Mon.)
V>e pannocea itouv pa?inucea. A Morn.
u bref libre = souvent ou (34) ; ch. de
rea en ssi (130. rem. 2, et 54 1"). 1^ fin.
ri est exceptionnelle; elle s'est sul>stiluée
après que l'idée de l'hiatus lat. eut disparu,
et probablem. pour marquer le fém. dans
le sens 2.
2. Per>ionne molle, sans énergie, inca
pable de volonté. A Lyon panosse, dph.
pnnoussa. G'est le sens 1. au iig. L'idée
est « mou comme un linge ». Lyon, qui
ne connaît que la 2« acception, dit au.ssi
«une patte mouillée», et enfin, toujours
dans le même sens, « mou comme de
tripes ». Vfr. pa?iosse» vieille panasse,
vieille édentée, sale, en haillons (Gotgr.).
Panasse répond ici au fr. popul. « un
vieux torchon », en parlant d'une femme.
3. A Yzer. panoussa, outre le sens de
torchon, a celui d'Engoulevent. Je ne .sais
si l'étym. est la même. Dans ce cas je
n'expliquerais pas quelle liaison d'idées a
pu rapprocher l'engoulevent d'un linge.
Est-ce la souplesse particulière de .son
plumage ou la mollesse de stm corps ?
Peut être le mol a-t-il été formé sur pant^.
au sens de manger, boire. Dans ce cas la
panoussa serait « la suceuse , Tava-
leuse(?) ».
PANRE PENRE vin. v. a. Vpr. penre
penrre, Barrois penre, Morv. prenre —
Prendre. 1409: « Item chaque dama doit
penre de prebenda... Item à Darayzie
doivent panre chaque dame V bichet de
froment. » (-4/.)
De prehendfep^, IjB, format, n'appar-
tient pas au Lyonn. mais au pr. Habi-
tuellem. en In. le groupe iir intercale d
(176 !•), tandis qu'ici précisera, ncfr laisse
choir le d. De plus pr init. laisse choir r,
tandis qu'en vin., au xiv» s., le groupe pr
appelle une 2° rdans la syll. suivante (cp.
tirrirlj à'aprile : cutrers, de culcilras :
nprers, de ad pressum). Sur la format,
i-approch. charn\ de cinerem.
PANSORLLI (pansorlhi) s. f. — Entrail-
les d'un animal.
De îv. panse, av. suff. olhi, qui estpéj.
comme fr. ouille. D'où pa/isolhi et pa7i -
sorlhi par insert, de r (184 6*, a).
PANTUORA(pantuora)s.f. — S'emploî»»
ordinairem. av. l'adj. honna: Inabo7ina
pantuora, un gros bon enfant.
Je d/n, chariiioiita Maisolnii,
Si n'ai 1*6$ de /io de borduora.
Qu'ai a t>ro l'àr boiina fiantuora.
« Je dis, charmante Margoton, — Que,
si je n'ai pas des yeux d*^ hanneton, — Il
(le quartier du Mouillon, à R.-de-G.) a
l'air assez bon enfant. »
D'un rad.Jpa;î^ qui se retrouve dans le
for. pantre, paysan ; dph. p antre, pr.
panto, rustre, pataud ; argot des voleurs.
pantre, homme qui se laisse voler ; pr.
panto de inas, vrai lourdaud; pantès,
manant, rustre. Diez, dans pa«<o/?a pan-
toufle, voit le rad. pat, patte, av. a nasa-
lisé. En serait-il de même dans pant,
dont le dér. pa?ituora équivaudrait à fr.
pataud, gév. patourlo, genev. patoufle,
norm. patouf, maladroit, grossier? Uora
est le Buff. fr. oire patoisé, et qui a en pat.
un caract. péj. (cp. patoire, hardoirp,
traquoire). Ina honna pantuora serait
un bon paysan, un bon rustre, av. un
sens un peu ironique.
PAN U RI (panuri) ; à Lyon panure s. f.
— Groûte de pain séchée au feu et réduite
en poudre, dont on se sert pour faire des
soupes, pour gratiner le poisson etc.
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288
PAOU
De pan, de pa,nem (8), av. suff. coll.
nri, de atura. Sur la fin. i cp. 54 6v
Le groupe ur a souvent la même action
que le groupe ir.
PAOUR (pa-our) s. m. Pic. paour ^
Rustaud, homme lourd et sol.
Liltré y voit Tall. bauer, paysan ; holl.
boer, mais le passage de b init. à p
s'explique difficilem. J'y verrais plutôt un
simple assemblage de sons péj. destinés à
exprimer le caractère en vue. Et de fait,
le phonème paoxir n'éveille pas l'idée d'un
sylphe ou d'un papillon.
PAPPA (papa) ; à Lyon pappe, soupe
de pappe s. f. Dph. papet, ytv.papa. Pays
de Bray papin. angl. pap —Bouillie pour
les enfants ; spécialem. bouillie sucré ^.
Dph. papet. soupe de pain bouilli. Tosc.
pappo, pain (mot des enfants).
Subst. V. de pnppKre, manger, en parlant
des enfants.
PARAGARA (paragara); à Lyon Para-
gare — Nom d'un pays fantastique
rappelé dans le dicton suivant : « Lo pays
(fe Paragara, onte los chins japont de
il coua », le pays de Paragare, où les
chiens jappent de la queue. — * Être du
pays de Paragare », c'est être rusire,
grossier, ou inconvenant ; en un mot non
civilisé. « T'esses don dou pays de Para-
gara! » dit-on à qqu'un lorsqu'il a manqué
à qq. convenance. Dans le texte suiv.
('hap. parait l'avoir employé comme une
simple onomat. du bruit, ou peut être
pour gara-gara,
V ou n'entendit par-lout que bnmti para-gara.
t On n'entendait partout que crier para-
gara. »
Mot évidemm. forgé. Peut être a-t-il élé
tirô de qq. conte populaire.
* PARCELLA Goch. donne ce mot av. le
sens d'Esparcette, sainfoin. Je crois que
c'est un lapsus pour parcetta, formé sur
esparcetta par la chute de ^* (112 2»),
mais je n'ai jamais entendu que le mot fr.
PAREFOULZ vin. — Parapît. 1559:
« Sur le.squelz murs sera levé une muraille
d'ung cousté et d'aultre dudit pont pour
servir de parefoulz ou codieres, de troys
pieds d'haulteur. » {Adjudicat. du Pont
du Rh.)
De parer, défendre, et fol, pi. fouis,
fou. dp. fr. garde fou,
PARET (paré); vin. PAREY s. f. Vfr.
parect parei, dph. parei — Maraille.
13?0 : « £t dou large des lodit muret au
lanqiies à la parey de la dicte maison... »,
et de la largeur du dit mur jusqu'à la
muraille de la dite maison (Cart. m.). —
Ma mère me chantait souvent dans mon
enfance un noël où se trouvait le couplet
suivant :
Lo Guiablo iuliudit la fêla ;
01 est Tenu par la vey ;
01 ava passa la li^la
Per lu trou d« Uparty.
« Le Diable entendit la fête ; — Il est
venu pour la voir; —Il avait passé la tête
— Par le trou de la muraille. »
De parietem, Ch. de e fermé en ei (16);
d'où parieit réduit à pareil, paret, l.e
mot est encore fort usité.
PAREY V. paret.
PARFAITOLA (parfètôla) s. m. — A
Yzer. Trempote de pain dans du vin. On
y ajoute souvent du sucre.
De fr. parfait et suff. dim. ola. Le
pain et le vin étant considérés comme les
premiers aliments, leur réunion représente
l'aliment parfait. Cette dérivât. semMe
forcée, mais je la crois absolum. exacte.
PARIO (pano) ; à Crap. PORIO (pôrio)
s. m. — Souche d'un arbre étronché.
Malgré la bizarrerie de la format.,
pario 8eml)le avoir été fait sur parions
par la suppress. du suff. : pario, « souche
des pa Won* •. Un primit. pario^ de pa-
liim, et un dér. parion sembleraient plus
normaux. Mais, outre que le sens ne
permet pas de tirer pario de palum, la
forme ne s'y prêle pas non plus. Palum
aurait donné In. par comme il a donné fr.
pal. Cette format, par suppress. de suff.
existe d'ailleurs dans les subst. v., et il y
a qq. rares ex. de subst. tirés d'autres
subst. par ce moyen (v. sampaj.
Dans la forme pôrio passage de a à d (1 ).
PARIONS V. palons.
PARMA (parma) s. f. — Paume des
mains, «c llli aveyt en tant grant remem-
branci la passion de Nostron Seignour
Jhésu Crit, que illi se perça vet les mans
par les pannes », elle avait en si grande
remembrance la passion de N. S. J. G.,
qu'elle se perçait les mains daps les
paumes (Marg.).
De pAlma, paume des mains. Ch. de /
en r (172 2»).
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PARM
289
* PARMO (pannô). v. n. Dph. pormia
— - >[uer, changer de poil, en parlant des
animaux. Para-te de la mirât le parme,
ne touche pas la chatte, elle mue (et te
couvrirait de poil). S'entend aussi de
changer de peau quand Tépiderme se dé-
tache à la suite de qque maladie. Vfr.
parmuer, changer complètement, échan-
ger.
De per-mutare. La prépos.-préf. per
existe dans qq. v. Gp. se perforai, Per-
mutare donne parmuô par chute de t
(136) et élargissem. de ^ en a (66).
Parmuô peut s'être facilem. réduit à
parmâ. Gp. remuô réduit à romô.
PARNELLE vin. s. f. — 1468 : « A
Nicolas le serrurier 20 coingts et par-
nelles de fer pour abatre pierres de la
roche de Bourgneuf. » Il s'agit peut être
de pals pour faire des trous dans la
roche.
Étym. inconn. — S'il s'agit de pals, le
rad. peut être par, de palum{y, palons),
mais je ne sais comment se serait opérée
la liaison du suff. elle,
PARO (parô) adj. des 2 g. — Élevé,
arrivé à bien, en parlant d'un animal,
surtout d'un oiseau. Lo vêquia parô,
voici qu'il a pris toute sa croissance.
Depara,tum Gh. de a en d (1).
PARO (parô) v. a. — Dans la loc.
parô le hêtië, les empêcher d'aller sur le
terrain où l'on ne veut pas qu'elles pais-
sent.
De parvire. Gh. de are en ô (14 3«»).
*PARO (SE) (se parô) v. pr.— Sedéfendre
se garantir. Para-te de celo chin, prends
garde à ce chien, évite ce chien.
De parsire (v. parô),
*PAROCHI (parùchi) s. f. — Paroisse.
Déjà le Ucassin, din totes le parrochet...
€ Déjà le tocsin, dans toutes les pa-
roisses... » (Brey.)
De parochia. Je ne connois que cet ex.
de ch. lat. + yotte = ch In.
PAROU (parou) s. m. dans l'express.
In parou de vaches — A R.-de-G. Un
gardeur de vaches.
Tavena, deios son tsoms, èlsé parou de Taches.
« Tavène, dans son temps, était gardeur
de vaches. » (Proc)
De In. parô, av. suff. om, à'orem (34
bis).
^PARPAILLOT (papalhô) s. m. —
Terme péj. Ne se dit pas chez nous du
calviniste, mais de l'incrédule, de l'homme
qui ne suit pas les pratiques de la reli-
gion. G'esl une dérivât, du sens primit.
de huguenot. Quant k parpaillot, il a une
orig. historique (Scheler).
PARPENANT (parpenan) adj. — Pal-
pitant, essoufflé.
Lyon, quand illdmont, de la Golliiia Sainti,
Je te veio à mos pis com'un corps parpenant,
« Lyon, quand là-haut, de la Golline
Sainte — Je te vois à mes pied» comme
un corps palpitant » (Mon.)
Gorrupt. de fr. palpitant. Le ch. de /
en r est rég. (170 4») ; celui de t en e est
dû à un affaiblissem. de la prot. méd. ;
mais celui de ^ en n a eu lieu sous une
infl. que je ne sais pas expliquer. Est-ce
celle de peinant : parpenant « souffrant
de palpitations. » ?
PARPOUS (parpou) s. m. — Propos.
O rcbé ehizlArdèche, eiiiJycbantliou rasada...
Que mo délarminôs tegnonl quelo parpous.
« G'était au cabaret de l'Ardéche, en
buvant leurs rasades... -^ Que ces hommes
déterminés tenaient ces propos. > (Per.)
De propositum. Métath. de r (187 !•) ;
ch.de 0 en oti (41). D'où po>-pow5, passé à
parpous par élargissem. de o en a sous
infl. de r (cp. archipot),
PARRASINA (parazina) s. f. Bessin
perozine, wal. de Mons pourazine, lim.
pernsino, alp. presino, — Poix-résine.
Zio viii de travàrs, bordo de parrcuina
« Yeux de travers, bordés de poix
résine. » (Mén,)
Gorrupt. de poix-résine. Oi, qui nest
pas un son pat., a passé à a sous infl . de r.
PARSAYI V. parséyX,
PARSÉYI V. persayï.
PARTARAT v. partaret,
PARTARET (partaré) ; à River. PAR-
TARAT (partarà); à Villefr. et à Lyon
PARTERET s. m. Vx for. partaret, for.
partelet, dph. partou — Hache de bou-
cher, couteau à partager la viande.
Sapalla^son crimoi, se pince, un parlarel.
« Sa pelle, sa crémaillère, ses pincettes,
un couteau à viande. » (Ghap.)
Il a dûexister un vb. parta(r), répondant
au vfr. partir, partager, départent, sur
lequel a été fait, av. suff. et, partaret,
devenu parteret par affaiblissem. de la
proton .
34
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290
PART
PARTERET v. partarfL
PARTÉRI (A) (à paitéri) à R.-de G. ; à
River. A PARTI RI (à partchiri) loc. adv.
— A la file, sans discontinuer, par ordre.
A print son oura à paviiri, il prend son
ouvrage avec ordre, ou avec suite. A
Lyon on dit attenant.
Et louf bien rctolius dt détruire à parUri,
« Et tous bien résolus de détruire sans
discontinuer. » (Brey.)
De pa,rtem» av. suff. rom. tri, d'aria
(13). L'idée est de prendre « part par
part, morceau par morceau, sans rien
omettre >.
PARTIRI (A) v.parMri (à),
PARTUS (partu ; à R.-de-G. parlsu);
ap. Goch. PERTUIS »• m: For. partu,
vpr. pertuSf vfr. pertitis — Trou.
Deini lo mémo parlsu reToiidez-no foui doux.
« Dans le même trou, enterrez-nous
tous deux. » {Mén.)
C'est le fr. pertuis, av. passage de e h a
v66), et réduct. de ui à t< (48).
PARTUSI V. partusô.
PARTUSO, SA (partuzù, za) adj. —
Troué, ée.
Adj. part, de partusô. Je ne sais
pourquoi ô long a passé à ô bref.
PARTUSO (partuzô); à Morn. PAR-
TUSI (partuzl) V. a. For. partusa^ vpr.
pertusar, pr. pertusa. — Percer.
De In. par^ij, av. suff. 6 (15 3*, rem. 3)
pour la forme partusô. Dans la forme
parluzX il y a PU infl. de Tyotte d^pertuîs.
PARTUSOLA (partuzoia) s. f. — Terme
injurieux employé qqfois à l'égard des
femmes. « B... de partusola! » Dph. per-
tusola, petit perluis.
Do In. partus, av. suff. ola, applicable
aux objets (cp. virola). On trouve en m.
lat. partus c vulva ».
PARVÉRO V. éparrèrô.
PARVÈYI (SE) (se parvé-yl) v. pr. - Se
pavaner ; se promener pour se faire voir.
De In. prtro, aujourd'hui pôto. paon, av.
«uff. fréq. èyX et insert, de r ^184 6», d).
PASSALAIGUE (passalèghe) s. m. Pr.
passO'l'*aigo — D'après M. Mistral, nom
que Ton donnait autrefois à Lyon aux
bateliers. Je ne connais pas le mot, que
M. Mistral a sans doute emprunté k qq.
texte.
De pa.'<so « passer », et aigua aiçui
« eau ».
PASTINADES v. pastonades.
*PASTONADES (pastùnade) ; à Yzer.
PASTINADES; à Panis., Morn. etc.
POSTONADES (pôstonade) s. f. pi. For.
pastounade, vpr. pastenaga, piacent.
hastonadag, norm. pascarades, genev.
patenailles — Carottes, daucus carota.
L'hiver n'a reii lessi que quauque pastounadt,
c L'hiver n'a laissé subsister que
quelques carottes. » (Chap.)
De past(ijn9ica, av. substitut, du suff.
pr. ada, d'ata. D'où, past'nada past[é]nada
(par insert, d'une voy. d'dippm) pastinada
ou pastonadoj au plur. pastonades. La
persist. de s est assez bizarre, mais je
crois le mot d'orig. pr.
'PASTRO V. pôtro.
PATA V. potô.
PATAFIOLE (patafiôle), mot usité seu-
lem. dans la phrase très fréquente 4 Que
le bon Dieu le patafiôle » pour < que le
Diable l'emporte ! » En pr. « que lou
Diable lou patafiôle ou patafieule!
M. Mistral pense que le mot peut venir
de gasc. hatafiolo, blessure légère, ou de
batafieù. Ce dernier mot, qui n'existe pas
en pr., est sans doute pour matafieù (v.
batafi)^ bout de corde, mot souvent invoqué
par les parents quand ils menacent leurs
enfants d'une correction. Le dph. ajrant
batafiou, même sens, il ne serait pas
impossible qu'on eût forgé un vb. 'bâta-
fioula *batafiola, devenu patafiôle dans
la loc. Dans les mots forgés le b init.
peut s'altérer qqfois. Cp. pr. pcUaclan
pour bataclan. L'idée serait c que le bon
Dieu te schlague t »
PATAFLE ; ap. Coch. PATUFLE vin. s.
m. — Affiche. Je ne sais pourquoi Coch.
dit patufie, qu'il écrit deux fois fort lisi-
blem. , car tous les textes ont paiafie, y
compris celui transcrit par Breghot du
Lut, et que Coch. ne pouvait ignorer. —
1552: « Ordonné quon face fermer les
portes S*-George, de la Roche... et on
mettra un patafie aux portes, que les
portiers ne laisseront entrer aucuns co-
quins, maraulx... »(Arch. m.)
VMdau leMcn
D« paoura pop«laire.
Ce fMtafU ej
Dtfuus ool faict faire.
(Placard de 1515 circa; ap. Bregfaot).
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PATA
291
Par xtens. Tarif (cp. carcabeau). t Con-
cluant à ce qu*iceux boulangers fussent
contrains à faire lesdits pains de la
qualité et du pris antien, et selon Tancien
pata/te imprimé. » (Paradinj. C'est par
erreur que Cotgr. en fait un subst. f., en
lui donnant d'ailleurs le sens restreint de
tarif du pain.
Corrupt. d*épita/te, qu'on trouve en vfr.
pour épitaphe (Du C, à epUaphium), Le
sens d'épitapheest dér. à celui d'inscription
en général. It. dialect. patafjfîo, épitaphe
(pour epitaffio), pr., patôfio, caquets. Il
ne serait pas impossible que le mot eût
subi l'infl. de Tit. Mais je ne sais sous
quelle infl. epUaphium a pu se corrompre
dans Tune ou l'autre langue. Sur le ch.
de f en /f, cp. baguais para/te pour
paraphe,
PATAIRO (patèro) PATÉRO (patéro) s.
m. — Marchand de vieux chiffons. Ss.-
rom. pattai, fém. pattaira.
llarcbandf tt savalU, boIoDgis et patairoi.
< Marchands et savetiers, boulangers et
marchands de chiffons. » {Hym.)
Menous d'ours et de cbiDf, trénoui de marionetes,
Patero, farrattis, marchands de crisocal.
« Montreurs d'ours et de chiens, Iral-
neurs de marionnettes, — Marchands de
chiffons, de ferraille et de chrysocale. »
(Brey.)
Depatta, av. suff. airo (13, rem. 1).
*PATARRAT v. potaras,
*PATASSI (patassi) s. f. — Pomme de
terre blanche.
De fr. patate, av. substit. du suff. assi.
Est-ce par besoin de dissimil.? Est-ce une
analog. péj. ?
*PATAT s. m.— « Petite pièce de mon-
noye de peu de valeur. On n*a pas un
patat, il n'a rien. » (Goch.)
Non de patard dans lequel r fin. aurait
persisté, mais du primitif patac, qui était
une monnaie papale, d'après un ex. cité
par Raynouard, et qui existait aussi en
Prov. et en Dauph. fDu C). Elle existait
auisi en Flandre sous le nom de patagon,
et devait être fort connue, car patac se
trouve dans Rabel. et Villon. Je ne crois
pas qu'elle ait jamais été en usage dans le
Lyonn. autrement que dans la loc.
PATÉRO V. patatro.
PATET. ETTE (patè, ète) PATICHON,
ON NE (pâlichon, ône) s. Pr. patet, auv.
pateit, piém. patet^ voironn. patichon —
Lambin, personne lente, minutieuse. Se
dit aussi adjectivem. « Un homme patet »,
un lambin ; « un ouvrage patet », un
ouvrage qui exige beaucoup de minutie.
V\èm. patet, bigot scrupuleux.
Du rad. de lat. pa^i, av. suff. et dans
patet ; et av. suff. on, plus une syll. inter-
calaire péj., dans patichon. Le phonème
ichoti a d'ailleurs l'avantage d'être analo-
gique av. cornichon, ânichon etc. Quant
à la dérivât, de sens elle est la môme que
celle qui a eu lieu dans patient,
PATETER (pateté) v. n. — A Lyon
Lambiner dans un travail.
De patet, av. suff. d'oïl er,
PATÈTERIE s. f. — A Lyon Lambinerie.
tatillonnage. « Il n'en a jamais fini av.
ses patèteries. » Piém. patetaria, bigo-
terie scrupuleuse.
De patet, plus suff. coll. erie (cp. flâ-
nerie),
PATI (patl) s. m. — Gésier, et par
extens. estomac, c Se mettre qq. chose sur
le pati >, le manger.
Répondrait à un 'pa^/armm, depa^tum,
a Paix, ce qui renferme ce qui a été paît ».
Faut-il rapprocher fr. vulgaire pdtée,
nourriture? Chute de s (166 2*); ch. de
arium en i (13).
PATICHON V. patet,
PATIFLU. USA rpatiflu, uza) s. —
Terme péj. — Personne lambine, mala*
droite.
Du i*ad. pat (v. patet), av. un suff. péj.
de fantaisie. Le phonème i/lu, uflu exprime
la lourdeur. Cp. fr. ma/tu.
PATINS (patin) s. m. pi. — A Lyon
Chaussons de lisières.
De îv. patte, av. suff. in, quihabituellem.
est purem. dim., mais ici sert à caracté-
riser un objet. Cette formation est excep-
tionnelle.
*PATIRI wpôtiri,
*PATOIRI V. patuiri.
PATRIGOT (patrigô) s. m. Pr. patricot
— Bavardage, tripotage, paquets, intrigues,
c As-te figni avouay te patrigots » as-tu
fini avec tes sottes médisances ?
Je crois que M. Mistral a donné la
véritable étym: pratique, av. suff. ot;
d'où praticot, et patricot par métath.
(187 !•). En pr. le mot a aussi le sens
de troc, échange; ce qui appuie Tétym.
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292
PATR
Cp. le In. tt7ie yraliquey ternie péj., pour
qqu'un de mauvaise foi, sans valeur
morale. De Ik patricot patrigot, acUonde
mauvaise pratique.
Nom d'homme, Patricot.
PATRIGOT AJO (palrigotajo) s. m. Pr.
patricoutage. Le même (\\\q patrigot, av.
un sens coll.
Onle cst-lé donc, quou grand blaQueur,
Quou fassou de palrigotajo ?
« <)ù est-il donc ce grand I)lagueur, —
Ce faiseur de tripotages ? » (Due Bih.)
De patrigot, av. suff. ojo, cCaticum.
*PATROLLI (patrôlhi) s. f. - Boue.
Maif , par puni ce» gienoillcs,
Que volianl montau u ciui,
Lo foiialH din> la patroilli^
Du coula de Venis&iux.
fChans. sur VAsctns. aérostat.)
C'est le fr. patonille, d'un rad. pat
[patte) et du phonênip pèj. ouille exprim.
le rejaillisseni. de l'eau (v. gabouille).
Insert, de r (184, 6«, r).
♦ PATROLLI (patrolhl) v n. — Patauger
dans la boue.
De patrolli subst., av. suff. t (15 !•).
*PATTA (pàta) : à Lyon patte s. f. Pr.,
piém. pata; crémon. patta — Chiffon,
loque, morceau de linge. Marchand de
pattes, marchand de vieux habits, de
chiffons. Patte à briquet^ linge brûlé
pour servir d'amadou. Pata est l'orthogr.
primit.
Bien que Diez et Littré identifient pa«a,
chiffon, av. patte^ pied d'animal, la dérivât,
de .sens est inexplicable, et Ton est tenté
de croire à deux mots différents. M. Mis-
tral rapproche sscr. pata pati, linge (que
je n'ai su trouver ni dans Bopp ni dans
Burnouf); mais il est évident que pata
ne 'saurait venir du sscr. sans intermé-
diaire. On trouve une i*ac. indo-germ.pad,
qui signifie lier, saisir, et a donné nor.
fat, bandeau, tout ce qui sert à lier ; dan.
fad, d'où le vha. faz, paquet ; esp. halo,
ptg./Vi^o, habits; pv.fato, chiffon, guenille.
Cette racine ne parait pas avoir donné en
roman de forme à p init. Cependant on
trouve m. lat. pata, bandelette, ornement
ecclésiastique, qui ne peut-être dér. de
pata, chiffon, lequel a toujours un sens
péj. Faut-il rapprocher Traroç robe, qu'on
tire de n«T(robe qui couvre les pieds), par
une dérivât, qui parait bien forcée ? On
peut encore rapprocher le serbe popasti.
lier, saisir. — Si celte rac. avait donné
un b. lat. *pata, bandelette, il faudrait
peut-être identifier av. celui-ci patte, hap-
pe, chose qui lie, en général, car la res-
.semblance av. une patte d'animal est bien
lointaine. Quant à la dérivât, à l'idce dr*
guenille, chiffon, elle est expliquée par le
pr. fato, rapproché de l'e.^p. halo, babil,
et du primitif /Vr^ bandeau.
Loc. Fcire sa palta, mettre de rarj^'eut
de côté, spécialem. dans une carhelt»*.
De ce que l'on est censé cacher de l'argent
dans un chiffon.
PATTES s. f. pi. — Tussilage, tnssilago
farfura. On emploie fréquem. le folhe
de pattes pour panser une blessïire, un
abcès, un furoncle.
De ce que les feuilles ont qq, ressem-
blance av. l'empreinte du pied d'un soli-
pède. Aussi le nom vulg. e^i-'û pns'd\Ute.
PATTI (pàtl) s. m. Morv. pattié —
Marchand ambulant de chiffons.
De In. patta, av. suff. i(13).
PATUFLE V. patafle.
PATUIRI (patuiri, trissyl.) ; ap, Coch.
PATOIRI; à Lyon patoire s. f. —Terme
péj. Personne lambine, maladroite, sotte,
qui s'embrouille facilem. A River, se dit
surtout d'une personne qni ne finit jamais
de s'expliquer, d'une femme ennuyeuse,
rabâcheuse.
Dn rad. pat (v. palet), plus un suff.
amalgamé d'aria = iri (1 3), et oria = uri
(37). Dans la forme de Coch., le suff. est
oire, d^oria. Ce suff., sous la forme oire
oiri , où oi est emprunté au fr., est
toujours péj. (cp. botirdoiriy traqnoire)
*PAU-DE-FER V. podefer,
PAVERNA (pavérna) s. f . — A S»-Mart.
terme péj. Personne molle, fainéante, dé
sordre.
Étym. inconn. — (^.omposé d'un rad.
paf pav, qui ne se retrouve nulle part, et
d'une terminais, pr. erna (cp. bti^rna.
subertia, bolerna, galerna), dout je ne
sais pas expliquer l'orig. Cp. pourtant fr.
poterne où erne représente lat. er{u)la,
puisqu'on trouve pr. posterlla^ de poste-
rula.
PAVON (pavon) s. m. Alp. pavoun —
A Mom. Paon. Vfr, pavonesse, m. lat.
pava, femelle du paon.
De pavon em.
PAY vin. V. peg.
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PAYA
293
PAYASSI V. paillassi.
PAYROROUX vin. dans le texte suiv.
de Lyo7i b,
Li livra [de Tiande] vau ben quatro son
Scn s'en manqua un payroroux,
Payroroux signifie conimuném. chau-
dronnier (v. peirorou) ; ici il parait signi-
fier liard ou denier : « quatre sous sans
s'en manquer d'un liard ». On ne com-
prend pas la plaisanterie consistant à
donner le nom de chaudronnier à un li;n*d.
Ku r»}alilê payroroux est pris ici pour
morceau de chaudron, fragment de cuivre,
lie pr pi'lrol, av. suff. ou ajoulé, pour la
rime i)eut-t'lre. I.e liard est comparé à un
fragment do chaudron.
PAYS (l'^-ï) s. m. — Étendue en général,
lerrain ; mais au sens indéfini. « Per fére
cela méson faut nriiidre mais de pays *,
pour faire celto maison il faut prendre
plus de lerrain.
Dérivât. <le sens de fr. pays, dopaf/e7ise.
PÈBLE V. poblo.
PECCATA (pekalà) s. m. — Ane; in
pitit peccata, un petit âne.
De peccata, emprunté par les clercs,
qui ont vu dans l'àne le souffre-douleurs,
comme s'il était charge des péchés du
monde. Roq. en fait dans usl Mén, le nom
propre d'un àne :
Et TùDO Peccata, que vanle sa cabocliî.
« Et l'àne Peccata qui (par son attitude)
vante sa capacité (littér. sa tête). »
Le pr. a pecatSLS, gros péché (formé sur
pecat), qui aurait pu se réduire à pecata;
mais comme peccatum Q. fait péchî en In.,
je crois que peccata est bien le mot lat.
D'ailleurs l'idée de comparer l'Ane à un
péché n'est pas une idée popul., mais une
idée de clerc.
PÊCHI (péchi) s. m. — Vivier, étang
pour garder le poisson. A River, on ap-
pelle encore Pêchl l'endroit où était
situé le vivier des anciens seigneurs du
lieu.
De In. pêchl, pèche, av. suff. t, d'a-
rt am (13).
PÊCHURI (pèchurl) s. f. — Jadis Vi-
vier, réserve de poisson ; mais ce sens
est tombé en désuétude, et le mot s'entend
uniquem . d'une pièce d'eau qu'on peut
vider au moyen d'une bonde, et qui sert
exclusivem. à laver le linge.
C'est le fr. pêcherie, dans lequel le suff.
erie, qui n'existe pas en pat , a été trans-
formé en tiri, d*oria,
PÉCOU (pékou) ♦PICOU (pikou) s. m.
Auv. pecoitl, pr. pecoxi, vfr. pecoiil. —
Queue des fmils. I71 picou de cerisi, une
queue de ceiiM\ Au fig. nez. M. lat.
pecollas « columella (que M. Mistral et
M. Gras ont confondu av. Columelle, au-
tour latin) », vpr. picol, pied, quenouille
de lil. le rîiaise : \ fr. perol pccoul, que-
iioniîlH 'k lit; pin' ail, manche d'oulil.
Étym. inconii. — Biiij^My. apjvs Dioz,
liii) pirol d<* pcdicf'Iaoi. diiu. «u» i^etfem,
qu'on trcuvo dans Plnic eî dans Colu-
melle pour pédoncule d'un fruit. Mais
pedicaîtim donn*» peil, «'t une forme
peducalum donnerait péouil, La fin.
d'ailleurs ne paraît pas être acnîam, qui
donne olh en pr. {çp.pediculum = peoiîl,
yentiCHlu'in= genolhj. Le mot ne peut
non plu3 renfermer colliim, quoiqu'on
trouve celui-ci en lat au sens de tige
(lassovp papavere collo, ap. Virg.). car
rollam ne peut donner de forme en ouil.
J'émets l'hypoth. suivante : Columen^ co-
lumna, coluviella supposent un simple
colum € support, colonne », qui est le
même que colus t quenouille ». Pe(dem)
coli « pied-de-colonne » ou « support en
forme de colonne » donne pecol pecouî,
et pécouil par une forme coleum pour
colum. On peut supposer que e bref de
p^rfewi, jouant le rôle de proton, ne s'est
pas diphtongue, (^lantau sens, «colonne»,
à côté du sens c quenouille », il est si na-
turel qu'on le retrouve dans « quenouille
de lit » pour « colonne de lit ». Le sens
de pied se retrouve dans vfr. pecol «t pied
de fauteuil » (Parto7iop,, ap. Godef.). Le
sens de pédoncule ne s'est développé
qu'à une date récente.
PÉCUNA (péknna) s. f. — Argent, for-
tune. Avè de lapécuna, être riche.
Format, savante sur pecunia. Qq. mots
savants ont ainsi pénétré dans nos cam-
pagnes (V. peccata). Le m. lat. pecunia
figurait dans beaucoup de chartes et de
contrats et s'est ainsi répandu, ou peut-
être pec/oma-t-il été simplem. tiré dufr.
PEDOLLI (pedolhi) ; à Lyon pedouille
s. f. — Poux. Are de pedolhi, avoir des
poux.
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294
PÊGE
De pedVLc(u]la pour pediciila. Cp. b.
\slU peduclare t pediculis purgare ». Gh.
de u bref en o (38) ; de cla en Ihi ("164
2* 6 et 54 8'^).
PÊGE V. pèji.
PEGEZ vin. 8. m. — Mesure d'une cer-
taine quantité de poix. 1381 : « 12 peçes
de pege. à 2 loys i/2 le pegez f Arch. m.
ce. 376). Cette poix servait à enduire
les c cbanêes > de bois.
On trouve dans le Morv. et le bourg, pige,
mesure ; « prendre lapt/ze d'un champ »;
piger, mesurer. Piger vient de pedi^
cB,re, mesurer, de pedem, comme pider
(v. bider au suppl.) de *pedare. Il est pro-
bable que le sens de mesurer av. le pied
est dér. au sens de mesurer en général; cp.
mesure [de blé etc.]. dér. duprimit. metiri,
délimiter, fixer les limites. Un subst. v. de
pedicare donnerait pège, mesure, dont on
aurait un masc. pegé. Quant à ped{i)care
il donnerait en vin. pegier peger, par ch-
de c en j (161 6*). Un pegé de poix serait
donc littéralem. t une mesure de poix ».
Les typogr. appellent pt/7^ le « quantum »
de composition auquel cbaque bomme de
réquipe a droit dans la fabricat. quoti-
dienne d'un journal. Par ex. dans une
feuille de 2000 lignes composée par
20 bommes, la pige est de 100 lignes. C'est
le même subst. v. de pedicare,
PÉGI (péji); vin. PEGE; à Lyon pège
s. f. Ss.-rom. pedje pedze, — Poix. Ce
mot se trouve déjà sous cette forme dans
les ConL P, (1850) ; « Item por seins
^saindoux^ et sein en paing et porp^^i. »
Dans les ConU N, même époque : t Item
por aviron XXX livres de pegi neira por
la dita mina. » Une vieille cbanson popu-
laire a pour refrain :
Savetier, qu'as -tu?
— J'ai la i»ège au c ..
De vpr. pega, résine, av. adoucissem.
de g en j et ch. de a en t (64 2«). Pega
vient lui-même de pica pour picem.
PÈGO (pègo) s. m. — A River. Bout,
coin d'une pièce d'étoflfe, d'un mouchoir.
Lo pègo d'in manti^ le coin d'une nappe.
Étym. inconn. — Je crois que le sens
primit. était a pièce », passé à « petit
morceau», puis à t bout, extrémité ». Cp.
à Lyon bout, petit morceau ; un bout de
fromage, un petit morceau de fromage.
Dans ce cas le mot pourrait venir de
*pedicum, pièce, morceau, de pedem ;
cp. b. lat. (ix« s.) perfica, pièce rdc terre I
(Du C). Ped{i)cum donne pego par ch.
de c en g, Cp. vpr. canorgue de cano-
n(i)cum, morgue, de *mon(t)cum, el
coratgue, à côté de coratge, àe'coraticutn.
PÈGOLA ("pègèla) s. f. For. pegolle —
Poix.
Du pr. pega, poix, à&picem, av. suff. ola.
PEILLANCHI (pelbanchi) s. f. — Dégue-
nillé, vagabond.
Filoui, depollies, peillanches, teguez voutron CabeL
« Filons, vagabonds, déguenillés, suivez
votre Cabet. » (Lichessec)
Un des nombreux dér. de In. peilli, av.
un suflf. qui, par son allongem., a pris le
caract. péj.
*PEILLANDRA (pelhandra) PILLAN-
DRA ; à "LyoTipillandre s. f.— 1. Guenille,
chiffon, haillon. O vè tôt in pillandra,
c'est tout en loques. 2. Gueux, vagabond,
vaurien.
De In. peilîi, et suff. a;icfra par anal 0|?.
av. filandre. Peillandre a passé à pil-
landra (cp. 20). Le mot est pris au fig.
dans le sens 2.
PEILLI PELY (pèlhi) s. f. Vfr. peille,
vpr. peilla pelha, for. pely — 1. Loque,
chiffon, guenille.
Et le, m6lru Pelou, fesie ina mulriia pely.
« Et toi, chétif Péteux, tu es une
méchante guenille. » (Mel.)
De pellea. M. îat. pelha pellia • pellis »,
pelherius « pellium venditor ». L'hiatus
ea a été cause du mouillem. de l et du ch.
de a en t (54 1<>).
PEILLON (pèlhon) à River. ; à Panis«.
PILLON (pilhon) s. m.— Cil des paupiè-
res. Vpr. pelio, paupière, cils; éph^peil-
Ion, paupière. 2. Lospeillons de los sorcis,
les poils des sourciLs.
De pilum = 'peil (16), av. suff. on. On
devrait avoir p^i/on pèlon; le mouillem.
de / est-il dû à une infl. analogique de
peillon, de 'pellea t Dans la forme pi7Aon,
ei a passé à i sous infl. de / (cp. 20).
3. {ap. Coch. PELLION) s. m. Yfr.pelon
pellon — Enveloppe épineuse des châ-
taignes.
4. A Villefr. Gazon. Alp. peillon.
Même étym. que 1. et 2., les dards de
la châtaigne et les brins d'herbe étant
comparés à des poils.
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PEIL
295
PEILLONNO (pèlhonô) PILLONNO (pi-
Ihonô) V. n — 1. Cligner des yeux. For.
peliound, môme sens. — 2. Froncer le
sourcil.
De In. peillon, av. suff. d (14 3-).
PEILLOT (pèlhô) s. m. — Chiffon, lam-
beau, guenille. Rennes peillot, peau de la
crème, et petit morceau de linge. Gasc.
peilhot, vêtement de petite dimension, de
peu de valeur.
De peilli, av. suff. dim. ot.
PEILLOTTA (pèlhùta; s. f. — A Morn.
Enveloppe épineuse de la châtaigne.
De pilum (v. peillon 3), av. suff. ôia.
PEILOU (pêlou); ap. Goch. POILOU s
m. Coch. le définit < Plante qui sert à
fumer les terres ». Il s'agit en réalité du
lupin blanc, lupinus albus, connu tlans
le midi de la France par l'engrais qu'il
fournit aux terres, lorsqu'il est enfoui au
temps de sa floraison.
De peiSf pois, et loup ; lillér. pois-
loup. D'où vient ce nom, si général, que
l'ail, a. voolfsbohne, haricot du loup, le
fr., lupin et l'it., lupino, même sensf
L'explicat. donnée par Littré « parce que
la plante dévore la terre » est contraire à
la réalité, et celle qu'il ajoute « ou parce
que la graine est à peine mangeable par
les loups » semble forcée, les loups ne
mangeant pas de graines.
PEIR (pér); ap, Goch. PER ; vin.
PAIR s. m. Kym. pair^ vx kym. peii\ vx
arm. pêr, corn, per^ irl. coire, mks.
coirrey, sscr . charu — Chaudron.
« Item por adobar I grant pair quy luy
fut portas de Lion », item pour réparer
un grand chaudron, qui fut porté là de
Lyon {Cont, N,) . Depuis Goch. ce mot a
presque disparu. Diez, à l'esp. perol,
vpr. pairol, même sens, donne l'étym.
patina par la marche suivante : patin-ol
patnol patrol (cp, engre pour engne)
pairoU Outre que le passage de patnol à
patrol est bien peu vraisemblable (l'ex.
cité est dans d'autres conditions), celte
étym. ne rend pas compte du simple
pair, lequel a certainem. précédé pairoL
Diez repousse le basq. perolea, t chose
qui chauffe », à cause de la dipht. dans le
pr. — Patera aurait donné païra, comme
patrem a donné païre.
Je crois le mot celt. Outre qu'on le
retrouve dans les 3 dial. kym. sous une
forme identique à la nôtre, je crois qu'il
existe dans la branche gaël. sous les
formes données plus haut, car p init. en
kym. répond à c en gaël. Gp. vx irl.
coic, lat. quinque et vx arm. pemp,
€ cinq » ; gaël. casad, sscr. kdsas, arm.
pas « toux >; irl. ci, lat. quid, arm. pé
t quel >. (Arb. de Jub.)
(Depuis que ces lignes ont été écrites,
nous avons rencontré cette étym. déjà
donnée par M. Schuchardt et M. Groe-
ber.)
PEIREROU (pèrerou); à Grap. PIRE-
ROU (pirerou);à R.-deG. PERORROU ;
ap. Coch. PÈROUROU s. m. Dph. pai-
rorout — Chaudronnier ambulant, par
exlens. poêlier.
Lo perrorou Clapé, voUnt eomm' In écliir.
« Le chaudronnier Clapé, volant comme
un éclair... » (Brey.)
De pr. peirol, av. suff. ou, à'orem
(34 bis). On Si peirolou, passé à peirorou
par ch. de / en r (147 2*). Dans peirerou
il y a affaiblissem. de la prot. Je ne sais
pas expliquer Vi de pirerou,
•PEIRETTA (pèréla) s. f. Dph. pairet
peireta, m, lat. pairola — Chaudron,
marmite.
Deln.p^ir, av. suff. dim. etta. Beaucoup
plus usité que peir, qui est presque
tombé en désuétude.
"PEISALLI s. m.— «Lieu ensemencé
de pois. » Je ne connais le mot que par
Coch. Je suppose que / est mouillée et
qu'on doit dire pezalhi.
De peis, pois, av. prdbablem. un i"
suff. coll. aille, et un 3» suff. t. à*ariwn.
Sur l'emploi de ce dernier cp. plan1^,
terrain complanté en jeunes plants de
vigne.
PEISSIERE V. peyssiere.
PEJA (pèja) s. f . — A Villefr. Bouillie
de riz au lait.
Probablem. de pège, poix, la bouillie
étant comparée à de la poix, à cause du
visqueux. \ pège a été ajouté le suff. a,
d*ata; littéralem. < la poissée ».
PEJASSON V. peju.
PEJATv. peju.
PEJOU ▼. peju.
PEJU (peju) à Lyon et aux environs ; à
River., Morn. PEJAT (pejà) PEJASSON
(pejasson) ; à R.-de-G. PEJOU <p€Jou) ;
ap. Coch. PREJAT s. m. — Savetier.
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296
PELA
BrtTO, dzit lo pejou^ d'onte est-to qu'i dérive ?
« Bravo, dit le savetier, d'où est-ce
qu'elle (une lettre) arrive f » {Proc.)
T>e pèji, av. sulT. m ous, d^osum, dans
les formes peju pejou ; av. suff. at dans
pejat ; et av. 2 suff: 1« suff. pèj. asse,
2' suff. on pour marquer le masc, dans
pejasson. Le mot prejat, cordonnier,
donné par Goch. dans sa Statistique de
Condr. est certainem. une erreur typogr.
pour pejat.
*PELADA(pelàda) s. f. — Débris de
laine que les forces détachent du poil dans
la fahricat. des draps ; mauvais poil en
général.
DepiUim^peilf av. suff. pr. ada ;d'oiï
peilada pelada .
PELAT (pela) s. m. — A R.-de-G.
Express, injurieuse, Vaurien, vagabond.
Mais ftèquiiiu pelats tant vcgni k>introduirc
P6s tant par intérêt, comm* o vet par no nuire.
« Mais certains vauriens se sont intro-
duits, — Non pas tant par intérêt que
pour nous nuire. » (Men.)
Non de pilum, mais de In. pella (v. ce
mot), av. suff. at. Littéralem. « qui porte
des haillons ». L'affaiblissem. de ê prot.
a-t-il eu lieu sous l'infl. de pelé f
RELATA (pelàta) s. f. — A R.-de-G.
Vaurien.
Ou milan doucôfé, Liisso quela pelala.
Que bavardùve autant qu'in avocat de plata.
c Au milieu du café, je laisse ce vaurien,
— Qui bavardait autant qu'un avocat de
bateau à laver. » {Oorl.)
Vos que ni*avez nominA lo chef de le pelâtes.
€ Vous qui m'ayez nommé le chef des
vauriens. » (Mar.)
De In. pellay av. suff. ata, répondant à
pr. ada.
PELAUDS(LOS) (lo pelô) s. m. pi. —
Sobriquet injurieux des habitants de S'-
Symph. Ina pelauda, une femme de
S»-Symph.
De In.peilli, av. suff. péj. aud, de wald .
Sur la format, v pelot,
PELLA (pela) à R.-de-G. s. f. ; à Yzer.
PELLO (pèlo) s. m. — For. pelle — Vau-
rien, mauvais sujet, mendiant, fainéant.
A n'eut pM tarmiiiô que la banda d« pèles
S'élance tôt d'in pe, sccouyant so farbcles.
« Il n*eut pas terminé que la bande de
vauriens — S'élance comme d'un seul
pied en secouant ses guenilles, » (Brey.)
Cjr Bt^y lou rey do Palenguiis
Que tous sous jours ériant d« luns,
Lou patriarche de le pelles,
« Ci -gît le roi des vauriens — Pour qui
tous les jours étaient des lundis, — Le
patriarche des fainéants. » {Chap.)
C'est peilli. dans lequel, pour je ne sais
quelle raison, / s'est « dèmonillée ». De là
le ch. de i fin. en a (53 3*). La dérivât, de
sens de guenille à mauvais sujet se
comprend facilem. Le mot s'appliquant
.souvent à des hommes, Yzer. Ta fait passer
au masc.
* PELLI V. a.— >ip. Goch. a Oler le brou
des noix ». On dit aujourd'hui pela.
Gomme le suff. t indique une / mouillée,
la prononciat. devait être pèlht^ formé
sur In.peilli, au sens de pesLM {pellea} et
non sur pely de pilum, qui a donné pelô,
peler. Le sul)st. pelUous confirme la
prononciat. et l'orig.
PELLION v.peillon2,
*PELLIOUS (pèlhou) s. m. — « Enve
loppe épineuse des châtaignes. » (Goch.)
De pilum (v. pcillon 2), av. suff. osus
(35). Aujourd'hui on dit généralem .
peillon.
PELLO V. pella,
PELORDA (pelorda)s. f.— A River, terme
péj. Vaurien, débauché, mauvais sujet.
Dér. de In. peilli, av. « démouillem. »
de l, et un suff. péj. de fantaisie (cp. guin-
gôrda). Sur ^ sèche, cp. pelai pelot,
PELOSETTA v. pelousella.
*PELOSSI (pelôssi); à Lyon pelosse s. f.
Vfr. beloce belorce, for. pialoussa, ss.-
rom. belôssa, Fribourg belossa, norm.
blloche, Jursipelossepelousse -^ Prunelle.
Berr. prune baloce, sorte de grosse
prune ; Vosges blosse, sorte de petite
prune.
Probablem. du celt. — Kym. bwlas, arm.
bolos polos, prunelle ; irl. bulos, prune ;
angl. bullace, prunelle. La non-existence
de bullace en ags. serait un indice que
l'angl. a pris le mot au ceU. On retrouve
bulloi bullos, prunelles, dans le dictionn.
it.-angl. de Florio, 1G80 (ap. Wedgwood).
M. Joret {Essai sur le pat. du Bessin)
rapproche ail. blotze, qui est sans doute
une forme dialectale, car il n'existe pas
dans l'ail, littéraire, et je ne connais rien
qui s'en rapproche en vha. et en néerl.
Dans ce cas blatte pourrait être un
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PELO
297
emprunt aux dial. fr. de TEst. Le ch. de
7) init. en b dans le In. pourrait faire
difficulté si Ton n'avait le fr. beloce. Fin.
i (54 5»). Burguy voit dans beloce pelosse
l'équivalent de blosses blesses « blettes »,
le propre des prunes sauvages étant de
ne pouvoir être mangées que lorsqu'elles
sont blettes. Il explique blosses par suéd.
bloed bloet, tendre, mou, tout en recon-
naissant qu'il n'existe pas de forme av. s
fin. Celte étym., aussi bien comme sens
que comme forme, est tout à fait invrai-
sembl.
*PELOSSI ^pelossl) s. m. — Prunellier.
De In. pelossif av. suflf. i d'arias (13).
PELOT (pelô) s. m. — Vaurien, vaga-
bond, mauvais sujet.
Un des nombreux dér. de pelUf av.
€ dessication » de / ^cp. pelât, pelata,
pelorda). Âddit. du suff. dim. ot^ ou
plutôt substitut, de ce suff. au suff. péj.
aud, qui a été certainem. le suff. primitif;
cet au, en devenant bref, s'est confondu
av. suff. ot, Lgd. pelaou pelaud, viv.
pelhau, avare, gredin, bélitre, malotru.
L'étym. pilatum, pelé, doit être écartée,
soit à cause du sens, soit à cause de la
forme viv. pelhaUy qui indique clairem.
Torig. peilli,
'PELOUS V. pelu.
PELOUSELLA (pelouzèla) ; à River.
PELOSETTA (pelozéta) s. f. For. pellou-
zelle. — Sorte de petite châtaigne.
De In. ^pelousa, châtaigne dont l'écorce
est couverte d'un duvet, plus suff. ella
ou etta; ce dernier est dim. Pelousa est
pilosa (62 et 36). Il est probable que
pelousa a existé en In. comme il existe
on pr., et a été remplacé par le dim. pelou-
sella. Le ch. de ou en o dans la forme
pelosetta a pu être facilité par l'infl. de
pelosse,
*PELU (pelu) •PELOUS rpelou) adj.
— « Sale, malpropre. De là le Puits-pelu,
H Lyon, d'un ancien puits en mauvais
état et qui donnait de Teau fangeuse. »
CCoch.)
Coch. fait certainem. erreur, et a pro-
bablem. puisé son interprétât dans
Roquef. (à pelu), qui d'ailleurs ne donne
aucun texte. Pelu^ aujourd'hui peu usité,
signifie « qui a beaucoup de poil » ; vpr.
pellut, môme sens • et lePuils-pelu venait
probablem. du nom du propriétaire du
puits. — Quant à pelu pelous, c'est pilo-
sum(3S). Il y a, il est vrai, beaucoup de
dér. péj. de peilli, av. / sèche, mais ils
appartiennent tous à la région de R.-de-Q.,
River., Morn., et aucun d'eux n'a pénétré
à Lyon.
Breghot du Lut dit : c La rue Palais-
Grillet est aussi connue sous le nom de
PuUS'Pelu (autrefois Peloux), à cause
d'un puits malpropre, mal entretenu,
caduc et couvert de mousse, qui existait
au coin de cette rue et de la rue Ferran-
dière. » Je suppose que B. Du L. aura
voulu dire que le nom de Pelu venait de
la mousse qui couvrait le puits. On trouve
en effet vfr. pehiis, lieu couvert de ga-
zon, de pilosum, mais le mot n'ayant
aucun représentant en In. dans ce sens, il
parait beaucoup plus probable qu'on a
dit Pmis-Pelu, comme on aurait dit
Puits-Bernard ou Puits-Martin. Quant à
la forme Peloux, je ne la connais point, et
l'endroit porte le nom de Puits Pelu sur
les plus anciens documents, comme il le
portait encore quand la rue, en partie
rebâtie, a changé de nom il y a *S3 ans
environ.
En mai 1540, pour l'entrée du c révé-
rendissime cardinal de Ferrare, arche-
vêque de Lyon », on fit t un mistere à
l'eschaffauld de la Grenetle » avec « un
esgle vaullant, montant et descendant v,
et on trouve mention du c paiement, pour
la fontayne distillant vin le jour de la
dicte entrée, pendant le temps d'icelle,
laquelle fut faicte et dressée au Puy
Pelluz, » (Arch. m. GG ; 034.)
(P. S. Je trouve PuUs-Peloux dans
M. de Valons : Et, Turquet, p. 49, à pro-
pos de noms de rues en 1538. Les deux
formes ont dû coexister.)
N. d'homme, Peloux,
PELUË (peluë) s. f.— A Grap. Poulie.
Probablem. du fr. poulie par les trans-
format, suiv. f transport de Tacc. (61) ;
d'où poulie poulie; P* affaiblissem.de la
prot. ; d'où pelhè, La c dessication » de /
est plus extraordin., mais se présante
qqfois (v. pelot).
PELY V. peilli.
*PtHABLO y ^pénôblo.
35
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298
PENA
PENACHOU. OUSA (penachou, ouza)
adj. — Englué. « Ma man è tota pena-
chousa, ma main est tout engluée fde
poix etc.) ».
D*einpenacht, av. suppress. du préf. et
addit. du sufî. ous, d*osus (35).
*PENDAILLI Tpendalhi) s. f. —Chaîne
où pendent les ciseaux.
Du rad. de pendre, av. suff. ailli, le
plus souvent collect. et péj., mais ici sim-
plem. péj.
*PENDOLO (pendôlô) v. a. For. pen-
doula, dph. pendola — Pendre. De même
à l'impér. plur. Pendolô don cinqui
« pendez donc cela ». La vieille chanson
de PerneUe dit :
Te fdtsa pai, Pernctle,
1 iopendouleroni.
— Si pendoulant mon Pire,
Pindoula me iiou!
« Ne te fâche pas, Pernetle, — Ils le
pendront. — SMls pendent mon Pierre,
— Pendez-moi aussi ! »
Iquen éy, ma fey, ]«mi vrai la
Par s'alla faire ptndoula,
« Ceci est, ma foi, le vrai moyen —
Pour s'aller faire pendre. » (Ghap.)
De pendre^ de pendere, av. suff. olà,
qui est habituellem. dim., mais qui pa-
rait ici appliqué par fantaisie.
*PENELLA (penèla); à Lyon penelle s.
f. Dph. penella, pr. phiello — Très
grande barque à fond plat, dont les 2
bouts sont carrés et relevés, et percés
chacun d'un ou 2 trous pour le passage
de grandes rames servant de gouvernail.
Cette barque était à la 2* place dans les
trains de bateaux. Elle est aujourd'hui
disparue. On m'assure qu'il en existe en-
core en Alsace. Les nôtres portaient sur*
tout des fagots et des marchandises, et se
construisaient principalem. sur la rivière
d'Ain. La penelle était presque symé-
trique d'avant en arrière, et avait ce qu'on
appelle deux « relevaisons ». Elle a, je
suppose, été surtout abandonnée à cause
du danger de la manœuvre de la rame,
qui, lorsqu'elle s'engageait, cassait et
balayait l'équipage, tandis que dans les
autres bateaux on peut couper à la hache
la corde qui fixe la rame à la bande.
De *pinella, probablem. parce que le
bateau était en pin. Cp. sapine^ à Lyon
autre espèce de bateau, et le fr. popul
'.\
sapin, fiacre. Pinum voulait aussi dire
navire, mais c'était une métaphore em-
ployée par les poètes, et qui n'avait pro-
bablem. pas passé dans le lat. popul.
Pme//a devient penella, paraffaiblissem.
de la prot.
PÈNOBLO (pénôblo); ap. Coch. PÉNA-
BLO adj. des 2 g. — Désagréable, en-
nuyeux. € Que ceV efant è don pénôblo^
que cet enfant est donc désagréable t »
De pœna, av. suff. àb(i)lis, Gh. de a
en 6 (S).
*PENON vin. dans l'express. Capitaine
Penon usitée jusqu*à la Révolution pour
capitaine d'une compagnie de la garde
bourgeoise.
Du pennon qui servait de signe de
ralliem. à chaque compagnie. Sur la
format, logique cp. enseigne « celui qui
portait l'enseigne », et colonel, qui signi-
fie en réalité c petite colonne de troupes».
PENONAGE vin. s. m. — Nom donné
à chaque compagnie de la garde bour-
geoise de Lyon.
De In. penon, av. suff. coll. âge, d'ati-
cum,
PENRE V. panre
PENTIBOLA (A LA) (à la pantchibdla)
loc. adv. — A River, dans l'express. Por-
to à la pentibola, porter à califourchon,
non sur les épaules, mais sur le dos.
Évidemm. composé de 2 mots dont le 2*
est bola, boule (cp. à lacaquibourlë). Le
!••" peut être le rad. de pend{re) ; à la
pentihola : < en façon de boule suspendue » .
*PER y.peir,
PERAISI V. pérési.
PERAIZU V. pérésu.
♦PERCERETTA (perserèta) ; à Lyon
percerelte s. f. — Vrille.
De iv, percer, a>r. suff. etta,
* PEREISI V. pérési,
PÉRÉSI (pérézi) ; ap. Goch. PEREISI ,
vin. PERAISI s. f. For. pereysi, Morv.
péresse — Paresse.
Car h peraïaï engandre fo lo Teaon en vu corpa.
« Car la paresse engendre tous les vers
dans le corps. » (Bern.)
Campanaire jura de vn la grand Ifléiar,
Btque n'a jamais ren pardu par u per^aj.
« Sonneur juré de la grande Église —
Et qui n'a jamais rien perdu par sa
paresse. » (Chap.)
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PÉRÉ
Î99
Depigritia. Gh. de t bref en è (63).
passé à é; de gr en r (cp. leg(e)re = lire,
peregt-initm = pèlerin) ; de i bref accentué
en ôi (16), puis en e. On devrait avoir
péressi (138 2*). Sur le ch. de ss en z v.
8'apraisi. Gh. de ta en t (54 !•).
PÉRÉSU, USA (pêrézu, uza); ap, Coch.
PEREYZU ; vin. PERAIZU s. et adj. —
Paresseux, d'après Goch., mais se dit
surtout d'un homme qui s*étend pour se
délasser.
Quand vpa fllli et ajrmoiruza et te conoay,
Elle ii'e ren peraisusa en quay qu« hy.
« Quand une tille est amoureuse et se
connaît, — Elle n*est pas du tout pares-
seuse en quoi qu'elle fasse. » (Bern.)
De pigritiosus (v. pérési), Gh. de osus
en u(36).
PÈREYOU (pêre-yon)8. m. — A R.-de-
G. Mineur.
I dzoDl qu^n pereyou brùve Voura de pena*
Alaii par Id coup d'état al est de boona mèoa.
« On dit qu'un mineur résiste à l'ouvrage
de peine, — Mais que pour un coup d'état
il est de bonne composition. » (Per.)
De In. pire, pierres, charbons, av. suff.
ou, d'orem (34 bis). On a pire-ou, et
pïreyou par insert, d'yotte pour rompre
l'hiatus ; t init. est passé à è par analogie
av. perriri.
* PEREYZU V. pérésu,
PER FORCER (SE) (se perforsé) v. pron.
— Se dit qqfois à Lyon pour Faire un effort
énorme, au-dessus de ses forces. Vpr.
perforsar, faire effort.
De fr. forcer, av. la prépos. per,
comme préf. intens. Je ne connais en In.
que cet ex. de l'emploi de celle prépos.
dans cette condition.
PÉRI (péri) s. f. — Poire.
Depirwm. Ch. de i bref en é (16). On
dit plus volontiers péru.
PÉRI (péri); à Grap. PAIRI (péri) s.
m. — Poirier.
De pïrum, av. suff. î. d'aWwj?, comme
dans la plupart des noms de végétaux.
PÉRI (péri) V. a. — Détruire, jeter. A
Yzer: t Va doti péri queVaigua, va donc
jeter cette eau ».
De perire. Périr, dans le vfr., avait le
sens de faire mourir, puis, par extens. de
détruire.
PERORROU V. peirerou.
*PEROUROU y. peirerou.
PERPÉTUE (perpétue) s. f. — Perspec-
tive à fresque que l'on avait, au xvra* s.,
l'habitude de peindre sur un mur termi-
nant une allée d'arbres, et où l'allée
d'arbres était représentée en se prolon-
geant.
Gorrupt. de perspective, mot incompré-
hensible pour le vulgaire, tandis queper-
pétue exprimait le sens d'une chose qui
se prolonge, « se perpétue ».
PERREUR PIERREUR vin. s. m. —
Garrier, celui qui exploite une carrière de
pierres. 1516: — «A Jehan Des farges, dit
Partout, pierreur de S* Gire, pour pierre
de taille de Ghuyn qu'il a fournie... » 1525 :
c« A Bouyer, perreur de sainct Sire, la
somme de 53 1. 12 s. pour avoir livré 2(X)
pieds carrés pierre Ghuyn... » (Arch. m.)
Répondrait à un *petroreni, de peira, La
forme rég. est pe)*reur. Gh. de e bref en è
(63); de tr en r (164 3*»). Orem = eur
est d'oïl. Dans pierreur le dér. a été infl.
par le simple pierre.
PER R 1ER [périé] s. m. Pr. peirié —A
Lyon Gésier d'une volaille.
De peirKrium, parce que le gésier
contient ordinairem. des pierres. Gp. pr.
peirié, à la fois • gésier » et « pierrier ».
Gh. de e entr. en è (63). Ariura donne t
en pat. (13), mais Lyon emploie aujour-
d'hui le suff. fr.
PERRIERE vin. V. perriri.
*PERRIRI (pèriri); vin. PERRIERE s. f.
Vpr. peiriera — Garrière de pierres. A R.-
de-G. Mine de houille. Dph. peireiri,
carrière. 1527-28 : Paiement « des ouvriers
qui ont vacqué et continué à tirer la pierre
et charroyer la dicte pierre de la dicte
perriere sur les boullevartz Sainct -
Sebastien. » (Inv. de la C)
De petra,ria ch. de e enlr. en è (63) ;
de aria en tri (13).
N. d'homme el de lieu La Perrière.
PERSAYI (persa-yl) PARSAYI ; PAR-
SÉYI ; ap, Coch. PERSIÉ s. m. Saint.
p*rsètier — Pêcher. La forme de Goch.
m'est inconn.
De In. persi, pêcher, av. un !•' suff.
B,lht, et un 2« suff. i (13); puis alhl a
passé à ayi ^164 2», c). Dans la forme
parsayi, ch. de ^ en a (66).
*PERSÉGU (perségu) part. — c Pour-
suivi. » (Goch.)
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300
PERS
C'est le partie, du v. segre (segu), av.
le préf. per, mais je n*ai jamais entendu
rinfin. persègre. Aux environs de Lyon
on dit corratô q y aucun t poursuivre
qqu'un ». — Le suff. u de perségu est
celui des v. de la 4« coniug. fr. Ainsi à
Crap. où suivre se dil suévre^ le part, est
suivu,
*PERSI (persi) s. f. It. persicn, gén.
persego — Pêche. Saint, perset^ pêche
adhérente au noyau.
De persi(c)um. Sur la chute de la ter-
minais, cp. rustUciim) =r vfr. rttste.
*PERSIÉ V. p^r^ayi.
PERTUIS V. parlas,
PÉRU (pérn; s. m. Pr. perus prus. —
Poire.
N*6i-tsu jamais cotti de jtéru Couèssi Damt 7
« N'as-tu jamais mangé de poires cuisse-
dame? » (Tôt V. b.)
De pii'um^ poirier, av. suff. », d'osus
(35;, comme l'indique le pr. Mais il est
singulier queMorn., River.. Yzer. n'aient
pas pérou au lieu de péru. Gh. de i bref
en ^(16).
PÉRU-COING (pérukoin) s. m. -
l.Coing. 2. Cognassier.
De péru^ poire, et de fr. coing, La dé-
rivât, de sens du fruit à l'arbre est à re-
marquer.
PÉRU -MARTIN (pérumartin) PÉRU-
SAINT-MARTIN s. m. — Cinelle, fruit
de l'aubépine.
De péru, poire, et Saint-Martin, réduit
à Martin, parce que c'est à la Saint-Mar-
tin (il novembre) que les cinelles sont
dans tout leur éclat.
PÉRU-SAINT-MAhTIN v. pérumar-
tin.
PESANTO (pezanlè) v. a. et n. — 1.
Appuyer. Dph. pesanta, peser, avoir du
poids.
Et Jean pétante u talocbe
Que fat mais de brut quMoa cloche.
c Et Jean appuie de son sabot — Qui
fait plus du bruit qu'une cloche. » (Mort
de la Z,)
2. A Lyon pesanter — Soupeser.
€ Pesante veire cinqni », soupèse donc
cela. De fr. pesant, av. suff. <5 (14 !•). Le
mot au sens 1. est le fr. appesantir,
moins le préf. a, et av. ch. de conjug. —
Dans le mot au sens 2. le In., au lieu de
procéder à la dérivât, par i'apposii. d'une
préposit. devant Tinfinît. pesa, comme
dans le fr. sous-peser, le In., dis-je, a vu
dans la2« partie du dér. p'esantô une sorte
de suff. fréq. antô, qui distinguait le
dér. du simple peso,
PESETTES (pezète) s. f. Ss.-rom. pesette
— Vesce, viscia saliva.
De pès, de pisum, av. suff. dim. etta :
è de pès étant devenu prol. s'est assourdi
en e muet.
PESOU (pezoa) s. m. -~ Se dil d'un
caillou très gros, d'un pavé. S'emploie
toujours au sens comique. « Se j'avié
recevu celo pesou », si j'avais reçu ce
coup de pierre î
Paraît forgé de façon fantaisiste sur le
rad. de peso, peser, av. suff. ou, d'osus
(35). Cp. Pays de Bray pesout, homme
grossier et sans intelligence, aussi du rad.
de peser.
"PESSAMENT (pèssamin) s. m. Dph.
pessametit, rgt. pessomen — Préoccupa-
tion, souci.
Lo soin de ton froupct fait tout son |»essaiiieiit.
• Le soin de son troupeau fait tout son
souci. » (Liaudo.)
De 'pensAmentum, de pensare. Chute
de n (176), mais on devrait avoir peza-
min. Le mot a subi l'infl. analog. de vfr.
pensementf pensée.
PESSIAU V. paissiau.
PESSIERE V. peyssiere.
PESUT vin. s. m. dans le texte suiv. :
1513 : « A Philippe Aiguel, chapuis, 7 L
18 s. pour bigues et un grand pesai. »
(Arch. m.) Le pesât est probablem. un
grand levier.
De peser, av. suff. m, d'orem (34) ;
comme le presson, de presser.
•PETACIA V. petassi,
PETAFINv. pw^a/ïn.
PETAFINO (petafinô) ; à R.-de-G. Pl-
TAFINO; à Lyon petaflner v. a. et n.
Pr. putO'fina, vel. pata/i?ia, dph. petafina
— Gâter, gaspiller, laisser perdre les
choses. On dit aussi au neutre qu'une
chose a petafinô pour dire qu'elle s*e>t
gâtée. Gela s'entend des fruits, des den-
rées. On le dit aussi d'une nichée d'ani-
maux qui a péri, etc. C'est le sens èty-
molog., mais on emploie aussi le mot à
l'actif: petafinô ina chousa, abîmer, gâter
une chose.
Gttichord, d*ln coup ptrë, se cré pitcJinô.
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PETA
301
« Guicbard, d*un coup pareil, se croit
écrasé. » {Dëp.)
Formé sur putafin, av. sufif. 6 (14 2*),
et affaiblissem. de la prot.
PETARD v.pe(drc?..
PETAS (peta) s. m. Lgd. petas, pr.
pedas, vfr. petas {ap. Diefenb.), it. petac-
cia, esp. pédalo — 1. Grossie pièce posée
sans soin, raccommodage grossier. — 2.
Par exlens. un gros morceau quelconque.
— 3. A Paniss., lange d'enfant. Lou petas
de Ions drôles, le lange des enfants.
A me puye In tîo pot, lo grou pet2 de gruéri.
« U me paye un pot de vin vieux, un
gros morceau de fromage de Gruyère. »
{Gorl.)
De b. lat. peteicium « panni fragmen-
tum ». On devrait avoir pétais (10). Le
mot a dû nous venir par les dial. d'oc.
Quant h petacium, c'est une augmentât,
de petium, dont Porig. est discutée.
Diefenb. l'approche le celt. armor. pez,
gaël pios, pièce, morceau, qu'écarte Diez,
PETASSI (petassl) ; ap, Goch. PETA-
CIA V. a. Lim. petossa. — Mettre des
pièces au linge, ravauder, av. sens péj.
De In. petas, av. suflf. t(16 8% rem. 2).
PETASSI A (petassia) s. f. — Coup, ta-
loche.
Malgré la bizarrerie de la dérivât, de
sens, subst. partie, de petassl, mettre
une pièce. Le coup est comparé à une
pièce posée. Cp. emplon, à' in-planum, et
fr. popul. emplâtre pour « soufflet >.
PET-DE-BOU (pèdebou) s. m. — A
Paniss. Roitelet. Voiron pet-de-bou, tro-
glodyte.
Littér. pet-de-bœuf, mot qui se retrouve
dans d'autres patois pour des noms d*oi-
seaux. Il est probable que la clef de la
dérivât, est donnée par le \orr. petit-bœuf ,
qui signifie roitelet (renseignem. com-
muniqué par M. Langlois). Petit-bœuf a
été corrompu en pet-de-bœuf d'autant
plus facilem. que i était prot. Reste à
expliquer comment on a pu trouver une
ressemblance entré un roitelet et un bœuf,
même petit. Petit-bœuf est-il lui-même
une cornipt. de qq. mot inconnu ?
PETEL, pi. PETEUX vin. s. m. Vfr.
petail peteil petueil, — Matras dans le
texte suiv. de la Leide de U Archevêché
(1300 circa) : « Item li chargi àe\ péteux.
deit .j. petel.,. » (ne faut-il pas lire o H
chargi de / (50) péteux? »)
Malgré la bizarrerie de la dérivât., je
crois qu'il est vraisemblable de tirer, av.
Cachet et Grandg., petel de pistillum,
c pilon ». Le sens aurait passé à < bâton
servant d'arme défensive », puis à c ma-
tras », et même à « glaive », m. lat.
petus « gladius ». Mais il est extraordi-
naire que s n'ait pas persisté dans le wal.
peta f bâton dont on se sert pour frapper »,
1'^ de st persistant toujours dans le wal.
Quant au m. lat. petulum t chose qui
frappe », on peut supposer qu'il a été
foigè sur fr. petel par une fausse trans-
cript., ou sous l'infl. du lat. classique pe^o
€ je frappe ».
PETORD (petôr); ap. Goch. PETARD
s. m. — Tuyau en bois de sureau, fabri-
qué par les enfants. On y place une bourre
que l'on fait partir par l'effet de l'air
comprimé.
De fr. pet (à cause du bruit que fait la
bourre en s'échappanl), av. suff. germ.
ard»
PETOUGI (petonji) s. f. — terme péj.
Maladie, et aussi ennui causé par la ma-
ladie; embarras qui en sont la consé-
quence. ^ Al a tojors lapetougi, il a tou-
jours qq. indisposition. » Une mère a aussi
Isipetouffi quand son enfant est malade.
Elle a l'embarras de la maladie.
De pet. Avé la petougi, littér. t avoir
la tympanite ». Gp. l'express. In. al a
tojors pet ou fouéri, il est toujours in-
disposé. Le suff. ougi est probablem.
estropie de ousa ousi : l^petousi, « la pé-
teuse ». Le mot a été pris ironiquem. pour
toute sorte de maladie. La désin. t dans
ousi ougi est appelée par g on s doux
(54 2» et 5*).
PETOUGI (petoujl) v. a. — Traiter un
malade, au sens péj.; par ex. l'accabler de
médicaments, t Aie tojors après se petou-
pi, il est toujours à se faire des remèdes. »
l.a fainilli Pluloii desceind vail Vardegi,
Unie Jean Dugroiseiii s'offre à la petougi.
« La famille Pluton diiscend à Rive-de-
Gier, — Où Jean Dugroisein s'offre à lui
faire les remèdes nécessaires. » {Mcn.)
De petongi subst., av. suff. t (16 2*).
PÉTRAS (pélra) s. m. Dph. peitra,
Bessin, champ., bourg, pétra. — Rustre,
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302
PETR
gros lourdaud, homme sans éducation.
Pic. petra, niais ; wal. pélron, mauvais
eultivateur.
Déioi l«haMetui Mrt4Mit, lo bourft et lo villajo,
D« piiroi torUmnU n'out pot le noindre eMio.
< Dans les hameaux surtout, dans les
bourgs et les villages, — Des rustres
riches n'ont aucune politesse. » {Dêp,)
Étym. inconn. — L'étym. de Nisard.
petrar, moineau dans Cotgr., est absurde.
Celle de la Villemarqué : arm. petra
« quoi ?» mot interrogalif qui, fréquemm.
répété, aurait èlé donné en surnom aux
Bretons et par suite à tout homme lourd
et peu dégourdi, est fondée sur une chan-
son où le nom de pétra est appliqué aux
Bas-Bretons. Mais cela prouve seulem.
que le mot de pétra a pénétré en Bre-
tagne, comme tant d'autres mots romans,
et a été appliqué injuriousem. aux Bretons.
L'étym. de Grandg. et de Mistral, petro,
rustre, lourdaud, dans Festus, ne satisfait
pas à la forme. Petro + aceus aurait
donné pèratsepèras, Gp. patrem = père,
et Petrum=: Pierre* Il faudrait admettre
une format, savante, bien peu vraisembl.
pour un mot si populaire et répandu
dans tant de contrées. Les mômes raisons
s'opposent à Tétym. proposée par M. de
Chambure, petra, pierre. L'ex. cité à
l'appui, norm. petro, rossignol de mu-
mlle. est inapplicable; petro, de petra,
ne serait pas conforme aux lois de la dé-
rivât. ; il faudrait le rad. de petra, plus
suflf. M. Joret voit d'ailleurs dans pétro une
syncope Je prétro, opinion confirmée par
le baguais prêitrot, même signifie. Le
sens vient de ce que l'oiseau est blanc et
noir, comme un costume de prêtre.
Je crois plutôt, av. Jaubert, que le mot
doit être rapproché à'empétré^ de b. lat.
pastorium, entraves des chevaux, vfr.
pasturCi même sens. (Em^pétré, plussuff.
péj. as, d'acetis, donne pétras pétra. Quant
au sens, il s'applique parfaitem. Un pé-
tras est un homme embarrassé, gêné dans
ses mouvements. Gp. lourdaud,
PETRO (pétro); ap. Goch. PITRO s. m.
Pr. pitre, ss.-rom. petro — Poitrine.
Goch. donne & pitro le sens de gésier,
certainem. av, exactitude, car dph. pitro
signifie jabot, mais je ne le crois plus
usité dans ce sens.
Se eofle lo pitros, le doaUe k bchiIoa,
Et lio« fat q«o« recil, eia eleraat le to«.
« Se gonfle la poitrine, se rengorge, —
Et leur fait ce récit en élevant le ton. »
(Men,)
De pectus. Gh. de ec en et, è (161 !•);
épenth. de r (184 6-, c). Fin. o (56). La
dipht. et passe qqfois à t, mais ce n'est
que lorsqu'elle est suivie de Ih. Aussi je
suppose que la forme pitro, que je ne con
nais pas, est empruntée au pr.
PEUPLE vin. s. m. dans le texte suiv.
1513 : « A Ghastellau, radellier« 8 I. pour
4 douzaines de peuple, » (Arch. m.) — Il
s'agit de fûts de peuplier, dont on formait
des radeaux.
De pop{u)lum. O fermé = et* en phonét.
d'oïl. On trouve peup/e en vfr. (y.publô).
PEY (pè) ; vin. PAY s. m. — Gheveu.
Vin. Echauffa lou pay, impatienter;
littér. € échauffer les cheveux ». Gp. fr.
pop. échauffer les oreilles.
Non, vit te dMquy, le fli*eeliofle lou pay.
« Non, ôte-toi de là, tu m'impatientes. »
{Bern,)
De pilum. Gh. de t bref en ei, è (16);
chute de/ (121 3o).
PEYSSIERE PESSIERE PEISSIERE
vin. s. f. dans les textes suiv. 1881 : « Reçu
de Michel le panneiier pour une ambaisse
defurnillie que fut taillée au brotel devant
Ruanne pour mettre en la peyssiere du
portail vieil. » (Arch. m.)— 1863 : « For
fere planter les peyssieres vers Ron, por
la fortifftcation des murailles. » {Tards-
Venus) — 1417 : c Jean de Blacieu et
Jehan de Mares... pource car depuis XV
jours en ça ilz ont coppé... environ XXX
paux empres terre de la peyssiere de la
vilie, qui est depuis le portai de rue Nove
jusques au portai des Frères Meneurs... >
(Beg. consul.) — 1418 : « Hz ont concluz
que ledit Nanluas face faire la peyssiere
dessus Saint-Nicolas... »• {Ibid.) — 1421 :
« Pierre de Vacieu... leur a signifié le
dounnaige qu'il dit que font les mollinsen
la peissiere de la ville. » (Ibid) — 1421 :
c Hz ont ordonné que Audry Nantuas face
repareiller la peissiere au pié du portai
Vacieu. » {Ibid.) — La peyssiere était une
digue, un barrage formé d'une double
rangée de pieux entre lesquels on bourrait
des fascines fraîches mêlées de sable ou
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PIA
)0S
de gravier. Le vpr. paissera signifiait
barrage; pr. peissiero paissièiro, barrage,
palée, bâtardeau.
Ne doit pas être confondu av. vfr. pleis-
siéy haie, retranchem. entouré de haies ;
pr. plais € ne m us plicatum », de plexus
(Diez) ou plaxus (Foerster). La chute de
/ s'expliquerait difftcilem. Peyssière, c'est,
ie crois,le vfr. paisseau, de paxillum, av.
substitut, du suff. ière, qui a ici un caract.
collect. (v. paliri), au. suff. eau repré-
sentant illum. Au XVI* s. le fr. avait pris
le dessus, et les Reg. cons, disent alors
plessiere. — 1559 ; « Tireront de la sable
a eulx nécessaire pour faire la masson-
nerie... sans discomoder le bien d'aultruy
ni les plessieres.,. » (A^judic» du Pont
du Rhône, ap. Guigue).
PIA (pia monosylL); ap. Goch. PIAT
s. m. For. piat, genev. pied. — 1. Drapeau
d'enfant. Ss. rom. piasson, grand carré
de toile ; vx. dph. piat, couvre-chef des
villageoises ; Valais pyé, chemisette dont
on enveloppe l'enfant nouveau-né.
' Sa intre, bien empachial,
L'eoTorpo diiis un piat.
t Sa mère, bien empêchée, — L'enve-
loppe dans un lange. > (Ghap.)
2. Morceau d'étoffe cousu à un vêlement
pour le raccommoder. « Il'an metu un
pia à celés brayes, on a mis une pièce à
cette culotte. »
De b. lat. petVLcium, de petia^ Chute
de i (136>. On a peas, de même que. av.
la conservât, de /, on ti pelas (v. ce mot).
L'^ de pias est tombée comme dans
peta{s) aujourd'hui prononcé pe^a. Le t
fin. est une addit. orthogtaph. par confus,
av. at suff. Pea devient pia, suivant la
tendance ordinaire du groupe ea; cp. fr.
Z^a^j devenu In. lians. Pour la dérivât,
du sens, le lange est un c morceau > de
toile.
PIA (pia monosyll.) pio (piô) s. f. For.
piat, lim. piado — Trace d'un animal.
De 'pedSLta, Chute de d (189) ; ch. de
eata en iata; de ata en a (1, rem. S). Je
suppose que la forme pio est piay av. ch.
de a en d (1). Puis cet d a passé à o bref,
probablem. sous infl. de piotta (v. ce
mol).
*PIA s. f. —« Partie d'un fonds divisé. >
("Coch.) Il cite à ce propos le vin. pie (v.
ce mot), mais s'il existait encore en pat.
au temps de Coch., ce que je ne crois pas,
il s*est complètem. perdu. Je crois plutôt
que Coch. a forgé pia sur pie,
•PIANCHI (pianchi) s. f. Gévennes
pianchù, biterrois pianchou — Vin,
boisson spiritueuse. Coch. lui donne un
sens peu exact en le définissant c bonne
boisson », av. l'ex. • Vétia de bonna
pianchi, voilà du bon vin. » — Ce mot se
perd comme beaucoup d'autres. Béarn.
pianche, mauvais vin ; par extens. pianche
defruut, mauvais fruit.
De pr. 'pia, boire, qui existe encore
dans les Alpes ; vfr. pyer, chopiner, de
Trtfe'v (infin. aoriste), av. un suff. ancha,
assez rare, sur lequel a peut-être influé
ancha, robinet de la cuve. C'est ce même
rad. qui adonné pr. pia^wo, quantité de
raisin qu'on presse une fois, et le vin qui
en sort.
PIAPIAS(piapia diasyl.) s. m. pL —
Cancans, médisances.
Onomat. du bruit d'une parole conti-
nuelle et dénuée de sens.
PIAPOR (piapor, dissyll.) PIPOR s. m.
— Morv. pié'pou, ss. rom. pi-a-pau;
Dph. pied-poing, Eure pied^bot , ba-
guais pièpot, genev. piapeu ; ap. Besche-
relle piapan. — Renoncule, ranunculiM
repens. On la nomme aussi pied-de-
poule»
La l^* partie du mot est pedem. Tous
les dial. ont vu dans la renoncule l'image
du pied : dph. pied-poing ; pr. loup-pauto,
patte de loup. Je suppose que piapor pi-
por est pied-de-porc. Il est probable que
le nom est dû à qq. vague ressemblance
des feuilles av. une patte d'animal. C'est
à tort que M. de Chambure, dans la 2*
partie de pié-pou. voit pediculus, et
donne le pié-pou comme le pedicularis
herba de Columelle, qui est le delphinium
slaphysagria. Pié-pou doit être une
contract. de pied-de-poule. Le norm.
pié'bot est unecorrupt. de pié-pou piépot,
ou de qq. mot semblable, mais le voca-
ble n'a pas été formé sur l'idée d'un
pied-bot.
*PIARD Y.piôrd.
PIASSETTA (piassèla trissyll.) s. f. -
Outil de tonnelier, qui a la forme d'une
toute petite houe tranchante.
De In. pias si, houe, av. suff. etta.
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304
PIAS
PIASSI (piossi dissyl.)- à Paniss.
PIOSSI; à Villefr. PIESSE (piésse) s. f.
Vfr. piasse — Sorte de pioche plate
d*un côté, av. une hachette de l'autre pour
couper au besoin les racines. On s'en
sert surtout pour abialô, faire ou nettoyer
les rigoles des prés.
De picAssa pigassa, qu'on trouve en
m. lat. av. la signiacal. de hache et de
houe. Oh. dec en yotte (128 !<>) et de a
en * (54 5»). On a piyassi, réduit à
Viassi. Dans la forme de Paniss., pas-
sage de a à 0 malgré la présence du yotte
parce que a est suivi d'une cons. qui se
prononce. Il est probable que le m. lat.
picassa vient d'un b. lai. 'picacia, sur
lequel a pu être formé directem. le In.
PIASSOUS, OUSA (piassou dissyl.,
ouza)adj. — Se dit d'un vêtement racom-
modé, couvert depia.v. c Al est totpias-
sous, il est couvert d'hal)its en guenilles
ou raccommodés.
Deln. pia subst. masc, av. suff. ous,
à'osus (35). It's de liaison représente le
c doux de pelAcium.
*PIASTRA (piaslra; s. f. — D'après
Goch. Gros sou. C'était une monnaie Ima-
ginative, comme la pistole. Dans le Gév.
la piastra est un liard. Les piastres
n'ayant jamais pénétré dans nos pays, il
est fort bizarre qu'on les ait fait intervenir
dans les comptés, et encore plus qu'on
leur ait attribué une valeur si éloignée de
la réalité.
De fr. piastre, av. fin. fém. a, car il
n'est pas vraisembl. que le mot ait été
emprunté directem. à l'eap.
PI AT V. pia s. m.
PIATQ V. piattô.
PIATTO PIATO (piàtô dissyl.) v. n. -
Marcher, av. idée de répétition, de piéti-
ner; au fig. voyager.
A forci de piatâ me véquia de retour.
« A force de voyager, me voici de re-
tour. » (Gorl.)
De pedem = pU et suff. ô (14 1»). a
Torig. e ton. de pedem avait donné te
(25). Dans divers dial. l'ace, s'est porté
sur la » partie de la dipht. et Ton a eu,
par ex., en fr. pied. Dans le br. et le va-'
laison e s'est élargi en a et on a pia,
pied. Je crois que c'est une format, ana-
logue qui, à côté de pi, a donné piat, sur
lequel a été formé piatâ, av. suff. ô (14
PIATTONO (piat6nô. en 3 syll.) v. n.
— A Paniss. Faire beaucoup de petits pas.
Dph. piatonna, se dit des petits enfants
qui commencent à marcher.
De In. piattô, av. suff. fréq. onô ; cp.
fr. mâchonner, de mâcher,
PIAUTRA (piôtra); à Lyon piautre s.
f. — Boue, av. le caract. spécial de boue
adhérente, de terre grasse.
Étym. inconn. — On ne peut s'empê-
cher de songer au vfr. empiètrer (fr.
empêtrer), corrupt. d'empaistrier, de
'pasturire ; b. lat. pastorium, entraves
des chevaux. Gp. ss.-rom. petré, pré ma-
récageux où le pied enfonce. Piautra
serait-il un subst. v. d'empiétrer, av. ch.
de ié en iau sous une infl. inconn. ?
PICA (pika) s. f. — A Morn., Yzer.
Pioche à 2 dentj.
De pic, av. désinence fém. a. Mol
moderne. Dans les mots anciens le c fin.
de pic est tombé (v. piassi),
PICACU (pikaku) s. m. — A Paniss.
Jeu d'enfants qu'à R.deG. on nomme
piqua-rognon (v. ce mot).
De pica, imp. de picô, piquer, plus un
2* mot, qui s'explique de lui-même.
*PICANDEAU (pikandè) s. m. — Nom
d'un jeu mentionné par Rabel. Le Duch.
dit que c'est le volant, dans le Lyonn., et
que peut-être il est fait de plumes noires
et blanches (pie). Gomme le dit très bien
Breghot, les écoliers appellent picandectu
une petite flèche garnie de papier à un
bout, et à l'autre d'une pointe en fer ou
d'une épingle. On la lance contre un
plancher, une boiserie etc., où elle se
fiche. La particularité consiste dans la
manière de la lancer av. les 2 index for-
mant arc. On lui substitue souvent un
simple morceau de papier tordu en pointe.
Il est très probable qu'à ce divertissem.
d'enfant R. a voulu faire une allusion co-
mique, et que Le D. a inventé de le trans-
former en jeu de volant.
De fr. pique et du suff. eau, d*eUum,
av. insert, d'une syll. péj. de fantaisie.
*PICARDAT V. picarlat.
PICARLA y.piquerna.
PICARLAT (pikarlà); ap. Goch. p|
CARDAT s. m. — Branches d'environ 3
pieds de long et refendues, dont on se
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RICA
305
servait pour allumer le feu. Trois picarlats
attachés av. des liens de paille faisaient
un paquet qui valait un sou dans mon
enfance. Aujourd'hui remplacé par des
petits morceaux de sapin courts attachés
ensemble.
Étym. inconn. — Je reconnais pourtant
dans la 2* partie du mot, cariât, le gasc.
(qui doit appartenir à plusieurs dial. d'oc)
escarla, refendu. Bos escarla^ bois re-
fendu, est une express, usitée. Escarla=^
caria, par la chute normale de e* (111),
et vient de qxiartum, av. suff. dim. ela;
c'est le partie, de pr. encartela, vfr.
esquarteler, mettre en quatre quartiers,
devenu escartla escarla, par chute de la
prot. Devant cariât se trouve en In. une
l^ partie, qui pourrait bien être piel, de
piculum ; d'où pieucarlat, picarlat.
Pieu est d'oïl, et cariât d'oc, mais comme
pila (av. i long) a donné pr. piela^ il a pu
exister une forme pr. p/e/. Quant au sens,
c'est celui de bâton refendu. I^e picarlat
se dit en effet exclusivem. des branches
refendues et non de petites branches
rondes.
Je ne connais pas la forme de Goch, et
suis tenté d'y voir une erreur. Molard
(1808), qui proscrit picarlat, ne cite pas
picardat,
PICARLOUS, OUSA v. picarnu, usa.
PICARLU, US(^ V. picarnu, usa.
PICARNU, USA (pikarnu, uza) PICAR-
LOUS, OUSA, PICARLU, USA adj. —
Qui a de la «fiassie. ^ve lo z-mpicamus,
avoir les yeux chassieux.
Comma va-l§, vio picarloux,
Avoué ton grand nos tabassoux ?
« Comment vas-tu, vieux chassieux, —
Avec ton grand nez barbouillé de tabac?»
{DuéBih.)
De In. piquerna, chassie, av. suff. u
(35) et ch. de e prot en a (66). Dans la
forme picarlu picarlous ch. de n en l, qui
se rencontre qqfois sans raison apparente
de dissiniilat.
PICASSI (pikassi) v. n. — Se dit des
grosses gouttes qui tombent quand la
pluie commence, ou bien d'une pluie très
peu abondante. Moille-t-ôî — o picasse
solamiyit, c Pleut-il ? — H tombe seulem.
qq. gouttes. »
De In. picô, piquer, av. suff. péj. assX,
O picasse, « il pique des gouttes ».
*PICHI (pichl) V. SL. — aPichilospeis,
les piocheter. On dit aussi O faut qu'où
piche tojors quoque chousa, il faut
qu'il prenne toujours quelque chose.. »
(Goch.)
Je ne connais pas pichî los pets, mais
seulem. piocht los peis. Pichl est-il une
erreur de Goch., ou est-il formé sur pic f
Je ne connais pas davantage pichl qtutu-
que chousa; on dit ordinairem. bicht
(y. ce mot). Peut-être pichl est-il une
transformat, du terme d'écolier piger.
PICHOGNI V. pignochï,
*PICHOLIE V. pillochl.
PICLIO (piklhô) V. n. — A R.-de-G.
Aller, se diriger, marcher. On dit aussi
Picliô à la porta, frapper à la j)orte. Pr.
pica, frapper.
Lia piclelo |>arin^, criant : Vive la Franc)!
« Lui s'avance le premier, criant : Vive
la France ! » (Bép.)
Formé sur pic et répondrait à o» 'pi-
c(u)lare. Ch. de cla en vlià (164 2«, a).
La dérivât, de sens n'est pas si exti-a-
ordin. qu'elle le parait. L'idée est de
« frapper av. un objet pointu », puis de
« frapper à uae porte >, puis de c se diri-
ger vers cette porte », puis de« se diriger
vers un objet qconque ».
PICOBLÉ V. picopè.
"PICON (pikon) s. m. — D'après Goch.
« Gouvernail d'un petit bateau », mais je
ne connais le mot que dans le sens de
« rame à l'avant du bateau», par opposit.
à Vempeinte, qui est la rame à l'arrière.
Il est probable qu'à l'orig. le picon était
un harpon dans le genre de Va^yi (v. ce
mot) et qu'un homme, placé à l'avant du
bateau, s'en servait pour diriger celui-ci.
De là le nom a passé à une rame à de-
meure.
De pic, av. suff. on. La racine pic se
retrouve en lat., en germ. et en celt.
PICOPÈ (pikopé) ; à R.-de-G. PICOBLE
(pikoblë) dans la loc. Marchl à picopè
c'est-à-d. à cloche-pied. It. à piè zoppo,
piém. à pè sopet, dph. à pie coupât.
Queliu discours dou flar arbtocrale
Toche si fort lo cœur de Tristapale,
Que mon pélrAs s'élance à pid-coble,
« Ce discours du fier ari.stocraie —
Touche si fort le cœur de Tristapatte —
Que mon rustaud s'élance à cloche-pied. »
iPer.)
36
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306
RICO
C'est pied-coupé, mais on devrait avoir
picopô. O a été probablem. remplacé par
é sousinfl. du fr. Les finales des partie,
en é^ quand elles sont prononcées en pat.
prennent le son è et même le son ê. C'est
pourquoi Roq. écrit ({Bvey.) pensais
pour pensées. R.-deG. au lien de pied
coupé a fait pied-enlravé, mais on de-
vrait, là aussi, avoir coblô (pour encoblo
(v, ce mot), et Ton a conservé la désinence
fr.
PICOT (pikô) s. m. Mot donné par
Goch. sous picou dans l'express. « Picot
de boues, pour dire morceau de pieu de
bois. »
Je crois que picot (que je ne connais
pas) et picott sont au contraire 2 mots
différents. En rch. picot signifie pieu, et
picotet'^ placer des poutrelles dans les
travaux des mines. Picot paraît venir de
piquCf av. suff. ot. En rch. picot sij^nifie
aussi piquant, aiguillon, épine, pointe
menue. Le pieu étant aiguisé par un bout,
la dérivât, de sens est naturelle, et celle
de pieu à morceau de pieu l'est encore
davantage. Op. vfr. pickot, pic, pioche.
* PICOU « pédoncule d'un fruit » v.
pecou,
PICOU (pikou) s. m. — A P.-de-G.
Ouvrier mineur qui fait tomber le charbon
au pic.
Et qu*au lieu de faire la togui.
Chèque pi'cou joye à la drogua.
€ Et qu'au heu de fêler la fôte patro-
nale, — Chaque extracteur joue à la
drogue. » (Gorl.)
De picô, piquer, av. suff. ou, d'orewi
(34 bis).
PICOUTA (pikouta); ap Goch. PIE-
COUTA dans l'express. Feire picouta,
faire la courte échelle, élever qqu'un sur
son dos pour qu'il atteigne plus haut.
C'est aussi entrelacer ses mains et les
faire servir à qqu'un d'élrier pour fran-
chir un raur etc.
Je porlii, je cros bien, remonlô qu>lla coûta,
Si vo rolio m'edzi, me faire iu pou picouia,
€ Je pourrais, je crois bien, remonter
cette côte, — Si vous vouliez m'aider, me
faire un peu la courte échelle. » {ina
Misêri.)
C'est cotlnpi (V. ce mol), renversé. Au
lieu (le coite-à-pif>(f on a fait picd-cotle.
11 est probabli» (fue le pieconta de Coch.
devait être prononcé piécoula, passé à
picotita. J^es dipht. tendent aujourd'hui à
se réduire dans tout le Lyonn. — En Berr.
on dit pidoSf liltéralem. « pied-dos ».
*PIDANCI (pidanssi) s. f. — Pitance.
To cheit in langueur, n'eiant plus de pidanei.
« Tout tomba en langueur, n'ayant
plus de nourriture. » (Mon.)
De m. lat. picta7itia, pittantia, proba-
blem. par le fr. pitajice. Ch. de ^ en d
(136); fin. *(541V.
*PIDANCI (pidanssi) v. n. — Manger
beaucoup de pain av. peu de viande ;
économiser le fricot. « Cel efant^ a sa
ben pidanei, cet enfant a été bien élevé,
il n'est pas gourmand ». Dph. pidancie,
manger sobrement.
De pidanei subsl., av. suff. t (15 3®,
rem. 2). Le sens confirme l'étym. de pi-
tance, petite portion de moine.
PIDI (pidf; à River, pidjf ^ à R.-de-G.
pidzl); vin. PIDIE PIDIA s. f. Dph.
pida — Compassion, pitié, c Pcr la
grand pidie que illi en ot de la prison de
lui... Per la pidia que tu ous de ton chier
Fil et Segnour. » (Marg.)
Déjà dins le mésons, lo sordots trioDfipbans
Bs^rgeont sius pidzi le fenes, lo zefant.
« Déjà dans les maisons, les soldats
triomphants — Égorgent sans pitié les
femmes, les enfants. » (Brey,)
De piettitetn. Format, insolite, car i
bref + e long devrait donner êè, et la
conservât, de t dans le fr. pitié est non
moins irrég. La cause est peut-être que
c'est un mot savant introduit par l'Église
à une époque reculée. Dans le In. ch. de
t en d (136;. La fin. ie, ta, réduite à t
est due à l'infl. du yotte de la dipht.
init. i.
PIDI (pidjf) s. f. — A River. Cigale.
Onomat. du cri de l'insecte.
PIDIA V. pidl « pitié ».
PIDIE V. pidi € pitié ».
PIDIOUS, OUZA (pidiou dissyl., ouza)
adj. — Compatissant.
De pietosus. Sur i bref -f- e long = ? , v.
pidt. Ch.de t en d (136); de osus en
ous (35). On a pidous passé à pidiou s,
probablem. sous infl. de l'yotte de la
syll. init.
PIE vin. s. f. —Lot de terre, partie d'un
fonds divisr. 1518 : « Ordre donné par le
Consulat .. de payer à Mathieu Deheria ..
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PIEC
307
pour avoir... publié comme Ton voulait
bailler a pies', pour bastir des maisons,
la vigne do l'hôpital... » (Marie- Lucrèce)
— 1615 : « Les frères... Spinassy tiennent
de la directe des quatre seigneurs trois
pies de jardin... » (Id.) — « La montée
des Épies à Lyon n'est autre que la
montée des Pies^ parce qu'un tènement
qui y al)OU tissait fut vendu en plusieurs
pies ou parties vendues séparément (??) »
(Coch.) — On appelle cela aujourd'hui
vendre en « parties brisées ». La pie
n'était pas une mesure agraire, mais un
lot de terrain à hdtir.
On trouve en b. lat. (ix« s.) piduare
« mensurare », littér. « per pedes metiri ».
On a eu certainem. à côté la forme 'pe-
dare, d'où peda < pie » en m. lat., réduit
à pea = pie par chute de d (139). Une
dérivât, de ^K^^/a doit être écartée, t ne
tombant pas devant t en hiatus.
Dans les bourgs fortifiés où l'espace
était restreint, chaque emplacement était
divisé en pies. Dans Vohituaire de
VÉglise de Lyon, il est dit que Tarche-
vèquo Reinaud fit bâtir à Yzeron le châ-
teau de Fautéon, m quosmultas pedas à
militibus et ab aliis adqtiisivit,.. et plus
loin : ubi pedarn, Girardi de Bullieu pro
vigintl solidis émit, et pedam Hugonis
de Bulle7i pro septem solidi émit, etc.
(Henseignem. de M. Vachez).
Tous ces textes indiquent que la pie
était un emplacem. de grandeur indéter-
minée. Toutefois il paraît qu'à côté de ce
sens général le mot avait pris le sens
spécial d'une mesure de terrain égale à
4 toises. L'ancienne toise carrée de Lyon
étant de 6 m. 59 décim. carrés, la pie
équivaudrait à 26 m. 30 décim. carrés,
d'après les Tableaux comparatifs des
anciens poids et mesures^ de Lauradoux,
Lyon, Ballanche, \H\2{ld,).
Ces deux sens existent encore à
Payerne : « Pia, espace de terrain labou-
rable, ancienne mesure agraire. » (Bri-
del)
'PIECOUTA V. picouta.
PI ERREUR V. perreiir,
PI ESSE V. piassi,
*PIFRO (pifro) s. m. — Glouton, em-
ployé souvent av. grous : Groiis pifro,
gros mangeur.
Le mot primit. était fifre. La !'• idée a
dû être fifrer, boire (comme on le dit
encore qqfois). Cp. fioulô « jouer du fla-
geolet >, puis « boire ». Le fr. piffre est
une forme de fifre (it. pifero, esp. pifaro).
L'idée de boire à l'excès est dér. à celle
de manger av. avidité, goulûment.
PIGNAIRO; ap. Roq. PIOUGNAIRO;
ap. Coch. PIGNEIRO s. m. Morv. pi-
gnar — Peigneur, sous entendu de chan-
vre. On dit cependant pigneiro de che-
nèvo. Il a aussi le sens péj.
Vos rai&oiinoz tous doux comma de yri ptou^/nairo.
< Vous raisonnez tous les deux comme
de vrais peigneurs de chanvre. » (Mél.)
De pect{t}?ium = pigno par ch. de ctn
en in (178 2") ; et mouillem. de n sous
infl. de c. On a peigno, passé à pigni,
sous infl. de la nasale mouillée. A pigni
s'est ajouté le suff". airo, d'aj'ius (13,
rem. 1). Quant à la forme piougnatro, je
ne la connais pas.
PIGN ATTA ("pignàta) ; à Lyon pigtiatte
s. f. Vfr. peignate, pr. pignatepinaio, it.
pig7iatta, alp. pugnato, esp. pmata —
Marmite de terre. Ss.-rom. pignotta,
écuelle de terre.
De pinea, av. suflf. pr. et it. atta. L'yotte
de ea = ia a déterminé le mouillem. de
n. Le nom vient, parait-il, de ce que les
couvercles de ces marmites avaient une
certaine ressemblance av. le cône du pin
(Muratori, ap. Diez).
PIGNICU rpigniku) s. m. — A Paniss.
Sorte d'oiseau que je crois (sans en avoir
la certitude) être une sorte de mésange.
Onomat. du cri de l'oiseau. Avant de
connaître le mot, je traduisais le cri par
cucupigne, qui me paraît le représenter
si fidèlem., que je crois que pigni-cu est
cucupigne métathésô ironiquem.
*PIGNIERO Y.pignairo.
PIGNOCHI (pignôchi) s. f. — Lambin,
minutieux, tatillon.
Subst. V. de pignochu
PIGNOCHI (pignochi) PICHOGNI (pi
chognf) V. n. — Faire une chose av. len-
teur, minutie, en tatillon ; au fig. manger
du bout des dents, en dégoûté. Bessin
pignochié, enlever par petits morceaux.
Aqî loyalaineinl, et ne pAs piynochi.
« Agir loyalement et ne pas barguigner. »
(Proc.)
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308
PIGN
De spina, av. aphér. de 5 (111) et suff.
péj. ochl, Littér. « enlever les épines ».
Pignochi est devenu pichognl par mé-
tath. de gn av. ch,
PIGNOLI (pignôli) s. m. — A Villefr.
Bardane, lappa-mùior.
Do pignt, peigner, av. un i" suff. ol
(qui est pr.), dim., et un £• suff. t (13),
applicable ici aux noms de métier. Le
tout répond à ri Jée de « petit cardeur ».
Le vfr. avait pignier, peigneur (de che-
veux) et nous avons pignairo, peigneur
de chanvre. Quant au sens, il s'explique
trèsfacilem. Le fruit ou plutôt Tinvolucre
de la bardane est pourvu de petits hame-
çons, et une plaisanterie commune consiste
à en mettre dans les cheveux, où ils adhè-
rent de telle façon qu'on a grand'peine â
s'en délivrer. Il est censé carder les che-
veux. De là le nom populaire d'herbe-
aux-teignetijc, parce qu'elle adhère comme
la teigne.
PIGNOLLES s. f. pi. — A Lyon Argent.
Avoir de pignolles, être riche. Comme
le mot n'appartient, à ma connaissance,
ni au patois ni au langage canut, je le
croyais emprunté à l'argot, mais il ne
figure ni dans F. Michel, ni dansl^rchey,
ni dans Higaud.
Le mot doit venir du Midi, et doit être
pigtiOt amande du pin comestible, av.
suff. pr. ola. Gp. b. lat. pignohis « nu-
cleus pinus », it. pignola. On a comparé
les pièces de monnaie aux fruits du pin.
Ces comparais, bizarres se rencontrent
souvent dans les créât, purem. popu-
laires.
PIGNOLO (pignolô) adj. — Se dit d'un
tonneau dont le bout des douelles est
ca.ssé, abtmé.
De pinna, créneau, qui a donné fr.
pignon, av. suff. fréq. olô. Un tonneau
pignol'K c'est un tonneau dont le bout
des douelles forme de^ dents, des décou-
pures comme un pignon. On sait que le
mouiilem. de n se produit souvent sans
cause apparente.
PILA (pila), 8. f. — Colonne de monu-
ment.
De pila, même sens en lat.
PILLANDRA v. peillandra.
PILLANDRIN (pilhandrin) s. m. — A
Villefr. Vaurien, mauvais sujet, gueux.
De In. pillandre, av. suff. in.
PILLARAUD (pilharô) s.m. For. pilla-
raitt — Chiffonnier. Auv. peilleraud,
gév. peillaraud, marchand de chiffons.
Leur cri est : peilleraud d*Ambert! parce
que la plupart d'entre eux sont d'Amberl.
Nous disons plus volontiers pattl^ pa-
taira; cependant pillaraud au sens de
chiffonnier est connu à Crap.
Sur la format, v. pilîeraud. De « vêtu
de peilles » le sens a passé à < celui qui
vend des peilles ».
PILLERAUD(pilherô);a2). Coch. PIL-
LIAROT s. m. Terme péj. Gueux, men-
diant, vaurien.
De vfr. peille, chiffon, av. suff. péj.
axid, de xoaîd, relié par r fcp. mon-
che-r-on). D'(»ù peilleraud, et pMleraud
par réduct. de et à i comme dans tous les
dér. de peille ou / est restée mouillée. Le
mot auv. appuie l'étym. Dans la forme de
Coch e a passé A a sous iufl. de r (66),
et le suff. ot a remplacé le sUff. and.
Pilîeraud « qui est vêtu de peilles ».
* PILLET (pilhè) s. m. — Bavette d'en-
fant (non en toile cirée) ; serviette d'en-
fant qui s'attache derrière le cou. Lim.
pilioti, morceau de linge dont on se sert
pour panser les blessures.
De In. peilli, av. suff. dim. et ; d'où
peillet passé à pillet (v. pilîeraud). Peille
avait le sens de morceau, à côté de
celui de chiffon, haillon. Le pillet est un
• morceau de linge ».
PILLIAROT V. pilîeraud,
PILLOCHI (pilhôchl); ao. Coch. Pl-
CHOLIE ; V. n.— D'après Coch. « Manger
sans appétit, négligeamm. ». Mais c'est le
sens fig. Pillocht, c'est littér. Enlever av.
précaut. et minutie la peau, l'écorce de
qq. chose, et par extens. Faire qq. chose
av. minutie, en épluchant ; d'où le sens
de Coch. La fin. de la forme de Coch. est
fort improprem. écrite t>, pour indiquer
que l'on appuie sur l't. Chap. emploie
aussi cette graphie, mais Coch. ne s'en est
servi que pour ce seul mot.
De In. peilli, peau, lambeau, av. suff.
péj. et fréq. ochi. Dans tous les dér. ei a
passé à t (v. pillon). Dans la forme de
Coch. métalh. de Ih et de ch, comme dans
pichogm pour pignochX.
PILLON, cil ; v. peillon 1.
PILLON, poussin; v. pillot.
PILLONO V. peillônnô.
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PILL
309
PILLOT, OTTA (pilhô, ôta) ; à Villefr.
PILLON s. m. Morv. pilo — Petit poulet,
petite poulette, poussins. « La polailU a
modo avouai ses pillots, la poule est
sortie av. ses poussins ».
0 sinible de pillos aleinlour de liou mère.
« Cela semble des poussins autour de
leur mère. » {Gorl.)
De pulleiim, av. sufT. rom. où ou 07t.
Pulleum donne polho par ch. de u en o
(38) et mouillem. de l devant Thiatus.
On devrait avoir polhot. Le remplacem.
de 0 init. par i est dû à la dissimiiat.
(cp. rijola^owYrojôla).
PILONNA (pilôna); à Lyon pilonne s.
f. — Colonne.
De In. pila, av. sufT. onna. par analog.
av. colomie.
PIMPARLANT (pimparlan) s. m. Pr.
pimparrin — Mésange.
Lo magicien Friscou, son lyvro de dano,
Son zio de pimparlant et son ^ruin carpinô.
« Le magicien Friscou, son livre de
damné. — Son œil de mésange et son vi-
sage grêlé. » (M en.)
Du p\\ pimparrin^ qui vient lui-même
de vpr. pipar, par une forme nasalisée
pimpar, rendre pimpant, pomponner. A
pimpar s'est ajouté le suff. dim. in. Le
In . a corrompu pimpat-rin en pimparlant
sous infl. de parler : litlér. « oiseau qui
parle en disant pim ». Le rad. pip, qu'on
retrouve dans fr. pipeau, valaq. pipe,
angl pip", a une orig. onomatopéique.
Fr. piper « illicere aves pipilando »,
en imitant leur pipi; d'où piper, tromper
en général. Ce pip a nasalisé i dans
pimparrin,
PI M PO (SE) (se pinpô) v. pron. For.
se pimpa — Se vêtir av. reclierche, se
pomponner.
Du vpr. p/par pimpar, même sens, d'un
md. pip (v. pimparlant), Suff. d (14 2<»).
*PINA (pina) ; à Lyon pine s. f. —
Petite trompette de bois pour les enfants.
On les fait aujourd'hui en ferblanc.
Onomat. assez réussie de la musique
désagréable de l'instrument.
PINA 8. f . — Bois de pins. V. pinô,
PINATAIRO (pinatéro) s. m. — Mar-
chand de bois de pin. Nom donné spé-
ciaicm. aux marchands qui fournissent
des troncs de pin pour étayer les mines
de houille.
DepinMm=pm, plus suff. aiVo, à*arius
(13, rem. 1), av. syll. inter«;alairea^ Celte
format., au lieu de la simple apposition
du suff., a lieu dans qq. noms de mar-
chands, peut-être pour les différencier
des noms de métier. Ainsi pign-airo^
peigneur, et pin-at-airo, marchand de
bois de pin ; pom-at-airo, marchand de
pommes, et non pom-airo; fer-at-tier,
march. de fer, et non fer-ier.
PINATO (pinalô); ap, Coch. PJNA
(pina) s. f. — Bois de pins.
Depiwwnî, av. suff. coll.«*^a y d'où pmèfa
en pr. etpinaye en oïl. Il y a eu substitut,
du suff. (5, de ata, au sens cpll., relié par
t, par analogie av. les dér. des mots ter-
minés en te (cp. charretée, de charrette;
assiettée, d*assiette). Pinatô répond à un
fr. pinetée. La forme de Coch. (qui doit
certainem. être prononcée pmd) parait
être le fr. pinaye, par confus, du suff. «,
ô, d'ata, av. le suff, aye, d'eta,
PINÇON (pinsson); ap. Coch. PINS-
SON s. m. — Piqûre d'insecte dans une
douve de tonneau. Coch. fait remarquer
qu'elle occasione souvent la perte du vin.
On dit souvent par pléonasme ina piqitra
de pinçon, mais on ne dit pas in pinçon^
en parlant d'un artison.
Du rad. qui a fait fr. pincer, av. suff.
on. Ce rad., à l'orig., signifiait pointe,
d'où chose qui pique, piqûre. Vén. pisza,
picotement, démangeaison ; sarde pizsu,
bec; gris, pizza^ milan, pi-^^, sicil. piszu,
it. pinso, aiguille. Même rad. dans le
holl. pitsen, haut ail. pfetze^i, pincer,
serrer, qui a donné fr. pincer; d'où In.
pi7içon ; mais il est singulier que pinçon
ait gardé le sens primit. du rad. coll.,
kym. pid, pointe. Il faut donc que le
souvenir du sens celt. ait persisté sous la
dérivât, romane.
PINÇONNO (pinson6) adj. des 2 g.—
Piqué des artisons, qui a des pinçons.
« Cela harilli è tota pinçonno, celte ba-
reille est couverte de piqûres d'artisons. »
De In. pinçon y av. suff. <5 (14 3»).
PINER (piné) v.n.— A Lyon l. Jouer de
la pine. —2. Pousser de petits cris aigus.
De même en Morvan, Vfr. pitieVf grincer.
De pine, av. suff. de la 1" conjug. Dans
le sens 2 les cris sont comparés au son de
l'instrument.
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310
PINS
PINSSON V. pinço7i,
"PI NT A VIN (pi nia vin) s. m. Pr. peto-
vin, mars, petatitif genev. pétnv'ni —
Framboise sanvage, ruhus caesius. Coch.
dit que c'est le vacciniiiyn de Virgile, ce
qui est évidemm. une erreur. Mais il est
vrai que le dph. peitavin signifie airelle
(Charbol). C'est parune singulière méprise
que Ghampollion le définit par « osier »,
car c'est dans le mss. de (^harbot que Gh.
avait puisé son glossaire.
Je crois, comme Gbar])ot, que le mot
primit. est pulo-rin, putidxim vinum^
mauvais vin, devenu pelo-vin en pr.,
comme piUa-pn à fait pr. et In. petafhi,
par affaiblissem. de la prot. Pintav>in est
une corrupt., sous je ne sais quelle Intl.,
peut-être sous celle de pinte, car la cor-
rupt. se fait souvent sans aucun rapport
do sens. La significat. primit. a dû ^tre
« airelle », parce qu'on fait du Vin d'airelle
fort acide
PINTORDA (pintôrda)s. f. — Pintade.
C'est pintade, av. ch. de a en ô (1) et
épenth. si commune de r (184 6», c).
PIO V. pia.
PIOCHAT (piotsà dissyll.) s. ni. Voi-
ron pichat — A Villefr. Pic-vert, pic us
viridis* Genev. piochât, si telle, sUta eu-
roptra.
De pioche, comme fr. pic parce que
l'oiseau pique le tronc ot les branches des
arbres. A pioche s'est ajouté le suff. dim.
at. Le nom représente donc » petite
pioche ».
*PIOCHON (piochôn) s. m. — Toute
petite pioche, servant au jardinage.
De pioche, av. suff. dim. on,
*PIOLA V. pioxtlô.
PiORD (piôr monosyl.) ; ap. Cn.h.
PIARD s. m. — D'après Coch. « Pic de
fer pour casser dos choses dures. On s'en
sert pour ouvrir la terre lorsiju'on veut
faire une fosse. » Le pinrd aujourd'hui
est une pioche qui n'a qu'un côté et qui
sert surtout à arracher les pierres.
C'est un dér. de j)/V, av. suff. germ. ard^
applicable aux noms d'objets. Si le mot
était moderne le c aurait persisté pour
lier le suff. Piard a été formé comme
pioche pour picoche, et In. piassi pour
picacia. Ola senil)le assigner à tous ces
mots UFie orig. fort ancienne.
PIOSSI V. piassi.
PIOT-DE-CHAUSSES (piôdechôsse) —
A Paniss. dans l'express. Marchi à piot-
dechaussi, marcher av. ses bas, sans
souliers.
Composé de piot^ pied du bas, de de et
de chausses. Piot est évidemm. tiré de
pedem^ mais est-ce In. pî, plus un suff.
ot f ou bien est-ce le masc. de piottc ? ou
bien encore est-ce pedem=:pie (26), av.
accroisaem. de la dipht. comme dans, le
fr. pied, puis transformat, de ë en o, de
même que dans le br. et le valais ê a été
changé en a, et pedem est devenu pia f
J'incline à croire qne piot est jn plus un
suff. Gp. ss.-rom. et Tarentaise pion, pied
de bas, où on est évidemm. un suff. ; dph.
pio (de pica + ot), dent de râteau. Piot-
de-chausses représente le fr. bas-de-
chausses, ainsi qu'on nommait ce que nous
appelons aujourd'hui simplem. des bas.
PIOTTA (piôta) ; à Lyon piotte s. f. —
Ss.-rom. piota piouta, Val. pyùta^ auv.
pioto polo, piém. piota, ligur. ciota —
Pied, jambe. Dans la plupart des dial. le
mot s'applique surtout à jambe d'animal.
Pr. piauto pauto, patte, grosse main,
gros pied.
Si le mot n'existait qu'en In. on pourrait
le croire importé de l'it. piota, plante du
pied, au xv«-xvi* s., mais il n'aurait évi-
demm. pu pénétrer dans des pays si
divers, (^omme le fait justem. remarquer
M. Groeber. il ne doit pas être confondu
av. les mots dér. de plautus planta (v.
piota), quoique les uns aient certaiuem.
influé sur les autres. Je crois qu'il faut y
voir pedem =tpi (25) plus un suff. dim.
otta. La disparit. de l'yotte dans certaines
formes s'expliquerait, suiv. M. Groeber,
par l'infl. de patte ^ pr. pato.
PIOUGNAIRO v.pignairo,
PIOUILLI-SARPINT y.épulli'Saiyint.
J/étym. est appuyée par le Jura piau-de-
serpint, même sens. Peau-de-serpent
est devenu à Genève, par une singulière
corrupt., pou-de-serpent.
PIOULO (pioulô dissyl.) PIOUTO
(pioulô); ap. Coch. PIOLA v. n. — Ne
s'emploie que dans cette express. A ne
pout plus pioulô, il ne peut plus parler,
il a une extinction de voix.
Douna m'en p6 de peo, ne poyou plus pi'o/a.
« Donnez-moi un peu de pain, je ne
puis plus articuler. » (Chap.)
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PIOU
311
C'est le îr. piauler, av. passage de au
à ou (73) dans la forme pioulô, et de au
à 0 (75, rem. 1) dans la forme de Goch.
Pioulô est formé sur i'onomat. des oi-
seaux : piou, av. suflf. ô, relié par t
(14 10).
PIOUSTRO (pioustro dissyl); à Lyon
p tous Ire s. m. — Gros rustre, homme
grossier, pataud.
Je crois le mot un simple assemblage
de syll. péj. Gp. d'autres mots formés
dans le même goût : pistoufîe^ mastoque,
pouffiasse. Le fait est que l'audit, de
pioustro suffit à elle seule à donner l'idée
du personnage en vue.
PIOUTO V. pioulô.
PIOUTRO (SE) (pioutrô dissyl.) v. pr.
— Se mettre beaucoup de boue ; aussi se
vautrer dans la boue.
De piautra, av. suff. ô (14 3o). Pas-
sage de au k ou (75).
PIPOR Y.piapor.
PIQUA-BISI (pikabizi); à hyon pique-
bise s. f. — Chapeau d'ecclésiastique.
De ce qu'autrefois les cornes de ces
chapeaux étant fortem. relevées, comme
encore aujourd'hui en Italie, la corne de
devant était censée fendre le vent.
PIQUA-ROGNON (pikarognon) s. m. —
A U.-de-G. Nez.
Franchement que la Démoly
S'aura Tioulé sur votre lit...
0 faut crachi voure, ou sinon
T^arrache ton piqua rognon.
« Fi'anchement, la Démoly — Se sera
vautrée sur votre lit... — Il faut donner
de l'argent tout de suite, ou sinon — Je
t'arrarhe le nez. » (Due Bib.) .
D'un jeu forez, appelé picaronio piqua»
rognon, et dans lequel un joueur, armé
d'un petit piquet, en poursuit un autre, en
le piquant dans le dos. De là le mot de
piqua-rognon, employé familièrem. pour
nez, considéré comme objet propre à rem-
placer le piquet.
PIQUE-PRUNE s. m. Dph. croqua-
pruna — Tailleur.
l'amarin mieu te vey auey Teulie à la nian
Et tout en la piquan, de croqua la pruna.
« J'aimerais mieux te voir avec l'ai-
guille à la main, — Et tout en la piquant,
croquer la prune. » [Dialogou, pat. dph.)
Il m'est impossible de comprendre
l'allusion, réelle cependant, car pique-
prune est presque universel. Pique, ici,
veut dire prendre; de même l'oiseau
« pique » le grain pour le manger. La
forme croqua-pruna écarte l'explicat.
stercorale de Jônain : c parce que les tail-
leurs sont exposés à piquer, dans les
vieilles chausses, certains fruits secs de
la malpropreté » ; sans compter que les
raccommodages de culottes sont le fait
des ménagères et non des tailleurs. Le
saint, appelle aussi le iSLÏiieur pique-potiil
(pique-pou). Je ne comprends pas davan-
tage l'idée.
PIQUER LA V. piquerna.
PIQUERNA (pikèrna) PIQUERLA Pl-
CARLA s. f. For. piquerna picarna, pr.
piquerna — Chassie. Alp. pikerno, cé-
cité chez le chamois.
De pica (pour pix), dans lequel c est
resté dur devant le suff. (cp. vin. bocca,,
baiser, de bucca; In. picà, de pic ; vin.
bicSL, de bec etc.). Le suff. erna est pr.
(cp. bolerna, suberfia, buerna). Sur le
senscp. fr. cire, chassie. Le fr. a vu de la
cire où le pr. et le In. ont vu de la résine.
L'étym. est confirmée par l'arm. pikouz,
chassie ; pikouz, chassieux ; de pèk pég,
poix. La forme piquerla montre que le
ch. de n en l peut se produire sans les
raisons de dissimilat. qui le motivent
dans tous les mots fr. où on le constate
(cp. orphaninum = otyhelin etc.) Dans
la forme picarla, ch. de e en a sous infl.
de r (24).
PIQUETTA (pikéta)s. f. dans l'express.
A la piquelta dou jor, à la première au-
rore. A Lyon à la piquetta du jour;
berr. à la piquotte du jour ; rch. dès le
picquet du jour.
De picô, piquer, av. suff eita, Gp. fr.
la pointe du jour.
PIRAFEU (pirafeu) ap. Goch. PIRAFI
s. m. — Poudingue, concrétion de gra-
viers liés ensemble, formant une roche
très dure, et très commune aux environs
de Lyon.
C'est un assemblage hybride de pat.
pira, pierre et de fr. feu : pierre-à-feu,
qui se dit aussi du silex. La composit.
pat. serait pirafuè. Je ne connais pas la
forme de Cocli. et ne comprends guère
focum = /î,
*PIRAFI V. pirafeu.
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312
PIRA
PIRANT (piran) s. m. — Carrière de
pierres. Nom donné spécialem. aux car-
rières d'où l'on extrait les pierres pour
ferrer les rouies.
Le suff. indique une format, non sur
pira, de peb'a, mais sur un v. 'pirô
€ empierrer *, qui existe probablem.,
mais que je n'ai pas eu occasion de con-
naître. Pirant serait le partie, présent
de pirô^ pris substantjvem.
*PIRASSAIT y.pirassé,
PIRASSÉ (pirassé); ap. Coch. PIRAS-
SAIT s. m. Ss.-rom. peirasset — Persil.
De 'pett'(ojselum pour petroselinum,
l'accent grec de TrrrpoceXivov ayant sup-
planté l'ace, du lat., ou, pour parler plus
exaclem.. le mot lat. ayant dû avoir tou-
jours, en dépit des dictionnaires, Tacc.
et les quantités du grec dont il était tiré.
Ch. de e bref init. en i (25); chute de t
(164 3«). On a pirsé. Le groupe rs étant
d'une prononciat. incommode, a inséré
une voy. d'appui. On est étonné au
premier abord que / fin. ne se soit pas
vocalisée (131 2»), et qu'on n'ait pas eu
pirasseu, passé à pirassu. Cela provient
sans doute de ce que le mot n'ayant pas
de pluriel, VI n'élait jamais suivie d'une
coris. La fin. ai dans la forme de Coch.
n'est qu'une graphie pour è.
PIRASSELLA (pirasséla) s. f. — Ciguë.
G'es% pirassé, persil, av. suff. ella pour
former le fém. La ciguë a, en effet, beau,
coup de rapports de forme av. le persil.
PIREROU V. peirerou,
PIRO-GLORIOT (pirùgloriô) ; à Morn.,
Yzer. PIRO-GLORIOUS (pirùgloriou) ; à
Lyon pireglorieiux: s. m. — Loriot.
Corrupt. fort drôle de compère-lonot,
ancien nom du loriot. Compère a d'abord
été réduit à pèro, qui s'est transformé en
Pierre, nom d'homme = Piro ; puis
loriot est devenu gloriot, c'est-à-d. gloire
av. un suff. ot ; puis glorious, qui veut
dire glorieux. Lyon dit aussi glorieux^
mais l'idée du nom propre d'homme n'a
pas été lue dans le mot pat. Piro, et
après avoir été en pat. un Pierre glorieux,
le loriot n'est devenu en phonét. d'oïl qu'un
pire^glorieiicc, le « pire des glorieux ».
PIRO GLORIOUS v.piro-gloriot.
PI ROTA (pirôta) s. f. — Petit caillou,
petite pierre.
De In. pira, pierre, av. suff. dim. ota,
'PIROU (Pirou) s. m. — € Pierre,
nom propre. » (Coch.)
Je crois celte forme inexacte. Ou, sans
doute, n'est pas accentué, et ou fin. posi-
ton., n'est pas In., du moins depuis le
xvii« s. Coch. aura emprunté cette forme
au for. La forme In, est Piro, de Petrus,
par ch. de e bref en i (36) et de tr en ti"
(164 3-).
'PISI (pizi) et PISIA (pizià) v. a. —
Coch. donne ces 2 formes en expliquant
que la !«•• veut dire « piser », battre la
terre pour des murs en pisé, et la 9*
« fouler (en général) ». Je ne le crois pas,
car pisia parait être .simplem. le parti-
cipe archaïque de pisi. Bien que Coch.
donne dans son vocabul. qq. infinitifs In.
en ta, il fait .sans doute confus, av. les
participes, car l'infinit. archaïque des
verbes en yl était cartainem. en yé.
Quant au sens, pisi est aujourd'hui fré-
quemm. employé dans la montagne av. la
signiûcat. « d'Écraser, mettre en morceaux,
piler ».
Gomme j plus are =. 20 et non zl (15
3», rem. 3), je suis porté à croire qu'à
côté du lat. pissire, il y a eu en lat. vulg.
une forme pisiare, qui a donné pisi
(151-).
* PISIA v.pm.
PISI-SAU (pizissô) s. m. — Mortier.
De pisi (v. ce mot), fouler, piler ; et
sait, sel. Littér. « pile-sel ».
PISO V. sous pisi,
PISSE-VINAIGRES, m. — Épine-vinette,
berberis vulgaris,
Corrupt. fort étrange d'€pine-vi7ietie. Le
goût acide des baies a fait d'abord trans-
former vinette en vinaigre ; puis épine-
vinaigre ne voulant rien dire, on a com-
pris que de manger de ces baies faisait
uriner acide. D'où pisse-vinaigre.
PISSE-ZIU (pisseziu trissyl) ; à Lyon
pisse-syeux s. m. — Libellule, agrion
vierge.
De la croyance peu fondée que l'insecte,
pour se délivrer de la poursuite de
l'homme, lui seringue dans les yeux une
liqueur corrosive.
'PISSIA (pissia) s. f. — Ondée, averse.
De pissl verbe, av. suff. a. d'ata, Inu-
tile d'insister sur la métaphore.
PISSOIRI V. pissouéri.
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PISS
313
PISSOUÉRI (pissouéri trissyl.) : ap.
Coch. PISSOIRI s. f. Lim. pissorol —
Canule de bois sous un cuvier à lessive,
ou sous un vaisseau qconque, et aussi le
conduit par lequel découle l'eau d'une
fontaine.
Formé sur pissiy pisser, av. suiï. fr.
oire, passé à ouéri (cp. 42 3"), le pat. ne
supportant guère le son oi. En réalité
c'est un fr. pissoire. Une format. In. eût
donné pissu)n(3S),
PISTOLA (pistola) s. f. — Monnaie de
compte dont l'usage est presque perdu, et
qui représente dix francs. Celo hou m*a
cota quaranta pistoles « ce bœuf m'a
coûté 400 fr. ».
Ce chiffre de dix francs est la valeur
officielle, au xvn* s., de la monnaie d'or
espagnole qui avait cours en Franc;», et
qui, à ce qu'il semble, s'était singulièrem.
répandue dans les campagnes, car on
trouve partout le mot, av. la même va-
leur. Dans mon enfance, on comptait
surtout par écus (de 3 livres).
PISTOU FFLE(pistoufle}s. m.- A Lyon
Un gros homme essoufflé. Par extens. un
gros maladroit, lourd. L*express. s'emploie
surtout av. l'adj. gros : un gros pistouffle.
Pr. petoufiaSy grosse femme.
Assemblage de syll. péj. exprimant la
lourdeur et l'essoufflem. Le mot essoufflé
a dû influer sur la format. Gp. norm.
patoufy même sens. Il semble que, dans
pistouffle ist soit l'onomat. de la poitrine
qui siffle pendant ra«piration, et oaffle
celle du bruit de l'expirât.
PITAFINO V. petafinô.
PITAUD (pitô) s. m. — Enfant trouvé,
mais appartenaat à l'hospice de la Cha-
rité.
Rien de commun av. fr. pitaud, rustre,
grossier; mais du rad. de In. pitit, petit,
av. suff. péj. aud, de wald. Même format,
en Gévaud., mais av. un autre sens ; pi-
taud est au contraire un terme de ten-
dresse pour un tout petit enfant. Peut-
être s'y est-il joint l'idée de pietatem t
PITIOLO (pit-iolô trissyl.) v. n. For.
petiôtouna— Faire des enfants.
De In. pidt « petit », av. suff. fréq. olô.
Littéralem. « Faire des petits ».
*PJTRO V. peiro.
PITROGNAJO (pitrognàjo) s. m. —
Action de pitrognï. k Que pitrognàjo,
quelle façon dégoûtante de manier! » Au
fig., .«t'applique à l'objet lui mi^me en par-
lant de boue, de saleté. « Avouai ce
redoux^ o v'è qu'un pitrognàjo, avec ce
dégel, tout est en boue.
De pitrognXyh. av. suff. ajo, d'aticum.
PITROGNI (pitrôgni) s. f. — Boue
adhérente, généralem. av. sens péj. Coch.
dit « ordure », sens que je ne connais
pas.
Subst. V. de pilrogm.
*PITROGNI (pitrognl); à Lyon pilro-
gner v. a. Vosges potrégni patrougnie.
— Patiner de façon malpropre et gros-
sière. Coch, donne le sens de « gadouer »,
que je n'ai jamais vu employer. « Pi-
trogne don pos çu pan comme icinqui,
touche donc ton pain plus proprement! »
Du rad. de *pisturire, fr. pétrir ^ av.
suff. fréq. et péj. ogn\. Ou a pistrogni
passé à pitrôgni (166 ^).
PITROGNON(pitrognon) s. m. — Indi-
vidu qui manie grossièrem. les o!)jets ,
au flg. un grossier maladroit.
De pitrognl Y. f av. suff. on,
PITROGNU, USA (pitrognu, uza) s. et
adj. — Homme ou femme qui fait mal-
proprem. les choses. « Cela cuisiniri è
franc pitrognusa, cette cuisinière est
tout à fait malpropre ».
De pitrôgni vb., av. suff. u (34 bis).
PIVA (piva> s. f. — A Paniss. Pie.
Depica, nom lat. de la pie. Ch. de c en
yotte. On a piya: l'yotte a servi de cloison
entre les 2 voy. et a empêché l'ace, ton.
de se porter sur la 2« voy. (51) ; puis, pour
rompre l'hiatus, on a inséré un t? (cp.
paeonia = pi\v\oine). Toutefois je ne
connais pas d'autre ex. d'insert. de r
après la ton., si cd n'est dans gla{d)ius
=zglai[v]e. Cette étym. paraîtrait peu vrai-
semblable si l'on n'avait pas l'ex. de In.
pica « pioche », aussi de pica; de pr.
pivo, à côté de lim. pïo, poit. pue « dent
de peigne ou de râteau », également de
pica; et de pr, pivo, saint, pive, « bou-
vreuil », du môme rad. Sur pive le saint,
a forgé pivier pour pluvier.
PIVA (piva) PUVA s. f. — 1. Piochf;
pour la vigne. 2. Pioche de mineur.
Trciita séi plus buliaul que lu jus de U cuvo,
Gortaiid, que fil crecî lo niaugo de sa puva ..
« Trente fois plus bouillant que le
37
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314
PIVO
moût, — Gortand, qui fait craquer le
manche de sa pioche... » (Per.)
De pica, de pic. Sur la format, v. piva
«pie». Dans la forme puva, i a passé à
u sous l'infl. de la lab.
*PIVO (pivo); à River., la Rajasse
PUVO (puvo) s. m. Vpr. pibol, for. piva,
pr. pibo pivo, Igd. pibou pivou piém.
piovo — Peuplier noir.
Ces formes av. i représenteraient po-
pul(u)m s'il était possible d'expliquer le
passage de d (= ou) à t, ce que je ne
crois pas. On trouve bien en pr. des ex.
du ch. de o fermé en t, et encore plus du
ch. de u en t ; !• b. \im. idoula,(ululare),
tUonr (tutorem), sizor (sudorem) ; de
même en In. on trouve rijola, coquelicot
(ruheola); pilhot, poussin (pullum +suff.
ot). On pourrait supposer, pour plus de
facilité, un 1*' passage de o fermé à u (cp.
pr. sufiHr = sofrir; Rudergue = Roder-
^Me),puis un 2«, de M à t. Malheureusem.
les ex. que je connais ont o fermé àlaprot.,
et peuvent ainsi s'expliquer par un besoin
de dissimilat. Ce motif ne peut plus être
invoqué pour popw/wm = piro, Vo atone
et Vo tonique ayant des sonorités très
différentes. Il faudrait, pour tirer des
conclusions, posséder des ex. dans des
conditions identiques h pivo, et c'est ce
qui fait défaut. Les iormes av. la voy.
rad. i se rencontrent d'ailleurs dans trop
de dialectes (cp. Igd., mars, piblo ; dph.,
Igd. et lim. pible ; périgourd. tible^ gasc.
bieule) pour qu'on puisse les expliquer
par des except.
On se trouve ainsi amené à supposer
un lat. vulgaire *pipulum qui servirait
de clef aux formes citées ci-dessus, piblo
etc. {pip{u)lum) et aux formes pibol pivo
etc. {pipul(u)m). Le passage de pipuluyn
à pibol, puis à pivo, s'explique par ce
fait que dans les dialectes pr. du sud, il
arrive souvent l'inverse du fr., c'est-à-d.
que, dans les proparoxytons masc, il
arrive que la l»» post-ton. persiste et la 2^
tombe. On trouve souvent les deux trai-
tements pour le même mol : omne (hO'
m{i)nem) et omen (homin{e)m) ; Joune
Uuv(e)nem) et Joven (Juven{e)m) ; asne
(as{i)num) et asen (asin{u)m); eble (eb(uy
lum) et evol {ebul{u)m) ; folgre (fulg(e)-
rem) et folzer (fulger(e)m); oscle(osc(u)'
lum) et oscol (oscul{u)m); et pour
prendre un ex. encore plus rapproché que
ceux-là, que j'ai empruntés à M. Chaba-
neau, pueble « gens » (pop{u)lum) et
pobol {popul(u)m).
Si l'on admet le b. lat. *pipulum, rien
deplusrêg. que le vpr. pibol, rédait à
pibo pivo par la chute de / fin. dans le
pr. et le In.
Quant à puvo, comme o bref libre ne
donne jamais u, il serait pivo passé à
puro sous infl. des lab. p-e.
PIVOLA (pivola) s. f . — A Mom. Kn-
droit planté de peupliers.
De pivolo, peuplier, av. suflf. ata = a,
qui a remplacé pour qq. mots le suflT. coll.
eta (V. pinatô). Le passage de a ko (1)
est sans doute appelé à s'effectuer, et Ton
aura pivolô,
PIVOLO (pivolo) s. m. Alp. pibour —
Peuplier.
Depitjo (v. ce mot), av. suff. olo. Ce
suff. est pr. et le mot aussi.
•PIZAY forme donnée par Goch. pour
pisé. Il ajoute : « La rue Pizay à Lyon
tire son nom des premières maisons qui
y furent bâties dans ce genre. » Il est
sans doute revenu sur cette opinion, car
dans le Guide à Lyon (1828) il dit « qu'elle
tire son nom de Ph. de Pizeys, qui y possé-
dait la maison de Pizeys, en 1538». Inutile
de dire que cette opinion est mieux fondée
que la première.
*PLAGNI V. plana.
*PLAISSAIT V. plaisseis.
PLAISSEIS (plessè) ; ap. Coch. PLAIS-
SAIT s. m. — € Bois plié à une certaine
hauteur pour former démarcation. «(Coch.)
La définition « bois entrelacé i serait
plus exacte.
Ce mot n'est plus usité à ma connais-
sance. Vpr. plais plaissa, haie, taillis ;
vfr. plaissiez plesseïs, clos, parc fermé
de haies. Morv. pléchd, tige ou branche
d'arbre qui a ^té couchée vive pour la
clôture d'un héritage.
De plexus, av. suff. icius, suiv. Diex^
mais M. Foerster fait observer av. raison
que plexus ne peut donner ai init. Or, si
pour le fr. il est difficile de savoir si la
forme est eis ou ais, le pr. prouve que
cette dernière est la vraie, et qu'il faut un
a dans le type étymolog. M. Foerster le
tire d'un type plaxum plaxUum plaxi-
tium, d'orig. inconn.
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PLAF
315
PLAIVE V. plaivi.
PLAIVI (plôvi) à Grap. ; à Morn.
PLOivi (ploïvi) ; à Lyon PLAIVE ; ap.
Coch. PLÉVI s. f. Valais plaive plêve —
Pluie.
Que vo-x-aria don vu de biaui-z-«(ère,
Sinla plaive j qu*a tôt patafloa.
. « Que vous auriez donc vu de belles
choses, — Sans la pluie qui a tout abimé. »
{Chans. de Revér.)
De plnvia, L'yotte est certainem. la
cause de la dipthon^^ais. de la syll. init.,
mais comment u bref + yotte est-il devenu
ai dans les formes de Grap. et de Lyon ?
La forme de Morn. est rég. Gh. de u bref
en 0 (84). Fin. i (54 !<>).
PLAN (plan) s. m. — Moyen, chance
de succès.
Libros, ditciplinô, rejoTs, vertueux,
Fut toujours le vray plan par faire des heureui.
« [Être] libre, discipliné, gai, vertueux,
— Fut toujours le vrai moyen de se
rendre heureux. » (Hym.)
De fr. plan, au sens de projet d'archi-
tecture, dessin. La dérivât, est probablem.
celle-ci : planum, i. surface plane;
2. dessin tracé sur cette surface pour être
exécuté; 8. dessin, projet en général;
4. moyen en général.
PLAN ^plan) adv. li. piano — 1. Dans
la locut. Allô tôt plan-plan, aller tout
doucem., au propre et au flg. It pian-
piano, tout doucem.
De plAnum, uni, doux, pris adver-
bialem. Le pat. a qq. adjectifs pris pour
adv., sansaddit. de suff. G'est la format,
allemande.
2. Dans la locut. O t/ a plan, o y a p6s
plan, « il y a moyen, il n'y a pas moyen ».
G'est plan subst. (v. ce mot), au sens
de moyen, pris adverbialem.
*PLANA (plana) 'PLAGNI (plagni; s.
f. — Plaine.
De pZana, pour la forme plana, mais
la forme 'plAgni suppose un 'planea
(148, rem. 3). c Dans un acte de 1301, ce
mot est déjà employé. Hist. du Dauphiné
par Valbonnais t. 2 p. 95 : plagnie. »
(Goch.) — Plagni est, à ma connaissance,
le seul aujourd'hui en usage.
PLANCHI (planehi) s. f. dans l'express.
La planehi de los pis, la plante des pieds.
A Lypiî (a planche des pieds. Rch. planque
de^ pieds.
Le rad. est celui de plante dans planté
des pieds, c'est-à-d. plat plan, mais il
est probable que planche des pieds a été
substitué à plante des pieds lorsque le
mot de plante n*éveillait plus l'idée d'une
chose plate, mais seulem. d'un végétal.
Le mot de planche au contraire répondait
à l'idée en vue.
♦PLANÇONS ("planson) s. m. pL —
1. D'après Goch. • Branches de saule, de
peuplier qu'on a coupées pour planter. »
Je n'ai jamais entendu appliquer ce mot
qu'aux jeunes plants de légumes qu'on
repique. Mais la définit, de Coch. se
retrouve dans Littré. — 2. s. m. Outil de
bois qui sert à faire les trous où l'on
pique les plançons.
Du b. lat. plancionem (pour plantio-
nem), de planta. L'yotte est tombé comme
dans leçon, de lectionem. Le genev. a
planton, même sens, formé sur plant.
PLANI (plani) s. m. It. pianura —
Terrain plat sur une montagne, sur un
escarpement.
De 'planile (v. plogni).
N. de lieu, la rue du Planit,k S^^-Foy-
lez-Lyon.
•PLANOT (planô) s. m.— Madrier épais.
Dep/anum, av. suff. rom. ot. Planot
c pièce de bois aplanie ».
*PLANTI (plantl); à Lyon plantier s.
m. — Nom d'une vigne jusqu'à l'âge de
3 ans.
D^ plant, av. suff. î, d'artw* (18).
PL ASTRE V. platro.
PLATE (plate) s. f. — Bateau à laver.
De fr. plate ^ parce que ces bateaux,
couverts, en terrasse, sont absolum. plats
et carrés.
PLATET (plate) vin. s. m. Ss.-rom.
pllatet pllati — Petit plat, assiette,
Pierre Gilet apportave uu platet.
« Pierre Gilet apportait une assiette. >
(Noël XVI" s.)
De fr. plat, av. suff. dim. et.
♦PLATRO (platro); vin. PLASTRE s.
m. — Place. Le Piastre S^-Pierre, le
Piastre de la Guillotière (place qui était
au bout du Pont), anciens noms de places
à Lyon. La place du Plâtre existe encore.
y>'empl9istum, qui a fait emplâtre et
par extens. pavement, sous la forme vfr.
plais tre, Ghute de s (166 2*) ; épenth.
de r (184 6«, c).
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/
316
PLES
PLESSIEREvln. v. sous peyssiere.
PLÈVI V. plaivi.
PLIO V. plot.
PLOGNI (plogni) s. m. — A Rive*', et
aux enviions Petit pré non arrosé, attenant
à une habitation, et qui sert à faire paître
les chèvres et les brel)is quand le temps
est menaçant ou qu'on n'a pas le temps
de mener plus loin paîlre le bétail.
De 'planile, de plana, av. suflf. ile =
i(/) (cp. courtil, de cartile). A River, etc.
n se mouille toujours devant t. Quanta
la dérivât, de sens, il faut remarquer que
les fermes étant généralem. construites
dans un endroit plat, l'emplacem. voisin
l'est aussi. Mais le mot ayant pris un sens
particulier, il ani\e parfois que le p/o^/ni
est en pente. Ce mot est une exception en
ce sens que )i mouillée n'a pas empêché
a de passera o (9 2»), mais l'infl. de n a
cependant rendu o un peu bref, au lieu de
6 long ordinaire. En Gév. on a de même
montogne pour montagne.
PLOivi V. plaivi.
PLOMOCH E (plom6che) s. m.— Panache.
hi plomôche ratu ly batsé su la face.
• Un plumage rongé lui battait sur le
visage. » (Mèn.)
De fr. plume, av. sufT. ache, paranalog.
av. fr. panac?ie. On devrait avoir p/uma-
che, mais ti fr. est devenu o dans les dér.
(cp. plomures).
PLOMURES (plomure) s. f. pi. Morv.
pleumeures — Pelures, épluchures. Eure
plumer, netloyer, ratisser.
Etpeiôz-vo lo satisfaire
Avoué (Je p/ofnurf« d'ugnou ?
« Espérez- vous les rassasier — Avec
des pelures d'ognon ? » {Bué Bih.)
Dep/Kwjar^,av.suff.coll.rom. ures^ les
pelures étant comparées à des plumes que
Ton arrache. On devrait avoir plumures^
passé à plomures, peut-être par dissim.
Cp. rch. pleumer, enlever la peau des
fruits.
PLONI (plôni) s. m. — A Yzer. Petit pré
dans le voisinage immédiat de l'habitat., à
Tusage exclusif du porc, les bestiaux
refusant de brouter là où a brouté le porc.
Le même que plogni^ de planile, av.
cette seule différence que n ne s'est pas
mouillée, ce qui tient à la phonét. d'Yzer.
*PLOT (plô); vin. PLOT; m. lat. de
Lyon PLIO s. m. \. Étal de bois sur
lequel le boucher coupe la viande. —
2. Billot, gros bloc de bois, en géoeral.
Lourd comme un plot, se dit à Lyon
d'un homme pesant. Vpr., pr., Morv.
plot, billot. —3. En vin. Affût massif des
pièces d'artillerie de position. 1452-54 :
« Acquisition de plots de bombardes. »
{Inv, de la C.)— 4. Encore en vin., Billol
recreusé et formant tronc, dans le texte
suiv. 1434-36 : « Sommes trouvées dans le
plot des pardons... » {Inv. de la C.) —
1445-53: « Paiement fait à maistre Guichani
le serrurier pour les serrailles et ferrures
de six plos de fus te, lesqueulx ont été
faiz pour les cadres et pour recueillir le.s
aumônes qui leur seront données ild.) —
5. Sorte de très grosse serrure qui parait
avoir été en bois fort épais, recreusé el
garni de ferrures (dans les campagnes de
rOrléan. il existe encore beaucoup de
serrures en bois). 1517 : t A la tour nove. ..
Avoir rabillé un plot et y avoir mis un
anneau de fer... Avoir rabillé le p/o< de
la porte de la tour du Blanche t.. . Avoir
levé le plot du bas de la dite tour et la
porte pour entrer en icelle des Ecloisons,
y avoir fait une clef et rabillé le àïiplot...
Un plot avec sa clef pour la porte S*-Vin-
cent... deuxp/or^ mis aux portes des deux
tours étant sur le port de rue Neuve. »
{Arch. m.) — H n'est pas possible d'ad-
mettre que toutes ces portes, qui n'étaient
pas publiques, eussent des troncs pour les
pauvres. Ces textes sont d'ailleurs pleinem.
éclairés par le suiv. 1372 : « Centum ser-
ralias vocatas plios de fusta... » [Inv.
d'un serrur.) — M. do Valons, surpris
par ce mot de « serrure de bois », s'est
contenté de traduire par « cent serrures
dites plioz. »
D'après Borel le vfr. pal [î) plot signi-
fiait tronc placé à la porte d'une église
pour recevoir les aumônes. Ss.-rom. pllo
plot, bloc de bois, billot, tronc d'église.
Dph. plot, gros billot. M. Mistral propose
pluteum, planche, mais il aurait donné
plossi. On trouve en kym. ploCy billot,
et en irl. ploCt billot, gros tronçon. Ces
mots n'ont pas été empruntés au roman,
car p celt. ne vient pas de h, et il n'est
d'ailleurs pas présumable qu'un même
mol roman ait pénétré dans les deux
branches celt. Autre indice, le mot
n'existe pas en armor. où il aurait pénétré
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PLOT
317
tout d'abord. Le remplacem. de c fin. par
t dans p/o^ aujourd'hui p/o, n'aurait rien
d'anormal, car le fr. a blot pour bloc. Le
même rad. paraît se retrouver dans le
germ, b. ail. plukk, bloc, bûche. En
tous cas les mots celt. conviennent à
l'étym. On trouve aussi en gaël ploc, «une
vçrosse masse ronde, une très grosse
télé, une grosse motte >', qu'il faut sans
doute rapprocher.
PLOT A (plota) s. f. —Patte d'animal,
pied d'un meuble, d'une chaise, d'un banc,
d'une table etc. Pr. platito plautro,
trace du pied dans la boue, gros pied,
patte ; dph. planta, patte d'animal;
it. piota, plante du pied, motte de ^erre,
•çazon; milan, pioda, dalle; comasque
ploia.
De l'ombrien plotum plauium, dans
Festus : « Plofos appelant Umbri pedibus
planis {ap. Diez). » D'où des demi-sanda-
les nommées semiplotio. (Fest., ap. Bug-
ge). Ce plota est dér. du sens, de « plan-
te du pied » à celui de « pied » et a donné
l'it. piota, pied ou plante du pied. Piota
est phonétiquem. conforme â notre plota.
Pr. plauto signifie à la fois « trace du
pied dans la boue » et c gros pied, patte >.
M. Flechia mttache â plautum le modén.
/o^ motte de terre! Il est probable que le
rad. qui a formé planta est le môme que
celui qui a fait TrXarrv; et plat.
PLOTET (plotè) s. m, — Terme de
maçonnerie lyonnaise. Brique épaisse et
courte de O,llo 8ur0,2ia« sur 0,05«.
De plot, av. suflf. dim. et. De ce que
cette brique, grosse et courte, ressemble â
un billot, en comparaison des briques de
galandage, qui ont 0J5» sur 0,80° sur 0,03'.
PLOURE (ploure) v. impers. Vpr.
ploure, dph. ploiirre — Pleuvoir.
De plxi(e)ve, Ch. de u en ou (34) ; chute
de e (52). Plus régnl. que fr. pleuvoir, où
pluere a été transformé en pluere,
PLUVIGNASSI y.plutig7v.
*PLUVIGNI (pluvignf) PLUVIGNASSI
(pluvignassf) ; à Lyon plumgner v.
impers. It. piovigginavey piém. piiivsinè,
fr. pleuviner — Se dit d'une petite pluie
tine. O pluvigne, o pluvignasse, il pleut
légèrem. Plus loin on dit molliasst.
De ÏT» pleuvoir , av. sulT. igni, fréq. et
dim. (cp. égratig7ier, de gratter), dans
pluvignX. Dans pluvignassl, addit. d'un
2* suff. a$s%, péj. Le cb. de eu init. en u
se retrouve dans tous les mots tirés du
fr.
POBLO (pôblo) à Morn., à Grap. PU-
BLO (publo; ; à Villefr. PÈBLE (pèble) s.
m. Poit. pouble — Peuplier.
De pop[u)lum. Ch. de pi en bl (164 "«j
O fermé = u dans la forme piiblo est dû
à la phonét. de Crap. (34). Dans la forme
pèble, é est la réduct. de la dipht. d'oïl.
eu.
POCHARLA V. pocher la.
POCHERLA V. bocherla,
POCHI (pochi) à Morn.; à R.-de-G.
POUÈRE fpouère dissyl.); à Grap. PO-
VAI (povô> V. n. — Pouvoir.
A remplaçôve alor par la trc^isièma ré,
Par pouin se sortsi de dessus lo paîé.
c II remplaçait (au service militaire)
alors pour la troisième fois, — Pour pou-
voir se tirer de la misère. » (Gorl.)
De potere pour posse. Dans la forme
de R. de-G. chute de t (135) ; d'où poére
(70) pouére. Dans la forme de Grap.
inserl. de r, comme dans fr. pouvoir ;
e long = ai (18). La forme de Morn. est
due à des infl. analogiques que je ne sais
pas découvrir. Les temps de ces 3 verbes
se mêlent très souvent, et tel qui dit
poval à l'infin. dit souvent pochu au
partie.
*POCHON (pochon) s. m. — Pâté
d'encre.
De fr. pochCy tache (wal. poché, tache,
souillure), av. suff. on. Orig. germ. Ags.
poc^ angl. pock, holl. poche, pustule,
chose gonflée ; nor. poki, poche. De «pus-
tule » l'idée s'est étendue â celle de « plaque
noire», d'où pochon, et poc/*er un plan,
en architecture, le passer au noir foncé ;
pochonner, en peinture de bâtiments,
re'.oucher des peintures en les chargeant
aux endroits usés, et enfin pochade,
peinture faite en façon de taches.
POCHU (pochu) part, passé de pochi.
Ma mère me chantait un vieux noël (?)
que je n'ai jamais vu imprimé, et où .se
trouvait le couplet suivant :
Uiia banlana île lr(s ans,
Qu'élidve larfli) comme !• maii,
Et le yxoMX que la suivoiivont.
Le puze que picotovonl !
De Iota la nuit
Je ii*ai ren pochu doriri.
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318
PODE
« Une punaise âgée de trois ans, —
Qui était aussi large que la main, — Et
les poux qui la suivaient, — Les puces
qui piquaient ! — De toute la nuit— Je n'ai
pu dormir. »
Formé sur pochi, av. suff. u comme
dans les verbes de la 3* conjug. fr.
PODEFER (pôdefér) ; ap. Goch. PAU-
DE-FER s. m. Pr. paU'ferre, Igd. pal-
fer, auv. paurfer, gén. paefaero —
Presson, pal de fer pointu, dont on se
sert pour planter les échalas. Béronie fait
remarquer que le palfer pa-oufer, en
lim., est une barre de fer aplatie par un
bout; c'est ce que nous appelons pr^^^on;
notre podefer est simplem. un pieu
pointu.
De pal-de-fer, av. vocalisât, de l (121
2"). On & pau'de-fer^ dont au a passé à o
(75, rem. 1).
POGAGNOUS V. poganous.
POGAL vin. —Anguille de mer. 1358 :
« Item 1 millier d'arengetde rigoz corans
paiera .j. gros ; et pogal, anguilles et
atres gros peissons salas paiera per cent
peissons .j. gros. » (Tar. de la V.)
Le pogal est aujourd'hui à Palavas
la pougau s. f. que M. W.-Gastelnau
traduit, un peu vaguement, par « grosse
anguille fine ». J'ai de forts doutes sur
le genre, au, évidemm. ici d'aZi*, étant
toujours masc. en pr.
, Étym. inoonn. — Les Provençaux
avaient emprunte aux Grecs un très grand
nombre de termes de marine et de poche,
nôxoç signifie peau. Auraii-on eu en vue
ce qui fait la caractéristique de l'an-
guille, une peau si dure et si solide que
les Romains la découpaient en lanières
pour en faire des instruments de flagel-
lation ? Sur no xo; on aurait forgé un b.
lat. pocalis, qui devient en pr, pogal
pogau. L'anguille serait donc le poisson-
peau [îî)
POGANOUS. OUSA (poganou, ouza)
POGAGNOUS, OUSA adj. — Gelui qui a
les mains sales, qui est sale en général.
De 'pica, poix, mais par le pr. pega, ce
qui explique le g dur, tandis que les autres
dér. peju, pojaud ont g doux. La prot.
init. a été durcie en o (cp. pojaud), On
devrait avoir po^ou* comme on a peju.
Il y a eu insert, d'une syll. entre le thème
et le suff. pour accuser le caract. fréq. et
péj. Cette i user t. a peut-être été facilitée
par d'autres mots péj. tels que marga»
gnous, bagagnous. Aussi je crois la
forme pogagnous primitive, sans que je
puisse expliquer la c dessication > de n.
*POQNI (pogni) APOGNI s. f. — Ga-
lette, petit pain mince et rond, de fleur de
farine, qii'on met à cuire dans les mé-
nages avec le gros pain, en le laissant à
la gorge du four. Dans le Dauph. gAteau
léger aux œufs et au sucre. La pogtte de
Romans est très renommée. Berr. apogne
miche.
Formé sur fr. pain^ comme mogni est
formé sur main. Gp. vfr. paignon pa^
gnonf rch. pagnon, petit pain ; marchois
et rch. pagne, pain; Nyons pana^ tourte ;
berr. painotte, miche. On aurait eu pain,
forme féminine paine, et paigne paiçni,
par mouillem. de n sous infl. de l'yolte
de la dipht. Paigni aurait passé à poiçni
par une fausse analog. av. un dér. de
poing, qui a donné poigne (cp, moiçne,
de main) ; puis à pogni, oi devant çn
devenant toujours o (cp. mogni, de
moigne), Gette format, est peut-être plus
vraisembl. qu'un dér. depom^, qui ne se
prête pas aux lois de la dérivât, parce
qu'une poignée de pâte aurait été expri-
mée par poing, plus suff. accentué. Fin.
i (54 «•).
POGNON (pognon) s. m.— 1. Se dit d'un
raccommodage grossier, formant proé-
minence. « Quel pognon as-tu fait à mes
bas ! » Un raccommodage en pognon.
Pognon, cognon ont la même significat.
et sont tirés l'un du v. cogner, et l'autre
du V. poindre, transformé en poigner.
A ces rad. s'est ajouté le suff. on. Mais
le mot poindre étant oublié, on voit
maintenant dans pognon un dér. de poing.
Un pognon est un t raccommodage à
coups de poings », suiv. l'express, d'ail-
leurs souvent employée.
2. A Villefr. Hachis de viande façonné
en boule.
Même étym. Pognon, ahose t poignée »,
façonnée sous le poing.
3. En termes d'argot In., argent, objets
volés. « Il est souvent employé par nos
justiciables de la police correctionnelle.
Un jour, notamment, un des prévenus se
plaignait d'être aussi sévèrement puni
que son complice, t Ce n'est pas juale.
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POI
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disait-il, car il agardé tout le po^/son» •
(note de M. Vachez).
De fr. (em)poigner, av. suff. on.
POI V. sous poyt,
POINTI (pointchi) s. f. - A River.
Bout de sarment qu'on laisse «ur le cep
au moment de la taille et qu'on recourbe
en arc de cercle en l'attachant sur une
autre branche du môme cep.
De pxincta. Gh. de a en i (54 2*, rem. 2).
POINTO (poinlô); k Lyon pointer v.
a. — Express, du jeu de boules, par
opposit. à tirt. Jeter sa boule de ma-
nière à arriver le plus près possible du
but.
De point, au jeu de boule une unité
du nombre devant composer la partie, av.
suff. (5(141«).
POJAUD (poj6) s. m. — Homme sale,
dégoûtant, av. le sens particulier de rustre.
Dictons : Beurre de pojaud, beurre rance.
fabriqué salement; le bâton du pojaud,
une canne grossière et telle qu'il convient
à un rustre.
De pègi, poix, av. suff. péj. audy de
wald, La fin. i n'a été conservée dans
aucun des dér. de pègi (cp. peju, et
non pejiu), peut-être parce que les dér.
ont été tirés de la forme francisée pège.
Le ch. de e en o est dû à un durcissem.
de la prot. init., qui facilite la prononciat.
Gp. poganoHs « malpropre ». et vin.
pogez « mesure de poix ». Le pojaud est
donc un homme gluant comme s'il sortait
d'être trempé dans la poix.
POLA NAIRI (pôlanaïri) dans l'express.
Avé la polla naïri, avoir une poule
noire, qui répond au fr. c avoir une mas-
cote », un talisman qui enrichit, porte
bonheur en toutes choses.
De la croyance que le Diable échange
une poule noire contre l'âme de celui qui
l'invoque sous de certains rites, et que le
volatile lui procure tous les trésors qu'il
peut désirer. 'Les poules du bon Dieu
sont blanches, et celles du Diable noires.
Rch. paradis des noirtés glénes^ enfer,
littéralem. c paradis des poules noires. »
PO L ACRE (polakre) à Lyon ; à River.
POLOCRE (pol6cre) s. m. — Flagor-
neur; hypocrite, t A fait son polôcre, il
fait son hypocrite, son t boimo ». On le
dit notamm. des chats qui dissimulent
leurs intentions. Pic. polake, sale, ordu-
rier, dégoûtant ; norm. polacre, terme de
mépris ; pr. poulacre, sale, dégoûtant*
paresseux, mou, fainéant; vénit. polaco
« balordo ».
Diez et Scheler identifient polacre av.
fr. pouacre. Diez donne pour étym. l'in-
terj. pouah, inadmissible, parce que le
suff. acre n'existe pas. Diez n'explique
d'ailleurs pas l'épenth. de l dans la forme
polacre. Scheler, sans rejeter précisém.
l'étym de Diez, paraît pencher pour po-
dagrum^ et ajoute : c Dans les formes
polcufre. etc.. il faut admettre, si l'on part
de podager, la permutât, de d en /,
comme dans cigale*. Je ne crois pasl'ex.
admissible. L'it. et le pr. ont cicala, Tesp.
cigara. Gette unanimité doit faire penser
que la transformat, était déjà accomplie
en lat. et qu'on avait cicala à côté de
cicada (cp. cadamitas et calamitas).
Je crois qyxQ pouacre Qi polacre doivent
être isolés. Le premier, comme le démontre
l'historique, vient de podagrum ; et le se-
cond, comme le propose Corblet, de Pola-
que. Polonais, de Polachie, Cp. In.boimo
(bohémien), flagorneur; gj^ec, filou au jeu;
prussien « podex » ; suisse, excrément
humain; anglais^ créancier et menstrues,
et le plus ancien. Bulgare = t paedico ».
Il est vraisembl. qu'à Torig. polacre et
pouacre avaient des sens différents, mais
que le 2* a influé sur le l•^ Les deux sens,
aujourd'hui, sont souvent confondus, mais
les significat. d'hypocrite en In., de fai-
néant en pr., peuvent être des témoignages
de la distinct, primitive. La même infi.
explique le passage de po/a^ueàpo/acr^.
Réciproquem. polaque a infl. sur les
formes norm. et berr. pouaque pour
pouacre,
POLAILLI (polalhi) s. f. Ss-rom. po-
laille^ YÎr. poulaille — Poule, volaille. Le
mot de poulaille est fréquemm. employé
par O. de Serres dans son Théâtre de
l'agriculture.
Le rostre eo paix chez toi ,
Vous {ait argent de loal, coofertit en monnoie
Ses chapons, sa poulaille... La Fout;.
Du ♦ pullsilea, de pulla. Gh. de u bref
en 0 (38) ; de ea en t (54 1'*). L'yotte de
l'hiatus ea = ia a moullié /.
* POLAILLI (polalhi); à Lyon poulailler
s. m. — Marchand de volailles. « Le mar-
ché et débite des lards, demeure des Pou-
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POLI
laillerSf Fromagers... b {Ord'^^ de Police,
1662). A Lyon la rue de la Poulaillerie
existe encore.
De pûlAilli, av. suff. i, d'arme (13).
*POLIAIN (pôlhin) s. m.— Assemblage
de 2 pièces de bois espacées par 2 tra-
verses sur lesquelles on fait couler les
tonneaux que l'on gerbe.
Du *pu//awwm, de pullum. Anum =
ain est d'oïl. Le mouillem de / se ren-
contre fréquemm. en In. sans cause appa-
rente. Quant au sens, on a vu un poulain
dans l'appareil, quoique vraiment la res-
semblance soit un peu éloignée, comme on
a vu une grenouille dans un treuil, une
ffrue dans une machine à élever les far-
deaux, une chèvre dans une échelle d'en-
gin. Il paraît que la comparaison entre
une machine à élever les fardeaux et u^
animal se présente naturellem. à l'esprit.
POLOCRE V. polacre.
POLOMARD vin. s. m. — 1472 : «A
François Anisson, cordierpour neuf livres
tortossieres... et pour 3 deniers de fll po-
lomard.., . A Garin Torvéon pour fil de
polomard pour faire les cordeaux... 1474:
Pour fll de polomard et pour cloz à cloer
les pisons et basteurs du dit terraillons. b
lArch. m.) vfr. poulemari polomar
(Du C); m. ivii. polomar ium.
£t pourrait-on, h fil de pouUmart
Tout bAsioû-sr le iiiagasiu d'abus. (Kabei;.
Du G. traduit par t fllum crassius ».
En réalité, c'est du fil de voile, et fil à
faire les filets, comme en justifient pr.
pouloumar^ mars, paroumar^ Igd. pou-
loumau, vpr. polomar, qui ont ce sens.
M. Mistral ajoute esp. polomar, mais je
ne connais que palomaduras, pli sur le lé
d'une voile. Dans nos textes le « fil de
polomard » est du fll ou des brins pour
fabriquer les cordages.
Lo Duchat y voit le rad. de poulie, et
lit « fil de poulie ». I^ chose n'est pas im-
possible, le nom ayant pu à l'orig. s'ap-
pliquer aux cordes qui retiennent les
voiles et qui passent dans de petites pou-
lies nombreuses. La Z* partie du mot est
certainem. marye) c mer ». Le polomard
(pour po/otmr) serait donc de la • corde
à poulie marine ». I^ .sens se serait en-
suite étendu a fil pour filet, fil à border
les voiles.
POMAT (pomà) s. m. - Pomme sau-
vage. Vpr. powe/a, petite pomme, pomme
sauvage (cp. it. pomello).
De poma pour pomum, av. suff. at,
qui par except., est ici dim. et a dû être
substitué au sufl". et, comme semble l'in-
diquer le vpr. pometa.
POMATAIRO (pomatéro) s. m. — Mar-
chand de pommes. Nom donné aux mar-
chands qui en vendent dans les marchés
et les foires.
De In. poma, pomme, et suff. airo (13,
rem. 1), relié par t, formation qui semble
donner au suff. le caract. d'un nom de
marchand. Gp. pina-t-airo, ferra-tier etc.
POMATI (pomati; s. m. — Pommier
sauvage.
De In. potnat, av. suff. t, à'arium
(13), applicable aux noms d'arbre.
PONIL vin. s. m. 1472 : « A Jehan
Lombart pour une pièce de noyer pour
faire le ponil de ladite porte. » (Ârch. m.)
Le sens est très obscur. S'agit-il d'une
poignée ?I1 se peut que n se mouillât dans
la prononciat. ou plutôt se < démouil-
lât » dans la graphie. Gp. anina, peau
d'agneau, qui se prononçait certainem.
ag^iina. Dans ce cas ponhil viendrait de
poing, av. suff. il {d'ile);cp. chenil, fusil,
grésil. La dipht. oi se réduit à o lors-
qu'une voy. s'ajoute à n; cp. poigne,
pain, devenu pogne.
PONO (ponô]; â Lyon paner v. a. Ss.-
rom. pona pouna — - 1. Donner de l'ar-
gent. Faut ponô, il faut donner de l'argent.
2. Mettre, poser.
El quand al a parlé, fodri sioure le luait.
Cor a zou pone mieux qu^In écrirain paluais.
« Et quand il a parlé, il faudrait suivre
ses règles, ^ Car il met cela mieux qu'un
écrivain patois. » {Le Tuteur).
Je croyais à une forme savante faite par
qq. clerc loustic sur pon^'re, transformé
en ponere. La format, popul. a en effet
donné pondre (v. appondre), mais il
paraît bien qu'il y a eu un b. lat. vul-
gaire ponere changé en ponare, car le
Morvan et le Berri ont poner pouner,
pondre. Ponare =: ponà (14 S").
PONOMAN (pônôman); vin. PANA-
MAN. PANE-MAIN ; ap. Goch. PANA-
M AN s. m.Ss. vom.panaman, hv, pan ne-
main {ap. Goch.) ~ Essuie-mains. En vin.
panaman. Homme mou. lâche. Dans ce
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PONT
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sons on dit aujourd'hui pmwsse. On trouve
panne-main dans Vlnv, de la Mané-
canteri(\ UiSS,
Hay ! fo que ie le veyou Tépeya den la man,
Car le n'es rien qu'vn panaman.
« Ah! il faut que je te voie l'èpée à la
main, — (^ai- tu n'es qu'un lAche. » (Bern).
De panô, essuyer et man, main (8).
*PONTANi (pontanl) s. m. — Passeur,
cf'lui qui dirige le bac pour la traversée
d'une rivière. Goch. ajoute : « et qui en
perçoit le droit par analogie avec le per-
cepteur ou exacteur d*un droit de ponton-
nage sur le pont. »
L'interprétât, est évidemm. erronée.
Po7itaniyieni.de 'pontanw^rius. àepon-
tonemj bac, liateuu. Ch.de arias en t (13).
PONTEAU (pontô) s. m. — Petit etançon
qui, dans le métier du canut, e.st fixé d'une
part au métier, de l'autre au plancher
supérieur pour empêcher le métier de
vaciller. Vpr. po?itelh {ap. Mistr.), m.
hii.pontil, pv.poHntilpontèu,ca.t.punial,
it. pu?itello, alp. pountelh, dph. ponti,
étançon; mil. pontal, bout en fer d'une
canne.
La forme it. est un dér. de it. punla,
pointe, et indique l'étym. punclum, l'élai
étant un objet en pointe, ou mieux un
objet qui « point », qui appuie {cp. poinçon,
terme de charpenterie; cév, pounchè, Igd.
2wunchie}\ étai), av. sufT. d'oïl eau, d'e/-
Itim. Puncta, il est vrai, a donné pointi
en In. , mais dans certains dér. une = un,
par ex. dans impunti t exciter qqu'un
contre un autre »>, et cet un a pu facilem.
passer à on (72). De même en vpr. on
trouve punctum = poins et piintz. Cp-
encore it. punzone, esp. punzo, oûl'yotte
de j)«^>ic/j<m adisparu, et où le rapprochcni.
est plus exact, une étant à la prot. A
ponteau, pu7itis (v. ce mot) se rattache
èpontille, t. de marine « ètai », que Littré
rattache bien à tort à pont.
*PONTET (ponté) s. m. Petit pont.
De pontem = pont, av. suff. dim. et.
PONT! AU DA (pontiôda.lrissyj. ); à Lyon
pontidude s. f. — Se dit d'une grosse
femme rouge, épaisse, sans élégance.
Renferme un rad. pont, que je ne sais
pas expliquer, et un sufif. péj. aud, de
W'dd,iiv. iiisert. d'yotte, par confus, av.
suff. ian, d'ellum. Aurait-on vu l'idée de
qq. cho.se de « lourd comme un pont »?
Remarquer qu*à l'époque oii le mot a été
CI éé, on ne faisait ni ponts suspendus, ni
ponts en fer, et qu'un pont représentait
toujours une lourde masse de maçonnerie.
PONTIFICAT, V. portificat.
POPIAU (popiô) POPIO 8. m. — Pis de
la vache, de la chèvre, etc. Dph. poppel,
mamelon de la nourrice. Vpr. popa, pr.
ponpo, sein, mamelle
Que lo lail dou popiô
Jicii k plena sillola
« Que le lait du pis — Jaillisse à plein
eu veau. » (Mon.).
De *pnppellum, de pnppa (v. popillon),
Ch. de a en o (69); de ellum en ian (32).
*POPiLLON (popilhon) s. m. Pr. pou-
peu, dph, pottpet, vpr. popel, popil —
Bout de la mamelle. It poppa, vpr. popa,
vfr. poupe, mamelle.
De vpr, popil, av. suff. on ; d'où popilon^
et popillon par mouillem. de / sous infl.
de i. Popil vient lui-même de 'popintla,
de puppa pour pupa.
POPIO V. popiau.
POPLO (pôplo) s. m. — H Morn.,
Paniss. Peuplier.
De pop{u)lum , Gh. de u post-ton.
en 0 ("56;.
POPONA (popôna) s. f. — On donne ce
nom au bout de la branche greffée qui est
entouré d'un chiffon pour faciliter la prise
de la greffe.
C'est le vin. popone (v. ce mot). Gp. fr.
popul. poupée, chiffon dont on enveloppe
un doigt malade.
POPONE vin. s. 1540 : « Payé à Pierre
de Lalande, faiseur de popones^ 11^ &•* pour
avoir fait un esgle vaullant, montant et
descendant, pour mectre au mistere qui
fut fait à l'eschaffauld de la Grenette(pour
l'entrée du « reverendissime cardinal de
Ferrare » archevêque de Lyon),
De pMppa^ au sens de poupée, av. suff.
on. Ch. de u en o ("38).
POPPA (pôpa) s. f. — A. Morn. Bouillie
pour les enfants.
Je ne crois pas qu'il faille remonter au
lai. pappa, mot des enfants pour demander
à manger; mais si pappa est l'étym.. Va
init. se serait changé en o sous infl. de
popa, mamelle (v. popiau), d'où vient plus
probablem. le mot. De même en ii. poppa
est à la fois le mot des enfants pour
demander la nourriture et la mamelle.
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POQU
La 1^ nourriture étant celle du sein, il est
naturel que la 2* porte le même nom.
ROQUER (poké) v. a. — A Lyon heurter.
« Les deux moutons ont poqué leurs tètes. «
Poquer une houle, la débuter en tirant.
Ss.-rom. poAa, jeter lourdom. un fardeau,
heurter qqu'un.
De poc, onomat. du choc, et suff. er des
vb. fr.
■POR (por) s. m.; à River PORO (porô)
s. f. — Poireau. Ina porô, un poireau.
Deporrum. Le In a gardé le simple,
tandis que le fr. a ajouté le suff. ellum,
La forme porô doit être pon-ellum, av.
substitut. du suff.(5,d*afam, assez impropre,
par confusion des sons eau et ô.
PORCELANE(porselàne)s. f. Ss.-rom.,
ït. por ce llanna, ssLvde porcedanna — à
Villefr. Pourpier, portulaca oleracea.
De vfr. porce/, pourceau, av. suff. ane.
(Vana (9).
PORCHAILLI (porchàlhi) s. f. Ss.-
rom. porcellana. — 1. Pourpier. — 2. Cliar-
cuterie.
De porc, av. suff. coll. ailîi. Le c est
devenu ch parce qu'il était suivi de a,
comme dans porcaruis = %^orcher. Quant
au sens, il vient de ce que les porcs sont
friands de pourpier.
PORC H Ë (porche) ; ap. Coch . PQRCH ET
s. m. Limous. pourquet — Tranches dr
porc frais. Dph. porchel, pourchel, porc
frais.
De porc, av. suff. ^/, affaibli aujourd'hui
en ê. Le c fin. de porc a passé à ch,
parce que, dans le fém. porca {=: porche).
il s*est trouvé devant a. De même en fr.
porcher^ porcherie,
*PORCHET V. porche,
PORCHI (porchî)s. m. Langueyeur.
Depo.-'c, av. suff. î, d'arme (13). Cu
passé à ch comme dans porche (v, ce mol).
PORE-GRAND v. s. môre-grand.
POR 10 v pario.
PORMON (pormon) s. m. Ss.-rom.
pormou — Poumon.
Depulmonem. Gh. de u bref en o (69) •
de / en r(173 3«).
PORNA (pôrna) s. f. - Prune.
De prnna, av. métalh de r (187 !•).
U long étant devenu entravé a passé à o
(46). Porna n'a pas fait un dér. pornï ;
on a prunï, prunier, de prunarium.
PORO V. por.
PORON (poron) s. m. — Se dit des ble.v-
sures que reçoit la toupie prisonnière sur
laquelle les enfants lancent leurs toupies.
De porum, av. suff. on. Le mol est
curieux en ce sens que porum parait
n'avoir donné que des mots savants dans
les langues romanes. Poron n'existe pa.«
dans les dial. congénères. Il se peut qu«?
le mol ait été formé directem sur ro6o;,
Lyon étant le siège d'une colonie grecqup
importante (v. arlon et gone).
PORONNÉ, ÉE (poronè, ée) adj. — A
Lyon se dit d'un objet qui a des trous à la
surface, spécialem. d'un visage marqué de
la petite vérole.
De In. poron^ av. suff. des partie, de la
!'• conjug. Le visage est comparé à la
toupie sillonnée de l)lessures par le ferde.>
toupies lancées sur elle.
PORPA (pôrpa); ap. Coch. POURRA:
à Lyon potirpe s. f. Ss.-rom., gén. porpa:
valais. j)oerpa. — D'après Coch. « Filet
de bœuf ou de cochon », mais en réalité
chair sans os et sans graisse. Se dit de
toute partie charnue de la viande, par
opposit. à la partie fibreuse. II. polpa,
gras de la jambe.
De pvilpa; b. lat. pulpa « caro sine
pinguedine, caro accumulata ». Ch. de u
bref en o (38); de / en r (170 4o).
POR PU, USA (porpu, uza); à Lyon
pour peux, euse adj. — Charnu. Se dit de
la viande de boucherie; au flg. e Al eben
porpu, il est bien dodu », et aussi « gros,
obèse ».
Mais lu pouro Giiagiicau, porpu comm'lu aiéia...
« Mais le pauvre Gnagneau, gras comme
une arête. » (Mel.),
De In. porpa, av. suff. m, d'osus (85).
PORTA COLEYCI vin. s. f. — Herse
d'une porte fortifiée. — 1369 : c Item en la
porta coleyci de la dicta tour ». (Arch. m.)
De porta c porte » et de coleyci « cou-
lisse ». Littér. « porte-coulisse ». On sait
que la herse était suspendue, et glissait
dans deux coulisses. Colessi existe encore
en pat.
PORTE-MANTEAU s. m. — A Lyon,
gésier des volatiles.
De ce que le gésier a en eff«^t la forme
du porte-manteau qui s'attachait jadis
derrière la selle du cheval.
PORTIFICAT (portifikà; à R.-de-G.
porUifikà); à River. PONTIFICAT (pont-
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PORT
3-/3
chifikà) a. m. — État de prospérité, sur-
tout de santé. Être dins son pontifical,
à River., être à son apogée de force et de
prospérité.
Mtis orand iioiiilue de geins qu'aiil linu Tortunafaitsi,
Amont mio véie tu oun eiii bon porUificat...
€ Mais l)eaucoup de gens qui ont leur
fortune faite, — Aiment mieux voir un
ours en bonne santé... (Mén.).
De fr. pontificat, à l'idée de pontificat
étint jointe celle de luxe et de prospérité.
Mais pontificat étant trop savant, a été
intluencé par l'idée de se bien porter; d'où
porlifi! at. et c'est ainsi que cette dernière
foi me a pris le dessus presque partout et
notamment à Lyon. Je crois que River, est
un ex. isolé delà conservât, de l'idée pri-
mitive.
^PORTILLON (porlilhon) s. m. — Gui-
cbet; petite porte pratiquée dans une plus
grande.
De In. porta c porte t, av. suff. dim.
itlon (cp. popillon).
POSSERAT (pôsserà) s. m. For. pos
serat ; ypr.fpr. passerai— Moineau.
Ah« mile yar de hùril bucliilloii, te m'adobei!
Te muns de pôsara me tant pelO le bobes
« Ah, milliard de sort ! Misérable fétu,
tu m'arranges! — Tes mains de moineau
me font crever les joues. » (Met),
De passerem, av. suff. rom. at. Gh. de
a prot. en ô (59). Le groupe ss ne con-
stitue pas d'entrave (cp. 5).
POSSES-DE-RAT (pos'derà) s. f. Lim.
teti/io-de-rat — Joubarbe.
De ce que la joubarbe, qui est une plante
grasse, a des feuilles en forme de petits
pis, en patois posses.
POSSE-VACHI (possevàchi) s. m. —
Sorte de gros crapaud.
De possl, teter, et vachi, vache. De la
croyance popul., lorsqu'on voit une vache
avoir du lait .sanguinolent, qu'elle a été
tetée par un crapaud.
POSSI (possi) ; à Lyon posses. f. Vpr.
possa poussa, pr. poussa, it. poccia —
Mamelle. Se dit surtout de la mamelle des
animaux, et. par ironie, de la mamelle
humaine. Dph. possi poussi, pis des
vaclies, chèvres, etc.
Si l'etym. proposée à po^^l vb, est exacte,
possi serait le subst. v. En tous cas, l'étym.
fr. pousse, proposée dubitativem. par
Diez, n'a aucun degré de vraisemblance.
POSSI (possi) V. a, It. pocciare —
Téter; par extens. sucer en général. Au fig.
boire à la bouteille. Fr. vulg. posset^
mélange de lait et de bière.
J*ai compré depu l'aulro jour,
Qu*o faut possi chôcun son tour.
« J'ai compris depuis l'autre jour. —
Qu'il faut téter chacun à son tour. » (Dur
Bib.).
Gaix voit dans it. poccia, mamelle, la
dérivât, de *puppia, ou Tinfl. de ciocciare,
téter. La dérivât, est inadmissible comme
forme. On pourrait peut-être y voir un
*pup(i)tiare, fréq. de 'pupare, de pupa,
qui donnerait régulièrem. possi par ch. de
u en 0 (69). chute de p (161 &>, 6), et ch.
de tiare en ssi. Mais outre que c'est
entasser hypoth.sur hypoth., les mots foc-
ciare, possi, représentent si exactem. le
bruit que fait l'enfant lorsqu'il gonfle
ses joues en tétant, qu'il semble naturel
d'y voir une onomal. Gp. it. ciocciare,
même sens, qui représente une autre
onomat. de la même action, ou au moins
suctiare déformé par Tinfl. de i'onomat.
•POSSON (posson) s, m.— Mamelle. Se
dit plus volontiers que possi de la mamelle
humaine. < Baille-li don son posson, à
ceV efant, donne donc à téter à cet enfant. >
Dph. posson, celui qui tette.
De possa, mamelle, av. suff. dim. on,
POSTONADES y. pastonades.
POSTRO V. pôtro,
POSTUME (postume) s. m. Pus.
Du vfr. apostume (qui a été transformé
en apostème), av. aphér. de a. Le mot
est savant, et fait sur aVooTîjjtta.
POSTURA (postsara) s. f. — 1. à R.-
lie-G. Imposteur. — 2. à Morn. Pimbêche,
femme qui fait des manières.
.\on, lo père SOtan, quela viely postsura.
Quoique mauvais chrelsin<, n'a p6s Tôma si dzura.
« Non, le père Satan, ce vieil imposteur.
— Quoique mauvais chrétien, n'a pas
l'âme si dure. > [Brey.).
Queliu mémoire, oeuf re de ma postsura,
Contseînt déjà u bella signalsura.
« Ce mémoire, œuvre de mon imposteur.
— A déjà reçu sa belle signature. » (Per),
« C'est le fr. savant imposture y av.
suppress. du préf. Cp. In. différent pour
indifft'rent. La dérivât, de sens d'une chose
abstraite à une personne est assez rare.
Cependant cp. c une beauté » pour « une
belle femme » et, dans rAngoumois, « une
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3JÎ
POT
saloperie » appliquéaux personnes. Le mot
est éyidemm. lo résultat d'une confus, av.
imposteur. Quant au sens 2, c'est une
dérival, du !•' sens. Qqu'un qui fait des
manières, c'est qqu'un qui n'est pas sin-
cère, qui veut en imposer. On trouve de
même en pic. postureux, homme maniéré,
grimacier, qui doit être évidemm. rap-
proché de notre postura,
POT (pô)vln. — Mesure devin. Encore
souvent usité pour « litre ». Cette mesure
a beaucoup varié. Suivant M. de Valons,
le pot était en 1564 de 2 litres 8 centil.
Mais j'ignore où il a puise ce reuseignem.
A la fin du xviii» s.,€ l'ancien pot » de Lyon
était de 1 litre 4 centil.. et le « pol actuel »
de 1 litre 13 centil. 1/2. Le pot do Belle-
ville était de 1 litre 50, celui de Villefr.
de 1 lit. 33. celui de Tarare de 1 lit. (> centil.
Le Dauph. mesurait ëgnlem. au pot. Par-
tout le pot parait avoir été supérieur au
litre. Suivani M. F. Brachet, le pot
d'Albertville comprenait près de 2 litres.
De b. lat. potus (av. o brcQ. même sens,
qu'on trouve au w s. (ap. Scheler).
'POTA (pota) s. f. dans l'express, Joyl à
/«po^rt. Suiv.Coch. à jjo^^^c'est « renvoyer
avec un bâton une boule qu'on approche
d'un carré autour duquel sont plusieurs
petits trous gardés par autant d'enfants
armés de bâtons, et au moment où il {sic)
frappe la boule, on cherche à s'emparer
de son trou. Vient pent-étra de bot, vieux
mot français qui signifie trou en terre. En
Jura, le jeu de chassepoute. ^ — Le même
jeu existe en Flandre Wallonne et le trou
se nomme pote. Je ne le connais pas en
Lyonn. Pota est certainera. dér. de pot.
Quant au vfr. bot^ trou en terre, je ne le
connais pas et ne crois pas qu'il existe.
POTARAS (potara); ap, Goch. PATAR-
RAT 8. m. Pr. poutarras poutouras^
axïgn.pelarra, for. petara — Grand broc
pour le vin. On voit souvent pour enseigne
danslescampagnes.ilMpo/aras, av. unpot
peint qui déborde de vin. « En Langued.
poutaras. » (Goch.).
Le mol, évidemm. emprunté au pr., est
formé sur pof, av. sufT. agrandiss. as
{à'aceiis)^ et probablcm. inserr. d'une syll.
intensive ra entre le thème et le suff. Le
pr. a poulas, « gmnd pot » qui doit être
le point de départ. Dans nos campagnes,
on a corrompu le mot en pot-à-ras, et c'est
pour cela que le pot est repréf«enlé débor-
dant, mais en réalité un « potaras » n'est
qu'un « grand pot. » Je ne sais pas expli-
quer a au lieu de o init. dans la forme de
Goch., mais je doute de son exactitude. Il
aura transformé o en a, croyaiïl à un a
étym.
POTARAT (potara) s. m. — Se dit
qqfois pour boite, petit canon sans affût
qu'on tire dans les vogue.s.
De fr. pêtar(d), av. suff. dim. at, DV»ii
petarat et potarat sous infl. de rhf»m«H
phone potaras (y. ce mot). Un rabaietier
de nos environs avait fait peindre à fresquo,
pour enseigne, une boite partant, av. celte
lievise : Ati potaras, jouant ainsi sur le
double sens de broc et de pétard.
POTENCE (potanse) s. f. — Béquille,
On dit aussi crosse et anille.
C'est le fr. potence dans son acception
primit. « Et alors il hauça sa potence «t
feri le Juif lès l'oye. » (Joinv.)
Mot savant tiré de potentia, au sens de
force, appui pour les impotents. Scheler
rapproche aussi po5<é*»i, mais alors on trou-
verait des formes postence qui n*exist>?nt
pas.
*POTET (potè) s. m. — 1. Petit pot
petite coupe, comme par ex. le potet du
dessinateur à l'aquarelle. Morv. potet,
encrier. Une vieille chanson dit :
Quand petit bossu vt chercher du toit,
11 iry va jamais sans son fMtet.
2. Petit trou dans la terre. Jouer aux
potets, jouer un jeu de gobilles où il y a
7) petits trous en terre qui forment des
blouses comme au billard. Dph. jeu du
pottet, égalem. av. des pottets^ ou petits
trous en terre. Gharbot dit que c'est le jeu
de la fossette.
De fr. pot (parce que le pot est creux),
av. suff. dim. et.
POTIRI (p<Miri); ap. Goch. PATIRI; à
Lyon pdtière s. f. — Pétrin.
De In. pMôy av. suff. iri, avaria (13).
POTO (potô); ap. Goch. PATA v. a. —
Pétrir le pain.
De Xn.pôta, depa^^a.av.suff. <5 (14 l'');
chute de s. dans pasta (t662o). j^a forme
de (>)ch. se prononcnit certainem. pain,
POTRINGO (potringo); à Lyon po-
tringue s. f. — Valétudinaire, personne
toujours en remèdes. A l è tojors polringo^
il est toujours maladif.
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POTR
325
Subst. V. de potringô.
POTRINGO (polringô); à J jY on potrm-
ffuer V. a. Ss.-rom. potringd, dph. pou-
trhiga, pr. pouthifia — Bourrer de mè-
dicainonts. Sepotringô, faire des remèdes.
Aie tojors à se potringô^ il est toujours
en remèdes. B. dph. potringa, médica-
ment, médecine, et aussi raisiné, marme-
lade (Cliarhot); pr. poutingo poutringo,
alp. poutrenco^ cat. potinga, drogue
médicinale, mauvais ragoût; ss.-rom.
potringa, drogue, liquide, tisane, remède
composé ; gasc. pouthigo^ drogue, remède;
alp. poti/ingues, drogues ; placent, potign,
bouillie, état des fruits lorsqu'ils sont
pourri.s; br. poiringa, ragoût, comme en
témoignent les vers suivants :
N'a potriuga de polet,
Qu'on s'en lèçove lo dray
Le ba, le ba, le babene.
« Il y a un ragoût de poulet [si bon], —
Qu'on s'en léchait tout droit — Les ba,
les ba, les babines. » (nof^l br.)
Les significat. du br., du pr., du dph.
et du placent, indiquent le rad. ptiltem^
bouillie; \^\\ poutro, lie de vin; Grasse
poutroi, bouillie, farce. De bouillie le
sens a passé à méd^cins^ liquide, puis à
remède en général. L'insert. de r ne fait
pas difficulté (184 6«, c). Au rad. s'est
ajouté un suiï. de fanlaisie inga^ peut-
être par analog. av. ringa, en dph.
« diarrhée », en In. « maladif ». Sur
potringa < médecine », qui a dû exister en
In., a été fabriqué le verbe In. av. suflf. à
(14 4"»). Le wal. a potegi^ se droguer, qui
est formé probablem. sur potage, pris au
sens de drogues bouillies, de drogues
d'apothicaire. C'est la même idée que
le In.
POTRO (pôtro); à R.-de-G. ROSTRO ;
ap, Coch. PASTRO s. m. Pr. pastre —
1. Paire. k\\ fig. Rustre, lourdaud.
Et iTiagn^ lot lo mô que choque ftôstre indure.
« Et malgré tout le mal que chaque
rustre endure. • (Mén.).
De p9iStor. Gh. de a en <5 (1); chute de
s (166 2«). C'est certainem. pôstre que
Coch. a écrit sous la forme pastro, sui-
vant son habitude (qu'il croyait plus
conforme â Télym.) de représenter ô para.
La conservât, de s n'appartient pas à la
phonét. lu. R.-de-G., qui seul l'a main-
tenue, a subi des infl. for. Je suppose
que Coch. a recueilli cette forme dans la
partie mérid. du départ*.
POTURE(poture)dans Texpress. Mettre
un cheval en poture « mettre un cheval
en fourrière. » Cette express., proscrite
par Molard, est tombée en désuétude.
De pastura = pasture. Mettre en pas-
ture, c'est littéralem. mettre en fourrière
(de feurre « fourrage, nourriture ») ; c'est-
à-d. faire nourrir l'animal en attendant
qu'il soit réclamé. Chute de s (166 2*).
Le ch. de a prot en ô est singulier, parce
que, â l'époque où écrivait Molard (à la fin
du xvin* s.), a prot. libre {st ne constitue
pas d'entrave, v. 5) n'avait pas encore
passé à d, du moins à Lyon. D'ailleurs
Molard ne donne pas de circonflexe à o,
qui devait être bref ou semi-bref. Il a donc
dû exister pour ce mot une infl. particu-
lière.
POU (pou) s. f. Morv. poul— Bouillie
pour les petits enfants.
De pnlB. Vocalisât, de / (126 2o).
2. Peur. Lo tian de la Grand Pou « le
temps de la Grande Peur >', nom encore
donné à l'époque de la Révolution. La
Grand Pou se produisit au mois de
juillet 1789, au moment de la prise de la
Bastille, signal, en province, de la dévas-
tation de beaucoup de châteaux. De même,
en Berri et en Saintonge, l'époque de la
Révolution se nomme la Peur, A Lyon,
c'est l'époque de la Terreur qui a laissé
les souvenirs les plus sanglants. On dit :
Sous la Terreur,
De pavor(e7n). Chute de t? (145 2»);
chute de r (120 2")', ch. de o en ou
(34 bis). On a paou, réduit h pou,
POU A (poua, monosyll ) s. f. — à
Yzer. Dent d'une herse. Pr. pivo.Um. pïo,
Igd. pugo puo; gasc, dph. puo : mars.
pue; dent d'un peigne, d'un râteau; esp.
pua, pointe.
Malgré l'invraisembl. apparente, je crois
que l'étym. est pica. Pïca a passé à piva
(v. ce mot), puis à pura (v. ce mot), sous
infl. des labiales (cp. 68, rem. 4); puis t?
s'est vocalî-'é, et l'on a eu pua poua; puis
les 2 voy. étant en contact, l'accent s'est
porté sur la 2'. Dans le lim. pïo, le c de
pica est simplem. tombé; dans le Igd.
pugo, c s'est changé en g- On peut
admettre la môme marche pour le In., mais
l'explical du passage de i ku est singu-
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326
POU A
liêrem. facilitée par l'intermédiaire piva
qu'on retrouve dans le pr. pivo.
POU A IDES V. pouèdes.
POUAN (pouan, mouosyll.) s. m. —
Plateforme à Tavant des grands bateaux
appelés rigues, et sur laquelle sont les
mariniers chargés de la manœuvre des
rames d'avant.
De pontem, av. diphtongais. de o. Celte
diphtongais. n'appartient pas à la phonét.
In., mais les bateaux étant construits sur
le haut-RIlône ou ses affluents, beaucoup
de termes de leur conslruct. appartiennent
aux dial.des lieux d'origine. La diphtongais.
se retrouve dans gév. potion, pont. Le ch.
de on en an se trouve en In (43, rem.).
POUAYSIN V. pussm.
POUÉDES fpouéde, dissyl.); ap, Goch.
POUAIDES 2* pers. plur. du prés, de
Tind. du v. pouére. Taren taise pouete,
for. poiinide^ Montbéliard potes, genev.
paude.
Forme mentionnée par Coch., qui a été
sans doute frappé de sa singularité. C'est
pot élis, nos patois ayant conservé la flexion
atone itis de la 2' personne du plur. en
lat , qui, en fr. n*a été conservée que dans
le vb. dire et faire\ tous les autres ayant
reçu la flexion ez, à'atis (Ghaban.).
POUÈRE y.pochi,
POUFFIASSE (poufiàsse) s. f.- Pr. pou-
fias pouffiasso — Terme péj. Personne
grosse, lourde, parsue. Lim. pouffias.se,
rgt. petoufiaSy « grosse femme », aussi
€ tïalnée ».
Du rad. pouf, qui exprime l'enflure
(cp. pouffer de rire), av. sufl". péj. asse.
L'yotte vient prol)ablem. de ce que le mot
a été formé sur pr. poufi^ gorgé, bouffl.
Le nornu poufiase, femme légère, a une
autre orig. et vient probablem. de pouf
« coiff"ure » (JoretK Au contraire, les 2
sens du lim. poufflasse se l'attachent bien
à l'idée d'une personne grosse et pansue,
les filles de bas étage, ordinairem., n'étant
plus jeunes et par conséquent étant facilem.
obèses.
POULE-GRASSE v. grossi-polailli.
*POUO (pouô, dissyl.) PUO (puô) v. a.
Ss.-rom. pouha, dph. pouô — Tailler la
vigne. « Vais pouo, je vais tailler la
vigne. »
De pulAre. Chute de t (135); ch. de are
en o (14 !•).
POUPI (poupi) adj. dans la k>c. /?» agnè
poupi, un agneau bien dudu, bien replet.
Lgd. poupi \ fr. et pr. poupin « potelé »,
Dp pupum (d'où a été tir< poupofi, pou-
pin), av. sufl*. t, d'itus, sous l'infl. de bouffi ;
ou peut-être plus simpl. emprunté au 1ml-
poupi, qui est'pupinum=. poupin, passé
à poupi, comme vinum :ï vi. L'idée est
« bouffi, dodu, comme un petit enfant. »
POUR EU (pouretô) s. f — Pauvreté.
De pauperlKtem. Ch. de p en r (140);
de au en ou (75). On a pouverta devenu
pouvreta, par mètath de r (187 !•), puis
pourela par vocalisât, de c, et enfin pou-
retô par le passage de a ko (1).
POURIU, USA (pouriu, u/.a) adj. —
à Crap. Peureux, se.
De In. pou^ peur. av. suff. u d'osus (35)
et l'insert. si fréquente d'yotie. Le mot a
été formé lorsqu'on disait encore pour.
POURO (pouro) s. m. — Pauvre.
De 'p9^upie)rum, pour pauperem. Ch.
de au en ou (75); vocalisât, de p ou mieux
de t venant de p (164 6«). On a donc eu
pouvro, pouro.
•POURPA V. porpa,
POUSSA (poussa) s. f. Vpr. pois,
Tarentaise pM55a, Jura, poussi — 1. Pous-
sière.
Q'ou brôve pillerô, qu'où briscàlUe k ressoniçt,
Q'iiu celébro piougni que couche dins la poussa.
a Ce brave vaurien, ce truand à res-
sources,— Ce célèbre pionnier qui couche
dans la poussière. » {Sif.).
Suivant l'opinion admise, pnlt{e)reifi
aurait donné poVre, comme solvere a
donné soVre. Puis poire, devenu poure
par vocalisât, de /, serait ensuite devenu
pousse par ch. de r en *; d'où fr. pousse,
poussière des épices (le même que notre
mot).
2. Chassie.
Margutoii, fais pus tant la grousta.
Avoué to doux xio pleins de poussa.
« Margoton, ne fais pas tant ton impor-
tante, — Avec tes deux yeux pleins de
chassie. » {Due Bib.)
De puis « bouillie », puis « lie (cp. pr.
poutra) », puis c ordure liquide ».
♦POUSSET (poussé) s. m. — « ftpithète
injurieuse. Enfant, o (Coch.).
Évidemm. du Petit Poucet, etl'orlhogr.
de Coch. est fautive. Mais je n'ai jamais
entendu employer le mol dans ce sens.
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POUS
327
POUSSU, USA (poussu. uza) adj. —
A H.-de-G, Poussif, ive.
Porlanl inalli-e Flafla, toujours Phomo dessus,
Sofle lin ie jubaltant comma qualio poussus.
« Pourtant maître Flafla, ayant toujours
l'homme sur lui, — Souffle eu se débattant
comme quatre poussifs, n (Mén.).
Do fr. pousse, courte haleine des che-
vaux ; de pousser, respirer pénil)lem., de
pvkîsum. A pousse a été ajouté le suff. w,
d*osus' (35), au lieu du sufif. fr. if, d*ivus
mais il est surprenant qu'à R. de-G., où
osus =^ ou, on n'ait pas eu poussous. Il
est possiljle qu'il y ait eu dissimilat.
POUTRONA (poutrôna); ap. Goch.
POUTRONNA; à Lyon poutrône s. f.
— (^och. le définit par « Femme mal
faj?otée, poupée mal arrangée ». En réalité
c'est : 1*' La grossière tête de carton sur
laquelle les modistes font leurs bonnets;
2" Une statue de femme, av. sens péj.;
Ho Une femme de mauvaise vie. La déesse
Raison, à la Révolut., était nommée la
Poutrône, et Test encore. Avoir une pou»
trône sous le bras, conduire une femme
{galante; 4» Le sens que lui donne Goch.,
de femme mal fagotée, mais surtout av.
Tintent, péj. de femme équivoque.
De vfr. poutre, poulain ; pr. poutro,
ânesse; pr. poutras, it poltracchio, gros
:\ne, lourdeau, malotru ; du b. lat. pulletriis
poledrus, qui est un dér. de pullus. sans
qu'il soit peut-être nécessaire, comme le
fait Diez, de faire intervenir un TrwÀt^otov
pour TTwÀt'^tov. A poutre s'esl ajouté le
sufif. on. Il suit de là que le sens primit.
fst une injure adressée à une femme; puis
que, sous l'infl. de poupée, le sens s'est
spécialem. étendu à Ja représentât, figurée
d'une femme. Le sufif. a certainem. été,
comme Goch. le donne, onna, av. o bref,
mais a passé à d très ouvert, et beaucoup
écrivent poutraune,
'POUTRONNA V. poutrôna.
POUZIO (pouzio) s. m. — à Morn. Pouce.
De *pol{i)cem pour pollicem. Gh. de le
en uz (170 2*, c). Ou a pouso, passé à
pouzio par une insert. d'yotte, probablem.
sous l'infl. de J.
POVAI V. pochi.
POVO (pôvo) s. m. — à Morn. Paon.
De pAvo, non de pavum, dans lequel t?
serait toml)é (145 2"). L'o devenu bref en
b. lat. (et ainsi moins résistant que u de
pavum), serait tombé d'abord, d'où pav
paf, et par l'addit. d'une voy. d'appui,
pafo pavo (?). Mais pourquoi le même
phénomène ne s'est-il pas produit, dans
cliô, de clavemf — Quoi qu'il en soit,
pavo a passé kpôvo (1).
*POYA (pô-ya) s. f. Ss.-rom. pohia, dph.
poi/a — Montée, sommet. La poya de
Forviri, la montée de Fourvières. Albert-
ville poia^ pente rapide.
De podia. Ghute de t (135). On devrait
avoir poyi (54 1°).
POYI (pô-yl) à Morn.; à Yzer. POYÉ
(pù-yé). Mon. orthographie POÏ(cf. 15 2%
note 1), mais poyi me paraît mieux rendre
le son s. m. — Puits.
Renvoie à *puteB,rium, de puteum. Gh.
de M bref en o (34); chute de t (135); ch.
de e de l'hiatus ea en y, et de arium en t
( 13). La forme poyé (pour poyer) appuie
l'étym.
POYPE V. poypi.
*POYPI (poipi) POYPE s. f. M. lat. poypia
— Dans la Bresse Nom des monticules
artificiels formant tumulus et sous lesquels
on trouve toujours des ossements, des
poteries, des armes en silex, etc.
Les latinistes ont proposé podium,
impossible comme forme. Les celtisants,
le celt. pep pip heh, éminence, renflement ;
cp. puppis; Poupe t^ nom d'une montagne ;
St-Romain-de-Popey, village du Lyonn.
Je ne sais pas ce que c'est que le « celt.
pip pep ». On trouve en vx arm. heh ou
bed, tombeau, non au sens de monticule,
mais au sens de fosse : « lumuli in ecclesia».
M. Loth rapproche le kym. hedd, corn.
heth, qui ne figurent pas dans lesdictionn.
de Pughes et de Williams. Mais on trouve
l'irl. heahh (0'Reilly> et l'arm. 6e^ (Lego-
nidec) « fosse, sépulture, tombe ». Bïuïi.
peut venir de p, mais z final arm. ne
vient ni de p ni de 6 fin. Je crois que l'on
est réduit à des conjectures plus qu'incer-
taines sur larelat. de ces mots av. poype,
tout en reconnaissant que celui-ci doit
avoir une orig, celt Un celtisant, M. Péan,
relie poype à kym. pip « cornemuse », pip
représentant, selon lui, l'idée de grosseur,
de renflement. Mais pip et ses dér. sont
empruntés au roman et signifient « tuyau,
chalumeau ».
PRAGNIRI (piagniri); ap Goch. PRA-
NIRI s. f. B. lim, prondie-iro — Sieste,
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328
PRAN
a Oui è-t-alla fare praniri, il est allé
dormir apr^s dluer ». (Goch.) — Nous
dirions al è-t-allô feire sa f>ragniri. Pic.
prangère prangiève prangèle. sieste,
méridienne ou rêcréalion quV>n prend
après le repas de midi. Vosges pransiere,
après-midi. Vfr. prangiere, heure du
dîner; lim. prondieiro, heure du déjeuner.
Vx. il. prendere • disner ».
Les formes pic. et vfr. indiquent av.
évidence l'étym. *pra7idiB,rnj de pran-
diiinif d'où prandjiaria = prangière. Le
mot In. a dû être prandgiri prangiri (1 3).
Je ne sais sous quelle infl. il a pu se trans-
former en prangniri, et pragniri par une
dénasalisat. de a presque sans exemple*
Quant à la dérivât, de sens, elle est facile :
«déjeûner — repos procuré par le déjeuner
— repos après le déjeuner. »
PRAND (pran) adv. — Profondément.
« 0 faut chavA cela foussa bin prand »,
il faut creuser cette fosse profondément.
G*estprawrf, adj. pris adverbialem. Gp.
fr. profond, souvent pris adverbialem.
« Creuser une fosse profond ».
PRAND, DA (pran, da) à Morn.; à
Grap. PRION, DA (prion, da); à River.
PROND, DA adj., Roann. prion, vpr.
preon prion — Profond.
De profVL7idiim. Ghute de f (144 2");
mais cette /"avait d'abord passé part? (v.
prevundia): ch. de un en on (47), puis
en an dans la forme de Morn. Dans la
forme de Grap., comme aussi en Roann.,
il s'est glissé un yotte qui s'explique par
rhiatus : proo7id preon (cp. pr. preon ^
même sens). Qqfois la difficulté de pro-
nonciat. fait tomber l'r. J'ai entendu :
« Ma saqua, Test bien pionda », ma
poche est bien profonde.
'PRANIRI V. pragniri,
PRECINDRE (pre-sindre) v. a. — à
Grap. Donner la première façon à la vigne.
Vpr. prescindir^ couper d'avance.
De prae-scind{e)re. Ghute de s (111);
ch. de c init. en s dure (88). L'idée est
d'ouvrir la terre avant tout autre travail.
*PREJAT V. peju
PRESSON (pré-son) s. m. — Païen fer
qui sert soit à faire un trou en terre pour
y planter un pieu, soit à percer un trou
dans un mur en arrachant les moellons,
soit enfin qui fait l'office du levier et de
l'outil appelé pince. Seulement la pince
est affûtée en biseau et le presson est
aiguisé en pointe. Le mot est ancien
« Item... por faire pressons à Lion et por
les acirier et apointer... » (C P.)
On songe tout d'abord à fr. presser, av.
suff. on, mais la dérivât, est pénible, car
le pres.son sert à percer et non à presser.
Il est vrai que la pifice sert à faire levier
et non à pincer. Mais dans la pince le
rapport est moins forcé, car il est aidé par
l'intermédiaire de pinces « tenailles ». Je
crois qu'il faut voir dans presson, perçon^
av. metath. de r (187 !•).
PREUVE V. prorrt.
PREVOND vin. adj. — Profond. « Ju
requiiero a la très pretonda misericordi
de vostradeita », je demande à la très pro-
fonde miséricorde de votre divinité. »
(Marg.).
De profunditm; v. prand.
PREVUNDIA vin. s. f. — Profondeur.
« Laauteci etlagrand;>rt't*a/irf/aet largia
de le gries dolors et de divers tormenz
que sofrit noslri bons Greares », la hau-
teur et la grande profondeur et largeur
des cruelles douleurs et des divers tour-
ments que soulTrit notre bon Gréa leur
(Marg.).
Non de profiinditatem, mais probablem.
format, toute romane : previtnd (v. pre-
l'ond), plus suff. in. (ùp. pr. follia (fr. folle)
•=. fol plus ta, et non follitatem.
PRIM (prin) adv. — Doucement. Va
prim, va doucement.
G'est prim. adj. pris adverbialem. Gp.
fr. filer doux pour « filer doucement ».
*PRIM, A, (pi-ïn, prin, prima) adj. Ss.-
rom., dph, prim — Mince, grîle, effilé.
* La niola prima tire^ le nuage mince
s'étire. » De hobes primes, des lèvres
minces.
De primum,. La dérivât, de sens est
curieuse. L*idèe est qu'une jeune pousse,
une première pousse est plus mince qu'une
branche. Ge qualificatif premier est ensuite
devenu synon. de mince en général. Gp.
Jura primbois, petit bois pour fagots; cat.
aprimar, raffiner, polir.
V^rims brots{\\ brots) s. m. pi. Premiers
jets, premiers bourgeons. On dit qu'on a
fait des fagots de prims brots quand on
a coupé les taillis à la sortie de l'hiver,
avant l'épanouissem. des bourgeons. Les
fagots de prims brots sont ainsi des fagots
de branches qui ont leurs premiers bour-
geons.
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PRIM
.1i>9
PRIMA (prima) s. f. — 1. Aurore. Vpr.
al prumier, au point du jour.
Le solal va cralsMul choque jor h It prima.
€ Le soleil va croissant chaque jour à
à l'aurore. » (Mon).
De prima hora, duquel on n*a gardé que
le premier mot.
2. A River. Printemps. * O y est in
travâr de feire à la prima, c'est un travail
qui doit se faire au printemps. »
De prima (statio), la U* saison; celle
qui commence l'année rurale.
PRIOND Y. prand.
PRO (pro); ap. Coch. PROU adv. —
Assez, et qqft)is beaucoup.
D'après Diez, de probe, comme le vfr.
proef. D'après M. G. Paris, de prodesl-
Cette dernière étym. est plus conforme au
sens (cp. vfr. prou pro preu « profit »,
de prodesl). Quant à la forme, prodest
ayant o long, devrait donner preu après
avoir donné prou. Mais comme le fait
remarquer M. Ghabaneau, le cas de prou
doit être le même que celui de now.v, vous.
Employé le plus souvent comme pro
clitique, c'est la forme ou des proclitiques
qui a prévalu, même sous l'accent. 11 est
à remarquer comme corollaire que prodest
a donné les deux formespreu et prou dans
le subst.
PRON, DA v. prand, da.
PROU V. pro.
PROUVA V. prova.
PROVA (prova); à Lyon et à C^rap.
preuve; ap, Coch. PROUVA s. f. It.
provagine — Provin, sarment que Ton a
couché en terre pour former un nouveau
cep. D'après Coch. la prouva est la fosse
où l'on couche le provin.
De propago. O ouvert = o (39). Ch.
de p en V (140). La forme de Crap. et
de Lyon est d'oïl, où o bref = eu.
PRUDHOMO (prudômo) s. m. — à
Morn. Bouillon h\diï\c,verhascumthapsu s
Fr. popul herbe-à'bonhomme.
De ses qualités thérapeutiques. L'express,
primit. a certainem. été herbe-à-prud-
homme, c*est-à-d. herbe employée par
l'homme sage, ancien sens du mot prud-
homme (prudus homo); puis l'express,
s'est réduite au seul mot de prudhomo.
PUAJO (puajo) trissyll. s. m. — Action
de tailler la vigne. •
De pua, av. suff. ajo, d'aticum, appli-
cable aux opérations. Cp. élagage, vitiage.
PUBLO V. poblo.
PUGI V. pu:t.
PUGNATO (pugnatô) v. a. — ùR.-de-G.
Donner une poignée de main à.
Sapre nom île inftiin!
Trafùro pôs la rua tciii» pugnatô Martin.
» Sacrebleu î — Je ne traverserai pas
la rue sans donner une poignée de main
à Martin. » (Gorlj.
De pngnum, av. suff. ô (14 8») et insert,
d'une syll. intercalaire at, poar donner
un caractère fréq. Pugnum ayant donné
poing, on aurait dû 9i\ou' poing naLô poi-
gnatô pognatà, comme on a pogni et
pogno7i. Mais poignée se dit pugnia.
PUITS-PELU V. sous pelu.
PULLI-SARPINT v. piouilli-sarpint.
PUNEL vin. 1600 : « Item huit licts de
plumes garny de leur coultre et cussin de
panel. > {Inv. de VHôpit. de Ville fr.)
Faute du copiste ou de lecture pour
plumel : « coussin de plumes ». Plumel
répond à 'plumellum, de pluma.
PUNEL vin. 1379 : « Pour appelle la
serraille du punel de la porte St-Marcel... >,
pour arranger le serrure du ? de la
porte Saint-Marcel.
Est ce le môme que ponil (v. ce mot),
qui s'applique aussi â une porte? Dans ce
cas ponil ne signifierait pas « poignée ».
Je reconnais d'ailleurs qu'il n'est guère
possible d'admettre la fourniture d'une
« pièce de noyer » pour une poignée. Peut,
être le ponil punel était-il la grosse barre
transversale qui défendait les portes, il
est admissible que, pour qu'il ne dépendît
pas du premier venu de lever cette barre,
elle fût assujettie par une serrure. Le mot
pourrait venir de 'poigner pour poindre,
j pris au sens de « étayer, soutenir (v. pon-
teau) ». La marche serait poignil —
ponil— ponel — punel.
*PUNTIS s. m. pi. Pr. pountèu, Igd.
pountil, alp. pountèlh, dph. ponti s. m.
— ap. Coch. « Marchons (chantiers) sur
lesquels on place les tonneaux dans une
cave ». Je ne connais pas ce mot, qui, je
présume, doit se prononcer po;?/i, le son
un étant peu usité en In.
De *punctile, de punctum. Le sens
primitif est « étai ». Les chantiers sur
lesquels on élève les tonneaux font office
39
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330
PUSS
d'élais, et en pr. pontèxi signifie k la fois
« Alai » et « chantier ». L'* de putitis, dans
Coch., est certainem. muette et n'est que
le signe du plur. Sans le double sens du
pr. pountèu. on s'irait porté à tirer pow^i
de pontile, de pontem; mais si l'idée de
« pont » peut, à la rigueur, passer à celle
de « chantier i., elle ne peut pas passera
l'idée « d'étai ». Les object. qu'on peut
élever contre la forme sont, je ciois,
résolues au motponteau,
PUO V. poutj.
PUSSIN (pussln) POUAYSIN — adv.
Vx. for. peu sen peu^sen pitssi^ vpr.
poisas poissas puet/ssas (M. Onofrio
donne la forme vpr. puissas, que je ne
connais pas) — Puis ensuite :
Pouaysin i z-in Ta torlilli de flammci.
« Puis, ensuite, ils ont fait se tortiller
des flammes. » {Chans. de Revér.).
PuMiw, quan nos seron periqui tou inssioii.
Puis, ensuite, quand nous serons par
là tous ensemble. » {Ina Miseri^ chans.).
Du type qui a formé fr. puis, réduit à
pus (48), ei de i^tde = in. I/idée est
« puis de là; puis ensuite ». On explique
ordinairem. puis par post = pois = pocs
(Chal)anO.Cp.levb.pr.po/>ptpo5r,fr.pî«,>
{^pueis^pocs, âe2)ocsnm). M. Groeber
r^'xplique par ;>o.ç/^. plus voy. init. du mot
suivant, ce qui ferait un hiatus comme
dans osliinn =z huis: M. Thomas l'expli-
que pav'posUHs (celteétym.aélé adoptée
par M. G. Paris). Je ne sais si Tune ou
l'autre de ces deux format, pourraient
rendre raison de it. pot.
PUTAFIN (pulafin) PETAFIN dans
1 express. * Fore jmtafin • de qq. chose. le
gâter, le gaspiller. « Le poure filles, boni-
^ gensi savant assé que los garçons font
sovent peta/in de le nigaudes que se fiont
en elloux », les pauvres filles, hélas
savaient assejî que les garçons font sou^
vent mauvaise fin des niaises qui se fient
a eux (Dial.), Pr. puto-fin puto-fi, dégât,
dilapidation.
Ma fty, 8jr nos échtppc.
Le bogre sert fln.
Lo faut melire en ëclappe (en éclats)-
Faisons-en putiafin. '
iChmis, des Taffetiers, 174/|).
De l'adj. hi. puta, de put(i)d(u et fî?i, de
nnem. On devrait avoir pudafin suiv la
règle générale que la l- cons. du groupe
tombe et que la ^ persiste; mais ici le
mot a certainem. subi Tinfl. de puta,
femme de mauvaise vie, aussi de putiduni
(Foerster), mais où d se trouvant final
(vfr. put, fém. pute) s^est durci en t. L'adj.
put pufa n'existe plus chez nous qu'en
composit. (v. petaviti).
PUTE (pute) s f. - sur les confins du
For., au sud du Lyonn., Sorte d'alise, qui
n'est pas l'alise commune, mais dont je ne
saurais dire le nom scientifique.
Étyra. inconn.
PUTET (putè) s. m. — Sorte d'alisier.
De In. pute (v. ce mot), av. suff. et,
applicable aux noms d'objets (cp. armet,
bassinet), mais qui n'est pas ordinaii-em.'
appliqué aux noms d'arbres.
PUVA V. piva, pioche.
PUVO V. pivo.
PUYA V. sous puyant.
PUYANT, TE (pu-yan, te) adj. —
1. Puant. Une plaisanterie de vieille femme
consiste à dire la bonne aventurée qqu'un,
puis on lui fait répéter trois fois : « Qu'are^
ju tôt l'an? » — A quoi la sorcière répond
brusquement : « Lo partus duc... puyant î »
Do fr. puant, av. insert, d'yolte pour
rompre l'hiatus.
2. Terme péj. Dédaigneux, fat, désa-
gréable par sa hauteur. Pic. ponant, fat,
faiseur d'embarras.
3. Se dit des enfants câlins. Faire son
puyant, câliner pour se faire dorloter. 1-a
dérivât, du sens 2 se comprend facilem.,
mais celle du 3, qui n'est nuUem. péj.. est
assez bizarre. La forme de River, est PUYA
(puya), dans laquelle a été substitué, assez
à contre-sens, le suff. a, à'atum. On a
ainsi transformé puant en pué.
PUYLE vin. s. f 1473 : « Item, troys
casses frissoires, une puyle de latrines
d'un sellie. » [Inv, de VHôpit. de Villefr.).
Très probablem. un outil de vidangeur
pour puiser la vidange, de la contenance
d'une seille.
Il est souvent difficile de donner l'étym.
d'un mot que l'on comprend, à plus forte
raison de celui qu'on ne comprend pas.
M.Ghaban me fait remarquer que s'il y avait
payle, on pourrait l'expliquer ^vccpatella^
pr. padela. M. Missol, à qui je me suis
adressé, a confirmé la lecture puyle, mais
il pourrait y avoir erreur du scribe.
PUZI (puzi)-, ap, Coch. PUGI s. f. —
Puce.
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QUAI
331
0
"QUAISI (SE) -7. qiièsi (se).
QUANT (kan) adv. Vfr. quanz quantes
-^ Combien, t Quant avivas de barbis,
combien avez-vous de brebis? »
De qu9Lnt(iim).
QUARANTAIN (karantin) s. m. — 1.
Violier annuel. — 2. Sorte de haricots pré
coces.
De quarante, sans doute parce qu'il
s'écoule 40 jours entre les semailles et la
récolle. Cp. milan, quarantin, froment
qui met quarante jours à fructifier.
QUARQUAUELLA (karkavèla) vin. v.
n. — Bavarder.
Eyel aisé quarquauella ;
Depécbon iiou, e yet lolun.
« C'est assez bavardé; — • Dépêchons-
nous, c'est tout un. » (ChevaKch., 1566;.
Le même que carcavelô (v. ce mot),
pris au fig.
QUARRE (kare) QUORO (koro) CORO
s. m. Vfr. quarre qare — Coin, angle
rentrant. S'emploie surtout pour désigner
le coin du feu : lo quoro dou fuë.
Hait dépu qu4quit joart, in luje dous plut roro
M'oMige de rigueur a rcjuindre hiou coro»
« Mais depuis quelques jours, un sujet
des plus rares — M'oblige rigoureuse-
ment à revenir dans mon coin. » (Dép.),
De qu9Ldrum, Ch. de a en cî (2); de dr
en rr (164 5").
QUARRE, vl). V. querre.
QUARTE CARTE (kartsé) s. m. — à
R.-de-G. Sein, mamelle.
J'ont yu pass6 lo jour einlé
Seins pouère m6dre à son carié.
« Nous avons eu passé le jour entier —
Sans pouvoir mordre à sa mamelle. >
(Due Bib.).
La dérivât, de ce mot est curieuse. Il
vient de la locut. beire son quarté « boire
son quart (de pot) » Dans le Velay on
demande . dans une auberge un quart,
comme à Lyon une chopine. Le mot se
rapporte à une ancienne mesure de liquide,
sans doute le pot. Le mot- de quart est
encore en usage dans l'armée pour dé-
signer le bidon. Sur quart a été fait le
dim. quartefquartp^en parlant d'un enfant
qui telle. On dit qu'il boit son quarté
« son petit quart ». Le mot s'est appliqué
dans des phrases adressées à l'enfant :
« Tiens ton quarté, prins ton quarté >,
où l'idée de lait se confondait facilem. av.
celle de mamelle. Puis il a pris défini tivem.
à R.-de-G. le sens de mamelle, quoique, à
ma connaissance, il ne l'ail pas dans le
Velay, dont le mot est originaire.
QUARTERON (karteron) s. m. L Objets
vendus au nembre de 25. Le marchand en
ajoute un pour gratificat. Un quarteron de
pommes = 26 pommes. Dans certains
endroits, notamm. à Givors, l'habitude est
de donner 2 en plus des 25. De même dans
la H'«-Loire.
2. Quart de livre. Encore très usité à
Lyon. « Un quarteron de beurre *. Trois
quarterons, trois quarts de livre. Les
CarteroHf célèbres imprimeurs lyonn. du
xvu* s., avaient pour devi.se : Les Quar-
terons font les livres.
De quarte, de qusirta, et sulT. on, relié
par un r comme dans mouche-ron, aile-
ron.
QUARTIER (kartiè) — à Lyon dans
l'express. Don7ier quartier à une pierre
aune poutre « la renverser sur le côté ».
De quart, av. suff. ter (13) assez mal
appliqué. Doîiner quartier, c'est faire faire
« un çwaW de conversion ». Vosges, bayé
quartier, même sens.
*QUAT ainsi orthographié par Goch.
Le t a sans doute pour but de marquer le
son bref de a. Il lui donne, av. i-aison, je
crois, le sens de présure (v. quinziau),
mais je ne connais pas le mot. ¥ot quay,
vpr. cach. même sens.
De coKctum. Sur la réduct. do oa ù. a
cp. catir, aussi de coactum.
QUAUQUE-RIN (kôkerin); vin. QUO-
QUE REN s. m. Dph. quauquaren, pr.
quaucarèn quauco-ren, alp. queicaren
— Quelque chose S'emploie toujours sans
article.
Si j*aviaii poila f/tiô^ue ren,
Pel-éUc <|u'il u ^ireudio Wii.
« Si j'avais apporté quelque rlio.se —
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332
QUE
Peut-être qii*il y prendrait bien ». (vx Noël).
De qual{is)quam rem. Vocalisât, de l
(121 2«); ch. de em eu in (23). L3 ch. de
a post-ton. en <5 est dii sans doute à Tinfl.
de fr. quelque.
QUE conjouct. usitée à Lyon pr-ur lier
un adj. 2 fois répété dans des ellipses
singulières : « Fort que fort, il faudra
qu'il cède », pour « combien qu'il soit
fort, etc. >. On le place encore pour lier
un vb. à la 3* pers. du subj. 2 fois répété :
« Résiste que résiste, il faudra qu'il cède ».
Un écrivain lyonnais a écrit cette phrase :
« Tarde que tarde, arriva Pâques. » Un
dicton fréquemm. répété est celui-ci :
€ Hasarde ^«t'hasarde, je m'hasarde »,
pour € quelque risque qu'il y ait à courir,
je me hasarde. » Cet emploi de que n'est
pas rare en vfr. et en vpr.
Je ne « m'hasarde » pas à expliquer la
formation syntaxique de ces phrases.
QUEMOCLE (kemôcle) s. m. -— En
Fr.-Ln. Crémaillère. Le même que cuma-
clio (v. ce mot).
QUÉRO (kërô) s. m. — à Paniss. Curé,
De curBUum. V. quevrô vb.
QUËRO (kër6) v. a. — à Paniss. Tailler,
mais au sens de tailler les arbres, les
émonder.
De curSLre, au sens moderne d'éplucher,
de nettoyer. Le passage de u à é, qui a
eu lieu probablem. sous les infl. descons.
voisines, se retrouve dans quërô^ curé.
QUERRE (kére) à Morn., River.; à
R.-de-G. QUARRE (kare) v. a. For.
quarre, vfr. querre quierre — Aller
chercher, mander, quérir. Le mot ne
s'emploie qu'à l'infinit.
Si (ê voux lu hiau jour que je veua le qtiarre.
« Si tu veux qu'un beau jour je vienne
te chercher. » (Ballon d'Essai),
De quer(e)re. Dans la forme quarre e
a passé à a sous infl. de r (24\
QUÈSI (SE) (se kèzî) SE QUIÊSI (se
kiôzî); ap.Goch. SE QUAISI v.pron.Dph.
se queisié, St-Amour che qufije, Saône-
et-L. cuisi — Se taire. « O faut te quèsi, il
faut te taire. » On dit souvent quèsi son
bèf à Lyon taire son bec,
Quiisi-vo, si vo vol y,
Que vecie lo Conto.
« Taisez- vous, s'il vous plait, — Car
voici les Comtes [de Saint-Jean]. » (Noël
172S) .
lluM, quiêsi ton betj le m^esiorlie, j'ai suiii.
« Muse, tais- toi, tu m*assourdis, j'ai
sommeil. » (Brey,)
De *qucliare pour quietare. Ch. de t
en ^ (138); de tare en î (15 !•). Cp. vx.
it. requîare « reposer ».
QUÈSIAU V. quinziau.
QUÈSIOU (v. quinziau,
QUETTA (kèta)s. f. - à Morn., River.
Poule, e; cri par lequel on les appelle.
« Le quelles ant tôt abimô celo casson^
les poules ont tout abfmé ce carré de lé-
gumes ». Mon. dit quelle. Je ne connais
pas cette forme; ce doit être une faute
typ. Genev. tiette, lira. quitoqtiUo, cri
par lequel on appelle les poules.
Paraît d'abord, aussi bien que le lim.
quito-quito, un son imitatif pour appeler
les poules, comme quierr! quierr! pour
appeler les porcs. Cependant le genev.
tietle^ qui est le même mot, est antérieur,
car /* voy. passe à ki (cp. Guieu pour
Dif'u) et l'inverse ne se produit pas. Or
Humbert dit que tiette est pour Hotte, qui
est lui-môme une abréviat. de petiotf.
Le fait est très vraisemblable. Quoi qu'il
en soit, lo cri pour appeler les poules a
été transformé en subsl. Dans les Vosges,
on trouve, il est vrai hhettè (hh représente
l'aspirât, ail.) « gratter ■. en parlant des
poules, mais le vb. n'existant pas en In .
n'a pu produire de subst., et il est pro-
bable au contraire que hhettè a été fait
sur un subst. hhètle, identique à notre
ketta,
QUEUE-DE-RENARD s. f . — 1. Ama-
rantus caudatus, plante de jardins, à
longs épis pendants et de couleur ama-
ranthe. — 2. Dans la montagne Lilas.
De l'analogie av. une queue en fourrure,
quoique la ressemblance, sensible dans
l'amaranthe, le soit bien peu dans le lilas.
QUIBUS (kuii)as dissyl.) s. m. — à
Lyon Argent. Avoir du quibus, avoir de
l'argent.
Mot plaisant emprunté au latin et auquel
on a donné la signilicat. fantaisiste de
quoi. Avoir du quibus, répondra avoir de
quoi ou plus souvent du de quoi. Quand
le popul. emprunte des mots lat., il leur
donne communém. des finales en ibus. Op.
rasibus^ débiter ibus.
QUIERR (kièrr) interj. — Cri pour
appeler les porcs.
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QUIE
333
Probablem. une onomat. plus ou moins
heureuse du cri du petit porc.
QUIÊSI (SE) V. quèsi (se).
QUIFFA (kifa) adj. des 2 g. — 1. à
St-Mart., MoiTi. terme péj. Se "dit d'un
enfant mutin, désobéissant, désagréable,
dont on ne peut rien faire. « CeVefant è
quiffa, en ne peut rien faire de cet enfant ».
2. A R.-de-G. quiffa paratt s'employer
dans la locul. primit. être de quiffa, Roq.
en a fait un adj. déclinable au sens de sot.
maladroit, confusion facilitée par la pré-
posit. de, qui a été prise pour l'adj. indé-
fini de € des ».
Tôt de nièiiôt, dont le yllluslrfn ffrifTi^s
No zant provô qu'is n'eiMnt pé3 de quiffes.
# Tous gens dont les illustres grilTes —
Nous ont prouvé qu'ils n'étaient pas des
maladroits » (Per),
L'emploi de ce mot av. une désinence
fém. indique un subst. originaire quiffa
qui est, je crois, le caffe qu'on trouve
dans le centre de la France, et qui si-
gnifie dépareillé dans la locut. être de
caffe, de vpr. caf « impar (Donat pr.) >,
it., caffOf nombre impair. On a dû dire
d'abord in efonl de quiffa, puis in efant
quiffa. Je crois être .sûr, sans pouvoir
indiquer de source, que certains pat. ont
les 2 formes caffe et qu'iffe. Caffa passe
à quiffe sous infl. de k init., comme casa
est devenu chis. Quant à l'idée, elle est
celle-ci : « Un enfant dépareillé ». c'est-
à-dire qui n'a pas de pareil pour le mal
faire.
Diez, après Ménage, tire it. crt/fo de it.
capo, auquel il attribue le .sens de ce qui
dépasse la mesure t das tiber das Mass
gehende ». Ce sens n'est attribué nulle
part à rit. capo, qui répond exactem. au
fr. chef^ et paratt toujours inséparable
de l'idée de supériorité, tandis que cnffo
ne paraît avoir pris nulle part une idée de
supériorité ou d'excellence, comme l'ima-
ginait Ménage, probablem. sous l'infi. du
brocart numéro Deus impure gaudet. Le
mot est au cou traire péj. dans tous nos
dial. fr. Diez propose aussi caput dans
l'express, caput aut navem, croix ou pile,
mais on ne saisit pas le rapport av. le
dicton it. pari o caffoy pair ou impair.
Si Ton avait pris caput comme représen-
tant T'impair, pourquoi n'aurait-on pas
pris narem comme représentant le pair?
QUINARODON(kinarodon)s.m.GeneT.
quinorrodon — Baie de l'églantier. J*ai*
entendu dire ce mot dans le Lyonn., mais
je crois, par des personnes originaires du
Dauphiné, oii il est, m'a-t-on dit, très
usité. B. lim. quinarodou^ confiture faite
av. le fnrt de l'églantier.
Le k init. semble indiquer que le mot
est venu directem. du grec xuvôjop^ov,
sans l'intermédiaire dulat. cynorrhodon ^
qui aurait donné c doux fa l'init. Mais le
transport de l'ace, aussi bien que le dé-
calque exact du mot grec, la persist. de
d etc., tout indique un mot de format,
savante, qui aura pénétré dans le peuple,
sans que je puisse trop m'expliquer com-
ment.
QUINCHI (kinclil); à Lyon quincher
V. n. Br. quincha, lorr. pincher— Pousser
des cris aigus et perçants.
Menetri, conflie la meselte,
Quincha, mi- ne bin na çanson
« Ménétrier, gonfle la musette, — Fais-
la crier, dis bien une chanson. • (Chans.
br.).
De l'onomat. Am, av. sufT. vb. relié par
chy peut-être parce que l'onomat. sous
cette forme paraissait plus exacte; mais
on a aussi quinô, où le iuflf. vb. a été
apposé sans cons.interméd.Dans quinchi,
la guttur. a appelé la forme en t du sufif.
(15 20).
QUINDER V. condi.
QUINDI (kindt) v. a. — à Paniss.
Assaisonner. Quindi la sopa, mettre du
beurre dans la soupe.
Le même que condi (v. ce mot). Quindi
a son correspondant dans quinder, em-
ployé à Lyon, av. ch. de déclinais.
QUINDURA, y.condura.
QUINDURI (kinduri) s. f. — à Pi^niss.
le même que condura,
QUINET (kinè) s. m. — 1. Sorte de jeu
des gamins; 2. Petit morceau de bois
pointu par les deux bouts, dont on se sert
pour jouer au quinet. En frappant av. un
bâton sur un des bouts on fait sauter le
quinet. — 2. Sensu obsceno « pénis ».
Du cunea -. : vfr. cuig7ie, et suflf. et.
D*où cuignet, et quinet par démouillement,
rare d'ailleurs, de n.
QUINO. A (kino, a) adj. Toulous., Gers
quin quino, béarn. quin quinh — à R»-
de-G., River, etc. Quel, quelle; plur.
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334
QUIN
guino(s) quine(s). Quinos solors faut o
prindre^ « quels souliers faut-il prendre? »
Quittes genSy « quelles gens! »
Parail être le vpr. qun, même sens. Un
H passé à in comme dons tinus = in. Puis
l'addit. de o a dénasalisê la voy. Comment
s'est opéré Taddit. de of Probablem. par
rhabitude de lier Vn devant les voy. dans
certaines phrases usuelles, comme quin-
n-homo « quel homme >, devenu qui-n-
homo; d'où quino pour quin. On peut
demander, il est vrai, pourquoi le môme
phénomène ne s'est pas opéré dans unus =^
in. Peut-être k cause de l'analogie av. le
fr., plus évidente dans in « un » que dans
quino. Quant au vpr. qun^ il doit venir de
quid unus de préférence à quis unus. On
sait que que avait pris les 3 genres.
*QUINO (kinô) v. n. Pr. quila, vpr.
quilar, poit. quener quenit\ gasc. hila,
dph. quina — Crier aigrement, en parlant
d'une porte, d'un chien, d'un enfant. « Lo
pitit quine bin tant, l'enfant crie bien
tant? » Lorr. chigner^ pleurnicher.
Fusque de Patatou Tutsi pitaflnô,
Depu oitis de sié»ns refuse de quinô.
« Puisque l'outil abîmé de Patatou, —
Depuis plus de six ans refuse de rendre
ses sons criards. » (Mén.)
De l'onomat. kin (v. quinchi), av.
suff. 6, 1 s'est dénasalisé lorsqu'une voy.
a été placée après n.
QUINQUERLO. LA (kinkèrlo, la) adj.
— Pimpant, mignon, gracieux. « Cela
hoye est ben quinqnerla, cette fille est
bien séduisante. »
Du rad. qui a fait le fr. requinquer pour
lequel Littré donne l'étym., très problé-
matique, ^Mingiiare, faire desUistrations.
Je crois plut(H le mot, suivant une hypoth.
de M. Scheler, de la famille de quin-
quaille clinquant, A ce rad. quinq, signi-
fiante brillant, orné *, s'est ajoute le suff.
bizarre eWo. A quoi répond ce suff. en lat.?
Aux mots bocherla t fauvette », bocherla
« barbuquet », j'ai certainem. fait erreur
en voyant dans erla la représentât, à^alis,
av. insert, de r. Les formes en nrla sont
au contraire postérieures aux formes en
erla. On ne peut lire dans erlo qu'un suff
purem. roman, par analogie av. qq. mots
en er(u)la : postcrula = posterle, me-
rula = merle, perula =z perle.
*QUINSON (kinson) s. m. Dph., pr.
quinson, ss.-rom. kinson, pr. quinsoun,
auv. tiensoun — Pinson. « Pinson, oiseau
que le peuple nomme quinson au delà de
la Loire ». (Menestrier).
C'est le fr. pinson, dont lal'« cons. a été
changée en k paronomat. de cri de l'oi-
seau (v. quinô, quinchi).
QUINZIAU (kinziô dissyl.); à Hiver.
QUÈSIAU (kèziô); à Paniss. QUÊZIAU
s. m. For quay — Vessie ou estomac de
chevreau, qui, macéré dans du vin blanc,
sert à faire la présure. « In kinziau de
churot, une vessie de chevreau ». For.
miôlelta, estomac de chevreau et présure.
'Casellum, de caseum, conviendrait à
la forme. Dans quinziau, la nasalisât,
de a, qui serait passé à an puis à s/i,
serait due à l'infl. de la gutt. (184 ?•,
rem. 2). Ch. de ellum en iau (32). Tou-
tefois il est plus naturel de rattacher quin-
ziau à quat (v. ce mot), de coactum. Le
vpr. cach (se prononçant cats) pouvait
facilem., en composit., se réduire à cas
qui, av. suff. iau d*ellum, donne qtiasiau
quinziau. Quant au sens, il était origi-
nairem. celui de « présure ». Puis, ce
dernier mot étant devenu familier à nos
campagnes, le sens de quinziau s'est loca-
lisé dans l'objet qui sert à faire la présure.
QUIQUEBILLES (kikebilhe) s. f. pi. J'ai
qqfois entendu ce mot à Lyon au sens de
« coleae ».
11 est probalile que Torig. est vfr. tri
quebille « pudenda virilia », composé de
trique « bâton », et de billes « petites
boules (cp. billes de billard) ». Je crois
que c'est par dérivât, de sens qu'on trouve
au XVI* s. triquebille au sens spécial de
« pénis [ap. F. Michel)». Il s'est inversem.
spécialisé dans quiquebilles, où le type
primitif trique s'est perdu de vue. Le k
init. est un effet d'assimilat. au k médiat
(cp. 188).
QUIQUIBILLI (kikibilhi)s.f.- à River.,
Morn. Mot comique répondant à Saint-
Frusquin. t Al a migl sa quiquibilli », il
s'est ruiné, il a mangé tout ce qu'il avait.
Je crois le mot forgé sur bille, primitif
de billon, av. une répétit. plaisante de
sonorité en guise de préf., à moins que
quiqui ne soit une corrupt. comique de
quauque « quelque ». Quauque bille
« quelque argent », qu'on aurait aggloméré
et transformé en subst.
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QUIR
335
"QUIRI (kiii) V. a. — Appeler qqu'un.
Qiiiri don lo Pire, appelle donc Pierre.
De quaerire pour qusierere, comme fr.
quérir. Le ch. de ae (rr e bref) en i s'est
peut-être produit sous infl. de la gult
(cp. 15 2"). Ce phénomène serait de même
nature que celui qui a transformé a en t
dans chi(s)^ de casa; chiite de Crtra
(1, rem. 2).
QUIRIOUS. OUSA(kirioiidissyl.,onza)
adj. — Curieux, euse.
V'esl ce qu'tpprenii Saxannt la quiriousa
« C'est ce qu'apprit Suzanne la curieuse.»
(Mon).
De curiosum. Le passapre de xi init. k i
a eu lieu probablem. .sous infl. de l'yolte
qui suit \'r (cp. coriutn = fr. cuir).
QUOQUE REN v. quauque rin.
QUORO V. quarre subst.
QUORO (A) (à kôro) — Dans la loc.
Être à quoro, être c à quia », à bout de
ressources ou de forces.
Mt sœur, Je su k q^MTo et je n'in poio mai.
« Ma sœur, je suis à bout et je n'en puis
plus. >» (Mon.)
Peut-être de quàro subst. (v. ce mot).
Être à quorOf être refoulé, acculé dans
un coin d'où il n'y a plus d'issue. Cp. fr.
Être à bout. On peut aussi penser à acorer
qui, en vfr., signifiait « ôler le courage » et
dont acore serait un adj. v., formé comme
trempe pour trempé^ use pour itsé, gâte
pour g/ttf^.
R
RA préf. rêduplicalif, rôpondanl à
fr. re.
V devant les vb. : rnpsoffer, raffalo,
rabibocher , etc.
20 dev. les subst. :raboudajo,rafatailli,
recuite, relait, etc.; dev. les adj. verb. :
relanquit, remidiyi, etc. Paraît être péj.
dans raboulaud, rataconner {k l'orig. pro-
bablem. réduplicat.).
Syllabe qui a pris par confus, le carac-
tère péj. dans rafoyau.
"RABATTA vb. v. rabota,
RABIBOCHAGE (i-abibochaje) s. m. -
à Lyon Action de remettre en état une
chose abimée.
De In. rabibocher, av. sufT. dVil âge,
d'aticum. Cp. rapsodage^ ravaudage,
raccommodage,
RABIBOCHER (rabiboché) v. a. — à
Lyon Remettre en état une chose abîmée,
la réparer. S'emploie surtout au sens
comique.
Ce mot me paraît le même que rabobil-
tonner, av. métath. des voy. o et t, et
substitut, au suflT. onner, du suff. péj.
ocher (v. rabobillonner).
"RABIÉ s. m. *RABIRI s. f. — D'après
Coch. Avaricieux, euse, personne qui
s'attache à des minuties.
Je ne connais pas ces mots. Ils sont com-
posas du rad. rap^ de rapere, qui se re-
trouve dans fr. rapace et dans vpr, arra-
par arrabar « enlever », plus suff. i, tri,
à^arius. aria, Ch. de p, devenu méd.,
en 6(140 rem. 2).
'RABIRI v. rabié.
RABISTOQUER (rabistoké) v. a. Ss.-
rom. rabistoka, wal. rabîstoquer —Rac-
commoder tant bien que mal, remettre en
état un objet casse, disloqué.
De ra, préf. au sens réitérât.; bis, préf.
péj., et vb. fr. toquer « toucher, heurter ».
Le tout représente « retoucher » av. sens
péj.
RABOBILLONNER (rabobilhônè) v. a.
— à Lyon même sens que rabistoquer.
Ce mot me semble en relation av. vfr.
rabobeliner « to patch (Gotgr.) », rabo-
biner « raccommoder tant mal que bien
(Ronsard) », et In. rabibocher (v. ce mot).
L'orig. doit être vfr. bobelin « savetier »,
d^ovi rabobeliner, 2LS, substitut, du suff.
onner (par analog. av. carillonner etc.)
au suff. iner. Les bobelins étaient primi-
tivem. une chaussure à l'usage du peuple.
En Belgique bobelin s'emploie encore av.
le sens de pièce, morceau (Godef.). Il est
à croire que le rad. bob avait ce sens. Bo^
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'.m
RABO
belin « chaussure » avait probablem. une
signiâcat. péj. comme notre « savate ».
Mais j'ignore complétera, l'orig de ce rad.
RABOTA (robôta) ROBOTA (rôbôta)
s. f. — Râcloir pour ramasser le blé de
l'aire. Il s'emploie en le poussant devant
soi.
De vfr. rabouter, composé de bouter et
d'une l" partie ra (de rasum f). De rabotô,
forme pat. de rabouter, on a tiré le subst.
v. rabota.
RABOTO (rabôtô) à Grap.; à Morn.
ROBOTO (robùtô); ap. Coch. RABATTA
v. n. vfr. rabater^ berr. rabâter — 1. Re-
muer, faire du bruit. D'après Coch. « cl:er-
cher quelque chose », mais ce sens n'exisle
que lorsque l'on remue bruyamm. en
cherchant. Vionn. rëbata, rouler qq. chose-
Ménage, qui le tire, av. peu de vi*aisem-
blance, de potÔaTicv^ « se promener haut
et bas », fait remarquer, contre sa propre
êtym., que le mot de Rabats, employé par
Jacques de Glusa et encore usité de son
teii^ps dans l'Anjou, le Maine, la Nor-
mandie, signifie « Esprit des maisons »,
lutin. Gp. m. lat. Rabes « Norwegis Dae-
mon (Du G.) ». Le mot appartient à la
mythol. germ. Il est très probable que
c'est sur lui qu'a été formé rabaster « faire
du bruit comme les esprits dans les mai
sons ». Ménajjë ajoute que les Gordeliers
d'Amboise faisaient jeter, le mercredi
saint, & l'olTlce des Ténèbres, quantité de
cailloux sur la voûte de bois de leur
église (dans nos pays les enfants font h ce
moment di^ bruit av. de grosses crécelles)
et « qu'on nommait ce bruit le rabast des
Gordeliers ». Sans doute le peuple y voyait
qq. chose d'analogue au bruit des esprits.
Gp. Gotgr. rabalter « to rumble, rattle,
or make a terrible noise, as (they say)
spirits do in some unforlunate, or unfre-
quented houses ». Je crois celte étym. beau-
coup plus vraisembl. que celle de rabies,
proposée par Raynouard (au mot rabasta,
querelle) et qui ne répond môme pas à la
forme.
Dans la forme rah'Uô, il y a eu passage
de a ton. (1) et aussi de a prot. (59) à o;
mais a init. a résisté. Il se changera
cerlainem. en <î, comme il l'a déjà fait à
Morn.
2. Se servir de la rabota (v. ce mot}.
De rahôta^ av. suflf. ô (14 1*).
RABOUDAJO (raboudajo) s. m. — à
Morn., River, etc. Ktrennes en argent ou
en ,vin, que le veuf qui se remarie donne
aux jeunes gens du village et dont le refus
expose à un charivari.
Los varrioiit-je cougni lo vin da raboudajo.
Ainsi que quôqu'trgent outor d'oo manajo?
« Les verrions-nous mendier le vin du
remariage — Ainsi que quelque argent à
propos des mariages? (Hym.)
Du préf. réitérât ra (pour rp), de boutf)
« mettre, placer, pousser (fr. bouter) », et
du suflF. ajo, d'attcum. Gh. de t en d (136).
Le mot répondrait donc à un fr. « rebou-
tage », action de remettre, de replacer.
Gp.fr. dialectal rebouteux, c celui qui remet
les meml)res disloqués ». Le raboudajo esi
littèr. « une remise des choses en l'état
antérieur », c'est-à-d. un second mariage.
Pour le sens, l'orig. est l'express, usitée,
um du raboudage « vin du remariage •;
puis l'express, s'est restreinte iiraboudajo
seul.
RABOUIN (LE) (rabouin dissyl.) s. m.
Vx. it. popul. Rabuino (Oudin) — à Lyon
le Diable (mot tiré du recueil de M. Aniel;
V. jabri au Stipplém.). Je crois me sou-
venir de l'avoir entendu à Lyon dans mon
enfance.
Étym. inconn. — Le mot peut avoir été
importé par l'immigrat. ital. au xv* x\v s.
Est-il en rapport av. vx. it. boja « instru-
ment de supplice (cf. Papias : boja, {lor-
menta damnatorum), » it. boja c bour-
reau », d'où un vb, 'bojare « torturer,
géhenner », 'rabojare « torturer de façon
répétée »? D'où encore, av. suff. ino, un
subst. rabojino rabouinotSixv le sens cp.
à Lyon Grappin, nom du Diable.
RABOULAUD (raboulô) s. m.
De boule, av. suff. aud et préf. ra, qui
a ici un caract. pèj. Raboulaud « homme
ramassé en boule ».
^RACANET (rakanè) •TRACANET (Ira-
canè) s. m. — Grosse crécelle dont les en-
fants se servent à l'office du jeudi saint.
Get usage tend à se perdre.
D'une onomat. rac, trac (= crac), av.
suflf. e^et insert, d'une syll. an qui ajoute
à l'onomal.
RACHE (ràche) s. f. — Croules qai
viennent à la tête des jeunes enfants. On
dit aussi humeur de roche.
Subst. V. du vpr. rascar, gratter, de
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RACH
337
'rasicsLre^ formé sur rasum, quoique I
la rache n'entraîne aucun prurit, mais
toutes les maladies de psau ont été com-
parées à celles d'entre elles dont la consé-
quence est 1^ prurigo.
RACH ET (rachè) adj. m. Lim. raco, pr»
yaca — 1. Ohétif, malingre. Vpr. raca^
rosse.
Du rad de f/â/t;, moelle épinière, qui a
fait rachilique, av. sufif. et. Il est bien
étrange que ce rad. savant ait formé un
mot pat. On a déjà eu l'occasion de faire
remarquer que des mots savants ont pé-
nétré dan^ le pat. (v. peccata), mais ici ce
n'est pas le mol, mais le rad., ce qui est
plus extraordinaire. On ne peut, en effet,
voir dans racket une corrupt. de rachi-
tique. Est-ce un mot d'orig. grecque,
comme artonf
2. A Villefr. Vindicatif.
Orig. germ. — Golh. rra/ya, angl.
wreakf holl. u^rank, ail. Rache « ven-
geance ». Le mot aurait été formé sur ail.
Raecher^ *< celui qui venge », av. suff. et.
Mais il est à remarquer que le mot
s'applique particulièrem. à un homme
chétif, les hommes faibles étant considérés
comme plus vindicatifs que les autres.
Cela semblerait indiquer que racket 1, a
influé sur le sens de racheta.
RACINES JAUNES s. f. pi. « Carottes.
daucus carota. Employé par ceux qui
sachant le français, ne veulentpasse servir
de termes pat. La carotte, chez nous, c'est
la betterave.
De la couleur de la carotte.
RACLA-FORNIAU (rakla-forniô) ; ap-
Goch. RACLA-FOURNIAU s. m. — Ramo-
neur.
De raclù^ racler, et forniau^ de furnel-
lum = forniau (38 * et 32). Le mot de
fourneau au lieu de cheminée ne s'expli-
querait pas (car l'appareil dit fourneau
est moderne et inconnu dans nos cam-
pagnes), si l'on ne savait qu'en vfr. for-
niau de chatnbre signifiait cheminée.
*RACLA-FOURNIAU v. racla- forniau.
*RACO (rakô) v. n, — « Vomir, rendre
gorge. En Langued. raquer. Du vx. mot
raquiei' *. (Coch.).
Ce mot n'est plus usité, à ma connais-
sance (je ne connais que degohillv). Coch.
avait son habitation de campagne dans la
. partie la plus méridionale du dèpartemS
où. plus qu'ailleurs, devaient avoir pénétré
des mots pr. Raco est en effet le même
que pr. raca, vomir; vfr. racher^ vpr.
racar^ wal. racAt, pic. raquer « cracher »,
où figure le rad. onomatopéique rac, qu'on
retrouve dans le nor. hrœkia, ags. hrae-
kan^ cracher. Suff. <î (14 4»).
RACOTO (SE) (se rakotô) v. pron. —
Se ramasser, s'accroupir. C'est le synon.
de ^agrogni.
Je crois que ce mot est le même que
recotù, av. substitut, de a à ^ dans le
préf., ra et re s'employant indifféremm.
RADELIER, RADELLIER vin. s. m. —
Marchand de bois de construction. -^ 1513 :
« k. Clhude Losier, dit Morel, radelier,
20 1. pour 29 trabz etlSbigues de sapin...
AGuillaunieGuilIot,rade//ter,31.12s. 6d.
pour 7 bigues ». (Arch. m.}.
De b. lat. l'adellum, de ratis, av. suff.
arius (13). Les bois de construction ve-
nant en radeaux, par la Saône, le proprié-
taire et conducteur du radeau était en
même temps le marchand de bois. Le mot
était encore en usage au xvu's. « Radelier,
qui conduit les radeaux. » (Monet).
*RADICI V. radissi,
RADISSI (radissi); ap Coch. RADICI;
à Lyon radisse s. f. For. radissi ragissi
— Brioche. Le mot est fort ancien. La
radisse, dans mon enfonce, était une
grosse brioche de forme allongée, en
brioche dite de Lyon. Le mot a encore co
sens dans nos campagnes.— -1573 1" mai :
« A été ordonné prier M. le Gouverneur
faire défense aux boulanger?^, pâtissiers ei
autres de la Ville, de cuyre aulcunes
miches, tartres, radisses, pastez. bugnes,
chaudellets, cachemuseaulx, craquelles et
autres semblables sortes de pâtisseries où
il se consomme une grande quantité de
farine passée,pendant trois mois prochains,
sous peint de gros.se amende arbitraire. />
(Arch. m.) — « Radice, sorte de gâteau que
font les pâtissiers, dites brioche. » (Mo-
lard, 1803). — - Le pain d'amonition sem-
blera de radisse ». (Et. Blanc, 1815) En
Morvan la radiche est une « galette dont
la surface est frottée de beurre et sur la-
quelle on trace des raies ». (Chambure).
Le vx. pic. rasis « gâteau », dans un texte
de l'Artois, du xiv« s. (Du G.), me semble
leméme que le for. ragissi. M. de Ghamb.
cite une ordonnance de 1704 où le mot
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338
RADO
radiche signifie « brioche des Rois », sans
indiquer la ville où Tordonnance fui prise.
Badïcem, par le vpr. radits, se prêterait
à la forme, d'autant plus que le for. ragissi
paraîtrait fait sur for. i-agi « racine ».
mais la dérivât, de sens est inadmissible.
Mon. dit bien que radissi vient de l'it.
radice « parce que ces brioches avaient
la forme d'une rave ». Mais radice signifie
non pas « rave », mais « radis », et il est
assez absurde de suppo.ser que ces brioches
fussent faites en forme de radis, ou môme
de rave. — M. de Ghamb. lit dans radiche.
radicula « parce que le gâteau est fait
avec des raclures de la pâte ». Mais radi-
cula donnerait radille, et d'ailleurs ne
signifie pas « raclures », mais t petite
racine ».
Je crois que la forme du Morv. peut
cependant donner la clef de Tétym., mais
par un 'radalicia (pour radiaticia), de
radiata (en m. lat. rarfa = raie). La ra-
diche du Morv. est en eff'et un gâteau rayé^
et l'on peut admettre que notre radisse
ftait à l'orig. une tarte rayée, comme le
sont nos tourtes, à l'aide de minces bâton-
nets de pâle, posés sur la confiture. On
aurait eu ra(d)aticia (139), raadicia,
(136), raadissi (54 !<>), réduit à radissi.
De « tourte » le sens aurait facilem. passé
à d'autres espèces de gâteaux. Sur la
format, cp. vpr. raiada « raie », qui peut
aussi donner raiadissi, réduit à riadissi
radissi. Sur le sens cp. vin. torche, pain
en forme de tresse, et In. iourte, gâteau
trei Hissé.
Le vfr. radise, sorte d'épice {Roman
d'Alixandre) ne doit pas être rapproche et
vient de radicem^ mais ce me semble, par
le pr. radits, car le d serait tombé en fr.
RAD0(rad6;; à Lyon radée s. f. Dph.
rada — Averse, pluie abondante et de
courte durée. « Vèquia ina bonna radô,
voici une bonne averse ».
Du vfr. et vx. pic. rade « rapide », esp.
raudo, de r9,p(i)dum, Cp. sapidum deve-
nu sadCf vapidxmi devenu fade, et maie
hahitum, malade. Au rad. s'est ajouté le
suff. fl, passé à 6 {\), d'a/a. Sur le sens
cp. e.sp. raudal, torrent. On pourrait
songer à le rattacher à fr. randon, du
vha. rand, mais la dénasalisal. d'une voy
est si rare chez nous (c'est le contmire
qui se produit) que je n'ose faii-e ie rtp
prochem.
RADOUÉRI (radouôri) s.f. Dph. raduri,
pr. radouiri, fr. radoire, pavese râdon^
gén. razoïa — Règle ou rouleau qu'on
passe sur une mesure de giain pour la
niveler.
De *rada(t)oria, de radere. Chute de /
(135). Le ch. de oria en oire, passé à
ouéri est d'oil. La vraie forme est le dph
raduri (37).
RADOUÉRI (radouérf tiissyl.) v. a. —
Passer le rouleau ou la règle sur une
mesure de grain pour la niveler.
De radouéri, subst., av. sufT. t, engen
dré par l'yotte d'oria dans "radatoria,
•RAFATAILLI (rafatalhi); à Lyon ra/a-
taille s. f. coll. Dph. rafataille, lim.
refatalho — terme péj. « Objets de peu
de valeur; guenilles. Kn Langued. rafa-
taille; en Rouergue rafataillo: à Si-
Etienne, de matrua rafardaly ». (Coch.) —
Le sens est plus étendu que ne l'indique
Coch. ; tout ce qui est de pire qualité, tout
ce qui est de rebut est de la rafatailli :
objets, aliments, et jusqu'aux personnes.
For. rafataille rafardaille, débris, choses
de peu de valeur; Neuchâtel raffataille,
même sens. Piém. rafataja, marmaille.
On songe au vha. fas, paquet; esp.
hato, port. fatOy habits; pr. fato, chiffons.
Au rad. se serait ajouté le suff. péj. et
coll. aille, et préposé le préf. réitérât, ra,
par analog. av. rebuts, regrats. L'idée
primit. serait donc celle de « guenilles »,
que lui attribue spécialem. Coch. De
\ guenilles » le sens serait dérivé à
« ol)jets de rebut » en généi-al. Get'« étym.
serait appuyée par le for. rafardaille, où
le rad est fardes,, forme de hardes, et
par le vx. dph. rafatailli, vieux chiffons
(Gharbot). Gp. il. raffardellare « rempa-
queter (Oudin) ».
RAFET (rafé^ s. m. Dph. rafet, pr.
rouf eu, Igd. roufel raufel — Râle,
oppression, asthme. For. rafet, catarrhe,
toux. Pr. roufel lo, Igd. raufello, enroue-
ment.
De ratjwm = *raf (cp. uovum =. neuf,
viriim = vif). A raf s'est ajouté le suff.
et pour caractériser le subst.
RAFETO (rafetô) v. n. — Soiiffler ai.
peine, être asthmatique, râler. Dph. rafein,
râler, tousser.
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RAFF
339
Cepeiudqiit Sarsiiiio vé Pelou que rafete.
« Cependant Sftrsinieau voit Péteux qui
râle ». (Met.)'
De rafetf av. suff. ô (14 1').
RAFFALO (rafalô); à Lyon raffalé
adj. des 2 g. — Ruiné, amaigri, d'aspeci
misérable.
De fr. affaler, terme de marine « pousser
up bâtiment vers la côte >, av prèf. re.
Gp. l'express., très usitée à Lyon dans le
monde commercial : c un homme à la côte »,
un homme ruiné. Affaler a une orig.
germ. : néerl. afhalen, « tirer en bas »,
ou nor. fallay holl. vallen^ ail. fallen,
€ tomber »; angl. to /*a// (Schel.).
RAFFANO (rafanô) v. n. — Souffler en
route, spécialem. à la montée.
L'étym. affanô (v. ce mot), av. préf.
réitérât, va, convient au sens et â la forme.
RAFOLO v. rafoulô.
RAFOLU, USA v. rafoulu, usa.
*RAFOULO (rafoulô) RAFOLO(rafolô);
à Lyon rafouler. For. rafoula, pr. ra-
fouli rafouleja, dph. rafagna v. n. —
Grommeler, gronder en dedans. « Qu*as-
te don à rafoulô comme iquien », qu'as-
tu donc à grogner de la sorte? Dph. rafou-
lou, Iracassier, ravaudeur.
Le rapprocliem. du dph pourrait faire
croire que le rad. rst raf. Le vfr. a raf-
farde, raillerie; ra/fa/y/er, moquer, mais
c'est sans doute un dér. de raffer, saisir,
harper; du vha. reffen, ail. raffefi.
Raffar lier qqvC un c'est le saisir, le harper,
l'égraligner au moral. Tel n'est pas du
tout le sens de rafoulô. Peut-être i*af est-
il une simple onomat. du murmure, du
bougonnement. Oiilô serait une forme du
sufT. fréq. si commun o/o; et dans le dph.
le suff. agna serait analogique à celui de
dph. rifagna, ricaner. Le rgt. rofoleja
« grogner doucem. », en parlant des porcs,
me parait appuyer la conjecture d'une
onomat.
♦RAFOULU RAFOLU. USA (rafoulu,
ttza) ad). — Grommeleur, euse Par extens.
grofideur, de mémo fr. gromlf^ur, primi-
tivem. « celui qui grommelé » a pris, par
extens., le sens de « celui qui réprimande ».
De rafoulô, av. .«lutT. u (85).
*RAFOUR (rafour) s. m. Dph., br. »yi-
four; s:5.-rom. raff'or ra fouet rafouair,
Vit)una/ rafo, m. hit. rufurnus — ap,
Cooli. Four à chaux. Ce mot parait fomhé
en désuétude. Je ne connais en ce sens
que brulau.
M. Mistral y voit un composé de arm.
ras^ chaux, et de fourn^ four (ce dernier
emprunté par Tarm. au roman). Cette
format, est en effet appuyée par le fr,
chaufour. Mais l'étym. reste bien dou-
teuse. Il serait singulier que Tarm. eût
précisém. suivi dans les mots Tordre
inverse du pr., car le mot b. breton est
fourn-raz, four à chaux, et non raz-fourn.
Il est non moins bizarre que ras soit
i.solé dans les dial. ceU., qui ont, sauf
Tarm., tiré les mots signifiant chaux de la
racine d'où est sorti lat. calcem. Il est
probable que l'arm. a empruté raz comme
il a emprunté fourn.
Je crois dono que notre rafour n'a rien
à faire av. le celt., et que ra y représente
le vfr. re ree « bûcher creux », et par
extens. « four à chaux ». « E la perre
taillier et traire — E les grans rez à la
chauz faire (Chron, des Ducs de Nor-
mand., ap, Burguy) ». Je crois aussi que
c'est ce mot qui a été emprunté par Farm,
sous la forme raz. On remarquera que le
four à chaux primitif était fait en forme
de bûclier creux, en claies, et garni de terre.
Le rafour, comme le fonrn-raz, est donc
«un four en forme de bûcher creux ».
Qnant à l'étym de re ree, elle est inconn.
Burguy pense qu'on pourrait la rattacher
â rei (?) de reticnlum, en supposant que
le bûcher était fait de claies. Il repousse
av. raison l'ags. hreac « bûcher », qui au-
rait produit une forme diphtonguée.
Il faut sans doute rapprocher du
s6.-rom ra fouet le norm. (arrondissem.
de Vire) rafouei, feu follet.
R AFOYAU (rafo-yô) s. m. — Très grand
feu, au sens péj. « Que rafoyau que l'ôs
fait ». quel feu énorme as-tu fait (sur un
ton de reproche)!
De In. foyl, foyer, de focSLJ'ium^ av.
addit. du suff. tau, d'eZ/um, et préposit.
de la syll. ra, qui parait être la môme que
dans rafour et donner au mot un caract.
intens. L'idée serait « un foyer comme un
four à chaux ».
RAGACHE (ragàche) — à Lyon dans
l'express. U?i coup de ragdche, un coup
de I accroc.
Subst. v. du vfr. ou plus probablem.,
vx pic. racacher (Pu C), ramener; pic..
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340
RAGA
rch. rattraper le volant; vfr. rachassiei\
même sens; baguais racachiei, ramener
les bestiaux à la ferme; H*«-Saône récha-
quer^ saisir un objet au vol ; lorr. ragâcher,
rattraper; se ragdcherfSe rattraper; de là,
par dérivât, de sens, coup raccroché, rat-
trapé (sans ravoir cherché). Racacher
vient lui-môme de 'recaptfijcare, fréq.
de re-captarcn qui a donné vfr. recater,
RAGACHOU (ragachou) vin. s. m. —
Gamin, tout jeune homme. Pr. ragas
ragach, petit berger, valet de ferme, gar-
de dindons.
Le foltfe vn monsieur, ell'i tsturt vn ragachou.
« Elle voulait un monsieur, à cette
heure elle a un gamin. » (Bern.)
C'est le vfr. ragache, ragage, qu'on
trouvé au xvi* s. au sens de valet, goujat,
et qui vient de l'it. ragazzo, dont l'étym.
est fort obscure. Diez donne, d'après Mura-
tori, oôxi}, haillons (??). La désinence ou
remplace au xvi* s., en In., la désinence
masc. 0. Sur le passage de zzàxiY it. à c/i,
cp. guazzo r= gouache,
*RAGI (ràji); à Paniss. R ASI (ràzi) ; vin.
RAGIE s. f. For. ragi, dph. ragi, vivar,
radzo, gris, de Sopraselva ragisch —
Racine. « Gelé yeve chisi si 1res durement
au pie de cel ar}>re que les ragies se vira-
ront totes desus », cette eau tomba si for-
tement au pied de cet arbre que les racines
se tournèrent toutes en dessus (Marg.
Epistola en fr.).
De môme que le vpr. radits montre
l'existence de radïcem^ de môme ragi rosi
montrent l'existence d*un ra,d(ijca, de
r&dicem.Ch. de de en j'ouen a (161 5').
Désinence i (54 2»). Ce reidtcem, en con-
tradict. av. le lat. classique radicem, a
pu se former par analog. av. pulicem,
filicem, seilicem.
RAGIE. V. ragi.
RAGOT, OTTA (rag6, 6ta)adj. — (^ourt,
ramassé, trapu.
Cordô, d'in tuiro lô, pique In elilvau ragot,
« Cordât, d'un auti*e côté, pique un gros
cheval ramassé (comme un cheval de
charrue). » (Dép.)
C'est le fr. ragof, qui n'est plus guère
usité, mais qui s'est conservé en pat., et
dont j'ignore l'étym.
RAGRÉAGE v. sous ragréer.
RAGRÉER (ragréé) v. a. — terme de
constnict. lyonn., Ravaler une pierre eu
la raclant, raccorder les moulures, polir le
parement. *
Semble bien se rattacher au fr. gréer,
du goth. ga-raidjan, vha. [reitjan] € pré-
parer », mais je crois que l'idée de grè(s)
« polir en passant une pierre de grès », a
chassé l'idée primit. Gp. égrèyï. L'opéra-
tion s'appelle ragréage et aussi ragré
ment, où l'idée de « agrément » tient aussi
sa place.
R AGRÉMENT v. sous ragréer,
♦RAÏ V. rayi,
RAISIMOLLES (rèzimôle) RÉSIMOL-
LES (rézimole) s f. pi. — Raisins oubliés
en vendangeant.
Subst. v. de raisimollô résimollô.
RAISIMOLLO (rézimolô RÉSIMOLLO:
à Lyon résimoller v. a. It. racimolare
— Grappiller après la récolte.
De 'racemB,re, de racemum, plus suff.
roman fréq. olô,
RAISINS DE DAME — Raisins dont les
grains ne se sonl pas développés et qui,
tout en mûrissant, sont restés de la gros-
seur du gros plomb de chasse.
Sans doute de ce que l'on a supposé
que les dames étant censées avoir la bou-
che plus petite que les hommes, ces raisins
leur convenaient mieux ; ou peut-être d'une
raillerie à l'adresse des dames (non les
femmes en général) qui, pour le paysan,
sont censées faire la petite bouche.
RAISON NO (rézonô); à Lyonraisonner
V. n. — Contredire, faire des objections.
« Vos pôs t'aviso de raisonna », ne va
pas t'aviser de me contredire! » expres-
sion employée par le supérieur à l'égard
de l'inférieur.
C'est le fr. raisonner. Sur la dérival,
de sens, v. raison.
RAISONS RÈSONS (rèzon rézon) s. f.
pi. — Injures, reproches. S'emploie sur-
tout av. l'adj. mauvaises. « Il lui a dii
de mauvaises raisons, lui a chei*ché de
mauvaises raisons ». Mais on dit aussi
« il lui a dit des raisons, il lui a cherché
des raisons ». Par extens. querelle.
« Avoir des raisons avec quelqu'un », se
disputer avec lui.
Cou jour tôt se ptssil seins It uioindri mon,
Mais Inqueu sié pioupious Ttut conduit en préson.
« Ce jour-là, tout se passa sans la
moindre dispute, — Mais aujourd'hui six
soldats l'ont conduit en prison ». fPer.)
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RAISS
341
C'est le fr. raisons, pris dans le vieux
sens de paroles. Vfr. araisnier • adresser
la parole ». Encore aujourd'hui en Sain
longe on dit couramment : // m*a mis à
raison^ je le mis à raison pour il m'a^je
lui ai adressé la parole, La dérivât, est
celle-ci : « paroles — mauvaises paroles -r
injures— disputes — querelles >. ;
*RAISSI (rôssi) s. f. — Raie. « La
Raissi de Si-Bernard, l'arc-en-ciel. Près
de Lunéville, c'est /a Couronne de St-Ber'
nard. Dans d'autres parties de la Lor-
raine, l'arc-en-ciel est nommé la Courou
de St-Sinaid ». (Goch.) — Le mot raissi
parait aijandonné; on dit génêralem. la
Roa de sant Bôrnôrd.
De vfr. rais, de ru.dium. En passant
au fêm. le mol a pris la désinence fém. t,
appelée par l'yolte de la diphl. au temps
où elle se pronon«:ail. On a dit cerlaiiiem.
raissi, Gp. dph. raissiè, rayer; raissiy
raie, cannelure.
RAIVI (révi) RÉVI (révi) v. n. — à
River. Demeurer tranquille, rester coi.
« Celo bogre d'efant pot pôs révi », ce
diable d'enfant ne peut pas rester en
place.
Étym. inconn. Si le mot répond au fr.
réter « être ab.sorbé dans la rêverie », par
opposit. à « agir », le mot serait ancien et
ne viendrait pas du fr. rérer, qui donne
rêvô; c'est ce qu'il a donné pour le sens
propre de rêver, iîairi justifierait l'étym.
de Diez : rahia (pour rabies), raive
« rêve », sur lequel aurait été fait le v.
rai pi, dont la fin. t .serait expliquée par
Tyotte de rabia. Le sens de rabia est fort
éloigné de celui de rêve, mais il y a des
intermédiaires qui peuvent expliquer la
dérivât. Le passage serait : « rêver — être
rêveur — rester sans bouger comme un
rêveur — rester tranquille en général ».
Il est assez reniarquable qu'à Morn. rêver
se dise, raità; on retrouve dans la syll.
init. la diphtongue qui semble un sou-
venir de Tyolte de rabia, Gp. wal. raivi
« rêver, rêvasser ».
RAM (ram) s. m. RAMA s. f. Pr. ram
rame, Igd. ramp, vfr. raim — Rameau
d'arbre, spécialem. du bouleau. RAMES
s. f. pi. — Branchages secs piqués en
terre et auxquels on fait monter les pois.
De rama, poui ramum, La forme Igd.
ramp est un souvenir de rami palmae.
RAMA (rama) s. f. — à Paniss. Mau-
vais couteau.
D^arma (v. ramelle), av. métath. de r
(187 1*). Malgré la rareté de la format., il
il n'est pas impossible que ce soit ramella,
,av. chute du suff. {cp. pôrio, de portons).
En tous cas le mot alamelle, devenu ra-
melle, a dû exercer une infl. analogique.
RAMADI V. rômai,
RAMAGI (ramajf) v. n. - Paire un
grand bruit. « Qu'as-le don à ramagt
comm'iquien », qu'as-tu donc à faire tant
de bruit? Wal. ramag'i, suite de paroles
vides de sens.
Format, ironique sur fr. ramage. Suff. %
(16 ^).
RAMAMIAUX (ramamiô) s. m. pi.—
à Lyon Criailleries, gronderies.
Semble formé (par analog. av. ramages
d'une l"^ partie ram, et d'une f* partie
miau exprimant le miaulem. du chat
(vnia-ou). Gp. lim. mioounâ, fà sas miaou-
narias; fr. du crû miôner < se plaindre,
gémir d'un ton dolent ».
^RAMASSA (ramassa); à Lyon ra-
masse s. f. Dph. ramassa ramassi, it.
ramazzia ramaccîa^ 1. Espèce de tout
petit traîneau grossier sur lequel on s'ac-
croupit et que qqu'un pousse pour glisser
sur la glace; il est encore plus usité par
les enfants pour descendre nos anciennes
routes à pentes rapides.
Charbot (1717-19) le tire déjà de ramas,
rameaux d'arbre entrelacés, étym. donnée
de nos jours par Littré et Scheler. Je doute
fori que les traîneaux aient jamais pu être
faits en ramures. Ils ont dû être construits
comme aujourd'hui en madriers ou en
planches. Comme la ramasse est tellement
petite qu'on est obligé de s'y tenir ramassé
sur soi-même, on pourrait, av. plus ,de
vraisemblance, y voir un subst. v. de
se ramasser, it. ramm,as8are, se tenir
accroupi; ou simplem. le subst. v. de se
ramasser, au sens de se relever, parce
qu'on y culbute souvent.
2. Goch. donne aussi le sens de « averse,
ondée. En Langued. raniade ». Je ne
connais, dans ce sens, d'autie mot que
celui de bourra.
RAMASSER — à Lyon dans l'express.
Se faire ramasser, généralem. usitée pour
€ glisser sur les montagnes russes ou
françaises », divertissement qui fit fureur
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342
RAMB
de 1820 à 1830. L'express, a persisté bien
longtemps après la disparition des c mon-
tagnes >.
]^e ramasse^ traîneau (v. ramassa}, av.
suff. verb. er.
RAMBAT (rambà) s. m. — Embarras,
difflcullés graves « No z'ayans t'ayu bin
du rambat », nous avons eu bien des
difAcultôs. Mars, rambai rabat, Igd. ram-
bal rambalh ramboulh ramboul, pr.
rambiuei ranviuei rambuei, embrouille-
ment, embarras, tracas, désordre. It.
rombo, bruit, bourdonnement; m. lat.
rumbare « cum strepitu diruere, evertere »;
it. rombare « crêpa re, strepere ».
De pôu^ily, faire tournoyer, d'où un b.
lat. 'rombare, et rambat par cb. de om
en am(72, rem. 2). Le pr. rambai répon-
tlrait à un Wombacum^ et le Igd. rambalh
à un 'rombactdum. Quant au sens, on
comprend facilem. que de « faire tour-
noyer » il ait passé à « faire tournoyer
bruyamment, mattre en désordre », et de là
à «t embarras, difttculté ». Le cév. rabasto
«t embarras, objets de toute sorte » pa-
raît se rattacher à vfr. rabast (v. rôbôtô).
RAMBENAIT (ranbenè) ROMBENAIT
ROM BEN AT s. m. For. rombenet — 1.
Buis bénit. — 2. Buis en gAnëral.Lim. ram-
pan (=3 rampalm), buis.
De ram, rameau, de ramum, et benait,
de benedictum. Puis le sens est dériv. à
huis simplem., mais uniquem. au sens
d'arbuste. On ne dirait pas ina bula de
rombenait^ mais ina bula de boui(s).
RAM ELLA (ramèla): ap. Coch. RU-
M ELLA M. f. Voiron ramella — Mauvais
ccniteau rouillé, ébréché.
De vfr. alemelle almelle, de /«ma,
d'où aremelle (147 2«). armelle (pro-
bablem. sous infl. de arme), et mniella
par métath. de r (187 1»). Alemelle si-
gnitte tout instrument tranchant. 11 est
probable qn*armelle (toujours sous infl.
d'arme) est dér. au sens de « arme, d'épée »,
et le mauvais couteau a été ironiquem.
comparé à un glaive. Le norm. et le lorr.
armelle. lame de couteau, démontrent
rétym. La forme de Coch. rumella m'est
complélem. inconn. Cependant ce n'est
pas un lapsus, car le mot est ù sa place
danB l'ordre alphabétique.
RAMES V. sous rama.
R AMI LUI (ntmilhî): à Ly.m ramilin'
V. a. — Ramasser ce qui reste. Tons
ramilli los perus, « nous avons ramassé
les dernières poires ». A Lyon ; « Passe
moi voire le plat que je le ramille • que
je ramasse tout ce qui reste.
De fr. et In. ramilles t petits branchages
('ramicula, de ramum) », av. sufl*. •
(15 4'). L'idée est celle de ramasser, après
les grosses branches, les petits bran-
chages.
RAMO (lamô): à J^yon ramer v. a. —
Dans la loc. /îamrî de pets, ramer des
pois, placer des bi-anchages secs pour faire
monter les pois. « .T*aurais mieux fai*
d'aller ramer des pois » se dit à Lyon
pour dire qu'on aurait mieux fait de ne
pas se lancer dans telle affaire.
De In. rama. av. suff. n (14 3«).
RAM PEAUX (ranpô) dans Texpress.
La diumaini dous Rampeaux, \e di-
manche des rameaux. Vpr. ram^palm.
rameaux, dph. rampai^ Vionnaz, ranpo
rameau qu'on porte à la procession le
dimanche des rameaux.
De ram(i) paldnae). Vocalisât, de /
(121 2"*); d'où rampati, qu'on écrit rawi-
peaux par fausse analog. av. le saff.
&'ellum.
RAMPELLO (ranpélô) v. a. — Mur-
murer, grogner. « Je ne vos ai jamais
rampello quand vo m'aides commando
quoque i'in », je n'ai jamais murmaré
quand vous m'avez demandé quelque
chose. (Par. Co»idr.)
Dtî vpr. rampelar, appeler en battant
du tambour, et aussi grogner, murmurer,
gronder. Rampelado, roulem. du tam-
bour; rampelin, grognon. La dérivât, est
celle-ci : rampel = < rappel », puis c ré-
clamation », puis « murmure ». Quant à
rampelar, c'est appellare, av. préf. re.
et nasalisât, de a. qui ss rencontre qqfois
devant une labiale (184 7*, rem. 3).
RAMPOGNEAU (ranpognô) s. m. -
Coureur de nuit, tapageur.
De fr. ramponner, s'enivrer', formé lui-
même sur le nom de Jtamponneau célèbre
cal»aretier de Paris. Suff. eau, d'ellum
(32). Le mouillem. des nasales et de^
liquides se rencontre souvent sans raison
apparente.
F=tAMPOT (ranpô) s. m. — Jeu d'enfante,
qui se joue av. des gobilles et à l'aide de
trous en forme de petites coupes, au nora-
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RANA
343
bre de neuf, que Ton fait dans la terre.
Jouer au rampot.
La 2« partie du mot est pot « trou en
terre », mais la 1" partie est-elle rang
(rangs (de) potsjf Cp. for. rangi franchi^
jeu qui se joue av. des ra«gées de cailloux.
Ou bien ram sei*ait-il le préf. ra nasalisé?
Cp. Vosjçes rempeau pour r appeau
« appeau » (v. Maillant à rèpiot) et béarn.
rampèu, lorr. rampeau « coup du 2*
joueur, égal à celui du 1" »; rampèu est
pour rapèu = rappel, Vfr. rampeau,
« î" coup de la partie de quilles qui se
joue en 2 coups ».
RANA (rana) s. f. — 1, Salamandre.
2. Grenouille, jouet d'enfant.
De rana.
RANCHÊ (ranchô) s. m. For. ranchët
— Retour de froid, après une période
douce pendant laquelle on pouvait croire
Thiver terminé. « O v-è in bon ranchet,
voici une bonne recrudescence de froid ».
Partie, passé « substantivé * de vfr.
renchoir (re-incadere), faire une rechute,
retomber. Cheoir en vfr. avait un partie.
chaeit cheeit, qui a dû facilem. se con-
tracter en cheit chet passé à chë. C'est
'cadectus, comme collectus. Cette étym.
m'a été suggérée par M. Ghaban.
'RANCHI (ranchi);à Lyon ranche s.
f. Pic. ringue — Rangée d'objets. Ina
rinchi de vigni, un rang de ceps; de ran^
rhif en rang.
Mellen not lui de ranchi.
« Mettons-nous tous en rang. » (vx noël).
Forme fém. de vfr. reng^ vpr. renga^
av. passage de ^ à cA par la tendance des
consonnes fln. à se durcir. Rien de plus
commun, du reste, que ces formes qui
vont par couples, masc. et fém.
RANCURO (se rankurô); vin. SE RAN-
CURA V. pron. It. rancurarsi ^ Sécha
griner, concevoir de la rancune, se
plaindre.
Allen vers It ptrocht,
Sonnt uoutrou curt.
Si n'a Yélu M frochi,
S'en pourritft rancura.
« Allons à la paroisse — Appeler notre
curé. — S'il a déjà pris son surplis, —
Il pourrait s'en fâcher (de ce qu'on l'ou-
bliât). » (vx Noël)
De 'rancorH.re, de raneor. Suff. à
(14 80).
RANDOLLA (randôla) s. f. Vpr. ran-
dola. Valais randola, piém. randola •-*
Hirondelle.
l>*'arvLnda pour hirunda, ainsi que
l'indique le vfr. aronde. Au (héme a élé
ajouté le suflf. dim. ola, Arondolla est
devenu randolla, !• par ch. de on en an
(72, rem. 2); 2* par la chute de a par
confus, av. Tart. : Parandolla, la randolla.
Inutile de dire que la double // dans la
graphie a seulement pour but de marquer
le son bref de o.
RANGO (rango) s. m. ^ Rhubarbe,
rheunif et aussi Patience, rumex.
Étym. inconn. — Un *i'VLm(i)cum^ forgé
sur mm(i)cem donnerait rango, !• par
ch. de um en an (47 rem. 1) ; 2^ de c en .9.
Cp. In. mango, de manicum^ et pr» ran-
goriy de rancorem.
*RANQUET (rankè) s. m. Ss.-rom.
ranko, Morv., piém. rangot — Râle d'un
moribond. On dit aujourd'hui de préfé-
rence lo gorgosson; ou de qq'un qui raie :
a farfate.
De rhonchum, av. sufT. roman et, Ch.
de on en an (43, rem.). La persist. de c
dur vient de ce qu'il était final. D'où
ronk-et ranquet.
RAPAMAN (rapaman): à VWWv, râpe-
main s. m. — en général Bardane, lappa
minor; à Lyon, Villefr. Gratteron, gal-
lium apparine.
De râpa « r&pe » et Yl^an « main >. On
sait que la hardane a des fruits crochus
(à Lyon calottes), qui s'attachent aux vête-
ments, aux cheveux et que le gallium
a sa tige et ses feuilles garnies au revers
de petites dents recourbées assez dures
pour faire saigner.
RAPI V. rôpL
RAPiALO (SE) (se rapialô tri.ssyl.) v.
pron. — Se refaire, se rattraper. Au flg.
rengraisser après une maladie.
Formé sur rapia(t), av. suflf. dim. alo
pour olù, à cause de la tin. du thème en a,
RAPIAMUS (rapiamus) trissyl.) s. m.
— Avare, grippe-sou, usurier. Fnire rapia-
mus, saisir, voler, emporter.
D'après M. Mistral et qq, autres, tiré
de la préface de la messe de noël. qui
n'en est certainem. pas coupable. Voici le
passage : « Vere dignum et justum est...
ut dum visibiliter Deum cognoscimus, per
hune in invisibilium rapiamur ». On
voit que ce n'est pas même le sens littéral
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344
RAPI
de Tapere. — Rapiamus est un mot
plaisant forgé par les clercs (sur Timpér.
de rapere), comme qq. autres mots qui
n'ont pas passé dans le populaire, tels que
un atque pour celui qui a la manie d'argu-
menter, etc. Rapiamus, qui est analogue
h rapace, a été appliqué facétieusem. au
sens de « ravir, saisir, voler ». Une autre
locut. de ce genre est le barbarisme ra-
sibus, formé sur rasum, et que le peuple,
à Lyon, applique entre autres dans la
locut. censée latine rasihus nettoyô, pour
* ruiné à fond ».
RAPIAT (rapià) s. m. — Homme avide,
usurier, grippe- sou.
Contient le rad. rap, de rapïo, av. suff.
at; ou d'orig. germ. b. ail. rsipe», vx
angl. to rap, ail. raffen, rafler, saisir,
emporter; it. arrapare,in. arrapô, saisir;
esp., port., pr. 7^apar, piller. La même
racine indo-européenne existe donc dans
le lat. et le germ. La format, d'un subst.
sur l'impérat. d'un verbe est, je crois, peu
normale; cependant elle expliquerait ici
Tyottede rapiat (cp. d'ailleurs rapiamw*,
barbari.sme popul,, formé évidemm. sur
l'impér. de rapio). D'un autre côté, la
persistance de p, au lieu de son ch. en r,
serait as.sez extraordinaire, tandis que p
méd. germ. persiste ordinairem. (cp. vfr.
guiper, de weipan\ escraper, de schra-
pen). Peul-ôtre le plus vraisembl. est-il
l'orig. germ., av. qq. infl. qui a déterminé
rinsert. (d'ailleurs si fréquente) du yotte,
par ex. l'infl. du mot comique rapiamus.
RAPI AU (rapiô); à Lyon rappean s. m.
For râpai, vfr. rapeau — Appeau.
De re-appellRre = rappela, d'où un
.subst. V. rappel, devenu rapiau par ch.
de el en taw, comme vfr. cotel devenu
cotiau (V. ce mot).
RAPI AU DE (rapiôde trissyl.) s. f. —
à Lyon Action de gri vêler, de marauder.
Subst. V. de rapiauder,
RAPIAUDER (rapiôdé trissyl.) v. a. —
k Lyon Griveler, faire de petits vols,
marauder.
Contient le rad. de rapi'o, av. suff. péj.
ntider.
•RAPILLAT (rapilhà) s. m. Pr. ra
paioun^ gasc. rapalhoun — Pente fort
rapide, scabreuse. « 0 que rapillat, oh,
quelle pente dure à monter! »
De grapillx, grimper, av. suff. a/, et
aphér. de ^ init (1M8*). Cest ei^actem.
Tin verse de ce qui s'est produit pour le
fr. [fj]renouiUe, de ranucula. Héme
transformât, dans rapillat € grimpereaa >
RAPILLAT (rapilhà) s. m. — à S«
Mart., Yzer. Grlmpereau, cerlhia.
De rapilhi, grimpar, av. suff. at. à
cause de l'habitude de l'oiseau de grimper
le long des troncs d'arbre pour chercher
les insectes cachés dans l'écorce. Même
idée dans le nom fr.
RAPPILLI (rapilhf) v. n. — Griveler.
grappiller.
Le même que grappillï l,av. chute de ç
init (186 8»).
2. Grimper. Vivar. rapiya.
Probablem. le même que grappill'i 2.
av. même chute de g. Cependant il se peut
que rappilli ait été fait sur le rad. rap
(v. r6pi6), av. suff. fréq. ill't.
RAPSODAGE (rapsôdaje) s. m. — Ré-
paration, raccommodage. Sens péj. S'em-
ploie beaucoup dans l'industrie du bâti
ment. « Ce ne sont que des rapsodages »,
ce ne sont que des rèpai'ations sans valeur.
De fr. rapsoder, av.' suff. coll. açe,
d'aticum.
RAPSODER (rapsAdô) v. a. — à Lyon
Raccommoder, réparer, quel que soit daii-
leurs Tobjet dont il est question. Sens péj.
Je crois que c'est 'rapiéçauder, forme
sur pièce f passé à rap*çauder par chut^
de la prot., el écrit communém, rapsoder
sous infl. du mot savant rapsodie,
RAQUETTA (rakôta) s. f. Lim roqueto
— Crécelle. Goch. ne donne que le sens
d'instrument pour jouer à la paume, qui
est le sens fr.
De l'onomat rac, av. suff. dim. etta.
L'onomat. rac est très imitative.
RASA(raza) ROSA (r6za); à Lyon rase
s. f. Vfr. rase raise, vpr. rasa, m. lat.
rasa — Rigole, fossé pour l'ecoulem. de
l'eau. À Lyon se dit du ruisseau qui jadis
était au milieu de la rue. Coca, ajoute
« ravin ». Je crois qu'il n'est employé dans
ce sens qu'av. l'idée d'écoulem. d'eau habi-
tuel. A Paniss. rôsa, petite rigole pour
l'arrosem. des prés. Vpr. rasa, fossé. Alp.
raso, fossé, rigole séparant 2 propriétés.
— 1559 : « Seront tenuz iceulx priffacteurs
faire les gargolles et rases pour vuyder
les eaux pluvyalles et boueâ dans ledit
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RASI
345
Rosne ». (Adjwl, p. achèvem, du Pont du
Rosne),
Orig. germ. Nor. rds, cours, canal ; rdsa,
courir innpétueusem.; ags. raes « cursus,
impetus >. Le b. lat. ragium ragia « fossé,
rigole » ne doit pas être rapproché et doit
se rapporter à radium radia Radiare,
dans le Igd. et le cat. a pris la signiûcat.
de « couler ».
RASI V. ragi,
RASION (razion) s. m. — à S*-Marl.,
River. Pelures de raves. On les fait sécher
sur des cordes pour les manger, l'hiver,
assaisonnées au beurre.
De ra^um, av. suff. on et in sert, si fré-
quente de yotte. Rasion « râtissure [de
raves] ». Il semble au premier abord qu'il
s'agisse du suff. ion (mansionem, lectio-
nem, etc.), mais dans ce cas le mot eût
été fém.
RASO (razô) s. f. — Parcelle de terrain
en pente, soutenue par des murs. Dans
certaines parties du Lyonn. quantité de
vignes sont ainsi disposées par étages.
De ra*am, ras, av. suff. a, d*ata = 6
(1). Ina rasô, c'est un terrain en pente,
qui a été nivelé, « mis à ras ». Gp. arra^
ser terme de maçonnerie pour « niveler » ;
arr€ise, rang de maçonnerie nivelée.
RASOT (razô) s. m. Creux, ravin, rigole.
Ce. mot est fréquent dans les anciens ter*
ri ers.
Le même que rasa (v. ce mot), av. suff.
dim. ot.
RAT (rÀ) s. m. —à Lyon Caprice, lubie.
Avoir un rat; être de mauvaise humeur.
Se di». aussi d'une serruçe qui tantôt fonc-
tionne, tantôt ne fonctionne pas.
De fr. rat, mais la dérivât, du sens est
bizarre. Peut-être l'idée est-elle d'un rat
dans le cerveau. Gp. fr. popnl. Avmr une
araignée dans le plafond (cerveau) .
RATA vin. s. f. — Part proportionnelle.
1521 : « En obligeant les biens communs
et les leurs, chascun por sa rata et por-
cion ». (Reg. cons,) Wal. rdle « propor-
tion, taux »; angl. rate « taux », it. et
piém. raia, part, portion.
Mot savant, do rata (sous-entendu
parte), d'où est venu %rrorata. Le scribe a
fait de rata un subst. fr.
*RATA (rata) s. f. — Petite dent d'en-
fant. S'emploie habituellem. av. Tadj.
petita. « Fé don véire le petites rates »,
fais donc voir tes petites dents!
Rata est pour dint-de-rata, dent de
souris, toute petite dent qui grignote. Jo
ne sais si le conte fait aux petits enfants
et que cite Béronie a pu contribuer au
choix de cette image. On leur disait que
s'ils mettaient leurs dents de lait dans un
trou de mur, les rats viendraient les
prendre, et que celles qui leur repousse,
l'aient seraient petites et blanches comme
des dents de souns.
RATA (rata) ; à Lyon rate s. f. — Souris.
Se trouve dans Yzopet III : « De la rate et
de la renoille ».
Dztiné 011 n*a vu StrmtgDota
Se ilrola ni se degtcit.
V est un plazi de li vai prindre un tsat,
Et poaa li vei bailli 'iia rata /
€ Jamais on n'a vu une fille de S*-Ro-
main — Si plaisante ni si dégagée. —
C'est un plaisir de lui voir prendre un
chat, — Bt puis de lui voir donner une
souris ». (La Couzonnaise, chans.).
De rat, av. désinence fém. a (53 1*).
RATABOU (ràlàbott); à Paniss. RÊTA-
BOU s. m. — Arrête-bœuf, ononis pro-
currens et spinosa.
Composé de ai'rêia (d'arre^d) et hou,
bœuf. L'aphér. de ainit. ne paraît pas due
à une confus, av. l'art., car alors ratahou
serait fém.: Yarrêta-hou, la rêtabou. Une
fois a tombé, la prot. init. s'est durcie en a,
RATACONNER (ratakônô) v. a. Vfr.
rataconer, pr. retacouna, it. raltaconare
— à Lyon Faire de très grossières re-
prises (à un bas), de grossiers raccommo-
dages. It. rattaconare, sarde retacconai,
mettre des pièces aux souliers (sens primi-
tif), snv. retacoena, raccommoder gros-
sièrem.
De fr. iaconner, av. suff. réduplicat. ra,
qui a pris un sens simplem. péj. Rata-
conner, à l'origine, c'était mettre une
2« fois des tacons.
♦RATAPENNA (ratapèna) s. f: Dph.
ratapena, pr. ratepenado, for. ratapenna^
gén. rattopenùgo — Chauve- souris.
De rata « souris » (de rat) et penna
(fr. penne) « plume » Le mot primit, était
évidemm. rale-à-pennes, mais le mot
penne étant perdu, le composé s'est con-
dansé en simnlc nom fém. nuauel on a, en
41
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346
RATA
coubequeuce, appliqué la désiueiice du
siug. fém.
' RATAPLANA (ràtàplàna) s. f. Vivar.
rataplana — à Morn. Chauve-souris.
Currupt. de ratapenna^ sous rinll. de
planer. Le mot de penîia etaut perdu, on
n'eu a plus compris la siguiticat., et ou a
compris* souris-qui-plane , quoique d'ail-
leurs rataplana fut dans ce seus uu mot
mai compose, et quoique la chauve-souris
lie plaue pas. Mais le paysau, ayant en-
tendu parler « d'un oiseau quip/ane; », en
a conclu que « planer » signillait « voler »,
et valait mieux, étant plus savant. Dans
sa pensée ra<<ii>/ana signitie donc siinplein.
«( souris qui vole ».
R ATAR (ràlâr) ROTOR (rôtôr) ; à River.
ROTAIR (rotér); à Morn. ROTUR (rôtur;
s. m. — Râteau. Lu rOtôr de le ckambes;
â Lyon le Hâleau de:s Jambes ^ '^iiiid,
, Un 'raciale, de 'raslum ^d'où rastel-
lum) rendrait raison de râlâr par le ch.
de / lin. en r (121). Cp. vpr. limiiar lum-
dur,, de limitare (neutre de liinitaris).
Chute de s (1^^ H")» Le nom de « ràleau »
a eiè donne au tibia à cause de sa forme
en biseau, qui a qq. lointaine analogie
av. le morceau de buis allongé dans lequel
sont fixées les dents du rateuu. — La
forme rô^ar est assez dillicile a expliquer.
Peut éire est-ce rôluri^ de rastuni^ av.
sutf. oria^ qu'on a fait passer au niasc.
L'intl. du mot savant rotule ne parait
guère admissible. Dans la forme rôtair^
air représente le sull'. anus. Dans rôtôr
rôtair rôtur, ch. de a init, en 6 {M); rô-
tôr est ratàr, av. passage de a ton. à ô (1).
RATA-VOLAGI (ratavolagi); â Lyon
rate-volage s. f. ; à Villefr. RAT-DE-VO-
LAQE s. m. Pavese ratœvolœ. Val-Soana
raiavoijri, piem. raiavoloira, lorr. (Lan-
dremont; rette-volante — Chauve-souris.
Lurraiii, piiu liu «|u'iua rata-volagi.
« Lorrain, plus fin qu'une chauve-sou-
ris. » (Per.j
De rata, souris (de rat) et de fr. volage
« qui vole ». Fin. i(54 2«). A Villefr. on
a perdu de vue l'idée du fém. rate et on a
corrompu en ratde-tolage.
RAT-DE-CAVE (radekave) s. m. — 1.
à Morn. Cloporte.
De ce que les cloportes habitent les caves.
A Lyon on dit cochon-de-cave.
2. Terme péj. Agent des conlribuHoas
indirectes.
De ce que ces agents visitent les caves
des débitants, de même que les rais qui
les habitent.
8. A Lyon Petite bougie jaune enroulée
en spirale que les maçons portent dans
leurs poches, afin de pouvoir au besoin
s'éclairer dans des endroits obscurs. Même
sens en Lim. La pensée de la composit.
du mot est apparente, mais l'idée de com-
parer une lumière pour visiter une cave
à un rat habitant cette cave, est fort bi*
zarre. ^
RAT-DE-VOLAGE v. rata-volagi.
RATEAU DES JAMBES v. sous ratar.
'RATELLA (ratèla) s. f. — Rate.
C'est le vfr. râtelle, aujourd'hui inusité,
dim. de rate,
RATI (ràll) s. m. — Capricieux, boudeur.
^Oy est in ratï, c'est an fantasque. »
De rat, pris au sens de caprice (v. ce
mot), av. suff. t, d'arius (13).
RATO (latô); à Lyon rater 1. v. a. —
Couper ras, spécialem. les cheveux. « Je
me sueis fait rata, je me suis fait couper
les cheveux. »
De fr. ra(s), lorsque déjà s ne se pro-
nonçait plus, av. Tinfi. de rat. Ratô
« tondu comme un rat ».
2. V. n. — Exprime l'action du chat qui
guette un rat.
De rat^ av. sufT. d (14 !•).
*RAVANIO V. ravoniau.
*RAVI (ravi) adj. - Se dit d'un objet
surpris par le feu, en pariant de rùts, par
exemple.
De 'rapire pour rApere. Ch. de p en o
(140). Le sens est très exactem. celui de
fr. saisi : « un rôti saisi par le feu »,
*RAVICOLO (ravikold) v. a. Pr. revis-
coula, dph. reoigoula, ap. Mistr. ; revi-
cola, ap. Charb.; cat., vpr. reviscolar —
Raviver, rendre de la vigueur.
Pouai titiMtceviiit le b6illeft
Qui i'tyaot ravicolau,
« Puis apercevant les jeunes filles —
Qui lui avaient rendu la vigueur * . (Chans,
de Revér.)
Non de vigorem^ comme le vfr. rati-
gorer, mais du vpr. reviscolar, fait sur
vpr. vescus viscus (cp. In. vicant c vivant >,
pr. viscard « plein de vie »), de rtri, av.
suff. fréq. olar. Chute de s (166 1* a). Le
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RAVI
347
durcissem. de e init. en a se rencontre
fréquemm., et ici Tinfl. ^^ramgoier a dû
y contribuer.
*RAVIOULA (ravioiila trissyl.) s. f. —
« Boulettes de chair ou de* pommes de
terre cuites à l'huile ». (Goch.) — Je crois
le mot peu usité aujourd'hui. Dph. raviola
« sorte de mets composé de fromage râpé,
de fromage mou mêlé av. du persil et des
œufs durs hachés >. (Gharhot)
. Évidemm. de l'it. ratiuoli s. m. pi.
« espèce de rissole qu'on fa't avec des
herbes hachées, du fromage et des œufs ».
On remarquera que la définit, du mol it.
est la même que celle du mol dph., ce qui
indique encore l'emprunt. Ménage, par
une étym. fantastique, le tire de capra^ et
Charbot de revoîvere par Til. ravvolgere,
envelopper, mettre en feuilles, parce que
ces boulettes sont enveloppées de pAte.
Mais on devrait avoir ravtolta. Le mol
il. viendrait-il de ce qu'à l'orig. \e&raviuoli
se faisaient av. des raves f
*RAVIRI (raviri)s. f. — Champ semé
de raves.
De In. rata, rave, av. suflT. in, d*aria
(13).
RAVISSET (ravisse) s. m. For. ravisset
— à St-Mart. Roitelet.
Confusion de nom av. fr. gravisset,
grimpereau (de gravir), av. suflT. et et
insert. de ss par analog. av. les temps tels
que grav[iss]ait grov[iss]anU où iss est
inséré comme dans tous les vb. inchoalifs.
K,a chute de g init. s'explique peut-être par
qq. petite difficulté de prouonciat. (cp.
rappilli pour grappilli). La parenté av.
le fr. ne permet pas de supposer que
ravisset ait été formé directem. sur le rad.
rap (v. rôpiô, rapilll).
RAVONELLE (ravonéle) s. f . — à Vil-
lefr. Baifort sauvage, raphanus rapha-
nistrum; plante qui infe.«le les céréales.
Lim. rabanelo^ espèce de teigne des en-
fants nouveau-nés.
Le même queravoniau, av. le suff.fém.
au lieu du sufT. masc.
RAVONIAU (ravognô); ap. Coch. RA-
VANIO s. m. Modén. ravanel ^ Radis,
raphanus sativus.
De raphsLnum, av. suflT. ellum = iau
(32). Ch. de Z' en r (144 3';, On a rava-
niau qui a pu facilem. passer à rarowtau
par dissimil. La forme ravanio appuie
rétym., aussi bien que la forme modén.
*RAYER V. rayï vb.
RAYI (rayî); ap. Coch. RÂi s. m. —
Sillon.
De *rigB,rium, de *rigare, formé sur b
lat. riga, du vha. rtga, raie. Rigarium
donne rèyX : \* par ch. de i bref en è (16)
?• de/7enyotte(132); de arium en t(13);
d'où reyl, passé è rayl. Comme ce dernier
phénomène se retrouve dans le fr. rat>,
vfr. rot>, il a dû y avoir une raison : peut
être infl. de rat\ de radium,
RAYI (rayl); ap. Coch. RAYER v. n.—
Couler, répandre, en parlant d'un tonneau,
d'une cuve, etc.
De rigSLre. Sur la format, v. rayi subst.
Are=ytilS2*).
RAZEX vin. s. m. pL — Radeaux dans
le texte suivant (13(X) circa) : « Item totes
les raymes qui aduyont los razex, acunes
sonlel piajo »,jteip, toutes les rames qui
servent à amener les radeaux, aucune ne
paye péage. » (Leide de VArch.)
De *rasellum, de rasum = rasel, plur.
raseus (rasex). Le sens exprime l'idée
d'une chose « rase », qui ne s'élève pas
au-dessus de l'eau.
RE préf. av. significat. d'action réitérée :
1» daîis les verbes : !• reharmô, regotilU^
reglianô, Re a qqfois passé à ra (v. ra
préf.) 20 Qq foi s mais rarem., dans les subst. :
redoux, relait, relêmo,
3* Il est qqfois simplem. explétif : re-
culet, redos.
Du lat. re, employé au sens réduplicatif
dans la format, lat.
REBOTO (rebôtô) v. n. — Rouler, en
parlant des yeux; ouvrir de gros yeux.
On dit aussi rebotô lo s*iu.
Tandzn que rEiitibilion, ou mitant ilou chario.
EIn tabulant dAu p\à*,rebotê àotat firom x*lu.
« Tandis que l'Ambition, au milieu du
Chariot, — En frappant du pied, roule des
gros yeux. » (Dép,)
De botâ, bouter, mettre, av. préf. r^ au
sens réitérât.
REBRICA (rebrika) s. f. — Réplique.
Roulun Tout Rnuvamft, mais tré mol» de rebriqva
Dou fameui Fécala ly faut foso fa chiqua.
« Boulon veut dominer, mais trois mots
de réplique — Du fameux Pécata le rédui-
sent au silence. » (Mén.)
Subst. V. de rehric*^,
REBRICO (rebrikô) v. n. Vx it. repri-^
care — Répliquer, av. tendance péj. Pr.
rehrica, répliquer répliquer insolemment.
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348
RECA
('/est le vfr. rebricher rehriquei\ fait
sur vehriche rebriquey pièces d'écritures
que les plaideurs produisaient les uns
contre les autres ; de tnibrica, parce que
les titres de ces livres de droit étaient
in>primés en rouge. La dérivât, du sens
est facile; la réponse un peu yerle a été
comparée aux injures des plaideurs.
Rebrica, forme méridionale, donne vebricô
par la substitut, du suff. patois (14 4«).
RECATA V. recotô.
*RECHU, UA (rechn, ua); à Lyon
rechuté, ée — Qui a fait une rechute, en
parlant de maladie.
Defr. chu, partie, de choir, av. préf. re.
RECOISSES (rekoisse) s. f. pi. — &
Grap. Déchet du blé.
•De re-cjxssa (comme écoissons de ex-
cussum + suff.). Gomme pour écoissons,
il faut supposer une forme cucsum pour
cussum. Ch. de oc en oi (42 H»).
*RECOITES V. recuite.
RECOLLET (rekolô) s. m. dans Texpress»
Levô in recollet, c*est-à-d., lorsque la
gi*appe de la cuve menace de déborder
sous la fermentation, ou bien lorsqu'on
trouve quMI y a excès de rafle par rapport
au liquide (ce qui pourrait donner au vin
quelque dureté), enlever une partie de la
grappe, que Ton presse, et dont on rejette
le vin sur la cuvée, en attendant de la
tirer.
De ^recollectum, Gh. de ec en ei (19);
d'où recolleit et recollet, par confus, av.
suff. et.
RECONDI V. recundi,
RECORNILLI v. recrènillu
RECOTO (rebôtô); ap. Goch. RECATA
V. a. — D*a.prè8 Goch. t Soigner, empêcher
que ^q. chose ne s'écarte ». En réalité,
aujourd'hui du moins, Retirer, cacher,
mettre dans un coin. Montpell. recala
« mettre de côté », spécialem. des mets, des
restes de plats, d'où reçûtes « restes de
repas », bons à être servis de nouveau.
Chùcuii s'est recotô dediiis si» domirilo.
« GhacuD s'est retiré dans son domicile. »
(Brey.)
Ou songe 2i un 'reccoltare, formé sur
re-collectum (cp. it. raccolto^ concenlré»
recueilli). Mais la forme ne s'y prête pas
al)solura.Ondevraitavoirré'cor^;(1704^).
Jtecaptare t remettre de «(>té » donne
*'-et:aUo (cp. pr. recala, cal. necaptar, ra-
cheter). G'est la forme de Goch., mais je
ne vois pas comment elle aurait passé à
recôtô [a prot. entr. ne passant pas à ô), et
je crains que le recata de Goch. ne soit en
réalité recotô dont il aura, sous de fausse»»
préoccupations étymologiques, transformé
les deux a en deux 6, quoiqu'il n'ait cette
habitude que pour a ton. Je verrais donc
plutôt la racine cotô « côté »; recotô
« mettre de côté ». 11 <^t \îrai que costa a
donné coûta, mais ou a passé à o en deve-
nant prot. (cp. decotelô).
RECRÉNILLI. lA (rekrénilhl. ia); à
Paniss. RECORNILLI, lA adj. - Rata-
tiné. Ina vieilli tota recrénillia, une vieille
toute ridée.
La forme de Paniss. donne l'élym. corne.
av. suff. fréq. ilti et préf. re. Dané recréa
niia métalh. de r (187 !•). Cp. vfr. recro-
biller recorbiller, de curvum.
RECUITE (rekuite dissyl ); ap. Goch.
RECOITES It. ricotta s. f. — très impro-
prem. défini « sorte de fromage» par Goch.
et Breghot. <rest une soucoupe de lait caillé
et cuit, parfumé de laurier-cerise. Les
meilleures se font à Si»-Foy et à S*«-Co-
lombe. En 1814. les bonapartistes appe-
laient par dérision la cocarde blanche « la
recuite ». Je ne connais pas la forme recoiti.
qui serait cependant la vraie forme pat.
De cuit, av. préf. réduplicat. re, quoique
la recuite ne soit pas cuite deux fois.
*RECULAI V. reculet.
RECULET (rekulè) ; ap. Goch. RECULAI
s. m. — Goch. le définit assez imparfaiteni.
par « Le blé le moins pur que l'on balaie
en le ventant ». Le reculet c'est le déchet
du blé que Ton donne aux poules, qui y
recherchent les grains mêlés aux détris.
De fr. cmZ, av. préf. explèt. re et suff.
et. Le reculet est le dernier blé, celui est
après l'autre. Gp. culot. L'orthogr. de
Goch. semblerait indiquer que la finale «e
prononçait qqfois moins brève.
RECULON (rekulon)s. m. — !• Le der-
nier né. 20 Le dernier oiseaudu nid. Synon.
couasson, couarasson, culot.
De cul, av. suff. on et pi*éf. re (cp. recu-
let). Le reculon, celui qui vient au cul des
autres.
RECUNDI RECONDI (rekundi rekondi)
V. n. For. recMw^re— Retentir, résonner:
par ex. quand on frappe sur qq. chosâ.
Semble, an dépit de fiailes iiTé^ulaiitét».
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REDE
34Ï
venir, conimo fr. retentir^ d ^ 're'tinn(i)lirc
pour reiinnitare. Le ch. de / en c est ex,
ceptionnel,mais n'est pas saiisqq. exemples
devante, w dans les pat. Gp. vel. Aino pour
tino^ aquioba pour afuba. Le ch. du 2« t
en d est normal (174 ?<>. &). On a rekindi,
qui a pu passer à recundi recondi. Dans
la forme for. il y a eu passage d'une con-
jujîais. à une autre (cp. sôtre et sorti). On
pourrait, puisqu'il faut un c = ^ le tirer
plus fHciiem. de retunderej mais le sens
ne s'y prêle guère.
REDEIN REDIN (redin) s. m. — à R..
de-G. Petit bief pour conduire l'eau à une
usine, à un moulin, etc.
Élym. inconn. — Je ne sais si l'on peut
y voir le pr. etlgd. redent, fissure, faille,
crevasse, anfractuosité. Le mot pr. est le
même que le vfr. redent^ fr. redan^ ou-
vrage dentelé comme des dents de scie.
Les crevasses de rocher étant irrégulières,
av. de fortes aspérités, le sens primit. de
redent a pu facilem. dériver au sens pr.
Puis du sens de < fissure, faille >, le sens
serait déiivé à celui de « petite coupure,
peti t bief » . Dans suèfe de redin, littéralem.
« soif (petit poisson) de redent », terme
injurieux, redin a, je crois, l'ancienne
significat. de fissure dans le roc [servant
de lit au Gier]. Je reconnais que mon
hypoth. est plus que hasardée, mais je
n'ai rien de tnieux à oflfrir.
REDIMO (redimô, à B.-de-G. redzimô)
v. a. — Diminuer, réduire — Se redimô;
à Lyon se rédimer — i* Réduire ses dé-
penses, diminuer l'usage qu'on fait d'une
chose. 2» S'affaiblir.
Cepiiidtnt lo combat, de Stint-Ju»t jusqu'à Véza,
De Penche i Satiit-CKir, se redsimB ina brézt.
< Cependant le combat, de Saînt-Just à
Vaise,— De Perrache àSahit-Glair, s'affai-
blit un peu. » (Brey).
De dimô, lever la dîme (de décima)^ av.
préf. réduplicat. re. Se redtmô, lever de
nouveau la dlme sur ses dépenses. Suff. 6
(14 3»). Le vpr. s desmar, avait déjà le
sens de jeûner, se soumettre à des priva-
tions (Rev. des Langues rom. xxii,
p. 173;.
REDIN V. redein.
REDON DO (redondô); à Lyon redonder
V. n. — Retentir, résonner, faire écho.
Vfr. redonder, rebondir.
Et l'ugoivàr rMtomftf
Ou nom de cou mené, qu'aucun tra? àr ne Jonde •
« Et l'univers relenlil — Du nom decegar.
«:on qu'aucun travail ne dompte. » (Roq.)
De fr. redonder, qui est un mot savant,
et a été dér. de son spus primit. parce
qu'il s'est trouvé de faire ici une onomat.
très réussie. Dans redondô on a vu faire
dondon, Suff. d(141«).
REDOS (redo) s. m. pi. Terme de char-
penterie lyonnaise. Partie du tronc d'arbre
refendu la plus voisine de l'écorce, et qui
est par conséquent plane du côté du trait
de scie et convexe du côté opposé. On
l'emploie en palissades.
De fr. dos, av. préf. explét. re,
* REDOUX (redon) s. m. Ss.-rom. redou
— Dégel. Lo bon redoux Afi dégel définitif,
a Oh cela vés, y etft lo bon redoux, cette
fois, c'est le dégel définitif. »
De fr. doux, av. pref. réitérât, re.
•REDRESSU (redressa) DRESSU s. m.
— Dressoir pour la vaisselle.
De dressl, dresser, av. préf. reetsuff. «,
à'orium (36).
*REFRAISSIÉ(refrèssié) v. a.— c Re-
froidir. » (Coch.) — Je ne connais pas ce
mot, qui devait être refrèzï (v. frèsia).
*REGIFFLO (rejiflô) s. f. — Éclabous-
sure. Coch. s'est oublié dans sa notation
étym. de a pour la prononciat. 6. Suivant
son système, il aurait dû écrire rejiffla.
Je ne connais que la forme rejiclia, subst.
particip. àQjicliô, Coch. lui-même ajoute :
« En Langued. rejicle ». Si la forme de
Coch. est exacte, elle a certainem. été faite
sous infl. de giffle. L'éclaboussure a été
comparée à une rebuffade. Peut être Goch.
a-t-il écrit par lapsus regifflo pour regiffla
(rejifla), qui serait un subst. v. de gif fier,
av. préf. re.
REGIGNOUS, OUSA (rejignou, ouza)
adj. — Grognon, grommeleur, personne
qui rechigne.
Du même type que fr. rechigné, av. suff.
ous, à'osus (35), et adoucissem. de ch en
j. Probablem. de vha. kinan « ad-ridere
(Foerater) ».
REGLI ANO subst. — V. sous reglianou
de pelosses.
*REGLIANO (reglhan6) v. a. — Glaner
de nouveau, glaner après les glaneurs.
De glenvire, av. préf. re. Insert, de
yotte (t64 2% a). Remarquez que glennre
donne Ihénô, maisjlorsque gl n'est ni
init. ni post-ton., il persiste.
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350
REGL
REGLIANOU DE PELOSSES (reglha-
nou de pelôsse) s. m. — Sp dit ironiquem.
d'un homme qui n'a point de métier, poini
de moyens de subsister, d'nn propre à rien,
d*nn vagabond. Litlér. « cebii qui glane
pour la 2« fois les prunelles » (qu'on ne
récolte pas). Dans le bas Bph. on dit de
celui-là « qu'il a affermé la seconde ré-
colte des figues ». Roq. emploie la forme
reglianOj qui est incorrecte et peut-être
une faute typogr.
Souvi le,.ly dzo-jo, regïiano de peloces.
« Sanve4oi, lui dis je, propre à rien. »
(Brey.)
De reglianô, glaner de nouveau, av.
suff. ou, d'orem (34 bis),
REGNIOLA (regnôla trissyl.) s. f. —
Croc, dent d'animal.
Iftigrë son viltin gruin et se vieilles rêgnhles,
Choque amtteur rapproche et^va lo cajolA.
« Malgré son vilain museau et ses vieux
crocs, — Chaque amateur s'en approche et
va le caresser. » (Mén*)
De rend, gronder, av. suff. dim. ola,
parce que, pour grondf^r. l'animal montre
ses crocs On sait que le mouillem. de n
se produit souvent sans raison apparente.
•REGONFA (A) (à regonfa); à Lyon à
regonfle loc. adv. Dph. à regonfo — En
grande abondance, en surabondance. « Sti
an, 0 y a de z-ambricots à regonfa », cette
année il y a des abricots à ne savoir qu'en
faire.
Regonfa est le subst. v. de regonfà,
devant lequel on a mis la prêposit. à,
Cp. à Lyon l'express, c avoir des abricots
en grande abonde ».
REGONFO (regonfô) v. n. For. Dph.
regonfa — Surabonder, déborder.
Je n*aiu qu*im pelit tonnajr.
Que renonfave ju9(qu*aiicouay.
« Je n'avais qu'un petit tonneau, — Qui
répandait par le bondon. » (Chap.)
Regonfô est pour regonflt\ de re-con-
flare* Sur la chute de l dans le groupe /7
cp. marneffe pour marnèfe{\. ce mot).
REGORLOU (regorlou) s. m. —Save-
tier. Ne figure pas au vocabulaire de Coch.,
mais est cité dans la Statistiqtw de Condr.
comme du patois de cet endroit.
C'e.st regrollou, av. métath. de r
(187 !•). Cp. goiirla pour groUa, à R.-
de-G. Suff. ou (34 fcio). En général, dans
lo Lyonn., on dit regrolht (v. ce mot).
REGOTTILLI(regotilhî)v.n. — âPaniss.
Glaner après la vendange.
De gjxita = gotfa, av. suff. fréq. ilhî
et prôf. re, au sens réitérât. C'est une
métaphore. L'idée est « recueillir les
gouttes », par comparaison av. un vasp
qu'on a vidé et qu'on égoutte.
*REGRE (regrô) dans l'express. Fére
regrë; à Lyon faire regret — "Rénuçrn^r.
dégoiMer à faire rendre gorge. « Va don le
mochl, que te fas regrë ». va donc te mou-
cher, car tu es répucnantî — Dans le h.
Dph. l'express, s'emploie au sens de faire
pitié : « Ça fait regret de voir ce pauvre
malade. » Coch. l'emploie dans ce sens
dans la Par. Cnnd, « Son pore l'apperrevit
et li fit regret ». son père l'aperçut et cela
lui fît pitié. Ce doit être le sens primit.
€ inspirer du regret ».
REGREY vin. dans le texte suivant :
1421 « Se plaignoit le dit Guillaume de ce
que, quand la tour Saint- Marcel fut cou-
verte..., tant par moyen ledit agout comme
par les pierres et regrey qui cheurent
quant l'en recovry ladite tonr, icellui
Guillaume a souffert grant dommaige... >
(Reg. cons.) — Regrey signifie ici débris
de pierres, de tuiles, etc. ,Te crois me rap-
peler qu'en terme de chaufournier, on
appelle regrats des débris de pierres qui
n'ont pu se cuire.
Probablem. subst. v., à^ gratter, comme
fr. regrat. Les regrets sont les débris
grattés. Le ch. de a en è s'expliquerait
par ce fait que l'on dit à Lyon regrettier
pour regrattier. On pourrait songer A
grès^ mais cette orig. est moins vraisem-
blable, soit H cause do la format, (le préf.
re s'appliquant surtout aux verbes), soit
parce que le mot grès n'est pas usité en
maçonnerie lyonnaise.
*REGROGNI (regrogn!)v. n. — Rechi-
gner. A River. REGROUGNI v.a.— Re-
buter, mal accueillir.
De grnnnïre, av. préf. re au sens intens.
N s'est mouillée comme dans le fr. grO'
gner,
REGROLLU (regrolu); ap. Coch. RE-
GROULU s. m. Pr. /7roM/«V — Savetier-
De In. groîa, savate, av. suff. u, d^orem
(34 bis) et préf. réitérât, re, amené par
cette idée que le grolu ne fait pas les
savates, mais qu'il les r«-accommode. La
forme de Coch. a été fabriquée sur groula.
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RÉGR
351
qui irexiste plus chez nous, je crois, mais
qui a existé, notamment à K.-de G. ou elle
est devenue gourla.
REGROUGNI v. regrognl.
"■REGROULU V. regrollu,
REIBO (rêbô); à Lyon roi-hoit s. m. —
Brioche en forme de couronne, par opposit.
à la radisse, qui est une brioche de forme
allongée.
De roi-boity parce que ces brioches se
faisaient surtout pour servir de gâteaux
des rois, et qu'au repas des rois on est
dans l'usage de crier « Le Roi boit » au
moment où celui-ci lève son verre. En pat.
i't*gem =z rei^ et bibit = bei(t) ; d'où reibeit,
pafc.sé à reibo pur subsi. impropre du sutT.
ti, à'alum.
REI-PETARET (ropetarè); à Lyon et
aux environs ROI-PÈTERET (roipèteré;
s. m. For. rei yetaret — 1. Mâle du han-
neton, ou du moins hunneion au corselet
plus soyeux et que les enfants croient être
le mâle. 2. Dans qq. endroits (à S*-Marl.
par ex.) Roitelet.
L'orig. est rei-petil, petit rei « petit roi »,
qui désigne le roitelet ou le troglodyte
dans les dial. d'oc. Petit-rei est devenu
petaret, qualilicalif, sous inll. de péteia\
On y a lu péieur, plus sull". dim. et^ et rei
a été placé de nouveau devant le qualifi-
catif. Jin réalité rei-petaret est donc rei-
petit-rei. Si l'idée de peteur (ce qui n'a
d'ailleurs aucun sens) fut entrée dans la
composit. primit., on aurait rei^petou.
])e roitelet l'appellation a passe au han-
neton plus soyeux que les autres, et qui
semblait faire parmi eux Totlice de roi.
REJUINT(DE)irejuindissyl.)loc. adv.
dans les express. Tegui de rejuint, tenir
en réserve, tenir de près, surveiller; betô
de rejuint j mettre de côté, conserver.
« Ce que fesiet brure le môres que ne
poyaut tegni gloux. filles de rejuint », ce
qui faisait gronder les mères, qui ne pou-
vaient contenir leurs filles (Dial.). Voiron
teni de rejui?it, même sens.
Deju7ictum =. joint (47, rem. 2), av.
dérivât, de sens. Tenir de rejuint, c'est
« tenir joint [à soi], tenir rejoint ».
*RELAIMO y.relêmo.
RELAIT (relè) s. m. — à Lyon Petit
lait.
De lait, av. préf. r^, au sens réitérât.
Rei ait « second lait ».
*RELANQUI (relanki) adj. Lgd. are-
langhit, cév. arelangui — < Harassé
(Coch.) » Vfr. rclanqui « délaissé », selon
Borel, mais en realité « languissant ». Pr.
relenqtd, redevenir mou, humide; castr.
se relanqui, rester en arrière, relangui^
être languissant.
De relanguïtum^ de relanguere. Le
durcisseni. de ^ en k n'est pas sans
exemple (cp. paganum = pacan),
RELÊMO (relômo); ap, Coch. RE-
LAI MO; à Lyon relême s. m. Pr. relam
relame — Dégel. « Y avait fait le relême
ce jour-là; les escayés de bois étiont
mouillés et pleins de bassouille. » (Et.
Blanc) — Pr. deslama, alp. deilama, dé-
bàcler, en parlant d'une rivière gelée;
lame, peu serré [en parlant d'un lien];
pr. relanta, desserrer; relambi, relâche.
De 'ISLma (?) fondrière, bourbier. La
racine indo-européenne serait commune
av. celle du thème germ. lama, vha. leim
leimo, mha. leime, b. ail. leim, ail. lehm,
limon, argile. Le relême serait la fon-
drière substituée au sol gelé. Le sens a
pu s'étendre de là en pr. à l'idée de lien
desserré. L'idée de « desserrer », pour ex-
primer le dégel, est en effet répandue;
< le froid desserre.., il va serrer cette
nuit » sont des loc. très usitées à Lyon.
Dans le pr deslama, alp. deilama, le préf.
de joue un rôle intens. et non oppose au
thème. Dans In. relétne, a ton. a dû se
diphtonguer en ai {■=. ê) sous iufi. d'oïl
(cp. lana = laine). Je crois le mot d'orig.
urbaine.
Faut-il rapprocher de relêmo le rch.
relégner relainer, bavar. aus-lenem auf'
leinem « dégeler »? La présence de m au
lieu de n dans toutes les formes pr., sans
except., ne permet pas, je crois, ce rap-
prochem.
RELEVARI V. rele\}usa.
RELEVUSA (relevuza); ap. Coch. RE-
LEVARI (relevari) s. f. — Sage- femme.
De releva, relever de couches (cp. rele-
vailles), av. suff. M5a (34 bis). La forme
relevari est sans doute relevatricem^ vpr .
relevairitz.
"RELIASSON (relhasson) s. m. — « On
nomme ainsi une pointe de fer qui tient
lieu de soc, et qui est adaptée à l'araire
par un lien de fer appelé morney de forme
ronde. En Dauph. ce lien est appelé lacei
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352
RELO
et fait parlie du reliassoii. » (Goch.) — Je
ne connais que le mot de rilli (v. ce mol)
pour soc, ou celui de sochi, môme sens.
Le même que Igd. relhasso « gros soc
de charrue (Azais) », av. su ff. on. Relhasso
est un augm. de relho relha «t soc », qui
est le môme que notre rilli (v. ce mol).
*RELOJO (relôjo) s. m. Vpr. reloge,
dph. relogeo, vfr. reloige, pr. relogi r*»lojo
— Horloge.
C'est horloge, av. aphér. de o(185) et
insert, d'une lettre d'appui dans le groupe
W. Cette forme reloge appartient à beau-
coup de pat. L'aphér. peut s'expliquer par
la confus, av. l'art.: Vorlojojo reïojo\ on
a pris la !'• voy. du nom pour la dernièro
de l'article.
REMAILLAGES (remalhaje) s. m. pi.
— Parcelles de mur, de plafond, qui sont
remaillées. Faire des remaillages.
De remailler (v. ce mot), av. suff. coll.
âge.
REMAILLER (remalhé) v. a. — à Lyon
Remailler un mur, un plafond, etc., c'est
non pas en faire l'enduit à neuf, mais
réparer le vieil enduit, en refaisant les
parties mauvaises et en laissant subsister
les parties conservables.
Probablem. le fr. remailler, réparer,
reprendre les mailles ^ pris au fig.
REMALLIOURES vin. s. m. pi. -^
Remaillages (v. ce mol). 1369 : « Item en
remallioures de murailles vieilles. »
(Arch. m.)
Sur l'élym. v. remailler. Au vb. s'est
Ajouté le suff. coll. ureSf d'atura.
REMARIAJO V. remèyajo.
REMÊCHER (remèché) v. a. — à Villefr.
Balayer.
Le rad. est ramum, rameau, les ba-
lais étant faits de rameaux; mais la
^partie du mot est moins claire. Je crois
que le type primit. est *ramoncher, de
fr. ramon, balai de brindilles, av. un
suff. cher par analug. aux nombreux vb.
en cher (bêcher, piocher, torcher). Ce
suff. était d'ailleurs nécessaire pour dis-
tinguer Taction de celle de ramoner^
formé sur la même racine. 'Ramoncher
s'est très facilem. corrompu en remècher
sous infl. de mèche, encore bien qu'il n'y
ait aucun rapport de sens.
REMEYAJO (remèyajo); à Paniss.
REMARIAJO: ap Cocb. REMIAJO; à
liVou remuage s. m. Vpr. romeatge —
Pèlerinage.
De vfr. romieu c pèlerin qui allait à
Rome ». av. suff. ajo, à'aticum, par
analog. av. voyage, pèlerinage; d'où
romieuyajo, réduit à remèyajo remiajo.
L'infl. de remuer se fait probablem. sentir
dans le passage de o init. ke; d'où la forme
remnage. Gp. dévotion de saint Trottin,
loc. usitée à Lyon pour la dévotion de ceux
qui vont en pèlericage. Dans la forme
remariajo, il y a eu simplem. infl. du
mot mariage, encore bien que le i-appro-
cbem. n'ait aucun sens. Il suffit dans ce
cas d'un simple rapport de sons. Quant à
romieu, il vient naturellem. de Rome, av.
suff. euj d'osus. Au xviii* s. le dph. a
encore romié^ pèlerin. Rab. a romicaige^
pèlerinage à Rome (pour romiceiage),
mais je doute que ce soit le mot primit.
d'où est sorti romeiage (le v ne serait pas
tombé), et je soupçonne fort Rab. d'avoir
créé le mot ou modifié un ancien mot.
*REMIAJO V. remèyajo,
REMI DIE (remidiô trissyl.) s. m. — à
Grap.Muguet de mai, convallaria maialis.
Bien que Ton fit autrefois grand cas de
l'eau de muguet distillée pour les vertiges,
les palpitations, l'apoplexie, etc. (ou em-
ploie encore le convallaria maialis pour
les maladies de cœur), je ne crois pas le
mot venu de remedium. Je le crois parent
de remidiyt (v. ce mot), parce que le mu-
guet croit dans les endroits frais. Le mot
aui*ait été formé sur remidiyl, av. adjonct.
du suff. ë (et); d'où remidiyë remidié.
REMIDIYI (remidiyî) v. n. — à River,
devenir humide, suinter. *iOy a remidiyi,
cela est devenu humide ».
De In. umidi, dhumidum, av. prèf. re
qui a ici un sens purem. explét., et suff. y,
par analog. av. les vb. de la !'• conjug. où
are est précédé d'un yotte (15 1*).
REMISSILLI. lA (remissilhl, ia) adj. —
à River., IL-Je-G., Morn. Ridé, flétri, ra-
corni.
Et que tVlM ptyi
P»r carcMi ton fnu« rtmiMttti.
€ Et que [je] t'aurais payé — Pour ca-
resser ton visage ridé ». (Qr. Jonn.)
Paraît être le môme que rimô (v. ce mot),
av. un suff. ilht, et insert, dune tyll. péj.
iss. RemissiUi veut donc dire c ratatiné
comme un objet qui se consume sans
Hamme ». On devrait avoir rimissUVi,
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REMI
353
mais raffaiblissem. de la prot. init. en e
n'a rien d*insolile.
REMISSILLI(remissini!)v. a. — Flétrir,
rider, racornir.
Sur la format, v. remiss illl adj.
REMONSILLI, lA (remonsilht, ia) adj.
— à Panisss. Ratatiné, ée.
Le même que remissiUi (v. ce mot), av.
ch. du !•' i en on par dissimilat.
REMPLÈ (ranplè) s. m. Lgd. remplèg
replec — Pli (à une robe ou à qq. chose
de semblable).
De plè, subst. v. de plèyi « plier i, de
plicSD-e, av. le préf. réitérât, re, comme
dans repli. Ce préf. a passé à rem, (comme
à Lyon dans remployer pour reployer
« border un lit »), sous infl. d'emploi^ pat.
inplè, mais jadis emplè.
REMUER (remué) v. n. — Se dit à
Lyon, suivant Gras, du lait qui a brûlé.
V. sous rimô.
•REMUI y.remuyx,
REMUYI (remuy!); ap. Goch. REMUI
v. n. Ss.-rom. remoua — Déménager,
changer de logement. « Nos ans remuyl
à la Sant-Martin », nous avons déménagé
à la S*-Martin. Vionn. rëmoayë^ migra-
tion du troupeau.
De fr. remuer. On devrait avoir remuô,
comme on Ta du reste, pour la significat.
ordinaire de remuer un objet : « remuô
in'affére. » C'est évidemm. la gêne de la
prononciat. qui a amené un yotle pour
rompre l'hiatus, puis la fin. t par analogie
av. les autres verbes dont la désinence est
précédée de yotte. Mais pourquoi le phé-
nomène ne s'est-il pas produit pour le mot
dans l'acception ordinaire?
RENO (renô) s. f. Grondement, grogne-
ment, en pariant des animaux.
Tiiidzo qu'In magistrat, d'In àr loi conslarnô,
Allove reculy sa darréii renô.
« Tandis qu'un magistrat, d'un air cons-
terné, — Allait recueillir son dernier gro-
gnement. •> (Mén.)
Subsl. partie, de renô.
*RENO (rend) v. n. — Gronder, grom-
meler en montrantlesdents(enparlantd'un
chien), t Parqué que te rênes tant fére »,
pourquoi gi-ondeslu tant? dil-on à un
chien. Goch. écrit : « Réna, cochon qui
gronde. On le dit aussi de quelqu'un qui
grommelle ». — 11 est évident que la rédac-
tion est incorrecte et qu'il a voulu dire :
< Rena [se ditj d'un cochon qui gronde
(sans compter que le porc ne gronde pas). >
Ren ) s'cMuploie qqfois au fig. « Que don
que te rêne comme iquien », qu'as-tu donc
à grommeler comme cela?— Lgd. rena^
gronder, murmurer, témoigner sa mau-
vaise humeur par des plaintes sourdes
(Azaïs); pr. reno regno c murmure de
mauvaise humeur », cerca reno « chercher
noise ».
Faut-il rapprocher vpr. rainar • gro-
gner », raina « dispute »? Cela semble
bien douteux, quoique Rayn. (sans citer
d'ex.) donne la forme renar. Faut-il da-
vantage le rapprocher de port, renhir^
cat. renyir < quereller », esp. rinha
« querelle » que Diez tire de lat. ringi,
auquel il donne le sens de a être de mau-
vaise humeur », mais qui, au propre, a le
sens de « gronder », en parlant des chiens
(je ne vois pas clairem. par quel intermé-
diaire ringi a pu passer à renhir)t En
tous cas comme le In. n'aurait pu em-
prunter au cat. sans un interméd. pr., il
me semble qu*une onomat. renn, imitât,
du grondement du chien, suffirait à rendre
compte du pr. rena et du In. renô,
*RENOUS, OUSA (renou, ouza) adj.
Vpr. renos — Qui grommelle, c O v'è in
fotu renous », c'est un mauvais grognon,
c In chin renous », un chien qui a l'habi-
tude de gronder. Vfr. renos, fâcheux, ap.
Borel.
1 in*an Uiit que cou renou
Zua-yd vu de boDoa grdci.
€ On m'a dit que ce grommeleur — Avait
vu cela de bonne grâce. » (Tré couacus).
De renô^ av. suff. ous, d*osus (35).
RENOVIAU (renoviô trissyl.) s. m. —
à Morn. Printemps.
C'est le vfr. renouveau (38).
REMOUILLER (rankilhé) v. a. — â Lyon
Remettre dans sa poche. « J'ai renquillé
mon argent ».
Peut-être le vfr. requiller « ramasser
recueillir, redresser (Roquef.) », qui doit
être un ternie de jeu de quilles. Requiller
« redresser les quilles, les ramasser », et
par extens., < ramasser en général », puis
t ramasser en remettant dans sa poche ».
On trouve en lorr. (Le Tholy) requihe^
subsL qui renferme l'idée de recommencer
une action, « retour de la fièvre, rire pro-
voqué par le souvenir de ce qui a fait rire
auparavant ». Si le mot doit être rapproché,
il serait un subst. d'un vb. rf*quxher, —
42
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354
REPA
Nasalisât, de e devant une galL (184 7»,
rem 1).
REPARAI* V. rei^o-rô,
REPARÉE V. re'parô.
REPARO(reparô); àMorn. REPARAI
(réparai); «p. Goch. REPARÉE s. f.
Dph. répara, pr. repara reparado —
Bette. S'emploie le plus souvent av. le
mot coûta < côte ». De coûtes de reparô,
des bettes.
Je crois que c'est av. raison que M. Mis-
tral le rapproche d'asparSLlum, sorte de
plante potagère. Aspa^-atum donne apa-
rat (166 2"), devenu rapara, par la pré-
posit. du préf. re, explétif, comme dans
reculet, Rapara devient reparu par raffai-
blissem. si fréquent de la prot. et le cii. de
a en d (1). La forme de Morn . répond à un
reparata qui donne reparaya (1, rem. 4)
facilem. réduit à réparai.
REPITAUD (repitô) s. ni. — Gros vers
des vieux fromages.
De In. repitô (v. ce mot), se défendre
des pieds, des mains, av. suff. péj . awrf,
de wald. Gp. gév. rapeta, faire des ca-
brioles, parce que le ver a des mouvements
convulsifs et bondit. En Gévaud. ce ver
s'appelle sauterelle.
*REPITO (repitô) v. n. Voiron repita
— Se défendre des pieds et des mains.
Dph. rapita, se trémousser, s'agiter de
tous ses membres; gév. rapeta, faire des
cabrioles. Vionn. rëpëta, trotter en signe
de contentem. (du bétail).
L'orig. doit être pedem, dont le d fin.
s'est durci en t dans les dér. Op. Seine-
infér. péter, mesurer, de pedem, plus suff.
roman er\ baguais rempitae^ refaire des
pieds à des bas. En In. pedem = pi{t);
d'où, av. suff. o (14 1"), repitô « donner
des coups de pieds, regimber », et dans le
dph. et le gèv. « bondir, se trémousser ».
REPLAT (replà) s. m. — Partie de ni-
veau «ur une colline, où à mi-hauteur
d'une colline, ou entre deux vallons.
Vequa portant me geins gu cou Tôtto replat,
Otote lo biau Gaicoo a fixù lo conitwt.
« Voilà pourtant mes gens sur ce vaste
terrain plat, — Où le beau Gascon a fi.\é
le combat. • (Mén).
De fr. plat, av. préf. re, qui n'a ici
qu'un caractère explet.
REPONCHON (reponchon) s. m. Lgd.
repounchou reponchu, pr. rapounchoun
— Raiponce, campanula rapuncuîus*
Dph. repo7ichon s'applique qqfois au
radis.
Parait fait sur raiponce, av. suft. on^
On a raiponson reponson, passé à repon-
chon. Ce passage de c doux à ch se re-
trouve dans tous les dinl. congénères, sans
que je sache l'expliquer.
Quant à raiponce, il vient évidemm. de
râpa. Diez. qui rapproche it. raperonso
raperonsolo ramponzolo, sicil. rapon»
zultt, romagn. raponsal, esp. reponche^
ruiponce,pig. ruiponto, angl. rampion,
ail. rapunzel (ajout, pavese raempons) se
borne à indiquer c râpa av. des suff. it. ».
ce qui est bien vague. En tous cas rai-
ponce coïnciderait av. un b. lat.Vapuft^wï»
formé sur rapiim,
REPRIN (leprin) «. m. Pr. reprim
reprin — Recoupe, son qui contient encore
de la farine.
La forme pr. reprim indiquerait re pri-
mum (v. prim.), mais le sens ne «'y prête
guère, et je suis fort tenté de voir là une
simple orthographe erronée sous l'infl. de
prim. Je préférerais lire reprensum,
parce qu'on « reprend » la recoupe pour en
faire une nouvelle farine. Ch. de en en in
(89). Cp. pr. prenso (Lacombe) « marc de
raisin qu'on met sur la table du pressoir ».
et qui paraît être aussi prensum.
REQUINQUILLIA v. requinquilli.
REQUINQUILLI (SE) (se rekinkilhf ; ap,
Coch. SE REQUINQUILLIA v. pron. Dph.
requinquillié — 1. Se parer coquettement.
2. Se rengorger, se redresser comme le
coq. Béarn. se requinquilha, môme sens.
3. Se remettre d'un accident, d'une maladie.
« Lo vequia ben requinquilli », le voilà
bien rétabli. On dit à Lyon le voilà bien
repapilloté. Coch. ajoute : « A Pierrelatte
on chante : « Requinquez-vous, belles; —
Requinquez-vous donc » pour dire re-
dressez-vous, parez-vous. » — N'est-ce
point la chanson de Tallemand : « Requin-
quez-vous, vieille, — Requinquez-vous
donc »?
Littré propose une étym. quinquare,
qui a une orig. trop savante. Il semble
plus vraisembl. de le rattacher, av. Scheler,
à la famille de clinquant quificaille,
se requinquer étant se * donner du c/«fi-
quant ». Cp. à Lyon se repapilloter. J«
ne doute pas quo dans la forme requin-
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RESI
855
quillia Goch. n'ait confondu le partie,
passé av. l'inânit.
4. Se recroquevillerr par ex. en parlant
des feuilles. « Le folhes sont requin-
quilhës ». On dit aussi ina vieilli requin^
quîlha, une vieille ridée. C'est le sens à
Lyon de requinquiller.
Requiniuillt est ici pour se recoquilhî,
se recoquiller, employé dans le fr. popul.
av. la signiûcal. d^ se recroquemUery
sous l'inû. de coquille. On y a vu l'idée
de se replier comme l'escargot dans sa
coquille. Recoquilll est devenu requin-
quillX par la tendance des voy. à se nasa-
liser après une gutlur. (184 7"), ce qui a
engendré une confus, av. requinquillX 1.
*RÉSIMOLA (rézimôla) s. f. — Raisin
laissé après la récolte.
Subst. V. de résimolô.
RÉSIMOLLES v. raisimolles,
RÉSIMOLLO V. raisimollô.
RESONGI (rezonj!) v. n. — à Gi-ap.
Réfléchir.
De fr. songer, av. préf. re, Ch. de er
en » (15 2®). Je ne sais sous quelle infl. s
dure a passé à ;;.
, RESONS V. raisons,
RÊTABOU V. raiabou.
RETINTON (retinlon) s. m. — à Lyon
Retour, av. sens dini. Ne se dit guère que
dans Le retinton d'unp maladie, le retour,
le reste d'une maladie. On dit qqfois
retintouin. Pr. retintoun, ritournelle, re-
frain.
De vpr. retint, retentissement, subst. v.
de retinnitire, retentir, av. suflf. o;î, peut-
être par analog. av. le terme de droit an-
cien retenium « chose réservée pour qu'il
y soit statué nltérieurem. ». Le retinton,
c'est le « retentissement, la répercution »
du coup primitivem. reçu. Dans la forme
retintouin il y a infl. évidente de tintouin.
RETIRI (retiri) v. n. — à Gouzon Res-
sembler. S'emploie av. la préposit. de.
Y est de »• grand que le retire,
« C'est à sa grand'mère qu'elle res-
semble. » {La Couzonnaise, chans.)
De fr. retirer. SufT. î (15 5»). Sur la
dérivât, de sens v. retraire, dont retiri est
une forme. Gp. aussi fr. popul. c faire
tirer son portrait ».
RETRAIRE (retrère) v. n. Dph. retraire
— Ressembler. S'emploie av. la prépcs. de,
« Le retrait de sa grand, elle ressemble
à sa grand'mère. » Vpr. retraire, retirer.
Pr. retraire, faire un portrait.
De }'etrSLcfe)re. Gh. de ae en ai (10).
La dérivât, de sens est facile : « retraire
de qqu'un » c'est en c tirer » sa ressem-
blance. A Lyon on dit volontiers : c Cet
enfant tire de sa grand'mère ».
RETRAIT (retrè) s. m. — à Paniss.
Rebut du blé, partie rebutée en général.
Subst. partie, de retraire, retirer, mettra
de côté, qu'on trouve en vfr.
RETROBLO (retrobl6); ap, Goch. RE-
TROUBLA V. a. — 1. Enterrer le chaume
du blé par un labour. 2. Par extens. Semer
à la même place, c'est-à-d. faire Succéder
sans inlerrupt. une récolte à une autre.
Fais bm|uel6 lo trioulo,
Moilli par relroblô,
« Fais fleurir le trèfle, — Pleuvoir pour
enterrer le chaume. » (Prière)
D'étrohlo (v. ce mot), av. préf. re, au
sens réitérât., et suff. d (14 S»).
'RETROUBLA y.retrohlô.
REVARDILLONNO Y.vardillonné.
REVENGI (revanji); à Lyon revenge
s. m. Dph. revinche, pr. revenge. — Re-
vanche, représailles.
Subst. V. de revengt,
REVENGI (SE) (se revanj!) REVINGI;
à Lyon se revenger v. pron. Ss.-rom. r«-
veindji. — Se venger; plus fréquemm.
prendre sa revanche, user de représailles.
Vionn. rëvedsë, revanche.
De revind(i)care.C!,\i. àedcenj (161 5»);
de are en 1(15 2*).
•REVERSA s. f . — « Nouvelle couche
de ceps de vigne. » (Goch.) — Je ne con-
nais pas ce mot.
Êvidemm. de re-versare, mais j'ignore
si c'est un subst. v., c'est-à-d. un paroxjrton,
ou si c'est re-versata, et par conséquent
un oxyton.
REVERSO (reversô) t. a. — Faire un
second labour sur le premier pour nettoyer
la terre.
De re-versB,re.
REVEYRAN vin. s. m. 1509 : c A Aynard
Espinglier, Henry Jouffroy et leurs com-
pagnons qui sont cinq reveyrans qui ont
amené et déchargé au bétonnement des
piles du pont de la Guillotiere, 5 batellées
à 25 s. In batellée... » 1513 : c A Guillaume
Leurier, reveyran de S*^ Vincent, 44 L
pour 6 grands sommiers et 4 gfandr postz
de chasne. » (Arch. m.)
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336
REVI
î.e rereyran était, mot à mol, un
« homme de rivière », mais il semble
i-ésuller des textes ci-dessus crue le mot
{Signifiait aussi bien le simple batelier que
le propriétaire de radeaux, qui convoyait
le bois de Bourgogne sur la Saône, et était
marchand de bois de construction.
De fr. rivière, av. suff. ant, à*antem.
On devi-ait avoir rivièrant, mais la réduct.
naturelle à toutes les dipht. n*a laissé
subsister que Ve de té. La prot. init. i a
passé à e muet. Cette prot. est très ins-
table. Elle s'afTaiblit ou se renforce sou-
vent sans qu*on puisse assigner de règle.
RÉVI V. raivi.
REVIGOLO (revigolô) v. a. Vfr. resvi-
gorer, ourer — Ranimer, raviver, guérir.
De vigorem, av. préf. re, au sens
réitérât., et suflT. 6. D*où revigora, et revi-
golô par ch. de r en l (146 2*), facilité par
l'infl. du suff. si commun olô.
REVINGI (SE) V. revengl (se),
*REVIORO reviouro.
REVIOULOv. reviouro.
REVIOURO (reviouro trissyl.); RE-
VIOULO (reviottlo); à River. REVURO;
àCrap. REVIVRO; ap, Goch. REVIORO
8. m.; à Yzer. REVIULA s. f. Voiron
revure, berr. revive — Regain.
Sôtre à liao dit lo bl6
Et buMô lo revioulo.
« [Fais] sortir le blé au temps voulu, —
•t pousser le regain. » (Prière)
Subst. v. de reviv(e)re. Dans la forme
reviouro, vocalisât. d<\ v (167 S'); d'où
reviuro reviouro. Dans la forme revioulo,
ch. de r en / (148 2«). Il est singulier que
dans la forme revuro l'yolte ait disparu.
REVIREMARION (reviremarion) s. m.
Saint, avire-marion, pr. viromarioun,
poit. viremarioH — à Lyon i. Giffle,
rebuffade. Très usité, t Je lui ai donné un
bon reviremarion. » — 2. Changement
brusque, revirement.
Est-ce fr. revirement, corrompu comi»
quement en revire et Marion, nom de
femme? Le mot est ancien et n'est pas
d'orig. lyonnaise. Primitivem. il avait le
sens de revirem,ent ; « un autre retire
Marion do fortune (Brantôme). » Puis on
a vu dans le mot l'idée de Marion qui se
retourne et giffle celui qui voulait l'em-
brasser. Le sens primit s*est conservé à
côté du sons dér. En Prov. on a substitué
Madelon à Marion : un revirO'Madeloun»
A Mars, retirotestonn (testoun c tète »).
D'après Lacurne rerire-Marion serait
une allusion au jeu de Robin et Marion,
J'ignore ce qu'était ce jeu, tiré paut-étre
d'une pièce dramatique de ce nom. du
XIII* s., par Ad* de la Halle, et je crois que
Texplicat. de L. est une pure supposit.
REVIRI (revir!) v. a. — Retourner, c De
là une tradition que l'église de Riverie
retournée avait donné sou nom au village;
ce qui, bien entendu, est inexact, car on
trouve le nom de Riverie au xi« siècle, et
l'église n*a été retournée qu'au xvii«. »
(Note de M. Vaches)
De In. ptri, tourner, av. préf. r^, au sens
réitérât.
REVIULA V. reviouro,
REVIVRO V. reviouro.
*REVOLA (revola) s. f. — « Se dit d'un
terrain comptante de jeunes chênes. Vitia
una hella revola. »• (Coch.)
Je ne connais pas ce mot, et ne saisis
pas par quelle dérivât, de sens il pourrait
se rattacher à re-volvere.
*REVOLLA (rovôlà) s. f. Dph. revola,
Voiron rivoula — Repas qui se donne,
après la récolte, aux ouvriers qui l'ont
cueillie, c'est-à-d. aux batteurs après le
battage du blé, et aux vendangeurs après
la vendange.
Subst. V. de revola,re, qui signifiait
voler en arrière, puis revenir, retourner,
et dont le sens s'est confondu av. celui de
revolvere. La révolta « revient » chaque
année av. les saisons et les récoltes.
*REVOLLION (revùlhon) s. m. Pr. rerou
ravou, Igd, rèvouge^ vfr. revouU, it. re
volto — « Tourbillon d'eau. » (Goch.) Dans
nos montagnes s'emploie surtout dans
l'express, in revollion d'ora « un tourbil-
lon de vent », comme les tourbillons qui
enlèvent le foin sec en l'air.
De revolare (v. révolta), av. suff. on
et mouillein. de /, fréquent devant le suff.
on (cp. rolion).
REVOLLON (revôlon) s. m. — à Lyon
Petit repas, petite fête. Se réunir pour
mangdr des chàtaigne.s rissolées, av. du
vin l)lanc. c'est faire un revollon.
De In. révolta, av. suff. dim. on.
*REVONDRE (revendre) V. a.— Enfouir,
enterrer, recouvrir.
Deins lo in<>ino pirttut uporuies-no tous doei.
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REVO
357
t Dans la même fosse enfouissez-nous
tous deux. » (Mén.)
De re'fiin(i(e)re, au sens de recuiivrir.
M. lat. fundere fossala « illa cumulare ».
Ch. de f en v (144 8«). Le mot rehondre,
en.<.evf>lir, donné par Roquef. pour vfr., et
que Dicz tire de î-epotiere, me fait l'effet
d'une forme dialectale de refondre dans
laquelle v a pris la prononciat. gasc. Re-
fundere se prête d ailleurs beaucoup
mieux au sens que re-ponere.
REVONDU, UA (revondu, ua; à R.-de-
G. revondzu) adj. — Enfoui, enterré.
Qulii aulro, granil in lerr» el utondu «lin l'ôr,
Sacriflaise toi par grutii sou trésor.
« Qu'un autre, riche de domaines et
enfoui dans l'or, — Sacrifie tout pour
grossir son trésor. » (Mon.)
Partie, de revotidret comme fondu, de
fondre.
REVORGI (revorg!) v. a. For. revorgi
— 1. Déterrer, fouiller, au propre et au
fig.
Mait, su lo tsoms pass6, qu*a laiit de vés changl,
Mon çarviau déréglô, que vas- te revorgi?
« Mais dans le temps passé, qui a subi
tant de changements, — Pourquoi vas-tu
fouiller, cerveau déréglé? » (Mén.)
De 'vorl{i)ca,re, fréq. de vortere^ remuer
la terre, av. préf. re, au sens réitérât. Gh.
de te en i (161 îjfi); de are en t (15 2«).
2. Déborder en jaillissant, en parlant
de l'eau.
De 'tort(i)care, de vortex « tourbillon,
affluence d'eau excessive ». Gomme me le
suggère M. Ghahan., vortex est peut-être,
par l'infl. des formes 'vorticum *vortica,
l'origine de fr. gorge, vpr. gorc. Gp. vpr.
degorar = devorare. Mais revorgi peut
aussi bien venir de 'revolvicare (v. re-
vouge), av. ch. de / en r (170 4*), au lieu
de sa vocalisât. Revouge et revorgi (v.
à revorgi) seraient l formes du même
mot.
REVORGI (A) (à revorji) loc. adv. —
En surabondance.
Formé, à la façon des subst. v. surre-
vorgi 2.
REVORGIA (revorjia) s. f. - Récolte
abondante, surabondance en général.
Subst. particip. de revorgi 2.
REVORSA (reversa) REVOURSE s. f.
— 1. Fosse que l'on creuse sur le bord
d'un champ ou d'un jardin, et dans laquelle
on enfouit les cailloux, t. Fosse où l'on
tlépose de jeunes plants ^couchés oblique-
ment de manière que le feuillapre reste à
l'air) pour empêcher les i*acines de sécher,
en attendant la plantation. On appelle
aussi cette opération hetô los plants in
norrici « mettre les plants en nourrice ».
De re-vorsa (de vorto), au sens de terre
enlevée, extraite. Le mot s'est appliqué par
métonymie à la fosse. Gh. de u entravé
en o (38). La forme revourse appartient
aux environs de Lyon, où o fermé lil)re
devient souvent u, et o entravé ou.
REVOUGE (revouje) s. f. Pr. revouge
— à Lyon Tourbillon d'eau On dit plus
ordinairem. moye,
Subst. V. de ^revolmcAre, fréq. de revol-
vere. Vocalisât, de l (cp. poussa^ de pul-
verem); ch. de c enj (170 2*, a).
REVOURSE V. revorsa.
REVURO V. reviouro,
RHABILLU (rabilhû);à Lyon rhabil-
leitr s. m. — Rebouteur, personne qui
remet les membres disloqués.
De fr. habiller (de Jiabile), au vieux
sens de arranger, disposer, av. suff. u,
à'orem (34) et préf. re au sens de rétro.
Le vfr. (xvi« s.) a habilleur, chirurgien
ou rebouteur (Bouchet, ap. Godef.).
RIAU (riô monosyll.) s. m. — à Morn.
Ruisseau.
Malgré la règle qui fait persister ordi-
nairem. V devant a, e, il n'y a pas de doi;ie
que riau ne soit ri(v)al(e)^ comme l'in-
diquent, av. le mot In., l'it. riale, le Igd.
rial, le rgt. riale, l'alp. rialh, même sens,
à côté de Quercy ribalj gasc. arribau, for.
rivau, où Is r a persisté. Ges ex. de
doubles formes me paraissent écarter l'hy-
poth. d'un simple renforcem. de riu V'^w,
comme Dieu en Diau, ieu (ego) en iau, etc.
Le fait que riau est monosyll. n'est pas
probant contre l'étym. rivale^ la tendance
de tous les mots où i procède une voy.
étant de devenir monosyl. (cp. peduculum
= piu, etc).
RI BANS (ri ban); à Lyon rubans (mais
plus souvent écoupeaux) s. m. pi. Lim.
ribans, rgt. ribons — (Copeaux. H^arn.
ribans « rubans ».
G'est le vfr. riban « ruban », d'orig.
discutée. Les copeaux ressemblent en effet
à des rubans de bois.
RIBLO (riblô) v.n. Ss.-rom. ribla riblln
— à River. Glisser.
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«3
RIBO
Ëiym. incorin. — Peut-être d'orig. germ.
Vha. rlpa?i rlban^ mha. rïben, ail. reiben
« fricare > donnerait ribô, mais non riblA.
Le mot a pu venir par un fréq. D'un h. lat.
'ribare, de rlban, aurait pu dériver un
fréq. rib(u)lare = riblô. En tous cas cp.
riper, qui se dit en Saintonge du marteau
glissant sur un clou qu'on frappe (ex.
« mon marteau a ripé ») et qui appuie
rôtym. Faut^il rapprocher piôm. rablesse
* ramper, glisser »?
RIBOTTA (rib6la); u Lyon i-ibotte fi. f.
-^ dans l'express. Mettre en ribotta,
mettre en désordre, en confusion, pôle-
mêle, abfmpr.
Il a biau ringt la eolta,
!«• ûxa ëgalamin.
Son uuTre est mis en ribotta
Par lo saule grapignaii.
€ Il (le roi) a beau régler la cote (de l'im-
pôt), — La fixer avec égalité, — Son ou-
vrage est abtmé — Par les sales mal tô-
liers. » (Chans, de Revér.)
De fr. ribotte, débauche, pris au fig.
RICA (rika) RIQUA s. f. — à Paniss.
terme péj. Vieille vache, mauvaise vache.
Est-ce une altérât, de vpr. raca 7'acca
« rosse, hôte maigre »; racar « souffrir,
dessécher, languir »? L'altérât, s'explique-
rait peut-être par infl. de ricô (v. ce mot)
« cosser »• De l'idée d'une mauvaise
vache à celle d'une vache méchante, la
dérivât, est facile. Pour raca Diez propose
nor. racki, angl. rack « chien », mais la
dérivât, de sens de « chien » à « mauvais
cheval » semble forcée. Rayn. fait remar-
quer que, en syriaque raca, en hébreu rek,
signifie vide, et que, en prenant au fig.
racca de Têvang. de S* Matih., on le tra-
duit par € homme de peu de sens ». Il n'y
a rien d'impossible à ce que le mot soit
venu en Provence par la synagogue. Je
serais disposé à disjoindre de ce mot le fr.
racaille, qui peut être venu de racki,
comme canaille, de canis,
RICANGAILLE (rikangalh?) s. f. —
Vaurien, vagabond, gueux.
• Dre que niiin ricangaiUe à la ruya sVxpose...
« Dès que mon vaurien se montre... »
(Mén.)
Un des innombrables termes injurieux
de nos pays. Celui-ci me seniMe une varia-
tion exécutée sur le thème rica{y* ce mot),
à l'aide, d'abord du suff. péj. aille; d'où
ricaille, puis ricangaiUfi par l'insert. »i
fréquente d'une syll. qui. en allongeant le
mot. ajoute au caractère péj. Je ne crois
pas qu'on puisse rapprocher dph. rican-
delà « épithêt^ qu'on donne, dit Gharbot.
à une jeune fille niaise, qui rit inconsi-
dérem. », mot qui me semble en relation
av. fr. ricaner.
RlCLA(rikla); àLyon rtc/es. f. Vionn.
ritha — Diarrhée accentuée. A Lyon
avoir la ride, avoir la diarrhée.
Onomat. fort réussie.
*RICLA (rikla) v. riclia,.
RICLAIRO (riclèro) s. m. - C*;lui qui
a la diarrhée.
Trolou l'is an de met y
Coron per lot vaire ;
Surtout lo tafetati,
Lo pouro riclaire.
« Tous les arts de métier — Accourent
pour tout voir; — Surtout les taffetatiers
— Les pauvres diables qui ont toujours la
diarrhée (vu leur mauvaise nourriture). »
{XoH 1723)
De In. rida, av. suff. airo, d'arius (18).
RICLIA (riklha); ap. Goch. RICLA (rik-
la); h Lyon ridée s. f. — Foirée. Feire
ina riclia; à Lyon faire une ridée, là-
cher un excrément liquide.
Subst. partie, de ridiô.
RICLIO (riklh6)v. n. — 1. Défèiueren
diarrhée. — 2. Rejaillir.
De In. rida, av. suff. ô. Inserl. de yotte
dans le groupe cl (164 2», a)»
RICO RIQUO (likô) v. a. For. rica —
1. Heurter, se cosser en parlant des bes-
tiaux. Au fig. blesser, tuer, atteindre d'un
coup d'arme à feu. Vosges riquè, frotter
l'allumette pour renflammer.
Montons yi, d« Brcyou. moutons no zimbusquô;
Ovel lo vré moyen, i»ar pouère lo riquô.
c Montons-y, dit Breyou, montons nous
emi)usquer; — C'est le vrai moyen pour
leur tirer dessus. » (Brey.)
Un chivouai la riquet cl vous la Ût tomba.
« Un cheveu la heurta et la fit tomber. »
(Chap.)
Onomat. du choc, comme rocd. Cp. lorr.
riquè, déchirer, qui semble bien une ono-
mat, et berr. riquer, crier en parlant du
bruit que fait la neige durcie par le froid,
lorsqu'on marche dessus.
2. K Fœminam sibi subjicere ».
Par te riquô faut bailli de pistole.
« Pour te posséder il faut donner de
l'argent. » {&r. Jann.)
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RI-DE
359
Sur la dérivât, de sens, cp. argot ca- 1
vamboler, sensu obsceno.
RI-DE-GRAND (ri de gran) s. m. —
Bisaïeul.
C'est [ar) ri-de grand (v. ce mot au
Supplém,), av. aphérèse de la syll. init.
*RIEU V. riu.
RIGA (riga); à Lyon rigue s. f. — 1. On
nommait ainsi les équipages de chevaux
qui remontaient les ti*ains de bateaux sur
le Rhône, et qui étaient habituellem. de 24
chevaux attelés deux par deux. — 2. File
de crocheteurs remontant les bateaux. Je
crois que ce sens n'est que le sens 1 au fig.
Oué, quand dea» crochelears i doublartnl le rigues.
. « Oui, quand bien même ils double-
raient les files de crocheteurs. » {Tôt va b.)
Probablem. du pr. rega, ligne de bêtes
attachées à la queue Tune de l'autre. Rega
parait emprunté au cat., esp. récita (port.
rc'cora) k troupe de bétes de somme atta-
chées à la queue l'une de l'autre », que
Dozy, et après lui Diez, tirent de Tar.
recb « troupe de voyageurs montés sur
•les bétes de somme ». L'orig. arabe indi-
que en effet que le mot esp. est le type
primitif en roman. Le sens 2. du mot In.
représente presque exactem. Tidée du pr.
et de Tesp., et il n'est pas douteux que
rtgue au sens 1. et au sens 2. ne soit le
même mot. Toutefois pour admettre que
le pr. rega rego soit tiré de recua, Il faut
supposer une confus., d'ailleurs plausible,
av. rega^ « raie » en pr., la file de bêtes
représentant en efl*et une raie.
8. RIGUE Grand bateau du Haut-Rhône
pour le transport des pierres de Villebois.
Les flancs sont évasés jusqu'à 50 cent, ou
un mètre de hauteur au-dessus de l'eau,
puis plus haut s'élèvent verticalem.; le
devant est relevé, mais moins franchement
que dans la seysselande. La rigue a 35 à
10' mètres de long sur 6 mètres de large,
mesurés dans le milieu du fond. Il y avait
jadis jusqu'à 70 de ces bateaux faisant le
service de Villebois à Lyon. Il n'y en a
plus qu'une dizaine. « Une rigue chargée
de pierres, portant douze hommes d'équi-
page et des chevaux descendait le fleuve. »
{Salut public du 4 avril 1888)
Il n'est pas impossible que ce mol ne
.soit rigue 1., av. une dérivât, de sens de
€ l'équipage tirant le bateau » au • bateau »
lui-même.
♦RIGOLA (ngdl.i):8. f. — Petit canal
pour arroser les prés.
De rigAre, av. suff. ola, Q tombe devant
o, quand il est méd. Mais ici il est final :
rig + ola. En pareil cas il arrive que la
guttur. dure persiste, même devant a, Gp.
bicô (pour bica)y de bec. Gp. aussi vpr.
rec € ruisseau » qui doit être le subst. v.
de rigare. Le fém. rega a pris un autre
sens.
RIGOLO (i*igol6) ; à Lyon ringolée s. f.
^ à Paniss. une Flambée.
Est-ce un subst. partie, de vfr. se rigoler
« voUiger », et aussi « se réjouir »? La
rigolo, la ringolée serait une < volligée ^
de flammes; d'autant que le mot de rigoler
s'applique à la flamme dans ce vers de
Guiart :
Flambe qui rormenl t'i rigoU.
Dans la forme de Lyon nasalisai, de t
devant gutL (184 7*).
*RIGOLO (rigol6) v, n. — Gouler, dé-
couler. « Le z'agrime li i-igolavont d'oa
z'ius », les larmes lui coulaient de» yeux
(Par Cond.)
De In. rigola, av. suff. ô (14 8»).
RiGOLON (rigolOB) s. m. — Petit ruis-
seau.
Avoué mo doux péciaui, que ne tont pdt de lattei.
Tôt de mémo fa rai lo tour du rigolon.
« Avec mes deux échalas (jambes) qui
ne sont pas des lattes, — Je viendrai tout
de même à bout de faire le tour du ruis-
seau. » (Gorl.)
De In. rigola, av. suff. on.
RIGOS (très probablem. rigos) vin. !..
m. — Nom de poisson. 1225 : « Item deit
par millier d'arens... Item deit millier de
rigos. . (Carc). — 1358 : Item. j. millier
d'arenzet de rigoz corans paiera... » (Tar.
de la Ville),
Le voisinage des harengs et l'évaluation
au millier indiquent un poisson salé, et de
petite dimension. Il s'agit probablem. de
sardines. Je ne saurais donner l'étym.,
mais il faut se rappeler qie ces approvi-
sionnements .se tiraient de Marseille» ei
que beaucoup de noms grecs s'y sont con-
servés pour les poifesons. Il est donc assez
vraisemblable que nous avons affaire à
un nom pr., et peut-être à un mot d'orig.
grecque. La sardine en grec se disait
Tç>tX}Ç. On trouve en b. lat. « a Massilien-
sibus triga, piscis genus ». probablem.
confondu à tort par Du C., av. triçla
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%d
RIGO
« mulliia », de r&r/îuij (Du C. à triga). II ne
aérait pas impossible que le rigo ne fût
la triga marseillaise, dont le nom aurait
été corrompu par le In., et qui était vrai-
Hemblablem. la sardine.
•RIGOTTA (rigôta) ; à Lyon rigotte s f.
— Petit fromage de chèvre très renommé,
qui se fait surtout à Gondrieu.
R388emble tellem. à la ricotta it. qu*on
a de la peine à ne pas croire à un emprunt
fait au moment de Timmigrat. it. dans nos
pays, au xv-xvi« s. Cependant la ricotta
est ezactem. notre recuite : « Ricotta^
Fior di latte cavalo dal siere per mezzo del
fuoco (Crusca). > La rigotta.^n contraire,
est un simple fromage de chèvre. Peut-ôtre
y a-t-il eu confus, d'objets. Ch. de c en gr
(129, rem. 3).
RI GUE V. sous riga.
RIJOLA (rijôla) s. f. — Vivar. rijola^
il Morn. Coquelicot, papaver rhœas.
De rogi, rouge, de rabeum, av. suflf.
dim. ola. On a rojola changé en rijola par
dissimilat. du 1" o av. le 2«. Rijola répond
à un fr. rougeole.
RILLI (rilhi) s. f. Vpr. reilha rellia,
pr. relho, esp. reja, ss.-rom. reilha — sur
les frontières du For. Soc de la charrue.
Vfr. reillage (Cotgr.) « charruage ».
Subst. V. de 'rig(u)ldire, formé sur »•«-
gulus^ sillon (de riga), qu'on trouve au
XII* s. au sens de « sulcus », et qui a certai-
nem. existé en b. lat. D'où rigla = reïlhi
par ch. de gl en Ih (cp. 164 2', b) et de a
en «(54 3*). La forme pr. rega indique un
i bref. On a donc eu d*ab>rd reïlhi, passé
à rilhi. Le wal. de Mons. rille, règle de
menuisier, de régula^ appuie la format.
On pourrait plus simplem. voir dans rilli
régula, qui a donné vfr. riule rieule rigle
riegle reigle, mais le sens de « objet à
tracer les sillons » le fait de préférence re-
monter à riga dont le rad. doit être d'ail-
leurs le môme que celui de régula,
RIMA (rima) s. f. — Humidité, fraî-
cheur, vent frais. Pic. rimèe, gelée blanche.
Rimer, geler blanc [Congés de J. Bodel,
d'Arras, xiii« s.); wal. rimer, rch. rémer,
môme sens. Rgt. 7'imou, rigueur de la tem-
pérature, temps froid.
Du germ. : nor. hrim, flam. rijm, ags.
hrim, angl. rime, gelée blanche. Cette
forme prouve que, bien que le groupe ail.
hr devienne facilem. fr. (cp. hrim = //•<-
m,as), ou insère une voy. d'appui '^cp.
hring = harangue), il arrive aussi que
l'aspirée tombe sans laisser de trace.
RI MO (rimô): a Lyon rimer v. n. For.
ruma — Se dit du lait qui a pris le goût
de brûlé, ou de la casserole on le lait s'est
gi*atiné au fond sous l'action du feu. Lo
lait a rimô. Gras (qui avait habité Lyoa
plusieurs années) dit qu'à Lyon on emploie
le mot remuer, dans ce sens. Je ne l'ai
jamais entendu, mais les mots subissent
souvent des corruptions individuelles, et
je ne doute pas qu'il n'ait entendu qqa*un
qui, ne connaissant pas le sens primit. de
rimer, l'aura transformé en remuer.
De vpr. rimar, de lat. rima \ fente >.
Le vpr., signifiant aussi rissoler (ap, Ro-
chegude), on comprend facilem. la liaison
des idées : l» se fendre; 2* se fendre sous
l'action du feu; 9* brûler en général. D'où.
Queyras rima « brûlé, incendié ■ ; rima
lieu défriché par le feu. Suflf. ô (14 3»)-
RINCÉE (rinsée) s. f . — à Lyon Volée
de coups. Il a reçu une bonne rincée.
Valais rainser, battre.
De vfr. rainser, battre, donner des
coups de bâton, de raim, branche d'arbre,
de rsLmum, av. suflf. fr. ée, d*ata. Puis
l'homophonie a fait comprendre rincée,
de rincer, quoique le sens de « rincer un
verre » et celui de « battre qqu'un » ne se
rapportent pas.
RINGA (ringa); ap. Coch. RINGUA; à
Lyon ringue s. f. — C'est à tort que Coch.
lui donne la significat. de « fille d'une
mauvaise santé, d'une petite corpulence » ;
le mot se dit de toute .personne maladive
quel que soit le sexe, et même des ani-
maux, comme d'ailleurs Coch. le remar-
que : € On dit aussi d'une vache qu'elle
est ringue quand elle n'a que la peau et
les os. >
Oalc &116Z vo, dxi-té, tdli banda de ringuês?
« Où allez- vous, dit-il, sale bande d'avor-
tons? » {Brey.)
Du pr. et b. dph. ringa, foirer; d'où un
subst. V. ringa. diarrhée, appliqué par
métonymie au:c personnes, et par extens.
à toute personne maladive. De môme a
Lyon on dit de qqu'un : < C'est un petouge »
pour « c'est qju'un qui a toujours la pe-
touge, » Quant à ringa, je crois que c'est
rigare, av. nasalisât, de a (184 7% rem.)
La persist. de g n'est pas anormale en pr.
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RING
361
(cp. cas'tif/are := ypr, castigar). Le Tx.
ail. Wn7, lé^er; ail. gering, chélif, malgré
qq. rapport de sens et de forme, ne doit
pas être rapproché du mot In.
*RINGUA V. ringcL.
RIO-DE-SANT-BERNO (riô-de-san-
Bernô) à Morn. ; partout ailleurs ROA-DE-
SANT-BARNORD (roa-de-san-Barnôr) s.
f. — Arc-en-ciel.
La roa de sani Bamôrd
Que ro(jèye,
Que vardèye
ComoiMn prù.
« L'aro en-ciel — Qui rougeoie, — Qui
verdoie, — Clomme un pré. » {Ronde enfan,
tine)
L'idoe est presque partout : c roue de
s* B. » Morn. a substitué via, qui doit
avoir ici U signiftcat. de « rayon » (cp. '
raissi de sant Jiernard). Rio, rayon, 1
n'existe que dans celte express. 11 doit
venir de ra{d}ium{12l9)\ d'où raio réduit
à riô.
RION, DA (rion dissyl., da) adj. Ss.-
vom.rion, vivar., gén. riondo — Rond, de.
De roln?idum. Chute de t (135); ch.
de un en on (47j. On a ro-on. Linsert.
d'yolte doit tenir à ce qu'on a eu re-o/i
par aflfaiblissem. de la prot. Reon passe à
rioHy comme l'hiatus ea â ia,
'RIORTA (riorla); RIOTA (riôta); à
Lyon riote s. f. Dph. riortaf pr. redorta,
it. i'Uorla, ss.-rom. rlouta, Albertville
reuta — Lien d'un fagot, généralem. en
osier.
De relorta. Chute de t (135). Dans la
forme rioia, y est tombée par suite de qq.
difficulté de prononciat. Cette forme a
aujourd'hui pris le dessus, et celle de Coch.
est archaïque.
RIOTA V. riorta,
RIPA (ripa) s. f. — à Morn. Rive, bord.
Bien que j'aie recueilli le mot deauditu
d'une vieille paysanne, et qu'elle et son fils
m'aient assuré que, quoique vieilli, il était
encore usité par qq. vieillards, je ne puis
m'empêcher d'avoir des doutes sur son
existence, à cause de la conservation du p
de ripa. D'autant plus que Wpa a donné
riva, comm^ en témoigne Vardeg\y qui
est Riva de-Gl métathésé.
RIPA (ripa) s. f.— terme péj. Vaurien,
truand, vagabond, gredin.
Breyou, dou parmë coup, reconnu sa ganipa :
« Qu*Mi liasOrd de te Toir, abominable ripa ?
« Breyou, du premier coup, reconnut le
vaurien : — Quel hasard de te voir, abo-
minable, gredin? » (Brey,)
Étym. inconn. — Faut-il rapprocher le
suédois ripa, dépouiller; angl. to rip,
arracher; wh^.riban ripan, racler, frotter?
La ripa serait celui qui butine, qui fait
main basse; le « chapardeur », — Le rap-
prochem. est hasardé, mais je n'en ai pas
de meilleur.
RIQUA V. rica,
RIQUO V, ricô.
"RISA (riza)s. f. — Petit ruisseau d'eau
courante.
Se mirant loies dues deiu» Pêga de la risa,
« Se mirant toutes deux dans Teau du
ruisseau. » {GorL)
Formé sur un type r/*, ruisseau. quVm
trouve dans des noms de lieux : Grajidris
(Loire), Risset (Isère), et beaucoup de cours
d'eau dénommés ris. (Cp. wal. ri « ruis-
'seau »).
La format, de ce type est difficile à expli-
quer. Serait-ce ri{v)us, devenu rius (v.
riu) et par métath. mis, réduit A Hsf
Cette dérivât, semble bien peu vraisem-
blable. M. Ghaban., av. raison, je crois,
préfère un type rif par ch. ordinaire de v
lin. en /*, devenu ris par ch. de cette f en
s. Cp. pr. mayoufa = mayoussi t fraise » ;
hadafo = pr. hadasso « lavande ». Ris,
plus dé.sin. fém. a. a donné ri&a,
*RISOLETTA (rizolèta) s. f. — t Fille
qui rit à tout propos. » (Coch.) Le mot
est encore usité dans ce sens, mais risolet,
risoleUa se disent aussi d'un objet qui
provoque le rire. Dicton In. : c Une
« viscia » est une querelle, mais un « pe-
ditum » est un risolet {N, B, Le dicton
n'emploie pas le latin). » Vionn. rizolé,
Tarentaise risolet, qui rit toujours.
De vfr. ris, de risum, av. suff. etta,
d'où risetta, diminué en risoletta, par
l'insert. d'une syll. qui allonge le suff.,
car plus les suff. sont longs plus ils sont
diminutifs.
*RITA (rita); â Lyon rite s. f. Vx. dph.
rista, dph. rita, ss.-rom ritta, piém. rista.
Le chanvre qu'on file est de deu!^ qualités.
Le plus fin est appelé la Rita et le plus
gro.ssier l'c/opa. Pr. risto ristro, chanvre
peigné, chanvre le plus fin.
De mha. rXste, paquet de lin broyé, com-
prenant ce qu'on peut faire passer au
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362
RIU
séran en une fois; haut ail. reisle, ail.
rlste, lin en tortis; selon Scliade du vha.
[wridan] ridan, mha. rlden, vx angl.
Mvithen, angL writhe, tordre.
RIU (riu monosyil.); ap, Goch. RIEU
8. ra. Vpr. 77M — Ruisseau.
De rivium). Vocalisai, de v fin. en u
(119). Dans la forme rieu phénomène
analogue à celui du pr.. dans lequel toute
dipht. m est devenue ieu (cp. vicum =
via, puis tien).
•RIVO (livô) V. a. — a Donner un coup.
Ou Va rica, il l'a frappé. » (Coch )
C'est évidemm. le fr. river, mais je ne
connais pas rhô dans ce sens. On dit al
Va fiéru c il l'a frappé » . A rivô « frapper »,
cp. fr. popul. river les clous à qqu'un
« l'obliger à reculer, à se (aire, le mettre
à quia ».
ROA-DE-SANT-BARNORD v. Rio de
sant'Bernô.
ROBA (rôba) s. f. — Vêtement en gé-
néral. « In efat, a n'en joiit si bien su sa
tête, qu'o ne chayit pan salament in degot
de plevi su sa roba », en effet, il en joua
si bien (de .son sabre) sur sa tête qu'il ne
tomba pas une goutte de pluie sur son
habit (DialJ.
De b. lat. 7'oba rauba, subst v. de rau-
bare^ voler, dérober; de vha. roubôn rou-
pan. Le sens de c butin, dépouilles * s'est
bien spécialisé en vêtements, mais non en
vêlements de femme, comme en fr.
ROBINET (robinè) s. m. — à Lyon
Instrument de flagellation pour le derrière
des enfants peu sages et qui se composait
d'un faisceau de cordelettes av. un petit
nœud à un bout, les cordelettes étant
réunies enwemble à l'autre bout par une
torsade enroulée de manière à former un
manche. Cet instrument avait été certai-
nem. invente à l'usage des collèges. Inutile
dtf'dire qu'il est généralem. abandonné.
De Robin, nom propre, av. suff dim. et.
Le robinet était le « petit Robin «, comme
le martinet (voir ce mot au Supplém.) était
le « petit Mariin ». Gp. norm. robin, tau-
reau.
*ROBO (rob6) v. a. — Dérober.
De b. lat. raubtire, du vha. roubôn
roupôn, ail. rauben, ravir. Ch. de au en
0 (49. rem.); de are en d (14 2»).
ROBOTA V. rabota.
ROBOTO V. rabotô.
ROCHARD V. rochat.
ROCHAT (rochà) à River.: à Morn.
ROCHARO (rochar) s. m. For. rachcU —
Èpervier, oiseau de proie.
De rochi « roche », av. suff. ai daas un
cas, et suff. germ. ard dans l'autre. De
ce que 1 epeivier est un oiseau qui se tient
dans les rochers.
*ROGO (rokô); à Lyon roquer v. a. —
Heurter. € Je me suei rocô lo nos, je me
suis heurté le nez ».
Ce mot me paraît en relat. av. croqua
(v. ce mot), contusion, de vfr. croker, de
croc. Je crois que rocô est croker, av.
apUér. de c iiiit.. comme dans poit. ro-
quer « broyer des aliments av. les dents
en faisant du bruit », qui est évidemm. le
même que croquer au sens actuel. Suff. ô
(14-l«). — Le vfr. rocquer € bercer » doit
être disjoint et vient du germ. : dan. rokke,
nor. rugga, « balancer, secouer »; angl.
to rock « bercer ».
*RODA (probablem. roda) s. f. — « Oui
a pris la roda, il s'est enivré. > ((^och.)
Cette locut, m'est inconn.
De rota. Ch. de t en d (136). La per-
sistance de t sous la forme d indique une
orig. pr. Dans le pr., rode a pris une
foule de sens, parmi lesquels celui de
« moment, occasion ». A de rode qu'es
mau graciosoy t il y a des momeiite
qu'elle est maussade; es a rode, il est
fantasque (Mistral) ». Je suppose que
« prendre la roda » en In., c'est égalera,
saisir* le moment, l'occasion [de boirej ».
puis * s'enivrer », en généml. Quant au
sensdupr., la dérivât, est celle ci .«cercle,
endroit rond, place, passage, occasion,
moment. » Cp. passage, de pas, devenu
^ passage d'un livre »; passe, dérive
au sens do « situation » (en mauvaise
passe, etc.).
RODO (rôdô) v. a. — Frôler, toucher
en passant, accrocher légèrem. La roa
m'a rodô, la roue m'a frôle.
De rada,re pour raidere, raser. Ch. de
a prot. et de a ton. en ô (59 et 1;. Sur lâ
persist. de d v. 189, rem.)
ROFOLLA (rôfôla) s. f. — Sot conte,
baliverne.
Quaud TO zari Ogai de conlo de rôffoIlcSf
Foré-jo, ti vo plail, dxire qoqui paroles?
« Quand vous aurez Uni de conter vos
sornettes, — Pourrai je, s'il vous plaît,
dire quelques paroles? » (More)
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ROGN
363
Subst. V. de ^raffolô^ vfr. raffoler « être
fou », d*a/folev {de fol)^ ay , préf. réitérât.
re.
ROGN EUX, EUSE (rôgnen, enze) adj.
Poit. raagnoux — à Lyon Grincheux,
euse; épineux en affaires, querelleur.
Je ne crois pas que le rad. soit rogne.
fia dérivât, du sens semblerait forcée. Je
crois que rogneux est 'reneitx = renous
(v. ce mot), de re7iô, qui a dû exister à
Lyon sous la forme rener. Renetix a
passé à regneux par le mouille m. si fré-
(fuent de n, puis à rogneiix sous infl. de
rogne. Cette explicat. me semble appuyée
par lim. renou < grogneur, pleureur »,
vona t grogner ». La dérivât, de sens de
« grognon » à celui de « grincheux » est trop
naturelle pour faire difûculté. Cp. mil.
rogna, « grincer des dents » = it. popul.
rugnire, même sens. A rogne s'est sub-
stituée rinfl. de rognon dans bolon. aver
grosso arnione ou rognone con alcuno,
avoir de grosses difficultés av. qqu'un, lit-
téralem. « avoir gros rognon av. qqu*un ».
*ROGNI (rogni) s. f. - L Gale, teigne,
toute maladie qui fait se gratter. — 2.
Bouton suppurant ou squammeux. « T^ôs
de rognes ses lo nos, tu as des boutons
suppurants sous le nez. » — 3. Qqu*un de
grincheux, épineux. < O y est ina rogni,
c'est un homme avec qui il ne fait pas bon
avoir des rapports. » Charchl rogni, it.
cerca rogna, chercher querelle; m char-
chi rogni, un homme qui cherche les que-
relles. Avé de rogni insian, avoir des
querelles ensemble. Milan, cercà rogna
de gratta, alhn* à rencontre du péril;
bolon. aveir dla rogna cCtn un, avoir
difficulté av. qqu'un.
De fr. rogne, aujourd'hui peu usité, de
rubigfijnem, proi»ablem. par la marche
suivante : rouigne, roigne, rogne. Sur la
dérivât, du sens v. rogneux, qui a dû
influer sur le passage de rogni à la signi-
ficat. de « susceptibilité, querelle ».
ROGNON NER (rognoné) v. n. II. ro^
gnare — à Lyon Grommeler, murmurer
entre ses dents, iîo^nton^r, même sens, se
trouve dans le dictionn. de Lacombe, 1766.
De même que je crois que rogneux (v.
ce mot) est 'reneux,']^ crois que rognonner
est formé sui un fictif 'rener, répondant
à rend (v. ce mot), av. suff. onner et in-
fluencé par rogne.
*ROIMO v. ruèmô,
ROI-PÈTERET v. relpetarêt.
ROLI (rôI!) s. m. — à Paniss. Tas
d*faerbes en combustion. Tuô lo rôli^
éteindre le feu. For. raillX râli, feu de joie
qui se fait le mardi gras et le dimanche des
brandons.
Étym. inconn. La forme la plus ancienne
est évidemm. le for. rai7/t rdli, devenu
rôli par le passage de a à d (6 2«). Un
* radic(u)lB,rium^ de radicula, donnerait
railli par chute de d (139); ch. de cl en
/A (164 2o, a, rem. 1 ) et ch. de arium en %
(13). La dessicat. de / dans rdli est assez
singulière, mais il n'y a pas doute sur
l'identité des mots. Quant au sens, c'est
celui de a monceau de petites racines », le
chiendent qu'on fait brûler en ces occa-
sions consistant surtout en radicelles. Les
feux des brandons ressemblant tout à fait
à ceux qu'on fait pour la culture, l'applicat.
du terme désignant les uns s'est faite tout
naturellement aux autres.
ROLION (rolhon) s. m. — 1. Petite
bûche ronde. — 2. Cercle. -— 8. Dans la
loc. Se tegni en rolion, se tenir accroupi,
en rouleau.
Due farbelouses dou Molion,
Que ae tegiiaut lot ein rolion,
€ Deux déguenillées du quartier du
Mouillon, — Qui se tenaient toutes ra-
massées. > (Due Bih.)
Du rad. de rot(u)lB,re, comme le fr.
rouleau, av. cette différence que le suff.
est on au lieu de eau. On a rolon, passé
à rolion par le mouillem. si fréquent de la
liquide, sans cause particulière, surtout
devant le préf. on (cp. revollion).
ROMAI (rômé) à Paniss.; à Morn. RA-
M AD! (raniadi) s. m. Bgt. raimach rasi-
mat rasimach, it. radimadia — Râcloir
de pétrin.
Composé, pour la !'• forme, de rôs
« ras >, de rasum (1) et de maie mai,
pétrin. Littéralem. « un rase-pétrin ». Le
mot madi, dans la forme de Mora., s'ex-
plique par mag(i)d9Lrium r= maidi madi
(13). Ce simple est perdu, ou du moins je
ne le connais pas.
ROMBENAIT v. rambenait.
ROM BEN AT v. rambenait.
ROMO (romô) v. n. — à Paniss. Chan-
ger de place, remuer.
C'est le fr. remuer. In. remua, de re-
mtUare. La prot. s'est durcie en o\ il n'y
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364
RONC
a lu rien d*exlraordin., mais la rédnct. de
tid ko est singulière. Elle explique com-
ment par-meeô a pu se réduire à pavmô
(V. ce mol).
RONCHON NO (ronchonô); à Lyon ron-
chonner V. n. — Bougonner, murmurer
des reproches entre ses dents.
De rhoncB,re, av. substitut, du suff.
fréq. onnô. Gp. vfr. ronchier, ronfler,
aussi de rhoncare.
RONFLA (ronfla); à Lyon ronfles, f.
— 1. Toupie.
De fr. ronfler, à cause du bruit de la
toupie, analogue à un ronflement.
L*ann t pou, lo bou se gunda.
Per ly veni soit dessus;
En sodaiit comm' uiia rori/Ia
Ly roilise cnnie u eu.
« L'àne a peur, le bœuf s^e gontle, —
Pour lui venir sauter dessus, — En souf-
flant comme une toupie. — 11 lui f. . . ses
cornes au derrière. » {Noël de J. Capon,
édit. Coch.)
?. Se prend qqfois pèjorativem. pour
nez, gros nez.
T&y! Taiciuilo Jacopin
Avouayqiie lieu row/îe.
« Tiens voilà les Jacobins, — Avec leur
gros nez. » (Noël 1728.)
Subst. V. de fr. ronfler, parce que c'est
du nez que l'on ronfle
RONTALONAIRO A'ontolanéro) s. m.
Nom donné aux marchands de pommes de
Hontalon, pays où Ton récolte beaucoup de
pommes.
De Rontalon, av. suff. airo (13), qui
trouve ici d'autant mieux son applicat.
que Rontalonairo est un nom de métier.
Ainsi on ne dit pas un Yzeronairo.
ROPAIS. AISE (ropé, ôze) adj. — à
R.-de-G., Morn. Rompu, ue.
Lo xartéa sont chou|>l6s, le zéchines ropaisetj
Lo zablts couessiudzus, le zanchei deloquaises.
« Les doigts de pieds sont écrasés, les
échines rompues, — Les habits déchirés,
les hanches disloquées. » (Mén.)
De *rumpere (pour rnmpere), qu*on a
transformé en un v. de la l" conjug. On a
eu rompô, puis ropô par une dénasalisat.
(très rare) de la voy. init. Puis là-dessus,
au lieu d'un partie, rég. ropû, fém. ro2)o
(comme chanlô)^ ou a, je ne sais pourquoi,
appliqué la terminais fr. d du partie; d'où
rope, passé à ropai, comme dans qq. mots
de ce genre (v. éguifelais), et à râpais
par analogie av. les noms et adi. fr. en
ais : lyonnais, punais, niais: et enfin on
a fabriqué un fém. ropaise par analogie
av. le fém. de ces mêmes mots. Deloquô,
comme on a vu par l'ex., a un partie, ana-
logue. Je crois qu'il y en a encore qq.
autres.
ROPI (lôpi); ap. Coch. RAPI s. m. —
Piquette obtenue en jetant de l'eau sur le
marc.
Onle, sein consullô gni major ni recru,
Lallié Tt Uumo lo rdpide son cru.
« OÙ. sans consulter le major ni le
conscrit, — Lallié va s'enivrer de la pi-
quette de sou crû. » (Mén.)
De pr. l'SLspa, grappe de raisin dont ou
a enlevé les grains, it. raspo, esp. raspa,
même .sens; du vha. rospôn, ratisser, ra-
masser, la raspe étant une grappe dont
les grains ont été ramassés. De rtLSpa
se forme un v. ra^pa, et, par chute de s
(166 îi*), rapd, puis rùpà, par ch. de a en ô
(59 et 1); d'où un subsl. v. ropô. Com-
ment ropô est-il devenu ropi? Probablem.
par infl. du fr. râpé dont on a aiguisé IV
en i, é à la fin. n'étant pas un sou pat.
Rôpi est pour {vin de) rôp'i,
ROPIO (ropiô dissyl.) v. n. Albertville
rdpd — à Paniss. Grimper, grimper av.
diiriculté.
Du thème germ. rap, b. ail. rapen, ba-
var. ranipfen, qui signifie grimper. Je
crois volontiers que ce rad. n*est autre que
celui de l'ail, grabeln t ramper en tâton-
nant », angl. tu grah « saisir »; lo grabble
« manier maUidroitem. »; suéd. grabba^
nor. greipa, goth. greipan « saisir ».
dans lequel g init. est tombé; car je ne
trouve pas d'ancienne forme germ. rap
(s. rapillh. Rap a passé à rop (1), av.
suff. d (14 '^o); d'où ropô et ropiô par
l'insert. si fréquente deyolte.
ROPIOU (rôpiou dissyl.) s. m. — à
Paniss. Grimpeur, c Cel efant est in rô-
piou fini », cet enfant a le goût de grim-
per.
De ropiô, av. suff. ou, d'orem (34 bis'.
ROQUA (roka^ vin. s. f. — Terme inju-
rieux.
Ainsi de mu servant, répond mey, villi roqua^
Ayant pry leur argenl, d'ellou te t'es mocqua.
(La fin du second vers doit être corrigée
en « d'ellou te te mocqua »).
« Ainsi de mes serviteurs, réponds-moi.
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ROQU
365
vieille... — Après avoir pris leur argent
tu te moques d'eux. » (Bern.)
Probablem. le môme que vpr. raca
a rosse » (v. riqua) corrompu sous qq.
infl. que j'ignore.
ROQUILLI (rokilhi); à Lyon roquille s.
f. — Dans mon enfance on appelait à la
ïnaison roquille, une sorie de tiole, em-
ployée, ce me semble, en pharmacie et
peul-éhM en parfumerie. J'ai comme un
souvenir que ces fioles avaient une forme
fuselée, et je suis confirmé dans celle opi-
nion par Lorin, qui dit que dans le Sois-
sonnais « les noms de topelte et de ro-
çeti/Ze s'appliquent plus particulièrem. aux
petites fioles ventrues dans lesquelles les
apothicaires livrent leurs drogues liqui-
des ». Mais l'emploi le plus usité du mot
roquille élail dans cette express., boire
une roquille, comme on dit boire un ca-
no7i. Le mot s'appliquait parfois au vin,
mais le plus souvent à l'eau-de-vie. Boire
une roquille d'eau-de vie, c'était boire à
deux chacun son petit verre d'eau-de-vie
et même plus, car les petits verres en ce
temps, étaient fort jjrands. L'express, s'est
conservée», mais av. un sens plus général.
Kn vfr. une roquille était une mesure de
liquide, soit le quart du selifr. Wal. ro-
kèie, le seizième du pot. Lim. rouquilho,
le quart du pot; doublo rouquilho, la
chopine.
Je crois que le sens primil. est « fiole »
et qu'il vient de vha. 7'ocro, roccho; mha.
rocke, ail. rocken « colus w, à cause de la
forme en fuseau. Au rad. s'est ajouté le
sufT. dim. ilhi. Ptiis le sens a passé à ce.
lui de mesure de liquide. Il est probable
qu'il y avait la roquille pour le vin, égale
au quart dn selier, et la roquille plus
petite, pour l'eau-de-vie. I/ètym. me parait
appuyée par berr. roquet^ demi-setier.
ROSA V. rasa.
ROSAYI (roza yf) v.n. - à Pnniss. dans
Pexpress. Rosay'i los prùs, faire des rigo-
les dans les près pour l'arrosage.
De ros, av. sufT. fréq. olhlj passé à oyi
(164 20, r\
*ROTA (rôla) adj. f. — « Déchirée. Sa
coiffe est rota, sa coilTe est déchirée,
rompue. > (Cddi.)— Ce mot, dontlemasc.
doit être rot < v. derot) e>t inusité aujour-
d'hui. On rencontre dans beaucoup de
vi»,'ux comptes pierres rotps pour « pierres
brisées ». Je n'ai jamais rencontré le mot
au masc.
De mpta.
ROTAIR v. ratar.
ROTOR V. ratar,
ROTUR V. ratar.
ROU AGNIRI (rouagniri Irissyl.) s. f. —
à S* Mart. Ornière.
De roua, roue, av. suff. trî, d'ana;
d'où roua-iri, av. insert, d'n pour rompre
l'hiatus, probablem. sous infl. d'ornière.
ROUFFLE (ronfle) s. f. — à Lyon Volée
de coups.
Orig. germ. — Flam.ro/ftf/, ail. dialectal
ruffel^ même sens; ail. ruffeU répri-
mande, vulgo savon; du vx ail. /irao/Tw,
crier; ail. rufen. Roff(e)l ruffel, av. chulb
de la Ir* post-ton. (63) et addit. de la
désinence fém. <?. = rouf fie.
ROUIMO V. ruèmô.
ROULA (roula) s. f . — L à Crap.
Rangée de foin entassée d'un bout à l'autre
du pré pour la charger sur le char au fur
et à mesure de son passage.— 2. A River.
Rangée de foin, mais aussi rangée de
pierres placées sur le bord des terres, ou
pour être employées dans une construc-
tion. For. roula, tas de foin.
Subst. v. de roulô (v. ce mot).
ROULIÈRE (roulhére, roulhére) s. f. —
(lénéralem. Grand manteau en laine et
crin, usité par les voituriers; à Villefr.
Blouse.
De fr. roulier. Logiquem. la roulière
devrait être la femme du voiturier. C'est
que les 2 suff. se sont fondus. Le mot
devait être roulit'r-ière, rouliérière, qui,
impossible à prononcer, se réduit à rou-
lière.
ROULO (roulô) v. a. — dans l'express.
Roulô lo fen, faire avec les andains un
* rouleau de foin qui va d'un bout à l'autre
du pré.
De rot(ii)lare, comme fr. rouler, qui a
influé sur le mot, car on devrait avoir
rolô (69).
ROUPA (roupa); à Lyon roupe s. f. —
Grand et long pardessus, dans le genre
de ce qu'on appelle aujourd'hui une gâ-
teuse. — 2. Manteau à manches.
On avait au xvi« s. le mot roupille « a
cassock (Cotgr.) » Roupille est un dim. de
roupe, peut-être de l'esp. rôpa « hardes »..
La roupille était en effet un vêlement
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RUBI
espagnol ; « une roupille à TEspagnole
(Sat. Ménippée). » Rapproch. vx esp., vx
ptg. rouba; ptg. roupa, aussi t bardes »,
identique à l'it. roha^ du vha. rotih, • spo-
lium ». La robe et la roupe auraient
donc la même orig.
RUBIS (rubi) adj. — dans l'express.
Dupainrubis, du pain sec, dura manger.
« Gelo pan est trop rubis per lo mingl *,
ce pain est trop sec pour le manger.
De bis (pain bis) et préf. réitérât, re;
d*où rebis^ passé à rubis par renforcem.
de la prot. L'idée est que le pain bis est
plus dur que le blanc et que le pain sec
est deux fois bis.
RUÉMO (ruèmô dissyl.) à River; à
Grap. ROUIMO; à Morn. RUIMO; ap.
Coch. ROIMO V. n. -- L Réfléchir profon-
dément, combiner avec eflfort. Pr. ruma,
grommeler. — 2. Se dit aussi, mais plus
rarem., d'un animal qui rumine. Dph.
roeimOf ruminer {ap. Charb.) ; wal. rimer,
rgt roumia. même sens.
De rum(i)n9i,re. Faut-il admettre qu'il
y a eu une forme du lat. popul. av. w bref
puisque, dans toutes les formes ci-dessus,
u s'est diphtongue? Cependant, à cùté, on
a. dans toutes les langues romanes, u long
qui a persisté d'ailleurs dans le In. rumô
« ronfler, dormir ». Mais pourquoi u ne
s*est-il diphtongue chez nous que lorsque
le mot était pris au fig.? Y a-t-il eu sim-
plem. une iufl. d'un mot étranger, par ex.
celle du fr. savant ruminer, dont on aurait
inséré It; d'où ruimô passé à roimo, elc?
Gela semble assez peu vraisemblable, mais
je n*ai rien de mieux à proposer. Quoi
qu'il en soit, rum(i)nare a donné ruèmnô,
où n est tombée comme dans femina ■=
fr. femme.
Les formes esp., port, i-umiar, vpr.
romiar, pr. roumia ne répondent pas à
ruminare, mais à rumifjare (Groeber),
comme Tindique clairem. le roum. rumega
et le gasc. at^oumega. Le In. n'en vient
pas, car nous aurions eu rumeyt, comme
lèyï de ligare.
RUIMO V. ruèmô,
RUISSI (ruissi dissyl.) s. f. — Hous-
sine.
Subst. V. de ruissX.
RUISSI (ruissi dissyl.) v. a. — à Pa-
niss. Fouetter av. une houssine.
Probablem. le même que vfr. roissier.
battre, dont Torig. reste obscure, malgré
les nombreuses èlym. proposées. En tous
cas, il est certain que le In. a vu surtout
dans ruissi Tonomat. du sifflem. de la
houssine : ruiss', car le mol aujourd'hui
s'entend exclusivem. des coups de verge.
RUISSI A (ruissia dissyl.) s. f. — Hous-
sinée. coups de verge, volée de coups de
verge.
Subst. partie, de ruissi.
RUMAIRO (rumèro) s. m. — Ronfleur.
Onic est-ce donc, quou lïo rumairo,
A gorgi de paramolairo?
€ Où est-il donc, ce vieux ronfleur, —
Avec sa voix de rémouleur? » (Due liib.)
De In. rwmô.av. sufl'.airo (13, rem. 1).
*RUMELLA y.ramella.
RUMO (rumô) v. n. — à R.-de-G.
Ronfler, dormir. Poit. roumer^ être enrhu-
mé et ne respirer qu'av. difiiculté; rou^
meiller, ronfler; lim. rooumela, berr-
roumer, émettre la respirât, av. peine et
bruit.
Te cht su que Thomnie que rume,
€ Tu tombes sur cet homme qui dort. »
{Due Bib.)
De ruminKre (v ruèmo).
RUSTICO (rustikô); à Lyon rustiquer
V. a. — Faire un enduit au mortier en
fouettant le mortier av. un rameau de buis.
Les gouttelettes de mortier forment ainsi
de fortes aspérités.
De fr. rustique, pris au sens de gros-
sier. Suflf. (5(14 4«). En architecture, on
appelait style rustique celui des construc-
tions faites pour paraître brutes.
RUTIA frutia dissyl.) s. f. Albertville
rulia — Pain grillé trempé dans le vin
sucré. Se dit spécialem. de la ru<ia qu'on
fait manger aux nouveaux mariés la nuit
de leurs noces. A Lyon rôtie se dit de
toute tartine : une rôtie de creuse de
beurre.
Par brac6 los époui et faire iiia chaillt,
Et surtout impotù ceit s6la rulia.
€ Pour tourmenter les époux et faire du
vacarme. — Et surtout imposer cette sale
tartine. » {Hym.) L'auteur fait allusion à
l'usage de mettre par plaisanterie toute
espèce de drogues, sinon de saletés dans
la rutia des époux.
Du mot qui a fait fr. rôtir , av. suflf. ta,
répondant à ie fr. Mais pourquoi 6 a-t-il
passé à a ?
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SA
367
S
SA V. sous sai,
SABOT (sabô) s. m. — Têtard de gre-
nouille.
De cApiit, av. suff. roman ot. k cause
dr In forme de la larv<^, qui semble n'être
qu'un»» tèle. Gp. têtard, de tête. (^h. de p
en 6 (140, rem. 2). Ou a chabot (cp. cha-
bot, poisson, même élym ), passé à sabot
sous l'infl. de sabot, chaussure, quoique
les 2 choses n'aient aucun rapport, mais
par la simple homophonie. Sur le s.ms cp.
pr. testo d'ase « têtard de grenouille »,
littéralem. tête d'àne.
'SABOULO (saboulô); à Lyon SARA-
BOULER V. a. Lgd. sabouti — D'après
Goch. € Rosser », mais en réalité Gronder
d'importance. Se prend qqfois dans le
sens de houspiller. « J'étais si heureux,
que j'en ai avalé deux paquets de cresson
que me saraboulent le ventre. » (Les
Malins du Gourg.)
G'est le fr. popul. sabouler, mais la
forme sarabouler est à remarquer à cause
de l'insert. de la syll. péj. ra (190).
Quant à sabouler, il paraît renfermer le
rad. (d'ailleurs inconnu) de sabot, toupie,
plus clairem. exprimé dans lo lgd. saboytti^
pr. saboutn, secouer, ébranler. Goch. rap-
proche lgd. sabar, « rosser » qui renfer-
merait le même rad.; mais je ne connais
pas le mot; il ne figure pas dans Sauvages,
où Goch. puisait habitueliem. Dans sa*
bouler, la 2* partie du mot parait être
boule, sab'bouler sabouler « fouetter et
faire rouler comme une boule ». Noël pré-
tend que le mot vient d'Italie, où les en-
fants, dans leurs jeux, se frappent av. des
mouchoirs roulés remplis de sable, ce
qu'ils appellent sabulare. Je n'ai trouvé
sabulare dans aucun vocabtil., et d'ail-
leurs sabouler est d'un usage trop général
pour que cette ètym. mérite aucune
créance.
"SAGA (sàka) s. f. For saca -^ Poche.
Chôrgi lo pi«lole, beta lo deiiis te $aqut8,
« Charge tes pistolets, mets-les dans tes
poches. » (Per,)
Drel que j*ai quauque tn dm lou fond de ma $ar,a^
Je crey que tout l'Enfer l'y vint baillie rallaïua.
€ Dès que j'ai quelques sous dans le
fond de ma poche. — Je crois que l'enfer
tout entier lui vient donner l'a.ssaut. »
(Ghap.)
De SKCca, pour saccnm, qui avait déjà
dans Gicér. et Hor. le sens de bourse, sa-
chet. La persist. de c dur semble indiquer
une orig. d'oc.
*SACADA y.socana.
*SACHI (sachi); à Lyon sache s. f. —
Grand sac.
De '*acc«. Gh. de ce en ch (154); de
a en i (64 2«).
SACHI (sachi) à Morn.;à Grap. SAVAI
(savô) V. a. et n. — Savoir.
Pour la forme sachi, tiré de s9t,pio =
sache, plus suff. i des vb. de la l" conjug.
(15 2»). Sachi répond donc à un 'sapiare
pour sapere. Pour la forme saval, do
sapere, ch. dep en v (140); de e en ei
(16) devenu à Grap. al, ou si Ton aime
mieux ê excessivem. ouvert. Sur les deux
format, cp. pochi « pouvoir », à Morn., et
povai à Grap.
SACHI A (sachia dissyl.) s. f. — Une
pleine sachi. « Ina sachia de fafioles, un
grand sac de haricots. »
D3 sachi, av. suff. a, d'aia (1, note 8).
*SACO (sakô) V. a. — 1. Jeter, secouer,
€ / Van saca dins Vaigui, ils l'ont jeté
dans l'eau. » (Goch.)
G'est le vfr. saquer « tirer, tirailler »,
béarn. sKca « battre, piquer, harceler »;
L'étym. en est obscure. Diez y voit le rad.
sac : « tirer hors du sac »; mais ou atten-
drait des-saquer comme on a en-saquer
(cependant on a vfr. sache r « tirer, mettre
dehors »). Scheler y voit it. staccare « dé-
tacher », mais oulre le peu de rapport de
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368
SACR
.sens, le fr. aurait eu [e]stacher étacher.
Il indique en seconde ligne ags. scdcan,
angl. lo shake, secouer; et comme se
n'égale jamais *, il cherche un intermé-
diaire norm. ou pic. ^chaquer, qui aurait
été corrompu en saquer. Cette conjecture
parait bien peu appuyée. Peut-être y a-t-il
eu un rad. indo-germ. sac, d'où le mot est
sorti. On trouve en irl. ^a^^atm «j'attaque,
je fonds sur... », qui appartient évidemm.
à un autre rad. que sacaighim t je mets
dans un sac *. Le sscr. sag signifie
« ferire. occidere >. Mais cette conjecture
n'est pas plus appuyée qui les autres.
'U « Mettre dans la poclie. » (Coch.) Le
sens est plus général : Renfermer, mettre
dans un sac, dans la pocli?, en prison.
Vpr. esacar, cév. saca.
A dzil, mais plusieurs nions ilc fàr
Lo saqttont lou% deiiis iii enfàr.
« Il dit, mais plusieurs mains de fer —
Les renferment tous dans une gélienne. »
(Vol, dejamb.)
Dans le sens de Coch.. de s9,cca « poche »,
et dans les autres, de stLCcuiHj av. sulT. ô
{14 V).
.*). .\ Lyon saquer — Donner congé à
qqu'nu. C'est le sens le plus fréquent.
On dit aussi saci quauju'un, pour « le
quitter hrusquom. » C'est au fond la même
idée.
De sac (du soldat). Saquer « donner son
sac » à Ct^lui qu'on renvoie. On emploie
fréquemm. aussi cette express. Je lui ai
donné son sac « je l'ai renvoyé ».
4. SE SACO V. pron. — Se cacher, se
blottir. « A ne seyë onte se sacv, il ne sait
où se cacher. »
Extens. de sens de saco 2.
SACRÈY! ("sakrè-yf) v. n. — Jurer, sa-
crer.
Y promeltont u petit
De ne jamais plus êocreyî.
« Ils promettent à l'enfant [.Tésus] — De
plus jamais sacrer. » (Noël 1723),
De fr. sacrer, av. suflf. fréq. èyi (= èlh'i),
*SADO, A (sado, a); vin. SADOU adj.
For. sadou, br. sado — \. Savoureux, de
bon goût; les médecins disent « sapide ».
Tala-z-en, mais faut de moier«ia;
Jamais ne fut rcn de si sadou.
* Goùtez-en. mais il faut de la mou-
tarde: — Jamais rien ne fut si savou-
reux. » (Bern.)
Iqueu nVre pas sadou.
< Oci n'était pas agréable au goùl. •
(Chap.)
De s^piijdum. Chute de p (16t (5% c),
2. Dans Roq. il a le sens de sec.
Quand Tio son vintre blc el son gosi si tculo^
0 me flt tant re^re.. .
« Quand je vis son ventre mou et son
gosier si sec, — Cela me fit tant de
peine... » (Bail. d'Essai)
Je ne connais pas le mot dans ce sens,
et ne comprends pas la dérivât.
SADOU V. sado.
SAFFRANÉE vin. s. f. — Sorte de pâ-
tisserie. 1573 : < Défense aux boulangers,
pâtissiers et autres de la Ville, de cuyre
aulcunes miches, tartres, radisses, saffra-
nées. »
Snbst. partie, de 'safraner, mettre du
safran, ces pâtisseries en étant assaison-
nées. Cet usage s'est conservé pour les
cènes bénites que l'on vend à la porte des
églises lo jeudi-saint, et qui sont très for-
tem. i'nprégnées de safran.
SAQNI-NOS (sagninô); à Lyon saigne-
riez s. m. — Achillee mille-feuilles, achil-
len millefoliuin.
De sagni, saigtie, et nos, nez, parce
que lorsque l'on s'en rael dans le nez, elle
détormitie une hémorragie.
S Al (sô) pron. m. — à Paniss. Lui.
« Je labouro yer sai, je ti-availle pour
lui. » SA ('sa) pron. m. — à Villefr. Lui:
en Fr. Ln., par extension. Nom donne au
mari par la femme quand elle parle de
lui. * Sa est allô itié, mon mari est allé
là; sa drome, mon mari dort. » (Guigue)
— Gasc. sa dity dit-il.
C'est le pron. se, qui a perdu son carac-
tère réfléchi pour prendre le caractère de
simple remplaçant du subst. Il est remar-
quable qu'en fr., au contraire, l'usage du
pron. lui tend à supplanter soi. Dans le
Fr.-Ln. le sens indirect lui a passé au
sens du cas sujet il, et comme le mari est
le personnage important de la maison, il
a été désigné elliptiquem. par le pron ,
comme s'il ne pouvait y avoir d'erreur sui
la personne. — Pour la forme sai voy. 18.
La formera esi unélargissem. du son ai,
commun à Villefr. < En Limous., en Péri-
gord, en Auvergne, se remplace le pron.
masc. el, mais seulem. comme régime de
préposit. (Ghahan.) », c'est-à-d. qu'il s'em-
ploie comme à Paniss. Je ne sache pas
que nulle part ailleurs que dans la Bresse
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SAI
3r,o
et la région de Villefr. se soit employé
pour ille.
SAI s. m. V. sar.
SAlvb. V. sèyl,
SAIN-DIETTA (sindiétaj s. f. — Nom du
village de S^^-Agathe, près de Panissière.
A River., Morn. SAINTI-GUETTA (sinti-
ghèta;.
Curieuse syncope de Sanct(a-Ag)B,tha,
Sanct =: saint est d'oïl, ainsi que a ton.
= è: mais il est remarquable que t ait été
change en d, malgré Tappui de c. Cela
doit tenir à une raison de dissimilat.
Saint-Tietta n'est pas en effet d'une pro-
nonciat. aisée. M. Chaban. fait remarquer
qu'en Lim. Saint-Chamans =^ Sanch^
Amans ;à*ovi San-Chamans et puis Saint
pour San. On aurait pu avoir de môme
Sa7tch' Aîata, Sanchaieta^ Sanchieta,
Sanjiela, Sandzieta (j = dz)^ puis, par
réduct., Sandietta, et, par substitut, de
sain à san, Saindietia.
SAINT-ANDUER (sintanduôr trissyll.)
— Nom du village de Saint-Andéol.
La voga de Sainl-Andaer,
Oile le filhe chayuni a rinvers.
« La fête de Saint-Andéol, — Où les
filles tombent à la renverse. » (Dicton)
De Sa7tctum Andeolum. Uè est la
•liphtongais. archaïque de o bref. Ch. du l
fin. en r ('121 1"), On a dû avoir Saint-
Andiuer réduit à Saint- Anduer,
SAIPERQN (sôperon) s. m. — à Paniss.
Scieur de long.
De In. saipèrOf av. suff. on,
*SA!TES (séte) 2* pers. plur. du prés,
de l'indic. du vb. sachl, savoir. Cette
forme a paru extraordinaire- à Coch., qui
Ta mentionnée. Aujourd'hui, à R-de-G.,
Morn., on dit vos saides, et à Crap. vos
sayl.
Format, analogue à celle de pouèdes (v.
ce mot). La forme sayl est probablem.
constituée par analog. av. vos poyl
€ vous pouvez », ou le t de potatis pour
potestis est tombé réguliérem. et a été
remplacé par yolte. D'où poyl par cb. de
a en l sous infl. de y.
SALETTA y. s alita,
SA LINON (salinon; s. m. — à Morn,
Salière.
De 'salinonem pour salinum,
SALITA (salita; à River, salhita) ; à
Paniss. SALLETA (salèta) s. f. Vionnaz
salèta, — Petite oseille, rumex acetosa,
SALETTA CHANINA — à Paniss. Oseille
sauvage. Lacombe, 1766, donne « salet('%
sorte d'ozeille », évidemm. mal transcrit
pour saleté.
Non d'(oc)5a/irfa, malgré la ressem-
blance de sens et de forme, parce que i
étant bref, il serait tombé; mais de sal-
lita, av. i long, partie, de salUre « saler »,
lequel sallita a été sans doute substitué
par le lat. vulgaire à oxalida.
*SALLIA (salha) adj. partie. — Sorti,
ie. Oiilasallia c il est sorti ». — « Le sire
de Beaujeu, dans un titre de l'an 1362, est
représenté comme ayant menacé de bouter
le feu au château de Taichevôque de Lyon,
de manière à en faire saillie les rats. »
(Coch.) — Ce mot, comme Tin fini t. sailli,
qu'il suppose, n'existe plus, à ma connais-
sance. On dit aujourd'hui al a sortit « il
est sorti » ; sôlre « sortir ».
De salive, qui avait aussi le sens de
« sortir, s'élancer hors ». Le vfr. saillir a
dans Froissart le sens de sortir; vpr. sa-
Ihir, même sens; cév. sali « chasser, met-
tre dehors. » Le niouillem. de / de sallia
n'est pas celui que cette liquide prend tou-
jours devant t dans certains endroits (v.
Co7is. lyomi.)^ car on le retrouve dans fr.
5at7/iV. Ce mouillera, est-il dû à l'infl. du
prés, de Tindicat. salioî Pourtant, dans
faillir, on n'a pas falio^ mais fallo,
SALO (SE) (se salô); à Lyon se saler
v. pron. — Se retirer du jeu auquel s'amu-
sent les enfants. « Je me salo, je me relire
du jeu, ou je me repose. » A River, .s'em-
ploie au neutre : « Lo Tienne sôle^
Etienne se relire du jeu. » L'express,
existe en Lorraine et doit se retrouver
dans beaucoup d'endroits.
De salvSLve. Une forme saula a dû pré-
céder. On aurait eu salvare, savlar, sau-
lar, Cesanla existe précisera, en lira., par
ex. en parlant d'une place au coin du feu,
qu'on saulOy pour qu'un autre ne la prenne
pas. Le passage de saula saulô à salô a
pu s'effectuer sous l'infl. de salo « saler »,
pour « conserver » comme le jambon. En
tout cas l'identité des mots lim. et In. ne
fait pas doute, et l'étym. du lim. ne paraît
pas faire doute non plus.
SALOU (salou) s. m. — à Yzer. Caisse
où l'on met égoutter les faisselles conte-
nant les fromages. Le salou a quatre
44
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370
SAM
pifids et un couvercle, et un fond pourvu
de petites rainures conduisant à un trou
pour évacuer l'eau.
De lat. sal, av. suff, roman ou, à^orium
(S6).Salou répond à sala{t)orium, comme
colatorium à colou.
SAM (san) devant les labiales, SAN
dev. les autres cons. prèf. péj. — V. sous
sampiUl vb.
SAMBEOI vin. s. m. — Samedi. — 1421 :
« Le sambedij dernier jour de février. »
(Reg, c.)
De sahb9L{ti) dies. Nasalisât, de a (184
?•♦ rem. 8).
SAMPA (sanpa) s. f. — terme inja
rieux, Vaurien, femme de mauvaise vie.
Malgré la singularité de la format., je
crois que «ampa est tiré de sampilîi subst.
(V. ce mot), par suppress. du suff. On a
des exemples de celte format, dans porio,
de pariùn; mira, demtron. Le rad. samp
n'existe pas ; et dans sampilîi vb., le sens
de « mettre en haillons > indique bien que
peilli est le rad., et san seulement une
particule péj. Il y a bien montpell. sampo
« égout », rgt. sompo sounpo chompo
€ mare », probablem. de sumpsum (v.
sous sampiUï vb.^, qui c\urait pu être em-
ployé métaphoriquem., mais il n'est guère
admissible que les dialectes d'oc n'eussent
que le sens propre, et le In. que le sens
flg. On devrait trouver les 2 sens simul-
taném., au moins dans un dial.
SAMPEILLI vb. v. sampilîi vb.
SAMPELLY adj. v. sampilîi, ta.
SAMPILLARI (sanpilhari); ap Goch.
SAMPELLIARI; à Lyon sampillerie s.
f. — 1. État d'objets déchirés. € 0 y est
ina vré sampillarX, ce ne sont que de
vraies guenilles. » — iB. term. collect. péj.,
Vagabonds, gens sans aveu, gens mépri-
sables en général : c Quina sampillaH de
mondo, quelles gens méprisables, quelles
canailles ! » Viv. sampèyario < embarras,
choses gênantes ».
De In. sampilîi subst., av. suff. coll. art,
répondant à fr. erie.
SAMPILLI (sanpilhi); à Lyon sampille
n. f. — Guenille. Au fig. vagabond, vau-
rien, guenillard ; aussi femme de bas étage
et de mauvaise vie. c As-te vu la Toinon
avoué ce soudôr, ah ! sampilîi! » As-tu vu
Toinon avec ce soldat, ah! quelle guenille !
Subst. V. de sampilîi.
SAMPILLI, lA (sanpilhtf ia^ ap. Roq.
SAMPELLY (sampélhl); ap. Coch. SAM-
PILLI A adj. Vx for. sampeli — Déchire,
en haillons. « Ou Ta sampillia^ il l'a d*^-
chiré. tiraille. » (Goch.)
Véqua bien de regre par le fllte amouéroBte!.. .
Ifau«iiissant lu garçons qu^ant tampeUy lio« corps.
« Voil.â bien des regrets pour les filles
amoureuses... — Maudissant les garçons
qui ont souillé leurs corps. » {La More)
Après nous arey sampelit^
El nous avey tous «lepoulit.
€ Après avoir mis nos habits en lam-
beaux, — Et nous avoir tous dépouillés. »
(Ghap.)
Partie, de sampilîi. Aujourd'hui ce
partie, est, au masc. .fampilhi, au fém.
sampilha.
SAMPILLI (sanpilhi); à River. SIM-
PEILLI (sinpèlhl); h. Morn SIMPILLI; à
Lyon sampiller v. a. Dph. sampilha, pr.
sampiha ^ Déchirer de façon à mettre en
guenilles. S'emploie le plus souvent sous
la forme pron. se sampilîi, s'entre-dé-
chirer. For. sampeilld, secouer, tour-
menter.
Gomposé de \ti, peilli, guenille; de suff.
t (16 4*) et d'une particule sam san, qui
a pris en In. et en pr. le sens de c secouer,
agiter ». Elle se retrouve dans sansolhX =
san-solhl, agiter l'eau bourbeuse; san-
drolhî, tremper dans l'eau en secouant.
Gette particule existe dans un grand
nombre de mots (surtout pr.) exprimant
l'action de secouer, déchirer, abîmer : cév.
sansi, fouler aux pieds; biterr. soumsi
de cops, rouer de coups, fouler aux pieds ;
pr. somsi, engloutir, absorber, tasser,
presser; vpr. sumsir sumpsir, engloutir.
Le phonème primit. um a passé à an.
Pour ce passage, cp., outre sansi, déjà
cité, pr. samcimen pour sumsimen, et le
vfr. sancir, aller au fond = pr. sumsir.
De môme en vin. trouve-t-on Lucudunum
= Lian. Pour l'orig. de sumsir, Diez
hésite entre summergere et sumere. Pour
summergere = sumsir, il compare s
pour g dans vfr. sparser (spargere),
terser (tergere) , La format, s'expliquerait
mieux par le partie, sub-mersum. — M. G.
Paris propose sorbere, par un partie.
sumpsum. Il suit de laque sam, venu de
sum dans sum-mergere, représenterait à
l'orig. la prèposit sub, dont le sens .se
serait confondu av. colui du thème, de
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SAMP
371
telle façon qu'oû l'aurait dans une foule
de composés, pour exprimer le secouement,
le tiraillem., Téparpillem. La contraction
samheia « essaimer », en parlant des
abeilles, paraît composée de sam + aheia
(abeille) + suff. vb. a. Le Jgd. sampouna
« faire des points d'ici et de là, faufiler
grossièrem. » paraît composé de sam -J-
I)oun (point) + suflf. a; biterr. sambouta,
secouer, de sam + boula; sampeja boiter,
de sam + *pediare, Gp. encore val. sam-
bouii, chanceler, vaciller. Cette particule
sanv a même pris parfois un sens simplem.
péj. Le cév. a sono sogno chanson, de
sonum, et san-sogno^ rabâchage; le pr.
sansouiro, terre stérile et saline, de san
4- salsum; le lim. sangoulha « tremper
dans Teau en secouant » de san + gouil
(v. go ui liât).
Dana la forme simpiîlt, la plus ré-
cente, an a été prononcé in par analog.
av. tous les mots où le phonème an
représente en lat.
SAMPILLIA adj. v. sampillt, ta.
SAN préf. v. sam.
SAN (san) adj. m. For. cent — Fort,
violent. Ne s'emploie que dans l'express.
lin cop san, un coup violent, c In cop si
san que si m'avié juint, m'arit estourbô »,
un coup si violent que, s'il m'avait atteint,
il m'aurait tué.
Je crois que c'est s^num (8). Uu homme
« sain », est un homme fort, robuste. De
là l'analogie.
SANDA V. sandô.
SAN DO (sando) s. m. — Samedi. S'em-
ploie ordinairem. av. l'art, lo.
Le même que (dis)sando, av. aphér. du
mot représentant dies, comme dans lo
Hun, lo môr^ lo mècro, etc.
SANDO (sandô); vin. SANDA s. f. —
Santé. « Que a vos placet que vos me
doneis la sanda d'arma et de corps », qu'il
vous plaise me donner la santé de l'âme
et du corps (Marg.).
De san(i)tB,tem. Gh. dû t en d (174 2o,
6); de a en d (1).
*SANDRO (sandro) s. m. — Alexandre,
nom d'homme.
Fr. (Alec)sandre. On sait que l'apocope
de la syll. init. se renconire couramm.
dans les noms propres. Gp. Colas pour
Nicolas, Toinette p. Antoinette.
SANDROLLI (saudrolhl;; khyoïi san
dvouiller v. a. — Tremper dans l'eau en
secouant.
Probablem. composé de In. drouille (v.
ce mot), du préf. san (v sampillï), et du
suflf. vb. i (15 4«). L'idée aurait été d'abord
d'un « linge trempé », puis se serait étendue
à toute chose trempée en général. Gp. lim.
sangoulha, même sens, de san + gouil
(v. gouillat).
SANGLE s. f. — Terme de batellerie.
Les membrure» d'un bateau sont fixées
aux extrémités par 2 moi ses qui forment
la bande; la sangle est la moi se intérieure.
De cïng(u)la parce que la sangle ceint
les flancs du bateau. Mais pourquoi n'a-t-
on pas eu single après avoir eu sangle f
G'est certainem. dû à Tinfl. du fr. Gp.
sanliôr, qui devrait être sinlior.
SANGUETTE vin. s. f. — Seringue dont
on 86 servait pour combattre les incendies.
« Le roi Loys xii«... envoya la banda de
Monseigneur d'Aubigny et sa garde des
Suyces, qui nous saulverent pour leur
grand diligence le réfectoir à force de
sanguettes. » (La fundat. des Célestins,
par Berchier, 1537 p. 18) * Gujus presidio
etpresertim domini d'Aulbigny et suorum
militum Scotorum auxilio... syringum
industria magnam partem refectorii...
protexerunt. » (Loc. cit. p. 81)
Subst. V. de *singlutare pour singul^
tare. D'où sangloule, dans lequel oute a
été remplacé par le suff. ette. On a san-
glette^ passé, je ne sais sous quelle infl.,
ksanguette. Sur in devenu an à la prot.
cp. sangloter, aussi de singultare.
SANGUIN (sanghin) s. m. — Vionnaz
savëgnon, saint, sanyin, it. sanguine,
placent, sangônella — à Villefr. Cor-
nouiller, cornus sanguinea.
De fr. sang, av. suflf. in, à cause de la
couleur rouge de ses feuilles à l'automne
et de ses rameaux rouges en tout temps.
Le mot est emprunté à la langue savante.
G'est cornouiller sanguin, dont on n'a
gardé que l'épithète.
SANLIOR (sanlhôr) s. m. Vfr. sengler
saingler sangler, wal. single, bourg, sin-
glai, vpr. singlar senglar, pr. singla, lim.
singlar — Sanglier. Vivar. sanglar, porc
croisé .
De sing(u)l9Lrem. On a certainem. eu
sangliar (164 2**, a), dans lequel gl s'est
affaibli en Ih, In, contrairem. à l'habitnde,
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372
SANL
api'ès avoir passé à en (an) ne s^est pas
changé en in. Cette persistance doit être
due à l'infl. de fr. sanglier, Gh. de a
enô (1).
SAN LIS s. m. — à Alix et aux environs
Salsifis des prés, tragopogon pratense.
Mot communiqué, et de la prononciat.
duquel je ne suis pas assez sûr. J*ignore
si s est muette ou non.
Êtym. inconn.
SANSOLLI SANSOLY (sansolhf) v. a.
et n. — Agiter dans Teau sale, secouer
dans Teau sale. « Qu'a don ceVefant à
sansollicomm'iguien,qa*Sidonc cet enfant
pour remuer ainsi l'eau bourbeuse?» Berr.
sansoiller < souiller, salir, gâter » ; rgt.
sonsouilla « salir, tacher de boue ».
Je foué le sau9uly la tèla deins Coson.
« Je vais te secouer la tête dans l'eau du
Gouzon. » (Gorl.)
Du type qui a fait le fr. souiller, av. une
particul'i san^ qui marque l'idée d'agiter
de côté et d'autre. V. sampilhl vb.
SANSOLY V. sa?isoin.
*SAPINA (sapina) s. f. — 1. c Soc de
charrue brut » (Coch.). Dph. sapina
€ soc de charrue » (Gharbot).
Ce mot est aujourd'hui complèteui. in-
connu dans ce sens. Semble-t-il indiquer
qu'au temps de Goch. il y avait des char-
rues dont le soc élait en bois? Gela n'est
pas admissible. Je suppose qu'il a voulu
parler du morceau de bois qui porte le
soc, aujourd'hui la maître^ mais alors
pourquoi Gharbot dit-il aussi « soc de
charrue »? et que signifie « soc de charrue
brut »?
De fr. sapin (à cause de la matière), av.
désinence a des noms fém. (53 2»). Mais
il esta croire que l'appellat. remonte très
haut, car de nos jours le sapin n'est pas
un bois de charron nage.
2. A Lyon sapine, « Petit bateau chargé
de pierre de Gouzon, pour bâtir à peu
près une toise de mur. » (Goch.) — Je ne
sais pas bien ce qu'une sapine peut porter
de pierre, mais c'est une petite barque de
8 m. 30 de long par 1 m environ do large.
Les flancs sont inclinés et ont une bor-
dure plate de 18 à 20 cent, sur laquelle
marclient bs hommes, et qu'on appelle
cor ad au (v. ce mot au Supplém). La sa»
pine sert aussi pour le transport du sable.
Je crois que c'est surtout à cela qu'on
l'emploie, et que la pïnve de Gouzon des-
cend aujourd'hui sur des barques beaucoup
plus grandes.
Le mot est très ancien. On lit dans la
Leyde de 1801 : « Item totes les sapines qui
à Lian sont vendues, etc. » Dès le xiv* s.
les sapines servaient au ti*ansporl du
sable. — 1386-1390 : c A plusieurs navetans
pour XXXV sapines d'areyna (sapine est
ici au sens de t contenu de la sapine »} que
l'on epanchit pour la venua du Rey, à
V gros la sapine. » (Inv. de la C.)
Dans la Couzonnaise^ chans. qui peut
dater de 50 à 60 ans, on lit :
Ren qu'à Cozon, y est ou rrai port de mer ;
Y a beu dz'a Irais vingt sapines.
« Rien qu'à Gouzon, c'est un vrai port
de mer; — Il y a bien déjà soixante sa-
pines. »
De sapin, Gp. penella, de pm, et fr.
popul. sapint fiacre; lorr. sapin^ hotte en
planches dans laquelle on porte le l'aisin ;
Morv. sapina, vaisseau en bois blanc pour
le lait; du bois dont ces objets sont fa-
briqués.
SAP. (sar) à S*-Marl. ; à River. SE; aux
environs de Lyon SI AU; à Morn. SAÏ s.
m. — Seau,
De silellum pour les 2 1"« formes. Chute
de t (135). Dans sar, ellum est devenu
exceptionnellem. ar. On a eu d'abord seel.
par ch. de t bref en c (16) seer, par ch.
de / en r (121); seer se réduit à ser et
passe à sar par ch. de e en a sous infl. de
r. Dans la forme de Lyon, ch. de ellum
en tau (33); d'où seiau réduit à siau.
De sit(u)lum pour la forme de Morn.
Sit(u)lum = siclum = sélho (164 2«, 6),
sègo (164 2'», c), réduit à séi sai. De
mémo pour la forme de River, av. celte
différence que la diphl., après s'être réduite
à <;, a passé à é (16).
SARABOULER v. sahoulô.
SARCICZONIS vin. dans le texte sui-
vant : « Item pro iir sarcic507iis », de
mt^me, pour ;300 saucissons (Tard Venus),
Je donne ce mot, quoique latin, parce
qu'il montre qu'au xiv» s. existait à Lyon
le mot SARCISSON, devenu aujourd'hui
saucisson, sous infl. du fr. — Sarciaonis
n'est en effet que la translat. de sarcissou,
qui vietjt de salsitioîif^nu desalsitia. Oh.
de / en r (171 2»).
SARCISSON vin. v. sous sarciczonis.
SA RDI (sard!) s. m. — à Amplepuis
Cerisier. Mot inconnu dans le reste du
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SARM
373
Lyoïin.y mais usité dans des villages de la
Loire. For. sardeiri^ petite cerise noire
des montagnes. Sardeiri « Noire », nom
donné aux vaclies noires. Cp. gév. Célére,
nom donné aux vaches brunes, aussi de
la couleur de la cerise.
II est difficile de ne pas lire Sard9,rium,
de la croyance où Ton était qae le cerisier
avait été rapporté de Sardes, quoique
Pline dise qu'il est venu de Cérasonte, ville
du Polit, d'où cerasus; mais il est pro-
bable que le cerisier a été introduit de
divers endroits, et même que le merisier
e.st autochtone. Sardarium = sardl par
ch. de ariiim en î (13).
SARMAGNOT, OTTA (sai-magnô, ôta)
— Garçon, fille de S»-Romain.
Dzam^ on n'a tu Sarmagnola
Se droit ni se detfacia.
t Jamais on n*a vu fille de S*-Romain —
Si gentille ni si dégagée ». {Couzonnaise,
chans.)
De Samt- Romain, av. suflf. dira, oi,
olta. D'où Saint-romainot^ réduit à Sar-
magnot,
'SARMENTA v. sarminta.
SARMINTA (sarminta): ap. Coch
SARMENTA s. f. coll.— Ensemble des
sarments. « CV/o pia^iti a pro de sarminlUf
cette jeune vigne a beaucoup de sarments.
De sarmentaf de sarmentum. Ch. de
an en in (22). J'ignore si dans la forme
de Coch. la graphie en indique la pronon-
ciat 2/1 ou an,
*SARMOIÉRI V. sarmouévi subst.
SARMOUÉRI (sarmouéri trissyl.); à
River. SARMOUIRI(8armouiri);ap. Coch.
SARMOIÉRI s. f. — Saumure.
De 'salmnria. Le ch. de / en r (173 3«)
indique que le mot n'est pas fait sur un
dér. roman de sal; sal ayant donné sau^
on aurait saumouéri. L'yotte de ia a sauté
par-dessus r et a formé la dipht. ui ■=. oi,
devenue ouf^ (42 3<>); désinence i (54 1").
SARMOUÉRI, IA (sarmouéri, ia); ap.
Coch. ENSARMOIÉRIA ; à Lyon sar-
moirée e>adj. partie. Dph. eissei'moiria
— Se dit d'un ragoût salé outre mesure et.
par exlens,, de toute sauce trop épicée.
u OH rar/oùt est ensarmoievia, ce ragoût
t'st trop .salé ». (Coch) — Nous disons
aujourd'hui sarmouéri, ii, faisant ainsi
la différence du masc. et du fém.
De In. sarmouéri, av. suff. i.
SARMOUIRI v. snrrnou*iri.
SARPENT vlu, dans le tex.te suiv.
1323 : « Item VI lenges de sarpent ». (L. R)
Je traduis par « six vêtements (che-
mises?) ou pièces d'étoffe en laine, dite
sarp », du rad. qui a fait serpillière et
le vfr. serpol « trousseau, paquet », et qui,
d'après M. Baist, signifiait « toile qui
gratte ». Primitivem. la serpeliere était
en laine. Il est vrai que, dans l'énumérat.,
ces objets viennent après « XX anex (an-
neaux) », mais ils sont rapprochés d'un '
couvre-lit de soie, et font 'partie d'une
série d'objets divers, formant seulem.
5 articles, dont a hérité un collatéral.
SARPO (sarpô) v. a. — à Villefr.
Tailler, en parlant de la taille de la vigne.
De **arpare, émonder, pour sKrpere.
Suff.cJ (14 20).
SARRAILLI (sai-alhi) SERRAILLI (sè-
ralhi)s. f. Gasc. san-ailho^ béarn. sar
ralhe — Serrure.
De 'serr9,c(u)la, de serra (p. sera), ser-
rure. Ch. de rien Ih (1642o,6); de a fin. en
i (54 2*) ; de e en a dans la forme sarrailli
(66).
*SARRAIRO (saréro); à Morn. SER-
RAIRO; à R.-de-G., River. SEITAIRO
(sètèro);àOrap. SEITRO(sètro); àPaniss.
SÉPAIRO (sépèro) s. m. Piém. saitor —
Scieur de long. Piém. saron, charpentier.
Pécata, dou public illuttro mandalairo,
L'arbilrc dout goujats, le préfet doua sétairo,
« Pécata, illustre mandataire du public,
— Juge des goujats, préfet dos scieurs de
long. » (Ménj.
Pour la forme serrairo, de serrSLre, av.
suff. airo des noms de métiers (13); pour
la forme sarrairo, même étym. av. pas-
sage de e init. à a (66).
Pour la forme seitairo^ de ^eciartJ, tiré
de section, av. même suff. Ch. de ec en ei
(cp. 19) réduit à é, é. La forme seitro est
faite sur sect(o)r (52), av. addit. de o (cp.
past(ojr = paslre).
La forme sèpairo parait être la même
que seilairo, av. un ch. de p en t, proba-
blem. sous infl. do separnre.
SARRETTA (saréta) s. f. - à Paniss.
Scie.
Do sera, av. suff. roman elta. Ch. de e
en a (66).
SARRETO (saretô) v. a. — à Paniss.
Scier.
De In. sarretta, av. suff. ô {\b !•)
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374
SARR
SARRO (sarrô) 1. v. a. — Fermer, ren-
fermer.
La chef doa pillero ra sarrô la caMioa,
Et beie iii même Itom la dio dins sa fargiua.
€ Le chef des malandrins va fermer la
maison, — Et met en même temps la clef
dans sa besace. » (Maraud.)
De *s3rra,re, de serra (pour sera), ser-
rure. Gh. de e en a (66). Il est assez
curieux que IV se soit doublée, car l'insis-
tance sur ïr est assez sensible dans la
prononciat , et d'ailleurs le ch. de e en a
l'indique.
2. V. impers.; à Lyon sen'er — Geler,
geler très fort. € O va sarrô s'ta neyt, il
va geler fort celte nuit »
Du fr. serrer au sens d'élreindre,
presser. L'idée est que la gelée étreint,
serre.
SARRON (saron; s m. — Sciure de
bois. A Lyon on se sert toujours de « sar-
ron » pour sécher l'encre.
De In. * sarrô, scier, qui a cerlainem.
existé, quoique je ne connaisse que le
dim. sarretô. Au rad. s'est ajouté le
suff. on.
SARVADON (sarvadon) s. m. — à Pa-
niss. L Arbre sauvage en général. — 2.
Fruit du pommier sauvage, qui, scché an
four, sert à faire une sorte de piquette.
De 'selvsLtum pour selvaticum, av.
suff. roman on, Cb. de / en r (171 *>);
de / en d (136); de e en a sous infl. de r
(66). Sarvadon répond au fr. sauvaffeo?i.
SARVAJO, A (sarvajo. a) adj. — Sau-
vage.
De selvVLticum. Gh. de / en r (lit ?•);
de tf en a (66) ; de aticum en ajo (161 5«).
SARVANTA (sarvanta); à River. SAR
VINTA; à Lyon servante s. f. — 1.
Femme domestique. — 2. Anse de fer
qu'on suspend à la crémaillère et qui sert
à supporter la poêle.
Dupart. fém.sarr«w<a, de ^arri, servir;
la sarvanta, ustensile, fait l'office d'une
servante qui lient la poêle. Sur le sens cp.
vin. donsella, même sens, et Vosges ser-
vante « ustensile quadrangulaire en bois,
qu'on place en avant du lit, entre le bois
et les couchages (?) pour empêcher les
enfants de tomber (Haillanl). »
SARVIGNA (sarvigna) s. f. — à Morn.
Gibier, venaison.
Fornif» syncopée de vin. s&rvaiina (v.
ce mot), av. mouillem. si commuu de /t.
Gh. de e init. en a (M).
SARVINTA V. sarvanta.
SATINAIRO (satinéro) s. m. — Ouvrier
qui fabrique du satin. Ma mère me chan-
tait un vieux noël où se trouvaient les
vers suivants :
Je pansavô mon colairo (caulëre)
Inlr' oiiz* liur' et la minuit,
Comm' un bravo «aliiiairo
Ayant sa jonia fliiil.
De fr. satin, av. suff. airo^ des noms de
métier (13).
SAUCETTE (sôssète) s. f. ~ à Lyon
dans l'express. Faire une saiirette « trem-
per un morceau de pain dans du vin. »
De fr. sauce ^ av. suff. dim. ette.
SAUCI (sôssi) V. a. — 1. Tremper dans
la sauce. — 2. Secouer dans un liquide.
« Je me suei sauci dins la Rôno, je me
suis baigné dans le Rhône, i» On dit aussi
« fons etô bin saucis^ nous avons été
mouillés par une forte averse. »
De fr. sauce, av. suff. t (15 2«).
*SAUCIA (sôssia); à Lyon saucée s. f.
— Action de secouer qq. chose dans un li-
quide. « Fare una sauaia, lorsqu'on
trempe son pain dans le vin. » (Goch.)
Recioure ina saucia, recevoir une foi*te
averse.
De In. sauci, av. suff. partie, a, d'atom.
*SAUCIA (sôssia; adj. des 2 g. — For-
tement mouillé et spécialem. secoué dans
un liquide.
Adj. partie, de sattci. Le mol est donné
par Goch. pour les 2 g., mais aujourd'hui
un dit sauci au masc. et saucia au fém.
*SAUCIRON (sôssii-on) s. m. — Gham- *
pignon. Piém sansairon, champignon des
prés.
Je ne connais le mot que par Goch. Rien
ne semble plus naturel que de le tirer de
sauci r sauce », av. suff. on relié par r
(Cp. mouche ron), mais d'aboixi la formai,
serait vicieuse sous le rapport logique,
car un sauciron devrait être « une petite
sauce, > tandis que l'idée est d'un c objet
av. lequel on fait les sauces ». Cp. gasc.
chauchère, oseille sauvage, compose de
salsa + suff. aria. Mais, de plus, la forme
piém. doit faire repousser cette êtym., et je
n'en ai pas d'autre à proposer. Je fais re-
marquer que dans le mss. de Goch. il n'y a
aucun doute sur la graphie de Vu. Je sup-
pi)se que la forme priuiit. est sanciron.
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SAUL
375
passé à sauciron sons infl. de sauce. Je
fais remarquer encore qne le piém. suppose
un type lat. commençant par jij ou zis,
gengiva ayant donné piéra. sansica; sisy-
phum, zansip; et it. zihihho « raisin mus-
cat » étant devenu piém. sansip,
SAULÉE s. f, — à Lyon Lieu planté de
saules. Les Saulées d'Oulîins.
Formé sur saule, av. suff. coll. aie,
d*eta, d'où saulaie, puis saulée, par sub-
stitut, du suft. ée, d'aia. Saulaie avait été
lui-même substitué à saussaie^ dont le
sens étymolog. n'était plus compris, et qui
semblait être un dér. de sauce,
*SAUMA (aux environs de Lyon sôma;
fi Morn.sa-ouma);î\ Grap..River. SOUMA
rsouma); vin. SOMA; à Lyon saume s. f.
Vpr. sauma — Anesse. Au flg. se dit
d'une femme stupide.
Lt pesia say la soma et que me Ta batta!
« La peste soit de l'ànesse et de qui me
Ta bâtée. » (Bern.)
De b. lat. sKlma, qu'on trouve dans
Isid. pour sagma « bAt ou poids ou paquet
qu'on place sur le bât. » Sagma, au dire
d'Lsid., vient lui-même de sagum, à cause
des couvertures qu'on place sur le i>àt et
dont celui-ci est garni. Sagma est em-
prunté au gr. ^«7/*». Sur ag suivi d'une
con.s. = au cp. smaragda = émeraude,
.selon la règle indiquée par Foerster (c/ia«
racler = vfr. charaude, Jacobum = Jau-
nie, october = outobre etc.). Salma
prouve qu'avant de passer à te, ^ a passé
ixl.
Quant au sens, il faut remarquer que
sagtna salma avait pris en b. lat. la si-
gnificat. précise de < *onus, sarcina ». La
dérivât, à « bête de somme » est néan-
moins assez singulière. On se serait at-
tendu non à une identificat. de la charge
av. la bête qui la porte, mais à un dér. av.
suff., comme dans sommier, de somme.
Sauma est certainem. emprunté au pr.
Le In., de salma, eût tiré sarma (173 ^).
Dans la forme souma, ch. de au en ou
(49). Dans la forme soma, passage de au
à 0 (49, i-em. 1). Morn. diphtongue encore
au en aou. C'est le seul endroit du Lyonn.,
à ma connaissance, où les diphtongues,
en général, ne se soient pas toujours ré-
duites à un son unique.
SAUMÉE (sômée; s. f . — à Lyon dans
les express, une saumée de vin, une
saumée de sel, pour « la charge de sel etc.
d'un àne ». Ce mot, que je me rappelle
avoir entendu dans mon enfance, a com-
plètem. disparu.
De saume, Anesse, av. suff. dVïl éé.
Gp. dnée, charge d'un âne.
SAUTARIAU (sôtariau) SOUTARfOT
(soutariô) s. m. Berr. sauter iau, — Sau-
terelle.
De salière, plus suff. roman el, devenu
tau (32). Saulariau est donc littéralem.
le masc. de sauterelle. Il est probable que
le mot a été emprunté au fr., car saltare
aurait donné en In. sartô (170 4*), tandis
qu'on a soutô, Gh. de au en ou (73).
Dans la forme soutariot, il y a eu substi-
tut, du suff. à'\m. ot au suff. iau,
SAUVAGIN v.^ow^ sauvagina,
SAUVAGINA (sôvajina)s. f. Lgd. sau-
vagino,'\i.salvaggina, bolon. salvadgum.
— Nom générique qui embrasse tous les
mammifères des forêts, dont les peaux
s'emploient pour fourrures : belettes,
martres, putois, etc. B. lim. so-ouvodsino
sa dit de tous les animaux qui ne .sont pas
domestiques- Béarn. saubadgie « les oi-
saaux, les bêtes sauvages. »
De sauvajo (selvaticum), av. suff. ina
qui prend ici, par except., un caract. col-
lect. L'idée est qu'il s'agit de bêles « sau-
vages ». On dit aussi qqfois à Lyon sentir
le sauvaghii toutes ces bêtes ayant en gé-
néral une forte odeur.
'SAUZaV V. sauzé.
SAUZÉ (sôzé) à Grap.; ap. Goch. SAU-
ZAI s. f. — Saussaie.
De In. sauso, av. suff. coll. âge d'eta.
On a eu sausaye sauzaï (la diphton-
gais, se marque encore dans la forme de
Goch.), et sausé par le passage fi*équent
de ai à ^, surtout sous l'infl. du suff. fr.
e<?.
SAUZI (sôzi) s. f. — Sauge.
De sKlvia, mais par l'intermédiaire de
fr. sauge, car en In. / dans ces condit.
devient r. Gh de vi en vj = j fcp. le-
vium =2 liège); de a en t C54 1). On a
saugi, passé à sauzi par ch. de ^ en z,
comme il arrive qqfois devant l'hiatus ta.
Gp. rajt pour ra^i.
SAUZO (s6zo) s. m. — Saule.
De S9^l(i)cem. Ch. de le en uz (V30 2»,
b).
SAUZO s. m. — Guvier, v. sèso,
SAVAI V. sachi.
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376
SAVI
SAVINA (savina) s. f. — à Moi-n. Nom
propre donné aux vaches rougeàtres : la
Savina, la Boiicharda etc. Je crois môme
qu'on remploie qqfois comme adj. : ina
rachi savina.
De vin, parce qu'on a vu une lointaine
analogie entre la robe de la vache et la
couleur du vin. Ce rapprochem. n'est pas
plus exti-aordinaire que celui av. la cerise,
qui a donné Céléra^ nom de vache dans le
Gév. Au rad. vin s'est ajouté le suff. des
noms fém. en a, mais je no sais pas expli-
quer le préf» sa, que l'on ne trouve que
dans ce mot.
SAVO (savô) v. a. For. sava, cév. saha
— Lorsque les enfants font des sifflets av.
l'ècorce du noyer ou du saule, ils coupent
une pousse de ce bois et ils frappent tout
autour snr l'écorce de manière à la faire
disjoindre du bois en la tirant sans la dé-
chirer. Cela s'appelle Savô, « O faut savô
lo nof/if il faut détacher l'écorce du noyer. »
Morv. saiver, écorclier un arbre au mo-
ment de la sève; bêarn. sabatat « bour-
souflé »,en parlant d'un arbre dont l'écorce
se soulève.
De 5apa, qui a donné fr. sève, av. safl'.<5.
Ch. de p en i?(140); suiT. d (14 2«). Le
sens vient de ce que l'opération ne peut
se faire qu'au moment où la sève monte,
c'est-ù-d. au printemps.
SAVORET (savoré); ap. Coch. SAVOU-
RE! s. m. Vfr. savorados (ap. Rabel.},
lîîd., mars, sabowun — D'après Coch.
Manche du jambon. A River, c'est aussi
le manche du gigot, qu'on fait cuire de
même dans le bouillon. Dph. sarvoivea
(Charb.), os du jambon. A Lyon le SA-
VORET s, m. est l'os que le boucher
ajoute à la viande pour augmenter le poids
à payer; à Paria réjouissance; en Lor-
raine açrémentçen b. Dauph. souquet ;
b. lim. sohoural, os de bœuf qu'on met
dans le l)ouillon ; vfr. savoviî < savoureux ».
De vfr. savour, de saporem. av. sufl".
et, parce que l'os augmente la saveur du
bouillon. Cp. vx it. saporetto < ragoût
(ap. Oudin). » Dans le Blésois, la Sain-
longe, on appelle saveurs les légumes
ajoutés au bouillon pour en relever le
goût. Dans la forme savouret passage de
OH fr. à o (34, rem. 4). Les mots réjouis-
sance et agrément sont pris dans une
acception ironique comme d'ailleurs sa-
roret à Lyon. r,e dph. souquet doit élre
un dimin. de souche. A Marseille il signi-
fiait, d'après Achard, c la bonne mesure »
et « un petit morceau de viande de rebut
qu*on ajoute pour faire le poids ». En tous
cas je ne le crois pas apparenté à vfr.
souquet, impôt sur le vin, usité dans le
Midi.
*SAVOURET V. savoret.
•SAVOYANDEAU (savo-yandô) s. m.
— « Bateau plus petit que la penelle,
dont on se sert sur le Rhône. » ((^och.) —
Je ne connais pas cette espèce de bateau.
Je suppose que c'est celui que Fortis, en
1820, désignait sous le nom de savoyardo.
Les trains de bateaux étaient terminés
par deux de ces bateaux. J'ai plus de con-
fiance en la forme donnée par Coch. Il .se
peut du reste que les deux termes fussent
employés.
De fr. Savoy e, plus un suff. andeatt,
qui s'explique probablem. par le nom de
' Savoy nnde donné à une grande barque,
comme on a Sisselande, de Seyssel ; puis
de savoyande on a fait le dim. savoyan-
deau.
SAYAIRO V. sèyairo.
SAYÈRO V. seyèro.
SAYI (sa-yl); à Grap. SOYI (so-yl); à
Villefr. SUÈYE (suè-ye); à Si--Golombe,
d'après Coch., SU (su) s. m. Dph. seu, vfr.
se'ù^ ss.-rom. sau sahu suau scior siro,
vpr, 5attc, Lille *ey«i, Vosges saivu saihu^
Igd. sahuc — Sureau.
De *sa(b)tic9Lriuin pour sambucariutn.
On trouve dfjà sabucus dans Pline (v.
Georges s. v.). Il faut admettre que le b
est tombé (142) de préférence à la prot.
Gh. de c en yotte (138 !•); de arium en ♦
(13). On a sauyi, passé à soyi (49, rem. 1).
Dans la forme sayi la substitut, de a init.
à o est-elle due à l'infl. du yotte (cp. sayl
« faucheur » pour sèyi, de sectare)^ 1^
forme su est le vfr. seu sehu, de sa(b)u-
cum, où eu a passé à u. Gp. à Bonneval
(Ëure-et-Loir) sens, même sens. La forme
suèye doit avoir été infl. par fr. suer, le
sureau étant» pour nos campagnes, la
plante sudorifique par excellence.
SAYI (sa-yl) s. m. Vpr. segaire, pic,
wal. soyeux — à Yzer. Faucheur.
De secKrius. Gh. de c en yotte (128);
de arius en t (13). On a seyi, passé à
sayl (v. sèyl vb.).
SAYI vb. v. seyl.
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SAYO
SAYOU (sa-YOU) à Paniss.; à Yzer.
SAYAIRO; à River. SÈYOU (sè-you)
SEYAIRO SEITRE (sètre) s. m. Vfr.
soyyeoiir, Vosges sè]/ou soyou, pr. se-
gairo, i't. segatore — Faucheur.
De Jn. sayX sèyl, av. siiff. ou^ d'oïvwi
(34 bis), ou airo (13, rem.). Sur la forme
seitre v., sous sarrairo : « sailro, â Grap.
scieur de long ».
SE V. s av.
SECORRE (sekôre) v. a. Vfr. secorre
— 1. Dans l'express. Secorre lo fromenlo,
J)attre le blé, dans la vallée de l'Azergue
(ailleurs on dit écorre); ap. Goch. SE-
CORRE « Battre les habits pour en faire
sortir la poussière ». Dans ce sens on dit
il Grap. secoyi, et à Morn., River, secoure
(V. ce mot).
De siiccvLlere, comme écorre, de ex-
cntere.
'2. Secourir. « Va don lo secorre, va
donc lui donner aide, secours. » (Goch.)
De succnrere. Gh. de it bref prot. en o
(69); de w bref ton. en o (38). Doù so-
carre, et secorre par affaiblissem. de la
proton.
SECOU; OU A (sekou, oua) adj. —
Battu, secoué. Au fig. détruit.
Ordonne a so sorJuts de redoublô lious coups,
Aflii qu'cin pou de Isonii i teyaiil tous secou».
« [Le colonel] ordonne à ses» soldats de
redoubler leurs coups, — Afin qu'en peu
de temps ils (les rebelles) soient tous dé
truits. » (Brey,)
De sxiccvLlum, Sur la formai, v. se-
coure.
SECOURE (sekoure) v. a. — à R.-de-G.,
River., S» Mart. Secouer; spécialera.
abattre les fruits d'un arbre, surtout les
noix, les châlaignes.
Opeiniiaiil Jupiter se fal brandidgolô
Ou mutiau dou tfiuulou que prctcludzé Técoure,
Et par le deci oclii faut crAuament 89coure.
« Cependant Jupiter se fait balancer —
Au museau du glouton (l'ours) qui préten-
dait le battre comme le blé, — Et pour
le décrocher, il faut rudement secouer'. »
(Mén.)
De succvLtere; v. secorre l, Gh. de u
bref. ton. en ow(34).
S ECO Y I (seko-yl) v. a. Vpr. secodar —
Secouer.
De 'siicculAre pour succnlere, Gh. de
u bref en o (34); chute de t {ISo); ch.
denref'M ? sons intl. delà gutt. (cp. 15 8«).
Ou a 30C01 passé à socoyl, et à secoyï
par aflfaiblissem. de la prot. init. et aussi
par dissimilat.
SECOYOU (sekô-you) SECOYU (seko-
yu); à Lyon secohu (vieilli) s. m. — Pa-
nier à salade.
De In . secoyl, av. suflf. ou, ou w, d'orium
(36). Répond littéralem. à sticcuta(t)o-
rium, f
SECOYU V. secoyou,
SÉCUTI V. sécuM.
'^SÉCUTO (sékutô) ♦SÉCUTI (sékuti; v.
a. — « Diminut. de persécuter, tourmen-
ter. » (Goch.)— Pr. secuta, poursuivre;
cév. secouti, secouer.
Paraît être formé sur l'ancien indicat.
prés, secout, de vfr. secorre, de succutere.
Un 'succutsire aurait laissé choir le ^
Gp. vpr. secodar « secouer », pr. sécuia
« poursuivre j». Le suff. ô est normal
(14 10), mais je ne comprends pas le suff.
i dans la forme secuti. Quant au sens, la
dérivât, de « secouer * à c tourmenter »
est naturelle.
SEGONT vin. prép. Vfr. secunt segont
— Selon. « Que segont nostrum petit en-
tendiment... » Que selon notre petit enten-
dement... (Marg.)
De secvDidum. Gh. de c en g (189,
rem. 3); de un en on (47). Ce mot a de»
puis très longtemps disparu de notre dia-
lecte.
SÈGRE (sègre) v. a Bourg, sengre, —
Morv., saint, sègre ^k Morn. Suivre.
De s^qv(e)re. Gh. de qvr en igr
(164 !•).
*SEGROLO V. cegrolô.
*SEGROT V. cegrot.
*SEGU (segu) adj. part, — Suivi. « Ou
l'a segu, il l'a suivi. » (Goch.)
Partie, de sèg(re), av. suff. u des partie,
de la 3* conjug.
*SEÏ v. sèyl.
'SEILLI V. *////.
SEITAIRO V. sarrairo.
*SEITI V. seitô.
SÊilO (sèïtô) à Morn.; à Grap. SEITI
(sèli) v. a. Dph. seita — Scier.
De sectaire. Gh. de ec en ei (op. 10).
Dans la forme.de Grap., plus rég., le c a
fait sentir son infl. pour le ch. de ave en i
(15 3-).
SEITRE v.^rtyoet.
SEITRO V. Sftrrairo.
45
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378
SELE
SELETTA (seléla) s. f. — Chaire.
Et \o sliijo Zozo qu'occupe iiit seletta.
c Et le singe Zozo qui occupe une
cliaise. » (Mén.)
De In. sella, av. suff. dira. etta.
*SELLA (séla) s. f. Vionnaz 5^//z —
Chaise.
De sella.
SEMAISI V. symasi. -
*SÈMENO (sènienô) v. a. For., pr. seme-
na; b. lim. somena — Semer.
Quand un grand dépondu, hnoiou de roalrut mina,
S'ai Tenîl, de malheur âefn$na la Tamina.
« Lorsqu^un grand dépendu, homme de
mauvaise mine, — S'en vint, par malheur,
semer la famine. * (Ghap.)
De seminsire. La forme régul. est senO
(v. ce mot;. Seminare eai isans doute une
forme à demi savante, à côté du populaire
'semnave, comme femena îx côté de fem-
na.
SÈMENURA (sèmenura) s. f. — a
Morn. Corbeille qui renferme le grain pour
semer.
Formé sur In. sémenô, av. suflf. tira,
à'atura, assez mal appliqué, car la sème-
nura devrait être l'ensemble du grain.
SEMINS (semln) s. m. pi. — Semences.
De sementes, Ch. de en en in (22).
SEMONDRE rsemondre) v. a. For. se-
morina — Offrir, proposer.
C'est le vfr. semondre, inviter, av. une
légère dérivât, de sens. De suh-mQn{e)re
pour sub-monere. Insert, de d dans le
groupe nr (176 !•).
•SEMPELLIARI v. sampillari.
SEMAILLES (senalhe) s. f. pi. - Se-
mailles.
De In. senô, av. suff. coll. aille.
SENÉPI (senépi); à Morn. SINAPI fsi-
napi) s. f. Vosges s'né sané sinvre, it.
senape, ladin sinavel, padouan senavero,
piém. s'nevra, mil. senavra s. f. —•
Graine de moutarde.
Pour la forme siiiapi : de sinApia (pour
sinapim), Ch. de ta en i (54 !•). On peut
objecter qu'en fr. pia post-ton. devient pja
z=.je ou che ("cp. crepia=^ crèche), mais
lu. pia devient souvent pi (cp. crepia =
crépi). La forme senépi peut s'expliquer
par une forme sînepia. Cp. pr. senépo
•t petit clou ».
SENÉPI A (senépia, plur. senépië) s. f.
Dph. senépia, pr. senepo, Igd. senépio. —
1. Pelil clou de soulier, très court et à
((''le plate. 2. Très petit clou en général.
J'ai entendu le mol, mais il est très peu
usilé, et je le crois emprunté au dph. Ou
dit ordinairem. tachi.
Il est bien difficile de séparer ce mot de
senépi « graine de moutarde » quoique la
ressemblance entre les objets soit bien
peu apparente. C'est cependant la seule
exphcat. qu'on puisse donner.
SENÉPON (senépon) s. m. Voiron se-
nipon, pr. senepioun, Igd. senepiéu —
1. Rougeole, fièvre scarlatine. Vfr. sini-
pion « sorte de maladie particulière aux
enfants. » (Gotgr.)
De sinopis « couleur rouge (faite av. de
la terre de Sinope) », av. suff. roman on.
Ch. de i bref en e (62). Le mot a dû être
fait sur un primit. roman senope, sans
quoi l'on aurait senovon séneçon, comme
on a sénevé. Quant au passage de o ton.
à e, il s'explique facilem. par l'infl. de ii-
iiepia =z senépi et de leurs dér. Lacombe,
1766, donne « sendipioum, la rougeole >.
mais l'auteur mérite une bien faible
créance.
2. Séneçon, senecio vulgaris.
Gorrupt. de fr. séneçon, sous infl. de
senapi, moutarde. On sait comlùen ce.s
confus, sont fréquentes lorsqu'il s'agit de
plantes.
SENETTA (senèta) s. f. — Sur les con-
fins de la Loire, au sud du départem.
Achillée mille-feuilles, achillea mille fo
Hum.
De sangvitiKre, parce que rachillée.
mise dans le nez, détermine une hémorra-
gie. Sang(vi)nare a donné un subst. v.
saigne, qui, av. suff. dim. etta, devient
saignetta, et senetta par affaiblissem. de
la proL init. et « dessication » de la nasale.
SENGLITA (sangllta; à River. ; à Pa-
niss. SENLIETTA (^sanlhèta) s. f. — Petite
seringue de sureau, que les enfants fabri-
quent pour leur servir de jouet.
Subst. V. de 'singluta,re pour singul-
tare (187 S') « sortir par saccades ^. In
lat. devient en, puis il passe à m. Mais
comme le souvenir de in originaire a dis-
paru, le phonème en s'est conservé, et
quand on écrit le mot on l'écrit ordinairem.
sanglila. On a dû avoir senglttta, passé
à senglita, par le passage, i-are mais non
sans exemple, de u à i.
I>ans la forme seniietta, il y a d'abord
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SENL
379
inouillem. de / du groupe gl (cp. 164 2%
a); d'où senlhita, passé à sanlhetla pro-
bablem. par confus, av. le suff. etta,
SENLIETTA v. senglita.
*SEN-MIÉNO V. cenmiéno au Sup'
plém.
SENO (senô) v. a. Lim. senna^ Semer.
Au fig. senô quaiiqu'un, le quitter, s'en
débarrasser. A Lyon semer qqu' un.
Ce que je n'eiii dzn qui n'est que par lo senô.
« Ce que j'en dis là n'est que pour m'en
débarrasser. » (Gorl.)
De semfiJneLre. Chute de m (177 l^).
Ch. de are en <5 (14 8«).
SENURI (senuri) s. f. Poit. senoir ^
Semoir, grand tal)lier que revêt le semeur
efc dans lequel il met le grain pour semer.
De sefiô, semer, av. suflf. uri, d'oria (37).
T^ mot répond à un "seminatoria.
SÉPAIRO V. sarrairo.
SÈQUE V. cèque au Supplém,
SEQUIN (sekln) CEQUIN SEQUINO
(sekino) adj. indéfini. Ss. -rom. sakeun
sakena, plur. sakenau sakene; berr. sa-
quoué, wal. ine sakl, vx for. saiqu*un
saigu'un^Vi R.-de-G. Certain, quelque,
on ne sait quel. Fém. sing. sequina,
masc. plur. sequino(s)t fém. pi. sequme(s),
La forme sequin est archaïque. Wal. ine
saquè, Mons saqué saquoi, Lille sequoi
« qq. chose s.
Ce mot a déjà été étudié av. la forme
cequin, graphie souvent employée, et à
tort. C'est à tort aussi que j'ai indiqué
l'étym. hic untis. Les ex. du for., cités
par M. Onofrio, démontrent que sequin
sequino n'est que la contract. de ne sai
qtiin « je ne sais quel » (v. quino « quel >).
Quant tout k cop saiqu'una grossa troula.
« Quand tout à coup certaine grosse ci-
trouille » (Chap.)
N'en Tio que pourtalant ne sai qu'une baneyre.
« J'en vis qui portaient je ne sais quelle
bannière. » (Id.)
Ne sai qu'un grand
Que vai, que vin, que ronge...
« Un certain homme grand — Qui va,
qui vient, qui arrange. > (Chans. for.)
On remarquer que dans tous les ex.,
le mot peut se traduire indilTéremm. par
« certain » ou par « je ne sais quel ».
SEQUINO y. sequin.
SERGENT (serjan) s. m. Bessin serjan
— Carabe doré, carahus auratus.
Cb coléoptère a les élytres d'un beau vert
métallique, av. des bandes noires. Je sup-
pose que le nom a été déterminé par qq.
rapport de couleur av. l'uniforme des
« sergents • (v. gendarme^, lesquels jus-
qu'au xvii« s. avaient dans l'armée la situa-
tion d'ofticiers subalternes. Si cette sup-
posa, n'est pas fondée (ce que peuvent vé-
rifier ceux qui sont au courant des anciens
costumes militaires), le nom s'expliquera
par les allures de l'insecte, qui est d'une
agilité extrême, rend de grands services à
l'agriculture en détruisant des insectes,
auxquels il fait une chasse terrible, et
remplit admirablem. les fonctions de ser-
gent de police.
SERNO (sernô) s. f. — à Villefr. Soirée.
De sérum, av. suff. ô, relié par n, par
analog. av. jornd (dzornô), journée.
SEROYER (sero-yé) v. n. — à Villefr.
Sécher, se dessécher. / seroye bien « il
sèche bien », pour dire que le sol ou le
linge sèche rapidem.
D'ex-aurAre, d'aura. On a essaura,ré-
pondant à fr. essorer. Au thème a été
ajouté le suff. fréq. oger par analog. av.
les vb. formés sur des thèmes en ot, comme
charroyer, employer, etc.
*SERRAILLI V. sarrailli.
SERRAIRO V. sarrairo.
SERRETTA (sèréta); à Lyon serrette
s. f. — Coiffe toute unie que l'on met aux
enfants pour la nuit.
Contract. de serr(a-t)êta.
*SERVA (sèrva); à Lyon serte s. f. Vpr.
serva — Pièce d'eau. Primilivem. la
« serve » était un vivier, puis le sens
s'est étendu à toute pièce d'eau en général,
même à celles qui ne sont pas alimentées
par l'eau des chemins. Lim. servo « réser- •
voir, vivier ».
Coch. le tire de saîvarium c vivier »,
qu'on trouve en effet en m. lat. (xii* s),
mais la forme ne s'y prête pas : on aurait
snrvl;ei \u\ subst. v. de salvare donne-
rait sarva. Or a ne passe pas à è. J'y vois
un subst. V, de (con)servare * conserver ».
Cp. sur les côtes de la Méditerranée la
Réservey lieu où Ton conserve des mol-
lusques. Saltorium existe en vfr. sous la
forme sauvoir^ à côté de serve, de set*-
tare : « poisson mis en serve ».
SERVANT (servan) s. m. — à Lyon
Nom donné qqfoisau Diable (v. Grappin).
Vieilli.
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380
SERV
Je crois, nprès M. Vachez, que C6 nom
vient de ce qu'il s'appliquait surtout au
lutin qui, d'après les légendes, reinpli>:sail
divers offices dans les fermes qu'il han-
tait. Gp. ss.-rom. servein servan, ;?enev.
servant « lutin, follet ».
SERVASINA (seivazlna) v. In. s. f. —
Gibier, venaison. 1358 : « Item. .ij. chief
de servasina n. .iv. pies... Item. .iv.
chiefs de servasina volant... » Item 2 têtes
de gibier à poil... Item 4 têtes de gibier à
plume (Tarif d'imposit,), — Dph. serra-
ffina€ bêtes fauves *, vfr. sauvagine.
De *selvaticina, Ch. de / en r(171 2");
decen 5r (130).
SERVIETTE s. m. — Ouvrier qui tire
le sable de la rivière.
Je ne connais pas ce mot, tiré du recueil
de M. Amiel (v. Jabri au Supplém.) Je ne
doute pas qu'il ne l'ait entendu, mais il
faut se méfier des créations comiques in-
dividuelles, que l'on peut prendre pour
des mots ayant cours. En tous cas, c'est
un surnom tiré de qq. circonstance que je
ne sais pas expliquer.
SÈTI (sétchi) s. f. — à St-Mart., River.
Scie.
Subst. v. de sec tare. On a eu seiti sèti
(161 10). La fin. t est appelée par la gutl.
r54 2*, rem.2).
SÉVELO vb. V. sevilô vb.
*SÉVILO (sévilô;; à River. SIVILO (si-
vilô); à Lyon sévelée s. f. — Haie. Un
recueil de vers d'un poète lyonnais, Louis
Garel, est intitulé La Sévelée,
De ^sepelSLta, de saepsm (cp. vfr. soif,
aussi de saepem). Ch. de p en » (140) ;
de ata en ô il). Le Z» e étant prot. méd.
s'est d*abord aflTaibli en e muet, puis cet e
s'est aiguisé en t, comme il arrive pour la
prot, méd. e, qui souvent tombe complè-
tem., ou dont la sonorité s'accuse. Le ch.
du 1" e en t dans la forme de River, est
plus difficile à expliquer.
SÉVILO (sèvilô) SÉVELO (8ével6); à
RiTer. SIVILO ▼. a. — Clore de haies.
De sévilô subst., av. suff". <5 (15 3«).
SEYAIRO y.sayou.
SEYI (sè.yl; SAYI (sa-yl); ap. Goch.
SAI SEI ▼. a. Dph. seia^ pr. sega, lim.
seja, vfr. soier seer seier, Vosges, bourg.
soyé;J\ir&sèyè^ Faucher. Mess, say^
« scier », siyê « couper le blé ».
De secAre. Ch. de c en yolte (128) ; de
(tref^n l (16 è"). On a sèyi. Dans la forme
say'i, è est passé à a comme dans prèyl
iprecare), devenu prayi.
SEYNO vin. dans le texte suiv. du Xlll*-
XIV» s. : « Item deyvont l»*s places de
ceux qui vcndont ne ouvront sus lo pont
outra II bans, outra la croix entroque â la
fontaine de Purchiri, ob. fort chacuna
placi, czo est à savoir lo jos; e li mercer
devont pusa fort et aus seyno et a les feres
ij d. fors ». — Je traduis : « De même
doivent les places de ceux qui vendent et
travaillent sur le pont, outre deux bancs,
au-delà de la croix jusqu'à la fontaine de
Peurchière : [une] obole forte chaque place,
c'est à savoir [pour le marché du] jeudi.
Et les merciers doivent [une] poge forte,
et aux marchés et aux foires deux de-
niers forts. M. Philipon lit aussi « marché >».
.Te verrais dans seyno^ signum, vfr.
segne « lorus intra certos fines positus
(Du C) it.Signumàowwe seyno par ch.de t
bref en e (16) et de g en y, comme dans
pugnum= vfr. poin. Cela viendrait de ce
que les marchés avaient des limites mar-
quées par une croix, une fontaine etc.
Dans les foires, au contraire, l'affluence
était telle que les limites ordinaires ne
pouvaient suffire.
SÈYOU V. sayou,
SEYSSELANE v. sisselande,
SÈZO(8èzo)à Morn.; à S'-Mart. SODO
(sodo); ap. Goch. SAUZO ; à S^^-Colombe,
d'après Coch., SUJO s. m. — Cuvier à les-
sive.
De sédium pour sedia. Pour le sens v.
assigi aisieg\. arranger le linge dans la
cuve, à côté à'a^setô, même sens, et qui
signifient proprem. « asseoir le linge ».
Sè:o signifie donc « siège pour le linge ».
Ch. de rf en -ff (139 bis 2*). La forme .^orfo
s'explique par sedem: mais je ne sais
sous quelle infl. e ton. a passé à o. Pour
la forme snjo y on sait que le voisinage
d'une dentale tend à faire passer ta u.
Reste la forme sanzo^ mal orthographiée
par (^och. pour soso. Cette forme a subi
la même infl. que sodo, pour le passage de
e ton. ko.
Cette étym. me semble préférable à une
dérivât, de sucidum changé en sudicum
par emploi du suff*. icus (comme le montre
G. Paris), qui adonné vpr. si^o, (se dit
delà laine qui a le suint). Un sndii)cittm
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SIA
381
« lieu où Ton mouille » donnerait bien
sujo soso^ mais le rapprochem. de sens
av. assigX assetô me semble décisif.
*SIA « Premier labour donné à la terre
SIARET. » (C40ch.) — Ces mois ont dis-
paru.
Je ne doute pas que^tVi ne soit un vb. ac-
tif, et que Coch. n'ait voulu dire x [donner]
lo l«f labour ». Sia a été corlainem. silhar
silha silia et se retrouve dans le rgt.
s'ilha siha « sillonner » (v. sillonnô). Il
est à croire que, suivant son habitude,
(^oh. a écrit sia pour siô.
En résumé siô-e^i l'équivalent de fr. sil-
lei\ il. siare, que Diez tire du nor. sila,
couper, diviser, av. un mouillem . de l
dont il y a des ex. Scheler y voit une forme
mouillée du vfr. slglér, eu s*appuyant sur
strig(i)li$ =. étrille. Mais dans ce dernier
///est post-ton., et ne doit pas être rappro-
ché. Il propose en second lieu sec{u)lat'e,
mais seclare, ce semble, aurait d\\ donner
scclio (164 2% a). Il rapproche encore it.
popul. innigliare « faire un 2' labour sur
la terre ensemencée »; de lat. incile
(« fossé. rij?ole ») suiv. Gaix, mais qui se
rattache mieux comme sens au nor. sila,
ainsi que paraît l'indiquer l'émil. sila
« sillon », et le milan, sciloira « araire ».
Entln, le sens de vfr. sillon « mesure de
terrain » se rapporte bien, comme le fait
remarquer Littré, à l'étym. sila « diviser »
donnée par Diez.
Siaret est un subst. masc. formé sur le
vb. sihar (au moment où IV se faisait en-
core sentir) av. su(T. dim. et.
*SIALION (sialhon dissyl.) s. m. —
Lacet en crin pour prendre les grives. For.
siot, dph. sin, tamis de crin; siot maladie
des porcs, auxquels il croît des soies dans
la gorge.
De vfr. sea(s) « sas », (de b. lat. seda-
tium c soie, crin ») plus sufT. ilhon. D'où
seailhon sealhon et sialhon^ par le ch
usité de ea en ia. Quant an sens, cp. soie
« crin de porc ».
*S!ARDA (siarda) s. f. Vpr. sarda —
Sardine, et, suiv. Coch., anchois.
De ^arrfa, même sens. Quant à l'insert.
de yotte, on sait que c'est un phénomène
très fréquent, sans loi apparente. Pour le
sens de « anchois ». donné par Coch., il est
fort possible qu'il ne soit nuUem. le résul-
tat d'une erreur, mais qu'il coexiste ou ait
coexisté à côté de celui de « sardine». Rien
de si commun que ces confusions.
*SIARET V, sia.
SIAU V. sav.
SIBERRA (sibèia) s. f. For. sibeva se*
bera — Tourbillon de neige.
Subst. V. de lu. siberô,
SIBERRO (sibèrô) v. impers. For. se'
bera — Neiger en tourbillons, en rafales.
Etym. inconn. — Peut-être une corrupt.
de sierra sous une intl. inconn. Serait-ce
celle de Sibérie? En ce genre tout est
possible. En tous cas, ce n'est certainem.
pas le type originaire de sien'ô, b rte se-
rait pas tombé devant e après t.
*SICLA V. n. — Crier d'un ton aigu,
glapir. « En Langued. siscla ou jiscla. »
iGoch )
.Je ne connais pas ce mot, qui avait cer-
tainem. la forme siclô^ ou plutôt sicliô.
C'est le vpr. sisclar cisclar, cat. xisclar,
Igd. siscla, siffler. Toutefois le mot de
Goch. n'est pas un mot pr. introduit par
erreur dans son glossaire. La chute de s
de siscla indique bien une format. In. Le
mot a dû être recueilli dans la partie la
plus méridionale du départem. Suivant
Diez, de fist(u)lare, qui donne fistla fiscla,
it. fischiare. Il explique la substitut, de s
à f initiale par l'infl. de sibilare. Ce qui
confir lierait cette opinion, c'est la substi-
tut, dejîis dans la forme pr. giscla ; substi-
tut.qui s'est faite évidemm. sous infl de gis-
cla,'ydxïlir. Si la t^ substitut, a été possible,
comme nous en avons la preuve, la 1" l'a
été non moins facilem.
*SICOTI V. sicotis.
SICOTIS (sikoti); ap, Coch. SICOTI
SICOUTI s. m. — Goch. le définit par
t Bruit. Que sicoti i font, quel bruit ils
font. » Mais ce n'est là qu'une extens. du
sens primit. Le sens propre est « action
de secouer ». De là on l'étend au sens de
« cahotement, heurt ». J'ai entendu un
architecte dire de façon très expressive :
« C'est un sicotis do lignes » pour dire que
les lignes du dessin considéré se heur-
taient.
De succMt(ere)y av. sulT. roman i>, ré-
pondant à icius (cp. tortis, châssis, coulis,
gdchis). On devrait avoir socotis. Il est
probable qu'on a eu secotis, par afTui-
blissem. de la prot.; puis que cet e a été
ai 'uisé en i. Dans la forme sicouti, u bref
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382
srco
a donné ou. De même on a, suivant les
endroits, secorre et secoure (succutere)*
SICOUTI V. sicoti.
SIERRO V. sioure, neiger en rafales.
*SIÉTO (SE) (se siélô) v. pron. — S'as-
seoir,
De sedem, vpr. set siet, av. suif. (î (14 !•)•
La diphton$i:ais. s'explique par la chute de
d (139), d'où sei-èt (16), seié (51 ). siè.
SIGNO (signo) s. m. — Feu follet, et par
extens. tout ce qui marque la présence
d'un revenant.
De fr. signe, mot savant, de signum.
Signe est pris au sens de ce qui montre,
indique, témoigne de.
*SIGOGNI fausse graphie donnée par
Goch . pour cigogni (v. ce mot).
SILLI (silhi) SEILLI ^sélhî); a Lyon
seille s. f. — Vaisseau en bois av. 2
oreilles percées chacune d'un trou pour y
passer le doigt et le transporter plus com-
raodém.
De sU(H)laf devenu, sicfujla; i bref 1= t
(20). Gh. de cl en Ih (164 2», 6) ; de « en i
(64 3«). La forme seilli a été infl. par le
fr. seille.
SILLONNO (silhônô) v. a. — Diviser
la terre, au moyen de jalons, en tranches
de 6 pas de large, et semer dans l'inter-
valle, le tout afin de répandre la semence
plus égalem. liOrsque la récolte laisse voir
des marques de cette division, on dit que
c'est sillonna, c'est-à-d. que le sillon se
voit.
De fr. sillon, av. snff. 0 fl4 3»). Sillon,
vfr. et berr. seillon, est fait sur siller:
peut-être du nor. lila, couper, diviser, av.
mouillem. de / (v. sia).
SILLOTTA (silhôta) s. f. — Petite seille
qui sert à recueillir le lait quand on trait
la vache.
Que lo laitdou popio
Jicli' h plenft sillota,
€ Que le lait jaillisse — Du pis à pleine
seille. (Prière)
De In. silhi, av. suff. dim. otta.
SIMPILLI V. sampillX vb.
SI N API v. senépi,
SINTE V. sintre.
SINTRE (sintre) SINTE (sinte) v. n. et
a. — Sentir.
De sentire, qu'on a fait passer dans la
3" conjug. lat. : sent(e)re. l!h. de en en in
(29). La chute de r dans le groupe ntr,
pour la forme sinte, est à remarquer.
SIOU (siou) s. f. Ss.-rom. sior 5m — 1.
Suif. De même en vin. — 1350 : « Item por
avir Lxx livres de chandelles de siou. »
{Cont.P.)
De sébum. Chute de b (142); u =. ou
(34); d'où seou siou. U b, fait dipht. av.
la post-ton., comme dans clou, de c/a-
vum; Dieu^ de Deum; Matthieu, de Mat-
theum.
2. Sueur.
Que ta siou de lious fronts payése le bambocha...
« Que la sueur de leurs fronts paye les
bamboches. » (Tuteur).
De sudorem. Chute de d (139); ch. de
orem en ou (34 bis) Oh a suou^ passé
à siou. Gp. vpr. sisor, de sudorem.
SIOU RE (sioure) v. a. — Suivre.
Si lo ré citoyen touI sioure qoela routa,
A court bien lo dangi de faire banqueroala.
« Si le roi-citoyen veut suivre cette route,
— Il court bien le danger de faire banque-
route, v (Brey.)
De se(q)were. Chute de q (131); d*on
seoure sioure. Cp. vfr. seure sieure, de-
venu sivre et suivre par consonniflcat.
de u.
SIOURE CIOURE (sioure dissyl) à
River.; à Paniss. SIERRO CIERRO(sièrô)
V. impers. For. siora — Neiger par ra-
fales.
Je me suis aperçu, un peu tard, que
dans l'express, o cië (v. cië) c le vent
chasse la neige », cië ou sië n'est aujour-
d'hui que la 3« pers. du prés, de l'indic.
de sioure. On se serait attendu en effet à
0 siout. Mais Paniss., qui dit o sierre, ne
lais.se pas de doute sur ce point.
Il est possible, du reste, que cië soit le
reste d'un r. ceia ou seia dont il a été parlé
à cië et qui s'est confondu av. sioure. Ce-
lui-ci, comme sierra, est formé av. le rad.
ciro qui a formé cirampa césampa (v. ce
mot). Maintenant seia et sierrô ont-ils la
même orig.? Je suis fort tenté de le croire,
L*alp. seilh, amas de neige produit par le
vent, cej-ampo bise aigre; ss.-rom. sihlla,
tourmente, tourbillon de neige, explique
raient la transition. On aurait eu siet^a
sieilla sieilha sieya seia.
Inutile de dire que l'hypoth., déjà très
fragile par elle-même, d'une étym sipho,
pour seia, doit être abandonnée. En tous
cas, pour plus de clarté, je rappelle ici
tous les mots formés sur le rad. cir; et
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SIPO
383
jniis ceux dans lesquels r aurait été rem-
placée par /, Iheiy,
Pr. ciro, auv. ecir essir, tourmente de
neige; lim. essidre^ vent violent; gév.
chire, neige; ss.-rom. chire^ averse; pr.
ciray auv. eschira^ tourbillonner, en par-
lant de la neige; for. siora, In. sierrô
sioure, même sens.
A ce rad. s'est ajoutée une 2* partie
obscure, ampa, dans les mots suivants :
Pr. cir-ampo cis-ampo ces-ampo^ for. cis-
ampa, Igd. cil-ampo, alp. cej-ampa^ In.
cés-ampa, bise aigre; piém. cis-ampa^
rosée congelée, brouillard glacé; dph.
sisampa « vent qui siffle par un trou ».
Dans l'autre série se placent : alp. seilh,
amas de neige produit parle vent; seio
se il ensias seia enseia, neige agitée vio-
lemm. par le vent; pr. ceio^ piém, sea^
alp. seiOf tempête de neige; pwfaiceio
« le vent chasse la neige »; seia seja tour-
))illonner, en parlant de la neige; seia,
grésiller; alp. seia, brouillard de neige;
le Séon, lieu où la tourmente règne sou-
vent. Faut-il ajouter dph. sia, remuer,
mouvoir?
Quand à rét%'m.,je persiste à présenter
rhypoth. de (T/Jptav, tant parce que le
mot est venu de Provence, où les noms
grecs ont servi souvent à désigner les vents,
que parce que 1'^ init. de l'auv. eschira
semble indiquer un groupe initial primit.
se, L'étym. lat. ciere conviendrait à la
forme, mais on ne voit pas comment le
sens aurait pu dériver.
Quant aux format, de sierra sionre sur
cir, elles s'expliquent, la 1" par l'addit.
(lu suff. des V. de la !'• conjug. (14 3*);
la2«par une format, postérieure sur sierrô,
(fu'on a fait passer dans la 4* conjug. fr.,
quoique ce passage ait plutôt lieu de la 2*
à la 4« (cp. sôtre, viendre, etc.).
Si POU N A V. cipouna.
^SIQUA « Ou sique bien, il boit bien.
En Langued. chiquer veut dire siroter. »
(Goch.>
.Je ne connais le mot que par Goch.
Sauvages donne en effet chica « boire,
siroter, goûter le vin. » Le mot In. (qui
est certainement sikô) doit être formé sur
sique (v. ce mot), av. suff. ô {14 i*). Je
suppose que c'est ironiquem. que l'on dit
de qqu'un qu'il siqtie bien pour dire qu'il
boit beaucoup. La significat. primit. a dû
être, comme en Igd., « boire à petites gor-
' ^éps ». M. Mistral donne pr. chica « ninn-
gfir ou boire de bon appétit. » C'est la
même dérivât, de sens que dans le mot de
Goch. et dans le fr. popul. où, de chique
« petit morceau» on a fait chiquer c man-
ger beaucoup et avidement. » Il est asâez
singulier que le môme mot, sique. chiçfue
ait donné un dér. au sens de « boire »
dans un dialecte, et au sens de c manger »
dans un autre.
SIQUE V. cique au Supplément.
SIQUE vin. adv. — Ainsi. « Sique par
cela maneri fin et quito entre lo dit Ay-
nard et la vila... », ainsi, de cette manière,
tout est fini et réglé entre le dit Arnard
et la ville {Cont. P.).
De sic quod,
SI RAT V. siret.
SIRET(sirè): à Morn., River. SIRAT
f'sirà) s. m. — Quand on a battu le beurre
il reste pour résidu le petit lait (laitiaj,
que l'on fait cuire au four. Gette cuisson
produit le siret sirat^ qui ressemble au
fromage blanc battu. Vfr. serat « lait
écrémé et aigre » (Gotg.) — Genev. jér«cee.
lait caillé dont on a sépare le petit lait.
Viv. sarasson, fromage grossier fait av.
du petit lait.
De sérum, av. suff. dim, et ou at. Gh.
de e bref en i (25).
SISSELANDE (sisselande; ; ap. Forlis
CISELANDE SEYSSELANE s. f. Pr. sice-
lando — Grande barque dont l'avant est
relevé et l'arrière coupé verticalem.
De Seyssel, lieu où ces barques sont
construites, av. suff. ande, qu'on retrouve
dans Savoy andeau (v. ce mot). Ge suff. a
dû être employé par analog. av. d'autres
noms d'habitants de pays, tels que nor-
mande, flamande, allemande. Peut-être
la forme primit. est-elle seysselane, où le
suff. est ane, d'ana . La forme ciselande
qui suppose s douce, doit être une erreur
de Forlis, bien qu'il répète 2 fois le mot.
SITIOU, OUSA fsissiou, ouza) subst.
et adj. — à Morn. Savant, habile, indus-
trieux, adroit. Se dit surtout d'un inven-
teur, d'un artisan qui sait perfectionner
un outil, une invention déjà connue, et
aussi d'un homme adroit dans un métier
manuel.
Doit sans doute être rapproché de vfr.
sentieux « homme de sens », Aval, sen-
sieus « ingénieux, industrieux », qui pa-
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Ui
SIVA
raissent tirés de sensus, ei répondre à
'sensivus. Sensivus donnerait sintiou,
mais je ne sais pas expliquer le passage
de in à i. Peut-être y a-t-il une infl. de
science; d'où scienceon si-intiou qui,
assez difficile à prononcer, aurait été sim-
plifié en sitiou.
*SIVADA (sivada) improprem. orlho-
graph. par Goch. pour CIVADA s. f. —
Avoine. Lgd. cevada, orge.
C'est le pr. civada, même sens. Le mot
n'existe pas dans les parties du Lyonn.
que je connais. — De ciba, pour cibo,
av. sufT. pr. ada\ d'atam. Cli. de b en v
(t4kl). On devrait avoir cevada. Il est
probable qu'on a eu en efTel cevada^ dont
la prot. s'est aiguisée en t.
SIVARIN CIVARIN (sivarin) s. m. —
à S*-Mart. Trèfle semé parmi l'avoine.
De ciba pour cibo, qui a donné le dér.
civada sivada, avoine. Ciba := civa (141),
auquel s*est ajouté un suff. in, relié au
thème par r (cp. mouche moiiche-r-on),
Le trèfle poussant parmi l'avoine e.sl con-
sidéré comme une sorte de sous-produit
de celle-ci.
SIVETTA CIVETTA (sivèta) à Paniss. ;
à Grap. SUETTA (suèta) s. f. B. lat. ca-
vanus, pr. suiio chuilo choto, al p. suto,
vfr. stiètCf vpr. eau chau, vfr. choe, ss.-
rom. tschuetta suetta, wal. chawette, dpli.
civèta, it. ciovetta ciretta, vénit. zorelta,
bolon. svetta, valaq. ciovica ciuvica —
Chouette.
On fait venir chouette de mha. chouch,
hibou; angl. choitgh, vx angl. kowe,
hoU. kauxoe kae. Le passage de chouch à
civetta ne laisserait pas de surprendre.
Notre mot pourrait s'expliquer par une
forme germ. ceoc ou qq. chose d'appro-
chant, que l'on retrouve dans ags. ceo,
valaq. ciuf. L'alban. a égalem. cioch
« huppe, chouette ». A ce rad. s'est ajouté
le suff. etta, Suiv. M. de Cihac le valaq.
ciuf est pour ciuc. Si la fin. f s'est substi-
tuée à c ou a existé dans le type primit.,
on a eu. par le passage de f à t?, it. cio-
vetta. In. civetta. La forme suetta s'expli-
que facilem. par le chute de v eu contact
av. Vo qui précède (145 2«). On a sioetta
soetta suetta. Le pr. suito chuito et le
pr. eau chau seraient ainsi venus par deux
branches différentes.
SIVILO subst. v. sèvilô subst.
SIVILO vb. V. sévilô vb.
SCAN V. suin.
SOCAN (sokan) s. m. — à Villefr. Un
homme lourd, maladroit, empêtré.
D'un rad. soc, av. suff. anl. l^e pho-
nème oc emporte l'idée de grossièreté,
lourdeur. Cp. mastoque (v. ce mot) ei
genev. tioque « personne sotte et mala-
droite » sur lequel a été fait tioquand
« rustre, gros paysan », auquel socant est
certainem. apparenté, s'il n'en est pas,
comme je le crois, simplem. une corrupt.
SOCAN A (sokàna; à Ci-ap. sAkàna):
ap. Goch. SACADA SOUCADA s. f. —
Trempole de pain dans du vin sucré. A
Yzer. pavfailola {v. ce mol).
Je ne connais pas les formes indiquées
par Goch., et dés ma plus tendre enfance,
j'ai entendu dire socana. Les formes sa-
cada, soucada peuvent-elles se rattacher
au rad. snc « secouer » qui a formé fr. ,tff-
quer q{ saccadt* {w sacôjf Faire une .««-
cada serait « secouer son pain dans le
vin ». comme, en effet, on le fait com-
munèm. (?f ). On dit de même une trempote.
Dans ce cas socafia renfermerait la même
idée, et viendrait d'un dial. d'oc; b. lim.
soca « secouer », qui est notre sac'\ av.
passage accoutumé, dans ce dial., de a
prot. à 0 bref. Quand au suff. afin, il est
assez rare, et pourrait être ici une corrupî.
du pr. arktj qui n'existe pas en In. On trouve
le suff ^na dans porcelana (v. ce mot).
Je reconnais du reste que tout cela n'est
que des hypoth. sans aucun appui. Kn
tous cas les formes de Goch. doivent être
reliées à notre socana.
SOCHI (sôchi); à Lyon souche s. f. M.
lat. czochia — L Grosse racine d'arbre.
La sochi de Noyé, ou mieux encore la
groba de Noyé, énorme bûche que l'on
conserve pour la nuit de Noël. Gév. La
soutsa de mèdza-noï. Se dit aussi d'un
tronc d'arbre quand il est coupé.
2. Tronc de cep. de vigne. Même mol
en vin. ^ 1858 : « Item soches et czochons
per ardre », souches et petites souches
pour brûler ( Tar. de la V.).
Étym. discutée. Â'occi«^,chaussure,donné
par Diez, ne se prête ni au sens ni à la
forme. AU. stock, proposé par Scheler,
suppose l'équat. st init. = s, qui, malgré
des ex. bien choisis, reste bien doiiteuse,
et d'ailleurs stock ne peut expliquer le
pic rhouque. Scheler propose, outre stock.
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SOCH
385
'caiidica, de caudex, qui convient très
bien au sens, mais qui, ce semble, aurait
di\ donner cnuque, couque en pic. et
chauche en fr. Le passage d'un type fr.
chouche à souche n'est pas non plus dé-
montré par Tex. sercher pour chercher.
Calcare d'ailleurs a donné chaucher et
non saucher. Enfin ch en pic. vient de
c dev. e ou », mais e ou t ne peut donner ou.
Au surplus, quelle que soit l'étym. pré"
sentéé, elle ne pourra mettre d'accord le
pic, et le fr. sans supposer de fortes irré-
gularités de part ou d'autre.
SOCHIA (sochiadissyl.) s. f. — Charrue.
De soc, av. suff. ia, par analog. av. les
noms terminés en ia : cruezia^ etc. Toute-
fois on devrait avoir sokia, ou sossia (à
Villefr. ou a en effet ces 2 formes pour
« soc »). Sochia a dû subir Tinfl. de sochi,
quoiqu'il n'y ait aucun rapport de sens.
Quant à la format, on comprend très bien
que le soc étant la pièce essentielle de la
charrue, on ait forgé un dér. pour exprimer
l'ensemble de l'appareil.
SOCHON (sochon) s. m. — 1. Petite
souche. — 2. Tronc des ceps de vigne. Le
mot est ancien. 1295 : « Item soches et so-
chon por ardre paiera... », de mémo les
bûches et petites bûches pour brûler paie-
ront... (CarL)
Deln.JOcAt, av. suff. dim. on,
SOCLE (sokle) s. m. — à Crap. Douille
de fer qui attache le soc de la charrue à
la maître (v. ce mot au supplém.) ou sep.
De soc(u)lus, la douille étant considérée
comme une sorte de brodequin qui enserre
le soc. Le mot a été infl. par le fr. ; on
devrait avoir soclio (164 2« b).
SOOO V. sèso.
SODOR (sodôr) SOUDOR s. m. —
Soldat.
C'est le fr. soudard, du rad. sold, de
solidSLre, fr. solder, et du suff. germ. ard,
Soudar =. souder (1), passé à sodôr ^^t
la tendance moderne à changer ou en o.
SODUNA (sodana) s. fr. - à River. Sot.
nigaud.
^ De fr. sot, où t a passé à d lorsque, par
l'addit. du suff.. il s'est trouvé entre 2
voy. (136). Mais d'où vient ce singulier
suff. una, auquel on ne trouve point d'ana
logue? Serait-ce le suff. péj. onna comme
dans bétonna, grosse béte? On aurait eu
sotonna, sodomta et soduna, par dissi-
milat. Sur le sens cp. vfr. sotard (ap
Roquef.) « ignoi-ant ».
SOÈFI (soèfi dissyl.) SUÈFf s. m. —
Sorte « d'araignoire » formée d'un bouchon
de paille au bout d'une gaule de châtai-
gner, et qui sert à ramoner les tuyaux de
poêle dans le« endroits où l'on fait usage
de la houille.
De soèfi suèfi, suie, av. suff. î, d'arius
(13).
SOÈFI (soèfi dissyl.) SUÉFI (suèfi), ap.
Coch. SUIFFI s. f. Wal. stfe seuve souf,
dph. suifi suichi, vpr. suga^ pr. sujo
suejo, rgt. sugio, niç. sugo, Vosges
seuche, comt. suche, Valais soutsche —
Suie.
On trouve le rad. dans le germ. — Holl.
soet, b. ail. sott sud, suéd. sot, dan. sod
« suie ». Au simple Diez a préféré le dér.
ags. sôtig « qui a de la suie n, sans doute
pour expliquer l'yotte du fr. suie et le g
dupr. suga, Legaël. 5a»7A est-il emprunte
à i'ags.? Cf. aussi lithuan. sodis, même
sens {ap, Wedgw.).
Reste à expliquer les formes In. et wal.
Grandg. explique celle-ci en disant que
tt la demi-cons. u, se durcissant en /; a pro-
duit le wal sïfe ». 11 veut dire sans doute :
après avoir passe par t?. Mais ce 1" pas-
sage de u à V serait lui-môme singulier,
car on est bien habitué à voir v se voca-
liser en M, mais on voit rai'em. u se cou-
sonnautiser eu v et jamais, que je sache^
quand il est flnaL II est plus naturel d'ex-
pliquer ces mots par le passage de t fin.
à /■ dans le type primit. Cp. sit(emj =
soif; Marbodum = Marbeuf. 11 est vmi
que Marbeuf Q^i le dau. Marboe, auquel,
suiv. M. Coeheris, ou aurait ajoute une /
« par euphonie (?) ». Mais la forme b.
lat. indique bieu qu'il y a eu une denlalo
aulérieurem. à 1'/. Ou rencontre qqfois
bief, de bladum; nifdenidum,GiVon u
emblacer. Cp. encore mœuf, ae modum ;
Matmbeuf, de Magnobodum. Un type
cunime hull. soet donnerait ainsi soef,
et, av. désidence fem. t, soèfi. Toutefois,
pourquoi cette désiu. t au lieu de a (63
:i«)? Cela Indique qu'on a eu une dipht.
0», passée à oe, e'est-à-d. que soifi esi
tiré d'un type av. yotte, comme le gaël.
suiih. Ce type n'a pas été retrouvé
dans les dial. germ. primit., non plus
d'ailleurs que les types corrcspundanta
46
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386
SOÈF
aux mots signifiant suie dans les dial.
germ. modernes. Il se peut donc que la
même racine ait existé en celt., et que le
gaël. suith soit ainsi autochtone et appar-
tienne aux mômes sources que soèfi.
SOÈFI (soèfl dissyl.) SUÈFI v. a. —
Ramoner.
De In. soèfi, suie, av. suflf. i.
SOIFI SUÉFI (soiû, suéfi dissyl.); à
Lyon soif 8, f. Pr. sofi, Igd. sôfio,^ dph,
souafo soufio, vpr. sophia {ap. Mistral)
— Ablette, cyprinus alburnus. Colgr.
donne le In. sui/fe, vandoise, cyprinus
îeuciscus .
Êtym. inconn. U serait intéressant de
savoir à quelle source M. Mistral a puisé
la forme sophia, qui ressemble plus à du
m. lat. qu'à du vpr. En tous cas cela
mettrait peul-elre sur la voie de Tetym.
Je signale, suas y attacher d'importance,
rhypoth. de vfr. souef, de siiacem^ à
cause de la substance polie et nacrée, qui
entoure la base du écailles de Tablette
et dont on faljrique les perles ariiûcielies.
Mais alors pourquoi i'i Un., qui semble
bien répondre à ia lat.?
Sue fi de redein (v. rcdein), — à R.-
de-G. Terme injurieux, vil fétu, homme
de rien •
Ahl ilii té, vacaboDtli, ah*. êuéft* de redeitts.
Au lieu il« luucktrdô vo zavei fat U luiia.
c Ah, dit il, vagabonds, ah, gens de rien,
— Au lieu d'espionner vous avez fait la
débauche. » (Per.)
La soifi étant un poisson très mésestimé
et très petit, est pris ici pour symbole
d'objet méprisable, et la soifi de petit ca-
nal {redein) est considérée comme encore
plus méprisable que Ir soifi de rivière.
'^SOiGNi (sognl); à Lyon soigner v. a.
— Guetler. « Ou lo soigne bien^ il le guette
bien. » (Coch.) — A Lyon soigner l'omni-
bus « guetter l'omnibus ».
Dérivât, de sens de sogni, soigner, avoir
soin.
SOIN V. suin.
SOIZON (soizon) s. f. — à Villefr. Haie.
De vfr. soif c haie », de ^aepem, par
ch. de f en s, Cp. Igd. ga:a =. gafa
• passer à gué », lu. mayossi z=. pr. ma-
joufa € fraise ». On songe à une étym.
sectionem (les haies élant uniquem. con-
sacrées à diviser les héritages), mais^^c-
tionem aurait donné soisson ou soission
(cp. cocUonem = In. cosson, leciionem
= lu. lission^ fr. leçon),
SOISSON (soiss^a) s. m. — Petit pois-
son. Le même que soifi (v. ce mot).
Voguset, vugus, qu*oinùs la |>eisMd,
Lo vmi gouiitfoii »e ti ouir« Uea TA^ergua .
On y lurpreiid éto lo soitson,
c Vogueuses et vogueurs, qui aimez le
poisson,— Le vrai goujon se trouve dans
TAzergue. — On y pèche aussi la soif. »
(Chans. do Dubost)
lilvidemm. du type qui a formé soifi,
av. suff. on, relié par ss (cp. hame[ç]on
et vfr. angle[ç]on). Mais pourquoi n'a-t-
on pas eu soifonfjQ serais tenté de croire
à soifelç]on soifçon soisson» Peut-être
est-il plus simple d'admettre le ch. de f
en ss» Cp. mayossi (v. ce mot au Suppléai,)
= pr. majoufa, et Igd. badafo « lavande »
= pr. badasso.
SOLA (sôla) s. f. — à P^niss. Plante
des pieds.
De lat. sola pour solea, plante du pied.
Solea aurait donné soli.
*SOLA s. f. - Airée, v. solo.
SOLAR V. Jo/cîr.
■ SOLAS (solà) s. m. Vfr. solaz solaiz
soûlas, \pr. solatz — Secours, assistance,
compagnie. Une personne habitant seule
dit de son chien : n A me fa solas, il me
tient compagnie », et aussi c me rassure ».
Le solas empêche d'avoir peur. Cp. cév.
etb. lim. soûlas < compagnie qu'on fait
à qqu'un pour l'empêcher d'avoir peur »,
De soltitium, O fermé = o (34).
SOLDATS-GAROTS ou simpleui. GA-
ROTS — D'après les éditeurs d'Et. Blanc.
« on appelait soldats^garots la milice qui
faisait exclusivem. le service des maîtres
gardes, aujourd'hui las prudhommes {Ca^
nettes^ p. xvii). » C'est une erreur, car
les maîtres gardes n'avaient pas besoin
de milice, ne prononçant pas de jugements,
ils étaient très dififereuts de nos prud-
hommes, dont le nom u'apparait à Lyon
qu'avec la loi de 1803. Les maîtres garder
constituaient un tribunal de conciliation
et d'enquête, et lorsqu'il s'agissait de pro -
noucer uu jugement en matière de contra-
ventions aux règlements, ou de procès
concernant les manufactures, ils ren-
voyaient devant les échevins. C'était donc
les gens du Consulat qui opéraient les
saisies et éluient charges de rexécution
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SOLE
387
des jugements. Voici le texte qui a motivé
la supposit. des éditeurs :
En ce momenl en Iront trois garoU des prudhommei
Qui U disent : Femme de Joachin noat sommes
Chargés de tous conduire, en ce moment ratai,
Afln d'être jugée derant le tribunal {Canettet p. 43).
Mais les mêmes éditeurs se contredisent
dans la note 1. p. 42 : « On appelait sol^
dats-garots les individus qui, moyennant
contribution, faisaient l'office de rempla-
çants dans la garde bourgeoise... Ici Fau-
teur en fait Tapplication aux gens attachés
au service des maîtres-gardes et chargés
sans doute de faire exécuter leurs déci-
sions. ^ Il faut lire « au service du Con-
sulat ». Garots, dans le texte, signifie donc
les agents chargés de conduire Suzanne
devant le Consulat.
Quant au nom de soldais garots, je doute
fort quMl se soit jamais appliqué aux rem-
plaçants. I^s éditeurs d*Ét. Blanc pa-
raissent, du reste, en général, n'avoir en
aucune critique et méritent peu de con-
fiance. J'ai souvent, dans mon enfance,
entendu ma mère employer dans un sens
fort méprisant le mot de soldats garots,
sans que j'aie jamais pensé à lui en de-
mander l'explicat.
Étym. inconn. et sens douteux, comme
on voit.— Pourtant du texte d'Ét. Blanc,
aussi bien que du sens péj. attaché au mot
par ma mère, je crois pouvoir inférer que
les soldats-garots étaient des gens de po-
lice, des sergents, et que garot est un
subst. V. de garotter, parce qu'ils mettaient
les menottes. De tous temps les S3rgent8,
ou gens de police, ont été. bien à tort, à
mon avis, l'objet de l'animadversion pu-
blique.
SOLE (sole, 6 très ouvert) à Crap.; «p.
Coch. SOLEY; à Lyon soleil s. m. — 1.
Soleil. — 2. Tournesol.
De solic(a)lum. On a eu d*abord soleil
par ch. de i en ei. Puis Ih fin. étant tombé,
ei a passé au son a\ è (18). Quant au
sens on a vu dans la fleur du tournesol
une ressemblance av. le soleil et ses
rayons.
♦SOLÉA V. solo,
SOLER (solèr) v. n. — •« à B^aujeu,
Avoir coutume. » (Coch.)
C'est le vfr. souloir, même sens que
solere, dans lequel ou a passé à o (34.
rem. 4). Je ne sais si ce mot est encore en
usage à Beaujeu, mais il n'existe pas dans
le Lyonn. Le suflT. et% qui est d'oïl .appar-
tient à la phonèt. de Beanjeu.
SOLET, ETTA (sôlé. éla) adj. - Seul.
Car un chacun craint la Inchi,
Et Todrct que son Tatsin
Soïet payl la hrinchi.
€ Car chacun craint les coups, — Et von
drait que son voisin — Payât seul la
brioche. > (Chans, de Revér.)
De solum (soliis)^ av. suff. et. GeUe
forme existe dans beaucoup de pat.
*SOLEY V. sole.
SOLO (sol6); ap. Coch. SOL A SOLE A
(soléa) 8. f. — Blé étendu sur l'aire. Une
airée de gerbes de blé.
De sola pour solum, av. suflf. ot. à'ata,
La forme soléa a subi l'infl. du suff. fr. ée.
Il est assez singulier que nous n'ayons pas
le simple sola, au sens d'aire. Il a sans
doute disparu devant le masc. stiel. Dans
la forme solo, la seule connue (et pro-
bablem. déjà au temps de Coch.), ch. de a
en (5(1).
SOLOR (solôr); ap. Coch. SOLAR s.
m. Vpr. sotlar — Soulier.
Arou<^ don ploinn snlôrg de vin de rentrepons.
« Avec deux pleins souliers de vin de
l'enlrpp'M. » {SU.)
Une chanson qui se chanle en dansaijt
autour du feu de joie qui termine chaque
vogue dit :
l.rts girçnns n*oul (fin de liôrds ;
i.e fih<« ffin de êolôrs.
« Les garçons n'ont plus d'argent; —
Les filles n'ont plus de souliers (pour
avoir trop dansé). »
Suiv. l'étym. reçue, de b. lat. solular,
soulier, de sub talum, av. un suff*. are^
neutre d*aris (cp. solaris, de sol). Chute,
de t (135). D'où so-oular soular, passé à
solar par le ch. de ou en o (34, rem. 4).
Il me semble quî le b. lat. sot{u)lum
« base, fondement » pourrait aussi bien
donner sotlar sola>\ sans faire intervenir
l'idée de sub talo.
SOLOTROUS (solôirou) adj. For. sou-
latrou — Solitaire, désert, en parlant d'un
endroit, d'un chemin.
De solum, adj.. av. suff". ous, d'osus
(35), et insert, d'une syll. intercal., qui
est intens. L'insert. a pu être facilitée par
une vague analog. av. sol[H]aire.
SOMA V. sauma,
SOMMI (sônil); à Lyon sommier s, m.^
— Grosse poutre.
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388
SONN
De vfr. sommier, cheval de charge, de
sagmarium. Le « sommier » est comparé
au cheval qui supporte (cp. poutre « pièce
do bois », diQ "poutre « jument »).
SONNAILLI (fiônalhi); ap. Coch. SOU-
NALLI s. f. For. sounalli — Clochette
qu'on met au cou du bétail.
De In. sonô^ av. suff. coll. ailli.
SON NO rsônô); ap. Coch, SOUNA v. a.
For. souna — Appeler. « Souna Pirou,
Appelez Pierre. » (Goch.^ — Nous dirions
Sonna lo Piaro.
VieDi donc; maif in pMiint ionna lo dieu d'ainor.
« Viens donc, mais en passant appelle
le dieu d*amour. » (Mon.)
Vou ne trofe lengun que tous rené souna.
€ On ne trouve personne qui vous vienne
appeler, » (Ghap.)
De son&re, av. passage du sens neutre
au sens actif.
SOPIE vin. s. m. — Seuil. 1320 : « An
cete menere que li larges des eschalers
seit de czinc asises que sont ou mur a
l'anchant de la dicte maison desus lo so-
pie de vers la rue publique, et les asises
sont saignié à on trait », de telle manière
que la largeur des escaliers soit de cinq
assises du mur, au coin de la dite maison,
au-dessus du seuil vers la rue ; et les as-
sises sont marqués d'un trait.
De sub = so et pedem = pie, Cp. fr.
souS'pied,
SOQUIA s. f. — Soc. V. sous sochia,
SORBANDE (sorbande) s. m. — à St-
Mart. Un écervelé, un extravogant.
Faut-il rapprocher Morv. scurbande
«jeune tige flexible des arbres forestiers >,
seurbander « coucher les rameaux qui
forment les haies sèches? » Le sorbande
serait ainsi comparé à une jeun« pousse
folle. Seurbande est composé de sur -f
bande, parce que les seurbandes servent
à faire des liens. Je serais plus disposé à
voir dans sorbande le rad. de bandit, av.
préf. sor, de super, qu'on trouve dans qq.
vx mots : sorboire « s'enivrer », sorcui-
dance « présomption » On dit chez nous
qu'un enfant est bandit (adj.). lorsqu'il est
vagabond, ardent à courir, à faire du bruit,
écervelé. Mais je ne sais pas expliquer la
format., car celle-ci, sauf dans les adj. et
subst. V.. a lieu à l'aide d'un sufT. Il
faudrait donc supposer un vb. 'sorbanda
« faire le sur-bandit », qui est une pure
conjecture.
SORCIER (sorsié) s. m. — à Lyo
Cliabot, sorte de poisson. Nous le nom-
mons communém. meunier.
Je ne connais pas ce mot, qui m'a été
communiqué par une personne très sûre,
mais qui a pu l'avoir entendu de personnes
étrangères au pays.
Désignation sans donte faite en vue
d'une adresse particulière du poisson à
deviner les pièges.
SOREILLl (SE)<se sorèlhl); ap. Coch.
SE SORELLI V. pron. — Se chauffer au
soleil. Se dit surtout lorsqu'on se place
dans un endroit très exposé au soleil.
Répondrait à un *solic(u)lB,re, mais
probablem. formé sur soleil. Ch. de l en
r (147 2-). SufT. î (15 4*).
*SORELLI (SE) V. se soreilli.
SORGNIQUE (sorgnike) s. f. — à River.
Cervelle.
C'est évidemm. un moi forgé, une créa-
lion comique, à la façon de celles du jar-
gon. Je crois que c'est sornette, dans le-
quel on a substitué ique à ette par ana-
log. av. bernique, ou qq. chose de sem-
blable. Sornique devient sorgnique à
River., où n devant i se mouille toujours.
Quant à l'idée, c'est celle « d'objet qui
engendre les sornettes ». S'il y a eu en
pat. un simple *sorna « baliverne, sot
conte », la format, sera encore plus sim-
plifiée.
•SORLI 8. f. — 1. « Sourde » (Coch.)
Je suppose que le mot doit se prononcer
sorlhi, et que c'est un subst. v. do
essor m. Je ne connais que sorliassi (v.
sor lia),
2. « Une grosse bûche un peu caver-
neuse, qu'on met au feu. » (Coch.)
Je ne connais dans ce sens que sochi.
et ne puis expliquer le mot sorti. Est-ce
sorti l, pris au figî Nous avons le pro-
verbe : Sorlia comm'ina sochi « sourd
comme une bûche ». Quant à la sochi (v.
ce mot), elle n'est pas nécessairem. ca-
verneuse.
SORLIA) ASSI (sorlhià, àssi) s. et adj.
Ss.-rom. siord, da— Sourd, de.
Part, passé de In. (es)sorlhl. La forme
rég. devrait ôtfe mdific, sor Ihtjém.sorlha.
Sorlha, masc., est une forme archaïque
<\\i\ a été conservée parce qu'on a con-
fondu a fin. av. suff. at. Sur la format.
pour distinguer le fém. cp. maclia, ïén\.
inarliassi.
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SORS
m
SORSAILLI (soidalhî) v. n. — à Grap.
Suinter, en parlant d'une source. Uaigui
sorsaille, on voit suinter l'eau. For. suer-
sailli, source.
De vfr. sors^ partie, de sordre, av. suff.
fréq. aillu Le mot est donc le même que
sorzelô, mais je crois que le sens n*est
pas tout â fait le môme. En tous cas sor-
sailli^ que je connais mieux, ne se dit que
d'un suintem. et non d'une source qui
coule. — Je crois cette étym. plus vrai-
sembl. qu'un subst. v. de supêr-salire,
qui a donné vfr. sorsaillir « sauter par-
dessus », dont le sens est ti'6s différent.
Cp. d'ailleurs Morv. sourcer « sourdre,
jaillir du sol, couler à fleur de terre », qui
est le simple de sorsaillu
SORZELLA ("sorzéia) s. f. — à S*-Marl.
Source.
Semble bien venir de vfr. sors, ancien
partie, passé de sordre, de surgere. A
sors s'est ajoute le suff. ella. Mais on de-
vrait avoir jorceWa comme on a sorsailVi
à Grap. (v. ce mot). Si l'on admettait un
rad. sorj, de surgere, on aurait sorjella
qui peut facilem. passer à sorseAla,
SORZELO (sorzelô) v. n. — Sourdre.
De In. sor sella, av. suff. ô (14 3').
SOSSIA s. f. — Soc. V. sous sochia,
SOT (sô) s. ni. — à P.-de-G. Fossé. Pr.
sot choHOt, fosse, creux ; basq. soto, cave
en général. Rjçt. souot sot, spécialem.
fosse pour enterrer un animal.
0 gnia jin de traTar, lo chireaux xnii faut lot;
1 pont 110 zoccup6 que par quro lo <o(.
€ Il n'y a point de «travail, les chevaux
font tout ; — On ne peut nous occuper que
I>our curer les fossés. » (Sit,)
. Le vpr. sotol, b. lat. sotulum, c fonde-
ment, base, emplacem. » indique que le
sens de « cave, sous-sol » est lo sens
primit. qui est dér. à « fossé ». Létym.
serait alors s^htus, Gh. de u en o (38; :
chute de h (101 6*). Je crois qu'il faut rap-
procher Vosges sassot « crapaudière, gre-
nouillère » dont la 2« partie me paraît
être notre mot.
*SOTA (sôta) s. f. — saiv. Goch. « Petit
fossé destiné à recevoir la terre dans les
terrains penleux », mais en réalité toute
mare, tout fossé servant à retenir les eaux
pluviales.
Forme fém. de sot (v. ce mot).
SOTRE.(sôtre) v. n. — Sortir. i
Sortir, d'après Uiez, vient cUun type I
snrveclire, formé sur surrectum. Ge type
Serait n'^cpssai rem. devenu en b. lat. sor-
tire, que b In. aurait fait passer dans la
8« conjujj. : d'où sort(e)re^ qui donne sôtre
par la chute de l*^ cons. du groupe rtr
ri80 1»). Diverses autres étym. ont été
proposées pour sortir, M. Storm pense
qtie sortir est formé, non de surrêctum
mais du l«t. vulg. sortum. Cette étym.
^stspduisante. M. Roensch dérive «or^re
de exorttim: M. Boehmer, de *sevortere,
M. Chalian. pense que sortiriesi suffisant
pour tout expliquer. En tons cas. 1*» In.
sôtre esl la double forme de sortir, comme
i rodre de courir, viendre de venir , et
quantité d'autres.
SOUAR V. suel.
*SOUCADA V. socana.
SOUDOR V. soddr.
*SOUILLARDA (soulharda^: k Lyon
souillarde s. f. — Pelit cabinet où se
trouve l'évier pour laver la vaisselle.
Cocli. rapproch. Igd. souillardo, un sa-
lone, une salone.
De îr, souiller, av. suit, arda^ d'oiiff.
germ. Sur remploi de ce suff. pour des
noms d'objets v. barnô. Le sens est
€ chose qui sert pour les souillures ».
SOU M A V. sauma,
*SOUNA V. sonô,
*SOUNALLI V. sonnailli,
SOUPE dans l'express. Tremj)er une
soupe à quelqu'un, très usitée à Lyon,
pour € le tancer d'importance ». M. Vachez.
me signale l'existence de cette bizarre
métaphore dans Palladius, (Dialogue) :
Ego illi ollam condio, ce qu'Amédée
Thierry, dans son ouvrage sur saint Jean
Chrysostôme (p. 196 de l'ëdit. in-12). tra-
duit par « Je lui assaisonnerai un bouil-
lon qui ne SM'a pas de son goût. » Il est
singulier que celte métaphore, que je
croyais toute lyonnaise, remonte aux Ro-
mains.
SOUPIRO (soupirô); à Grap. SUP-
PURO (supurô) V. n. — Transsuder,
suinter, principalem. en parlant d'un
tonneau qui laisse suinter le vin. Goch.
ne donne que la 3» pers. du prés, de
l'indic. SOUSPIRE: « Lo vin ou Vhuilo
souspire, pour dire il transsude, il suinte.
En Langued. Espère. »
La forme archaïque de Goch. indique
clairem. l'étym. suspir^re, sans doute
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390
SOUS
par le vfr. souspirer^ car le In. semit
sopirô. Le vaisseau a été comparé à une
pérgonne qui laisse échapper des soupirs.
Dans mon enfance j'ai toujours entendu
celo tuniau soupire, ou, si Técoulem.
olait plus abondant, celo tuniau panche.
Mais à Crap., où Ton est savant, on sait
qu'une plaie suppure^ et Ton a hien vite
vu que soupira était une mauvaise pro-
nonciat. pour suppura. Quant à la forme
Ifrd. espéra, donnée par Goch., il Ta sans
doute recueillie sur place, car Sauvages,
où il puisait ses ex., ne la donne pas« mais
elle est en corrélat. SivAgd. espérai espi'
rou, trou d'évent, de spirare.
'SOUSPIRE V. sous soupira.
SOUSTER (sousté) v. a. — terme du
jeu de cartes. Appuyé, soutenu. Tai le
roi sousté t j'ai le roi, av. une carte qui
l'appuie ». Au fig. se dit de tout ce qui
aide : c X... ne réussirait pas dans son
commerce, s'il n'était sousté de son as-
socié. » B. lim., cév. soustç. « pardonner,
ménager, aider », rgt. sousia « aider ».
De suhstB.re» La conservât, de s me
.*;emble indiquer une orig. savante. Le
gasc. sousté t litière d'étable v et « siège
d'une meule de moulin > appuie l'étym.
BOUTA (soula) dans l'express. Se hetô
à la souta, se mettre à l'abri sous qq.
chose formant toit (par opposit. à se betô
à rouriotts, se mettre à l'abri du vent
dans un endroit exposé au soleil). Yionnaz
à la sota, même sens. Pr. sousto s. f.
« hangar couvert, abri », se mètre a la
sousto se mettre à couvert; b. lim. soustn
« reste, chose dont on n*a pas besoin pour
le moment. »
La forme d'ec indique que l'étym. n'est
pas suhtus, mais sub-stare, d'où un vb.
soustar (v. souster) et un subst. v. sonsta
devenu souta par chute de s (166 2").
SOUTA-CARUCHI (soula-karuchi) s.
m. Gamin.
De soutô c sauter » et caruchi[y, ce
mot) < motte » de terre durcie, glèbe.
L'idée est exactem. celle sous l'infl. de la-
quelle a été composé le fr. saute ruisseau
*t petit commis ».
SOUTARIOT V' santariau,
SOYI V. say\ s. m. — Sureau.
STAFANARl (slafanari) s. m. It., esp.
iafanario, gên. tafanaio, pr. tafanari, b.
lim. tofauari — à Lyon Anus.
Dit. tafanKrio. Le mot est devenu oxy.
ton comme tous les mots empruntés à l'it.
et qui sont surtout des noms propres (cp.
Urtini devenu Urtin, SolAri devenu Sou-
lary etc.) Mais comment a-l-on préposé*,
c'est ce qui est très singulier; et ce qui ne
Test pas moins, c'est qu'après avoir eu
stafanari, on n*ait pas eu estafanari.
Gela semble indiquer que celte préposit.
de e devant s impure ne s'est pas conti-
nuée dans la format, moderne, même po-
pulaire. Remarquez en effet que les Pro-
vençaux disent au contraire straordinaire
pour extraordinaire.
D'après Bertoldo, tafanarlo viendrait
^e tafano (tabanum) parce que les taons
6nt accoutumé de piquer le bétail sous la
queue; d'où tafanario « nid à taons ». lie
sens paraît forcé et le suff. ario ne se prèle
pas non plu^à la format, logique. Tafa-
nario pourrait-il être rapproché d'il, tanfo,
placent, tofgn^n c odeur de moisi »,
piém. tanf M. mauvaise odeur », il. tan-
fare t puer », tosc. tanfata « exhalaison
fétide », que Diez rattache au vha. tamf.
ail. dampf « exhalaison, vapeur » ; d'où
champ, tan fer « respirer péniblem. »,
▼ha. tamfjafi » suffoquer ». Toutefois la
dénasalisat. de a (qu'on ne retrouve que
dans le placent.), semble extraordin. — On
songe aussi à tafanario pour Inffanario,
de l'it. dialectal toffà, gris, toffar « sen-
tir mauvais, puer x ; d'où un adj. toffano.
etpar l'addit.du suff. ario, d'arius, toffa-
nario. Mais ce n'esW aussi qu'une conjec-
lure, qui ne serait vérifiée que si l'on
trouvait tofanario pour tafanario dans
vies dialectes it. — Enfin M. Mist»-al le
rapproche de râpo; « anus », mais je ne
connais à râ^; que la signiflcat. de • tom-
beau, sépulcre ». M. Mistr. aura sans
doute confondu av. anus « vieille femme »»
sens donné mélaphoriquem. à rat^poç par un
poète de l'antholog. cité dans le Thésaurus
d'H. Eslienne. Bertoldo, qui tire tafana-
rio de Tâi>o;, ne donne nuUem. le sens in-
diqué par M. Miâlr. : « Le vocabul. bolon..
dit-il, veut dériver ce mot du grec Taphos
ou plutôt taphros, qui signifie fossa, mais
pourquoi pas, au contraire, de Taphos,
« sép'-ilcre », se piu delValfre que:,Vulti-
ina le si somigliat » La ressemblance ne
me parait pas si considérable, mais les
Italiens s'y connaissent mieux que nous.
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STI
391
Toute la question est de savoir si réollem.
le sens douné par M. Mistr. existe; dans
ce cas rétym. aui*ait pour elle béain. tafàr
« fessu », et par extens. c replet, obèse >.
Il faudrait supposer un b. lat. (aphus iqui
existe dans Du G., mais seulem. au sens
de 9 sepulcrum ») ; d'où un adj. tafanus
« qui appartient au podex », et enfin tafa-
narius. Sur remploi assez impropre du
suff . arius op. fessier, de fesse ; gosier,
de gueuse « gorge ». Quant au gasc. iafar,
il serait tafus, aV. une légère dérivât, de
sens, et sutr. germ. ard,
STI, STU dans les express, sti an
c celte année », stu detêssi « ce soir », et
autres semblables.
Syncope de c(e)lu « ce, cet ». Devant
les voy., u en hiatus a passé ai; et il est
resié u devient les cons.
STU V. sti.
SU V. sayl.
SU AU (suô) adj. des 2 g.— Doux, au
toucher comme au morftl. Vpr. suau
« doux, paisible », pr. siau siavo c calme,
.serein, tranquille »•
De sua^vjem = stmu par vocalisât, de
V (119, rem.).
SUBLO (sublô) V. n. Vpr. siblar, Voi-
roa, alp. subla; pr. sihla, ss.-rom. subbla
subbla, berr. sabler — Siffler.
De sib(i)l2Lre. Gh. de i init. en u (68 bis) ;
de are en (5 (14 3").
SUÈFI s. m. — Sorte d'araignoire, v.
soèfi s. m.
SUÈFI s. f. — Suie v. soèfi s. f.
SgÈFI s. f. — Ablette, v. soi fi,
SUÈFI V. a. — Uamoner, v. soèfi vb.
SUEL (suèl) 'SUER (suer); à St-Mait.
SOUAR (sonar mouosyll.); à Lyon suaire
s. m. — Aire pour battre le blé.
'Soléum, de sola, a donné pr. suoilh
p.irch. de o bref en uo, atlract. de Tyotle
Kxeum = ium^ et persist. du mouillage
de / sous infl. du yotte. Ce suoilh a passé
à saeilh comme locum a donné pr. luo,
devenu luiec; et jocum juoc^ devenu
juec. Sueilh est resté en pr., en dph. et
dans les dial. d'oc, av. le sens général de
chose plane, unie. In suei, une surface
horizontale; lou Suei, la plaine du Suel,
près de Malaucène (Mistral). Dans le
Lyonn. ce sueilh, devenu suel par des-
sicat. d3 /, s'est particularisé comme sens
en c aire pour battre le blé », dont le sol
est en elfet longuem. battu et rendu plane.
A Paniss. et sur beaucoup d^autres points
/ lin. s'est changée en r (121); et ce suei*
à Lyon est devenu suaire, par ressenir
blance de son av. ce mot. Dans la formo
souar e a passé à a sous infl. de r (24) .
Le mot In. peut d'ailleurs aussi bie:i
s'expliquer par la fonnat. du fr., qui
change aussi uo, de o bref, en ue oe (cp.
focum=z fue); d'où vfr. soel suel sueil,
même sens. Si le mot avait persisté, il
serait devenu seul, comme fue est devenu
feu.
SUER V. suel,
SUETTA y.sivetta.
SUÈYEv. 5ayt.
SUIFFE vin. v. soas soi fi,
*SUIFFI V. soèfi,
SU IN (suin monosyl.); ûMorn. SOIN
(soin); à Villefr. SOAN; «p.Coch. SOIN
s. m. Pr. souem souen — Sommeil.
Qu'o teie triste o %k\, rin ne pot, coma le, •
No procurù lo soin o raiiiuio U via.
f Qu'on soit triste ou gai, rien ne peu!,
comme toi, — Nous procurer le somm*»il'
ou ramener la vie. » (Mon.)
De somnium pour somnum (44). f^e
saint, songe pour somme (je viens de
faire un songe, c je viens de faire un
somme ») appuie l'étym.
SUISSARD s. m. — Violier.
Je ne connais pas ce mot, qui figure dans
la petite collect. de mots In. recueillis par
feu M. Aniel (v. jabri au Supplém.), et je
ne vois pas son orig.
SUJO V. sèzo,
SUMATA.(sumata) s. f. viyar. sumala,
pr. cime, Var cimi, pérîgourd., mars.
sumi, bord, cemits, Aude cimet, gasc.
cemic, esp. chinche, it. cimice, milan.
scimes — Punaise (vieilli et remplacé par
bardana).
De cimeu? et suff. roman nti, Cli. de r
en s (88); de i en u (63 bis). Le suff. lat.
ata étant devenu ada eu vivar. {ajinada,
civada, etc.) et, de plus, désiguant l.i
possess. et non Tact., je crois que l'on a
ajouté d'abord le suff. dim. eita (cp. Aude
citnet), puis que sumetta s*est transformé
en ata sous une infl. que j'ignore.
*SUPPA (supa) s. f. — Cep de vigne.
De cippa pour cippiim. Le passage de i
bref à u s'explique par l'infl. de lu labiale
(cp. 63).
SUPPURO v. soupira,
SYMAISE V. symaii.
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392
SYMA
SYMAZI SYMAISE SEMAISI vin. s.f.
Vx for. sowfnaîjsi surmaizi — 1. Sorte
de barrique. — 1364-66 : • Paia a cellos qui
porlieron la symazi de la villa el les tor-
ches (pains) pour donart ou conle de Pe-
zenas... Et por la grand symaise de la
villa pleina de vin. qui tint vint carie-
rons. » (Inn. de la C.)
Viilou que DcMia Gcnrtii^i
Ne trove rvii tien sa ««mai«i,
to dbblo «AM per U irmsuii.
€ Aussitôt que dame Gervaise — Ne
trouve plus rien dans son tonneau, — On
dirait que la maison est pleine de diables. »
(Bemi.)
2. Mesure de vin, qui. selon Du G.,
était à Lyon de 2 pots (v, pot), et à Paris
de 8setier8. Le setier était très variable.
Uu luii malin reMConlrio 1» CivcUa,
Ou'all kHIa furmais/ tut foiiliHIft.
Un lundi matin je rencontrai Civette —
Qui avait bu symaise après foliette. »
(Chap.)
D'après M. Guérard, le selier carlovin-
{:;ien était de 4 litres, et postérieurement au
XI* s., d'environ 3 litres. La symaise pari-
sienne n'aurait donc été que de 24 litres.
On voit par uos textes que le mot était pri.s
aussi chez nous au sens de tonneau, et
môme de grand tonneau, puisque la
grand* symaise de Lyon, qui appartenait
à la communauté, était de 20 carterons,
soit de 20 foia 25 pots. C'était ce qu'on
appellerait aujourd'hui un fondre, dont le
vin servait soit à foire des présents, soit
dans les grandes occasions, à régaler le
peuple.
Sur le double emploi du mot cp. foUet-
ta et feuilletta, qui sont 2 formes du même
mot.
De sex^mensus^ parce que la symaise
contenait primilivem. 6 mesures. Ce mot
de mesure ne paraît pas avoir persisté au
sens concret. Sex =z si(x), et mensus
(passé certainem. ù mcnsa en b. lat.) =
maise par le ch. de ^ en ai (16). la chute
de n (176), et le ch. de * en z (176).
SYNDRE vin. v. cendre.
T
TA Préf. péj. dans qq. mots, et qui pa-
rait une forme du préf. ca (v. cahorna) ;
ta-rnhatô {i\e rabast)\ ta-latirina {ùe lou-
7'in2). Ce préf. se rencontre beaucoup
plus fi'équemm. en pr. : ta-clouo « birloir »
(de clou), ta-bossi « ragot » (de bosse)^ ta-
bouchô « taciturne » (de boucher), ta-
boulier « ragot » (de boule); gasc. ta-
[ra]-brassa « braser »; Var ta- coupa
o. railler par des quolibets » (de couper) ;
pr. f'alabrena « salamandre » (d^alabre-
na); ta[la]/issa « aiguillonner ^ (de /issa
c piquer »).
TABAGNON (tabagnon) s. m. Petit ca-
binet borgne. Au fig. cabaret borgne.
De ^tahKna^ pour cabana, av. suff. on,
devant lequel n s'est mouillée. Je recon-
nais que le ch. de c en / est complètem.
anormal. Je ne sais sous quelle inll. s'est
faite lacorrupt.. mais la relat. semble bien
exister entre les 2 mots.
TABASSIRI (tabassiri) s. f. — Taba-
tière.
Formé sur tabac, av. suff. ir*\ applica-
ble aux noms d'objets, et relié par ss : ta-
bass'iri (cp. hame-ç on), tandis que taba
tiève a ét^ formé sur tabak : tabaquière
tabatière. A Lyon, où Ton prononce tabak,
on dit pourtant tabasseux « barbouillé de
tabac ». Peut-être tabasseux a-t-il été em-
prunté au pat. tabassous.
TABASSOUS, OUSA (tabassoa, ouza);
à Lyon tabasseux, euse; tabassu, use
adj. « Souillé de tabac.
fomnia va-to, \io )»ieaituiit,
Avutté Ion granti nin tabassoux?
t Gomment vas-tu, vieux chassieux, —
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TABO
39ft
Avec Ion grand nez souillé de tabac?»
(Due Jiib.)
De fr. tabac; av. suff. ous^ d'osus (35).
Sur la liaison à Taide de s v tahassiri,
TABORO V. n. — Sécher, en pariant
de la terre. « CelcC terra n*est pas tabôrô,
cette terre est encore mouiliée. »
Étym. inconn. — Serait-ce bnrra, av.
préf. ta et sufT. ô (14 8«). Sur le sens cp.
hourrçr c presser, tasser ». L'idée serait
d'une terre qui s'est agglomérée, serrée
en séchant : terra taborô « terre furtement
bourrée ». Sur la format, cp. Pays de
Bray terrains rébus « terrains raffermis
après la pluie », de bu, partie, de boire,
TABUTO (tabulé) v. a. Vpr. tabustar,
b. lim. iobosta, lim. tabula— Fatiguer,
tourmenter, vexer,
Méiiôs, dxi-lé, môuôs, to z^ics «ic panaches,
De regiii seins suje to tabutô lo corp.
« Camarades, dit-il, camarades, vous
êtes de grands sots — De venir, sans mo-
tif, vous èreinter. » (Mén,)
Cest le vfr. tabuster tabuter, vpr, ta-
bustar « faire du tapage, mener grand
bruit ». Diez voit dans le subst. tabust,
sur lequel a été fait tabuster^ un dér. de
tabor tambor, par rapprochem. av. le
bruit du tambour. Ou Ire que la dérivât,
du sens est un peu forcée, cela n'explique
pas la 2« partie ust. Cependant cp. m.
lat. d'Allem. taburcium taburlum pour
■tabor, Caix voit dans tabust le même
mot que it. trambusto « bouleversement » ;
que Diez paraît en effet avoir rapproché
à tort de bustOs mais cela n'avance pas
la question. Je ne crois pas nan plus que
lït. tambussare, piém. tabussèf rosser
à coups de bâton, rapproché par Diez de
tabust, doive l'être, car il me semble un
dér. de bussare; mais je n'en sais pas
• mieux expliquer tabust,
TACASSIN (lakassin) TOCASSIN (to-
kassin) s. m. — 1. Tocsin. — 2. Vacarme,
boucan, grand bruit. « Qulno iacassin
que fant don lô bôs, quel vacarme font-^
ils donc là-bas? » . l
- DeJ« lo taçatiin, diiis lo|«s le parntcbes,
Mêle ou l»r«l «lou canoo l'OfiTroui sen de le clochef .
« Déjà le tocsin, dans toutes les églises,
^ Mêle au bruit du canon l'affreux son
des cloches. » (Brey.)
De vfr. toque-sin, dans hquel e'prot.
s'est durci en a, tandis qu'il tombait en
fr. Mais pourquoi o init. s'est-il changé
en «? Probablem. parce que le mot est
devenu une onomat.
TACASS1N0 (takassînô); à Lyon tacas-
siner v. n. — Mener grand bruit, faire
du tapage, surtout en choquant des objets
sonores les uns contre les autres.
De In. tacassin, au sens 2., av. suff. fi
(14 3-).
TACHI (tachi) s. f. Genev. tache, dph.
tachi — Clou de soulier. Esp. iacho^
port, tacha, angl. tack « clou »; b. lim.
tatso c clou d'un pouce 1/2 de long ». tot^
sou « clou plus petit », béarn. tache
« clou de sabot »,
D'un rad. tac (v. tacon), dont le sens
originaire, suiv. Diez, serait « quelque
chose de liant ou de Ifé *, puis de « pièce »
et enfin de « tache ». Ce rad. entraîne en
effet ridée de qq. chose de plat, formant
saillie, comme dans le tacon et le clou de
soulier. Désin. i (54 29). Le rad. se re-
trouve en germ. et en celt., mais dans
cette dernière branche, d'après M. Thur-
neysen, les mots sont empruntés. En germ.,
nor. tixca « saisir, prendre », hoU. tach
« pointe », ail. sacke se rapporteraient
au rad.
*TACOLA V. tôcôla,
*TACON (takon).s. m. — 1. Grumeau,
petite agglomération. « Cela sopa de
gauda est tôt in tacons, cette soupe de fa-
rine jaune est toute en grumeau ».
Métath. de caton (v. ce mol).
2. Pièce à un soulier (vieilli).
Probablem. de l'it. taccone, même sens.
Rapprocb. mil. taccon « morceau de pâte
de fromage ramolli avec lequel on bouche
les vides du granon, fromage de Lodi ».
3. A River. Semelle (en l)ois) de ga-
loche.
Probablem. de l'it. tSicco, talon de sou-
lier, av. suff. on, par confus, av. 2.
4. Raccommodage grossier qui fait
saillie. Se dit surtout des ba/<. parce que
la reprise y est plus marqua. Terme péj.
C'est le. sens le plus usité. ^
Du même rad. tac <v. tachi), d'orig.
inronn., qui a fourni 2, et 3. et q^i paraît
désigner dans les langues romanes une
pièce plate rapportée et faisant relief sur
une surface plane (cp. fr. tache, fr. dialect.
tache, tablier de peau: tacon, pièce plate
mise sous les caractères d'imprimerie;
tacon, ulcère de certains oignons, ap,
Scheler).
47
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394
TACO
5. Un iiiprceau (de pain, de lard, de fro-
mage, etc.). Ce sens est le seul donné par
Coch. Mons. tacon « pièce de lard ».
Extens. d^ sens de 8. Cp. In. petas,
pièce rapportée sur une étoffe, qui a pris
le sens de t morceau », et même de « gros
morceau » dans in petas de gi-uéri, de
pan, etc., « un morceau de fromage de
Gruyère, de pain, etc. » Cp. encore le fr.
pièce, qui a pris à Lyon le sens de mor-
ceau cubique dans une pièce de savon.
*TACONNO (takônô)v. a. — 1. Mettre
une pièce à un soulier. D'apros Coch.
€ dans le compte des fils du comte de
Forftz (il ne dit pas la date) on trouve une
somme payée pour avoir taconat los so-
lars des garçons ».
De tacon 2., av. suff. <5 (14 3«).
2. En Fr.-Ln. Frapper en remuant
l'objet frappé.
De Tusage de remuer la semelle en la
frappant, av. exlens. de sens.
3. (A Lyon tacomier, ss.-rom. iakoun-
na, piém. taconè) Faire un racommodage
très grossier, qui fait saillie, qui gêne,
c Pout-on ben taconnô comnCiquien,
peut-on bien rapetasser si mal quecfila! »
Le sens péj., le seul usité, paraît moderne.
Coch. donne l'ex. « Y z'an ben taconna
celles culottes, celou soxdars, ils ont bien
i-acommodè ces culottes, ces souliers, »
où le mot ne parait pas péj. Il en est de
même dans dph. tacounOy et Vionn. ta-
koëna*
Vous vous mtipriio i>as de tacouna lo linge.
« Vous n'avez pas honte de racommoder
le linge. » {Èpitreà Mad,de B., pat. dph.)
Le lim. tocouna est au contraire péj.,
« travailler grossièrem., bousiller ».
De tacon 4.
4. Empaqueter en pressant sans soin,
fouler, serrer qq. chose. « Votisté bien
ne pas taconnô ta coèfi comm'iquien,
veux-tu bien ne pas chiffonner ta coiffe
de la sorte ! »
Dérivât, du sens 2. Taconnô ina coèfi,
« la réduire à Tétat de tacon 4. »
*TAILLON (talhon) s. m. — Morceau,
mais ne se dit que d'un morceau coupé.
« In taillon de pomma, un quartier de
pomme etc. »
De taillx « tailler », av. suff. on.
TAISER (SE) (se tézé) v. pron. Vpr.
taizer taser taisser, pr. tuiza, vfr. tesier
tesir {ap. Lacombe) - Employé parfois à
Lyon pour Se taire. Ma mère me disait
souvent : c Veux-tu bien te taiserf »
Berr. taiser c faire taire ».
De tacere pour tticere. A er de vpr.
taizer le pr. mod. a substitué le suff. a
des vb. de la 1" conjug.
TAISSON (tesson); ap, Coch. TESSON
s. m. Vfr. tassel taisel taisson, Morv.
(a/c7ion,Taren taise tasson, Vosges tohhon
— Blaireau. Coch. dit « cochon ». Cela
m'explique ce qui m'avait été aflirmé à
Crap., que le taisson était le sanglier. Du
reste le mot n'y est connu que dans l'ex-
press, pian de taisson pour la peau dont
on recouvre certaines malles et c<»rtains
accessoires des voitures. I^ b. lim. tesson
signifie aussi cochon, porc, pourceau (le
blaireau s'y app'^lle ta-ï); gasc. tessoun,
même sens. Lacombe donne : c tessoun^
cochon, porc, 1200. » Il est probable aue
taisson s'est appliqué au sanglier dans di-
vers endroits du Lyonnais.
La confus, vient de ce que le vfr. em-
ployait le nom de taisson porchin (par
opposit. au taisson chemin) ou même de
porchm tout court pour une espèce de
blaireau ayant le museau et les pieds ana-
logues ù ceux du porc (Cotgr.). Je suppose
que c'est la variété aujourd'hui connue
sous le nom de blaireau-taisson par op-
posit. au blaireau commun.
De tacsonem, de b. lat. taxum. Ch. de
ac en ai (10). Taxus est d'orig. germ.»
vLa. tachs dahs, même sens.
•TALAMON {{dAnmon) ^su lo talamon,
sur la hauteur. » (Coch.)
Je ne connais pas ce mot, mais seulem.
lômont (V. ce mol). Su lomont • là-haut»
sur le sommet ». Quant à la l** partie ta^
je suis tenté de l'expliquer par c h l'a-
mont, » av. un ( de liaison fourni par la
fin. d'un mot usité au-devant; par ex.
dans rexpre.«»8. in n*haut'à Vamont « là
haut dessus », dont nous avons aujour-
d'hui l'équivalent exact dans lômont din
n*haut « là-haut dessus, là-haut en haut »
♦TALAPEN V. ta^lapet.
TALAPET (talapè); Fr.-Ln. TALA-
PIN; vin. et ap. Coch. TALAPEN (tala
pan) s. m. — jadis Auvent, aujourd'hui
Avant-toit, forget (v. ce moi). Dph talapet,
« auvent abritant les boutiques » et non
c saillies du toit » comme le croit Coch. i
Voiron talapant « avant-volet, petit tait
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TALA
895
qui s'avance sur la boutique du marchand
pour garantir ses marchaniises (Blan-
chet). *
Iqui Tiiigut c«iurlet desiU loti talapet.
€ Ici l'eau courait par-dessus les au»
vents. » (Gren, mal.)
L'tii biiet U|M<»8ié, l'aulro per son vtlel
Faiiet itlanlt de clou le long du lalaptt.
« L'un faisait tapisser, l'autre par son
valet — Faisait planter des clous le long
io l'auvent. » (Naiss. du D.)
Le sens primit. est celui d'auvent, d'ail-
leurs consigné par Gharbot. Ce sens est
aussi indiqué dans le vin. — 1341 : « Per
paier et satisfaire la repnracion et adreci-
ineiit dou7. eschalers et talapen don les
dames de la Déserta longiment aviant feit
conpieinli; las la porta de la vila joingnant
a lur mur », pour payer et satisfaire à la
réparation et au redressement des esca-
liers et de l'auvent, dont les dames de la Dé-
serte s'étaient plaintes depuis longtemps,
à côté de la porte de la ville joignant leur
mur » (Taille communale^ ap. Philip.)
On voit que la forme primit. est talapen.
En passe à in (22) et on a eu la forme
talapin^ puis talapet, par sul)stilut. du
siiff. et H une finale qu'on a prise pour un
suit.
Étym. incertaine. Je ne sais si talapen
ne doit pas être rapproché de viv. lolagno
^Clugnet), sarde teulada c toit », lequel
lui-même me parait être Igd. leule * tuile »,
]). lim. teulo iegiila « dalle, pierre plate
pour couvrir », plus suff. agno^ forme
masc. ^"agne {aneaj, qui a un caract. col-
lect. Cp. b. lim. te-oulado « toit d'une
maison couverte en dalles ». Le tolagno
est c l'ensemble des tuiles ». Talapen
peut être composé de teule et à'append
{apan)y qui se dit chez nous pour appen-
tis ou tjit adossé à un mur, et qui est un
subst. V. de pendre. Le tout représente
« toit-append ». Comme forme, leulapend
tolapen peut facilem. passer à talapan,
la proton, init. étant souvent modifiée
par voie de renforcem. lorsqu'elle a un
son voisin de Ve muet, tel que eu et même
o. Cp. petafinô devenu palaftnô (y. ce
mot).
TALAPIN V. talapet.
TALAURINA (talôrina) a R.-de-G.; à
Grap. URINA s. f. For. talaurina^ dph.
lourina {ap. Gharb.), pr. alabreno, Igd.
talabreno, dph. lebreno {ap. Mistr.) —
Salamandre. Gp. In. albranda (Paniss.),
for. alabrande. M. Mistral donne le In*
lavet'ne, que je ne connais pas.
Même étym. qn* albranda, c'est-à-d. vfr.
halbran, du germ. halbente « plongeon,
oiseau aquatique », à cause de rhabilelé
à plonger de la salamandre. Sur halbran,
le pr. A fait *albrana al[a]brena, devenu
talabrena, par addit. .du préf. ta (v. ta).
La vocalisât, de & (164 8^) a donné talau-
rena talatirina. Le dph. lourina (= lau-
rina), qui a probablem. existé en In., est
(a)labrena av. vocalisai, de b. Enfin ce
lourina, par confus, av. Tart., a produit
l'étrange corrup. de Vourina, Yurina (la
phonét. de Grap. tendant à faire passer
ou à m). Le paysan explique gravement
que la salamandre est « Vurine àe la
pluie (quoique d'ailleurs la proposit. n'ait
aucun sens) », parce que les salamandres
se montrent ordinairem. après la pluie.
C'est en tout cas bien à tort qu'à albranda^
j'ai vu dans urina^ le subst. v. d'un'nare
« plonger »; mais on avouera que, sans
l'exposé de tous les intermédiaires, il se-
rait absolum. impossible de supposer
qu'halbran est devenu urina. Du moins
avais-je raison quant au sens, car c*est
bien par le plongeon dans l'eau qu'on a
voulu caractériser le saurien.
La forme In. taverne, donnée par
Mistr., s'explique facilem. par le dph.
lebrena, devenu leberna par métath.
(187 !•), leverne (141) passé à taverne.
Gorgi de talaurina, gorge ou poitrine
plate, jaune, hideuse, à la façon de celle
de la salamandre.
Avoué la yiUiiia babiua.
Et la gorgi de lalaurina.
« Avec ta vilaine lèvre — Et ta gorge de
salamandre. » (Due bib.)
Noi caihônl cl craloux, gôiyidelalaurina.
« Nez cainard et crotté — Gorge de sala-
mandre. » (More)
C'est tout à fait par erreur que Gras a
traduit gorgi detalaurina par « mauvaise
langue *.
*TALLIOLA (talhola); à River, et dans
îa montagne TAYOLA (ta-yola) s. f. Pr.
taiolo, alp. talhoro, dph. tanolha tagnola,
it. taglia — Poulie.
Étym. inconn. — Je ne sais si le b. îat.
<a/*o/a« lendicula», m. Iat. taiola, bolon.,
it. taiola tagliuola « traquenard, sorte
I de trappe », peut être rapproché. Du G.,
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m
TALO
s*appuyant gur un ex. tanoîa, y voit ui>
dér. .po9s»ible de tana t tanière >; ce qui
semble bien improbable. En tous cas les
mots b. lat. n'éclaircissent pas Fétym. Si
Ton entre dans la voie du roman d'imagi-
nation on poun*a supposer que la taliola
était un piège à trappe eu façon de guillo-
tine, muni d'une poulie, et que le nom est
dér. du piège en général à la poulie en
particulier. L'ètym. serait alors taleare
« piège qui taille ». Sur le sens cp. placent
taiola < coin ». M. Mistral rapproche lat.
tolîeno (de tollere)^ mais il ne se prête
pas à la forme, o ne passant pas à a. Dans
les formes tagnola Umolha^ l serait passé
à n par dissimilat. (cp. orphanimum =
Oi'pheîin],
TALO (talô); à Lynn taUr y. 9., —
Meurlrir. S'emploie souvent sous la forme
pron. « Je me suei talô in allant à chi- 1
tiiau^ je me suis meurtri en allant à che-
val. » Se dit aussi des fruits meurtris.
, De m. lat. tmldire « dinpere »,(^.de ave
en 6 (14 3<»). Talare parait venir de vha.
^9Llôn [sûlêii], zaldn, même sens. Pour
le ch» de J en t cp. vha. zalôn m compter,
calculer », qui a donné beauconp de for-
mes dialectales kt init.; cp. aussi fr. ta-
pon^ de vha. sapho, ail. zapf. L'étym. est
appuyée par l'argotallem. talay{ap. Diez),
qui prend le sens « d'emporter, entraîner ».
TALOCHES (taloche) s. f. pi. — 1. Ga-
loches.
De ttklum m pied ». av. suflf. ochi, par
'analog. av. galochiy filochi, bambochi. Ce
suif, représente oceus, mais comme oceus
ne donne pas oche en fr., je suppose que
le lype en a été emprunté k Ht., où oceus
donne occio. L'étyni. talum se prête beau-
coup mieux au sens que tabula^ d'où est
venu talochCy outil de plâtrier, que l'on
tire de 'tabulaceitm, mais sans expliquer
comment la dérivât rég. tavelasse a pu
passer à taloche.
2. Coup donné àv. la main. Ina bonna
talochi « un coup solide ».
De In. talô (v. ce mot) c meurtrir », av.
le radme sufT. que dans taloche 1. Ce sufT.
est facilem, péj. Gp. damoche « femme
qui veut faire la dame », finoche « fin »,
en mauvaise part.
TALOU (talou) s. yti. For. talou, pr.
(alabard tc^lt^f — à Paniss. Bille de
bois suâpen4ue au cou des bestiaux pour
les empêcher de vaguer. Â Crap. se
nomme billon ;V. ce mot au Supplém*),
Béarn. talabar, collier de bois av. i)arre
transversale .qu'on met autour du cou du
porc dans le même but.
De thsillum, b. lat talum, vfr. talos^
qui de « branche av. ses feuilles », a passé
au sens de t branche », puis de « bâton » ;
d'où vpr. ialos(ap. Mistr.). for. taloi, pr.
taloSt rgt. talouos^ gasc. taras, dph. talo
c bâton court, bille, rondin; iitile au cou
des bestiaux ». Le mot In. originaire a du
être talctt av. suff. ot auquel a été substi-
tué le suff. OM, d'orium^ peut-être sous
rinft. de falô c meurtrir ». On aura vu
dans la Lille ce qui, en meurtrissant la
bête, Tempôche de vaguer. Il est probable
que le mot vient par le vfr. et vpr. talos,
et que le suff. ot a été lui-même substitue
au suff. os, que je ne sais guère expliquer.
A-t-on eu 'thalloceus, de ihallus f
TAMBEROLS (tanberol) s. m. pi. — a
Yzer. Ridelles latérales du char à foin.
Etym. inconn. ^ Je n'ose y voir un
dér. de tombereau, av. suff. pr. o/. Dans
ce cas, l'idée serait « objets appartenant an
tombereau ». Il faudrait admettre une
dérivât, de sens, car les ridelles sont à
jour, mais elles font, au total, TofTice de la
paroi latérale du tombereau. Le passage
de om init A am serait normal (72. rem.
2).
TAMBOURTO (tanbourtô) v. n. — Bat-
tre du tambour.
DeJA (le ftiilftssinfl lu balairon flottant
Ou ctilsi de Peluin trrtvc en tambouttant.
« Déjà un bataillon de fantassins avec
le drapeau — Arrive au quartier de Feloin,.
tambours en tête. » iPer.)
Fait sur tambour, nv. suff. fréq. otn;
d'où iambotirotô tambouretô tambourtô.
TAMPLON employé par Hoq. pour
emplon (v. ce mol). L'erreur ne peut s'ex-
pliquer que par la confus, av* un tàe
liaison dans une phrase usuelle, qui est
probablem. l'exclamat. « Oh, c'iempUm
« Oh, ce soufflet! » devenue : Oh^ ce tem-
plonl
TAMPO (tanpô); à Lyon tantper v. a.
— Le même q\ïétampô. — Se tampô
« s'arc-bouter, s'appuyer pour faire effort ».
L'idée esl« se faire servir d'étampe »».
•TAMPONNA rtanpôna;; â Lyon tam-
ponne s. f. Mons. tampane, pr. tampou-
no, alp. timpouno, dph. temipeivù tem-
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TANO
39t
paune — Débauche, vibot3. Fére la tam-
ponna, faire la débauche, s'enivrer. It.
far tempone, même sens.
Je crois que l'orig. eat it. — Tempone
est un augm. de tempo c temps ». Far la
fempo^ie, c'est littéralem. < prendre beau-
coup de temps »; tp. se donner du bon
temps» Nous devrions avoir iimponne,
mais le In. a été infl. par l'idée de tampon.
L'idée pri mit a disparu sous celle de
consommer de telle sorte que Teslomac
soit comme tamponné. Gp. fr. popul. se
blinder, même sens.
TANDIS (laudi) adv. — En attemlant.
« Je m' 671 vais tandis m'assetâ un poi«,
je vais en attendant m'asseoir un peu. »
■ De tamdiu,
TANQUE vin. prép, — Jusque. — 1369 :
« Item deis la dicta tour de Trions en
alant tangue a la tour Estevin le Pero-
lier... », depuis la dite tour de Trion. en
allant jusqu'à la tour d'Estevin le chau-
dronnier. — < Compta [deis] piesons
tangue a les panceres... » compte [depuis]
les fondations jusqu'aux créneaux. —
€ Item, p. les aies de chano deis la dicta
escbifTa tangue à la dicta tour... », iiem
pour les ailes de chêne depuis la dite
èchauguelte jusqu'à la dite tour. (Arch. m.)
De (antum guod. C'est le fr. tant que,
av. l'idée d'espace au lieu de l'idée de
temps. Ici l'on sous-entend tempus, là
spatium.
TANTARINA (tantarina) s. f. - 1. à
Morn., River.. R.-de-G. Taon, mouche
bovine. — 2. Mouchard.
Enflii cb^iie arpdai.t, Quiilo par h rapina,
Fat liciii» ihOi(iie i-arUi fa mnuchi tantarini.
« Enfin chaque agent, guidé par le désir
du gain, — Fait dans chaque qa:irtier, le
mouchard. » (Hreif.)
De fr, eantharide^ av. substitut.» au
suif, insolite ide, du suff usité in. Le c
init. a pu être changé eu e sous inll. de
iavan « taon (le nom ayant été appliqué
à la mouche bovine) », ou par assimilât.
Gp. dph. cancaridia où le phénom. in-
verse g'est produit, et où t méd. a été
changé en c. ^ Quai»! au sens 2., c'est la
même dérivât, que dans fr. ynouchardy
de mauche, lanïouche se glissant partout
et entendant tout.
TANTOBA (tantora) s,f. « à R.^ie-G.
Terioe pé*. qœ je ae connais^ que par le
texttt soiv.
Pô« pkilM deim 1* cttur, ina xlé\y tmmtor^y '
In çariaifi coih^ lordxu, plus r^do qu'iiis bùra.
Me borte à |ilciii zo$\..,
€ Pas plutôt dans la cour, uue vieille
femme laide, — Un certain cou tordu, plu^
roide qu'une barre, — Me crie à plein go-
sier... » (Govl.)
Tantora rentre dans la catégorie des
nombreux termes pèj. à l'adresse des
vieilles femmes (cp. cancorna bigorna),
mais je ne saurais en indiquer l'orig.
*T ANJOU (lantou); à Lyon ce tantôt
s. m. et adv. — Après-dinée « Je vo
ven'ai tantouty}e vous veri-ai cette après-
dinée. » (Goch.) A Lyon c je vous verrai
ce tantôt », même sens.
Dérivât, de sens de fr. tantôt ftantum
tostum). Ch. de o en ou devant «^ (41).
TANT QU'A TANT express, adv. For.
tantequan — Sans s'arrêter, sans discon-
continuer, tant que l'on peut. A Lyon
tant que dure dure, ou encore ta7tt que,
la barbe en fume, « 0 faut beire tant qa*à
tant, il faut boire sans nous arrMer. w
Lou vt^iifuial tantequan (|U6 pcuplani lu» c|iuartlvr;
Que ne fiiut que ilVlTaiis.
« Les voilà qui, sans discontinuer,
peuplent le quartier; — Ne s'occupent qu'à
faire des enfants. » (Ghap.)
Le for. donne la clef de l'élym. : tantum
quantum = tant[e]quajit et, par mélath.
tanquelan tant qu'à tant,
TAPO (tapô); à Lyon tapée s. f —
Quantité, grand nombre* < Ina tapa de
niardous, une troupe d'enfants. » S'emploie
péjorativem.
£videmm. stibst. particip, de tapô
< frapper »r mais il est difficile de com-
prendre comment une tapée, c-'est-à-dire
une c quantité de tapes », a pu deveiiir
une <« qusulilë » en général.
*TAPO (tapô) T. a. — \. Frapper.
Du rad. tap^ cmomat.
2. Boucher, mais spécialem. boucher
une lx)uleill6. un tonneau en frappant.
Du rad. qui a formé tapon (v. ce mot),
av. sutr. ô (14 2«).
TAPON vin. s. m. — Arme defet 1417 •
« On donne à ceux de la tour St- Marcel
uue grosse bombarde, 2 canons en bois <m-
châssés à fer; 6 pierres, 8 tapons, 4 livres
de pouldre pour bombardes, wm ribeau-
dequin, 11 canons à main, 12 pierres, 12
tapoHs de bois, eteux douzaines de traitti,
î) pierres» de riijeaudeqtrim » (Arch. ».)
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393
TA PO
Il est probable que ces tapons tenaient
le milieu entre les < canons à main » et les
canons et bombardes sur afTût. C'étaient
sans doute, comme les premiers, des tubes
av. une lumière, qu'on chargeait av. de
la poudre, et auxquels on mettait le feu
av. une mèche. Pour avoir des lapons de
bois (cerlainem. cerclés de fer), il fallait
«]ue )e tube eût déjà un certain diamètre.
L'étym. parait èlre tap, qui a donné
tampon (v. tapô). Il est prol»al)le que le
tapon était d'abord le projectile, t ce qui
élail refoulé dans le tube », puis que le
nom s'est étendu à Tarme elle-même. C'est
ainsi que les petits canons à main avaient
pris le nom de c traits à poudre ».
TAPON (tapon; s. m. — Bondon. bou-
chon de tonneau.
De vha. zApho, mha. zaphe zapfe
€ douzil, fausset »; av. suff. on. C'est le
fr. tampon. Sur la persist. de p dans le
. groupe germ. pf^ cp. b. lat. grappa, de
hrapfo.
TAPONNO (taponô) v. a. — Bourrer,
mettre en las, surtout en parlant du linge.
Mad. de Sévigné emploie le vb. taponner
dans ce sens.
De fr. tapon r tampon, bouchon ». Ta-
ponnô « mettre en tampon ».
TAPPA (lapa) s. f. Esp., port, tepe;
Viounaz tépa — Molle de gazon ; gazon
en général. La tappn d*un pr(5, le gazon
d'un pré. Piéin. antampè « solterrare
l'erbe ». Piém.. comasque tepa'^ bresc.
topa^ mousse.
De tWippapowT tapes. La connexité entre
ridée de « tapis » et celle de < gazon » se
présente naturellem. à l'esprit.
TAQUEROT ("takerô) s. m. — Morceau
de bois pour frapper.
Onomat. tac taqtte, av. suff. o/, relié
par r : taque-r-ot {v, taquet),
TAQUET (takè) TRAQUET s. m. — à
S»-Marl. Babil, loquacité.
Sur l'orig. v. taquet de moitlin. Le sens
est dér. de « babillard » au « babil » lui-
même.
•TAQUET DE MOULIN t On dit de
quelqu'un qui parle beaucoup : Cest un
vrai taquet de moulin, pour indiquer
qu'il fait autant de bruit. » (Coch.)
Taquet est ici pour traquet. D'un rad.
traque qu'on retrouve dans traquer tra-
quenard, esp. trakear « craquer, se-
couer », tracasser « remuer, secouer », et
dans lat. tractare. Diez le rattache au fla-
mand treck € coup » ou au vha. trac h,
mha. trechcn, et Scbeler. av. réserves, à
néerl. trekken < tirer ». Je ne connais pas
trach, maisseulem.le vha. îrakan tra/jan,
ail. tragen. angl. to drag, qui ne fce rap-
porte guère au .c;ens. M. Bugge, non sans
qq vraisemblance, rattache traccare à
'tracticare, de tract um. Quant au sens, il
aurait passé de traquer « tendre des toiles
pour prendre le gii»ier » aux dér. traque-
nard * fiiôf^e 9,v , une i»ascule »; traque-
nard « allure du cheval qui seml»le tom-
ber comme une bascule » etc.; traquet
€ objet qui remue comme une bascule » etc.
Sur le sens fig. de taquet de moulin, cp.
babillard, qui est, en meunerie, le nom de
ce mécanisme. Quant à la chute de r de
traquet, elle a été facilitée par la confus,
av. une onomat. tac.
*TARABATA wtôrobôte.
TARAN (taran) s. m. Rgt. tarrou — à
Villefr. Vase ou cruchon pour le vinaigre
ou l'huile.
Répondrait à 'terrinus^ de terra. Ch.
de e en a ^66). Le suff. in =. an à Viilefr.
Le fr. terrain se prononce égalera, taran.
Le rgt. est terrosus,
*TARAROU — « Taraud pour faire uii
trou à vis. » (Coch)
Je suppose que le nom est masc. et que
c'est un oxyton (lararou ou mieux tôi*6-
rou), car ou, depuis le xvii* s. n'est plus
une dé.>in. atone en lu. Il répondrait à un
'tiiratrorium, de taratrum, de tarare (v.
taratc). Chute de / dans le groupe fr
(164 3v; ch. de orium en ou (36).
TARATE (tarale) s. f. — àVillefr. Gour-
tilière, gryllo-talpa tulgarix.
De b. lat. tarAtrum, dans lequel r est
tombée. Taratrum a pour orig. le i*ad.
celt. taratr. — Cp. vx irl. tarathar, nèo-
irl. tarathar tarachair, mks. tharrar.
kyin. taradr taradgr^ coin, tardar tarad^
ai-m. tarair (Thurneys.;. Quant à Tidée
de donner à la courtilière le nom de ta-
rière, elle s'explique facilem., la courti-
lière se frayant des tunnels comme la
taupe.
TARAVELO (taravelôy s. f . — à Mom.
Volée de coups.
De tavella (v. ce mot), av. suff. ô {\A
3») et inseit. de la syll. péj. ra (190). Ta-
ravelô « volée de coups de tavella ».
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TARB
399
*TARBA — < Épargné. Signifie aussi
relarder. Ou larhnta de vent, il tardait
de venir. » (Coch.)
Je ne connais paç ce mot, qui me parait
identique à vpr. estalbiar, cév., toulons.
estalbia ; c2iSXi' . estarbiâ, l)éarD. eslanbia,
cév. estauviâ^ b. lim, estouvia, lim.
eitauviaf cat. estalciar « épargner, mé-
nager, se passer de ». I^e eh de Z en r est
normal (170 4"). ainsi que la chute de es
init. (cp. 111), mais il est extraordinaire
que l'on n'ait pas eu tarbia tarbi (15 1").
Quant à estalbiary il paraît être stabilare
pour stftbilh'e, métathésé en stalbiare,
av. la prosth. de e devante du groupe st.
Je ne m'explique le sens de tarder, donné
aussi par Coch., que par confus, av. tarda
€ tarder ».
TARN A (lama) s. f. Pr. trena, il. trina
,— à Paniss. Tresse. Ina tarna de
s lignons « une tresse d'oignons ». Fére
de tarnes « faire des tresses ». Vpr. tre-
nat. tressé.
Le pr. et l'it. indiquent l'étym. irhia,
mais t étant long, pourquoi n'a-t-on pas
trina en pr.? Notre mot est sans doute
venu par le pr. D'où terna par mélath.
de r (187 !•). et tarna par ch. de e en a
(24).
TARNO (tarnô) v. a. Dph., pr. trena;
vpr. entrenar — Tresser.
De In. tSirna, av. suff. ô (14 3«).
TARO (larô) v. a. — Percer, trouer,
tarauder.
De 'tartire pour ter ère. Gh. de are
en(;(14 8»).
TARORA V. tôrôra.
TARRASSI (tarassi); à Lyon terrasse
s. f* — Terrine pleine de braise. C'est le
brasero esp. et it. On dit souvent teii'asse
de boulanger, parce que c'est chez le bou-
langer voisin qu'on prend ia bi-aise.
De fr. terre (parce que le récipient est
en terre), av. suff. agrandiss. assi. C'est
4^n-me,av. substitut. d'un suff.augmentat.
^ un sufT. dim. Cb. de ^ en a (60).
TARRAT V. tarriau.
TARRAU V. tarriau^
JARRET V. tarriau.
TARRIAU (lariô); à S^-Mart. TARRAT
(tara); à l^iver. TARRAU (tarô); à Crap.
TARRET(larè);vln.TERRELTERREILZ
s. m. — Fossé, bief, canal. — 1397-1408 :
« Au Ro8 de Buissandre, affaneur, pour
fere un te)Teilz ou brotel de la ville, près
de la recluserie de saint Glere, pour faire
tourner la rivière du Rone... lequel terrel
devoit avoir six toyses de large, cinquante
six toyses dti long et cinq pies de prefont. »
finv. de la C.J — lia place des Terreaux,
à liVon, tire, son nom des fossés qui y
existaient jadis.
De 'teiTellum, de terra pour la forme
terriaii. Ch. de e init. en a (66); de ellitm
en tait (32). Il est évident que pri mi ti venu
terrel a dû signifier le remblais, puis le
nom est dér. au fossé lui-même. Cp. doga,
d'abord « digue », puis « fossé ». Dans la
forme tarrat, substitut, du suff. at,
TARTAVEAU (tartavô) s. m. — Pie-
grièche à tête rouge. Mot tiré du petit glos-
saire de M. Aniel (v. Jabri au Stipplémj.
Le mol doit être en relat. av. vfr. tarta*
velley yior\. tartevelle «crécelle », dp!i.
tartavèu « discours criard », et pr. tarta^
vèii € personne tracassière ». Tartavèu
lui-même est-il le masc. de bartarella,
crécelle, av. assimilât, de b init. à t méd.
(cp. 188)? Sur le sens cp. « une personne
grièche ». Le sens primit. de tartavèu a
dû être < bruyant comme une crécelle »,
et en effet la pie-grièche est très bruyante.
D'une personne criarde, tracassière, à une
personne grièche, il n*y a qu'un pas. Ce-
pendant cp. vpr. tartarassa t milan »,
qui, s'il était parent de tartavèu, indi-
querait un rad. tart, d'orig. inconn.
TARTÈiVlE (tartèïfle) s. m. — Surnom
donné aux Allemands.
C'est rf^r rtfM/*e^ jurement ordinaire d»is
Allem., av. passage de e init. à a sous
infl. de r (66y. — Sur le sens cp. un god-
dam « un Anglais », express, courante
I dans mon enfance, mais presque tombée
en désuétude fpeut-étre parce que les An-
glais ont perdu l'habitude de dire god-
dam), tandis que tartèïfle est très usité.
A Vionnaz un Allem. est un tutyë, ce qui
est dans le pays la manière de prononcer
Deutsche,
TARTEIFLES (tartèûe; TARTIFLES
(tartifle) s. f. pi. Piém. tarlifoyle, pr.
tartifle — Pommes de terre blanches.
Piém. tartifla, truflo noire dont l'intérieur
est blanc: milan, trifol. vénit. tartufola^
it. tartufo, truffe. Gév. trifolo, Berr. tar»
toufleSi milan, tartuffol, pommes de terre.
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400
TART
Nous avons eet-taiiiein. empnintA le
mot au Piém. tartifla, de terr{ae) tub(e)-
ra (Diez), d*où teriufo, par ch. de h en /*,
et tartiifo, par ch. de e init. en a ("68). Le
passage de u à t sous Tinfl. d*tine labiale
p, b ou jT, est commun (cp. in. tipin, tibf^t).
D'où tarlifa. Le ch. de fe atone en /? n'a
rien de surprenant fcp. epltaphium = épi-
tafte), non plus que le réciproque de /7 en
fe (V. marné fie). Quant au sens, quoi de
plus naturel que d^emprunter pour
N pomme de terre » un mot qui signifie
* tniffe », puisque nous appelons les
pommes de terre des c truffes »? Le piém.
a fait de même pour iartifoglie, mais ici
lo mot a subi l'infl. de foglia, feuille.
L'idée est « truffe av. feuilles », par op-
posit. à la truffe sans feuille, c'est-à-diie
purem. tubercule.
TARTIFLES v. tarlei/îes.
TARTOUS (tartou) TARTUIS (tartui
dissyl.;adj. m. pi. — Tous.
1 se rendiroiit vllo ayant <arfou« coniiH-ai^
Que fetlomie iriii polel mai.
« Ils se rendirent proinptement, ayant
tous compris — Que l'estomac n'en pou-
vait davantage. • (Mon.)
V»-< AD, tarUiiSf fa m qui-z-an py rh*f.
« lU ont, tous, fait ce qu'ils ont pu. »
{Chans. de R^vér.)
De trang tutti. Tranif en phonét. d'oïl
=ztreSf et tutti z:ziou[s]. On a donc tre-
tous, qui appartient aux dialectes d'o'il, et
que les auteurs comiques placent dans ia
bouobe des paysans. Tretous est dçvenu
tarions par métath* de r (187) et cb. de
e en a (66). Tartuis eat plus proprem^ lu.
(v. luis).
TARTUIS V. tarions.
'TARUSIÉ (taruzié) v. a. Dph. iarusié <
— « Percer, trouer (Coch.) » Vieilli.
De tersLre pour terere, av. substitut, du
Kuff. usi^r (aujoui'd'bui usl), par analog.
av. partuslf de In. parlas < trou ». Taru-
sier est sans doute la forme de ville, av.
suff. fr., probftblem. encore usitée à Lyon
au temps de Coch.
TATE flAte) s. f — à Lyon Petite tasse
d'arj(ent peu profonde, av. une aiise. dont
on se sert pour goûter le vin. Elle est ha-
J»ilueilein. en argent, parce qi\e l'on y
goûte «successiveu)., el que l'on croit que
l'argent ne transmet jamais les maladie»,
;Comme pourrait le faire un autre métal ou
le verre. Autrefois tout bon propriétaire
de nos moniagnes possédait sa tàte. dont
il se servait en voyage. I*e nom du po.sses-
seur était toujours gravé autour, av. la
date. Cp. lorr. ('Landremonl) talé « gobe-
let en terre cuite ».
Subst. V. de fr. tdfer, pris au sens de
goûter.
TATE (tà-te) s. f. Pr. tato ~â Villefr.
Fruit du viorne, tibtn'nupi lantana. Pr.
tatié, viorne mancienne: tassignier, « vi-
burnum lantana ».
Êlym. inconn. — Un *taxitarium, àe
laxum pourrait donner le pr. talié. La
disparit. de l'yotte venu de c peut être ex»
pliquée par l'ex. de tacs{i)tare, qui a
donné fr. taster tdler. La même format,
donnerait taste tate, de taxila. Reste à
expliquer comment on a pu confondre le
viorne et i'if. En ce genre les confusions les
plus extraordinaires peuvent 8e produire,
et il faut remarquer que le nom de taxum
ayant, dès leb. lat., cessé de s'appliquer à
l'if, qui a pris un nom germ.. l'applicat.
du nom à ua autre végétal était rendue
plus facile. La forme ]gd. lassignier
(Azaïs) s'expliquerait par un 'taxinarium
dans lequel t prot. aurait porsisté «oua la
protection du groupe c$z:zx.
TATE-GOLET (lâtegolé) s. m. — à Lyon
ra//7Z^>i, homme timide, qui n'ose s'aven-
turer à rien. Par extens. benêt»
De fr. tâiev et de In. golet « trou ».
Littéralem. c qui tàte les trous » avant
de s'y engager.
TATI (tati) — 1. à Lyon dans l'express.
Tenir tati, faire tati, résister, tenir de
toutes ses forces. S'emploie comme in-
terjecU Tatil m tiens bon! »
Express, empruntée à la batellerie, el
qui représente probablem. tè-ti « tiens-
loi ». Cette hypoth. est appuyée par le
lim. lé'té, même sens, et le pr., cév. tafoi\
aussi même sens, et qui est c tiens fort ».
Tati doit venir de la Prov.» où ti est le
pron. de la 2» pers. du sing. En pr. tenir
tsili « être au refuge, toucher l'objet qui
sert Ae sauvegarde à certains jeux », et
tsiti subst., cetobj«t même, ont certainem.
une autre orig. M. Mistral paraît les rap-
porter av. vraisemblance à tacius.
2. Tati, exclamât, pour Asse/., — Si
qqu'un verse à boire, on lui dit : tati!
quand on veut qu'il s'arrête.
Peut-être (arréilé-ti « arrète-toi », par
une de ces contract. si familières aux
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TATI
401
phrases popnl. En tout cas le mot n*a
certainem. pas une ètym. antérieure au
roman.
*TATIGUIÉ — « Tatiguié, compara,
tu me la ballie bella, pardieu» comp.^re,
tu me la donnes belle. » (Goch.)
Ce jurem. est inconnu chez nous. On le
rencontre souvent dans des pièces de co-
médie» où on le met dans la bouche des
paysans, à qui Molière et tous les autres
font communément parler le pic. Malgré
la conscience habituelle de Coch., je crains
qu'il n'ait tiré celte express, de qq. co-
médie dans laquelle on faisait figurer de
prétendus paysans lyonnais, et je doute
fort qu'il l'ait recueillie sur place.
TatiffuiJ représente tète-Dieu. Gp.
sambleu pour sang-dieu, parguié pour
par Dieu, morgue pour mordieu,
TATIN (tatin) s. m. — J'ai entendu
qqfois donner ce nom au vihurnum lan-
tana, mais le mot appartient plutôt au
dph.
Peut-être de Uaxitairium =. (atier (v.
iate), av. substitut, du suff. in au suflT. ier.
TATOU ILLE (taloulhe) s. f. — à Lyon
Volée de coups, rossée.
Paraît le môme que vx wal., vfr. taiin
« coup », av. substitut, du suff. péj. oui/le
au suff. tw. Tatin me semble tiré de Uas-
tare pour *taxitare, de tactus.
TAUGNI (tôgn!) s. m. — Guêpier.
Do In. tauna, av. sufT. t, lïarium (13).
D'où taunî, passé à taugnl par le mouil-
lem. de n devant i propre à une certaine
région (v. Cons. pat.),
TAULO (tôlô); ap. Goch. TOLA s. f.
Poil, taulée — Une quantité, un gr«\nd
nombre. Ina taulô d'efants^ une quantité
d'enfants.
De b. lat. tahuldita. Le pr. taulado,
Igd. tablado, it. tavolata, même étym.,
signifient une réunion de convives. Le
sens s'est étendu de réunion de convives
à réunion en général. Il est vrai que ta-
bulas, downé In. trôbla, mais le mot a pu
venir par la Prov., et en tous cas si,
comme je le crois, le mot vient de tabu-
lata, la forme du simple n'a pas influé
sur le dér. Du reste la format, n'est pas
irrégul. Tab(u)l9ita-=.taula par vocalisât,
de b (1849^ b) et ch. de ata en a (135),
puis en 6 (1).
Taulô ne doit pas ôtre confondu av.
iôlée, à Lyon la quantité de pâtisseries
mises au four sur une plaque de tôle,
< Il a mangé une talée de pâtisseries. >
*TAUNA TONA (tôna) s. f. For. tauna
— Guêpe. A Grap. se dit seulement de la
guêpe de petite espèce; la grosse guêpe
des bois se nomme giiépa. k. Paniss. c'est
l'inverse; la grosse guêpe est la tauna^ et
la petite la guépa.
Que rôffolô vo qui? Vo zèle int cancorna.
De vegiii chaque jour rondo coinm' int tôna,
« Que grommelez-vous là? Vous êtes
une radoteuse, — De venir chaque jour
bourdonner comme une guêpe. » (More)
Vous pourrit, d'un cot «le chapay,
Lou lut couma uua tanna,
€ On pourrait, d'un coup de chapeau, —
Le tuer comme une guêpe. » (Ghap.)
De tabSLJia pour tabanus; b sest vocal.,
certainem. après avoir passé par r, comme
le montre tavan, de tabanum.
*TAVAN (tavan) TAVON (tavon) s. m.
Lgd. faôa;i, Tarentaise tovan, pavese ta-
vœn, vénit. tavan — Taon et aussi fre-
lon, bourdon.
De tabAnum. Gh. de 6 en t? (141). Na-
salisât, de a (8).
TAVEL vin. s. m. — 1358 : t Item drap
de Flandres... excepta di^apx pleies en
tavel... Item tuit drap de Franci pleyes
en tavel... » (Tar, de la v.). Le tavel était
donc une planchette sur laquelle on pliait
les « draps ». On vend encore des lainages
plies de cette façon, mais non des draps;
aussi il est probable que, dans les textes,
drap doit s'entendre de lainages, d'étoffes
minces qui ont besoin d'être soutenues.
De tabellum pour tabella (v. tavella).
TAVELLA (tavela); à Lyon tavelle s. f.
— 1. Bille dont les voituriers se servent
pour serrer leurs chargements. — *2. Mor-
ceau de bois destiné à lier les chars de
foin. — 3. Par extens. Trique en général.
Pr. tavello tabello, volige, latte.
A la fin on lo vil impufKiii ghou tatella.
« A la fin on les vit empoigner chacun
leur bille de voiturier. a (Mon.)
De tabella, au sens d'ais, planchette
longue. Gh. de 6 en t? (141). Le sens est
dér. de« planchette (v. tavel) » à «latte»,
et enfin à « bille de bois arrondie ».
TAVELO (tavelô) adj. des 2g. — 1. Ta-
cheté, moucheté.
G'est le fr. tavelé, peu usité, de tabella
«échiquier». Littér. « marqueté comme
un échiquier ».
48
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403
TAVO
2. Ëcervelé, étourdi, faible de cerveau,
demi-fou.
De In. tavella, av. sufT. ô (14 8o). Ta-
vela « qui a reçu un coup de tavelle » sur
la tête, lequel lui a dérangé le cerveau.
On dit de même de qqu'un d*un peu fou,
c qu'il a un coup de marteau ».
TAVON V. tavan,
T'E V. t*o,
TEILA (lèla) s. f. For. toile — Foin
étendu pour être séché.
De tela (16). Le foin est considéré
comme la toile que l'on étend au soleil
dans les champs pour la faire blanchir.
TEILLEUX, EUSE (lèlheu, euze) adj.
— à Lyon se dit d'une Viande filamen-
teuse, de tout aliment filandreux. Si
usité, que je l'ai cru longtemps fr.
De In. teille (v. teilli), écorce de la lige
du chanvre, av. suflf. eux, à*osxis. Teil-
letix « qui participe de la nature de la
teille ».
TEILLI (tèlhi); à Lyon teille s. f. Dph.
teille — Écorce de la tige du chanvre.
De tilia « écorce du tilleul ». Ch. de t
bref en ei (16); de ia en i (54 !•).
TEILLI (tèlhl) V. a. Morv. teiller —
Tiller le chanvre.
De teilH snhst.f av. suflf. î (15 4«).
TEMPORA (tinpôra) s. f. — à Morn.
Vent violent, ouragan. Vpr. temporau, al;
pr. tempourau, al; it. temporale, sarde
temporali « tempête ».
Le môme que le vfr, tempoire tempore
(Du G., Gloss. fr.), qui signifiait « temps,
.saison ». La dérivât, de sens s'explique
facilem. si l'on songe que vfr. tempeste.
h côté du sens de « ouragan », avait celui
de ^ temps, saison », et que la réciproque
a dû s'opérer pour tempoire, qui répond à
temporia. Celui-ci donnerait In. timpuri;
mais le mot a été emprunté au fr. 11 a dû
être tempoira, passé à tempora, comme
le tempore de H Chastellains de Coucy.
La forme d'oc temporau représente iem^
porale, Oria peut donner d'ailleurs ore à
côté de oire. Gp. pr. rasor, de rasorium ;
oradour, de oratorium.
TENDRIÈRE (tandrière) s. f. — Terme
de carrier et de tailleur de pierres. Partie
friable d'une pierre de taille ou d'un rocher
exploitable.
De tendre, av. suflf. ière.
TENDRIRI (tendriri) s. f. — Vache qui
a mis bas récemment.
De fr. tendre, av. suflf. iri (13). L'idée
est que la vache est encore c tendre » au
sens de faible, délicat.
TENDU A V. tenta.
*TENTA (taiita)*TENDUA (tandua): à
Lyon tendue s. f. Vpr. tenda, pr. te7ido,
it. tenda — * Toile destinée à couvrir les
bateaux. » (Goch.)
De tenta^ partie, de tendere, pour la
forme tenta', et du partie, roman tendu,
de te7idre, pour la forme tendua. Dans
celle-ci l'ace, s'est porté sur la2« voy. (51).
TENTE (tante) s. f. —à Lyon Banne au
devant des magasins.
Sur l'étym. v. tenta,
TENURI (tenuri) s. f. — Main-courante
d'une rampe.
De In. tegni « tenir », av. suflf. urt,
d'oria (37). Ou le mot a été formé avant
que n se fût mouillée dans tegni, ou il a
été formé dans un endroit où l'on a teni.
N, qui se mouille devant i, ne se mouille
pas devant w.
*TER V. leur,
TERCELLIN vin. s. m. — Sorte d'étoffe.
1419 : « Audit Mathieu Odobert pour trois
quars d'aulne tercellin pars... » (Reg.
cons.) — Il s'agit d'é*x)ffe pour la ban-
nière du trompette de la ville. Le tercellin
était probablem. destiné à la doublure,
car on voit figurer « une aulne 1 VI* sen-
dal », qui devait faire la face de la ban-
nière. Le tercellin était vraisemblablem.
une étoffe de lin.
De tersutn, partie, de tergere. L'idée
est celle de c linge à essuyer » (cp. terso-^
rium), d'où vfr. terser c essuyer, frotter »,
et m. la t. tersonum c torchon ». On trouve
tersonum de lino (Du G. s. v. tersonum),
et en vfr. tersenet, Tercellin est tersenet,
av. ch. de suflf., peut-être sous infl. de lin.
Terselin « torchon de lin », puis étoffe
de lin. Mais il se peut qu'il y ait eu sim-
plem. ch. de m en l : tersenet tersenin^
puis terselin,
TERCOYER vin. v. a. TERCOYEUR
vin. s. m. — Mots qui paraissent signifier,
le l"'' Tripler le prix d'une enchère ; le 2»,
Gelui qui triple l'enchère. — 1421 : < Mile
Andrivet a confessé devoir... pour la
censé de la barre du pont du Rosne, qui
lui fut livrée comme au plus oflfrant et
derrier enchérisseur... Et se, par aventure
aucun vouloit tercoyer la dicte ferme de
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TERC
40a
dans la fin du mois de décembre prouchai-
nemenl venant, doubler dedans la fin du
moys de mars aussi prouchainement ve-
nant, il y seroit receu, parmi ce que le dit
tercoyeur OM doubleur seroit tenu de faire
audit Mile... » (Reg, cons.)
Il faut probablem. lire terçoyer, fait
sur tertius, av. sutT. frèq. roman oier,
comme peçoier sur petia.
TERCOYEUR v. sous lercoyer,
*TERMINAU (termina) s. m. Lgd. ter-
menas — La dernière raie du terrain
qu'on laboure. On donne aussi ce nom
aux baliveaux laissés sur les limites d*un
bois taillis pour indiquer les bornes.
De terminSLlis. Gh. de l en u (121 2«).
TERRAILLER v. tei^ailli vb.
*TERRAILLI (tèralhi): à Lyon ter-
raille s. f. Pavese teraliœ, it. terraglia
— Vaisselle de terre. « Un marchand de
terraille », un marchand de poteries, c Le
nom de la rue Terraille vient d'une po-
terie qui existait dans cet endroit (Goch.). •
Montpell. t0)Tailleu, marchand de po-
teries.
De In. terra m terre », de terra, av. suff.
coll. ailli.
TERRAILLI (tèralhî); vin. TERRAIL-
LER V. a. — Creuser, remuer la terre.
1397-1408 : « Dépenses faites pour com-
mencier à terrailler au gros gravier qui
estoit en la riveri du Rosne... » (Inv. de
laC.)
De In. terra, de teiT2 av. suflf. fréq.
ailli,
TERRAILLON vin. s. m. Pr. terraioun,
mars. taiTaioiin — Ouvrier ou entrepre-
preneur terrassier. — 1420 : c Ils ont
ordonné que, veu que les jours sontcreuz
(accrus), que cy en la, l'en payera aux
terraillons pour journée , dix petits
blans... — Maistre Henry de la Roche,
terraillon, a promis sei'vir la ville a faire
les fossés... » (Reg. cons.)
De terrailler, creuser (v. terraillx), av.
suff. on, mal appliqué logiquem., mais
nécessaire parce que, si l'on eût appliqué
le suff. des noms de métiers, il n'y aurait
pas eu de différence entre le subst. ter-
raillier et le vb. terrailler. Un ex. de
cette applicat. du suff. on se retrouve dans
barbouillon pour barbouilleur,
TERREIL2 v. tarriau,
TERREL V. tarriau.
*TESSON V. taisson,
*TESTICOTO (testicotô) v. n. — Con-
tester aigrement et à propos de vétilles.
Se testicotô, se piquer mutuellement.
Gorrupt. de fr. asticoter sous infl. de
testa têta. Se testicoter « se picoter la
tête, se tirer mutuellem. les cheveux >.
TÊTA D'ALUETTA (tôta-d'aluôta) s. f.
— à Panisi. Plante à fleur rouge et à
graine noire (ce n'est pas Ih coquelicot) qui
infeste les blés, et dont j'ignore le nom
scientifique.
De la ressemblance qu'on s'est imaginé
voir entre la fleur et une tête de petit oi-
seau.
TÊTU (têtu; s. m. Lorr. ('LeTholy) têtu,
vfr. testu (Cotgr.) — à Lyon Gros mar-
teau carré d'un côté et pointu de l'autre,
av. lequel on dégrossit les pierres que l'on
veut tailler. Les moellons ététués sont les
moellons travaillés au têtu, par opposit.
aux moellonspt^u^^, travaillés plus finem.
et à la pointe.
De fr. tête, av. suff. w, à'osus (35).
TEUR (teur, eu comme dans fleur) k
Grap. ; ap, Goch. TER s. m. Lgd. tes, for.
teus^ Tesson.
De iestum. Gh. de * fin. en r (118, rem.).
Gp. le liai, où, de même, toute s fin. non
muette se change en r : pur = pus etc.
Quant au ch. assez bizarre de es en eu, on
peut supposer testumz= têts par métath.,
puis tecs (cp. post pots pocs). De tecs on
aurait teus, comme en vfr. teuste, de tec'
sum; fleume, de flegma; ecsire=^ eussir.
TIA-TIA (tiatia dissyl ) s. f. — Litorne,
espèce de grive. Ce mot se retrouve dans
la plupart des patois franco-prov.
Onomat. du cri de l'oiseau.
TIBO V. tubô,
♦TIGN A (tigna) s. f. — Engelure.
De tinea. Il est à remarquer qu'en pr.
tigno signifie à la fois teigne (insecte) et
engelure, et qu'en it. tigntçolo a aussi la
double significat. de gerçure et de teigne.
On a donc associé l'idée de l'insecte qui
ronge et perfore, à celle de la crevasse de
l'engelure, comme si celle-ci était l'œuvre
d'un insecte. On a besoin de se persuader
de ce rapprochem., mais enfin il existe,
car c'est la seule explicat. qu'on puisse
donner. De même on a en fr. teigne « in-
secte *, et teigne * maladie du cuir che-
velu », tous deux de tinea. Le passage de
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404
TILL
e fermé à i est dû à l'infl. de la nasale \
mouillée qui le suit, et ce mouillem. est
dû lui-même à l'hiatus ea (148, rem. 2).
*TILLOT rtilhô) s. m. — Tilleul.
De tïlia, av. sufif. dim. ot.
TIMBRO (linbrô); à Lyon timbré adj.
des 2 g. — Demi-fou, qui a le cerveau lé-
gèrement dérangé.
De fr. timbre, mais par quelle dérivât,
de sens? Faut-il sous-entendre que le
timbre est fêlé? Ou plutôt que le cerveau
a été frappé comme un timbre? Gp. In.
f}éru, fiéru par la testa^ même sens, et
h', toqué, littéralem. * qui a reçu un choc. *
TIMBRO (Isinbrô) v. n. — â R.-de-G.
Craquer.
Lo galant troubadour, supré de tant de fêla,
Se fat tsïmbro lo nars, dous pids jusqu'à la tèta.
« Le galant troubadour, surpris de tant
d'accueil, — Fait craquer ses muscles des
pieds à la tète. » (Mén.)
De fr. timbre, de ti/mpKnum « tam-
bour », av. suff. ô (14 8«).
•TINA (tina, à River, tchlna; s. f . —
Cuve, pour le raisin.
De tifia,
TINAILLI (tinalhî; à River, tchinalhi;;
à Lyon tenailler s. m. It. tinaia^ pavese
tinerœ — Cellier pour les cuves.
De tina, plus suff. rom. ailli, plus un
2« suff. î à'arius (13). Il est probable que
les grandes cuves se sont appelées ti-
nailles (cp. futaille)^ et que c'est sur ce
mot qu'a été fait ^m^iZ/t. Quanta la forme
tenailler, si extraordinaire que cela pa-
raisse, elle est due à Tinfl. de fr. tenailles^
lorsque l'on n'a plus su ce que c'était
qu'une tinaille.
*TINARD v. tinôr.
TINOR riinôr); ap. Coch. TINARD s.
m. Gers tinal — Cellier pour les cuves.
De 'tintLle, de tina, Ch. de a en d (1);
de / en r (181). Coch. a confondu ar, au-
jourd'hui 6r, av. le suff. germ. ard.
TINTEBIEN (tintebiin trissyl.) s. m.
Ss.-rom. tin-tè-bein — Petit appareil à rou-
lettes, dans lequel on place les enfants, et
qni, les tenant sous les bras, les préserve
des chutes, pendant qu'en marchant ils
déplacent l'appareil. Gela évite d'avoir à
les soutenir pendant leur marche.
Composé de tin, impéraL.de tiendre
« tenir », de te « toi », et bien. Le tout
équivaut au fr. tiens-toi-bien.
TINTOU (tintou)s. m. — Après-dinée.
Ne s'emploie qu'av. Tart. ou le pron. dé-
mons trat. Lo tintoUy l'après-dinée; çu
iintou, cette après-dinée; à Lyon ce tantôt,
môme sens.
De tantum tostiim = fr. tantôt. L*adv.
est devenu subst. Tbstum = tou (41).
TINT QU'EN CHAVON Ain-kan-cha-
von) express, adv. — à Villefr. Jusqu'au
bout.
Chavon (v. ce mot au Supplém.) signi-
fie ici bout, e.\trémitè. Sur la constract.
cp. tint qu'u quar (v. ce mot.)
TINT QU'U QUAR (tin-ku-kap) express,
adv. — à Villefr. Jusqu'au, jusqu'à la fin.
« EV Vau mâtan de sa passé; md se si
allô tint qu'u quar, il est au milieu de sa
« passée »; moi je suis «allé jusqu'au
bout. » (Deresse)
Je suppose que quar est pour le subst.
qtiajTe (v. ce mot); d'où littéralem.
« tant qu'au coin », c'est-à-d. «jusqu'au
coin». — Quarre serait dér. du sens de
« coin » à celui de « bout, extrémité ».
Sur la construct. comme sur le sens, cp.
l'express, tint qu'en chavon, même sens
à Villefr. Cette comparais, fait penser que
quar doit être un subst. comme chavon
(v. chavon au Supplém.)
TIOLET (tiolè dissyl.)s. m. —à Villefr.
Silène enflé, silène inflata„
Étym. inconn.
TIOULA V. ëtioula. Rapproch. Vionuaz
tyola.
TIOULO (tioulô dissyl.) v. n. — à Vil-
lefr. 1. Couler, en parlant de la fleur de la
vigne. -— 2. Glisser, vl El a tioulô a bôs,
il a glissé â terre. » (Deresse)
Ce n'est pas une corrupt. de fr. couler,
car dans le même endroit on dit colo la
bèya, couler la lessive. Je crois que tioulô
est 'tegulare (v. tioula c tuile ». L'idée
est celle de dégoutter, laisser couler,
comme la tuile du bord du toit. Cette orig.
explique comment tioulô a le double sens
de < couler > et « de « glisser ». La per
sonne qui a glissé a fait comme la goutte
d'eau qui glisse sur la tuile. Suff. d (14 3v«
TIPIN \.topin.
TIRA-LIURE (tchira-liure) s. m. pi. —
Surnom des habitants de S*-Mart., litté-
ralem. des c tire-lièvres » . Gomme d'être
chasseur de lièvres n'a rien d'injuneux, et
que ces surnoms sont toujours péj., il
doit y avoir une allusion qui m'échappe.
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TIRA
405
et qui du reste n'est plus comprise par
ceux qui emploient le sobriquet.
*TIRAN (tiran) s. m.— « Oreille de
soulier >. (Goch ) Les anciens souliers
avaient jadis sur le cou-de-pied 2 pattes
do cuir, percées chacune d'un trou, et
reliées et serrées par un cordon. C'est ce
que Goch. appelle « oreille de soulier ».
Du partie, prés, de fr. tirer. Gp. tirants
de bottes, en parlant des 2 anneaux en
rulian de fil qui servent à les tirer lors-
qu'on les met.
*TIRANCHI (tiranchi liranlchi) v. a. —
Tirailler en tous sens, tourmenter, tirer.
S'emploie beaucoup sous la forme pronom.
Se tiranchi^ se tirailler mutuellement en
se disputant.
De In, tiri c tirer » et d'un suff. péj. an-
chi, peut-être par analog. av. écarlancht.
TIRE-LANGUE s. m. à — Yzer.. Nom
donné qqfoîs à la pie-grièche (v. derne)
parce que l'on assure que si on lui arrache
la langue immédiatem. après l'avoir tuée,
elle est bonne à manger, et horriblem.
coriace si l'on ne prend pas cette précau-
tion. Mais jo crois que ce nom, dans
d'autres endroits, s'applique à un autre
oiseau, prol>ablem. au torcol.
TIRI (tiri; à River, tchiri; à R.-de-G.)
v. a. — Tirer.
Du germ. — Goth. <a/ran, vha. zeran,
holl. teren « scindere, rumpere »; d'où
un 'tarare Uirare. Suff. t (15 5°).
Tiri pena, à Lyon tirer peine, être in-
quiet, tourmenté à propos de qq. chose.
Mail Ognessons, je sieiito que ma f^na,
Que la DodoD commeinoe à Uiri pena.
« Mais terminons, je sens que ma femme
— Claudine commence à s'inquiéter. >
(Due Bib,)
Tiri de — Ressembler à. Tiri de sa
grande ressembler à sa graud'mère (v.
retrairê), Mons tirer d'su quéqu'un, lui
ressembler.
Tiri dret sur — Se diriger droit vers
qq. chose. « O faut tiri dret sur Yzeron^
il faut se diriger en ligne droite sur Yze-
ion. > Cette dérivât, de tirer^ qui aie sens
de « amener à soi ;», au sens contraire de
« se déplacer vers l'objet considéré » a
sans doute son origine dans l'idée de tirer
(un trait) sur.
Tiri lo lait — Traire les vaches, bre-
bis, etc.
TIRIGOSSI (tchirigossi) v. a. Dph. tiri-
gotissoy pr. trigotissa^ Igd. terigoussa,
lim. tirgoussa — à River. Houspiller,
secouer, tirailler. Ss.-rom. tsergossa
tschergossa, véhicule moitié char, moitié
traîneau. Gasc. ti'igoussa, tirer av. diffi-
culté.
Composé de tiri « tirer » et d'une 2«
partie gossi. Le pr. a tiro-ligossi tiro-li-
gos trigossi « train, tracas, bruit, tu-
multe, embarras, litige », composé de tira
« tirer » et ligoussa (v. ce mot) « épée ».
Il est possible que tirigoussa soit de
môme ttre(li)goussa, dont le subst. tri-
gossi etc., est le subst. v. L'adj. vpr. tira-
gossa parait appparenté, et avoir le sens
de « qui tiraille, qui tire mal » dans les
vers suivants :
E jalz ab una Tielha roiM,
Qu*efl corderella et tiragosta {ap. Rochegude).
niRIPELLI V. tiripilli.
TIRIPILLI (tiripllhi); à Lyon tirpille
s. f. Dph. tiripel — Partie cartilagineuse
de la viande, par opposit. à la pourpe.
€ Fëne prinds de pourpe par nos, et de
tirpille par le s*efants, femme, prends de
la chair pour nous et de la tirpille pour les
enfants », est une parole attribuée au canut
qui envoie sa femme à la boucherie. Genev.
tireguigne, même sens.
Subst. V. de tiripilli (v. ce mot), parce
qu'il faut tirpiller la viande avec les dents
pour pouvoir la manger. Le genev. tire-
guigne est composé de tirer et de guenn e
(V. guenna).
TIRIPILLI (tiripilhî); ap. Goch. TIRI-
PELLI (tiripèlhl); à Lyon tirpiller v. a.
Dph. tiripouilli — Tirailler av. violence,
tirailler en déchirant. Se tiripilli, se dé-
chirer mutuellem. les habits. Dph. tiri-
pelu € loqueteux ».
De In. tiri « tirer », plus une 2» partie,
qui n'est point piller, comme on le pour-
rait croire, mais In. peilli (v. ce mot)
« lambeau », av. suff. t (15 4«). La forme
de Goch. achève de démontrer l'origine.
L'idée est c tirer de façon à mettre en lam-
beaux ».
TIRORILLI itirorilhi); à Lyon cure-
oreilles — Sorte d'aptère brun, à corps
allongé, d'aspect répugnant, et fort agile,
dont j'ignore le nom scientifique, et à qui
Ton attribue l'habitude de se glisser dans
les oreilles des dormeurs, et d'y causer
des ravages.
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406
TITR
De In. tiri « tirer », et orilli « oreille ».
L'express, parait au l" abord singulière,
car l'insecte ne tire pas les oreilles à la
façon d'un maître d'école, mais tiri signifie
ici « crever », et orilli est pris dans le
sens de « tympan de l'oreille ». Gp. à Lyon
tirer un œil pour le « crever ». Pour
l'idée cp. fr. popul. perce-oreilles. Dans
l'express, de Lyon cure-oreilles on a vu
le sens restreint de « fourrager dans
l'oreille » sans crever le tympan.
TITRE (titre) v. a. — à Paniss. Tisser.
De textere = tecst(e)re. Gh. de e ou-
vert en i (27); d'où iistre, qui existait en
vfr., et titre par chute de s (179).
T-0 à Morn.; à River., Paniss. T-E; à
Lyon<-t, dph. Ao, loc. explétive qui s'em-
ploie dans les inteiTogat. et se place après
le vb. Vegni-vO'tOi à Lyon venez-votM-t-i
= venez-vous? Elle s'emploie négativem.
av. pôs = pas, mais alors t-o-pôs, t-i-pas
devient souvent une entité .séparée, qui
signifie « n'est-ce pas? » — Vos vegni, t-o-
pôs; à Lyon vous venez, ti-pas, signifie
« vous venez, n'est-ce pas? » Mais souvent
aussi on supprime la virgule, et alors vos
vegni-Co-pôs signifie simplem. « ne venez-
vous pas? » T'O ou ^t devient ainsi purem.
explét.
Sur vient-il, fait-il, etc., on a fait, vers
le xvi« siècle va-t-il, manget-il, etc. Or,
comme aujourd'hui le pronom ne s'emploie
guère après le vb. que dans l'interrogal.,
/'i('/;,dans le fr. popul., est devenu le signe
de l'interrogat., et l'on dit vais-je-ti,
comme on dit va-t-il. La particularité du
pat., c'estd'avoir fait figurer dans lalocut.
non le pronom personn. a(l)y mais le
pronom neutre o (v. ce mot).
TOCASSIN V. tacassïn.
TOCHI (tochi) s. t — Coups, dommages.
To lo inoode tou lo bien,
Aie lo fére est lo mtlin.
Car un chacun crin la tochi^
Et Todret que lou raisin
Solet payi la briochi.
c Tout le monde veut le bien. — Mais
le faire est le difilcile, — Car chacun craint
les coups, — Et voudrait que son voisin
— Payât seul la faute ■ {Chans, de Rev.)
Subst. f, de tochi, toucher.
TOCHI (tochi) V. a. — Aiguillonner, en
parlant des bœufs.
Du type qui a fait fr. toucher, Sufl". t
(15 2«).
TOCHURI (lochuri) s. f. — Aiguillon du
bouvier.
Ne valié^to p6s mio manèyi la tockuri,
Qua d'all6 me contraindre k faire iua brochuri ?
« Ne valait-il pas mieux manier l'aiguil-
lon (être bouvier), — Que de me con-
traindre à écrire une brochure? » (Proc.)
De In. tochi. toucher, av. suff. tri,
d'oria (36).
TOCOLA (tôkôla); ap. Coch. TACOLA
(takôla) s. f. — 1. Suivant Coch. « Tour-
niquet en bois servant à fermer la porte. »
C'est le sens primitif aujourd'hui peu usité.
Dph. taccola, Voiron tacoula, cheville de
bois qui sert à empêcher de lever le loquet
d'une porte. — 2. Femme scrupuleuse,
bigote, méticuleuse.
Métath. de catola cotôla (v. ce mot au
sens 1. et 8.). Tocola doit être séparé de
tracola.
TOFFÈYA (tofèya) à Morn.; à River.
TUFFÈYA s. f. — Soupe de courge et de
pommes de terre, le tout bien écrasé et
bouilli dans du lait. Ss.-rom. tofet, ome-
lette faite à la tourtière.
C'est le vfr. estouffée* Chute de es
(112 4»); ch. de ou en o (34, rem. 4); ch.
de ée en èga (1, rem. 4). Dans la forme
tuffèya 0 init. a passé à u sous infl. de la
lab. qui suit. C'est par erreur que Bridel
a vu dans tofet, tôt-fait, les étouffées se
cuisant au contraire lentement. D'ailleurs
la forme toffèya exclut l'étx ui.
*TOLA V. tolô.
*TOMMA (lôma) s. f. — c Fromage
mou. » (Coch.) — La définit, n'est pas
complète. La tomme est bien un fromage
mou, mais c'est aussi du lait caillé à l'aide
de présure et qu'on mange très frais.
Dans d'autres endroits c'est encore un
petitfromage. Littré dit qu'en vieillissant
et en se durcissant la tomme prend le nom
de fromage. Elle garde le plus souvent
son nom de tomme, qui est alors pour
[fromage de] tomme.
Le lat. tomum parait n'avoir donné que
le mot savant ^om&, division d'un ouvrage,
et je crois que c'est tout à fait à tort que
Diei (par liaison d'idées av. volumen) y
voit l'étym. de esp. et port, tomo « corps
volumineux, masse ». Je crois que Torig.
de celui-ci est celt. ; kym. tom « a mound »,
corn, tomals « much of any thing », gaël.
tomad « size, bulk: » irl. tom « a small
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TONA
407
heap ». Ce type existant dans toutes les
branches cell. (sauf Tarm.). il n'y a pas
lieu de supposer qu'il ait été emprunté au
roman. Il peut avoir fourni tomma « fro-
mage », soit parce que le lait en se caillant
forme masse, soit parce que la tomma,
dans plusieurs pays, est un fromage très
volumineux par rapport aux « petits fro-
mages », cabrillons, rougerets etc. Il faut
remarquer de plus que, dans l'Auvergne
et le Ganlal, la tomme est une grosse
pelolle que l'on forme en réunissant les
morceaux de lait caillé, ce qui est fort en
rapport av. le sens do « petit monceau »
dans rit. iom. Partout la tomme a le carac-
tère d'une pelotte, d'un petit monceau. Je
reconnais d'ailleurs que l'étym. est hypo-
thét. pour tomme c fromage », mais je la
crois assurée pour tomo € corps volumi-
neux ». Je crois aussi que c'est à tort que
Du G. rapproche toma, tomantula, ioma-
celliis, tomacia « intestins » dans Papias,
de toma c Italis formaticum pinguius ».
Il n'y a aucune probabilité que le fromage
mou ait été dénommé par un rapprochem.
av. la graisse des entrailles. Toma ne
Hgure pas dans les dictionn. it. Il est pro-
bable que Du G. l'a tiré du piém. toma
» cacio fresco », qui. comme beaucoup
d'autres mots, est commun au piém. et aux
dialectes franco-prov.
TONA V. tauna,
*TONDU (tondu) adj. m. — Goch. ne
donne pas la définit, de ce mot, mais seu-
lem. l'ex. « Oui é tondu, il a manqué son
coup. » Je crois avoir entendu cette
express., mais elle est très rare.
Subst. partie, de fr. tondre. Le sens
vient probablem. d'un souvenir historique.
On sait que sous la !*• race royale on
faisait raser la chevelure du roi dépos-
sédé.
'TONNA (tdna); à Lyon tonne s. f. —
Tonnelle.
De In. tonna c futaille », parce que la
tonne s'est faite primitivem. en forme de
voûte, arrondie comme un tonneau scié
en deux parties dans le sens de sa lon-
gueur (cp. angl. tunnel). Mais aujour-
d'hui la plupart des treilles forment un
plafond plat, et ne se nomment pas moins
tonnes,
*TOPETTA (topéta); à hy on t omette s.
f» — « Petite bouteille de liqueur, envi-
ron demi-septier. » (Goch.) — Aujourd'hui
Fiole en verre blanc, de forme très
allongée, à long goulot, qui doit contenir
125 gram . environ. On voit que les topettes
ont diminué, comme tout le reste. Il est
vrai qu'il y a la c double topette ». Le
mot ne s'emploie qu'en pharmacie. Une
topette de sirop de capillaire. Pr. tau
peto toupeto, carafon, fiole. En Limons,
et en Berri mesure de liquide = une demi-
chopine; ss.-rom. topetta, petite fiole.
Du germ.. vha. toph, mha. topf c pot »
et « crâne », ail. topf c pot ». D'où un
rad. top (sur la chute de f cp. zapf = fr.
tap dans fapon). Il est remarquable qu'en
germ. comme en lat. (testa), on ait tiré du
mot signifiant pot, le mot signifiant tête,
crâne. Au rad. top s'est ajouté le suff.
dim. et ta.
TOPIN (topin) à Paniss.; à Morn. TU-
PIN ("tupin); à River., R.-de-G. TIPIN
(tchipln, tsipln); à Lyon tupin (vieilli)
s. m. Vfr. topi, ss.-rom. toupein tepein^
Taren taise tepein — Pot.
Et chapiau de carton, à forme de tsipfn.
€ Et un chapeau de carton, en forme de
pol. » {Mén.)
Orig. germ. — Vha. topK ail. topf, pot.
Au thème s'est ajouté le suff. dim. in. La
forme de Paniss. est la plus régul. On a eu
primitivem. toupin, dans lequel ou a passé
au, suivant certaines phonétiques, partî-
culièrem. celle de Lyon ("34); puis cet ua
passé parfois à t sous infl. de p (73,
rem. 4).
N. de lieux, à Lyon les rues Tupin et
du Tupin-rompu.
T-0 POS (lopd)à River., Paniss. T-E
POS; à Lyon t-i pas, locut. signifiant
€ N'est-ce pas? » V. sous t-o.
TORCHE vin. s. f. — Sorte de pains —
1864-65 : < Paia à cellos qui porterion la
symazi (tonneau; de la villa et les torches
pour donar ou conte de Pezenas... Item
que fut servy ou gouvernour ou Darphinal
lo XXVIII* jour de junier por VI torches
qui pesieront XXII livres... » — 1378 :
« Item pour XII torches, XII d. detourtez
et XII d. de confitures données a mons. de
Genève... » {Inv. de la C.)
Subst. V. de 'torcare pour toreiare (t.
torchi vb.), sans doute parce que le pain
avait une forme non sans analogie av. une
tresse. Gp. tourte, de torta.
TORCHI (torchi) s. f. — Essuie-main.
Subst. V. de torchi^ au sens d'essuyer.
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408
TORC
TORCHI (torchl) v. a. — 1. Essuyer.
Du b. lai. torc9Lre^ de Uorca « bouchon
de paille » servant à nettoyer. Je suppose
que torcare est pour Uorticare ou 'ior-
ciare, de tortum^ en ce sens que le bou-
chon de paille était tordu, < troussé >, pour
lui donner de rhomogénéité. Ch. de c en
ch (170 !•). — 2. Manger, au sens int. et
péj, « I-s-ant torchi celo pan, ils ont
dévoré ce pain. »
Le sens de « essuyer » et celui de < man-
ger » se sont toujours liés dans la pensée
popul. Gp. panô « essuyer » et « manger *.
On aura trouvé qq. chose de plaisant dans
l'idée d'essuyer si bien un objet qu'on le
fait disparaître. Toutefois le dêveloppeni.
de l'idée n'a pas fait passer torchi au sens
de « voler », comme panô.
Je ne crois pas que le vin. torche, sorte
de pain, soit pour rien dans la dérivât, du
sens primitif de torchi à celui do manger,
pas plus que pan < pain > dans celle de
panô, même sens. Les lois de la dérivât,
logique s'y opposent. On ne trouve nulle
part poissonner pour « manger du pois-
son », ni fruiter pour * manger du fruit. »
TORGNI V. ètrègni.
TORIRI (torirl) TORRÉRI (loréri) s. f.
— Se dit de la tanière de tout animal, la-
pin» blaireau etc., et même du trou du
grillon.
Et te, Yllain mogDiô, qu^au fond de ta lorréri,
Demori lié jornais sins vère la charriri.
« Et toi, vilain moineau, qui, au fond
de ta tanière, — Demeura six journées
sans voir la rue. » {Brey.)
De vfr. taisniere, de taxum (v. taisson),
plus suff. ière, Taisniere a passé à tai-
riere par ch. de n en r, qu'on retrouve
dans coph{i)num = fr. coffre, pamp(i)'
num = pampre, diac(o)num=z diacre.
Mais comme je ne connais aucun ex. de ce
ch. dans le groupe sn, où d'ailleurs s
tombe généralem. (168), je crois qu'ici le
ch. a été déterminé par l'infl. de tarô,
percer. D'où aussi le passage de ai init.
à a. — Je vois d'ailleurs la preuve de
l'ètym. taisniere dans le suff. iri de toriri;
car si le mot eût été fait primitivem. sur
tarô, toriri signifierait (comme fr. tarière)
une chose trouante et non une chose
trouée. On a donc substitué le rad. de
tarô en gardant le suff. de taisniere.
TORNO (tornô) l. v. a. — Tourner,
retourner. Tornô ina barilli, retourner
un tonneau. — 2. v. n. Revenir. O nos
faut lornô. il faut nous en retourner. —
8. V. auxil. — Exprime la réitérât, de
Tacle indiqué par le vb. gouverné. O faut
tornô fère ceV oura, il faut refaire cet
ouvrage, Tornô dire, répéter.
De tornsire « faire qq. chose au tour »,
pris au sens de verlere,
TOROBOT (torôbô); à Lyon tarabat s.
m. For. tarrabat, pr. torabast, auv. tara-
bat^ lim. talaba, piém. tarabas, pr. (ara-
basteri, rgt. torrobostal — Bruit, boule
versement, remuement bruyant, remue-
ménage. Bolon. tarabaquel c ogni mac-
china stravaganle. parMcolarmenle di
legno », tarrabatameint « bouleverse-
ment ».
J'ai-l-eu uu tarrabat aa fond de ma fonlana.
« J'ai eu un remue-ménage au fond de
mon estomac, n (Chap.)
Probaiilem. de vfr. rabast (v. rabota)^
av. préf. ta. Gh. de a ton. et piot. en 6
(1 et 59). D'après Roquef. (Dictionn.
étym.), le tarrabat, en vfr., était une sorte
de crécelle pour réveiller les moines. S'il
en est ainsi, le tarabat de Lyon n'est que
le mot pris au lig.
TOROBOTE (torôbôte); à River, et a.i.
Goch. TARABATA;à Lyon tarabâte tara-
bdtre subst. m. et adj. — D'après Coch.
< Enfant vif, qui fait du bruit », mais en
réalité se dit de toute personne turbulente,
qui s'agite. Que cela fëna est donc torô-
bôte, que cette femme est donc turbu-
lente! »
De torôbôt (v. ce mot), av. désin. fém. a.
TOROBOTO (torôbôtô) à Crap. ; à River.
TAR ABOTO (larabôtô) v. n. Pr. tarabasta,
Igd. barabasta trabasta, ss.-rom. tara-
bouhlla — Remuer bruyamment.
De torôbôt (v. co mot), av. suff. d (14 !•).
TOROGNIER (torognô) s. m. — à Lyon
Usurier. Mot communiqué.
Si, comme d'ailleurs je n'ai pas de rai-
son d*en douter, le mot existe, il a dft être
composé av. tôt, rogner, et le suff ter
(13). Torognier = < homme qui a tôt fait
de rogner ». Au lieu de tôt (tostum)^ ce
pourrait être tôt (tuttum) : c homme qui
rogne tout ». N'ayant pas pris la pranon-
ciat. sur le fait, je ne puis trancher la
question. En tout cas le mot est bien peu
usité.
TORDRA (tôrôra) TARORA (larôra)
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TORR
409
s. f, -- Tarière du charron et du char-
pentier.
De tarB,tra pour taratrum, Gh. de ir
en r (164 3*); de a ton. et prot. en ô (1
et 59).
TORRA (tôrra) s. f. — à Yzer. la Pa-
resse. Avei Im ton-a, à Lyon avoir la
cagne. être pris de paresse.
Si Ton admettait la métalh. de torpor
en topror (187 1'), on expliquerait torra
par Tàddit. de la désin. fém. a, et la voca-
lisât, de p (164 6»). Cf. en Langued. tor
toun'ado, gasc. tor « gelée », qui me
semble avoir la même orig., l'idée d*en-
gourdissem. suivant celle de gelée.
TORRÉRI V. ioriri.
TORTA (lorla) s. f. — à S^-Mart. Pain
grossier de seigle et d'orge.
De torta (v. tourte). Il est bizarre que
le même mot ait servi à la fois pour le pain
le plus grossier et pour la pâtisserie la
plus délicate.
TORTI (torti) s. m. — à Paniss. Châssis
suspendu au plafond, sur lequel on place
le pain d'une fournée, pour le mettre à
l'abri des chats et des rats.
De tortïle, parce qu'à Torig. le torti était
une claie tressée, comme en Provence la
trantolo, qui remplit le môme but. On a
eu tortil, réduit à ^o)Vt par chute de Zfin.
(121 8-).
TORTISSIÈRE v. sous tortossièves.
TORTOSSIERES vin. dans le texte sui-
vant. -- 1472 : « A François Anisson, cor-
dier, pour neuf livres tortossieres pour la
dicte réparation (il s'agit de réparation à
une muraille), à 6 deniers la livre, et pour
3 deniers de fll polomard. » (Arch. m. GG.
446)
Les tortossieres étaient des cordes pour
le service de la construction. On appelle
à Lyon tortissières des cordes servant à
encâbler les matériaux, fardeaux, etc., au
moment de leur ascension. Ces iortiS'
sières sont accrochées au câble, qui est U
plus fort cordage, et sert à l'ascension.
Je crois que la forme véritable est tor-
tissières de Uorîicium (de tortum) = tor-
tis, plus suflf. ière (13). Non que ces cordes
soient plus tordues que les autres, mais
parce qu'elles sont « tordue£ x autour de
1 ODjet a nisser. Il se peut que tortissiere
ait été corrompu en toriossière par le co-
piste, comme il se peut que celui-ci ait été
cfomposé av. tortum = torto -J- suflf. ière,
(farius, relié par ss\ mais la !'• hypoth.
est la plus probable.
TOTORA (tôtora) TOTORE Ctôtore);
vin. TOUTORE adv. Pr., gév., b. dph.
toutara; dph. totore^ ss.-rom.,Tarenlaise
totora — Présentement, tout de suite, tout
à l'heure, à l'instant. Vpr. tôt' ora, à toute
heure.
Et-ey TTty ce qui dion, ct-ey chousa oerltina,
Que vous lenit ioutort tous deux Caremenlrant?
« Est-ce vrai, ce qu'on dit, est-ce chose
certaine, — Qu'à l'instant vous teniez tous
deux Carême-entrant? » (Bern.)
Ml fay, je cray que j'y sou
Totort k la porta.
•» Ma foi, je crois que nous sommes —
Maintenant à la porte. » (Noël M2Z
De lul(liim) (ad) Aora(m). Gh. de u bref
en o (38). Remarquez qu'en vfr. tout à
l'heure avait aussi la signification de pré-
sentement.
TOTORE V. totora.
TOU (tou) s. m. — Ganal, égout, acque-
duc, mais toujours souterrain. Morv. tou
« ouverture, conduit, rigole, canal, voûte
d'étang »; sarde tiiifulu « tube, conduit ».
Detnbum. V. sous étouaison. Tou doit
être disjoint de fr. tuyau; esp., pr. tudel.
TOU IN A ('touinadissyl.)s. f. — àMorn.
Gros morceau de pain, mais on y joint
communém. l'adj. groussa. « / Vant iqui
bailli ina groussa touina de pan, ils
t'ont donné là un gros morceau de pain. >
Étym. inconn.
TOUO (touô monosyl.) à Morn. ; à Pa-
niss. TUO ("tuô) V. a. Gév. toua— Éteindre,
en parlant du feu. « O faut tuô lo fuè, il
faut éteindre le feu. »
G'est le sens primitif de tuer c mettre à
l'abri du dangw de », de tutSire, fait sur
tutus (T)\e7.); ou de (utare au sens de
« finire, spegnere », d'où« uccidere. smor-
zare », de totus (Ascoli;. Il est assez sin-
gulier qu'on dise tuô en parlant du feu
qu'on éteint, et péri en parlant du liquide
que l'on jette p£»rce qu'il n'est plus bon.
TOURET vin. s. m. — On trouve dans
Cotgr. au dict. angl.-fr. f A mavis (bird)
Grivette, mauvis, siserre. Lionnois Toti-
ret ». Ge mot paraît avoir disparu. Ghez
nous le mauvis est enveloppé sous le nom
commun de merle.
De tnrdo, av. suff. et. Sur le sens cp.
pr. tourdre « grive » et remarq. qu'en fr.
le mauvis s'appelle aussi grivette. Mais je
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410
TOUR
ne sais pourquoi l'on n'a pas eu tourdet
(cp. pr. tourdret, petit oiseau grivelé).
TOURTE s. f. Dph. toriel — à Lyon
Disque de pâtisserie, à bords relevés, re-
couvert d'une couche de confiture sur la-
quelle on place un treillis de bâtonnets de
pâte sucrée et dorée. Telle est exactem. la
vieille tourte, dont le nom s'est étendu à
des gâteaux de forme analogue, mais aux
fruits, à la frangipane, et sans treillis, qui
ne difTèrent pas de la tarte ordinaire.
De torta < gâteau plat >, mais torta
« gâteau » se rapporte évidemm. à lorta
€ chose tressée », et comme la tourte n'a
jamais été hélicoïdale, je serais disposé à
voir l'idée de torsade dans le treillis à
jour dont la couche de confiture est recou-
verte, et qui doit avoir une orig. ancienne.
Il serait curieux que cette pâtisserie eût
été inventée par un pâtissier gallo-romain.
TOUTORE V. totora.
TRABLA V. trohla.
TRABUJO ftrabujo; s. m. — Grabuge
désordre, trouble.
Te s6i que j'a-yint pré Stint Georjo ptr refujo,
Aroué Tespoir flttleur d*y ftire du trabujo»
«c Tu sais que j'avais pris Saint-Georges
pour refuge, — Avec l'espoir flatteur d'y
soulever des troubles. » {Brey.)
C'est fr. grabuge, du germ., ail. grahcn
du vha. graho « fosse fcp. fouillis ^ de
fouiller) », comme l'indique Scheler.
L'équivalence de gr et de tr init. est à
remarquer. L'analogue se retrouve dans
c{a)rillonner = trèlhonnô.
TRACANET v. racanet,
TRACI (trassi) v. a. — à R.-de G. Tra-
verser. Pr. trassa « pénétrer, percer, tra-
verser. »
Je preno lot d*iii coup l'einTé de f roct Gi ;
De Taulro Id dou pool je reocontro Fougi.
c Je prends tout d'un coup l'envie de
traverser Gier; — De l'autre côté du pont
Je rencontre Faugier. ^ (GorL)
Je ne connais tracl qu'au sens de faire
une trace av. les pieds, ou de planter des
piquets pour tracer un chemin, le plan
d'un bâtiment etc. Le vfr. trasser signi-
fiait « faire n>ute », tracer « courir ». La
dérivât. p;trait être celle-ci : 'traciiaj'e^
de tractus « faire un Irait — faire une
trace — s'ouvrir un passage ~ s'ouvrir un
passage au travers d'une chose — Ira*
vorsor lUiio rivièiv. uno rue] »»lc. — péné-
trer, traverser [un corps] », qui est le
sens pr.
TRACOLA (trakola) vin. adj. —Fermé,
assujetti par un loquet.
La cleya de l'éUblo
Estct ma (racola,
€ La porte à claire-voie de l'étable ^
Était mal fermée. » {Noël xvi» s.)
Adj. partie, d'un y.tracola, aujourd'hui
tracollô (V. trocolla) et qui signifie bascu-
ler. La tracola était donc le loquet (qui
fait bascule). Je crois que le mot existe
encore et j'ai un vague souvenir d'avoir
entendu trocolla au sens de loquet. Je ne
sais si l'it. taccola « sorte de corneille »
et « bavard » peut être rapproché ; le nom
aurait-il été donné par ressemblance du
bruit de la corneille av. le bruit répété
d'une trappe ou d'un loquet?
TRACOLLET Ctrakôlè) s. m. — à Pa-
niss. Piège à trébuchet pour les oiseaux.
Le même que trocolla (jadis tracolla)
1, av. suit. dim. et; a étant prot. a mieux
résisté au passage^ à 6 (B9),
TRAÉSINT V. irienr.
TRAFFOYRES vin. dans le texte suiv.
« Quincagenta seraillias ferri vocatas
traffoyres », cinquante serrures appelées
traffoyres {Invent, d'un serrurier^ 1372).
Ce sont des serrures qui ouvrent des 2
côtés, par opposit. aux serrures de pla-
card, qui ouvrent d'un seul. De trans et
de forare, av. sufif. fr. oire, d'orûi. Le
tout fait traforoire, réduit à trafoire pour
éviter la répétit. de r. Ces serrures se
nomment aujourd'hui bénardes,
TRAFORO (traforô) v. a It. traforare
— Traverser.
In prononçait co« mot, Isa Borldh telln
ATOué rapidiilè ly trafort répnla.
« En prononçant ce mot, une balle mor-
telle — Rapidement lui traverse répaule. »
{Brey,)
On dit aussi traforô ina riviri^ tna
eharriri, traverser une rivièi-e, une rue etc.
De tranS'fortixe. Trans = fra par chuU»
de n (176), et forare = forô (14 3-).
TRAFUSER (trafuzé) v. a. — terme de
fabrique. Accomplir une opération qui
consiste à mettre un matteau à une che-
ville, et plaçant les deux mains à rintèrieur
du matteau, dans la parUe inférieure, à
lui imprimer un mouvem. de rotation qui
a pour but de séparer les flottes pour
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TRAF
411
pouToir les mettre séparém. sur le guindre
de la mécanique à dévider.
De tra, de trans, et fiissire « se ré-
pandre >, de ftisiim. La soie est divisée,
€ répandue >. L'it. techn. irafusola «éche-
veaux de soie sur des chevilles > doit être
dér. d'un vb. it. *trafusare, que je ne con-
nais pas, mais qui existe sans doute en
technologie, et auquel nous avons em-
prunté probablem. notre traîuser.
TRAFUSOIR (trafuzoip) s. m. — terme
de fabrique. Arbre vertical portant des
chevilles pour trafuser la soie.
De trafuser, av. suflf. fr. oir, d'orium.
TRAGER (trajé) v. n. — à Lyon « Faire
du chemin ». Mot tiré du recueil de
M. Aniel (v. s,jabri au Supplém.),
On trouve : Pays de Bray tracher
« chercher av. attention », tracher sa vie
« mendier », norm. trache « chercher »,
Lorr. (le Tholy) tracié « passer souvent
au môme endroit », Vosges tracié « aller
et venir », vfr. trader « découvrir à la
trace », Morv. traïjer « aller ça et là,
passer souvent dans le même endroit »;
berr. trager triger « traverser, rôder » ;
Jura trajer « aller, venir »; for. tragea
€ passer à travers >, genev. traguer « por-
ter, traîner». Ces mots ne représentent pas
tracere pour trsicere^ qui aurait donné
In. trager trayi^ ni un vb. formé sur tra-
jectum, car on aurait tragetter. Je crois,
comme M. Joret, que les formes picardes
et norm. indiquent *tracciare, de tracere,
et que trager est la déformat, de tracher.
Nous avons emprunté qq. mots au pic,
tels que chaintre (v. ce mot), et pourrions
lui avoir emprunté trager.
TRAIN ASSI (trènassi) s. f. — 1. Renouée
des oiseaux, polygonum aviculare, « 2.
Agrostis.^'^. Ervum h\rstitum.
De In. tralno « traîner », av. suflf. péj.
assi* De ce que les tiges traînent sur le
sol.
TRAIRE (trére) v. a. — Arracher.
Traire in ôbro, arracher un arbre. Au
rebours traire les vaches se dit tiri le
vaches.
De trKc(e)re. Gh. de ac en ai (10).
TRAÏSINTv. trient.
TRALAJO (tralajo) vin. s. m. dans le
texte sUiv. t Item por lo tralajo, xlh s.
V. » (L. R.)
Le mot. comme le fait remarquer
M. Guigue, a le sens de « fruis de voyage,
transport ». Il me parait composé de tra
(trans)y de alla « aller », et suflf. ajo,
d'aticum. Le tout donne tra-aUajo, réduit
à tralajo. Il semble que ce mot serait de
nature à appuyer l'élym. allare, de alla-
tum (ad latumjy allaticiim se dérivant
naturellem. de allatum (qui n'est pas
hypothét.). Mais je crois qu'une format,
purem. romane est plus vraisemblable.
TRALIURE (tralhure) TRALURE v. n.
— Briller au travers, briller vaguement.
Lo solei traluit, le soleil luit au travers
des nuages.
A peoa lo sole flgnécié de traliure.
€ A peine le soleil finissait-il de se cou-
cher. » (Mar.)
De trans-lvLc(e)re (pour lucere). Trans
=z tra (v. traforô) et lucfejre = luire
(164 lo, rem. 1), et Hure par attract. de
l'yotte. Traliure se réduit à Iralure,
comme adduire à addure.
TRALURE V. traliure,
TRAMBALO v. trampalô.
TRAMPALO (tranpalô); à Grap., Pa-
niss. TRAMBALO (Iranbalô) v. n. Pr.
trampela trampeleja, sav. trambella —
Trébucher par suite d'ivresse, tituber.
Groytnt que rElernel va sodain s'efifrel
D'euteudre des lurons trampalant sacre! !
« Croyant que Dieu va soudain s'eflfrayer
— D'entendre des lurons qui sacrent en
titubant. » (Hym.)
Renferme le rad. germ. tramp : goth.
trimpan, nor. trampa, ail. trampeln,
angl. to trample « piétiner ». Au thème
s'est ajouté le suflf. fréq olô. Gela donne
trampolô, mais on a dû avoir un simple
'trampa, dont la voy. fin. a pu fournir l'a
du suflf. Dans la forme tramhalô, il y a eu
infl. de ti\mhaller.
TRAMPASSO V. trapassô.
TRANCANER (Irankané) DÉTRAN-
CANER V. a. Lgd. tracana — terme de
fabrique, dévider sur la machine appelée
trancanoir. Lorsque la soie sortant de la
teinture est remise à la dévideuse, celle-ci
met les flottes sur les guindres, cherche
le bout, et dévide sur les roquets. Gomme
la flotte sur le guindre est sujette à s'em-
brouiller, le fil tire à ces moments et fait
une « serrée » sur le roquet. A l'ourdis-
sage le fil pourrait casser. Pour régula-
riser, on dévide une seconde fois le fil sur
le trancanoir. Faire cette opération, c'est
trancaner ou détraucaner la soie. Au fig.
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412
TRAN
transvaser. Genev. trancaner, transvaser
inulilem. un liquide, et par là le perdre ou
le gâter.
De it. stracannsire, mol technique. Au
XV* s. stracannare la seta t passarla da
una altra canna ». It. scannare, dévider.
Le mot a été importé av. Tindustrie de la
soie. Chute de à* init. (112 2*); nasalisât,
de a (184 7% rem. 1). Gomme l'indique
la déûnit., la racine est canna < roquet »
ou « bobine * parce que les bobines étaient
en roseau (cp. canette^ de canna).
TRANCANOIR (trankanoir) DÉTRAN-
CANOIR s. m. terme de fabrique, sorte de
dévidoir.
De trancaner (v. ce mot), av. suff. oir,
d*orium, applicable aux objets moyens
d'action (cp. dévidoir).
TRANCHET (tranché) s. m. dans la
locut. Trier sur le tranchet pour « trier
sur le volet ».
Cette locut., proscrite par Molard, est
tombée en désuétude. Il est probable que
le tranchet était ce que nous appelons
€ planche à hacher *. 1/idée était de
< choses triées sur la planche » avant de
les hacher. Quant à irafichet il était dans
ce cas tiré de trancher^ av. suflf. et appli-
cable aux noms d'objets.
TRANSON (transon) s. m. — Gros mor-
ceau de pain. In transon de pan, un gros
morceau de pain.
De truncionem, de truncum. Ch. de
un en an (72, rem. 2), et de cionem en
son, comme dans coctionem = cosson
(V. ce mot). Transon = fr. tronçon pour
lequel Diez préfère l'étym. thyi'sum, mais
celle-ci, qui convient au pr. tros « trognon
(de chou) », n'est pas en rapport av. le
sens de tronçon.
TRANSONIRI v. transuniri.
TRANSOUTO (transoutô) s. f. — En-
jambée. Feire ina transoutô ^ faire une
enjambée.
Subst. partie, de transoutô,
TRANSOUTO (transoutô) V. a. - Sauter
par-dessus. Vpr. trasautarj franchir.
Enfin Btrttud s'éltnce, et son trdeur guarriéri
Ly fat dint quttro MUlt transoutô la barriéri.
< Enfin Berthaud s'élance, et son ardeur
guerrière — Lui fait dans quatre sauts
passer par-dessus la barrière. » (Brey.)
De trans = tra (176) et saltare =
soutô. On a eu certaincm. tra-soutôt puis
transoutô par la nasalisât, si fréquente
de a.
TRANSUNIRI (transuniri) s. f. àCrap. ;
à River. TRANSONIRI — Grosse scie à
2 personnes, qui sert à couper de gros
arbres.
De truncionem = transon (v. ce mot),
av. su(î. m, d'oria (37). Dans la forme
trans uniriy le passage do o formé à u
est dû à la phonét. de Crap.
TRAPASSO (trapassô) TRAPOSSO
(trapôssô); à River. TRAMPASSO v. a.
B. lat. transpassare, ,vfr. trépasser —
Dépasser en marchant. « Xavian trapôssô
la crue, nous avions passé au delà de
la croix. »
Les orages d*in haut trapôtsont su sa téta.
« Les orages de là-haut passent par-des-
sus sa tête. » (Mon.)
De tra, de trans (175), et de passô
pôssô c passer » ; littéralem. « passer au
delà ». Ce vb. me semble formé plus
logiquem. que fr. dépasser, où. le préf . de
devrait donner au contraire un caractère
de rétrogradât.
TRAPON (Irapon) s. m. — 1. Trappe
pratiquée dans le plancher d'un grenier ou
d'une cave. — 2. Ouverture pratiquée dans
une haie pour le passage.
De fr. trappe, du vha. trsipo t trébu-
chet », av. suff. dim. on.
TRAPOSSO V. trapassô.
TRAQUE (trake; adj. des 2 g. — à Lyon
Écervelé, timbré, demi-fou.
* D'un rad. trac exprimant le dérangem.
d'un ressort, d'une mécanique, et qui pa-
raît être une onomat. Cp. avoir le trac,
céder à une peur instinctive et irréfléchie.
Le sens ne paraît pas permettre de ratta-
cher ce mot à traquer « tendre des toiles
autour du gibier ». Je crois au contraire
que notre rad. trac a agi sur détraqu4n\
s'il ne l'a pas formé. En tous cas Tadj .
traque ne peut s'expliquer que par un vb.
Uraquer, même sens que détraquer, et
dont traque est le subst. v.
TRAQUENË V. traquenôrd.
TRAQUENORD (trakenôr); à Grap.
TRAQUENË Araquenë); à Lyon traque^
nard s. m. — Tarare, van mécanique pour
le grain.
Du fr. traquenard « piège à bêles
fauves ». parce que le tarare se compose
de palettes qui sont mises en jeu par un
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TRAQ
413
mouvem. de rotation, et font assez bien
l'effet de trappes qui tombent, et en rap-
pellent même le bruit. SurTétym. de tra-
quenard V. taquet de moulin. Dans la
forme de Crap. substitut, du suff. ë pour
et au suff. ard.
TRAQUET V. taquet de moulin,
TRAQUINË (trakinë) s. m. — à Crap.
Horloge à poids.
Mftnie orig. que traque ne (v. ce mot)
t van mécanique ». Mais je ne comprends
pas l'analogie que Ton a pu voir entre une
horloge à poids et une machine à trappes.
Est-ce le bruit particulier que fait le
mécanisme lorsqu'on remonte les poids?
TRAQUOIRE (Irakoire) s. f. — terme
pêj. A Lyon fille écervelée, à tète faible.
De In. traque, av. suff. fr. oire, d'oria.
Ce suff. est péj. lorsque, au lieu de s'appli-
qut'r aux objets, il s'applique aux per-
sonnes, qui sont alors comparées à des
objets mécaniques.
TRAS (tra) TROS s. m. Sav. traz —
Solive. Il y a deux espèces de tras : le
tras ordinaire, de 8 cent, de larg. par 11
de haut., et le tras de mate, de 16 cent,
sur 16. Les premiers s'assemblent dans
les poutres; les seconds sont posés sans
assemblage, et simplem. en prise dans
les murs. Vfr. tref, poutre.
De t)'B,b(em). On a eu certainem. traf
(cp. tref), et trafs, av. s analogique, qui
a persisté dans la graphie tras, suivant
l'orthogr. de tous les comptes d'ouvriers.
Vf devant ^ a dû tomber de très bonne
heure, puisqu'on a, dès le xi* s., clés pour
clf*fs. On a d'ailleurs le vfr. très pour le
cas sujet de tref. Dans la forme trôs,
usitée dans les campagnes, ch. de a en o
(1).
Je ne crois pas qu'il faille rapporter tras
au vfr. tras te c poutre », de transtrurn,
pu, à supposer que la post-ton., protégée
par un groupe de 3 cons.« fût tombée, le t
du moins aurait persisté comme dans Igd.
Irast « soupente, galetas >.Ledim. traton
indique d'ailleurs clairem. l'orig. traf.
Il est à remarquer que tras est inconnu
dans laconstruct. parisienne, qui possède
cependant le dim. travette.
TRAVARSI (travarsi); à River. TRA-
VERSA ; H Lyon traverse s. f . For. tra-
varsi — Vent d'ouest. A River, le vent
du S. 0. est appelé Vint-traversa, c'est-
à-d., moitié vent du midi (v. vint) et
moitié vent d'ouest.
Subst. V. de fr. traverser, Gh. de e en et
(68); désin. i (54 5*). Je crois que nous
avons emprunté le mot aux Foréziens, qui
ont donné ce nom au vent d'ouest, parce
qu'il prend en travers la plaine du Forez,
dont le sens longitudinal est du nord au
sud. Le revers ouest des montagnes du
Lyonnais regarde la plaine du Forez.
TRAVON (travon) s. m. — Le môme
que tras.
De 'trabonem, de trabem, Ch. de b en
V (141).
TRAVONEYSON vin. s. f. — Ensemble
des ti*as ou travons d'un plancher. —
1528-29 : « Payement des ouvriers t qui
ont vacqué et continué à faire ung four
à rhostel-Dieu du pont du Rosne. et une
travoneyson sur [iceluy]. > (Inv. de la C.)
De In. travon, av. suff. coll. aison,
d*ationem, Lo dph. a encore traveison,
plancher, de trabem, av. le même suff.
TRAVONO (travonô) v. a. — Mettre,
placer des travons.
De In. travon, av. suff. ô (14 3*). .
TRAYINT V. trient,
TREIVO V. trèvo « petite place, etc. »
TRELLIONNO (trelhônô) v. a. — à
S*-Mart. Carillonner.
C'est carillonna « carillonner », av.
métath. de r (187 1°); d'où cra-illonnô
craillonnô crellionnô, passé à trellionno
par un ch. do cr en tr, analogue à l'échange
qui s'opère entre cl et tl. Cp. trabujo
pour grabujo,
TREMPA (tranpa) s. f. Cév. trempa
1. — Piquette.
Subst. V. de fr. -/remper pour temprer,
de temperAre, parce que le marc de
raisin est trempé d*eau.
2. A Lyon parfois employé pour lessive,
eau dans laquelle « trempe » le linge.
TREMPOTTE s. f. — à Lyon Pain
trempé dans du vin.
De fr. tremper, av. suff. dim. otte,
TREÏHDINA (trandina) à Yzer. ; aux
environs de Lyon TRI EN DINE (triandine)
s. f. — Outil pour travailler la terre,
composé de 3 pointes d'acier fixées sur un
talon.
De In. trient j av. suff. ina; d*où trien-
tina passé à triendina par affaiblissem.
de t mèd. rri^nrfiwa s'est ensuite réduit
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414
TRES
à trendina dans certains endroits. Aux
environs de Lyon a fin. est devenu e
quand on a voulu franciser le mot.
TRESET (trezè) s. m. — à Villefr.
Raisin avorté.
Subst. V. de irezottô, av. suff. dim. et»
TRESINT V. Irient.
TRESOTTO (Irezùtô) v. n. — à Villefr.
Se dit des raisins dont les graines ne se
sont pas développées, et qui, en mûrissant,
sont restées au volume de gros plomb de
chasse.
Le rad. trez signifie traire, tirer, de
tracere (v. trésu trésuri) cp. aussi forez.
trézi € boire >). A ce rad. s*est ajouté le
suff. fréq. ottô. L'idée est que le suc du
raisin a été tiré, pompé.
TRÉSU (trézu) s. m. — Seau dans
lequel on tire le vin.
De frac^e(?), av. suflf. u, à*orem
(34 bis). Sur c devenu j et a devenu é, v.
trésuri.
TRÉSURI (trézuri) s. f. — Benne
placée sous Témissaire du pressoir pour
recevoir le vin.
De trAcfejref, av. suff. uri^ d*oria (37).
Lee du rad. trac serait devenu z dans les
dér. (v. trésu), en même temps qu'il faisait
passer a à ai (v. traire)^ devenu é.
TRÈVO (trèvo); ap. Goch. TREYVO;
vin. TREYVE TREIVO s. m. — t Petite
place triangulaire, carrefour où se réu-
nissent trois chemins. » (Goch.) — La
définit, est incomplète; on appelle aussi
trètos les endroits où 2 chemins se
croisent et forment par conséquent quatre
voies. Ces croisées de chemins sont beau-
coup plus fréquentes que les places trian-
gulaires. Le mot se retrouve dans un
grand nombre de noms de lieux : Trêves ,
près de R.-de-G., Trêves près de Gollonges-
lez-L^on. A Lyon, en 1388, Jean de Foreys
possède « une maison assise en Therberie
que flert en la rue du Treyve Bessal (v.
bessal).
PiMoii par cfttui treivo.
t Passons par ce carrefour. » {Noèl
XVI* s.)
De trivium. Ch. de i bref en ci è (16).
On a eu certainem. treivio, réduit à treivo
trèvo. Dph. trievo « chemin qui a 3 routes
(Gharb.)».
TRÈVO (trèvo) s. m. Lgd. trèbo: pr.,
gèv. trèvo — Esprit qui erre la nuit, qui
fait du bruit dans les maison^} etc. Beau-
coup moins usité que luétin, maisparaii
avoir une significat plus péj. Le luétin
fait des farces plutôt que du mal. Il n'en
est pas de môme du trèvo, qui me parait
plutôt ressembler au drac, lejuel existe
dans plusieurs pat.
Sibst. V. de vpr. trevar^ pr. treva^
gasc. treha, lgd. traiva, lim. triba « rôder »
et par extens. t fréquenter, hanter », pro-
bablem de trivium. Le vfr. possède aussi
un autre subst. v. correspondant à trevar ;
c'est treu, qui se rencontre plusieurs fois
dans les anciens textes pr., av. le sens de
lieu où l'on erre, où l'on se promène, que
l'on fréquente (Chaban.). Sur la chute de
ri at. cp. les formes comme vpif. Itale =
Italia, Alexandre = Alexand^'ia, etc.
TRÉYINT V. trient.
TREYVE V. trèvo « petite place, etc. »
*TREYVO V. trèvo « petite place, etc. »
TRIAILLES ririalhe) s. f. pi. Lgd. tria-
Iho — Êpluchures, débris. « Et iqui se
trovave ben conten se al ayet pu migi de
le triailli (pour triailles) de lous caions »,
et là il se fut trouvé bien content, s'il eût
pu manger les êpluchures destinées aux
porcs (Parab. des frontières du For.).
De trio, fr. trier^ av. suff. coll. aille,
TRIBOR (tribor) s. m. — à Morn.
Triangle formé de 3 bâtons assemblés,
qu'on pend au cou des porcs pour les em-
pêcher d'entrer dans les maisons.
De tri (employé par les Lat. pour ter
dans la composit. des mots), av. bord au
sens étym. de planche, du goth. baurd,
angl. board,
TRICOTO (trikotô); à Lyon tricoter v.
a. — 1. Danser en battant des entrechats,
en remuant les jambes av. agilité.
G'est le fr. tricoter, av. substitut, de
suff. (14 !•) et dérivât, du sens. On a com-
paré le mouvem. des jambes au mouvem.
des aiguilles à tricoter.
2. Dans l'express. Tricota le cloches^
sonner en carillon. A Lyon tricoter les
cloches, for. Iricouta, ss.-rom. trekhau-
douna, Albertville tr'koeudend,
El se bonne galoches,
Par faire lou lutin en tricotant le dodiet.
« Et ses bonnes galoches, — Pour se
démener en carillonnant. » (Chap.)
Le travail de tirer les cordes des cloches,
en croisant ugilem. les mains, peut sug-
gérer le rapprochem. av. le travail du
i tricot, mais l'ex. cite fait allusion nu tra-
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TRIE
445
vail des jambes. Dans les pays où le ca-
rillon est perfectionné, comme à Mende,
Saugues, etc., les cloches, très nombreuses
(il y a des carillons de 22 cloches), sont
mises en mouvem. à l'aide d'un clavier
de pédales, sur lequel le carillonneur tri-
cote, comme le danseur. Il est vraisem-
blable qu'il en était de môme dans l'église
de Saint-Étienne, où, en 1632, Jacques de
Belle-Mine était sonneur, lorsque Chap.
rédigea le Testament, d'où est tiré l'ex.
Les « bonnes galoches » servaient à « tri-
coter >.
TRIENDINE v. Trendina.
TRIENT (trian); à Grap. TRÈYINT
(trè-yin); à Morn. TRAYINT (Ira-yin)
TRAÏSINT (tra-izin); à Yzer. TRAÉSINT
(tra-ézln); à River. TRESINT (trezin) s.
m. Dph. trayen^ Morv. trayant, berr.
trie7it, for. troyon, viv. trayin, saint.
trayant trient— Pioche à 8 dents courtes,
qui sert à enlever le fumier des étables.
De tridentem. Ch. de i bref en e (68);
chute de d (139). On a treent, passé à
trient par le ch. de ee en te, comme dans
l'hiatus lat. ea, devenu ta. Dans les formes
trèyinty trayint l'hiatus a été rompu par
2/, et de plus en a passé à in (29). Les
formes traïsint, iraésint tresint seraient
dues à une format, d'oc. Le d méd., au
lieu de tomber, serait passé d'abord à djs
puis à s: (cp. audire = pr. ausir, videre
= vezei*). Ces formes seraient archaïques.
Aï, aé représenteraient la dipht. origi-
naire ei(16). On pourrait aussi distraire
les formes traïsint etc., des formes trient
etc., et considérer les premières comme
venues de tracere (cp. trésuri). Sur le
sens cp. vfr. trahant et trafiens [ap.
Roquef.), Morv. tire-fient, môme sens que
notre trient. Cette format, serait très
vraisembl. si l'identité des objets ne pa-
raissait devoir faire reporter aussi tous
les mots à une orig. commune, nettem.
indiquée par la forme trient,
♦TRIFFES (trife); à Lyon tru/Tes s. f.
pi. Vionnaz M/Vi, piém., trifola, gév. tri-
folo — Pommes de terre.
De tuh(e)r = tuhra par l'addit. de la
désin. fém. a. Tuhra = truha par métath.
de r (187 l») et trufa par ch, (bien rare)
de b en f. TruftL devient trifa sous infl.
de f(73, rem. 4).
TRIOLET V. trioulo.
TRIOMVIRET v. triomviri.
TRIOMVIRI (trionviri) s. f.; à Hiver.
TRIOMVIRET (triomvirè) s. m. — Cul-
bute cul sur tète.
De tria riria, littéralem. « trois cercles
(pour 8 tours) ». L'a prot. ne tombant pas,
on a triàviri (54 !•) et, par nasalisât, de
a (184 7«, rem. 3) triammri, passé à
triomviri. Dans la forme de River, addit.
du suff. et.
TRIOULO (trioulo); ap. Goch. TRIO-
LET; à Lyon, triolet s. m. Vionnaz triolé
— Trèfle.
Pals boquctô lo trioulo .
€ Fais fleurir le trèfle. » (Prière)
De trifolltum pour trifolium, Ch. de t
bref en è (16); chute de f (144 2»). D'où
treollo= triollo, et trioulo par infl. de /
sur le passage de o à ou, caro entr. égale
ordinairem. o (38). Dans triolet, l'infl. ne
s'est pas fait sentir à cause du sufl'. ac-
centué.
TRI-TRI (tri-tri) s. m. — à Morn.
Grillon.
Onomat. du cri de l'insecte. Le mot a
certainem. été cn-cri passé à tri-tH, Cp.
trellionnô, trahujo (v. ces mots).
TROBLA (trôbla); vin. TR ABLA s. f. —
Table, i Et tantôt illi aliet demandar li-
cenci de alar a trahla >, et bientôt elle
alla demander la permission d'aller à
table (Marg.).
De tB,b(u)la. Insert, de r(184 6% b) ;
ch. de a en d (1).
*TROBLA (trôbla); à Lyon trouble s. f.
— Sorte de fllet pour le poisson. Ne doit
pas se confondre av. le fr. irtible trouble ,
wal. troub, petit filet en forme de poche
qui sert à prendre le poisson dans les
viviers. Ce filet se nomme chez nous /floche.
La trôbla est au contraire un assez grand
filet, qui a, il est vrai, la forme d'une
poche, comme la brécanière, mais l'ouver-
ture est en demi-cercle. Ce demi-cercle
est traversé par une perche qui sert de
manche et se fixe à la fois sur l'arc exté-
rieur et sur la traverse formant corde. La
poche occupait trois hommes montés sur
un barquot qui côtoyait les rives garnies
de vourgines. Le patron plongeait le filet
et lo tenait assujetti sur le fond, en main-
tenant ainsi le bateau en place, pendant
que les deux aides, à l'avant et à l'arrière,
furetaient dans les branches et les racines,
à l'aide de grands bâtons garnis à leur
extrémité inférieure d'une semelle ou
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446
TROB
haltoir. Ils délogeaient ainsi le poisson
quif en temps de crue, \a chercher sa nour-
riture sur les bords, et le forçaient à se
précipiter dans le filet. Cette pêche, dont
mon père me parlait souvent, a été aban-
donnée depuis 50 ou 60 ans pour la pèche
à la brécanière, pratiquée par un seul
homme qui pèche de dessus le bord, et
ramène le filet contre la rive.
Subst. V. de trobîô « troubler », parce
que les opérations des aides troublent
Teau. Le nom a dû ensuite s'étendre au
fr. trouble, petit filet pour les viviers,
parce que celui-ci a été fait sur le patron
de la trouble.
TROBLO (troblô) adj. Ss.-rom., Taren-
taise trobld; h lim. trebla, (fém. treblado)
— Fou. f Lo pouro bogro est troblô, le
pauvre diable a perdu l'esprit. »
Adj. parlicip. de troblô,
TROBLO (troblô) V. a. — Faire devenir
fou. c La mort de sa fena Va troblô ^ la
mort de sa femme Ta rendu fou. > V. n.
Devenir fou. A River, v. n., s'emploie tou-
jours précédé du vb. faire : O Vatat tro-
hlôj c cela l'a rendu fou >.
Le irin troblit, par cnmblo de mùllieur.
f Elle en devint folle, pour comble de
malheur. > (Mon.)
De txirb(u)l9^re, dim. de turbare. Gh.
de u bref en o (38); de are en ô (14 3*).
Sur le sens cp. t un esprit troublé », pour
« esprit atteint de folie ».
TROC (trôk), s. m. Pr. tros, poit. tro
— Gros morceau. In troc de pan, un gros
morceau de pain. Pr. un tros de pan.
D'après Diez, le pr. tros del caul « tro-
gnon de chou » viendrait de vfr. tours
trous irons, it. torso, de thyrsus. Cette
étym. peut être exacte pour tros del caul^
mais non pour troc de pan, car outre que
le pain n'a pas de tige, la prononciat. de
c fin. dans troc indique neltem. une autre
èlym. On peut y lire la métath. de tort
tore y de 'tortiare. Cp. un torchon de pain
< un gros morceau de pain > et le vin.
torche (v. ce mot) « gros pain ». Celte
étym. est plus vraisembl. que truncum,
av. la dénasalisat. de u, la denasalisat.
d'une voy. étant fort rare. Quant au pr.,
il serait le ré.sullat d'une confus, av. tros,
de thyrsum. Le sarde truncu * tronc de
chou » se rapporte à trnncum
TROCOLLA (trôkôla; s. f. For. iracolla
— L Piège à tiébuchet pour les oiseau]^
Subst. V. de 'trans-colSLre, Trans = tra
(176), et colare = colô (1 4 3^) ; littéralem.
* glisser au-delà » et par conséquent bas-
culer. Cp. it. tracùllo « chute, culbute ».
Je ne doute pas qu'il n*y ait eu un vb.
trôcollô t basculer », qui existe peut-être
encore et répond à it. tracollare.
2. — A Lyon tracolle, personne lente,
ti-ainarde, tralne-grolles. « Vances-tu, tra-
colle t »
Paralt-ôtre tôcolla, métath. de côlolla
(v. ce mot aux sens 2. et 4.), av. insert, de r
sous infl. de trôcolla (v. tracola vin.).
*TROLLI (irôlhi); à Lyon trouille s. f.
Sav. trolliet — Tourteau de noix qui serl
à fumer les vignes.
Subst. V. de trolli, presser.
TROLLI (trôlhl); à Lyon trouiller t.
a. Vpr, trulhar troillar, dph. troulha
trolha, pr. trouia, rgt. droulha, lim.
traulha^ vfr. truiller, ss.-rom.. trohlli,
Vionnaz trolhé, cév., b. lim. troulha —
Presser, en parlant du raisin, des noix,
du chcnevis.
De torc(u)lSLre, Métath. de r (187 !•):
ch. de oc(u)lare en olht (164 2*, a, rem.).
*TROLLIA (trolha); à Lyon trouillée
s. f. Vionnaz trotha, sav. trollia — « Une
pressée de vin. » (Coch.) — C'est aussi
une pressée d'huile etc.
De In. trolli « presser », av. suff. «,
data; a ton. a été protégé par Tyolte
(1, rem. 8).
TROLLI N A (trùlhina) s. f. — Mattons
de noix servant à fumer les vignes.
De ti'olli subst., av. sufT. dim. ina.
TRONCHI (ti-onchi) s. f. Dph. tronchi
— 1. Arbre dont on a coupé les branches
et laissé seulem. le tronc, comme aux
saules et souvent aux chênes. On leur fait
ordinairem. cette opérât, tous les six aits.
C'est ce qu'en technologie on nomme
c l'élagage complet ».
Tmnca pour truncus fournil une étym.
régul. Ch. de um en on (47); de c en ch
(174 !•); de a en t (64 2«). Le lim. a
trounho, même sens, qui répond à
trogn-on, d'un fr. supposé tron, qui aurait
été obtenu, suiv. Diez. par la division
erronnée de tron-çon (?). Si l'on admet
une division de tronçon en tronç-on, on
pourrait de même en tirer tronchi, Cetle
étym. aurait l'avantage d'unifier le mot
lim. av. le In.
2. — Ap, Coch. « Aulne ou verne. #
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TRON
417
Ce dernier sens m'est inconnu, et j'ai de
fortes présomptions que Coch. a fait
erreur.
TRONCHI (tronchi) v, a. — Étôter, en
parlant des arbres.
De trunceire, Gh. de un en on (72);
de care en chi (174 1*» et 16 2»).
*TROQUO (Irokô) v. a. « Heurter. »
(Coch.)
Ce mot m'est inconnu. Je suppose que
c'est toquô « frapper, heurter », fr. toquer,
av. insert, de r sous infl. de rocô (v. ce
mot), généralem. employé.
TROS, V. iras.
*TROSSO (trossô) v. a. — 1. « Casser,
couper en deux, i» (Coch.^
Je ne connais le mot que par Coch. Il
me paraît fabriqué sur pr. iroi « tronçon
(\. troc) »,av. suff. ô, qui, en In., pourrait
être i (15 3", rem. 2). Il se peut qu'il ait
été emprunté à un dialecte d'oc.
2. — Trousser.
Du m^me type qui a fait le mot fr.
*TROTTIN à Lyon dans l'express.
Dévotion de saint Trotti7i, dévotion des
pèlerinages. Se dit aussi de la dévotion
des inférieurs ou des jeunes gens qui
demandent à sortir sous prétexte d'aller
à l'église. Coch. n'a pas oublié de consi-
gner l'express., qui doit être répandue
aussi dans les campagnes. Béarn. sent
Trouti, patron imaginaire des gens qui
vont par monts et par vaux.
Formé sur fr. trotter, av. suflf. in,
*TROUET V. truê.
TROUFIGNON Ttroufignon) s. m. Pr.
iroufignon — à Lyon anus.
De trou et fignon, dans lequel on est
un suflf. substitué, mais à quoi? Est-ce au
sufr. el al de vfr. finel, fr. final î Est-ce au
suflf. et de vfr. finet fignet^ dim. de/în,
employé ironiquem.? La 1»* supposit.
semble la plus probable. Troufig^ion
égalerait donc trou- final, Cp. rgt. fi del
mounde (fln du monde^ t rectum ».
TROUILLAf^DI (troulhandl) s. m. — Le
meunier du moulin à huile. Dph. trouil^
lande, nom donné aux vigneron.s qui
pressent le vin.
De In. trouille (v. sous trolli subst.),
av. un suflf. andt = fr. andier, par analog.
av. dinandier, taillandier. Remarquez
qu'av. le suflf. ordinaire iV?r, le vb. trouil-
ler 9\ le subst. trouiller se seraient con-
fondus.
TRUCHf (Iruchi) v. n. - Pulluler,
multiplier. Morv. troichi. se dit des
plantes qui, étendant leurs racines, pro-
jettent des tiges nombreuses. Genev. tro-
cher, donner trop de tiges; champ, tro-
cher, pousser des rejetons, s'étendre,
pulluler; messin trancher, taller; ss.-
rom. trotza, Jura trucher, taller.
Doit être rapproché de fr. troche « bou-
quet naturel de fleurs ou de fruits » ; tro-
chée, Lorr., trouchée « ensemble des ra-
meaux que pousse un arbre venu de
graine, quand on le coupe un peu au-
dessus de terre >. On tire troche de ail.
traube, vha. drupo c grappe », par l'in-
termédiaire d'un b. lat. *drupea trupea.
qui donnerait In. <roiic/ii, lequel peut fa-
cilem., suivant les phonétiques, passera
truchi; d'où, av. sutî. i (15 2*»), un v. tru-
chi « drugeonner, multiplier comme les
pousses en cépée ».
TRUÊ*(truëyâ Grap.; à River. TRUE
(trué); ap. Coch. TROUET s. m. Dph..
saint, treuil — Pressoir.
De troc(u)lum pour t or eu lum. Au m.
â. o bref libre (ou devenu seulem. entr. en
roman) se diphtong. en uo ue (xiv« s.). Gp.
puehlo de pop[u)luiin. On a donc eu trueil,
comme on a fr. treuil. Le curieux, c'est que
/ fln. soit tombée au lieu de se transformer
en r, comme dans fauteuil devenu fau^
teur. Gela tient à ce que le sufl". et (réduit
plus tard à é) s'est substitué au suflf. eil,
comme il s'est substitué au suflf. el dans
faret pour farel, houffaret pour bouffa-
rel (v. bouffaret au Supplém.),
TRUÉ V. truë.
TUBER (SE) V. pron. V. sous tuba.
. TUBO (tubô) adj. des 2 g. — Météoriaé,
en parlant d'un animal.
Subst. partie, de tubô vb.
TUBO (tub6); à River. TIBO (tchibô)
V. a. — Météoriser, en parlant de bestiaux
qui ont mangé du trèfle vert ou mouillé.
S'emploie surtout sous la forme réfléchie.
Lo bou s'é tibo, le bœuf s'est météorisé.
A Lyon se tuber, manger énormément, de
façon à être gonflé. Vpr. tibat « gonflé ».
De 'tubSire, con tract, de tuberare, Gh.
de are en ô (14 2«). Sur la conservât, de
b V. 143, rem. Dans la forme tibo, le pas-
sage de u à t est dû k la lab. (73. rem. 4).
Le rgt. Rtiba « crever, périr, » en parlant
des animaux. Sur celte dérivât, de .sens cp.
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418
TUFF
fr. vretf^Vy do crepare, qui a pris la même
Higniûcat.
TUFFÈYA V. to/rèpa.
TUMA V. iuna,
TUMO V. tunô.
TUNA (tuna) TUMA ^uma) s. f. dans
Texpress. Feire la tuna, la tximay à Lyon
faire la tune — Bambocher, faire la dé-
l)auche. Ss.-rom. tuna^ débauche de vin,
société de buveurs.
Ah, tUi-té, YtcalM>n<1t, ah, suéfcs de redeins,
Au lieu de mochardô, vo zavey Tait la tuma.
« Âht dit-il, vagabonds, ah! chétifs vau-
j'ienfl, — Au lieu d'espionner, vous avez
fait la débauche. » (Brey.)
Subst. V. de tunô tumô.
*TUNO (tunô) TUMO (lum6,à R.-de-G.
tfiumô); à Lyon tuner v. n. Lim. iuna —
Roire abondamm.; parextens. se divertir,
faire la débauche. Lorr. tumer, boire.
« Tumez donc, buvez donc. »
Onte, seiiii cuHsultO gni major ni recru,
L* Allié va tsumô lo rôpl de son crû.
« Où, sans consulter le major ni les re-
crues, — Lallier va se gorger de la piquetle
de son crû. » (Mén.)
A propos de ce mot, Goch. dit : « On
prétend qu*à Tépoque des Croisades, on
élal»lit, dans l'endroit que les Carmes Dé-
chaussés ont habité à Lyon, des croisés
venant de Tunis, qui étaient malades; que,
do là, ce local fut appelé la maison de
Thunes; que, dans la suite, il y eut une
auberge où Ton allait se divertir; que de
là est venu le mol tuner pour dire se di-
vertir. » La présence du mol dans des dia-
lectes éloignés géographiquem. met à néant
Texplicat. qui avait cours au temps de
Gocii., et qui a été souvent reproduite.
Je crois que la forme primitive est tunô:
de pr. touno, tonne, grande futaille. Tunô
« entonner, vider dans un tonneau ». Il
est vrai qu'on devrait avoir tnunô: mais
le passage de ou à u est assez fréq. en
pr. (op. lur z=z lour, d'illorum; cp. aussi
In. tifpin pour toupin),
Quant au passage de tunô à tu)iiô, peut-
on 1 expliquer par Tinfl. du vfr. tumer
« sauter, danser, bondir, faire des tours
de farceur»; Morv. teu>ner « verser, ré-
piuidre », lequel a dû avoir un correspon-
dant pr. tumar^ et que Diez rattache au
vha. tvtmon « tournoyer. tK^bucher ». De
là l'idée gtMiei*ale de « se divertir ». qui
«xisie à c6:é de lidéo sp*.M:iale de « boire ».
TUO (luô dissyl.) dans l'express. Tur,
lo fuë, éteindre le feu. Gév. tua loti /io,
Vionnaz toa lo fod.
L'express, est vfr. Tuer le vent, tuer
le feu. Ce sens justifie Tétym. 'tutare
« mettre une chose à Tabri du danger, la
rendre inoffensive. » Cp. péri Vaigui (v.
péri),
'TU PIN Y.topin.
*TUREAU (turô) s. m. M. lai. foro
turo toronus turonus ; dsins\esdisL\.d*oc
turoun turou — « Colline arrondie
allant en pointe », dit Goch., c'est-à-d. de
forme conique. Ce mot, aujourd'hui
presque inusité, signifie, je crois, un ma-
melon. D'après M. Mistral, le turoun est
un « monticule aplati au sommet ». Vfr.
turault toral turaut « élévation de terre »
("Roquef.); pr ^oura/, alp. taur al, d^ïi.
tarai c élévation de terre qui sépare deux
héritages, tertre, monticule »; touret
N butte, monticule aplati au sommet, pe-
tite éminence • ; Morv., teureau « élévation
de terre, monticule, colline », biterr., lou-
lous., turro <* motte de terre, molle de
gazon ».
Du vpr. tor « colline », av. suff. au,
d'alis, que Coch. a confondu av. eau,
d'ellum^ ce qui motive son orlhogr., et
que le vfr. a confondu av. aut ault, de
wald. On a torau passé à taureau, o ou-
vert tonique devenant fermé quand il passe
à la proton. Ce tourau passe à tureau
comme Igd. Rodergue a passé à Ru-
dergue, sofrir à sufrir etc. Ce vpr. tor,
subst. masc. av. o bref, ne doit pas être
confondu av. vpr. tor s. f. « tour >,de tur-
rem, qui a o fermé. Tor « colline » est
d'orig. celt. Gaël., tôt « remblai, gros mon-
ceau », irl. toi^ « monceau, colline, masse,
pile »; corn, tor « proéminence, ventre,
relief d une montagne, montagne » ; kym.,
tor « ventre, bosse » ; arm., teur c panse,
gros ventre ». Ce tor parait avoir eu à
l'orig. l'idée de renflement : Vx brel. torr
« palma fZeuss) ».
TURET '.turè) s. m. — Larve du hanne-
ton. Mol lire du recueil de M. Aniel ^v. s.
jabri au Supplém.).
De gasc. tur, pr. tor « ver du bois »
béarn. ter « ver qui troue les cuirs ». av.
suff. et. Tur parait être le snbsl. ▼. de
terere, d'où ter teur tur. Le pr. terede
subst. fèm. « teigne » vient de lererfo.
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TURG
419
Dans le langage popul. ce tur est, natu-
rellem., devena turc, Lacombe donne
un pr. totira « scier un arbre », qu'on
retrouve dans Azaïs comme cév., et qui
pourrait être une corrupt. d'un *ierare
pour ter ère.
TURGI (turji) s. f. — Brebis qu'on en
graisse.
Subst. V. de aiturgi (v. ce mot), av.
aphér. du préf.
TYBIAUX Y. estibiaux.
U
UE V. uè.
UÉ ▼. ^iè,
UÈ (uè) à Morn.; à Crap. UE(u6);à
Yzer. UÉN (uën); à Villefr. UÉ; vin. ves
s. m. — Œuf. c Item deit par millier de
ves... » {Carc.)
I>'ov(um)^ dont l'o, long en lat. clas-
sique, était devenu bref en b. la*.., ainsi
qu'en témoignent toutes les autres formes
romanes. D'où «et?, et ueu par vocalisât,
de V. (119). Gp. bueUf de bovern. Ueu a
passé à uè'ei de uè à uë.
UËN V. ué.
UERT, TA fuèr, ta) adj. — Ouvert.
D^opertum pour apertum, Gh. de o en
ou (69;; chute de p (140, rem. 3). On a
ouert passé à uert.
UFO (ufô) V. n. For. u/fa — Gronder,
crier. « A ne fat ren qu*ufô, il ne fait
que crier. »
Étym. inconn. — Le vfr. avait hii, vpr.
hue « cri », dont on a fait hucher et pro-
bablem. le fr. huer. Il se peut q\x*ufô ait
la même orig., qui paraît onomatopéique.
Toutefois la liaison du rad. av. le sufT. au
moyen de /"est un peu obscure. On songe
à hU'ha^ av. 2 h aspirées. Or Vh aspirée
fr. peut devenir f, comme le montre In.
affaner pour ahaner. Mais le voisinage
de u n'aurait-il pas empêché l'éclosion
de fi — Peut-être ufô est-il une simple
imitation du bougonnement.
UGNON fugnon) s. m. — Oignon.
De unionem. L'yolte n'a pas fait diph-
tonguer Vu long init., comme ïo fermé
dans oignon^ d'oniofiem.
UGO V. au Supplém, sous hugue.
ULA V. oula. On trouve la forme ula
dans le L. de R. « Item II ules, I petila ,
et I grant. » Mais il est à croire que ules
se prononçait ouïes.
ULIAT V. ulion.
ULJON (ulhon) EU LION (eulhon); à
Paniss. ULIAT (ulha) s. m. -Aiguillon
pour les bœufs.
De In. ulli « aiguille >, av. suff. on.
C'est la môme format, que dans le fr. ai-
guillon. La forme de Pani?s. a, eu place,
le suff. at, très usité en In.
N. de lieu, VEulion, sommet d'une mon-
tagne voisine de Pilât.
*ULLI (ulhi; s. f. For. euly — 1. Ai-
guille.
Veuly m mtrcbe plus ; tu chtt couma uua benna.
c L'aiguille (de l'horloge) ne marche
plus; elle tombe comme une benne. »
(Ghap.)
2. Plur. ulhe[s). Pièces du pressoir (v.
aiguilles).
jy'acvLCula^ d'acula. Aphér. de ac
(185); chute de c (129); ch. de cl en Ih
(164 2«, b); ch. de a at. en i (54 3°).
— Gomme u est bref, on devrait avoir
oulhi, mais il était long en laL vulg.,
ainsi que le démontrent toutes les langues
romanes (esp. aguja, pr. agulha, cal.
agula etc.),
UNGREMICIAU v. gremiciau.
UNZEURE (unzeare) s. f. — à Yzer,
dans l'express. Fére in'unzeure, rallon-
ger une pointe (d'une pioche usée ou de
tout autre instrument pointu).
Étym. inconn. — Gomme, pour allon-
ger une pioche, on est obligé d'y ajouter
du fer. je suis tenté de lire le pr. joun-
chura, de 'jungire pour jnngere, av.
suff. ura, d^atura. Pourl'aphér. de J cp.
esp. uncir pour Ynosp. juncir « accoupler
les bœufs au joug », de jungire. Ch a pu
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420
URAG
fâcilem. se zézayer. Toutefois il y a deux
particularités bizarres : eu pour u ton. et
e pour a at. dans le suflf. eure. Atura
donne régulièrem. ura.
URA (ura) s. f. — à Villefr. Vent.
D'awra. Gli. de au en u (73, rem.
URAGNIRI (uragniri) URANIRI (ura.
niri) s. f. — Araignée.
Li gott' et Vuranir' ou tian j6dis unie.
« La goutte et l'araignée, au temps jadis
unies. » (Mon.)
De In. iragne (v. ce mot), av. suff. tri
(13). Ce suflf. étant applicable aux noms
de métier, on peut supposer qu*il a été
ajouté sous infl. de l'idée du travail de
tissage. On a vu dans Vtiragniri « celle
qui fait des [toiles d*]iragnes >. Pouf le ch.
de i init. en u cp. ericionetn -=. urisson^
airella = urella etc. (75, rem. 5). La
dessicat. de Vn mouillée à'iragne^ dans la
forme uraniriy est assez bizarre, n chez
nous tendant au contraire à se mouiller
devant i.
URAILLI V. urella.
URANIRI V. uragniri.
URELLA (urèla) URAILLI (uralhi)s. f.
— Myrtille, vaccinium myrtillus,
Onte Tont tous los ans nuutre j»Ine TumeUe,
Ou titn de la raalsson, amasso de-z-ure/to.
€ Où nos jeunes ûlles vont tous les ans,
— Au temps de la moisson, ramasser des
myrtilles. » (Mon.)
D'après Scheler, le type serait alra, av.
suff. ella, ce qui donne bien pr. airella.
comme patrem = paire. Quoi qu'il en
soit, la voy. init. a passé à u sous infl.
de r (73, rem. 6)« Dans la forme uraillif
la désin. i est appelée par Ih (54, 8*).
URI (uri) s. m. Ss.-rom. uvri — Ou-
vrier, V. ourî.
URI (uri) V. a. — Ouvriif, v. ouri. La
forme uri, la plus commune, se rencontre
dans les textes suiv.
La porta volant pus i'uri.
« La porte ne voulant pas s'ouvrir. >
(Vol. de jamb.)
Et s( tu D'ure« pût de suiti en arrivant.
« Et si tu n'ouvres pas tout de suite
quand ils arrivent. » (Hym.)
Sur l'infl. de r pour le passage de o
fermé init. à w, v. 73, rem. 5.
URINA V. ialaurina,
URISSON (urisson) s. m. Wal. ireson
ureson luresorty Mons urechon — 1.
Hérisson. — 2. Enveloppe épineuse de la
châtaigne.
D'er/ciowem. Gh. de c en ss (130,
rem. 2). Ch. de e init. en u (73, rem. 5).
Même phénomène dans wal. ureson. Ce
ch. peut s'être opéré par l'intermédiaire de
t, comme semblerait l'indiquer la forme
ireson; cp. iragne. dér. uragniri.
*URLES (urle) Le même que orles
ourles. Goch., qui avait donné la forme
ourles, donne plus loin la forme urles^
que je ne connais point, mais qui doit ou
a dû exister, comme en témoigne o fermé
=1 u dans certains endroits (34). Seule-
ment je ne doute pas que, avant d'être «,
cet 0 fermé n'ait été ou.
V
V Liaison euph. pour rompre un hiatus.
S'emploie surtout entre le pron. neutre o
et* le V. être. O v^est « c'est »; o v'ere
c c'était ».
0 v*eêt d'inqui, nos dioni, que la jorn6 pass6ve
Ou tian de l'ajo d'or.
« C'est ainsi, nous dit-on, que la journée
passait — Au temps de l'âge d'or. > (Mon.)
Il arrive que Ton conserve le v lors
même que le pron. est supprimé et qu'il
n'y a plus d'hiatus. On dit alors v'est pour
o v*êst « c'est ». De même en for.
Voùey qui s'attrapa rat, chacun joye au plus On.
« C'est à qui s'attrapera, chacun joue
au plus fin. » (Chap.)
Même phénom. en lim., mais pour le
pron. masc. « V-ei vengut > il est venu.
Forme complète : Ou-v-ei-venguL
Chez nous, les deux correcteurs de
l'hiatus sont le t et l'y; ailleurs, le ::.
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VACH
m
VACHES (vache) s. f. pi. Dph. vaches,
pr, vacos — à l^yon Éphélides ignéales,
qui se prennent aux jambes quand on s*est
chauffé trop longtemps et de trop près.
De vache, pria au sens de symbole de
la paresse On dit d'un paresseux : « il
est vache » ou, av. suff. péj. ard, * il est
cachard ». Les é^hélideS sont le signe de
la paresse, parce que ceux qui les gagnent,
ont passé leur temps à se chauffer les
jam))es au lieu de travailler.
VACHES, dans le proverbe suiv.
Quand le vaches tant bien affena,
Lou vignoulan est ma abara. (Coch )
« Quand les vaches ont beaucoup de foin
— Le vigneron est mal abreuvé >, parce
que les saisons pluvieuses, bonnes pour
le foin, sont mauvaises pour la vigne.
Nous disons aujourd'hui de préférence :
Annô de fen, annô de ren; ou Grande
fenaison, pitila vinaison.
VACHORD (vachôr) s. m. Voiron vachar
— Paresseux, au sens le plus péj.
De vache, av. suff. péj. arrf, la vache
étant prise pour le symbole de la paresse.
VACO. A (vako, a) adj. des 2 g. — Va-
létudinaire, languissant, caduc. *. Al è
vaco, l'è vacot il est, elle est valétudi-
naire. » Se dit aussi des objets mobiliers
vieux et fragiles. « Cela sella è raca, cette
chaise est cassée. »
Adj. verb. de vacsire. On comprend
facilem. qu'on ait eu l'idée de comparer
qqu*un de valétudinaire à qqu'un de
vide, d'efflanqué. Mais la format, suppose
un vb. 'vaca, du vpr. vacar, et qui a dû
avoir la significat. de * languir, être valé-
tudinaire ».
VADOUS, SSr (vadou, oussi) adj.
Roann. vadous, oussi— à Paniss. Fade.
De vapfijdosus, de vapidits. Chute de
p (161, 6-); ch. de osus en ou (35).
VADRU. y A (vadru, ua) adj. — Se
dit d'un enfant, d'un végétal jqui grandit
ou pousse rapidem., et aussi du végétal
dru, qui pousse av. beaucoup de jets.
« Celés vignes sont vadruës^ ces vignes
sont touffues, ou riches en sève. »
Composé de ra, 3« pers. du prés, de
l'jndicat. du v. allô et de l'adj. fr. dru,
pris adverbialem., usage qu'on retrouve
en allem. — Vadru « qui va dru ».
VAGNOTTA (vagndta) s. f. — à S*-
Mart. Sorte de bât pour les bêles de
somme, surtout pour l'âne. On l'appelle
plus communém. barda, borda, La va-
gnotta diffère du bât proprem. dit, en ce
qu'elle n'est pas formée de deux arceaux
en bois, mais seulem. de deux renflements
à l'avant et à l'arrière. Le mot est presque
perdu av. l'usage de l'objet, et les vieil-
lards seuls savent ce que c'est qu'une va-
gnotta. Celle-ci était bien plus légère que
le bât, mais ne pouvait servir pour toute
espèce d'ohjets lourds.
Vagnotta est évidemm. le même que
bagnotte (v. ce mot) à Lyon, Vagnotta
doit être la forme la plus ancienne, parce
que c'est l'objet rustique, tandis que la
bagnotte est l'objet civilisé. Cela met à
néant l'élym. bain (de la forme de la ba-
gnotte). L'étym. de vagnotta est inconn.
Peut-être le mot se rattache-t-il à vanne,
de b. lat. venna « objet formé d'osier», si,
comme on peut le croire, à l'orig. le mot
vagnotta s'entendait de l'appareil complet,
bât et paniers (ie ne suis pas certain qu'il
n'en soit pas encore de même). On pour-
rait aussi bien le tirer de *vanna, pour
vannus, le vannus étant aussi en osier.
Vanne, plus suff. otia, donne vanotta,
qui passe à vagnotta par lô mouillem. si
fréq. de n. Quant à bagnolta, il est. le ré-
sultat du passage de v init. à b, qui se
rencontre qqfois, même sans infl. de pro-
nonciat. gasc.
VAI (vè); à Crap. VÉ (vé) particule
explét. Dph. vé — S'emploie dans des
express, comme les suiv. » Suei de vai
Mornant, je suis de Mornant; je venons
de vai chis nos, nous venons de chez
nous. L'emploi est exigé : suei de Mor-
nant, je venons de chis nos ne seraient
pas patois. Se met devant le lieu d'où l'on
date : vai Craponne, et non Crap, Breyou
(1836), porte sur le frontispice : Vait Var-
degi,chis Piarre Guillery. S'il y a un ar-
ticle devant le nom de lieu, la particule
se supprime :
N'en Tcnt de la Bouissaire ;
N'en ventd*aou MounaiUer; n'en vent de vé Sem-Pô.
c II en vient de la Buissière; il en vient
du Monestier; il en vient de Saint-Paul. »
{LaS^-Ant,, pat. dph.)
Cette locut , qui existe, parait-il, dans
le pat. bourg., est identiflée par Littré av.
versus, et sa thèse est eu effet appuyée
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422
VALE
par le texte suiv. d'un noël In. du xvi« s.
Le l^n Jotefib» plou Tiou que nntron marmel,
Demindt : D'où veuie-vu ?
No reuieii de var cbi uo.
« Le bon Joseph, plus vieux que notre
Marmet (probablem. le nom d'un vieillard
bien connu à Lyon), — Demanda : D'où
venez-vous? — Nous venons do chez
nous. »
L'emploi en lim. de vers, dans le même
sens, parait donner raison à celte explicat.
Mais pourquoi versus, qui a donné va)'(s)
«n In., a-l-il donné vai dans cette seule
phrase? D'ailleurs, er passe à ar.mais ja-
mais arkèr et encore moins à è. Enfin,
pourquoi l'orlhogr. usuelle et ancienne ai
reporle-t-elle à une dipbt. originaire?
Vaiis) représenterait-il vicus, où, dans le
lat. vulg. il y avait hésitât, sur la quantité
de i, puisqu'on a en In. vaisin,\pr, vesin^
pr. vesis, de vicinus, à côlè d'it. vico, de
vicusf Dans co cas,^'e sueis de vais Morn,
voudrait dire : c Je suis du viens de
Morn. », du bourg de Morn. Ce qui con-
firmerait l'hypoth., c'est que qqu'un qui
habiterait à qq. distance du bourg ne dirait
pas « je sueis de vai Morn., ce qu'il ne
manquerait pas de dire si vai entraînait
l'idée de proximité qui est dans versus,
tandis qu'au contraire il entraîne toujours
ridée du lieu môme. Si cette hypoth. était
fondée, l'idée primit. de viens étant oubliée,
vai vei aui'ait été remplacé par vers vars
(qui se comprenait mieux) dans le lim. et
dans le texte du noël In., et probablem.
dans le In. de la ville, tandis que vai per-
sistait dans les campagnes. Si, au con-
traire, rai* est versus, il nous sera venu
par le vpr. vès < vers ».
*VALENTINO (valantinô) v. a. — Éla-
guer (\xn arbre). Cette express., inconn. à
Crap., où l'on dit mottôy est encore usitée
dans la montagne.
L'explicat. deCocb. : t de ce que l'époque
de la Saint- Valentin, le 14 février, est jugée
bonne pour cette opérât. », est exacte.
Dans le dph. volantend r émonder ». le
mol a été infl. par volan « faucille », mais
à côté on a la forme valentend,
''VALLIN (valin) s. m. — Déclivité,
bas d'une colline. Descindre lo vallin,
descendre la déclivité d'une colline. Pr.
vaUtt, ruisseau entre deux collines.
De vB,Uem = val, av. suflf. roman in,
d'«nt<5. C'est le même que fr. vallon, av.
changem.desuff. et légère dérivât, de sens
VAN NO (vanô; v. a. Secouer, agiter.
Vannô ina harilhi t rincer un tonneau ».
parce que, pour le rincer, il faut le secouer
fortement.
Los pis décbôs et vanant so dous brts.
« Les pieds déchaussés et balançant ses
deux bras. » (Gr. Jonn*)
De vantiB/re pour v^mnere (de vannus).
dont le sens était déjà généralisé en lat.
Suff. ô (14 3o).
VANNOU (vanou) s. m. — âPaniss.
Van.
De V9,nnum, av. suflf. ou, d'orem.
VANTO (vantô); ap. Coch. VENTA v.
a. — Vanner.
De V9k,nnum, av. suflf. ô, relié par t,
parce que l'on a confondu l'idée de passer
le blé au van av. celle de le jeter au teni .
VAR (var) s. m. — Vallon, partie infé-
rieure d'une colline. Dins lo var, dans le
bas, dans le val. Adverbialem. lovariy.
ce mol), là-bas, par opposit. à lomont, là-
haut.
De vB,l(lem), Gh. de / en r (121)-
VAR Al (varè, à Crap. varô); à R.-de-G.
VARÉ (varé) s. m. Pr. varai, dph. varei,
for. varè, Igd. varal — Bruit, tapage, tu-
multe, confusion. Mena in var ai, faire
grand bruit. Vel. varailha, remuer, tra-
vailler de peine, s'agiter.
Jamais o s'etsé fat In scioiblalilo varé»
€ Jamais il ne s'était fait semblable ta-
page. » (Mén.)
Étym. inconn. — M. DarmHt«tter voit
dans le dph. varei l'équivalent de vari
dans charivari. Je ne sais si le rappro-
chem. est bien certain. En eflfet, parmi les
mots cités par M. D. se trouvent hourvari
et boulvari. Or, il explique lui-même plus
loin hourvari par houl revari « hou,
retournes-y ». Il faut donc rayer ce mot,
et probablem. boulvari, qui parait étra
une corrupt. de hourvari. Il reste piém.
sanzi'Vari, bourg, et ladin viri-vari, tu-
multe, et norm. vari-vara, en d*sor4re-
Dans ces mots vari entre toujours en
composit. et n'est thème nulle part. De
plus, tous ces mots à répétit. de syll. ont
un caractère onomatopéique que n'a pas
varai. Enfin il resterait à expliquer le
passage de i à ai dans varai. M. D. rat-
tache vari à l'ail. toiiTicar, confusion, vb.
icirren, embrouiller, confondre; mais
tctrnoar, ce semble, devrait donner gui à
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VARC
423
rinit. C'est prècisêm. ce principe qui a fait
repousser pour virer Tétym. wiiten. Je
ne suis du reste pas en mesure de fournir
meilleure explication. J'appelle Tattent.
sur les formes alp. varalh, Igd. et gasc.
baralhf lim. harailU même sens que
varai ; vpr. baralh baralha, trouble ; vel.
varailho, remuement, agitation, qui lais-
sent supposer un simple en acum^ passé
à aculum. Il ne semble pas qu'un type
vari pût fournir ces dér. Quant aux formes
av. b init. au lieu de v, elles sont dues
sans doute à une prononciat. gasc. Je ne
sais si l'argot [chamjbar peut être rap-
proché.
VARCHÉRI (varchéri) *VARCHIRls. f.
— 1. Part d'héritage, patrimoine. « Dien
in païs bien loin, on le el a migt tota sa
rarcheri », dans un pays bien éloigné, où
il dissipa tout son patrimoine. » {Par.
Cond.) — 2. Dot d'une fille. For. var-
cheyri, b. dph. verchère.
Y ne pot qu'empoorta Togmcnt et It varcheyri.
« [Et qu'au cas où elle se remarierait.]
elle ne puisse emporter [de mon héritage]
que les acquêts et sa dot ». (Cbap.)
De 'v€rv{t)cB,ria, de berbicem (Ascoli),
parce qu*à l'orig. les biens consistaient
surtout en troupeaux. Ch. de e prot. en a
(66); chute de v comme 1" cons. du
groupe; c se comporte comme init. (84);
aria = iri en pat. moderne, mais en vin.
aria^=.airiy écrit éri (18, Rem.).
VARCHÉRI (varchéri); à River. VAR-
CHIRI s. f. For. varchéri, pr. verquiero,
dph. verchèiri — Partie de la propriété
adjacente a l'habitation.
De *virid{i)c^ria, de viridis, parce que
la partie attenante à l'habitat, est ordinal-
rem. un verger. Sur la format, v. varchéri
« phrt d'héritage, etc. »
N. de lieu : Quartier à R.-de-G.
CepeindiDt me félié traforô le Varehëres.
« Cependant il me fallut traverser les
Verchères. > (Gorl.) Roq. a un peu fran-
cisé le mot pour la rime, car on dit ordi-
nal rem. le Varchires,
VARCHIRI V. varchéri.
VARCUË V. vorcua.
VARDILLONNO (vardilhonô) v. n. —
à Crap. Verdir.
C'est le fr. verdir, av. un !•' sufT. iîhi
et un 2« suff. fréq. onnô, Ch. de e init. en
a (66).
VARÉ V. varai.
VARENNA (varèna) s. f . — à Villefr.
Lieu sablonneux inculte.
De b. lat. loarennaf comme fr. va-
renne, à cAté de garenne. Le w inii. germ.
a eu ainsi une douMe dérivât, en ifw et en
V. Quant au sens, il est dér. de « lieu où
l'on garde [des animaux pour la chasse] »
H celui de < terrain inculte », la garenne
étant établie dans un endroit inculte.
VARÈYI (varè-yl) v. n. ^ Remuer av.
bruit.
De In. varrai. av. suflf. fréq. èyl dont la
svll. init. s'est confondue av. la syll. fin.
du thème.
VARGIA (varjia) s. f. — à River. La
partie mobile du fléau.
De verga {virga). Ch. de e en a (24).
La désin. t'a est une anomalie; elle devrait
s'être réduite à t (54 !•). Cette réduct.
était déjà opérée au xiu* s.
VARLET (varié) s. m. — terme de
batellerie, Corde extrémem. souple, d'en-
viron trois mètres de longueur, qui sert à
attacher la maille ou gros câble de halage
à la sangle du bateau.
C'est le vfr. vaslet, passé à varlet par
mutation de s en r. Le nom de valet a
été donné à divers instruments, par ex. h
l'outil qui fixe un morceau de bois sur
l'établi du menuisier. L'idée est x qui rend
service comme un serviteur ». Cp. ser-
vante, outil.
VARNOJO. Gl (varnôjo, ji) INVAR-
NOJO; à Lyon vernoge adj. Pr. iver-
nouge vernuge, alp. huvernouge^ dph.
ivernoge — Se dit d'un endroit humide,
d'une pièce où l'air ne pénètre pas, d'un
jardin au nord, etc.
'ù\h{)bernutïcum pour hibernaticum^
comme le montrent tous les dialectes.
Hibernuticum s'explique par hiberniis.
Aphér. de la syll. init. (185); ch. de
uHcum en oge, comme aticum en âge
(161 5*). Dans la forme invarnojo^ infl.
du mot invars envars (v. ce mot), qui a
nasalisé Vi init.de •Airarncyo, lequel a été
certainem. le mot primit.
VAROT. TTA (varô, dta) ; à Lyon
varot, otle adj. — Corrompu. gâté, pourri.
De vermis = ver, av. suff. ot. Ch. de
e en a (66;.
VAR PI (varpt) s. m. — à Yzer. Appa-
reil composé d un châssis rectangulaire
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424
VARR
en bois d'où s'élèvent, aux extrémités,
tieux branches qui vont ens'écarlant.L'ap-
pareil se place â l'arriére des chars de
foin ou de paille pour retenir le char-
gem.
Étym. inconn. — La désin. t doit repré-
senter le sufi. aritis et il se peut que le
rad. soit celui de verber c verge, bAton »,
Tappareil étant composé de bâtons. On
devrait avoir verbi varbi (BS), mais le
lat. verpa prouve que le lat. vulg. avait
une forme verper pour verber, L'étym.
est appuyée par Morv, vérote < petite
l)arre percée de trous dans lesquels s'a-
dapte le bout des affranches d'une cha-
rette », et qui paraît être veru plus sufi*.
oue.
VARRAT VARRÉ {tara, varé) s. m.
V. fr. Ver — à Yzer. Porc. Pavese ver,
porc non châtré.
De verrem, av. suff. at, d'atutn^ ou et,
passé à f». Gh. de e init. en a (M),
VARRÉ V. varrat.
VARRÉRI (varéri) s. f . — à R.-de-G.
Verrerie.
Me, je roué tôt pltn ptan Ttirc in tour de varreri,
« Moi, je vais tout doucement faire un
tour de Verrerie (quartier de ce nom). »
(Gorl.)
Deverro c verre », av. suff. fém. en,
de aria. E s'est conservé dans le simple
(24, rem. 2) et a passé à a dans le dér.
(166). On devrait avoir varriri (18). Le
tout répond à fr. verrière. Aria s'applique
ordinairem. à des noms de métiers; cepen-
dant cp. fr. pldtrière « fabrique de plâ-
tre », salpêtrièrCt cressonnière, mar-
nière; béarn. teulère « tuilerie *, dont
l'analog. explique la format, de varrèri,
VARSI (varsî); à River. VARZI (varzl)
s. m. — Verger. M. lat. x* s. vircaria (Ager
gofiacensis)t vpr, verziers.
De i>irt£f(«)cariMm, qui donne tergx par
ch. de de en j (61 5«), et de arium en î
(13>; puis vargï par ch. de è init. en a
(66). Vargt a passé à vardzx varzx (cp.
viougi viousi), mais le passage de varsX
à varsï est plus difficile à expliquer.
VARTOLLIA (vartolha) s.f. — Volée
de coups.
Saint Jotet prit m ttlorpe ,
L'y en folil uni rarloUia.
€ Saint Joseph prit sa varlope, lui en f.
une tripotée. » (Xoè^l de J. Capon.)
De In. (in)vartolhi(Y. ini^arioy't c rou-
ler, envelopper », av. suff. a d'atam. Sur
le sens cp. fr. popul. une roulée* une
volée de coups ».
Il se peut que invartoyx et vartoUia
doivent être rapprochés de verteolum, vfr.
vertel vertoile, vpr. vertelh, pr. verteu,
de vertere, peson d'un fuseau, que Ton
fait tourner entre les doigts. Cette étym. se
prêterait plus simplem. à la forme que
in-voltare, proposé à invartoyx,
VARVATO Cvarvatô) v. a. — àMorn.
Éventer.
Onomat. du bruit de l'éventail, exprimé
par la répétit. de la syll. init. Suff. ô,
relié par t(14io).
VARVELO (varvelô) v. n. — à St-Mart.
Grommeler, gronder.
Semble une onomat. comme farfat^j
ronchonné et fr. grommeler, dont l'orig.
en germ. est certainem. onomatopéique.
VARZI V. varsi.
VAVRE ("vavre) s. m. —à Villefr.
' Regain.
Le même que revivre (v. ce mot) dans
lequel le préf. re est tombé, et t a passé à
a, ce qui indiquerait qu'on a eu revroirre,
ai passant à a à Villefr. Mais toitre
serait lui-même une irrégular. que je ne
sais pas expliquer.
VAYON V. vèyon,
VÉ V. rai.
VÉDES Cvéde) 2* pers. plur. de Tindicat.
présent de videre,
Lo vide ro Tegni Ions cot Arts de fuméri ?
« Les voyez-vous venir tout fumants? »
{Per.)
Format, analogue à celle de pouède (v.
ce mot).
•VEIPERNA V. vesperna,
VELLA (vêla) ; ap. Goch VEYLA s. f.
" Femelle du veau.
De vitella. Chute de M 1 35) ; ch. de i bref
en è (16); d'où véella, réduit à vella.
VENELLA (venéla) s. f. — 1. Dans
l'express. La venella dou liet, la ruelle
du lit.
Le b. lat. a venella (vu* s.), venula,
qui semblent bien rapporter le mot a vena,
d'où venella c petite veine », et au fig.
4 petite rue », malgré le caractère savant
de la dérivât. L'etym., si naturelle comme
sens, de vianella, de via, doit donc être
écartée. Quant au sens du mot lu.» il se
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VENN
425
comprend aisém. La venella du lit est.
comme la ruelle, « la petite rue ».
2. Dans V express. Prindre la venella,
prendre la fuite.
Môme orig. « Prendre la venelle », c'est
prendre la petite rue, le passage dérobé.
VENN A (vôna) s. f. — à Villefr. Buis-
son, haie. Au xiv* s. dans les Dombes
venna, haie.
De b. lat. cenna, digue, haie, clôture,
dont Torig. n^est pas établie. Graff, qui
voit dans venna un panier à prendre le
poisson (sens incertain), le reporte à
benna (v. ce mot), qui est d'orig. gauloise,
ou à fenna, marais, qui est d'orig. germ.,
mais l'étym. pèche par le fond et parla
forme. Diez le rapporte à r/m(iynea, mais
t étant long aurait dû persister, à moins
qu'on ne suppose qu'en b. lat. il est
devenu bref lorsqu'il s'est trouvé entr.
VENT VINT (van vin) s. m. — dans
tout le Lyonn. Vent du midi. Le sens s'est
particularisé en opposit. à la hUe. Vent,
en général, se dit ora.
A Lyon dans la loc. avoir du vent, en
parlant d'une fiarde. Se dit d'une toupie
qui parcourt du chemin en tournant, au
lieu de tourner à la môme place.
Provb. Grand vent, grande guette.
Môme pronostic quand le ciel a des rou-
geurs inaccoutumées. Le 8^ provb. se
conçoit : on voit dans le rouge la couleur
du sang. Mais j'ignore ce qui a pu faire
relier l'idée de vent à celle de guerre.
yent blanc, vent du midi, clair et
chaud, mais qui contrairem. à l'ordinaire,
n'amène pas la pluie. Je crois que c'est un
vent du S.-E.
Vint-travcrsa v. sous travarsi,
*VENTA V. vantô.
VENTRES-JAUNES s. m. pi. — Sobri
quet dés gens de la plaine du Forez, parce
qu'ils sont sujets aux fièvres paludéennes,
qui leur donnent le teint jauno. Mais pour-
quoi ventres jaunes plutôt que visages-
jaunesfiiesi probable que l'on suppose
que l'action de la fièvre sur le teint est
plus accusée sur les parties molles comme
le ventre. L'habitant de la Sologne est
aussi nommé ventre-Jaune en Bcrri.
mais, dit-on, parce qu'il fait grande con-
soiumalion de miel.
VÉPRO (vépro) s. m. — Le soir. A
Crap. s. f.
De vesper. Chute de s (166 2^). Le fém.
à Crap. vient probablem. de l'intt. du fr.
vêpres ou de vêprée.
VÊPRO (vëprô) s. f. — La soirée, av.
indicat. d'une durée de temps déterminée.
€ Mo7i travar m*a prenu tota la vëprô^
mon travail a rempli toute l'après-dlnée. »
La vëprô a étô bella, il a fait beau toute
la soirée.
De In. vépro, av. suff. ô, d*ata (1). Il
y a entre lo véùro et la vëprà la môme
différence de format, et d'idée qu'entre le
soir et la soirée. De môme en viv. on a
vépra s. f. et vépré. Le !•' signifie le
temps qui sépare le moment du goûter de
la nuit, et le 2*, le soir, la tombée de la nuit.
Vëprô répond au vfr. vesprée.
VÊQUIA Tvêkia dissyl.) VÊTIA (vô-
tia); ap, Goch. VITIAprép. — Voilà.
De In. vei(s), impérat. de veire « voir ».
et iqiii (v. ce mot); d'où vei-iqui veiqui,
mais je suis plus embarrassé pour expli-
quer l'addit. de a. Je suppose que c'est
par analog. av. la fin. du fr. voilà.
Quant à tia et kia, ils s'équivalent
volontiers. Je ne connais pas la forme
vit la.
VERCORO (verkorô) s. f. Morv. ver-
couriau — à Paniss. Aigreur d'estomac,
renvoi.
De In. coro « cœur », av. un préf. ver,
de versus, qui est péj. et exprime l'act. de
retourner. Cp. l'express, retourner le
cœur, donner mal au cœur. Au thème
s'est ajouté le suflf. (5, d'ata.
VERGNO (vèrgno) VERNO (vèrno) , ap.
Goch. VERNA s. m. M. lat. verna, pr.
verno, lim. verni, Igd., gasc, béarn., dph.
verna— Aulne. Ss.-rom. vouargno € pi-
nus picea ».
Du celt., kym. gwern, marais; d'où
coed gwern, arbres de marais, aulnes.
Je ne sais ni le sexe de la forme de Goch.
ni comment elle doit s'accentuer. Si c'est
un oxyton, le mot signifierait « aulnuie
{\. verna)*, et non aulne. G'esl l'hypoth.
la plus probable.
VERGOGNA (vergôgna) s. f. — Honte.
« Ètresins vergôgna, être effronté. »
C'est le fr. vergogne, de verecundia^
qui, disparu compiètcni. du fr. popnl.,
s'est conservé dans le pal.
VERGOGNOUS. SA (vergognou, ouza)
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VER»
adj. - Honteux. De In. vergogna, av.
sufif. ous, d'osus (35).
VERICE v.virice.
*VERIN (vérin) s. m. Vpr. veve veri
— Virus, maladie épidémique.
De venenum, av. ch. de n en r par
dissimilat. {cp orph^ninum = orphelin);
ch. de en en m (29;.
VERNA (verna). s. f. -Lieu dit. Le
Mas de la Verna. près de Morn.
De In. verno, av. sufT. a, d'ara, qui a
remplacé le suff. aye, d*ela (cp. pinô), La
Verna est donc un lieu plante d'aulnes,
une € aulnaye >. H est très possible que
le mot existe encore dans ce sens, mais
sous la forme cerna (1).
♦VERNAY(vornô) s. m. Sav. vernay —
Lieu planté d'aulnes, c ordinairem. hu-
mide ». ajoute Coch.
De In. verno, av. suff. coll. d'oïl aye,
d'eta, que le In. a fait passer au maac.
N. de lieu, le Vernay près de Lyon.
VERNO V. vergno.
VÊS (vô) h Crap.;àR.-de-G. VE (vé);
ap. Coch. VEY s. f. Béarn., vpr. rets —
Fois. Inavês, une fois. De veys (à Lyon
des fois), peiit-ôtre. Quant de veys, com-
bien de fois ?
De vicem (18).
VESON(vezon);ap. Coch VÉZON s.m.
- Petit ver du fromage, de la viande;
c'est aussi le ver des enfants. Au fig. in
veson, un enfant ou mt^me une personne
qui a mauvais caractère, qui regimbe
comme les vers du fromage. Prindre lo
veson, prendre la mouche. Lim. ve:on
« femme de mauvaise vie », viv. vezou
« ver de terre ».
Cir 11 p«r«i$i engendre toal lo veson en un corpt.
« Car la paresse engendre tous les
parasites dans le corps. » Bern.)
De ver(»nis) = ter , plus suff. on. On
a dû avoir veron passé à teson par ch.
de r en 5 dont on possède d'assez nom-
breux ex. dans les pat. Gp. Yonne lousiouy
de loriot; tOH:iat(, de taureau {ap, Joret),
et In. our (v. ce mol\ de ossem.
VESOTTI (vesôtl; à River, vezotchi) s.
et adj. — Capricieux, quinteux. maniaque,
lunatique.
De ver, de vermis, avec suff. i, à'itus
(op. iillouvi), et insert, d'une syll. fréq.
vtt^ par analog. av. le suft. fréq. des vb.
en Otto. On a rero//« (cp. tarot), puis
i:esotti r^ar le même ch. qui a transformé
veron en veson (v. ce mot). Sur le sens,un
vesotti est qqu'un qui se rebiffe, qui re-
gimbe comme le ver du fromage lorsqu'il
se contracte.
VESPERNA (vèspèrna); ap. Coch. VEI-
PERNA s. f. 'Dph. veiperna, Voiron
vêprena, Vionnaz veipernô — L'après-
midi, surtout à partir de 3 heures.
De vesperna, de vesper, La graphie de
Coch. ei a pour but d'exprimer non une
diphtongue, mais un son moyen entre è et
ê pour lequel la notât, exacte nous manque.
Il est assez curieux que s ait persisté,
quand elle n'a pas persisté dans vépro ; ce
fait indique un emprunt aux dialectes
d'oc, mais la forme de Coch. montre que
cette persist. n'est pas générale.
VÈTIA V. vêquia.
VEVI (vevî) s. m. — à Grap. Purin.
Étvm. inconn. — Le mot n'existe pas
dans les pat. congénères. Faut-il y lire
'vivArium formé sur titum, av. le .sens
de « qui vivifie ..qui donne la vie et la
force aux plantes? L'affaiblissem. de la
prot, en e n'aurait rien d'anormal, mais le
sens parait bien forcé.
*VEY V. tê.
•VEY LA s, f. Femelle du veau. v.
vella.
*VEYLA (vêla) s. f. - « Joie. Y soni
bien en teyla, ils sont bien en joie. »
(Coch.) - « E lo brut de que loziqai que
dausavon, ce que le bettit bien en teyla >
iParab, Cond.) - Coch. met en note (Al-
manach 1815, p. cvj); « in eey/a.enjoie ».
Je ne connais pas ce mot. qui n'existe
pas dans les pat. congénères, et dont je ne
sais pas fournir Texpiicat.
*VEYON (vè von) VAYON (va-yon) s.
m — 1. Bouchon de pin ou de houx qui,
dans les campagnes, sert d'enseigne aux
cabarets.
L'écriUè de lien maison
Les tire d'tihire :
Infanti Jem sacrum
N'esl-l-y pe« nn bienn cayon?
t Uécriteau de leur maison (aux Ora-
toriens)- L-s tire d'embarras : -Câut-
peile dédiée à Venfant Jésus -; ^^^'^
pas une belle enseigne? • (^o^/ l.-S>
2 Croix de paille que Von place dans les
champs, dans un endroit apparent, et a
qui l'on attribue une vertu protectrice.
Formé sur l'impérat. vey. de rexre
^ voir », av. suff. on. Lidée est * ciK»^
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VÉZÔ
427
en vue, enseigne ». Ce pourrait être en-
core la !'• pers. plur. du prés, de l'impéral.
substanlivée. Gp. la forme savante un vi-
dimits. — Dans le sens 2 la croix est con-
sidérée comme une enseigne, une chose
qui marque le champ.
*VÉZON V. veson,
VIA (via monosyll.) s. f. — 1. Vie. —
2. Nourriture, choses nécessaires à la vie,
vivres.
De V)Ua, Chute de r (135). D'où cia et
t?ia par transport de l'ace, sur la 2* voy.
(51).
*VIAILLES V. viôlli,
VI Al RI V. viaivo,
VIAIRO VIAIRI (vièro vièri) à Morn.;
à Villefr. VIAR (viàr monosyl.); à Grnp.
VIRO (viro) s. m. — Jachère. S'emploie
surtout dans l'express, ina terra in tiairo,
une terre en jachère, qu'on laisse reposer.
Je crois que la forme primitive esiviairo,
de vacarium, de vacare, parce que la
terre est vide de récolte (cp. Bessin tére
en caca < terre en jachère »). Gh. de c en
yotte (128 1"); de arium en airo (13,
rem.); d'où vaiiairo, réduit à viairo.
Dans la forme viairi, i fin. a été appelé
par l'yotte de la dipht. ai, qui a certainem.
été aï. Dans la forme viar, passage de airo
à ar, suiv. la phonét. de Villefr. où ai oi
passe à d {rationeyji =. rdson, mansionem
= mdjon). Dans la forme vin il y a eu
infl. de ciri « tourner ». L'idée primitive
de vacuité ayant été oubliée, on y a subs-
titué l'idée de la terre retournée, parce
qu'on retourne av. la charrue la terre en
jachère pour faire sécher les herbes. Une
terre en viro est donc aujourd'hui pour
les Graponnais une terre retournée.
VIANCHI (vianchi) s. f. — à Villefr.
Clématite, clematis vitalba. Pr. vigno
hlanco.M, vitebianca.
Je crois av. M. Deresse, que c'est une
contract. de vigne blanche, qui s'est pro-
duite d'autant plus facilem. que ianchi
sonne comme dans lianchi, viorne. Les
mots composés subissent généralem. de
fortes contractions (cp. brayi-cu).
VIAR V. viairo.
VIAUDO (SE) V. se vioiUô,
"VIAUTRA (SE) y.sevioutô.
*VICANT (vikan) adj. partie. Berr.
vicant — Vivant. Vosges viqtiè « vivre ».
Los ûfros suiil vkauls... UUiiulii iioutrt mu&iqua.
« Les fifres (gens de Moinant) sont vi-
vants... témoin notre musique. » (hym.)
Formé, comme fr. vécu, sur un partie.
viscum, tiré de viski pour vicsi = vixi.
Le subjonct. prés, a aussi le k : que je
vicaise « que je vive ».
VICU (viku) partie. — Mangé. Ne s'em-
ploie pas adjectivem.
Dépu Je grand madzln, que u'aylos p68 tien.,,
« Depuis le matin, de bonne heure, que
je n'avais pas mangé. » (Gorl.)
Partie, passé de viure « vivre », av.
dërivat. de sens. Gomme il faut manger
pour vivre, les 2 idées se sont confondues.
Quant à la format., elle est la môme que
pour le fr. vécu.
A Grap. vécu se dit vivu»
VIEILLI V. viôlli.
VIEILLONGI (viélhonji); à Lyon vieil-
longe s. f. Dph. vieillongiy ss.-rom.
vilhonze^ sav. vieillonze, pr. vieiounge,
alp. vielhounge. Goch. le traduit fort im-
proprem. par « de vieilles.se », sans doute
parce qu'on emploie souvent le mot dans
des locut. comme « a v'est de vieillongi,
c'est de vieillesse »; mais en réalité c'est
bien un subst. qui se traduit par « Vieil-
lesse ».
Une composition de via « vie » et longi
« longue » seraiitrop ingénieuse. Le vpr.
avait vilhuna c vieillesse » et probablem.
une autre forme à palatale vilhunia, d'où
les formes pr. modernes vieiounge etc. et
le In. vieillongi, par ch. d'yotle en j (cp.
calumnia = calonge). Désin. i (54 !•).
La forme primit. est vilhuna^ vfr. rei7-
lune, de veclus = vieil ^ et suflf. ttna,
d'ud(i)nem,
VIENDRE (vi-indre) v. n. — Venir.
De veni7'e, qu'on a fait passer dans la
8« conjug. lat., d*oiXven(e)re. Insert, de d
(176 1*). La modiflcat. a pu se faire sous
rinfl. du futur.
•VIGNOLO (vignolô) v. a. — Cultiver la
vigne. Je ne connais ce mot que par Goch.
De In. vigni « vigne », av. suff. fréq.
olô.
♦VIGNOULANT (vignoulan) s. m. Ss.-
rom. vegnolan — « Cultivateur de vignee .»
Je ne connais le mot que par Goch.
Subst. tiré du partie, présent de vZ/yno/d.
VIGORË. ETTA (vigorë, èla) ; à Lyon
vigoret, elle adj. — Vif, agile, dispos,
bien portant. « Celo borsat est hen v'ujore ,
ce petit garçon est bien vif, bien portant. »
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488
VILL
Gna^neau. si vigo-re, la fleur de le perércs.
« Gnagneaii, si dispos, la fleur des
houillères. » {Pei\)
De vifforem, av. sufT. roman et. On a
eu cerlainem. vigouret, dans lequel ou a
passé à o (34, rem. 4). Le suff. et étant
dim., in home vigorë n'est pas la même
chose qu'un homme vigoureux. Vigorë
ne se dit pas d'un grand et gros homme,
mais seulem. d'un petit homme vif. Il est
à remarquer au reste que dans presque
tous les patois, vigoureux a pris le sens
de vif.
VILLE (vllhe) s. f. - à Villefr. Liseron
des champs, convolvulus arvensis.
De viticula. Sur la format, v. villo,
vrille de la vigne. Comme le liseron
s'entortille autour du blé, on y a vu
Timage de la vrille de la vigne.
VI LLO (vilho) s. m — Vrille de la vigne.
De viticitlum. Chute de t (135). Gh. de
iculum en ilho (164 2% b); d'où vl-ilho,
réduit à vilho,
* VILLON (vilhon); à Lyon, d'après
M. Aniel, veillon s. m. — L — « Rameau
do vigne auquel sotit attachés les raisins,
que Ton coupe, et lie avec un osier; gros
bouquet de raisins. » (Coch.) — Aujour-
d'hui, c'est simplem. un rameau de vigne
chargé de raisins.
De viticulum = vilho (v. villo), av.
sufl". on. En dph. on nomme villon l'osier
dont on se sert pour lier la treille. Ce
sens explique la définit, de Coch.
VI ND Al Ml s. f. V. vindêmi subst.
VINDAIMI vb. V. vindêmï vb.
VjNDÊMI (vindèmi); à Morn. VIN-
DAIMI s. f . — Vendange.
De vindemia. Ch. de a en i (54 l*).
VINDÊMI (vindômt); à Morn. VIN-
DAIMI (vindaïmltrissyl.); ap. Coch. VIN-
DEMIA V. a. — Vendanger.
De vindemia,re, Ch. de iare en t (15 !•).
Je crois que la forme de Coch. n'est pas
un archaïsme, mais le résultat d'une
• confus, av. le partie, passé. Dans la forme
de Morn. Tyolte de la dipht. aï est dû à
celui de iare.
'VINDEMIA vb. v. vindêmi vb.
•VINDÊMIOU (vindéraiou) s. m. Dph.
rendeimoH, Voiron rendeimié — Ven-
dangeur. Le sobriquet de hilloud a rem-
placé ce mot.
De In. rindêmX c vendanger », av. sufT.
ou, ^'orem (34 bis).
VINDRO (v!ndro)s. m.— Vendredi.
C'est divindro (v. ce mot), av. l'apocope
de la partie du mot représentant dies.
VINT V. vent.
VINTO (vintô); à Lyon venter v. n.—
Recevoir le vent.
C'est le fr. venter, av. passage de Tact if
au neutre. Locut. : Être venté comme un
ou des capucins, recevoir de violents as-
sauts du vent. Je ne saisis pas le rap-
prochem .
VINTRALLI (vintralhi); à Lyon ven-
traillc s. f. B. lim. ventralio — Boyaux,
intestins, tout ce qui est compris dans la
capacité d'i ventre.
De venirAlia, dont on a fait un subst.
fém.
VIOLET (violé dissyl.) *VIOULET s. m.
Dph. violet f ss.-rom. vionnet, sav. viour-
net^ viv. rnotili, pic. voyette, 'Slow, vialet,
m. b. la t. viola viol us violet us viole tum
— Sentier, chemin à talons.
V«ut mil! prindre un petet violet,
Onle y est lé que lo rossignotel
Vt le calti quand i gazoye.
« Il vaut mieux prendre un petit sentier;
— C'est là que le rossignol — Va se cacher
quand il gazouille. » {La Çousonnaise,
chans.)
Mais dens celot vioulett ftu reteni son pôs.
« Mais dans ces sentiers il faut retenir
son pas. » (Hym,)
De vpr. viol (qui paraît être via, plus
suff. dus), av. suff. dim. et. Mon. tire
assez naïvem. violet de violette, parce
qu'on trouve ordinairem. des violettes
dans ces sortes de sentiers.
VIOLLI (vièlhi); à Paniss. VIEILLI
(vièlhi) s. f.; ap. Coch. VIAILLESs. f. pi.
For. viailles — Joue.
L*é|»oui« ail Inu groin comme un échaufaliet,
Le viaille de coulou d'un pelil tin pailM.
« L'épouse avait le visage semblable à
une bassinoire,— Les joues de la couleur
d'un petit vin de paille. » (Chap.)
Un 'viseicfujla, de visum (vfr. vis « vi-
sage ») donnerait viailli par la chute de*
comme dans bi(s)accia = biassi. Il y a
d'autres ex. de 5 doux disparaissant entre
deux voy . ; cp. presentia = prehensa dans
les chartes dph. (P. Meyer). Cette format,
est appuyée par Morv. viaige « visage »,
et vion = vision. Viailli pa.sse à piV5Mt
(6, rem.). La dérivât de sens de c visage »
à « joues » ne donnerait lieu à aucune diffi-
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VIOL
429
cullé. — Une format, sur reire, de videre,
au lieu de risum, est inadmissible. Oulre
que la disparit. de r serait anormale, il
faudrait supposer une composit. vey-ailles
viailles; or, dans le suff. alia, a persiste
(6, rem.)» tandis que dans aciila, a passe
à ô.
VIOLLI (viôlhî) V. a. — Donner un souf-
flet.
De In. viôlles t joues », av. suff. %
(15 4-).
VIOLLIA (viôlhadissyl.) s. f. — Souf-
flet, correction. € Al a 7'ecevu ina hona
riôllia, il a reçu une bonne correction. >
Subst. partie, fém. deviôlUvh,
VIOUGES VIOUZES (vionje vionzedis-
syl.) s. f. pi. — Germes des pommes de
tnrre.
Subst. V. de viougi viousl.
VIOUGI VIOUZI (viougî viouzl dissyl.)
V n. — Germer, en parlant des pommes
de terre.
Mi^iiAs, dzi-lë, ménôs, le truffes VAnt riouzi.
« (Camarades, dit-il, les pommes de terre
vont germer (par surabondance et parce
qu'on n'aura pas le temps de les consom-
mer toutes.; » ( Tôt va h.)
Étym. inconn. — Si l'on admettait que
l'idée qui a présidé à la format, est non
pas celle de c germer », mais celle de
< perdre de sa qualité par suite de la ger-
mination », on pourrait expliquer le mot
par vpr. vilzir = vilfejxcere « perdre
de son prix, diminuer de valeur ». D'où
tnousi viougi par vocalisât, de l. Cepen-
dant la forme régul. serai tt?<r5l (171 2*)*
VIOULET ^. violet,
VIOUTO (SE) (se vioutô dissyl.; ; à
Paniss. SE VIAUDO; ap. Goch. SE VI AU-
TRA.
Franchement que la Démoly
S'aura vioutô su Totre lit.
« Pour sûr la Démoly — Se sera vau-
trée sur votre lit. » (Due Bib.)
Probablem. de vfr. tiautre^ gros chien,
de b. lat. veltrum, en relat. av. lat. ver-
tragus vertraha, mot celt. qui, d'après
Gluck, signifie « qui a les pieds rapides »,
et que Diez tire de irl. iraig « pied », av.
prép. intens. ver. Corn, guiltery même
sens. Suff. ô (15 3"). D'où se viautrô « se
rouler comme les chiens ». et se viautô
par chute de r. Cette chute, dont il y a
qq. ex., a certainem. été facilitée par l*idée
de veau. Cp. à Lyon l'express, se vau-
trer comme un veau. Elle est tellem.
usuelle que Coch. déflnit se viautra par
« se vautrer comme un veau ». Cette idée
s'est développée lorsque l'on n'a plus su ce
que c'était qn'un veautre^ d'autant plus
que le veau est chez nous le symbole de la
paresse. Du moment que le rad. était
censé veau, Yr du primitif veaw^rc n'avait
plus de raison d*ôtre. Gh. de au en ou
dans la forme vioutô (75). Dans la forme
viaudô, t a passé à d (136)- Cette étym.
est plus vraisembl. que le vfr. voltrer,
de *volt(u)lare, it. voltolare, qui donne
en In. vortrô (170 4").
VIOUZI V. viougi,
VIRA V. a. — Signifie « Voir * dans les
textes suiv. du Dial. « Una marcia que
fesiet tant codre le dames et lots monsius
qu'o v'ore joli de z'ou vira », une averse
qui faiflait tellem. courir les dames et les
messieurs, que c'était divertissant avoir.
— « A dont a diisit : Vots alau vira lot
qun de nets doux amerite d'être Théretii *,
vous allez voir lequel de nous deux mérite
d'être Théritier. — Je ne connais pas cette
forme.
Probablem. de visa (v. avisô)^ fr. viser.
par ch. de * en r (cp. Yonne touziau z=.
taurettUf voise-rz voire; fr. besicle = be-
ricle^ Chaise = chaire). Le lim. visa a le
même Sens que In. aviso.
VIRAUD(virô)s. m. — Se dit d'un grand
garçon remuant, tapageur. S'emploie av,
l'adj. grand : in grand viraud.
De viri « tourner », av. suflf. péj. aurf,
de wald. L'idée est de qqu'un qui tourne
et retourne constamm., qui vagabonde.
VIREGOSSE (viregôsse) s. m. — Nom
plaisant, donné aux carrousels ou chars
tournants dans les vogues.
1> mot parisien gosse, gamin, n'est pas
connu dans nos campagnes, mais je sup-
pose que viregôsse, littéralem. « qui fait
tourner les gosses », aura été créé par qq.
bel esprit, retour du service militaire, ou
simplem. rapporté de Paris. Je crois, du
reste, que l'express, n'est connue qu'à
Morn.
VIRI (viri) v. a. — Tourner, faire
toJirner. Viri le vaches, fais-les retourner.
Du type qui a formé fr. virer, que Diez
rattache à virta, bracelet, cercle. Le suflf.
i est engendré par le groupe ir (15 5«>.
VIRICE VERICE s. f. — Je ne connais
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430
VlFll
pas ce mol (le auditu. On lit dans Maz.
d'Aveize {Lettres sur mes jiromen, à
Lyon^ 1812) : « La maison Deschamps, à
Serin, est le point de départ de tous les
bateaux et de toutes les bêches... C'est là
que les batelières sont dans Tusage de
prendre la corde qu'elles nomment vul-
gairem. virice..., av. laquelle elles se font
remonter plus facilem. par un cheval... »
Une personne très digne de foi l'a recueilli
sous la forme verice, av. le sens de corde
de halage en général (ce qui sert à faire
virer le bateau, et par extens. à le tirer).
Le rad. est sans doute celui de In. viri
« virer », av. sulT. isse, d'itia, qu'on re-
trouve dans qq. mots popul. où il s'est
ajouté aux vb. en t (cp. bâtisse, de bâtir).
VIRICOTTA (virikôta) s. f. — Culbute.
Subst. V. àcviricottô.
VIRICOTTO (virikùtô) V. n. —Culbuter,
tomber, tourner.
Composé de viri « tourner », de colô
« côté », de Costa, ei du sulT. <5 (14 1").
Viricoltô litléraleni. « virer sur les
côtés ».
VIRIË (virië dissyl.) s. ni. — à Yzcr.
Premier labour d'une terre en friche ou
en herbage. Lahorô ou (^au) î?jnV% faire
co labour.
De In. viri, av. sufT. et, réduit à è à
Yzer.
•VIRIGOLIA (virigolha) s. f. — Goch.
ne fait pas figurer ce mot dans son vo-
cabul., mais il le donne dans l'ex. « Yl y
annpi una bona virigolia, il lui a donné
une bonne taloche. » Voiron viregoullier,
secouer, tirailler.
Crap. a virigolhi, une femme qui tourne
sans cesse. T'ir/V/o/m est probablem. formé
de la même manière, sur viri € tourner »,
av. un suflf. péj. et fréq. de fantaisie. Le
mot représente le subst. partie. d*un vb.
vh'ifjolhx « tourner et retourner ». Aussi
je crois que virigolia, qui doit encore
exister, signifie non précisém. une taloche,
mais « une tripotée, une volée de coups »:
littéral. Tact, de tourner et de retourner
qqu*un sous les coups. Il se pourrait
pourtant qu'il fallût y lire guta -^^gola, et
que ce fût « le soufÛet qui fait virer la
gueule ».
VIRIGOLLI (virigôlhi) s. f. — à Crap.
Se dit d'une personne qui tourne inutilem..
qui perd son temps à aller et venir, en
démarches inutiles.
De viri « tourner », av. un bizarre suif
péj. golfii, allongé comme tous les suff*.
de ce genre, et inventé de toutes pièces,
sans qu'on voie le rôle qu'a pu y jouer
Tanalog.
VI R ION (virion dissyl.) s. m. For. re-
ron ~ 1. Venin des bêtes venimeuses.
2. Ce nom se donne aussi aux chenilles
qui gonflent ou sont censées gonfler les
animaux qui les mangent av. l'herbe. On
dit d'un bœuf méléorisé qu'il a c miugi iii
virion ».
De veneiium^ av. ch. de n en r comme
dans vérin. Substitut, du suff. on à la
désin. in, qui a été prise pour un suCT.
Sur rinsert. de yotte v. 184 4s note. Le
ch. de e bref init. en i doit être attribué à
l'infl. de l'yotte de la 2« syll.
VIRO V. viairo.
VIROLET (virole) s. m. For.,lgd..b. lim.
viroLilet. — Jouet d'enfant. C'est un petit
moulin qui tourne sur une grosse noix
(bnraude) qu'on perce av. un fer rouge.
C'est dans cette noix, vidée, que s'enroule
la corde qui sert à faire tourner le jouet;
A Lyon toton, petit disque d'os ou do bois
traversé par un axe auquel on imprime
av. le pouce un mouvem. de rotat. Ss.-
rom. l?/ro/tf^ moulinet d'enfant, qui tourne
dans une eau courante. Le virolei dont
parle Kabel. Gar gant. c\i?ip, xi: « Et pour
s'esbatre comme lespetits enfants du pays,
lui feircnt un hQ^nvirolet des aeles d'uiig
moulin à vent de Myrebalais »; ce virolet
était sans doute celui de nos petits paysans.
Vfr. virolet c a boys windmill (Gotgr.) >•-
Formé sur virole, av. suff. et,
2. à Lyon Anus.
N'est pas 1. pris au fig., mais un dim. de
b. lim. virol « endroit où les vertèbres se
joignent aux os des hanches (Beronie, et
Azaïs sans doute d'après lui; je suppose
qu'ils entendent ainsi désigner l'os sa-
crum), cul ». A virol s'est ajouté le suff.
dim. et. De podex, le sens a passé en In.
à anus. Virol vient de pr. rira, fr. cir^r,
av. sulT. pr. ol, parce que les moiivem,
du tronc se produisent ou sont censés re-
produire sur cette articulât. Je ne crois
pas qu'il faille rapprocher vfr. rir«v>/'/£^,
que Roquef. traduit par < puit-n^ia Mri-
lia »et qui me seml)lerail mieux tt-aduit
par « coleae », et dont le rad, est e^;t-
lom. rirer.
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VIRO
434
VIRONDO (virondô) s. f. — Tournée,
promenade.
Voure je porïns bien jusqa*à ?ait h barréri
Faire ioa virondô.
< Maintenant je pourrais bien jusqu'à
la barrière — Faire une tournée. » (Gorl.)
Subst. partie, de virondô Tb.
VIRONDO (virondô) v. n. — Errer çà et
là, faire une tournée, se promener sans
but.
Quand j'arai rtrontid jusqu*Â la Grand'Cliarréri.
« Quand je me serai promené jusqu'à
la Grande-Rue. » (Gorl.)
De In. virij tourner, av. suff. fréq. ondô,
peut-être par analog. av. vagabonder,
VIROU (virou) s. m. — Tourneur.
Darrérimeiiil Tu virou de maiietes
Ou coin dou pont relevant te friseles...
< Dernièrement un tourneur d'anses, —
A l'angle du pont relevant ses accroche-
cœurs. » (Per.j
De In. viri « tourner », av. suff. ou,
d^orem (34 bis),
VISTE vin. s. f . — 1416 : « Item... ordon-
nèrent... que deux d'eulz... alassent visiter
certains noveaux ediffices, c'est assavoir...
et en l'hostel de Tevenet Guillaume assis
ou Bessal (bâti au Bessal), qui a faict une
viste qui agocte sur les murs de la ville... »
(Reg, cons.)
Paraît être un appendice en forme de
lof/gia ou de terrasse permettant la vue
du prospect., et dont le toit dégouttait
(agocte) sur les murs de la ville.
De vis(i)ta pour visa, Gp. il. vista c .sens
de la vue » et « action de voir ».
''VITAILLI (vitalhi) s. f. - Nourriture
du bétail en général.
C'est le vfr. vitailles, de victualia, Gh.
de ia en i (54 1').
*VITIA Y.vêquia.
VITURA (vitura) s. f. — Voiture, trans-
port.
De vectnra, qui donne veitura vètura,
mais la diphl. ei se résout qqfois en i.
VIURE (viure dissyl.) v. n. — Vivre.
De vïv(e)re. Vocalisât, de f (167 3»).
VIUROS (viuros) s. m. pi. For. vioros
— Vivres.
Loua cidre sont si chier,
Que faut creva tout dret à faute de miiigicr.
« Les vivres sont si chers — Qu'il
faut promplement mourir, faute de man-
ger. » (Chap.)
C'est r mre € vivre», pris substantivem ,
av. substitut, de la fin. o des subst.
masc.
VOGA (vôga); à Lyon vogue s. f. For.,
dph., sav., br. voga — Fête du village,
qui coïncide av. la fête patronale. La
voga de Mornant, Fribourg. vogua
vougha, multitude, affluence, procession,
fête patronale.
G'est le fr. voga^ dér. au sens d'abon-
dance, affluence, du vha. loogôn pour
wagon, mha. wagen « moveri v; ail.
wogen « rouler des vagues ». Lji voga,
c'est donc Taffluence, la réunion, la foule.
G'est par erreur que M. Onofrio, trompé
par l'homopiionie, identifie voga av. pr.
vola, même sens, de votum. Sur le sens
cp. assemblée, synonyme de vogue dans
beaucoup de pays.
VOGAIRO (voghèro); à Lyon vogueur
s. m. — Nom donné aux jeunes gens qui
« tiennent » la voga^ c'est-à-d. qui, précé-
dés d'un tambour-major, d'une cantinière
et d'une musique, vont offrir une brioche,
en échange d'une étrenne, aux habitants
notables de la commune; organisent la
fête, etc. Le nom francisé de vogueur
tend à se substituer partout à la forme
patoise.
Lo tambour du TiHajo,
Très bon prédicateur,
Rappelle avi corajo
Toi lou rranguins (fringants) vogueurt.
(La Voga, chans.)
De In. vogot av. suff. airo (13, rem.).
VOIRI V. vouer i.
VOLAN (volan); vin. VOLEN s. m. Pr.
oulame, m. lat. olame^i^ mars, ourame,
Igd. oulam, îor, volan voulan, pr. vou-
îame, alp, vouram^ gasc. boulant, rgt.
houran, gév. baron, m. lat. volatta, ss.-
rom., Taren taise volan, vfr. volaine vo-
lant voulant, orléan. volain — Faucille
de moissonneur.
Fai que voJen el serpa
Se poissen affana.
« Fais que la faucille et la serpe — Se
puissent fatiguer. » {noèl xvi» s.)
Étym. inconn. On voit qu'il y a deux
séries de mots, l'une av. ou init., l'autre
av. V devant ou. Si la 1" est la plus an-
cienne (on a qq. ex. de la prosth. de v de-
vant 0, cp. ad horam = In. vore, horrida
= lim. vore) elle reporterait à un lat. ola-
men, qui fait penser au b. lat. lamen
t frustum metalli », donné par Diefen-
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432
VOLE
bacli dans son Glossarium latino-germa-
nictim, Illum lam(i)num peut, av. agglu-
tinât, de l'art., devenir en roman olame:
lo lame lou lame^ Volame Voulame; et
oulaine peut devenir voulame, av. la
pro.slli. euphon. de v signalée plus haut.
Sur le sens comme sur la format., cp. aie-
'melle, de lamina. Dans les formes av. b
init., b est la prononciat. gasc. de v, —
Dans un certain nombre de dial. l a passé
à r, et am an a passé à on. Ces trans-
format., quoique régul., ont fini par faire
des types bien diflférents les uns des
autres, et au premier abord on aurait qq.
peine à croire qu'oulame et baron soient
identiques.
M. Ghaban. pense au contraire que la
forme av. v doit être la primitive. Il y a
en effet des cas d'aphér. de v en pr. (cp.
oslre = vostre, os = vos; P. Meyer, Der-
7ii(*rs Troubadours). Ou aurait donc eu
d'ab«>rd volamen^ qui expliquerait très
bien un fr. 'volain, d'où un fém. volaine.
Mais d'où viendrait volamenf Peut-être
faut-il y lire volumen (à cause de la forme
courbe de l'instrument) transformé en vo-
lamen^ sous l'infl. de lamen. On trouve
en effet au xv« s. volume * goyart », c'est-
à-d. serpe à fer recourbé comma le volan
(Du G. s. V. volumen),
VOLEN V. volan.
VOLETTA (voleta) s. f. — Ghasse-
mouches fait de menues tlcelles en forme
de franges, qu'on met au front des bœufs
C'est le fr. voilette, modifié en volette
•sous infl. de voler, ces fi^angns étant con-
sidérées comme des choses qui volent.
VORCOUA V. vorcua,
VORCUA (vorkua dissyl.) s. f. — à
Yzer. Digitale; à Morn. Bouillon-blanc,
verbascum thapsus; VORCOUA — à
River. Bouillon-blanc. VARCUË (varkuê)
s. f. — à Grap. Digitale. VORCOUA ROGI
(vorkoua rèji) — à St-Mart. Digitale.
VORCOUA JAUNA (vorkoua jôna; — à
St-Mart. Bouillon-blanc.
Ëtym. inconn. — Vulgsigo est le nom
donné par le médecin Macer à l'asaret,
plante médicinale, qu'on appelait « la
panacée des fièvres quartes ». La digitale,
lo bouillon-blanc et Tasaret ont cela de
commun que, dans tous les trois la fleur
ou calice constitue une enveloppe unique,
à forme tubulaire, renf*»rmaiil les étamin*^s
et le pistil. Cette ressemblance [peut faci-
liter la confusion. Si l'on admet une me-
tath. de vulgago en vulgoga, on expli-
quera vorcua par le ch. de «bref en o
(38),- de / en r (170 2«, c), par le durcis-
sem. du !•' g en c, très acceptable (cp.
paganum = pacan)^ et par la chute du
2* g (128 29, rem,). On a, par le ti-ansport
de l'ace, sur la 2* voy. en contact (51),
vorcoa, vorcoua, qui passe à vorcua
selon les lieux. Dans la forme varcue, o
a passé à a sous infl. de r.
VORE (portfjadv. Vionn. vora.h. dph.
avure — Maintenant, à pré.sent.
De ad horam, av. prosth. de v fréquente
devant o, u (183 7*»). Cp. Igd. vun {unus)',
b. lim. voro « laide {horrida) »; milan.
vunna < une ».
VORENDREIT(vorindré)adv.Ss.-rom.
orendrè — Tout à l'heure, désormais,
incontinent. « Lo biirro va fondre voren^
droit, le beurre va fondre. »
V'esl paciit faili, et vorindret j'espero
Que près de me te u*trrait pou de rln.
■ C'est marché fait, et maintenant jVs-
père - Que près de moi tu n'auras peur
de rien. » (Mon.)
Le même que orendreit (v. ce mot), av.
prosth. euph. de v, comme dans vore^ de
ad horam.
VORLA (vorla) village diTLyonn. Pr«>
verbe :
Los jardinli de Vorla,
Ne fanl boutsù riu qae de corlei.
« Les jardiniers de Vourles — Ne font
pousser que des citrouilles. >
A Lyon on dit :
A VourF en Voorlois,
Le femiit' tccouch' k trois mois,
Mais seulement la première fois.
Je ne sais qui a voulu attribuer celte
phrase à Prost de Rover, cherchant à
expliquer son cas à un Vourlois mal-
heureux. Le proverbe, de pure origine
popul., se retrouve sur divers points de
la Finance, appliqué à d'autres localités.
VORTILLI (vorlchilhl) v. n. — /i St-
Mart. Errer, rôder, baguenauder.
De vQvtere, forme archaïque et popnL
de vertere, av. suff. fréq. ilhl,
VORTILLON (vortchilhon) s. m. — à
St-Mart. dans la locut. in vortillon^ en
tas, en chilTous, à propos d'une chose chif-
fonnée, mal plièe.
De In. vorfillt, av. sufT. on.
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VORZ
433
•VORZ ES vorsines.
*VORZI N ES (vorzlne) ♦VORZES ; à Lyon
voiirgines s.f. pi. Dph. vorsio — Se dit
des scions de saule et d'osier qui crois-
sent dans les lieux inondés. Je ne connais
pas la forme vor^es.
De b. lat. verga (vlrga), dans lequel e
a passé à o, peut-être sous infl. de r (cp.
voriere pour verlere). D'où vorga et, av.
suff. dim. in, vorgines vourgines. J de-
vant t passe qqfois à j: (par l'intermédiaire
de dj ds); cp. ar sella, à*argilla. D'où
vorzines. La forme vorzes reproduit ver-
gas sans addit. de suff.
VOTE (vote) — Terme de batellerie dans
l'express, donner vâte, c'est-à-d. replier
le bout d'un câble de manière à lui faire
faire une boucle, qu*on attache fortem. à
l'aide d'une petite corde nommée batafi (v.
ce mot).
De fr. voUe, de l'it. volta (lat. voUa
pour voluta), parce que la corde fait volte,
retourne sur elle-même. L7 a cessé de se
faire sentir dans la prononciat.
VOUA (voua monosyll.); à Tarare, Pa-
niss. VOUÉ; ap. Goch. VOUEI adv. d'af-
flrmat. et interject. — Oui.
De hoc illic (Cornu). La prosth. de v est
euphon. à cause de la difficulté à pronon-
cer oui, Cp. le langage des enfants : voui,
et en pr. [m]ounte^ qui a été [vjounte
pour ount « où ». Quant à a fin. au lieu
de t, il s'explique par ce fait que ?ioc r= ot
en In. (42 3«); d'où oi-i(l) oi oua, Cp.
wal . awoi voa. Je ne connais pas la forme
de Goch., mais comme oi passe à ouê aussi
l)ien qu'OMfl (48 S*»), elle ne fait pas diffi-
culté.
VOUÉ V. voua.
*VOUEI V. voua.
VOUÉRI (vouérl dissyl.) à Crap.; à Ri-
ver. VOUIRI (vouiri); à Morn. VROÎRI
(vroïri dissyl.); ap. Goch. VOIRI v. n.—
Égrener, dégrener. On dit d'une gerbe dé-
pouillée de son grain qu'elle a vouiri.
Quand le grain sort facilem. de l'épi sous
le fléau des batteurs, on dit : o vouire
bien.
Ètym. inconn. — Peut-être formé sur le
pr. vuei « vide », av. suff. verb. relié par
r. La diphtongue ei expliquerait le suff.
en i (15 5*); d'où vuei-ri vouèri vouiri.
Quant au simple vuei, il n'existe pas en
In., mais il a pu disparaître devant l'inva-
sion du fr. vuide. Vuei, suiv. M. Schu-
chardt et M. Thomsen, de vocitus pour
vacitus, ce dernier pour vacatus, Vocare
pour vacare existe en b. lat. Les raisons
opposées par ces romanistes à Tétym. vi-
duus (Diez) sont fort sérieuses. Dans la
forme vroïri, assez surprenante, car elle
est d'une prononciat. difficile, la l"ra été
appelée par la 2«, phénomène constant
dans le vin. {perdrirs, nvrirl, etc.
VOUIRI V. vouéri*
*VOUSSIT (voussi) « Ou voussit, il
voulut. On écrivait anciennement il voul-
sit, > (Goch.). — Gette 3« pers. du pré-
térit a attiré 1 attent. de Goch. G'est la
forme de la 3» pers. de l'imparf. du subj.
en vfr. (exactem. volsist = 'volnsset. Il
est très possible que d'après volsis (2«
pers.) on ait refait un parfait ^*e volsi, il
volsït. Il est regrettable que Goch. n'ait
pas mentionné les formes des autres per-
sonnes. Il est probable, en tout cas. que
les formes fortes je vols, il vout avaient
dispam, et que la forme faible avait pris
le dessus pour toutes les personnes. Je ne
connais que des formes faibles : à Grap.
je volé, te volés, a volé, fio(s) volions, vos
volites, i(ls) voliont. Ailleurs Je volis etc.
•VOYANCI (voyanssî) VOYANTA v. a.
Dph. voyanta, vx for. vouyajicier —
Vider, verser, faire couler un liquide d'un
récipient dans un autre. Voyancl la vin-
demi dins la tina. verser le raisin des
bennes dans la c\ive;voyanci lo vin dins
los tuniaus, verser le vin dans les ton-
neaux. For. vouyant € vide, efflanqué ».
Tut eins lo zeingageanl à voyanci Hou saqut.
« Tout en les engageant à vider leur
poche. » {Proc.)
J'ai Yen renir loa gabeller,
Que me lou Tant vouyancier.
c J'ai vu venir les employés de la ga-
belle, — Qui me le vont vider. » ('Ghap.)
Le vpr. vuei < vide (v. sous vouéri) »
suppose un vb. 'vueia voueia, « vider »
(qui existe en pr. sous la forme vujaviuja
veia), sur lequel on a fait un subst. vou-
yAnci voyanci « action de vider », au
moyen du suff. ance, d^antia (cp. vui»
dange, qui a le même suff.). Sur ce subst.
aurait été formé le vb. vouyancl par
addit. du suff. î (16 2«). De même Tadj.
for. vouyant est tiré de voueia. quoique
peu loglquem. puisqu'il devrait signifier
52
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434
VOYA
< vidant » et non pas c vide >, mais ces
ex. de métonymie existent môme en fr. (cp.
« une couleur voyante »). — Je ne connais
pas la forme voyanta (pour voyante),
mais elle auraitété faite sur l'adj. voyant,
comme pesantô sur pesant,
*VOYANTA V. voyanci,
VRoVrI V. vouéri,
VUEY Ss.-rom. voick, toulous. avuey,
V. huey.
VUGLAYRE v. vuglere.
VUQLERE VUGLAYRE vin. s. m. —
Sorte de canon ou bombarde. — 1458-66 :
« Item pour fere apporter les deux vu-
gleres de coyvre qui estien a Pierrasyse
en la maison de la ville. — 1466-68 : A
Jean Marion, bombardier, de Ghatillon de
Dombes, pour la façon et matière d'un
vnglayre de fer pesant environ dix quin-
taux. » (Inv, de la C.)
Étym. inconn. On trouve vauglaire
< pièce d*artillerie » dans les archives
d'Amiens 146U {ap. Gorblet). Les formes
veuglaire vuglaire veulgaire, m. lat.
veuglaria, même sens, sont données par
Du G. Si la forme veulgaire est exacte,
veuglaire pourrait en être une mètath.
Borel (réimpress. de 1882) donne vuglaines
et martinets pour « des sortes de mar-
teaux dont on enfonçait les portes », et
Lacombe « vulgaire, gros marteau de fer
pour enfoncer une porte de maison ».
Gomme explicat. des mots, Borel ne mérite
guère créance, et Lacombe a dû le copier,
mais vuglaine vulgaine a pu être le pri-
mitif de vuglaire vulgaire, Vulgaine ré-
pond à vulcana, de Vulcanus « qui est
des œuvres de Vulcain », et par extens.
€ qui vomit le feu (cp. it. vulcano, sarde
vîilcànu, fr. volcan) ». On aurait substi-
tué facilem. le suff. aire à la désin. aine,
prise pour un suff. U au lieu de Va de
volcan, pr. volca, n'aurait rien d'extraor-
dinaire, le mot ayant dû être fait sur Ttii-
cain,
VUVO, A (vuvo, a) s. m. — Veuf,
veuve.
Mascul. de vuva, de vidvn: comme veuf
de veuve (par l'intermédiaire vedve veve),
av. durcissem. de t? fin. La format, n'a
rien d'extraordinaire, étant donné que,
dans le droit romain, la veuve avait une
situation légale particulière, que n'avait
point le veuf, dont la capacité ne changeait
pas par le veuvage.
VYAIRES vin. — Apparence, dans les
textes suiv. < Illi meteyt tant [la] faci sus
la chalour del fua que oy li eret viayres
que li cervella li brulat », elle mettait
tellem. le visage sur la chaleur du fen,
qu'il lui semblait que le visage lui brûlât.
— « Et adon li eret vyaires qne cil carrel...
la ferissant en l'arma... » et il lui semblait
donc que ces flèches... la frappassent dans
l'âme (Marg.).
C'est le vfr. viaire viarie viere viare
« apparence, visage » ; vpr. veiaire vejaire
vegaire « apparence, jugement (n%*este-
jaire « mihi visum est » ; dar a vejaire
« donner à croire, donner pour vraisem-
blable »). Rayn. place ce mot dans la fa-
mille de vezer « voir », de videre, mais
les formes av. g dur prouvent qu'il faut
un c dans le rad. Diez le rapporte à vica-
rius, qui, en m. lat. avait pris le sens
de t juge (pr. viguier) »: d'où un neutre
t7/carmm.De mêmeque arhitriuniy vpr.
albire, ne signifie plus « arrêt », mais
t avis », vicarium c jugement » aurait pris
le sens de < mine, apparence, visage >.
Cp. ail. gesicht, angl. sight, où le sens a
passé de « vue » à « visage ». Cette dérivât,
semble fort extraordin., mais on ne voit
pas pour vegaire d*autre étym. possible
comme forme, que vicarius.
Y
Y Lettre euphon. préposée à un certain
nombre de mots qu'on verra plus loin. En
ivalitè, il n*y a pas en In. de thème qui
commence par y ou t en hiatus.
Se place devant le vb. être, au prêter.
(yuzn eu).
ïoni yv pts$è lo joar eùilë
Sans poiiére nordre à s«a «AHcé.
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YELL
435
« Nous avons eu passé le jour entier
— Sans pouvoir mordre à sa mamelle.
A Lyon J'ai-t-ayu « j*ai eu ».
Signifie ce, cela, devant la S* pers. sing.
du prés, de Tindicat. du vb. être : y est
€ c'est ».
A l'orig. cet y était destiné à rompre
l'hiatus devant est précédé d'une voy. : 0-
y est c c'est ». Puis, peu à peu, on a vu
dans y l'art, même, et l'on dit indififéremm.
y est ou 0 y est.
YELLES (yèle) pron. fém. pi. au cas-ré-
gime; le cas-sujet est le— Elles. Lim.
yelles.
De illas = elles (38), av. prost. euph.
de y, introduit à l'orig. entre la voy. fin.
du mot précéd. et la voy. init. de elles : d-
elles t à-y-elles^ et yelles par agglutinât,
de la semi-voy. de liaison.
YON (ion monosyll.) subst. numér.
Gruyère yon, Bessin. yun, lim. y on —
Un.
Parme !• comtMttaDtf yon te nummôte Enstacbe.
< Parmi les combattants il y en avait
un qui se nommait Ëustache. » (Qorl.)
J*ti TU, H diit Guicb6rd, yon de Toutros commit.
« J'ai vu, lui dit Guichard, un de vos
commis. » (Dép,)
D'unum = on, auquel on a préposé un
y euph. Yo7t est toujours pris substan-
tivem. L*adj. est m, ina; in homo c un
homme » ; yon de quelos homos < un de
ces hommes ». Gp. angl. a et one^ ail. ein
et einer. Dans yon^ y a peut-être été en-
gendré par l'hiatus entre et et on : vingts
è'on vingt'è-yon mngt*yon et yon tout
seul. Le fém. de unum, pris substan tivem.
est una (au lieu de ina). Pourquoi n'a-t-on
pas yuna f
YORE Ciore dissyl.) adv. — â St-
Romand Maintenant.
De (ad) horam = ora ore, auquel on
a préposé y, comme dans d'autres endroits
ou a préposé v (v. vore). Le In. ne supporte
pas les mots commençant par o ou u ton.
YOUNA (iouna dissyl.) s. m. — à
Lyon Sobriquet donné aux maçons.
De ce que la plupart des maçons sont
de la Gieuse, où le prénom de Léonard
est très fréquent. Léonard se prononce,
dans la Greuse Liowm^ devenu en In.
Youna, Lh est devenu y comme lorsqu'il
estméd. (164 2*, c).
Z
ZANZIL (zanzil) s. m. — à Paniss.
Jambage de porte.
Étym. inconn. — Le mot n'existe pas
dans les pat. congén. A tout hasard
j'émets l'hypoth. de antia, pour anteSy
même sens dans Isid., génit. antium, de
ante (cp. antiae t cheveux sur le front »);
d'où, av. suflT. il, d*ile, ansil, par ch. de t
en ss (1742*, c). Sur l'emploi du suflT. cp.
fournil^ fusil. Le s init. s'expliquerait
par l'agglutinât, de la liaison de l'art,
plur., les jambages de la porte allant par
paires : los-z-ansil, lo sansil. Zanstl
passe facilem. k zanzil par assimilât, de
ss méd. à j init., ainsi qu'on peut le véri-
fier soi-même en prononçant.
ZARNOMBILLE - Exclamât, qui se
trouve dans la chans. de Revér. sur
YAscens^ aérostat.^ version manuscrite
de Goch.
1 sailli de m coquille
Par t*tuleta de noviau,
Mail zu Tayan, ZarnombilU !
Qui creva ve den m piaa.
« Il sortit de sa coquille — Pour s'en-
lever de nouveau, — Mais nous voyions,
pardieu t » Qu'il crevait dans sa peau. »
Zarnombille est pour jarnomhille. Le
z dans le texte cité tient à ce que l'auteur
fait zézayer celui qui raconte. Ge zézaiem.
devait être assez usité à Lyon, .car Revér.
l'emploie souvent. Quant à jarnomhille^
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430
ZAUZ
c'est un juron dont le type est jarnidieu,
dont la \^ partie est < je renie ». Au mot
dieuy on a substitué un euphém. ombille,
fabriqué peut-être par le besoin de la
rime. En tous cas je n'ai jamais entendu
le juron jarnombille,
ZAUZIGNON. Je ne connais le mot que
par le texte suiv.
Nom doux que corrttont par Gi.
*— El le zautro.que vtnt lé faire?
Esperoz ros les utitraire
Avoué de plomures d'ugnon ?
— Lo zaulre faut à zauzignon,
« Nous en avons deux (enfants) qui
courent dans le lit du Gier. — Et les
autres, que vont-ils faire? — Espérez-
vous les nourrir — De pelures d'oignon ?
— Les autres font à... (DuéBih,)
Parait un mot forgé de toutes pièces.
On m'assure qu'il a une significat. obs-
cène, et que le texte voudrait dire que les
autres enfants, deux filles, se prosti-
tueraient. La conformât, du mot, av.
Tallitérat. indiquant la répétit. (cp. sizi'
panpan), semblent justifier le sens donné,
mais je ne suis pas en mesure d'en opérer
a vériflcat., quoiqu'il m'ait été indiqué
par qqu'un du pays. Cp. Bcssin zigzoné
« faire des zigzags », wal. sizonzès
« zigzags ».
Zlv. ^m.
#
ZIU (zin monosyll.); à Morn. Zl (zi) s.
m. -Œil.
T>'oc(u)los = oclos'=z olhs = uelhs =
uel: = tiels =: tieus = ieus = tu et ziu,
par agglutinât, dé la cons. de liaison dans
l'express, los tu, los-z-iu, et enfin ziu
même sans l'article. Ce ziu s'est réduit à
zi dans la forme de Morn. Puis ziu zi
sont devenus sing. — Dans la série ci-
dessus le passage de uelhs à uelz s'ap-
plique par ce fait que, m selon la règle
générale Ih perd sa mouillure moyennant
que s devienne z; puis ce z se réduit à s,
mais 17 reste sèche et peut dès lors se
vocaliser en u, Uu de la dipht. ue se
change en y, comme dans nit = nieit-=z
nueit; changera, qui ne se produit pas au
sing. {oculum = oclum = olh =r uêlh =
eulh) parce qu'on y aurait deux y consé-
cutifs (yely), tandis qu'au plur. il a
justem. pour effet d'empêcher «le « con-
cours odieux» de deux m. » (Ghaban.)
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SUPPLÉMENT
Les mots marqués d'une f figurent au Diciionn. ; les autres sont ajoutés.
A préf. - 1. Signifie le plus souvent
mouvement, changem. d*une place à une
autre, action d'attirer : abaragnX, ahrivô,
appondre, àbosô^ achatti^ staccato,
alancô. Il se prépose souvent à l'adj.
pour faire le vb.
2. Expié t. : s'acalô^ abialô,
3. Se substitue à è, de ex, dont il
prend le sens : ac?iarpiô.
De ad.
t ABARÉGNI (S'). Le rad. de barre
n*oflfre aucun rapport de sens. L'orig.
serait-elle arbor = abre, av. insert, d'une
voy. d'appui dans le groupe br devenu
prot.?? Mais je ne saurais expliquer le
suff.
t ABLAVO (ablavô) v. a. Pr. ablada.
Sens à ajouter : — à Villefr. 1. Ensemen-
cer.
De bladum =: bla, av. suff. a ; d'où bla-
da, passé à bla-a par chute de d (135),
et à bla[v]a blavô par inserl. d'un v pour
rompre 1 hiatus; ou plutôt par ch. de fen
r (144 3*) dans une forme 6/a/correspond.
au vfr. bief, debladum. Quoi qu'il en soit,
on a blava blavô, auquel a été préposé le
préf. a pour m.
2. à Villefr. Biner (faire la 2« faron de
la vigne; ; à Belleville, au contraire, faire
le !•' labour.
Formé sur ablatum, parce qu'on
• enlève > les mauvaises herbes (v. abla-
vô au Dictionn., où le sens est celui usité
à Grap.)
3. Égaliser, niveler. Ablavô le darbo-
nire, niveler les taupinières. » (Deresse)
Ëxlens. de sens 2.
t ABRIVO' Diez, Liltré et Burguy tirent
le vfr. abrivé du celt., et rapprochent vfr.
bin t vivacité, courage », it. brio, pr. bnu.
M. Thurneys. approuve l'étym., et cite les
mots celt. vx irl. brig * force, pouvoir,
etc. »; néo-irl. brigh « substance, essence,
etc. »; d'une rac. *brigâ ; vx irl. brig
< habile, puissant »; kym. bri « aesti-
matio, dignilas, honor »; corn, bry^ aux-
quels correspondraient gall. brigo- brio-,
roman brico.
t AGASSI (S'). Rapproch. vfr. quas, fa-
tigué, épuisé.
t ACATTO (S')' M Chaban. se refuse à
y lire cattus, et je crois qu'il a raison.
Non que la persist. du c Init. fût impos-
sible (le mot pourrait venir da pr. cat),
mais parce que le sens me semble forcé.
Je lîrois, comme M. Gh., qu'une étym.
quata, de coactare se conviendrait mieux.
Gp. m. lat. quata « tormenti genus (Du
G.)>. évidemm. de coactare.
ACHARPIO (acharpiô trissyl.) v. a. —
à Paniss. Mettre en charpie.
De fr. charpie, d'un rad. carp, av. prèf.
a pour e, de ex, comme dans arracher
pour esrachier.
ACOLAILLES;ap.Goch. ÉCOULAILLES
s. f. pi. — Vin qui tombe dans le baquet
lorsqu'on le met en bouteilles; reste d'un
tonneau.
De colare, av. préf. a et suff. coll. ailles,
d'alia.
t ACOSSOLI a été par erreur étudié sé-
parém. d'écossoli, auquel il est identique,
sauf ch. de préf.
t ACUCHI.Jecroisquecevb.adeuxorig.,
suivant qu'il signifie c amonceler » ou
« presser ». Dans le 1«' cas il est dér. de
cuche; dans le 2* il est identique à écuchi,
sauf ch. de préf., et vient du type qui a
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438
ACUÉ
fait pr. esquicha. Ad-coactare aurait
donné acachï acaichl (v. quai, for. qiiay,
vpr. cach).
ACUÉ (A L') (alakué trissyll.) express,
adv. Berr. à la coi, à la coué^k Viilefr.
dans la locut. Se mëtre à Vacué * se mettre
à l'abri, à couvert ».
On songe tout d'abord à In. cuer(t), de
copertum, mais r fin. ne tombant pas en
In , je croirais plutôt à une étym. ad
qicielum qtcetum, av. persist. de ic. On
a eu coi couê coué eue.
t ADDURE. Inutile de le tirer du présent.
Je l'avais fait sous l'infl. de l'idée de
seqw(e)re = sègre, d'où adduc(e)re aurait
donné addugre; mais il n'y a pas parité,
q étant ici protégé par w. Adduc(e)re a
donné aduiret comme fac(e)re a donné
faire t etc.
ADÉ (adé) adv. Vpr. adès, vfr. ades,
pr. adès adé, béarn. ades, it. adesso, cat.
adès — à Villefr. Tantôt, il n'y a qu'un
instant, tout à l'heure.
De ad et...? L'ètym. ad ipsiim, donnée
par Diez, soulève les object. suivantes :
!• le d aurait dû tomber; 2» Ve est ouvert,
en fr. comme en pr., et i ne peut donner
qu'un e fermé.
t ADIU COMMAND. Il n'y a pas eu
confus. 9.Y.eummandare. Cummendare,
dans le lat. vulg., selon une loi générale,
a dû reprendre la forme du simple; d'où
commandare, Pr. comandar, fr. coman-
der sont donc rég. (Chaban.)
t ADOY. Rapproch. vx ail. ddùche
€ aqueduc » (W. Meyer).
Sous le môme mot j*ai émis des doutes
sur rétym. doga donnée par Litlré et
Scheler pour dova. Ces doutes ne sont
plus possibles en présence des formes pr.
dougo dogo^ môme sens. A Montpellier
régoùt de la ville s'appelle la Dougo ( Ade-
lung). Il faut seulem. eu conclure que, en
lat. vulg., doga avait pris o long.
t AGANTQ. S'emploie souv. av. la forme
rèfl. s'agantô, s'engouer, s'enticher. Se
prend aussi av. le sens de s'associer à
qqu'un, se rendre camarade.
t AGOURINO v.la correct. à ^ourWna.
t AGOURQ. S'emploie souv. av. la forme
refléchie : s'agourô, s'attraper, se mettre
dedaus. « A s'est tnaricu niais a s*è agoitrô,
il s*est marié, mais il a fait une mauvaise
affaii-e. » A Lyon se gourer.
AGOYA (agô-ya) adj. des deux g. — à
Villefr. Dégoùt€, sans appétit, maladif.
Il faut renoncer à tout dér. de gustum,
où t se sera conservé. A agoya cp. le pr.
degouia deigouia desgouha, gasc. de-
goulha, lim. deguelha, Igd. degoulhaU
dégourdi, alerte, ingambe, dégagé. Celui-
ci répondrait au part, d'un v. 'dis-toada-
culare (?) pour dis-wadiculare, du b. lat.
wadium, gage, c'est-à-dire représenterait
un dim. du fr. dégagé, Gh. de ic en ^
(101); chute de d (139); ch. de uculare
en olhï (164 2«, a rem.). On a 'dé-gaolhi
'dégolht, dont le partie, est 'dégolha dé-
goya (164 2», c). Le contraire de dégoya
est goya ou agoya^ av. le préf. ordinaire a,
^^oya serait donc celui qui n'est pas in-
gambe, qui n'est pas f dégagé » (?).
t AGRIMOLC M. Chaban. me signale
comme plus plausible une étym. de gni-
tnel, comme agroumi. Le sens est en effet
bien préférable, quoique je ne sache pas
expliquer le passage de ou à t.
t AGROPO. Ligne d,marpa ne doit pas
être traduit par « griffe », mais par
« étreinte, écrasement » (v. marpaUVi),
t AILLAN. Le lim. aglhon (g + l
mouillée) viendrait à l'appui de la forme
de Goch.
AILLU (alhu) s. m. — Muscari.
D'ai7, av. suff. u (36). Le muscari est
en effet un allium.
t AITROSv* lacorrect. à ^^ro5.
t AJOU à Villefr. Vâjou est l'oiseau du
maçon. Gomme oiseau € avis » se pro-
nonce aussi âjou, j'en conclus que Tétym.
adjotum ne vaut rien, et que Vajou du
Fr.-Ln, est simpiem. le fr. oiseau, av.
extens. du sens à celui de hotte. Quant à
oiseau = ajou, il faut remarquer qu'à
Villefr. s après une dipht. où figure un
yotte se prononce i. Ainsi maison, raison
se disent mdjon, râjon. On voit que le
passage de 5 à i transforme ai en a, et
par analog. oi en a. On a donc âjeau et
par le ch. de eau eu ou (49). djou, ajou.
t ALAMON. L'éiym. esp. est peu vrai-
sembl. Alamon est-il fr.. armon^ de b.
lat. arlemonem (de temonewi). av. ch.d?
r en / et insert, d'une lettre d'appui dans
le groupe Im"* Artemonem avait pris le
sens de timon, qui peut s'appliquer tu
sep
t ALBRANDA. Supprim. la phrase
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ALOG
439
<c La même faculté Ta fait nommer à Crap.
urina ^ etc. » (v. sous talaurina),
ALOGNAR (alognâr) s. m. — à Villefr.
Noisetier.
ly avellanearis (?). Avellanea z= alo-
gni (v. ce mot), et avis = ar (cp. limi-
taris = lindar). Cette format, semble
plus probable que avellanearius dans
lequel on aurait substitué le sufT. germ.
ard, qui ne s'applique pas, que je sache,
aux noms d'arbres.
AMARELLA (amarôla) s. f. For. ma-
relia — Marguerite sauvage, anthémis
arvensis.
De ad + m9Ltr(ix) + suflT, e//a. parce
que cette plante passait pour salutaire
aux maladies de matrice. Chute de t
(164 3«).
AMBAISSI V. la rectificat. au Dictionn.
à emhaissi.
AMBiORSES V. la rectificat. au Dic-
tionn. à emhaissi»
AMBRICOT (anbrikô) s.m. — 1. Abricot.
— 2. Terme obscène c colea ».
De même Ion Jacot
Se baltnce pro bien,mtis n'a qu^n ambricot. {Gorl.)
C'est le fr. abricot, de Tar. alberqùq,
avec nasalisât, de a (184 7*, rem. 3).
t A M BU NI* Rapproch. lim. embouni,
t AMIATO. On peut aussi y voir le fr.
amif av. suff. fréq. atô pour ottô. Cp. pic.
amidouler t amadouer », de amt doux.
Ce rapprochem. m'est suggéré par l'étude
que M. Tobler a faite &*amadouer dans la
Ztschr. Toutefois, M. Suchier, dans le
Grundriss de M. Groeber, voit dans ama-
douer le pr. amadou, vpr. amador, lat.
amatorem. Enfin M. Ghabaneau voit dans
notre amiatô le miaxi des chats (que j'ai
signalé comme ayant pu influer) et rap-
proche lim. mioulâ^ même sens. Le suff.
lim. userait en In. td. La forme In. aurai!
pu être infl. par amadouer. Le rappro-
chem. av. miould me semble décisif.
ANDAGNI (andagnf); ap. Coch. ENDA-
GNIER v. a. — « Mettre le foin en tas »,
selon Coch., mais en réalité en andains.
D'ûndain. av. suff. ♦(IS 4»). Voici la
marche ; andainer andanier andagnx.
ANGARIER v. encarter.
t ANINA ne signifie pas « pean d'âne »,
mais € peau d*agneau ». Les textes sui-
, vants, que veut bien me communiquer
M. Ghabaneau, ne laissent aucun doute.
Leiide de Montpellier : « Pelles de conils
facte... — Pellicie de conils et pellicie de
lebres. — Lo cent de aninis. — Pelles et
pellicie facte de aninis. — Trossellus de
aninis. — Trostellus de conils. — Coble-
rius qui comparât conillos vel anninas... »
On voit que dans tout cela il n'est ques-.
tion que de fourrures ^t de pelleteries. —
Leude de Collioure : « Gnrga de pey-
lisseria. — Garga d*agnenes... • Leude
de Perpignan : c Curam de conils, lo cen-
tenar, vestit. — Item lo c. do les lebres,
vestit. — Item, lo c. d'anyines, vestit
atressi... » — Ny en cat. égalant nh ou
gn, c'est partout pelles agninas qu'il
faut entendre.
Il fduten tirer cette conclusion, c'est que,
à Lyon, au xiii* s., il pouvait arriver que
la graphie n représentât nh ou gn. Il en
était de môme en pr. C'est donc par erreur
que Rayn. (tome ii, p. 133), trompé comme
nous, a traduit anina par c peau d'âne
préparée ». Du reste, à côté de la forme
anina, il fait figurer la forme anhina. La
!'• se prononçait cerlainem. comme la 2*.
— Quant à notre erreur, elle était d'autant
pins facile qu'à Lyon, au xiii^s., 1'* d'à-
sinus était déjà tombée, et qvCasinina eût
bien donné anina et non asnina. Anina
vient donc d'agnina^ d*agnus.
APPENT (apan) s. m. — à Lyon Ap-
pentis.
De appendix.
t APPONDRE. J'ai oublié de signaler
une significat. extensive très répandue :
€ atteindre ». Celo fusil appond à cinq
cents pôs^ ce fusil atteint à cinq cents
pas. »
Arrive lo Itmbor-major
Et M Teste brodù d'or,
Avi sa canliniri,
Qu'appond à m bolonfri.
€ Arrive le tambour-major, — Et sa
veste brodée d'or, — Avec sa canlinière,
— Dont la tête arrive à la hauteur de sa
boutonnière. » (Voga)
On me signale à Villefr. le sens d'c ac-
courir » : Appondô don vite! t venez donc
vite! » La dérivât, qu'on suit très bien
d*ailleurs, du sens de joindre deux fils
bout à bout à celui d'accourir, est singu-
lière.
ARCAGELÉ s. m. Vfr. arcagelet — à
Villefr. Arbalète.
De vfr. arc-à-jalet, arbalète pour lancer
des balles, généralem. des pierres rondes.
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440
ARDI
On disait aussi arbalète-à-jalet. Jalet est
le vfr. gai, pierre, av. suff. dim. et, du
celt. gaëlgal c caillou »; arm. kaled,
ARDI ('ardl) s. m. — à Villefr. Feu
follet.
Étym. inconn. - Peut-être fait sur vfr.
nrdeir ardre « brûler », d'ardere, av. suff.
i (cp. allouvi); d'où ardri ardi. Il faudrait
admettre que la format, s'est faite sur
l'infinit. (cp. ardeur), de préférence au
partie, ars^ d*arsum.
t ARDUPIN. Ce mot n'est pas si extra-
ordin. qu'il le paraît au 1*' abord. Le
wal. ardèspène signifie épine-vinette ;
hârdispène, Namur drdespine « aubé-
pine ». Grandg. ylit,non sans qq. vraisem-
blance, une contract. de « arbre-d'épine »,
ce qui explique comment le nom a pu être
donné à deux arbustes différents, mais
portant tous deux des épines. C'est sous
uneinfl. analogue que a?*6<?pm, d'album
spinum, a pu devenir arb' du pin ardu^
pin.
t ARPA. Supprimez le dph. marpa,
rapproché à tort, et dont l'explication est
donnée à marpailli.
t ARPAN.Lepa;i,mesure delongueur,
estcertainem.pa/mwm. La forme ancienne
est palm, devenu paw, comme dans le
composé rampan , de ramum palmi
(Chaban.).
ARQUANSON (arkanson) s. m. — à
Villefr. Euphorbe des marais, euphorbia
palustris.
Composé de fr. cresson et du préf. a.
On a eu acresson^argitesson par métath.
de r (187 !•. a), et arguenson, arquan-
son par nasalisât, de e. Cette étym. ne
rencontrerait guère créance, ai elle n'était
appuyée par le rch. quen'son « cresson
de fontaine », qui est évidemm. une cor-
rupt. de cresson, Vanthemis cotula se
nomme aussi en rch. quen'son, dans
lequel Hécart lit « caleçon, à cause de la
mauvaise odeur ». Cette étym. stercorale
me semble fantastique II est probable
qu'il faut voir simplem. dans le nom
donné à la camomille puante, une de ces
confusions si fréquentes dans les noms
de plantes. Quant au préf. a dans ar
quanson, il n'a qu'une valeur euph. et
doit remonter au moment où la métath.
de r n'était pas encore accomplie. Il est
ù remarquer quen rcli.,à côté de quen'son
on trouve la forme querson, où la métath.
est déjà opérée, et qui sert de transition à
la forme où r est tombée. Quant à l'ap-
plicat. du nom de cresson à Veuphorbia
palustris, elle s'explique par ce fait que
les deux plantes sont paludéennes.
ARRI DE-GRAND (arridegran) s. m. et
fém. — Bisaïeul, bisaïeule.
De In . a7'ri c arrière » de, et grand
« grand-père ou grand'mère ». Littéralem.
€ ceux qui sont en arrière des grands
parents ». Quant à arri, c'est le vfr.
arrier, de ad-retro. J'ai souvent entendu
les voituriers crier arrier pour arrière
à leurs chevaux. 1er passe à » (13).
t ASSETO. M. Chaban. le tire non de
adsitum-are, mais de ad-sedem-are. Il
fait remarquer que l'e de la forme pr.est
ouvert, renvoyant par conséquent à un f
bref. En lim. cet e bref, selon la règle,
s'est diphtong. en ie : me siete « je m'as-
sieds »; d'où à l'infinit., par propagat.
abusive de la dipht., sieta.
tASSUAU ASSAU. Vérificat. faite, la
forme assuau est à supprimer; c'est une
corrupt. individuelle. L'étym. sus est
ainsi mise à néant. Les formes ss.-roni.
assot, dph. assoit, bèarn. sout (masc),
même sens, démontrent Tétym. subtum.
Assau est donc la forme masc. de soute,
qui, en vfr., signifiait loge à pourceaux;
gév., bourg, lu sou(t), même sens. Peut-
être assau n'est-il que la sou = la sau =
V assau, par agglutinât, de la voy. de Tart.
Le ss.-rom. assot paraît bien être ad-
subtum, qui donnerait aussi en In. assôt.
t ASTURA. Plus probablem. le fr. à
c'fheuret transformé en asteure asture
qu'on trouve chez M(»ntaigDe et ailleurs
(Chaban.).
t ATO. Suivantrobservat.de M. Zacher
et de M. Chaban., il faut lire sans doute
homenz au lieu de homeuz dans les
textes cités.
AUGI (ôji) s. f. — à Yzer. Loge du porc.
S'emploie communém. av. le complèm.,
Vaugi du cayon.
(Vest le fr. auge, d'alcea, av. dérival,
de sens sous infl. de loge (du porc), dans
lequel /a été considérée comme art. et isolée
du mot: l'auge du porc, loge du porc,
Désin. t (54 2»;. Cette infl. parait néces-
saire pour expliquer le mot, car on ne
voit pas s'opérer dans d'autres mol.«< la
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AUVA
141
.lèrivat. du contenu au contenant On ne
dit pas la crèche pour V écurie,
AUVARGNI s. f. — Auvergne. Prvb.
O ne vint d'Aiivargni ni bon vin ni
honegins.
t AVANGLÉ, ÉE. L'idenUficat. de
avanglé av. fr. avangié, qui a été présentée
au mot atinju est complètem. impossible,
et la rectificat. faite au mot évancliô, oii
neanglé, identifié av. celui-ci, est tiré de
exvaculalum, ne vaut pas mieux. Le pr.
Kvangouli « qui a une faim canine », Igd.
afangala, même sens, donnent la clef de ,
l'étym. qui est, je crois, une composit. de ^
fan « faim {famem) » en In. et en pr.. et '
de Tarm. gwal c mauvais » (en fr. faim-
\ralle faim-gale fringale)^ av. un suff.
verb. et le préf. a. Le tout donne exac-
tem. le Igd. afangala, et par eh. de /*,
devenue mèd., en i? (144 3'), le pr. avan-
gouli. Dans celui-ci il y a eu de plus infl.
de goula, de gula, Avang{ou)li donne par
contract. avangli; et avanglé parla sub-
stitut, du suflf. verb. le plus usité.
t AVENTO. A Villefr. le mot a pris le
sens de retirer av. effort. La ville dit
nvetiter, < Cette bouteille est bien bou-
chée, je ne peux pas aventer le bouchon. »
De ridée d'atteindre à une chose le sens a
passé à celle de la retirer, puis de la reti-
rer av. effort. Gela serait pour aveindre
une confirmation de Télym. abemere.
AVILLIER (avilhô) v. a.— Ouiller (un
tonneau). Ce mot ne figure pas au vocab.
de Goch., mais il l'emploie à 2 reprises
sous ouilli (V. ce mot), comme si avillier
était fr., ou du moins tellem. connu à
Lyon qu'il dût être compris de tout le
monde. Éyidemm. Coch. ne le considérait
pas comme pat. Je n'ai jamais entendu le
mot, et on ne le rencontre ni parmi les
termes proscrits par MoJard, ni dans
Et. Blanc.
C'est le vfr. auilier, qu'on trouve dans
(^otgr. € to flll up wine vessels, Which by
working, haveejecled partoftheirliquor. »
îl est marqué d'une croix, ce qui indique,
je crois, un terme obsolète ou provinc. Il
ne figure au reste ni dans Nicot, ni dans
Nicod, ni dans Monet. ni dans Ménage,
mais on trouve aut7/«r dans 01. de Serres.
A uïlier est le même que cuiller ouiller ^
nv. échange de en, ou et à' au. Puis u
d'auïler^ s'est consonnantisé en t?, phéno-
mène rare, mais non sans ex. (cp. suivre,
de vfr. sieure). Cette consonnantisat.
n'existait point au temps de Cotgr., car
dans l'édit. de 1673, où je puise auilier, il
n'y a jamais confus, entre v et u,
t AVINJU. Le mot avanglé ne doit pas
être rapproché. V. la rectificat. au présent
Supplém. $, V. avanglé»
AVI RE (a vire) v. a. — à Ri ver. Atteindre
pour prendre, aveindre.
De In. tjtrî, av. préf. a, de ad* D'où
artrl, tourner un objet à soi, l'atteindre.
Puis on a fait passer avirx dans la 3^ con-
jugais., de même qu'on a sôtre à côté de
sortît viendre à c6té de vegnX etc.
t AVOUAI prend aussi le sens de « aussi
bien (non comparât, mais conjonct.). »
AVRÉ (à 1') (alavré) loc. adv. — à Villefr.
A l'abri, à couvert.
Malgré le ch. assez bizarre de br en »r.
n'est autre que le fr. à l'abri, av. ch. de i
ton. fin. en ^(33, rem.>. Le mot h4rre,
terme de marine inconnu chez nous, et
dont la dérivât, serait forcée comme sen.K,
ne doit pas être rapproché.
t BAGAGNI. Cp. rgt. logogno. pr. Ift-
gagnoy gasc. legagne, cat. llaganya, esp.
lagana « chassie ». Roquef. donne lagai-
/7?i«, probablem. emprunté par lui à qq.
dialecte d'oc. Pr. lagagnou t margouil-
lis». Ghevallet le tire, non sans qq. vrai-
semblance, du celt.; kym. llygadgoçni
« chassie ]»,de llygad « œil » ; arm. lagad.
même sens. On trouve lagat « œil » dans
le dict. corn, du ix*s., publié par Priée.
Le moibagagni est certainem./a<7a^ne.
av. ch. de la syll. init. sous qq. infl.
inconn. Si l'on trouvait dans qq. dialecte
bag au sens d'ordure, on pourrait expli-
quer la substitut, par la même idée qui
fait dire en rcb. avoir les yeuo} gadoux
pour c avoir de la cire aux yeux » .
t BAGNOTTE v. la correct, à vagnotCa
au Dictionn.
t BAIETE vient bien du b. \&t,badare,
mais d'où vient celui-ci? Diez y voit le
rad. ôa, onomat. exprira. l'ouverture de
la bouche. M. Thurneysen rapproche vx
irl. baithy néo-iri., gaél. baoth c thoericht,
einfaellig •. De baith M. Th. tire un vb.
*baiiare€se tenircomme un idiot la bouche
ouverte. bAiller ^.
5a
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442
BALL
t BALLOUFFA.Cp.rgt. gadofo « pail-
lasse de balles d'avoine ». Je crois tou-
jours que la !'• partie du mot est bal « balle
des céréales », mais la 2« ne peut se rat-
tacher aux mots signifiant « avoine » dans
les langues germ. Il ne peut y avoir
aucun rapport entre ha fer et ouffa. Le
phonème ouf est peut-être destiné à expri-
mer le gonflem. et la légèreté des balles.
Cp. "pouf « fauteuil capitonné », bouffi
« qui est gonflé », /OM/fe < assemblage
d'objets menus et formant masse ». Dans
le wal. de Mons ouf ouffe c signifie
meuble, en parlant de la terre, mais il
s'applique à tous les objets placés légèrem. ;
il est l'opposé de pressé, dense, entassé,
compact (Sigard). » — En h. lim. mouflo,
ce qui est mou. av. élasticité; tero mou-
flo « terre ameublie ». Le montois et le b.
lim. sont, je crois, identiques. Sur l'iden-
tité de ouffe et ouffle, cp. catoffe, qui se
dit souvent pour caloffte, et épilafle pour
épitaphe.
Il se peut aussi que ouffa soit tout sim-
plem. un suff. représentant ucea. La
substitut, defkss s'est accomplie pour
les suff.^ dans un certain nombre de mots
d'oc. Cp. mayossa et maiofa « fraise »,
badassa et badafa « lavande ».
tBANCHAILLI;àVillefr.BINCHÈYER
(bintsèyé) ne doit pas être rapproché de
bêche, mais, comme le croit M. Dei'esse,
de fr. banc, av. sufT. coll. ailli, parce que
le miné se fait par bancs, par tranchées ;
cp. pr. abanca c cultiver par bancs. » En
lim. un fossé s'appelle un banc^ d'où
obonca t creuser un fossé en rejetant la
terre par côté». Le nom du banc formé
par les^ terres jectices a passé au fossé,
comme en fr. douve t digue » est devenu
douve € fossé ». Banohailli suppose un
subst. primit. banche C^anca), car on
aurait eu bancailll. Ce banche, pour
banc, répond à In. ranche, pour rang.
t BAR ATA. Noe de l'ex. cité est mal
traduit par noie et signifie nage. Lisez :
€ La grenouille naga avec la souris [atta-
chée à sa patte]. »
Ghevallet et Stokes rapprochent de fr.
barat irl. mrath,p\\xs tard bralh; vx bret.
brai, plus tard bvad\ kym. brad, corn.
bras « trahison, tromperie », et M. Thur-
neys. y voit aussi l'orig. du mot fr. Mais
le sens de In. barata se rapporte bien
préférablem. à l'étym. germ. Vfr. bavai
« tromperie », et i t. baratare * dilapidare »
doivent donc être disjoints.
BARAUDA (barôda) adj. f. (plur. 6a-
raudes) dans Texpress. nué barauda.
C'est une espèce particulière de noix fort
grosses, très recherchées dés enfants pour
faire des moulinets, dits vivolets (v. ce
mot), et qui sont presque toutes vendues
aux confiseurs pour les confire. Dans le
For. elles sont appelées boulardes.
€ Giroux : Ahl ça tu veulx savoir ce que
j'ai en mon sac ! — L'estranger : Ouy, je
le veulx savoir. — Giroux : Eh bien ! ce
sont noix boulardes n {Un mystère dans
les montagnes du For). M, Xoélas met
en note: « Grosses noix semblables à de
petites boules, v Rabel. ». Je crois que
boularde, de boule, plus suff. ard donne
la clef de l'étym. Barauda doit être bal-
lauda, de balle, plus suflT. aud, de icald,
et ch. de / en r (147 2«).
t BARBABOU. Forme de Lyon et de la
banlieue, mais à Crap. on dit déjà BOR*
BOBO (l)ôrbôbô) par le ch. de a ton. et de
a prot. en (5 (1 '^t 59), et de ou en 6 (34,
rem. 4).
BARBIROTTE - à Villefr.Eumolpedela
vigne, insecte dit aussi couper-bourgeon.
Règle générale, un même nom d'insecte
s'applique à quantité d'insectes différents
suivant les pat. et même les localités.
Rien de moins précis sous ce rapport qne
le paysan.
Sur l'étym. v. barbirotla^
BARLET s. m. — Baril pour 4e vin. II
contient 22 litres, et 5 barlets remplissent
une cenpote.
De fr. bar(i)llet,à\m. de baril, av. chute
de la prot. On voit que cette format, tend
à se perpétuer, même en roman. La dis-
parit. de i a opéré la dessicat. de /.
t BARLETIÈR. Probablem. formé non
sur 6a?*t7, mais directem. sur In. barlet
(v. ce mot au présent Supplèm.), av. suff.
des noms de métier (13).
BARVELLA (barvéla) s. f. — Dans la
locut. à la barvella, en faisant rouler du
haut en bas t O' faut betô lo tuniau à
la barvella, il faut laisser rouler le ton-
neau de lui-même sur la pente. »
Je suppose que barvella est une forme
syncopée de bar(ta}vella (v. ce mot), au
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BASS
44S
sens de crécelle, objet tournant sur lui-
même, de veriebolum.
t BASSACULA. La forme haqmola,
donnée par Gras, est sans doute une faute
d'impression pour baquiola.
t BATTRE L'ANTIFFA. M. Ghaban.
me fait observer av. raison qu'an^i/ n*est
pas pour altif^ mais le dér. rég. é!antiqvus,
fém. aniive. Sur le sens cf. la locut. vieux
comme les chemins.
t BAUCHI. Rapproch. pr. 6oc/io, boule
à jouer.
t BAZATTO. A Pappui de Tétym. cp.
losc hasire « mourir », dont le rad. pa-
rait être le même que celui de hasattô^ et
identique à il. ha:o r raie (Dicz) ». L'idée
de rate s'est sans doute confondue av. celle
d'un organe propre à la respirât.
BÉCHET (bêché) s. m. — à Morn. dans
la loc. Prindre in béchet, se heurter le
pied contre un objet.
Do beccum, av. suff. roman et, ropré-
bentant non un dim., mais simplem. un
objet, comme dans gilet, de Gille. Un
béchet « un coup de bec ». Sur c fin. = cA,
cp. bochet^ de bo(c) t bouc ».
t BÈCHI. J'avais supposé un intermé-
diaire 'bescare (cp. besca t bêche »).
M. Ghaban. me fait observer que beccare
peut suffire. En effet, cp.6icAia, de ôtfccMm,
où ce fin. a donné ch.
BÉCHOT (betsô) s. m. - à Villefr.
.\i relie, vaccinium myvtillus.
Je crois que l'orig. est beccum, av. suff".
roman ot : bèchot « petit morceau, petite
bouchée ». Dans les mots dér. de bec, au-
quel s'est ajouté un suff., c est devenu
souvent ch, même devant o, par analog.
av. les mots où il était devant a, comme
bich'i bichia, etc.
t BEDÇAU BEDOT. Ce mot doit s'écrire
BEDOS (bedo), ainsi que l'indique clairem.
lu fem. BEDOSSEf dont j'ignorais l'exis-
tence. 11 n'y faut pas chercher une étym.
C'est un nom ethnique, que je crois re-
trouver dans une longue énumérat. des
peuples de France, de Flandre, de Bour-
j<ogne et de Provence, qui figure dans
Flamenca et commence au vers 7210.
724 4 Desa foriin dl de Peitu
Et Stogumer et Eogolmec,
Breiop et Norroand el Tornes,
El Btfiruier e Lemosiii,
PeiragMiD et Caberciir,
.' 'fiotei\i%%e BedàseiGot.
« Deçk furent ceux de Poitou — Et
Saintongeois et Angoumois, Bretons et
Normands et Tourangeaux — Et Berri-
chons et Limousins, — Périgourdins et
(^ahorsins, — Rouergats et ceux du Viva-
rais et de la Marche de Gothie. »
Je trouve la confirmât, de cette hypoth.
dans Du G. s, v. Bedoccus « Forensis
extraneus », mais le texte indique, je crois,
qu'il s'agit de gens des montagnes du Vi-
varais. c Et quia plures veniunt ad dicta
loca ad habitandum, nichil habentea vel
possi dentés immobilia, quia vocantur Be-
docci, id est foreuses, etc. » Gomme le
texte (xiv* s.) est tiré d'une histoire de
Nimes, on est porté à croire que le nom de
bedocci s'applique aux habitants du Viva-
rais, désignés nalurellem. comme étran-
gers au pays, et par une épithète sans
doute méprisante. Le nom de bedoccus,
bedos était peut-être primitivem. celui
d'une peuplade du Vivarais, «t peut-être
a-t-il une orig. gauloise.
N. d'homme Bedos^ à Montpellier.
BÈLO (bélô) V. n. — à Villefr. Pleurer,
geindre.
C'est le fr. bêler^ pris au flg., av. sub-
stitut, du suff. pat. (143*).
BÉNARDE adj. fém. — S'emploie av.
le mot serrure. Sert^ure bénarde « serrure
ouvrant des deux côtés». Au m. à., à
Lyon, ces serrures s'appelaient traffoyres
(v. ce mot).
Littré donne l'étym. Bernard, nom
propre, au fig. sot, niais; « d'où serrure
bernarde ou bénarde, une serrure moins
bonne, moins sûre que les autres. » Cette
étym. me parait d'autant moins vraisembl.
qu'il faut chercher le sçns de bénarde
dans ridée de « serrure qui ouvre des
deux côtés », laquelle est au contraire
plus compliquée et plus chère que les
autres. Quant à la question de clef non
forée, usitée pour ce^ serrures, et signalée
comme une infériorité parle Dictionn. de
Trévoux et par Littré, il faut remarquer
que le m. â., ne connaissant pas les clefs
I forées, ne pouvait considérer les ciefs non
1 forées comme inférieures, i/^^nard ne
' serait^il pas tout simplem. le nom de
: l'inventeur?
BIBON(bibon) s. m. — â Lyon Vieil-
t lard, av. sens péj.
Vêla nos fieui biboju emmenés sur la place.
I (Et. BI911C, Suztmnt)
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444
BICH
Paraît le même que le birbe, de Taigot,
plus suff. on. Il y a des ex. nombreux
dans les pat. de la chute de r post-ton. dans
un groupe; berr. cadabe pour cadavre,
wal. cocad pour cocarde. On a dû avoir
birbe bibe bibon. Birbe doit être connexe
à it. birbanle « brigand », vfr. briban^
esp. bribofiy vx angl. bribour « un vaga-
bond ». La dérivât, du sens tiendrait h
l'emploi habituel du mot avec vieux : un
birbe bibon a dû êlre un vagabond» puis
un vieux vagabond, puis un vieux tout
court. On sait qu'on tire briban de brïbe
« morceau de pain (le vaga])ond dévorant
le pain) », qu'on rattache au cell. : kym.
brivo € qq. chose de brisé ».
t BICHE* Il serait peut-être utile de
rechercher d'où vient le b. Ut. bicca. Le
primit. se retrouve aussi bien dans le
grec (êt'xoç) que dans le germ. : vha.
pëchari pëchare, mha. pêcher bëchaere
bêcher^ nor. bikar, suéd. baegare, dan.
baeger^ ail. bêcher. Il a passé dans l'it.
hicchière, vfr. pichier, norm. pichet. La
présence du mot dans tous les dialectes
du nord de la France indique l'orig.
germ.
t BICO. M. Ghaban. veut bien me faire
observer que, en lira., où ca devient cha
(comme en In.), on dit aussi bica, ce qui
semble exclure beccare. On y a d'ailleurs
beca (= fr. becqueter), mais c'est bec -f-
nr. — Bicô peut être une variante de 'bec-
f/uer.
t BIDER ne se rattache nullem. au
germ., mais est certainem. le même que
pida, employé dans la Suisse occident,
pour « mesurer av. le pied ou la main »,
Seine-infér. péter t mesurer ». A Lyon,
pour bider on mesure en effet la distance
du but à la boule en mettant les pieds
l'un aevant l'autre. Gant, de Vaud pider^
mémo sens.
De pedem, av. suflf. des vb. fr. de la
!'• conjug. Le passage insolite de p init. à
b m'avait d'abord fait écarter à tort Phy-
polh. de cette élym. On trouve d'autres
ex. de ce ch. Vfr. pen^au, de pnnnellum
= pr. banèu; (cpoult-de-soie = pr. bout-
de-sede; pr. poutargo, devenu boutargo.
Mais toutes ces transformat, sont récentes,
t BIGOTjà côté du sens particulier donné,
a ausîïi le sens général de « courbé, tordu,
intlcchi ». On dit d'un bâton qu il est bigot
quand il est courbé; d'une poulrt. qu'elle
est biga quand elle a fléchi. Dans ce der*
nier cas, c'est le simple, sans suif., que
l'on emploie.
BILLON (billion) s. m. — à Grap. Bille
de bois suspendue au cou des bestiaux
pour les empêcher de vaguer. A Paniss.
talou.
De fr. bille, av. sufT. on.
BINCHÈYER v. banchaillt au présent
Supplém.
BOBO (bobo) s. m. — à Yzer. Crapaud.
Onomat. très ressemblante du cri du
crapaud. Ge pourrait être encore le mol
boft) répété (v. bot).
t BOCHERLA s. f. — 1. Fauvette. —
2. Barbuquet. V. la correct, kquinquerlo.
t BOCHORD. ORDA A l'appui de
l'élym. proposée, cp. ss.-rom. botzar-
da, nom de toute vache qui a des tache^
blanches à la tête.
BOLAJO (bolajo) s. m. — Arpentage.
Giiochaloii D0U8 frooiUe a l'égard dn bolajo.
«... Gnochaton nous fraude à l'égard dv
l'arpentage. » {Proc.)
Du vpr. bola, borne, d'où un v. bolô.
mesurer, av. suff". aticum = ajo (161 ô*).
Gp. arpentage, à.* arpenter.
t BOLICO* M. Ghaban. veut bien me
faire observer que le lim. est boulega et
non bouleja, quoique c eût dû se changer
en^\ et que, d'un autre côté, un emprunt
direct du lim. au pr. n'est pas vraisembl.
Le vel. et le dph. ayant bouleja, je croi>
qu'on peut admettre l'étym. en supposani
une except. pour la forme lim.
t BOLLI s. f. — Jeune fille. Ajoute/
aux mots rapprochés le cév. bouio, même
sens, dont le péj. est bornasse.
Je crois que 6rî//ii est le même que l'it.
bagascia, le pr. baguassa « prostituée ».
le vfr. baiesse « servante », av. ch. du
suff. acea en suff. ucula\ d'où un b. lat.
'baguc(u)la, qui donne baoulhi, devenu
sav. bouille. In. bôlhi, br. bolia, orlèan.
boèle.
La significat. de jeune fille, jeune ser-
vante, exclut pour le rad. l'étym. bag
« paquet, sac », présentée par Diez comme
eu relation av. bastard pour « lils de
bast », et dont Scheler rapproche le terme
injur. ail. lumpenpack. Il faut écarter du
thème primitif tout sens de celte nature.
L'élym. la plus plausible (sans être le
moins du monde certaine) reste le celî.,
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BORD
445
kym. bach t petit » ; d*oii hachgen « un
jeune gairon t» bachgenes « une jeune
ttlle ». Le rad. est hecc — (Thurneys.).
Faut-il rapprocher angl. boy f Sur le sens
cp. lim. paticho€ servante », plus parti-
culièrem. « grosse servante j», qui est
jtauca, propvem. et primitivem. « petite ».
La dérivât, de sens dans l'it. et le pr.
n'a rien d'extraordm. Elle est identique à
celle qui du fr. gars « puer » a fait garce,
lille de mauvaise vie. Dans le Jura, garce
.signifie encore fille, sans mauvaise ac-
ception. Au rebours fille, en fr. est en
train de prendre l'acception de « prosti-
tuée ».
M. Chaban. voit dans alp. bot « petit
garçon » cité à la 4« avant-dernière ligne
de la !'• colonne, (nejbot < neveu », av.
aphér. de ne.
t BORDOIRI. Aux noms exprimant le
hanneton dans les divers dialectes, ajout,
lim. badaiiy qui est le fr. badaud»
t BORFO 2. « Manger av. avidité ».
M. Chahan. pense que ce pourrait aussi
l>ien être le fr. bâfrer^ av. métath. de r et
passage àa a b. à (4).
BORGNICLASSI (ijorgniklassi); à Lyon
horgniclasse — Dans la montagne se dit
de qqu'uu qui n'y voit pas bien.
De In. borgniclô, av. suff. péj. assi
[W borgnicô au présent Supplém.).
t BORGNICO. Ajoutez la forme BOR-
GNICLO(borgniklô).
BORMATES (bormate) s. f. pi. — à
Villefr. Aristolochia clematith^ plante
qui infecte les vignobles. Y a de bor-
mates, celte vigne est infectée d'aristo-
loches.
De bromos, ivraie, devenu bormos par
niélath. (187), et bormata, av. suflf a/a,
(jui est le fém. de at.
t BORNIAU- Le rad.est bien 6orn, mais,
je crois, au sens d'objet creux, de tuyau
(et non de source), ainsi que Tindique le
ss.- rom. borna « percé en tuyau ». Sur
ce rad. born v. caborna.
BOSUER- Lisez bossuèr. Dans le dé-
partem. de TAin, le seuil s'appelle bossi,
s. m., ce qui fait pencher, pour la l""» partie
du mot. en faveur de l'élym. bosse; bos-
suèr, ce qui fait renflement sur l'aire.
BOTERON (boteron) s. m. — Crapaud,
têtard, de grenouille.
De bot, av. suff. dim. eron paranalog.
av. puceron, chaperon^ moucheron.
BOUFFARET (boufaré) adj. m. Dph.
boufare(l), pr. boufarèu — Employé seu-
lem. dans cette express, un ange bouffa-
ret, petit ange tout nu qu'on voit repré-
senté dans les peintures.
Du rad. bouf indiquant l'enflure (cp.
bouffi), ces anges étant très dodus; plus
suff. el, d'elis, comme l'indiquent le dph.
et le pr. Puis, / fin. ayant cessé de se pro-
noncer, le suff. el a été confondu av. suff.
el (v.s. foliaret au Supplém.) Insert, d'une
syll. entre le thème et le suff. (190).
BOULANGER (LE) — à Lyon Surnom
du diable.
De ce que l'on compare l'enfer à un
four, dont le diable serait le boulanger.
t BOURRi. Rapproch. lim. &owi'rt(av.
ibref) bourrin; à Angoulème bourre s.
m.; fr. bourrien « poussière, balayure ».
BOUTIOU (boutiou dissyl.) s. m. — à
Lyon Maçon, terme péj.
Probablem. boute-ieaue boute-iou bou-
tiou, appliqué au goujat qui apporte Teau
aux maçons.
t BRAMAFAN. Je ne serais pas étonné
que la légende de Sainte-Foy, av. la phrase
il l'appui : Vas- Vin brama la fan chis
monsu Arnaud n'eût été inventée. Le nom
de lieu Bramafan, très répandu dans les
Alpes colliennes, s'applique à de mauvais
pâturages, où les bestiaux « crient la
faim ». Le coteau caillouteux de Brama-
fan, aujourd'hui couvert de vignobles, a
pu être fort stérile jadis. Près de Bayonne
on trouve Bramepan, dont le nom est un<;
corrupl. probable de Brame fan.
t BRAN DO signifie aussi « pendre » au
sens neutre. Par ex. se dit de tout ce
qu'on suspend à un plafond, n. Al a betn
brandô los saucissons, il a suspendu les
saucissons. »
BRECOLI (brèkoll) s. m. — à Villefr.
Niais, nigaud.
On est tenté de le rapprocher de b(u)ri-
cum, av. aphér. de la voy. init. (185)
comme dans it. bricco {ap. Diez), mais
ce n'est qu'une fausse analogie. Je crois
que le rad. est une onomat. exprimant le
bégaiement, le bredouillem. Cp. bretag'i,
bredin. Le suff., bizarre, est péj. car on
le retrouve dans bregnouli, même sens.
BREGNOULI (bregnouli) s. m. BRE-
GNOULA s. f. — à Villefr. Sot, te; ni-
gaud, de.
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446
BREG
D'un rad. bregn, qui paraît èlre Ton^
mat.d*uii6 prononciat. bredouillante, plus
d'oD suff. allongé et par cela môme péj.
(V. hrecoli).
BREGOT (bregô) s. m. — à Villefr.
Tique, ixodes ricinus, parasite des
chiens, etc.
Étym. inconn. — Peut-être d'un rad.
inconnu brig, qui a formé le lat. hrigantes,
+ suff. ot
BRELIN (brelin) s. m. — û Moiu.
Tique.
Étyni. inconn. — Je ne sais s'il faut le
rapprocher de bvegot qui, dans la partie
nord du Lyonn. signifie la même chose
que brelin dans la partie sud.
t BRÉRI. Ajoutez la forme BRURU usi-
tée dans la montagne. Pour celte forme,
c'eslTet qui a pris le dessus dans la dipht.
né, de brueria,
t BRINGUE. L'élym. sprtngan, qui
conviendrait au In. pris isolém., est inad-
missible, parce qu'on rencontrerait dans
les dialectes des formes esbringue. M.
ïSchuchardt a proposé, pour esp. brinrar,
dont bringue est parent, le vx irl. lingim
« je saute t, prêter, leblaing, qui se rap-
porte au Sens, mais parait douteuse à M.
Thurneysen.
BRIONO (brionô trissyl.) v. a.— en Fr.-
Ln. Émietter.
Sur l'étym. v. graltabrionô au Diclionn.
t BROCHES, /y rac A Éfn n'aurait pu don-
ner que brèches et non brdches. La cir-
constance que les brdches broches sont
des débris exclusi vem. végétaux fait penser
à une identité av. branche, dans lequel a
se serait dénasalisé. On ne peut songer a
remonter à un primitif de branche, qui
n'aurait pas de nasale, car les mots cel-
tiques brac etc., rapproches par Diez sont
Huipruntés (Thurneysen), et Tétym. de
M. Neumann (b(i)-ramica) offre a déjà
suivi d'une nasale: mais le fait de an dé-
nasalise en roman, quoique rare, n*est pas
sans qq. ex,
BROCHES (brôtse) s. f. pi. - Plantier
do vignes de l'année.
De bro(t) par une fausse analog. av.
Oè'o(c), chose pointue (v. bronçon), les
boutures de sarments ayant qq. rapport
de forme av. ies broches.
t BROCHIÇ* M. Chaban., av. raison,
dans le texte cité, ne lit pas j>au, de pa-
lum^ mais bien poé, de postem^ pr. post
lim. pô.
t BROGU Plutôt, d'après M. Chaban..
de rumigare. Le sens s'y prêterait mieux.
Pour la forme cp. Igd. bremba, de «*^-
m(o)rare (memrar membrar mremhar
brembar). On aurait eu de même rumçar
mrugar brugar. Cp. marbre de marmre
(mannor).
t BRUIZI. M. Chaban. pense, av. i-ai-
son, je crois, que bruir et brtigir sont nés
à peu près simultaném., comme tant d'an
très doublets de vb. en ère {courre et
courir, reire et vezer en pr.) Bruizi np
devrait donc à bruit ({mq la dipht. ui.
BRULAU (brulô) s. m. — 1. à Gi-iip.
Four à chaux.
Dç fr. brûler^ av. suff. au, à'ellum.
2. Jeune écervelé, turbulent, qui fait des
fredaines.
C'est brùlau i au fig. Cp. four à chaux,
qui se prend dans le même sens.
BRURI V. ôre'ri au présent Suppléni.
t BUGNI. Rapproch. lim. bounha, qui
se dit d'un objet trempant dans un li-
quide et qui se ramollit et s'en imbibe
(Chaban.). Par conséquent l'objet se gonfle,
ce qui se rapporte à notre sens.
t BUTO signifie aussi c contre -buter,
résister >. C'est le sens du fr. buter.
CA CAR préf. péj. qu*(»n retrouve dans
cabiotta, caborna, caboUl, cabossi, caca-
rochi, caforniau.
Ce préf. se retrouve sous la forme car.
probablem. par transformat, de cal (cp.
fr. califourchon^ et caluc calorgne
calouche « louche, myope t dans le fr.
dialectal), dans carabutchïn, caramossn.
Ètym. inconn.
t CABUCHER. A l'appui de l'étym. cp.
Morvan cabeucher « pommer, faire une
tête >, en parlant des choux.
CACHETIRI (kachetlri) s. f. — Provision
de fruits que les bergers cachent dans les
champs. Par extens. provision de fruits
en général.
De cachette, av. suff. iri Cl 3). L»
cachetiriîi certainem. été d'abord le lieu
011 l'on cache. Le sens s'est étendu da
contenant au contenu.
CADOLE (kadèle) s. f. — Partie pontée
à l'arriére des grands bateaux du Rh6ne.
Sur l'étym. v, cadçla, petite h»tl£.
parce que sous ce poot se trouve un^
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CAFF
447
chambrette où les mariniers font la cni-
sine.
CAFFE, ûiol que j*ai souvent dans mon
«enfance entendu dire à ma mère pour
Poche* et qui est aujourd'hui complètem.
inconnu. Je ne sais s'il est resté dans le
pat. bressan : « Rustici Dombenses caf-
fam vocant peram, sacculum. » (Du G.)
Mètath. de faque (v. ce mot).
t CALA* Rapproch. cat. acalar^ dont
le sens est assez voisin du nôtre.
t CANCORNA. Je crois que la deuxième
partie du mot, corna, est une corrupt.,
et que can n'est nullem. le prèf. péj. ca.
Voici, ce me semble, la dérivât. Le dph.
coucoire, roan. kankouire, vaud. kin-
rorne, voironn. quincouare « hanneton»
paraissent avoir pour origine genev. quin-
querne « vielle, instrument de musique t ;
au fig. « personne ennuyeuse et rado-
teuse ». Le mot a été appliqué au hanneton
à cause de son bourdonnem., exactem.
comme il a été appelé hourdoiri (v. ce
mot) en In. par la môme raison. Quin-
queme a passé à kincorne cancorna,
sous infl. de cornes. Quinquerne est le
vfr. guinterne^ dans lequel ( méd. a été
remplacé par A, parassimil. av. la gutlur.
init. (188>. On a dû avoir guinguerne,
quinquerne. Quant à guinterne, on sait
que c'est une forme nasalisée de guiterne^
de xiBoipo:,
Il suit de là que notre cancorha «vieille
radoteuse » n'est nullem. le fig. de can-
corna« hanneton», mais le fig. de quin-
querne « vielle », parce que, comme la
vielle, la cancorna ennuie par ses répé-
titions monotones. A Torig. nous avons
<^u certainem. quinquerne^ comme lege-
CANO (Ttanô) v. n. Argot caner — à
r: :ip. Mourir. « Al a ca7iô», il est mort.
De calsire (v. calô et canôRU. Dictionn.)
« descendre, mollir ». L'idée de descendre,
sombrer» et celle de « mourir» se lient
dans beaucoup d'express, cp. à Lyon
descendre la garde «mourir». M. F.
Michel voit dans caner « faire la cane,
plonger ». Je ne sais si l'argot n'est pas
un autre mot que le terme lu. En tous
cas, celui-ci me paraît en relat. av. les
autres acceptions de rnlô canô et avoir la
même orig.
t CANOT. A l'appui de 1 étym. cp. vfr.
gaignon gagnon « mâtin, dogue ». et qui
en lim. signifie un porc (Chaban). On a
donc vu qq. rapport, entre ces anlmau*.
CAPOUT (kapout) adj. — Tué. Faire
capout, mourir.
De ail. caput, capot, ruiné; au fig.
mort. CVipw/ semble devoir être rapproché
d'esp. capar, châtrer; ail. kappen, où se
trouve le rad. cap.de capulare. Capout
nous est venu par l'invasion de 1814-1815.
t CAR AVI RI. La syll. init. n'est pas le
prèf. crt, mais la syll. Inii. de ca(put).
Caraviri est identique à pr. cap^vira, fr.
chavirer, plus la syll. intercal. ra, pour
accuser le caract. péj. L'orig. est pr.,
comme l'indique la persistance de c dur.
t CARAYER. Ajoutez à Villefr. la forme
CARREYER (karè-yô), même sens, et
aussi Renverser : can'èyer par terre, ter-
rasser. Berr. guarreyer, t attaquer, pour-
suivre », garreyer des pierres « les lan-
cer ».
Le celt., qui a fourni aux langiies ro-
manes qq. subst., ne parait avoir fonrni
aucun vb. En tous cas je crois que l'étym.
celt. serait avantageusem. remplacée par
le vfr. carreau, trait, flèche, qui m'est
suggéré par M. Deresse. La dérivât, du
sens « d'accabler d'une grêle de traits » à
celui « d'accabler d'une grêle de pierres »
est assez naturelle. Carreau, plus suflf.
fréq. ailler ayer, donne carreauyer^ fa-
cilem. passé à carrèyer et à carayer,
CARCABEAU. Le passage de pr. car-
tahèu à carcabeau peut, je crois, s'expli-
quer par la règle d'assimilat. exposée .sous
le n« 188. •
CARCAGOT (karkagô) s. m. — Terme
de batellerie. Pont établi à l'avant du grand
bateau du Rhône appelé rigue (v. ce mot),
et sur lequel se placent les hommes pour
la manœuvre des rames de l'avant. On y
place aussi, â la descente, les chevaux qui
doivent servir à la remonte. Le carcagot
se nomme encore choppe ou pouan.
Semble renfermer le rad. rare (v. car-
cot), signifiant creux, et qu'on retrouve
dans carcavelô (v. ce mot), carquois etc.
A ce rad. se serait ajouté îe sufT. ot et
une syll. intercalaire dont je ne sais pas
expliquer l'uiigine.
t CARCAVELO, 8« alinéa, ligne 9, au
lieu de : « Carcavèu et carcnvelô font ainsi
pléonasme, renfermant *2 rad. qui ont la
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148
CARR
même ^igiiilicat. », lisez : < Curcavèu et
carcavelô font ainsi pléonasme, renfer-
mant chacun 2 rad,, etc.
CARREYER v.carayer au Supplément.
CARTE V. quarté au prés. Supplém.
CATAILLON (katalhon) s. m. - Même
sens que ca(07i. On dit de la farine qui,
après avoir été mouillée est en grumeaux,
qu'elle est en cataillons.
De In. caton^ av. sulT. aillon, à la fois
péj. et dim., étant compo.sé du péj. aille
et du dim. on,
CATO (kafô) V. a. — à Jarnioux Jeter,
lancer, renverser. Oév. cata, recouvrir,
envelopper.
Ressemble beaucoup à captare, av.
conservât, de c dur. Dans ce cas le mot
aurait une orig. d'oc, et serait une dérivât,
de sens du gev. La dérivât, se serait
opérée ainsi : saisir, dompter, renverser,
jeter contre, lancer. Gh. de pt en t (161
«J«, a).
CATROCHLE (katrochlhe,) s. f. pi. -
à Villefr. Pomme de terre.
Répond à un fr. catroufle. Le phonème
oufle = ochlhe ; à Villefr. souffle =
sochlhe. De môme cl (qui égale cU en In.)
égale chlh; circulus = sarchlhe. Catro-
r h le est donc ail. kortoffel.ay. métath.
de r (187 !•,&).
t CAUSTO. Un lapsus de notât, m'a
fait écrire caustà, lisez c9,nsto c6sto,
L'étym. xavçrôv ne serait pas changée
pour cela ..si elleélaitexacte. On en serait
quitte pour supposer un vb. 'caustare,
(iont causto serait Tadj, verb. Mais
Tabsence d'autres formes dans les dia-
Ipcles congénères, aussi bien que l'èloi-
gnom. du sens, font qu'on ne peut guère
accorder créance à l'hypoth.
t CAVET 2. Surnom de commisérat.
donné aux canuts.
ftlym. inconn. — Serait-il impossible
qu'il fût tiré de cavare av. suff. et t Les
rnvets % ceux qui sont ci*eux, qui ont le
ventre creux ». Gp. décavé. « celui qui a
tout perdu au jeu >, do cav* t enjeu »,
d'it. cacave « tirer (de sa poche) », le |
même que carare c crtuser ». Gp. encore |
argot cacé c dupe .F. Michel) ». Pour le ,
<ens cp, encore les rentre-creajc, nom
d'une associât. s»>cialiste qui existait a
Lvon en 18IH.
Le mot serait venu par pr. cava « creii.
ser », car en In. cavare = chavô,
CEN-MIÉNO ("san-miéno); op. Coch.
SEN-MIÉNO;à Grap. CÉ-MIN,' à Lyon
ça-mien. loc. —Ce qui est à moi, ce qui
m'appartient. •« Volo pôs gu'is me prc-
nont cen-miéno, je ne veux pas qu'on mo
prenne ce qui m'appartient. »
De fr. ne (nasalisé dans la forme cph-
miéno;cp. cinqui au Supplém.) et de min
mieno * mien ».
CÈQUE <sèke) SÈQUE s. f. — Quelque*
chose, quoi. S'emploie précédé de ina.
Bailli-me ina sèque « donne-moi quelque
chose ». Même sens en for., mais sans
l'adj. numéral. -fiât //a- we sèque » donnez-
moi qq. chose » ; v>ou n'y o sèque, c y a
de quoi » ; et sèque un atou « et aussi, dfl
plus, une broche ».
Parait une apocope de essèque (v. ce
mot au Snpplém>.Op. pr. souque sounqiie
=. se non qtte^ saint, rinsèque =rien,
sinon que (senon senen sene sen sey.
« Donnez-m'en rinsèque^ un petit mor-
ceau. » Cèque ne doit pas être confondu
av. cique (v. ce mot), de ciccum, où »
étant long, comme en témoignent toutes
les langues romanes, ne peut passer à è.
CEQUIN. V. la rectiâcation à sequin,
t CHAMINAU. Cette forme me parait
justifier rétym. *cheminet^ de caminum
(au lieu de chien, ap, Diez), pour chenet
(Scheler : Diez E, W. Fiinft Ausgabe,
Anhang^. r.). Chaminau est évidemm.
In. chn/nin^ plus suff. au (33).
CHAMOURE(tsamoure) s. f. — dans le
Beaujol. et la partie du Lyonn. qui Tavoi-
sine. Plat de courge au lait qui se manj^e
spécialem. dans les rc voiles de.s ven-
danges.
Étym. inconn. — Le mot n'existe à ma
connaissance dans aucun diaL
CH A MOU RI ltsamouri> s. m. — Dan<
le Beauj. Vendangeur.
De c/irtmoi<r^, av. suff. i (18), parc^
qu'on sert do la chamoure aux vendan-
geurs à la plupart de leurs repas.
t CHANDRE ÉCHANDIR. Bien «en-
tendu, je n'ai pa* voulu dire qu-» echan
dir vînt directem. de xncandescere, mais
qu'il en venait « par la format, ordinaire
aux vb. inchoalifs». cVst-à-d. que de cam-
desrcre on avait fait candit'e M Ghaban.
me fait observer que èchandei peut ^In*
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CHAN
449
rapporté à incanUescere par un pr. encan-
dezir,
t CHANÈVO. Rapproch. lim. (Nonlron)
charbe « chanvre », chanebou che-
nevis ».
t CHARAT. Rappr. vpr. carah ou
caraih, Gér. de Rouisill,, ap, P. Meyer.
L'étym. cara aurait pour elle l'analogie
da \im, jaiitat, de j auto «joue», plus
suff, at. Mais eara ayant donné cala en
In., on devrait, ce semble, avoir carat
calât, avec un c dur. Une étym. vha.
scëran scëren, mha. schern « tondere »,
nor. skëra, ail. scheren, fendre, couper ;
suéd. skaei'y dan. skaar, vfr. escharre,
entaille, balafre, répondrait au sens et à
la forme. On aurait d'abord préposé e au
groupe 5c, puis es serait tombé (111) ;
ch de ë en a (cp. fr. escharre, même
étym.) et addit. du suflf. at en In., et ot en
dph. Le mot répond ainsi, par un rap-
prochem. frappant, à un fr. *escha7'rat
qui serait dér. d^escharre.
CHARBOLLI Tcharbolbl) v. a. — à
Paniss. Attiser (le feu) : charbolli lo fuè.
Fait s\xv charb(on), av. suff. fréq. olhi.
Il se peut que charbolli (y. ce mot au
Dictionn.), écraser, ait infl. sur le sufT.,
car on aurait eu plus probablem. chav"
bonillt.
CHARENTIAU (charentiô trissyl.) s.
m. — On nomme ainsi les amoncellements
de nuages qui renferment de rélectricité
et de la grêle. S'emploie surtout av. le v.
feire. « Le nioles fant chareniiau^ les
nuages menacent de la grêle. »
Tôt seimble côslo ;
Nutjos vôstoi.
Ou fltnc ftntôsquo.
Fini charentiau.
« Tout parait triste ; — D'énormes
nuages, — Aux flancs bizarres. — Pré-
sagent la grêle. » {La Gh^êla)
Paraît être le fr. charretée, av. subs-
titut, du suff. iaa (32). L'idée est que les
nuages •« font des charretées ». c'est-à-d.
des accumulât, semblables à des char-
retées. On dirait très bien, en fr. popul.
« des charretées de nuages ».
t CHARRI. Faute d'impress. — *2« ali-
néa, ligne 6, au lieu de cheinri lisez
cherri. Mais l'étym. est erronnée. Il faut
rapprocher les formes pr. qui toutes ou
presque toutes supposent une dentale dans
la forme première et doivent faire repous-
ser cinerem : b. lini. isodrié. Uni. (Non-
tron) chadriei\ b. lim. chadro « charrée,
cendre qui a servi à faire la lessive
(Azaïs) » ; toulous. cairado « eau. dans
laquelle on a fait bouillir des cendres »,
vpr. cayrada {ap, Mistr.). M. Chaban.
pense que l'on pourrait recourir a Thypo th.
de cathedra (cp. assetô la buya, « asseoir »
la lessive) qui expliquerait aisèm. tontes
les formes. Le maintien du d en lim.
(chadro) se motiverait par l'appui prêté
par le t (caVdra)^ les formes en ir s'étant
développées plus tard. Cette étym. serait
à l'abri de toute contestât, si Ton pouvait
trouver une forme chaire caire signifiant
cuvier. — Une autre raison, ce me semble,
pour disjoindre charri de cinerem, c'est
que le messin a sandri (pour cendri de
cendre ), même sens, à côté de charrier,
t CHATRO. La forme chotrô est au-
jourd'hui la plus répandue. Ch. de a prot.
en ô (59).
CHAUDELET (chaudelè) s. m. — CAau
delet à l'anis^ nom d'une pâtisserie que,
dans mon enfance, des bonnes femmes
criaient dans les rues de Lyon sur une
mélopée analogue à celle des vêpres. On
le trouvedansle texte suiv. - 1573, l»"^ mai.
« A été ordonné prier M. le Gouverneur
faire défense aux boulangers^ pâtissiers
et autres de la ville, de cuyre aulcunes
miches, tartres, radisses, saffranées
pastez, \mgnes, chaudellets, . .% La mesure
était sans doute prise en vue de la disette
parce que, pour ces objets de luxe, « il se
consommait, dit la suite, quantité de
farine passée ».
C'est le fr. chaudeau (aujourd'hui inu-
sité), lequel suppose un primit. chaudel
{'caldellurn), d'où chaudelet par l'addit.
du suff. et, applical>le aux noms d'objets.
Quant au sens, de même que le chaudeau
était une t boisson chaude », de même le
chaudelet, à l'orig., était un gâteau qui se
mangeait chaud, ou se trempait dans le
chaudeau.
t CHAULANT. M. Chaban. veut bien
me faire observer que sur les formes fortes,
le saint a fait un inflnit. choler {chau-
ler), employé seulem. dans la locut. o ne
peut choler « il n'importe :•, et il pense
que c'est peut-être à un pareil infinitif
qu'il faudrait grammaticalem. rapporter
I chaulant,
54
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450
CHAV
t CHAVASSI* Rapproch. lim. chabessi,
même sens.
t CHAVI. M. Chaban. pense que ce vb.
vient directem. de capeve, comme pr. ca^
ber, lim. chdbi,
CHAVON (chavon) s. m. — Extrémité,
bout dans la locut. tint qu'en chavon
(v. ce mot au Dictionn.), usitée à Villefr.
pour « jusqu'au bout, jusqu'à la fin t.
De cB,p(ut), av. sufT. on, d'on^m. Ch. de
c en ch (84) ; dep en r (140). De Textré-
mité qui commence une pièce, par ex. du
chef (cp. la tête d'une pièce), le sens s'est
étendu à celle qui la termine.
t CHAZAR. Rapproch. gasc. casaxi
« jardin >; d'où Casaxibon, traduit par
hortus bonus»
t CHEIRE. M. Chaban. me fait observer
av. raison que cheire n'est pas cadere,
mais C9,dere, presque tous les vb. en ère,
H cause de l'incertitude qui paraît avoir
régné, au moins en Gaule, sur Tacccentuat. ,
ayant donné deux formes, l'un en ev ou
ir, Tautre en re. Cadere a donné en pr.
caser et csul{e)re a donné caire par voca-
lisât, du rf, comme dans paire = 'padre,
veire = *ved're, seire = *sed're. Le In.
cheire serait dans le même cas.
CHIAUME (chiôme dissyl.) s. m. —
Terme de batellerie. Cabine à l'arrière
des grands bateaux du Rhône et des bar-
quettes. C'est sur le toit formant pont que
les hommes se tiennent pour manier Tem-
peinte.
Étym. inconn. — Peut-on songer à le
rapprocher de chiourmefLe sens se serait
étendu de l'équipage chargé de manœu-
vrer l'empeinte (ils sont ordinairem. 4
hommes pour cet office) au pont sur lequel
il manœuvre.
t CHOIN. Serait-il possible de le tirer
du type (probablem. celt.) qui a fait le
holl. kai kei « caillou »? Le choin, à cause
de sa dureté et de sa c froideur t, a pu
ôlre facilem. confondu av. le silex. Kai,
av. suff. onem. donne chayon, réduit à
chaon, qu'on trouve au xin* s. dans les
textes relatifs à la conslruct. de la cathédr.
de Lyon. Chaon, en se nasalis. de façon
plus aiguë, a passé h chuyn choin.
CHOPPE (chôpe) s. f. — Terme de batel-
leVie. Sorte de pont à Tavant des grands
bateaux du Rhône (v. pouan). La petite
plate-forme à l'avant des canots s'appelle
aussi choppe par analogie.
Orig. germ : b. ail. schupp^hoW. schôp,
mais probablem. par l'intermédiaire du
vfr. eschoppe, parce que sous ce pont
était à l'origine une chambrette qui aujour-
d'hui existe seulement à l'arrière (v. ca-
dolleau Supplém.). Chute de s init. dans
l'ail, ou plutôt chute de es init. du vfr.
(111, rem.).
t CHOUCHL Le mot^oucAt nedoitpas
être rapproché. V. la rectiflcat. au Dic-
tionn. s. V. goucht,
t CHOUGNER. Cp. pr. fougna « faire
la moue ». (Chaban.)
CIË V. la correct, au Dictionn.. :\
sionre,
CIERRO V. siei^'ô au Dictionn.
t Cl MO a aussi le sens de Transvaser.
Se dit surtout de l'action de transvaser, à
l'aide d'une berte, le vin de la benne placée
sous la cuve ou sous le pressoir dans un
benot pour le transporter à la cave.
C'est une dérival, de sens assez singu-
lière de cimô « araser, niveler une mesure
de grains ». Comme on remplit à i*as un
vaisseau qconque en y versant du vin, on
a transporté le sens du mot de « combler »
à celui de « verser ».
t Cl MOUSSA. A l'appui de l'étym. cp.
cat. cimal c extrémité ». Rapproch. aussi
ss.-rom. semOjSemossa « lisière de drap ».
que M. Bugge (Rom. ur, 158) rattache à
rit. cima; pavese simossà, même sens.
L'existence du mot en pr. et en franco-pr.
paraît montrer qu'il a été tiré du lat. cymn
sans l'intermédiaire de l'it.
t CINQUI. Il m'a fallu une forte distrac-
tion pour avoir songé à tirer, môme dui)i-
tativem., cinqui de ecce hune ou plutôt
de eccu'hic, suivant la correct, donnée
à igMi (v. ce mot au Dictionn.), car il reste
(en admettant la nasalisât, de t init. d'iqui)
à expliquer le c placé au-devant pour faire
cinqui. J'avais songé à voir dans cin,
ecce hic, mais j'avais reculé devant cette
accumulât, de particules répétées pour un
seul mot. Davus. — Ubi est, hercîet
Puer. — Ecce hic eccum hic I qui m'eût
semblé traduit plus fidèlement par « hi î
que c'est comique î » — Mais cela n'a de
comique que l'apparence, si Ton songe que
les 4 mots n'en formaient que 2 en roman,
et que ces 2 ont été réunis. Cinqui reprê-
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CiOU
451
sente ce-ici =; ceci. Aussi je crois que
M. Ghaban. a pleinem. raison de lire dans
cinqui, comme dans le correspondant lim.
coqui^ ecce hoc -f- eccum hic. c Ecce hoc
donne ce, qui, très ordinairem. dans la
région du S.-E., se nasalise en C'iti (ceci
se constate même à TOuest). De là cin.
CIOURE V. sioure au Dictionn.
t CIPOUNA. Rapprochez il. cespo « ga-
zon ».
CIQUE (sike)SIQUE s. f, Dph. cique^
à Lyon Petite bouchée, petit morceau en
général. « J'en prendrai une oique », j'en
prendrai un tant soit peu, un tantinet.
Esp., port, chico; calai, xic t petit », vfr.
cichSy fr chiche « avare »; fr. chique
« petit morceau », il. cica * rien du tout».
De cicca pour ciccum. Ch. de c en *
dure (88): ce devenant c/i(154), on de-
vrait avoir siche. Il faut en conclure que
le mol a été emprunté ou a subi l'infl. de
fr. chique, qui lui-même ne peut s'expli-
quer que par des infl. étrangères.
CISELA N DE v. «ifse/ande au Dictionn.
CIVADA V. sivada.
CIVARIN V. sivarin au Dictionn.
CIVETTA V. sivetta au Dictionn.
t CLIAI. M.Thurneysen (Kelioroman.)
repousse le mpprochem. de fr. gluiet de
kym. cloig, ainsi que celui de Tirland.
fflac.
t CLIAPOTA, pied du mouton, de la
chèvre, est donné comme venant de cla-
poter, ce qui parait vraisemblable. Pour-
tant le mot se disant exclusivem. du pied
fourchu, on se demande si on peut le rat-
tacher au germ. ail. klaue, primitivem.
« chose fendue », puis « pied fourchu »,
de klieben kloben kluben ; dan. kloeve,
vha. chliohan t fendre »; nor. kloft
r fissure »? Peut-être la particularisât, du
mot au pied fourchu a-t-elle simplem. pour
cause le bruit très particulier du pied four-
chu dans la vase.
t CLIÉDAT. Rapproch. lim. (Nontron)
cliedo (cli = clh) s. f. « claie ». (Ghaban.)
t CODOU. Évidemm. non de cauda,
mais d'une forme vulg. coda^ cauda ayant
dû donner chaudou.
t CŒUBLE- Le lim. a cruvèu, de cri-
hélium, M. Ghaban. pense que, de même,
en In., i aurait pu d'abord passer à w, puis
à eu.
t COFFA doit, je crois, être identifié av.
fr. coiffe, Gp. coiffe du ventre, péritoine.
Suiv. Diez, du vha. kuppha. Le vpr. cofa
indique qu'il y a eu des formes sans yotte,
d'ailleurs plus rég.
COINDOt A (koindo, a, dissyl.); i» Vil-
Iftfr. COUANDO; A (kouando, a, dissyl.)
adj. Vfr. et vpr. cointe coinde — Bien
lisse, bien poli, uni, joli, mignon. « Celo
drap è coindo, ce drap est bien lisse:
lo tian è couando, le ciel n'a pas de
nuages. »
De cognitum. Sur la format, v. acoindô.
Le sens de c connaître » et celui « d'agréa-
ble » se sont liés dans diverses langues
(cp. mha. maere, à la fois « connu » et
« agréable », ap. Diez). Mais acoindô
ayant pris en In. le sens de « flatter, ca-
resser », la liaison de sens est encore plus
facile. On caresse volontiers ce qui est
lisse, joli, mignon.
COLO (kolô) v. a. — Filtrer; v. n. Glis-
ser sur la glace, ou exactem. sur la coluri
(v. ce mot au Supplém.)
De colare. Le sens 1. esl le sens primit.
du lat. Le sens 2. est une dérivai, assez
curieuse et que je n'ai retrouvée dans au-
cun autre dialecte.
COLOU(kolou)s.m.— Filtre pour le lait.
De colatorium. Ch. de atoHum en ou,
(36).
t COLURI se dit aussi des glissières
que les enfants font sur la glace.
t COMPANAJ0.2*col.,ligne4,aulieu
de « du sens général de nourriture, repré-
sentée par le pain », lisez : « du sens gé-
néral de nourriture autre que le pain ».
Le mot de companatge en pr. s'applique
en effet à tout ce qui est servi sur la table,
moins le pain et le vin.
CORADAU (koradô) s. m. — Terme de
batellerie. Espèce de chemin formé par
une bordure plate couronnant les flancs
du bateau appelé sapine. Le covadau est
large de 18 à 20 centim.
De currere, av. suff. ellum = eau en
oïl (32). et syll. intercal. at. Le tout re-
présente un fictif *curr[at]ellum, comme
on a couratier, de cur[at]arit(s. Le cora-
dau est t un chemin pour courir ». G'est
sur cfttte bande étroite, en effet, que cou-
rent les mariniers av une agilité exlraor-
din. Gp. couroir, terme de marine « pas-
sage, couloir », et fr. corridor. — Gh. de
u bref entr. en u (38).
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452
CORD
COR DO (kordô) s. f. — Ligne, rangée
d*objets à la file.
D'abord a u*apparcioul, près dou oôfé Duplonib,
Ina Tiirla corda que gorlanche d'aplomb.
* D'abord il aperçut, près du café Du-
plomb, — Une longue rangée (de mineurs)
qui flâne à fond . » (Per.)
De fr. corde, av. suflf. <5. répondant à
é&îv, Littéralem. «une corrfee », c'est-à-
d. une rangée qui s'étend comme une
corde.
t CORLA. M. Ghaban. pense que pour
expliquer corla, de cucurhita^ il serait
plus simple d'admettre un ch. de d en l
dans l'intermédiaire coucourda^ que de
supposer un cucurbitula et ses réductions
successives.
CORO s. m. — Coin, angle rentrant.
V. quarre,
CORR ATO (koratô) v. a. — à Grap. dans
l'express. Corratô quauqu*un, le pour-
suivre.
Forme active de corrati (v. ce mot au
Diclionn.), dont le suff. a été changé, par
analog. av. les vb. compris sous la règle
141*.
t COSSOU. Ou ici ne doit pas répré-
senter orem. Je crois que l'applicat. de ce
i$uflf. aux noms d'objets est récente. Oti
doit être ici le fruit de la vocalisât, de /
dans ol, de olus. On a dû avoir cossolt
devenu cossou, comme pr. bressol est de-
venu bressou. J'en vois la preuve dans le
dér. acossoli écossoli « batteur de blé ».
Cossol serait d'orig. pr.
t COTI. M. Ghaban. doute qu'il faille
rapprocher périgourd. couda^ qui ne se
dit que des oies, des dindons et en général
de la volaille broutant l'herbe verte. M. Gh.
est disposé à rapporter couda au môme
rad. que codera, aujourd'hui couder
« prairie, p&turage ».
GOTO LA 4. u'est pas le gallium appa-
rine, dénommé à Lyon râpe-main, mais
la bardane, lappa minor, dont les écailles
de rinvolucre, terminées en hameçon,
s'attachent aux vêtements et aux cheveux.
t COU . De eccum, hoc et non de ecce hoc^
qui attrait dû donner sou (so) ou zou (zo).
Même remarque pour quelu (Ghaban.).
COU AN DO V. coindo au présent Sup-
plém.
t COUESSINDRE t COUESSINDU v.
la correct, à écoissendre.
t COUTÈLA 2. A River, le sens primit.
s'est étendu a celui de « par liasard, par
occasion ». J*intr*iqui par coutèla «j'en-
tre ici en passant ». Je s*u ai domandà
par noutèla « je lui ai demandé par ha-
sard, incidemment ».
t COUTRI. Ajoutez : — 2. à River. Pail-
lasse de balles d'avoine.
Môme étym., av. dérivât, de sens. Le
vfr. coutre étant une couverture piquée
et garnie, le sens s*est facilem. étendu à
une contre gonflée de balles d'avoine.
COVEEURS vin. — Dans l'élect. des
maîtres des métiers du 16 novembre 1418.
on lit :
Barthélbmt de St-Rambest )
Jeuah Tiboud } »««ler.eico,ie«r,.
Je crois que coveeur signifie fabricant
ou marchand de couvertures, du vfr.Ct;«r<;.
couverture (Roquef.), qui, suiv. notre
phonét., devait être cove (cp. cor art.
toit), à quoi s'est ajouté le suff. d'oïl eur.
C'est pourquoi on n'a pas coveur^ mais
cove-eur. Quant à couve, c'est probablem.
un subst. V. de couvrir, av. chute de r
parce que le groupe vr est post-ton.
t COVIN. Il n'est pas tout à fait exact
de dire que copain ss ctim pane, il égale
'cumpanio, dér de cumpane,
t CRACHI- Sens à rectifier. Le crach't
n'est pas un tombereau, mais un char à
deux roues, av. ridelles, pour transporter
le fourrage. Crachl se compose de crache,
plus suff. ier (= t), et l'on retrouve en
effet en lorr. crache < sorte de hotte dans
laquelle on transporte le fourrage dans les
lieux élevés (Adam) ». Ce crache nous
reporterait bien au vfr. crache (stabulum)
et, par extens. t lieu, objet à mettre le
fourrage », dont cracht serait dér.
CRAS (crft) dans l'express. Être à cras,
être à bout de toutes ressources, être
épuisé, ruiné physiquem, et pécuniaireui.
Du rad. d^écraser, nor. krassa. suéd.
krasa, écraser; angl. to crash, faire du
fracas. Ge rad. a été transformé en express,
adverb. Gp. être à quia.
t CRIGNOLLA s. f. — 2. Cerises sèches
demeurées sur l'arbre.
De (re)crenillt (v. ce mot au Dictionn.).
av. suff. cla. L'idée est de cerises racor-
nies, ridées.
t CROMPIRE. Rapproch. lira, pount'
piro, hybride où la V* partie du mot germ.
A été remplacée par poum « pomme >.
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CROP
453
t CROPETTES. L'hypoth. que j'ai pré-
sentée est, je crois, tout à fait invraisembl.
Dans le Berry cropet, elte signifie petit
homme, petite femme, littéialem. x une
petite croupe » pour < une croupe basse,
près de terre ». Il est fort possible que le
sens se soit généralisé à tout ce qui est
très petit. Plantes cropettes « plantes très
basses ». Puis cropettes sera devenu subst.
Remarq. que le pissenlit est la plus basse
de toutes les herbes à salade.
CUFFERENS vin. dans le texte suiv. —
UJ65 : « Six douzaines de pains cufferens,
neuf douzaines de pains blancs (Tard-
Venus, p. 126). » Ne faut-il pas lire aiffe-
rens pour efferains (v. eferain au Dic-
tionn.)?
t CUIDRE. M. Chaban. fait remarquer
av. raison que si les vb. en ère, même
parfois en ire, peuvent présenter une
double forme, forte et faible, cela n'a ja-
mais lieu pour ceux de la !«■• conjug. Cui-
dre doit par conséquent être une erreur de
Goch. Mais cuidi^ dans Tex. donné, peut
être exact, car le In. attribue aux vb. de
la 1" conjug.. au parfait de l'indicat. et à
l'imparf. du subjonct. les formes propres
au vb. en it\ Nous disons je chanti (à
Crap. j<j chanté), et que je chantissio,
t CUISSINDRE CUfSSINDU v. lacor-
l'ect. à écoissendre.
t CU-TERRO. Rapproch. lim. uno eu-
terrons t même sens.
t CUTI = Lim. couti, mais seulem. au
sens 1. Cuti pourrait se rapprocher de
l'esp. curtir, port, cortir « tanner le
cuir » que Diez tire àeconterere coterere,
av. une transposit. de r, qui n'aurait pas
eu lieu dans la forme In. — Cotere donne
ainsi coutere qui, passé av. tant d'autres
dans la 4« conjug.. donne coiitir cittir cuti.
Le sens convient, des cheveux cutis étant
en effet comme battus les uns contre ks
antres.
t DAILLI. Col. 2. dernière ligne, faute
d'impression. Au lieu de decle Wsezdeele.
DAILLURI (dalhuri) s. f. — Sorte de
hache qui sert à couper la pressée du vin.
Non dedolatoria, maisdurad. de dailli
(v. ce mot), plus suff. art, d'oria (37). Ce
rad. vient, du reste, probablem.de la rac.
indo-européenne qui a donné dolare. En
tous cas dailluri n'est pas un simple dér.
de (failli, la doloire n'ayant rien de com-
mun av. une faux; il vient directem. du
rad. primitif, goth. dailjan, partager.
DAME s. f. — Spathe fructifère des
arums.
< L'origine doit être dans la disposition
originale du spadice imit«)nt une statuette
dans une niche. > (Deresse)
t DARBONI. Ajoutez la définit, omise
à l'impression : < Taupinée ».
DAUPHINÉ. Prvb. Si vous voulez boire
une bouteille de bon vin en Dauphiné
avec un brave hommey il faut porter le
vin et mener Vhomnie*
t DEBERAUDI (SE). De beroud rap-
proch. vfr. loup-beroux, pr. leberou le-
beroun, berr. loup berou. lim leberou;
d'où (le) berou, beroud par disjonct. de
Tart., et beraud (qui n'est donc pas tiré de
beroud c bélier »). D*où Se deberaudi
« cesser d'être ou d'agir en loup-garou.
t DEBOLLI- Probablem. le môme
(\M*ébolli (v. ce mot au Dictionn.), ay. sub-
stitut, de préf. (Chaban.),
t DECOTELO. L'étym. est appuyée par
le lim. descotola (Béronie) « abattre les
bords d'un chapeau (il s'agit du chapeau
à 3 cornes) »; littéralem. en « abattre les
eûtes ». L'étym. catalanos « agrafes »,
donnée par Béronie pour descotola ne se
prête nullem. à la forme.
DECOTO (dekôtô) v. a. — Décaler, dé-
chausser une maison, un mur, en enle-
vant la terre au-devant des fondements.
De cotô (V. ce mot), av. préf. de au sens
contraire du thème. On a comparé l'action
de déchausser un mur à celle d'ôter une
cale.
t DECUTI. Ajout, aux mots rapprochés
b. lim. desocouti, b. dph. deigussi, môme
sens.
Non de dis-coactare, mais de dis-cote-
rere (v. cuti au Supplém.).
DEGANNO (degan-nô) v. a. — à Villefr.
Déchirer, mettre en lambeaux, en parlant
d'un vêtement.
Étym. inconn.
t DEGOGNI (SE). Le lim. a gigougna,
même sens, évidemm. de gigue. Ce rap-
prochem. me fait demander si degogniue
serait pas de(gi)gognl. Cette chute de gi
aurait déjà eu lieu dans auv. goignade
pour gigoignade. De degogni rapproch.
encore Vionnaz sargoëgné « tirailler, se-
couer ».
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454
DEGO
t DEGONCI- M. Boehmer veut bien me
signaler it. gonso^ esp. gonce, que Diez
tire de contus, av. un passage insolite de
/ à j (ne serait-il pas plus simple de lire
contins ?), et où figure un c doux, é videmm.
ancien. Degonci est-il dans les mêmes
conditions, et n'a-t-il pas été formé sur
gond^ par analogie av. foncer (mettre un
fond) sur fond?
t DEGUÈGNAT DEQUÈGNAT. Faute
d'impress. dans la notât. Lisezdeghegna.,
av. 2 e muets.
t DÉLINGUER. Le mil. deslenguà.
rit. dileguare confirment l'étym. Je dois
à M. W. Meyer d'avoir attiré mon altenl.
sur ce rapprochem.
t DENGUN. Sur In. dengun = for.
îengun, cp. pr. dai$sar=. laissar.
DEPUÈLO (depuèlô trissyl.) v. a. —
Enlever l'enveloppe épineuse des châ-
taignes, etc.
Depuè/o (v. ce mot au Supplém.), av.
préf.'disjonct. de et suff. d (14 8*).
DÉTRANCANER v. trancaner iixx Dic-
tion n.
DÉTRANCANOIR v. trancanoir au
Dictionn.
t DEVAISSI. Sur les motifs qui m*ont
amené, à tort ou à raison, à remonter à
meus au lieu de versus, v. vais au Dic-
tionn.
t DINSI, lim. jansi. Je signale l'homo-
phonie, sans être certain que les mots
soient à rapprocher. L'étym. de7is me
semble confirmée par le gév. dintilidge,
Igd. denterigo, môme seiis, de dentem.
DORMANTS (LES)— Surnom des habi-
tants de Vaugneray.
La plupart des villages ont ainsi leurs
sobriquets péj . Mais il serait intéressant
de savoir ce qui leur a donné naissance.
Il est probable que plusieurs ont une orig.
historique, aujourd'hui oubliée.
DO VA (do va) s. f. — à Morn. Bord
d'une rivière.
C'est le fr. douve, inusité, surtout dans
nos pays, et qui s*est conservé on pat. Le
sens primit. était t fosse >, passé àt rive ».
Douve vient lui-même de do(g)a doa
do[v]a. Les doutes que j'ai émis sous
adoy au Dictionn. sur cette étym. , ont été
rectifiés sous adoy au présent Supplém.
t DUCHI. M. Ghaban. demande si l'on
ne pourrait l'expliquer par de tisque ady
dusquia dusqvjo, duscha: d'où In. dwhi.
t DZO. La marche est celle-ci : deum
deo dio djo jo := dzo.
t ÉBÉROUDI. Ajoutez : 2. Éblouir.
A la même orig. que berlue barlue. F^e
for. a ébarliaudes, étincelles, qui existe
probablem. sur qq. points du Lyonn. On
a dû former un vb. ébet lioudl sur èher-
liaude. forme primit. d*ebarliaude. Eber-
lioudi a pu facilem. se corrompre en ébê-
roudi sous Tinfl. d^ébéroudi, de bérond,
t ÉBOLLI. Rapproch. lim. eiboulhd.
t ÉCHANT. « Le < s'explique fort bien.
Cf. dant = domnum, fescant =. fis-
camnum» Cf. Rev, des Langue: romanes^
t. V, p.338(Chaban.). »
t ÉCHANTILLON. L'étym. vfr- chantil
est cerlainem. fausse, car ce que Ton a
en vue dans la^chenevotte, c'est l'objet tiré
du chanvre, plutôt qu'un petit morceau de
bois. Je crois qu'on doit i\vQr échantillon
de candi, dans les Cévennes « chanvre »,
cande à Nîmes, même sens (Azaïs). Au
thème s'est ajouté le sufl". dim. ilhon, et
s'est préposée la voy. e, purem. expletive.
On devrait avoir échandillon, et c'est cer-
tainem. ce qu'on a eu jadis. Le ch. de d
en t peut être dû à l'infl. du fr. échantil-
lon, encore bien que les deux mots n'aient
aucun rapport de sens. Cela se voit tous
les jours.
Je suppose, av. M. Chabaneau, que le
passage de cannabum à cande est dû à
un phénomène d'accommodat. ; n ei d, tn
et 6, s'appellent réciproquem. ; n restant,
b devient d (cande); b restant, n devient
m (cambe). Il faut, naturellem., supposer
que le phénomène remonte à l'époque où
n se prononçait sensiblem., et où l'on
n'avait pa^ affaire à un a nasal.
t ÉCHAQUER. Rapproch. lim. échate^
en fr. du crû, et en pat. eichato.
t ÉJOULO. M. Boehmer me fait obser-
ver que l'étym. ejulare est évidente. Je
suis en effet confus de n'avoir point songé
au mol lat.
t ÉLINDAU. La forme élinda n'est
autre que le vpr. lindar limdar lumdar,
dans lequel r fin. est tombée, et à laquelle
on a préposé e. Limdar est lui-même li-
mitare, neutre de limitaris.
t ÊMO. M. Ghaban.y voit plutôt le subsl.
v. d'esmer (aestimare), esme étant masc.
en pr., et je crois aussi en fr. M. Ch. a
d'autant plus raison que je crois qu'émo
était jadis masc. en In., comme l'indique
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EMPA
455
aussi la terminais, ou (èmouj nu. xvn» s.
Voici un texte de la fin du xvm» s., où il
est employé au masc. :
Paudret qu^il ù bien grand eymo
Un parfon n-et Oar esprit fChans. de Revér.;.
t EMPAITA. La définit, du panier à
Z>mpa/7a,:ïui m'avait été donnée à Gogny.
par un propriétaire du lieu (le mot est
inconnu dans le Lyonnais propre) est fort
inexacte. En réalité le panier à Vempaita
est une hotte tressée en osier, av. fond de
l)ois. que l'on porte sur le dos, au moyen
•le bretelles. Cette modificat. du sens ne
nuit pas à Tétym., au contraire.
t ENQUI. M. Ghaban. y voit, plutôt
ijue hanc hodie, hinc hodie,
ENSARMOIÉRIA v. sarmouéri, ia au
l>ictionn.
t ÉPONDA. Rapproch. toscan sponda,
môme ;4ens.
ESPINCHAUX (espinchô) s. m. pi. — à
Lyon Argent. A\)Oir des espinchaux, être
riche. « Ahoules les espinchaux, donnez
Targent. »
On trouve en vfr. espinette, menue
monnaie du pays d'Aunis, valant 15 de-
niers (Du G., à spineta ^,). Je crois qu*^*-
pinchaux est épinette, infl. par vfr. cspin-
c.inxi espinchau « agrafe, épingle », de
spinthiale, de spinther. On aura trouvé
plaisant de substituer un mot voisin. On
r^ait que, pour exprimer l'argent, le popu-
laire a des créations ince.ssantes : le blanc,
la doiiillej les picaillons, Varbillon, le
quihus, les pignolles (v. ces. 3 dernier.s
mots). Si l'on prend le nom d'une monnaie
existante, on choisit toujours une mon-
naie très basse : AiDoir des liards « être
riche ».
ESSANOURS. J'ai fait une grosse erreur
en traduisant, même dubitativem., ce mot
par « saigneur ». Les essanours sont les
« tanneurs ». Je n'avais point pris garde
que les essanours forment une corpora-
tion commune av. lesestoffiers {pour escof-
fîers) « cordonniers ». Dans le syndicat
du 26 nov. 1416 les essaneurs forment
une corporat. av. les coyratiers (m*' de
cuir) et les estoffiers, et dans celui du
15 nov. 1417 on trouve Ips esloffievs et
tanneeurs. Ceux-ci sont évidemm. nos
**ssanours des années précédentes.
De 5anartf,av. suff. ou,à'orem (34 bis).
T^es e^^anowr* sont ceux qui accommodent
Ips cuirs, les mettent en état, les c pur-
gent », comme on disait. Gp. vfr. sayniere
« instrumenlum.quo stabulum aliudvepur-
gatur ». La dérivaL de sens est bien moins
extraordin. que dans gév.; lim. sanaire
« celui qui châtre », aussi de sanare.
ESSÉQUE (èsséke) s. m. — Quelque
chosp, je ne sais quoi. « O v'é in esséque,
il y a quelque chose. 0 m'a fait in esséque^
cela m'a fait qq. chose. »
GVst (nje sais que' « [je] ne sais quoi >,
dans lequel n de ne a été confondue av. une
n de liaison d'un mot précédent dans les
phrases usuelles. In-ne sais que « un jo
ne sais quoi » est devenu in-n-esais que,
puis in essèque,Oi^.\ehdL^u^\ïiquèqueseit^
qq. chose.
ESTRACLE (estrakle) s. m. — Se dit
de qqu'un de chélif, de gringalet, d'un
avorton. « Vous voyez la confie de savon...
mais tout d'un coup un estrade de mou-
cheron vient la poché et la fait tumbé z'en
bave. » (Et. Blanc)
C'est le vfr. estrac < maigre, minco,
grêle », du vha. strach,'ym\\2i, slrac « étiré,
droit, allongé ».A5< s'est préposé c (113).
L'insert. de l ne fait pas difficulté..S7rac/t
suppose un b. \n\.,*stracus, dont le dim.
strac(u)lus àor\ne estrade. l\ est probable
que le prov., gév. trasso « malingre,
chétif » dans les express, péj. trasso de
masdo « un homme sans force », trasso
de hesougno « mauvaise besogne » doit
aussi son oiig. à strach. On a dû avoir
d'abord estrassa,
t ETANCOT- Rapprochez pr. tancot,
dph. estancot,\çi,à. tancos c chicot d'arbre
coupé, petite souche », vpr. tanc tancs
{ap, Mistr.), pr. tanc « petit éclat de bois,
chicot d'arbrisseau coupé, souche », pr.
tanco, dph. tancho, rgt. tonco « pieu »,
Morv. tancot * ce qui reste en saillie sur
le sol d'un végétal coupé », rgt. toncal
lançai « chicot d arbre ». Je crois ces mots
parents de vpr tancar, pr. tança atanca,
alp tancha, dph. atancha, esp. trancar^
port, trnnchar c boucher, enfoncer, plan-
ter, fixer, arc-bouter, barricader », Morv.
taquer « battre, fouler, tasser ».
t ÉTARNI. Rapproch. wal.5<iernt. Cette
forme fait songer naturellem. à l'étym.
sternire pour stsrnere, donnée par
Grandg.. et très préférable à l'étym. celt.
t ETOU. M. Ghaban. y verrait plut«M le
fr. et tout.
ÉTREMO V. infremo au Dictionn.
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45(;
EULI
EULiON V. ulion au Dictionn.
t ÊVAf p* 155, M. Ghaban. pense que
le subst. éva aiva (y. ee mot) pourrait
être Torig. de la locut. et rapproche gin
(v. ce mot), où genus est devenu de même
auxiliaire de la négation.
t EVANCLIO* Le mot avanglé ne doit
pas être rapproché. V. la rectiflcat. au
Supplém. sous avanglé.
t FAR A M AN. Rapproch. gasc. fara-
mand, anda c faiseur de compliments
hypocrites. »
t FEIRI FIÉRI. M. Ghaban. fait remar-
quer que feria fut prononcé différemm.
au nord et au midi : au nord feria, av. e
long, d'où/bire; au midi feria av. e bref,
d'où lim. fieiro, auquel répondrait peut-
«itre In. fiéri.
t FINDA ligne 8. Le t de fr. fente n'est
pas le d durci en <, mais le t régul. de fin-
d{i)tay comme perte, de perd(i)ta ; vente,
de vend(i)ta (Ghaban.).
t FIOLO. Rapproch. pr. ftular et *m-
lar qui sont les mêmes mots, av. ch. (dont
il y a d*aulres ex.) de s init. en f, Fiolô
ne viendrait donc pas de vpr. flaujol^
mais de sihilare (Ghaban . ).
t FOQA. L'étym. fuga a été contestée
à cause du sens qui parait forcé et on a
proposé d*y substituer une étym. germ.
qui, au contraire, s'y prête tout à fait.
Nor. foie, ags. foie folk^ vha. folk folch
folg, mha. vole, ail. Volk, angl. folk,
gens, troupe, foule; vfr., vpr. foie fouc,
comasque folco^ troupeau, monceau,
amas. Mais il y a des difficultés de forme.
1* / devrait s'être vocalisée (126 2«); 2» c
fln. aurait dt\ persister comme dans le
vfr. et le vpr. On peut à la rigueur ad*
mettre que c a passé à g après l'addit. de
n fin.; mais on aurait toujours fouga;
le pr. mod. devrait aussi avoir fougo et
non fogo, Ges difficultés doivent faire
i*epou8ser cette étym. On peut d'ailleurs
expliquer la dériv. du sens fuga^ fougue,
À celui d'abondance, par le double sens
du pr. fogo^ qui signifie à la fois fougue,
ardeur impétueuse et vogue, presse, sur-
abondance : Difis la foga de la vendemio
t au fort de la vendange ».
t FOLIARET. Je ne dois pas négliger
de l'emurquer que dans le b. dph. on dit
fottlharej)^ même sens, ainsi que le dé-
montre le fera, foulharelle. Cp. encore b.
dph. houfarr[D, elle, pr. houfarèu, ello
= In. bouffaret (v. ce mot au présent
Supplém.). Il est probable qu'à l'origine,
nous avions le même suflf. eh qui remonte
sans doute à lat. élis (crudelis, fidelis),
quoique ce suff. n'ait donné lieu à presque
aucune format, analog. dans les autres
dialectes romans. L fin. ayant cessé de se
prononcer, le In. a transformé le suff. el en
suff. et, bien que celui-ci s^applique plus
ordinairem. aux subst. Il est probable
aussi que ce suff. et, même dans les subst.,
a été qqfois à l'orig. el, mais alors de
ellum. En effet, le In. faret est en dph.
fare{l), comme le prouvent les anciens
textes; mais le plus souvent ellum a
donné tau, et et vient dUtium,
FORCHELLA (forchèla) s. f. — L'en-
droit où la lige d'un arbre se divise en
branches .
De fnrca, av. suff. ella. Gh. de u bref
entr. en o (38). Le sens s'explique de
lui-même. G'est Tendroit où l'arbre fait la
fourche.
t FORGET. Sur l'élym. de fv. jeter, cf.
jitô où j'ai modifié les opinions trop ex-
clusives exprimées sous forget .
t FORMENGOT. Ainsi que veut bien
me le faire observer M. Boehmer, for-
mengot est formicum, plus suff. et. Cp.
it. formicaio formicolaio c fourmilière ».
Gette explicat. est d'autant plus vrai-
sembl. qu'il existe la forme formingot.
av. t nasalisé devant une guttur. (184 /•).
Ch. de c en g (129, rem. S).
t FOUÉ yOLAJO. Ajoutez 2. Éruption
cutanée et passagère qui couvre souvent
le visage des enfants. De même en Bresse,
en Savoie et en Bugey. A Lyon des feux
se dit de l'acné : € avoir des feux par le
visage. »
t FOUITO. M. Ghaban. y \Q\i fouetter.
purem. et simplem. sans aucun mélaufre
de futuere. Pourtant t Je fouelarez Bo-
brun dedin lou cré > ressemble sin^a-
lièrem. à la phrase : € Je f.Arai Bobran
dans la fosse . •
t FOUTAISE p. 173, l'-col., avant-dern.
I ligne du l"' alinéa, au lieu de MarmonteL
! lisez Fougeret de Monbron, auteor de U
Henriade travestie^ publiée à la suite d«»
La Henriade dans V édition de Manmon-
\ tel, ce qui a causé mon erreur.
t GA CAR préf. péj. — Il est probabl*:
I que ga gar est le même que ca cal (v. m
I pn^i. au présent Supplêm.). av. ch. de c ^n
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GAFF
457
g (86). Sur ce préf. cp. fr. galimafrée,
galimatias.
t GAFFO. Rapproch. Igd. gafa gaza,
«guéer» dans Sauvages,et sd.-rom. vouafa,
Vionn. toa/a, genev. voimffer, marcher
dans Tean, dans la neige fondante. Ces ex.
doivent faire conclure que gaffô^ patauger,
a pour orig. vadum. On a comparé l'action
de patauger à celle de passer à gué.
GALOPE-CHOPINE s. m. — Se dit d'un
homme qui aime à courir le pays et natu-
rellem. fait station dans les cabarets.
La composit. n*a pas besoin d'être
expliquée, mais il est assez remarquable
que, contrairem. à l'usage, le vb. à l'im-
pèrat.. qui constitue la 1" partie du mol,
ne gouverne pas le subst. qui le suit,
comme dans porte-manteau, essuie-
mains, etc. Gomme l'idée n'est pas de
« galoper une cbopine >, c*est-à-d. de la
boire rapidem., mais de t galoper le pays
en buvant des chopines >, il faut néces-
sairem. supposer une forte syncope, telle
que « galope (après les) chopines » ou qq.
chose de semblable.
t GANACHE lisez GANACHE.
GARGAGNOLLE (gargagnole) s. f. — à
Lyon Gosier.
Fait sur le rad. du vfr. garga(te)
(qu'on tire de gurges), av. suff. oîle\
d'où garga-olle dans lequel l'hiatus a été
rompu par n; d'où garganolle, et, par
mouillem. âen, gargagnolle.MsLÎs pour-
quoi n'a-t-on pas eu simplem. gargatolleî
Sur les dér. de garg. cp. Gargamelle,
Gargantua.
t GAVIOT. L'étym. capellum est rég.,
mais une remarque de M . G . Paris
{Roman. XVI, 605) me suggère la pensée
que gaviot doit être de préférence rattaché
à cavum, que Diez donne pour étyra. à
it. covone, lomb. cor, piém. ckew « ja-
velle ». Cavum a la significal. de « ce
que peut contenir la main », et même de
< javelle ». Or un *caveîla donne fr. Ja-
velUy et un *cavellum donne, av. le g
dur pr., gaviau, et par substitut, du suflf.
o(, gamot. Cp. javelle y en Orlëan, un
fagot de sarments.
t GINURC Une triste défaillance de
mémoire m'a fait donner à ginuro le sens
de « genêt » au lieu du sens de « gené-
vrier » qu'il a en réalité. C'est une forme,
plus rég., deja?iuri{Y. ce mot), d^June-
P{e)rum. On a dû avoir geniiro, par affai-
blissem. de la proton.; puis cet e s'est
aiguisé en t.
t GNIAU» Je crois que, dans la forme
de Goch. niard, ard ne représente pas le
suflf. germ., mais le suff. alis. Niard
serait ni(d)alie), av. ch. de / fin. en r
(121). Je m'appuie, pour cette conjecture,
sur le Igd. niai (Azaïs), même sens. Il
suit de là que, dans gniau^ au ne repré-
sente ni ellum ni wald, mais a plus /
vocalisée. Nidale, d'ailleurs, sous le rap-
port du sens, est une format, iufinim. plus
logique que nidellum. Rapproch. lim.
gniai (= 7ihiai qui représente nidalium
{nialh).
t GOLAT. « On pense nalurellem. à
Goliath. (Chaban.) >
GONDOLO (gondolô); à Lyon gon-
dolé, ée adj. — Se dit d'une surface pri-
mitivem. plane, qui est devenue gauche,
ondulée.
C'est le fr. gondoler, que Liltré tire de
gondole, mais le sens est absolum. forcé.
Je crois qu'il vient de fr. goder t faire des
plis », du goth. valtjati (Scheler), av. sufT.
fréq. olô et nasalisât, de ô (184 7*,
rem. 3).
t GRAMO. Rapproch. montpelliér. gra-
menas.
t GRAPILLI. 2. V. n., avant-dernière
ligne de l'alinéa. Le vfr. graver « grim-
per », vient de gradare, comme fr. embla-
ver, dUmbladare: comme pr. lauvar, de
laudare (Chaban.).
GRILLET (giilhè) s. m. — à Villefr-
Se dit des ampoules qui viennent aux
mains après un travail de peine.
C'est grillet 2. (v. ce mot), pris au fig., à
cause de la forme sphérique de l'ampoule.
Sur ridée, cp. fr. cloche, môme sens.
t GRISELLES* Ajout, la forme de
Villefr. GRASULES (gràzule), qui est le
vfr. groiselle, av. le passage de oi à rf,
particulier à la région de Villefr.
t GROIN D'ANE. Ligne 2, au lieu de ta-
raxifolia, lisez taraxacifolia ,
t GROLION* Rapproch. pr. crai c cra-
chat».
t GROSSi-POLAILLI. M. F. Bregho
du TiUt veut bien me faire connaître qu'en
Beaujol. on engraisse la volaille au moyen
d'orties pilées av. des pommes de terre.
Si la mâche a été employée de la même
manière, cela pourrait peut-être expliquer
l'orig. par engraisse-polailli.
05
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458
GROU
t GROUGNI. Rapproch. lim. crôunhd
< manger av. brait >, qui parait le même
mot. 'D'esgrumer rapproch. lim. eigruna,
pr. engruna c égrener [des pois, un ciia-
pelet »] (Chaban.).
HERMITURES vin. s. f. pi. — Terres
incultes. On lit dans l'acte de donation de
la Part-Dieu aux Hospices, 1725 : « Prés,
paquerages, hermitures, terres et brot-
teaux » (ap. Vachez).
D^hermite^ av. suff. coll. ures, on a
fait hermitures^ par analog. av. hermi-
tage,
t HUEY- La success. des phénomènes
est mieux expliquée comme suit : o bref
se dipht. en ne après Tattract. de i ou si-
inultaném., d*où iiei, Hoiè huoiè ne sont
pas à supposer, le fin. de hodie étant
tombé dès les premiers temps.
t HUGUO. Gp. esp. peddo yesgo, port.
engo « hièble », que Diez et Groeber
tirent dVôa/wm, et qui sont évidemm. les
mômes que In. ugo. Diez explique le ch.
de Z en d dans yedgo par la comparais,
av. se7idos (singulos). On peut y joindre
le suff. algo (ad*cum\ vilva (vidva) dans
le dialecte de Léon. MaisD. fait remarquer
que, même après cela, la déformai, de-
meure starky et il pense à une confus, av.
aesculus, quoique, ajoute-t-il fort jndi-
cieusem., les deux végétaux soient fonciè-
rem. différents. L'infl, d'aesculus parait
absolum. chimérique, ce type n'ayant à
ma connaissance rien donné en esp. On
attendrait d'ailleurs une désin. glo (cp.
saer{u)lum =z siglo) et non go,
M. Chaban. a bien voulu me procurer
une série d'exemples qui expliquent com-
ment a pu se produire le passage d'eôu-
lum au In. ugo. On trouve dans Rayn.
éhoU qui est ebul{um), av. conservât, de
la 1" prot. (cp. populum) = pohot). Éhol
passe à évol puis à egvol egxool (cp. pr.
mogwi, de vnom, de movere\ begui, de
bivi,de btbere; it. sego^desevo, de sébum:
tigola pour tivola, d'iiva, pargoîetto pour
parvoletto). Ce ch., quoique bizarre, a pu
se produire par le même phénomène que
pour t? init. Dans vadum, un g a été pré-
posé au r; d'où gvadum gwadum^i gué.
EgwoU réduit à egol ego(l), est devenu
égou en néo-pr., et en In ugo par ch. de
e en w, comme d'ailleurs dans lepr. ngues
(Azaïs). Ce ch. a pu s'effectuer soit par la
transformat.de e en eu puis en «, soit
par e bref = te ; d'où iebol ievol iegvool
te g al igol, et ugo par un ch. de t en u,
qu'on trouve qqfois quand i est suivi d*ane
lab. comme dans le vpr. cazubla (casi-
bula), Queyras ouruvo (oliva)^ et In puva
« pioche >, à côté de piva. Av. ugues
Azaïs donne encore la forme orgues, où
V a aussi produit un g dur.
t INCHANT. Venchant, à Villefr., a
bien la double significat. de < angle de
mur » et « montant de baie ». A Lyon ce
dernier sens est inconnu.
t IN FORGES» en pr. enferrias, ce qui
ramène à in-ferreas. Celui-ci, par con-
sonnantificat. de t de ea donne inferges^
in far g es (24) et inf orges (4).
t INGOUSU, UA. C'est par une étrange
inadvertance que j'ai dit qvCingluiiosus
donnerait inglousu, ce serait inglousiu.
En conséquence il vaut mieux voir dans
ingousu, ingulosus, av. substitut, de 5 à
/ sous un'i infl. inconn ., peut-être celle de
gosier gousier. Cette dernière forme a dû
exister, comme l'indique le nom de Grand-
gousier.
t INQUEU. M. Chaban. y voit, depré-
férence à hanc hodie, hinc hodie.
t INTANO. On objecte qu'il n'est pas
exact de dire que fr. entamer est moins
régul. que In. intanô, chaque idiome
ayant ses lois propres. C'est juste, mais
comme ordinairem.. en fr. comme en In.,
c'est la2« cons. qui tombe, il me semble
bien qu'ici le fr., pas plus que dans
femme, ne s'est conformé à l'usage.
t INTREMO d'après M. Chaban. est
identique àpr. estrema t enfermer, serrer,
mettre à l'abri », s' estrema « se renfer-
mer chez soi », d*extremum. Le sens
primit. serait « mettre qq. chose dans
l'endroit le plus reculé », par suite « en-
fermer, cacher » . Les formes pr. entruma.
saint, ëtroumer enirumi ou encrumi
seraient d'autres mots, qui se rattache-
raient en effet à (a)trum crum « obscur,
sombre ».
INVARNOJO V. varnojo au Dictionn.
t INVARTOYI peut être en rapport av.
verteolum. V. vartollia au Dictionn.
t IQUIEN suiv. M. Chaban. =eccum
hoc, av. nasalisât, de que (= 'cw *hoc).
t JABIOLA. Rapproch. lim. gabio, évi-
demm. importé.
JABRI (jabri) s. m. — à Lyon Caque-
tage. Je ne connais pas ce mot, qui est
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JARN
459
tiré d'un petit recueil manuscr., fait par
feu M. Aniel, professeur au Lycée Ce re-
cueil est en général exact, et Us mots que
je ne connaissais pas comme usités à Lyon
existent pour la plupart en patois sous
des formes très voisines.
Jahri parait en relation av. jabot ^ fr.
i^o^.jaboter c bavarder », mais je ne sais
pas expliquer la désinence ri.
JARNOMBILLE v. sarnombille.
t JOMOR doit probablem. s'expliquer
ainsi : joueur jou[v]eur jou[m]eur. Cp.
pr. ount = voiinte ■=. mounte. Le v (di-
gamma) s'introduit, puis se change en m.
Cette mutât, est fréquente (Ghaban.).
t JUINDRE. Cf. it. ffiungere et fr.
rejoindre.
t LA. M. Ghaban. me fait observer que
lac est une forme bypothét., et lacs une
forme savante et pédantesque. Laqueum
avait donné laz las invariable. G'est de là
que vient la, par la chute de s ou de z. —
G'est très juste, et je suis confus de n*y
avoir point songé.
t LABAT. Rapproch. dph. eilaba{Uou-
tier), môme sens. Le préf. ei e (primiti-
vem. de ex) a, en dph. comme en In., une
valeur purem. explétive devant les subst.
Cp. In. échiffa, élindau).
t LAZI. 11 n'y a pas de doute sur
l'authenticité du mot. M. Yachez veut
bien me faire savoir qu'il existe à River.,
av. la signiflcat. de c mou, paresseux,
endormi ». Aux mots rapprochés ajout,
angl. lasy « paresseux ». Mais je ne sais
pas siTorig. estréellem. germ. M. Ghaban.
me fait remarquer qu'en Limons, on dit,
dans le môme sens, un delezei, en fr. du
cru, un de loisir, 11 est bien possible que
lazi ne soit que la contract. de cette
express., d'autant plus qu'à Villefr. loisir
est devenu lâsi,
t LAZON (A), 2* alin., ligne 7 : « laso^i
a été créé avant le passage de a à d »;
ajoutez, pour plus de clarté : « et avant la
chute du s », la forme première ayant été
laz.
t LEBET n'a point pour orig. libare,
car le primit. est vfr. bel « lait trouble et
épais contenu dans les mamelles au mo-
ment de l'accouchem. », fr. vulg. béton,
Bet existe encore en Dauphiné et dans les
Alp. L'art, s'est agglutiné en forez, et en
In.
Orig. germ. — Ags. beost « the first
milk of a cow after calving », angl. bies-
tings, vha. biost piost piest biest pist,
mha. biest « colostrum, lac novum ». On
se serait attendu a biet et non à bet.
t LEVRIRI. Un éditeur de la Bern, a
traduit levriri par entremetteuse. Mais il
n'y a pa? d'hésitation sur le sens donné
au Dictionn. Cp. ce passage du Ballet
forésien :
Bflt qutu voë dit oMy lêurery
Que fllli diqueta cbarrery.
t LIMOSIN' Je no serais pas étonné
que Goch. n'eût pas rapporté exaclem. le
dicton qui doit être le même que le lini.
Mindza lo soupo coumo un Limousin
« manger de la soupe comme un Limou-
sin ». Je ne connais d'ailleurs pas ce dic-
ton; mais j'ai entendu qqfois le dicton
stercoral : Un étr. de Limousin, pour
dire que l'objet est d'un très gros volume.
LINDENNES (lindène) s. f. pL — à
River. Œufs de pou.
De lindes (v. ce mot), av. suff. d'oïl
enne pour aine, de ana. Ce suff. est très
rare en pat.
t LiOCHE. Lapsus de notation à iôche
pour iôtsCt suiv. la prouonciat. de ch. fr.
dans la région.
t LOI VI. Rapproch. dph. loeiçi, mot
qui au commencem. du xvni* s. était déjà
vieilli, et n'était plus en usage, suiv.
Charbot, que dans qq. villages où l'on
appelait de ce nom la ceinture en métal
que portaient les femmes mariées, et où
elles attachaient les clefs du ménage.
Lorsque la ceinture était en cuir, elle ne
portait pas le nom de loeioi.
Il est probable que la loioi, dans le
noël cité, était une gibecière attachée à
une ceinture de métal. L'appareil tout en-
tier aurait porté le nom de loici. La bourse-
ceinture est encore portée de nos jours par
les paysans de certaines parties de la
France, et au xni*-xiv* s., la bourse et la
courroie formant la ceinture sont choses
inséparables et toujours citées l'une av.
l'autre. Mais cela n'éclaircit pas l'ètym.
Charbot lire loeivi de lœve < poli » (sous
entendu cingulum), étym. invraisembl.
comme sens, et qui laisserait inexpliquée
la dèsin. i. L'idée primitive étant celle do
ceinture, on pourrait penser à un dér. de
ligare, quia eu en vfr. un infinit, analoj?.
Zoier,qui serait devenu •/oic/o* par inserl.
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460
LOMO
euphon. du digamma (y. v liaison eu-
piion.)t et dont loivi serait un subst. v.
Sur le sens cp. vfr. loiere aloiere, « gibe-
cière », qui répondrait à *ligaria, mais
qui est fait sur le vb. loier av. suff. ière,
t LOMONTt ligne 3, au lieu de lomu,
lisez lômu,
t LOVAR. au lieu de lovar, lisez lôedr.
LOY vin. s. m. — Louage. « Item por lo
loy de II naveis... it^item pour le louage
de deux bateaux.
Subst. V. de locBre et devait se pronon-
cer loï. C'est la forme masc. de loye (v. ce
mot).
LOYE (lô-ye) s. f. — Louage des jour-
naliers moissonneurs qui se réunissent le
matin sur la place du village, où on va les
louer h un prix qui varie chaque jour.
Subst. V. de locB.re= Inyî (198 et 16
2*). V. loy ci-dessus.
LUÉSSI (luéssi tri8syl.)s. f. — à Ri-
ver. L'endroit où la tige d'un tronc d'arbre
se termine en doux branches ou davan-
tage. On dit, par ex., qu'on n'a pu scier
une branche plus bas c rapport à la
luessi », parce que Ton avait atteint le
tronc. Synom. forchelia.
Étym. inconn. — Le mot ne se trouve,
à ma connaissance, dans aucun pat. con-
génère.
t LU ÉTI N . M. Suchier.dans le Grundn'ss
derrom Phiî,^ voit dans lutin, Neptu-
nus. L'ancienne forme luiton a été pré-
cédée par la forme nuiton ou noiton, et
celle-ci par neutun. Noituns signifie
< monstres marins » dans le Roman de
Troie, et au xvn« xviii* s. on disait en-
core luiton de mer. L'idée de voir un
monstre marin dans U lutin semble si
extrordinaire que Ton a peine à croire
qu'il ne faille pas isoler noituns « mons-
tres marins » de nuiton luiton « esprit
nocturne », àqni convient si bien Tétym.
noctem. En tout cas, l'ancienneté des
formes en n doit absolum. faire rejeter
l'étym. luctus.
MADALEINA
A UMadaMna
L« noués tant pleine ;
A U Stnl-Bartolomi
La ptrchi tu lo noyi {Proverbe).
D'après ce prov., les noix seraient
pleines le 2â juillet et se ramasseraient le
24 août.
t MAGNAUD. L'étym. magnus, pro-
posée d'ailleurs très dubitativem., est in-
admissible, le mot n'ayant rien donné en
roman, si ce n'est dans Charlemaigne, qui
est savant. M. G. Doncieux me suggère
avec raison mansionatum^ qui a donné
meynat (v. ce mot), et dans lequel le suff.
aud a été substitué à at^ comme dans
magniauds, vers à soie (v. magnotis).
Gp. à fiourgoin magnaud € enfant, fils»;
mes deux magnauds c mes deux enfants».
C'est ce mot qui s'est qqfois pai'ticularii>é
au sens de fils aine.
MAITRE (métré) s. f. — Sep de la
charrue. J'ai entendu employer ce mot
sans que je puisse dire dans quelle loca-
lité.
De magistra . Chute de g (134); chute
de 5(166 2*). On a ma-istra maïtra et
maître par la rëduct. de la dipht. et ch. de
a post-ton. en e sous infl. du fr. maitr*'.
Quant au sens, le sep est considéré
comme la pièce mal tresse de la charrue,
celle qui reçoit toutes les autres.
t IV^ANGANA. Rapproch. céven. men
ganos « flatteries, caresses, flagorneries
(Azaïs^ », dont le sens s'accorde av. celui
de mango < seductor ».
MARGOT (margô) s. f. — Nom des
vaches tachetées de blanc et de noir.
Par analog. av. le plumage de la m^r-
got « pie >•
t MARINQOTTA.Rapproch. dph. mifr-
lingota, même sens. Maringotte est cer»
tainem. le motprimil., et merlingota la
corrupt.
t MAROJO. M. Moutier me signale le
rapprochem. av. dph. primairogi prou-
mairogit môme sens, où il lit primarium
rubeum « ce qui rougit le premier ». La
l" partie pri serait tombée en In. Dans la
forme proumairogi il y aurait confus, de
prim, av. prou < beaucoup ». Je signale
cette explicat., mais elle me paraît devoir
être écartée, ojo étant un suff. qui s'ap-
plique à d'autres subst. indiquant les
saisons: In. vernojo, pr. ihernoge esti-
voge. Primairojo est donc primair plus
<yo, et non primai plus rojo. Mais je crois
aussi que marojo n'est pas formé sur fr.
mar(s), mais bien, comme le dph., sur
(pri)marium, de prima, au sens de prin-
temps (v. prima). Reste à e.\pliquer pour-
quoi, si ojo est une altérât, d^aticum,
comme je l'avais indiqué, il a été réservé
exclusivem. aux noms de saisons ? Je sup-
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MARS
461
pose qu'on a eu hibemuticum, d!^hiber-
71US, û^oti hiver nojo (v. vernojo) et que
le sufif. a été appliqué par analog. aux
mots relatifs aux autres saisons. Cp. vfr.
primeroge primerouge, hâtif, prinlanier.
t MARSIA. Un lapsus m'a fait accen-
tuer mSLrsia pour marsia.. L'étym., du
reste, se rattache toujours au môme type,
c'est-à-dire à mers(um), plus suflf. roman
ta, par analogie av. les mots en ata pré-
cédé de yotte : cruèzia,pissia^ viria. Mar
sia répondrait donc (sans y être identique)
à un *mersata, de *mersare. Gp. les mots
fr. de celte catégorie en ée : ondée^
huée, etc.
MARTINET (martinè) s. m. — Sorte de
fouet composé d'un certain nombre de
fines lanières de cuir souple, attachées à
un manche de bois, et qui sert à épous-
seter les habits. Il servait jadis qqfois
d'instrument de correction pour les enfants.
De Martin, nom propre, av. suff. et.
Le martinet est « le petit Martin -, comme
le robinet était « le petit Robin ».
t MASUA, ligne 3, au lieu de mozoi,
lisez mozoï, av. dipht.
t MATHEVON. L'étym. matevonna
« été 1er un arbre » appartient aux éditeurs
d*Ét. Blanc. D'après eux, on appellerait
mathevons c dans plusieurs provinces de
la France (en Touraine) les bûcherons qui
se chargent spécialem. de découronner
les arbres. On appelle cette opération
matevonner un arbre, mot qui viendrait
du vb. mater ». — Les édit. d'Ét. B. sont
une bien faible autorité, et je ne crois pas
à l'existence du mot, qui figurerait cer-
tainem. dans les glossaires provinciaux.
Sans compter qu'il y a loin de mater à
matevonner.
t MAYA. Sur le ch. de e de meta en a
V. 17. rem.
t MAYOSSES. Il est assez curieux que
les suff. sa et fa se substituent dans les
dialectes pr. A mayoussi majoufacp. pr.
badasso et Gard badafo « lavande ». Ce
rapprochem. met à néant l'étym. maiï ofa
pour maioufa, mais je ne sais pas expli-
quer le suff. oufa afa. Voici un autre ex.,
. mais cette fois de / égalant s doux, Igd.
gasa = gafa « passer à gué ».
MEDÉE (medée) s. f. — Partie de l:i
chaîne entre le remisse et l'étoffe déjà fa-
briquée, dans la pièce de soie en voie de
fabricat. G'est donc la partie où passe la
navette.
Étym. inconn. — *MediB.ta^ de médium
(parce que celte partie est intermédiaire
dans la « longueur >) aurait laissé choir
le d (cp. miaty de media)^ et si le mot vient
de rit., on aurait eu médiate.
MÈRE-SAGI (mère-sàji)s. f. — àMorn.
Accoucheuse. Vieilli.
De meitrem = mère et de sa.pia = sagi»
Gp. fr. sage- femme. Il y a eu infl. du
fr., car matrem a donné môre à Morn.
t MÉTIRI. De nouveaux renseignem.,
pris auprès des vieillards, ont appris que
la métiri élait la moitié du bichetei non
la moitié de la bichette. Ainsi la md/irt et
la bichette (bicheta) sont synonymes.
t MINISTRE, en Limous., se dit d'un
âne.
t MINO. M. Thurneys. démontre que le
gaël. méin n'est nuUem. un emprunt à
l'angl. mine, et que cette i*acine se retrouve
dans toutes les langues celt., dont mine^
mm^r est certainem. issu.
t MIT AN. M. Boehmer a l'obligeance
de me faire remarquer que l'étym. medie^
tantem est appuyée par vfr. quadran,
de quadrantem.
t MODALINA. Dans le texte cité du
L. de R.M, Zacher propose de lire Mou-
daleina au lieu de Mondeleina. Gette
forme serait ainsi la même que notre Mo-
dalina. Moudaleina s'expliquerait faci-
lem. par ag (de Magdalena) plus cons.
= au en fr. selon la loi signalée par
M. Foerster (cp. characia = charaute^
smaragda = émeraude, sagma = sauma).
D'où Magdalena =: Maudalena = Mou-
dalina = pal. mod. Modalina.
t MODO. M. W. Meyer me fait observer
que modo étant particulier au groupe
franco-prov. et n'existant pas en pr., un
emprunt à ce dernier est contestable.
M. W. Meyer le tire de *mov(i)tB.re, fréq.
àemovere. Il n'y a d'obstacle ni comme
sens ni comme forme.
MOILLE vin. s. f. dans le texte suiv.—
1529, 4 mai : « A été ordonné bailler
deux sergens à ce soir pour accompagner
maître Jehan, exécuteur de la haute jus-
tice, pour afin de dépendre les criminels
pendus depuis quatre jours et les mettre
en lamoiUe de Durchen (Arch. m. BB 47
fo '^ibn.
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462
MORA
Ce texte est fort énigmatique. Moye
(v. moya) signifie tourbillon d*eau. Au
XVI» s. il devait s'écrire moille. Durche
était le nom d'une notable famille lyon-
naise qui, du xni» au xv»s., fournit Jix
conseillers de ville. On pouvait avoir
rhabitude de jeter dans lefieuve les corps
des suppliciés et de choisir pour cela un
endroit où, comme à « la moille de la
Mort qui-Trompe », l'eau était 1res pro-
fonde. Il se peut que les Durche fussent
propriétaires d'un terrain riverain du
Rhône, et qu'en face de la propriété il y
eût un tourbillon profond connu sous le
nom de Moitié de Durche, choisi pour
jeter les cadavres des suppliciés. En effet,
la famille Durche, au xiv* s., était posses-
sionnée à Grigny-sur-le-Rhône, et l'ap-
pellat. pouvait encore subsister au xvi» s.,
alors môme que la propriété eût passé en
d'autres mains. C'est forthypothét., mais
c'est la seule explicat. que je voie possible.
t MORAILLES. Dans la 3* édit. de son
Dictionn, d'Étym. franc, M. Scheler
abandonne l'étym. mordailles pour l'étym.
vpr. mor « museau », donnée de notre côté.
t MOR R ET. Rapproch. cat. morralet
< sacculus cibandis equis ».
t MORRO. Rapproch. pr. mourre,
auvergn. mouro, lim. mour, mars.
inouerre, môme sens. •— L'étym. morsum
doit être absolum. rejetée, car, ainsi que
me le fait observer M. W. Meyer, rs ne
peut donner rr. Peut-être faut-il rapprocher
esp. morro « corps rond, lèvres protubé-
rantes », basque muturra, même sens,
mutur « museau (Van Eys) », port. 7nor-
ro « colline arrondie », esp. moron * col-
line ». Diez rattache ces mots au basque
'inurua « monceau, colline ». M. W. Meyer
me dit que dans le dialecte de Zurich
murre désigne un petit pain rond. —
M. Mistral de mourre rapproche irl. mor
< tête », mais ce mot, à ma connaissance,
n'existe av. cette signiticat. dans aucun
dial. celt. En irl. mor, kym. mawr a le
sens de « great, big, bulky, noble ». Il a
aussi ce sens dans moraid, donné par
Donogan av. la définit, de « a great hill ».
Je crois donc que l'étym. de morro reste
inconn.
NAZARETH (VIN DE) se dit aussi en
Limous.
t NENTILLES. Rapproch. lim. nen-
tilhas. Gomme il n'est pas vraisembl.
qu'un des deux dialectes ait emprunté le
mot à r&utre, il faut voir dans le passage
de / à n init. une tendance générale dont
il y a d'ailleurs d'autres ex. [lomhril =
nombril, lomble = nomble, etc.).
t NOCHAT. L'étym. non-chat est in-
vraisembl. à cause de l'emploi du pfêf.
no, de 7ion, absolum. inusité chez nous.
L'étym. nausea nausia nausja noja, av.
sufif. roman at, conviendrait-elle mieux?
Nojat peut facilem. passer à nochat. Mais
alors comment rattacher le for. inchat,
évidemm. parent de 7iochaLf Peut-être
aurait-il été formé sur nochat par infl. de
chat (être chat de qq. chose « en être
friand »)? — Il faudrait disjoindre le lu.
et le for. des autres mots cités : norm.
nique, dph. nichola qui auraient pour
orig. nique, au sens de nez (< qui flaire
avant de manger »); cp. Meuse narewc,
même sens, de tiares. Le pat. de Lille
nactieux (sans doute naxieux) « dégoûte,
qui a de la répugnance à manger certaines
choses », se rattacherait de même à nO'
sum^ *naseosus,
OPIÊ (ôpië dissyl.) s. m. — à Villefr.
Céleri.
D'apmm. Gh. de a en cî (1); p. posi-
ton plus yotte ne donnent pas toujours ch
ou j, mais qqfois pi (163, rem.).
t ORENDREIT. Le passage de Marg.
paraît inexactem. traduit. Et co tu vou-
dras orendreit doit signifier : « et comme
tu voudras désormais.
t OUGHI, vin. OCHE p. 281, 1" colonne,
ligne 5. « Au lieu de ab-secare proposé ne
faudrait-il pas obsecare, car on ne voit de
dipht. (au) nulle part (Chaban.). » —
J'ajoute que secare donne seier et non
schier.
t OUILLI. Vérificat. faite. Mon. avait
deviné juste, car encore aujourd'hui les
Romains bouchent les /îcwc/ii pleins de vin
av. de l'huile. Une étym. 'oleare ne se-
rait donc pas impossible, car alors le mot
n'étant pas de format, romane ne repro-
duirait pas nécessairem. le simple ulo
« huile », d'ailleurs irrég., comme le fr.
huile pour euille. 11 est vrai qu'o/ear^
nous donnerait olhi plutôt qu'oMt/U. mais
le mot pourrait être une traduct. du fr.
ouiller. Toutefois, pour que l'étym. olifa
remplaçât l'étym. oculum, il faudrait
qu'elle fut appuyée parqq. chose de plus
probant qu'une simple conjecture.
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OUR
463
t OUR page 285 (après oura* Œuvre »)
s. f. — Vent. Au lieu de our lisez OUR A
(comme l'indique d'ailleurs la prononciat.),
dont a final est tombé à l'impression.
t OU RI. « Une petite fille, un jour qu'il
pleuvait, vint se placer sous un balcon en
disant : c Je vais me mettre à l'ombre. »
C'est l'inverse de apricum, mais le lien
des idées est le même. > Cette observât,
de M. Chaban. me semble fort juste.
t OVALES. On m'a fait remarquer que je
n'avais pas rapproché port, orvalho « ro-
sée»; galic, astur. orhayo « bruine ou
pluie fine », lorr. accorhée^ même sens.
Je ne pense pas que ces mots, à qui Diez
assigne, av. doute, Tétym. roralia, puis-
sent avoir d'autre rapport av. le nôtre que
celui d*une homophonie accidentelle.
t PACHI. Rapproch. sav. péw^e, même
sens. Pastee&ï le In. pachi^ av. la pronon-
cial. d" Albertville st pour ch fr. Gp. can-
tare = sianta,
t PAGNO. C'est par une singulière
distraction que j'ai lu pamim, comme me
le fait observer M. Chaban., car puisque
je lis (ce qui me semble juste) vfr. pan,
puis pano pagno, l'étym. est pavonem,
qui a donné paon pan,
t PAITRO. D'après M. Thurneys., les
molscelt., néo-irl. péatar ; gaël. feodar,
kym. ffeutur sont indubitablem. em-
pruntés. Le mot serait donc d'orig germ.
t PANCERE, p. 286, ire col. ligne 2. M.
Chaban., av. raison, tire parapet y non de
pave-àpect{pectrCe\\9>ie nulle part), mais
de y\\..parapetto {petto = pectus).
t PATAFLE. Rapproch. milan, et pla-
cent. pataffio^ grande affiche appliquée
aux murs. A Plaisance, aussi insigne d'un
ordre honorifique. Cette dernière accept.
est curieuse. Comme forme, pataffio ré-
pond exactem. kpatafle, p, en In. égalant
fi en it.
PATTE (pâte) s. f. — à Villefr. dans
l'express. Jouer à la patte pour jouer à
la tape.
Mètath. assez singul. du t et du p,
t PATTES « tussilage ». Je crois que
l'idée n'est pas de l'empreinte du pied d'un
animal, comme dans pas-d'dne, mais de
feuilles semblables à des pattes « chifi'ons »
dont on enveloppe la partie malade. Cp.
Vionnaz takoëné, dér. de tacon, c pièce
d'un rapiéçage ou patte », Vosges tocon et
fr. vulg. taconnet.
t PENDAILLI. (^p.iipendaglia, même
sens. Le suff". aille ne s'appliquant guère
chez nous que dans un sens coll., je ne
serais pas étonné que pendailli ne fût le
mot it., importé au xv»-xvi» s.
t PENDOLO. Ce vb. se retrouve dans
beaucoup d'idiomes : it. pendolare, port.
pendurar, dialectes d'oc pendoulia pen-
douria pindouleja. Je ne crois pas
qu'on puisse supposer un lat. pendo-
lare^ sur pendulus, car chez nous la
prot. serait tombée. L'it. pendolare est
fait swT pendolOfdependulus. Gomme il
est difficile de supposer que tout le sud
de la France ait emprunté le mot à l'it.,
il faut croire que celui-ci a procédé par
une format, différente de la nôtre. Peut-
être pendolô est-il pendiculare = peu-
di7/t, dans lequel le suff. fréq. olà aurait
été substitué.
PENDRILLI (pandrilhi) s. f. — 1. Lam-
beau pendant. — 2. Mauvais sujet, gar-
nement, vagabond déguenillé.
De fr. pendre (au sens neutre) et de fr.
drille, chiffon. Désin. i (54 3»\ Le sens
2. est le fig. de 1. De pendrilhi « homme
dont les haillons pendent », le sens a passé
à € déguenillé », puis à « vagabond», puis
à c vaurien » en général..
t PETAS. M. Thurneys. donne de très
sérieuses présompt. en faveur de l'étym.
celt.
t PETRO p. 302, col 2, ligne 7. Au lieu
de voir une épenlh. de r, M. Chaban.,
av. beaucoup de raison, lit le cas oblique
de pectus : pectore ou peclorem (av. o
breO P^r ^^ passage du mot au masc.
P\CASS\AProverbe).
Quand o pt ca««#,
0 cheit de lumtce ;
Quand moye,
0 cheit de grenoye.
a Quand il bruine, — Il tombe des li-
maces ; — Quand il pleut, — Il tombe des
grenouilles. »
t PILLER A UD. Sur le sens rapproch.
céven. et for pellèro, fainéantise, oisi-
veté.
t PIVA. Sur la chute de la cons. et son
remplacem. par t?, cf. pr. cavo cauvo :=i
causo (causa).
t PLANÇONS, 2» alinéa, ligne 2. Après
« l'yotte est tombé, comme dans leçon, de
lectionem » ajoutez : < mais non sans
avoir exercé son infl. sur le passage de ^ à
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464
PLOY
ss. Dans In. lission, aussi de leciionem,
il a au contraire persisté.
PLOYER (plô-yé) v. n.— àVillefr. Cau-
ser, bavarder, très usité.
De plicare, av. dérivât, de sens. Cp.
re-plicarCn plier de nouveau, qui avait
déjà pris en lat. la significat. de « iterare
responsum >. Re-plicare « répondre »
suppose un lat. vulg. plicare « dire ».
Gp. aussi m. lat. plica « excusatio futilis »•
Sur plicare = playi v. applayX, Cil. de
a prot. en o (69).
t POBLO, ligne 2, au lieu de pèble lisez
pSble.
t POGAL, 2« alinéa, ligne 5. La termi-
nais, au n*est pas toujours mascul. en pr.
Elle est môme plus souvent fém . . et pogau
pourrait être fém. Cf. corals^ fém. dans
la Chans. d'Antioche,ei les noms de per-
sonnes et de lieux : LakanaU La Canau^
etc. (ap. ^ihaban. Rev. des L, rom. xxvii,
150). Mais ce qui me fait penser que pogal
estmasc, c'est que je trouve dans Achard
(DicUonn, de la Provence, 1785) : « Pou-
gau ou poujau s. m. Terme d'Arles.
Grosse anguille. »; et dans M. Mistral :
« Pougau apougau poujau s. m. An-
guille grosse et courte, anguille de marais,
qui est plus fine que l'anguille ordinaire. >
M. Mistr. y voit le m. lat. padelingus,
même sens, mgis padelingus ne peut
donner pougau et a donné régulièrem. le
mot des Flandres palinc.
POINTIZELLE (pointizèle) s. f. —
Terme de canuserie. Petite tige d'acier
armée de lamelles latérales formant res-
sort, qui se place dans l'intérieur de la ca-
nette et lui sert d'axe. Les lamelles, nom-
mées arquetSf servent à empêcher la ca-
nette de se dérouler trop vite.
De it. punticella, môme sens, de punta
c pointe », av. sufi*. dim. ella. La pointi-
zelle est en effet pointue aux extrémités,
pour que celles ci puissent entrer dans les
trous ménagés à cet effet dans le bois de
la navette.
POLIEN (poli-ln) s. m. — Poulain.
Prvb.
Qui ne traviille po/ten,
Travaille rotsin.
€ Celui qui ne travaille pas dans sa
jeunesse travaillera dans sa vieillesse. >
t POLOMARD. Cf. Radel. k Le poule-
mart des marchans » et la note de Le Du-
chat : « On appelle poulemart dans le
Dauphiné et dans le Lyonnais la ficelle
dont les marchands lient l'enveloppe des
petits paquets »
t PORCHAILLI. Cf. vfr. porcfiaiUe,
môme sens.
t PRAGNIRI. C'est bien par erreur que
j'ai considéré la forme pragniri comme
irrégul. et la forme vfr. prangiere comme
régul. C'est tout le contraire. On sait que
lorsque d + yotte est précédé de n. d
tombe et n se mouille. Gp. grandiorem
=: vfr. greignor^ verecundiam = tergo-
gne. Toutefois j'ignore si la forme pra-
niri de Goch. est une forme archaïque, et
si n s'est mouillée devant i comme dans
figni^ vegni dans la région de River., ou
si au contraire c'est une forme dialectale,
parallèle à pragniri,
PUÉLO (puélo) s. m. — à River. Enve-
loppe épineuse de la châtaigne.
De pilum (av. t bref.). On a eu peil
(16) et peilo, av. addit. de la désinence
o pour marquer le masc. Ei ne passe pas
ordinairem. à oi, comme en fr. Il a donc
fallu l'infl. du fr. pot7 pour faire passer
peilo à poilo, et de là à puelo, le son
fr. oi passant à ouéuè (42 S*).
t RACHET. La comparaison avec vfr.
rachais racket, Doubs rachat « teigneux,
décharné » montre que le mot n'est pas
d'orig. savante, mais qu'il a été sim-
plem. fait sur râche, et que le vpr. raca
doit être disjoint.
REBROCHI (rebrochi) v. a. — Replan-
ter des broches, l'année après la plantation,
à la place de celles qui n'ont pas pris.
De broches (v. ce mot au Supplém.), av.
suff. î (15 «•).
t SAIPERON, lisez SÈPERON, et ligne
8, au lieu de saipèro, lisez sèpairo.
t SOEFI, suie, M. Horning {Ztschrft.
xin band, p. 329) tire suie de sucidus.
Soefi serait le môme mot, influencé par
suif.
t TUREAU. M. P. Meyer {Roman.
t. xvm, p. 517) le rattache, de préférence
à l'étym. celt., à torum quia, entre autre
sens, celui de partie renflée d*un terrain.
FIN
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ERRATA
(Un grand nojyibre de rectifications ont été opérées au Supplément,
sous chacun des mots rappelés)
Page XIV, au n» VI : au lieu de 1395
lisez 12^").
Pajçe xxn, titre : au lieu de ÉTUDE
DES VOYELLES, lisez ÉTUDE DES
VOYELLES TONIQUES.
Page xxxvu, O, !'• ligne, le numéro du
paragr. a été omis. Avant « 0 fermé
(comprenant, etc.) », meltez le chiffre 34.
Page Lxxxiii, 146 29, Je ne crois
pas que juéno soit ju(v)enem, mais qu'il
est le yfv.jueffie où v, changé d'abord en
/", est ensuite tombé.
Page cxii, note 2, 1" ligne, au lieu de
a à l'origine de la l'* et de la 3« pers.
plur. du futur » lisez : à Torigine, la l'*
et la 3* pors., etc.
Page 15, 2« col. AIVA. M. Thurneys. le
tire av. plus de vraisembl. du celt. —
Gaël. aoibh « a courteous, civil look...
a cheerful countenance », qu'on retrouve
sons la forme oiph dans un texte vx irl.
Page 19, 2« col. AMOLO. M. Horning
(Ztschr. XIV, 218) signale un ex. du lut.
molare^ donné par M. Georges dans son
Dictionn. latin-allem.
Page 19, 2« col. ANCRIE, 3« ligne, au
lieu de : « (164 1% rem. 1), lises : c (181
Page 20, 2« col. ANILLI. Dans la
Zlschr. xui, M. Behrens propose le vpr.
a7iadilha, pr. anediho, 7iadilho, que
M. Mistral tire de anaticula, de anatem.
Cette étym. avait déjà été 'donnée par
M. Chaban. dans sa Gramm, Uni., p. G4.
Reste le passage du sens de c petite cane »
à « béquille >. Il s'explique par la ii«iii-
ficat. primitive qui était » pièce de fer en
forme de queue d'aronde pour supporter
une meule de mouliu », puis « birloir
(cp. fr. bec de cane) ». L'analo2;ie de la
forme de l'objet a dû donner le sens de
« béquille ». Gp. béquille, de bec. Celte
étym. parait très satisfaisante.
Page 22, 2«col. APRAISI (S'). M. Honi.
{loc. cit.) fait remarquer (et je suis confus
de n'y avoir point songé) qii'apraist
répond régulièrem. à un pigritiare^ ou
bien aurait été tiré analogiquem. di^pérézu
(pigritiosus). L'accentuât, de Tinlinit.
apraisi est la conséquence des formes
accentuées sur le rad.
Page 26, 1" col. ASSADO « goûter ».
Je crois, comme M. H., qu'au lieu de
satxis il faut y lire sapidus, qui convient
mieux au sens et même à la forme, t en
In. tombant entre 2 voy.
Page 28, 2« col. AVÉRO. La comparais,
av. Tard, avella montre qu.\ivéro se
déduit beaucoup mieux à'aocllere que
d'adverrere (Horn.)
Page 3G, 2» col. BARIOTA. M. II. fuit
observer av. raison que bariola ne peut
venir directem. de birota, parce que le t
serait tombé. 11 le tire de beroue, av. un
suif. oUa. Rapprochant 5ioM, de sudorem^
il montre que, dans bariola, i représente
u en hiatus.
Page 40, 1" col., et 47, l** col. BIAN»
BIESSI, BIÈ. M. H. demande si ces mois
ne sont pas le produit d'une format. sem~
blable à celle de byoul, le représentant
régui. de betulla dïniwi la Fr.ConUé. Mais
dans betuHuy tUlay n'est pas un suff. qu'on
aurait pu remplacer en In.
Page 51, 1'- col. BOCHET. M. H. iden-
tifie bochet « pierre qui supporte » av.
bochet « petit bouc ». Celte observât,
ingénieuse me semble fort juste. Gp. grue,
chèvre, poutre, sommier, corbeau, au
sens d'objets qui supportent.
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460
ERRATA
Page 69, 2* col. CACHI, selon M. H.
n'est pas coactare {coctare ayant donné
coili), mais coaclicare. Mais alors il faut
lire impacfU = impacticare, apinchi =
adspecticare^ et pachi = pactica (et non
pacta), et ces fréq. ne laissent pas de
pai-aîlre extraordinaires.
Page 81, 1" col. CHAMBA. M. H. fait
remarquer que le domaine où l'on dit
chamba ne comprend pas seulem. le
Lyonn., mais aussi le Jura et la Fr.-
Gomlé. — En effet, le In. adoucit g inil.
en ;■ et il est inutile de chercher un inter-
médiaire en pr.
Page 83, 2^ col. CHANDILLI, <* non
d'un candeleare impossible, mais de
candiculare, de candicula >. (Horn.). —
La chose est si évidente que je ne m'ex-
plique pas mon lapsus.
Page 86, 2« col. CHAROPA. Le rappro-
chcm., fait par M. H., de Marne karc.pi,
Valais tsaropa « personne engourdie »,
Vaud tseropyondze c paresse », mon Ire
que charopa n'est pas un terme d'argot
fabriqué sur charogne, mais qu'il répond
à un primitif qui avait la signification de
paresseux. Puis il a changé de sens sous
l'inll. de charogne. Mais il m*est impos-
sible de savoir d'où vient le primitif.
Page 8i), 1^ col. CHAVON t provin »
ne vient pas de chavô i^cavare), mais de
capuif au sens de bout, extrémité, av.
suir. dim. on» Gp. au Supplém., p. 450,
l'« col., chavon « extrémité ». Chavon
a aussi le sens de « tête d'une pièce
d'étoffe ».
Page 90, 2« col. CHIRAT. M. Horn. le
lire de capra, en cp* vosg. boucha « amas
de pierres >, messin bokat « chèvre » et
amas do foin ». Thiriat remarque (p. 285j :
< Quand le foin est sec, on le ramasse en
andains , dits boudins, lesquels sont
ensuite mis en las dits chèvres. » Comme
le dit ailleurs {Zlschr. IX, p. 500) M. H.,
ce passage est décisif, et prouve que, dans
un amas sur le sol, on a vu l'image d'une
chèvre accroupie. Mais, pour le In. on
s'attendrait à chivrat, car les formes av.
vocalisât, de v (chura, chira) sont récentes,
et chivra existait encore au xvii» s. (XXXI,
!•••, V. 14). Or on rencontre chierrat dès
le XV» s.
Page98, a« col. CONCHON. M. H. voit
dans la nasalisât, de o, dans la syll.
init. de cochon, un phénomène d'assimi-
lat. av. on final. Je ne puis que renvoyer
à 184 7*, rem. 1, 2 et 3, où se trouvent
réunis un assez grand nombre d'ex, de
nasalisât, dans des conditions très di-
verses.
Page 101, 1" coL CORRATI. Je crois,
comme M. H. que le mot doit se rattacher
à cu}*rere, av. un suff. rom. lat]ier (cp.
ferratier^ clouatier, puisatier^ cités par
M. H.) car dans curatarius le t serait
tombé. Sur l'intercalât, de at v. 190.
Page 106, 2* col. CRAMAYI. La 2-
partie du mot n'est pas maculare^ mais
le fr. mailler c frapper av. un marteau >.
de malletim.
Page i27. V* col. DEYNTES, DEYTES.
M. Horn. identifie le vfr. daintië, (qui est
le mot In.) av. vfr. deinetet, deintet, vx.
angl. deintee, prix, chose de valeur, di-
gnité (digniiatem). C'est en effet Tinter
prêtât, aujourd*hui admise, et qui se
retrouve dans les dernières édil. de Diez.
Page 133, 2« col , et 454, i^col. DUCHI.
M. H. l'explique, comme M. Chahan. par
de usque ad, qui, suiv. M. H., aurait été
duska, d'où duchi (84 el54 2«). Je ne
connais pas d'ex, du passage de qw k ch
devant a, et, dans sa Oramm. deVancien
fr., (page 31) M. H. donne bien pour règle
qvoa =: ha.
Page 147, 2» col. ÉPIO. M. H. le tire
de spica, devenu épia. C'est en effet un
phénomène commun en In., quand il y a
Z voy. en hiatus, de transporter Tacc. sur
la 2« (51); mais, comme nous ne possé-
dons pas le subst. ^pia, le v. épiô me
semble bien épi -j- suff. verb.
Page 148, !'• col. EQUE VILLES, avant
d'être escovilles, a été escouvilles, comme
en témoigue le vfr. escouve « balai ».
Page 151, 2«col. ESSURE. M. Horn. y
voit exsucare^ av. ch. de conjug , mais
co passage a lieu de la 4* conjug à la3«
et non de la i'*. Cuidre, donné par Coch.,
me semble douteux. M. H. repousse av.
raison exsuctutn, où le t ne serait pa«
tombé. Mais essure n'est-il passimplem.
le lat. exnrere, lim. eissuri, même sens?
Forme et sens conviennent à cette étym ,
que je dois & M. Ctiaban.
Page 153, 2« col. ETO. M. Behrens
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(
EBBATA
467
Zlschr. xiii) voit, dans la 2» syll. du fr.
itou, tout et non tel, comme on l'admet.
C'est rétym. que ?ious avons donnée.
Page 154, 2- col. ÉTRÉGNI. M. H.
explique fort judicieusem. le mouillem. de
n par le ^n\mi\i esternua, où u en hiatus
s'est changé en i, qui a mouillé n, Gp.
'parmô et parmiô (permutare), et siou
(sudorem).
Page 154, 2« col. ÉTRÉSILLON. M. H.
repousse l'étym. trabs par cette raison
que les mots ont été formés sur l'accusât,
lat. C'est bien par inadvertance que j'ai
écrit trabs, car un peu plus loin je dis que
fr. très est trabem z=. tref ■=. très, av. ^
analog. D'où fr. très + suff. = étrésillon ;
et, p. 413, je tire tras de trabem. M. H.
propose dubitativem. l'étym. très (irans).
On pourrait peut-être mieux le relier à
transtrum devenu transtum (cp. tréteau).
On aurait eu irast trest très et enfin très
+ illon, (Ghaban.) Étrésillon ne doit pas
être rapproché de tras, dont la forme vfr.
tref exclut transtrum.
Page 157, 1" col. PAGINA. M. H. n'ad-
met pas fagina, mais seulem. fB.gina.
Je n'ai proposé fagina que par l'impos-
sibilité d'expliquer autrem le pr. fa-
guïna.
Page 160, 2* col. FARNO « mûrir dans
le fruitier » est identifié par M. H. av.
farnô « faire cuire légèrem. au four », de
furnum.
Page 162, !'• col. FER. Vieux fer,
terme injurieux, parait à M. H. non fe-
rum, mais ferrum, et il fait remarquer
qu'à fiarduy j'ai égalé ferum à fiar. Il
voit une autre object. dans l'emploi du
masc, les autres dialectes employant le
féni. Le sens de riblon me parait bien
forcé. Quant à fer (ferum), il serait un
emprunt au pr., où le mot existe encore,
mais à Tétat d'adjectif. Vieux fer repré-
senterait donc « vieux sauvage », qui me
semble bien une injure de caractère popu-
laire.
Page iOi. !'• col. FIEN. D'après M. H.
non de fimum, mais de femum, av. e
ouvert, ce qui explique la diphtongais>
De môme insian représente in semel.
Page 212, 2« col. HERPI. M. H. n'ad-
met pas herpi, d'hirpea ou mieux herpea.
Cependant on a crépi, de krippea.
Page 213) 2« col., et 458, l^ col. HUGUO.
M. Moutier me fournit une marche très
simple et très plausible de l'étym. Il pro-
pose ebulicus, E{b)ul[i)cus a donné en
Royans ôgue, par la marche eulgtie, eu-
gue, ôgue. Le même à Loriol a donné
oulègue, soit qu'il y ait une forme ebu-
licus, soit que è soit une voyelle d'appui
insérée dans le groupe Ig, Gp. pr. per-
sègue, de persicus.
Page 218, !'• col. INFORGES, voy. la
correct, page xcviii, note 2.
Page 223, l^» col. JANON. Au lieu de
« ch. de g init en a » lises « ch. de e init.
en a», et cf. 64. Dans Janon M. H. ne
lit pas genonem, mais genuculum. La
nasalisât, de o, d^uculus aurait été pro-
duite par la nasale qui la précède. M. H.
rapproche le vosgien, où l'on trouve la
forme en on à côté de la forme en ou, et
le jurass., où se rencontre une forme en
on-{~ y, qui exclut la finale onem.
Page 226, 2« col. JOUCLIO ne paraît
pas formé sur jouclia, mais représenter
jugulare, dont jouclia serait le subst.
verb. (164 2«, b, rem.).
Page 2.30, l'« col. et 459, !'• col. LAZI.
C'est av. raison que des deux étym. men-
tionnées, M. Horn. préfère licere.
Page 2.56, !'• col. MELIN. M. Horn. y
lit melliginem (cp. câlin, de caliginem ;
orin, d*originem). C'est excellent comme
sens et comme rapprochem. av. l'it.,
mais je doute que l'étym. de câlin soit as-
surée. Quant à orin, il est esp.
Page 262, !'• col. MITAN. M. H. déve-
loppe les raisons qui le font persister
dans rétym. médium timipus. Outre
diverses raisons phonétiques, il donne
un ex. do Roquefort, mi-temps, mais ici
le sens est précisém. de milieu d'un
temps et non de milieu d'un objet. Pour
le dérivé mitanier, M. H. compare
printanicr, de printemps.
Page 269, 2« col. MOUET. M. H. n'y
voit pas le fr. moye -\- et, mais un franc
mot patois, composé de meta + ittum,
comme l'explique exactem. le vosg. moua.
En In. moua serait me^a/i<m, de 'wîc^flre.
Page 271, V^ col. MOYA ne vient pas
pas de mola, mais de motare (voy. p.
Lxxxiv, note 1).
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468
ERRATA
Page 274, 2« col. NÈPIA n'est pas
mespila , mais mespa.
Page 275, i" col. NÉSI NEISI. M.
Horn. fait observer que l'étym. ne peut
être naxiay naxiare, s douce ne se déve-
loppant jamais de x. Il a al)Solum. rai-
son.
Page 276, 1" col. NIECI, de nescia.
« Gomme e bref devant y se diphtongue,
qu'il soit libre ou entravé, le l" i s'est
développé régulièrem. » (Horn.)
Page P88, !»• col. PAOUR, pour M. H.
est bien bauer, dont le p init. a aussi été
durci dans les Vosges et dans les Grisons.
Page 292, 2» col. PATTES, 2« ligne, au
lieu de farfiira lisez far f ara.
Page 801, 2- col. PÉTRAS. M. Horn.
propose l'étym. pedestrem -f- suff. aceum,
Pedestrem a donné pièire, vfr. peestre^
comme l'ont démontré MM. Tobler et
Paris. L'étym. de M. H me semble très
bonne.
Page 326, 2«col. POUSSA « poussière >.
Enfin voici une étym. satisfaisante. Je
n'avais donné ptilverem qu'à regret,
en faisant observer que c'était l'étym.
rorne, et après avoir vainem. essayé
d'expliquer poussa par ptilvis. M. H. y
voit le développem. d'un primitif poi//5,
existant encore en pr. et qui, d'après
M. Meyer-Lubke, répond à un lat. ptU-
vus, •
Page 327, 2« col. POYI ne peut venir
do piiteus; car ti/ ne devient pas y. »
(Ilorn.) — M. H. a cent fois raison. En
In. piiteare a donné poïzî, donc putea-
rium n'a pu donner poi/i. Mais voici, je
croîs, comment le mot s'est formé. A
Morn. puteum = poï. Yzer. a ajouté le
suff. î, ^*arius ; d'où poyî.
Page 327, 2« col. POYPI. M. J. Protat,
de Màcon, me suRgère l'ëtym. poppia,
qui convient parfaitem. au sens et à la
forme. Gp. pour le sens, fr. mamelon
« colline arrondie ».
Page sas, 2« col. QUI NO. M. Boehmer
me fait remarquer que quino est cer-
tMiiiom. le même que esp. qiiien^ rjuie-
nés (aussi quin), représentant lat. quem,
Page3J().lr«col.RATAPLAN A «chauve-
souris * n'est pas « souris qui plane »,
mais plana est ici le fém. de plan, et
signifie c uni, lisse, chauve ». (Horn.) —
Gette explicat. me paraft probante.
Page 347, 2« col. RASEX « radeaux »
est bien plutôt = radeaux, av. le eh. pr.
de d en z, que rasellum (Horn.) — Outre
que je ne connais pas rasel en pr. (mais
seulem. radelh)^}^ ne sache pas d'ex, de
mot pr. av. z de (f, qui ait passé en In.
Je confesse néanmoins que Texplicat. est
séduisante.
Page 348, l»"» col. au lieu de RECOTO
(rebôlô), /ï^ejr RECOTO (recôtô).
Page 351, !'• col. REI-PETARET.
M. Horn. a raison d'y voir non rei-petit-
rei, mais rei-pèteret^ où pèteret est équi-
valent à petiro (o représente le suff. ittus)
« petit garçon » dans les Vosges, et, sauf
le suff., à vfr. pèlerin c très petit, chétif ».
Petiret est un dér. du rad. pil (v. Dîez
s. V. pito^ Woerterb, I), qui a donné le
fr. petit.
Page 366. !»•• col. RUÈMO. M. Boehmer
me fait remarquer mon lapsus à propos
de u ouvert, qui, en effet, ne se diphtongue
pas en ne. Il préférerait à rutninare
l'étym. rumigare: d'où rumifiar, rumiar
et ruima par attract. de y. J'ajoute que
j'ai eu tort de comparer ligare à rximi-
flarCy l'un des mots ayant seulem. une
syll. avant la ton., et l'autre deux; et la
prot., par conséquent, devant tomber dans
celui-ci.
Page 370, 1" col S AMBEDI. A. la 4* ligne,
au lieu de sabbAli, lisez sAbbati.
Page876. l«col. SAVINA. M. Boehm.
rapproche Tit. saçginata, qui se dit des
animaux à pelage bai brun, c'est-à-d. de
la couleur de la saggina ou blé noir
{Roman. Stud. I. p. 271). Saggina vient
de sagifia, sans doute parce que le sar-
Vi\y.\n et le maïs (aussi saggina) servent à
l'engraissem. des bestiaux. Sagina donne
saina^ et, hour rompre l'hiatus, sa-r-ina
(cp. piva). Mais le In. n'ayant pas savina
au sens de blé noir, on comprend diffi-
cilem. comment nous aurions le fig. sans
avoir le propre.
Page im, P« col. SILLONNO. M. B.
l'ait observer qu'à l'origine le sillon D'étaii
pas la rainure, mais au contraire le dos
d'àne formé par la terre soulevée (v. Bou-
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ERRATA
469
pherie, Chartes en langue viilg. deVAn-
goum.y etc.) Aux ex. convaincants donnés
par Boucher, j'ajoute les deflnit. des die-
iionn. de Nicot (1609) et de Nicod (1618) ;
€ Seillon, ttrre oslevéeen un champ entre
les rayons, sur laquelle la semence croist. »
Gotgr. dit aussi : « Seillon : A ridge.»
Cette définit, met à néant les étym. de
Diez, Littré et Scheler. M. Boehm. {Jahrb.
f. rom. u. engl. Lit. X, 1869, p. 200) le
tire de sella au sens de selle (de cheval).
Cp. fr. dos d'dne. On pourrait objecter
quee de sella étant entravé n'a pu donner
ei, et que les plus anciens textes ont bien
sele et non seile.
Page 386, !'• col. SOIZON « non de
saepeni, mais de sepem, comme l'indique
oï» de ei, de e fermé » (B;.
Page 389, !'• col. SOTRE. M. B. m'écrit:
« M. Storm. paraît avoir raison. Surtus,
sorttis, pr. sortz^ nëo-pr. sourit, fr. sour-
dre, source,v\. esp. sur tir, correspondent.
Reste à expliquer pourquoi le fr. d'aujour-
d'hui n'a pas sourtir^ mais sortir. »
Page 391, 1^* col. SU AU. L'hypolh. de
la vocalisai, de t? a pour elle la forme pr.
Pourtant clavem ayant donné cla cita cliô,
il me semble plus naturel de lire suavem
= sua suà^ par la chute de v et le ch. de
a en ô
Page 391, 2« col. SUIN. M. Horn. y lit
somnuyn, non somniurn, et compare le
gris., où 0 se diphtongue aussi dans som-
num. Mais le In. ne diphlonguant pas
ordinairem. o suivi d'une nasale flnale ou
suivie d'une consonne (nous disons bon,
fotiy de fontem, etc.), il semble bien que
le type d'où est sorti sui7i a dû renfermer
un élément particulier.
Page 394, '^ col., ligne 4, on lit < de
tacere pour tacere ». Supprimez « pour
tacere (le lal. n'ayant au contraire que
tacere).
Page 398, 2^ col. TARATE. « Sans
doute la même racine que lerebrum. »
(Boehm).
Page 401, 2« col. TAUNA. M. Horn.
l'tixplique par ta,bana, et tacan par ta-
hSDuim. J'avais reçu de M. Boehm. la
môme observât.
Page 409,2«col.TOU.M. Moulier me rap-
pelle la forme pr. toun, qui indiquerait,
uon tubus, mais le rad. qui a formé fr.
!onne, aogl. tunnel, vha. tanna. Mais
alors le lu. devrait avoir ton au lieu de
tou. Je crois que le In. et le pr. doivent
être disjoints, et le l»*" rapporté à tubus
et le 2* à tunna. Je dois mentionner la
forme forez, tos. Gras y ajoute le lu. thus
(pour ^u*, car je ne vois pas ce que vient
faire Vh) que je ne connais pas, et qu'il a
peut-être tiré d'un texte. Je ne sais pas
expliquer 1** finale de tos.
Page 411, !'• col. TRACER, d'après
M. Boehm., = it. traviare, dont la dé-
rivât, serait la même, av. une autre
applicat. du sens. Mais en In. disviare
ayant donné déviô, tra-viare aurait dû
donner traviô.
Page 425, 2» col. VÊQUIA, d'après M.
Devaux, représente vide -[- eccum -f- hic
-}- habet; d'après M. Horn. vide -f- ^
(= fr. que)+ i {ibi) -f habet. En lim.
on dit veiqui^ qui est certainem. aqui
{ici). Vêquia parait être reiqui -f- a (ha-
bet).
Page 436. 2« col. VIRION. M. Boehm.
songe à viints, mais virus n'a rien donné,
que je sache, dans les langues romanes
popul.
Id. id., ligne 11. Au lieu de « (184 4%
note) », lises : o (184 4», rem.). » — Mais
je crois que dans virion le mouillem. de
r doit s'expliquer par l'infl. du 1" i.
Page 431, 2» col. VOGA. Au lieu de :
« c'est le fr. toga », lisez : c c'est le fr.
vogue ».
Page 438, 1" col. ADÉ. M. Moutier me
fcignale l'étym. ad densum, en rapproch.
après, de ad-pressum. M. G. Paris a en
effet montré que le vfr. adeser ne vient
pas d*adhaesare, mais de ad-densare,
qui, du sens de « rapprocher » a passé à
celui de « toucher ». D'où ad-densuta
€ ce qui touche, ce qui est présent ».
Mais M. B. fait observer que densum au-
rait dû donner deis au lieu de des,
comme mensem a donné meis. Il de-
mande si un partie, depsum pour deps-
tum (de depsere « pétrir ») ne pourrait
servir d'origine. Le sens exprimerait la
connexion immédiate, comme dans ad-
pressum.
Page 438, 2» col. AJOU. M. B. me fait
observer que -c majon, rajon sont sortis
de masion, rasion : j sort do si^ non de s
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470
EBRATA
seule ». — Je crois que le cas est le
même pour ajou. Avicellum a donné
as tau asiou ajou»
Page 441, 2« col. AVRÉ n'est pas tiré
du fr. abri. C'est le ch. rég. de apricum
en arrt, cwré, comme dans aprilem =
avri .
Au dernier moment, M. Vachez me si-
gnale Tomission, au Dictionn. du mot:
CHARÏN, INA (chari-n, ina) adj. Co-
riace, dur, résistant, usité dans la région
de River. L'identité de sens en Ire cTiat'ïn
à River, et chanin à Yzer. me fait croire
que charïn est chanin, av. ch. de la nas.
en liquide par dissimil., comme dans or-
phaninum=ztr. orphelin, et de venenum
= In. vérin.
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